TOUT EST DIT

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vendredi 3 janvier 2014

La marche arrière

La marche arrière


Et si notre sacro-sainte « bagnole » avait définitivement perdu son pouvoir d'attraction ? Une chose est sûre, le marché automobile français a enclenché en 2013 sa plus sévère marche arrière depuis plus de 15 ans, avec une baisse des immatriculations de voitures neuves de 5,7 %. Et cela malgré l'embellie de 9,4 % du mois de décembre, peut-être liée à la perspective d'un durcissement du malus ou à l'augmentation de la TVA. N'empêche que depuis 2009, et la progression des ventes de voitures neuves de 11 % due à la prime à la casse, les baisses sont constantes pour nos constructeurs nationaux : -3 % en 2010, -2 % en 2011 et -14 % en 2012.
Il faut évidemment voir dans cette trajectoire les effets de la crise. Les contraintes budgétaires des ménages ont freiné le renouvellement du parc automobile. L'âge moyen d'un acheteur de véhicule neuf a progressé d'un an en cinq ans (à 52,5 ans). Les difficultés économiques ont poussé les moins de 30 ans soit à renoncer à la voiture, soit à se tourner vers le marché de l'occasion. Et la durée de détention moyenne du véhicule a aussi augmenté.
Le montant des dépenses liées à son utilisation (péage, carburant, entretien, stationnement) et une « autophobie » ambiante (contrôles radar, nouvelles limitations, pollution) sont en train de modifier notre rapport à l'automobile. Elle est passée du symbole clinquant de la réussite sociale à une vocation purement utilitaire qui explique les tendances actuelles au « low cost » ou à l'autopartage. On y ajoutera le recours aux mandataires ou à l'internet qui fragilise les concessionnaires.
Il n'y a pas que des inconvénients à cette évolution des mentalités. Elle traduit une relation moins irrationnelle et plus responsable avec la voiture. En témoigne la réduction du nombre de tués sur les routes. Mais il y a un revers à tout cela. Comme l'ensemble de l'activité industrielle française, tristement en recul par rapport à l'ensemble de la zone euro, notre secteur automobile est confronté au besoin d'innovation et de compétitivité. Bref, à un changement de modèle.

Tennis féminin : pin-up ou athlètes ?


Les lolitas de la balle jaune attirent moins le public que les hommes, mais engrangent plus d’argent. Un business qui repose sur une franche part d’hypocrisie.
C’est une expérience que chacun peut tenter : entrez dans une bou
tique Lacoste et cherchez-y une robe de tennis. Le portant, quand il y en a un, mesure au mieux 70 centimètres, perdu au fond du magasin. Pas plus de jupettes dans la vaste boutique Nike des Champs-Elysées, à Paris, alors que la marque à la virgule habille les trois meilleures joueuses du monde ­(Serena Williams, Maria Sharapova, Victoria Azarenka). Et c’est la même chose côté raquettes : Go Sport ou Décathlon proposera la Wilson de Federer, la Babolat de Nadal, la Head de Djokovic, voire la Kennex du Suisse Stanislas Wawrinka… mais jamais l’instrument d’une de ces dames. Car bien que 30% des joueurs ­licenciés à la Fédération française de tennis soient des femmes, le marché du tennis féminin reste très étroit. En outre, une jeune fille choisira plus facilement pour idole un Andy Murray qu’une Agnieszka Radwanska, quatrième joueuse mondiale au classement WTA…Or les joueuses professionnelles n’ont jamais gagné autant...

La dette, le plus lourd des boulets pour les pays occidentaux


La dette publique atteint partout des seuils impressionnants. Mais c'est probablement à l'Europe qu'elle coûte le plus cher.

Zone euro

Si les coûts d'emprunt sont redevenus abordables pour la plupart des pays de la zone euro - à part pour la Grèce, où ils flirtent toujours avec les 10 % -, la part de l'endettement public par rapport aux revenus a encore augmenté partout dans la zone euro en 2013 sous l'effet de la récession - sauf en Allemagne, où il s'est un peu résorbé. Cet endettement qui représente pour la zone euro 95,5 % de la valeur de son PIBs'alourdira encore, à 95,9 % du PIB, l'an prochain, selon les estimations de la Commission européenne. Ce poids de la dette, note Patrick Artus, constitue un frein d'autant plus important à une franche reprise de la zone euro que le très net ralentissement de l'inflation au cours des derniers mois accroît relativement les taux d'intérêt réels. Ce qui fait craindre, selon lui, un retour de la crise des dettes souveraines dans la zone euro.

Japon

Tokyo, pour sa part, doit refinancer une dette sans équivalent au monde, représentant 245 % du PIB ! Certes, en raison de la confiance accordée par les épargnants nippons, qui constituent la grande majorité des détenteurs de créances sur Tokyo, le pays se finance à des taux négatifs, compte tenu d'une inflation certes timide, mais qui a enfin succédé à une longue période de baisse des prix. En octobre, en excluant les effets des importations d'hydrocarbures, la hausse des prix a atteint… 0,3 %, un record depuis quinze ans ! Il n'en demeure pas moins que Tokyo doit trouver des ressources nouvelles pour ne pas aggraver cet endettement spectaculaire d'un pays vieillissant (la population a diminué de 250.000 personnes l'an dernier, un chiffre sans précédent). Et ce d'autant plus que le énième plan de relance annoncé en décembre par le Premier ministre, Shinzo Abe, dont le fameux Abenomics ressemble en fait de plus en plus à du keynésianisme pur jus, va coûter 40 milliards d'euros. Afin d'éviter une dérive des comptes, le chef du gouvernement s'est engagé à appliquer au 1er avril prochain la hausse de la TVA de 3 points, de 5 % à 8 %, préparée par son prédécesseur. Seul inconvénient : la plupart des analystes s'attendent à ce que cela casse complètement la dynamique de consommation.

Etats-Unis

Le contexte budgétaire s'est beaucoup éclairci à Washington. Après avoir paralysé l'Etat en octobre, le Congrès a négocié un accord permettant de le financer pour les deux ans qui viennent. Mieux encore : il a réduit la dose d'austérité programmée cette année. Les efforts de rigueur seront trois fois moindres qu'en 2013. Et, contrairement à beaucoup de pays d'Europe, il n'y aura pas de hausses d'impôt. Le pays n'en a pas réellement besoin : il a engagé l'assainissement de ses finances publiques de manière spectaculaire. Le déficit de l'Etat s'est résorbé de 38 % l'an dernier ! Il ne représente plus que 4,1 % du PIB. Les dépenses sont en baisse, grâce aux coupes dans les dépenses sociales - les allocations chômage notamment. A long terme, les Etats-Unis ne sont pas à l'abri d'une crise de la dette : celle-ci atteint 110 % du PIB et pourrait exploser avec le vieillissement de la population, qui implique plus de dépenses sociales.

