TOUT EST DIT

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mardi 24 janvier 2012

L'Eurogroupe rejette l'offre du privé en Grèce

Les ministres des Finances de la zone euro ont rejeté lundi la dernière offre de participation des créanciers privés de la Grèce à un second plan d'aide à Athènes et ont appelé à la conclusion rapide d'un accord.
Les représentants des banques et assureurs qui négocient avec les autorités grecques avaient pourtant qualifié dimanche leur dernière offre comme le maximum de ce qui leur était possible de concéder dans le cadre d'un échange de dette "volontaire".

"Nous accueillons positivement la convergence croissante et avons demandé au gouvernement grec de parvenir dans les prochains jours à un accord sur les termes et les conditions d'une offre de participation du secteur privé", a déclaré Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, lors d'une conférence de presse.
Mais il a ensuite précisé que l'accord devait prévoir un taux d'intérêt inférieur à 4% sur l'ensemble de la période de 30 ans sur laquelle porte l'échange d'obligations, donc inférieur à 3,5% d'ici 2020.
Des sources proches des pourparlers avaient rapporté ce week-end qu'Athènes et ses créanciers obligataires se rapprochaient d'un accord mais que de nombreux détails devaient encore être réglés.
Selon elles, les discussions s'orientaient vers une perte de 65 à 70% pour les investisseurs privés, qui échangeraient leurs obligations actuelles contre des titres assortis d'une maturité de 30 ans et d'un taux d'intérêt progressif atteignant 4% en moyenne sur la période.
Athènes négocie depuis des mois avec ses créanciers les modalités de l'effacement d'une partie de sa dette, condition essentielle à la mise en place d'un deuxième plan d'aide de 130 milliards de la part de ses partenaires de la zone euro.
ACCORD D'ICI AU 30 JANVIER
Les négociations devraient désormais reprendre au cours des prochaines heures avec pour but de parvenir à un accord d'ici au sommet européen qui se tient lundi prochain à Bruxelles.
Du fait de longues formalités d'application, le pays a désormais besoin d'un accord sur ce plan de participation du secteur privé (PSI) dans les tout prochains jours, sous peine de faire défaut dès la fin du mois de mars.
Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, s'est déclaré confiant dans la capacité des ministres des Finances de la zone euro à conclure prochainement un accord avec les créanciers privés de la Grèce sur un échange de dette.
La France et l'Allemagne se sont également montrées optimistes au sujet des négociations entre la Grèce et ses créanciers pour lesquelles un accord semble "prendre forme" mais ont pressé Athènes de respecter l'intégralité de ses engagements.
L'échange d'obligations vise à réduire de 100 milliards d'euros le montant de la dette publique grecque, qui dépasse pour l'instant 350 milliards, soit environ 160% du produit intérieur brut.

Au total, le second plan d'aide doit permettre à Athènes de ramener son ratio d'endettement à 120% du PIB en 2020.
Mais il implique aussi des mesures d'austérité supplémentaires dans un pays frappé par sa pire crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale et qui devrait connaître en 2012 sa cinquième année consécutive de récession.
Le taux de chômage dans le pays dépasse 18%, un niveau sans précédent, et il approche 50% chez les jeunes, ce qui entretient les tensions sociales. Manifestations et grèves ont lieu presque quotidiennement contre la hausse des impôts et des taxes et le gel des salaires.
Nicolas Delame et Jean Décotte pour le service français, édité par Marine Pennetier

vendredi 13 janvier 2012

Front national, chiffres irréels et réelle menace

A cent jours du premier tour de l'élection présidentielle, la présidente du Front national constitue une menace très sérieuse, pour la droite comme pour la gauche, pour Nicolas Sarkozy comme pour François Hollande. Et, au bout du compte, pour la France.

Tous les indicateurs le démontrent : depuis qu'elle a pris la succession de son père, il y a un an, Marine Le Pen a permis au parti d'extrême droite de changer d'allure et de stature.

L'enquête de la Sofres que nous venons de publier témoigne que, depuis un quart de siècle, l'adhésion aux idées du FN n'a jamais été aussi élevée (31 %) dans l'opinion publique et que, à l'inverse, le rejet catégorique de ces idées n'a jamais été aussi faible (35 %). Quant aux intentions de vote en faveur de la candidate du FN, après avoir plafonné durant l'automne 2011, elles semblent à nouveau progresser et flirter avec la barre des 20 %, voire la dépasser.

A l'évidence, sans rien abandonner du coeur de son projet - rétrograde, nationaliste et xénophobe -, Mme Le Pen a réussi à dépoussiérer les vieilles rhétoriques dont son père avait usé et abusé. Elle poursuit avec énergie l'ambition de faire du FN un parti populaire et populiste, comme il en prospère dans nombre de pays européens. Elle entend sortir de la seule posture protestataire et incarner un mouvement capable d'offrir aux Français une véritable alternative politique et décidé à accéder, un jour, au pouvoir.

Pour le démontrer, elle vient de rendre public le chiffrage financier de son projet et, en particulier, de ses deux mesures phares : la sortie de l'euro (et, en réalité, de l'Union européenne) et la suppression de toute immigration en France.

Ses adversaires auraient bien tort, cependant, de se gausser trop vite de l'avalanche de chiffres fantaisistes ou imaginaires qu'elle a présentés et de ses jongleries plus qu'approximatives avec les milliards d'euros. Leur devoir est double, au contraire : non seulement procéder au démontage précis et pédagogique de cet échafaudage irréel, mais aussi lui opposer de manière sérieuse leurs propres solutions à la crise.

Car Mme Le Pen ne progresse, et ne continuera à le faire, que parce que ni le président sortant ni son concurrent socialiste ne parviennent, à ce jour, à convaincre les Français qu'ils sont porteurs d'un projet d'avenir. Tant le Front national se nourrit des faiblesses, des impuissances ou des abandons de la gauche dans les années 1990, de la droite depuis dix ans.

De même, les uns et les autres auraient tort de rêver, secrètement, que la menace Le Pen soit levée par l'impossibilité où se trouverait la candidate du FN de réunir les 500 parrainages nécessaires pour concourir. Si Marine Le Pen peine à réunir ces signatures, elle le doit d'abord à elle-même, à l'image et à l'histoire de son mouvement, à la gêne qu'il continue à inspirer à de très nombreux élus locaux. Mais si elle se retrouvait empêchée de se présenter, nul doute que la défiance des Français à l'égard de notre système politique en serait redoutablement renforcée.

lundi 2 janvier 2012

L'EDITO DE MERDE DU JOUR EST ENCORE DANS "LE MONDE"

Les meilleurs vœux (pieux) du président

Grave, courageux et solide "dans la tempête" : telle est l'image de lui-même que Nicolas Sarkozy entend donner aux Français. Engagée depuis des mois, cette bataille de la crédibilité présidentielle a franchi un nouveau palier le 31 décembre 2011, avec la présentation de ses vœux aux Français.

