lundi 6 juin 2011
Vous avez vu comme c’est allé vite ?
Dominique Strauss-Kahn a déjà été remplacé sur la scène où, depuis trois ans, il était un acteur aussi incontournable qu’invisible, jouant du teasing dans l’ombre pour mieux se faire désirer dans la lumière. Trois semaines, seulement, se sont écoulées depuis son arrestation à New York et le PS est déjà passé à autre chose, poursuivant sa route dans la course vers 2012. Il y a bien eu quelques frustrations, c’est bien naturel, mais tout se passe comme si le duel annoncé entre Martine Aubry, François Hollande et Ségolène Royal avait été programmé depuis toujours, ravivant la routine des divisions éternelles du parti. La vie continue... Comme avant.
D’une certaine façon, c’est rassurant. La démocratie peut se passer d’un déterminisme électoral qui la mutile à coups de sondages répétitifs et de candidats élus à l’avance par les enquêtes d’opinion. La République, elle, s’amuse volontiers des conjugaisons médiatiques. DSK ? Il est passé du futur virtuel à l’imparfait politique.
Du côté de la présidentielle, c’est bien fini. L’ex-directeur du FMI ne reviendra plus jamais dans le jeu d’une façon ou d’une autre. Il a lui-même enterré les dernières illusions de son avenir institutionnel en adoptant un style de vie extravagant à Manhattan. Quelle France de gauche pourrait désormais s’identifier au loyer à 50 000 dollars à Tribeca, et tout le reste ? Ce faisant, l’ancien favori n’a pas vraiment rendu service à sa famille politique ni à l’image de la politique, en général. Mais s’en soucie-t-il vraiment à l’heure où il doit surtout défendre sa liberté, sinon son honneur perdu ?
Le cas DSK a glissé totalement dans la rubrique scandale et fait divers. C’est l’instruction d’un puissant face à une femme de chambre mystérieuse. Du super people livré en pâture au monde entier avec des avocats de stars dont on devine qu’ils sauront tout mettre en œuvre pour relaxer leur prestigieux client. De la matière à la O.J Simpson pour tabloïds américains qui traquent celui qu’ils appellent «The Perve» - le pervers - dans un de ces procès à grand spectacle où la virtuosité des défenseurs et leur mano a mano avec le procureur comptent parfois plus que les faits initiaux. Radios et télévisions françaises ont embrayé sans problème en mode sensationnaliste avec des «éditions spéciales» dans lesquelles, comme pour les précédentes, on passera les quatre cinquièmes du temps à attendre qu’il se passe enfin quelque chose. La recherche de la vérité ? Franchement, la saura-t-on jamais puisque ce sera la parole d’une personne contre celle d’une autre ?
L’affaire, au moins, aura eu un effet positif inattendu en mettant en accusation le sexisme d’un milieu politique français qui, si on en croit des voix féminines venues de tous les bancs, ne s’est jamais vraiment résolu à le combattre. Il n’est jamais trop tard pour faire le ménage.
Jill Abramson's achievement is historic but Times can't stay stuck in past
But can you find a little rain on this parade? Just a sprinkle. Abramson says the New York Times "was like a religion" when she was growing up. Call that Lethal Cathedral Syndrome. If the old grey lady of quality journalism is going to survive the next few decades it can't do it with one foot stuck in a glorious past. It has to be bold and – frankly – faster and less portentous off the mark. See what Murdoch has done to revive the Wall Street Journal by bringing in an outside editor bent on change, then wonder if Abramson, a 57-year-old insider at the Times, can work the same magic.
Good luck to her as she starts out on what, inevitably, will be a journey cut short by retirement. There are reasons all around to hope she succeeds. But sometimes the real enemies aren't out there competing; sometimes they're the burdens you inherit.
Here, for once, is a personal moment. Long ago, in the early 1970s, I was sent on a tour of American newspaper headquarters, charged with discovering digital nirvanas we could use in hot-metal-clanking Britain. And, along the way, I wandered into office heaven.
The heart of the Miami Herald stretched along the blue waters of Biscayne Bay. You didn't want to write stories there – just to look out of the great picture window. It was lush and lovely and languorously tropical (though the optical character reader they'd chosen was a bit of a nightmare).
