mardi 4 juin 2013
Le bal des archaïques
Le bal des archaïques
Le déclin de notre Vieux Monde est-il inéluctable ? Rien ne permet de dire que nous sommes condamnés au sort de la société maya ou de la Grèce mycénienne, mortes sur pied.
Certes, nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. Et depuis que le grand Paul Valéry a écrit cela, au début du siècle dernier, nous autres Français ne le savons que trop, nous ne cessons même de le ressasser.
Mais c'est ce savoir qui peut nous sauver, comme le note le grand analyste du déclin des civilisations Jared Diamond en conclusion de son impressionnante somme, Effondrement (1). Il mise sur notre "intelligence du temps et de l'espace" pour retourner les choses.
Ouvrir les yeux suffirait, selon lui, à nous sauver : en nous informant sans cesse de tout ce qui se déroule à l'autre bout de la planète, la mondialisation, en partie responsable de notre déclassement, devrait nous aider à remonter la pente. Encore faut-il avoir l'humilité de tirer les leçons des réformes qui réussissent et, apparemment, ça ne va pas de soi, du moins pour nous.
Il est heureux que certaines de nos éminences politiques, à commencer par le président de la République, aient enfin pris la mesure de ce qui se passe outre-Rhin et reconnaissent qu'il y a des leçons à tirer du train de réformes du chancelier social-démocrateGerhard Schröder, à l'origine de la résurrection économique allemande. C'est heureux, mais ce n'est pas suffisant.
Le mal est à l'intérieur de nos têtes, où règne un mélange d'aveuglement, d'ultraconservatisme et de pensée magique. À M. Sarkozy, qui avait décrété la croissance, a succédé M. Hollande, qui la promettait en attendant que, demain, la droite nous la fasse à nouveau miroiter, et c'est ainsi depuis 1981, avec les résultats que l'on sait.
Ce sont nos archaïsmes qui nous bouchent les oreilles et nous brouillent la vue. Ce sont eux qui font de la France cette nation à l'ouest, en perpétuelle dépression nerveuse, avec une fonction publique ventripotente et jamais rassasiée, et où les débats politiques sentent la naphtaline. Le dernier État communiste du monde, comme aiment dire les plaisantins.
Accusation certes polémique mais étayée par la ringardise qui se déploie dans tant de polémiques à la française. Ainsi les éructations d'une certaine gauche contre la réduction des dépenses publiques ou à propos de la prétendue "pénurie" de fonctionnaires. Ainsi les vitupérations d'une certaine droite contre les cours en langue étrangère, notamment en anglais, dans l'enseignement supérieur, dont la ministre, Mme Fioraso, a réussi à faire adopter le principe. Avec un cran et une niaque qu'elle a, hélas, dilapidés en s'attaquant à l'excellente réforme Pécresse instituant l'autonomie des universités.
Y aurait-il en France une fatalité archaïque ? Que la majorité au pouvoir veuille canaliser l'autonomie des universités est un mauvais signal. Pitié pour la loi Pécresse ! Au lieu de la raboter, il faudrait au contraire aller plus loin. Mais bon, c'était l'une des rares grandes réformes de ces dix dernières années et elle préparait nos étudiants au XXIe siècle. Alors, retournons vite nous pelotonner dans le XIXe et qu'on n'en parle plus !
Sans vouloir offenser les princes qui se la disputent, l'opposition, saisie par un prurit ultradroitier, ne brille pas non plus, ces temps-ci, par son modernisme. D'un côté, MM. Fillon et Juppé serrent les dents. De l'autre, le "président" autoproclamé de l'UMP, M. Copé, feint de croire que sa famille politique reviendra au pouvoir sur les questions de société, comme l'avait pensé le Tea Party, qui fut, aux États-Unis, le fossoyeur du Parti républicain.
Que la droite, tel le coucou, tente de récupérer sans tact la Manif pour tous, un grand mouvement populaire, c'est de bonne guerre, mais ça ne suffira pas à la ramener au pouvoir. Ne serait-il pas temps qu'elle se penche sur son passé et ses échecs ? N'a-t-elle vraiment rien à dire au pays en matière de désendettement, d'assistanat, de relance de l'emploi ou de réduction des dépenses publiques ?
Ne désespérons pas : l'archaïsme, comme le diable, n'a pas toujours l'avantage. Ainsi, de bonnes nouvelles nous viennent, ces jours-ci, de cette Commission de Bruxelles tant honnie. Le sénateur Jean Arthuis a relevé perfidement cette stupéfiante information qui, sans lui, serait passée inaperçue : pour réduire les frais de personnels, la France vient de décider avec ses vingt-six partenaires de l'Union européenne d'allonger la durée du travail (de 37,5 à 40 heures) pour les fonctionnaires de la Commission.
Grâce soit rendue à M. Arthuis d'avoir levé ce lièvre. Pourquoi, demande-t-il drôlement, notre gouvernement n'appliquerait-il pas aussi ce beau principe à la France en supprimant les 35 heures pour tous nos fonctionnaires, ce qui pourrait rapporter autour de 25 milliards au budget de l'État ?
À moins que les vérités au-delà de la frontière franco-belge ne deviennent des erreurs en deçà, où déclinisme et archaïsme font si bon ménage.
1. Folio essais.
La contre-réforme des université
La contre-réforme des université
La loi Fioraso marque un coup d'arrêt majeur au processus d'autonomie des établissements.
La décroissance et le chômage de masse sont les deux fléaux français. L'appareil productif ne cesse de se contracter en raison d'une perte de compétitivité liée au coût du travail, mais aussi à la chute de l'innovation : l'économie de la connaissance représente 3 % du PIB, contre 4 % dans l'Union européenne et 7 % aux États-Unis ou en Suède. Le chômage touche 5,3 millions de personnes, tandis que 1,9 million de jeunes demeurent sans aucune activité ou formation et que 2,2 millions d'emplois potentiels sont perdus faute de qualifications adaptées. La reprise de la croissance et de l'emploi passe donc par un vaste effort d'investissement dans la recherche et l'éducation, où l'université joue un rôle central.
Cette vérité première jointe au constat du déclassement de l'université française (4 établissements dans les 100 premiers mondiaux, contre plus de 50 pour les États-Unis et 10 pour leRoyaume-Uni, selon les études de l'université de Shanghai ou duTimes) a justifié la loi d'autonomie des universités en 2007. Elle fut la seule réforme consensuelle du quinquennat de Nicolas Sarkozy, qui s'inscrivit dans la continuité de l'adaptation aux normes internationales entreprise depuis 1990 avec la création des écoles doctorales, puis l'organisation des cursus autour du principe licence/master/doctorat.
Sous les polémiques absurdes concernant l'enseignement en anglais - dont la limitation a autant de sens que si Blanche de Castille avait interdit à Robert de Sorbon en 1253 d'user du latin -, la loi Fioraso marque un coup d'arrêt majeur au processus d'autonomie des universités qui ne va pas manquer d'accélérer le recul de l'enseignement supérieur français. Et ce pour quatre raisons.
