TOUT EST DIT

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mercredi 6 juillet 2011

Affaire DSK: "nausée" et "torrent de merde" dans la classe politique

De gauche ou de droite, que pense-t-on de la nouvelle plainte de Tristane Banon? Florilège de ras-le-bol dans le zapping des matinales.

L'affaire DSK vue par la presse internationale

La presse anglo-saxonne
Le journal britannique The Guardian fait un bilan des derniers rebondissements de l'affaire. Il met l'accent sur trois aspects. D'abord l'effondrement de l'affaire aux Etats-Unis et la possibilité d'un acquittement de Dominique Strauss-Kahn. Ensuite la dégradation, aux yeux des Français, de l'image de l'ancien patron du Fonds monétaire. Le quotidien cite ainsi un sondage réalisé ce week-end: 54 % des personnes interrogées hostiles à une candidature de DSK à la primaire.

Troisième aspect sur lequel le quotidien de centre-gauche met l'accent: le problème des fuites dans les médias, qui ont largement alimenté l'affaire. "Cela fait 35 ans que nous travaillons dans ce secteur mais je n'ai jamais vu autant de fuites pour une affaire donnée. J'ai peur de l'impact que cela pourrait avoir chez les victimes qui n'osent pas porter plainte", se plaint dans le Guardian Susan Xenarios, une des directrices du centre de lutte contre les viols de New York.

Le Washington Post, lui, se concentre sur la plainte déposée par Tristane Banon. Mais surtout sur les conséquences que celle-ci a sur les primaires socialistes. Le journal raconte qu'avec l'effondrement de l'affaire aux Etats-Unis, les socialistes avaient retrouvé l'espoir. Cette nouvelle plainte entache une réputation déjà ternie.

Toujours dans le Washington Post, la journaliste Kathleen Parker tente de calmer les esprits tout en évoquant le côté complètement surréaliste de l'histoire : "Il n’y manque plus qu’une poursuite en voiture. Ou un requin. Nous sommes tellement habitués aux retournements de situation dans de telles histoires que nous pouvons déjà en anticiper la bande-son, les jeux d’ombre et de lumière, le col relevé, les regards assassins échangés dans une salle de tribunal bondée". "Au moins pourrions-nous attendre la fin du procès pour donner notre verdict. Ou mieux encore, attendre la sortie du film", conclue-t-elle.

William Saletan, journaliste à Slate.com, est à contre-courant. En s'attachant aux faits, il analyse les déclarations de Tristane Banon et énumère sept façon de vérifier la version de Banon (et de DSK).  La version intégrale en français de l'article est sur Slate.fr.

La presse allemande
Le Spiegel est du même avis que le Washington Post : "La nouvelle plainte pourrait causer des problèmes aux socialistes français". Pour le quotidien allemand en ligne, l'affaire qui se dégonflait aux Etats-Unis était la voie vers la rédemption de DSK. La plainte de Tristane Banon modifie la donne.

La presse hispanophone
Le journal espagnol El Pais se fait écho du témoignage de l'écrivain et journaliste Tristane Banon que donne l'Express. Pour le journaliste Antonio Jiménez Barca, correspondant pour le journal à Paris, on trouve des zones d'ombre dans le récit de Banon.

Il évoque également la montée au créneau des principaux ténors socialistes : "Quand François Hollande, Martine Aubry ou Ségolène Royal sont interrogés, ils commentent l'affaire DSK. Ils ne parlent ni de leur programmes ni de leur projets".

Le journal mexicain de référence  El Universal se contente de faire état de la plainte de Tristane Banon sans commenter l'affaire.

PS: derrière l'imposteur, le cancre

Manuel Valls, candidat à la primaire socialiste et proche de Dominique Strauss-Kahn, ne supporte plus le "torrent de merde" (RTL, ce mercredi) qui se déverse sur celui qui pourrait bénéficier rapidement d'un non-lieu aux Etats-Unis, tandis qu'une plainte pour tentative de viol a été déposée contre DSK, hier à Paris, par Tristane Banon. Personnellement, je pense que les socialistes, auto-promus vertueux, payent là le prix de leur abus de confiance et leur dissimulation des failles d'un candidat du Camp du Bien. Pour parler comme Valls, j'ai aussi en mémoire les torrents de merde qui auront été déversés sur Nicolas Sarkozy par la gauche et ses médias, depuis des années. Bien rares furent les nouveaux outrés, qui brandissent pareillement une présomption d'innocence qu'ils découvrent opportunément, qui jugèrent excessive cette hystérie anti-sarkozyste qui tenait lieu de programme commun. Aujourd'hui, la gauche pleureuse s'oblige à abandonner ce procédé, dont elle goûte à son tour l'amertume.....

Une réforme sans fin

Surtout préoccupés par les résultats du bac ou par leurs dépenses estivales, les Français ne pensaient pas que les retraites viendraient leur assombrir l'été. C'était oublier que, dans ce domaine, une loi se superpose à l'autre et que la réforme contient un mécanisme quasi automatique.

En plus de repousser l'âge de départ d'un trimestre par an - objet principal de la dernière réforme, censée nous tranquilliser jusqu'en 2020 - le gouvernement rallonge donc la durée de cotisation d'un trimestre pour les cotisants nés à partir de 1955. Ce que l'opposition appelle la « double peine » guette les tranches d'âge suivantes, dans les années à venir.

Cette décision résulte de la loi Fillon de 2003 qui, sans imposer de durée légale, prévoit qu'elle peut être modifiée à tout moment par décret, en fonction de la situation démographique.

Ce qui frappe et mérite décodage, c'est l'empressement du gouvernement à annoncer un décret avant même que le Comité d'orientation des retraites, organisme pluraliste et consultatif, n'ait publié sa préconisation. Trois considérations expliquent cette décision prise sans nouvelle concertation sociale ni discussion parlementaire.

Premièrement, la majorité et l'Élysée ne veulent surtout pas adresser le moindre signe de relâchement de l'effort dans la maîtrise des comptes publics. La dette continue de croître. Le budget 2012 s'avère très difficile à boucler. Laisser penser que sa signature pourrait se dégrader exposerait alors la France à une hausse très coûteuse des taux d'intérêts. Déjà, la dernière réforme des retraites, qui ne figurait pas dans le programme de Nicolas Sarkozy, avait été anticipée en partie pour cette raison.