Rien n'a été négligé pour dramatiser la situation : économie mondiale "au bord de l'effondrement" depuis trois ans, "crise inouïe, la plus grave sans doute depuis la seconde guerre mondiale", "circonstances exceptionnelles", "destin de la France" qui "peut une fois encore basculer"... Difficile de faire plus churchillien et gaullien à la fois ! Pour mieux convaincre les Français de reconduire ce président qui fait face, plutôt que de confier le sort du pays à des candidats dont aucun ne serait, à ses yeux, à la hauteur des défis du temps présent.

Tout cela aurait une certaine allure si ne flottait, sur ce discours, un insistant parfum de rodomontade. Ainsi du rôle des marchés financiers et des agences de notation.

Depuis deux ans, le président de la République ne cesse de marteler la nécessité de diminuer nos dépenses publiques et de réduire notre dette pour garder la confiance de ceux - les marchés en premier lieu - qui prêtent à la France l'argent dont elle a besoin pour boucler ses budgets. Récemment encore, dans ces colonnes, il récusait tout "laxisme". Depuis deux ans, il justifie des réformes aussi emblématiques que celle des retraites par cette ardente obligation. Depuis deux ans, il fait de la note AAA de la France un "trésor national" à préserver à tout prix.

Et le voilà qui, d'une phrase, paraphrasant de Gaulle ("La politique de la France ne se fait pas à la corbeille"), assure que "ce ne sont ni les marchés ni les agences qui feront la politique de la France". Qui peut le croire, quand tout démontre le contraire ?

De même pour le chômage, qui doit, a assuré Nicolas Sarkozy, faire "l'objet de toute notre attention" et sur lequel "nous devons changer notre regard", afin que la formation des chômeurs "devienne la priorité absolue, afin que chacun puisse se reconstruire un avenir". Très bien, et il y a urgence. Mais que n'a-t-il engagé cet effort voilà trois ans, quand la crise a commencé ? Les Français peuvent se poser la question.

Quant aux "dérèglements de la finance" et aux "dégâts qu'elle a provoqués", on passe véritablement des voeux de bonne année au voeu pieux : "La taxe sur les transactions financières doit être mise en oeuvre." Mais par quel miracle ? L'instauration de cette taxe était l'un des objectifs de la présidence du G8 et du G20 que M. Sarkozy a assurée en 2011. Il n'a pas été atteint. On voit mal comment il le serait, cette année, alors que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne y restent farouchement opposés.

Le chef de l'Etat ne cesse d'affirmer sa volonté de dire la vérité aux Français. Pour convaincre, il conviendrait qu'il y conforme ses actes. De même, avant de donner aux autres des leçons de sérieux, il serait avisé de ne pas les oublier pour lui-même.

vendredi 30 décembre 2011

La Grèce vend des Airbus pour réduire sa dette

La Grèce a annoncé vendredi 30 décembre avoir vendu quatre Airbus A340 usagés à une société de Miami spécialisée dans la vente d'avions d'occasion, Apollo Aviation, pour 40,4 millions de dollars (31 millions d'euros), afin de s'assurer des liquidités.

Un communiqué du gouvernement indique que la vente a été approuvée par un comité ministériel de cinq membres chargé de la privatisation. Une source au ministère des finances a donné le prix. "Apollo Aviation Group a été le plus offrant", a précisé le gouvernement.
Les quatre appareils appartenaient précédemment à la flotte d'Olympic Airlines, la compagnie aérienne d'Etat, privatisée en 2009. Le gouvernement grec tentait de vendre ces avions depuis novembre 2010.
Athènes s'était engagée l'année dernière à réaliser un train de privatisations en échange d'un plan de sauvetage de l'Union européenne et du Fonds monétaire international. Le processus de privatisation devrait permettre de lever 5,5 milliards d'euros avant la fin de l'année et 50 milliards avant 2015. Le ministère des finances espère terminer l'année avec 1,8 milliard d'euros en revenus et 9,3 autres milliards en 2012.

mercredi 28 décembre 2011

Des élections législatives anticipées fin avril en Grèce

Des élections législatives se tiendront en Grèce après Pâques, fin avril, a annoncé mardi 27 décembre le ministre des finances Evangelos Vénizélos, ajoutant que l'avenir du pays se jouerait le mois prochain sur le plan de refinancement de la dette.

"L'avenir du pays se décidera entre le 16 janvier et les deux ou trois semaines suivantes, au cours des négociations sur le nouveau programme" d'aide de la zone euro, dont le plan de refinancement de la dette, a ajouté M. Vénizélos lors d'une réunion du parti socialiste Pasok, l'une des trois formations de la coalition gouvernementale du premier ministre, Lucas Papademos.
Cette annonce semble indiquer que les conservateurs grecs du parti Nouvelle Démocratie (ND, droite) ont renoncé à leur exigence d'élections législatives anticipées dès le 19 février prochain, pour laisser quelques semaines supplémentaires à M. Papademos pour mettre en œuvre les réformes.
Le porte-parole de ND, Yannis Michelakis, a en effet déclaré mardi que son parti accepterait sous certaines conditions de repousser la date des élections, mais pas au-delà de la Pâque orthodoxe qui tombe le 15 avril. "Tout changement de la date du 19 février, sur laquelle nous nous étions mis d'accord, dépend des discussions sur la dette", a-t-il rappelé sur la radio Vima.
L'APPLICATION DU PLAN D'AIDE
M. Papademos, un technocrate, dirige le gouvernement formé en novembre par le Pasok, le parti socialiste auparavant seul au pouvoir, le parti de la Nouvelle Démocratie et le parti d'extrême droite Laos.
Sa principale tâche est la définition des modalités et l'application du deuxième plan d'aide de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI), convenu en octobre. Il doit aussi faire passer au Parlement grec les mesures d'austérité promises en échange de cette aide.
Une troïka représentant l'UE, le FMI et la Banque centrale européenne (BCE) est attendue en janvier à Athènes pour vérifier si les objectifs fixés dans un premier plan d'aide en 2010 ont été atteints par la Grèce et comment ce pays prépare les mesures pour obtenir le deuxième volet de l'aide.
Avec une économie en pleine récession, le gouvernement a de plus en plus de mal à atteindre ces objectifs d'assainissement des finances publiques et certains au sein du cabinet commencent à suggérer que d'autres mesures d'austérité seront nécessaires.

mardi 27 décembre 2011

Combattre le chômage sans fatalisme ni tabous

Les conséquences de la crise économique sont, hélas !, implacables. Chaque jour depuis trois mois, la France compte un millier de chômeurs supplémentaires. En un an, quelles que soient les catégories retenues, le chômage a progressé de plus de 5 %. Selon les derniers chiffres, l'on comptait, en novembre, 2 844 800 demandeurs d'emploi, soit le plus mauvais résultat depuis douze ans.