But now? A cool $236m from a casino king buys the site. The Herald will have to shuffle off somewhere cheaper and nastier, to rooms without a view. "Both the company and its pension plan are better off as a result," says the group chief executive. And a great heart stops beating.
dimanche 5 juin 2011
Peut-être qu’avant l’automne, le «printemps arabe» deviendra une réalité dans toute la Libye. Peut-être les frappes des hélicoptères français et britanniques marquent-elles le tournant décisif, celui qui permettra aux anti-Kadhafi de reprendre leur marche vers Tripoli… Et bientôt l’OTAN pourra se congratuler pour son aide aux «démocrates» avec, au passage, quelques cocoricos français toujours bons à pousser en période électorale et des grognements de satisfaction chez le lion britannique. Après tout, Paris et Londres sont les moteurs de l’intervention en Libye, destinée, rappelons-le, à protéger les populations civiles des agissements de leur sanglant dictateur… autrefois reçu avec tous les honneurs et force embrassades.
Oui, mais en Syrie ? Aux ordres du clan Assad, l’armée tire sur la foule et les morts se compteraient déjà par milliers. Au Proche-Orient, les Européens se contentent de sanctions diplomatiques assorties de quelques mesures économiques qui semblent avoir été péniblement arrachées. Le terrain est vraiment trop brûlant pour l’Alliance et ses mentors américains ! Et puis aucune résolution de l’ONU n’autorise un engagement, Russes et Chinois s’opposant à tout texte en ce sens au Conseil de sécurité. Au grand soulagement des Occidentaux… Car la Syrie, au cœur de la poudrière du Moyen-Orient, c’est aussi le Hezbollah libanais et, dans une moindre mesure, le Hamas de Gaza. Avec en arrière-plan, les commanditaires de Téhéran. Or l’Iran est en proie aux dissensions internes, avec un président Ahmadinejad en perte de crédibilité et un guide suprême, l’ayatollah Khamenei, contesté à son tour. Donner aux Iraniens un prétexte de se ressouder autour de la Syrie serait politiquement absurde. Surtout en plein contentieux sur la politique nucléaire que mène la République des mollahs…
La bonne volonté occidentale reste très sélective, toujours dictée par la Realpolitik du moment. Elle ne manque pas de confusion non plus. Ainsi, la paralysie (surtout française) devant la «Révolution du jasmin» en Tunisie, puis devant les bouleversements en Égypte, n’est certainement pas étrangère à l’engagement en Libye. Après l’inaction, il fallait montrer de l’action. Non sans une certaine précipitation. Les stratèges et les décideurs politiques semblent avoir oublié qu’une guerre civile ou aérienne provoque d’immenses dommages collatéraux. Le plus important étant celui des réfugiés. Et rien sur le sol européen pour accueillir ces populations fuyant la guerre, qu’elles soient libyennes, africaines ou bangladaises ! Certes, un début d’organisation humanitaire fonctionne dans les zones «rebelles» mais les civils, y compris les enfants, ne sont pas à l’abri des tirs.
Le problème n’importe que peu dans les capitales de l’Alliance. La grande frousse européenne face à l’immigration, qui a déjà refoulé les Tunisiens, occulte aussi les horreurs les plus indicibles. Apprendre qu’on repêche des centaines de cadavres en mer après le naufrage d’un chalutier parti de Libye est ravalé au rang des faits divers, sans vraiment susciter d’émotions. De quoi avoir honte…
Frank Sinatra prenait 12 douches par jour
Le beau chanteur et danseur américain était connu pour ses talents de séduction, moins pour son obsession de l'hygiène. Et pourtant... «C'était le genre de type qui prenait jusqu'à 12 douches par jour», révèle en effet sa veuve, Barbara Sinatra, dans une interview à ABC News rapportée par le Daily News.
Dans ce livre, elle raconte le quotidien de son couple avec le chanteur, dans ses moments les plus complices comme les plus difficiles. «Grâce à lui je me sentais vraiment spéciale», raconte-t-elle à ABC, ajoutant qu'«il rendait chaque petite chose romantique».
Mais l'alcool faisait aussi partie de la routine de ces 22 ans de mariage. «Je ne voulais pas rester près de lui quand il buvait du gin», avoue Barbara Sinatra. «Le gin, je pense, le rendait méchant. Donc quand je sortais de ma chambre et que je voyais une bouteille de gin sur le bar, je faisais demi-tour, je retournais dans ma chambre, et verrouillais la porte, parce que je ne voulais pas avoir affaire avec ça.»