Deuxièmement, le gouvernement a voulu décider le plus loin possible de la présidentielle et profiter de la somnolence estivale pour limiter l'impact de cette annonce. Il compte aussi sur les vacances du Parlement, caisse de résonance de la vie politique nationale; sur un PS tout absorbé, à la rentrée, par sa primaire; et sur la particularité des périodes électorales, peu propices aux mobilisations sociales.

Troisièmement, l'opposition n'est pas forcément très à l'aise avec cette affaire. Elle est tiraillée entre le réalisme de son aile social-démocrate et les exigences plus radicales de son aile gauche. Et sa promesse d'un retour de l'âge légal à 60 ans relève assez largement du trompe-l'oeil dès lors que le principe de réalité a contraint le PS à admettre qu'il fallait prolonger la durée de cotisation.

Même si l'espérance de vie s'allonge et nécessite des recettes nouvelles, on voit bien les limites d'un système qui oblige les salariés à cotiser toujours plus pour toucher toujours moins. Le financement des retraites n'est pas définitivement assuré. Le compromis sénatorial sur la pénibilité, qu'un système par points associé à une durée variable des carrières pouvait régler, n'a pas été retenu. De même que la taxation des revenus du capital reste très inférieure aux charges qui pèsent sur les revenus du travail.

Personne ne conteste qu'il faut trouver le bon équilibre entre le temps passé à travailler et le temps passé à se reposer. Mais en pleine présidentielle, il sera difficile, pour la droite, d'éviter l'idée selon laquelle chacun devrait contribuer à cet équilibre en fonction de tous ses revenus.

Il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark...

Voilà plus de quinze ans que la Convention de Schengen est entrée pleinement en vigueur en France, en Allemagne et au Benelux. Pour s’étendre les années suivantes, et très progressivement, à dix-sept autres pays de l’UE, plus la Norvège, l’Islande et même la Suisse. Quinze ans sans contrôles systématiques au pont de l’Europe à Strasbourg-Kehl et aux autres points de passage entre l’Alsace et l’Allemagne ! La notion de frontière, avec souvent ses longues files d’attente, a disparu en faisant aussi comprendre que l’Europe est devenue une réalité.

Peut-on imaginer un retour en arrière ? Pas dans l’espace franco-allemand. Pourtant, plus au nord, le Danemark n’a pas hésité. Depuis hier, ses policiers contrôlent de nouveau aux frontières avec l’Allemagne et la Suède, en pleine migration estivale vers la Scandinavie. Certes, les mesures sont encore très sporadiques en attendant, d’ici à 2014, la réinstallation de guérites, de barrières et autres sas à reconstruire, sans oublier des policiers à engager. Le tout pour quelques dizaines de millions d’euros à la charge de l’heureux contribuable danois... Copenhague a beau rassurer ses partenaires, en précisant que ces contrôles porteraient surtout sur la contrebande avec également pour but de lutter contre la criminalité et l’immigration clandestine, le mal est fait. L’Allemagne voisine, où des dirigeants appellent au boycott du tourisme au Danemark, ne décolère pas.

En écornant Schengen, le gouvernement de Lars Rasmussen étale surtout sa faiblesse en montrant à tous les partis politiques du continent combien il est dangereux de devenir l’otage de l’extrême droite xénophobe. Car la coalition de centre-droit au pouvoir ne se maintient que par la grâce des populistes. Et la reprise en main de la frontière est une de leurs exigences.

Le Danemark, craint-on, va faire exemple. D’abord en Finlande, également traversée par un fort courant antieuropéen, peut-être en Suède. Les mesures prises par la France au printemps dernier, après l’arrivée de réfugiés tunisiens et libyens via l’Italie, ne correspondaient pas non plus à l’ « esprit Schengen ». Bien que ces dispositions françaises aient été « légalisées » par le Conseil européen de juin entrevoyant de nouvelles exceptions temporaires, notamment pour les non-citoyens de l’UE détenteurs de « visas Schengen », elles restent un accroc. Rien d’étonnant, car partout, selon l’air du temps - celui de la crise et du repli sur soi -, la controverse grandit sur la notion de « libre circulation » des personnes (pas des marchandises, évidemment !). C’est oublier qu’un « détricotage » de Schengen, malgré les défauts et imprécisions de la Convention, renverrait l’Europe citoyenne aux limbes, tant ce symbole Schengen est fort. Pour tous ceux qui profitent de son « espace », cette Convention s’identifie avec l’idée européenne. Bien mieux que les directives de Bruxelles, voire l’euro à la gouvernance de plus en plus incompréhensible !

Grâce

Il ne fait jamais rien comme les autres, notre Président. Le voici à son tour touché par l’état de grâce, mais à la fin de son mandat. Transfiguré, métamorphosé, désormais prêt pour une retraite silencieuse après avoir commencé par le Fouquet’s et le yacht. Il était hier à Montboudif, afin de saluer la mémoire de Georges Pompidou. Montboudif, dans le Cantal, à peine deux cents habitants, et dont l’heureux maire se nomme Lucien Bonhomme. Loin, si loin de Neuilly, Hauts-de-Seine. Et là-bas, notre Président nous a vanté les vertus de la lenteur, de la tradition française et de l’héritage – et même du gaullisme ! On aurait cru entendre Jacques Chirac à la fin de son deuxième mandat… Il est décidément fort, notre Président, ainsi capable de se réinventer, de faire la rupture avec lui-même à 56 ans. S’il continue comme ça, il fera campagne en nous lisant « La Princesse de Clèves ».

Le commentaire politique de Christophe Barbier




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AU PARLEMENT EUROPÉEN...



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Les agences de notation peuvent-elles saboter le sauvetage de la Grèce?

S&P n'a pas attendu la finalisation du deuxième plan d'aide pour décréter qu'un rollover de la dette grecque placerait le pays en situation de défaut. Or son avis et celui de ses concurrentes semble compter beaucoup pour la BCE. Faut-il s'en inquiéter?