Le diable est dans la contrepartie

Le diable est dans la contrepartie


C’est un domaine dans lequel François Hollande excelle : le deal, la contrepartie, la promesse sous condition, l’engagement donnant-donnant. C’est ainsi qu’il a géré le Parti socialiste pendant une décennie, et c’est ainsi qu’il a bâti son actuelle majorité. Ce savoir-faire offre un indéniable avantage : il permet à François Hollande de durer, en promettant successivement aux uns et aux autres, en navigant entre les contraires, en jonglant entre les sensibilités. Mais cette méthode présente aussi beaucoup d’inconvénients : il n’est que de voir le délabrement dans lequel il avait laissé le PS, ou encore le niveau de doute qui s’est installé depuis dix-huit mois au sein de la gauche. Pour ne pas parler de l’état du pays.
C’est pourquoi il faut prendre avec prudence le deal soudain proposé par le chef de l’Etat aux entreprises, ce « Pacte de responsabilité » liant la baisse des charges et des contraintes à une relance des embauches et du dialogue social. D’ailleurs, qui croire ? Le François Hollande qui donne le sentiment dans ses vœux de se convertir à une sorte de réalisme social-libéral, ou celui qui, dans le même discours, continue à affirmer : « J’ai confiance dans les choix que j’ai faits pour le pays », signifiant ainsi qu’il n’a pas l’intention d’en changer ?
Certes, le Medef a eu raison de prendre la balle au bond et de promettre de « participer et s’impliquer activement » dans le processus du « Pacte » : il avait tout à perdre à ne pas tenter le coup. Mais dans un pays où les entreprises ont la rentabilité la plus faible depuis 30 ans, les charges et les contraintes les plus pesantes jamais subies, on aurait aimé qu’au lieu de parler de contrepartie nouvelle, le président de la République dise simplement : « il faut réduire les charges et les contraintes pour que les entreprises puissent embaucher ».

jeudi 2 janvier 2014

Les voeux de Hollande: coup de barre à droite ?


Et si le message de voeux de François Hollande le 31 décembre à 20h annonçait, contre toute attente, un vrai tournant ? Pas un mot pour Jean-Marc Ayrault. Pas un mot non plus sur son "grand soir" fiscal. Hommage aux entreprises quand échoue l'opération "inversion de la courbe" et que l'emploi des Français dépend désormais (à 90% ?) d'elles. L'aveu que la crise a été "sous-estimée" et que les impôts, aujourd'hui, sont "trop lourds". Et surtout -et d'abord- une affirmation, qui peut mener loin: il va falloir "réduire la dépense publique". Pour la gauche, ce sera -ou ce serait- une vraie révolution.   
Il est possible que François Hollande, prisonnier de la "bulle" élyséenne, réagisse aujourd'hui trop tard. Et ne parvienne plus à se faire entendre.    
Il est possible que les actes ne suivent pas, même si Jacques Attali, très inquiet, presse son ami Hollande d'annoncer des "décisions" avant la fin de janvier. Dernière limite, suggère-t--il, si l'on veut éviter que tout craque. 
Il est surtout possible le président de la République, esquissant ce virage social-libéral, ne soit pas suivi demain par les siens, rétifs à pareil "aggiornamento" et refusant de faire passer par profits et pertes les promesses de la campagne présidentielle ("Mon seul ennemi, c'est la Finance"). 
Mais peut-être François Hollande n'a-t-il plus d'autre choix, au point où en sont les choses, que d'imposer à la vieille gauche, qui a longtemps révéré Marx et Guy Mollet, ce quitte ou double: muter ou échouer, muter ou partir.
S'il va jusqu'au bout de ce pari et le gagnait, alors Attali aura eu raison de dire à son ami le président de la République qu'il resterait dans l'Histoire comme un... "très grand président". A la façon du Chancelier social-démocrate Gerhard Schröder, l'homme qui, pour avoir imposé à Allemagne et aux siens la réforme vitale de l'Etat-Providence a désembourbé son pays, perdu les élections et gagné l'estime de ses compatriotes. Mais n'est pas Schröder qui veut. Enfin... sait-on jamais ? 

Du zigzag au tête-à-queue

Du zigzag au tête-à-queue


Tombés de nulle part, ces vœux présidentiels peuvent-ils finir ailleurs que nulle part ? Faute de clarification, la question restait en suspens au lendemain de l’intervention du chef de l’Etat. On avait compris que « Moi Président » s’était fracassé sur le mur des réalités. On observait que le Hollande.2013 menaçait de couler, lesté par un échec – encore inavoué – sur le front du chômage et une crise désormais reconnue « plus profonde » qu’escomptée. A-t-on assisté au soir du 31 décembre à un « tournant intime », le Hollande.2014 assumant un social-libéralisme à mille lieues de l’« esprit du Bourget » ?
Dans les mots, le Président a troqué l’art du zigzag pour la pratique du tête-à-queue. Hier, il s’agissait d’alourdir la charge fiscale sur les seuls riches, au prétexte d’un système « injuste, trop injuste ». Aujourd’hui, il est question de baisser des impôts « lourds, trop lourds ». Hier, créations d’emplois rimaient avec contrats aidés. Aujourd’hui, elles sont, semble-t-il, associées au secteur privé. Hier, les chefs d’entreprise étaient sommés de se contenter du CICE. Aujourd’hui, ils sont invités à négocier de nouvelles réductions de charges, en échange d’embauches. Hier, l’opposition était accusée de vouloir casser le modèle social français. Aujourd’hui, est érigée en priorité élyséenne la chasse à la dépense publique, jusque dans les « excès et les abus » de la Sécu…
Avant lui, d’autres présidents se sont laissés griser par la magie du verbe – sans suite. D’autres ont rêvé d’une politique qu’ils n’avaient pas les moyens de mener. D’autres encore ont eu le courage de réformer contre le dogmatisme de leur propre camp. Qui est-il, le Hollande.2014 ?

"Hollande et la purée mathématique"

L'engagement numéro un du président d'inverser la courbe du chômage n'a été inventé que pour la circonstance. C'est tout simplement du flan !

Formulée la première fois en septembre 2012, répétée jusqu'à l'insistance au point de devenir l'engagement numéro un présidentiel, l'inversion de la courbe du chômage vient de se convertir en gloubi-boulga. François Hollande s'est fendu le 26 décembre d'un communiqué propre à souligner sa modestie face au succès et, du même mouvement, nous remonter le moral : "L'inversion de la courbe du chômage est désormais amorcée."
Sur le coup (très bref, hélas), on respire déjà mieux. Et puis, assez vite, on se demande si notre président ne serait pas victime d'un double, mal inspiré, qui lui coupe régulièrement ses effets ou bien lui souffle que la meilleure façon de passer à la postérité serait de proclamer une version ultra-fabriquée du réel. Première étape du doute absolu : inverser une courbe est une expression qui n'existe pas. C'est le mathématicien Étienne Klein, sur France Inter, qui le démontre aussitôt et affirme que "cette courbe du chômage" a été inventée pour la circonstance. "C'est de la purée mathématique", assène-t-il.
L'annonce n'est que la traduction numérique de la fonction chômeur. Sincère et véridique, le président aurait pu nous dire : "Nous continuerons de notre mieux à diminuer le nombre des chômeurs..." - ou encore : "Nous tenterons l'impossible pour que cette courbe augmente moins vite qu'avant." Mais l'entretien du flou est une volonté hollandaise. Nous a-t-il dévoilé que, depuis 2012, 300 000 chômeurs ont rejoint la cohorte de ceux qui peinent et s'angoissent tous les jours ? Le chiffre officiel, celui de la baisse des demandeurs d'emplois, est en effet aujourd'hui de 17 800 personnes. Ce qui ne veut pas dire qu'ils sont sortis d'affaire.