Pour la France entière, départements d'outre-mer compris, deux seuils symboliques ont été franchis : plus de 3 millions de chômeurs de catégorie A et plus de 5 millions d'inscrits à Pôle emploi, toutes catégories confondues. La dégradation est encore plus forte pour les plus de 50 ans (+ 15 %), pour les femmes (+ 7 %) et pour les chômeurs de longue durée (+ 7 %).
L'espoir exprimé par Nicolas Sarkozy de ramener le chômage sous le seuil de 9 % de la population active avant la fin de son mandat ne se réalisera donc pas. Avec la récession annoncée, c'est au contraire la barre des 10 % qui sera franchie en 2012 contre à peine 6 % en Allemagne.
Le chef de l'Etat ne pouvait imaginer pire contexte pour briguer un second mandat. Il a été d'autant mieux avisé, le 1er décembre à Toulon, d'inviter les partenaires sociaux à un sommet sur l'emploi, le 18 janvier, afin que "chacun puisse apporter des solutions, faire des propositions". "La crise ne doit pas nous faire baisser les bras", avait ajouté M. Sarkozy. Mieux vaut tard que jamais. Mais c'est bien tard, et pour deux raisons qui ne permettent guère d'espérer des miracles de ce prochain rendez-vous. La première tient à l'état des relations entre l'Elysée et les centrales syndicales.
Nicolas Sarkozy avait pourtant marqué des points au début de son mandat. En 2007, il avait négocié avec pragmatisme la loi sur le service minimum dans les transports, puis la réforme des régimes spéciaux de retraite. Il avait ensuite eu le courage de réformer les règles archaïques de la représentativité, afin de rendre les syndicats plus légitimes et de faire progresser la démocratie sociale. Mais, depuis deux ans, la réforme des retraites menée au pas de charge, sans réelle concertation, a installé un climat de défiance qu'il sera bien difficile de dissiper à trois mois de l'élection présidentielle.
La seconde raison est plus profonde : le chômage de masse qui gangrène la société française signe l'échec des politiques de l'emploi menées par la gauche et par la droite depuis quarante ans. Or, au-delà de l'amortisseur des emplois aidés, autrefois brocardé par M. Sarkozy et aujourd'hui réactivé, bien des pistes méritent d'être explorées : de l'élargissement du chômage partiel (à l'Allemande) à la "flexisécurité" (à la scandinave), de la "sécurité sociale professionnelle" prônée par la CGT et la CFDT au "contrat de génération" préconisé par M. Hollande ou à l'allégement des charges sociales sur le travail souhaité par le patronat.
A défaut d'amorcer la décrue du chômage, souhaitons au moins que le sommet de janvier, puis la campagne électorale permettent d'affronter le problème sans fatalisme, ni tabous.

lundi 26 décembre 2011

Poutine face aux mutins de l'avenue Sakharov

Même dans la Russie de Vladimir Poutine, même dans ce pays tenu d'une main plus que ferme, depuis douze ans, par l'ancien colonel du KGB soviétique, les scénarios les mieux verrouillés peuvent déraper.

Et c'est peu dire que le scénario du règne sans fin de Poutine et des siens paraissait déjà écrit, il y a trois mois encore. Président de 2000 à 2008, premier ministre depuis, faute de pouvoir briguer un troisième mandat d'affilée, l'homme fort de Moscou s'apprêtait à retrouver la plénitude du pouvoir après quatre années d'un interlude assuré par son homme lige, Dmitri Medvedev.
Avec sa morgue coutumière, il avait d'ailleurs annoncé, dès le 24 septembre, cet échange de bons procédés. Les législatives du 4 décembre et la présidentielle du 4 mars 2012 ne devaient être que des formalités.
Depuis trois semaines, pourtant, c'est une tout autre histoire qui s'esquisse. Le 4 décembre, contre toute attente, c'est un sévère désaveu que les électeurs ont infligé au tandem Poutine-Medvedev, dont les candidats à la Douma enregistraient une baisse de 15 points dans les urnes. Malgré une propagande omniprésente et des fraudes massives.
Le 10 décembre, quelques dizaines de milliers de manifestants contestaient ces résultats frelatés. Le 24 décembre, vingt ans presque jour pour jour après la disparition de l'Union soviétique, ils ont protesté, plus nombreux encore, sur l'avenue Sakharov, à Moscou. Le Kremlin misait ouvertement sur un essoufflement de la colère populaire. C'est l'inverse qui s'est produit. Il y a quinze jours, les manifestants protestaient contre les fraudes électorales. Dimanche, ils ont contesté directement Poutine et son régime "d'escrocs et de voleurs".
Comme l'a martelé Garry Kasparov, ancien champion d'échecs et opposant : "Le pouvoir a peur parce que nous n'avons plus peur." Sans doute est-ce beaucoup dire. Pour l'heure, en effet, cette opposition paraît encore bien fragile face à la "verticale du pouvoir" poutinien. Disparate, elle rassemble des forces très hétéroclites. Hormis pour contester le Kremlin, l'on imagine mal libéraux, conservateurs, communistes ou ultranationalistes capables de se mettre d'accord sur une alternative.
A l'exception peut-être d'Alexeï Navalny, l'avocat blogueur et rageur acclamé dimanche à Moscou, elle ne dispose pas d'un champion capable de rivaliser avec Vladimir Poutine. Enfin, elle n'a pas de stratégie évidente et a prudemment renvoyé à la mi-janvier, après les fêtes du Noël russe, le moment de dessiner la suite qu'elle entend donner au mouvement.
Il n'empêche : le pouvoir sans partage érigé depuis 2000 par Poutine est au moins ébranlé, sinon menacé. S'il a encore le soutien de la population âgée et rurale et des bénéficiaires du système, le divorce paraît consommé avec la Russie plus jeune, formée et informée, des villes et des réseaux sociaux. Le "printemps arabe" a démontré que ce genre de divorce peut être fatal pour les autocraties.

vendredi 23 décembre 2011

Faut-il vraiment réguler les agences de notation ?