La loi LRU avait fondé l'autonomie des universités autour du renforcement du pouvoir des présidents pour surmonter la paralysie de conseils pléthoriques. Au nom de la démocratie, la réforme crée une gouvernance bicéphale autour d'un conseil d'administration et d'un conseil académique, tout en élargissant leur composition et en affaiblissant le rôle du président. La double légitimité managériale et académique est au principe de la gouvernance des institutions universitaires de réputation mondiale. Mais leur conseil d'administration, restreint et dominé par des personnalités indépendantes, comme leur président disposent de pouvoirs très larges. La confusion des compétences et la balkanisation des responsabilités prévues par la loi Fioraso rendent les universités françaises ingouvernables.
La deuxième remise en question de l'autonomie découle de la recentralisation et du retour en force de la tutelle de l'État, dont la reprise en main de Sciences po a servi de laboratoire. Le regroupement en 30 pôles va de pair avec le renouveau du contrôle a priori de l'État, qui, sous couvert de contrats de site, entend régir depuis Paris l'offre de formations.
La prime à l'excellence, la concurrence entre les établissements et le recours à l'évaluation sont reconnus comme des principes essentiels pour la qualité de l'enseignement supérieur. Ils ont inspiré la réforme de l'université allemande avec la création de 10 établissements d'excellence qui a enclenché une dynamique de modernisation dont les résultats sont déjà tangibles. Si le rapprochement envisagé des classes préparatoires et des universités est positif, la généralisation des quotas dans les classes préparatoires, dans les IUT et dans les STS va déstabiliser les filières et les pôles d'excellence qui subsistaient, tout comme la remise en question des procédures d'évaluation.
Enfin, loin de conforter l'autonomie juridique par l'autonomie financière à travers la diversification des ressources via la hausse des droits ainsi que le recours aux fonds et aux investissements privés, la loi Fioraso la vide de toute portée réelle en rétablissant la dépendance des établissements vis-à-vis de budgets publics exsangues et cannibalisés par l'action sociale. Ainsi, en 2013, le budget des établissements reste pratiquement stable (+ 2 %), tandis que celui des aides aux étudiants bondit de 7,2%.
Le projet de loi sur l'université offre une nouvelle et navrante illustration d'une action gouvernementale où la volonté de défaire les décisions de Nicolas Sarkozy étouffe toute stratégie cohérente de modernisation, où l'obsession de prendre le contre-pied du passé exclut la compréhension du présent et la vision de l'avenir. L'université française reste confrontée à un triple défi de dégradation de ses performances face à la concurrence des institutions du monde anglo-saxon et à la montée en puissance de celles du monde émergent, d'échec de 44 % des étudiants qu'accompagnent de criantes inégalités (27e nation sur les 34 de l'OCDE) et d'insuffisance de la recherche et de coupure avec le monde économique.
Aux antipodes de la loi Fioraso, la seule réponse passe par le renforcement de l'autonomie des universités. En refondant leur gouvernance autour d'autorités fortes et de missions clarifiées. En les laissant décider dans les domaines de la finance et des droits, des formations et des diplômes, du recrutement des enseignants et des étudiants. En acceptant la concurrence et en revendiquant l'excellence. En investissant dans l'innovation et la recherche, ce qui passe par une ouverture accrue vers l'entreprise et l'international, mais aussi par le développement de l'enseignement en ligne (seule l'École polytechnique s'y engage en France, 44 universités aux États-Unis et 7 en Asie). En cessant, comme l'a rappelé la Cour des comptes, d'adapter les formations au statut des enseignants pour repenser les formations en fonction des besoins des étudiants. Et avant tout de leur objectif premier, qui consiste à trouver un travail à l'issue de leurs études.
lundi 3 juin 2013
L'idéologie à l'assaut des allocations familiales : pourquoi il est absurde de casser une politique qui marche et qui n'est même pas déficitaire
Le gouvernement a renoncé à diminuer les allocations familiales pour les familles les plus aisées. Hors prélèvements pour la branche vieillesse de 9 milliards d'euros, la branche familiale de la Sécurité sociale ne serait en fait pas déficitaire de 2 milliards d'euros.
Véritable arlésienne de la gauche depuis Lionel Jospin, la réforme des allocations familiales devrait finalement prendre corps ce lundi afin de combler les deux milliards de déficit attribués à la branche famille. Dans quelle mesure ce déficit est-il vraiment celui de cette branche ?
Michel Taly : C’est effectivement la première question à se poser. Trop souvent, dans les prises de position que l’on lit sur ce sujet, on passe directement à la comparaison des différentes solutions techniques sans analyse de la finalité : que veut-on faire ? Dans un régime social contributif (les prestations bénéficient à un groupe qui les finance par des cotisations, par exemple : une mutuelle), il est normal de présenter aux membres du groupe un choix entre baisser les prestations ou augmenter les cotisations. Mais un système national de protection sociale n’est jamais purement contributif : il y a des personnes qui en bénéficient sans cotiser (les fameuses "charges indues" souvent dénoncées par les gestionnaires des régimes sociaux) et il y a des financements par la fiscalité (la CSG notamment) qui font que des personnes payent sans que cela leur donne des droits supplémentaires. Il n’est donc pas possible de présenter directement une approche budgétaire du problème, sans passer par une analyse de la politique familiale elle-même : le système est-il trop généreux (il s’agit bien sûr d’une appréciation relative, notamment en relation avec la situation économique) ou faut-il trouver de nouveaux financements, quitte à faire des économies ailleurs, pour ne pas augmenter la pression fiscale globale. S’il est trop généreux, est-ce pour tous les bénéficiaires ou certains groupes seulement ? En considérant comme alternatives des solutions qui consistent toutes à prélever une somme donnée sur un même groupe de bénéficiaires, on pose implicitement un diagnostic sur les dépenses (le caractère "exagéré" des prestations dont bénéficient ce groupe), ce qui est paradoxal, puisque, apparemment, on parle de recettes.
Henri Sterdyniak : Il est bien évident qu’il n’y a pas eu d’explosion du nombre d’enfants, ni chez les familles aisées ni chez les autres, qui aurait engendré un déficit de deux milliards d'euros. Les allocations familiales n’ont pas augmenté en pouvoir d’achat depuis 1984 ; elles ont donc baissé par rapport aux salaires qui sont la base des cotisations. La branche famille devrait donc être naturellement excédentaire. Cependant, cette branche s’est fait "chiper" 9 milliards d'euros qui ont servi à financer les majorations de retraites, pour les personnes ayant élevé plus de trois enfants - autrefois payées par les retraites. On lui a notamment pris 4,5 milliards pour financer l’assurance vieillesse des parents au foyer. Prestations dont personne ne bénéficie puisque les concernés ne sont pas encore à la retraite. A cela, s’ajoute les cinq points d'emploi manquant par rapport à 2007, soit 2,5 milliards de cotisation d’assurance famille qui s'ajoute à ce déficit en situation conjoncturelle déprimée. Nous n'avons donc pas été trop généreux avec les enfants, c’est plutôt même l’inverse.
Si la branche famille n’est pas structurellement déficitaire, est-ce aux familles de payer qu’elles soient aisées ou pas ? Et sinon qui doit le faire ?