Calculs tordus

Le calcul est plus complexe. Il est basé, d'une part, sur l'Insee (Institut national de la statistiques et des études économiques), qui publie ses résultats chaque trimestre à partir d'un échantillon de 100 000 personnes "ayant au moins 15 ans, disponibles, cherchant du travail, inscrites ou non à Pôle emploi". D'autre part, selon les critères de Pôle emploi, et la publication mensuelle de ses chiffres, cela correspond à une "personne n'ayant pas eu d'activité pendant le mois et cherchant du travail". En principe, c'est crédible. En réalité, c'est tordu. Parce que Pôle emploi classe les gens en trois catégories, A, B,C.
Si vous voyez une baisse de 20 000 chômeurs en catégorie A, ce n'est pas du tout qu'ils sont tirés d'affaire, c'est qu'ils sont descendus en catégorie B et C - pour exercer dorénavant une activité réduite. Parfois très réduite. Si un prof de maths trouve un petit boulot, deux heures de cours par mois, hop, radié, fini le chômage. Les contrats aidés, en stage ou en formation ne sont pas non plus comptabilisés - moins 16 000 en un mois. Sans oublier une forte hausse des radiations administratives, 11 000 supplémentaires sur novembre, soit faute de s'être "actualisé" soit pour non-réponse à une convocation. Le problème est que la chose (l'administration) étant totalement informatisée, celui qui est en rupture d'Internet - s'il n'a pu payer son abonnement, par exemple - est radié.

Une population entière tachée par les suicides

Les vrais chiffres ? Fin octobre, 4,88 millions de chômeurs étaient inscrits à Pôle emploi en catégorie A, B, C. Ils ne comprennent pas tous ceux qui sont perdus pour les statistiques et le beau discours de l'Élysée. Ceux qui ne se sont jamais inscrits ("on voit bien, à la télévision, les usines qui ferment tous les jours") et ceux qui ont abandonné, dégoûtés de la paperasse inutile à remplir et des interminables tunnels administratifs. Le Mouvement national des chômeurs et précaires voit dans la difficulté et le non-sens des procédures administratives un bon moyen de faire décrocher le chômeur et de l'effacer des statistiques.
Il y a aussi ceux qui meurent tous les jours et ne font plus la queue au guichet. Une personne s'immole tous les 15 jours en France pour cause de chômage. Chacun peut regarder sur Internet Le grand incendie, un webdocumentaire qui raconte ceux qui ne voient plus d'autre issue que la mort et se la donnent le plus souvent sur leur lieu de travail. On en parle à peine. Parce que c'est la population entière qui est tachée par ces suicides. François Hollande devrait adapter son discours, ne plus en faire l'enjeu d'une aura publicitaire avec sa courbe mal ajustée, mais lutter, se battre pour la création ou le rétablissement d'emplois durables. Les seules offres collectées en hausse ont été celles des contrats courts (6 mois) ou très courts (1 mois). Le coût du travail, monsieur le Président, si cela se trouve, est moins élevé que celui d'un chômeur.

2013, l’annus horribilis de François Hollande


Cahuzac, Leonarda, ras-le-bol fiscal, plans sociaux en rafale, une révolte bretonne et une popularité au plus bas : François Hollande a vécu une année compliquée. 2014 pourra difficilement être pire.

Une courbe du chômage au plus haut et une courbe de popularité au plus bas : voici résumée l’année 2013 de François Hollande.

Une popularité au plus bas

Il est le président le plus impopulaire de la Ve République. Il l’a d’ailleurs constaté le 14 juillet, alors qu’il descendait les Champs-Élysées, et le 11 novembre : jamais un président n’avait été sifflé de façon aussi massive lors de ces deux événements. Son impopularité avait été aussi très perceptible lors du déplacement à Dijon, terre pourtant favorable. Là aussi, il a été accueilli par plus de critiques que d’encouragements. Et il restera l’image de cette femme l’apostrophant en lui demandant de « ne pas se marier avec Valérie » parce qu’« on l’aime pas ».

Des scandales

Il a subi l’affaire Cahuzac, avec la démission de son ancien ministre du Budget pour fraude et évasion fiscale en mars. Face à ce scandale retentissant, François Hollande a réagi en imposant la transparence des patrimoines des politiques. Ce n’est pas porté à son crédit.
L’affaire Leonarda est le deuxième scandale qui plombe son année et qui pourrait devenir un marqueur de son image. Son intervention en direct à la télévision pour proposer à la jeune fille – « et à elle seule » – de revenir en France est dévastatrice pour son autorité, déjà contestée.

L’économie ne va pas mieux

« La reprise économique, elle est là » : François Hollande annonce que l’économie du pays va mieux le 14 juillet lors de l’interview traditionnelle du chef de l’État. Il note des frémissements dans l’économie : une croissance un peu supérieure aux prévisions et un ralentissement de la hausse du chômage Mais les chiffres du chômage de novembre sont mauvais et brisent l’élan.
De plus, l’avalanche d’annonces de licenciements et de plans sociaux invalide le discours de l’exécutif. Gad, la Redoute, Darty, Michelin, Alcatel-Lucent, Air France, Natixis, PSA : pas une région et pas un secteur ne sont épargnés. Cela rend inaudibles les quelques bonnes nouvelles

Un ras-le-bol fiscal généralisé

Hausse de l’impôt sur le revenu, réduction de niches fiscales et du quotient familial, hausse des cotisations retraites des salariés pour financer les pensions, hausse du prix du timbre, des transports, du tabac et de la TVA en janvier : le ras-le-bol fiscal a trouvé son apogée avec l’écotaxe et les « bonnets rouges ». Le conseil constitutionnel a censuré 24 articles de la loi de finances mais a préservé l’emblématique taxe à 75 %.

Amateurisme

Reculades, indécision, annonces non suivies d’effet, tiraillements et couacs au sein de sa majorité, rumeurs de remaniement : Hollande n’a cessé d’être critiqué sur sa méthode par la droite et les médias. Il avait prédit lors des vœux 2013 une année difficile, elle lui a donné raison.

