TOUT EST DIT

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samedi 17 avril 2010

Scientifiques en ébullition

Le Centre d'observation des cendres volcaniques (VAAC, Volcanic Ash Advisory Center) de Toulouse est en ébullition : depuis mercredi, les prévisionnistes informent en temps réel l'aviation civile de l'évolution du nuage de cendres générés par le volcan islandais en éruption. La décision de fermer une vingtaine d'aéroports en France a été prise sur la base des analyses de spécialistes de Météo-France à Toulouse. Pour cela, ils examinent 24 heures sur 24 les images du satellite géostationnaire Meteosat. Le volcan Eyjafjallajökull relève de la compétence du VAAC de Londres qui fournit les informations sur le suivi des cendres volcaniques à Toulouse, qui couvre pour sa part l'Europe continentale, le Moyen-Orient, l'Afrique jusqu'au Piton de la Fournaise sur l'Ile de la Réunion. Etablir des prévisions pour les cendres volcaniques est un exercice difficile car la quantité de cendres émise par le volcan n'est pas connue. La tâche est compliquée car une perturbation atmosphérique se mêle aux nuages de cendres.

Les éruptions


EN 79 APRÈS JC, l'éruption du Vésuve a détruit Pompéi et Herculanum.
EN 1883, l'explosion du Krakatoa en Indonésie, est considérée comme le plus grand phénomène terrestre jamais observé. L'éruption, accompagnée d'un gigantesque tsunami, a fait plus de 36 000 morts.
EN MAI 1980, le Mont St. Helens aux Etats-Unis (N-O), entre en éruption faisant 57 morts. Des explosions et des tremblements de terre font s'écrouler le flanc nord du volcan.
EN NOVEMBRE 1985, en Colombie, des coulées de boue dévastent la ville d'Armero (25 000 morts), après l'éruption du Nevado del Ruiz.
EN JUIN 1991, aux Philippines, le réveil du Pinabuto fait plus de 800 morts, des dizaines de milliers d'hectares sont sinistrés, plus d'un million de personnes déplacées.
EN DÉCEMBRE 1991, a commencé pour l'Etna (Sicile) une des éruptions majeures des trois derniers siècles, par la durée (473 jours jusqu'au 1er avril 1993), la distance parcourue par la lave et sa quantité (plus de 250 M de m³).
EN AOUT 1997, Plymouth, la capitale de la petite colonie britannique de Montserrat, dans les Caraïbes, est rayée de la carte, suite à l'éruption de La Soufrière, un volcan toujours en éruption.
EN JANVIER 2002, l'éruption du volcan Nyiragongo qui surplombe Goma (République démocratique du Congo), a détruit le centre-ville ainsi que plusieurs quartiers résidentiels et une partie des infrastructures a été carbonisée.

Un jour sans ailes


L'avion a disparu et nous sommes perdus.
Hier fut une nouvelle. Celle qui raconte le mauvais tour d'un drôle de nuage, facétieux et maléfique, jouant avec les nerfs de ces fragiles Terriens, désorientés comme des fourmis qu'on aurait détournées de leurs itinéraires rituels. Et nous, tout étonnés, de regarder ce désordre imprévisible et soudain, déclenché 6 000 mètres sous les volutes du monstre islandais.
Par quelque sortilège, Antoine de Saint-Exupéry aurait pu, d'un souffle, déposer son Petit Prince sur une planète agitée par l'incompréhensible. Incrédule, le petit ange lui aurait demandé pourquoi, diable, il lui dessinait un mouton tout gris avec de la cendre dans la laine. Avide et curieux, il aurait voulu comprendre comment un seul volcan - et très gros et très puissant, d'accord - d'une île de l'Atlantique s'était débrouillé pour désorganiser de la sorte tout un continent. Et même au-delà, jusqu'à la lointaine Chine... Un tel désordre défiait la raison dans un siècle où un seul petit clic suffisait, parfois, à contrôler le cours des choses.
Les hommes semblaient surpris. Paralysés ? Plus que ça ! Pétrifiés parce qu'ils ne pouvaient plus voler. Le Petit Prince aurait trouvé l'idée jolie. Après tout, c'est un peu de liberté qu'on leur avait prise : elle méritait bien toute cette effervescence. Les voir, comme ça, tout démunis, cela les rendait infiniment sympathiques. Pour une fois, ils étaient égaux devant une infortune qui les dépassait. Il aurait souri, aussi, en imaginant les dirigeants les plus puissants du monde confisqués d'aéronefs, impuissants à forcer la voie des airs. Un peu d'humilité devant l'inattendu les ramènerait-ils sur la terre ferme ? Il ne fallait pas trop rêver tout de même, hein Antoine...
Et puis, il aurait été un peu triste aussi en écoutant toutes ces histoires petites et grandes, de rendez-vous ratés, de vacances gâchées, d'affaires compromises. Toutes ces déceptions devant le coup du sort. Toute cette humanité-là, on ne pouvait la résumer à un petit sanglot d'un bout de monde privilégié qui pouvait bien assumer sa petite part de contrariétés. Mais ce n'était pas si simple. La détresse n'a pas besoin d'être tragique et spectaculaire pour être ce qu'elle est. Le deuil ordinaire d'un moment volé, d'un instant de bonheur enfui.
Et puis il eut une inquiétude quand la nuit de ce jour sans ailes vint. Il se disait bien que ce n'était pas si grave, mais il se demandait : que feraient-ils tous ces gens désemparés quand ils n'auraient plus rien à mettre dans les réservoirs de leurs géants d'aluminium ? Et il préféra penser qu'ils auraient alors beaucoup d'imagination...

La bombe a explosé


La bombe a déjà éclaté ! La bombe, c'est le déficit du système des retraites, annoncé depuis longtemps. Le découvert est passé en deux ans de 10 milliards à 30 milliards d'euros. Si l'on continue à ce rythme, les besoins de financement seront de 75 à 100 milliards d'euros en 2050. Cela paraît très loin, mais si l'on s'en tient simplement à 2015, c'est-à-dire à cinq ans d'ici, le déficit sera de 40 milliards. Pourquoi ? Parce que nous avons la chance de vivre plus longtemps que jamais dans l'histoire de l'humanité. Ainsi, l'espérance de vie des Français, en 1950, était de 66 ans. En 2010, elle est de 81 ans. Ce phénomène engendre des retraités en plus grand nombre et de plus grande longévité. Mais, par ailleurs, et c'est la deuxième cause, nous avons la « malchance » (?) de subir la crise qui, accroissant le chômage, entraîne la diminution des cotisations et a rapproché de quinze ans les échéances.

Tout cela, nous le savons avec encore plus de précisions, depuis la publication, cette semaine, du rapport du Conseil d'organisation des retraites, le Cor. Il s'agit d'un groupe d'experts qui, sans se préoccuper des opinions diverses, analysent la situation froidement, lucidement, comme des experts honnêtes et compétents savent le faire.

