A cent jours du premier tour de l'élection présidentielle, la présidente du Front national constitue une menace très sérieuse, pour la droite comme pour la gauche, pour Nicolas Sarkozy comme pour François Hollande. Et, au bout du compte, pour la France.
Tous les indicateurs le démontrent : depuis qu'elle a pris la succession de son père, il y a un an, Marine Le Pen a permis au parti d'extrême droite de changer d'allure et de stature.
L'enquête de la Sofres que nous venons de publier témoigne que, depuis un quart de siècle, l'adhésion aux idées du FN n'a jamais été aussi élevée (31 %) dans l'opinion publique et que, à l'inverse, le rejet catégorique de ces idées n'a jamais été aussi faible (35 %). Quant aux intentions de vote en faveur de la candidate du FN, après avoir plafonné durant l'automne 2011, elles semblent à nouveau progresser et flirter avec la barre des 20 %, voire la dépasser.
A l'évidence, sans rien abandonner du coeur de son projet - rétrograde, nationaliste et xénophobe -, Mme Le Pen a réussi à dépoussiérer les vieilles rhétoriques dont son père avait usé et abusé. Elle poursuit avec énergie l'ambition de faire du FN un parti populaire et populiste, comme il en prospère dans nombre de pays européens. Elle entend sortir de la seule posture protestataire et incarner un mouvement capable d'offrir aux Français une véritable alternative politique et décidé à accéder, un jour, au pouvoir.
Pour le démontrer, elle vient de rendre public le chiffrage financier de son projet et, en particulier, de ses deux mesures phares : la sortie de l'euro (et, en réalité, de l'Union européenne) et la suppression de toute immigration en France.
Ses adversaires auraient bien tort, cependant, de se gausser trop vite de l'avalanche de chiffres fantaisistes ou imaginaires qu'elle a présentés et de ses jongleries plus qu'approximatives avec les milliards d'euros. Leur devoir est double, au contraire : non seulement procéder au démontage précis et pédagogique de cet échafaudage irréel, mais aussi lui opposer de manière sérieuse leurs propres solutions à la crise.
Car Mme Le Pen ne progresse, et ne continuera à le faire, que parce que ni le président sortant ni son concurrent socialiste ne parviennent, à ce jour, à convaincre les Français qu'ils sont porteurs d'un projet d'avenir. Tant le Front national se nourrit des faiblesses, des impuissances ou des abandons de la gauche dans les années 1990, de la droite depuis dix ans.
De même, les uns et les autres auraient tort de rêver, secrètement, que la menace Le Pen soit levée par l'impossibilité où se trouverait la candidate du FN de réunir les 500 parrainages nécessaires pour concourir. Si Marine Le Pen peine à réunir ces signatures, elle le doit d'abord à elle-même, à l'image et à l'histoire de son mouvement, à la gêne qu'il continue à inspirer à de très nombreux élus locaux. Mais si elle se retrouvait empêchée de se présenter, nul doute que la défiance des Français à l'égard de notre système politique en serait redoutablement renforcée.
vendredi 13 janvier 2012
Front national, chiffres irréels et réelle menace
Connaissez-vous la scorpionite ? C’est une nouvelle maladie découverte par Monsieur Fillon. Elle se manifeste, a expliqué notre Premier ministre lors de ses vœux de Nouvel An, par une volonté constante du malade de tout dénigrer, au risque de s’empoisonner. Le docteur Fillon pensait bien sûr aux socialistes et à Monsieur Hollande. Mais la campagne des derniers jours montre que l’épidémie de scorpionite se répand vite chez nos politiques : ils n’en meurent pas tous, mais tous sont frappés, et se dénigrent à qui mieux mieux. Sale mec ! dit l’un. Honte nationale, jette l’autre. Homme dangereux, jure l’une, aussi néfaste qu’une guerre, complète son compère… S’ils devaient tous persister ainsi durant les cent jours qui nous restent avant le scrutin, nul doute que la scorpionite ferait bien des victimes. À commencer par nous, les ânes de la fable, dindons de cette triste farce.
Comme dans la cuisine des Tontons flingueurs, ils sont passés aux alcools forts. Sans étiquette. Des mots, des formules, des images qui, en violence, dépassent largement les 40° officiels à l’alambic. Mais cette fois, pas de souvenirs de vieux combats partagés, ni du petit bouge de Bien Hoa, ni des faveurs de Lulu la Nantaise pour adoucir un peu les rasades au vitriol. Il n’y a même pas de pomme dedans, variété Chirac 95, qui aurait pu instiller un peu de poésie rustique dans le mélange. C’est du brutal.
Dans le village politique, ça défouraille à tout va depuis quelque temps et l’orée de la campagne est déjà une pétaudière où l’on règle ses comptes sans craindre l’incident de tir, y compris dans son propre camp. Même si les assassinats les plus réussis se font encore au silencieux, la droite revendique bruyamment l’arme lourde. Tout excité comme un enfant qui joue à se faire peur, le secrétaire général de l’UMP s’en amuse : « ici c’est massacre à la tronçonneuse ». Très gore en effet dans un milieu où, pour prévenir de l’intensité d’une attaque, on use fréquemment de cette formule familière : « il y aura du sang sur les murs ».
