TOUT EST DIT

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lundi 29 août 2011

DÉJÀ A L'ÉPOQUE...LE DÉLIRE !!


C’est pas sur la photo...

Ils s’en seraient voulus de rater ça. Clic-clac, c’est dans la boîte. Ah, elle valait le déplacement la photo souvenir. Tous côte à côte à la tribune, frères et sœurs d’une famille rassemblée : un cliché en forme de carte postale politique. Il ne manquait que la légende, comme dans les labos automatiques : «on profite à La Rochelle». Et Ségolène avec François, les ex qui se sourient, et Martine qui entonne sans pitié la comptine du parti, et Arnaud, en forme mondiale, et Manuel qui penche un peu à droite, et Jean-Michel, radicalement content. Ouf, ils ne se sont pas déchirés... Heureusement quand même qu’il y eut ce final allégorique pour qu’il aient le temps d’apparaître comme une équipe car pendant trois jours, ils avaient soigneusement évité de débattre pour nous éclairer. De leurs réunions à part à un passage à la queue-leu-leu au micro de Jean-Pierre Elkabbach, on ne retirera qu’une impression de frustration. Une absence de réponse à la double-question essentielle : qu’est-ce qui les rapproche, qu’est-ce qui les sépare ?

Au terme de ces trois jours où chacun des six prétendants à la candidature a rôdé ses arguments devant ses proches, le PS laisse derrière lui l’image d’une entreprise 2012 disparate, en construction, inaboutie. Quelques semaines après la nouvelle secousse financière qui vient de rappeler à l’Occident qu’il ne s’agit pas d’une simple crise du modèle capitaliste mais d’une mutation irréversible, les socialistes ont pratiqué l’esquive pour s’exonérer des détails sur les possibilités financières de leurs envolées. En les écoutant, on a bien compris que leurs stratégies pour définir des priorités restaient divergentes. Ce faisant, ils n’ont pas résolu le problème que leur posent clairement toutes les dernières enquêtes d’opinion : si le succès de la gauche est souhaité à une large majorité, on ne lui fait pas davantage confiance que la droite... Et si François Hollande s’affirme comme un favori de plus en plus net, il n’est pas certain que sa ligne ultra-réaliste et ouvertement européenne puisse trouver une majorité réelle au sein d’un parti qui ne veut pas renoncer à faire rêver.

La référence commune, brandie comme un talisman, c’est le projet «voté à l’unanimité» il y a quelques mois, avant les turbulences boursières estivales. Mais il ne s’agit là que d’un consensus, certes intéressant, sur des généralités. Un catalogue de propositions - comme le qualifie l’intellectuel socialiste Pierre Rosanvallon - qui est, au mieux, un socle collectif, mais pas une vision charpentée et partagée de la société. La présidentielle, c’est encore loin, d’accord mais pas si loin. Et face à un pouvoir qui, en pleine tempête, jouera la carte de l’expérience à la barre, le PS semble plus ralenti que jamais par le boulet de ces primaires tardives.

Grèce : naissance de la plus grande banque d'Europe du Sud-est

En Grèce, EFG EuroBank et Alpha ont annoncé un mariage de raison.
La deuxième et troisième banque grecque, respectivement EFG EuroBank et Alpha Bank, ont annoncé ce lundi matin que leur fusion, a été approuvée par leur conseil d'administration respectif. Cet accord de fusion donnera naissance à la plus grande banque d'Europe du Sud-est.
Ce mariage permettrait aux deux banques d'éviter de faire appel à un fonds d'aide de l'État par manque de liquidités. L'opération se ferait sous les auspices du fonds souverain du Qatar, Qatar Investment Authority, déjà actionnaire d'Alpha Bank, qui y investirait environ 500 millions d'euros. « Cet accord est une fusion amicale entre Alpha et EuroBank, avec la participation significative du Qatar Investment Authority », a indiqué un dirigeant d'Alpha à Reuters. « Après la fusion, la nouvelle entité procèdera très probablement à une augmentation importante de capital », assure une source citée par le « Wall Street Journal ». Avec un ensemble de 8 millions de clients, 80 milliards d'euros de dépôts et 150 milliards d'euros d'actifs, les deux établissements détrôneraient ainsi le premier établissement du pays, National Bank of Greece (118 milliards d'actifs), qui avait proposé en janvier dernier à Alpha de fusionner mais en vain.
Sous pression
EuroBank est une des huit banques européennes qui n'affichaient pas un ratio de fonds propres « durs » d'au moins 5 % à la suite des tests de résistance. La banque a déjà cédé au premier semestre le contrôle de sa filiale polonaise, Polbank, à son homologue autrichienne Raiffeisen Bank pour 490 millions d'euros. Elle envisageait aussi une vente de sa filiale en Turquie. EuroBank devrait aussi publier ses résultats pour le second trimestre ce lundi. Les banques sont d'autant plus sous pression que la population grecque retire son argent de ses comptes : depuis le début de l'année environ 10 % des dépôts (21,4 milliards d'euros) ont été retirés à ses guichets.
Ce projet de fusion est d'autant mieux accueilli que les représentants de l'Union européenne et du Fonds monétaire international sont attendus cette semaine en Grèce pour une mission d'évaluation des mesures engagées par Athènes en contrepartie du plan de sauvetage.  De plus, la nouvelle directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a exhorté samedi à Jackson Hole à un renforcement des fonds propres des banques.

Les trois défis du Parti socialiste


Stop ! Pour la crédibilité de ses dirigeants et pour la lisibilité de la ligne du parti, il était urgent de clore les polyphonies de La Rochelle. À trop chanter les paroles du chacun pour soi sur la musique de l'unité, on finit, dans cette caisse de résonance médiatique qu'est l'université d'été, par distinguer davantage les couacs que l'harmonie.

Bien malin qui peut faire la synthèse entre la rigueur sévère de Manuel Valls, le protectionnisme assumé d'Arnaud Montebourg, la main tendue aux indignés de Ségolène Royal, la transformation sociale de Martine Aubry ou l'urgence fiscale de François Hollande.

Même si l'envie de vaincre a permis de réussir la photo de famille, la lisibilité reste le premier défi du PS d'ici à 2012. Que ce soit l'enquête BVA dans notre édition de vendredi, ou celle de l'Ifop dans dimanche Ouest-France, les deux sous-entendent que le rejet du sarkozysme explique autant le désir de changement que l'adhésion à un projet et à des dirigeants moyennement perçus.

L'image et la crédibilité du Parti socialiste progressent, très nettement à gauche, assez sensiblement dans l'ensemble de l'opinion. Mais il subsiste cette faiblesse que l'UMP, dès son université d'été, le week-end prochain à Marseille, ne va pas se priver d'exploiter.

Le second défi des socialistes est de réussir la primaire. Au moment où les Français craignent que le ciel social ne leur tombe sur la tête, il serait maladroit, dans les six semaines qui conduisent au choix du candidat, que les ambitions personnelles prévalent sur les solutions de fond. Mieux préparé, éloigné de l'accident DSK, capable de doser dérision et gravité, François Hollande fait la course en tête. Mais l'exemple de Nicolas Hulot rappelle qu'il y a parfois loin entre une popularité et un résultat dans les urnes.

Deux éléments vont être déterminants : qui va aller voter ? Et c'est là où les sondeurs peuvent se tromper, car le résultat sera différent selon que la primaire draine le noyau dur de l'électorat socialiste ou qu'elle intéresse plus largement. Il ne sera pas le même, non plus, selon que les socialistes voteront pour leur préféré ou, ce qui n'est pas la même chose, pour celui ou celle qu'ils estiment le plus capable de battre Nicolas Sarkozy et d'enchaîner deux campagnes.

