mercredi 17 août 2011
Les limites du volontarisme
C'est bien le moins qu'ils pouvaient faire. Que la France et l'Allemagne réaffirment leur détermination à défendre la monnaie unique ne peut qu'être salué, même si un tel engagement devrait aller de soi.
Que les deux pays, assumant leurs responsabilités, s'imposent comme le "directoire de l'Europe" est conforme à leur rôle moteur dans la construction européenne depuis un demi-siècle, surtout en temps de crise.
Qu'ils cherchent à mettre sur pied un "gouvernement économique de l'Europe" va également dans le bon sens, tant il est désormais évident qu'une monnaie commune exige une plus grande intégration économique et budgétaire.
Qu'enfin, les deux capitales prêchent l'exemple de la vertu financière et en fassent un impératif européen est salutaire. Mais il n'échappe à personne qu'il s'agit là de promesses de repentis : la France et l'Allemagne ont été les premiers pays, en 2003, à bafouer les règles du pacte de stabilité et de croissance. Cette "règle d'or" était pourtant gravée dans le marbre des traités, autrement plus contraignants, en principe, que les Constitutions nationales.
La chancelière allemande et le président français seront-ils mieux entendus par des marchés soupçonneux et inquiets qu'après leurs précédentes rencontres ? Il est permis d'en douter.
En rejetant - même si ce n'est sans doute pas définitif - la création d'obligations européennes qui permettraient de mutualiser les dettes, et en refusant de doter de nouveaux moyens financiers le Fonds européen de stabilité financière, la France et l'Allemagne ont montré les limites de leur volontarisme. Mme Merkel l'a rappelé sans détour : "Les gens cherchent la panacée universelle. Je ne crois pas à ce type de solutions. Il faut avancer pas à pas."
Le pari franco-allemand est doublement risqué. En refusant aujourd'hui les euro-obligations mais en laissant la porte entrouverte, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel semblent dire aux marchés : continuez à nous attaquer, nous finirons bien par céder. Sur ce point, il est vraisemblable qu'ils seront entendus.
Surtout, les deux dirigeants sont désespérément muets sur le seul remède capable de générer davantage de recettes et de réduire durablement l'endettement public : une croissance économique plus vigoureuse. Pour être prise au sérieux, la vertu budgétaire et financière n'impose pas d'oublier la croissance.
Nouvelles règles du jeu pour les casinos
Depuis le 1e août, les casinos peuvent expérimenter de nouveaux jeux à condition d’en obtenir l’autorisation de la part de la Commission consultative des jeux de cercles et de casinos. Ils pourront aussi ouvrir de nouvelles tables plus facilement - sans autorisation préalable – pour les tournois de poker.
Enfin, les “bandits manchots“ pourront proposer plusieurs jeux et mises différentes sur une même machine et rester ouvertes après la fermeture des tables de jeu, ce qui n’était pas le cas auparavant.
Ces nouvelles règles, décidées par décret le 29 juillet, s’imposent alors que la concurrence des jeux en ligne pèse sur les casinos traditionnels. Ceux-ci perdent déjà de l’argent depuis 2007. En 2010, le produit brut des jeux ainsi reculé de 2,1% et avoisine les 2,3 milliards d’euros. Depuis l'autorisation des jeux en ligne il y a un an, les Français ont misé 9,5 milliards d’euros sur le web.
"L'Europe est en danger"
Pensez-vous que l'euro soit en danger ?
George Soros : Oui. L'Europe est en danger. La situation est grave et les autorités commencent seulement à prendre la chose au sérieux. Jusqu'à présent, elles ne faisaient que répondre aux pressions des marchés. Maintenant, elles se mettent à discuter de solutions de long terme. Aujourd'hui, on n'a pas d'autre choix que d'améliorer la gouvernance de la zone euro. La question n'est plus de savoir s'il faut une monnaie unique ou non. L'euro existe et s'il s'effondrait, cela se traduirait par une crise bancaire totalement hors de contrôle. Le monde plongerait alors dans une profonde récession.
Vous êtes favorable à la création d'euro-obligations afin de mutualiser les dettes des pays…
Oui, et je pense que Nicolas Sarkozy a eu raison de dire, mardi, que les euro-obligations doivent être envisagées à la fin du processus. Cela doit être l'objectif. Pour sortir de l'ornière, les pays membres doivent se financer à un coût raisonnable. Les euro-obligations sont le meilleur moyen d'y parvenir. Mais le diable est dans les détails ! Par qui, comment et dans quelle quantité ces titres doivent-ils être émis ? Tout cela doit être discuté.