Toute l'ambiguïté des agences de notation tient à ce qu'elles tirent leur fonds de commerce de deux rôles irréconciliables, dont chacun pris séparément s'inscrit pourtant dans le jeu démocratique, mais dont la juxtaposition est source de tous les maux et de toutes les incompréhensions.

D'une part, les agences de notation s'inscrivent dans la tradition revendiquée de la liberté d'expression, consubstantielle à la démocratie. Les agences ne présentent les notes qu'elles attribuent que comme de simples opinions. En revanche, difficile de fidéliser le lecteur quand le contenu est indigeste et le style inepte. Comment alors expliquer la manne fabuleuse raflée par les agences au cours des dix dernières années à l'aune du faible intérêt de leurs analyses et de l'impéritie de leurs prévisions ?
L'explication est simple, elle tient au second rôle des agences, beaucoup moins concurrencé : celui de régulateur privé de fait, prélevant une rente lucrative sur la majeure partie des opérations d'appel aux marchés de la dette, au nom d'une délégation tacite de service octroyée par les régulateurs publics. En Europe comme aux Etats-Unis, les réglementations prudentielles, souvent inscrites dans les textes, rendent contraignant ou simplement rentable pour un grand nombre d'institutions financières de recourir aux notations des agences. En somme, les instances de régulation ont confié le boulot aux agences et l'ensemble des acteurs financiers s'est contenté de faire le service minimum, malgré la supériorité écrasante des moyens à leur disposition face aux quelques centaines d'analystes dont disposent les plus grandes agences.
Aujourd'hui, les agences ont beau jeu de décliner une responsabilité qu'elles n'ont ni officiellement réclamé ni explicitement accepté. Semblables à ces milliardaires américains qui réclament qu'on les impose davantage, les agences se disent d'ailleurs officiellement favorables à ce que le régulateur fasse retirer la référence à leurs notes de l'ensemble des textes réglementaires. Mais, dans le même temps, la Banque centrale européenne, de grandes institutions européennes et la dernière mouture de la proposition de réforme du risque bancaire continuent de rendre incitative la référence aux notes, en y liant le coût du capital des banques. Pourquoi cette schizophrénie ?
La cacophonie des régulateurs chargés d'assainir le système financier européen et de purger les agences s'explique en partie par leur incapacité à saisir la nature hybride des agences et à prendre un parti. Au fond, le seul argument qui devrait asseoir ou ruiner la fortune des agences, nourrir leur pouvoir et son éventuelle mise en cause, devrait être la qualité de leur opinion et celle de leurs analyses.
Si les notes étaient utilisées pour ce qu'elles devraient être, alors on pourrait enfin remarquer que, dans la crise souveraine qui sévit depuis deux ans en Europe, les agences n'ont jamais fourni la moindre opinion originale par rapport aux autres sources d'information, notamment les marchés financiers. A chaque fois, la défiance des investisseurs, qui notent avec leur argent comme on vote avec ses pieds, aura précédé la dégradation des agences, suivies de peu par la mise en place d'un ultime plan de sauvetage par les pouvoirs publics.
La réglementation des agences, ou plutôt leur dé-prescription par nos régulateurs, doit permettre qu'enfin elles bénéficient ni plus ni moins de la liberté de la presse. Alors, sans que nos régulateurs aient besoin de s'en mêler, leurs clients pourraient choisir s'ils préfèrent le New York Times ou Le Monde. C'est cela qu'il faut créer : un environnement propice à l'expression de points de vue contradictoires. Si l'information est un bien public, la dissension aussi. Dès lors que le terrain de jeu, ou celui de l'affrontement, aura été ramené à ses frontières légitimes, celles du débat d'opinion. Les agences mastodontes s'affronteront sur certains marchés aux agences microscopiques à l'expertise pointue et, partout, aux autres convoyeurs d'analyses et d'information : la presse générale et spécialisée, la recherche industrielle et universitaire.
Mais dans la crise profonde du système financier, c'est le fonctionnement de l'ensemble des acteurs du marché qui pose question. Il faut imposer aux banques une obligation de moyens dans la gestion de leur risque. Qu'elles utilisent le contenu de l'analyse des agences s'il est pertinent, mais aussi celui de leurs concurrents plutôt que les notes de l'une des agences, choisie au hasard ou, pis, à proportion de l'innocuité de ses avis.
Les réformes réglementaires en cours n'en finissent pas de ne pas choisir entre les deux voies antithétiques qui consistent soit à débrider la concurrence en levant les barrières à l'entrée, soit à renforcer le processus de validation des notations qui amplifie du même coup leur statut réglementaire. Il est éventuellement possible de défendre chacune des deux voies - faire des agences de simples pourvoyeurs d'opinion ou en faire des agents contractuels des autorités de supervision des marchés financiers -, mais pas de poursuivre les deux à la fois.
A cet égard, la lecture convenue du conflit d'intérêts des agences du fait de leur mode de rémunération est trompeuse et superficielle. Les grandes universités américaines, ruineuses et opulentes, utilisent d'ailleurs une grille de notation alphabétique très semblable à celle des agences. Payer pour être noté, ce n'est pas forcément biaiser la note. D'ailleurs, les Etats paient rarement pour leurs propres notes, souvent fournies "gratuitement" par les agences de notation. Comment dès lors reprocher leur partialité aux agences ?
Tout modèle suscite ses conflits d'intérêts. Comment imaginer qu'une agence de notation publique serait crédible lorsqu'elle livrerait son analyse d'un pays qui fait l'objet d'un plan de sauvetage ? Qui a oublié le fiasco des stress tests publiés au début de l'été et censés rassurer les marchés en prévoyant le pire, mais sans oser envisager le moins improbable, le scénario de défaut d'un Etat membre, la Grèce par exemple, parce que cela n'aurait pas convenu, en pleine négociation d'un plan de restructuration "volontaire" de sa dette ?
Et qui prête quelque crédit à l'agence de notation chinoise, dont les analyses innovantes peuvent convaincre lorsqu'elles concernent les Etats-Unis ou la France, mais prêtent à sourire lorsqu'elles touchent à la Chine (seule titulaire de la meilleure note mondiale) ?
Oui, tout le monde a ses conflits d'intérêts. Mais tous n'ont pas les mêmes. Au risque de paraître me contredire, je ne trouve pas l'idée d'une agence de notation publique absurde. Nos régulateurs doivent viser à créer les conditions d'une concurrence aussi dure mais aussi saine que possible sur le marché de l'opinion, en ne validant aucune des opinions mais en redonnant toute leur responsabilité à ceux qui utilisent ces opinions.
La Commission européenne a reporté sine die, le 15 novembre, le vote d'une proposition de Michel Barnier, commissaire européen au marché intérieur, visant à suspendre la notation souveraine des pays ayant requis une aide internationale ou dont la notation accentue l'instabilité des marchés.
 JE PENSE, A MON AVIS, QU'IL FAUT LES DÉGRADER A LEUR JUSTE VALEUR SPÉCULATIVE. 
ELLES NE VALENT RIEN !!!