Henri Sterdyniak : La mauvaise conjoncture que traverse notre pays nous contraint à accepter les déficits ainsi que l'idée qu’ils doivent être comblés par le retour à la croissance plutôt que par une pression sur les allocations familiales qui risque de faire chuter la consommation et de nous faire entrer dans une spirale dépressive. Je ne crois pas qu’il soit positif pour le pays d'établir une logique d’opposition entre la famille et les retraites. Cela n’empêche pas pour autant de constater que la branche famille n’est pas structurellement déficitaire et que les familles avec enfants ont un niveau de vie toujours plus faible que celui des familles sans enfants.
Il faut donc arrêter de faire payer ces familles car leur prendre à elle c’est prendre aux gens ayant un niveau de vie plus faible que la moyenne de la population. Il n'est pas forcément une bonne chose qu’un couple de 35 ans et ses trois enfants aient un niveau de vie inférieur à celui d'un couple de 55 ans qui n’en a plus à charge. La France a besoin de femmes qui travaillent et qui ont des enfants en même temps. Ces femmes appartiennent à ce que l’on appelle des couples biactifs pour qui avoir des enfants est une importante contrainte sur le plan technique, financier et autres. Il faut donc les aider plutôt que de les handicaper. Avoir des enfants est l’une des seules réussites du modèle français, pas question donc de remettre cela en cause.
La justification tacite de ce genre de réformes est bien souvent "une justice sociale" que le modèle actuel ne respecterait pas. Dans quelle mesure le projet du gouvernement améliore/réduit-il la justice sociale ?
Michel Taly : Toutes les solutions évoquées consistant à baisser les prestations ou augmenter les impôts des familles ayant les revenus les plus élevés, cela signifie que l’on considère qu’il y a, pour les familles, un problème d’équité verticale (on aide trop les familles ayant des revenus élevés par rapport à celles qui ont des revenus plus faibles).Ce faisant, on occulte les problèmes d’équité horizontale, c’est-à-dire, à revenu égal, la situation des ménages qui ont des enfants par rapport à ceux qui n’en ont pas : le système de prestation et d’impôts, pris globalement, compense-t-il suffisamment (ou trop) la charge des enfants ? Et on occulte aussi le fait que la question d’équité horizontale ne se pose pas de la même manière pour la politique familiale et pour l’impôt :
- Pour la politique familiale, la question est : pour les ménages à revenu faible ou moyen, de combien faut-il alléger la charge financière due aux enfants pour que la décision d’en avoir ne soit pas (trop) influencée par les conditions financières ? Et pour les ménages à revenus élevés, la question subsidiaire est : puisque, pour eux, la décision d’avoir ou non des enfants n’est absolument pas conditionnée par les questions financières, faut-il quand même leur donner une prestation et si, oui, doit-elle être de même montant que pour les autres ménages ? En France, cette question s’attaque au tabou de la "prestation universelle", ce qui explique la tentation de la contourner par des modalités techniques qui évitent de l’aborder frontalement.
- Pour l’impôt, la question est toute autre : indépendamment de l’incidence des questions financières sur la décision d’avoir des enfants, comment appliquer le principe "à revenu égal, impôt égal" ? Comment égaliser l’effort fiscal (la "pénibilité" de l’impôt) entre ceux qui ont des enfants et les autres ? Jusqu’à quel point faut-il tenir compte du fait que, plus les revenus sont élevés, plus on dépense pour ses enfants ? La France a choisi un système, le quotient familial, qui crée une certaine progressivité des dépenses dues aux enfants qui sont déduites du revenu avant de calculer l’impôt. Mais cette progressivité s’arrête à un certain niveau de revenu, car l’avantage du au quotient familial est plafonné. D’autres pays ont préféré déduire du revenu, pour tous les ménages, une même somme par enfant.
Bien entendu, pour chacune de ces questions, il n’y a pas de réponse scientifique. Le "bon" niveau résulte de choix politiques et peut varier d’une époque à l’autre et d’un pays à l’autre.Mais pour que ces choix soient clairs, il faut éviter de mélanger les genres. Or, c’est ce qu’on a fait en France en décidant que les prestations familiales ne seraient pas imposables. En ne mettant pas tous les revenus dans le revenu imposable, on fausse l’appréciation de la capacité contributive et donc le diagnostic sur l’équité horizontale.
Quels sont les avantages et les inconvénients des deux options soulevées par le gouvernement, à savoir la fiscalisation des allocations et l'abaissement du plafond du quotient familial ?
Michel Taly : Les deux solutions ont des effets très différents : l’abaissement du quotient familial ne concerne que les ménages dont l’avantage fiscal actuel est compris entre le plafond actuel et le nouveau plafond. Ceux qui ont des revenus plus faibles ou plus élevés ne sont pas concernés. Cela a un sens si le but de la réforme est de modifier l’appréciation de la capacité contributive des contribuables, donc, si la finalité est une réforme de l’impôt sur le revenu. La fiscalisation des allocations concerne tous les ménages, même ceux qui ne paient pas d’impôt, car cela va augmenter leur revenu imposable qui est utilisé par beaucoup d’institutions publiques ou privées (aides sociales, tarif de cantines ou de colonies de vacances …). C’est une remise à plat vertueuse, mais à haut risque, qui serait disproportionnée si la finalité n’est pas de procéder à une réforme d’ampleur de la politique familiale, mais simplement de trouver un ou deux milliards.
Reste une troisième solution, qui est de rendre les prestations elles-mêmes dégressives et de les supprimer au -dessus d’un certain montant de revenus. Une telle solution ne remédie pas à l’opacité créée dès l’origine par l’exonération des prestations, mais elle permet de ne toucher que les titulaires de revenus moyens, sans toucher les ménages à faible revenu et sans épargner les revenus les plus élevés. Elle a l’avantage de rester au sein de la politique familiale, sans toucher à la logique interne de l’impôt sur le revenu. Elle est certes complexe à mettre en œuvre, mais les échanges d’information entre l’administration fiscale et les caisses d’allocations familiales sont autorisés et l’informatique a fait de tels progrès que cela paraît envisageable.
De quoi témoigne cette logique ?
Henri Sterdyniak : S'en prendre aux familles est une faute morale, d’autant plus que les enfants ne votent pas. Une famille avec trois enfants ne représente pas cinq voix, ce qui pourtant changerait les choses. Il s’agit donc d’une sorte de lâcheté électorale, un manque de courage. De plus, tout le monde sait que les familles des classes moyennes se sont accoutumées du fait d’avoir des aides très faibles, qu’elles se sont résignées et qu’elles n’iront pas manifester contre ce genre de mesures. Ce n’est pas juste socialement. Il y a une sorte de sacrifice de la jeunesse alors que nous avons besoin d’enfants à tous les niveaux de la société et pas seulement dans les classes les moins aisées, ce qu’encouragerait une telle mesure.
