TOUT EST DIT

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lundi 7 juillet 2014

Ce patron qui crève à petit feu

La France des invisibles. Tout est cul par-dessus tête en France: le fonctionnement de l’État, la façon dont sont soutenues les entreprises et les priorités dans l’usage des fonds publics.
Parmi les très nombreux courriers que les lecteurs ont la gentillesse de m’adresser chaque semaine, il y a une lettre qui est tout de suite sortie du lot ces derniers jours. Écrite par une habitante de Troyes, cette missive visait à m’alerter sur la situation dramatique que connaît depuis quelques semaines un maître verrier local. Issu d’une famille où cette profession est exercée de père en fils, il est le dernier de cette lignée. C’est un artisan d’art dont les principaux clients sont l’État, à travers le service des Monuments historiques, et les collectivités territoriales, qui ont la maîtrise d’ouvrage de gros chantiers. Alain Vinum, puisque tel est son nom, est à la tête d’une petite entreprise qu’il s’échine à préserver en travaillant comme un forcené avec des journées interminables et des nuits sans sommeil. Car depuis que la gauche est au pouvoir, la plupart des chantiers de restauration de cathédrales et de vitraux médiévaux ont été stoppés. Habitué à travailler dans des conditions difficiles, Alain Vinum s’en était jusque-là toujours sorti, en courant inlassablement après l’argent que l’État lui devait. Son but n’était pas de faire des bénéfices à tout prix mais d’abord et avant tout de maintenir un savoir-faire, dont il est l’un des derniers dépositaires. Voilà pourquoi notre homme ne se payait que 1 000 euros par mois, soit deux fois moins que ses employés. Mais depuis deux ans, plus rien ne tourne rond. Les commandes n’arrivent plus, l’État se fait tirer l’oreille pour payer. Si bien que notre maître verrier, qui employait 10 salariés en 2010, n’en a plus que deux aujourd’hui. Et à l’automne 2013, ayant à faire face à de graves problèmes de trésorerie, il a opté pour la procédure de sauvegarde, qui gèle les poursuites d’éventuels créanciers. Sauf qu’en début de semaine dernière, après une lourde journée de travail, il a regardé l’état de son compte en banque, à quelques jours de faire la paye. Et il a constaté qu’il n’avait plus un euro en caisse après une saisie faite par le Trésor public pour récupérer un peu de TVA non versée. Depuis, Alain Vinum se voit fini. Il ne sait pas comment expliquer à ses employés que son entreprise est à bout, à cause d’un passif de 67 000 euros. Il ne sait pas leur expliquer que cet État socialiste, qui dit vouloir donner la priorité aux PME, l’a tué deux fois. D’abord en gelant ses commandes. Ensuite en le privant de compte en banque pour un prélèvement dérisoire de TVA. Il sait d’autant moins leur expliquer qu’il y a quelques années, ce même État, qui le fait crever aujourd’hui, lui avait décerné le titre rare d’Entreprise du patrimoine vivant. Alain Vinum, pour qui le vitrail représente toute une vie, une histoire familiale, un savoir-faire unique en France, n’entend pas se laisser abattre par une bureaucratie stupide qui a droit de vie et de mort sur une PME et sur ses salariés. Visitant un jour la cathédrale d’York, qui est le plus grand édifice gothique d’Europe du Nord, il a été frappé par l’inscription laissée sur un pilier par un tailleur de pierres : « Toujours recommencer ». Et comme dans le poème de Rudyard Kipling, après avoir vu détruit l’ouvrage de sa vie, sans dire un seul mot, il entend bien sinon rebâtir, du moins ne pas sombrer. Quitte à vendre le peu qu’il a pour sauver son entreprise, ses employés et sa raison de vivre. Comme Bernard Palissy, qui, ruiné, alla jusqu’à brûler ses meubles et son parquet pour alimenter son four. Mais au-delà du cas d’Alain Vinum, qui est celui de milliers de chefs d’entreprise partout dans le pays, dont certains sont tellement désespérés qu’ils préfèrent mettre fin à leurs jours, cette histoire édifiante conduit à s’interroger sur un gouvernement qui s’apprête à dépenser 2 milliards pour ne jouer finalement aucun rôle dans le nouvel Alstom, qui vient de s’offrir 14 % du capital de PSA Peugeot Citroën — qui n’en demandait pas tant — et qui, dans le même temps, laisse crever des milliers de petites entreprises (63 000 l’an passé, un chiffre record). Voire même qui précipite leur disparition en les harcelant sur les plans fiscal, social et administratif. L’exemple édifiant d’Alain Vinum vient nous rappeler à quel point tout est cul par-dessus tête dans notre pays : la façon dont fonctionne l’État, la manière dont sont soutenus ceux qui créent des emplois et les priorités qui président à l’usage des fonds publics. Ce n’est pas de cette France que nous voulons, mais d’un pays où les valeurs de mérite, de talent et de responsabilité constituent l’alpha et l’oméga de la vie économique. Et qui, au lieu de faire crever ses plus belles PME, les mettrait en valeur, leur accorderait des commandes prioritaires et surtout les laisserait vivre (ou survivre) en paix.
P.-S. : si vous souhaitez aider ce chef d’entreprise exemplaire à sortir de cet enfer, merci de me contacter à l’adresse suivante : kerdrel@valmonde.fr

