TOUT EST DIT

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Affichage des articles dont le libellé est Par Dominique de Montvalon. Afficher tous les articles
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samedi 10 mars 2012

Santini : " Avec Hollande et Aubry aux commandes, ce serait le bordel dans les six mois"

Député et maire (Nouveau Centre) d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), le corse André Santini se dit convaincu que la présidentielle n'est pas jouée. Et invite la gauche à « la jouer modeste ». 

Député Nouveau Centre, André Santini, qui milite pour la réélection de Nicolas Sarkozy, n'a jamais cru à la candidature d'Hervé Morin, le président de son parti. Il se réjouit donc qu'avec son effacement les choses se soient clarifiées.  Car, pour André Santini, elles sont devenu claires : d'un côté, des socialistes « arrogants » - qui feignent d'être déjà élus, et feraient mieux de « faire attention » -  et, de l'autre, une majorité qui retrouve peu à peu le chemin de l'unité. Et qui est prête à tendre la main demain à François Bayrou si ce dernier, qui s'était « égaré » en 2007,  se rappelle cette fois où sont ses vraies « racines ».   

"Il dit simplement la vérité"

Mais Nicolas Sarkozy, compte tenu de ce qu'il a dit devant les caméras de BFM-TV, ne se prépare-t-il pas à la défaite en disant que, s'il est battu, il abandonnera définitivement la politique ? Santini, qui connaît depuis si longtemps Sarkozy, considère que la gauche se trompe complètement en voyant là un aveu de faiblesse et même, par anticipation, d'échec : « Il a toujours promis qu'il dirait la vérité. Eh bien, il dit simplement la vérité, sa vérité. Il considère qu'en tout état de cause il aura fait le job.  Mais il ne baisse pas les bras : c'est même tout-fait l'inverse. D'accord, les gens pensent qu'il a fait des conneries comme le Fouquet's ou le yacht de Bolloré, mais ils se rendent compte aussi que, quand la crise a frappé, il était là, et souvent seul. Alors, je conseille à la gauche, dont l'arrogance pourrait finir par indisposer, de se rendre compte que tout peut encore être remis en question. Et qu'un score de 59-41 au second tour, c'est de la rigolade ! »
"Sarkozy est las, mais... de la gauche !"
« Les socialistes, enchaîne Santini, ont raison de s'inquiéter que Nicolas soit las... mais las de la gauche, qui l'aura traité de façon indigne comme jamais aucun chef d'Etat ne l'avait été  avant lui ! ». Et le député Nouveau Centre de se déclarer effaré que le candidat socialiste, sur Europe  1 puis sur France 2,  n'ait rien eu à dire quand on lui demandait s'il était « d'accord ou non avec Nicolas Sarkozy pour qui il y a, aujourd'hui trop d'étrangers en France »: « Comment peut-on, s'écrie André Santini, ne pas avoir d'opinion  et, plus encore, sur l'immigration ? ». Et le ténor UMP d'affirmer, tranchant:  « Avec Hollande et Aubry aux commandes du pays, ce serait le bordel dans les six mois ».

mercredi 7 mars 2012

Présidentielle : Sarkozy, quel puncheur !

Nicolas Sarkozy, le "président-candidat" a été mardi soir l’invité, en direct sur France 2 et jusqu’à 23h 50, de l’émission "Des paroles et des actes". Un temps fort: son duel avec Laurent Fabius.

Que l’on  apprécie ou pas Nicolas Sarkozy, il est impossible à qui aura suivi mardi soir sa prestation de bout en bout de ne pas saluer son extraordinaire pugnacité et, bien souvent, sa forme de talent.  Mal placé dans les sondages, présenté par beaucoup comme d’ores et déjà battu, lourd d’un bilan que la crise a aggravé et cible en même temps depuis 2007  -du Fouquet’s au yacht de Bolloré- d’attaques personnelles récurrentes d’une extraordinaire violence, le candidat Sarkozy  -avec lequel tous les intervenants (ou presque) de France 2 semblaient avoir mardi soir une sorte de rapport quasi passionnel (négatif ou positif)- a « dégagé », comme  on dit, une impression à la fois de vitalité et de combativité. Est-ce cela changera les données du combat électoral ? Ca, c’est un tout autre chose. On verra.

"Vous êtes un Tartuffe", lance Sarkozy à Fabius

Celui qui a fait les frais de cette pugnacité, C’est Laurent Fabius qui, après sa tiède prestation, aura  vu s’éloigner (si elles existaient) ses chances d’accéder à Matignon si François Hollande est  élu président de la République.  Déstabilisé par le rappel (pourtant prévisible) de toutes les attaques qu’il avait lancées contre Hollande (qu’il surnommait « frais des bois ») avant de rallier son  panache quand il a été décrété vainqueur des primaires PS, Fabius –aimablement qualifié de « Tartuffe »-  a souvent boxé dans le vide et, comme on dit dans ce sport, n’a jamais trouvé la bonne distance. Il aura entendu Sarkozy dire de Hollande (en tentant, un peu laborieusement,  de se faire l’avocat de ce dernier) que « c’est quelqu’un qui ne sait pas dire non, qui ne sait pas trancher, qui a tendance à toujours dire oui  au dernier à qui il s’adresse  et pour qui le monde extérieur n’existe pas ». « Si vous étiez réélu », a pourtant lancé par deux fois Fabius.