Le redressement de la Grèce dépend aussi d'un regain du tourisme (ministre)
La Grèce parviendra à tenir ses objectifs de redressement économique, avec un retour prévu à la croissance l'an prochain, à condition que les touristes affluent cet été, a affirmé lundi le ministre grec des Finances Yannis Stournaras."Nous restons prudents car beaucoup va dépendre des touristes: s'ils sont plus de 16 millions à venir en Grèce, les objectifs seront tenus !", a-t-il déclaré au quotidien français Les Echos paru lundi.
Le ministre se dit toutefois confiant sur un retour à la croissance en 2014, soulignant que les exportations sont en hausse et que "la baisse des prix, si longtemps attendue, s'est amorcée depuis mars".
Cette embellie devrait permettre à la Grèce de se présenter devant ses partenaires pour réclamer une nouvelle réduction de sa dette, conformément aux promesses qui lui ont été faites en novembre par l'eurogroupe, qui rassemble les ministres des Finances de la zone euro.
A cette date, "il a été mentionné que si la Grèce dégageait un excédent primaire, des mesures seraient prises pour réduire la dette. Je pense que, d'ici l'été prochain, je pourrai retourner devant mes collègues et demander la mise en oeuvre de cette clause", indique M. Stournaras.
En récession depuis six ans, la Grèce devrait retrouver la croissance en 2014, a estimé vendredi à Athènes le président néerlandais de l'Eurogroupe, Jeroen Djisselbloem, en soulignant qu'un éventuel nouvel allègement de sa dette ne serait pas discuté avant "avril 2014".
La Grèce a effacé en mars 2012 presque un tiers de sa dette souveraine, soit plus de 100 milliards d'euros, détenus par ses créanciers privés. Athènes a ensuite en décembre 2012 racheté près de 30 milliards de ses obligations, toujours à ses créanciers privés.
Ces deux opérations ont ramené la dette à 156,9% du Produit intérieur brut (PIB) en 2012, contre un pic de 170,3% en 2011. Mais en 2013 et en 2014, la dette pourrait s'envoler à 175,2% et 175% respectivement, selon les estimations de l'UE.
Le ministre se dit toutefois confiant sur un retour à la croissance en 2014, soulignant que les exportations sont en hausse et que "la baisse des prix, si longtemps attendue, s'est amorcée depuis mars".
Cette embellie devrait permettre à la Grèce de se présenter devant ses partenaires pour réclamer une nouvelle réduction de sa dette, conformément aux promesses qui lui ont été faites en novembre par l'eurogroupe, qui rassemble les ministres des Finances de la zone euro.
A cette date, "il a été mentionné que si la Grèce dégageait un excédent primaire, des mesures seraient prises pour réduire la dette. Je pense que, d'ici l'été prochain, je pourrai retourner devant mes collègues et demander la mise en oeuvre de cette clause", indique M. Stournaras.
En récession depuis six ans, la Grèce devrait retrouver la croissance en 2014, a estimé vendredi à Athènes le président néerlandais de l'Eurogroupe, Jeroen Djisselbloem, en soulignant qu'un éventuel nouvel allègement de sa dette ne serait pas discuté avant "avril 2014".
La Grèce a effacé en mars 2012 presque un tiers de sa dette souveraine, soit plus de 100 milliards d'euros, détenus par ses créanciers privés. Athènes a ensuite en décembre 2012 racheté près de 30 milliards de ses obligations, toujours à ses créanciers privés.
Ces deux opérations ont ramené la dette à 156,9% du Produit intérieur brut (PIB) en 2012, contre un pic de 170,3% en 2011. Mais en 2013 et en 2014, la dette pourrait s'envoler à 175,2% et 175% respectivement, selon les estimations de l'UE.
L’esprit totalitaire
L’esprit totalitaire
Une réflexion sur le totalitarisme est rendue compliquée par la banalisation de ce mot, utilisé en permanence pour discréditer l’adversaire idéologique, chacun devenant le « totalitaire » de l’autre. Hormis cet usage galvaudé, le concept, approfondi par Annah Arendt, distinct de celui de « dictature » ou de « tyrannie », s’applique pour l’essentiel aux deux monstres idéologiques du XXème siècle, le national-socialisme et le communisme, dont la philosophe souligne les convergences : même racines dans le chaos social d’une époque, même caractéristiques autour de la propagande de masse, du culte de la personnalité, la déshumanisation par les camps de concentration. Annah Arendt donne une définition lumineuse du totalitarisme : « Le dessein des idéologies totalitaires n’est donc pas de transformer le monde extérieur, ni d’opérer une transmutation révolutionnaire de la société, mais de transformer la nature humaine elle-même[1]. » Le système totalitaire qui a ravagé la planète, provoqué les massacres de centaines de millions d’hommes et dominé les régimes politiques la moitié de l’humanité au XXème siècle – en incluant la Chine communiste – a-t-il, par la magie d’une changement de siècle, entièrement disparu de la réalité et de l’esprit des hommes du XXIème ? Evidemment, non. Son fantôme exhale un parfum macabre chaque fois qu’une idéologie ambitionne, ouvertement ou implicitement, de « transformer la nature humaine elle-même. » La trop célèbre « théorie du genre », à la mode en ce moment, qui nie l’essence même d’une humanité fondée sur la différenciation sexuelle, relève quelque part, de cet esprit totalitaire défini par Annah Arendt. Un amendement parlementaire, déposé le 28 février dernier, en exprime l’idée sans aucune ambiguïté : "l’idée de substituer à des catégories comme le sexe ou les différences sexuelles, qui renvoient à la biologie, le concept de genre qui lui, au contraire, montre que les différences entre les hommes et les femmes ne sont pas fondées sur la nature, mais sont historiquement construites et socialement reproduites".Encore n’est-ce là qu’un exemple parmi d’autres possibles de cette tentation larvée detransformer la nature humaine elle-même, ce feu mortel qui couve en permanence sous la braise. « Les solutions totalitaires peuvent fort bien survivre à la chute des régimes totalitaires, sous la forme de tentations fortes qui surgiront chaque fois qu’il semblera impossible de soulager la misère politique, sociale et économique d’une manière qui soit digne de l’homme » nous dit Annah Arendt, en immense visionnaire qu’elle était.
Franc succès pour une municipale partielle: seuls deux électeurs se sont déplacés
A La Bastide-de-Bousignac, deux électeurs sur les 251 inscrits ont voté ce dimanche pour renouveler le mandat de leur maire. Et encore, ils ont tous les deux glissés un bulletin nul dans l'urne.
Le maire de La Bastide-de-Bousignac, en poste depuis plus de 65 ans, et son conseil ont remporté un succès au-delà de toutes leurs
espérances dimanche aux municipales partielles: deux votants et autant de bulletins nuls, a rapporté lundi le premier magistrat de ce village ariégeois de 338 habitants. Certes, pour la première fois depuis son élection en 1947, Roger Sénié, qui revendique d'être le co-doyen des maires de France, n'a pas la satisfaction d'être élu dès le premier tour. Mais les 251 inscrits sur les listes électorales ont suivi, presque comme un seul homme, son appel et celui de son conseil à boycotter le scrutin et ça, "c'est un succès formidable", a-t-il dit au téléphone à l'AFP.
