TOUT EST DIT

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lundi 12 janvier 2015

Vivement 2017 !

L’année 2017 sera le signal que la présidence socialiste touche à sa fin puisque nous entrerons dans une année électorale où la droite, ayant désigné son champion, reprendra les rênes du pouvoir ou de ce qu’il en restera. D’ici là, que dire ? Que faire ? Prendre son mal en patience en assistant un peu plus à l’effondrement d’un pouvoir réduit à ses dorures et à ses titres, colifichets aussi coûteux qu’inutiles ? Si l’urgence n’était pas aussi grande, ce spectacle pourrait avoir un caractère divertissant. En effet, quoi de plus réjouissant que de voir ces victoires municipales et sénatoriales en 2014, permettant d’anticiper les reconquêtes départementales et régionales de 2015 ? Le temps du socialisme local a vécu et c’est heureux.
Laissons un instant de côté ces considérations politiciennes qui font vibrer les états-majors et les militants, mais transforment si peu le quotidien de nos concitoyens. Les politiques veulent souvent faire croire qu’ils ont le pouvoir d’influer jusque sur la course du Soleil elle-même. Cela n’est évidemment qu’un théâtre d’ombres que tous les ex-ministres pourraient confirmer dans un éclair de lucidité.
La France doit cesser de se voir telle une immense pyramide où tout découlerait du sommet ; cette construction est périmée, inefficace et désormais dangereuse. Le général de Gaulle ne l’avait-il pas compris en proposant aux Français un référendum portant sur la régionalisation et la réforme du Sénat ? Il fallait desserrer l’étau de l’État, aérer notre organisation territoriale, simplifier nos institutions. Les conservateurs de tous bords lui firent payer son audace.
En 2015, la solution viendra des femmes et des hommes de ce pays ; celles et ceux qui, chaque jour, se lèvent, travaillent, paient leurs impôts, sans jamais défiler, se plaindre ou se répandre sur les réseaux sociaux.
Nos gouvernants ne veulent pas voir que les Français ont évolué, qu’ils ne sont ni bloqués en 1960 ni à l’époque du Roi-Soleil ou dans un âge d’or mythique. La retraite à 60 ans, le rôle de l’État ou le travail le dimanche ne sont plus des totems intouchables. Les Français de 2015 savent qu’ils devront travailler plus longtemps, que l’État ne peut pas tout et que l’ouverture des magasins le dimanche dans les grandes villes du pays n’est pas une aberration. Ils savent également que les expériences menées sur nos enfants au nom d’un extrémisme égalitariste sont vouées à l’échec. L’État socialiste, n’ayant que les mots “respect des différences” à la bouche, ferait bien de prendre en compte celles qui, à l’école, permettent de se former et de se construire au contact des autres. Supprimer les notes et tout ce qui pourrait différencier les élèves les uns des autres est une hérésie pédagogique et un mensonge fait à ces enfants.
La meilleure nouvelle pour l’année à venir est certainement la baisse des prix du pétrole, de 50 % en 2014, qui devrait avoir un effet considérable sur le pouvoir d’achat des ménages. Essentiel dans notre vie de tous les jours, voici un exemple parfait d’une situation sur laquelle l’État n’a aucune prise : surabondance de l’offre liée à l’essor du pétrole de schiste produit aux États-Unis et au maintien d’un niveau de production élevé par les pays de l’Opep. En l’espèce, la seule mission de l’État français est de garantir la baisse des prix à la pompe pour tous les consommateurs.
En 2015, je souhaite que l’État se retire progressivement de la vie des Français, en réduisant massivement le nombre de ses normes, car c’est là que sont les réserves de croissance, nichées dans chaque foyer où sont nos futurs entrepreneurs. La France de ce début de XXIe siècle est prête pour tenir son rang au milieu des nations du monde, comme elle le fait déjà depuis plus de vingt ans mais toujours avec un bras attaché dans le dos, son droit du travail, et un boulet au pied, son système fiscal.
« Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain : / Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie. » (Pierre de Ronsard.) La vie est aujourd’hui, n’attendons pas une hypothétique reprise venue d’en haut, elle est en nous. 2015 est une étape vers la reconquête de la France par son peuple comme le sera 2016. Dès aujourd’hui, tournons nos yeux et nos coeurs vers l’avenir et crions “vivement 2017 !”, que la France renaisse après cinq années d’abandon.

