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vendredi 13 février 2015
Debout face à Poutine, couché face au chômage
Il est plus facile de se dresser face au nouveau tsar de Russie que d’apporter des solutions au chômage ou de s’attaquer à la réduction des dépenses publiques.
Quand les Français comprendront-ils enfin à quel point leur président de la République se moque d’eux ? Quand prendront-ils conscience de cette imposture qui consiste à invoquer l’unité nationale pour ne pas aborder les problèmes du pays ? Quand en finira-t-on avec cette mascarade qui a pour nom l’“esprit du 11 janvier” ? Pendant deux heures de conférence de presse, non seulement François Hollande a apporté de fausses solutions aux vrais problèmes soulevés par la montée des communautarismes, les dangers de l’islam radical et les violations au principe de laïcité, mais il n’a pas jugé bon de parler de la dette de près de 2 050 milliards d’euros, du déficit budgétaire qui continue d’augmenter et surtout du chômage qui a frappé 600 000 Français de plus en deux ans et demi de mandat.
Depuis le 11 janvier dernier, la situation quotidienne de millions de Français, en découvert dès le 5 ou le 6 du mois, écrasés par les impôts, angoissés pour l’avenir de leurs enfants et terrifiés par une insécurité grandissante, n’intéresse plus le président de la République. Depuis qu’il a défilé vingt minutes dans les rues de Paris aux côtés de quarante chefs d’État, il se rêve en casque bleu de tous les conflits possibles, en héraut du monde libre et en Kissinger des temps modernes. Après avoir échoué — heureusement — à obtenir des bombardements sur la Syrie de Bachar al-Assad qui constitue maintenant l’un des plus précieux remparts contre l’État islamique, notre “capitaine de pédalo” pense pouvoir faire la leçon à Poutine. Le voilà parti pour nous faire croire qu’il va établir un plan de paix durable entre l’Ukraine et la Russie. Son but n’est pas tant de garantir les frontières d’une Ukraine qui est aussi russe que l’Alsace et la Lorraine sont françaises que de montrer sa volonté de tordre le bras à Poutine. Véritable politique de gribouille tant le nouveau tsar de Russie est sans doute notre meilleur allié dans la lutte à venir contre les islamistes conquérants.
Mais face à la médiasphère parisienne, au microcosme du Café de Flore et aux ténors de la gauche caviar, il est tellement plus facile de se dresser face à Poutine, comme Chirac l’avait fait contre Bush. Qu’elle est grande la capacité de nos dirigeants à transformer nos alliés naturels en ennemis de circonstance ! Il ne faut pourtant pas être dupe. Au milieu des dorures de la salle des fêtes de l’Élysée, il est bien plus facile de faire le fier face au président russe que d’apporter des solutions au chômage de masse qui gangrène la France. Il est bien plus aisé d’annoncer des sommets de la dernière chance pour l’Ukraine que de s’attaquer à la réduction des dépenses publiques. Il est tellement plus noble de vouloir “sauver le monde” plutôt que l’économie française.
Le problème, c’est qu’à ce mauvais jeu politique fait de pure communication et d’improvisation complète, la France pourrait se retrouver deux fois perdante. D’abord en se mettant à dos l’une des principales puissances d’une future grande Europe, qui, plutôt que de s’élargir à la seule Ukraine, irait naturellement “de l’Atlantique à l’Oural”. Ensuite en laissant de côté les réformes structurelles que les Français attendent avec tant d’impatience. De manière à stopper l’ascension fulgurante de la dette, à arrêter ce rouleau compresseur fiscal qui a mis au tapis l’an passé plus de 63 000 entreprises, et surtout à recréer de la croissance ; de la vraie croissance, celle qui crée de l’emploi, des richesses pour tous, de l’investissement et de la confiance. Mais François Hollande aime tellement les chômeurs qu’il a décidé de les multiplier. Il aime tellement la lumière de la diplomatie qu’il s’en trouve aveuglé. Et il aime tellement la duplicité qu’à défaut de s’occuper de la vie des Français, il précipite la mort de la France en lui cherchant des ennemis dont elle se passerait bien.
P.-S. : le 3 février, la justice m’a condamné pour avoir publié le 26septembre 2013 une couverture de votre magazine illustrée d’une “Marianne voilée” avec comme titre « L’invasion ». Parce que Valeurs actuelles a voulu alerter l’opinion sur l’islamisation rampante de la France, nous voilà censurés au même titre qu’Éric Zemmour et cloués au pilori médiatique comme l’a été Philippe Tesson. Je tiens à remercier tous les lecteurs qui se sont manifestés à cette occasion et qui nous ont assurés de leurs encouragements afin de continuer à clamer la vérité en trempant nos plumes dans les plaies du pays. Bien sûr nous avons fait appel de cette décision de justice. Mais votre soutien, sous la forme d’abonnements massifs pour vous et vos proches, nous fera chaud au coeur et montrera à tous ceux qui veulent nous faire taire que vous êtes aussi nombreux que déterminés. D’avance merci à vous tous.
mercredi 21 janvier 2015
L’heure de la résistance a sonné
Oui, la France est en guerre pour protéger son mode de vie et sa civilisation. Dans cette guerre, chacun doit se mobiliser contre l’islam radical et la terreur.