Ces municipales ont été rendues nécessaires par la démission de Roger Sénié, de ses deux adjoints et des huit conseillers en mars. Il s'agissait de contester l'inclusion, par le préfet, de La Bastide-de-Bousignac dans la Communauté de communes de Mirepoix au 1er janvier 2013, et non pas en 2014. L'appel au boycottage des élections prolongeait cette protestation.
La décision préfectorale fait perdre au village 145 000 euros de taxes professionnelles, explique le maire. "Une somme énorme" pour un village au budget d'environ 300 000 euros sans cette manne, dit-il.
Le maire escomptait qu'une douzaine d'électeurs peut-être iraient voter dimanche. En fait, seule une conseillère municipale, opposée au boycottage, et son mari ont déposé une enveloppe dans l'urne: l'une vide, l'autre avec un bulletin blanc, assimilé à un nul.
Roger Sénié, 92 ans et bientôt 66 années de mandat, a reconnu que la journée lui a paru longue, malgré le passage de la sous-préfecture et des gendarmes et malgré la présence constante de "cinq ou six personnes qui nous ont tenu le parloir". "On a bavardé, j'ai dû dormir un peu", a-t-il indiqué. Il doit y avoir un second tour dimanche prochain.
Pourquoi la scrupuleuse Marisol Touraine nous enfume
La ministre de la Santé décide de réduire drastiquement la vente de la cigarette électronique. Au mépris d'un rapport qui soulignait sa moindre toxicité.
Ministre des Affaires sociales et de la Santé, cette femme à l'allure douce et un peu éteinte s'embrase comme une allumette à la seule vue d'une cigarette électronique. À l'entendre, la chose devrait faire l'objet des mêmes interdictions que la cigarette classique, pour cause d'incitation à la fumette et d'aléatoire toxicité de la vapeur exhalée ; il faut la refuser dans les lieux publics, à la vente aux mineurs et à la publicité. Elle a d'ailleurs commandé un rapport sur la e-cigarette, dont elle ne s'est pas vantée. Le pneumologue et tabacologue Gérard Mathern y déclare que la vapeur dégagée par l'objet contient 400 à 1 000 fois moins de produits toxiques qu'une cigarette traditionnelle. Elle ne contient aucun monoxyde de carbone, agent principal de cancer, même en cas de tabagisme passif.
Méfiez-vous des scrupules, disait Hugo, ils mènent loin
Maintenant, reste l'interrogation, légitime, celle-là, du propylène glycol et de la glycérine contenus dans le e-liquide. On n'en sait trop rien pour l'instant, sauf que ces substances figurent dans les inhalateurs pour asthmatiques, comme additifs dans les aliments et dans les cosmétiques, si bien que plein de gens s'en mettent sur la figure tous les matins. N'accablons pas Mme Touraine en citant le pneumologue Bertrand Dautzenberg, "la e-cigarette permet de réduire les dommages du tabagisme de façon considérable". Méfiez-vous des scrupules, disait Hugo, ils mènent loin. Madame Touraine avait déjà fait sensation (pour moi), lorsque le 12 mai 2012, à peine élue, sa première mesure urgente de santé publique avait été de vouloir fermer 18 000 cabines de bronzage, en raison de la nocivité des UV3, au motif qu'il y avait entre 16 et 19 décès par an sur ces lits au soleil artificiel, sans même imaginer que certains décès puissent être dus à une crise cardiaque ou à une autre pathologie, et sans calculer un instant le nombre de chômeurs qu'elle créerait du même mouvement.
Idem pour la e-cigarette. Un commerce en plein essor. Déjà 300 boutiques en France. Déjà 500 000 fumeurs électroniques en 2012, près d'un million avant la fin de l'année. Chiffre d'affaires, 40 millions en 2012, près de 100 millions en 2013. Une boutique, c'est un lieu public. Combien de chômeurs potentiels la ministre a-t-elle dans le collimateur si elles ne sont plus utilisées -les conseils à l'achat et la démonstration sont indispensables. Et c'est là où le scrupule de Mme Touraine prend toute son ampleur. Notre méfiance aussi. Un scrupule d'État. Celui-ci prend 75 % de taxe sur un seul paquet de cigarettes, disons à 6 € le paquet. S'il s'en vend en moyenne 250 000 par jour, cela revient au minimum à plus d'un million de pertes par jour pour l'État. Ô rage, ô désespoir, ô e-cigarette ennemie ! Si Mme Touraine avait la vertu qu'elle prétend, elle devrait aussi interdire la consommation d'alcool dans les bars et les cafés qui représentent une invitation avérée à l'alcoolisme, si on adopte ses préceptes vertueux.
Vous préférez nous enfumer avec la petite e-cigarette
D'autres scrupules n'affectent pas Mme Touraine concernant notre santé. Pourquoi le paracétamol, ingrédient essentiel du Doliprane et de l'Efferalgan, est-il fabriqué en Chine et que cela ne figure pas sur la boîte ? Beaucoup de sociétés françaises ont délocalisé la fabrication des génériques dans les pays émergents, Chine donc, mais aussi Inde, Europe de l'Est, et même Malte (connue pour son observance rigoureuse des lois bien sûr). Pourquoi 80 % des composants de nos médicaments génériques sont-ils fabriqués sur des sites douteux, non contrôlés ? Le ministère de la Santé les décrit pudiquement "sourcés en Europe, fabriqués en Asie". En 2011, l'Académie nationale de pharmacie et les fournisseurs de matières premières ont déjà tiré le signal d'alarme. Pourquoi ne les écoutez-vous pas ? Vous préférez nous enfumer avec la petite e-cigarette ?
Mais pour
l'enfumage
, merci, on
est déjà
servis.
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servis.
Lobbying : ce déjeuner d'élus à 10.000 euros (aux frais d'un fabricant de cigarettes) qui dérange
L'industriel British American Tobacco a invité des parlementaires mercredi au célèbre restaurant Chez Françoise, à deux pas de l'Assemblée, raconte le JDD. Or la convention de l'OMS sur la lutte antitabac stipule que « l'État doit veiller à ce que les politiques ne soient pas influencés par les intérêts de l'industrie du tabac ».

Une addition d'environ 10.000 euros, réglée mercredi par la présidente de British American Tobacco (propriétaire des marques Lucky Strike, Benson & Hedges, Rothmans, etc), au restaurant Chez Françoise, à deux pas de l'Assemblée nationale. « Cuisses de grenouille et rognons de veau accompagnés des meilleurs crus de Bourgogne, le tout ponctué de gros cigares » raconte le Journal du Dimanche dans son édition du 2 juin. Parmi les convives, de nombreux élus, membres du Club des parlementaires amateurs de havanes, dont André Santini, Patrick Balkany, François Sauvadet, Jean-Claude Lenoir, Odile Saugues ou Dominique Bussereau, l'ancien secrétaire au Budget, selon le JDD. Problème : ce déjeuner semble en infraction avec la convention-cadre de l'Organisation mondiale de la santé sur la lutte antitabac, que la France a ratifiée, et qui stipule que « l'État doit veiller à ce que les politiques ne soient pas influencés par les intérêts de l'industrie du tabac ».