Et que va faire Ségolène Royal au soir du premier tour ? Éliminée, elle resterait une faiseuse de roi ou de reine. Soutiendrait-t-elle son ex-compagnon, au détriment de sa tombeuse à la tête du PS, au congrès de Reims ? Ou jouerait-elle la solidarité féminine avec Martine Aubry, au grand dam de François Hollande ? À moins de ne rien dire... Cornélien.

La troisième condition de leur succès tient à la capacité des socialistes à offrir une réponse convaincante à une crise dont les dégâts sociaux et budgétaires restent sous-évalués. Tous les candidats ont intégré qu'il faudra corriger un projet construit sur une hypothèse déraisonnable de croissance de 2,5 %.

La droite aux affaires porte, évidemment, une responsabilité majeure. Mais une opposition susceptible de l'emporter ne peut pas délivrer n'importe quel message, n'importe quel excès de promesses, sans risquer de favoriser son adversaire ou de dévaluer la confiance dans la France. Il ne va pas lui être facile de faire rêver.

AU BAL DES HYPOCRITES ET DES COUPS EN VACHES...ETERNELS SOCIALISTES

On peut « y » croire, ou pas. Après trois jours d'une guerre larvée Hollande-Aubry, tous les candidats aux primaires ont entonné hier, à La Rochelle un air célèbre : Embrassons-nous, Folleville !

Les drapeaux (tricolores, arc-en-ciel, rouge et blanc) virevoltent dans l'ancienne criée de La Rochelle quand, dimanche matin, s'exprime la ferveur socialiste. « 2012, la France à gauche », scandent les militants à la clôture de l'université d'été du PS. La sono entonne l'hymne de la campagne, un refrain entêtant : « Il est temps, il est l'heure, il est temps de tourner la page... »
Soudain rassemblés, les proches de Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg et Manuel Valls dansent, chantent, applaudissent. Ils fraternisent, à l'image de Michel Sapin, fidèle du député de Corrèze, qui plaisante avec les porte-parole de la maire de Lille, Anne Hidalgo et Olivier Dussopt. Après trois jours de tension, de crispation et d'escarmouches, l'heure est à l'unité, fût-elle feinte.
Au-dehors, c'est l'effervescence. Au terme d'âpres négociations, les ténors ont convenu de s'afficher ensemble. Une photo de famille saisie dès leur entrée en scène : Royal s'avance, immédiatement suivie d'Aubry, de Hollande, de Montebourg, de Valls (et du radical Jean-Michel Baylet). Les deux favoris des sondages encadrent au premier rang Harlem Désir, le Premier secrétaire par intérim, Royal et Valls prenant place à la droite d'Aubry quand Montebourg et Baylet, eux, s'installent à la gauche de Hollande. A la tribune, le maire de La Rochelle, Maxime Bono, s'enflamme, saluant « l'arrivée triomphale de tous nos candidats, qui est à l'image de ces trois jours de travail ».

Aubry et Royal enchantées

Pourtant, ce n'est pas ce trop beau cliché que l'histoire retiendra, mais plutôt l'offensive du camp Aubry, qui a compris qu'il fallait pour de bon faire campagne, et l'assurance tranquille de Hollande. Contrainte d'endosser le costume de challenger, l'ex-ministre du Travail se fait plus mordante. Elle muscle ses sorties, durcit son discours. Enfonce un coin dans le programme de son rival en se faisant le chantre de la sortie du nucléaire, de la parité et du non-cumul des mandats. Des thèmes sur lesquels l'ancien premier secrétaire reste flou, préférant esquiver par un trait d'humour, un rien cruel : « Ah, s'il fallait choisir un président de la République sur le seul critère du non-cumul !... »
Il lui est revenu en boomerang, dimanche matin, quand Laurianne Deniaud, présidente du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), a exhorté les moins de 30 ans à « se présenter » aux élections. « Les mandats ne sont pas la propriété privée de quelques-uns, alors allez-y ! », lance-t-elle sous les d'applaudissements nourris de quelque 2.000 militants. Aubry et Royal se lèvent, enchantées. Hollande opine, sourire aux lèvres. La veille, il avait précisé qu'il ferait voter, s'il accède à l'Elysée, une loi « pour tous » limitant le cumul des mandats de parlementaire et d'élu local.

La tentation du « TSH »

Alors que ses proches raillent « la fébrilité et l'agitation » du camp Aubry, il assume le rôle de favori que lui confèrent les sondages. Serein et confiant, il tente de s'élever au-dessus de la mêlée. « Je ne veux pas me laisser distraire, détourner, dévier de ce qui est l'enjeu, à savoir répondre aux préoccupations des Français », clame-t-il, invitant chacun « à une certaine retenue ». La primaire, à l'entendre, semble déjà pliée. Il songe désormais à la présidentielle, réfléchissant à ce que serait alors son face-à-face avec Nicolas Sarkozy.
S'il est bien investi au soir du 16 octobre – ce qui est encore loin d'être gagné –, il lui faudra d'abord rassembler la gauche, à commencer par les socialistes. Or on a vu ressurgir à La Rochelle la tentation du « TSH » –tout sauf Hollande –, surtout lorsque ce dernier a brillé par son absence vendredi, lors de l'ouverture de l'université d'été. Soucieuse de « cliver » sur tous les fronts, Aubry a aussitôt marqué sa différence : elle a assisté à tous les débats de ses concurrents aux primaires, excepté celui de Valls (pour des raisons d'agenda). Elle n'a toutefois fait qu'une apparition, samedi, lors de l'intervention de Hollande, dont le visage surpris s'est assombri quand il l'a vue pénétrer dans la salle.

Des regards fuyants

La photo de famille, dimanche à midi, n'est pas parvenue à gommer cette sensation de solitude du chouchou des médias. Côte à côte sur l'estrade, Aubry et Royal – « la faiseuse de roi » – ont affiché leur complicité, plaisantant et souriant devant les caméras. Quand, quelques minutes plus tard, la présidente de Poitou-Charentes s'est retrouvée à la droite de son ex-compagnon, leurs regards à tous les deux étaient fuyants. Dos-à-dos, Royal et Hollande se sont enfin retournés, échangeant un bref commentaire. Il faudra bien plus pour réconcilier, au moins politiquement, l'ancien couple star de la gauche. Or Hollande ne peut l'ignorer : sa victoire passe aussi par là.

Kadhafi l'Africain

Un mot est subtilement glissé aux nombreux présidents et chefs de gouvernements africains présents à Nairobi, au Kenya. Désormais le Guide souhaite qu’on l’appelle « roi des rois traditionnels d’Afrique ». Une scène qui vient marquer le début de la présidence de l’Union africaine de Mouammar Kadhafi. Ainsi, il succède au président tanzanien Jakaya Kikwete à la tête de l’UA en février 2009, dix ans après la naissance de l’instance continentale sur les cendres de l'Organisation de l'unité africaine (OUA). Des rapports troubles marqués par des intérêts stratégiques ont été à la base de la relation entre Kadhafi et l'Union africaine.