Des vœux en forme d’aveux

Des vœux en forme d’aveux


Le fond et la forme : il n’y en avait pas un pour racheter l’autre mardi soir dans ces vœux présidentiels à l’heure de l’ouverture des huîtres du réveillon. Et que dire de cette cravate noire sur costume bleu… mais qui est chargé de sa com ? Que fait Valérie ?
Comme l’ont astucieusement relevé des internautes, moquant le manque de professionnalisme de la communication de l’Elysée, les regards fuyants de Hollande entre le prompteur et la caméra, ses phrases saccadées et sonnant faux, « cet hommage aux effets spéciaux de la télé roumaine sous Ceaucescu était très réussi ».
Dans une posture qui faisait irrésistiblement penser à celle des dirigeants soviétiques des années 70, François Hollande n’a témoigné aucune sensibilité pour les difficultés des Français au dernier soir d’une année particulièrement intenable pour eux.
Les mêmes engagements non tenus qu’il y a un an
Il a repris sur un ton mécanique les mêmes engagements non tenus, qu’il avait formulés quasiment dans les mêmes termes, il y a un an, le 31 décembre 2012 : inversion de la courbe du chômage, retour de la croissance, stabilité fiscale. Pas le moindre changement de cap. Ni l’augmentation du chômage, ni l’appauvrissement des Français asphyxiés par le matraquage fiscal et le recul économique, ni son échec politique constant n’existent. Rien de la colère des millions de Français dans la rue en 2013, rien des taxes ni de la TVA, de la crise et des mouvements de protestation d’à peu près tous les secteurs, rien des problèmes réels, immédiats comme l’augmentation de la délinquance, l’invasion des Roms (au point que dans une majorité de communes françaises à trois mois des municipales, cette question est considérée comme celle qui vient en tête des préoccupations des électeurs) qui va encore être aggravée par l’ouverture totale de notre marché du travail aux ressortissants roumains et bulgares.
Hollande a préféré réaffirmer son « intransigeance » face au racisme et à l’antisémitisme de… Dieudonné. C’est l’urgence. Quel combat !
Récidiviste de l’inertie
« Si ces vœux étaient sincères, ils étaient surtout stériles », a estimé Geoffroy Didier, secrétaire général adjoint de l’UMP. « François Hollande s’est ainsi affiché ce soir comme un récidiviste de l’inertie, prouvant une nouvelle fois qu’il préfère les pansements aux réformes et l’immobilisme au courage. » Stériles et « pathétiques » pour NKM, « en forme d’aveux » pour Morano.
Tandis que Marine Le Pen rappelait que ces vœux sont devenus « l’allocution du gouverneur de la province France » :
« Le président feint d’ignorer les problèmes essentiels que pose notre asservissement à l’union européenne et à l’Allemagne. Il refuse d’aborder la question centrale des frontières, économiques et migratoires. Au contraire, il méprise cette question, en moquant les “vieilles frontières” de la France, celles pour lesquelles sont tombés des millions des nôtres. Quel scandale ! Il s’enferme dans une vision archaïque de l’Europe, prétendant qu’elle nous protège, alors qu’elle nous saigne. »

samedi 28 décembre 2013

Les défis au christianisme en France


- Le réseau Riposte Catholique est un portail catholique très connu en France qui a pour l’objectif d’informer ou plutôt de réinformer ses lecteurs sur l’actualité du catholicisme en France.

Le rédacteur en chef de ce réseau est Daniel Hamiche qui a aimablement consenti de répondre aux questions de La Voix de la Russie.
VDLR. Aujourd’hui on voit se produire le processus de la libéralisation de l’Eglise catholique même au niveau du Vatican. Par exemple, nous nous rappelons très bien le discours du pape François sur la tolérance envers les homosexuels, les divorces et les avortements. La question du mariage des prêtres est relancée. La France a été toujours un pays chrétien depuis Clovis et elle occupait à mon avis la place particulière dans le monde chrétien. Quelle est la position des chrétiens français vis-à-vis de ce processus?
Daniel Hamiche.Il y a effectivement une crise aujourd’hui dans l’Eglise catholique mais en ce qui concerne des rumeurs ou des interprétations qui ont circulé autour des récentes déclarations du pape François, je crois qu’il faut revenir à la vérité des choses. L’église catholique ne changera pas sa position sur la question du mariage des prêtres et sur le côté sacré du mariage. Elle a certainement le devoir d’appliquer des pastorales particulières, par exemple pour les personnes homosexuelles mais pour autant elle ne reconnaîtra jamais le mariage homosexuel. Il faut être très prudent sur les rumeurs de presse qu’on peut lire ici et là, la position et la doctrine du dogme catholique ne changera pas. Pour ce qui est de la France, il est évident qu’aujourd’hui la foi connaît de graves attaques. Les chrétiens aussi sont de certaine manière persécutés en France. Nous sommes dans une crise de la foi et dans une crise de l’Eglise en Occident et particulièrement en France qui se traduit bien sûr par la baisse de la fréquentation des lieux de culte, la baisse d’entrée dans les séminaires et donc conséquemment par la baisse du nombre des prêtres qui sont ordonnés chaque année. Alors, il y a un renouveau qui est en train de se passer en France chez les catholiques, des jeunes générations arrivent qui n’ont sans doute pas tous les préjugés qui avaient peut-être des précédentes générations et il y a une espèce de pré-printemps comme disaient plutôt les Allemands
VDLR. On prétend que le christianisme, en Occident, vient d'affronter une terrible crise de la foi. Pourtant on révèle l'intérêt significatif des Français pour la spiritualité: les jeunes commencent à s’intéresser à la religion de plus en plus. Selon vous, quelles questions ils posent aujourd’hui à l’église et est–ce qu’elle est capable d’y répondre?
Daniel Hamiche. L’église catholique a les réponses tout à fait appropriées aux jeunes. La question, c’est toujours la transmission de ces réponses qui fait problème. Il y a un déficit de «communication» des messages de l’Eglise. Il y a trop de filtres, trop d’écrans qui empêchent à l’Eglise de faire passer son message aujourd’hui notamment aux jeunes Français et ces écrans, nous les connaissons, sont les écrans matériels et immatériels. Ce sont les mass-médias dans leur écrasante majorité qui sont porteuses des contre-valeurs dans notre société, c’est l’Etat lui-même qui est extrêmement laïcisé au point qu’il est devenu laïciste avec l’arrivée au pouvoir de M. Hollande et du gouvernement de M. Ayrault. C’est la plus belle collection des personnages antichrétiens qu’on a jamais vu dans un gouvernement français depuis sans doute la révolution française ou peut-être certains gouvernements de la Troisième République de la fin de XIX siècle.
VDLR. M. Hamiche, ne croyez-vous pas que la vandalisation des églises par les représentants d’un islam dénaturé communément désigné par le terme «islamisme» est le résultat direct de la politique laïcarde menée par la France ces quarante dernières années ?
Daniel Hamiche. C’est vrai qu’il y a en France un phénomène d’islamisation de la société. Pour les raisons qui sont trop longues à expliquer il y a actuellement une faveur à accorder aux revendications des musulmans en France alors que le gouvernement, les pouvoirs publiques n’ont pas l a même sollicitude pour les chrétiens. Toutefois, en matière de profanation d’Eglise, par exemple, des profanation des dômes chrétiens qui en sont par dizaines, des centaines en France, les musulmans ou les islamistes sont extrêmement minoritaires dans ces actes et il y a eu des profanations d’églises qui sont fait par des musulmans mais c’est minoritaire. Les principaux vecteurs de ces actes de christianophobie viennent plutôt des groupes anarchistes d’extrême-gauche qui sont extrêmement nombreux en France avec très souvent l’aveuglement et le refus de voir ces actes par l’Etat et un manque de la protection des lieux de culte par les pouvoirs publics.
VDLR. Comment vous expliquez-vous le silence des autorités – celui de M. Valls notamment et de toute l’équipe Ayrault en général – face aux actes blasphématoires perpétrés contre les lieux de culte chrétiens, cimetières y compris?
Daniel Hamiche. Je crois qu’il y a à la fois un gouvernement qui est actuellement aux affaires en France, un mépris et une haine pour les chrétiens qui est expliquée et exprimée par de nombreux ministres. Par exemple, monsieur Peillon, qui est le ministre de l'éducation nationale a dit qu’on ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique.» Et on a vu la façon dont les elus de gauche ont traité les responsables de l’Eglise catholique en France lors du débat sur le dit «mariage pour tous ».
VDLR. Merci, monsieur Hamiche, pour cet entretien aimablement accordé.

