TOUT EST DIT

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mercredi 24 août 2011

Le « non-lieu » de DSK ne libère pas pour autant le PS

Le juge a donc officiellement confirmé la recommandation faite lundi par le procureur de Manhattan, Cyrus Vance (voir l’article de Caroline Parmentier : « Une victoire à la Cyrus » dans ce blog), d’abandonner les poursuites contre Dominique Strauss-Kahn. Le volet pénal du dossier a été refermé mardi après-midi. Non-lieu donc en faveur de l’ancien directeur du FMI. « Les preuves physiques, scientifiques et d’autres natures montrent que l’accusé a eu un rapport sexuel précipité avec la plaignante, mais n’établissent pas de manière indépendante son affirmation d’un rapport sous la contrainte et non consenti », constatait le texte en provenance du bureau du procureur. L’enquête a toutefois permis de préciser que la femme de ménage avait utilisé sa clef magnétique pour ouvrir la chambre de Dominique Strauss-Kahn à 12 h 06. Et ce dernier, à 12 h 13, téléphonait à sa fille Camille. Ce qui s’est passé entre Mme Diallo et lui s’est donc déroulé en 7 minutes. Douche non comprise puisque celle-ci, du moins pour le mari d’Anne Sinclair, avait eu lieu avant. Un peu court pour un rapport « consenti ». Ce rapport, médicalement établi, a donc eu lieu dans la plus grande précipitation. DSK, l’homme pressé… Et sans doute pressant !

Mais les multiples mensonges de la plaignante, qualifiée par le procureur de « menteuse compulsive », ses parjures devant la justice ont discrédité son témoignage, tout autant que ses relations douteuses. Dans une confrontation parole contre parole, celle, éraillée, de Nafissatou Diallo ne pouvait plus prétendre tenir le choc contre celle de l’ex-directeur du FMI. Pour autant, comme le résume parfaitement l’éditorial du Monde daté de mercredi, « faute de pouvoir établir avec certitude devant un jury la crédibilité du témoignage de la victime présumée, sur lequel repose exclusivement l’accusation sexuelle, le procureur de l’Etat de New York ne blanchit pas totalement M. Strauss-Kahn : il reconnaît simplement que les incohérences apparues au cours de l’enquête, dans la version de la jeune femme, ne lui permettraient pas de convaincre douze jurés de la bonne foi de celle-ci, au-delà du doute raisonnable ». Acquitté mais pas vraiment innocenté, Dominique Strauss-Kahn se retrouve dans une sorte de zone grise. Très loin en tout cas du blanc-bleu…

Les tabloïds américains traduisent ce décalage entre innocence et non-lieu à leur manière, triviale. « DSK n’est peut-être pas coupable d’agression sexuelle, mais il est coupable d’être un saligaud. (…) Il se croit aussi irrésistible pour les femmes de chambre qu’il l’est pour sa riche femme. » Or toutes les femmes de chambre n’ont pas les mêmes goûts qu’Anne Sinclair…

Après la décision du juge, Dominique Strauss-Kahn a prononcé une brève allocution, évoquant « la fin d’un d’une épreuve terrible et injuste » et affirmant : « j’ai hâte de rentrer dans mon pays ». Seules les secousses d’un tremblement de terre l’ont empêché, en fin de journée, de récupérer son passeport.

Le PSK (Parti de Strauss-Kahn)

Les dirigeants socialistes, dans leur ensemble, et bien sûr tout spécialement les strauss-kahniens, se réjouissent de cette issue. « C’est du bonheur », s’est exclamé Martine Aubry. « On attendait tous qu’il puisse enfin sortir de ce cauchemar ». Pas si vite. D’abord le « cauchemar » judiciaire n’est pas tout à fait terminé pour DSK puisqu’en France deux plaintes l’attendent. Celle de Tristane Banon qui affirme avoir été violentée par lui en 2003, comparant son agresseur à un « chimpanzé en rut ». Plainte pour laquelle une enquête préliminaire est actuellement en cours à Paris. Et puis il y a maintenant la plainte déposée mardi par l’avocat de Nafissatou Diallo pour « tentative de subordination de témoin », contre un adjoint au maire de Sarcelles, que Kenneth Thompson accuse d’avoir fait pression sur une femme, pour la dissuader de témoigner contre DSK.

L’effet suspicion

Disons-le : ces deux plaintes paraissent un peu, sur le plan juridique, des pétards mouillés. Mais elles vont renforcer dans l’immédiat le « cauchemar médiatique » qui pour DSK risque de se prolonger. Et ajouter quelques graffitis obscènes sur son étiquette de « saligaud » que la presse américaine lui a si obligeamment accrochée dans le dos…

Ce cauchemar médiatique dans lequel DSK s’est lui-même enfermé risque de devenir pour le PS, au-delà du « bonheur » bien factice de Martine Aubry, une sorte de mauvais rêve, pénible à supporter. Même si l’ancien directeur du FMI se trouve aujourd’hui « innocenté » par « défaut de témoin » (selon l’expression du procureur), cette affaire a mis en lumière, sur celui dont le PS s’apprêtait à faire son candidat pour l’Elysée, plusieurs zones gênantes de sa personnalité. Ses relations « compulsives » avec les femmes, bien sûr, mais aussi son insolente richesse. Cette seconde caractéristique n’est certes pas répréhensible. Mais elle contraste de façon violente avec la majorité de ce « peuple de gauche » dont le PS prétend incarner les aspirations. N’oublions pas non plus que la mère de Tristane Banon, elle-même ex-maîtresse de DSK, est aussi une élue socialiste, fricotant avec tout le gratin de la rue Solférino. Le linge sale de la famille socialiste, que ce soit à New York ou à Paris, se trouve ainsi étalé aux fenêtres.

Pour les candidats de ce parti l’affaire DSK et ses suites peuvent donc agir comme un poison lent. Après s’être infiltré dans les esprits de façon subliminale, il peut se déclarer à retardement, après plusieurs mois d’incubation. Par exemple les électrices de gauche peuvent réaliser au moment du vote que tels candidats à la rose (comme les ballets du même nom ?) appartiennent au même parti que DSK, ce multimillionnaire qui considère les femmes comme des objets destinés à satisfaire ses désirs. Le même réflexe de rejet peut se déclencher chez le père de famille songeant à ses filles. Et puis bien sûr chez tous ceux qui connaissent des fins de mois difficiles et qui se souviendront dans l’isoloir que Strauss-Kahn et son épouse évoluent à des années-lumière de leurs contingences financières. Des candidats du PSK (Parti de Strauss-Kahn) qui, lorsqu’ils prétendront lutter contre les excès de la finance, risquent désormais d’apparaître aussi peu crédibles qu’une vulgaire Nafissatou Diallo. Ou pour le moins déclencheront-ils chez leurs électeurs potentiels un « doute raisonnable ». On connaissait L’Effet Glapion, pièce de Jacques Audiberti sur la réalité des illusions. L’affaire DSK pourrait bien se transformer, pour le PS, en une sorte d’Effet suspicion.

Un effet contre lequel semble vouloir s’immuniser François Hollande lorsqu’il souligne qu’il était « candidat avant l’affaire DSK, pendant et après ». Martine Aubry ne peut pas en dire autant…

Le retour prochain de DSK embarrasse le Parti socialiste

Trois mois après le coup de tonnerre de "l'affaire DSK", qui a bouleversé la configuration de la primaire, les socialistes se retrouvent à la veille de l'ouverture de leur université d'été de La Rochelle, vendredi 26 août, face à une inconnue : l'avenir de leur ancien champion, sacré, avant son arrestation, comme le vainqueur potentiel de la présidentielle de 2012 face à Nicolas Sarkozy, mais dont l'image est désormais considérablement ternie, en dépit de l'abandon des poursuites pénales par le procureur de New York.
Pris dans un étau judiciaire, loin de son pays, Dominique Strauss-Kahn a démissionné de son poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI), le 18 mai, mais n'a jamais officiellement évoqué sa situation politique en France. Et pour cause : son arrestation par la police new-yorkaise est intervenue alors que le candidat potentiel préparait activement son retour en France sans jamais toutefois avoir fait officiellement acte de candidature.
Son mandat au FMI, qui courait en principe jusqu'à l'automne 2012, l'obligeait à la plus stricte réserve sur le plan de la politique intérieure française. Le candidat virtuel avait programmé son entrée en lice après le 15 juin. Il avait prévu de démissionner à cette date de son poste du FMI pour revenir en France, et comptait sur l'appui de son allié du congrès de Reims, Martine Aubry, qu'il distançait très nettement dans les sondages. Son arrestation le 14 mai à l'aéroport JFK a suspendu tous ses projets politiques. Le rêve des strauss-kahniens s'est brisé.
"NE LUI METTONS PAS UNE PRESSION SUPPLÉMENTAIRE"
Trois mois ont passé. Dominique Strauss-Kahn est désormais libre, mais sans mandat du FMI et sans statut de candidat en France. Le 13 juillet, la compétition de la primaire s'est ouverte sans lui. Six candidats se sont déclarés : François Hollande, Martine Aubry, Ségolène Royal, Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Jean-Michel Baylet, du Parti radical de gauche (PRG). Quelle place, quel rôle désormais pour DSK ? L'embarras des socialistes était perceptible, mardi 23 août, malgré le "soulagement" exprimé à l'unisson.
En juin, concluant à l'empêchement de leur mentor, les partisans de DSK se sont pour la plupart répartis entre Martine Aubry, la première secrétaire, alliée de DSK, et François Hollande, l'outsider qui a décidé d'aller "jusqu'au bout", quelle que soit la décision de DSK. Entre les deux principaux rivaux, les surenchères ont été fortes pour obtenir les ralliements des partisans de Dominique Strauss-Kahn. Martine Aubry a convaincu les strauss-kahniens installés dans l'appareil du PS, François Hollande les grands élus.
La décision du juge Michael Obus, mardi 23 août, de lever toutes les accusations contre l'ancien patron du FMI peut-elle modifier de nouveau la configuration de la primaire ? A l'issue de l'audience new-yorkaise, les strauss-kahniens ont salué la fin d'un long "cauchemar", mais peu se hasardent à un pronostic politique.
Reviendra-t-il sur la scène politique, comment, pour qui ? A Paris, sur le plateau de BFM TV, un de ses lieutenants, Jean-Christophe Cambadélis, passé chez Martine Aubry résumait la situation : "Je ne sais pas quel sera l'état d'esprit de Dominique Strauss-Kahn." "Personne ne le sait. Mais il a besoin de respirer, de se poser, de se reconstruire. Au moment où il retrouve sa liberté, ne lui mettons pas une pression supplémentaire", ajoute Christophe Borgel, un autre lieutenant passé chez Martine Aubry. Tous deux reconnaissent que les "strauss-kahniens sont de nouveau chamboulés", mais estiment que le retour en France de DSK "ne peut pas gêner" la campagne de Martine Aubry.
"UNE AFFAIRE QUI LE PLACE EN DEHORS DU JEU"
Mardi, à la sortie d'un bureau national du PS consacré à la crise économique, la candidate à la primaire, pressée de réagir à la décision de la justice américaine, s'est dite "très heureuse pour Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair". Martine Aubry avait beaucoup insisté ces derniers jours sur ses liens téléphoniques constants avec DSK et son épouse.
Les strauss-kahniens qui ont rallié François Hollande sont plus tranchés : ils estiment que DSK ne peut plus revenir dans la course à la présidentielle et espèrent la neutralité de l'ancien patron du FMI jusqu'à l'issue de la primaire le 16 octobre, puis son engagement derrière le candidat qui sera désigné. "Je me réjouis de la décision de la justice américaine, mais, sur le plan politique, elle ne remet pas en cause le fait qu'il s'est mis dans une affaire épouvantable qui le place en dehors du jeu. C'est un gâchis terrible", juge Gérard Collomb, le maire de Lyon, qui avait été l'un de ses plus fervents partisans.
"Je suis respectueux de sa liberté, il fera ce qu'il voudra, mais je lui conseille de ne pas prendre position dans la primaire", estime le député du Finistère, Jean-Jacques Urvoas. "Quand il souhaitera reprendre sa place dans le débat public, il faut que ce soit une voix utile à la gauche et au pays", a déclaré Pierre Moscovici, l'ancien lieutenant de DSK.
François Hollande, évoque, lui, son "rôle essentiel dans la campagne du futur candidat socialiste à la présidentielle en raison de son expertise sur la crise". La veille, le député de Corrèze avait redit que rien ne le détournerait de sa route. L'ombre de DSK continue de planer sur le PS.