« J'ai reçu des SMS graveleux de DSK »
Isabella Lenarduzzi, spécialiste de la communication, confie au Soir qu'elle a reçu une série de SMS graveleux de la part d'un certain DSK.
Isabella Lenarduzzi est une spécialiste de la communication. Organisatrice d'événements depuis vingt ans, elle a entamé sa carrière avec le Salon de l'étudiant. Depuis 2006, elle dirige la société Jump, centrée sur la vie professionnelle des femmes. « Au départ, j'avais vraiment intégré le comportement machiste, reconnaît-elle. Comme beaucoup de femmes, je le reproduisais sans en être vraiment consciente, sans me rendre compte que cela limitait ma confiance en moi. Sans percevoir aussi que cela avait un impact sur mes choix et sur la façon dont ils étaient considérés à l'extérieur. Depuis que je suis ado, j'ai compris que les hommes font des catégories de filles entre les “baisables” et les “non baisables”. Moi, évidemment, j'avais envie d'être dans la première catégorie. Dans ma carrière professionnelle, je me suis rendu compte qu'il y avait une autre catégorisation entre “mal baisées” et “putes”. Il y avait peu de femmes à de hauts niveaux de pouvoir dans les années 1980. Je me trouvais parmi des hommes et quand ils parlaient de la sorte, soit je ne réagissais pas, soit j'allais dans leur sens. Jusqu'à ce que je comprenne que j'avais moi-même intégré des éléments sexistes ! »
Depuis cette prise de conscience, elle a compris la nécessité de valoriser les femmes dans les milieux de l'entreprise. « Je me suis dit que j'avais un travail à faire sur moi-même pour récupérer la valorisation du féminin que j'ai en moi. Et à le partager. Parce que le féminin est considéré comme inférieur. Chaque fois que l'on a un comportement moins compétitif mais plus collaboratif, par exemple. Ou chaque fois qu'il y a de l'empathie. » Encore maintenant, dit-elle, « le fait que je sois une femme et que je fasse des affaires différemment, cela dérange. Ma légitimité n'est pas encore complètement reconnue. Cela fait partie de l'inconscient des hommes ». Cela passe par des réflexions « primaires, ahurissantes de médiocrité ». Du style ? « Des remarques à connotations sexuelles comme “tu sais bien que nous ne sommes pas contre les femmes, nous sommes tout contre elles”. Et c'est encore la plus douce ! » Cela peut mener à des comportements proches de la « violence sexuelle », ajoute-t-elle. « On engage ou on garde une jeune employée avec l'espoir que quelque chose finira bien par se passer. »
« En tant qu'Italienne, prolonge-t-elle, j'adore séduire, et j'adore être séduite. C'est du plaisir, c'est de la légèreté. Même dans la vie professionnelle, c'est agréable de pouvoir se servir de cette arme-là aussi. C'est ce qui me permet d'avoir accès à des tas personnalités de pouvoir. Mais je me rends compte que ce faisant, je peux ouvrir une porte. Si cela reste dans les limites de la flatterie, c'est bien. Mais si cela va plus loin… »
Le résultat, ce sont souvent des propositions déplacées, exprimées oralement. « Les pires, ce sont les milieux politiques et académiques, comme s'il y avait là une forme d'omertà. » Isabella Lenarduzzi reconnaît par exemple avoir reçu une série de SMS d'un certain… Dominique Strauss-Kahn. « C'était une vraie forme de harcèlement avec des SMS vraiment graveleux. Au bout de quelques semaines sans réponses, il a arrêté. Mais cela prouve à quel point il devait être obnubilé par ses pulsions… Cela ne prouve pas qu'il soit coupable, bien sûr, mais il a un environnement de culpabilité. »
Si l'affaire DSK, précisément, délie les langues, ce doit être une occasion de changer les choses. « L'Europe doit garder une certaine légèreté dans ses rapports entre hommes et femmes, conclut-elle. Mais il faut vraiment mettre des limites, prévoir de vraies sanctions. Et se rendre compte que le sexisme, le machisme se situent dans un ensemble de comportements parfois négligés. »
Déjeuners secrets avec la presse : l’autre scandale de l’affaire DSK ?
Un travail de désinformation ?
