TOUT EST DIT

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lundi 3 juin 2013

Paris plus mal en point que Londres des années 70, dit Castries

La France est aujourd'hui dans une situation pire que la Grande-Bretagne des années 1970, quand Londres dut faire appel à l'aide du Fonds monétaire international, et François Hollande doit choisir s'il veut être Harold Wilson ou Tony Blair, a déclaré Henri de Castries, PDG de l'assureur Axa.
Dans une interview au journal dominical britannique Sunday Telegraph, il estime que la France doit s'inspirer des leçons britanniques.
"Le Royaume-Uni n'était pas en grande forme au début des années 1970', dit-il, en estimant que François Hollande a le choix aujourd'hui de devenir Harold Wilson, le Premier ministre travailliste qui a dirigé le pays à cette époque, ou Tony Blair, autre Premier ministre travailliste adepte d'une politique de "troisième voie" plus libérale.
"Jusqu'ici, il est resté ambigu. J'espère qu'il choisira Blair. Je ne lui demande pas d'être Margaret Thatcher", déclare Henri de Castries.
"La situation pourrait empirer mais je suis convaincu que, à un moment ou à un autre, la raison prévaudra", ajoute-t-il.
Pour le PDG d'Axa, la France est dans une situation plus grave que la Grande-Bretagne quand elle dut solliciter un prêt du FMI en 1976 "parce que le monde a changé et que les choses changent plus vite que dans les années 1970 et 1980, avec de la technologie, du capital et des talents disponibles partout, ce qui n'était pas alors le cas."
"Cela fait de l'inaction, du manque de vision et de priorités un défaut bien plus grave qu'auparavant", poursuite Henri de Castries qui estime encore que, comme la Commission européenne vient de le souligner, la France a un besoin urgent de réformes structurelles du marché du travail et de l'éducation pour réduire ses déficits".

vendredi 14 septembre 2012

Michel Sapin pour une réforme en profondeur du Code du travail

Michel Sapin a souhaité vendredi que les négociations sur l'amélioration du marché du travail entre le partenaires sociaux débouchent sur une "réforme en profondeur du Code du travail" pour qu'il soit "moderne".
Interrogé sur BFM TV et RMC, le ministre du Travail a insisté sur deux des objectifs visés par le gouvernement français dans les discussions patronat-syndicats qui débutent ce vendredi : faciliter le recours au chômage partiel en cas de difficultés d'une entreprise et mettre fin à l'utilisation "abusive" des contrats à durée déterminée (CDD).
Mais il a écarté la création d'un contrat de travail unique, estimant qu'il ne fallait pas en la matière se reposer sur des "concepts globalisés".
S'agissant du chômage partiel, qui permet d'éviter le recours aux licenciements, Michel Sapin a estimé qu'il était "très peu" utilisé en France, contrairement à l'Allemagne, "où il y a moins de chômage qu'avant la crise".
"Donc il faut utiliser beaucoup plus le chômage partiel et faciliter son utilisation", a-t-il dit, ajoutant que la formation des salariés pouvait prendre le relais "pendant une période où l'entreprise travaille moins".
"C'est le bon moment pour faire en sorte que les salariés aient une formation qui soit adaptée aux enjeux, et à l'avenir", a-t-il indiqué.
Pour les contrats de travail, le ministre a déploré que moins d'un jeune sur cinq entre sur le marché du travail via un CDI, parlant d'une véritable "insécurité" pour les salariés.
"Il faut attendre 28 ans pour que la moitié des jeunes soient en CDI. L'autre moitié est toujours en train de galérer. Donc cela ce n'est pas normal", a-t-il ajouté.
"Cela ne veut pas dire qu'il faut supprimer les CDD. Mais il y en a beaucoup trop", a-t-il encore dit en se prononçant une nouvelle fois pour que les entreprises soient pénalisées en cas d'"utilisation abusive des CDD."
Il a évoqué la possibilité de moduler les cotisations sociales qui seraient relevées pour les CDD et diminuées pour les CDI, tout en soulignant que la réponse appartenait aux partenaires sociaux, qui ont jusqu'à la fin de l'année pour parvenir à un accord.
"De toute façon, il y aura une loi (...) l'objectif c'est de réformer en profondeur le Code du travail. Nous souhaitons réformer en profondeur ce Code du travail pour que ce Code du travail soit un Code du travail moderne", a-t-il dit.