"Mon fils à la tête de l’Epad, oui, c’était une erreur"

Répétant qu’en 2016 « les comptes de la France  seront en équilibre et que la France aura alors retrouvé la maitrise de son destin », Nicolas Sarkozy –parfois  agressif avec les journalistes- a entendu l’un d’eux regretter, de façon surprenante, que la « magie de 2007 » (sic) ne soit pas cette année au rendez-vous. S’affichant « au centre », le « président-candidat »  s’est scandalisé qu’on puisse parler à son propos de dérive extrême-droitière. Il a annoncé un impôt sur les bénéfices globaux des grands groupes du CAC 40. Il a confirmé un durcissement de sa politique d’immigration. Il a redit que les 35 heures avaient été, à ses yeux, « une catastrophe ». Il a confirmé » qu’il y aurait une réduction du nombre des députés,  et que serait instillé dans le scrutin législatif une dose de proportionnelle (« pour 10 à 15% des futurs élus »). Il est revenu sur la soirée du Fouquet’s et sur les 3 jours passés ensuite sur le yacht de Bolloré en suggérant que l’éclatement de son couple (qui a débouché sur un divorce) expliquait sinon tout, en tout cas beaucoup, tant il souffrait à l’époque. Et quand il a voulu mettre son fils à la tête de l’Epad, oui, c’était une « erreur », il en convient. Enfin il confié que, s’il était élu, son premier  déplacement, le soir même, serait pour Angela Merkel !

"Quand on m’insulte,  j’aime pas bien ça…"

Nicolas Sarkozy –plus Sarkozy que jamais et décidé cette fois à défendre son bilan (spécialement sa réforme des retraites)- n’aura pas convaincu loin s’en faut, tout le monde. Mais peut-être reconquis une partie des siens en proclamant qu’il « enrageait » de voir son pays « corseté  par  tant d’immobilismes », et en laissant entendre que, s’il a parfois tant de difficultés, ce serait parce qu’il n’appartient  pas « au monde des élites » » et n’en respecte donc pas leurs « codes ». Interrogé sur ses accès de... spontanéité violente au début de son quinquennat  (« Casse toi, pauvre con », par exemple, au Salon de l’Agriculture), Nicolas Sarkozy a regretté sa réplique, laissé entendre qu’il n’avait pas encore, à l’époque, pris l’entière mesure de sa fonction mais, se reprenant, il a eu aussi ces mots, très significatifs : « Je vais vous dire. Quand  on m’insulte, j’aime pas bien  ça. Mais, c’est vrai, je n’aurais pas du faire cela… ».

lundi 27 février 2012

Présidentielle : NKM juge Hollande "fuyant"

L’ex-ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, choisie par le candidat Sarkozy comme porte-parole, a fait ses grands débuts médiatiques à ce poste dimanche soir sur BFM-TV.
Interrogée sur l’idée lancée samedi par François Bayrou d’un référendum sur la « moralisation » de la vie politique -qui pourrait avoir lieu, s’il est élu, dès le 10 juin, en même temps que le premier tour des élections législatives- Nathalie Kosciusko-Morizet (surnommée « NKM ») s’est montrée à la fois intéressée et dubitative. Intéressée car, sur le fond, elle assure que le président du MoDem rejoint  plusieurs des propositions déjà  énoncées  par le « président-candidat » (notamment sur l’introduction d’une dose de proportionnelle ou sur la réduction du nombre des députés). Dubitative car, dit-elle, si Nicolas Sarkozy n’a pas exclu dans l’avenir l’utilisation en cas de blocage sur un sujet de fond (par exemple la formation des chômeurs, où il est « anormal » que 4 milliards seulement sur les 32 de la formation professionnelle leur soient réservés), en revanche cela ne peut devenir une méthode de gouvernement. Surtout que, dans la propositions Bayrou, il y a, selon l’ex-ministre de l’Ecologie, des mesures « de niveaux différents ». Et NKM d’ajouter, pour le coup ironique : « On ne va pas demain interroger les Français pour leur demander : êtes-vous pour qu’il fasse beau dimanche ? ».

 "Le FN change de stratégie toutes les semaines"

C’est donc un « non » courtois -mais un non tout de même- à la proposition de François Bayrou. Un « non » courtois car, de son côté, François Hollande n’a pas eu droit à de tels ménagements, ni  non plus d’une certaine façon le Front national « qui, en ce moment, change de stratégie toutes les semaines ».  Mais la vraie dégelée a été, même si elle a été exprimée avec ce sourire qui fait partie de la panoplie NKM, pour le candidat du PS. Il a été décrit comme « fuyant », « incapable de réussir à imposer une des ses idées car il en a peu » et cherchant désormais, car il serait en difficulté, à transformer la campagne présidentielle en « un référendum anti-Sarkozy ». « Mais cela aussi ne marche plus », martèle NKM.

"Je vous invite à regarder ce qui se passe dans le monde"

L’échange final dans cette émission -plutôt musclé- aura opposé l’ex-ministre PS de la Justice Elisabeth Guigou à la porte-parole du candidat Sarkozy. Pour Elisabeth Guigou, Nicolas Sarkozy multiplie les « promesses fallacieuses, qui sont un vrai tour de passe-passe » : « Il recommence, lance-t-elle, à promettre ce qu’il n’a pas tenu pendant cinq ans. Qui va le croire ? ». Réplique cinglante de NKM : « Un petit détail a échappé à François Hollande. La crise, il n’en parle jamais. Or c’est la plus grave sans doute depuis 1929 ».  Et d’ajouter : « Je vous invite, vous les socialistes, à regarder ce qui se passe dans le monde ».  Entre le camp Hollande et le camp Sarkozy, c’est feu nourri et, souvent, tir à volonté.