Et cela ne suffit pas. Avec toutes les discussions sur les euro-obligations, on en oublie l'état du système bancaire européen lui aussi en crise. Les établissements sont trop fragiles. Ils sont sous-capitalisés et détiennent beaucoup de titres de dettes européennes, jusqu'ici considérés comme des produits sans risque. Ce n'est évidemment plus le cas. En particulier concernant les titres espagnols et italiens. Il faut lever ce risque avec des euro-obligations et recapitaliser les banques. Elles ont des difficultés à se prêter entre elles et coupent leurs lignes de crédits. Cela pousse l'Europe dans la récession.
Cela pourrait-il aussi pousser une banque à la faillite ?
Personne ne laisserait plus une telle chose arriver. Mais si c'était "autorisé", cela pourrait facilement se produire !
Lancer les euro-obligations réclame la mise en place d'un ministère européen de l'économie et d'une agence de la dette. Or, rien de tout cela n'existe…
C'est exact. Certains, comme le ministre allemand des finances, Wolfgang Schaüble, et Otmar Issing, ancien membre de la Banque centrale européenne (BCE), disent qu'il faut donner à la zone euro une légitimité politique. Ils ont raison.
A court terme, que faire ?
Les euro-obligations sont la solution ultime. En attendant, le conseil des ministres européens des finances doit autoriser la BCE à fournir de la liquidité pour permettre aux Etats de se financer à des taux raisonnables. Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) pourrait aussi être utilisé comme une banque et emprunter à la BCE avec une garantie des Etats. Cela pourrait être une solution temporaire, jusqu'à la création des euro-obligations. Le problème ensuite sera de fixer une limite aux emprunts des différents Etats.
En 1992, vous avez parié sur la sortie de la livre sterling du système monétaire européen (SME), avec succès. Les marchés peuvent-ils gagner contre l'euro ?
Certainement. La zone euro telle qu'elle est construite n'a pas d'autorité budgétaire et fiscale. Tant que cette puissance n'existera pas, le marché pensera qu'il peut gagner. Il a face à lui la BCE. Mais son pouvoir se limite à résoudre les problèmes de liquidités – pour rendre les marchés plus fluides – sans s'attaquer aux problèmes de solvabilité des Etats.
Après la Grèce, l'Espagne, l'Italie, la France peut-elle être la cible d'attaques spéculatives ?
Cela a déjà commencé ! Est-ce légitime ? Oui. Car si l'Italie et l'Espagne ne sont plus en position d'aider la Grèce, la cote part de la France pour sauver Athènes augmentera. Et encore plus, évidemment, si l'Italie et l'Espagne venaient à réclamer de l'aide. Et ce fardeau s'ajoute aux problèmes internes à la France. Des réformes structurelles importantes sont nécessaires.
Faut-il autoriser des pays à sortir de la zone euro ?
Oui. L'euro peut survivre à la sortie de pays comme la Grèce ou le Portugal, de taille modeste. Mais l'Union éclaterait si c'était le cas de l'Italie ou de l'Espagne. Il faut donc distinguer les petits pays des grands. Mais même si un petit pays comme la Grèce abandonnait l'euro, cela provoquerait un chaos, l'effondrement de son système bancaire. Autoriser un pays à quitter la zone euro réclame donc une préparation minutieuse. Il faut s'assurer que les prêteurs ne sont pas spoliés, garantir les dépôts des épargnants et faire en sorte que les banques restent debout. Tout cela doit être écrit noir sur blanc.
La situation est grave, dites-vous. Pensez-vous qu'un Etat européen puisse faire faillite ?
C'est tout à fait possible. S'il s'agit d'une "faillite organisée", on peut très bien envisager de gommer une partie de la dette. C'est déjà le cas de la Grèce. Si cela n'a pas pris le nom d'une banqueroute, l'accord du 21 juillet a mis sur pied un défaut organisé du pays sans provoquer de séisme.
Au-delà de la dette, le problème fondamental de l'Europe n'est-il pas lié à sa croissance atone ?