Petits pois et démesure

Petits pois et démesure

Au bal des hypocrites la gauche et la droite peuvent se donner la main après la mise en examen de Nicolas Sarkozy. Au PS, soucieux d'apparaître scrupuleusement respectueux des droits de la défense, on insiste sur la présomption d'innocence mais on ne peut s'empêcher de souligner, avec une jubilation contenue, la lourdeur des charges pesant sur l'ex-président. À l'UMP, on affiche une compassion de façade envers Nicolas Sarkozy tout en cachant mal la désapprobation engendrée par sa virulente mise en cause de l'institution judiciaire. Sur ce plan, au moins, les deux plateaux de la balance sont équilibrés.
Il ressort de tout cela que Nicolas Sarkozy ne va pas trouver énormément d'alliés, au sein de la droite, dans sa stratégie de reconquête du pouvoir. Beaucoup redoutent qu'un « retour » de Sarkozy ne soumette la reconstruction de l'UMP aux aléas de son calendrier judiciaire. Sa « charge », à la télé et à la radio, contre une « instrumentalisation d'une partie de la justice » ne va pas inciter les magistrats à la clémence.
L'erreur de Nicolas Sarkozy a sans doute été de se dispenser de toute justification sur le fond, en insistant sur la forme vexatoire de sa mise en garde à vue. Même s'il s'est refusé à l'amalgame, son réquisitoire contre une « partie de la justice » accrédite son aversion pour une institution qu'il eut le tort de critiquer dans des formules inutilement blessantes comme celle des « petits pois ». Bien sûr qu'il paye aujourd'hui cette démesure. C'est d'autant plus regrettable qu'il provoque ainsi un réflexe étroitement corporatiste des magistrats.
Car l'institution judiciaire, tout comme la classe politique, n'est pas exempte de tout reproche et voit son image se dégrader dans l'opinion. Indépendance et impartialité sont les deux piliers d'une bonne justice. Il y a manqué, ces derniers temps, la sérénité. La syndicalisation des magistrats n'est pas en cause. C'est l'expression publique de leurs options politiques, et plus encore l'affirmation d'un vote partisan pour la présidentielle, qui peut porter atteinte à une image de neutralité. Par nature, la justice doit être insoupçonnable.

Et l’intérêt général?

Et l’intérêt général ?

La vie politique française s’enfonce toujours plus profondément dans l’impasse. Le combat autour de la présidence de l’UMP dans la perspective de  l’Elysée en 2017 n’intéresse absolument pas la France. L’avenir d’un pays n’est pas un western, une lutte de titans médiatiques. Toute forme de culte de la personnalité est inadaptée à une démocratie moderne, à l’intelligence collective. Il est illusoire, presque puéril de penser qu’un destin collectif peut se cristalliser dans le seul visage  d’un homme ou femme. Les institutions étant ce qu’elles sont aujourd’hui, il est évident que le pays devra tôt ou tard se donner un successeur à François Hollande. Mais pour quoi faire?  Quels changements réalistes, crédibles, authentiques, s’imposent aujourd’hui pour essayer de remettre la France sur le chemin de l’espérance, en matière de croissance, d’emploi, de désendettement, d’école, de modernisation de l’économie, de lutte contre la criminalité, la délinquance et le repli identitaire, la maîtrise des frontières et la rénovation de la justice? Le choix des futurs dirigeants devrait venir après, en fonction du fond de leur programme et de la crédibilité de leur personnalité le moment venu, de la qualité de leur entourage et d’un large soutien populaire. Ne sombrons pas dans le passionnel et la puérilité. Il n’existe pas aujourd’hui de sauveur, d’homme ou femme providentiel, de recours. Une étrange alchimie de l’histoire peut se produire au moment le plus inattendu, la rencontre d’un homme, d’une équipe, d’un projet réaliste et d’une Nation. Cela n’a strictement rien à voir avec les petites magouilles autour des partis politiques. 