Monsieur petites blagues

Monsieur petites blagues


« Il exprime ses sincères regrets pour l’interprétation qui est faite de ses propose et en fera directement part au Président Bouteflika » - cette déclaration publiée sur le site de Elysée dimanche soir a étouffé l’incendie diplomatique qu’avait provoqué François Hollande.

Connu pour son humour le président Français s’est permis de faire une blague lors de son discours dans le cadre du 70ème anniversaire du CRIF le 16 décembre, qui apparemment n’a pas été apprécié par tout le monde :
« Madame Lagarde des seaux qui ne m’a pas quitté au moins depuis 8 jours, et que je retrouve avec bonheur ce soir de retour de Guyane. Monsieur le ministre de l’intérieur qui va me quitter peut-être pour aller en Algérie. Il en revient, sain et sauf. C’est déjà beaucoup».
La réaction de l'Algérie ne s'est pas faite attendre. La presse locale et les politiques algériens ont accusé Monsieur Hollande de donner par sa blague une mauvaise image de la sécurité dans leur pays. Samedi soir le ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra a estimé que la plaisanterie du Président français était un “accident regrettable” et qu’il souhaite tourner la page. Monsieur Lamamra a trouvé l’humour « hollandais » maladroit :
« Le sens de l’humour peut, j’allais dire, apporter une valeur, donner une valeur ajoutée au sens des responsabilités lorsqu’il s’exprime avec de l’élégance, avec de la mesure. A l’inverse le sens de l’humour peut être le générateur le moins-value lorsqu’il abouti à suggérer que la réalité ne serait pas celle qui sont à la portée de tous et qui peuvent être vérifiée par tous. »
Donc l’Algérie a pris “avec satisfaction” les excuses du président François Hollande. Particulièrement le ministre des Affaires étrangers a remarqué les sentiments d’amitié que la France porte à l’Algérie et le grand respect pour son peuple. Le scandale diplomatique semble être réglé.
Mais on sais jamais sur quel terrain va tomber le fameux savoir blaguer de Monsieur Hollande. A l’époque de sa campagne présidentielle on voyait dans son sens de l’humour une véritable arme politique. Mais en tant que Président cette arme a commencé à se retourner contre lui. Les journalistes ainsi que les députes de l’UMP se souviennent toujours l’une de ses premières plaisanteries au cours du salon de l’Agriculteur en 2013 à Paris. Sur la remarque d’une petite fille qu’elle n’avait jamais vu Sarkozy, le nouveau président lui a promis qu’elle n’allait plus jamais le voir. Amusant pour Hollande, honteux pour les militants de droite. Pour « monsieur petites blagues », comme à l’époque on l’appelait au sein du Parti socialiste, l’humour et la politique ne font pas toujours bon ménage.

L’incantation

L’incantation

Alors que les dernières statistiques sont désastreuses,  le Premier ministre déclare "Nous allons gagner la bataille du chômage". Cette intervention nous rappelle le slogan du gouvernement français en 1940, imaginé par Paul Reynaud: "Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts". La débâcle est toute proche: hausse vertigineuse des prélèvements obligatoires, effondrement de l’investissement, des créations d’emplois et des bénéfices des entreprises. Mais au bord de l’abîme, il reste le verbe, l’illusion, la propagande: "nous allons gagner". Quelle sera la traduction, dans le champ de la politique, d’une catastrophe économique et sociale de cette ampleur? La seule chance de l’équipe au pouvoir serait un changement de cap radical, à l’image de celui qu’avait engagé Mitterrand en 1983, renonçant aux folies démagogiques de la dépense à tout va et de la sur-fiscalisation pour adopter une gestion rigoureuse de l’économie française, incluant des réformes salutaires qui n’avaient jamais été accomplies jusqu’alors (le découplage des salaires et de l’inflation). Or, nous ne sentons chez les dirigeants actuels, ni le courage, ni la volonté, ni la lucidité, ni le sens des réalités et de l’intérêt public, encore moins l’intelligence qui pourraient les inciter à reconnaître leurs fautes et à  prendre une autre direction. Ceux-là nous donnent le sentiment de n’avoir aucune autre perspective que de s’accrocher, comme des huitres, le plus longtemps possible, à leur rocher. Dès lors, le pays va continuer à s’enfoncer en 2014, pour la plus grande joie des mouvements protestataires, uniques bénéficiaires électoralistes du désastre français. La grande leçon de cette expérience tragique: on n’improvise pas une politique à la tête d’un pays. L’accession au pouvoir et son exercice sont deux choses radicalement différentes. Parler et décider – assumer des responsabilités –  relèvent de logiques opposées. Puisse l’opposition en prendre conscience en 2014 et s’organiser en conséquence: trois années ne seront pas de trop pour préparer l’alternance de 2017.

Nouveau record de l’euro : quand les Allemands parlent, la monnaie commune monte et... l’activité européenne trinque : les graphiques pour ceux qui en doutaient encore