Les deux sont connectés. Les problèmes s'aggravent l'un l'autre. Prenons le cas de l'Espagne, lorsque vous avez un taux de chômage de plus de 20 %, il est nécessaire d'augmenter les aides sociales pour éviter de plonger le pays dans la récession. Si vous ne pouvez augmenter le déficit, alors vous êtes piégés.
Que faire ?
En Grèce comme en Espagne, il faut mettre en place des réformes structurelles ; rendre plus flexible le marché du travail et gagner en compétitivité. Mais la demande intérieure doit aussi être stimulée. Il faut établir des règles qui autorisent les pays dont le chômage est élevé à rester déficitaire. Le problème est que l'Allemagne a des idées fausses à ce sujet. Elle aimerait que tous les pays aient des budgets à l'équilibre.
Les Etats-Unis aussi ont un problème de dette et de croissance…
Le problème est d'ordre politique. Il faut mettre en place des stimuli pour accroître la productivité et redémarrer la machine. Mais les pressions politiques contre une hausse des dépenses publiques empêchent ce type de mesures. Dès lors la Réserve fédérale américaine (Fed) peut être le recours. La banque centrale peut déployer un nouveau "QE3", pour injecter plus d'argent dans le système. Cela ferait baisser le coût du crédit, encouragerait les investissements et la consommation. Mais c'est moins efficace. L'argent pourrait rester dans les banques ou se nicher hors des Etats-Unis. Finalement, le blocage est politique comme en Europe. C'est plus grave.
Que voulez-vous dire ?
Les problèmes sont complexes mais les gens veulent des réponses simples. Cela conduit certains à être frustrés et à adopter des positions antieuropéennes comme en Finlande ou en Allemagne où certains se disent opposés aux transferts financiers. Nous devons être unis. Nous n'avons pas le choix.
Vous êtes né à Budapest mais vivez aux Etats-Unis. Vous sentez-vous européen ?
Je suis européen !
Aux Etats-Unis, le milliardaire Warren Buffett propose d'augmenter les impôts des "super-riches" pour participer à l'effort national. Etes-vous d'accord ?
Bien sûr. Warren Buffett est un investisseur talentueux et malin. Il réfléchit à long terme et sait défendre les intérêts des surper-riches. Il a conscience que si les riches ne font rien aujourd'hui, ils se mettront le public à dos dans les prochaines années.
Face aux attaques des marchés, Paris et Berlin se serrent les coudes
Sarkozy et Merkel vont demander l'adoption de la règle d'or sur l'équilibre budgétaire par les 17 membres de la zone euro. Ils tentent de rassurer sur la croissance qui fléchit fortement en France et en Allemagne.
Les annonces de Nicolas Sarkozy et d'Angela Merkel ne sont certes pas révolutionnaires. Mais elles ont eu le mérite d'effacer les pertes enregistrées mardi par l'euro face au dollar. À l'issue d'un sommet bilatéral sur la gouvernance de la zone euro, la France et l'Allemagne ont formulé d'une même voix un certain nombre de propositions, dont les modalités doivent encore être précisées. Paris et Berlin vont ainsi proposer au mois de septembre que l'Union européenne instaure une taxe sur les transactions financières. Cette taxe est une « nécessité évidente », a déclaré la Chancelière allemande, à l'issue de la rencontre. Autre proposition commune sur la table : l'adoption de la « règle d'or » sur l'équilibre budgétaire par les 17 pays membres de la zone euro avant l'été 2012. Déjà en vigueur outre-Rhin, la mesure est programmée en France et dans la majorité des économies de la zone euro. Elle avait aussi été recommandée par le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, au printemps dernier. Paris et Berlin estiment par ailleurs - sans grande surprise - que les euro-obligations ne sont pas la meilleure solution pour résoudre la crise de la dette souveraine qui frappe durement la zone euro. Pas question donc dans l'immédiat pour l'Union européenne d'émettre directement des emprunts. Enfin, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont pris eu engagement fort pour la convergence fiscal franco-allemande, avec le projet de créer un impôt commun sur les sociétés (voir ci-dessous) ; l'idée étant d'être ensuite suivis dans leur initiative par leurs partenaires européens, auxquels ils vont proposer la création