Ne nous y trompons pas. La semaine passée, à trois reprises, c’est la France tout entière qui a été attaquée. Bien sûr Charlie Hebdo a concentré la plus grande part de cet assaut de terreur. Bien sûr ce journal satirique, qui a très tôt alerté sur les dangers du communautarisme islamique, a été décapité de manière horrible. Bien sûr à travers cet attentat odieux et insupportable, c’est aussi la liberté d’opinion qui a été mise en cause. Mais il ne faut pas oublier que pendant cette semaine quatre personnes présentes dans une épicerie casher ont été fauchées. De même que trois représentants des forces de l’ordre. C’est donc la France dans sa diversité d’opinions, de croyances ou de couleurs qui a été ensanglantée.
Nous sommes tous tristes. Nous sommes tous en colère. Nous sommes tous révoltés. Mais nous le sommes encore plus à Valeurs actuelles où, dans ces colonnes, nous avons tenté d’alerter à plusieurs reprises l’opinion et les pouvoirs publics sur le fait que notre civilisation et notre mode de vie sont menacés par l’islamisation rampante du pays. Nous avons expliqué que la théorie des loups solitaires ne tenait pas debout et démontré qu’il existe bien une odieuse meute de loups très organisée, capable de semer la terreur sur tout le territoire. Nous avons enfin ressassé que la naissance d’un État islamique puissant et armé constituait une menace aussi importante que ce qu’était le nazisme il y a soixante-quinze ans.
Face à cette attaque inédite depuis la fin de la guerre d’Algérie, la France devrait être unie dans la riposte. Elle devrait l’être dans la prise de conscience de ce choc de civilisation qui frappe notre pays, et qui va continuer à le meurtrir. Elle devrait l’être dans les moyens à mettre en oeuvre. Hélas — trois fois hélas ! — elle ne l’est pas. Elle ne l’est pas parce que la plupart de nos dirigeants politiques ne veulent pas pointer du doigt un certain islam. Elle ne l’est pas parce que ceux qui nous dirigent se refusent à voir la réalité en face. Elle ne l’est pas parce qu’une immense marche républicaine n’occultera jamais le fait que, dans des centaines d’écoles, des enfants ont fait le V de la victoire au lieu de se recueillir pendant la minute de silence. Elle ne l’est pas parce qu’à Besançon des feux d’artifice ont salué l’attentat de Charlie Hebdo. Elle ne l’est pas parce que dans de multiples cités, des jeunes ont crié que “le prophète était vengé” !
La France devrait être unie comme jamais dans cette période. Et l’opposition a fait preuve d’une responsabilité remarquable. De la même manière que chacun doit s’estimer fier de la manière dont les pouvoirs publics ont fait le job pour mettre ces islamistes hors d’état de nuire. Mais si désormais la France n’est pas unie dans le combat qui demeure, c’est parce que « la République est morte », comme l’a expliqué Michel Houellebecq dans l’Obs du 8 janvier après s’être lentement « suicidée » ainsi que l’a démontré Éric Zemmour dans son dernier livre.
La République est morte dès lors qu’elle laisse des femmes enfermées dans des linceuls noirs toute la journée. La République est morte dès lors qu’elle permet à des imams de professer que l’instruction publique est un danger pour les enfants. La République est morte dès lors que nos organismes sociaux ne se battent pas contre la polygamie pratiquée en France en contradiction avec nos lois. La République est morte à partir du moment où notre pays a laissé se développer un communautarisme, poison de notre pacte national (comme l’explique, page 87, notre chroniqueur Robert Redeker, victime d’une fatwa). La République est morte. Il n’en reste plus qu’un fantôme avec ses institutions, ses dirigeants, ses parlementaires et ses énarques. Mais elle est morte avec la suppression du service militaire, la disparition des hussards noirs de nos écoles, la “hallalisation” des banlieues et le piétinement de la laïcité.