Jens Weidmann, président de la Bundesbank, enfonce le clou de l’austérité et permet ainsi à l'euro de toucher son plus haut depuis 2 ans et demi, tout en venant fragiliser François Hollande dans ses tentatives de redressement. Dans de telles circonstances, la France semble bel et bien prête à retrouver la récession.
Jens Weidmann, Président de
la Bundesbank, vient encore de frapper.  Le très populaire quotidien allemand "Bild" relate ses propos : "la faible inflation que nous connaissons aujourd’hui dans la zone euro ne doit pas permettre de justifier une politique monétaire accommodante". En effet, comme cela est présenté ci-dessous, le niveau d’inflation subit un effondrement depuis la mi-2011 qui tend à rapprocher la zone euro de la déflation.
Selon Bild, Jens Weidmann fait part de son inquiétude de voir la pression de "l’austérité" se relâcher sur les gouvernements européens en raison de la politique menée par la BCE. Celle-ci rendrait les choses trop faciles. Et ce alors même que c’est grâce au soutien monétaire de la BCE que l’Allemagne a pu se réformer au cours des années 2000. Weidmann ne se repose jamais et l’euro a pu réagir immédiatement à de tels propos : la monnaie unique se traite à son plus haut niveau depuis plus de 2 ans, touchant le niveau de 1.3893 dollar pour un euro au cours de la séance du 27 décembre. Le Président de la Bundesbank ne semble avoir que faire d’un faible taux l’inflation synonyme de croissance atone. Car plus de croissance, l’Allemagne n’en a pas besoin, le plein emploi est atteint et tant pis pour les "partenaires" européens.
L’emballement des cours de la monnaie unique, suite aux propos relatés par Bild, laisse peu de doute sur l’origine de ce record. L’euro finira ainsi 2013 en qualité de devise la plus "performante" de l’année notamment en raison de cette si faible inflation qui vient renforcer l’attrait des investisseurs pour ce qui est aujourd’hui perçu comme une valeur refuge, un nouvel étalon or. Et ce sont bien les chômeurs européens qui rendent cette monnaie si attractive. Leur poids à la baisse sur les salaires et les prix permet de contenir les chiffres de l’inflation. La conséquence de cette faible activité européenne est d’offrir à la zone euro le rang du plus sérieux rempart face à toute hausse des prix, un sanctuaire. Ce qui ravit les investisseurs à la recherche du plus faible risque possible qui privilégient dès lors les emprunts d’Etat. Les faibles niveaux d’intérêts de la zone euro sont bel et bien le résultat de cette politique du pire.
Le Yen s’écroule face à l’euro
De la même façon, face au Yen japonais, l’euro s’est apprécié de plus de 25 % en une seule année, ce qui permet de mettre en perspective l’efficacité d’une politique monétaire (au Japon) face aux résultats produits par la politique d’austérité menée en Europe, et plus particulièrement par le flou entretenu sur la politique économique Française. Cette hausse de la monnaie unique atteint 43 % sur les deux dernières années face au Yen.
François Hollande face à une nouvelle récession ?
Après la publication des chiffres de l’emploi du mois de novembre, François Hollande se retrouve coincé dans un étau. La hausse de l’euro vient enterrer tout espoir de reprise rapide de l’activité et tout espoir de création d’emplois. Cette réalité peut s’observer sur les données en temps réel délivrées par le site Now-Casting, qui retrace en temps réel l’activité économique de la zone euro :
Le constat est clair. Le rebond tellement espéré a fait long feu et la tendance est à nouveau à la baisse. Le plus inquiétant étant de rappeler que selon l’institut Markit, la France est aujourd’hui l’homme malade de l’Europe et cet homme entraîne la zone euro vers le bas. "Les dernières données PMI flash composites dressent un tableau inquiétant de l’économie française en cette fin d’année 2013. Après le retour à la contraction observé en novembre, la baisse de l’activité s’accélère en décembre, tendance résultant d’un recul des nouvelles affaires que les répondants attribuent à la réticence de leurs clients à engager de nouvelles dépenses. Une moins grande frilosité des clients s’avère donc essentielle pour éviter un nouveau recul prolongé de l’activité des entreprises du secteur privé français en 2014."
De son côté, Hans Werner Sinn, président de l‘institut IFO et économiste le plus influent en Allemagne, a récemment fait part de ses prévisions pour 2014 : L’Allemagne captera seule l’ensemble de la croissance européenne, laissant la zone euro a une position de stagnation alors que la France devrait persister dans la voie de la récession.
Le décollage de l’euro de ce 27 décembre ne va pas aider à remonter la pente.  En effet, la hausse de la devise européenne est bien le fait de la menace qui pèse sur la BCE de voir le président de la Bundesbank presser le conseil des gouverneurs, pour en finir avec ce qu’il estime être une politique accommodante.
Pourtant, une politique monétaire ne pourrait être qualifiée d’accommodante que si l’ensemble de la zone euro était en situation de plein emploi et que la croissance battait record sur record. Ce qui n’est évidemment pas le cas, mais presque celui d’une Allemagne confrontée pour la première fois depuis plusieurs décennies à cette situation de plein emploi. L’inflation devient alors une menace crédible, non pour la zone euro, mais pour l’Allemagne. Encore une fois, le Président Weidmann marque son territoire en négligeant totalement le sort des 19.5 millions de chômeurs de la zone. Seules comptes les réformes. Ici encore, c’est François Hollande qui est immédiatement visé.
Cette prise de parole ne survient pas de manière hasardeuse car la récente victoire électorale d’Angela Merkel et le renoncement de l’opposition à venir influer sur la politique européenne menée par la Chancelière n’ont fait que renforcer la volonté Allemande de poursuivre, et d’approfondir l’austérité dans la zone euro. Cette sortie médiatique vient donner le ton de ce que sera  la politique prônée par Berlin ; l’austérité et rien d’autre.
Dans de telles conditions, le Gouvernement Français est aujourd’hui confronté à une situation économique qui ne devrait subir aucune amélioration au cours des prochains mois, et devrait plutôt confirmer le retour en récession de son économie. Les prochaines échéances électorales dans le viseur, il ne reste plus grand-chose à espérer pour François Hollande. A moins que ce dernier ne se décide enfin à agir en répondant par exemple avec la plus grande fermeté au Président Weidmann (qui vient de démontrer au passage que sa parole est plus suivie que celle du président Français) et venir bousculer les certitudes macroéconomiques allemandes.

La Suisse restera-t-elle la vieille fille de l'Europe?

C’est un avantage de mon métier, je voyage beaucoup.
Cette année, je passe une grande partie de mon temps au Portugal. Une grande et belle nation au bord de la faillite, comme l’Espagne, la Grèce, l’Italie. Quatre pays qui partagent une identité commune : ils sont européens. Ils font partie de l’Europe. Et nous, toujours pas. Et plus la crise avance, plus on entend en Suisse les uns se féliciter de ne pas être tombés dans le panneau, les autres d’avoir su, d’avoir vu avant tout le monde les risques inhérents à cette belle utopie collective. Nous avons, encore une fois, trouvé le moyen d’avoir le beurre et l’argent du beurre. Un peu d’Europe utile à l’économie via les bilatérales, mais pas les tracas des responsabilités collectives. C’est gênant.
Pas encore le droit de vote
Ce sentiment désagréable que je porte depuis quelques temps, un ami, suisse comme moi, a su le mettre en mots l’autre jour. Nous tentions alors d’expliquer à un troisième camarade - français – pourquoi nous n’avions que très rarement pu ressentir ce sentiment que lui vit fréquemment : la fierté d’appartenir à son pays. Mon ami et moi sommes d’une génération qui n’avait juste pas atteint la majorité civique en 1992, lors du vote populaire pour entrer dans l’EEE. Nous avions alors nos consciences politiques naissantes, nos rêves, nos utopies de jeunes gens à l’orée de leur vie d’adulte. Mais pas encore la possibilité d’être acteurs de ce qui se déroulait sous nos yeux.
Si frileuse Suisse
La jeunesse suisse, ce jour-là, a rêvé d’intégrer l’Europe, symbole pour nous d’une ouverture, de voyages, d’échanges erasmus, d’un champ de possibles inestimable. Les adultes ont voté. Les adultes nous ont dit « non, tu restes au jardin, tu sortiras dans le monde plus tard». Nous sommes restés au jardin, dociles, et par la suite on nous a construit un petit corridor clôturé pour aller la voir de plus près - mais pas de trop près - cette Europe. Je pense que ce refus d’entrer dans l’EEE a déterminé ce rejet de notre génération envers un pays trop prudent, si peu aventurier. Comme le dit si justement mon ami, notre rapport compliqué à la Suisse, cette profonde déception et cette colère envers ce pays sont passablement liés à cet épisode.
Europe en crise
Aujourd’hui que l’Europe va mal, je sens ce sentiment se réveiller, car je me sens encore une fois impuissante, comme je le serais face à une voisine malade pour laquelle je ne pourrais pas grand-chose. Encore une fois, exclue de l’aventure, de l’Histoire. L’Europe est un mariage improbable, mais comme tous les mariages c’est une idée un peu folle, qui nécessite solidarité et persévérance, surtout dans les moments de crise.
La Suisse restera-t-elle donc à jamais une vieille fille ?