CE QUI NE VEUT STRICTEMENT RIEN DIRE

mardi 9 novembre 2010

La régulation des changes, une vieille obsession française

En faisant de la réforme du système monétaire international une priorité de sa présidence du G20, Nicolas Sarkozy remet en avant une vieille obsession de la France, qui ne s'est jamais résignée à l'instabilité d'un marché des changes dominé par le dollar.

"La France a toujours eu du mal à accepter que les grandes variations sur les monnaies, à la hausse ou à la baisse, n'étaient pas contrôlables", souligne Philippe Waechter, responsable des études économiques de Natixis Asset Management.
Dès l'automne 2008, au plus fort de la crise financière, le président français avait avancé l'idée d'une nouvelle conférence internationale sur le modèle de celle de Bretton Woods, en 1945, pour remettre à plat le système monétaire et financier.
Il l'a reprise début 2010 avant d'annoncer fin août qu'elle serait une des trois priorités de la présidence française du G20, qui commence le 12 novembre.
La guerre monétaire qui a éclaté depuis entre la Chine, rétive aux pressions pour réévaluer le yuan, et les Etats-Unis, dont la politique monétaire d'assouplissement résolu irrite des pays émergents en proie à des afflux de capitaux a donné toute leur actualité aux ambitions françaises.
"Nous vivons dans un monde où les déséquilibres monétaires font peser un risque sur toutes nos économies", déclarait Nicolas Sarkozy lors d'un récent sommet Europe-Asie.
LA PROMOTION DES DTS
Au centre des tensions, figure d'un côté l'accumulation sans précédent de réserves - 2.800 milliards de dollars pour les réserves officielles, pas loin de 4.000 milliards si on ajoute celles de Hong Kong et les fonds souverains - par une Chine locomotive de l'économie mondiale, dont le modèle repose sur l'exportation.
De l'autre, il y a le marasme de l'économie des Etats-Unis dont le dollar conserve le statut de monnaie de réserve, ce qui leur permet de financer quasiment sans limite leurs déficits par de la création monétaire depuis 1945.
Dans les années 1960, quand l'Amérique était au sommet de sa puissance, le général de Gaulle et son conseiller financier Jacques Rueff étaient partis en guerre contre ce "privilège exorbitant" du billet vert.
Le passage à un système de changes flottants à partir de 1973 n'a rien arrangé et la diplomatie française a dépensé beaucoup d'énergie, mais sans succès, pour la promotion des droits de tirages spéciaux (DTS), l'unité de compte du FMI, afin de sortir de la monnaie obligée que restait le dollar.
A partir du milieu des années 1990, la perspective de la création de l'euro donne plus de force aux ambitions françaises.
Mais les Allemands imposent pour prix de leur participation à la monnaie unique une vision radicalement différente.
Ne s'étant jamais reconnus dans l'idée d'une monnaie de réserve alternative au dollar, ils s'opposent à toute gestion "politique" de l'euro et de son taux de change, laissé à la seule appréciation d'une banque centrale indépendante.
UN MOUVEMENT DE FOND
Le billet vert représente aujourd'hui 62% des réserves des banques centrales de la planète, contre 27% pour l'euro et s'il est contesté, il n'a pas été remplacé dans ses prérogatives.
Pour Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, les tensions actuelles relèvent d'un mouvement de fond, le transfert d'activité des pays industriels vers les puissances émergentes, tout comme celles des années 1960 reflétaient un rattrapage économique de l'Europe vis-à-vis des Etats-Unis.
"Cela a beaucoup de conséquences, des déséquilibres de balance commerciale, des problèmes de surendettement. Il y a toute une mécanique infernale qui se met en place", dit-il.
Antoine Brunet, du cabinet de conseil AB Marchés, juge que, dans l'environnement actuel, "le monde ferait un cadeau à la Chine en remettant en cause les privilèges du dollar".
"Ce n'est pas de gaîté de coeur que les Etats-Unis recourent à de 'l'assouplissement quantitatif', leur économie est menacée d'une rechute", explique-t-il en jugeant que la sous-évaluation du yuan, qu'il situe autour de 25%, constitue le vrai problème.
Prise entre deux feux, "l'Europe risque d'être dindon de la farce", avertit Christian de Boissieu, président du Conseil d'analyse économique.
"Ce n'est pas anormal que le dollar baisse compte tenu des déficits américains mais il faudrait que certains acceptent de monter. Pour autant, il ne s'agit pas que la Chine fasse l'ensemble de l'ajustement et il faudra se mettre d'accord au sein du G20 sur une répartition de la charge", dit-il.