lundi 3 juin 2013
Paris plus mal en point que Londres des années 70, dit Castries
vendredi 14 septembre 2012
Michel Sapin pour une réforme en profondeur du Code du travail
Michel Sapin a souhaité vendredi que les négociations sur
l'amélioration du marché du travail entre le partenaires sociaux
débouchent sur une "réforme en profondeur du Code du travail" pour qu'il
soit "moderne".
Interrogé sur BFM TV et RMC, le ministre du
Travail a insisté sur deux des objectifs visés par le gouvernement
français dans les discussions patronat-syndicats qui débutent ce
vendredi : faciliter le recours au chômage partiel en cas de difficultés
d'une entreprise et mettre fin à l'utilisation "abusive" des contrats à
durée déterminée (CDD).
Mais il a écarté la création d'un contrat
de travail unique, estimant qu'il ne fallait pas en la matière se
reposer sur des "concepts globalisés".
S'agissant du chômage
partiel, qui permet d'éviter le recours aux licenciements, Michel Sapin a
estimé qu'il était "très peu" utilisé en France, contrairement à
l'Allemagne, "où il y a moins de chômage qu'avant la crise".
"Donc
il faut utiliser beaucoup plus le chômage partiel et faciliter son
utilisation", a-t-il dit, ajoutant que la formation des salariés pouvait
prendre le relais "pendant une période où l'entreprise travaille
moins".
"C'est le bon moment pour faire en sorte que les salariés
aient une formation qui soit adaptée aux enjeux, et à l'avenir", a-t-il
indiqué.
Pour les contrats de travail, le ministre a déploré que
moins d'un jeune sur cinq entre sur le marché du travail via un CDI,
parlant d'une véritable "insécurité" pour les salariés.
"Il faut
attendre 28 ans pour que la moitié des jeunes soient en CDI. L'autre
moitié est toujours en train de galérer. Donc cela ce n'est pas normal",
a-t-il ajouté.
"Cela ne veut pas dire qu'il faut supprimer les
CDD. Mais il y en a beaucoup trop", a-t-il encore dit en se prononçant
une nouvelle fois pour que les entreprises soient pénalisées en cas
d'"utilisation abusive des CDD."
Il a évoqué la possibilité de
moduler les cotisations sociales qui seraient relevées pour les CDD et
diminuées pour les CDI, tout en soulignant que la réponse appartenait
aux partenaires sociaux, qui ont jusqu'à la fin de l'année pour parvenir
à un accord.
"De toute façon, il y aura une loi (...) l'objectif
c'est de réformer en profondeur le Code du travail. Nous souhaitons
réformer en profondeur ce Code du travail pour que ce Code du travail
soit un Code du travail moderne", a-t-il dit.
mardi 9 novembre 2010
La régulation des changes, une vieille obsession française
En faisant de la réforme du système monétaire international une priorité de sa présidence du G20, Nicolas Sarkozy remet en avant une vieille obsession de la France, qui ne s'est jamais résignée à l'instabilité d'un marché des changes dominé par le dollar.
Dès l'automne 2008, au plus fort de la crise financière, le président français avait avancé l'idée d'une nouvelle conférence internationale sur le modèle de celle de Bretton Woods, en 1945, pour remettre à plat le système monétaire et financier.
Il l'a reprise début 2010 avant d'annoncer fin août qu'elle serait une des trois priorités de la présidence française du G20, qui commence le 12 novembre.
La guerre monétaire qui a éclaté depuis entre la Chine, rétive aux pressions pour réévaluer le yuan, et les Etats-Unis, dont la politique monétaire d'assouplissement résolu irrite des pays émergents en proie à des afflux de capitaux a donné toute leur actualité aux ambitions françaises.
"Nous vivons dans un monde où les déséquilibres monétaires font peser un risque sur toutes nos économies", déclarait Nicolas Sarkozy lors d'un récent sommet Europe-Asie.
LA PROMOTION DES DTS
Au centre des tensions, figure d'un côté l'accumulation sans précédent de réserves - 2.800 milliards de dollars pour les réserves officielles, pas loin de 4.000 milliards si on ajoute celles de Hong Kong et les fonds souverains - par une Chine locomotive de l'économie mondiale, dont le modèle repose sur l'exportation.
De l'autre, il y a le marasme de l'économie des Etats-Unis dont le dollar conserve le statut de monnaie de réserve, ce qui leur permet de financer quasiment sans limite leurs déficits par de la création monétaire depuis 1945.
Dans les années 1960, quand l'Amérique était au sommet de sa puissance, le général de Gaulle et son conseiller financier Jacques Rueff étaient partis en guerre contre ce "privilège exorbitant" du billet vert.
Le passage à un système de changes flottants à partir de 1973 n'a rien arrangé et la diplomatie française a dépensé beaucoup d'énergie, mais sans succès, pour la promotion des droits de tirages spéciaux (DTS), l'unité de compte du FMI, afin de sortir de la monnaie obligée que restait le dollar.
A partir du milieu des années 1990, la perspective de la création de l'euro donne plus de force aux ambitions françaises.
Mais les Allemands imposent pour prix de leur participation à la monnaie unique une vision radicalement différente.
Ne s'étant jamais reconnus dans l'idée d'une monnaie de réserve alternative au dollar, ils s'opposent à toute gestion "politique" de l'euro et de son taux de change, laissé à la seule appréciation d'une banque centrale indépendante.
UN MOUVEMENT DE FOND
Le billet vert représente aujourd'hui 62% des réserves des banques centrales de la planète, contre 27% pour l'euro et s'il est contesté, il n'a pas été remplacé dans ses prérogatives.
Pour Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, les tensions actuelles relèvent d'un mouvement de fond, le transfert d'activité des pays industriels vers les puissances émergentes, tout comme celles des années 1960 reflétaient un rattrapage économique de l'Europe vis-à-vis des Etats-Unis.
"Cela a beaucoup de conséquences, des déséquilibres de balance commerciale, des problèmes de surendettement. Il y a toute une mécanique infernale qui se met en place", dit-il.
Antoine Brunet, du cabinet de conseil AB Marchés, juge que, dans l'environnement actuel, "le monde ferait un cadeau à la Chine en remettant en cause les privilèges du dollar".
"Ce n'est pas de gaîté de coeur que les Etats-Unis recourent à de 'l'assouplissement quantitatif', leur économie est menacée d'une rechute", explique-t-il en jugeant que la sous-évaluation du yuan, qu'il situe autour de 25%, constitue le vrai problème.
Prise entre deux feux, "l'Europe risque d'être dindon de la farce", avertit Christian de Boissieu, président du Conseil d'analyse économique.
"Ce n'est pas anormal que le dollar baisse compte tenu des déficits américains mais il faudrait que certains acceptent de monter. Pour autant, il ne s'agit pas que la Chine fasse l'ensemble de l'ajustement et il faudra se mettre d'accord au sein du G20 sur une répartition de la charge", dit-il.