Après l’épisode du très visuel croc de boucher promis (implicitement) par Nicolas Sarkozy à Dominique de Villepin, on va au-delà des ustensiles de la vengeance crue. Maintenant on cogne d’abord et on parle après. Comme si les adversaires frustrés d’avoir si peu d’espace pour les bagarres idéologiques déversaient soudainement leur fiel comme un acide surconcentré. Le malaise général engendré par la crise désinhibe : puisqu’il n’y a plus de limites et que l’époque bascule dans l’inconnu, on s’affranchit des politesses républicaines. A l’antisarkozysme grossier des premières années du quinquennat répondent aujourd’hui des campagnes de décrédibilisation de la gauche qui assument la mauvaise foi, voire la cultivent. A droite, la crainte d’être chassé du pouvoir exacerbe l’agressivité. Puisqu’il n’y a plus rien à perdre, on se lâche. On joue le tout pour le tout. Apocalypse tomorrow si la gauche revient à l’Élysée !
Les sémiologues établissent une comparaison entre ces débordements verbaux et le déchaînement, bien plus haineux encore, des années 30. Tout à l’ivresse noire d’un parler politique en roue libre, un discours propagandiste généralisé, qui cherche moins à convaincre qu’à impressionner les esprits, s’installe inexorablement. C’est toujours la même histoire, hélas. La crise et les moments de grande mutation inspirent le pire… Il est encore temps de réagir.
Communiqué du Saint-Synode de l’Église de Grèce au sujet de la détention préventive de l’archimandrite Éphrem de Vatopédi
Nicolas Sarkozy choisit le mouvement pour combler ses handicaps
A cent jours de la présidentielle, Nicolas Sarkozy a choisi une stratégie de mouvement qui s'apparente à une fuite en avant pour tenter de surmonter le handicap d'un déficit persistant de popularité et d'un bilan plombé par la montée du chômage.
Loin de la pause dans les réformes qu'il avait envisagée en 2010 pour la fin de son mandat, le chef de l'Etat a ainsi annoncé dans ses voeux aux Français du 31 décembre vouloir légiférer rapidement sur un chantier de taille : le financement de la protection sociale pour qu'il repose moins sur le travail.
Il a en outre évoqué des décisions sur la formation des chômeurs ou encore, plus symboliquement, sur la taxe sur les transactions financières.
Ces trois dossiers, ainsi que celui, tout aussi sensible, d'un nouveau contrat de travail plus "flexible", seront au coeur d'une réunion avec les partenaires sociaux sur l'emploi convoquée le 18 janvier à l'Elysée.
Même si l'on assure au gouvernement qu'aucune décision n'a été prise à l'avance sur ces questions, dont certaines, comme la "TVA sociale" rebaptisée "fiscalité anti-délocalisation", inquiètent jusqu'au sein de la majorité, tout doit aller vite.
Les principales mesures issues du "sommet pour la croissance et l'emploi" seront présentées dès le 25 janvier en conseil des ministres et le Parlement, qui devait suspendre ses travaux le 24 février, siégera jusqu'à début mars pour les voter.
Nicolas Sarkozy a également en tête d'ouvrir rapidement d'autres chantiers comme le financement du logement, un autre sujet sensible, jugeant anormal que les prix de l'immobilier aient continué de monter dans la crise.
Cité dans l'hebdomadaire Le Point, le président de la République, qui n'est toujours pas officiellement en campagne pour sa réélection, dit avoir en tête "huit ou dix mesures fortes" pour lutter contre la crise, avec la volonté de "réformer les failles structurelles du système français".
"PASSER LA SURMULTIPLIÉE"
"Il faut passer la surmultipliée. Si je suis candidat, c'est avec la certitude que la France doit faire des changements pour s'adapter au monde qui nous attend. Il faut des idées nouvelles", ajoute-t-il.
Avec une cote de popularité en rechute et un retard encore conséquent sur son rival socialiste François Hollande dans les intentions de vote, Nicolas Sarkozy "est condamné à prendre tous les risques", dit un de ses ministres.
"Le favori c'est François Hollande, le challenger, et l'outsider c'est le président sortant, c'est une situation inhabituelle", constate Gaël Sliman, responsable du département opinion de l'institut BVA.
"Même si François Hollande baisse dans les sondages, il sera toujours plus populaire", ajoute-t-il. "Du coup, Nicolas Sarkozy se sent obligé d'être très actif et de proposer des choses, fussent-elles impopulaires, pour se présenter en candidat plus solide, plus courageux, plus volontaire".
Il ne manquera certes pas de s'exposer aux critiques lui reprochant de ne pas avoir mené ces réformes depuis quatre ans et demi, "mais ne rien faire serait la certitude de perdre", souligne Gaël Sliman.
Pour Guillaume Peltier, le spécialiste des études d'opinion à l'UMP, "l'idée du président est d'être en action en permanence, de faire des propositions assez neuves et audacieuses, de continuer à briser les tabous de la société française. C'est ce qui a fait son succès depuis 2007".
