Son mandat au FMI, qui courait en principe jusqu'à l'automne 2012, l'obligeait à la plus stricte réserve sur le plan de la politique intérieure française. Le candidat virtuel avait programmé son entrée en lice après le 15 juin. Il avait prévu de démissionner à cette date de son poste du FMI pour revenir en France, et comptait sur l'appui de son allié du congrès de Reims, Martine Aubry, qu'il distançait très nettement dans les sondages. Son arrestation le 14 mai à l'aéroport JFK a suspendu tous ses projets politiques. Le rêve des strauss-kahniens s'est brisé.
En juin, concluant à l'empêchement de leur mentor, les partisans de DSK se sont pour la plupart répartis entre Martine Aubry, la première secrétaire, alliée de DSK, et François Hollande, l'outsider qui a décidé d'aller "jusqu'au bout", quelle que soit la décision de DSK. Entre les deux principaux rivaux, les surenchères ont été fortes pour obtenir les ralliements des partisans de Dominique Strauss-Kahn. Martine Aubry a convaincu les strauss-kahniens installés dans l'appareil du PS, François Hollande les grands élus.
La décision du juge Michael Obus, mardi 23 août, de lever toutes les accusations contre l'ancien patron du FMI peut-elle modifier de nouveau la configuration de la primaire ? A l'issue de l'audience new-yorkaise, les strauss-kahniens ont salué la fin d'un long "cauchemar", mais peu se hasardent à un pronostic politique.
Reviendra-t-il sur la scène politique, comment, pour qui ? A Paris, sur le plateau de BFM TV, un de ses lieutenants, Jean-Christophe Cambadélis, passé chez Martine Aubry résumait la situation : "Je ne sais pas quel sera l'état d'esprit de Dominique Strauss-Kahn." "Personne ne le sait. Mais il a besoin de respirer, de se poser, de se reconstruire. Au moment où il retrouve sa liberté, ne lui mettons pas une pression supplémentaire", ajoute Christophe Borgel, un autre lieutenant passé chez Martine Aubry. Tous deux reconnaissent que les "strauss-kahniens sont de nouveau chamboulés", mais estiment que le retour en France de DSK "ne peut pas gêner" la campagne de Martine Aubry.
Les strauss-kahniens qui ont rallié François Hollande sont plus tranchés : ils estiment que DSK ne peut plus revenir dans la course à la présidentielle et espèrent la neutralité de l'ancien patron du FMI jusqu'à l'issue de la primaire le 16 octobre, puis son engagement derrière le candidat qui sera désigné. "Je me réjouis de la décision de la justice américaine, mais, sur le plan politique, elle ne remet pas en cause le fait qu'il s'est mis dans une affaire épouvantable qui le place en dehors du jeu. C'est un gâchis terrible", juge Gérard Collomb, le maire de Lyon, qui avait été l'un de ses plus fervents partisans.
"Je suis respectueux de sa liberté, il fera ce qu'il voudra, mais je lui conseille de ne pas prendre position dans la primaire", estime le député du Finistère, Jean-Jacques Urvoas. "Quand il souhaitera reprendre sa place dans le débat public, il faut que ce soit une voix utile à la gauche et au pays", a déclaré Pierre Moscovici, l'ancien lieutenant de DSK.
François Hollande, évoque, lui, son "rôle essentiel dans la campagne du futur candidat socialiste à la présidentielle en raison de son expertise sur la crise". La veille, le député de Corrèze avait redit que rien ne le détournerait de sa route. L'ombre de DSK continue de planer sur le PS.
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