Les données sont incontestables car, s'il est un domaine où l'on peut prévoir avec certitude, c'est bien celui de la démographie. On sait que le nombre des naissances d'aujourd'hui fera le nombre des travailleurs et des retraités de demain. On connaît le nombre de cotisants aux caisses de retraites. Aujourd'hui, pour 10 retraités, ils sont 18. Demain, ils ne seront plus que 12. Comment compenser l'apport perdu des 6 cotisants qui vont manquer ? Tel est le problème qu'il faut résoudre si l'on veut éviter l'effondrement des prestations de retraites dans les proches années.

Le système devient déficitaire non par suite d'une mauvaise gestion, mais à cause de l'évolution démographique de notre société. Cependant, politiques, patrons, syndicats et nous tous, nous serons responsables de la misère de nos retraités si l'on ne fait pas ce qu'il faut pour sortir de la catastrophe financière qu'est devenu le système public des pensions. Depuis le temps qu'on en parle, il est devenu urgent de définir, puis de décider les réformes, et d'arrêter le calendrier de leur progressive application.

Non à la démagogieoui à la solidarité

La démagogie n'a pas sa place ici. La vérité dure à entendre doit être dite : il faudra recourir à toutes les possibilités, jouer sur tous les tableaux pour rétablir l'équilibre, c'est-à-dire pour continuer à verser des retraites dignes de ce nom. Il faudra uniformiser les systèmes sans oublier l'équité entre le public et le privé, les hommes et les femmes. Il faudra tenir compte de la pénibilité du travail, augmenter des impôts, relever des cotisations, revoir même certaines exonérations bénéficiant aux retraités pour que les actifs cessent de supporter cette triste injustice : « Payer toujours plus cher les honnêtes pensions de leurs parents, voir s'éroder leur retraite future et n'en tirer de contrepartie, ni en emplois ni en salaires. » (1).

Comme le font les citoyens de nombreux pays européens, il faudra aussi travailler plus longtemps dans l'année et plus d'années dans une vie. Ainsi, si l'on voulait rétablir l'équilibre en dix ans, ce n'est pas de deux ans qu'il faudrait décaler l'âge effectif de départ à la retraite, mais de cinq ans.

La tâche est considérable et la réforme difficile. On le voit, il ne s'agit pas d'une question de droite ou de gauche, de patrons ou d'employés, de syndiqués ou de non syndiqués, de responsables politiques ou de simples citoyens ; tout le monde est concerné. Il s'agit de ce que Gaëtan de Capèle appelle « l'un des derniers ciments intergénérationnels de la nation » (2) ; c'est-à-dire de l'avenir des relations entre générations. Il s'agit donc de la paix sociale pour demain. Il s'agit, en un mot, d'une grande cause nationale, du bien public, du bien commun, c'est-à-dire de cette solidarité, signe de la fraternité, que la République a inscrite dans sa devise.

(1) Jean-Francis Pécresse, Les Échos, 14 avril 2010.

(2) Gaëtan de Capèle, Le Figaro, 14 avril 2010.

Un ex-Monty Python débourse 3800 euros pour faire Oslo-Bruxelles en taxi

Bloqué à Oslo par le nuage de cendres volcaniques qui cloue au sol la quasi-totalité des avions en Europe du nord, l'ex-Monty Python John Cleese s'est payé une course en taxi... jusqu'à Bruxelles, rapporte la télévision norvégienne TV2 vendredi.

«Nous avons essayé toutes les alternatives, mais il n'y avait plus de place à bord des bateaux et de trains. C'est à ce moment là que mon extraordinaire assistant a jugé que le plus simple serait encore de prendre un taxi", raconte par téléphone la légende de l'humour britannique au média norvégien.

La facture? Plus de 30.000 couronnes (3.800 euros) pour 1.500 kilomètres, selon John Cleese, qui se trouvait dans la capitale norvégienne pour participer à un talk-show.

«Ca va être intéressant. Je ne suis pas pressé»

Parti peu après 08H00 vendredi matin, l'humoriste était accompagné de trois chauffeurs qui se relaieront au volant de cette course inhabituelle.

"Ca va être intéressant. Je ne suis pas pressé", dit le comédien britannique, qui espère rallier Londres d'ici 14H00 GMT samedi, en passant par l'Eurostar à Bruxelles.

"Je penserai à cette blague que vous connaissez sans doute: Comment fait-on rire Dieu? Parlez-lui de vos projets", plaisante John Cleese.

Alors que bus et trains ont rapidement fait le plein après l'annulation de la plupart des vols en Europe du Nord, de nombreux voyageurs bloqués en Scandinavie se tournent vers les taxis, même pour des grandes distances, comme un Oslo-Paris commandé par un client dans la capitale norvégienne.

La principale compagnie de taxis à Stockholm fixe à 7.260 couronnes suédoises (environ 750 euros) le prix d'un trajet vers Oslo et à 9.000 couronnes (950 euros) une course pour Copenhague.

Amandine : 250 CV et enfin du travail !

En novembre 2009, Amandine nous confiait son désarroi. Titulaire d’un master professionnel, elle ne trouvait pas de travail. Sa persévérance a payé : elle a enfin un employeur.

« Juste pour vous dire que tout se passe vraiment bien. Je suis très bien intégrée à Atlantic Ovo, une entreprise morbihanaise d’une trentaine de salariés spécialisée dans les produits laitiers et avicoles, à Kernascléden. J’occupe un poste d’assistant production qualité. Le travail est très intéressant et j’espère passer les mois à venir aussi bien que ma première semaine. Je pense que je vais m’épanouir professionnellement dans ce poste. » Ce message optimiste nous a été adressé par Amandine Foulard.

Souvenez-vous ! Début décembre 2009, nous publiions dans ce même espace le témoignage d’Amandine. Il disait entre autres : « Malgré un master 2 sur le goût et l’innovation dans l’agro-industrie, je suis à la recherche d’un emploi depuis 11 mois. J’ai envoyé 140 candidatures. J’ai reçu à peu près 90 % de réponses car j’assure des suivis et je relance les entreprises….»

Publié dans OUEST FRANCE, j'avais, à l'époque été ému par son cas, cela faisait beaucoup de CV pour rien, mais, après constat je me pense: la France du travail étant si frileuse, si CONservatrice de ses immobilismes, qu'à 250 CV le prix à payer pour un job aujourd'hui est d'un commun !

vendredi 16 avril 2010

Clivages

Si la peur est, comme on le dit, mauvaise conseillère, alors on peut craindre le pire du rapport du conseil d'orientation des retraites. Bien sûr, il a le mérite de mettre en évidence la cruelle réalité des déficits qui donnent le vertige. On voyait le trou pour plus tard. En fait nous y sommes déjà. Ces chiffres de la peur renforceront l'intime conviction des Français, déjà inquiets, qu'il faut agir. Ils craignent des mesures forcément douloureuses. Mais lesquelles ? Les clivages sur les causes du mal donc sur les remèdes sont, pour l'instant, assez nets pour éloigner un consensus.