Zéro pointé pour l’élève Hamon

Démagogie. Le ministre brosse un tableau très noir de l’Éducation nationale pour tenter de justifier une réforme de l’évaluation des élèves. Une caricature désobligeante pour les enseignants, qui ignore aussi l’attachement des familles à la notation. Stress, échec, pression, sanction… L’école est-elle si pénible qu’il faille maintenant supprimer les mauvaises notes après avoir réformé les rythmes scolaires ? Car ces deux réformes sont bel et bien liées. Elles résument les projets et la philosophie du ministère de l’Éducation nationale, passé depuis des lustres sous la coupe d’une petite coterie “pédagogiste” : le rôle de l’école n’est plus de transmettre des savoirs, une culture, encore moins un héritage — cela, c’était l’école de papa, celle de la République, celle de Jules Ferry dont la gauche nous rabâche, depuis Christiane Taubira, qu’il fut un odieux colonisateur. Non, l’école, telle que la rêve la Rue de Grenelle, a pour mission d’assurer le « bien-être » des élèves français dont Vincent Peillon affirmait naguère qu’ils étaient « les plus malheureux au monde après les petits Japonais » ! Pour faire leur bonheur, il faudrait en bannir l’effort, le mérite, la compétition, bref renoncer à promouvoir une élite, car c’est de là que viendraient tous nos maux…
Benoît Hamon, qui n’a rien d’autre à faire (car il ne parvient même pas à recruter les 60 000 enseignants qu’a promis la gauche, faute de candidats de qualité), a donc décidé d’emboîter le pas à son prédécesseur : il veut réformer l’évaluation des élèves. Il s’en est expliqué plusieurs fois, notamment dans le Parisien, dans un entretien qui sonne parfois comme une confession : « Tout le monde a le souvenir d’un échec à l’école. En France, nous sommes définis par rapport à ces échecs », ne cesse-t-il de répéter. « Le petit Benoît a-t-il tant souffert de l’éducation qu’il a reçue des pères maristes au Sénégal ? , demande avec malice l’essayiste Jean-Paul Brighelli.J’ai un doute… » 
Ce faisant, Benoît Hamon reprend un argumentaire cher à la gauche : « Les insuffisances de l’évaluation chiffrée sont facteurs de stress et de compétition. Nous devrons favoriser une évaluation permettant de valoriser les progrès, les efforts et les compétences acquises », affirmait déjà le PS en 2010. « Ce système de notation, et l’obsession du classement auquel il répond, crée dès l’école élémentaire une très forte pression scolaire et stigmatise les élèves qu’il enferme progressivement dans une spirale de l’échec », ajoutait l’Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev), dont François Hollande avait signé le pacte contre l’échec scolaire en février 2012. Soyons justes cependant : la droite, elle aussi, a failli céder à ces sirènes et il a fallu l’intervention de Bruno Le Maire pour que l’UMP supprime un projet similaire de son programme, en 2012. Et c’est aussi la droite qui a mis en place, à l’école primaire, un incompréhensible “livret personnel de compétences”…
Le ministre de l’Éducation de moins en moins nationale s’est pourtant bien gardé de dire ce qu’il entendait, concrètement, par « évaluation bienveillante ». Car cette réforme — l’autre pilier de la ronflante “refondation de l’école” — mérite bien un grand débat national, ce qui permettra à Benoît Hamon d’occuper les médias pendant plusieurs mois et de distraire les Français des vrais problèmes — par exemple des difficultés croissantes de nombreux élèves (dont certains, c’est vrai, sont d’origine étrangère) à maîtriser le français ou à connaître les grandes dates de l’histoire nationale depuis qu’on tente de leur enseigner celles du Monomotapa ou de l’empire Songhaï, sous prétexte, justement, que beaucoup sont d’origine étrangère (pour en savoir plus, consultez un manuel de cinquième).
En résumé, Benoît Hamon a choisi de nommer un comité d’organisation, qui formera des groupes de travail chargés de « produire une synthèse de la littérature scientifique » et nommera les membres d’un jury « représentatif de la communauté éducative et de la société civile » qui, lui, rendra ses recommandations à la mi-décembre, à l’issue d’une semaine sur l’évaluation des élèves : c’est le choc de simplification appliqué à l’Éducation nationale.
Ce qu’il sortira de ce machin ? On peut l’imaginer en se penchant sur les quelques expériences conduites en France — en rappelant d’abord qu’un premier essai fut tenté en 1969, Edgar Faure ayant décidé, dans la foulée de Mai 68, de remplacer les notes sur 20 par une évaluation par lettres, de A à E. Deux ans plus tard, l’Éducation nationale faisait machine arrière.

Et à la fin, c’est encore…

Et à la fin… c'est encore l'Allemagne qui a gagné. Dans notre pays qui avait réglé toutes ses horloges sur 18 heures, un pays qui avait tant besoin d'oxygène pour sortir de sa déprime, la bouffée d'air frais n'est pas arrivée. Reviennent les affaires qui plombent la démocratie, revoilà la droite en faillite et le PS en berne, les arguments sur nos faiblesses et nos atermoiements, Schumacher nous nargue encore, tant pis pour Battiston, un crêpe à la Marseillaise ! Rage. L'Allemagne si prompte à nous faire la leçon, l'Allemagne trop souvent mise en avant par les analystes de tout poil comme baromètre de nos insuffisances, l'Allemagne pourtant vieillissante mais sûre de sa supériorité s'est imposée face à notre jeunesse moins shootée que d'habitude à l'énergie de sa diversité.
Au revoir l'espérance folle de la France black, blanc, beur de 98, la France qui intègre, la France qui s'émeut quand elle gagne, la France en demi-finale du Mondial aurait jeté à la poubelle la politique des quotas. Il n'empêche, la France ne se moque plus des phrases tarabiscotées de Didier Deschamps, devenu après ce beau parcours le fils du Mémé Jacquet auquel personne n'avait cru non plus. Il a ouvert les portes du rêve pour un pays mal dans sa peau qui s'obstine à ne voir que les mauvais côtés du 21 e siècle au lieu de savourer ses progrès, ses performances et ses atouts.
Et il est bien là le vrai talent de cette équipe que l'on n'attendait pas à un tel niveau de jeu et d'enthousiasme, une équipe qui s'est révélée dans sa capacité à former un bloc, à ne pas avoir peur, à se souder par la solidarité et la combativité. À écrire sa propre histoire dans le souvenir de Zizou et des autres. Une équipe de copains qui s'habillent de bleu, blanc, rouge et se battent même quand ils perdent face à plus fort qu'eux.
Prêt à en découdre, rasé de frais, Sakho, le capitaine des bleus, le meneur avait fait son retour. Ni bisbilles, ni rivalités, ni arrières pensées, rien que l'union vers la victoire, la fierté main sur le c'ur pour que soient enfin rangés les drapeaux de la xénophobie, à Nice, ailleurs, et dans tous les discours d'un âge que l'on espère révolu.
de
DANIEL RUIZ

Tout sauf le sexe : la nudité et l'érotisme dans les films soviétiques

La faute à la croissance!

Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge… Le gouvernement n’est pas gâté par ses agences. Que ce soit l’Insee ou la Dares, c’est à celle qui publiera les statistiques les plus mauvaises ; c’est dire si la situation économique française est exécrable !
Le déficit ? Le gouvernement comptait le ramener à 3,8 % de la richesse nationale à la fin de l’année. Sa tâche risque de se compliquer : d’après l’Insee, il représentait 4,4 % du PIB à la fin du premier trimestre, contre 4,2 % trois mois plus tôt.
La dette ? Le 31 mars, elle s’élevait à 1986 milliards d’euros, selon une récente note de l’Insee. Ce chiffre a progressé de 45 milliards au cours du premier trimestre 2014 en raison de l’aggravation de l’endettement de l’État. Exprimée par rapport au PIB, la dette publique représente 93,6 % de la richesse nationale. Les 2 000 milliards de dette et les 100 % seront atteints avant la fin de l’année.
Le chômage ? D’après la Dares, Pôle emploi a recensé 24 800 chômeurs supplémentaires en mai, en catégorie A, qui compte maintenant 3,39 millions de demandeurs d’emploi. Un record ! Comme le nombre total de chômeurs qui dépasse 5 millions… François Rebsamen, ministre du Travail, refuse de commenter les chiffres du chômage : « Mois par mois, les chiffres ne veulent pas dire grandchose. » Pour ceux qui sont sans emploi, si ! Tout juste s’est-il borné à (enfin) reconnaître que « pour créer de l’emploi dans le secteur marchand, il faut de la croissance ».
Justement, la croissance, parlons-en : le coup de grâce est venu de l’Insee dans une note intitulée de manière très alambiquée « La croissance revient mais ne décolle pas ». Comme un avion français qui resterait en bout de piste, à court de kérosène, en regardant les autres avions — américains, européens et asiatiques — s’envoler. Elle devrait être cette année de 0,7 % et non de 1 % comme Bercy l’a prévu pour bâtir le budget.
Le silence du gouvernement est assourdissant. Mais doit-on attendre quelque chose quand, interrogé sur les solutions pour réduire la complexité — et donc l’épaisseur du code du travail —, le ministre des Finances ne trouve rien d’autre à conseiller que « d’écrire plus petit pour qu’il soit moins gros »…

samedi 5 juillet 2014

C’est – presque – la guerre !

C’est – presque – la guerre !

« Huit ans à patienter », « tout un peuple bleu réglé sur l’heure du coup d’envoi », « la France retient son souffle »… Sans vraiment nous surprendre, les médias en font des tonnes et des tonnes, et accordent une importance totalement démesurée à la rencontre France-Allemagne de ce soir. Mais il y a pire encore : ils osent établir une comparaison entre les Bleus de 2014 et ceux de 1982.
L’effet Coupe du monde
Voilà plusieurs jours en effet que les chaînes classiques et celles d’information continue se consacrent presque entièrement au Mondial, nous livrant la moindre anecdote sur les joueurs, repassant en boucle les buts marqués par l’équipe de France et évoquant tous les scenarii possibles pour les Bleus au Brésil. Aujourd’hui, on nous apprenait même que François Hollande regarderait France-Allemagne à l’Elysée, en compagnie d’une centaine de lycéens et de l’ancien sélectionneur Michel Hidalgo.
On ignore encore si Normal Ier se fera livrer une pizza par scooter, mais ce qui est sûr, c’est qu’il a bien compris tout l’intérêt qu’il y avait pour un président de la République à afficher sa passion – même simulée – pour le ballon rond. Les deux derniers sondages réalisés à la toute fin du mois de juin sont d’ailleurs là pour le lui rappeler. Celui de l’IFOP pour Paris Match, nous annonçant que l’approbation de l’action présidentielle est passée de 18 % en juin à 23 % en juillet. Et celui de TNS Sofres pour le Figaro Magazine, enregistrant sur la même période une hausse de deux points des cotes du chef de l’Etat et du Premier ministre.
Pas étonnant que Flamby projette déjà un petit voyage au Brésil, au cas où la France irait en finale le 13 juillet. Ce qui donne du fil à retordre à l’administration, qui envisage actuellement de reporter le défilé du 14 au 15.
Comparer l’incomparable
En même temps, ce quart de finale étant un France-Allemagne, on nous ressort bien évidemment le match légendaire de 1982, moment d’anthologie du football pour tous ceux qui – comme moi – ont aimé ce sport et sont consternés de voir à quel point il a été depuis pourri par l’argent. Les Platini, Giresse, Tigana et autres légendes de 1982 ont en effet cédé la place aux milliardaires, pour qui le Mondial est devenu l’occasion de mieux se vendre auprès des clubs, sponsors et autres publicitaires. Le public lui même a changé. Les classes populaires, jugées trop remuantes, ont été peu à peu chassées des stades au profit des bobos.
Interviewé vendredi par le Figarovox, Eric Zemmour avait bien raison d’expliquer : « Ça a l’air complètement fou, mais il faut comprendre ce qu’a été le football pour nous. C’était un sport méprisé par les élites, dédaigné par les intellectuels. C’était le sport du peuple : les joueurs n’étaient pas encore milliardaires, ils ne sortaient pas avec des mannequins, ils épousaient Madame tout le monde. Giresse aurait pu être notre voisin. Nous étions “eux” et ils étaient “nous” ». 