Mouammar Kadhafi est l’un des principaux artisans de la transformation de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en Union africaine (UA) en 2001. Le guide libyen s’est retourné vers l’instance continentale et l'Afrique sub-saharienne après ses échecs avec le panarabisme et son isolement en occident. Mais les liens entre Kadhafi et l’Union africaine ont débuté au symbolique sommet de Syrte, sa ville de naissance. La conférence de Syrte, à laquelle il avait convié les dirigeants africains, donne naissance à l’Union africaine qui remplace l’Organisation de l’unité africaine (OUA) le 9 septembre 1999 (9.9.99).
Un investissement politique mais aussi financier
Comme pour un nouveau converti, l’engagement de Kadhafi à la fin des années 90 pour l’OUA puis l’UA fut total. A tel point qu'un deuxième sommet de Syrte eu lieu en 2001 pour  « lancer définitivement l'Union africaine ». Pour lui, le modèle des Etats-Unis d’Amérique fait référence pour l’unité de l'Afrique. Le continent se doterait alors d’une monnaie unique et d’une force militaire commune. Objectif : protéger l’Afrique de toute ingérence venue d’occident notamment. Une ambition qui ne fait pas l'unanimité au sein des dirigeants africains.
Il faut dire que Kadhafi n’a pas toujours été en accord avec certaines orientations de la défunte OUA et de ses pairs africains. Il a soutenu des dirigeants dont la fréquentation n’était pas toujours conseillée comme Idi amin Dada (Ouganda), Robert Mugabe (Zimbabwe) mais surtout il a financé des rebellions comme celle des Touaregs au Mali et au Niger. On le soupçonne également d’avoir eu des connivences avec la secte Boko Haram dans le nord du Nigeria. Ce qui a valu des fâcheries avec beaucoup de ses collègues africains.
Une image positive auprès de la jeunesse africaine

Son engagement politique était largement soutenu par son implication dans les programmes économiques dont certains pays africains ont bénéficié. En effet grâce à la Libya Arab Africa Investment Compagny (LAAICO), il a investi dans l'hôtellerie, la banque, les télécommunications, les médias, la distribution de carburants et l'agriculture dans de nombreux pays africains. Dans le tourisme et le transport aérien  il avait remplacé la  compagnie Air Afrique, en faillite, par Afriqiyah dont le sigle est le 9.9.99, date de la naissance de l’UA.
La Gambie ouvre la voie de l'après Kadhafi
Dès le début des soulèvements à Benghazi, des manifestations de soutien ont eu lieu au Gabon, au Bénin, en Guinée Bissau. Il en était de même à Abidjan où les défenseurs de Kadhafi étaient les mêmes que ceux qui accusent l'Occident, en particulier la France, de «comploter» contre le président sortant, Laurent Gbagbo.
Les prémices de la rupture entre Kadhafi « le roi des rois traditionnels d’Afrique » et l’Union africaine sont venus d’un petit Etat enclavé à l’intérieur du Sénégal : la Gambie. Dans un communiqué, ce petit pays annonçait, le 22 avril, la reconnaissance du Conseil national de transition (CNT) comme seul organe « légitime » en Libye.
Puis suivent les « conseils » très diplomatiques donnés au colonel Kadhafi de se retirer par les présidents mauritanien, Abel Aziz, et gabonais, Ali Bongo. Ils prennent publiquement leurs distances avec leur grand soutien d'hier, Kadhafi.
Le 28 mai 2011, c’est autour du président sénégalais Abdoulaye Wade d’annoncer que son pays reconnaissait désormais le CNT. Le Sénégal rejoint ainsi le groupe des sept pays à avoir, à ce moment, reconnu le CNT. Il s’agit de la France, du Qatar, de l'Italie, de la Gambie, du Royaume-Uni, des Etats-Unis et de la Jordanie.
Le président sénégalais, dont l’activisme diplomatique n’est plus à démontrer, après avoir reçu à Dakar une délégation du CNT, décide de poursuivre son offensive diplomatique en se rendant en personne à Benghazi. Un acte fort qui sera diversement apprécié au sein de l’Union africaine.

L'embarras de l'Union africaine
L’instance continentale avait mandaté, en avril, le président sud-africain, Jacob Zuma d’entamer des négociations entre Kadhafi et la rébellion.
Une première médiation non concluante mais qui allait se poursuivre sous d’autres formes avec le 17e Sommet de l’UA qui s’ouvrait quelques semaines plus tard. L’Union africaine réunie du 30 juin au 1er juillet à Malabo, en Guinée équatoriale, décide alors d’écarter Kadhafi des négociations pour la gestion du pouvoir en Libye. L’instance continentale propose une seconde médiation dirigée par l’Afrique du Sud, le Congo, le Mali, l’Ouganda et la Mauritanie.
Cette médiation avait entre les mains un « accord-cadre » qui devait être soumis aux « parties libyennes, à savoir le gouvernement de la Jamahiriya libyenne et le Conseil national de transition ». Mais, avant même de commencer, elle constate que « son autorité était sapée » par la demande d’« une permission à l’Otan d’aller en Libye ». Leur mission en Libye n’eu aucun résultat.
L'échec était prévisible selon beaucoup d’observateurs africains qui évoquent la maladresse d’avoir confié la médiation à Jacob Zuma alors que son pays fait partie des premiers en Afrique à avoir approuvé la résolution 1973 de l’ONU autorisant les frappes de l’Otan pour affaiblir le régime de Kadhafi.

La Grèce soumise à une évaluation cruciale de la part de l'UE et du FMI

Une délégation de l'Union européenne et du FMI se rend une nouvelle fois à Athènes afin de vérifier la bonne application par la Grèce de son plan d'austérité. Pour le gouvernement grec, la difficulté est grande de respecter à la fois les engagements de réduction des déficits et de relancer une économie en chute libre.

Le ministre grec des Finances entend bien mettre en avant avec la délégation de l'Union européenne et du FMI la difficulté qu'il y a à redresser les finances publiques tout en prenant les mesures budgétaires nécessaires à la relance de l'économie.
En effet, le PIB grec devrait reculer de 4,5% cette année, touché de plein fouet par la cure d'austérité. Ce dilemme ne concerne d'ailleurs pas seulement la Grèce. Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) invite le gouvernement à agir en faveur de l'emploi.
De son côté, Christine Lagarde, directrice générale du FMI, vient de rappeler que la réduction des déficits, aux Etats-Unis et en Europe, reste un impératif mais que les politiques menées par les gouvernements doivent aussi soutenir la croissance. Comment y parvenir ? Le président américain Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel préconisent une action concertée du G20 pour stimuler la croissance et les créations d'emplois dans l'économie mondiale. Reste encore à définir quel type d'action doit être mis en œuvre pour atteindre cet objectif. 

Christine Lagarde pour une recapitalisation "substantielle" des banques européennes

A Jackson Hole, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), très en verve, a plaidé tout à la fois pour une politique économique de croissance, une politique monétaire souple et une recapitalisation des banques européennes. Puis a exhorté les pays européens à mettre en place des programmes de réduction "crédibles" de leurs déficits publics. Son successeur à Bercy, François Baroin, et François Fillon, qui ont présenté leur plan budgétaire cette semaine, ont sûrement apprécié.

"Les événements de cet été ont montré que nous étions dans une nouvelle phase dangereuse", a déclaré Christine Lagarde lors des rencontres annuelles de la Fed à Jackson Hole, dans le Wyoming.
"Les enjeux sont clairs: nous risquons de voir compromise une reprise encore fragile. Il faut donc agir sans attendre."
Les économies avancées doivent mettre au point des plans à long terme pour contrôler leur dette publique, tout en faisant en sorte que les mesures d'économies nécessaires ne mettent pas en péril la reprise, a-t-elle ajouté.
"La politique macroéconomique doit soutenir la croissance", a souligné l'ancienne ministre française des Finances dans son premier grand discours depuis sa prise de fonction à la tête du FMI en juillet.
"La politique monétaire doit aussi rester extrêmement souple parce que le risque d'une récession est plus élevé que celui de l'inflation."
Elle a souligné la nécessité de restructurer les banques européennes. Pour elle, le moyen le plus efficace serait d'opérer une recapitalisation "substantielle", si possible par des canaux privés ou alors par l'intermédiaire d'une forme de financement public européen.
Elle a exhorté les pays européens à mettre en place des programmes de réduction "crédibles" de leurs déficits publics, en s'appuyant notamment sur la Banque centrale européenne.
A propos de la situation aux Etats-Unis, elle a rappelé que la nécessité d'assurer sur le long terme la consolidation budgétaire ne devait pas faire oublier l'importance du soutien à la croissance à court terme.
"Qui peut croire que les engagements à réduire les dépenses pourraient survivre à une longue stagnation, avec un chômage toujours élevé et face à la grogne sociale ?"