Le gouvernement pressé par Nicolas Sarkozy, s'appuie sur ce rapport qui sonne le tocsin, pour décréter l'urgence. Sans préjuger de son projet, on voit bien que, sous couvert de s'attaquer aux causes structurelles, démographie et espérance de vie, il prépare son cocktail à base de durée de cotisation et de recul de l'âge légal de 60 ans. Il sait bien que cela ne suffirait pas, mais le président pourrait toujours se prévaloir d'avoir accompli une partie du sale boulot.

Les autres secteurs du rapport n'ont pas l'intention d'en faire leur livre de chevet. Le Medef parce qu'il n'y trouve pas le scénario catastrophe, le plus prévisible à ses yeux. Les syndicats et l'opposition parce qu'ils imputent à la crise et au chômage, facteurs conjoncturels, une partie du déficit et que les scénarios envisagés ne sont que science-fiction. Mais nul ne peut se dispenser de proposer, surtout quand on aspire, comme le PS, à revenir bientôt au pouvoir.

Face au siège sarkozyste sur le verrou des 60 ans, syndicats et opposition lui en tendent un autre. Alors que le président exclut de jouer sur l'augmentation des recettes, ils proposent d'agir sur tous les leviers de financement, y compris la taxation des revenus du capital. Pan sur le bouclier fiscal ! Mais il faut aller plus loin et ne pas se limiter au leurre des 60 ans. Travailler plus longtemps ? Sans doute, mais c'est alors le travail qu'il faut réinventer en proposant, notamment aux seniors, des formules plus souples, plus valorisantes. Quand on se paye le luxe d'un tel trou, inutile de faire l'autruche, la tête dedans.

Cinq syndicats appellent à un grand 1er Mai unitaire

Dans une déclaration commune publiée vendredi 16 avril, la CFDT, la CGT, la FSU, Solidaires et l'UNSA (autonomes) ont appelé ensemble les salariés à "un grand 1er Mai unitaire", pour affirmer "leurs attentes d'un monde plus juste où, partout, chacun a droit à un travail décent", le jour de la Fête du travail.
Alors qu'un "sommet social" doit avoir lieu en mai à l'Elysée et que la concertation sur la réforme des retraites a commencé, les cinq organisations syndicales considèrent que "l'action reste une priorité pour le monde du travail" et que les luttes en cours, "souvent unitaires, doivent s'inscrire dans la durée".

"Suppressions d'emploi, difficultés à trouver un travail, accroissement de la précarité, conditions de travail dégradées, difficultés salariales, avenir des retraites, sont les préoccupations des salariés", souligne la déclaration commune. Intitulé "pour un grand 1er Mai unitaire", ce texte invite les salariés à "manifester très nombreux le 1er Mai".

ALORS LÀ, C'EST GÉNIAL LES ROUGES SERONT ENCORE UNE FOIS DANS LA RUE LE 1ER MAI, DÉFILÉ DE COMMUNISTES RINGARDS, QUI REFERONT POUR LA ENIÈME FOIS LA LUTTE FINALE, VIVEMENT QUE CETTE CLASSE PRÉHISTORIQUE DISPARAISSE DE NOS RUE, ELLE PUE LA MORT. SA DOCTRINE A FAIT LONG FEU.

Le désamour entre Nicolas Sarkozy et les Français se concrétise

Les deux tiers des Français (65 %) ne souhaitent pas que Nicolas Sarkozy se représente en 2012, contre 33 % qui le souhaitent, selon un sondage BVA pour Canal + diffusé vendredi 16 avril. Selon cette enquête, le premier ministre François Fillon serait le mieux placé si le chef de l'Etat ne se représentait pas.
Seuls 68 % des sympathisants de droite souhaitent que le chef de l'Etat se représente alors que 88 % des sympathisants de gauche ne le veulent pas. S'ils sont nombreux à ne pas souhaiter la candidature de Nicolas Sarkozy, une majorité écrasante (82 %) pensent qu'il se représentera. S'il renonçait, François Fillon aurait la faveur des Français (33 %), devant l'ancien premier ministre Dominique de Villepin (31 %) et Alain Juppé, assez loin derrière avec 21 %.

QU'IL NE SE REPRÉSENTE PAS ! LES FRANÇAIS NE LE MÉRITENT PAS. ILS N'AIMENT QUE LES DÉGONFLÉS.

Acquis

Il faut d'emblée vous prévenir : lisez ce qui suit avec modération. Ceci posé et dosé, apprenez que les employés de Carlsberg sont en grève. Pourquoi ? Parce que le brasseur danois a prétendu revenir sur un acquis social, l'allocation de bière. Elle était de trois bouteilles gratuites par jour et par employé, la direction prétend la réduire à une seule. C'est la logique comptable, le toujours moins. Cela paie, peut-être, mais on s'attaque ainsi aux traditions qui faisaient les charmes d'un métier, qui voulaient que les mineurs aient une prime de charbon, les employés du gaz le chauffage gratuit, et l'ouvrier de l'automobile une voiture bon marché. Dès lors, le gazier défendait le gaz, l'ouvrier sa marque, et le manutentionnaire de Carlsberg sa bière favorite… Tant pis. Si la logique financière doit triompher, posons le principe de Carlsberg : faute de houblon, nous exigerons du blé.

Les galériens


Il n'y avait rien d'autre à faire. La « grande avancée » dont à parlé hier le secrétaire national de la CFDT, François Chérèque, et que sa centrale réclamait depuis si longtemps, apparaît ce matin comme une évidence. Pour amortir la disparition de toute ressource pour 345 000 chômeurs en fin de droits, le gouvernement n'avait pas d'autre choix que d'accepter la création d'une allocation spécifique. Ce n'est même plus une question de politique, ni d'idéologie, ni même de générosité, mais de bonne gouvernance. La cohésion sociale la plus élémentaire du pays était en jeu. Que voudrait dire la « solidarité de la nation » si des milliers de Français n'avaient plus que la rue, ou la précarité absolue, comme seul horizon ?
Le dispositif souhaité par ce président de la République qui avait justement promis que « personne ne rester[ait] au bord de la route » - et qui l'a opportunément rappelé hier - porte un label. Un label avec lequel il voulait rompre. Un label jadis synonyme, à ses yeux, de solution de facilité et de renoncement du pouvoir. Une bonne partie de la campagne UMP ne l'avait-il pas pris pour cible en 2007 ? Le traitement social du chômage.
Cet « assistanat » honni par une majorité qui s'en remettait qu'au « travailler plus pour gagner plus » pour dynamiser le pays revient donc en grâce à l'Élysée, ramené irrésistiblement par le grand vent de la crise. Ce revirement ne saurait être moqué, évidemment, puisqu'il souligne une adaptation au réel bienvenue. Mais il marque symboliquement un nouveau revers pour la doctrine libérale qui avait imprégné la politique économique présidentielle lors de la toute première partie du quinquennat.
Le mandat du chef de l'État prend clairement une toute autre tournure au point d'en changer en profondeur la stratégie de communication. Peu de journalistes sont autorisés à le suivre désormais. Finis - officiellement - les forêts de caméras précédant le président, et les armées de fantassins de la presse dans son sillage. Voilà qui apportera sans doute un peu d'intimité à ses déplacements qui en manquent tant.
Hier, c'est donc en toute simplicité que le président était en visite dans une agence de Pôle Emploi. Hélas pour lui, et à son corps défendant, il n'aura vu qu'une espèce d'appartement témoin bien loin de la réalité, fort différente, que vivent chaque jour des centaines de milliers de chômeurs. Celle des tracasseries et des paperasseries qui pourraient être burlesques si elle n'étaient tragiques, usantes, humiliantes. Celle, aussi, d'agents dépassés par une situation qui leur échappe. Celle d'un médiateur démissionnaire qui n'en peut plus du décalage avéré entre les promesses d'un dispositif performant et son manque de moyens. Celle des galériens de l'emploi.