Les différents scénarios du retour de DSK

La justice américaine a abandonné les charges contre Dominique Strauss-Kahn. Et maintenant, que va-t-il faire? S'engager dans la primaire? Endosser le rôle d'un conseiller? Les différentes hypothèses.
Dominique Strauss-Kahn est tiré d'affaire. C'est désormais officiel: le juge a abandonné les charges, suivant les recommandations du procureur Cyrus Vance. Certes, l'ancien patron du FMI doit encore affronter une plainte au civil déposée par Nafissatou Diallo, ainsi que deux actions intentées en France. 
Mais il va pouvoir revenir à Paris - il a "hâte" de rentrer en France, explique-t-il en sortant du tribunal. Et sitôt qu'il aura posé le pied sur le sol français, les micros se tendront par dizaines, les caméras se braqueront sur lui et il faudra répondre à cette question: quel rôle souhaite-t-il occuper dans la campagne présidentielle? Trois possibilités. 
Un retour immédiat et fracassant sur la scène socialiste
Largement en tête des sondages pendant des mois et des mois, Dominique Strauss-Kahn laissera-t-il échapper ce qui semble être sa dernière chance d'accéder à l'Elysée ? Il lui faudrait alors revenir immédiatement en France et faire savoir qu'il veut intégrer la primaire. Au vu de l'épreuve judiciaire qu'il vient de traverser, on voit mal ses camarades s'opposer à ce retour, au nom du règlement.  
Pourtant, cette hypothèse est de loin la plus improbable, parce qu'il sort d'une épreuve éreintante, qui laissera certainement des traces dans l'opinion publique. 

D'ailleurs, au PS, tous les cadres se réjouissent de cette décision, mais personne n'envisage un retour dans la course à l'Elysée, même ses plus proches, tels que le maire de Sarcelles, François Pupponi: "C'était le combat de sa vie (...) il faut essayer de tourner la page, le laisser reprendre ses esprits." 
Un retour en douceur
Plus qu'en tant que candidat, c'est en soutien que DSK pourrait faire son retour politique. Vers qui se tournerait-il alors? Difficile pour lui de ne pas s'engager derrière Martine Aubry, en souvenir de leur pacte de Marrakech.  
Mais aujourd'hui, la maire de Lille accuse encore plusieurs points de retard sur François Hollande. Si dans un mois, l'écart se maintient, Dominique Strauss-Kahn prendra-t-il le risque de soutenir une candidate qui part perdante? 
Le plus sûr serait encore d'attendre le 16 octobre, soit la fin de la primaire pour ensuite intégrer l'équipe de campagne du candidat à la présidentielle. Que ce soit Hollande ou Aubry, DSK pourra s'appuyer sur ses soutiens, présents dans les deux camps, pour "faire son trou". 
Enfin, il sera difficile pour le candidat désigné d'occulter l'expertise économique de l'ancien ministre et dirigeant du FMI. En ces temps de crise et d'explosion de la dette publique, la voix de DSK comptera. 
Un retour tout en discrétion
Exposé au monde entier les menottes aux poignets, considéré comme un délinquant sexuel pendant plusieurs semaines, raillé pour toutes les relations qu'on lui a prêtées, DSK aura-t-il l'énergie nécessaire pour s'engager à nouveau en politique?  
Il pourrait parfaitement prendre ses distances et enfiler les habits d'un lointain conseiller économique, qui publierait quelques tribunes dans des journaux prestigieux. Et qui évoluerait loin des caméras. Cela le changerait.  

Ni blanchi ni innocenté, mais libéré

L'homo mediaticus est incorrigible. Hier, les articles, vidéos, émissions consacrés à l'abandon des poursuites contre Dominique Strauss-Kahn pour crimes sexuels, ont été les plus consultés. L'emballement est autant du côté des émetteurs que des récepteurs. DSK se retrouve unanimement « blanchi », synonyme d'innocenté, ce que DSK n'a pas pu être car il n'y a pas eu de procès. Il ne sera jamais coupable non plus dans l'affaire du Sofitel, même si la procédure continue sur le plan civil. Pendant que l'Histoire se joue en Libye, c'est vers le tribunal de New York, devant se prononcer dans une sordide affaire d'agression sexuelle, que nous nous tournions tous, jusqu'à la nausée. Pour DSK d'abord, ce fait divers est impitoyable. Il a tout perdu dans cette affaire, qui en a réveillé d'autres. Pour le PS, ensuite, qui a dû rebattre les cartes de sa primaire au plus mauvais moment, le « ouf ! » de soulagement ne sonne pas juste. « Laissons-lui le temps de choisir comment être utile à notre pays… et nous de travailler », dit en substance François Hollande. Maintenant, il y a « nous » et « lui ». Pour les médias et leurs consommateurs, enfin, il y a de sacrées leçons à tirer. Le doute doit toujours empêcher les conclusions hâtives. La justice américaine a abandonné les poursuites contre DSK. Là est la seule certitude. Petite consolation : hier le bureau national du PS ne s'est pas focalisé que sur DSK. Il en est ressorti des déclarations intéressantes sur la crise financière, la dette, la présidentielle… et même sur la fin du régime de Kadhafi. La politique reprendrait-elle le dessus sur le fait divers ?

Vers un État palestinien ? Acte II

Les dés sont maintenant jetés : Riyad al-Malki, ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne, a annoncé, le 13 août, que le président Mahmoud Abbas présenterait, le 20 septembre, à l'Assemblée générale de l'Onu, une demande d'adhésion d'un État palestinien.

Il s'agira de la deuxième tentative pour créer un tel État. En effet, en 1947, lorsque la Grande-Bretagne annonça son intention d'abandonner son mandat sur la Palestine, les Nations Unies créèrent une commission qui, en septembre 1947, soumit deux plans. L'un proposait un État fédéral, constitué par un État juif et un État arabe. L'autre proposait le partage de la Palestine entre un État juif et un État arabe.

L'Assemblée générale se prononça, le 29 novembre 1947, pour un plan de partage qui maintenait des colonies juives dans l'État arabe et créait une zone internationale de Jérusalem. Ce plan fut refusé par les Arabes qui s'armèrent, les Juifs aussi. Ce fut la guerre. Mais, le 14 mai 1948, Ben Gourion proclama « la création de l'État juif de Palestine qui prendra le nom d'Israël ». Celui-ci fut admis comme membre des Nations unies le 10 mai 1949. L'acte I s'acheva donc sans création d'un État arabe de Palestine.

Pourquoi cet acte II ? Parce que l'impasse dans laquelle se trouvent les négociations israélo-palestiniennes ne laisserait plus aux Palestiniens que cette seule solution pour obtenir la création de l'État auquel ils estiment avoir droit. Qu'ils aient ce droit ne devrait pas être contesté dans son principe et d'ailleurs, depuis l'origine, il ne l'est pas. Que cet État doive comprendre la Cisjordanie et la bande de Gaza ne devrait pas l'être davantage.

Néanmoins les obstacles demeurent. Les Palestiniens demandent le retour aux frontières d'avant la guerre de 1967, frontières que Nétanyahou juge « indéfendables ». Des échanges de territoires, certes, sont envisagés, mais permettraient-ils de rendre ces frontières « défendables » ? Rien ne le garantit.

À chacun ses exigences. Côté palestinien, l'on demande l'arrêt de la colonisation en Cisjordanie, le retour en Israël des réfugiés, Jérusalem-Est pour capitale. Côté israélien, l'on demande d'être reconnu comme « l'État juif d'Israël » ; l'on exige que le Hamas, au pouvoir à Gaza et soi-disant réconcilié avec le Fatah au pouvoir en Cisjordanie, reconnaisse formellement l'existence d'Israël, ce qu'il a jusqu'à présent refusé, et qu'il renonce à la violence contre les territoires israéliens.