mardi 23 décembre 2014

L’orage qui s’annonce

En France métropolitaine, 3,4 millions de personnes n’ont pas de travail, selon les chiffres de Pôle emploi. Depuis les emplois jeunes, les contrats uniques d’insertion, les emplois d’avenir ou encore les contrats de génération, les emplois aidés sont autant d’échecs. Échecs en ce qu’ils n’arrivent pas à lutter contre le chômage des jeunes et des seniors dans la durée ; ils donnent à ces personnes l’apparence d’un emploi pendant un temps limité, permettant d’en faire sortir quelques-unes des statistiques officielles, mais, à leur terme, ils ne débouchent sur rien ou pas grand-chose.
Pourquoi ces emplois aidés, payés grâce à l’argent public (3,2 milliards prévus en 2015), ne sont-ils pas la solution tant espérée ? La philosophie qui préside à leur destinée est issue d’une erreur fondamentale : « La hâte engendre en tout l’erreur, et de l’erreur sort bien souvent le désastre », écrivait Hérodote. Ainsi, malgré la persistance du chômage de masse depuis plus de trente ans, nos gouvernants, droite et gauche confondues, n’attaquent jamais le mal à la racine, se satisfaisant de mesures superficielles, avec un effet très limité dans le temps, comme si, en l’espèce, l’enjeu était le cycle médiatique et non la réforme d’un système en voie d’effondrement.
Cette philosophie qui veut que ce soit l’État, et non les entreprises, qui crée des emplois est une hérésie économique et une faute intellectuelle lourde. L’État est là pour définir le cadre juridique et réglementaire de la vie économique et moins celui-ci est pesant, meilleure est cette dernière. L’État finance des investissements sur le long terme qu’aucune entreprise privée n’aurait les moyens de fournir. Ce sont les grands travaux d’infrastructure, qui, à terme, permettent une plus grande productivité des acteurs privés.
L’État doit conserver des participations dans les secteurs stratégiques que sont l’énergie, la défense et les réseaux pour garantir sa souveraineté et son indépendance. Enfin, l’État est la seule entité capable d’intervenir en cas de crise systémique, comme Nicolas Sarkozy, alors président de la République, l’avait fait pour sauver le secteur bancaire français, en 2008.
En revanche, la création d’emplois revient aux entreprises. Si l’on devait résumer cela en un slogan médiatique, cela pourrait donner : “L’entreprise, c’est l’emploi” ; ce qui apparaît comme une tautologie a visiblement besoin d’être écrit, scandé, crié à tue-tête, à longueur de colonnes, d’émissions de radio et de télévision et dans la rue ! La gauche ferait mieux de se méfier lors qu’elle moque ces patrons de petites entreprises qui défilaient le 1er décembre, pour se faire entendre et symboliquement cadenasser le vaisseau amiral de l’aveuglement étatique illustré par le ministère des Finances. En caricaturant ces patrons, ces artisans, ces commerçants, elle montre qu’après avoir perdu les ouvriers au profit du Front national, elle a perdu le sens du peuple.
J’aime l’entreprise, disait Manuel Valls, cet été, c’était compter sans le coup de poignard dans le dos des employeurs de la loi sur la pénibilité. Sous couvert de la prendre en compte, le gouvernement va à l’encontre de sa volonté de simplification réglementaire et de celle de lutter contre l’insécurité juridique. Complexification et ouverture d’un contentieux supplémentaire entre salariés et employeurs, le gouvernement manie avec talent l’“amour vache”.
L’enfer socialiste est décidément pavé de bonnes intentions. Le temps de la résistance est venu. Partout en France, l’orage gronde, la majorité de nos concitoyens n’a plus aucune confiance dans leurs gouvernants. L’orage qui vient sera “libéral” dans le sens où il libérera salariés et employeurs, emportant toute la paperasse inutile, les taxes qui confinent à la spoliation et ces administrations dont le seul objectif est de justifier leur existence. George Sand a écrit : « Le repos est un rêve ; la vie est un orage. » Pour continuer à vivre en 2015, les entrepreneurs devront tout faire pour que l’orage gronde encore plus fort que le 1er décembre !

mardi 8 juillet 2014

La droite peut-elle mourir ?