Irene est passée, New York a évité le pire

Alors que les mesures d'évacuation ont été levées, les transports en commun, eux, sont toujours suspendus. Les aéroports devraient quant à eux rouvrir au plus tôt lundi soir.

New York «s'en est sortie», a commenté le responsable des services de secours de la ville. L'ouragan Irène a été rétrogradée dimanche en tempête tropicale, alors qu'elle passait sur New York où elle a provoqué des inondations et de fortes pluies, loin cependant de la catastrophe redoutée. Selon les prévisions, la tempête tropicale devait atteindre dimanche après-midi la Nouvelle-Angleterre. Des tornades isolées sont possibles dans le nord-est.
A New York, «Certaines parties de la ville sont inondées, il y a de la pluie, mais globalement, je pense que nous nous en sommes sortis», a déclaré le responsable des secours sur CNN. Il a évoqué des «milliers d'arbres à terre ou endommagés, de nombreux débris, et des inondations». Des parcs et rues ont été inondés dans le sud de Manhattan et à Brooklyn. Sur Coney Island, connue pour ses parcs d'attraction, plusieurs automobilistes ont failli être emportés par de violentes vagues. A Brooklyn, des branches d'arbres jonchent les rues des quartiers résidentiels. Certains parcs au bord de l'East River sont inondés, ainsi que plusieurs rues, rendant difficile la circulation. Plus de 70.000 personnes ont été privées d'électricité.
Mais en milieu de matinée, la pluie a faibli, la circulation reprenait progressivement, et certains New Yorkais se promenaient en famille, dans une ville toujours privée de transports en commun. Les consignes d'évacuation ont été levées dimanche à 15 h locales (21h à Paris). Les bureaux, les admnistrations et la Bourse de Wall Street rouvriront lundi comme prévu. Trois lignes de métro dans le nord de la ville ont été inondées mais le maire s'est montré optimiste quant à une rapide remise en état des installations, sans pour autant donner de date précise.«Ce sera dur» lundi matin pour les millions d'usagers, a reconnu le maire lors d'une conférence de presse.


370.000 New-Yorkais évacués

Irène a fait 14 morts, selon un nouveau bilan, dont au moins six en Caroline du nord, où un homme a notamment été tué par la chute d'un arbre. Un enfant de onze ans a été tué par la chute d'un arbre sur son immeuble en Virginie, et dans le Maryland voisin, une femme a été tuée par la chute d'une cheminée.
New York s'était préparée au pire : dans une mesure sans précédent, son maire Michael Bloomberg avait ordonné vendredi l'évacuation obligatoire de 370.000 New-Yorkais vivant dans des zones inondables dans le sud de Manhattan, à Staten Island et Brooklyn. Et autre fait sans précédent, tous les transports en commun avaient été suspendus samedi et le restaient dimanche, promettant une joyeuse pagaille lundi matin. Les aéroports étaient également fermés, des milliers de vols ont été annulés. Les autorités aéroportuaires ont indiqué que les trois aéroports - John F. Kennedy International, Newark et LaGuardia - rouvriraient leurs portes «au mieux lundi soir», et sinon «mardi».

dimanche 28 août 2011


STEVE JOBS LE GÉNIE D'APPLE




MÊME SANS RIEN FAIRE, LA FRANCE RESTERA DANS LE TOP 10



2012: déconstruire ce qu'a fait Sarkozy, seul programme du PS ?

Laurent Fabius présentait aujourd’hui à La Rochelle les toutes premières mesures que devraient prendre la gauche si elle accède aux commandes du pays en mai 2012. Mais à la vue des rares mesures annoncées, le Parti socialiste va surtout s’attacher à déconstruire l’œuvre de Nicolas Sarkozy. Nécessaire, certes, mais sans doute pas suffisant… 

Les démonstrations de force entre candidats à la primaire, c’était hier : le matin, pour Martine Aubry, devant ses soutiens réunis dans un amphi bondé du Pôle sciences et technologie de l’université de la Rochelle et, le soir, pour un François Hollande galvanisé et galvanisant, plus mitterrandien que jamais, lors d’un véritable meeting sous les voûtes de pierre de la salle de l’Oratoire. Mais comment « tourner la page », comme le proclame l’hymne gentiment guilleret du Parti socialiste ? Quelles seront les « premières réformes de la mandature » si la gauche parvient au pouvoir en 2012 ? À ces questions (autrement plus importantes que le nombre de personnes présentes dans chacune des deux salles), Laurent Fabius a tâché de répondre ce matin lors d’une intervention dans le grand auditorium de l’Espace Encan.

Voilà plusieurs mois déjà que Martine Aubry lui a confié la difficile tâche de répertorier les premières actions que la gauche devra entreprendre si elle accède à l’Elysée. Une tâche extrêmement complexe puisque « le péché mignon de [ses] camarades, explique-t-il amusé, c’est de croire que l’on peut faire en un an ce que l’on doit faire en cinq ans ». Extrêmement complexe, surtout et plus sérieusement, parce que la gauche devra faire avec une situation budgétaire très handicapante : « Près de 1 800 milliards de dette », prédit Laurent Fabius.

Mais l’ancien Premier ministre ne veut pas céder au catastrophisme. Le PS devra malgré tout défendre, affirme-t-il, « un projet de transformation sociale, économique et écologique ». Et éviter ainsi de tomber dans ce qu’il considère comme un nouveau « piège » tendu par Nicolas Sarkozy. Ce « piège » ? Instiller dans l’opinion l’idée selon laquelle, comme il y a la crise, il ne faudrait pas qu’il y ait changement politique. Il ne faudrait pas, en somme, ajouter de l’instabilité à l’instabilité. « Mais c’est une escroquerie intellectuelle, juge Fabius, C’est parce qu’il y a la crise, qu’il faut qu’il y ait un changement. »

Justement, ce « changement » dont parle le député de Seine-Maritime a quoi ressemblera-t-il ? Et quelles seront donc les fameuses premières mesures dont il a la charge. L’esprit affûté qu’est Laurent Fabius se sera finalement montré très laconique sur le sujet. Histoire de ne pas dévoiler trop tôt le jeu du PS, diront certains. Parce que le calendrier pour le ou la nouvelle Présidente de la République sera extrêmement délicat, a expliqué quant à lui Laurent Fabius qui connaît, il est vrai, les rouages gouvernementaux.