En septembre, les États-Unis ont prévenu que, faute d'une reprise des négociations et même en cas d'un vote majoritaire à l'Assemblée générale en faveur d'un État Palestinien, ils opposeront leur veto au Conseil de sécurité.

L'Union européenne, une fois de plus, sera-t-elle divisée, l'Allemagne votant contre, la France votant pour ? Il serait pourtant souhaitable qu'une position commune soit trouvée. Ne pourrait-elle être de subordonner un vote favorable à une déclaration claire par le Hamas de reconnaissance de l'État d'Israël, sans pour autant spécifier « juif » ? Ce serait bien le moins, en effet, que celui qui demande la création d'un État palestinien accepte l'existence d'un État d'Israël membre de l'Onu depuis 1949. En franchissant ce pas, le Hamas s'honorerait et il serait alors normal qu'il soit rayé de la liste des organisations terroristes. Les Palestiniens y gagneraient en considération et en soutien international, notamment financier, ce dont ils auront le plus grand besoin.

Laver plus blanc que blanc

La vérité s’est définitivement échappée. DSK est libre, certes, mais il ne sera jamais formellement innocenté puisqu’aucun procès ne permettra de savoir ce qui s’est effectivement passé dans la suite 2806 du Sofitel Manhattan.

Il s’en est donc sorti et il va conforter le taux de réussite de ses deux avocats qui promettaient, dès le premier jour, de le tirer de ce mauvais pas. En bons professionnels, ils se sont contentés de jouer en contre, exploitant les erreurs de l’adversaire sans jamais que leur client ait à nous convaincre qu’il n’avait pas commis le crime qu’on lui reprochait.

Les faits sont là : Dominique Strauss-Kahn gagne parce que Nafissatou Diallo, en mentant plusieurs fois, s’est tiré une balle dans le pied, renversant la charge de la preuve. Une mauvaise nouvelle pour toutes les femmes violées qui sont déjà si peu nombreuses — moins de 8 % — à oser porter plainte contre leur agresseur. Les voilà prévenues : il faudra qu’elles soient des clones de sœur Emmanuelle avec une vie sans tâche.

Franchement, les supporters français de DSK n’ont pas de quoi triompher de cette façon, sans la réserve minimum qu’on était en droit d’attendre d’eux devant les zones grises laissées par ces trois mois d’enquête. Qu’ils se réjouissent de l’issue favorable dont bénéficie leur ami, très bien, c’est une preuve respectable d’affectueuse fidélité. Mais, oui, il est profondément choquant de les entendre s’exprimer comme si le feuilleton de New York ne se résumait qu’à une odieuse machination et à un lynchage médiatique.

L’indécence, c’est de vouloir laver plus blanc que blanc. Car affirmer que DSK est « blanchi » demeure un abus de langage. Le rapport du procureur n’écarte pas expressément l’hypothèse que le rapport sexuel précipité ait été forcé : il ne peut simplement pas le prouver.

L’abandon des poursuites ne signifie pas que les faits ne se sont pas produits mais que la crédibilité de la plaignante était insuffisante pour aller devant un tribunal.

Si la présomption d’innocence de DSK doit, naturellement, être respectée, elle n’interdit pas de rester circonspect devant un faisceau de doutes et de témoignages concordants qui, eux, n’ont pas été inventés par Mme Diallo. Quant aux affaires périphériques — dont une mise en cause par une collaboratrice du FMI — elles projettent une ombre sur la personnalité cachée de l’ex-champion que le PS s’apprêtait à se donner sans aucun état d’âme.

Aujourd’hui comme hier, les socialistes préfèrent faire semblant de ne pas voir que leur héros a un sérieux problème avec les femmes, et qu’il est plus grave que l’aimable « légèreté » d’un séducteur. En déroulant le tapis rouge au grand expert sur le mode « sa voix comptera », ils rhabillent en grandeur d’âme un manque de courage politique. Intéressée, cette générosité primaire pourrait leur coûter très cher parmi l’électorat féminin.

Un Eldorado en demi-teinte

Il affiche le PIB et la dette extérieure par habitant les plus élevés au monde et se classe parmi les derniers selon l’indice Happy Planet. Et, ce qui est plus étonnant encore, il ne souhaite pas que ça change. Bienvenue dans la capitale criblée de dette de la complaisance européenne. 
Au cœur de l’Europe se trouve une nation pourrie jusqu’à la moelle dont l’économie est fortement tributaire des caprices des marchés financiers mondiaux. Elle est réputée pour son secret bancaire, qui, selon certaines informations, aurait permis au dirigeant nord-coréen Kim Jong Il d’amasser des milliards de dollars.
La dette extérieure par habitant y est 84 fois plus élevée qu’aux Etats-Unis, un pays pourtant lourdement endetté (la part de chacun des habitants – homme, femme et enfant – représente environ 3,31 millions d’euros). La démocratie est une véritable chimère. Le pays est dirigé par un chef d’Etat non élu, désigné par filiation héréditaire, qui dispose non seulement du pouvoir de dissoudre le Parlement, mais aussi de nommer certains de ses membres. Les citoyens s’inquiètent de l’avenir de leur pays, qui semble de plus en plus vulnérable. Pas étonnant lorsqu’on sait que l’équivalent de 25 % de la population traverse chaque jour la frontière pour venir travailler sur le territoire et que celle-ci est composée à 44 % d’étrangers.
Mais où donc se trouve ce coin paumé, ce cancer du continent européen ? S’agit-il de la Grèce ? D’un pays des Balkans ? Pas exactement. Il s’agit en réalité du Grand-Duché de Luxembourg, un minuscule territoire peuplé de 503 000 habitants et situé entre la Belgique, la France et l’Allemagne.
Certes, les cyclistes et les randonneurs considèrent ce pays bucolique comme un paradis de verdure et les banquiers s’émerveillent devant son extraordinaire richesse (le PIB par habitant, qui atteignait 108 832 dollars en 2010, est le plus élevé au monde).

Rues propres, boutiques de luxe et bistrots chics

Mais il y a forcément quelque chose qui cloche. Les malheureux citoyens du Luxembourg – qui figure à l’avant-dernier rang des pays européens selon l’indice Happy Planet (et juste après le Soudan, un pays pourtant déchiré par la guerre) – achètent plus de cigarettes et d’alcool et ont une empreinte carbone plus élevée que n’importe quel autre pays du monde. Et pourtant, leur devise nationale est : "Nous voulons rester ce que nous sommes". Etait-il possible que ce petit duché débauché détienne le secret des forces ténébreuses qui déchirent actuellement l’Europe ? Il me fallait absolument découvrir la vérité.
Le jour de mon arrivée, une belle journée d’été sans nuages, les rues tranquilles et bien entretenues de la capitale du Luxembourg, qui porte le nom très original de Luxembourg, m’ont semblé plutôt accueillantes. Ce n’est que lorsque je plongeai mon regard dans les profondeurs de la gorge qui sépare la ville depuis le pont Adolphe, un magnifique pont de pierre, que je fus saisi du vertige de l’abîme. Au centre-ville, une fanfare militaire composée de 18 musiciens jouait Come Fly With Me tandis que des Blancs élégamment vêtus entraient et sortaient des boutiques de luxe situées aux abords de la charmante vieille ville. Au loin, une rangée de bâtiments abritant des banques d’investissement brillait au soleil, leurs façades modernes réfléchissant pareillement la lumière.
Dans la rue de la Boucherie, la rue la plus branchée de la vieille ville – le genre d’endroit, me dit le serveur, où les banquiers se retrouvent le week-end pour ingurgiter des quantités impressionnantes d’alcool –, j’entrai dans un bistrot chic d’où s’échappait un rythme pulsé. Selon Panagiotis Meidianis, un serveur de 18 ans arborant une banane tronquée, la bouteille de whisky se vend moitié moins cher au Luxembourg que dans sa Grèce natale, où les habitants touchent, surtout dans le contexte actuel, une fraction du revenu luxembourgeois. "Le week-end, quand on ferme, ils en veulent toujours plus", raconte Meidianis en parlant de ses clients. "Bizarrement pourtant, il n’y a jamais de bagarres."

La dette? "Personne n'en parle ici"

Mais qu’est-ce qu’un Grec peut bien connaître au Luxembourg ? Il me fallait un vrai Luxembourgeois. Je convins donc d’un rendez-vous avec Georges Hausemer, l’auteur de l’un des rares romans publiés en lëtzebuergesch [luxembourgeois]. Paru en 1998, Iwwer Wasser [au-dessus de l’eau] raconte l’histoire d’un mariage brisé ayant pour toile de fond l’univers des banques et de la finance, que l’auteur décrit lui-même comme un "portrait en miniature" de la société luxembourgeoise.
Mais lorsque je lui demandai si sa part de la dette extérieure – ses 3,31 millions d’euros – l’empêchait de dormir la nuit, il eut l’air surpris : "C’est vrai ? Personne n’en parle, ici. On est un peu perdus." Il aborda l’empiètement des autres cultures et des langues "étrangères" – le français, utilisé dans les institutions officielles, ainsi que l’anglais et l’allemand, plus répandus dans les milieux d’affaires. Le résultat, selon lui ? Un pays de banquiers et de commerçants qui est en train "de perdre tout le reste".
Pour mieux comprendre la raison d’être* du Luxembourg moderne, je retrouvai Igor, un chic banquier trentenaire qui avait accepté de s’entretenir avec moi à condition que je ne mentionne pas son nom de famille ou le nom de la société pour laquelle il travaille. Igor m’expliqua que la crise financière de 2008 avait provoqué un véritable Sturm und Drang au Luxembourg.
Il se plaignit de l’état du marché immobilier local, qui demeure en-deçà de son niveau maximum, et de la hausse des impôts décidée par le gouvernement pour faire face à la crise. "Combien ?" lui demandai-je, horrifié. "Oh, pas grand-chose", répondit-il (pour les citoyens à haut revenu, le taux d’imposition a augmenté de 1 %).