  Elles étaient soi-disant discréditées. Elles, ce sont les agences de notation qui avaient attribué la note maximale à des banques que le contribuable avait dû finalement sauver de la faillite. Or elles semblent n'avoir jamais eu autant de pouvoir qu'aujourd'hui. Standard and Poor's a en effet décrété lundi qu'un rollover de la dette grecque, tel que proposé par la France, serait considéré comme un restructuration et la conduirait à placer la note de la Grèce dans la catégorie "défaut sélectif". C'est non seulement un camouflet pour la France, mais met tout simplement en danger le deuxième plan de sauvetage de la Grèce. L'euro a d'ailleurs aussitôt replongé alors qu'il venait d'atteindre son plus haut niveau face au dollar depuis le 9 juin.
La zone euro n'a désormais plus qu'à prier pour que les autres agences n'imitent pas S&P. Car non seulement les investisseurs n'oseraient plus acheter des obligations européennes, mais surtout la BCE n'accepterait plus les obligations de l'Etat grec comme contrepartie pour ses opérations de refinancement. Jean-Claude Trichet avait lancé un avertissement très clair en mai à ce sujet en évoquant par avance le cas où les agences considéreraient que le rollover constituait bien un défaut de paiement. Et qu'importe si l'Isda, l'association professionnelle chapeautant le marché des CDS, ait une opinion différente. Celle-ci estime en effet qu'un rollover ne représenterait pas un événement de crédit et n'entraînerait donc pas le paiement des CDS, un enchaînement au coeur de la crise financière de 2008. Reste à savoir pourquoi le patron de la BCE accorde autant d'importance à l'avis des agences de notation au point de leur confier quasiment les clés de l'avenir de la Grèce.
La BCE fait-elle du chantage?Sa menace n'est pas à prendre à la légère. Le secteur bancaire grec survit en effet uniquement grâce à la BCE, qui lui a déjà prêté 98 milliards d'euros. Autant dire que l'arrêt de cette perfusion conduirait en l'espace de quelques heures à l'effondrement des banques grecques avant de provoquer des réactions en chaîne aussi bien dans les banques européennes (à commencer par les Françaises) que dans les Etats fragiles de la zone euro. C'est d'ailleurs en agitant cette menace que la BCE a réussi à tuer dans l'oeuf l'idée du ministre des finances allemand Wolfgang Schaüble de réechelonner la dette grecque.
Comment éviter un remake de la faillite de Lehman Brothers ? Il existe en fait plusieurs portes de sortie. D'abord, on peut espérer qu'au moins une des autres agences, à savoir Moody's, Fitch mais aussi la plus petite DBRS canadienne, n'imite pas S&P. Selon le Financial Times, Jean-Claude Trichet a admis que dans ce cas il continuerait d'accepter les obligations grecques en collatéral. Mais ce n'est pas gagné. Si Moody's attend que le plan de sauvetage soit finalisé pour rendre public son avis, les notes de méthodologie publiées ces dernières semaines, aussi bien par Fitch que Moody's, laissent entendre qu'elles ont une définition extrêmement étroite de ce que serait une "participation volontaire des créanciers privés". Pour elles, le fait que l'opération soit montée pour éviter la faillite de la Grèce pourrait justifier, à lui seul, le qualificatif de défaut.
Pour autant, même si elles plaçaient toutes la note de la Grèce dans la catégorie du défaut, ce ne serait pas forcément la catastrophe systémique. Fitch et S&P ont en effet précisé que le statut de "défaut" pourrait être partiel et temporaire. La mauvaise note pourrait être assignée le temps du rollover, et être relevée après. Fitch a par ailleurs ajouté que même si la note de l'Etat grec correspondait au défaut, la note des obligations elles-mêmes échapperait à ce statut.
Mais le plus probable, "c'est que les investisseurs privés retravaillent la solution du rollover jusqu'à ce qu'elle convienne aux agences de notation, c'est-à-dire qu'elle apparaisse comme vraiment volontaire et pas imposée", explique Cyril Régnat, stratégiste chez Natixis. Le plan proposé par la France offre de réinvestir 70% des sommes remboursées par la Grèce au titre des obligations arrivant à échéance. Sur ces 70%, la moitié serait placée dans de nouveaux titres grecs à 30 ans, les 20% restants étant conservés à titre de garantie dans un fonds spécial. "On peut imaginer par exemple qu'ils proposent de raccourcir la maturité des nouveaux titres. Car la maturité à 30 ans risque de trop s'apparenter à un freinage des remboursements", poursuit le stratégiste.
C'est ainsi que la BCE continue de se servir de la pression des agences de notation et des marchés pour influencer les conditions du plan de sauvetage. Toutefois, rien ne l'empêche, à tout moment, de changer les règles. On l'a déjà vu faire quand elle a décidé d'accepter de racheter des obligations d'Etat, ou encore d' abaisser les critères d'éligibilité en acceptant en collatéral des actifs dont la note était inférieure au A-.

LA METEO DE L'ECO.



mardi 5 juillet 2011

Sarkozy dans les pas de Pompidou

ne change rien. Moins d’une semaine après avoir été brutalement agrippé par la veste lors d’un déplacement dans Lot-et-Garonne, le président n’a pas dérogé à ses habitudes en s’offrant ce mardi un copieux bain de foule à Montboudif (Cantal), village natal de Georges Pompidou.
«Pas question de modifier le protocole habituel, ce serait donner l’impression qu’on a accordé à cet événement plus d’importance qu’il n’en a vraiment eu», commente son entourage.

Le chef de l'Etat s’est donc rendu sur les terres de l’ancien président pour célébrer le centième anniversaire de sa naissance, tranquillement, comme si de rien n’était, se gardant bien de faire la moindre allusion aux nouveaux rebondissements autour de l’affaire Strauss-Khan.

Guaino «effaré, comme tout le monde, par cette affaire»

Ne rien dire et ne rien changer. Consigne avait d’ailleurs été donnée à ceux qui l’accompagnaient d’en faire de même. , Jean-François Copé et ont joué le jeu... mais pas Henri Guaino. Revenant sur des propos qu’il a prononcés le matin même sur Europe 1, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy s’est permis de réaffirmer en marge du déplacement qu’il était «effaré, comme tout le monde, par cette affaire», tout en rejetant les soupçons de complot alimentés par certains à gauche. «Comme si la France avait manipulé la justice américaine, soupire-t-il en haussant les épaules, les yeux tournés vers le haut. Cette histoire concerne uniquement la gauche. C’est leur problème, pas le nôtre !»