Pour une "déclaration des devoirs civiques"

Pour une "déclaration des devoirs civiques"

Il est difficile de ne pas reconnaître que la France "d’en haut", la classe dirigeante est en pleine dérive. Le fond du problème – me semble-t-il – tient à une sorte d’effondrement de l’esprit civique, du sens du bien commun au profit d’un narcissisme généralisé. Nous sommes dans la quintessence du repli nombriliste, obsession du "je", disparition du respect des valeurs communes, que dénonçait Gilles Lipotewsky dans L’ère du vide, Gallimard, 1983. Cela touche la politique, mais aussi la haute fonction publique, le monde médiatique, la presse, la magistrature. Le temps est venu d’adopter une déclarations des devoirs, qui serait insérée dans la Constitution et compléterait les grands textes républicains qui y figurent déja (déclaration de 1789, Préambule de 1946, lois fondamentales de la IIIe République). Cette nouvelle déclaration des devoirs, constitutionnalisée, affirmant ou rappelant certains grands principes, s’imposerait à toutes les autorités, y compris les juridictions et magistrats chargés de la faire appliquer. Elle comprendrait:
  • Le devoir d’impartialité absolue de toute personne chargée d’une fonction publique ou dans la magistrature.
  • La suppression de toute nomination dans une fonction publique en dehors d’une procédure de recrutement neutre et anonyme (concours, examen professionnel).
  • La destitution systématique de tout responsable public, ou perte de mandat électoral, en cas de détournement de pouvoir ou de fonds publics à des fins personnelles ou illégales.
  • L’incompatibilité entre certaines fonctions à connotation stratégiques, dans la magistrature ou la haute administration avec l’appartenance à un parti politique ou un syndicat.
  • L’obligation d’une expérience de 7 ans au moins dans la société civile avant d’exercer des fonctions d’autorité dans la fonction publique ou la magistrature.
  • La démission impérative et immédiate de la fonction publique en cas d’élection à un mandat politique national.
  • La neutralité rigoureuse de l’audiovisuel public accompagnée d’un principe d’égalité absolue du temps de parole entre les prises de position diverses.
  • Un principe absolu de laïcité et de neutralité idéologique et politique dans tout service public, toute fonction financée par des moyens publics.
  • La création d’une commission civique de 21 membres, élus au suffrage universel parmi les citoyens exempts de toute engagement politique, doté de pouvoirs importants notamment celui de sanction allant qu’à la destitution de tout responsable public (haut fonctionnaire, homme politique, magistrat) ayant bafoué l’un de ces principes.
Cela ne réglerait pas tous les problèmes de la France bien entendu, mais une telle réforme marquerait un changement profond de mentalité à la tête de l’Etat et remettrait le pays dans la bonne direction. Bien que totalement consensuelle (qui serait contre sur le fond?) elle a peu de chance de se réaliser, car il faudrait que toute une nomenklatura accepte de se remettre en cause et de renoncer à ses petits privilèges misérables. Pour bien, faire, elle devrait partir du peuple, des gens comme vous et moi et s’imposer à la caste politique et médiatique. Mais comment s’y prendre, s’organiser, on en revient toujours au même obstacle…

Mise en examen de Nicolas Sarkozy - Tesson : "Le mal est fait avant la preuve"

On impute trop de crimes à Nicolas Sarkozy pour qu'on ne soupçonne pas ses adversaires d'un excès de zè le. Il est devenu une cible, déplore Philippe Tesson.
Il y a l'intime conviction. Vous êtes l'esclave de vos engagements, de vos amitiés, de votre passion politique, de vos intérêts. Cela vous conduit à pré-juger, et parfois même à aller contre l'évidence, avant même que celle-ci ne soit avérée. C'est une tentation qu'il faut absolument combattre. La présomption d'innocence est le rempart qu'on a inventé pour conjurer cette tentation. La présomption d'innocence est malheureusement polluée par des formes judiciaires insupportables : ces conditions indignes qu'on inflige au prévenu, ce réveil au petit matin, cette garde à vue interminable, et puis ce mot de mise en examen, bref, tout un cérémonial qui signale déjà le soupçon et un vocabulaire qui suggère le déshonneur. Pour un simple citoyen, c'est déjà beaucoup. Pour un simple citoyen qui fut président de la République, c'est pire. Qu'au moins on respecte a minima la fonction tant que la chose n'est pas jugée.
Alors, qu'on s'en tienne au doute. Il n'est pas juste que ces procédures sèment le doute sur l'accusé avec un temps d'avance au profit de l'accusateur. Le mal est fait avant la preuve du crime ou de l'innocence. En la circonstance, il est vrai que Nicolas Sarkozy, par tempérament, par bravade, par maladresse, n'a jamais été avare de défis. Il appelle le soupçon. Parmi tous les crimes qu'on lui impute, il se peut qu'il y en ait de réels. On verra bien. Mais on lui en impute trop pour qu'on ne soupçonne pas ses adversaires d'un excès de zèle, sachant que leur nombre est à lui seul suspect. Il est une cible de choix. Ne parlons pas de ceux qui sont de sa famille, parmi laquelle des amis dont il contrarie les ambitions. Parlons de ses ennemis politiques qui, sous la houlette du président de la République, ne cessent depuis deux ans de jurer sa perte et le poursuivent d'une haine revancharde. Puisque ce serait injurieux et diffamatoire, on ne les accusera pas de manipuler la justice qui, selon les termes de la Constitution, est indépendante. Mais manipuler l'opinion, ils s'y entendent, offensivement ou matoisement, jusqu'au mensonge (le fameux "je n'étais pas au courant" de Taubira).