dimanche 18 décembre 2011

Une guerre chère, et pour longtemps

A l'heure où les finances sont au plus mal, le coût de l'intervention en Irak a cristallisé de nombreux débats aux Etats-Unis, d'autant plus que ce gouffre financier ne se ferme pas avec le retrait des troupes américaines sur le terrain.

Depuis l'invasion américaine du pays en mars 2003, au moins 126 000 civils irakiens sont morts des causes directes du conflit, selon Neta Crawford, professeur à la Boston University. A cela, il faut ajouter 20 000 soldats et policiers irakiens et plus de 19 000 insurgés. Selon l'organisation britannique IraqBodyCount, les pertes civiles s'étaleraient entre 104 035 et 113 680 depuis 2003. Quelque 1,75 million d'Irakiens ont trouvé refuge dans les pays voisins ou ont été déplacés dans le pays, selon l'ONU.

DES EFFECTIFS NOMBREUX ET LOURDEMENT ÉQUIPÉS
Lors du déclenchement de l'opération, quelque 150 000 soldats américains étaient déployés en Irak, soutenus par 120 000 autres militaires américains soutenant l'opération depuis l'extérieur. Plus de 40 000 Britanniques ont également participé à l'invasion. Les effectifs de la coalition tombent ensuite régulièrement et atteignent 165 000 fin 2006 avant que Washington ne décide d'envoyer 30 000 hommes en renfort pour tenter d'endiguer l'explosion de violences. En septembre 2010, l'opération prend fin, 50 000 soldats américains restent sur place pour aider à la formation de l'armée irakienne. Ils doivent quitter le pays d'ici la fin du mois.
Le Pentagone a affecté près de 770 milliards de dollars depuis 2003 aux opérations en Irak. Pris sur le poste des opérations extérieures, ces sommes s'ajoutent au budget du Pentagone, dont une fraction indéterminée a également servi à financer la guerre en Irak. Il faut également ajouter le coût de l'aide américaine à l'Irak, de la prise en charge des blessés, des vétérans.
LE COÛT EXHORBITANT DE LA PRISE EN CHARGE DES VÉTÉRANS
Pour les vétérans, les coûts propres aux conséquences de l'Opération Iraqi Freedom sont difficilement séparables de ceux des opérations en Afghanistan, les quelque 1,25 million de vétérans de ces conflits ayant fréquemment été déployés sur les deux théâtres. De fait, les statistiques publiées par le gouvernement américain ne font pas la distinction entre les deux.
Fin 2010, les Etats-Unis avaient ainsi déjà dépensé près de 32 milliards de dollars pour la prise en charge des soins médicaux des blessés et le versement des pensions d'invalidité, dont les vétérans bénéficient à vie. Les coûts futurs à venir sont exponentiels. Linda Bilmes, professeur à l'université d'Harvard, estime que les coût médicaux et des pensions d'ici 2055 pour les vétérans seront de 346 à 469 milliards de dollars.

dimanche 27 novembre 2011

DSK : la réponse de Sofitel après l'enquête du journaliste américain

La longue enquête relançait la thèse du piège tendu à Dominique Strauss-Kahn. Le journaliste Edward Epstein, qui signe l'article dans la "New York Review of Books" est en effet convaincu qu'on a voulu "faire capoter" la candidature de Dominique Strauss-Kahn, même s'il se refuse à parler de "complot politique". Dans son article,  M. Epstein soulève en effet une série de questions. Il s'interroge notamment sur une étrange danse de célébration qu'exécutent selon lui pendant trois minutes le chef des services techniques de l'hôtel et un autre homme. Nafissatou Diallo vient d'accuser Dominique Strauss-Kahn de l'avoir agressée sexuellement, et un autre homme non identifié.

 

Réponse dimanche des hôtels Sofitel qui publient une mise au point dimanche 27 novembre. "L'article paru dans New York Review of Books affirme que deux employés de Sofitel auraient été filmés par les caméras de surveillance de l'hôtel, 'se réjouissant' pendant trois minutes", rappelle Sofitel dans un communiqué. "En réalité, ces faits ont duré 8 secondes, sans qu'aucune 'extraordinaire danse de fête' n'ait pu être constatée", déclare la marque d'hôtels de luxe du groupe français Accor. "Les deux employés interrogés ont catégoriquement nié que cet échange ait quelque lien que ce soit avec Monsieur Strauss-Khan", déclare Sofitel dans son communiqué.
DÉPLACEMENTS VERS UNE AUTRE CHAMBRE
Le journaliste a également affirmé que Mme Diallo est entrée à plusieurs reprises dans la chambre 2820, située au même étage que la suite de M. Strauss-Kahn, avant et après sa relation sexuelle avec l'ex-patron du FMI. M. Epstein évoque la possible présence d'autres personnes dans cette chambre et s'interroge dans un tel cas sur leur identité et la raison de leur présence.
"En ce qui concerne la Chambre 2820, l'historique informatique des chambres montre que le client de la chambre 2820 a procédé au règlement de sa chambre (check-out) à 11H36 et que la femme de ménage a fait le ménage de cette chambre immédiatement après", indique le communiqué de Sofitel. "L'insinuation selon laquelle le client occupant la chambre 2820 serait impliqué dans l'incident est donc fausse et sans fondement", poursuit le texte.

DSK : pour Copé, "la ficelle" du complot est "très grosse"

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a déclaré samedi 26 novembre se méfier des "rumeurs" sur une éventuelle "entreprise délibérée" impliquant l'UMP qui aurait visé à "détruire politiquement" Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire du Sofitel, jugeant "la ficelle très, très grosse".