Mais qu'importe. Laurent Fabius aura surtout donné le sentiment que le PS cherchera, une fois aux responsabilités, à défaire tout ce que Nicolas Sarkozy a fait au cours de son mandat (et qu’il est d’ailleurs déjà lui-même en train de défaire…). Le soutien de Martine Aubry a par exemple annoncé la suspension du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux et la fin de cette « honte » qui a consisté à envoyer devant des élèves des professeurs sans formation. Le Parti socialiste abrogera aussi le « conseiller territorial » voulu par Sarkozy ainsi qu’un « certain nombre de lois scélérates » en matière de justice et de sécurité nées sous sa présidence. Finalement, le seul chantier complètement déconnecté de l’œuvre de l’actuel chef de l’Etat que le PS compte lancer rapidement, c’est une révision de la constitution adoptée par voie référendaire pour graver dans le marbre la parité et le non-cumul si chers à Martine Aubry. Alors même s’il s’en défend, Laurent Fabius aura donné l'impression que le PS va bel et bien « passer [son] temps à défaire les lois » du Président sortant et se lancer dans une interminable partie de « ping-pong législatif ». Mais si les Français veulent en finir avec Sarkozy et sa politique, ils ne seront pas séduits par des socialistes qui se poseront seulement en nettoyeur de Sarkozy, en simple « éradiqueur » de son quinquennat. C’est certes nécessaire, mais il faudra faire plus. Il leur faudra proposer.

 

AAAphatie retrouve son triple A

Le journaliste de Canal + et de RTL triomphe : la dette, son obsession depuis des années, est au centre de l'actualité. Pour Philippe Cohen, cela ne clôt pas le débat. 

Revenu gonflé à bloc de son repos estival bien mérité, Jean-Michel Aphatie triomphe : il avait bien raison d'être obsédé par la dette puisqu'aujourd'hui - il le dit d'ailleurs en anglais - la dette est devenue le sujet principal de l'actualité, mais aussi des salles de marchés et des cabinets ministériels.
On ne saurait, sur ce point, lui donner tort. A lire les sondage de IFOP effectué juste après la baisse de la note américaine, la dette serait même devenu le premier souci des Français, dont la moitié souhaitent qu'il figure en priorité sur l'agenda politique.

Donc, la dette, après avoir été l'obsession de Jean-Michel Aphatie et de quelques autres citoyens conscients des enjeux et très soucieux de préserver l'avenir de nos enfants - qu'il en soit remercié - deviendrait celle des Français. C'est une très bonne nouvelle pour le journaliste de RTl et de Canal +. Mais c'est peut-être aussi une moins bonne nouvelle pour l'économie.

Car le débat  - si toutefois les billets en forme d'invective sont des appels au débat - n'oppose pas, n'en déplaise à Aphatie, des garçons vertueux dans son genre et des jeanfoutre dans le mien ou celui, sauf mon respect - de l'estimable Daniel Schneidermann. Une fois la dette identifiée, la question qui se pose est celle de savoir comment la réduire. La réponse de Jean-Michel Aphatie est claire : il faut diminuer la dépense publique. Il n'est pas le seul à le dire. François Fillon a déclaré le pays en quasi-faillite sur le perron de Matignon en 2007. Et avant lui, Barre, Rocard et bien d'autres, qui n'ont pas semble-t-il, fait avancer le schmilblick d'un centimètre.

D'autres personnes, et elles m'ont plutôt convaincu, considèrent que la réponse souhaitée par Aphatie et Fillon n'a pas donné des résultats fameux. En Grèce, en Espagne, en Grande Bretagne par exemple, mais aussi en Allemagne, la rigueur a raboté la croissance. Du coup, le risque est grand que la rigueur finisse par accroître la dette en provoquant une baisse des recettes de l'état : comme le dit Henri Guaino chaque fois qu'on en parle avec lui, le déficit public n'est pas une soustraction, c'est une fraction avec les dépenses en numérateur mais aussi les recettes (le PIB) en dénominateur.

Cet avis est, semble-t-il partagé par ce que l'on appelle « les marchés », comme il est expliqué dans le dernier numéro de Marianne papier. Les investisseurs sont inquiets non pas seulement parce que les états ont trop dépensé, comme semble le croire Jean-Michel Aphatie, mais aussi à cause du risque de récession, elle-même conséquence de la rigueur, dont le spectre grandit et effraie tout le monde et d'abord les dirigeants des pays excédentaires comme la Chine ou l'Allemagne.

En réalité, les notions d'économie d'Aphatie ne lui permettent pas de comprendre que, même si la dette de la France a fait un bond considérable suite à la crise de 2008, la situation de la France est bien plus favorable que celle de beaucoup de pays, y compris l'Allemagne. On sait bien que le péché mignon des économistes qui semblent influencer Aphatie est de ne considérer que la dette publique alors que celle du privé est tout aussi grave, comme on le voit dans le cas des Etats-unis ou de la Grèce. L'endettement d'une nation se mesure donc en additionnant les deux dettes. Ce qui change tout concernant la France, l'un des pays développés détenant l'épargne la plus forte. Le patrimoine financier des Français est de 3320 milliards (dont la moitié en assurance-vie). Celui de l'Etat, strictement mobilier (sans le Louvre et la tour Eiffel) est de 850 milliards d'euros. La France comptabilise donc un peu plus de 4000 milliards d'actifs financiers. Dans l'autre poids de la balance, les dettes privées (1 000 milliards surtout en crédit immobilier) et publiques (1600 milliards), pour importantes qu'elles soient, laissent un solde largement positif. Sur ce point, Jean-Luc Mélenchon a raison quand il déclare au Monde « Imaginez que l'on compare ce que vous devez pour l'achat de votre appartement et votre revenu annuel ! » Dans une autre vie, le patron de PME que j'étais a dû, hélas, fréquenter des banquiers de près. Ils étaient aussi sympathiques que le croque-mort des Lucky Lucke de notre enfance. Mais aucun d'entre eux ne comparait la dette de l'entreprise avec son chiffre d'affaire annuel...

La France dispose d'un deuxième atout superbement ignorés par les obsédés de la règle d'or et les ayatollah de l'endettement : une démographie qui lui coûte cher aujourd'hui (l'éducation est onéreuse) mais peut lui rapporter gros demain, alors que ce sera l'inverse en Allemagne.
ll ne faut donc ni croire que la France peut dépenser à tout va ni que les spéculateurs sont les enfants du bon Dieu. Leur inquiétude est aussi une façon de réaliser des opérations spéculatives en pariant à la baisse ou à la hausse sur les obligations d'état. Elle n'est pas toujours en rapport avec la situation réelle du pays. De même, les formidables profits de la Société Générale (- 45% entre le 1° janvier et le 18 août)  ou de la BNP (- 40%) n'empêchent pas les marchés de s'inquiéter dans la mesure où ces banques disposent de créances dont personne ne sait si elles seront un jour recouvrées. 

Tout ceci sans vouloir offenser Jean-Michel Aphatie : il est toujours agréable de triompher et de fredonner l'air de « Je vous l'avais bien dit » (Marianne n'évite pas toujours, d'ailleurs, ce travers). Surtout quand on rentre de vacance... 