Un instituteur peut toucher jusqu'à 100 000 dollars par an

Mais pourquoi endurer de telles épreuves ? "Je pense qu’on ne peut trouver meilleure qualité de vie ailleurs", me confia Igor en se glissant dans sa berline sport gris métallisé. "Surtout avec toutes les aides de l’Etat."
Peut-être m’étais-je adressé aux mauvaises personnes ? Peut-être aurait-il fallu que je m’entretienne avec un représentant de la jeunesse insatisfaite ? Avant d’arriver dans le duché, j’avais pris contact avec l’un de ses artistes contemporains les plus réputés, le jeune réalisateur à succès Max Jacoby. Mais je découvris qu’il habitait à Londres. Par courriel, il me confia qu’il était désormais incapable de s’imaginer vivre au Luxembourg. Après quelque temps, "ça lui démangeait et il avait envie de partir". Ah ! J’avais enfin trouvé un jeune révolutionnaire en devenir, forcé à l’exil à cause de sa vision créative !
M. Jacoby me décrivit le confort soporifique de son pays natal, où un instituteur expérimenté peut toucher jusqu’à 100 000 dollars par année [plus de 69 000 euros]. "Pourquoi travailler comme artiste et peiner à joindre les deux bouts quand tu peux gagner ta vie de manière tout à fait convenable en enseignant l’alphabet ?" Je le poussai à exprimer les raisons profondes de sa frustration : "Impossible de trouver un vrai restaurant chinois là-bas. Et il n’y a pas un seul restaurant coréen."

Le pays ne produit pas grand-chose

Je décidai finalement de me jeter dans la gueule du loup et de m’entretenir avec Lucien Thiel, ancien directeur de l’Association des Banques et Banquiers et président du groupe parlementaire CSV. A ma grande surprise, M. Thiel ressemble plus à un Père Noël bienveillant qu’à un banquier influent.
Comment en étions-nous arrivés là ? Cette folie pouvait-elle durer indéfiniment ? Il m’invita à m’asseoir et m’expliqua que le pays s’était d’abord enrichi grâce à la présence d’une puissante industrie sidérurgique et qu’il s’était ensuite spécialisé dans les produits bancaires de niche. Aujourd’hui, me dit-il, le Grand-Duché se classe au deuxième rang après les Etats-Unis pour les activités de fonds d’investissement.
Et la dette ? D’après Thiel, l’économie du Luxembourg n’est pas menacée, car le pays ne produit pas grand-chose. Je me grattai la tête, perplexe. "Ce n’est pas que nous soyons si productifs, mais nous avons cette énorme quantité d’argent à administrer, et c’est une aubaine pour nous", me dit Thiel avec un clin d’œil.
J’insistai : il devait bien s’inquiéter un peu, non ? Son sourire s’estompa légèrement. "Ce que je redoute, c’est qu’on en vienne à considérer notre qualité de vie exceptionnelle comme un cadeau de Dieu et qu’on ne le voit plus que comme un acquis. Demandez aux gens d’ici ce qu’ils veulent et ils vous répondront : rester aussi riches que nous le sommes en ce moment."
*En français dans le texte

Que réserve l’après-Kadhafi ?

Si la presse européenne salue dans son ensemble la chute du régime libyen et l'impulsion que cette dernière aura sur le "printemps arabe", elle apparaît plus prudente quant à l'avenir du pays. Un avenir dans lequel l'Europe a un rôle déterminant à jouer. 

C’est "l’heure de la Libye", affirme El País, pour qui l’intervention de l’OTAN a été "la bonne option", même s’il faudrait s’interroger sur le retard dans la prise des premières décisions et sur la "surprenante improvisation" qui a accompagné la mise en oeuvre du dispositif militaire. La période qui s’ouvre en Libye sera marquée par "l’incertitude", et "personne ne peut se permettre de faire des erreurs" : ni les chefs rebelles, ni la communauté internationale qui, "après plusieurs décennies de mauvaises politiques dans la région, a à présent l’opportunité de contribuer au progrès de la liberté".
"Renverser les dictateurs demande moins de temps que de restaurer la normalité dans les pays qu’ils tenaient sous leur botte", note dans Gazeta Wyborcza l’éditorialiste Jacek Pawlicki, selon lequel "juger le dictateur –  si jamais cela se produit –  ne sera qu’un petit pas vers l’objectif d’une Libye pacifique, stable et territorialement intègre, un exportateur crédible de pétrole et un centre politique important dans le Maghreb". Une reconstruction que les Libyens ne pourront faire "avec la seule aide des Etats-Unis, de l’OTAN et de l’UE", estime Pawlicki, pour qui devront participer également "la Chine, la Russie, la Turquie et les autres pays arabes et africains".
Plus sceptique, son confrère de Rczeczpospolita Marek Magierowski estime que "l’UE peut conseiller les Libyens sur le moyen d’organiser des élections libres, comment créer un système de partis politiques ou les soutenir financièrement, mais tôt ou tard, les conseillers vont rentrer à Bruxelles, les fonds vont s’épuiser et la Libye restera seule. Ce sera un processus très douloureux, car, tout comme l’Afghanistan, la Libye est un Etat composite, une constellation de 150 tribus ayant chacune des intérêts propres. Une Libye démocratique et pacifique est une perspective séduisante, mais elle apparaît lointaine".
Dans The Independent, le correspondant pour le Moyen-Orient Robert Fisk se demande si l’avenir de la Libye sera très différent du passé. "Bien sûr", affirme-t-il, on peut imaginer le pays comme une "superpuissance moyen-orientale" et un pays "moins africain et plus arabe", qui "pourra infecter l’Algérie et le Maroc avec ses libertés". Mais La Libye, poursuit Fisk, a longtemps "souffert du cancer du monde arabe : une corruption morale et financière". Raison pour laquelle ses nouveaux dirigeants désignés doivent être surveillés avec beaucoup d’attention.
Selon Fisk par ailleurs, la Libye ne sera pas le dernier pays à vivre les effets du "Printemps arabe" : Bahrein, l’Arabie Saoudite, la Jordanie, le Yémen et, surtout, la Syrie, sont les prochains sur la liste. Car, demande-t-il, "combien de temps passera-t-il avant que les Européens se demandent pourquoi, si l’OTAN a été si efficace en Libye, elle ne pourrait pas être employée contre les légions d’Hafez el-Assad en Syrie, en utilisant Chypre comme porte-avion" ?
Pour le Spiegel, la déroute de Kadhafi est un "Triomphe pour Sarkozy" et "une honte pour Merkel" : "le gouvernement ne voulait absolument pas participer à l’intervention militaire contre la dictature de Kadhafi", écrit le magazine, "maintenant on connaît la portée de cette mauvaise décision." Le sort du régime Kadhafi est un "succès de Nicolas Sarkozy, des Américains et des Britanniques", affirme encore Der Spiegel, selon lequel "la crédibilité de l'Allemagne comme défenseur des droits de l'homme et sa réputation comme partenaire fiable en ont pris un coup".
Selon Le Figaro, l’opération libyenne est "un succès indiscutable pour la diplomatie française". Le quotidien parisien salue également la réussite européenne de l’opération : "Le fait que Paris et Londres aient, pour la première fois, supplanté Washington dans la conduite d’une opération de l’OTAN ne peut rester sans conséquences pour l’avenir de l’Alliance atlantique. Malgré les réticences allemands et grâce à la détermination franco-britannique, l’Europe est bien capable d’agir dans son environnement immédiat", se réjouit Le Figaro.
Dans le Corriere della Sera, l’éditorialiste Antonio Ferrari invite toutefois l’Union européenne à "ne pas rester spectatrice" des changements en cours dans le monde arabe : "ce qui se passe dans le monde arabe devrait répandre la conviction qu’il existe la possibilité de transformer les ‘révolutions de printemps’ en véritable opportunité, ou encourager les différents pays à ce qu’elle le devienne. Nos voisins immédiats en tireraient un avantage et nous aussi."
Avec la fin de Kadhafi, les pays européens qui ont contribué à sa chute jouent des coudes pour une position privilégiée dans les rapports avec le nouveau régime, explique La Stampa : "la concurrence entre les chancelleries est telle que, si Sarkozy annonce qu’il doit recevoir à l’Elysée le président du Conseil national de transition (CNT, le gouvernement insurrectionnel) Moustafa Abdel Jalil le 24 août, Silvio Berlusconi travaille à une opération 'accord pour la Libye' à Rome, le même jour voire la veille".
La concurrence entre Paris et Rome sur l’après-Kadhafi s’exerce également au niveau commercial, et en particulier autour du pétrole, note La Stampa, selon laquelle "la France et l’Italie visent à faire le plein de pétrole libyen. La Russie, la Chine et le Brésil", dont des sociétés pétrolières étaient implantées en Libye et qui étaient opposées à une intervention militaire, "risquent de le payer le prix fort".

DSK : une victoire à la Cyrus


Le système judiciaire américain est bien particulier. D’abord l’arrestation spectacle digne des Experts : Manhattan, le président du FMI trainé menottes aux poignets, débraillé, imperméable et mine chiffonnés devant toutes les caméras du monde. Sa victime présentée comme une sainte. Et aujourd’hui l’abandon total des poursuites pénales et le procès qui n’aura jamais lieu. Un peu excessif dans les deux sens non ? On ne s’est pas fait avoir quelque part en route ?