vendredi 27 décembre 2013

Chômage : le rendez-vous manqué

Chômage : le rendez-vous manqué


La méthode Coué a ses limites. En persistant, depuis hier soir, à répéter que l’inversion de la courbe du chômage est « bien amorcée », le président Hollande et son ministre du Travail, Michel Sapin, font preuve d’entêtement, à tout le moins. Messieurs, allez donc expliquer aux 17 800 personnes supplémentaires qui se sont inscrites à Pôle emploi en novembre que la situation est en train de s’améliorer parce que derrière l’augmentation du nombre de chômeurs en France, il faut en conclure que diminution il y a !
Tout élu responsable, au premier rang duquel le président de la République, connaît l’importance des symboles. En promettant, au printemps dernier, l’inversion de la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année, François Hollande savait qu’il serait jugé à partir des données disponibles à la Saint-Sylvestre, et donc sur les chiffres arrêtés fin novembre. Quelle que soit l’interprétation de l’exécutif, le verdict est sans appel : la situation de l’emploi ne s’améliore pas, malgré un recours massif aux emplois aidés.
Bien sûr, on attendra le 27 janvier, date de publication des chiffres de décembre, pour dresser un constat définitif. Mais le chômage semble être traité au rayon bricolage : heureux bug en août entraînant une méchante correction en septembre, embellie en octobre et rechute en novembre… Il n’y a qu’à l’Élysée ou du côté de Bercy que l’on en déduit que la France est en train de renouer avec une reprise durable de l’emploi et son corollaire, le retour de la croissance. Les Français, eux, constatent toujours que les plans sociaux s’enchaînent à grande vitesse et que l’activité économique reste atone. Ce qu’a confirmé l’Insee la semaine dernière, pronostiquant une « reprise poussive » de l’économie française début 2014, marquée par une « quasi-stabilité » du chômage au 1er semestre avant de repartir légèrement à la hausse.
Si le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) est une mesure plutôt positive, il n’est en rien l’alpha et l’oméga d’une politique économique. Or, en matière d’emploi, le gouvernement est en position d’attente. Comme si la situation allait se redresser toute seule. Certes, le projet de loi sur la formation professionnelle contient des éléments intéressants. Mais il manque à l’exécutif un plan d’ensemble. Comme sur tous les dossiers de la présidence Hollande, serait-on tenté d’écrire.

BOÎTE À OUTILS

BOÎTE À OUTILS


François Hollande a un problème : il lui reste plus de trois ans à tenir. Certes, son mentor François Mitterrand professait de donner du temps au temps, mais face à la dureté persis-tante de la crise, le capitaine doit avoir des sueurs, la bar-re lui glissant sous les mains. Une nouvelle démonstration a été apportée hier avec la publication des chiffres du chômage. Ceux de novembre étaient positifs. Du jamais vu depuis plus de trois ans !
À observer les leaders socia-listes imprudents se friser les moustaches toute la journée, on attendait des chiffres flat-teurs. Le Président tenait son objectif. Du moins jusqu’à 18 h et la publication du chif-fre… de la hausse. Le balan-cier reparti dans l’autre sens, l’Élysée a maintenu une com-munication optimiste, souli-gnant sans barguigner que « l’inversion de la courbe du chômage est bien amorcée ». Une baisse non confirmée équivaut donc à une inver-sion bien amorcée. Face à ce qui ressemble au mieux à une stabilisation, peut-être eut-il été plus pertinent de parler de décélération de la hausse. Quoi qu’il en soit, le père Noël a intérêt à livrer fissa à l’Élysée une nouvelle boîte à outils, et pas de la quincaillerie chinoise !
Car l’heureux élu a intérêt
à les empoigner avec ardeur et à se cracher dans les pognes pour innover à la fois dans la bataille pour l’emploi et dans la composition d’une équipe sur le terrain qui ne chôme pas !

Le grand déni : quand l'obsession française pour les chiffres du chômage cache la défaite intellectuelle du renoncement au plein emploi

Contrairement aux prévisions optimistes, les chiffres du chômage ont continué d'augmenter au mois de novembre avec 17 800 demandeurs d'emploi en plus, soit une hausse de 0,5%. Un fait qui s'inscrit dans une longue suite d'échecs français en matière de politique de l'emploi.

Alors que les chiffres de l'emploi pour le mois de novembre 2013 viennent d'être publiés, la fameuse promesse d'inverser la courbe du chômage voit sa crédibilité se réduire comme peau de chagrin. Un fait que l'on peut déplorer mais qui révèle des enjeux qui dépassent largement la simple sphère médiatique et politique. Peut-on tout d'abord commencer par définir quelles seront les perspectives de l'emploi pour 2014 ?
Pauvre con  Incapable de gouverner, démissionne !