Accusation de corruption : la plus infamante des sanctions

Pour ce qui est de la justice et de son acharnement, observons simplement qu'elle emploie des moyens singulièrement détournés pour parvenir à son but. C'est par le biais d'une procédure relative à des écoutes téléphoniques, méthode dont la légalité est pour le moins douteuse, qu'elle ouvre un chemin qui pourrait lui permettre de piéger la bête sur des terrains où on soupçonne celle-ci d'avoir commis des crimes. Alors, pour l'affaiblir, on n'hésite pas à lui infliger la plus infamante des sanctions : l'accusation de corruption. En toute indépendance. La juge en charge de l'affaire est en effet membre d'un syndicat qui avait appelé à voter contre lui au second tour de l'élection présidentielle.


Si d'aventure la culpabilité de Nicolas Sarkozy dans les crimes que la justice lui imputerait était avérée, on respecterait sa décision avec loyauté. Une loyauté qui ne nous interdit pas aujourd'hui de dénoncer son acharnement sournois, dont le pouvoir politique a toutes les raisons de profiter dans l'état où il est.
 

Espagne : Moody’s réclame plus d’impôts

Toujours plus … tel semble être le maître mot des agences de notation, enfonçant un clou déjà planté par la troïka européenne.
Alors que la plupart des Espagnols doivent faire face à une situation particulièrement exsangue, Moody’s a critiqué jeudi la réforme fiscale dévoilée il y a quelques jours par Madrid. Selon la célèbre agence de notation US, les nouvelles mesures envisagées manquent d’ambitions. Moody’s estime même que le gouvernement espagnol accroît le risque de ne pas pouvoir atteindre son objectif de déficit public pour 2015 et 2016.
« Les changements fiscaux ne suivent pas les ambitions initiales d’une réforme fiscale plus large, telle que l’avait recommandée la commission d’experts du gouvernement lui-même », déclare ainsi Moody’s dans un communiqué.
Rappelons que la réforme, approuvée la semaine dernière en Conseil des ministres, prévoit une baisse des impôts sur le revenu et sur les sociétés à partir de 2015, sans toutefois inclure de hausse de la TVA, contrairement aux préconisations du Fonds monétaire international et de l’Union européenne.
Constant que « l’Espagne lève moins d’impôts, par comparaison avec les autres pays de la zone euro », Moody’s considère  la réforme espagnole comme insuffisante. Pire encore : elle estime que de telles décisions auront  » un impact négatif sur la qualité d’emprunteur » du pays. Allant même jusqu’à brandir la « menace » d’une rétrogradation de sa note souveraine, laquelle est actuellement à Baa2 avec perspective positive.
Cette réforme « est cohérente avec l’objectif de réduction du déficit public », a quant à lui assuré lundi le ministre du Budget Cristobal Montoro.
Rappelons que Madrid table sur un déficit de 5,5% du PIB pour cette année, puis de 4,2% en 2015, comptant repasser sous la barre des 3% en 2016.

Petits pois et démesure

Petits pois et démesure

Au bal des hypocrites la gauche et la droite peuvent se donner la main après la mise en examen de Nicolas Sarkozy. Au PS, soucieux d'apparaître scrupuleusement respectueux des droits de la défense, on insiste sur la présomption d'innocence mais on ne peut s'empêcher de souligner, avec une jubilation contenue, la lourdeur des charges pesant sur l'ex-président. À l'UMP, on affiche une compassion de façade envers Nicolas Sarkozy tout en cachant mal la désapprobation engendrée par sa virulente mise en cause de l'institution judiciaire. Sur ce plan, au moins, les deux plateaux de la balance sont équilibrés.
Il ressort de tout cela que Nicolas Sarkozy ne va pas trouver énormément d'alliés, au sein de la droite, dans sa stratégie de reconquête du pouvoir. Beaucoup redoutent qu'un « retour » de Sarkozy ne soumette la reconstruction de l'UMP aux aléas de son calendrier judiciaire. Sa « charge », à la télé et à la radio, contre une « instrumentalisation d'une partie de la justice » ne va pas inciter les magistrats à la clémence.
L'erreur de Nicolas Sarkozy a sans doute été de se dispenser de toute justification sur le fond, en insistant sur la forme vexatoire de sa mise en garde à vue. Même s'il s'est refusé à l'amalgame, son réquisitoire contre une « partie de la justice » accrédite son aversion pour une institution qu'il eut le tort de critiquer dans des formules inutilement blessantes comme celle des « petits pois ». Bien sûr qu'il paye aujourd'hui cette démesure. C'est d'autant plus regrettable qu'il provoque ainsi un réflexe étroitement corporatiste des magistrats.
Car l'institution judiciaire, tout comme la classe politique, n'est pas exempte de tout reproche et voit son image se dégrader dans l'opinion. Indépendance et impartialité sont les deux piliers d'une bonne justice. Il y a manqué, ces derniers temps, la sérénité. La syndicalisation des magistrats n'est pas en cause. C'est l'expression publique de leurs options politiques, et plus encore l'affirmation d'un vote partisan pour la présidentielle, qui peut porter atteinte à une image de neutralité. 
Par nature, la justice doit être insoupçonnable.
EN CE MOMENT ELLE NE L'EST PAS