Un représentant des Douanes aussi à table
A ce déjeuner organisé deux jours avant la journée mondiale sans tabac, « nous n'avons pas parlé de fiscalité ni des prix » se défend un porte-parole du fabricant de cigarettes interrogé par le journal dominical. Ce dernier évoque pourtant que la présidente de BAT France, Soraya Zoueihid, aurait interpelé les élus sur la nécessité d'avoir « une réglementation équilibrée et cohérente » et sur ses préoccupations concernant le plan de santé en préparation. « BAT entretient des relations dans le but de peser et faire passer des idées. Mais ça ne change rien, je vote toutes les hausses de prix » fait valoir de son côté la députée socialiste du Puy-de-Dôme Odile Saugues, seule à avoir accepté de répondre au journal. Parmi les invités régalés par l'industriel figurait aussi un représentant de Bercy, Galdéric Sabatier, numéro trois de l'administration des Douanes, qui fixe les prix du tabac. Or Bercy et les industriels auraient des intérêts communs : les précieuses et rondelettes rentrées fiscales (14 milliards d'euros) provenant des taxes sur le tabac pourraient être menacées par une trop forte hausse du prix des cigarettes qui inciterait les consommateurs à acheter leurs paquets à l'étranger.
A ce déjeuner organisé deux jours avant la journée mondiale sans tabac, « nous n'avons pas parlé de fiscalité ni des prix » se défend un porte-parole du fabricant de cigarettes interrogé par le journal dominical. Ce dernier évoque pourtant que la présidente de BAT France, Soraya Zoueihid, aurait interpelé les élus sur la nécessité d'avoir « une réglementation équilibrée et cohérente » et sur ses préoccupations concernant le plan de santé en préparation. « BAT entretient des relations dans le but de peser et faire passer des idées. Mais ça ne change rien, je vote toutes les hausses de prix » fait valoir de son côté la députée socialiste du Puy-de-Dôme Odile Saugues, seule à avoir accepté de répondre au journal. Parmi les invités régalés par l'industriel figurait aussi un représentant de Bercy, Galdéric Sabatier, numéro trois de l'administration des Douanes, qui fixe les prix du tabac. Or Bercy et les industriels auraient des intérêts communs : les précieuses et rondelettes rentrées fiscales (14 milliards d'euros) provenant des taxes sur le tabac pourraient être menacées par une trop forte hausse du prix des cigarettes qui inciterait les consommateurs à acheter leurs paquets à l'étranger.
Politique familiale : Ayrault dévoile la réforme
Jean-Marc Ayrault présente à la mi-journée sa réforme de politique familiale. Pour rétablir l'équilibre de la branche famille de la sécurité sociale, le gouvernement pourrait diminuer le plafond du quotient familial.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault va présenter ce lundi la réforme de la politique familiale du gouvernement, et lever le voile sur le scénario finalement retenu pour rétablir l'équilibre de la branche famille d'ici à 2016 comme il s'y est engagé.
Les membres du Haut Conseil à la Famille (HCF) doivent être reçus à Matignon à 11h45 en présence de Marisol Touraine (Affaires sociales) et Dominique Bertinotti (Famille), avant l'intervention du Premier ministre.
Rien n'a filtré sur les choix qui devaient être arbitrés ce week-end par François Hollande, alors que le gouvernement a paru hésiter ces derniers jours entre une modulation des allocations ou une baisse du quotient familial.
L'objectif est d'économiser un milliard d'euros dès 2014, le déficit dela branche famille de la sécurité sociale s'élevant à 2,5 milliards d'euros en 2012.
Il y aura "des économies et il y aura de la justice", a promis jeudi le président de la République.
Les membres du Haut Conseil à la Famille (HCF) doivent être reçus à Matignon à 11h45 en présence de Marisol Touraine (Affaires sociales) et Dominique Bertinotti (Famille), avant l'intervention du Premier ministre.
Rien n'a filtré sur les choix qui devaient être arbitrés ce week-end par François Hollande, alors que le gouvernement a paru hésiter ces derniers jours entre une modulation des allocations ou une baisse du quotient familial.
L'objectif est d'économiser un milliard d'euros dès 2014, le déficit dela branche famille de la sécurité sociale s'élevant à 2,5 milliards d'euros en 2012.
Il y aura "des économies et il y aura de la justice", a promis jeudi le président de la République.
Modulation des allocations familiales
Première hypothèse envisagée : une diminution du plafond du quotient familial. Ce mécanisme permet aux ménages imposables d'obtenir uneréduction d'impôt en fonction de leurs revenus et du nombre d'enfants à charge.
Actuellement, la réduction ne peut pas excéder 2.000 euros par demi-part : ce plafond pourrait être abaissé à 1.500 euros, soit une économie de 915 millions d'euros estime le rapport de Bertrand Fragonard, président du HCF remis en avril.
Cela revient à augmenter l'impôt sur le revenu de 68 euros en moyenne par mois pour les familles concernées, soit environ un million de ménages, en contradiction avec la promesse de François Hollande de ne plus augmenter les impôts.
Dans sa volonté d'apaisement, après l'épisode mouvementé du mariage homosexuel, le gouvernement pourrait donc finalement opter pour cette solution, préférée par les associations familiales.
L'autre option, d'abord privilégiée, consiste en une modulation des allocations familiales pour les plus riches.
Mais elle présente l'inconvénient d'ouvrir une brèche dans le principe d'universalité gravé dans le marbre depuis la Libération, qu'aucun gouvernement n'est parvenu à remettre en cause malgré plusieurs tentatives.
Actuellement, la réduction ne peut pas excéder 2.000 euros par demi-part : ce plafond pourrait être abaissé à 1.500 euros, soit une économie de 915 millions d'euros estime le rapport de Bertrand Fragonard, président du HCF remis en avril.
Cela revient à augmenter l'impôt sur le revenu de 68 euros en moyenne par mois pour les familles concernées, soit environ un million de ménages, en contradiction avec la promesse de François Hollande de ne plus augmenter les impôts.
Dans sa volonté d'apaisement, après l'épisode mouvementé du mariage homosexuel, le gouvernement pourrait donc finalement opter pour cette solution, préférée par les associations familiales.
L'autre option, d'abord privilégiée, consiste en une modulation des allocations familiales pour les plus riches.
Mais elle présente l'inconvénient d'ouvrir une brèche dans le principe d'universalité gravé dans le marbre depuis la Libération, qu'aucun gouvernement n'est parvenu à remettre en cause malgré plusieurs tentatives.
"Une entaille" à la politique familiale
Concrètement, il s'agirait de diminuer les allocations, dont le montant est identique pour tous, pour les ménages de deux enfants gagnant environ 5.000 euros par mois et de les diviser par quatre au-delà de 7.100 euros.
Si cette piste recueille l'approbation d'une majorité de Français - 68% y sont favorables selon un récent sondage -, elle a du mal à passer auprès des associations, des syndicats mais aussi d'une partie de la gauche.
En outre, elle poserait des problèmes de gestion aux caisses d'allocations familiales, qui seraient contraintes de tenir compte du revenu pour le calcul des allocations, comme le relève le rapport Fragonard.