Grèce: modeste mobilisation contre l'austérité
Les syndicats peinent à mobiliser après neuf grèves générales qui n'ont pas empêché les mesures d'austérité, et alors que le pays est plongé dans une profonde récession. En revanche, un mouvement spontané "d'Indignés", qui échappe à l'encadrement des partis et syndicats, relayé par internet, rassemble chaque soir depuis une douzaine de jours des foules de gens sur la place Syntagma (de la Constitution), juste devant le Parlement grec.
Aide supplémentaire?
La Grèce devrait recevoir cet été le cinquième versement partiel issu du plan de sauvetage international de 110 milliards d'euros arrêté en mai 2010: les inspecteurs de la "troïka" composée de l'Union européenne, du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne ont salué vendredi les "progrès significatifs" accomplis par Athènes après avoir sondé ses finances publiques pendant près d'un mois.Les autorités grecques pourraient même bénéficier d'une aide financière supplémentaire de la part de leurs partenaires de la zone euro. "Je m'attends à ce que l'Eurogroupe s'entende pour qu'un financement supplémentaire soit fourni à la Grèce" à de "strictes" conditions, a déclaré vendredi Jean-Claude Juncker.
Le Premier ministre luxembourgeois, par ailleurs chef de file des 17 ministres des Finances de la zone euro, l'Eurogroupe, a également laissé entendre que le secteur privé pourrait être appelé à apporter sa contribution "sur la base du volontariat". Les Etats membres de la zone euro ont entamé des discussions pour étudier l'idée de demander à des créanciers privés de donner plus de temps à la Grèce afin qu'elle rembourse ses obligations ou en achète de nouvelles.
Déjà 53 milliards reçus
La Grèce a jusqu'à présent reçu 53 milliards d'euros issus du plan de sauvetage de 110 milliards d'euros. D'après la troïka, les nouveaux fonds, représentant 12 milliards d'euros, devraient vraisemblablement être disponibles début juillet.Précisant de son côté que l'inspection de la "troïka" s'était achevée de "façon positive", le ministère grec des Finances a souligné qu'avaient été évoqués le programme de privatisation visant à lever 50 milliards d'euros d'ici fin 2015 et les nouvelles mesures destinées à atteindre l'objectif de réduction du déficit et des réformes structurelles de l'économie grecque.
En mai, le ministre des Finances Georges Papaconstantinou a annoncé un plan d'austérité pour 2011 représentant environ 6,4 milliards d'euros, afin de porter le déficit à 7,5% du Produit intérieur brut, contre 10,5% en 2010.
Les Européens du sud travaillent plus et plus longtemps que les Allemands
Les Européens du sud travaillent beaucoup plus et parfois plus longtemps que les Allemands, selon une étude qui, statistiques à l'appui, bat en brèche de récents propos d'Angela Merkel fustigeant en pleine crise de la dette un laxisme social de la Grèce, de l'Espagne et du Portugal.
"Les Allemands travaillent beaucoup moins (sur l'année, sur leur vie) que les Européens du sud. Ils ne travaillent pas non plus plus intensément", écrit Patrick Artus, chef économiste de la banque française Natixis et rédacteur de cette étude qui s'appuie notamment sur des chiffres de l'OCDE et d'Eurostat.
La durée annuelle moyenne du travail d'un Allemand (1.390 heures) est ainsi beaucoup plus faible que celle d'un Grec (2.119 heures), d'un Italien (1.773 heures), d'un Portugais (1.719 heures), d'un Espagnol (1.654 heures) ou d'un Français (1.554 heures), attestent les chiffres publiés en 2010 par l'OCDE.
"La performance de productivité par tête de l'Allemagne est dans la moyenne des pays du sud, celle de la productivité horaire est au-dessus de la moyenne mais pas meilleure que celle de la France ou de la Grèce", précise également Natixis.
Si l'âge légal de départ à la retraite est plus tardif outre-Rhin (65 ans actuellement, 67 ans dans le futur), les Portugais et les Espagnols travaillent de facto plus longtemps, avec un âge effectif moyen de départ en retraite de 62,6 et 62,3 ans, contre 62,2 ans pour les Allemands.
Les Grecs ne sont pas loin derrière (61,5 ans) et la réforme des retraites adoptée au printemps 2010 par Athènes, qui a porté l'âge légal de départ de 60 à 65 ans, vise à faire passer l'âge moyen à 63,5 ans d'ici 2015.