Interrogé par la presse en marge d'une réunion des cadres de l'UMP à Paris sur l'enquête d'un journaliste américain pointant des zones d'ombres dans cette affaire, M. Copé a répondu qu'on était "dans une espèce d'ambiance où se multiplient rumeurs et ragots". "Moi, s'il y a des faits avérés, s'il y a des preuves évidentes, il va de soi qu'on doit les uns et les autres en tirer les conséquences, mais tant que ce ne sont que des allégations, sur la base de témoignages anonymes dont on ne sait strictement rien, vous comprendrez alors que nous restions un peu plus réservés et surtout pas dupes", a-t-il ajouté.

M. Copé a rappelé que, depuis le début de l'affaire, le 14 mai, il avait "veillé à ce que la direction de l'UMP fasse preuve de la plus grande mesure". "Le moins que l'on puisse dire, c'est que la ficelle est très, très grosse", a-t-il souligné.
"DES LEURRES POUR FAIRE DIVERSION"
"Tout cela est absolument ridicule. Moi je veux bien voir des preuves et des faits s'il en y en a (...) Aujourd'hui, on essaie de recoller des bouts d'éléments pour faire croire à cette thèse du complot qui n'a aucun sens", a-t-il ajouté un peu plus tard sur TF1.

"On n'est dupe de rien. Le petit numéro sur le complot à six mois de la présidentielle, on commence à nous le servir sur tous les sujets (...) Ce ne sont que des leurres pour faire diversion. Au rythme où ça va, je me demande si on ne devrait pas voir, pour le même prix, une certaine responsabilité de l'UMP dans l'assassinat de Kennedy, puisque ce journaliste est spécialiste de l'analyse du complot concernant [cet assassinat]", a-t-il ironisé.
LE TÉLÉPHONE DE DSK POURRAIT AVOIR ÉTÉ PIRATÉ
Dans son enquête, le journaliste américain avance que le téléphone BlackBerry de Dominique Strauss-Kahn aurait pu avoir été piraté. D'après "plusieurs sources proches de DSK", une "amie" travaillant à l'UMP aurait annoncé le matin même du 14 mai à l'ancien ministre qu'un courriel qu'il avait envoyé à son épouse Anne Sinclair avait été lu avant l'affaire du Sofitel dans les bureaux du parti du président Nicolas Sarkozy.
Le journaliste assure que ce fameux téléphone n'a d'ailleurs toujours pas été retrouvé que ce soit "par la police ou les détectives privés" embauchés par les avocats de DSK et qu'il a apparemment été désactivé au Sofitel.
>> Lire "Sofitel de New York : un journaliste américain soulève de nouvelles zones d'ombre"
L'un des avocats américains de M. Strauss-Kahn a aussitôt déclaré ne pas exclure que son client ait été victime d'une "entreprise délibérée visant à le détruire politiquement".

vendredi 4 novembre 2011

G20 : Sarkozy salue la "prise de conscience" de la Grèce

La première journée du G20 s'est achevée, jeudi 3 novembre, sur une conférence de presse du président français, Nicolas Sarkozy. Il a estimé que le message adressé mercredi soir par l'Allemagne et la France à la Grèce sur son projet de référendum avait permis une "prise de conscience" qui, "si elle devait se confirmer, serait saluée par tout le monde". Dans la journée, le premier ministre grec Georges Papandréou a laissé entendre que son projet de soumettre à référendum le plan de sauvetage de la zone euro pourrait être finalement abandonné.

Concernant l'Europe, "il faut absolument que la zone euro envoie au monde entier un message de crédibilité", a-t-il dit. Le chef de l'Etat a précisé que les "choses" progressaient en Grèce et que les dirigeants suivaient la situation avec beaucoup d'attention. Il a également rappelé sa confiance dans la force de l'économie italienne, ajoutant que la France avait plaidé à nouveau devant ses partenaires du G20 pour la mise en place d'une taxe sur les transactions financières mais que certains pays y étaient très opposés. Un groupe de pays leaders dans ce domaine sera créé, a-t-il confirmé.

Dans la foulée, la chancelière allemande Angela Merkel a prévenu qu'elle attendait de la Grèce des actes plutôt que des annonces. "Pour nous, ce sont les actes qui comptent", a-t-elle dit après les déclarations du premier ministre grec évoquant le possible abandon de ce référendum. Pour elle, la stabilité de l'euro est bel et bien une priorité plus forte qu'assurer le maintien de la Grèce dans la zone euro.
TURBULENCES SUR LES MARCHÉS
Toute la journée l'attention était tournée vers la situation de la Grèce et de la zone euro. Les participants au sommet ont décidé de reléguer les autres sujets de contentieux au second plan. Ils ont évalué le coût d'un éventuel défaut de la Grèce et les conséquences d'une possible sortie du pays de la zone euro. Ils ont estimé que les turbulences sur les marchés financiers persisteraient même si la Grèce restait dans la zone euro.
Barack Obama et Nicolas Sarkozy s'étaient d'ailleurs accordés, avant l'ouverture du sommet, sur la nécessité de régler rapidement la crise de la zone euro afin de mettre au point, avec leurs partenaires, une stratégie de croissance économique mondiale. "La partie la plus importante de notre tâche pendant ces deux jours de sommet consiste à résoudre la crise financière ici en Europe", a déclaré Barack Obama à l'issue de cette entrevue avec son homologue français.

PAYS ÉMERGENTS ET RÔLE DES MONNAIES EN DÉBAT
D'autre part, un projet de communiqué final, obtenu par Reuters, indique que le G20 travaille à la mise en place d'un système monétaire international (SMI) qui refléterait mieux le poids des économies émergentes.
Le groupe s'accorde également sur la nécessité d'ajuster le panier des droits de tirage spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international (FMI) pour mieux refléter l'évolution des rôles des monnaies. Cet ajustement pourrait être un pas vers une meilleure intégration de monnaies comme le yuan chinois. Le projet de communiqué ne dit rien d'une flexibilité accrue des taux de changes, demandée par les Etats-Unis mais combattue par la Chine.
Les Etats-Unis et dans une moindre mesure le Brésil poussaient à l'adoption d'un vocabulaire plus fort, équivalant à un engagement implicite de la Chine à avancer plus vite vers une flexibilité de sa monnaie, le yuan. Comme l'an passé à Séoul, la Chine semble bien décidée à résister aux pressions et à défendre la gestion à son rythme du taux de change du yuan.
Avec les incertitudes qui s'accumulent autour de la zone euro et le souhait des Européens de voir la Chine contribuer à leur fonds d'urgence, le risque est que la question des changes n'avance pas, dit-on de source proche. Selon des sources de grands pays émergents, le G20 devrait se contenter de reprendre les termes du communiqué du G20 finances organisé le mois dernier, à Paris.
Lors de ce sommet, les ministres des finances du G20 avaient simplement convenu de poursuivre "leurs efforts pour se diriger vers des systèmes de taux de change davantage déterminés par les marchés et parvenir à une flexibilité accrue des taux de change permettant de refléter les fondamentaux économiques".

lundi 31 octobre 2011

"L'argent est-il devenu obsolète ?"