Dans une extraordinaire volte-face annoncée depuis quelques jours, le procureur Cyrus Vance à l’origine de la très médiatique arrestation de DSK le 14 mai dernier, a finalement décidé d’abandonner les poursuites qu’il avait lui-même engagées contre Dominique Strauss-Kahn. Et ce en raison des mensonges proférés par la plaignante devant les enquêteurs. Eh oui il se trouve, comme on pouvait d’ailleurs l’imaginer, que Nafissatou Diallo n’était pas le profil de médaille que l’on nous avait d’abord présenté, citoyenne américaine modèle, mère de famille méritante ne pensant qu’à travailler modestement et discrètement comme femme de chambre pour élever sa fille, immigrée exemplaire et emblématique de la communauté noire new-yorkaise. Comme une majorité d’immigrés candidats à l’intégration aux Etats-Unis, elle a menti, truqué et arrangé. Circonstance aggravante, elle possédait des milliers d’euros sur ses comptes et était en cheville avec un trafiquant de drogue détenu en Arizona. Elle se serait embrouillée dans le récit de l’agression, du moins sur le fait qu’elle a recommencé à faire le ménage d’une chambre après. Evidemment ça fait beaucoup. Et pour les stars du barreau chargées de la défense de DSK, ce fut du gâteau. Selon le système américain, Il suffisait de décrédibiliser la victime et les plaintes ne tiennent plus. Mais est-ce que l’agression n’existe plus pour autant ? La seule question sur le plan criminel reste quand même de savoir si Nafissatou Diallo a accepté ou non cette relation avec un DSK en rut au sortir de sa douche ?

Le rapport médical ayant attesté d’un viol, le bureau du procureur estime toutefois ne pas avoir les preuves suffisantes d’une relation sexuelle forcée. Il penche pour une « relation sexuelle précipitée »…

Reconnaissons aux policiers américains d’avoir eu le courage de considérer le puissant nabab socialiste comme un justiciable lambda avec le cortège d’affaires peu reluisantes et bien connues qui sont ressorties sur le futur champion à la présidentielle à cette occasion. En France, l’affaire aurait été étouffée.

S’il reste aux Etats-Unis la possibilité d’une procédure en dommages et intérêts devant un tribunal civil, le classement de l’affaire empêche la tenue d’un procès qui aurait conduit à établir par son jugement la vérité judiciaire. C’est dire que le mot « blanchi » ici, est indécent.

mardi 23 août 2011

HUMOUR GREC

Garanties Grèce:approbation demandée

La Commission européenne a rappelé mardi que les décisions prises par la Grèce et la Finlande sur la mise en place de garanties de prêts doivent être entérinées par les partenaires de la zone euro, au moment où cette question controversée empoisonne les débats en zone euro.

"Les pourparlers continuent entre la Grèce et la Finlande sur ce point controversé des garanties collatérales. Ces discussions sont bilatérales mais doivent être entérinées par les partenaires de la zone euro", a dit Amadeu Altafaj, porte-parole du commissaire aux Affaires économiques Olli Rehn.

"Il appartient (aux partenaires de la zone euro) de déterminer si cet arrangement est approprié ou non. Toute décision d'introduire une garantie a un impact sur le schéma de financement du second plan d'aide à la Grèce", a-t-il ajouté.

La Finlande avait annoncé à la mi-août être tombée d'accord avec la Grèce pour que cette dernière lui accorde une garantie, payée en liquide, pour qu'elle contribue au second plan d'aide à Athènes.

Cette disposition avait été décidée dans le cadre du sommet extraordinaire de la zone euro le 21 juillet, mais la révélation des discussions finno-grecques a fait craindre une démarche similaire d'autres Etats de la zone euro.

La ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter, a notamment réclamé mardi un traitement équitable entre les pays. "S'il y a des garanties pour un pays, alors tous les autres doivent être traités de la même façon", a-t-elle déclaré.

La Commission, par la voix de M. Altafaj, a dit ne pas être "au courant d'une requête d'un autre Etat membre à ce stade". En attendant, "il faut qu'il y ait une application rapide et intégrale des décisions du 21 juillet pour le bien de la stabilité financière de la zone euro", a-t-il plaidé.

 Aide Grèce:décision allemande le 7/09


La Cour constitutionnelle allemande a annoncé mardi qu'elle rendrait le 7 septembre son jugement très attendu sur les aides versées par Berlin à la Grèce et sur la mise en place d'un fonds de secours européen.

La plus haute juridiction allemande rendra son jugement sur la conformité des aides à la fois aux traités européens - notamment à l'interdiction pour un Etat membre de se faire renflouer par les autres-, et à la Loi fondamentale, (constitution allemande), notamment en ce qui concerne le pouvoir du Parlement.

Ce jugement portera sur des décisions remontant au printemps 2010, lors du premier sauvetage de la Grèce et de la mise en place du fonds d'aide européen FESF, mais il aura aussi valeur d'étalon pour les mesures prises le 21 juillet dernier, à savoir une nouvelle aide à Athènes et des pouvoirs renforcés pour le FESF.

Les observateurs estimaient que les aides passées devraient être jugées légales, mais les juges pourraient les encadrer plus sévèrement, par exemple en exigeant que le parlement soit consulté à chaque activation du fonds de secours.

Lors des auditions, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble avait assuré que les aides consenties à Athènes, puis à Dublin et Lisbonne, étaient non seulement nécessaires mais conformes à la loi.

Le président de la Cour, Andreas Vosskuhle, avait expliqué vouloir "définir les limites que la loi impose à la politique" en la matière.

L'Allemagne, première économie européenne, est le plus gros contributeur aux plans d'aide, dont elle finance à elle seule 27%.

La Société Générale demande à Rothschild de soutenir son cours de Bourse

La banque française a demandé à Rothschild & Cie banque la mise en place d'un contrat de liquidité sur ses actions à partir du 22 août pour une durée d'un an. Ce mécanisme devrait lui permettre d'éviter une trop forte variation de son cours de Bourse.
La Société Générale dont le titre a perdu près de 48% depuis le début de l'année a décidé d'agir. Elle a conclu un contrat de liquidité auprès de Rothschild & Cie Banque, selon un communiqué cité par l'agence Bloomberg.  Par ce contrat, Rothschild s'engage à soutenir le cours de Bourse de l'action Société Générale dans la limite d'un montant et d'une durée prédéterminée. En l'occurrence, le contrat court du 22 août pour une durée de un an renouvelable automatiquement et porte sur une enveloppe de 170 millions d'euros.
Ce procédé est en principe plutôt utilisée par des valeur moyenne dont le capital flottant coté en Bourse n'est pas très important. De ce fait, les volume de transactions sont faibles et il existe un risque qu'une offre d'achat ou de vente ne rencontre pas de contrepartie. Ce manque de liquidité peut accentuer la volatilité du cours de l'action. Le contrat de liquidité permet d'éviter ces fortes variations.
La banque prestataire, ici Rothschild vend ou achète des titres à un cours qu'elle estime juste  qu'il juge juste. Il doit  sans fausser la tendance. Elle dispose d'un montant limité (ici 170 millions) fourni par l'entreprise contractante. Cette pratique de marché est reconnue par la Charte d'éthique de l'association française des marchés financiers pour les professionnels de la bourse et de la finance(AMAFI) et par l'Autorité des marchés financiers (AMF).
Reste qu'il est très rare qu'une entreprise du Cac 40 la mette en oeuvre. La forte volatilité du cours de la Société Générale en particlier depuis les deux dernières semaines, sur des volumes d'échange de faible ou moyenne ampleur, explique sans doute le choix de la banque d'avoir recours à cette pratique.

Les candidats du PS confrontés aux réalités de la crise

Manuel Valls propose d'affecter toutes les marges de manœuvre à la réduction des déficits. 

Quand on parle de cacophonie, les socialistes s'agacent ou serrent les dents. Ils n'aiment pas le mot. Mais ils admettent qu'aujourd'hui ils sont difficilement audibles… «Dans la phase des primaires, il est assez normal qu'il y ait une forme de confusion sur ce que disent les socialistes», a reconnu hier le porte-parole Benoît Hamon, lors de son point de presse hebdomadaire. «Je prends cela comme une conséquence de facto d'une séquence où les socialistes sont obligés d'insister sur leurs nuances», dit-il . La crise n'arrange rien. Entre les différents candidats, il y a de grosses nuances à mettre en lumière.
Manuel Valls ne s'embarrasse pas de précautions pour prendre ses concurrents de front. Non seulement il est «favorable au principe » de la «règle d'or», proposée par Nicolas Sarkozy -même s'il ne voterait pas celle proposée par le président en l'état-, mais il exhorte ses camarades à un «discours de vérité» sur les propositions que la gauche pourra faire lors de la campagne présidentielle. Au nom de la «bonne gestion», il recommande aux socialistes d'oublier certaines de leurs promesses comme le retour à la retraite à 60 ans ou la création de 300.000 emplois-jeunes. Bref, pas de dépense supplémentaire pour «ne pas proposer pour chaque problème un recours à la dette».
Alors que le bureau national du PS doit aborder ce soir la question de la crise, Manuel Valls voudrait que les socialistes réfléchissent: «La situation financière, les risques de récession, la nécessité de réviser incontestablement les perspectives de croissance nous amènent nous aussi à avoir un débat sur le bouclage financier de notre projet», a-t-il demandé lundi lors d'une conférence de presse. Le député maire d'Évry (Essonne) propose d'affecter «l'intégralité de ce qu'on appelle les marges de manœuvre dites conventionnelles, hausse des impôts jusqu'au seuil historique de 45% du PIB et baisse des dépenses publiques de gestion» à la réduction des déficits et non plus la moitié comme le projet du PS le prévoit. Dans ce cas, chaque politique nouvelle serait financée par la «suppression» d'une politique existante.