Seuls les Français (60 ans) et les Italiens (60,1 ans) partent actuellement en retraite deux ans plus tôt en moyenne que les Allemands, souligne encore l'étude, datée du 30 mai.
Mi-mai, la chancelière allemande Angela Merkel a fustigé les vacances et les systèmes de retraite des pays d'Europe du Sud, qu'elle juge bien trop généreux.
"Il faudrait que dans des pays comme la Grèce, l'Espagne, le Portugal, on ne parte pas à la retraite plus tôt qu'en Allemagne, que tous fassent un peu les mêmes efforts, c'est important", avait dit Mme Merkel.
"Angela Merkel ne montre pas les vrais problèmes des pays du sud de la zone euro", estime le chef économiste de Natixis.
La performance économique de l'Allemagne est due, selon M. Artus, à son effort d'innovation et de spécialisation dans l'industrie haut de gamme, à l'épargne élevée de son secteur privé et à sa main d'oeuvre très qualifiée par rapport à ses voisins du sud.
Berlin dépense par exemple plus que l'Espagne et le Portugal réunis dans la recherche: 2,82% de son produit intérieur brut (PIB), contre 1,38% à Madrid et 1,38% à Lisbonne. Les résultats ne se font d'ailleurs pas attendre: l'Allemagne dépose 70 fois plus de brevets que l'Espagne, le Portugal et la Grèce réunis.
Les entreprises et les ménages allemands épargnent en outre plus que ceux des pays du sud de la zone euro, ce qui explique les excédents extérieurs de Berlin, relève également l'enquête de Natixis.
La zone Euro au bord de la panique
L'impasse
Un ministre des Finances européen ?
Manifestation à Athènes contre les plans d'austérité
Un millier de Grecs ont manifesté samedi dans le centre d'Athènes à l'appel des principaux syndicats, pour protester contre les nouvelles mesures d'austérité prises par le gouvernement afin d'assainir ses finances publiques.
En dépit des appels à une mobilisation massive, les manifestants étaient environ un millier à défiler sans incident samedi dans le centre de la capitale grecque, derrière une banderole proclamant "nous résistons". Il s'agissait en majorité de salariés de la compagnie électrique publique PPC, d'employés du port et d'enseignants.
Les autorités grecques pourraient même bénéficier d'une aide financière supplémentaire de la part de leurs partenaires de la zone euro. "Je m'attends à ce que l'Eurogroupe s'entende pour qu'un financement supplémentaire soit fourni à la Grèce" à de "strictes" conditions, a déclaré vendredi Jean-Claude Juncker.
Le Premier ministre luxembourgeois, par ailleurs chef de file des 17 ministres des Finances de la zone euro, l'Eurogroupe, a également laissé entendre que le secteur privé pourrait être appelé à apporter sa contribution "sur la base du volontariat". Les Etats membres de la zone euro ont entamé des discussions pour étudier l'idée de demander à des créanciers privés de donner plus de temps à la Grèce afin qu'elle rembourse ses obligations ou en achète de nouvelles.
La Grèce a jusqu'à présent reçu 53 milliards d'euros issus du plan de sauvetage de 110 milliards d'euros. D'après la troïka, les nouveaux fonds, représentant 12 milliards d'euros, devraient vraisemblablement être disponibles début juillet.
Précisant de son côté que l'inspection de la "troïka" s'était achevée de "façon positive", le ministère grec des Finances a souligné qu'avaient été évoqués le programme de privatisation visant à lever 50 milliards d'euros d'ici fin 2015 et les nouvelles mesures destinées à atteindre l'objectif de réduction du déficit et des réformes structurelles de l'économie grecque.
En mai, le ministre des Finances Georges Papaconstantinou a annoncé un plan d'austérité pour 2011 représentant environ 6,4 milliards d'euros, afin de porter le déficit à 7,5% du Produit intérieur brut, contre 10,5% en 2010. AP
La Grèce au défi de tenir ses promesses
La Grèce s'est vue promettre vendredi une nouvelle aide financière de ses créanciers, pour lui éviter la banqueroute et la sortie de l'Union monétaire, en plus du prêt de 110 milliards d'euros déjà octroyé il y a un an. En contrepartie, le gouvernement socialiste de Georges Papandreou s'est engagé à renforcer encore l'austérité afin de réduire le déficit public du pays et accélérer les privatisations pour combler la dette de 340 milliards d'euros.