Médias et instances officielles nous y préparent : dans les prochains mois, voire semaines, une nouvelle crise financière mondiale va se déclencher, et elle sera pire qu'en 2008. On parle ouvertement des catastrophes et désastres. Mais qu'est-ce qui va arriver après ? Quelles seront nos vies après un écroulement des banques et des finances publiques à vaste échelle ? Actuellement, toutes les finances européennes et nord-américaines risquent de sombrer ensemble, sans sauveur possible.

Mais à quel moment le krach boursier ne sera-t-il plus une nouvelle apprise dans les médias, mais un événement dont on s'apercevra en sortant dans la rue ? Réponse : quand l'argent perdra sa fonction habituelle. Soit en se faisant rare (déflation), soit en circulant en quantités énormes, mais dévalorisées (inflation). Dans les deux cas, la circulation des marchandises et des services ralentira jusqu'à pouvoir s'arrêter complètement : leurs possesseurs ne trouveront pas qui pourra les payer en argent "valable" qui leur permet à leur tour d'acheter d'autres marchandises et services. Ils vont donc les garder pour eux. On aura des magasins pleins, mais sans clients, des usines en état de fonctionner parfaitement, mais sans personne qui y travaille, des écoles où les professeurs ne se rendent plus, parce qu'ils seront restés depuis des mois sans salaire. On se rendra alors compte d'une vérité qui est tellement évidente qu'on ne la voyait plus : il n'existe aucune crise dans la production elle-même. La productivité en tous les secteurs augmente continuellement. Les surfaces cultivables pourraient nourrir toute la population du globe, et les ateliers et usines produisent même beaucoup plus que ce qui est nécessaire, souhaitable et soutenable. Les misères du monde ne sont pas dues, comme au Moyen Age, à des catastrophes naturelles, mais à une espèce d'ensorcellement qui sépare les hommes de leurs produits.
Ce qui ne fonctionne plus, c'est l'"interface" qui se pose entre les hommes et ce qu'ils produisent : l'argent. La crise nous confronte avec le paradoxe fondateur de la société capitaliste : la production des biens et services n'y est pas un but, mais seulement un moyen. Le seul but est la multiplication de l'argent, c'est d'investir un euro pour en tirer deux.
Cependant, les contempteurs du capitalisme financier nous assurent que la finance, le crédit et les Bourses ne sont que des excroissances sur un corps économique sain. Une fois la bulle crevée, il y aura des turbulences et des faillites, mais finalement ce ne sera qu'une tempête salutaire et on recommencera ensuite avec une économie réelle plus solide. Vraiment ? Aujourd'hui, nous obtenons presque tout contre payement. Si le supermarché, la compagnie d'électricité, la pompe à essence et l'hôpital n'acceptent alors que de l'argent comptant, et s'il n'y en a plus beaucoup, nous arrivons vite à la détresse. Si nous sommes assez nombreux, nous pouvons encore prendre d'assaut le supermarché, ou nous brancher directement sur le réseau électrique. Mais quand le supermarché ne sera plus approvisionné, et la centrale électrique s'arrêtera faute de pouvoir payer ses travailleurs et ses fournisseurs, que faire ? On pourrait organiser des trocs, des formes de solidarité nouvelles, des échanges directs : ce sera même une belle occasion pour renouveler le lien social. Mais qui peut croire qu'on y parviendra en très peu de temps et à une large échelle, au milieu du chaos et des pillages ? On ira à la campagne, disent certains, pour s'approprier directement des ressources premières. Dommage que la Communauté européenne ait payé pendant des décennies les paysans pour couper leurs arbres, arracher leurs vignes et abattre leur bétail... Après l'écroulement des pays de l'Est, des millions de personnes ont survécu grâce à des parents qui vivent à la campagne et aux petits potagers. Qui pourra en dire autant en France ou en Allemagne ?
Il n'est pas sûr qu'on arrivera à ces extrêmes. Mais même un écroulement partiel du système financier nous confrontera avec les conséquences du fait que nous nous sommes consignés, mains et poings liés, à l'argent, en lui confiant la tâche exclusive d'assurer le fonctionnement de la société. L'argent a existé depuis l'aube de l'histoire, nous assure-t-on : mais dans les sociétés précapitalistes, il ne jouait qu'un rôle marginal. Ce n'est que dans les dernières décennies que nous sommes arrivés au point que presque chaque manifestation de la vie passe par l'argent et que l'argent se soit infiltré dans les moindres recoins de l'existence individuelle et collective.
Mais l'argent n'est réel que lorsqu'il est le représentant d'un travail vraiment exécuté et de la valeur que ce travail a créée. Le reste de l'argent n'est qu'une fiction qui se base sur la seule confiance mutuelle des acteurs, confiance qui peut s'évaporer. Nous assistons à un phénomène pas prévu par la science économique : non à la crise d'une monnaie, et de l'économie qu'elle représente, à l'avantage d'une autre, plus forte. L'euro, le dollar et le yen sont tous en crise, et les rares pays encore notés AAA par les agences de notation ne pourront pas, à eux seuls, sauver l'économie mondiale. Aucune des recettes économiques proposées ne marche, nulle part. Le marché fonctionne aussi peu que l'Etat, l'austérité aussi peu que la relance, le keynésianisme aussi peu que le monétarisme.
Nous assistons donc à une dévalorisation de l'argent en tant que tel, à la perte de son rôle, à son obsolescence. Mais non par une décision consciente d'une humanité finalement lasse de ce que déjà Sophocle appelait "la plus funeste des inventions des hommes", mais en tant que processus non maîtrisé, chaotique et extrêmement dangereux. C'est comme si l'on enlevait la chaise roulante à quelqu'un après lui avoir ôté longtemps l'usage naturel de ses jambes. L'argent est notre fétiche : un dieu que nous avons créé nous-mêmes, mais duquel nous croyons dépendre et auquel nous sommes prêts à tout sacrifier pour apaiser ses colères...
Personne ne peut dire honnêtement qu'il sait comment organiser la vie des dizaines de millions de personnes quand l'argent aura perdu sa fonction. Il serait bien d'admettre au moins le problème. Il faut peut-être se préparer à l'après-argent comme à l'après-pétrole.

lundi 24 octobre 2011

La Grèce s'inquiète des effets d'une décote de 50 % de sa dette

La zone euro est "relativement proche" d'un accord avec les créanciers privés de la Grèce sur les pertes qu'ils devront subir, a assuré, lundi 24 octobre, Amadeu Altafaj, un porte-parole de la Commission européenne, rappelant que l'Europe "préfère un accord négocié" à une mesure imposée aux banques. Selon une source diplomatique européenne, le lobby bancaire qui négocie avec les Etats a porté son offre de décote volontaire à 40 % sur les créances grecques détenues par les banques.