Mais le transfert partiel des cotisations patronales sur une fiscalité anti-délocalisations, avec au moins une part de hausse de la TVA, n'enthousiasme guère les élus de la majorité, qui redoutent un effet boomerang dans les urnes.
RESSERRER LES BOULONS
Quant à l'instauration à marche forcée d'une taxe sur les transactions financières, des économistes la jugent dangereuse pour l'économie si la France fait cavalier seul, comme Nicolas Sarkozy se dit prêt à le faire pour enclencher le mouvement.
Mais pour un ministre, les risques pris sont compensés par un avantage : celui d'avoir "un gouvernement qui ne s'est pas arrêté de travailler huit mois avant terme pour se contenter de faire de l'électoralisme."
"Il s'agit de ne pas donner l'image d'une majorité essoufflée. Aujourd'hui, c'est plutôt la gauche qui a du mal avec les propositions", dit-il sous le couvert de l'anonymat.
Il reste qu'une partie de cette majorité semble tétanisée par la proximité des échéances électorales, ce qui a amené Nicolas Sarkozy et le Premier ministre, François Fillon, à resserrer les boulons.
Lors du dernier petit déjeuner hebdomadaire des chefs de la majorité, le président de la République a déclaré mardi que c'était le moment ou jamais, pour ceux qui hésitaient à le soutenir, de se manifester.
François Fillon a embrayé en appelant les députés UMP à faire bloc derrière Nicolas Sarkozy et à mettre en sourdine leurs doutes sur la stratégie menée, dans une allusion aux réserves exprimées sur le projet de "TVA sociale".
"Par rapport à cette stratégie et à la réaction de l'opinion publique on a tous des interrogations. Mais nous allons avoir un candidat, c'est lui qui pilote la stratégie", a-t-il dit. "Je vous invite à faire preuve de la plus grande unité derrière cette stratégie."
L'heure tourne en Grèce, préviennent les créanciers
"D'ici la fin de la semaine prochaine, nous pourrions avoir les grandes lignes d'un accord avec le secteur privé", a déclaré un responsable du ministère des finances sous le sceau de l'anonymat.
"Nous pourrions avoir une offre formelle d'ici le début du mois de février."
Le groupe représentant les créanciers privés de la Grèce a déclaré plus tôt que certains points clef des discussions portant sur un échange volontaire de dette n'avaient toujours pas été résolus et qu'il ne restait plus beaucoup de temps pour trouver un accord.
"Une série de questions ont été discutées et certains points clef n'ont pas été résolus. Les discussions avec Athènes vont continuer demain, mais il reste peu de temps pour trouver un accord", a souligné l'IFI dans un communiqué.
La Grèce pourrait devoir demander une contribution supplémentaire à ses partenaires européens si la participation des créanciers privés à l'échange volontaire de dette visant à réduire l'endettement du pays n'est pas suffisante, a déclaré jeudi le vice-ministre grec des Finances.
"Si le pourcentage de participation n'est pas, par exemple, de 100%, alors la Grèce pourrait avoir besoin d'un soutien additionnel de la part de nos partenaires", a déclaré Filippos Sachinidis au micro de la radio Skai.
ACTIONS COLLECTIVES RETROACTIVES
Des sources européennes ont déclaré à Reuters que la Grèce pourrait recourir à un système de clauses d'actions collectives (CAC) rétroactives pour contraindre les créanciers de la Grèce à accepter l'échange de dette si Athènes ne parvient pas à convaincre suffisamment d'investisseurs privés à participer à son sauvetage.
"La Grèce pourrait introduire, de façon rétroactive, des CAC sur l'ensemble des obligations en circulation, et contraindre ainsi les hedge funds, qui traînent des pieds dans l'espoir de réaliser des bénéfices rondelets, d'accepter le nouvel accord", a dit l'une des trois sources de Reuters.
Des banquiers ont rapporté mercredi que les discussions sur la participation du secteur privé se passaient mal, émettant l'hypothèse que les Etats de la zone euro pourraient devoir accroître leur contribution au deuxième plan d'aide à Athènes.
Athènes discute depuis des mois avec ses banques et ses fonds d'investissement créanciers d'un plan de restructuration de sa dette lui permettant de ramener son endettement de 160% à 120% du produit intérieur brut (PIB) du pays d'ici à 2020.
Cet accord est une condition essentielle à la mise en place d'un deuxième plan d'aide de 130 milliards d'euros des bailleurs de fonds internationaux de la Grèce, sans lequel le pays risque de faire défaut autour du 20 mars. A cette date, 14,5 milliards d'euros de dette grecque arrivent à échéance.
LA RECESSION S'AGGRAVE
Ces négociations se déroulent sur fond d'aggravation de la récession économique et du déficit budgétaire de la Grèce, le tout accompagné d'une hausse de son taux de chômage.
Selon les chiffres du ministère des Finances publiés jeudi, le déficit budgétaire s'est creusé l'an dernier, malgré les espoirs du gouvernement de trouver de nouvelles ressources via des taxes exceptionnelles destinées à compenser l'aggravation de la récession à la suite des mesures d'austérité.