MICHELLE OBAMA – Plus forte que Carla

Discrète ? Effacée ? La Première Dame des Etats-Unis en a étonné plus d'un en se rendant cette semaine en visite officielle en Haïti et au Mexique. Un premier vol en solo dans la diplomatie américaine pour la femme de Barack Obama qui pourrait présager un plus grand engagement politique de la First Lady. Michelle Obama se la jouerait-elle Carla ? Non, elle fait mieux !
Michelle Obama a surpris les Etats-Unis en se rendant mardi en visite en Haïti en compagnie de Jill Biden, l'épouse du vice-président américain Joe Biden. Les deux femmes des hommes les plus influents de Washington ont survolé Port-au-Prince en ruines et ont rencontré le président haïtien René Préval pour lui assuré le soutien des Etats-Unis."C'est frappant. La désolation est vraiment frappante", a déclaré Michelle Obama, qui a souligné"l'engagement américain à aider Haïti à se rétablir et à se reconstruire, en particulier alors que la saison des pluies et des ouragans débute".

Viva Mexico !

Mais cette visite surprise n'était pas l'unique rendez-vous sur l'agenda décidément très chargé de la First Lady. La femme du 44e président des Etats-Unis s'est rendue pour la première fois seule en voyage officiel de trois jours au Mexique."Le Mexique est vraiment un premier pas naturel pour moi. Les relations entre nos deux pays sont larges et profondes", a expliqué la Première dame des Etats-Unis. Lors de sa visite, Michelle Obama s'est attachée à aller à la rencontre des enfants et des étudiants mexicains dans une situation financière ou personnelle difficile."Mon ordre du jour international, en tant que Première dame, portera sur le contact avec les jeunes", avait-elle annoncé depuis l'avion qui l'amenait à Mexico dans un message vidéo diffusé sur le site internet de la Maison Blanche."Yes, we can", tel est le message que la Première dame veut véhiculer à la jeunesse. Michelle Obama, avocate de profession, a rappelé ses origines modestes ainsi que celles de son mari."Quand nous étions jeunes, personne ne se serait imaginé que nous deviendrions le président et la Première dame des Etats-Unis", a-t-elle précisé, citant d'autres exemples célèbres tels que Jeanne d'Arc, Abraham Lincoln ou encore le révolutionnaire mexicain Benito Juarez.

Deux parcours bien différents
Tout semble opposer la femme du président Obama et notre Carla nationale. Rien ne peut être plus étranger à la Première dame française que l'enfance modeste de Michelle Obama, elle qui a évolué dès son plus jeune âge dans l'aristocratie italienne puis dans celle du show business. Dès son arrivée à l'Elysée, Carla Bruni-Sarkozy a multiplié les galas, toujours glamour, et les interviews, devenant la (meilleure) porte-parole de son président de mari. Michelle Obama s'est faite plus discrète et s'est cantonnée à son rôle de "mom-in-chief" de ses deux filles, Sasha et Malia. Cultivant un jardin bio à la Maison-Blanche ou faisant du hula hoop, Michelle Obama est longtemps restée dans l'ombre de son mari, ne prenant pas position dans la politique américaine. La Première dame étonne aujourd'hui aussi à l'aise avec son potager que lors de rencontres avec les grands de ce monde.

Michelle = Carla ou Hillary ?
A l'instar de Carla Bruni-Sarkozy, Mme Obama tranche avec le rôle traditionnel de la femme de chef d'Etat, souvent reléguée aux simples devoirs protocolaires. Tais-toi et souris, très peu pour elles. Les maris y trouvent aussi leur compte. Des femmes autant, voire plus, populaires que leur époux, rien de tel pour reluire l'image de la présidence après une réforme difficile. Carla a sa musique et sa fondation, Michelle, elle, aurait-elle d'autres ambitions ? Avec cette première visite officielle sans son Barack, Michelle Obama pourrait bien rêver à un destin à la Hillary Clinton, ex-First Lady, avocate elle-aussi, aujourd'hui secrétaire d'Etat.



Carla Bruni-Sarkozy se vend très bien
Le documentaire "Naissance d'une Première dame", de Marc Berdugo, n'a pas encore été diffusé sur France 3 qu'il a déjà été vendu à une dizaine de pays lors du MIPTV à Cannes, marché international des programmes audiovisuels. Il a été pré-acheté (c'est-à-dire acheté avant qu'il ne soit complètement fini) par sept pays : l'Allemagne, la Belgique, la Suisse, le Canada, la Suède, le Danemark et l'Autriche, a précisé à l'AFP Isabelle Graziadey, de la société Terranoa qui le distribue. L'Italie et l'Espagne devraient également l'acquérir, tandis que la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Grèce, le Portugal et l'Australie se sont montrés intéressés, a-t-elle ajouté. Le documentaire de 90 minutes pour la France (52 minutes pour l'international) devrait montrer"ce que devenir une Première dame change dans la vie d'une femme", un sujet qui passionne apparemment les médias.

Les cendres d'Eyjafjallajokull


Toutes proportions gardées, ce phénomène rappelle un peu ce qui s'est passé lors des dernières chutes de neige.

À peine le sol était-il blanc que routes, voies ferrées et aéroports se retrouvaient impraticables. Certes, il ne s'agit pas, cette fois-ci, de flocons et les cendres d'un volcan sont d'une tout autre dimension pernicieuse, on en conviendra. Il n'en demeure pas moins qu'on est bien dans la même incroyable propagation de la paralysie.

À première vue, on a du mal à comprendre comment une éruption en Islande, une île située à plus de 2200 kilomètres de nos cieux, peut clouer des appareils au sol à Lyon, Nice ou Marseille.