vendredi 4 juillet 2014

L’autre match France-Allemagne

L’autre match France-Allemagne



Le résultat du match France-Allemagne est déjà connu : ce sont les Allemands qui l’ont emporté. Non pas tellement parce que, paraphrasant un célèbre joueur anglais, « le football est un jeu simple qui se joue à onze contre onze, et à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne », mais parce que la confrontation France-Allemagne dont il s’agit ne se déroule pas sur les terrains de foot. Elle a lieu partout, tous les jours. C’est un choc de puissance, une compétition larvée mais réelle, un enjeu de domination qui touche une multitude de domaines. Un peu partout, l’Allemagne l’emporte sur la France.


C’est le cas à Bruxelles, et c’est nouveau. La présence, l’influence allemandes sont désormais servies par un grand nombre d’hommes-clefs qui, nolens volens, font pencher l’Europe du côté de Berlin : le principal collaborateur du nouveau président de la Commission est allemand, les directeurs d’administration allemands sont les plus nombreux, le président du Parlement européen est allemand.
Cette puissance tranquille ne vient pas de nulle part. Elle n’est pas artificielle mais s’appuie au contraire sur la solidité de l’économie allemande et son respect métronomique des règles de l’Union. Ainsi sur la croissance et le budget : ce match vient juste de se dérouler cette semaine, et l’Allemagne l’a emporté sur la France par 0 contre –4. Zéro déficit budgétaire d’un côté, et 4 % de déficits publics de l’autre. Même sans avoir la religion de l’orthodoxie absolue, on voit bien comment notre voisin, fort d’un tissu d’entreprises puissant et d’un taux d’emploi brillant, peut se concentrer sur la défense de ses intérêts et peser de plus en plus lourd en Europe et dans le monde.
La France dominera peut-être ses adversaires à Rio. Tant mieux, ce serait bon pour le moral. Mais ça ne suffira certainement pas pour tous les autres matches qu’il y a à jouer.

Salubrité publique

Salubrité publique

La mémoire est une drôle de machine : le souvenir est souvent d’autant plus prégnant qu’on ne l’a pas vécu. Ainsi le match de foot entre la France et l’Allemagne en 1982 connait une nouvelle jeunesse. La défaite française est disséquée à l’infini;  une télévision a même décidé de retransmettre intégralement cette rencontre du passé. Ceux qui n’étaient pas nés ne sont pas les derniers à avoir leur avis sur ce traumatisme français. La méthode a du bon. Il doit être utile de revivre des chocs de notre histoire pour, en une catharsis collective, mieux les surmonter. En ce sens, la télévision serait bien inspirée de rediffuser le moment où Martine Aubry annonça la création des 35 heures et où Chirac prononça la dissolution de 1997. Ce serait faire œuvre de salubrité publique.

Nikos Aliagas et Iker Casillas s'énervent sur Twitter : ils ont eu raison !

Sûrement vous souvenez-vous du "crève connard" tweeté par un Nikos Aliagas irrité par les réactions suite à la défaite de la Grèce contre le Costarica pour la Coupe du monde ? Ce genre coup de gueule n'est peut être pas préjudiciable à la personnalité en question. Il sert à l'humaniser. c'est l'avis d'Olivier Cimelière, communicant et responsable d'un cabinet en stratégie de réputation.

On savait que le football pouvait exacerber les passions. On l'a vérifié avec la Coupe du monde 2014.

En l’espace de quelques jours, deux personnalités mordues de ballon rond et de réseaux sociaux, l’animateur TV Nikos Aliagas et le gardien de but espagnol Iker Casillas, ont sèchement taclé des twittos à la limite de l’obscénité et du racisme. Ce genre de coup de gueule peut-il entacher une réputation ? 


Sur Twitter, le moindre clash peut vite prendre des proportions inattendues. Pour peu que vous soyez une personne connue et/ou exerçant une certaine influence auprès de votre communauté, quelques mots de travers peuvent suffire à mettre en émoi la volière à twittos. C’est précisément ce genre de mésaventure qui est successivement survenue à Nikos Aliagas, figure emblématique de TF1 et Europe 1 et à Iker Casillas, portier du Real Madrid et de l’équipe d’Espagne piteusement évacuée de la Coupe du monde au Brésil. 

Tacle assassin pour Nikos Aliagas !

Le 29 juin dernier, Nikos Aliagas commente avec ferveur sur son compte Twitter le déroulement de larencontre qui oppose le Costa Rica à son pays natal. Longtemps menée au score, la sélection hellène parvient in extremis à égaliser dans les arrêts de jeu de la seconde mi-temps. Les prolongations ne donnent rien. Les deux formations se départagent finalement dans une dramaturgique séance de tirs aux buts où les Sud-Américains l’emportent, évacuant ainsi la Grèce de la compétition la plus regardée au monde.