Le B-A BA du «AAA»

(La France vaut mieux que ça, non ?)
« AAA » : déclinée trois fois, la première voyelle de l’alphabet est depuis des semaines au cœur de l’actualité. Dans toutes les controverses aussi, comme si notre avenir devait dépendre des appréciations émises par quelques agences sous trois majuscules nourrissant les espoirs ou les angoisses des marchés et des États. Ces derniers s’accrochent à ce «très bien» qui permet d’emprunter à taux bas auprès des souscripteurs de leurs obligations, car le triple « A » offre les meilleures garanties. Avec des nuances, toutefois. Ainsi la France, l’un des six pays de la zone euro à se prévaloir de cette excellente note, affichait début du mois un taux de 3,14 % pour les obligations à dix ans (OAT), les Pays-Bas 2,82 % et l’Allemagne 2,42 % pour des titres équivalents…


Ces différences, même entre les premiers de la classe, pointent déjà l’évidence : les marchés savent que la France se situe à l’extrême limite des critères autorisés pour son «triple A » avec son déficit public de 5,7 % et une dette publique de 85,2 % du PIB. Dans l’immédiat c’est moins la dette – tous les États empruntent, même la vertueuse Suisse est dans le rouge à près de 53 % de son PIB – que le déficit budgétaire français qui est inquiétant. D’autant plus que le pays souffre d’une faible croissance. François Fillon a annoncé 1,75 % pour cette année, autant pour l’année prochaine, ce qui semble bien optimiste. Or, un petit pour cent rapporte environ 12 milliards en impôts aux caisses de l’État, exactement la manne que devrait récolter le plan de rigueur gouvernemental qui ne dit pas son nom. Le jour pourrait arriver où la croissance dans l’Hexagone (l’accroissement annuel de la richesse) ne payera même plus les intérêts de la dette ! Et cela en un temps où on espère surtout que la croissance aidera à résorber un chômage grandissant, du moins selon les promesses électorales.


Certes, la France possède aussi des atouts autres qu’économiques, notamment une réelle stabilité politique dans un pays en parfait état de fonctionnement : un critère primordial pour les agences de notation.


Enfin, l’Hexagone peut compter sur un atout caché susceptible de maintenir son «triple A» : l’interdépendance des économies française et allemande, chaque pays étant le premier partenaire de l’autre. Une dégradation de la note française toucherait à terme celle de notre voisin en provoquant une nouvelle panique, un cauchemar à éviter. Déjà l’Allemagne n’est pas loin d’entrer à son tour en ligne de mire pour sa passivité dans le sauvetage de la zone euro et en raison de ses tiraillements politiques encore accentués hier par la CSU, l’aile bavaroise de la majorité au pouvoir à Berlin. Ce parti rejette le «gouvernement économique de la zone euro» proposé le 16 août par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. La crise européenne est loin d’être terminée…


Or, résoudre cette crise, pour en revenir à l’alphabet, est le « B-A BA » politique dont découle aussi le fameux « AAA ». Car c’est cette crise qui, partie de Grèce, a lancé l’infernale spéculation sur les dettes souveraines. Avec des répercussions à l’infini.

MESSAGE A IRENE...SOIT CLÉMENTE





L'ouragan Irène est arrivé à New York

Après avoir fait neuf morts et entraîné l'évacuation d'au moins 1,5 million de personnes, l'ouragan Irène a frappé New York dans la nuit de samedi à dimanche.
"L'extrémité de l'ouragan est arrivé sur nous", a déclaré le maire de New York Michael Bloomberg lors d'une conférence de presse. Le maire a demandé aux habitants de rester impérativement chez eux. "Ne sortez pas dans les rues, restez chez vous ou dans les centres d'accueil", a-t-il insisté, ajoutant qu'il était "trop tard pour partir", pour ceux qui n'avaient pas observé les consignes d'évacuation dans les zones inondables. Alors que des vents violents soufflaient sur la ville, le maire a dit s'attendre à une importante montée des eaux dans la matinée.
VILLE MORTE
Transports en commun arrêtés, aéroports fermés, évacuations par milliers, New York, habituellement si festive le samedi soir, ressemblait à une ville morte. A Manhattan, les bars et restaurants étaient fermés, les spectacles de Broadway annulés, les habituelles hordes de touristes avaient déserté Time Square. Nombre de magasins avaient protégé leurs vitrines avec des panneaux de contreplaqué, et les New Yorkais étaient calfeutrés chez eux.
370 000 personnes avaient reçu l'ordre du maire, Michael Bloomberg, d'évacuer avant samedi soir les zones inondables de la ville, du jamais vu à New York. Certains ont quitté la ville, d'autres se sont réfugiés chez des proches, dans les hôtels pris d'assaut ou dans la petite centaine de centres d'accueil ouverts par la mairie. Plus tôt dans la journée, Michael Bloomberg n'avait pas mâché ses mots : "C'est une question de vie et de mort, n'attendez pas", avait-il insisté, redoutant une brusque montée des eaux qui pourrait causer "de nombreuses inondations" et des coupures d'électricité.
UN MILLION DE PERSONNES ÉVACUÉES
Dans le New Jersey voisin, plus d'un million de personnes ont été évacuées des zones côtières. La quasi-totalité de petite ville touristique de Cap May, directement située sur la trajectoire d'Irène, a été évacuée. Irène avait touché la terre samedi en Caroline du nord, provoquant vents violents et pluies torrentielles, et privant d'électricité des centaines de milliers de personnes.
Neuf personnes sont mortes en Caroline du Nord, en Virginie et en Floride. Irène doit remonter la côte Est vers Washington, New York et Boston, une des régions les plus peuplées au monde avec 65 millions d'habitants, et pourrait s'accompagner de vagues de 3 à 4 mètres de haut, selon le centre national des ouragans (NHC).
AÉROPORTS FERMÉS
Le président Obama, qui a exigé d'être tenu au courant de la situation heure par heure, s'est entretenu avec son équipe chargée des situations d'urgence, comprenant notamment le vice-président Joe Biden, et la secrétaire à la sécurité intérieure Janet Napolitano, a indiqué la Maison Blanche.
La fermeture des trois aéroports new yorkais, dont l'aéroport international J.F. Kennedy, a créé une formidable pagaille, avec des milliers de vols annulés. Le service ferroviaire a aussi été réduit et la compagnie Amtrack prévoit de suspendre tout le trafic sur la côte Est dimanche.
En Caroline du Nord et dans la Virginie voisine, près de 900 000 foyers étaient privés d'électricité samedi soir, selon les compagnies d'électricité. Les autorités craignent des dégâts qui pourraient coûter de 5 à 10 milliards de dollars, selon des estimations d'experts.

IRENE ON T'ATTEND !



samedi 27 août 2011

Détruire pour le plaisir


Après Hambourg, Berlin est victime à son tour d’un phénomène de plus en plus fréquent : toutes les nuits, depuis quelques semaines, des voitures sont brûlées dans la capitale allemande. Plus la gauche radicale marque ses distances à l’égard de ces incendies en série, plus l’affaire occupe de place dans l’agenda politique. 

Christine O. et Kai K. sont deux agents de police en mission spéciale. Ils appartiennent à la brigade de protection des mineurs et ne se considèrent pas uniquement comme des enquêteurs, mais aussi comme des travailleurs sociaux. Par le dialogue et par un contact régulier, ils sont censés dissuader les jeunes de commettre des infractions graves. Avec eux, la police de Hambourg joue l’une de ses dernières cartes pour venir à bout d’un phénomène inquiétant : les incendies criminels en série de voitures en stationnement.
Depuis 2004, plus de 1 400 véhicules sont partis en fumée sur le territoire de la commune. Rien que sur l’année en cours, les enquêteurs dénombraient plus de 330 incendies de voitures à la mi-août. Et depuis quelques jours, on découvre à Berlin aussi que cette "terreur par le feu" peut angoisser une ville entière. Plus de soixante voitures y ont été embrasées, et les quartiers chics, comme ceux de Charlottenburg et de Zehlendorf, n’ont pas été épargnés. Très vite, ces sournois forfaits ont évolué en affaire politique, et même Angela Merkel est intervenue dans le débat, se déclarant inquiète que des vies humaines soient ainsi "froidement mises en danger".
Pendant longtemps, les attaques perpétrées dans la capitale allemande se sont concentrées sur les véhicules haut de gamme ; elles entraient dans le cadre d’une lutte idéologique visant à récupérer des quartiers résidentiels prisés et ont été pour la plupart imputées à la gauche radicale. Mais, depuis peu, les forfaits observés à Berlin ressemblent de plus en plus à ceux de Hambourg, dont n’importe qui peut être la victime : les propriétaires de luxueux coupés sportifs vivant en centre-ville comme les possesseurs de citadines ou de familiales vivant dans les lotissements de maisons mitoyennes en banlieue. Même les motos et les Vespa ne sont plus à l’abri du vandalisme.