La décote constitue la part de la dette grecque que les banques créancières sont prêtes à passer par pertes et profits. Cette part était à 21 % dans l'accord conclu le 21 juillet sur le second plan d'aide à la Grèce. Les Etats européens cherchent eux à obtenir 50 à 60 % de décote pour assurer la soutenabilité de la dette grecque, selon des sources européennes concordantes. Les grandes banques, réunies au sein de l'Institut de la finance internationale (IIF), ont prévenu qu'il y avait "des limites à ce qui peut être considéré comme volontaire" au niveau de la dette publique grecque.
>> Consulter notre lexique "Comprendre les mots de la finance"
INQUIÉTUDES EN GRÈCE
La Grèce s'alarme des conséquences pour ses banques et ses caisses de retraite d'une telle décote. La presse en particulier dramatise les répercussions pour l'économie grecque dans son ensemble. "Décote profonde, on joue avec le feu", titre le journal Ta Nea alors que le quotidien financier Naftemporiki craint "des répercussions sur les caisses de retraite". Eleftherotypia craint pour sa part que la nationalisation de la Banque nationale de Grèce (BNG), principal établissement du pays, et de la petite Attica Bank, n'aboutisse qu'à une "mise sous tutelle"
Actuellement, la marge des banques grecques est très limitée, sinon inexistante. Du fait des provisions passées en application de l'accord du 21 juillet (prévoyant une décote de 21 %), mais aussi pour faire face à la montée des prêts défaillants, les quatre principaux établissements – BNG, Eurobank, Alpha et la Banque du Pirée – ont déjà essuyé des pertes cumulées de 3,2 milliards d'euros au premier semestre. En cas de décote à 50 %, ils devront être recapitalisés à hauteur de 8,9 milliards d'euros pour maintenir leur niveau de fonds propres durs à 9 %, selon les calculs de Natixis. Au total, les banques grecques et les caisses de retraite détenaient à la fin août pour 52 milliards d'obligations grecques, soit 15 % de la dette souveraine grecque, estimée à 350 milliards d'euros.
Faire appel aux marchés ? Hormis le fonds du Quatar, qui va investir dans le capital de la nouvelle banque à naître de la fusion entre Alpha et Eurobank, les investisseurs privés ont plutôt tendance à vendre leurs titres. La Bourse d'Athènes a clôturé lundi en recul de 4,51 %, entraînée par la dégringolade des titres bancaires.
Joignant ses critiques à celle d'économistes et du dirigeant de la Banque du Pirée, le patronat grec a mis en garde contre les conséquences catastrophiques pour l'économie réelle d'une décote de la dette grecque de 50 %. Car non seulement elle ne réduira son montant que de 43,6 milliards d'euros, mais elle conduira à une "dévaluation du patrimoine financier et immobilier" des Grecs et à "l'asphyxie du secteur privé".
RECAPITALISATION
Quant au besoin de recapitalisation de l'ensemble des banques européennes, il est estimé entre 100 et 110 milliards d'euros, mais certaines peuvent réduire les bonus ou puiser dans leurs bénéfices. Pour les établissements français, Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, a précisé, lundi, que le besoin de renforcement des fonds propres serait inférieur à 10 milliards d'euros. "C'est quelque chose qui est parfaitement absorbable par les banques elles-mêmes et qu'elles sont tout à fait à même de réunir sans aucune aide de l'Etat."
Les marchés financiers tablent sur un besoin de recapitalisation des banques allemandes de 5,5 milliards d'euros environ, a rappelé pour sa part Christian Brandt, le président de la fédération allemande des banques publiques. "Je crois qu'un renoncement à plus de 21 % des créances est possible, du moment que celui-ci représente un investissement dans l'avenir de la zone euro et de l'ensemble de l'Union européenne" a-t-il ajouté.

Mort du chansonnier et humoriste Jean Amadou

Le chansonnier et humoriste Jean Amadou, 82 ans, célèbre notamment pour sa collaboration au "Bébête Show" de TF1 dans les années 80, est décédé dimanche à Paris, a-t-on appris auprès de son ami Jacques Mailhot, directeur du Théâtre des Deux Ânes à Paris.



Jean_amadou par ContribuablesAssocies

"Jean était malade depuis quelques mois. Il était très fatigué ces derniers temps. Il est décédé vers 18h00, chez lui. Il a joué aux Deux Ânes jusque en février 2010. Il avait démarré ici en 1996", a expliqué Jacques Mailhot, précisant qu'il avait connu son compère "en 1974, aux Théâtre de Dix Heures". Originaire de Lons-le-Saunier (Jura), Jean Amadou avait débuté sa carrière de chansonnier à la fin des années 50 à Paris.
Homme de théâtre et de radio (France Inter, Europe 1), auteur de plusieurs livres, il fut aussi le créateur, avecf Stéphane Collaro et Jean Roucas, de l'émission satirique Le Bébête Show, diffusé par TF1 de 1983 à 1995. Dans cette émission quotidienne, des marionettes des principaux hommes politiques commentaient l'actualité du jour.


mardi 18 octobre 2011

Temps de parole : le CSA va recadrer radios et télés

Affaire DSK, primaire socialiste : l'opposition s'est largement exprimée ces derniers mois dans les médias, donnant lieu à des critiques de la part du camp majoritaire. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a de son côté entendu, lundi 17 octobre, les chaînes d'information en continu BFM TV, LCI et i-Télé et devra décider mardi en plénière de la procédure à engager à l'encontre des contrevenants, puis publier leur décision mercredi.

La réglementation du CSA sur le temps de parole des politiques prévoit, depuis 2009, que le bloc d'opposition ait au moins 50 % du temps d'intervention du président et de la majorité (soit un tiers du temps total). Ainsi, elle garantissait un seuil minimum de temps de parole à l'opposition, qui jugeait que le président Nicolas Sarkozy occupait excessivement la scène médiatique.