«Ce sera non, non et non»

Dans les couloirs du siège du PS, où tout le monde s'observe, on s'étrangle. «Ce que vous avez entendu, c'est n'importe quoi», murmure un responsable. Les positions sont parfois diamétralement opposées. Entre Arnaud Montebourg qui plaide pour la démondialisation et Manuel Valls, qui recommande l'austérité, on a du mal à trouver les convergences. Les principaux candidats, François Hollande et Martine Aubry, tentent cependant de trouver un point d'équilibre. Le premier propose une loi de programmation au lendemain de l'élection. La deuxième tient fermement à sa méthode de redistribution des marges de manœuvre.
Les socialistes tiennent fermement à ce qui leur reste d'unité sur le sujet: aucun ne votera la règle d'or proposée par Nicolas Sarkozy. «On peut être favorable au principe mais tous les socialistes le disent: ce sera non, non et non», a martelé lundi Benoît Hamon. «Cette règle d'or consiste à inscrire dans la Constitution deux lignes pour faire demain le contraire de ce que l'on a fait pendant dix ans», a-t-il ajouté en fustigeant le bilan du gouvernement. Il refuse d'abandonner l'instrument budgétaire: «Ce n'est pas pareil de faire du déficit pour construire des écoles ou pour faire un chèque de 600 millions d'euros aux plus riches.»
En imposant ses contraintes, la crise complique la campagne de la primaire socialiste. Mais pour l'instant, les sondages demeurent favorables à la gauche. Selon un sondage Viavoice paru lundi dans Libération , 47% des Français souhaiteraient la victoire de François Hollande en 2012, 39 % celle de Martine Aubry et 29 % la réélection de Nicolas Sarkozy. Mais, selon le même institut, la gauche n'est pas plus crédible que la droite pour lutter contre la dette. 34% des Français font confiance à l'opposition et 35% à la majorité. Sur ce thème de campagne, chaque camp a encore des marges de progression.
IL EST URGENT D'ATTENDRE LES PRIMAIRES, ON VA SE MARRER.

Evitons un “succès catastrophique”

La chute de Tripoli marque une victoire pour l'OTAN et les pays de l'UE qui avaient soutenu la guerre. Mais l’Europe, divisée et affaiblie par la crise de l’euro, devra trouver un moyens de gérer l'après-Kadhafi sans provoquer le chaos à sa frontière sud. 


Pour le dictateur libyen et son régime le moment de la vérité est enfin venu. Après des mois d’une guerre oubliée sur le pas de la porte de l’Europe, la défaite de Kadhafi va permettre à l’OTAN de sauver la face. En théorie. Dans les faits, elle ne sera pas facile à gérer. Si la Libye est abandonnée à son sort par une Europe aux prises avec sa crise financière, la victoire pourrait bien se solder par un échec. "Un succès catastrophique", selon l’expression cynique et pessimiste qui circule à Bruxelles.
Les précédents – des Balkans à l’Afghanistan – ont montré les coûts et les risques de l’après-guerre. Dans le cas de la Libye, le premier risque est que la chute de Kadhafi prépare un nouveau cycle de violences, laissant les civils exposés et que le vaste front des "vainqueurs" soit submergé par des règlements de comptes (passés et présents).
Comment la sécurité sera-t-elle assurée ? Il est déjà clair que les Etats-Unis, après avoir participé à contrecœur aux opérations militaires, ne souhaitent que se dégager. Barack Obama n’a nullement l’intention de fournir les hommes, ni des aides économiques pour la gestion d’un problème qu’il considère comme faisant partie des responsabilités européennes.

L'après-Kadhafi au coeur des discussions

L’Europe, qui avec Paris et Londres a piloté l’intervention militaire – exposant ainsi toutes les limites de ses capacités – passera la main à son tour. Son intention est d’appuyer les hypothèses, en discussion à l’ONU, d’une mission d’aide technique initiale confiée à des contingents arabes et sud-africains. Résultat : dans l’après-Kadhafi, le rôle de pays tels que la Turquie et les monarchies du Golfe va s’accroître. Sur le plan formel, les responsabilités en matière de sécurité incomberont aux libyens eux-mêmes. Avec des résultats incertains, naturellement. Y compris pour les intérêts européens.
Sur le plan politique, le risque est encore plus évident. L'Italie, l’Europe et les États-Unis ont parié sur une hypothèse précise : que le Conseil national de transition (CNT) créé à Benghazi parvienne à garantir un processus de réconciliation en contrôlant les rivalités tribales et en entamant la création d’institutions nationales dans un pays qui en est dépourvu depuis toujours. C’est un pari risqué, compliqué encore par le rôle des rebelles de l’Ouest, par celui des berbères des monts Nafusa [au sud-ouest de la capitale], dans l’offensive militaire sur Tripoli.
Quelle proportion de la Libye anti-Kadhafi sera-t-elle disposée à reconnaître le leadership de Benghazi ? Les Européens n’auront plus la même influence une fois que les rebelles auront pris le pouvoir. C’est aujourd’hui (c’était même hier) qu’il faut discuter des conditions de l’après-Kadhafi, avant le "succès catastrophique" dont on parle à Bruxelles.

L'euro et la Libye, les deux guerres de l'Europe

Les accords économiques peuvent servir de levier. Il est plus que probable et légitime que les Pays européens cherchent à garantir leurs intérêts énergétiques. D’autre part, il serait absurde que l’Europe, après s’être divisée sur le soutien aux rebelles, se divise encore sur la gestion de l’après-guerre : le dégel des avoirs libyens en Europe doit être utilisé pour obtenir des garanties sur l’avenir de la Libye.
Ces derniers mois, l’Europe a livré deux guerres. Une guerre interne avec d’autres moyens sur le destin de l’euro, et une guerre extérieure traditionnelle sur les destinées d’un pays clé du front méditerranéen. Les tensions internes sur la gestion de l’économie n’ont certes pas favorisé les performances européennes en matière de politique extérieure. La position du pays central, l’Allemagne, est très révélatrice : économiste, pourrait-on dire, tant chez elle qu’à ses portes comme l'a montrée la position distante de Berlin sur la guerre en Libye.
Mais la réalité, c’est que l’Europe remportera ou perdra ces deux guerres en même temps. Si la zone euro se divisait selon un ligne Nord-Sud, la fracture économique et monétaire de l’UE deviendrait un des facteurs de l’instabilité géopolitique de la Méditerranée. Un scénario catastrophique pour un pays comme l’Italie, mais qui ne s’arrêterait certes pas aux confins de l’Europe rhénane.
Pour ceux qui raisonnent sur les intérêts politiques du Vieux continent, stopper l’écroulement des Bourses et gérer celui du régime de Kadhafi ne sont des tâches différentes et éloignées qu’en apparence. La sécurité des européens dépend de l’un comme de l’autre. Et elle dépend aussi de nous : avec la fin de la guerre de Libye, l’époque de la tutelle américaine est arrivée à son terme.

Kadhafi est tombé


lundi 22 août 2011

Benoît XVI et l’autre visage de la jeunesse

Certes il n’a pas le charisme et la verve de Jean Paul II. Depuis le conclave qui l’a installé au Vatican, il est présenté comme un réactionnaire de la pire espèce. A-t-il changé ? Il est juste entré dans la lumière à sa façon. Et ces Journées mondiales de la jeunesse entamées dans la confusion se sont achevées dans la ferveur, confirmant son lent mais sûr ancrage auprès des jeunes chrétiens. Or, les motivations de cette jeunesse-là ne sont pas si différentes de celles incarnées par les indignés qui lui faisaient front au début des JMJ. Toutes deux sont sujettes aux mêmes maux identitaires, aux mêmes préoccupations : travail, logement, avenir. Un million de chrétiens venus de 193 pays, souvent au prix de sacrifices, ont écouté Benoît, simple vicaire du Christ, qui s’efface derrière sa mission, là où leurs parents venaient voir Jean Paul superstar. Il a parlé de précarité d’emploi, de société superficielle et, entre ses apparitions, les pèlerins dansaient sur la Macarena ou Shakira. Elle s’estompe l’image du Panzer cardinal et de son appartenance aux jeunesses hitlériennes, lot des enfants allemands de sa génération à qui on ne demandait pas l’avis. Là où l’adulé Jean Paul mettait le préservatif à l’index, l’austère Benoît n’a pas eu d’anathème envers les comportements sexuels. Hier, les mêmes qui avaient accueilli les cathos sous un tombereau d’insultes étaient revenus à leur tolérance originelle. S’ils ne partagent par leur foi, ils en poursuivent une autre qui doit guider ce monde vers le même objectif : son salut.

Les banques grecques s'entraident pour éviter la faillite

Les quatre plus grandes banques du pays ont donné leur accord pour prendre jusqu'à 50 millions d'euros d'obligations convertibles pour aider à recapitaliser la petite banque privée grecque Proton Bank.

La Banque Centrale grecque a annoncé ce week-end que les quatre plus grandes banques du pays ont donné leur accord pour prendre jusqu'à 50 millions d'euros d'obligations convertibles pour aider à recapitaliser la petite banque privée grecque Proton Bank. Cette dernière est pourtant soupçonnée de détournement de fonds, mais est soutenue par l'Etat grec fin d'éviter « les répercussions négatives » sur le système bancaire grec.
Selon une source du Financial Times, l'accord précède une annonce attendue des banques du pays qui demanderont d'urgence des liquidités à la Banque Centrale grecque.

Les quatre grandes banques grecques - National Bank of Greece, EFG Eurobank, Alpha Bank et Piraeus Bank - font en effet face à une crise de liquidités menaçante alors qu'environ 10 milliards d'euros des dépôts du gouvernement vont être retirés auprès des banques grecques pour rembourser la dette venant à échéance dans les semaines à venir.
National Bank of Greece, EFG Eurobank, Alpha Bank et Piraeus Bank déploraient en avril l'évaporation d'environ 10 milliards d'euros due à des retraits en série des Grecs, soit 4,5% du total de l'argent du système bancaire du pays.