Ce déficit, qui exclut plusieurs éléments importants et notamment les comptes des autorités locales, a augmenté de 0,8% en 2011, à 21,64 milliards d'euros.
Par ailleurs, le taux de chômage du pays a encore augmenté sensiblement au mois d'octobre, à 18,2% contre 17,5% en septembre, selon le service des statistiques qui ne publie pas de données ajustées des variations saisonnières.
Le taux de chômage moyen des 17 pays de la zone euro, ajusté des variations saisonnières, a légèrement progressé en octobre, à 10,3%, contre 10,2% en septembre.
Le danger Marine Le Pen
Comment combattre Marine Le Pen ? En évitant d'en parler, comme le préconisait naguère Martine Aubry qui soulignait: "plus on met le FN dans le jeu, plus on fait sa campagne"? En renvoyant les élus FN à leur mauvaise gestion passée comme l'a fait ce matin sur France Info la même Martine Aubry qui s'est exclamé: "Partout où le Front national s’est installé, ça s’est terminé par une gabegie ; les maires de Toulon […] les maires de Vitrolles ont été condamnés pour détournement de fonds publics ; il faut dire cela aussi".
Vaut-il mieux, comme le croit François Hollande, attaquer sur les valeurs, rappeler "la violence sociale et la vindicte ethniciste" contenues dans le projet de la candidate d'extrême droite, dénoncer un projet "anti républicain" comme le pense François Bayrou ou concentrer le tir sur "la rupture protectionniste"que la candidate s'est employé aujourd'hui à crédibiliser en chiffrant une à une les mesures qu'elle préconise, comme le croient nombre d'élus UMP ?
La mue "ethno socialiste" du Front national, pour reprendre les termes du politologue Dominique Reynié, fait de Marine Le Pen une cible mouvante, particulièrement difficile à atteindre. Elle a entrepris de ripoliner le projet de son père en gommant les plus fortes aspérités. Elle ne dénonce plus l'Etat providence et le modèle social français mais veut au contraire les défendre contre l'Europe, les riches et les banquiers et les réserver aux seuls français. Les idées qu'elle défend se banalisent : un tiers des français y adhèrent, selon l'enquête TNS Sofres réalisée début janvier pour Le Monde, France Info et Canal + soit 9 points de plus qu' il y a un an. 40 % de l'électorat ouvrier se reconnait dans ses idées. Elle progresse dans le monde rural et chez les actifs. Le protectionnisme qu'elle défend est peu ou prou récupéré par tous les candidats qui font du patriotisme économique l'alpha et l'oméga de leur projet.
Aucun politologue ne la voit remporter l'élection présidentielle mais sa dangerosité n'en est pas moins forte : elle est le syndrome de la crise française sur laquelle butent les autres candidats.
Même trouver de l'aspirine devient problématique en Grèce
Temps de travail, l’étude qui fâche
"Ces comparaisons sont partielles"
La productivité horaire des Français est supérieure
jeudi 12 janvier 2012
Présidentielle 2012 : Aubry déclare la guerre à Accoyer
Martine Aubry s'est littéralement insurgée, ce jeudi, contre les propos de Bernard Accoyer. Et la première secrétaire du Parti socialiste s'est chargée de le lui faire savoir. Le président de l'Assemblée nationale avait annoncé "la guerre" si la gauche l'emportait.
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| La pute Aubry en attitude de racolage |
Sarkozy "casse, divise, abîme"
La maire de Lille en a rajouté une couche affirmant que « ce ton, c'est le ton de l'UMP par rapport à François Hollande et par rapport au Parti socialiste » avant d'ajouter : « nous sommes à un autre niveau ». Bernard Accoyer n'était pas le seul à subir les foudres de Martine Aubry. Rebondissant sur l'affaire des trucages de l'IGS, la chef de file du PS a répondu : « Je n'ai jamais vu ça. J'ai été ministre, j'avais 40 directeurs, sans doute la moitié de droite, la moitié de gauche, je n'ai jamais eu de problème parce qu'à ce moment la République était là. Monsieur Sarkozy aujourd'hui casse, divise, abîme, et c'est cela qui fait le lit du Front national et des extrémismes ».Sarkozy à Lille ? "Je l'accueillerai naturellement"
En pleine tournée des radios, Martine Aubry a également réagi sur France Bleu Nord à propos de la venue du président de la République à Lille. « J'espère que nous sommes encore en République, j'en doute un peu quand j'entends les propos de certains ministres, du président de la République. Moi, j'ai toujours respecté mes adversaires, comme je le fais ici à Lille, nous sommes là pour faire marcher la démocratie et la République », a-t-elle dénoncé avant d'estimer que Nicolas Sarkozy « fait sa campagne en faisant des vœux partout en France et en les utilisant pour taper sur ses adversaires ». « Je l'accueillerai en haut des marches très naturellement, c'est le président de la République », a-t-elle conclu. La « guerre » présidentielle ne fait que commencer...STUPIDITÉ : Joly propose un jour férié pour Kippour et l'Aïd-el-Kebir
La candidate écologiste à la présidentielle a déclaré mercredi qu'elle voulait que «chaque religion ait un égal traitement dans l'espace public».