Enfin, la modification du quotient familial n'aurait d'impact sur les ménages qu'en septembre 2014, au moment du paiement de l'impôt, contrairement à la baisse des allocations qui interviendrait en début d'année.
Quelle que soit la mesure retenue, l'opposition y voit une "entaille" à la politique familiale, une spécificité française, à l'image de Jean-François Copé, le président de l'UMP.
"L'une ou l'autre constituerait une entaille incroyable au caractère universel de la politique familiale alors qu'elle est efficace", a-t-il fait valoir dimanche, dénonçant également "une nouvelle augmentation d'impôt".
D'autres mesures d'économies devraient par ailleurs toucher la prime de naissance ou la prestation d'accueil du jeune enfant.
Parallèlement, le gouvernement entend favoriser les familles plus modestes, notamment les femmes seules, et pourrait annoncer de nouvelles créations de places de crèche, environ 100.000 sur cinq ans.
Si cette piste recueille l'approbation d'une majorité de Français - 68% y sont favorables selon un récent sondage -, elle a du mal à passer auprès des associations, des syndicats mais aussi d'une partie de la gauche.
En outre, elle poserait des problèmes de gestion aux caisses d'allocations familiales, qui seraient contraintes de tenir compte du revenu pour le calcul des allocations, comme le relève le rapport Fragonard.
Enfin, la modification du quotient familial n'aurait d'impact sur les ménages qu'en septembre 2014, au moment du paiement de l'impôt, contrairement à la baisse des allocations qui interviendrait en début d'année.
Quelle que soit la mesure retenue, l'opposition y voit une "entaille" à la politique familiale, une spécificité française, à l'image de Jean-François Copé, le président de l'UMP.
"L'une ou l'autre constituerait une entaille incroyable au caractère universel de la politique familiale alors qu'elle est efficace", a-t-il fait valoir dimanche, dénonçant également "une nouvelle augmentation d'impôt".
D'autres mesures d'économies devraient par ailleurs toucher la prime de naissance ou la prestation d'accueil du jeune enfant.
Parallèlement, le gouvernement entend favoriser les familles plus modestes, notamment les femmes seules, et pourrait annoncer de nouvelles créations de places de crèche, environ 100.000 sur cinq ans.
Allocations familiales : les montants
Crédit : IdéParis plus mal en point que Londres des années 70, dit Castries
La France est aujourd'hui dans une situation pire que la Grande-Bretagne des années 1970, quand Londres dut faire appel à l'aide du Fonds monétaire international, et François Hollande doit choisir s'il veut être Harold Wilson ou Tony Blair, a déclaré Henri de Castries, PDG de l'assureur Axa.
Dans une interview au journal dominical britannique Sunday Telegraph, il estime que la France doit s'inspirer des leçons britanniques.
"Le Royaume-Uni n'était pas en grande forme au début des années 1970', dit-il, en estimant que François Hollande a le choix aujourd'hui de devenir Harold Wilson, le Premier ministre travailliste qui a dirigé le pays à cette époque, ou Tony Blair, autre Premier ministre travailliste adepte d'une politique de "troisième voie" plus libérale.
"Jusqu'ici, il est resté ambigu. J'espère qu'il choisira Blair. Je ne lui demande pas d'être Margaret Thatcher", déclare Henri de Castries.
"La situation pourrait empirer mais je suis convaincu que, à un moment ou à un autre, la raison prévaudra", ajoute-t-il.
Pour le PDG d'Axa, la France est dans une situation plus grave que la Grande-Bretagne quand elle dut solliciter un prêt du FMI en 1976 "parce que le monde a changé et que les choses changent plus vite que dans les années 1970 et 1980, avec de la technologie, du capital et des talents disponibles partout, ce qui n'était pas alors le cas."
"Cela fait de l'inaction, du manque de vision et de priorités un défaut bien plus grave qu'auparavant", poursuite Henri de Castries qui estime encore que, comme la Commission européenne vient de le souligner, la France a un besoin urgent de réformes structurelles du marché du travail et de l'éducation pour réduire ses déficits".
Libellés :
édité par Hélène Duvigneau,
Yann Le Guernigou
Auto-entrepreneurs. La ministre Pinel contredit Jean-Marc Ayrault
Alors que Jean-Marc Ayrault a confirmé que seuls les auto-entrepreneurs du secteur du bâtiment verront leur activité limitée dans le temps, la ministre de l’Artisanat Sylvia Pinel a affirmé dimanche que la limitation dans le temps du régime s’appliquerait à d’autres secteurs que le bâtiment.
Cacophonie au gouvernement sur le régime des auto-entrepreneurs. La ministre de l’Artisanat Sylvia Pinel indiquait la semaine dernière l’intention du gouvernement de distinguer clairement l’activité d’auto-entrepreneur exercée à titre principal et celle venant compléter une autre activité. Notamment à travers une limitation dans le temps pour certains secteurs.
Pinel persiste et signe
Jean-Marc Ayrault avait alors précisé vendredi que seuls les auto-entrepreneurs du secteur du bâtiment verront leur activité limitée dans le temps. Mais la ministre persiste et signe. Elle a affirmé dimanche à l’AFP que la limitation dans le temps du régime d’auto-entrepreneurs s’appliquerait à d’autres secteurs que le bâtiment.
Clash à distance
À la question de savoir si la limitation dans le temps s’appliquerait à d’autres secteurs que le bâtiment, la ministre a répondu clairement « oui ». Elle a évoqué les secteurs de l’artisanat « où il y a une exigence de qualification, une obligation d’assurance, un enjeu de santé ou de sécurité pour le consommateur » et cité en exemples « la coiffure » ou « la réparation automobile ».
Avec cette déclaration elle désavoue publiquement son Premier ministre, et démontre une nouvelle fois que le pensionnaire de Matignon a du mal à tenir ses troupes.
DÉCIDÉMENT QUEL GOUVERNEMENT DE FANTOCHES
Jeunes : va-t-on me couper les ailes ?
Jeunes : va-t-on me couper les ailes ?
La France fait rêver. La preuve : elle est la première destination du tourisme mondial. Mais la France fait-elle toujours rêver les Français ? La plupart d'entre eux l'admirent mais, ainsi que de nombreux touristes, peut-être la voient-ils d'abord comme un musée. Un musée qui ne suffit pas à susciter l'enthousiasme des Français. Ceux-ci seraient plus déprimés que jamais et beaucoup de jeunes s'en vont à l'étranger. Ces départs inquiètent car ce sont les plus audacieux qui s'en vont. Cependant, cette émigration a aussi du bon car elle contribue à diffuser l'image de la France qui ne connaît pratiquement pas de diaspora.
Mais pourquoi ce pessimisme s'est-il répandu ainsi ces derniers temps ? Peut-être parce qu'on se pose des questions et que l'on fait des constats : pourrais-je réaliser des choses extraordinaires en France ? Va-t-on me couper les ailes ? Réussir est mal perçu dans ce pays ! S'enrichir, plus mal encore ! Plus que de prôner le dynamisme, on y vante la prudence. Le principe de précaution étend le soupçon sur les innovations et les freine, voire les suspend. Alors, elles s'asphyxient et meurent. On ne parle que de protection. Quant à l'avenir, si l'on y pense, c'est pour savoir si l'on aura une retraite acceptable.