Son plan prévoit 6,4 milliards d'euros d'économies supplémentaires en 2011 et 22 milliards d'ici 2015, via des coupes dans la fonction publique, certaines pensions, des hausses d'impôts et de TVA.
Samedi, les syndicats avaient appelé à une manifestation à Athènes pour protester contre une "barbarie anti-sociale", qui va s'ajouter aux drastiques mesures d'économies prises en 2010 et ayant permis de réduire le déficit de 5 points de PIB en une seule année.
Mais les syndicats peinent à mobiliser après neuf grèves générales qui n'ont conduit qu'à plus d'austérité, et alors que le pays est plongé dans une profonde récession.
A peine un millier de personnes ont défilé samedi.
En revanche, un mouvement spontané "d'Indignés", qui échappe à l'encadrement des partis et syndicats, relayé par internet, rassemble chaque soir depuis une douzaine de jours des foules de gens sur la place Syntagma (de la Constitution), juste devant le Parlement grec.
La Belgique contre une restructuration de la dette grecque
Le ministre belge des Finances Didier Reynders a appelé samedi "à ne pas lever le tabou de la restructuration" de la dette de la Grèce ou d'autres pays de la zone euro pour éviter d'envoyer des signaux négatifs sur la santé de l'ensemble de l'Union monétaire.
"Lever ce tabou, c'est finalement se dire que la zone euro pourrait être réellement en difficulté", a expliqué Didier Reynders sur France 24, se présentant comme un "ardent défenseur" de la devise européenne face aux "gens dans le monde qui n'ont pas envie de voir la zone euro se développer ".
"Il faut arrêter, comme je l'entends pratiquement tous les jours, de laisser courir des bruits sur la sortie d'un pays (de la zone euro), sur la restructuration de la dette", a martelé le ministre, à la tête des finances belges depuis 1999.
Le scénario de la restructuration a été jusqu'ici rejeté par l'Union européenne, dont plusieurs dirigeants ont toutefois ouvert la porte à une restructuration "douce" consistant à un rééchelonnement de la dette grecque.
Pour M. Reynders, "la Grèce, comme le Portugal ou l'Irlande, doit faire des efforts importants". Mais, a-t-il nuancé, "il ne faut pas espérer que le pays meurt guéri. On ne doit pas le pousser tellement loin dans des efforts socialement inacceptables, et même économiquement peu performants parce que ça va ruiner la croissance, que le pays n'arrive pas à redémarrer".
Pour remédier à un tel risque, il a plaidé, à côté des "prêts" aux pays en difficulté, pour l'émission à terme "de véritables obligations européennes" à l'image de ce font les Etats-Unis. Cette "solution européenne montrerait une unicité de la zone euro", a-t-il estimé.
samedi 4 juin 2011
Et 60 milliards d’euros de plus pour la Grèce, en plus des 110 déjà consentis l’an dernier ! Que de générosité ! Mais en apparence seulement ! Car il s’agit moins de voler au secours de la Grèce, incapable, d’honorer ses échéances que de sauver la zone euro. Pour éviter la restructuration des dettes qu’Athènes accumule depuis des lustres, une restructuration où les banques laisseraient des plumes en faisant douter la finance internationale du sérieux de la monnaie unique.
Mais ce calcul est hypocrite puisque cette restructuration court déjà : les titres grecs publics ou privés dégringolent jour après jour et sans la Banque centrale de Francfort qui prête sur des garanties pour le moins douteuses tous les établissements financiers de la péninsule hellène seraient en manque de liquidités. Avec des conséquences désastreuses pour l’économie et la vie quotidienne… Or ce que la BCE peut encore faire pour Athènes, le pourra-t-elle demain si une grande économie de l’Euroland devait solliciter les mêmes services et au même niveau ? Certainement pas. Voilà pourquoi Jean-Claude Trichet, gouverneur de la BCE jusqu’à l’automne, plaide désormais pour la création d’un poste de ministre des finances européen. Une fonction à pourvoir de toute urgence, à condition qu’elle ne soit pas une technocratie inhumaine de plus mais qu’elle travaille sous un véritable contrôle démocratique.