L'opération coûte cher, mais les résultats se font attendre

"Un jour ou l’autre, on aura des morts", s’inquiète Andreas Lohmeyer, 49 ans, chef du bureau de lutte contre la criminalité de Hambourg. Le commissaire divisionnaire est soumis à des pressions considérables. La mission insoluble dont il est investi – protéger contre le vandalisme la voirie de Hambourg, soit 4 000 km de voies pour près de 720 000 véhicules immatriculés – le met chaque jour à rude épreuve.
Andreas Lohmeyer est coresponsable de l’une des plus grandes opérations de police de l’histoire de la ville. La lutte contre les incendiaires mobilise d’ores et déjà plus d’agents que jadis les enquêtes sur les terroristes de la Fraction Armée Rouge ou les émeutes du squat de la Hafenstraße [théâtre de mouvements sociaux dans les années 1980]. Si le coût de l’opération est à la mesure de son envergure, les résultats, eux, se font attendre.
Les espoirs sont désormais fondés sur une nouvelle stratégie qui consiste à dissuader les fauteurs de troubles de passer à l’acte. Puisque nous ne parvenons pas à prendre les incendiaires en flagrant délit, raisonne la police, essayons au moins de ne pas quitter des yeux ceux que nous jugeons suspects. "Nous voulons leur envoyer un signal", résume Reinhard Chedor, chef de la police judiciaire du Land de Hambourg. "Le message que nous voulons faire passer tient en ces mots : nous ne vous oublions pas, les amis, alors tenez-vous à carreau. Nous vous avons à l’œil".

6 000 personnes dans le collimateur de la police

Par équipes de deux, les agents du groupe "Incendies" – soit 20 policiers, en plus de Christine O. et Kai K. – visitent ainsi des centaines d’adresses de la mégapole hambourgeoise. Ils rappellent à l’ordre, mettent en garde, rédigent des rapports. Dans leur collimateur, on retrouve les quelque 6 000 personnes dont l’identité avait été relevée lors des descentes de police nocturnes de l’année dernière, mais aussi des suspects qui se sont déjà fait remarquer par leurs incartades : tagueurs, consommateurs de haschich, casseurs, membres de bandes violentes.
Les jeunes filles y sont rares. Une dizaine de gangs de rappeurs, nommés RGK (Reisegruppe Kiez), NSK (North Street Klan) ou encore 187 (le numéro de l’article de loi qui définit le meurtre dans le code pénal californien), dont la présence ne passe pas inaperçue dans certains quartiers de la ville, exercent une attraction particulièrement forte sur ces jeunes.
On est frappé de constater que, contrairement à Berlin, les groupes d’extrême-gauche sont peu représentés. Dans le milieu autonome, d’où étaient autrefois issus les incendiaires, et pour lequel la destruction de voitures de luxe entrait dans le cadre de la lutte des classes, ce mode d’action est devenu controversé. Seuls 31 des 297 incendies de voitures commis l’année dernière ont été attribués aux radicaux de gauche par la police. Les motivations des incendiaires sont floues. S’agit-il de simple vandalisme ? De jalousie à l’égard des classes supérieures ? De coups d’audace pour se faire bien voir d’un gang ? De démonstrations de pouvoir de la part d’individus qui n’en ont pas dans la vraie vie ?

"Qu'est-ce que vous diriez de faire cramer quelques voitures?"

Martin W. est l’un des rares incendiaires à avoir atterri au tribunal à Hambourg. En raison d’une addiction aux drogues, il est en arrêt-maladie depuis des mois. En l’absence de son père et de sa mère, le visage encore marqué par une bagarre à laquelle il a participé la veille, il raconte sans détours son histoire ; comment lui et ses "potes" Christopher et André, un samedi de septembre 2010, après avoir bu six ou sept bières, de la vodka, et fumé quelques joints, ils se sont rendus à la fête du quartier de Schanze, où ils s’attendaient, comme chaque année, à trouver du grabuge avec la police.
Lorsque les premières pierres et les premières bouteilles se sont mises à voler sur les forces de l’ordre, les trois compères se sont spontanément joints au mouvement, en tête desquels Martin W., qui est certes totalement apolitique, mais qui ne peut pas sentir les "poulets". Son comparse Christopher a été interpellé, et les autres ont continué leur chemin.
Lors de l’édification des barricades contre les canons à eau, Martin W. et André ont sympathisé avec Tom et Kai, deux frères qui ne sont jamais à court d’idées. Qu’est-ce que vous diriez de faire cramer quelques voitures ? Cool. Une Mercedes est bientôt la proie des flammes dans une rue adjacente. Valeur à l’état neuf : 50 000 €. Une BMW est sauvée de justesse. "Mais pourquoi vous faites ça ?", leur crie un riverain depuis son balcon. "Parce que ça nous amuse !", lui rétorque Tom.

Les poignards sous les toges

La grande université d’été des socialistes à La Rochelle devrait être un épisode important des primaires, pourtant il risque de ne pas s’y passer de choses décisives, du moins en public.
Par essence, les primaires poussent au crime, puisqu’il s’agit pour chacun des trois principaux candidats de s’affirmer comme le meilleur au détriment de ses deux rivaux selon le mode de la publicité comparative. Mais, en même temps, chacun des protagonistes sait que le peuple de gauche qui se prononcera au mois d’octobre a une profonde envie d’unité et de rassemblement pour tenter de gagner l’élection présidentielle dans les meilleures conditions. Dès lors, même si La Rochelle ne doit pas être le festival « des chochottes » pour M. Cambadélis et « qu’il ne s’agit pas d’être sympa », comme le dit l’ancienne ministre de Mitterrand Yvette Roudy, les poignards des candidats auront tendance à rester sous les toges pour éviter de tomber dans le vieux principe selon lequel le premier qui dégaine est mort ; ce qui n’empêchera pas les porte-flingues des uns et des autres de distiller en coulisse quelques méchancetés bien senties. Il est certain en effet que l’avance importante de François Hollande exaspère les autres, que le camp Aubry a tendance à se durcir et à faire feu de tout bois, quitte à utiliser prématurément la cartouche en or du soutien de Jacques Delors.


Il est non moins certain que Mme Royal ne s’avoue pas vaincue et ne renonce à rien, que la crise économique oblige tous les candidats à des ajustements, voire à des révisions importantes par exemple sur le retour à la retraite à 60 ans et, qu’enfin, l’ombre de DSK qui planera sur La Rochelle peut porter tort aux tenants du grand pardon si l’on en juge par les réactions de l’opinion.