Lors d'une «Nuit de l'égalité» dans un Bataclan bien rempli , la candidate EELV à la présidentielle, après un hommage au journaliste Gilles Jacquier mort en Syrie, a déclaré que «le rêve français pour (elle) est celui de la passion de l'égalité». Pour l'ex-magistrate, «cette égalité, élément clé de l'identité nationale, a été mise à mal par cinq ans de présidence sarkozyste». «Quand j'entends Claude Guéant et Marine Le Pen, j'ai mal à ma France, j'ai mal à notre France», a fait valoir la Franco-Norvégienne, parlant notamment de la circulaire sur les étudiants étrangers.
Sa première «priorité du quinquennat pour l'égalité» sera «l'égalité territoriale» car «les habitants des banlieues, ou des zones rurales ont le droit d'être traités dignement». Sur l'éducation, elle a plaidé pour «une nouvelle carte scolaire» pour «combattre l'apartheid scolaire». En matière d'égalité hommes-femmes, elle a proposé que «pas un euro d'argent public» n'aille à une entreprise «qui pratiquerait une inégalité de salaires».
«Représenter la France qui n'est pas bien née»
Côté laïcité, pour que «chaque religion ait un égal traitement dans l'espace public», la candidate Verte, se référant au rapport Stasi, a souhaité que «juifs et musulmans puissent célébrer Kippour et l'Aïd-el-kebir lors d'un jour férié» car alors «l'égalité et la laïcité auront avancé dans notre pays», selon elle.Elle s'est aussi dit favorable à des «statistiques de la discrimination», «instrument utile pour permettre demain un même accès à l'emploi, à la santé, au logement, voir aux responsabilités politiques». Celle qui entend «représenter la France qui n'est pas bien née» s'en est, une nouvelle fois, pris à Marine Le Pen (FN) dont «le projet porte en lui-même la fin de la France», selon elle.
Par ailleurs, dans la journée, un séminaire stratégique s'était réuni autour d'Eva Joly pour faire le point sur sa campagne alors que la candidate plafonne à 3 ou 4% d'intentions de vote dans les sondages. Conclusion, il lui faut mener «une campagne plus lisible» avec «plus de cohérence» en recentrant les thématiques sur les questions d'écologie, d'emploi, de réindustrialisation et d'Europe, selon plusieurs participants. Eva Joly doit d'ailleurs vendredi détailler ses propositions sur l'emploi.
La faillite… du leadership
Au XXIe siècle, l’expérience passée a permis, dans un premier temps, de contenir la catastrophe et de reprendre espoir. C’était sans compter avec l’aveuglement des dirigeants des pays européens les plus fragiles qui n’ont pas hésité à s’endetter auprès des banques. Ils avaient imaginé que leur appartenance à l’euro les préserverait de ce qui les eut menés du temps des monnaies nationales à une catastrophe. Leur impéritie s’avéra contagieuse pour toute l’Europe du fait de l’existence de cette monnaie commune. Un autre point commun à ces deux crises dévastatrices explique l’incapacité à en contrôler l’ampleur, c’est l’extrême faiblesse du personnel politique. Aux Etats-Unis, de 1929 à 1932, le président Hoover se révéla incapable de prendre la moindre initiative. En Allemagne, le chancelier Brüning à la tête de la fragile république de Weimar, terrorisé par le souvenir de l’inflation qui avait ravagé son pays dans les années 20, se lança dans une politique déflationniste qui provoqua un chômage de masse et ouvrit la voie à Hitler. En France, Pierre Laval crut bon de suivre son exemple et favorisa ainsi, contre son gré, l’accès au pouvoir du Front populaire. Au XXIe siècle, si, aux Etats-Unis, Obama a su dans un premier temps prendre les mesures d’urgence qui s’imposaient, il est désormais paralysé par une opposition républicaine majoritaire au Congrès, qui entrave ses nouvelles propositions de relance de l’économie.
En Europe, la Commission a été dépassée par les événements. Il serait impossible de citer une initiative significative de MM. Barroso ou Van Rompuy. Les institutions européennes ont abandonné la conduite des opérations au couple franco-allemand qui avance certes vers un renforcement des liens communautaires, indispensable pour sauver l’euro, mais dont la conduite de la politique économique n’est pas loin de rappeler celle de MM. Brüning et Laval. C’est en période de crise qu’un leadership clairvoyant et déterminé se révèle indispensable. Sans aller jusqu’à évoquer ce que nous devons à Roosevelt, Churchill et de Gaulle, on se souviendra que la naissance de l’Europe n’eut pas eu lieu sans Adenauer, Schuman et Alcide de Gasperi et que c’est l’alliance de Reagan, Thatcher, Mitterrand et Kohl, auxquels il faut ajouter Jean-Paul II, qui précipita la fin de l’Union soviétique. La crise actuelle appelle urgemment à l’émergence d’un nouveau leadership sur les deux rives de l’Atlantique. Malheureusement, il n’en existe pas de signe avant-coureur.