Chaque crise apporte son lot de mauvais augures, annonçant, avec force solennités, la mort, la disparition ou l’effondrement de tel ou tel parti politique. Manuel Valls l’avait déclaré à propos du Parti socialiste en 2009 à la suite des élections européennes, les commentateurs l’avaient décrété pour le Front national en 2007 après le mauvais score de Jean-Marie Le Pen à la présidentielle. Aujourd’hui le PS cumule tous les pouvoirs nationaux et contrôle encore de nombreux territoires ; quant au Front national, il a remporté haut la main les élections européennes. En politique, la mort est toujours une notion relative ; Jacques Chirac, François Hollande, Nicolas Sarkozy ou Jean-François Copé et Ségolène Royal ne diront pas le contraire. On les a enterrés cent fois ; cent fois ils sont revenus, illustrant l’adage : “En politique, ce qui compte, c’est de durer”.
Les partis ont la peau épaisse et la colonne vertébrale souple. Ils sont capables de plier sans rompre malgré les tempêtes du jour. Mon inquiétude ne porte pas sur les structures partisanes qui, grâce au financement public, peuvent survivre, mais plutôt sur les idées, sur ce que signifient la gauche et la droite. « La gauche peut mourir », disait tout récemment Manuel Valls pour éviter l’éclatement de sa majorité parlementaire et la remobiliser, mais il parlait là de tactique électorale et non d’identité politique. Laissons à la gauche ses atermoiements et ses doutes, ses calculs et sa difficulté congénitale à comprendre la réalité. La gauche est tour à tour incantatoire, morale, caviar ou gestionnaire, capable de la pire schizophrénie politique dans l’opposition et au pouvoir. La faiblesse idéologique de la gauche est une faiblesse de notre démocratie, mais c’est à ses dirigeants de plancher sur le sujet.
Intéressons-nous à cette droite qui a gouverné de 2002 à 2012 sans donner l’impression d’une vraie rupture avec les gouvernements précédents. Dans l’opposition, la droite est libérale, audacieuse, patriote et déterminée ; au pouvoir, elle est souvent frileuse, étatiste et se révèle impuissante à réformer le pays. En 2002, la création de l’UMP fut une victoire tactique du RPR sur l’UDF, les fondations idéologiques étaient bonnes : libéralisme économique, État régalien fort mais pas omnipotent, volonté de réforme profonde du pays, rupture avec les consensus des décennies passées qui sont devenus autant de renoncements et de blocages. Depuis, l’exercice du pouvoir a fait son oeuvre et la culture gestionnaire a pris le pas sur la volonté de réforme quasi révolutionnaire que la droite française a pour devoir de porter. Le pragmatisme érigé en principe de gouvernement ne fait pas une politique ; il faut une vision. En 2007, Nicolas Sarkozy avait eu cette vision et il avait fait lever cet espoir pour “la France d’après”. La crise et les circonstances mondiales en ont décidé autrement.
Telles des divinités, les idées politiques meurent de ne plus être adorées, priées, psalmodiées par leurs adeptes : patrie, nation, république, libéralisme, probité, morale ont, vidés de leur sens, peu à peu disparu des discours politiques.
Aujourd’hui, les éléments de langage répondent aux sondages, qui déterminent les angles de communication, pour finalement faire le buzz qui, selon la traduction française, signifie “bourdonnement” ou “brouhaha”. Le but ultime est donc de faire du bruit, mais pour qui ou pour quoi, nul ne le sait plus. Au contraire, être en quête de sens est désormais suspect, vouloir mettre en perspective est vu comme réactionnaire, prendre son temps, comme dépassé. Les élections se succèdent à un rythme effréné, la politique croit être partout en investissant les nouveaux réseaux, alors que sa “twitterisation” est l’annonce de sa disparition. Le « bougisme » maladif, pour citer Pierre-André Taguieff, n’arrive plus à masquer une fin inéluctable.
« La société politique contemporaine [est] une machine à désespérer les hommes », disait Camus, et la désespérance est le prélude à la mort du politique, peu à peu remplacé par la gestion. Le volcan des espoirs et des craintes des hommes s’éteint alors, mais, souterraine, la fusion continue, l’éruption menaçant d’éclater partout où on ne l’attend pas. Une droite trop attentiste peut disparaître et il faudra, oui, tout changer. Épargnons-nous cette peine, faisons-le maintenant, avant qu’il ne soit trop tard, avant d’être emportés.

vendredi 14 mars 2014

Contre le grand flou, aux urnes, citoyens!