La Porsche de Pompidou

Ce mardi, c’est surtout sur les pas de Georges Pompidou, «un président moderne et réformateur», que Nicolas Sarkozy a voulu tracer son sillon. «Il n’y a pas une photo sans qu’on ne le voie pas avec une cigarette», sourit-t-il malgré tout en visitant le musée dédié à l’ancien président, lui qui ne fume pas. Quelques minutes plus tard, face à 2 000 personnes, il défend l’héritage pompidolien qu’il veut faire sien : «La vie quotidienne le passionnait. Il regardait toujours la politique comme une question de civilisation (...), lâche Sarkozy à la tribune d’un gigantesque barnum aménagé au milieu des champs, sous intense odeur de foin coupé. Puis, sous des airs de président déjà en campagne, il affirme qu’après «presque 40 ans de crises ininterrompues, de mutations douloureuses (...) le temps est venu de nous réconcilier avec ce que nous sommes profondément, de reprendre confiance», ajoute-t-il.

Henri Guaino, lui, a été plus malicieux en se souvenant que lorsqu’il était Premier ministre, «Pompidou arrivait aussi en Porsche à Matignon... Et personne ne lui a jamais reproché».

Kenneth Thompson, l'anti-DSK

Fils de policière, défenseur des droits civiques aux accents à la Luther King, cet avocat a déjà sa légende. Sa cliente Nafissatou Diallo n'est peut-être pas celle qu'il croyait, mais il continue son combat.
L'homme noir qui s'avance sur le trottoir, au pied du tribunal de New York, toise comme un phare la houle humaine qui déborde sur Centre Street. Dix minutes plus tôt, ce 1er juillet, Dominique Strauss-Kahn a vu son assignation à résidence commuée en liberté sur parole, mais ses avocats ne s'attardent pas dans le chaos de la rue, susurrant pour les micros des télés leur appel au respect de la présomption d'innocence.  
"Le tempo de la colère"
Kenneth Thompson, lui, s'installe au milieu des journalistes comme devant un tribunal de l'Histoire. Sa haute stature, son superbe costume gris, sa voix sans hâte malgré le boucan, évoque la légende de ces lawyers-pasteurs des droits civiques, les Martin Luther King, les Andrew Young, les Thurgood Marshall, et même son mentor, feu Johnny Cochran, ténor noir du barreau américain. "J'ai quelques mots à dire sur Dominique Strauss-Kahn et ma cliente, tonne l'avocat de la présumée victime, sa longue main levée comme pour donner le tempo de la colère. Car ce que l'on vous dit d'elle est un mensonge." 
La demi-heure qui suit mériterait sa place dans la saga des insurrections américaines ; une plaidoirie de rue, un réquisitoire rageur et élégant contre ce qu'il dépeint comme les lâchetés de la justice politicienne. Son discours, scandé par instants comme un prêche, hypnotique, se veut aussi une courageuse profession de foi. Un mois plus tôt, cet avocat star, quadragénaire au visage trompeur de chérubin, semblait embrasser une nouvelle cause, exemplaire et limpide, en offrant gratuitement ses services à une immigrée illettrée contre un richissime potentat de la jet-set financière. 
Le 6 juin, en s'asseyant au premier rang du public, pour entendre l'ancien patron du FMI plaider non coupable, Thompson s'offrait un putsch: le remplacement surprise des deux précédents lawyers de Nafissatou, Jeffrey Shapiro, un spécialiste des erreurs médicales engagé au départ après une simple recherche sur Internet par un proche de la victime supposée, et surtout Norman Siegel, activiste légendaire des droits civiques new-yorkais. Kenneth Thompson, révéré à New York depuis 1999, pour son rôle de procureur fédéral dans le procès de trois policiers tortionnaires d'un immigrant haïtien nommé Abner Louima, mettait une nouvelle fois sa réputation en jeu. 
Pour rééquilibrer un combat inégal
En tant qu'avocat, cette fois. Il entendait certainement toucher un pourcentage des dommages-intérêts bientôt infligés à DSK lors d'un procès civil suivant sa condamnation au pénal ; mais, avant tout, il était là pour rééquilibrer un combat inégal et placer, en marge des poursuites pénales, toute la puissance de son officine de la 5e Avenue, Thompson Wigdor LLP, au service d'une femme sans voix. "Tout l'argent, tout le pouvoir, toute l'influence de Dominique Strauss-Kahn de par le monde n'empêcheront pas cette femme de témoigner contre lui et de clamer la vérité", promettait-il, le 6 juin, devant une même foule de journalistes.  
Mais voilà la plaignante désormais paria de l'opinion. Thompson a certes été sidéré en apprenant que Nafissatou Diallo avait touché de l'argent d'un dealer à la petite semaine, mais, en dépit des faiblesses de sa protégée, le récit du viol reste inchangé, comme les analyses médico-légales confirmant, selon lui, les violences. La femme de chambre guinéenne, engluée dans ses mensonges, lui a à nouveau demandé son soutien et promis qu'elle disait vrai sur DSK. "J'emporterai dans la tombe le souvenir de ce qui s'est passé dans cette chambre", lui a-t-elle dit. 
Un enfant d'Harlem
Ken Thompson a été élevé dans les HLM de Harlem par une mère seule, nommée première femme policière de New York en 1970. Sorti, comme elle, du John Jay College, vivier du personnel judiciaire de la ville, lauréat d'une bourse pour la fac de droit de la New York University, l'apprenti lawyer avait été recommandé par ses professeurs, dès sa réussite au barreau en 1993, pour participer, à Washington, à l'enquête officielle sur la tuerie de Waco. L'assaut absurde des policiers fédéraux sur la secte des Branch Davidians s'était achevé par la mort, dans un incendie suicide, de 60 des disciples du gourou, David Koresh, dont beaucoup d'enfants. Le rapport d'investigation, un modèle de fair-play et de minutie implacable, avait lancé la carrière de Thompson. 
Il a fallu du cran à ce fils de flic, devenu procureur fédéral à Brooklyn, pour s'atteler, en 1999, au réquisitoire contre les policiers ripoux de l'affaire Louima. Le Haïtien, victime d'une bagarre à la sortie d'un bar, avait été conduit au poste et soumis à des sévices affreux, sodomisé et éventré avec un manche de ventouse, dans les toilettes du commissariat. La plaidoirie de Thompson ne se contentait pas de stigmatiser une bavure, elle ouvrait le procès des abus de pouvoir du dernier mandat du maire Rudy Giuliani, et celui de la trahison, par les représentants de l'ordre public, des espoirs dejustice des immigrants. Le principal tortionnaire a écopé de trente-cinq ans de prison, et Louima reçu 8 millions et demi de dollars, lors d'un procès civil ultérieur.  
Propulsé dans le privé, dès 2003, par sa nouvelle notoriété, Thompson aurait pu se contenter de faire fortune en traitant les litiges de Wall Street au prestigieux cabinet Morgan Lewis, s'il n'avait opté pour les procès en discrimination sexuelle et raciale, défendant des ouvrières contre le harcèlement de la direction de leur usine. 
"Au service de ses idéaux"
"C'est un guerrier, confirme son ami Keith Beauchamp, journaliste et réalisateur. Voilà un ancien gamin des rues de New York qui sait mettre sa carrière au service de ses idéaux de justice." En 2003, Beauchamp achevait le tournage d'un documentaire sur Emmett Till, un adolescent noir lynché en 1955 dans le Mississippi, lorsque, découvrant que les meurtriers avaient toujours pignon sur rue, il avait demandé à Thompson dans quelles conditions l'enquête sur cette affaire essentielle de l'histoire des droits civiques pouvait être relancée. "Il m'a sidéré, raconte le documentariste. Pendant des mois, Ken s'est non seulement chargé, gratuitement, des arguties juridiques d'une affaire classée sans suite, mais il m'a donné tous ses contacts."  
L'avocat, discret malgré ses faits d'armes, logé à l'époque à Brooklyn avec sa femme et sa fille, disposait déjà, depuis Louima, d'une ligne directe avec Charles Shumer, sénateur de New York, et l'indéracinable député Charlie Rangel. Ses relations s'étendaient jusqu'au département de la justice de George Bush, en la personne d'Alexander Acosta, chargé des droits civiques. A Brooklyn, son amitié avec l'imposant A. R. Bernard, pasteur du Christian Cultural Center, plaque tournante de l'intelligentsia noire de New York, a assuré la promotion du film de Beauchamp, la réouverture de l'affaire Emmett Till et celle d'une dizaine d'affaires classées depuis les années 1960.  
"Ken est un mentor brillant et un leader, confirme Blanche Wiesen Cook, sa prof d'histoire du John Jay College, réputée pour ses recherches sur Eleanor Roosevelt. Il sait aussi que la lutte pour les droits civiques n'a fait que commencer dans les années 1960, et se poursuit aussi avec la défense des femmes et des immigrés. Il a eu le courage de se lancer dans l'affaire DSK, et je sais qu'il y a retrouvé sa cause." 