D’ailleurs, ce «ministère européen des finances» existe déjà virtuellement, et sans le moindre mandat. Du moins pour les Grecs et, dans une certaine mesure, pour les Portugais appelés à désigner dimanche le parti qui leur fera boire la potion amère présentée par l’Europe et le FMI…
Plus encore que Lisbonne, Athènes vit sous tutelle. Incapable, faute de crédibilité, d’emprunter le moindre liard sur les marchés, la Grèce a perdu sa souveraineté et doit exécuter à la lettre les conditions européennes avec ses plans de rigueur répétitifs et ses programmes de privatisation forcée… La colère de la population est aisément compréhensible, avec l’impression de vivre sous occupation étrangère. L’Europe n’est plus perçue comme le paradis, plutôt comme l’enfer. Et nul ne sait où aboutira cette indignation. À force de vouloir rétablir les comptes, plus pour la stabilité de l’euro que pour le bonheur des Grecs, un bien plus précieux risque de pâtir de cet acharnement : la démocratie. Apparemment, peu importe que le malade meure, pourvu qu’il meure guéri et n’entraîne pas la monnaie unique dans son trépas !
Certes, en raison d’un passé dispendieux et de l’incurie de tous ses gouvernements, la Grèce a mérité une certaine forme de tutelle, du moins pour ne pas sortir de la zone euro. Mais une tutelle sous un vrai gouvernement économique européen, valable tant pour Athènes que pour toutes les capitales de la zone euro. Sans gouvernance unique et supranationale pour une monnaie unique gérée par une BCE déjà supranationale, l’euro ne sera jamais à l’abri des crises internes et des tourmentes qui soufflent de l’extérieur. Et en ce moment, de nouveaux nuages noirs s’accumulent. Comme en 2008, ils pourraient annoncer la tempête : les marchés doutent maintenant du plus grand débiteur du monde, les États-Unis…
La Grèce bénéficie d'une nouvelle aide de 60 milliards
Les banques privées apporteront leur contribution sur une base volontaire au second plan de sauvetage évalué entre 60 et 65 milliards d'euros. La part de la zone euro sera de 20 milliards, celle du FMI de 10 milliards.
Les détails du nouveau plan de soutien à la Grèce n'ont pas été dévoilés, mais les grandes lignes en sont connues. La moitié de l'enveloppe proviendra de nouveaux prêts de la zone euro (20 milliards) et du FMI (10 milliards). Un quart de l'effort incombera à la Grèce. Le reste sera à la charge du secteur privé, «sur une base volontaire», a précisé vendredi Jean-Claude Juncker.
En clair, les banques devront, comme le demandait l'Allemagne, s'engager à maintenir leur exposition à la dette du pays, vraisemblablement en rachetant des titres à la maturité de leurs prêts. L'effort financier demandé au secteur privé ne sera pas mineur. Il devrait être de l'ordre de 15 à 20 milliards d'euros, d'après des sources européennes.
De nouveaux sacrifices attendus en Grèce
«Sur cette base, il est évident qu'il n'y aura pas de sortie de la Grèce de la zone euro, qu'il n'y aura pas de défaut», a assuré le patron de l'Eurogroupe. Vendredi, les marchés ont salué la nouvelle : les rendements des obligations grecques étaient en net recul, la Bourse d'Athènes a battu des records, à plus de 4,42 %, dans l'après-midi, alors que l'euro grimpait à 1,46 dollar, au plus haut depuis le début de l'année.Les financiers, pourtant, restent prudents, notamment sur l'implication à marche forcée des banques. «On voit mal quel genre d'incitation pourrait persuader les investisseurs d'acheter de la dette grecque à long terme à un taux d'intérêt proche de ce que la Grèce elle-même n'accepte pas», soulignent les analystes de Capital Economics. Vendredi, Jean-Claude Juncker a assuré que la Grèce était prête à créer un fonds de privatisation, ce qui devrait donner aux prêteurs des assurances sur les collatéraux.
Côté grec, la contrepartie au nouveau plan de sauvetage est loin d'être indolore. L'État s'est engagé à économiser 6,4 milliards d'euros en plus d'ici à fin 2011. Ces nouveaux sacrifices prévoient, entre autres, une plus grande réduction des effectifs dans la fonction publique, des coupes sur les salaires, le durcissement de la lutte contre la fraude fiscale, l'augmentation de la TVA de 13 à 23 %.