Et certains sans doute se demandent déjà si, à nouveau, on n'en fait pas trop dans notre société de principes de précaution exacerbés, d'excédents de vaccins, d'incessantes peurs dans l'air. Gardons-nous cependant d'entonner sans mesure cette antienne, nous qui demanderions des comptes à la terre entière si, par malheur, un avion s'écrasait, victime des émanations néfastes venues du cercle polaire arctique. Mais si l'on doit se réjouir d'un tel enchaînement des mesures de sécurité, force est d'admettre qu'il inquiète presque autant qu'il rassure. En nous protégeant, le blocus européen mis en place hier à la vitesse d'un supersonique est là également pour nous rappeler notre extrême dépendance. Une vulnérabilité proportionnelle aux avancées technologiques, au progrès et... aux psychoses. L'effet pervers du nuage d'Eyjafjallajokull est une nouvelle illustration, à la fois fascinante et vertigineuse, de la mondialisation des périls, des peurs et des réponses qu'il convient désormais d'apporter avant que n'ait pu être évalué l'impact attendu du danger. Reste un dernier point, très positif pour le coup. Si jamais demain, on doit porter des masques, nulle crainte à avoir. Nous avons des réserves.

Roselyne Bachelot, c'est notre volcan à nous.


Didier Pobel

Le choc de deux visions territoriales


La défaite de l'UMP aux régionales et l'affaiblissement de l'exécutif donnent des ailes aux présidents des collectivités. La fronde financière des départements, de gauche mais aussi de droite, et des Régions contre l'État démontre que la simplification ¯ ô combien nécessaire ¯ du millefeuille territorial devient très conflictuelle. Elle illustre aussi la méthode d'un pouvoir critiqué, jusque dans ses rangs, pour sa gouvernance.

Une demi-réforme. Sans supprimer d'échelon, elle rajoute celui de la « métropole ». Jean-François Copé, le président des députés UMP, propose alors de fondre départements et Régions. Il oublie qu'il faudrait modifier la Constitution et donc de trouver une majorité des trois cinquièmes au Parlement. Comment demander à des élus nationaux cumulards de supprimer leurs mandats locaux ?

Demi-réforme, ensuite, parce qu'on oublie certains « doublons ». D'accord, c'est du gâchis que tout le monde s'occupe de tourisme ou d'emploi, sans que personne en soit le leader. Inexplicables, tous ces empilements d'agences de développement et de bureaux d'études qui coûtent et ralentissent la réactivité des politiques locales. Mais il est tout aussi incompréhensible que l'État, dont l'obésité a continué de croître, ne transfère pas ses moyens locaux au fur et à mesure qu'il confie les charges correspondantes aux collectivités, alors contraintes de recruter.

Un projet conçu à l'envers. Le bon sens aurait été de définir, dans l'ordre, les compétences de chaque échelon territorial, la fiscalité pour y répondre, le statut et le mode d'élection des élus pour les gérer.

Au lieu de cela, on brandit d'abord l'élu territorial, comme si la fusion du conseiller régional et général pouvait être la source principale d'économie. On cherche un mode de scrutin plus avantageux pour l'UMP. On allège la taxe professionnelle et on encadre des taux d'imposition qui retirent aux collectivités quasiment toute liberté et trahissent l'arrière-pensée centralisatrice du pouvoir. Le tout avant même de redéfinir les missions de chacun !

Une vision à contre-emploi. Cette reprise en mains des collectivités distingue la France des autres pays, heureux de disposer d'une décentralisation poussée. On les comprend : les études montrent que la déconcentration des politiques stimule la croissance, la recherche et l'emploi. Il suffit d'apprécier le rôle des länders allemands, par exemple dans l'aéronautique, pour rêver de Régions dix fois plus puissantes que les nôtres.

Ce débat est crucial dans une Europe qui tente de convaincre les pays centralisés d'en faire une arme contre la crise. Le problème n'est donc pas celui de la taille des collectivités ¯ il en existe de bien plus petites et aussi de plus grandes ¯ mais de leurs attributions et de leurs moyens. Regrouper deux Normandie sans plus de prérogatives ne changerait pas grand-chose à leur capacité à affronter l'avenir.

Trop tard pour bien faire ? Personne ne conteste la nécessité d'une organisation plus simple, plus efficace, plus économe. Mais les décentralisateurs - gauche et centre - redoutent une occasion ratée de rapprocher le citoyen de la politique. Les centralisateurs y voient un moyen de contrôler des contre-pouvoirs. Les débats qui s'annoncent au Parlement auront du mal à concilier deux visions aussi différentes de l'architecture du pays.

jeudi 15 avril 2010

Sarkozy et Berlusconi plaident pour la taxe carbone aux frontières de l'UE

Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi ont demandé, jeudi 15 avril, au président de la Commission européenne d'inclure un mécanisme de taxe carbone aux frontières de l'Europe dans ses propositions attendues en juin sur les "fuites de carbone", dans un courrier conjoint publié par l'Elysée.
"Il nous paraît indispensable que le rapport de la Commission soit l'occasion de préciser sans a priori les conditions dans lesquelles pourrait être mis en place un tel mécanisme d'ajustement aux frontières", écrivent le président français et le président du conseil italien. "Il serait inacceptable que les efforts déjà ambitieux que nous avons consentis au sein de l'Union européenne en vue de réduire nos émissions de gaz à effet de serre (...) soient compromis par les fuites de carbone qui résulteraient de l'absence ou de l'insuffisance d'action de certains Etats tiers."

Un tel mécanisme "nous permettrait en effet de prévenir le risque de fuite de carbone en incitant les pays tiers à adopter des mesures de réduction de leurs émissions", insistent MM. Sarkozy et Berlusconi.

"Chacun saurait que, s'il refuse de prendre des engagements suffisants dans les secteurs concernés, ses produits se verraient appliquer une compensation équivalente à l'effort prévu dans l'Union européenne, ajoutent les deux dirigeants, ne pas le faire reviendrait à créer une incitation paradoxale à ne pas prendre de tels engagements."

Cette taxe carbone aux frontières permettrait également à l'UE de "rendre son action plus efficace et plus crédible" dans les négociations internationales.

UN PROTECTIONNISME QUI SERAIT EXCELLENT POUR NOS PRODUCTEURS.

M. Van Rompuy, poète haïku, "ni extravagant, ni fortement vaniteux, ni extrémiste"

Herman Van Rompuy, le président permanent du Conseil européen, a attiré, jeudi 15 avril dans la matinée, de très nombreux journalistes – dont une forte délégation japonaise – pour la présentation de son recueil de haïkus, dans les salons de la chambre belge des députés. Un lieu où l'ex-président de cette assemblée a passé, a-t-il expliqué, "les plus belles années" de sa vie politique, en 2007 et 2008, alors, étonnamment, que la Belgique connaissait à ce moment-là l'une de ces pires crises politiques.
Le président du Conseil s'est exercé, depuis 2004, aux petits poèmes ludiques sans rimes (trois vers, de respectivement 5, 7 et 5 syllabes) qui font, désormais, sa notoriété.

En octobre 2009, il avait provoqué la surprise en clôturant son discours, à l'occasion d'une "troïka" présidentielle de l'Union, par la lecture d'un haïku énonçant : "Trois vagues déferlent / abordant ensemble au port / le trio est rentré."