Cambadélis suggère à Lagarde d'inviter DSK au FMI

Le député PS Jean-Christophe Cambadélis, pour qui Dominique Strauss-Kahn n'aurait pas dû démissionner du FMI, demande à Christine Lagarde de "faire un geste" en sa direction.

Le député PS strauss-kahnien, Jean-Christophe Cambadélis, a jugé mardi sur LCI que Dominique Strauss-Kahn n'aurait pas dû démissionner du Fonds monétaire international. Il a demandé à Christine Lagarde de "faire un geste" en sa direction, en l'invitant par exemple au FMI. 
"Je demande justice pour Dominique Strauss-Kahn, qu'il soit réhabilité, notamment par rapport au FMI", a expliqué le député de Paris. 
"DSK a eu un pistolet sur la tempe"
"Voilà un homme qui a quitté le FMI car on l'a obligé, un pistolet sur la tempe, alors qu'il était en prison", a ajouté Jean-Christophe Cambadélis. Dominique Strauss-Kahn "ne va pas reprendre son poste mais je demande au niveau du FMI un geste, et je demande à Christine Lagarde de faire un geste en direction de Dominique Strauss-Kahn car il n'aurait pas dû démissionner", a précisé Jean-Christophe Cambadélis, pour qui l'actuelle patronne du FMI devrait "pour le moins inviter" Dominique Strauss-Kahn. 
L'ex-ministre française de l'Economie, désignée le 28 juin directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), avait déjà déclaré "souhaiter parler" à Dominique Strauss-Kahn, pour évoquer avec lui ses futures fonctions.
?!

DSK: improbable retour



Le gouvernement grec s'inquiète pour le tourisme du pays

Le gouvernement grec s'inquiète des répercussions des dernières manifestations contre le budget d'austérité sur le tourisme du pays. Les agences de voyages s'organisent pour faire passer les touristes directement sur les îles sans passer par Athènes où se sont déroulés les derniers mouvements de protestation.
Après les affrontements violents qui ont ponctué ces dernières semaines, le gouvernement grec espère que les images diffusées dans le monde entier ne vont pas affecter l'une des principales sources de revenus du pays, le tourisme.
"Nous n'enregistrons aucune annulation" de réservation hôtelière, a indiqué dimanche à l'AFP le président de l'association du tourisme et des agences de voyage hellènes (Hatta), Georges Telonis.
Mais il s'inquiète néanmoins des effets à long terme des émeutes et n'exclut pas que des annulations puissent intervenir, notamment dans les hôtels situés autour de la place Syntagma à Athènes.
Les agences de voyage préfèrent les vols directs vers les îles
"Certains touristes étrangers ont peur de ce qu'ils ont vu à la télévision, mais cela ne touche que le tourisme à Athènes, pas sur les îles", souligne une salariée dans une agence de voyage qui requiert l'anonymat. "C'est pour cela qu'il y a de plus en plus de vols directs vers les îles, contournant Athènes", ajoute-t-elle, d'autant plus que les taxes d'atterrissage de l'aéroport international d'Athènes sont beaucoup plus élevées que celles des aéroports régionaux.
Le gouvernement grec fait tout ce qu'il peut pour promouvoir la Grèce comme une destination sûre. "L'image de la Grèce dans son ensemble n'est pas celle" que les médias ont donnée la semaine prochaine lors des violences à Syntagma, a indiqué lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Grigoris Delavékouras.
"Notre objectif est de promouvoir l'autre Grèce, qui promet une expérience touristique inoubliable car la Grèce est une destination touristique extraordinaire", a ajouté le ministère. "Le produit touristique Grèce est d'excellente qualité, nous ne devons pas le ternir, et nous devons tourner la page", a dit le ministre de la Culture et du tourisme, Pavlos Geroulanos, sur la chaîne de télévision Skai en précisant qu'un "effort collectif" était réalisé pour attirer une nouvelle clientèle d'Israël, Russie, et Turquie en Grèce.
Selon des chiffres publiés lundi par le quotidien grec Kathimerini, le nombre de touristes serbes et russes a crû ce printemps, grâce à la baisse des tarifs sur les "packages". Les agents de voyage locaux ont indiqué lundi que l'île de Rhodes située en mer Egée, dans le Dodécanèse, fait le plein, avec un bond de 28% du nombre d'arrivées en juin par rapport au même mois de 2010.