Fillon s’en prend au PS

A l’heure du chômage, le Premier ministre a consacré vendredi son premier déplacement de rentrée au thème de l’emploi. Et « taclé » les socialistes.
Après l’annonce jeudi des très mauvais chiffres du chômage pour le troisième mois consécutif et la présentation la veille du plan de rigueur –dont certains craignent qu’il ne casse une croissance déjà faible, François Fillon a sciemment choisi de faire de l’emploi « le » thème de sa rentrée. Cinq ministres l’accompagnaient à Beauvais (Oise) : Xavier Bertrand (Travail), Luc Chatel (Education), Nadine Morano (Apprentissage), Laurent Wauquiez (Enseignement supérieur) et Jeannette Bougrab (Jeunesse). Façon de montrer que le gouvernement tout entier est mobilisé, et que la bataille contre le chômage est plus que jamais l’une de ses priorités. Au même titre que la lutte contre les déficits.
Sous un temps automnal, le Premier ministre s’est arrêté dans les travées de l’entreprise d’électricité Telecoise, qui mise avec succès sur l’apprentissage. C’est l’un des leviers d’action sur lesquels l’exécutif entend mettre l’accent pour développer l’emploi. « Nous avons l’objectif d’avoir 800.000 jeunes en alternance en 2015 », a affirmé Fillon.
Devant un parterre d’élus UMP rassemblés à la mairie de Beauvais, François Fillon est longuement revenu sur la situation « difficile », et il a attribué les difficultés d’emploi à une « population active de plus en plus nombreuse, et à une forte démographie ». Il s’est ensuite montré préoccupé par les jeunes. « En cette période, notre jeunesse est en droit de s’interroger sur son avenir », a-t-il lancé. Et de dérouler quelques mesures spécifiques, malgré une marge de manœuvre financière étroite.
Des fleurs pour Woerth

Pour ne pas être accusé de grever encore un peu plus le budget de l’Etat, il est revenu sur la philosophie de ces dispositifs : « Ce ne sont pas des allocations financées sur l’endettement ni des idées démagogiques, mais des mesures concrètes », a-t-il déclaré. Puis il a insisté : « On n’a pas le droit de mentir à la jeunesse et de lui promettre tout et n’importe quoi. »

Alors que les ténors du PS sont réunis à La Rochelle, le Premier ministre leur a lancé quelques messages, endossant pour l’occasion son costume préféré de politique responsable et crédible : « Présenter les mesures, ce n’est pas le rôle le plus agréable, mais je le préfère à celui qui consiste à combattre la réforme des retraites. » Après avoir salué l’ex-ministre et désormais député UMP Eric Woerth – présent dans la salle – comme « l’artisan de la réforme des retraites si importante », il a enfoncé le clou : « Tant que l’opposition n’aura pas reconnu la nécessité d’une telle réforme, son discours sur la réduction des déficits n’aura aucune crédibilité. »

Apothéose

Dans France-Soir, hier, notre envoyée spéciale à New York, Sandrine Briclot, expliquait que Nafissatou Diallo, la femme de chambre du Sofitel, risquait maintenant son emploi, des poursuites judiciaires pour avoir menti, voire l’expulsion des Etats-Unis. Telle serait l’apothéose de l’affaire Strauss-Kahn dont La Fontaine reste le meilleur chroniqueur : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »
Puisque M. Strauss-Kahn est désormais libre et que l’on ne risque plus de tirer sur une ambulance, on peut librement se prononcer, voire s’indigner, quand on entend Martine Aubry déclarer que « la preuve est faite que cet acte de viol n’a pas eu lieu ». Je me bornerai à citer quelques déclarations de journalistes entendues sur les radios ou télés depuis 48 heures.

Serge July, ex-directeur de Libération : « Contrairement à ce que disent certains socialistes, DSK n’est pas blanchi, la justice américaine n’a pas dit qu’il est innocent. »

Nicole Bacharan, spécialiste des Etats-Unis : « On ne peut pas dire que DSK a été blanchi, il n’aurait pu l’être que par un jury, moi je ne sais toujours pas si cette femme a été violée. »

Hervé Chabalier, fondateur de l’agence Capa : « C’est une justice qui ne résout pas l’affaire, la suspicion restera pour nombre de gens. »

Patrick Poivre d’Arvor : « La tache existe et restera toujours. »

Christophe Hondelatte, de Faites entrer l’accusé : « Moi, je ne sais pas s’il est innocent. »

Yves Tréard, du Figaro : « Il n’est ni blanchi ni réhabilité. »

Ghislaine Ottenheimer, de Challenge : « Il y a un doute. »

On pourrait multiplier les commentaires de ces journalistes de haut niveau. Mme Aubry a de la chance d’avoir la foi du charbonnier, mais elle est bien seule.

Primaires pliées au PS ?

François Hollande est-il en passe de gagner les primaires socialistes du mois d’octobre ? C’est l’opinion qui prévaut chez de nombreux responsables socialistes avant l’université d’été de La Rochelle.

D’abord, il y a les chiffres des sondages : non seulement M. Hollande fait la course en tête depuis l’autodestruction de DSK, mais son avance s’accroît sur ses rivaux, au point de devenir irréversible. Selon la dernière enquête Harris Interactive, François Hollande augmente le différentiel avec Martine Aubry chez les sympathisants de gauche, 42 % pour lui, 28 % pour elle, mais il décolle aussi chez les sympathisants socialistes où il obtient 49 % contre 30 % à l’ancienne première secrétaire. C’est un véritable décrochage pour Martine Aubry qui espérait combler son retard pendant l’été et qui a multiplié les initiatives, avec interview au 20 heures de TF1 et lettre aux électeurs. Certains fabiusiens proches de Mme Aubry déplorent en privé son décrochage et l’absence de dynamique politique en sa faveur.

Est-ce pour autant plié en faveur de François Hollande ? Pas tout à fait, il reste 50 jours de campagne pour les primaires, mais déjà l’exercice de comparaison entre les candidats pour être le meilleur adversaire face à Nicolas Sarkozy joue en faveur de François Hollande. Le choix des électeurs qui voteront aux primaires se fera davantage, semble-t-il, sur la personnalité du futur champion de la gauche que sur les mesures contenues dans les programmes. Pour Martine Aubry, le fait d’avoir remplacé au pied levé Dominique Strauss-Kahn, qu’elle s’apprêtait à soutenir, n’est pas du tout un avantage et l’appui éventuel de DSK ne pourrait que lui être fatal.

Le jeu des cinq familles socialistes

Dans la vie du PS, l'Université d'été de La Rochelle est à la fois un petit théâtre où s'exercent les rivalités, et une grand-messe où l'on scande les vertus de l'unité et les espoirs de conquête. Rarement elle aura été aussi semée d'embûches et eu autant valeur de test de crédibilité. La première raison - déjà, les crispations sont palpables - est qu'elle marque l'entrée en scène des cinq candidats à l'investiture. Ils sont engagés dans une primaire qui pousse plus à la division qu'au rassemblement. Une compétition qui les oblige à afficher leurs différences sans trahir le projet du parti, avec le risque que les chicayas l'emportent sur le débat d'idées. C'est source de confusion, quand bien même l'ouverture s'est déroulée dans une ambiance somme toute feutrée. La deuxième raison tient au mano a mano entre une patronne du PS reléguée au rang de challenger, et François Hollande, l'outsider promu favori. Martine Aubry n'a plus le choix, elle doit faire décoller une campagne largement parasitée. Enfin, la crise financière condamne le PS à adapter, sinon à revoir, son projet, et donc à sortir du brouillard programmatique. Les sondages le disent à l'envi : les Français souhaitent une victoire de la gauche mais ils ne font pas plus confiance aux socialistes qu'à Sarkozy pour les sauver de la crise. C'est une épreuve de responsabilité qui attend le PS ce week-end, sa « présidentiabilité » qui se joue. Il ne faudra pas désespérer le peuple de gauche, ni se tromper d'adversaire. Si l'esprit d'unité ne devait être qu'un slogan lénifiant et ce rendez-vous un hymne à la fraternité, comme dirait Royal, qui sonne faux, alors les Français sauraient s'en souvenir.