Si le gouvernement respire, l'opinion publique, elle, continue de crier son désespoir. «Un nouveau prêt signifie plus de rigueur» reprend Yannis Panagopoulos, le président du syndicat du privé (GSEE ). «On vend le patrimoine du pays et on saigne le peuple, c'est un crime. Et ceci n'est que le début. Les conséquences seront terribles » s'emporte-t-il. Plusieurs milliers de personnes sont attendues dans les rues d'Athènes samedi.
Les maladies changent, les erreurs restent
A chaque fois, on assiste à peu près au même phénomène. Un effet de panique se produit, le commerce ou la circulation des marchandises s’interrompent, l’activité économique se contracte, la tension monte. Jusqu’à présent, en définitive, les conséquences redoutées sont toujours restées en deçà des anticipations dramatiques. Nous recommençons alors à nous bercer de l’illusion selon laquelle les produits alimentaires ne présentent pas de danger, que les maladies peuvent être combattues par des médicaments et que les calamités frappent surtout les autres. Cette fois aussi?
Jusqu’à présent, on peut seulement conclure que les conséquences économiques n’ont aucun rapport avec le danger avéré. La bactérie peut tuer mais, sur les centaines de cas de maladie attestés, le nombre de morts s’est limité à dix-huit. Ce sont dix-huit morts extrêmement regrettables, mais il n’y en a que dix-huit, un pourcentage minime par rapport au nombre d'Allemands et aux personnes en visite en Allemagne, qui en une semaine meurent d’autres causes.
Communication à courte vue
Ce n’est pas une raison pour mettre tout un continent en ébullition. Et rien ne semble indiquer pour l’heure que tous ces patients aient été eux-mêmes contagieux. Ce n’est tout de même pas la peste, il faut le souligner. Il est déplorable que les réflexes primaires se manifestent à une telle vitesse.En des temps où, structurellement, les prix des produits alimentaires augmentent en flèche, nous ne trouvons rien de mieux que de jeter ces produits sur la route, de les transformer en aliments pour le bétail ou de les laisser pourrir dans les champs, simplement parce que personne n’en veut plus. On peut regretter une telle réaction de la part de la Russie [qui a suspendu les importations de légumes européens] et d’autres acheteurs éloignés, même si l’on pouvait s’y attendre. Mais il est inquiétant que cela engendre aussitôt en Europe, une fois de plus, un morcellement total.
Nous l’avons constaté lors de la crise bancaire, nous l’avons constaté lors de la crise financière en Grèce, nous en serons témoin lorsque bientôt la règle du chacun pour soi règnera sur le marché de l’énergie et nous le remarquons encore une fois face à cette hystérie alimentaire. L’Europe, qui doit ouvrir et maintenir ouvertes ses frontières, les regarde avec impuissance se fermer, du fait d’une communication à courte vue, et se déclencher un désastre économique disproportionné.
Il y a une lueur d’espoir. Les scientifiques collaborent au niveau international pour donner rapidement des éclaircissements sur la contamination et les moyens d’y remédier. La mondialisation, qui a une fois encore illustré ses faiblesses avec cette crise alimentaire a aussi des atouts. La mobilisation des connaissances partout dans le monde peut permettre de trouver rapidement des solutions. Va-t-on cette fois tirer les enseignements de ce qui s’est passé? Cette crise aussi sera suivie d’autres crises. Reste à savoir où et quand.
Vu de Madrid
Bruxelles et Berlin doivent assumer leurs erreurs
Dans son éditorial, le quotidien souligne que le système européen d'alerte alimentaire a été "un échec retentissant", incapable d'empêcher la propagation de la bactérie et provoquant "des dégâts incalculables pour l'image de l'agriculture espagnole". "La Commission européenne et le gouvernement allemand doivent assumer la responsabilité de leurs erreurs", estime ABC.
Mais dans les colonnes du même journal, l'editorialiste Hermann Tertsch rappelle qu'"il ne faut pas oublier que les principaux sinistrés sont les morts". Le journaliste critique la réaction "d'un gouvernement [espagnol] irrité parce que l'Allemagne met en évidence ses échecs" et "les 1 000 voix qui se sont mises à insulter notre principal allié en Europe", tout en espérant que "les médias sensationnalistes allemands ne réponderont pas à autant de sottises anti-allemandes."



