Le coup de fil de DSK à Martine Aubry

Martine Aubry veut-elle couper court à l'hypothèse d'un retour de Dominique Strauss-Kahn pour ne pas perturber sa campagne ou fait-elle passer un message de son allié ? La candidate a fait discrètement savoir qu'elle s'était entretenue par téléphone avec DSK, peu après l'audience du tribunal de New York, qui a décidé, vendredi 1er juillet, de sa libération sur parole.

L'ancien patron du FMI lui aurait confié qu'il ne concourrait pas à la primaire socialiste. L'entourage de Martine Aubry s'est chargé de relayer la conversation. Le strausskahnien Jean-Marie Le Guen a riposté. Il "nie formellement que DSK ait pu tenir de tels propos". Certains conseillers de la candidate affirment que DSK apportera un soutien actif à Martine Aubry.
"Ils sont restés dans l'esprit de leur pacte : le mieux placé doit concourir", souligne un proche de la maire de Lille. Lors de son point de presse hebdomadaire, lundi 4 juillet, le porte parole du PS et soutien de Martine Aubry Benoît Hamon a affirmé que "l'hypothèse d'une candidature de Dominique Strauss-Kahn à la primaire est la plus faible".
L'OMBRE DE SON ALLIÉ
Martine Aubry qui s'est déclaré candidate le 28 juin n'a aucun intérêt à prolonger le doute sur une possible candidature de DSK. Son entrée dans la campagne a déjà été occultée par la nomination de Christine Lagarde au FMI, la libération des deux otages français en Afghanistan et le rebondissement judiciaire autour de DSK. Rattrapée par l'ombre de son allié, la voici de nouveau contrainte de démontrer qu'elle n'est pas une candidate "par défaut". Dimanche sur France 2, elle avait assuré qu'elle serait "candidate jusqu'au bout".
Les amis de DSK sont également prudents sur le retour de leur mentor, mais ils ne ferment aucune porte. Depuis son arrestation dans la nuit du 14 au 15 mai, l'ancien patron du FMI, concentré sur sa défense, n'a jamais donné la moindre indication publique sur sa volonté d'abandonner la course pour la présidentielle de 2012.
Jusqu'à ce "coup de tonnerre", M. Strauss-Kahn figurait dans les études d'opinion en position de grand favori, pour emporter la présidentielle face à Nicolas Sarkozy, distançant très nettement tous les autres candidats socialistes, en particulier Mme Aubry. "La politique est assez loin de son esprit. Le temps judiciaire n'est pas fini... Je pense que la possibilité, je dis bien la possibilité, de participer aux primaires s'il le souhaite doit être laissée", a assuré lundi 4 juillet Pierre Moscovici qui a décidé la semaine dernière de rallier François Hollande.
Sophie Landrin

Christine Lagarde arrive au FMI, la Grèce dans le viseur

La nouvelle directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, doit entrer dans le vif du sujet dès son arrivée à Washington, avec la Grèce à son ordre du jour très rapidement.

La Française a atterri dans la capitale américaine lundi, jour férié aux Etats-Unis (Fête nationale), avant de prendre ses fonctions mardi matin 5 juillet et de donner une conférence de presse mercredi à 9 h 30, heure locale (14 h 30, heure française).

"Un programme de travail chargé attend la nouvelle directrice générale du FMI", affirme le journal interne de l'institution, promettant à Mme Lagarde "de difficiles décisions stratégiques [...] pour promouvoir la reprise mondiale et régler la crise de la zone euro".
"SIGNES DE SURCHAUFFE"
"L'économie mondiale est toujours secouée par les incertitudes en Europe, les soulèvements au Moyen-Orient, les signes de surchauffe dans certaines économies de marché émergents en croissance rapide et par la hausse des prix des produits de base", observe encore l'institution.
Mais la crise économique grecque éclipse toutes les autres priorités. A court terme, le FMI doit réunir son conseil d'administration pour débloquer la cinquième tranche de son prêt de 30 milliards d'euros à Athènes. Elle devrait être de 3,3 milliards d'euros, selon le programme des versements établi à l'origine, en mai 2010.
A moyen terme, le FMI doit trouver un moyen de financer un Etat qui, contrairement aux prévisions initiales, devrait selon toute vraisemblance être incapable de retourner sur les marchés de la dette à long terme début 2012.
Dans cette crise grecque, Mme Lagarde passe pratiquement sans transition d'un côté de la table, celui de la zone euro, à un autre, celui du FMI. Devant le conseil d'administration le 23 juin, elle a promis qu'elle aurait vis-à-vis des pays de la zone la même rigueur qu'avec les autres Etats membres.

L'UMP veut tirer un trait sur les 35 heures

Le patronat est partant, à la condition expresse que les allégements de charges ne soient pas remis en cause. 