De sa visite récente à Washington, où il a brièvement rencontré le président Barack Obama, il est revenu avec un inédit qui ne figure pas dans son recueil de 124 pages : "Absent deux jours / un monde qui a changé / le verger en fleur…"

"UN LANGAGE NON SOPHISTIQUÉ"

Très avare de déclarations et d'apparitions médiatiques – il a refusé toute interview sur son livre – M. Van Rompuy aime, a-t-il expliqué, le haïku parce qu'il lui permet d'en revenir à l'essentiel de la parole "en disant bien des choses en si peu d'espace et dans un langage non sophistiqué".

Cultivant décidément sa différence, il a indiqué que, s'il raffole de ce genre japonais, c'est parce qu'en politique "un poète haïku ne peut être ni extravagant, ni fortement vaniteux, ni extrémiste".

C'est dans son petit recueil qu'il faudrait donc chercher les ressorts de sa personnalité, généralement décrite comme effacée, voire ennuyeuse. Dans un poème comme celui-ci par exemple : "Le silence vit / tant que j'entends les oiseaux / leur chant me calme…"
Jean-Pierre Stroobants

Comment l'éruption d'un volcan paralyse l'espace aérien

L'éruption du Eyjafjallajökull en Islande la semaine dernière a provoqué la diffusion dans l'atmosphère d'énormes nuages de cendres volcaniques. Aujourd'hui, cette pollution s'est déplacée vers l'Europe continentale. Les jet-streams, ces vents forts qui soufflent en haute altitude presque à longueur d'année d'ouest en est, ont, en effet, poussé ces nuages de cendres vers le nord de la Grande-Bretagne, la Norvège et le nord de la Suède. Conséquence, le trafic aérien est sérieusement perturbé . Ce n'est pas tant en raison de la réduction de la visibilité - les avions de ligne volent aux instruments -, mais plutôt parce que les réacteurs ne sont pas prévus pour absorber ces cendres. Outre l'usure des composants (la silice contenue dans les cendres est très dure), il y a surtout un risque d'extinction de la combustion du carburant et d'arrêt du moteur.

Ainsi, le 15 décembre 1989, le Boeing 747 du vol KLM 867 traversa le panache de cendres volcaniques du mont Redoubt alors qu'il se trouvait en approche d'Anchorage en Alaska. Les réacteurs de l'avion ingérèrent de grandes quantités de cendres et cessèrent rapidement de fonctionner. Finalement, au bout de cinq longues minutes et après avoir perdu 4.000 mètres d'altitude, au-dessus des montagnes de Talkeetna, les moteurs repartirent et l'avion se posa normalement. Mais les quatre réacteurs ont dû être changés, ce qui coûta 80 millions de dollars.

Les aéroports londoniens très touchés

L'éruption islandaise récente a généré l'édition d'un Notam (Note to Airmen), un avertissement diffusé aux pilotes du monde entier, qui indique clairement les zones dangereuses et les secteurs interdits. Régulièrement, l'Etna en Italie du Sud ou la Soufrière de Montserrat aux Antilles près de la Guadeloupe se réveillent et perturbent la navigation aérienne. Une grande partie de l'espace aérien d'Europe du Nord sera fermé pendant la journée de jeudi . Les vols long-courriers de toutes les compagnies vers l'Amérique du Nord peuvent aussi être perturbés par des retards causés par l'obligation de contourner la zone de nuages volcaniques. L'Islande, puis le Groenland sont effet sur la route empruntée par les avions commerciaux vers le Canada et les États-Unis.

Ces nuages de cendres peuvent-ils atteindre la France ? S'ils sont toujours alimentés par l'éruption et si des vents de nord-ouest survenaient, le territoire français pourrait être atteint. C'est en tout cas ce qu'envisage des cartes de prévision de la météo islandaise, qui prévient que les rivages normands et bretons pourraient être touchés demain. Les perturbations resteraient mineures s'ils restaient en haute altitude, voilant le soleil et obligeant les avions à voler à basse altitude sous le nuage avant de gagner le niveau de croisière. Les météorologues suivent l'évolution avec précision à partir des cartes des vents établies plusieurs fois par jour.

Éruption volcanique en Islande : l'espace aérien du nord de l'Europe très perturbé

Un énorme nuage de cendres craché par un volcan en pleine éruption en Islande a cloué au sol jeudi une bonne partie des avions dans le nord de l'Europe. De gigantesques colonnes de fumée continuaient de s'échapper jeudi du glacier Eyjafjallajökull, dans le sud de l'Islande, dont l'éruption pourrait se prolonger plusieurs semaines, voire plusieurs mois, selon un expert islandais. "On ne peut pas dire combien de temps (l'éruption) va durer. C'est extrêmement variable, cela peut aller de plusieurs jours à plus d'un an. Mais si l'on en juge par l'intensité de celle-ci, cela pourrait durer longtemps", a expliqué à l'Agence France-Presse Magnus Tumi Gudmunsson, un professeur islandais de géophysique.

Les pertubations du trafic aérien pays par pays.

France

Tous les vols au départ de l'aéroport parisien de Roissy à destination de Londres, de l'Écosse, de Copenhague et d'Oslo sont annulés jeudi depuis midi en raison de l'éruption volcanique en Islande, a annoncé une source aéroportuaire, en ajoutant qu'"une partie des vols pour Stockholm" était également annulée. "Les passagers aériens à destination de ces pays sont priés de se rapprocher de leur compagnie aérienne", conseille la direction générale de l'aviation civile (DGAC), assurant que d'"autres informations suivront dans la journée sur l'évolution du trafic aérien".

Si des nuages de cendres sont toujours alimentés par l'éruption et si des vents de nord-ouest survenaient, l'ensemble du territoire français pourrait être atteint . C'est en tout cas ce qu'envisage une carte de prévision de la météo islandaise, qui prévient que les rivages normands et bretons pourraient être touchés demain.

Belgique

L'aéroport international de Bruxelles a "de fortes chances" de devoir cesser ses opérations en cours de journée jeudi.

Danemark

L'ensemble de l'espace aérien danois sera fermé au trafic à 18 heures (heure française), a annoncé jeudi l'autorité de contrôle aérien Naviair, qui a commencé à fermer l'espace aérien sur la mer du Nord à 9 heures. Les autres régions vont progressivement suivre, jusqu'à la fermeture de Copenhague et de la partie sud-est à 18 heures. Mais "si le vent venait à tourner, nous réviserons notre plan de fermeture", a déclaré à l'AFP Bo Pedersen, porte-parole de Naviair, précisant qu'à "l'heure actuelle, il est impossible de prévoir quand l'espace aérien danois sera partiellement ou totalement rouvert au trafic".

Grande-Bretagne

L'espace aérien britannique est totalement fermé depuis 13 heures (heure française) et "au moins" jusqu'à 19 heures (heure française). Tous les vols seront ainsi suspendus sur l'ensemble des aéroports londoniens, dont Heathrow, premier au monde en termes de trafic international. Cette décision a été prise "conformément à la politique de l'aviation civile internationale", a précisé le National air traffic service (NATS, contrôle aérien).