LEAD 1-Grèce-Les négociations sur la dette se passent mal-sources
* Les Etats européens pourraient devoir accroître leur aide-sces bancaires
* Cela risque d'être difficile à faire accepter en Allemagne
* Le représentant du lobby bancaire jeudi à Athènes (Actualisé avec contexte, détails, visite de Dallara à Athènes §12)
FRANCFORT, 11 janvier (Reuters) - Les discussions sur la participation du secteur privé au sauvetage grec se passent mal, apprend-on mercredi auprès de responsables bancaires européens, ce qui signifie que les Etats de la zone euro pourraient devoir accroître leur contribution au deuxième plan d'aide à Athènes.
"Les gouvernements envisagent une augmentation de leur participation", a déclaré l'un des banquiers, proche des discussions.
Prié de dire si les Etats allaient devoir mettre la main au porte-monnaie pour compenser une participation du secteur privé inférieure à ce qui était prévu, un autre banquier a déclaré : "Rien n'est encore décidé, mais plus forte sera la décote imposée, moins il y aura d'appétit pour une conversion volontaire."
Un troisième banquier a confirmé : "La participation du secteur privé se passe mal."
Parmi les cercles gouvernementaux de la zone euro, certains suggèrent que les ministres commencent à admettre qu'ils pourraient devoir renforcer sur fonds publics le deuxième plan de sauvetage de 130 milliards d'euros de la Grèce.
Mais une telle issue pourrait être difficile à faire accepter politiquement en Allemagne et dans d'autres pays de la zone.
Lundi, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont insisté sur le fait que les détenteurs d'obligations grecques devaient assumer leur part du fardeau, sans quoi les Etats ne verseraient pas leur contribution.
Le même jour, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaire Olli Rehn a déclaré que les discussions avec les créanciers privés étaient sur le point d'aboutir et qu'un accord pourrait être trouvé rapidement. (voir )
CHARLES DALLARA À ATHÈNES JEUDI
Sans ce deuxième plan d'aide, la Grèce risque de faire défaut autour du 20 mars, date à laquelle 14,5 milliards d'euro de sa dette arrivent à échéance. Un accord doit intervenir bien avant cette date parce que les formalités risquent de prendre à elles seules six semaines.
Des sources ont rapporté que les hedge funds détenteurs de dette grecque tentent d'esquiver la conversion de leurs avoirs en nouveaux titres amputés d'une décote.
Ces fonds spéculatifs préfèrent soit une faillite de la Grèce, qui déclencherait le versement des assurances qu'ils ont souscrites, soit recouvrer totalement leur mise si suffisamment d'autres contributeurs privés acceptent d'amputer la leur.
Charles Dallara, directeur général de l'Institut de la finance internationale (Ifi), le lobby bancaire qui représente les créanciers dans les négociations avec la Grèce, s'entretiendra avec des responsables grecs jeudi à Athènes, a annoncé un porte-parole mercredi.
Les banques représentées par l'Ifi ont accepté l'an dernier une décote de 50% sur la valeur nominale de leurs avoirs en dette grecque, une opération destinée à réduire le ratio dette sur produit intérieur brut (PIB) du pays à 120% d'ici 2020.
Mais les négociations butent sur les modalités de cet échange de titres : le coupon, la maturité et les garanties de crédit.
La semaine dernière, Athanasios Orphanides, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a estimé que les dirigeants de la zone euro devraient abandonner l'idée de faire participer le secteur privé au plan de sauvetage de la Grèce afin de restaurer la confiance dans l'ensemble de la région. (Danielle Rouquié et Jean Décotte pour le service français, édité par Danielle Rouquié)
Deux passeports valent mieux qu’un
En temps de guerre, l’Etat revendique totalement votre loyauté, pour ne pas dire votre vie. La citoyenneté est le ciment soudant l’individu et l’Etat. Que l’on y touche, et ce lien se relâche.
Mais la vie est plus compliquée que ça. La loyauté vis-à-vis d’entités politiques n’a pas à être exclusive. En fait, bien souvent, elle peut être partagée. De nombreux juifs détiennent des passeports israéliens en signe de solidarité avec l’Etat hébreu (et en guise d’assurance), tout en étant ressortissants de leurs pays d’origine. Les Teutons peuvent fièrement être à la fois bavarois, allemands et européens.
La résidence comme critère pour les droits et devoirs
Les citoyens irlandais peuvent voter aux élections britanniques. L’ancienne idée de citoyenneté d’un Etat et d’un seul paraît aujourd’hui dépassée : plus de 200 millions de personnes vivent et travaillent désormais ailleurs que là où ils sont nés – ce qui ne les empêche pas de vouloir revenir au pays, pour s’y marier ou y investir, par exemple.En réaction, ce phénomène suscite à tort un protectionnisme politique, les Etats obligeant les citoyens à choisir une seule nationalité, ou les empêchant d’obtenir plusieurs passeports. Approche qui peut sembler curieuse, sachant qu’il est si facile d’acquérir la citoyenneté, puisque cette dernière est même carrément en vente dans certains pays.
Dans d’autres, comme aux Etats-Unis, elle peut être un accident de naissance, sans que le choix conscient ait joué un rôle quelconque. Au lieu de faire du passeport un objet paré de pouvoirs magiques, il serait plus avisé de considérer la résidence (en particulier fiscale) comme le principal critère pour les droits et les responsabilités d’un individu.