d'un gouvernement économique, qui serait dirigé par Herman Van Rompuy. À l'issue de leur rencontre, les deux dirigeants ont également cherché à rassurer sur la croissance en Europe et dans leur pays respectifs. Pourtant, les chiffres sont inquiétants. Après la stagnation de l'économie française révélée vendredi, la première économie de la zone euro a connu une croissance de seulement 0,1 % au deuxième trimestre de cette année (par rapport au premier). Pour l'ensemble de la zone euro, le PIB (composé pour moitié par les économies allemande et française) n'a augmenté que de 0,2 % durant ce même trimestre par rapport au précédent alors que cet hiver il progressait encore de 0,8 %. Les économistes s'attendaient pourtant à mieux. « Ce deuxième trimestre marque un tournant dans le cycle économique allemand : c'est un changement de régime, la période de croissance exubérante est derrière nous », estime Andreas Rees, économiste chez Unicredit à Munich. Cette croissance est la plus faible enregistrée outre-Rhin depuis la sortie de la récession au printemps 2009. Depuis, la locomotive allemande avançait chaque trimestre à coup de 0,8 % de progression. Du coup les économistes d'Unicredit, de la Commerzbank mais aussi de l'institut de recherche DIW de Berlin ont abaissé leur prévision de croissance pour l'Allemagne à 3 % contre 3,4 ? 3,5 % attendus. Mais « s'il s'agit d'un net ralentissement, cela ne signifie pas la fin de la reprise », nuance Ferdinand Fichtner, responsable des études de conjoncture au DIW. « Les exportations ont dernièrement progressé moins fortement mais elles restent un pilier de la croissance », rappelle-t-il. Les firmes allemandes sont tout de même circonspectes face à l'avenir : depuis février leurs attentes pour les six prochains mois se font plus mauvaises. «L'économie allemande habituée au succès ne peut se découpler d'une conjoncture mondiale qui croît plus lentement », explique Jörg Krämer, économiste en chef de la Commerzbank. Fin d'une croissance insolente
Le made in Germany a toutefois des raisons d'espérer. Certes 40 % de l'export allemand se fait toujours dans la zone euro. Mais « si les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) ne sont touchés par aucune crise économique durable, alors ces pays devraient devenir le groupe le plus important économiquement [pour l'Allemagne] et surpasser de beaucoup tant les États-Unis que la zone euro », explique Michael Hüther, directeur de l'institut IW de Cologne. « Les firmes allemandes sont bien positionnées sur ces marchés », précise-t-il. Aussi Berlin ne craint pas tant une rechute de l'économie américaine ou même européenne qu'une fin de la croissance insolente dans les pays émergents.
CREDIT AGRICOLE : Chute abyssale sous les 6 EUR
Les valeurs bancaires sont au cœur des débats dans la situation actuelle des marchés : Crainte sur les dettes périphériques en Europe et aux Etats-Unis, plan d’austérité dans de nombreux pays en Europe ainsi que des rumeurs de problème de financement de la Société Générale.
Le newsflow sur le groupe Crédit Agricole n'est pas positif : fortement exposé en Grèce, la banque vient d’annoncer au début du mois d’Août la sortie de la cote de sa filiale grecque « Emporiki Bank of Greece ». Au Barheïn, les bureaux vont etre fermés et les employés transférés à Dubaï.
Techniquement, le titre Crédit Agricole subi un vent de panique et revient sur ses planchers de 2009. Le titre a même connu une incursion sous les 6 EUR en séance le 8 Août. Depuis, peu de mouvement, les 6 EUR constituent un niveau de support important et sans nouvelle de la part des différentes autorités financières, il ne faut pas s’attendre à une forte reprise du titre.
Difficile d’avoir un avis tranché sur la valeur Crédit Agricole, les investisseurs étant dans l’attente d’informations concrètes sur l’évolution de la macroéconomie ainsi que des publications semestrielles du groupe qui seront communiquées le 25 Août.
Pour un investisseur patient, les niveaux actuels constituent tout de même un très bon niveau d’entrée sur le titre. Il ne faudra cependant pas fixer de stop de protection et pouvoir assumer une forte volatilité du titre. Dans le cadre d’une Stratégie Trading on restera à l’écart de la valeur.