Au même moment, c’est un autre match qui se joue sur la timeline de Nikos Aliagas. Souvent planqués derrières d’anonymes pseudos, des twittos se mettent à chambrer l’animateur, à se moquer du jeu sans âme de l’équipe grecque et, plus grave, à verser dans le verbiage graveleux et raciste. A plusieurs reprises, Nikos Aliagas réplique avec un "ferme ta bouche morveux" et "joue pas avec ça petit". En vain.

Les provocs continuent jusqu’à la goutte de trop du twittos @TonyDSctf (encore un qui assume courageusement son identité !) qui écope d’un cinglant "crève connard" de la part de l’animateur excédé. Le buzz démarre aussitôt.
Le tweet mordant est partagé plus de 2700 fois en quelques heures. Bien que certains internautes suggèrent à Nikos Aliagas d’effacer son tweet, celui-ci n’en fait rien. Bien au contraire, il maintient ses mots et justifie sa réaction courroucée : "je réponds aux insultes comme il le mérite". Quelques jours plus tard, l’internaute clashé par Nikos Aliagas joue pourtant les victimes en déclarant à Télé 2 semaines :

"Lorsque j’ai posté ce message, c’était simplement pour chambrer Nikos Aliagas. Franchement, si un humoriste comme Nicolas Canteloup avait sorti le même message, je pense que la réaction de Nikos n’aurait pas été la même. […] J’ai le sentiment d’avoir pris pour les autres. J’ai vu qu’il s’était fait insulter toute la soirée. […] Mon message a dû être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, mais sa réponse était excessive." 

Iker Casillas sort à son tour le carton rouge

Quelques jours plus tard, une autre passe d’armes éclate sur Twitter. Elle met cette fois aux prises le gardien de but de la Roja, Iker Casillas et un de ses abonnés sur Instagram. Eprouvé par l’élimination précoce et sans gloire de sa sélection dès le premier tour, le portier espagnol est désormais en vacances où il décompresse et tente d’oublier sa déconvenue sportive en compagnie de son épouse et de son bébé sur une plage du Portugal. C’est alors qu’il publie un cliché attendrissant de sa femme et son enfant sur Instagram. Succès instantané puisque la photo recueille plus de 228.000 likes !

Sauf aux yeux d’un supporter énervé par la déroute espagnole au Mondial qui écrit dans la foulée :"Jette-le à l’eau qu’on voit s’il flotte". 



Le joueur prend finalement connaissance du message au goût fort douteux. Tellement douteux qu’Iker Casillas renvoie l’impétrant dans les cordes avec virulence en écrivant : "Tu dois être un sacré fils de pute pour faire ce commentaire. J’espère que tu réfléchiras trois minutes à ce que tu as écrit… CONNARD ! ".

Impact garanti avec à ce jour plus de 12.700 commentaires relatifs à l’algarade digitale et aussitôt plusieurs articles dans les médias en ligne. 

Réputation impactée ou préservée ?

Tous les experts numériques l’affirment de manière unanime. Sur les réseaux sociaux, il est préférable de se relire, voire de temporiser avant de songer à répondre à une attaque ou à une mise en cause.

Même si on tapote 140 caractères sur son clavier en solo derrière un écran de smartphone ou d’ordinateur, la discussion devient elle publique et potentiellement virale si elle véhicule les ingrédients du tweet-clash dont raffolent les accros des médias sociaux. A tweeter trop vite, trop fort, on peut effectivement mettre sa réputation en porte-à-faux d’autant que le Web garde aisément trace même si on efface dans la foulée. 

Pour les personnalités, l’équilibrisme discursif peut s’avérer encore plus périlleux pour leur image. Dans le cas de Nikos Aliagas, certains socionautes se sont en effet offusqués que l’animateur puisse autant monter dans les tours et claquer le beignet à d’anonymes twittos très amusés de balancer des vannes racistes et des blagues éculées sur les Grecs. Il est vrai que l’image publique de Nikos Aliagas n’est pas celle d’un polémiste mais au contraire d’une figure publique plutôt chaleureuse. Il en est de même pour Iker Casillas. De toute la sélection espagnole, il ne fait pas vraiment partie de ceux qui défraient la chronique par des embardées verbales et des insultes à tire-larigot. 

Ils ont eu raison !

Il n’en demeure pas moins que les deux personnalités insultées ont largement eu raison de tonner et de baffer publiquement ces trolls qui pullulent trop souvent sur les réseaux sociaux et qui se défoulent à peu de frais et trop souvent à visage caché. Les tenants de la morale pourront toujours s’offusquer des vocables grossiers usités pour la circonstance.

Pourtant, leur spontanéité particulièrement bien adaptée face à la crétinerie des interlocuteurs, a le mérite d’humaniser ces deux figures médiatiques et de le rendre ainsi authentiques dans leurs emportements autant qu'ils le sont par ailleurs dans leurs coups de coeur. Il est évident que ces répliques sont à utiliser avec des pincettes et avec extrême parcimonie. Toutefois, à force de laisser des cons s’exciter gratuitement sans jamais ne rien dire, ces derniers finissent par croire indûment qu’ils ont raison.

Les réseaux sociaux, ça sert aussi à remettre les cons en place ! 

IL PEUT CHANGER DE BESICLES

Ça ne le rendra pas plus intelligent, ni plus efficace, et encore moins légitime pour gouverner la France.
Monsieur Ducon à lunettes