Cela encouragerait la cohésion et l’engagement, découlant de la décision consciente de vivre dans un pays et d’en respecter les règles. Le monde s’oriente peu à peu dans ce sens. Mais beaucoup d’Etats (le plus souvent pauvres et mal gouvernés) résistent à cette tendance, et quelques démocraties riches comme les Pays-Bas et l’Allemagne s’efforcent de la juguler en invoquant toutes sortes d’excuses.
Longtemps, l’Etat a craint pour sa sécurité, ce qui paraît aujourd’hui obsolète dans de nombreux pays. La citoyenneté comptait, du temps où la défense dépendait de la conscription. Mais la guerre moderne n’a plus besoin d’armées d’appelés mal entraînés.
Rares sont les Etats qui, actuellement, ont recours au service militaire, et ceux qui le font le réduisent progressivement pour la plupart. La citoyenneté n’est pas une garantie de loyauté : les pires traîtres de l’histoire furent des citoyens de naissance. Beaucoup de ceux qui sont prêts à se battre avec le plus d’enthousiasme pour un drapeau ont traversé l’enfer pour arriver dans leur pays d’adoption.
Une politique libérale et inévitable
Ce qui laisse une horde de problèmes politiques et financiers que les gouvernements associent aux non-ressortissants : ils échappent aux impôts, récupèrent les profits ou restent fidèles aux coutumes rétrogrades de leurs pays d’origine. C’est parfois le cas.Mais les Etats qui souhaitent réprimer l’évasion fiscale, défendre leur langue nationale ou dissuader le respect de traditions étrangères comme les mariages forcés devraient le faire par le biais de lois spécialement conçues dans cette optique, plutôt qu’en s’appuyant sur le pouvoir symbolique de la citoyenneté.
La politique américaine qui consiste à imposer les citoyens des Etats-Unis partout où ils vivent semble particulièrement perverse ; c’est de l’expertise comptable. Quant aux bénéfices, la résidence est assurément la solution. Si vous vivez et payez vos impôts dans un même pays, alors, vous devriez être traités de la même façon que les autres résidents, et mieux qu’un ressortissant qui, lui, vivrait à l’étranger et ne paierait pas ses impôts.
Pour le système basé sur la résidence, le problème le plus épineux est celui du vote – un droit longtemps associé à la citoyenneté. Mais là encore, un compromis est possible. En France et en Italie, par exemple, les citoyens qui vivent en permanence à l’étranger (souvent avec une double nationalité) ont le droit de vote.
Ce qui est logique. A l’inverse, les Etats devraient donner le droit de vote aux non-ressortissants résidant depuis longtemps sur leur territoire, du moins dans les élections locales. Les pays de l’Union Européenne le permettent déjà.
Mais il ne faut pas considérer la question de la citoyenneté multiple uniquement sur la base des coûts et des problèmes. Car elle encourage également les liens entre les diasporas (souvent aisées et influentes) et leurs pays d’origine (généralement plus pauvres), à leur avantage mutuel. Elle est inévitable et, fondamentalement, plutôt libérale. Accueillons-la à bras ouvert.
L’Europe à contre-courant
En novembre dernier, des hommes politiques ont en Allemagne, pays qui offre généralement la double nationalité aux seuls demandeurs européens, rejeté une proposition qui aurait permis aux Allemands nés étrangers de garder leur nationalité d'origine tout au long de leur vie. A partir du 1er janvier, les nouveaux citoyens français devront signer une charte stipulant "en devenant Français, vous ne pourrez plus vous réclamer d'une autre nationalité sur le territoire français", bien que la double nationalité reste tolérée.[...] Un nouvelle loi proposée par le gouvernement néerlandais entend ne pas seulement limiter la double nationalité des immigrés (en 2011, environ 20 000 personnes ont été naturalisés) mais souhaite également simplifier la possibilité de retirer leur nationalité au 850 000 membres de la diaspora néerlandaise, qui auraient une seconde nationalité à l'étranger […]
En cherchant à durcir ses lois relatives à la nationalité, les Pays Bas vont à l'encontre d'une tendance mondiale. En 2008, le think tank Migration Policy Institute, a estimé que près de la moitié des pays du monde toléraient la double nationalité d'une manière ou d'une autre. […] L'une des raisons qui plaide en faveur d'une poliitque plus libérale en la matière est d'ordre purement pratique : la double nationalité est devenue beaucoup plus difficile à contrôler. L'augmentation de l'immigration et le nombre croissant de mariages transfrontaliers impliquent qu'un nombre toujours plus important d'enfants naissent dans des familles multinationales. […]
Les gouvernements qui accueillent de nombreux immigrés […] ont intérêt à leur permettre de garder leurs anciens passeports. Des études suggèrent en effet que les immigrés qui n'ont pas peur de perdre leur nationalité d'origine sont davantage enclins à demander une naturalisation dans leur pays d'adoption – et sont par conséquent plus prompts à s'intégrer que ceux qui maintiennent sur le long terme leur statut de résident étranger. (S'ils deviennent ensuite de meilleurs ou de pires citoyens est en revanche plus difficile à savoir).
mercredi 11 janvier 2012
LA VOIX DU CON : Morin menace de ne pas soutenir Sarkozy
Candidat du Nouveau Centre, Hervé Morin n'est pas certain, dit-il, de soutenir Nicolas Sarkozy en cas de duel avec François Bayrou au second tour.