L’heure de vérité sonnera ce matin dès l’ouverture des places financières européennes. Cette fois-ci, elles devraient moins réagir sur les mauvaises nouvelles conjoncturelles que sur la question des dettes souveraines. Et on saura si le président Sarkozy et la chancelière Merkel ont convaincu…
Face à des problèmes réels, bien que largement aggravés par les rumeurs et les psychoses propres aux bourses, l’Allemande et le Français ont fait un pas décisif, encore inimaginable il y a un an, notamment devant l’obstruction de Berlin : la création d’un gouvernement économique de la zone euro. Il est accepté dans les principes, encore faut-il savoir comment cet embryon fédéraliste fonctionnera.
Cette instance saura-t-elle décider sous un président – vraisemblablement Herman van Rompuy – investi d’une vraie autorité ou seulement avec l’aval des 17 exécutifs de l’euro ? A une époque où les marchés se décident sur un clic d’ordinateur, les réactions doivent être immédiates. Or les détails concernant l’organisation de cette autorité manquent encore comme ils manquent à propos de la taxe sur les transactions financières et sur la « règle d’or budgétaire »… en dehors des aspects polémiques propres à la politique intérieure française.
Mais quelque chose a enfin bougé, et il était temps ! La zone euro va disposer d’outils pour s’acheminer vers plus d’intégration comme ce Fonds européen de stabilité, déjà qualifié de « Fonds monétaire européen » même si, pour l’instant Paris et Berlin ne veulent pas l’étoffer.
La zone euro prend aussi une certaine indépendance au sein de l’UE vouée à une « confédération », selon le mot de Nicolas Sarkozy. Et cette Europe de la Monnaie unique, semble même vouloir s’affranchir du traité de Lisbonne destiné à l’UE, pas à ce « premier cercle » très « intergouvernemental », du moins jusqu’à présent.
Toutefois, cette intégration ne deviendra réelle que lorsque régnera une vraie concordance économique parmi les 17, et pas seulement une concordance franco-allemande, essentielle mais non déterminante malgré le poids des deux pays.
Et il reste la grande question des « euro-obligations » rejetées de concert par Paris et Berlin. Mais le tabou est brisé. Le sujet est déjà à l’ordre du jour au sein de la coalition gouvernementale allemande longtemps opposée à ce projet jugé dangereux et laxiste.
Or, quand on voit le temps qu’il a fallu depuis les prémisses de la crise grecque en automne 2009 pour que France et Allemagne arrivent, malgré les réticences ponctuées de « Nein », à échafauder des plans crédibles, tous les espoirs sont permis pour les « eurobonds ».
Tôt ou tard, devant les incertitudes mondiales, les marchés exigeront cette mutualisation des dettes souveraines européennes. Évidemment, sous des conditions drastiques pour rendre ces euro-obligations sûres. Et l’euro avec eux qui enfin méritera son nom de « monnaie unique »…
Sommet Sarkozy-Merkel : Tout ça, pour ça ?
Jean-Luc Mélenchon : "consternant". Le candidat du Front de gauche à la présidentielle a jugé dans un communiqué "consternant" le sommet Merkel-Sarkozy. Il "prétendait combattre la crise, il va l'aggraver. Au lieu de mesures concrètes pour protéger les peuples de l'assaut des marchés, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel persistent, sans imagination, à se soumettre aux exigences de la finance.", tempête Mélenchon. "Pour eux, le système financier n'a aucune responsabilité dans la crise et seuls les peuples sont coupables. La prétendue "règle d'or" imposée à tous les Etats européens serait pour nos économies des semelles de plomb."
Jean-Louis Borloo : "le premier étage de la fusée anti-crise et anti-spéculation". Dans un communiqué, le président du parti radical a salué la décision de mettre en place une taxe sur les transactions financières, "seule mesure juste et efficace pour financer le fonds de stabilisation et lutter contre la spéculation." "C'est le premier étage de la fusée anti-crise etanti-spéculation, mais il faut dès maintenant mettre en place des mesures complémentaires: interdiction des ventes à découvert, régulation des hedge funds, réflexion sur la séparation des activités de dépôt et d'investissement", propose l'ancien ministre.
Jean-François Copé : une décision "courageuse et historique". Le patron de l'UMP s'est réjouit de l'annonce de la création d'un gouvernement économique de la zone euro. "Cette décision courageuse et historique doit permettre de mieux coordonner nos politiques économiques", a ajouté Jean-François Copé.