L’heure n’est plus aux doutes, aux atermoiements, mais à l’union autour de celles et ceux qui portent nos couleurs. Martine Aubry, dans sa grande sagesse, nous avait mis en garde lors de la primaire présidentielle socialiste de 2011 : « Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup. »Elle parlait de François Hollande, son concurrent d’alors. Le flou, nous y sommes depuis l’élection de celui qui, pendant sa campagne, avait nié la crise économique dont souffre la France tout en “déclarant la guerre à la finance”.
Incompréhensible campagne, incompréhensible présidence. Ainsi, le pacte de responsabilité s’avère être dans la lignée de ses prédécesseurs : pacte de croissance, choc de simplification et consorts, de simples mots sur du papier. Paul Éluard disait : « Il nous faut peu de mots pour exprimer l’essentiel » ; si François Hollande multiplie les mots sur l’accessoire, c’est parce qu’il est incapable d’influer sur l’essentiel.
L’essentiel, c’est la croissance de l’économie, condition sine qua non de la création d’emplois. La croissance est telle l’eau qui irriguerait les plaines de l’emploi et permettrait la moisson. Planter sans eau ne donne rien, pourtant les grands esprits de gauche ne cessent de réclamer des contreparties avant même d’avoir vu une goutte de pluie. C’est à se demander si le FMI, qui s’inquiète dans la présentation de ses prévisions de croissance pour 2014 de « l’incertitude politique » en France, ne met pas le doigt sur notre plus grande faiblesse actuelle : la conduite politique du pays. Le “Corrézien” de l’Élysée n’a pas le bon sens paysan de son illustre prédécesseur, il en aurait pourtant bien besoin pour s’imposer à ses remuants Torquemada rouges et verts, toujours prêts à sacrifier les emplois des Français au nom d’une pureté idéologique qu’eux seuls ont le pouvoir de définir.
Que peut-on faire alors face à ce parti et à ses alliés qui détiennent, depuis maintenant deux ans, tous les pouvoirs nationaux et locaux ? Ce parti qui nie les évidences comme les différences entre homme et femme, qui refuse aux familles le droit d’éduquer leurs enfants, qui divise profondément les Français pour satisfaire des lobbies, qui attaque les entreprises pour entretenir un système social à bout de souffle…
Manifester ? Il suffit de voir comment le ministre de l’Intérieur traite manifestants pacifiques et violents : les premiers sont arrêtés là où les seconds sont à peine inquiétés. Se réfugier dans le vote protestataire ? Le Front national reste le meilleur allié objectif du Parti socialiste. S’abstenir ? Pas au moment où la France est en train de basculer en deuxième division économique, diplomatique et culturelle. Voter reste notre devoir de citoyens, notre devoir de Français.
Pour ces premières élections depuis la présidentielle, n’ayons pas d’états d’âme et allons voter pour les candidats de la droite et du centre. Si la droite n’est pas parfaite, et elle ne l’a jamais été, la mainmise socialiste sur le pays est une calamité. Le pacte de responsabilité est un écran de fumée fait pour endormir le citoyen, le temps des municipales, et tenter de créer une diversion devant la légitime colère populaire qui monte.
Ne vous laissez pas abuser, déchirez le voile et rendez-vous aux urnes. Montrez au président de la République que la France rejette sa politique. Demandez-lui des comptes sur le pouvoir d’achat des Français qu’il a amputé en supprimant la défiscalisation des heures supplémentaires. Présentez-lui la facture pour ces hausses d’impôts insensées depuis son élection. Refusez d’être les cobayes de ces lois sociétales votées sans débat de fond par des apprentis sorciers politiques. Sanctionnez le laisser-faire de notre justice et l’absence incroyable d’autorité de l’État pour faire respecter ses règles, que ce soit par une adolescente du Kosovo ou par des groupuscules ultra-violents dans les rues de la ville même du premier ministre.
Partout je vois se lever des hommes et des femmes incarnant le renouveau de notre famille politique, qui s’engagent pour aller porter la contradiction jusque dans ce que les socialistes appelaient, hier encore, leurs bastions. Mais ceuxci n’existent plus, l’échec du président de la République les fragilise, ils peuvent être battus. “La fortune sourit aux audacieux”, dit le proverbe ; en 2014, l’audace est à droite !
La gauche croit être encore majoritaire dans le pays, à nous de lui prouver le contraire les 23 et 30 mars. Voici venue l’heure d’adresser un message fort au président de la République : monsieur le Président, nous ne voulons plus de votre politique!