Royal présente sa règle d'or, de diamant, de fer, etc

La règle d'or défendue par le gouvernement ne suffit pas à la candidate PS, qui propose d'ajouter sept autres règles (de diamant, de fer, d'argent,...).
Ségolène Royal, candidate à la primaire PS, a répondu lundi à François Fillon par une tribune publiée dans Le Figaro, en lui proposant d'ajouter à sa "règle d'or" budgétaire sept autres règles, de diamant, d'argent, de fer... visant à aboutir à un "ordre social juste". 
"Je vous propose, en complément de votre 'règle d'or', les règles d'un ordre social juste pour mettre fin aux désordres injustes: désordres des banques qui dictent leur loi aux Etats et aux peuples, désordre des spéculateurs qui vampirisent la création de richesse par le travail", écrit Ségolène Royal, candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007. 
Et d'énumérer: "La règle de diamant: que le principe de justice fiscale soit aussi inscrit dans la Constitution; la règle d'argent: que l'égalité fiscale soit faite entre les entreprises du CAC 40 et les PME; la règle de fer: que soient interdites les stock-options et les sur-rémunérations des traders". 
Autres règles que Ségolène Royal souhaite ajouter: "La règle du respect: que les valeurs humaines l'emportent sur les valeurs financières (...); la règle de bon sens: qu'un euro dépensé soit un euro utile (...); la règle de croissance: que soit créée une banque publique de financement des PME et des stratégies industrielles capable de générer des emplois et d'augmenter les salaires". 
Dans cette tribune, la présidente de la région Poitou-Charentes demande à François Fillon s'il peut "affirmer que, si cette règle de la maîtrise du déficit public avait été posée en 2007, vous auriez pu engager les dépenses suivantes: bouclier fiscal, allègement de l'ISF, exonération des heures supplémentaires, création de niches fiscales et sociales?". 
François Fillon a mis samedi la pression sur le Parti socialiste en lui demandant de faire preuve de "responsabilité", au nom du "sens de l'intérêt national" face à la crise de la dette, et d'adopter la "règle d'or" de retour à l'équilibre budgétaire. 

Et si la Grèce n’était plus dans la zone euro ? Par AB Galiani

Le feuilleton grec se poursuit depuis 18 mois. Les responsables européens semblent seulement découvrir la dégradation des finances de ce pays qui contrevient au dogme selon lequel « un Etat ne peut faire faillite ». Il ne peut s’agir que d’un mauvais coup de spéculateurs et autres agences de notation ou de quelque coryphée mal intentionné. Hélas, une faillite, ça se prépare, ici dans la cécité généralisée. Revenons sur la tragédie grecque, ses causes et les solutions. Pas sur que sortir maintenant de la zone euro soit envisageable …
Comment la Grèce en est arrivée là  ?
La Grèce présente tous les ingrédients du mécanisme classique – hélas – dans une partie de l’Europe. L’endettement a permis de concilier un niveau de vie élevé avec la permanence d’un secteur public peu performant, d’un secteur privé peu concurrentiel, et donc peu compétitif et d’une protection sociale généreuse – on part(ait) tôt en retraite -. L’endettement de la Grèce – tous agents confondus, publics et privés – envers l’extérieur représente quasiment deux fois le PIB – c’est à la dire la richesse produite chaque année dans le pays. Ainsi la Grèce connaît un déficit commercial (elle achète à l’étranger plus qu’elle ne lui vend) de 16 % du PIB … C’est considérable. Et l’Etat emprunte chaque année l’équivalent de 15 % du PIB pour boucler son budget, le double du déficit français. 70 % de la dette publique est couverte par l’extérieur. Avec une pression fiscale plutôt faible, la Grèce a joué à fond la stimulation de la consommation et pour vivre, a acheté à crédit. Elle a connu une croissance notable mais fragile car reposant sur l’endettement. Avec un effet « boule de neige » concernant le déficit public, les intérêts de la dette évoluant avec la taille de l’ardoise.
Cette situation a des racines anciennes. Et sans doute la Grèce n’était pas prête à entrer dans la zone euro, ni même peut être dans l’Union Européenne. Mais elle n’a fait que peu de choses pour corriger ensuite. En tout état de cause, son appartenance à la zone euro lui a permis de bénéficier d’un capital confiance que lui accordaient ses créanciers (ceux qu’on appelle « les marchés »), sans que soient entreprises les réformes de modernisation de son économie et de son administration. Au final, c’est un endettement qui atteint plus de 126 % du PIB en 2009, près de 160 % fin 2011.
Pourquoi les taux s’envolent ou « le signe visible de la crise »
Progressivement, les créanciers vont s’interroger sur la capacité de la Grèce à honorer ses échéances. Cela se traduit d’abord par la dégradation de la « notation » en 2009 qui constate les difficultés en même temps que l’absence de perspectives convaincantes de redressement. Il est faux de croire qu’un Etat ne peut faire faillite et que donc il peut s’endetter de façon illimitée. Plus grave encore, les autorités européennes relèvent que la situation a été minimisée par quelques habillages financiers et par la faiblesse de l’outil statistique. A ce jour, cependant, on peut s’étonner qu’aucune poursuite pénale n’ait été engagée envers les anciens dirigeants grecs et leurs éventuels complices. Dés lors que la Grèce a perdu le capital confiance des « marchés » – de ses créanciers -, ceux qui avaient des titres émis par l’Etat grec ont cherché à s’en défaire. En vertu du principe de « l’offre et de la demande », leur valeur a baissé, ce qui correspond mathématiquement à une hausse des taux d’intérêt. En quelque sorte, celui-ci inclut une « prime de risque » mesurant la dégradation de la solvabilité de la Grèce. Cette dernière doit emprunter aujourd’hui à plus de 17 % – à comparer aux 3 % auxquels emprunte l’Etat allemand ou aux 3,5 % de la France.
Qu’est ce qui a été fait ?
Début 2010, les autorités grecques s’engagent à ramener le déficit public à 8,7 % du PIB pour 2010, avec un retour en dessous des 3 % en 2012, avec comme mesures clés : un gel des dépenses publiques dont les salaires de la fonction publique, un allongement de la durée de cotisations retraite, une hausse des impôts – notamment de la TVA -. La « rigueur » spartiate n’est jamais que le retour au niveau de vie autorisé par la production du pays. Il reste que le déficit a bien du mal à être endigué à l’instar des têtes de l’hydre de Lerne. Les estimations établies en juin dernier faisaient état de dépenses publiques en dérapage (+ 6 % par rapport à la même période en 2010) tandis que les recettes se tassent. La tragédie, c’est que la Grèce doit dégager un excédent primaire de 3 % du PIB pour faire face à sa dette, alors qu’augmenter les impôts réduit à peine les déficits, quand cette mesure ne contribue pas à les creuser. Il a fallu des décennies pour en arriver là, ce n’est pas en quelques mois que la situation peut être redressée.
En attendant, les finances de l’Etat grec restent le tonneau des Danaïdes. Tant que le déficit existera, il faudra injecter des fonds. Un prêt de 110 milliards (80 de l’Union Européenne et 30 du FMI) a été consenti en mai 2010. Le mal menaçant d’autres Etats dans une situation proche, l’Europe a créé, au terme d’un marathon, un « fonds de stabilité financière », doté de 750 milliards (dont 440 milliards apportés par les États et 250 milliards apportés par le FMI). On évoque les « euro-obligations » qui risquent de n’être qu’un moyen de plus pour poursuivre la course à la dette en changeant l’emprunteur. D’aucuns évoquent un quasi dépôt de bilan : si la dette était réduite de 30 %, la Grèce retrouverait sa solvabilité en 20 ans … Mais elle devra alors renoncer à emprunter pendant longtemps car la confiance serait durablement perdue.
Evidemment, il y a aussi la recherche de responsables. Conformément à une mode lancée par Philippe le Bel, « pour effacer la créance, effaçons le créancier », les politiques se défaussent également de leurs responsabilités sur les préteurs à qui on reproche … d’avoir prêté. Les mêmes veulent faire taire les agences de notation, comme si casser le thermomètre suffisait à faire disparaître la fièvre. Et bien sur, les grands responsables désignés restent toujours « les spéculateurs ». Si il y a eu « spéculation », ne serait ce pas de la part de ceux qui pensait que l’on pouvait vivre éternellement à crédit ?
Et si la Grèce sort de l’euro ?
La Grèce ne peut dévaluer, c’est-à-dire décider officiellement une diminution de la valeur de sa monnaie. Il ne peut y avoir d’euros à plusieurs vitesses. L’idée qui a pu être avancée, c’est une sortie de l’euro ; la Grèce revenant à la drachme.
Imaginons alors ce qui se passerait : sous le poids des déficits extérieurs et dans un contexte très défavorable, faute de perspectives de redressement, la drachme se dévaloriserait – la dévalorisation étant presque la même chose que la dévaluation, à ceci prés qu’elle ne résulte pas d’une décision officielle -. En effet, du simple fait de « l’offre et de la demande », la quantité de drachmes en vente excéderait celle achetée.
Certes, cette perte de valeur améliorerait la compétitivité des produits grecs vendus à l’étranger. Reste que les effets positifs pourraient mettre des années à se manifester, car le pays est principalement orienté « agriculture » et « tourisme », d’autant qu’à ce jour, les importations représentent 3 à 4 fois les exportations. En revanche, les effets négatifs se feront sentir immédiatement : du fait de la hausse des prix importés, le niveau de vie se réduira drastiquement. Et la Grèce pourrait achever de devenir définitivement insolvable : la dette libellée en euro sera revalorisée au fur et à mesure de la dégringolade de la drachme … Bref, la sortie de la zone euro aujourd’hui serait catastrophique, une sorte de moderne Nemesis.
Alors en conclusion…
En fait, il y a deux Europes : l’une qui a choisi de privilégier les entreprises – plutôt le Nord » – et l’autre qui a choisi la consommation – plutôt le Sud. Ce dernier groupe a maintenu son niveau de vie en s’endettant… Vient l’heure où les préteurs demandent des comptes. Nous autres, Etats, nous savons maintenant que nous sommes faillibles. Il manque dans la zone euro un dispositif de sortie de crise. Peut être aussi manque-t-il des responsables politiques courageux et lucides qui reconnaissent qu’on ne peut vivre durablement au dessus de ses moyens. En France, observons bien jusqu’où les candidats aux Présidentielles de 2012 auront le courage de s’engager sur l’ampleur des réformes à conduire.