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| Le pire, c'est qu'il est dangereux ce connard ! |
Vers un retrait ?
Hollande contraint par Sarkozy à une mise au point sur ses projets fiscaux
Attaqué sur le projet socialiste de suppression du quotient familial, le leader du PS a dû ajuster le tir.
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| LE VISAGE DE LA VÉRITÉ, DU COURAGE ET DE LA CONNERIE . |
Cette suppression d'un système attribuant un avantage fiscal croissant avec le nombre d'enfants (les fameuses "parts") et le revenu avait été confirmée la semaine dernière par le bras droit de François Hollande, le spécialiste des questions économiques, Michel Sapin, et ce mardi par Manuel Valls, chargé de la communication du candidat socialiste. L'idée circulant au PS est de supprimer le système de quotient, non pas pour augmenter les recettes de l'Etat, mais pour le remplacer par une somme forfaitaire attribuée pour chaque enfant, et ne dépendant donc pas du revenu. Un projet fortement redistributif, qui conduirait à augmenter l'impôt de plus de 40 % des foyers (les plus aisés), frappant surtout les 10 % les plus riches, et au contraire à accroître les ressources des moins favorisés, tous ceux qui ne paient pas l'impôt sur le revenu. Un projet marqué à gauche, donc. Mais le candidat socialiste peut-il laisser dire qu'il a l'intention « d'assassiner » les classes moyennes, selon l'expression du ministre de l'Enseignement supérieur, Laurent Wauquiez ? Evidemment non. Le risque serait grand d'effrayer les dits Français moyens, au profit d'un François Bayrou, par exemple.
Ajustement
Du coup, François Hollande a tenu faire une mise au point. « Je ne veux pas supprimer le quotient familial qui est un avantage fiscal pour les Français » a-t-il déclaré. Il s'agit de « moduler le quotient pour qu'il puisse être plus juste pour l'ensemble des familles, pour les plus modestes qui ne le touchent pas, pour les classes moyennes qui devront avoir un avantage plus élevé et un peu moins pour les familles très favorisées. »
Peut-on donc parler d'un recul par rapport au projet initial, d'un renoncement ? Il y aura, tout au moins, un ajustement. Tout est affaire de définition. Comment François Hollande définit-il les très favorisés ? Si les 10 % de foyers les plus aisés correspondent à cette définition, alors il pourra sans doute concevoir un schéma gagnant pour tous les autres. Au-delà, c'est la maîtrise de la communication du candidat socialiste qui est en cause. « Le seul moyen d'avancer sur ces sujets fiscaux, c'est de les inscrire dans une cohérence globale, un récit », souligne le politologue Stéphane Rozès. Ce n'est évidemment pas le cas, en l'occurence. C'est une étude de Bercy révélée par « Les Echos », montrant l'ampleur des hausses d'impôt qu'impliquerait la suppression du quotient, qui a mis le feu au poudre. Sans que François Hollande n'ait vu le coup venir.
Morin et les "putschistes du NC" : Bataille dans un verre d'eau
"Ils veulent mon scalp"
Les « putschistes » comme les appelle Hervé Morin seront même nombreux, promet Jean-Cristophe Lagarde, président exécutif du Nouveau Centre, à se presser sous les ors du Palais Bourbon pour désavouer le roi. Cette candidature « engage notre mouvement avant même que nous ayons pu avoir un débat sur notre stratégie collective », ont notamment dénoncé dans un courrier les ministres François Sauvadet et Maurice Leroy et les anciens ministres André Santini et Valérie Létard, chefs de file de la rébellion. Submergé par le raz-de-marée qui s'annonce, Jean Christophe Lagarde s'est même réjoui d'avoir dû « prendre une salle plus grande ». Une première réunion qui leur permettra surtout de se compter et d'évaluer les forces en présence.« Seuls 28 présidents ou délégués sur 150 seront présents », a compté pour sa part Hervé Morin pressé de voir les « putschistes » faire «pschitt». Selon lui, leur démarche ne sert qu'à « torpiller » sa candidature et à « amener (son) scalp sur un plateau » à Nicolas Sarkozy. Pas de doute, le NC est en plein «revival» de la conquête de l'Ouest, Hervé Morin incarnant toutes les tribus amérindiennes à lui tout seul. « Je suis le centre clair, non équivoque, non ambigu, qui veut porter une alternative mais au sein d'une majorité qu'on connaît », continue Hervé Morin. « Le vote Bayrou, c'est un chèque en blanc : quelle équipe, quelle majorité ? », ajoute-il encore, persuadé d'imposer un rapport de force avec Nicolas Sarkozy. Certaines personnes mal intentionnées seraient peut-être tentées de lui retourner la question.




