L'UMP a de la suite dans les idées. Après avoir déclenché en janvier une polémique interne à la majorité sur les 35 heures, le parti dirigé par Jean-François Copé persiste et signe en présentant mardi les grandes lignes de la réforme qu'il proposera à la fin de l'année au candidat - probablement Nicolas Sarkozy - qui portera ses couleurs lors de la présidentielle. Une «révolution», selon les dires du secrétaire général, qui passe par la suppression pure et simple de toute référence légale à la durée du travail.
«Les entreprises auront trois ans, à compter de 2012 si nous sommes élus, pour négocier la durée du travail qui leur conviendra, a expliqué dans Le Parisien Hervé Novelli, le numéro deux de l'UMP en prémices à la convention sur la refondation sociale qu'il animera mardi après-midi. On sait que d'un secteur à l'autre les besoins ne sont pas les mêmes, c'est donc logique qu'il revienne aux partenaires sociaux de régler ce problème. Si certains employeurs veulent rester aux 35 heures, ils le pourront.» Le législateur se bornera à fixer des limites plancher et plafond de temps du travail, les entreprises négociant au cas par cas avec les syndicats, via des accords de branche ou d'entreprise, leur durée effective.
Supprimé également, le dispositif de défiscalisation et d'exonération de charges des heures supplémentaires, transposition législative en 2007 du «travailler plus pour gagner plus» de campagne de Nicolas Sarkozy. «Les 35 heures n'existant plus à l'issue de ce nouveau processus, ce système n'aura plus lieu d'être», a encore confirmé Novelli. L'UMP suggère toutefois qu'il soit «maintenu jusqu'en 2014» pour permettre aux entreprises de franchir le cap.

Opposition catégorique des syndicats 

Cette «nouvelle donne» en matière de temps de travail, qui fait la part belle aux partenaires sociaux, ne sera toutefois pas simple à mettre en œuvre tant les résistances sont nombreuses. Xavier Bertrand - qui, par un hasard qu'il ne regrettera pas forcément, sera retenu au Sénat et n'assistera donc pas à la convention de son parti - reste ainsi opposé à tout détricotage supplémentaire de la durée du travail. «Les 35 heures à la sauce Aubry, imposées à tous, n'existent déjà plus, rappelle un proche du ministre du Travail. Les 35 heures ne constituent plus un plafond mais un plancher, car les entreprises peuvent y déroger depuis 2008 par accord d'entreprise.» Si la notion de durée légale disparaissait, les heures sup mourraient avec elles. Or les 9 millions de salariés qui en font gagnent à ce titre en moyenne 500 euros, sans charges ni impôt, rappelle le prédécesseur de Jean-François Copé à l'UMP.
L'opposition est tout aussi catégorique chez les syndicats. «Cette proposition participe à la déréglementation du marché du travail qui est en œuvre depuis plusieurs années, critique Didier Porte, de FO. Elle conduirait à une augmentation inéluctable de la durée du travail et aurait un impact sur la santé et le droit au repos des travailleurs.» Même fin de non-recevoir à la CFDT. «Si la loi ne définit pas de durée du travail hebdomadaire pour tous les salariés, il y aura d'énormes disparités, dénonce Marcel Grignard, son numéro deux. Il n'y a pas de raison que certains soient à 30 heures par semaine et d'autres à 40.»
Seul le Medef, qui réclame la fin de toute référence légale à la durée du travail depuis 2006, applaudit des deux mains. À la condition toutefois que cela ne remette pas en cause les allégements de charges liés aux 35 heures dont bénéficient les entreprises - 12 milliards par an, selon l'UMP - et ne renchérisse pas le coût du travail. «Tant que les courbes de productivité ne sont pas à la hausse, on ne peut pas se permettre une telle baisse de compétitivité», justifie un proche de Laurence Parisot. Même la promesse de maintenir pendant trois ans les exonérations pour «les entreprises vertueuses» ou de compenser le surcoût engendré par un transfert des cotisations familiales sur la TVA ou la CSG ne rassure pas les patrons.

Le commentaire politique de Christophe Barbier




Catiminique


Vous êtes né en 1955 et après ? Alors écoutez, si vous le voulez bien, ce petit conseil d’ami : oubliez un instant le buzz, les plaintes et les complaintes autour de DSK, pour vous intéresser à votre retraite. Car pendant que vous aviez l’esprit à New York, vous en avez pris pour quelques mois supplémentaires à travailler. Ce n’est pas encore, il est vrai, une décision officielle du gouvernement, juste un « avis technique » d’un comité d’experts… C’est joliment trouvé, le coup de l’avis technique. La semaine dernière, on enterrait les 60 ans, c’était démographique. Et là, ni vu ni connu, quelques mois de plus, on n’y peut rien — c’est technique ! Ce fut d’ailleurs le seul commentaire du gouvernement, hier :


la loi s’applique, c’est mécanique. Mais bon, vous n’êtes pas obligés d’écouter notre conseil, vous pouvez continuer de vous passionner pour la question du jour : DSK va-t-il prendre sa retraite ?

"À vos sous !

À quelle sauce serons-nous accommodés après la présidentielle de 2012 ? À celle de la rigueur. Sauf miracle conjoncturel, sauf dénouement heureux de la crise de l’euro, grâce à une nouvelle politique monétaire épongeant les dettes souveraines... Mais inutile de se faire des illusions.

Même si les programmes électoraux sont rarement appliqués, ils servent toujours de fil conducteur. Avec pour objectif de redresser la situation économique, de réduire le chômage, de donner plus de pouvoir d’achat et – surtout à gauche – d’instaurer davantage de justice sociale.

Les propositions socialistes, dans leurs grandes lignes, sont connues. Et déjà vivement critiquées dans la mesure où elles ne tiendraient pas compte des réalités européennes et de leur cadre rigide dans lequel la France doit se mouvoir. Par exemple, rien que le financement des 300 000 « emplois d’avenir » promis pose de sérieux problèmes.

Côté UMP, les premières pistes défrichées annoncent aussi de belles polémiques. Pour donner du punch aux entreprises créatrices d’emplois et de richesses, la « convention sur la refondation sociale » d’aujourd’hui vise les cotisations assises sur le travail. En effet, sur les 50 milliards de la « branche famille » du système social, environ 35 sont à la charge des entreprises, le reste étant couvert par une partie de la CSG. L’idée serait de transférer ces comptes, en totalité ou en partie, sur une CSG augmentée ou une « TVA sociale » qui ne dirait plus son nom. D’ailleurs, comme la suppression des 35 heures selon l’éternel leitmotiv de l’UMP, cette augmentation de la TVA figure dans tous les projets. Soit en réintroduisant une « TVA de luxe » à 33,33% sur certains achats (bijoux, voitures de grosse cylindrée...), soit en faisant grimper l’actuelle TVA réduite de 5,5% à 8% ou encore en instaurant une TVA généralisée passant de 19,6% à 23% et plus. Un « panachage » de ces différents taux n’est pas non plus à exclure...