Environ 1.300 avions décollent ou atterrissent à Heathrow chaque jour, et plus de 400 à Stansted, autre aéroport dans le nord de Londres. Un porte-parole de cet aéroport a averti que le trafic pourrait également être perturbé vendredi "et au-delà". Jeudi en début de matinée, une centaine de vols avaient déjà été annulés à Heathrow, ainsi qu'environ 150 vols à Gatwick, dans le sud de Londres. L'ensemble des aéroports écossais ont été fermés tôt dans la matinée (Aberdeen, Édimbourg et Glasgow) ainsi que ceux de Belfast, en Irlande du Nord. Le trafic avait déjà été fortement réduit aux plates-formes du nord de l'Angleterre (Manchester, Liverpool et Newcastle) ainsi que dans le centre (Birmingham). Les liaisons étaient également perturbées, mais dans une moindre mesure, à Dublin, en République d'Irlande.

Islande

Les vols à destination et en provenance d'Islande étaient maintenus jeudi malgré l'éruption du volcan dans le sud du pays. "Le vent emporte les cendres vers l'est", a déclaré Hjordis Gudmundsdottir, responsable auprès des autorités aéroportuaires islandaises. Le principal aéroport de Keflavik, à l'ouest, "et tous les autres aéroports sont ouverts aujourd'hui. C'est assez incroyable", a-t-il dit.

Norvège

Les premiers vols ont été suspendus dès mercredi soir, l'ensemble du trafic aérien a été interrompu jeudi matin, y compris à Oslo et dans les autres grandes villes, Trondheim et Bergen.

Suède

Le trafic a été interrompu dans la pointe nord du pays, mais les autorités envisagent de fermer d'autres aéroports du centre et des perturbations sont à prévoir ailleurs, notamment à Stockholm, selon un porte-parole de l'autorité suédoise chargée du trafic aérien.

S'IL N'Y AVAIT QUE CE VOLCAN POUR PARALYSER LE TRAFIC AÉRIEN EN EUROPE, EN FRANCE NOUS AVONS PIRE ; LES AIGUILLEURS QUI FONT GRÈVE À TEMPS PLEIN, COMME UNE ÉRUPTION CUTANÉE, ET NOUS AVONS AIR FRANCE...LA POUDRIÈRE.

LA GOURDASSE DE LA SEMAINE : ALESSANDRA SUBLET


Le Figaro Magazine elle s'exprime dans la rubrique "DANS LA TÊTE DE..."

Question : Qu'y a-t-il de gauche en vous ?
Réponse : L'ouverture à la culture.

Question : Et de droite ?
Réponse : Le côté bling-bling. Je passe mes vacances à Saint Barth., où vivent mes parents.

QUELLE CONNE! COMME SI LA CULTURE ÉTAIT DE GAUCHE ? JEAN D'ORMESSON EST DE GAUCHE ?
Cette petite présentatrice ferait mieux de retourner chez papa et maman cultiver son bling-bling pour en faire de l'intelligence.


Je ne remercie pas Dechavanne de nous avoir trouvé une gourde pareille.

Toulouse:l'électricité grâce aux piétons

Sous un porche du centre-ville de Toulouse, un passage pour piétons s'illumine dès qu'une personne l'emprunte, l'énergie du réverbère étant produite par le piétinement des promeneurs. Une première mondiale qui peut préfigurer l'éclairage public des villes de demain. "Il s'agit d'une démonstration simple mais parlante" prouvant que "les rues piétonnes peuvent devenir de formidables sources d'énergie propre", déclare à l'AFP l'adjoint au maire de Toulouse chargé de la voirie et de l'éclairage, Alexandre Marciel, à l'origine du projet.

En traversant le passage, un piéton peut ainsi produire jusqu'à 50 watts et alimenter sans aucune production de gaz à effet de serre un réverbère et des rampes de led.
"Regarde, ça s'allume", s'exclame Carine à l'adresse de son compagnon qui foule les huit dalles en plexiglas de 65 cm sur 65 cm installées pour quelques semaines.
Chaque pas produit un déplacement vertical de 1 cm de la surface du dispositif. Ce mouvement et les micro vibrations induites par la marche sont ensuite transformés par un générateur en énergie électrique qui alimente l'éclairage.

Ce trottoir de démonstration est conçu par la société néerlandaise Sustainable Dance Club, dont la première réalisation a été une boîte de nuit à Rotterdam, actuellement fermée, où les danseurs produisaient une partie de l'éclairage. L'expérience de Toulouse "montre que le mouvement humain peut éclairer les rues et permet de se projeter dans l'avenir" pour l'éclairage public, note son responsable marketing, Jaap van den Braak, contacté par téléphone. La compagnie, a-t-il indiqué, vise à équiper de cette manière gares, aéroports, centres commerciaux... Parmi les applications possibles, a-t-il ajouté, figure déjà l'alimentation de bornes pour recharger les téléphones mobiles dans un festival de musique.

Pour la mairie de Toulouse, le trottoir fait partie de la réflexion engagée pour réduire le coût de l'éclairage public, souligne M. Marciel. Faire produire de l'électricité par les piétons, "beaucoup l'avaient rêvé mais la démonstration n'avait jamais été faite", se réjouit-il. Toulouse est ainsi la "première ville à démontrer qu'il est possible de recycler de l'activité urbaine en énergie électrique". "C'est une révolution intellectuelle" fait remarquer l'adjoint à la mairie, car "on fait passer les gens d'un regard où les déplacements sont consommateurs d'énergie à un regard où ils pourraient être producteurs d'énergie". "Il ne s'agit pas de faire de l'innovation pour l'innovation, mais de montrer qu'il peut y avoir d'autres sources d'énergie", assure-t-il. Ce projet, selon M. Marciel, ouvre par ailleurs une réflexion sur l'éthique et l'aspect financier liés à un tel système: "la récupération de l'énergie sur l'humain" et "la propriété de cette énergie".

Une ville aura-t-elle ainsi le droit de récupérer de l'énergie "humaine" gratuite et de la revendre à un opérateur comme EDF ? "Il ne s'agit pas de reproduire le principe des galériens", lance-t-il en plaisantant. Après la mise en place de ce trottoir, M. Marciel dit caresser "un rêve", celui d'un "jeu de lumière dans l'espace public sur lequel les enfants pourront se promener et jouer à la marelle, et qui permettra d'éclairer à côté une petite aire de jeu". "En effet, estime-t-il, ce sont les générations futures qui peuvent porter ce projet, qui permettra peut-être d'entrer dans l'ère de la domotique urbaine".

La "Star Ac" des lycées


C'est un rite, c'est un cap, c'est un incontournable. Chaque année au moment où pointent les asperges et rosit le lilas, il surgit lui aussi du grand jardin du ministère de l'Éducation nationale. On appelle cela "l'indicateur de résultats des lycées".