Nicolas Goetzmann : Cette question mérite que l’on s’attarde un peu sur le déni du Gouvernement et du Président sur la réalité. Lorsque François Hollande s’empresse de réagir à la publication des chiffres de novembre, à savoir de la hausse de 0.5 % du chômage, en déclarant "l'inversion de la courbe du chômage est bel et bien engagée" ; il y a une rupture. Cette promesse politique avait été soigneusement pensée et  répétée à de nombreuses reprises justement parce que le Président y croyait fermement. C’est-à-dire que l’action politique qui a été engagée devait permettre cette inversion de la courbe du chômage. Cette certitude reposait sur le diagnostic économique du parti socialiste qui lui-même reposait sur la croyance du caractère cyclique de cette crise. C’est cette faillite absolue du diagnostic du PS qui éclate au grand jour, de façon publique, et malgré tout le président persiste.
Le pouvoir se détourne de cette réalité et ne se raccroche plus qu’aux branches de la communication pour tenter de sauver la face. Le contexte exigerait une reprise en main, il ne s’agit même pas d’une demande de mea culpa, mais simplement d'une prise de conscience. Mais celle-ci semble trop douloureuse à porter pour pouvoir s’en emparer.
Malheureusement pour 2014 et en persistant avec ce même diagnostic cyclique, le président ira d’échecs en échecs, il n’y a aucune raison que le patient France guérisse dans de telles circonstances. De son côté Michel Sapin s’est presque félicité, en trouvant la statistique qui lui plaisait le plus, de rappeler que le chômage baissait depuis 3 mois sur un rythme de 1 350 chômeurs par mois. A ce rythme il faudra 203 ans pour résorber le chômage, et malgré cela, le ministre semble satisfait. Ce type de déclaration ne mérite même plus d’être commenté.
François Hollande peut-il finalement dire, comme François Mitterrand en son temps, qu'il a "déjà tout essayé contre le chômage" ?
Nicolas Goetzmann : Évidemment non. Mais la phrase de François Mitterrand est symptomatique du renoncement dont je parlais, et c’est ce qui est de plus grave. François Hollande a commis une effroyable erreur de diagnostic de cette crise en ne cherchant pas la cause de celle-ci. Il s’est contenté de traiter les conséquences, c’est-à-dire en essayant de trouver une solution pour les chômeurs.  Il écope le navire mais ne répare pas la faille béante dans celui-ci.  La situation est pathétique, insoutenable.
Cette plaie béante, c’est la dramatique contraction de la demande intérieure en France et en Europe, et qui est provoquée par un mandat inadapté de la Banque centrale européenne. Les Etats-Unis, le Japon, le Royaume-Uni ont tous diagnostiqué ce problème et y ont remédié. Les résultats sont sans appel, 7 % de chômage aux Etats-Unis, 7.4 % au Royaume-Uni, et 4 % au Japon, et ne parlons même pas des derniers chiffres de la croissance aux Etats-Unis (4.1 % au dernier trimestre), ce serait indécent.
La réalité est que rien de sérieux n’a été mis en œuvre pour lutter contre le chômage. Il est vraiment trop tôt pour baisser la tête lorsqu’on n’a rien tenté. La première chose à faire serait de modifier le diagnostic, mais pour cela, il faudrait que le Président parvienne à une conclusion : il s’est trompé. Aujourd’hui il a le choix de persister dans son erreur, ou d’assumer le restant de son mandat en  montrant qu’il est capable d’évoluer, et de désavouer son ancienne approche. Malheureusement le communiqué de l’Elysée ne plaide pas en ce sens.
En termes de lutte contre le sous-emploi, peut-on déjà commencer à faire un bilan de cette année 2013 ?
Nicolas Goetzmann : Pour 2013, le Président est comptable d’une hausse de 5.6 % du chômage, soit 176 000 chômeurs de plus sur la seule catégorie A. A titre de contre-exemple, le chômage aux Etats Unis a baissé de 30 % en 3 ans, simplement pour rappeler qu’il existe des politiques efficaces, que le politique peut agir et que le chômage n’est pas une fatalité. 
Mais les politiques mises en œuvre en France ne sont que des politiques défensives contre un mal qui est effectivement envisagé sous l’angle de la fatalité. Les emplois aidés, la réduction du temps de travail, toutes ces mesures ne sont qu’une réaction contre l’abandon d’une politique totalement oubliée : la poursuite du plein emploi. Et pourtant, économiquement, rien ne saurait justifier un tel abandon. Rien que sur le champ sémantique, le gouvernement a déjà perdu la bataille en annonçant vouloir "lutter contre le chômage" plutôt que de poursuivre une politique de plein emploi. Le défensif s’est substitué à l’offensif, et les réformes ne sont pas du tout les mêmes dans les deux cas. Avec ce choix de mots, la France renonce au plein emploi, et c’est bien cela qui est le plus insupportable. Le résultat est une politique de boutiquier.
Aucun secteur marchand ne recrute dans le pays, seules les collectivités publiques et les associations y parviennent, c’est-à-dire que les emplois aidés sont la seule ressource du gouvernement en matière de chômage. Je le répète, la seule solution proposée au pays pour tenter de résorber le chômage est l’emploi aidé, ce qui est de fait la totale négation de ce que peut le pouvoir politique en matière de politique économique.
Christophe De Voogd : Je commencerais par dire que la communication "optimiste" du gouvernement depuis le début de la semaine échoue sur la réalités des chiffres, malgré tous les efforts de présentation alambiquée des résultats de novembre. Il serait peut- être temps d'arrêter les effets de rhétorique et de "com" : la "baisse tendancielle de la dégradation", "l'amorce progressive de l'amélioration" et autres "c'est moins pire que si c'était plus grave" ne sont plus de saison. 
Seule est vérifiée l'aggravation du chômage en France d'environ 6 % sur un an, +12 % depuis 18 mois. Et ce, peu ou prou, pour toutes les catégories statistiques, à un rythme nettement plus fort que dans la période précédente (+30 % en moyenne mensuelle). Ce qui suffit à dissiper le leitmotiv de "l'héritage", même si les problèmes structurels de l'économie française existaient déjà, évidemment. L'actuel gouvernement n'a fait que les aggraver. Ce qui n'exclut pas, comme je l'ai dit antérieurement, une "inversion de la courbe du chômage"... de temps à autre... qui sait ? Le mois prochain peut-être...
Mais dans un pays où les destructions nettes d'emplois continuent (là encore, depuis 18 mois), la baisse du chômage ne peut être qu'un artifice administratif. Le vrai enjeu est celui de la compétitivité de l'économie. Point barre.

La politique des emplois et des contrats aidés a été au centre de la stratégie Hollande contre le chômage. Ne peut-on pas dire paradoxalement que ses effets ont été contre-productifs ?

Christophe De Voogd : N’oublions pas tout d'abord que ces contrats ne sont pas une exclusivité de la gauche : il y en a eu jusque 40 .000 sous Nicolas Sarkozy. A quoi s’ajoutent désormais emplois d’avenir et contrats de génération : 100 000 à ce jour.
Les estimations du coût varient car il dépend du nombre, du type de contrats signés et de la nature de l’employeur ; en effet les règles diffèrent entre secteur non marchand et marchand !  Pour les emplois d’avenir le coût moyen est d’environ 11 000 euros par an, d’après l’Institut de l’entreprise. Le consensus est qu’à plein régime, le dispositif coûtera en 2014 dans les 3,3 milliards d’euros ; et il s’agit là de dépenses annuelles, donc récurrentes.
Quant au coût unitaire par emploi aidé, il  est certes bien inférieur au coût du même emploi, s’il s’agissait d’un emploi public "normal", d’autant qu’il s’agit de temps partiels. Mais c’est l’expression "emplois créés" qui pose problème : il faudrait enfin comprendre en France que l’État ne crée, économiquement parlant, aucun emploi ! il crée des impôts - ou de la dette -  qui lui permettent de financer des emplois. Seules les entreprises créent de l’emploi à partir de la production de richesses marchandes. Fait économique élémentaire mais qui reste largement ignoré dans notre pays, à gauche et même à droite ; et même chez certains économistes….
La réponse découle logiquement de ce qui précède : ce qu’il faut apprécier,  c’est le coût non pas pour l’État, mais pour l’économie, de ces dispositifs : autant de charges supplémentaires sur les contribuables actuels ou futurs, d’autant que ces emplois sont essentiellement non-marchands ; donc autant de freins supplémentaires à notre compétitivité déjà si mal en point. Pour les bénéficiaires de ces emplois, ils peuvent y trouver une bouffée d’oxygène bien nécessaire mais gare à l’illusion : ces CDD ne conduisent que très rarement à un emploi marchand. L’expérience des années Jospin, toujours rappelée, est un leurre car les débouchés obtenus l’ont été dans le secteur public et parapublic. Pérennisation de l’emploi qui signifie en fait  pérennisation des charges pour la société. Nous n’en avons plus les moyens. Certains, comme Bertrand Martinot dans son récent ouvrage "Chômage : inverser la courbe" vont même jusqu’à dire que ces emplois aidés pourraient être contreproductifs pour les intéressés en entretenant l’illusion de leur employabilité.  La vraie réponse au chômage des  non qualifiés est d’abord  la formation professionnelle : à quand l’ouverture du chantier ? 

Le mensonge, n'est il pas un délit ?
Ce gouvernement nous ment depuis le début. Tout ce qui arrive était prévu, et ce qui reste à venir est prévu.... Ils ont prétendu prendre la responsabilité des affaires... ils n'ont pris que les bonnes places au chaud. Ils vont encore dire "responsables mais pas coupables"... et si on leur coupait la tête ??? et si on leur prenait leurs biens ??? et si on arrêtait d'être pris pour des cons ??? hélas, y a peu de chance.