Des fausses notes à la fausse unanimité

Certes, ce n’était pas aussi tragique que la tempête qui jeudi dernier s’est abattue en Belgique sur le festival de rock de Hasselt (le Pukkelpop), faisant cinq morts et quelques dizaines de blessés. Mais tout de même et de façon très métaphorique on peut dire que les journées d’été d’Europe Ecologie-Les Verts, qui se sont tenues à Clermont-Ferrand (de jeudi à dimanche) ont bien failli, à cause d’une météo politique orageuse, virer elles aussi au « Pukkelpop ». De façon non pas dramatique, comme au festival limbourgeois, mais, comme souvent chez les Verts, dans un registre franchement vaudevillesque…

Turbulence n° 1 : Nicolas Hulot…

Les turbulences, déjà nombreuses avant la primaire écolo, se sont encore amplifiées avec la fâcherie de Nicolas Hulot, qui a du mal à digérer l’humiliante défaite (seize points dans le nez, tout de même) que lui a impitoyablement infligée Eva Joly. « Eva dans le mur », disait-on quand le présentateur vedette de TFI s’était enfin décidé à entrer dans la compétition électorale. Mais la Franco-Norvégienne (Eva gagner avant de devenir Eva tout perdre ? ) a triomphalement traversé le mur en le fracassant, et les briques sont retombées en pluie sur la tête du malheureux Hulot, meurtrissant durablement son amour-propre. Ce dernier en conserve de gros bleus à l’âme. Souhaitant prendre, avait-il annoncé, une « distance bienveillante » avec le parti écologiste, il a refusé d’apparaître aux journées d’été de Clermont-Ferrand, sur lesquelles son absence était censée drainer quelques nuages gris… Depuis sa déroute, Hulot remâche son amertume et entretient le mystère sur ses intentions. Il veut, affirment ses proches, « continuer à intervenir dans le débat public ». Mais sous quelle forme ? « Si nous avons des objectifs communs, j’observe que la modalité pour les atteindre diverge », a-t-il récemment déclaré. Hulot le naïf avoue aussi « avoir espéré une autre pratique de la politique ». Ses « modalités divergentes » pour atteindre des objectifs communs, vont-elles se traduire par des chemins certes parallèles mais différents ? En politique, les chemins parallèles ont souvent tendance à s’éloigner l’un de l’autre.

Afin de franchir le Rubicon, Nicolas Hulot avait quitté en fanfare sa Fondation et ses activités très rémunératrices de TFI, où il officiait depuis vingt-cinq ans. Pour se retrouver au final le bec dans l’eau. L’eau glaçante d’une douche froide, en provenance directe d’un iceberg norvégien et que lui a administrée sans douceur la fille des fjords. De la banquise fondue réfrigérante. Il ne manquait que la camisole de force. Quant à la pratique de la politique et ses coups tordus, l’un des adversaire de Nicolas Hulot au sein de l’appareil vert, en l’occurrence Noël Mamère, prétend l’avoir confraternellement prévenu : « Comme Nicolas j’ai vécu dans le monde des médias et la politique est plus violente car plus mesquine. » Ah ! Ces mesquins qui nous gouvernent… Les écolos détiennent tout de même, en la matière, le pompon des haines étriquées…

Les proches de Nicolas Hulot accusent en effet l’entourage d’Eva Joly d’être responsable du crash électoral de leur candidat, contre lequel auraient été multipliés les coups bas, avec l’approbation silencieuse mais « bienveillante » de l’ancienne magistrate. Du côté de cette dernière on s’efforce de minimiser, avec « bienveillance » toujours, l’impact de cette absence. « Une campagne avec Nicolas Hulot, c’est mieux, mais sans lui on a déjà fait aussi. » Avec certes des résultats mitigés : 5,27 % en 2002 et 1,57 % en 2007… Mais les Khmers verts, dont la doctrine est ancrée à gauche de la gauche, méprisent le chiraco-centrisme de Nicolas Hulot, trop éloigné de leurs pratiques sectaires. Ils le lui ont fait savoir sans ambiguïté.

Un mépris que Daniel Cohn-Bendit exprime avec agacement. « Si Nicolas Hulot était venu avec nous aux européennes en 2009, il aurait été le candidat en 2012. Le problème c’est qu’il dit oui-non, non-oui ». Selon un vieux proverbe russe : « Ceux qui sont en retard sont punis par la vie. » Cela semble particulièrement vrai en politique. Pour autant, dans son discours de samedi, Eva Joly a lancé, avec un semblant d’émotion dans la voix, un appel à celui qu’elle a politiquement trucidé : « Nicolas, nous avons besoin de toi, de ton talent et de tes connaissances… » Pour coller ses affiches, sous formes de vidéo-clips, durant la campagne présidentielle ?

Turbulence n° 2 : Daniel Cohn-Bendit…

Daniel Cohn-Bendit, grand maître depuis quarante-trois ans en agitations bruyantes et désordonnées, attise l’une des turbulences, dont il est d’ailleurs à l’origine, que traverse actuellement Europe Ecologie-Les Verts. Il est certes le pygmalion d’Eva Joly. Mais il ne souhaite pas, il le dit et le répète depuis deux ans, une candidature écologiste qu’il trouve inutile, à la prochaine présidentielle. Sa stratégie : négocier avec les socialistes le soutient à leur candidat(e) dès le premier tour, contre l’obtention d’un maximum de circonscriptions gagnantes aux prochaines législatives, afin que les écologistes puissent former un groupe autonome à l’Assemblée nationale. Car, si le parti des Verts est devenu le numéro deux dans l’opposition de gauche, ses sièges dépendent encore en grande partie du PS. Un groupe parlementaire leur donnerait évidemment plus d’autonomie et un poids politique accru.

Lors de la primaire écolo Cohn-Bendit a toutefois voté pour Eva Joly, parce que, a-t-il confessé, « je croyais qu’elle allait perdre. De ma part il s’agissait d’un geste solidaire », et compassionnel à l’égard de celle qu’il avait fait entrer en politique. Et qu’il voyait déjà ratatinée sous le rouleau compresseur de la notoriété médiatique de Nicolas d’Hulot. La vraie nature des Verts lui aurait-elle échappé, à lui aussi ?

Eva Joly ne lui tient toutefois pas rigueur de sa position hérétique. « Dany est mon ami. Je ne peux pas lui reprocher de dire ce qu’il pense, mais il se trompe. Il regarde dans le rétroviseur quand il parle du risque de 21 avril. Moi je préfère regarder vers l’avenir. » En somme elle reproche à son copain Cohn-Bendit d’avoir les yeux rivés sur Marine Le Pen et d’être un peu trop obsédé par la présidente du Front national ?

Candidate elle est, candidate elle restera. Eva Joly entend bien maintenir sa candidature jusqu’au bout. Elle a d’ailleurs, avec « bienveillance », prévenu les socialistes « qu’elle ne serait pas une candidate de témoignage et encore moins la candidate au ratissage des voix écologistes pour le compte du Parti socialiste. (…) Pour nous la sortie du nucléaire ne se négocie pas, elle s’impose ».

Message, en formes de râteau, adressée aux représentants du PS présents à ces journées d’été d’EE-LV. Et pour ceux d’entre eux qui seraient un peu durs de l’oreille, Cécile Duflot a pris soin de préciser auprès des journalistes : « Ici beaucoup de gens vont aller voter à la primaire socialiste. » Personnellement la patronne des Verts n’a pas l’intention d’y participer, « sauf si dans les débats des candidats à cette primaire il y a des expressions qui rendent impossible l’accord entre nous ». On ne peut mieux dire que la primaire socialiste se déroulera sous influence et haute surveillance des écologistes. Des électeurs auprès desquels François Hollande, avec ses atermoiements sur la sortie du nucléaire, n’est certes pas le mieux placé.

Turbulence n° 3 : Laurence Vichniesky

Autre source de turbulence : le véritable réquisitoire que Laurence Vichniesky, ex-collègue et amie d’Eva Joly, a dressé dans Libération de jeudi contre le programme d’EE-LV, mouvement dont elle est, jusqu’à présent la porte-parole, mais dont elle récuse le projet de A jusqu’à Z, prônant sa « révision ». Rien de moins. « Il ne faut pas confondre politique et morale : rien ne sert de rechercher qui sont les responsables ou les profiteurs de la dette. Il faut la réduire. » Et l’ex-magistrate ne discerne pas dans le projet écologiste la moindre mesure susceptible de museler nos déficits par trop criants. Bien au contraire. Pour les dirigeants d’une formation politique, être ainsi contredits par la propre porte-parole du mouvement, c’est tout de même quelque chose d’assez inédit. Une exclusivité d’Europe Ecologie-Les Verts.

Jeudi, le député européen Jean-Paul Besset, proche de Nicolas Hulot, rendu méfiant par les attaques personnelles dont son ami a été l’objet durant la primaire écolo, prévenait : « Eva Joly est maintenant notre candidate ? Mais attention : Nous ne nous rangerons pas comme des petits soldats derrière elle. » Pourtant samedi tel fut bien le cas. La candidate verte a remis ses turbulents camarades chacun à sa place. Cécile Duflot ? A « la barre » du parti. Daniel Cohn-Bendit ? « Je vais l’utiliser pour tout ce qui est européen. » Nicolas Hulot ? Elle lui trouvera un « think tank écolo », avec plein de paillettes médiatiques, pour l’occuper. Tous derrière et elle devant…

Turbulence n° 4 : Eva Joly

Ecologiste de fraîche date, mais surtout européenne et cosmopolite, Eva Joly souhaite une France dénucléarisée dans une Europe démilitarisée. Une Europe supranationale et sans frontières, ouvertes à tous les vents de l’immigration, et de surcroît sans défense face aux menaces du terrorisme islamiste, aux menées chinoises ou tout autre danger pouvant surgir, à tout moment, de n’importe où. Une Europe dépouillée, au nom d’un pacifisme subversif, de tout moyen de dissuasion. Comme la Norvège face à la furie meurtrière d’un Anders Behring Breivik ? Celle que ses sympathisants nomment la « nordique batailleuse » est décidément porteuse d’une culture dangereuse… Peu importe aux Verts qu’Eva Joly soit néophyte en matière d’écologie. Ils ont trouvé en elle beaucoup mieux, l’incarnation de leur fanatisme…

La petite phrase du week-end

La petite phrase du week-end pourrait bien revenir à François Hollande qui, dans un entretien au Journal Dimanche déclare : « Je n’ai pas exercé directement le pouvoir, mais je l’ai approché de près. Et après tout, si je ne suis pas nouveau, je suis neuf. » Même s’il a déjà beaucoup servi ?