Marine Le Pen : "irresponsable". La présidente du Front national a estimé dans un communiqué que ce sommet n'avait qu'un seul but : "déterminer comment la France et l'Allemagne se partagent le fardeau de la crise de l'euro. Décider combien de nouvelles dizaines de milliards d'euros la France et l'Allemagne verseront pour tenter de renflouer les pays victimes de l'euro." "En panne sèche de croissance, la France et l'Allemagne préparent ainsi leur propre surendettement, c'est irresponsable", prédit Marine Le Pen.
Y'A QU'À, FAUT QU'ON, COMME TOUJOURS; CETTE GAUCHE SANS IDÉE NOUVELLE N'A POUR ELLE QUE LE CHAGRIN DE LA RINGARDISATION DE SON DISCOURS MITEUX, QUI TOC ET MESQUINE.
NUL QUOI !!!
Paris et Berlin veulent une règle d'or pour la zone euro
Au sein des dix-sept, l'Allemagne est la plus avancée en matière de règle d'or budgétaire. Votée en 2009, elle prévoit qu'à partir de 2016, le budget fédéral ne pourra pas afficher un déficit structurel supérieur à 0,35% du PIB. Elle s'étendra aux régions allemandes à partir de 2020.
En France, le processus parlementaire est pour le moment suspendu. Le Sénat et l'Assemblée nationale ont voté un texte avant l'été, prévoyant la mise en place de lois-cadres d'équilibre des finances publiques, fixant une date de retour à un déficit zéro. Chaque année, les lois de finance devront respecter les impératifs de la loi-cadre, faute de quoi elles pourraient être censurées par le Conseil constitutionnel. Mais pour être inscrit dans la Constitution, ce texte doit maintenant être adopté par le Congrès, où le gouvernement ne peut pas compter, en l'état, sur la majorité requise des trois cinquièmes des voix. Dans ces conditions, «le premier ministre François Fillon prendra les contacts nécessaires avec les différentes forces politiques françaises pour voir si un consensus est possible pour faire adopter cette “règle d'or”», a indiqué Nicolas Sarkozy.
Une pierre dans le jardin du Parti socialiste qui refuse de voter une telle règle. «Si un consensus n'est pas possible, les Français seront juges des forces politiques qui auront été favorables à une règle d'or et de celles qui ne l'auront pas été», a poursuivi Nicolas Sarkozy. Le chef de l'État fait donc le pari qu'un refus du PS sera sanctionné par les électeurs lors de la présidentielle de 2012.
Convergence franco-allemande
La réunion de mardi a également été l'occasion pour Paris et Berlin de faire deux autres propositions pour renforcer la gouvernance de la zone euro. La première est d'ordre institutionnelle, avec la création «d'un véritable gouvernement économique de la zone euro». Les chefs d'État de la zone se réuniraient deux fois par an et éliraient un président stable pour deux ans et demi. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy proposeront que le premier président de cette nouvelle instance soit Herman Van Rompuy, qui préside actuellement le Conseil européen.Dernière proposition commune franco-allemande: l'adoption d'une taxe sur les transactions financières. Ce faisant, les deux capitales emboîtent le pas de la Commission européenne, qui a fait cette proposition au printemps pour financer le budget européen. Mais une telle taxe se heurte à de nombreuses réticences, notamment du côté de Londres et des pays du nord de l'Europe. Il ne sera pas simple de les convaincre. Au-delà des problèmes de la zone euro, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont décidé de nouvelles mesures de convergence économique entre la France et l'Allemagne. La plus spectaculaire est la mise en place, à partir de 2013, d'un impôt sur les sociétés (IS) commun pour les entreprises françaises et allemandes. L'IS étant proche des 30% en Allemagne, contre 33% en France, les entreprises hexagonales pourraient y gagner. Sauf si l'alignement se fait par le haut.