jeudi 7 mars 2013

Lettre ouverte à François Hollande

La situation de notre économie est telle que tout doit être fait pour encourager les entrepreneurs et les convaincre de rester en France.
Monsieur le Président de la République, nous, députés de la nation, attachés au monde de l’entreprise, sommes très inquiets de l’avenir économique de notre pays. Si l’ancien premier ministre Michel Rocard évoque une « situation terrifiante », c’est que notre économie est indéniablement passée d’un avis de tempête à un avis d’ouragan. Il est encore temps d’éviter le décrochage définitif. Plutôt que de vains débats sociétaux qui les divisent, les Français veulent la vérité et attendent des décisions courageuses.
Vous ne pouvez pas créer la prospérité en décourageant l’épargne ! Alors que le financement de notre économie risque de souffrir d’un assèchement sans précédent des capitaux, vous avez choisi d’alourdir massivement la fiscalité sur l’épargne. C’est ainsi que vous avez décidé de conserver, malgré des aménagements, une taxe sur les plus-values à plus de 60 %, alors qu’elle se situe à 0 % en Belgique, en Suisse ou au Luxembourg. Cette mesure fait de la France la terre la plus hostile d’Europe aux entrepreneurs, un vrai “enfer fiscal” ! Elle décourage nos chefs d’entreprise, démotive nos jeunes et fait fuir nos talents. Même Jacques Attali n’hésite pas à l’assimiler à un « suicide fiscal »
Vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l’employeur ! Avec le rapport Gallois, vous sembliez certes avoir compris qu’il ne peut y avoir de modèle social durable sans économie compétitive. Mais votre crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi est malheureusement beaucoup trop complexe pour nos 3 millions de PME : c’est une nouvelle usine à gaz qui ne répond pas à l’urgence de la situation.
Monsieur le Président de la République, écoutez le cri d’alarme de nos entrepreneurs ! Chaque jour, ces derniers doivent surmonter des obstacles qui nuisent à leur activité et à la création d’emplois : un labyrinthe kafkaïen de normes, un droit du travail de 3 000 pages, une insécurité juridique et fiscale permanente, des charges parmi les plus élevées du monde… Pis, ils font face à un climat anti-entrepreneurial inédit, entretenu au plus haut niveau de l’État. Faire du chef d’entreprise un bouc émissaire, l’accabler d’impôts nouveaux ou s’immiscer dans sa gestion au nom de la morale, comme vous comptez le faire avec votre loi sur la reprise des sites rentables, ne peut pas être la politique de la cinquième puissance économique mondiale.
Vous ne pouvez pas encourager la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes ! Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche ! Ne cherchez plus à plaire à l’aile la plus extrémiste de votre majorité ! Pourquoi s’obstiner à mettre en place une taxe confiscatoire à 75 % ? En affirmant, comme le rapporteur général socialiste du Budget, Christian Eckert, que « cette taxe est une amende », il ne faut pas s’étonner que ceux qui ont réussi, désormais considérés comme des hors-la-loi, quittent le pays en masse. Les chiffres sont alarmants : le nombre d’exilés fiscaux a été multiplié par 5, passant de 1 000 en moyenne par an à près de 5 000 l’an dernier ! Notre pays est en train de se vider de son sang entrepreneurial ! Il est grand temps de stopper l’hémorragie !
Vous ne pouvez pas éviter les ennuis en dépensant plus que vous gagnez ! Monsieur le Président, l’État suffoque sous le poids d’une dette abyssale et l’abandon de votre objectif de ramener le déficit public sous le seuil des 3 % du PIB en 2013 n’est pas près de nous rassurer. Agissez sur les dépenses publiques ! Vous pouvez encore corriger le tir. Dans votre programme pour l’élection présidentielle, vous écriviez « le chef de l’État doit avoir le souci de la promptitude, de la rapidité, de l’urgence ». L’urgence est là, monsieur le Président, saurez-vous y faire face ?