Bref, l’argent doit rentrer d’une manière ou d’une autre... Face à l’incapacité – au manque de volonté politique, également – de réformer le système fiscal français en profondeur, le recours à l’impôt indirect, prétendu « indolore », reste la solution de facilité.

La gauche au pouvoir agirait-elle autrement ? En complément, elle appliquerait certainement d’autres mesures. Mais en complément, seulement, car les gouffres à combler sont énormes. Rappelons que la dette publique frise les 85% des richesses nationales produites et que sa charge se chiffre annuellement à 45 milliards, déjà la moitié du poste budgétaire de l’Enseignement. Or un point de TVA rapporte dans les 6 milliards. Le calcul est vite fait... D’ailleurs, une hausse a déjà été préconisée par la Cour des comptes dans sa comparaison des systèmes fiscaux français et allemand. Le but est toujours le même: rester à tout prix dans le sillage de l’Allemagne en rattrapant sa compétitivité.

Un paradoxe, pourtant : le gouvernement de la chancelière Merkel, malgré sa coûteuse réforme énergétique, vient de promettre des allégements fiscaux pour 2013. Comme par hasard, l’année des élections fédérales chez nos voisins...

Les défis de Christine Lagarde

Si le grand capitaine se révèle dans la tempête, on ne saurait tarder à jauger les capacités de navigation en haute mer de Christine Lagarde. Le sauvetage de la Grèce et de la zone euro constitue un test immédiat et radical pour la directrice du Fonds monétaire international, qui prend ses fonctions aujourd'hui.

Certes, la Grèce vient de franchir un nouvel écueil politique, mais le modèle du sauvetage « aides contre austérité », porté par le FMI, est au bout du rouleau. Son efficacité économique, comme sa pertinence sociale, se heurtent au mur d'une réalité rétive. La Grèce plonge dans une récession qui l'anémie et l'empêche de rebondir, alors que les Grecs supportent de plus en plus mal d'être quasiment les seuls à payer la note face à des politiques inconséquents et des banques à l'abri. Comment éviter l'effet Titanic et l'effet dominos qui seraient ravageurs pour l'économie mondiale ? Telle est la redoutable équation soumise à la patronne du FMI.

Trois autres dossiers déterminants interdisent à Christine Lagarde tout pilotage automatique.

Premier impératif : rééquilibrer les pouvoirs au sein du FMI. Une nécessité dans la redistribution des rôles et richesses de l'économie mondiale. Cet impératif ne peut être cependant apprécié à la seule aune du bon sens apparent. L'institution est tenue de refléter la montée en puissance des grands pays « émergents ». Elle ne doit pas leur donner les clés de la maison sans autre forme de procès. Il serait imprudent, aujourd'hui, de confier un magister mondial à des puissances montantes qui ne donnent pas toujours les gages d'un respect minimal des règlements de copropriété, sur les monnaies (Chine) ou le commerce (Inde) par exemple.

Seconde exigence : renforcer le rôle de gendarme. Les désordres monétaires font précisément trop de dégâts dans le commerce mondial pour que le FMI se contente de compter les coups. La régulation du système monétaire international reste, à la sortie de la crise, un défi majeur pour éviter la rechute. Elle implique une remise en cause délicate et hypothétique de son pivot, le roi dollar. Elle suppose donc un courage politique assez inédit quand on constate que les derniers sommets du G20 ont délibérément planqué le dossier sous le tapis, à la demande des États-Unis, avec l'assentiment d'une très large majorité de leurs « partenaires ».

Troisième nécessité : changer de siècle. Le rôle de pompier de service de l'économie libérale touche désormais ses limites. Il ne répond plus aux énormes besoins émergents d'une économie monde dont le centre de gravité se déplace vers l'Asie. Pas plus que la Société des Nations, remplacée par l'Onu, le FMI n'a vocation à être figé. Le renforcement de son autorité et de sa puissance de feu financière, depuis trois ans, n'est sans doute qu'une première étape vers une gouvernance mondiale redessinée. Et pourquoi pas vers une fusion du FMI et du G20, au nom du principe de réalité et d'efficacité ?

Tous ces défis s'annoncent comme autant de tests pour la nouvelle patronne. Dominique Strauss-Kahn avait su imprimer sa compétence et son autorité. Sûrement plus libérale, Christine Lagarde saura-t-elle imposer son style et sa marque, outre son excellente pratique de l'américain ? Au cabinet américain MacKenzie, elle présidait consensuellement. À Bercy, elle exécutait la politique de l'Élysée, docilement. Au FMI, il lui reste encore tout à prouver.

DSK pas candidat pour 2/3 des Français

Près de deux-tiers des Français (63%) pensent que DSK ne sera pas candidat à la primaire socialiste pour l'élection présidentielle et 54% ne le souhaitent pas, selon un sondage BVA à paraître mardi dans le Nouvel Observateur. "Compte tenu des derniers développements de l'affaire Dominique Strauss-Kahn et si aucune charge n'était retenue contre lui", 63% des français pensent qu'il ne sera pas candidat à la primaire (42% répondent "non pas du tout" et 21% "non plutôt pas").

Le "non" est majoritaire aussi parmi les sympathisants de gauche puisque 59% pensent qu'il ne sera pas candidat à la primaire (39% "non pas du tout" et 20% "non plutot pas"). En outre, 54% des Français ne souhaitent pas qu'il soit candidat à la primaire ("pas du tout" 42% et "plutôt pas" 12%).

Du côté des sympathisants de gauche, 50% souhaitent qu'il participe à la primaire (23% "Oui tout à fait" et 27% "oui plutot") contre 48% qui ne le souhaitent pas (13% "non plutot pas" et 35% "non pas du tout"). 2% ne se prononcent pas.

L'enquête a été réalisée par téléphone les 1er et 2 juillet, c'est-à-dire après la libération sur parole de DSK, auprès d'un échantillon de 860 personnes, représentatif de la population française agée de 18 ans et plus.