Toutes ces propositions permettront-elles de rassurer les marchés? Les deux capitales sont en tout cas apparues sur la même ligne pour refuser deux mesures réclamées à cor et à cri par les investisseurs. Ainsi, il n'est pas question d'augmenter la taille du fonds européen de stabilité financière (Fesf). Ce fonds, doté de 440 milliards d'euros, est «suffisant», ont-ils assuré. Ce faisant, Nicolas Sarkozy donne des gages à Angela Merkel, soumise à une forte pression de son opinion publique, de plus en plus réticente à l'idée de voler au secours des pays périphériques. De même, Paris est d'accord avec Berlin pour ne pas mettre en place d'euro-obligations. «Un jour, peut-être, nous pourrons l'envisager, mais cela ne viendra qu'à la fin du processus d'intégration de la zone euro et non au début », a insisté Nicolas Sarkozy. Faute de quoi, ces euro-obligations mettraient «gravement en danger » les pays les mieux notés, a martelé le président français.
Le Grand Rex, plus grand cinéma d'Europe, a su conserver son âme et sa démesure
La salle monumentale, en revanche, convainc les plus réticents. L'inventeur des "salles atmosphériques", John Eberson, recrée l'ambiance d'une nuit méditerranéenne surplombée, au plafond, par un ciel d'un bleu profond, dans lequel chaque étoile est supposée représenter une star de cinéma. Un décor insolite l'encadre, qui conjugue balcons italiens, hacienda et statues gréco-romaines : "Pour le spectateur, c'est Tolède et Venise à la fois, c'est le monde des Mille et Une Nuits", raconte Anthony Zaccardo, chargé des visites guidées de la maison. Le 8 décembre 1932, jour de l'inauguration, le pari semble réussi. L'inventeur du cinématographe, Louis Lumière, vient donner sa bénédiction, et Paris-Soir titre le lendemain : "Un éclat d'Hollywood en passant par la Méditerranée vient de tomber comme par magie sur les Grands Boulevards".
Reste à se distinguer d'une concurrence pléthorique, et le Rex choisit encore la démesure, avec trois classes de tickets, comme sur un paquebot, et une incroyable offre de services. Une cinquantaine d'ouvreuses et des guichetiers en gants blancs attendent les clients au niveau de la première classe, où le champagne coule à flots. Un animal de compagnie ? Le chenil l'accueille le temps de la séance. Une infirmerie se charge des petits bobos, tandis qu'un poste de police occupe le deuxième sous-sol.Les spectateurs les plus modestes sont relégués au "poulailler", tout en haut, mais le Rex ne les oublie pas : "Jacques Haïk a pensé la salle pour attirer tous les publics. Il a compris que les Grands Boulevards, c'est à la fois la bourgeoisie qui parade, la classe moyenne du côté des faubourgs, et juste derrière, les Halles, où règne une misère noire", explique Anthony Zaccardo.
Pour un sou, racontent les anciens habitués, on pouvait voir trois films par semaine en apportant son casse-croûte, avant d'être raccompagné un bus du Grand Rex à la fin de la dernière séance. Et puis, le Rex accueille beaucoup d'avant-premières durant l'entre-deux-guerres, dont La Petite Princesse, de Walter Lang, avec Shirley Temple.
Mais à la fin des années 1930, rattrapé par la crise, Jacques Haïk est contraint de vendre son joyau à Gaumont, qui le cédera ensuite à la famille Hellmann. Sous l'Occupation, le Rex est transformé en Soldatenkino, cinéma réservé aux soldats allemands, et à la Libération, l'Etat français réquisitionne la salle et la transforme en centre d'accueil des prisonniers de guerre.
Le Rex retrouve son écran et son éclat à l'automne 1945. Hollywood n'a pas oublié cet étendard du 7e art, et lui offre une renaissance flamboyante. La toile tutoie à nouveau les superlatifs. En 1953, le Rex accueille la première séance en cinémascope d'Europe. Son Escalator, le premier installé dans un cinéma européen, est inauguré par Gary Cooper. En 1954, le Rex renoue avec la tradition des spectacles d'avant-film en créant la Féérie des eaux, un show aquatique qui met en action 1 200 jets d'eau et une piscine en fond de scène. Aujourd'hui encore, ce prologue unique est présenté chaque fin d'année avant le dessin animé de Noël. Des stars créent la sensation, comme Liz Taylor, venue en 1963 pour y présenter Cléopâtre.
Le titre de "plus grand cinéma d'Europe" reviendra au Rex dans les années 1970, alors que les cinémas démesurés des années 1920 et 1930 disparaissent les uns après les autres (le Gaumont Palace, qui comptait 6 000 places, est rasé en 1972), pour laisser la place à des salles plus petites ou à des multiplexes. Le Rex, classé monument historique en 1981, s'adapte sans perdre son âme : la grande salle reste intacte, s'ouvrant à d'autres spectacles (des concerts notamment) mais six salles plus modestes, de 100 à 500 places, font leur apparition dans les sous-sols, à la place du chenil ou de l'infirmerie.