Tout cela est plutôt décourageant pour un jeune de vingt ans « qui en veut », comme on dit. Alors plutôt que de se comporter comme un vieillard avant l'âge, beaucoup de ces jeunes qui « osent » vont chercher à appliquer leurs talents ailleurs : bonjour le Canada, l'Australie, Hong Kong et tant de ces villes et de ces pays fascinants. Ces jeunes qui partent ont raison de vouloir aller de l'avant, alors que notre pays ne sait pas les accueillir comme ils le sont ailleurs.
Des idées, du dynamisme, de l'audace
Le mathématicien Cédric Villani, auteur du Théorème vivant, s'interrogeait récemment sur la question de savoir comment naissent les idées, ces petites graines qui germent et se développent par un travail solitaire mais grâce aussi à de multiples interactions. Il signalait plusieurs ingrédients nécessaires à l'éclosion des idées et à leur concrétisation : la documentation qui a pris un rythme et une ampleur nouvelle grâce à l'électronique ; la motivation qui sort de l'immobilisme ; l'environnement propice qui fait partager, donner et recevoir ; la communication qui relie les cerveaux ; les contraintes qui suscitent effort et imagination ; le travail et l'intuition, la persévérance, et la chance si l'on sait rebondir sur elle. Voilà ce qu'on ne devrait cesser de se dire et d'enseigner plutôt que de recommander constamment la précaution. Reconnaissons, hélas, que nous en sommes loin.
Un exemple : il est, paraît-il, question de limiter dans le temps le régime (récemment mis en place) de l'auto-entrepreneur qui gênerait les artisans au lieu de faire bénéficier ces derniers des facilités qu'il offre. Ce régime, selon un point de vue publié dans le journal Les Échos, des 24 et 25 mai 2013, représente 56 % de la création des entreprises en France. Il crée 5 milliards d'euros de PIB par an, rapporte plus de 1 milliard dans les caisses de l'État
75 % de ceux qui ont choisi ce régime déclarent qu'ils n'auraient jamais créé d'activité sans son existence. Et voici que l'on va de nouveau, en supprimant le régime en question, ligoter ceux qui commençaient à être délivrés de multiples entraves réglementaires. Voilà comment on tue les idées en France. Voilà comment on fait partir les jeunes. Voilà comment on sclérose un pays car ainsi on décourage, on développe le pessimisme et la passivité. On assassine l'esprit d'entreprise.
Valérie Trierweiler : La première dame subit la colère des anti-mariage pour tous
Invitée du Théâtre des Champs Elysées mercredi soir qui célébrait son centenaire, Valérie Trierweiler a été reçu par des manifestants anti-mariage gay. Coup de frayeur pour les services de police.
Toutes les occasions sont malheureusement bonnes à prendre pour les opposants à la loi Taubira. Alors que le premier mariage de deux homosexuels était célébré à Montpellier ce mercredi, les anti ont manifesté leur colère à Paris. Et c’est précisément à l’occasion d’une sortie officielle de Valérie Trierweiler qu’ils ont fait entendre leur voix.
La First Girlfriend est arrivée, non sans un certain stress, au Théâtre des Champs-Elysées en début de soirée. Et c’est précisément là qu’une dizaine d’individus avaient prévu de se manifester. Ils ont finalement hué l’arrivée de la compagne de François Hollande. Valérie Trierweiler qui a encouragé l'adoption de ce mariage pour tous et a même précisé qu'elle se rendrait volontiers à l'union d'un couple d'amis homosexuels, sait qu'elle est une cible évidente. Mesurant bien la tension aux alentours du théâtre ce soir-là, elle s’est rapidement faufilée dans l’enceinte des lieux. Aurélie Filippetti et Manuel Valls, eux aussi invités de cette grande soirée, ont subi le même sort.
Les anti-mariage pour tous, très remontés, ont rapidement été interpellés par les forces de l’ordre. Plus de peur que de débordements, finalement.
EN PLUS
Valérie Trierweiler « aucune légitimité » comparée à Carla Bruni-Sarkozy
Valérie Trierweiler jouit d’une très mauvaise image auprès des français, contrairement à Carla Bruni-Sarkozy à laquelle elle a succédé au poste de poste de première dame.
Et il suffit de lire les commentaires sur la toile, notamment sur Twitter, suite à la publication de la réponse du cabinet du premier ministre à la demande d’un député UMP, Matignon qui lui demandait le coût de Valérie Trierweiler pour les finances de l’état.
Et il s’est avéré que la compagne de François Hollande coûtait trois fois moins cher que Carla Bruni-Sarkozy.
Ce souci d’économie est loin d’être salué par l’opposition qui pointe du doigt le manque de légitimité de Valérie Trierweiler, qui contrairement à Carla Bruni-Sarkozy n’est mariée au président.
« La seule différence c’est que Trierweiler n’est rien du tout à part la maîtresse de hollande alors que Carla était son épouse », commente une députée.
Et un autre d’ajouter : « Bruni était la 1ère dame de France; Trierweiler est la 1ère maîtresse de France qui coûte près de 20 000€ pour son cabinet personnel ».
Plusieurs messages dans ce sens ont par ailleurs été publiés. « Selon Matignon(sic), Trierweiler coûte moins au contribuable que Carla Bruni. Sauf que Bruni elle était mariée à Sarkozy, pas sa maîtresse ».
Et il s’est avéré que la compagne de François Hollande coûtait trois fois moins cher que Carla Bruni-Sarkozy.
Ce souci d’économie est loin d’être salué par l’opposition qui pointe du doigt le manque de légitimité de Valérie Trierweiler, qui contrairement à Carla Bruni-Sarkozy n’est mariée au président.
« La seule différence c’est que Trierweiler n’est rien du tout à part la maîtresse de hollande alors que Carla était son épouse », commente une députée.
Et un autre d’ajouter : « Bruni était la 1ère dame de France; Trierweiler est la 1ère maîtresse de France qui coûte près de 20 000€ pour son cabinet personnel ».
Plusieurs messages dans ce sens ont par ailleurs été publiés. « Selon Matignon(sic), Trierweiler coûte moins au contribuable que Carla Bruni. Sauf que Bruni elle était mariée à Sarkozy, pas sa maîtresse ».
À New York, les femmes autorisées à se balader seins nus
Tout comme les hommes torse nu en été, les femmes pourront aussi faire du topless, égalité oblige.
"Même si se montrer seins nus attire beaucoup l'attention, les agents devront dans ce cas disperser la foule et adopter des mesures coercitives", détaille le journal.
L'idée est d'être à armes égales face à la chaleur, mais pour les féministes, c'est une façon de défendre et de revendiquer l'égalité des droits entre hommes et femmes.
En France, il est interdit de se dénuder de manière trop importante dans la rue, sous peine d'être arrêté pour "attentat à la pudeur". Considéré comme une agression sexuelle, ce délit relève du Code pénal et est passible d'une peine de 3 à 5 ans de prison.
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