vendredi 9 mars 2012

Démagogue et médiocrate

Décidément, François Hollande n’a pas changé depuis qu’il disait qu’il n’aimait pas « les riches » en situant la barre à 4 000 euros. Faute d’imagination pour sortir la France de la crise, il prend délibérément le risque de l’y enfoncer davantage par des propositions démagogiques.
Témoin, cette mesure que les esprits sensés comme François Fillon trouvent « imbécile », mais qui fait mouche : taxer les “gros” revenus, à partir de un million d’euros, à 75 %! Une proposition approuvée par une majorité d’électeurs : peu de gens se sentent concernés par des montants qui, comparés à un revenu médian de 2 400 euros par mois, peuvent sembler astronomiques.
En procédant ainsi, le candidat socialiste commet une double faute. Il se prétendait rassembleur, porteur d’une autre vision de la France qu’il peine à préciser. Se contredisant de meeting en meeting, s’avérant incapable de formuler un idéal dans lequel les Français pourraient se reconnaître, il préfère flatter la jalousie, la rancoeur, la volonté de revanche de la part de victimes de la crise qui cherchent un coupable. François Hollande leur désigne un bouc émissaire : “les riches”, alliés à son ennemie “la finance”, qu’ils pourront punir de leurs malheurs.
Deuxième faute de celui qui prétend gouverner la France : renforcer les Français dans leur préjugé hérité de la Révolution de 1789 selon lequel les inégalités sont toujours le résultat d’une injustice, jamais la récompense d’un talent créateur de richesses pour le pays.
Il y a certes des rentiers, qui n’ont d’ailleurs pas forcément démérité. Mais les quelques milliers de contribuables visés par la mesure Hollande sont d’abord des entrepreneurs, des dirigeants d’entreprise, des chercheurs, des artistes, des sportifs de haut niveau qui contribuent à la notoriété de notre pays, font progresser son économie, sa culture et son prestige. En confisquant le fruit de leur talent, en les privant d’une légitime récompense financière pour leur mérite, on risque d’achever de décourager l’effort et de stériliser la création sous toutes ses formes, à commencer par la création d’emplois dont on a tant besoin.
Il est légitime de parler de confiscation quand s’ajoutent aux 75 % les prélèvements sociaux (8 %) et l’ISF rétabli dans son ancien barème sans plafond. Ceux dont le revenu se situe au-dessous du seuil du million d’euros auraient d’ailleurs bien tort de croire qu’ils seront épargnés par cette folie spoliatrice. Qui peut sérieusement croire que l’on passerait directement de la tranche de 45 % à celle de 75 % sans tranches intermédiaires dans le barème de l’impôt ?
En réalité, c’est tout l’encadrement de nos entreprises qui se trouve menacé par cette volonté de nivellement. Et toute la compétitivité de notre appareil productif qui serait ainsi compromise, non seulement par un coût trop élevé de la main-d’oeuvre non qualifiée mais aussi par l’impossibilité de rémunérer en France à sa juste valeur la main-d’oeuvre hyperqualifiée. Du bouclier fiscal tant critiqué, nous passerions ainsi sans transition au boulet fiscal pour tous ceux qui ont le grand tort de se distinguer par leurs qualités exceptionnelles.
Sans doute n’est-il pas dans l’air du temps de parler de mérite, de talents et de récompenses financières. Mais la France vit dans un monde où prévaut l’économie de marché, où circulent librement les capitaux et les hommes. On voit déjà bien des artistes mais aussi des sportifs français, footballeurs, tennismen et autres, exercer leurs talents soit à l’étranger, soit même en France en étant fiscalement domiciliés ailleurs. La capitale belge prospère en partie grâce aux exilés fiscaux français. Nos jeunes sont de plus en plus nombreux à songer à s’expatrier dans des pays où l’initiative et l’enrichissement ne sont pas regardés comme un péché.
La taxe Hollande sur les “riches” non seulement ne rapporterait rien à l’État mais l’affaiblirait par la diminution de créations de richesses. Car contrairement à ce que voudraient nous faire croire les socialistes, l’enrichissement de quelques-uns grâce à leur valeur reconnue par le marché ne s’oppose en rien à la solidarité nationale. Au contraire, elle la rend possible par les investissements qu’elle attire. Les Français qui se pressaient nombreux aux portes des Apple Stores pour rendre hommage à Steve Jobs au lendemain de son décès l’avaient bien compris : un créateur génial peut contribuer à changer le monde et à créer des milliers d’emplois chez lui et ailleurs. Rien d’anormal à ce qu’il devienne l’un des hommes les plus riches du monde, même si ce n’était pas son but premier. Avec François Hollande, on ne risque pas de voir une telle aventure se reproduire chez nous.