La famille Hellmann, propriétaire de la salle, ne perd pas de vue les innovations. En 1988, le Rex se dote du plus grand écran d'Europe (300 m2), baptisé le Grand Large, mais entièrement visible uniquement depuis le balcon. Il est inauguré avec le film culte de Luc Besson : "C'était Le Grand Bleu en Grand Large au Grand Rex", commente Anthony Zaccardo. 30 % des spectateurs français de ce film l'ont vu sur cet écran, Le Grand Bleu restant à l'affiche trois ans d'affilée.
La programmation fait aujourd'hui la part belle aux gros films américains, en version française, propres à remplir la grande salle, d'Avatar à Harry Potter. Sans nostalgie : "Nous restons dans un cinéma populaire", explique Anthony Zaccardo. Le numérique comme la 3D sont à l'honneur avec le Grand Large, et les stars qui font déplacer les foules pour des avant-premières ont aujourd'hui pour nom Justin Bieber ou Shahrukh Khan, gourou de Bollywood.
Le Rex n'oublie cependant pas son histoire. Le lieu propose au public, depuis 1996, un parcours interactif - Les Etoiles du Rex - qui dévoile les coulisses de ce cinéma. Une manière de conjuguer le passé et le présent.
Stiglitz suggère le retrait de l’Allemagne
La nouvelle information statistique d’Eurostat confirme la thèse selon laquelle le noyau dur économique européen n’est plus en mesure de soutenir les maillons fragiles de l’union monétaire.
Les premières estimations, publiées hier par l’office européen des statistiques Eurostat, viennent confirmer les appréhensions des marchés financiers quant au ralentissement de la machine économique de la zone euro.
C’est le bouquet ! Ce boulet vient s’ajouter à une situation déjà complexe, marquée surtout par la crise de la dette qui pénalise les pays les plus fragiles de la zone euro.

La nouvelle information statistique d’Eurostat confirme la thèse selon laquelle le noyau dur économique européen n’est plus en mesure de soutenir les maillons fragiles de l’union monétaire. Cette donne fait peser plus que jamais le risque d’éclatement de la zone euro. A ce propos, le prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, est allé jusqu’à faire le prêche tabou : dire à l’Allemagne de quitter la zone euro. Selon lui, l’euro survivrait mieux à un départ de l’Allemagne qu’à celui des pays fortement endettés comme la Grèce ou le Portugal.
Lors d’une émission diffusée par la chaîne britannique BBC, Joseph Stiglitz a jugé que l’Allemagne subirait de «graves conséquences» si les pays en difficulté de la zone euro ne parvenaient pas à rembourser leurs emprunts. Selon le prix Nobel d’économie, «il vaudrait mieux en fait pour l’euro que l’Allemagne parte parce que les conséquences d’une restructuration de la dette en cas de départ de la Grèce, du Portugal ou de l’Irlande, seraient très importantes». Une autre question s’impose : la zone euro survivra-t-elle sans l’Allemagne ?
Plombées par les craintes suscitées par les mauvais chiffres de la croissance en Allemagne, les Bourses mondiales se repliaient hier à nouveau, alors que le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel entamaient, dans l’après-midi à Paris, leur mini-sommet pour restaurer la confiance dans la zone euro. En attendant les résultats de cette entrevue, les marchés financiers européens ont replongé dans la matinée d’hier, avant de limiter leurs pertes dans l’après-midi à l’annonce par l’agence de notation Fitch Ratings qu’elle maintenait son triple A aux Etats-Unis.
Le 6 août, sa concurrente Standard & Poor’s avait baissé d’un cran la note souveraine de la première puissance mondiale, soulevant un vent de panique sur les marchés.
Cependant, le maintien du triple A par Fitch Ratings ne règle pas pour autant la situation budgétaire et la dette publique des USA.
A Wall Street, la tendance était également à la baisse dans la foulée des Bourses européennes. Le Dow Jones se repliait de 0,46% tandis que le Nasdaq perdait 0,85%.

