Ça sonne mieux que "palmarès", ça fait moins compétition. En apparence, en tout cas. Dans la réalité, le distinguo n'est pas aussi net. Lorsqu'on consulte ce site, c'est fatalement avec des objectifs de performance et de rivalité. Dans une société où tout est comparable et où le label de chaque produit de consommation est tributaire des bancs d'essai, l'univers scolaire ne fait pas exception. On guette sur la toile le "pôle d'excellence", en pestant que ce soit toujours celui des autres.

On clique pour voir comment a évolué le cher bahut de nos seize ans. On rejoue sans grande surprise le match public-privé. On s'étonne parfois de tel ou tel résultat. Mais qu'a-t-il donc de plus, cet externat soudain surcoté ? Et pourquoi le LEP tranquille, au coin de la rue voisine, ne figure-t-il jamais parmi les fortiches ? Et comment se fait-il que ce parfait emblème d'une "zone sensible" s'en tire aussi bien ? C'est que les critères de notation, s'ils sont briseurs de tabous, ne sont pas toujours très simples à comprendre. Entre le "pourcentage de réussite au bac" et la "proportion de diplômés par établissement", entre les "fondamentaux" et la "valeur ajoutée", on y perd facilement son latin. De quoi donner envie de retourner en classe. D'écouter un peu mieux le prof qu'on chahutait et que le souvenir a rendu attendrissant. C'est ça, peut-être au fond, le lycée idéal. Celui où nous avons été insouciants, loin des portiques de sécurité, de Pôle Emploi ou de la question des retraites. Loin, surtout, de cette sacro-sainte mode des "outils d'évaluation" qui a précipité les bonnes vieilles pensions de Pagnol dans l'ère improbable de la "Star Ac" éducative.

Les centristes n'arrêtent plus de se réunir

Ils sont nombreux à vouloir se fédérer autour d'Hervé Morin. Ce dernier, qui tient un conseil national aujourd'hui, se projette, lui aussi, en 2012.
Le centre d'un cercle n'est-il qu'un point ? Depuis l'échec de la liste unique aux régionales, les centristes, que François Fillon rencontrait mardi, se sentent la clé de voûte de la droite. Hervé Morin en tête, qui veut un candidat à la présidentielle, lui si possible. « Le contrat présidentiel, explique le président du Nouveau Centre, ne nous lie pas pour 2012. »

Il anime, ce samedi, un conseil national pour « préparer un projet libéral, humaniste et européen propre à rassembler les centristes » et préparer la naissance d'un nouveau parti « avant l'été ». L'idée est qu'à travers une offre distincte de l'UMP, portée par le Nouveau Centre, l'Union centriste de Nicolas About et l'Alliance centriste de Jean Arthuis, il ratisse au bénéfice de la droite. « Je sais très bien dans quel système d'alliance je suis. »

États généraux avant l'été

À moins que ce nouveau Nouveau Centre ne serve à récupérer les déçus du sarkozysme : « Si l'UMP perd la présidentielle, calcule Hervé Morin, elle éclate. Il y a trop de gens pas heureux dans cette structure. »

D'ici là, il y a du boulot. Avec 13 000 adhérents, 23 députés, 31 sénateurs et 80 élus régionaux, le centre droit est plus un conglomérat d'élus que de militants. Le MoDem n'a plus guère d'élus, mais il capte plus d'électeurs que le Nouveau Centre. Il ne faudra pas sous-estimer la concurrence de François Bayrou, qui attire davantage de voix sur son nom que sur son parti. Ni celle de Dominique de Villepin, qui rôde sur les mêmes terres, avec les mêmes valeurs.

Enfin, les centristes de l'UMP ne sont pas pressés de rallier Hervé Morin. Les Marc-Philippe Daubresse, Pierre Méhaignerie et autre Fabienne Keller annoncent la tenue « avant l'été, d'états généraux » regroupant des élus locaux et nationaux afin de « promouvoir les valeurs humanistes » qui inspireront le « projet présidentiel pour 2012. La première réponse à apporter à nos compatriotes, inquiets pour l'avenir, n'est pas de susciter au sein de la majorité présidentielle de nouveaux candidats pour 2012, mais de poursuivre les efforts indispensables pour réformer notre pays, à condition qu'ils soient répartis de façon plus équitable. »

Tel est bien l'autre problème d'Hervé Morin : le « château » le laissera-t-il se présenter ? « Je n'en ai pas parlé avec le Président », confie l'intéressé. Il est urgent d'attendre.

Michel URVOY.

Au PS, les « cumulards » font de la résistance

Le non-cumul des mandats est plus compliqué à mettre en oeuvre qu'il n'y paraît. Entre les « barons » et les militants, Martine Aubry va devoir choisir.
Souvenez-vous : La Rochelle, septembre 2009, Martine Aubry lance la rénovation du PS. Un mois plus tard, les militants votent à 72 % la fin du cumul entre un mandat local (président ou vice-président) et un fauteuil de parlementaire, ainsi que la parité totale. Une affaire pliée ? Les réactions au rapport Montebourg sur cette réforme prouvent que non.


Inconvénients. Que fait-on des 8 présidents de Région, des 29 présidents de conseil général et de la centaine de maires qui siègent à l'Assemblée et au Sénat ? Que fait-on de tous ceux qui feraient les frais d'une parité systématique, d'une diversité accrue ? Du principe à la réalité, il y a loin. Martine Aubry, qui l'officialisera début juillet, va en entendre parler.

Le non-cumul « est un marqueur de principe qui sera démenti par les faits », entend-on dans les couloirs de Solférino, au siège du PS. « Ceux qu'on appelle les barons, déplore Gérard Collomb, le maire de Lyon, n'ont pas eu leur mot à dire. » Prenant l'exemple d'un grand maire, François Rebsamen, le sénateur-maire de Dijon, ajoute : « On lui demande d'annoncer à l'avance qu'il va démissionner s'il est élu. C'est n'importe quoi ! »

Enfin, à ne présenter que des inconnus aux cantonales de mars 2011 et aux sénatoriales de septembre, le PS risque de rater le contrôle du Sénat, désormais à portée de main. Sans compter que les sénateurs non soumis à renouvellement continueraient, eux, à cumuler...

Avantages. Martine Aubry ne peut pas, sans prendre le risque de se déconsidérer, renier le vote des militants. Le non-cumul, c'est le « marqueur » de sa rénovation. Le levier magique pour bouleverser la sociologie du parti, le rajeunir, offrir des responsabilités aux femmes. Bref, le mettre à l'image de la société.

Arnaud Montebourg, qui a conceptualisé cette petite révolution, ne comprendrait d'ailleurs pas « que l'on fasse un référendum en 2009 pour appliquer une réforme en 2014 et 2017. » Lui-même a annoncé qu'il cédera la présidence de son conseil général pour n'être plus que député.

Compromis. Pour sauver le principe, il faudra le mettre intelligemment en oeuvre. François Rebsamen propose une loi qui imposerait le non-cumul à tous les partis. Ce qui veut dire qu'il faudra du temps.

Michel URVOY.