La France est pourtant belle quand elle est rejointe par des chefs de gouvernement étrangers pour défiler contre cette terreur islamiste. La France est pourtant forte quand elle salue le courage et la bravoure des forces de l’ordre qui veillent sur nos libertés sans les entraver. La France est remarquable et remarquée quand le glas de Notre-Dame salue la mémoire de journalistes de Charlie Hebdo qui n’ont pourtant pas ménagé les catholiques. C’est dans ces moments d’unité nationale que la République peut renaître. À condition d’en finir avec l’attitude béate qui consiste à parler de loups solitaires ou de déséquilibrés. À condition de dire et de crier que ce qui se passe est bien une guerre de civilisation. À condition d’entrer en résistance contre toutes les lâchetés qui ont permis que de telles horreurs arrivent. À condition, enfin, de cesser d’ânonner que l’islam est compatible avec la République.
mardi 4 novembre 2014
Sur le chemin d’Athènes
Écoutons bien Giscard lorsqu’il prédit qu’avant dix-huit mois, la France se retrouvera dans la situation de la Grèce, obligée de se placer sous la tutelle du FMI.
En fin de semaine dernière, la Commission européenne a écrit à Michel Sapin, notre distingué ministre des Finances et des Comptes publics, pour lui signifier que le projet de budget de la France pour 2015 ne tenait pas la route. Bruxelles s’inquiète notamment du déficit budgétaire qui s’accroît à nouveau et va venir grossir une dette qui étouffe progressivement toute l’économie. Vexé comme un pou, François Hollande a déclaré que le gouvernement français répondrait à cette lettre mais sans rien changer à son projet de loi de finances. Finalement, lundi soir, le gouvernement a amendé le budget en diminuant les charges de 3,6 milliards d’euros.
Bien sûr, certains diront que la Commission européenne n’a pas à nous donner des leçons, alors qu’elle a laissé l’Espagne et le Portugal aller dans le mur sans crier gare. Bien sûr, d’autres diront que le président de la République a bien raison de tenir tête à ces technocrates bruxellois qui veulent humilier la France. Bien sûr, derrière toute cette correspondance formelle, il y a aussi le jeu ambigu de l’Allemagne, qui veut contraindre notre pays à respecter les traités sans interférer elle-même dans notre politique budgétaire et dans les réformes annoncées. Il n’empêche que c’est la première fois dans son histoire que la France est sommée de donner des explications sur ses comptes publics, donc sur sa politique à moyen terme, les moyens qu’elle se donne et les réformes qu’elle envisage. C’est la première fois que la France, cinquième économie au monde et l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu pourvu du droit de veto, prend publiquement des coups de règle sur les doigts, comme le cancre de la grande classe européenne. C’est dire si le général de Gaulle doit se retourner dans sa tombe, lui qui n’avait pas hésité à mener la politique de la chaise vide à Bruxelles, entre juin 1965 et janvier 1966.
Mais il y a plus grave que la lettre, écrite en anglais, d’un obscur commissaire européen nous demandant quelques explications techniques. Au cours du week-end dernier, et en plein milieu des vacances de la Toussaint, l’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing a accordé une longue interview à nos confrères du Figaro. Du haut de ses 88 ans, il se permet de remettre l’église au milieu du village. « Depuis dix ans, la France, comme tous les pays de l’Europe latine, s’est laissée aller au dévergondage budgétaire », assène-t-il d’emblée avant de rappeler que « les déficits ont des conséquences invisibles sur la dette. L’opinion ne les mesure pas. Elle croit qu’il existe un trésor caché qui payera la dette ». Et l’ancien chef de l’État de prédire le pire : « Aujourd’hui, nous sommes protégés par des taux d’intérêt très bas, mais c’est provisoire. […] Le changement de la politique monétaire américaine aura des conséquences sur les taux d’intérêt exigés par les créanciers de l’État français. Ce jour-là, notre pays risque de se retrouver dans la situation qu’a connue la Grèce. Les pouvoirs publics seront conduits à demander l’aide du FMI. ».
Autant VGE n’a pas toujours fait preuve de clairvoyance en matière sociétale ou d’immigration lorsqu’il était à l’Élysée, autant peu nombreux sont ceux qui peuvent prétendre que son jugement économique n’est pas fondé. Tout jeune ministre des Finances du général de Gaulle, il avait même préparé l’instauration d’une règle d’or pour empêcher la France de tomber dans le piège de l’endettement.
Tout cela donne du crédit à ses propos lorsqu’il voit la France emprunter le chemin de la Grèce, avec une dette qui va dépasser dans les mois à venir 100 % de notre richesse nationale et des intérêts annuels qui représentent 48 milliards d’euros. Le pire sera surtout le moment où les investisseurs étrangers commenceront à prendre peur. Déjà, la semaine passée, l’un des principaux gestionnaires américains de fonds spéculatifs a annoncé qu’il vendait tout ce qu’il détenait en titres de la dette française et qu’il achetait des actions grecques !
Et encore, l’ancien président de la République est optimiste lorsqu’il déclare que ce scénario apocalyptique pourrait intervenir d’ici dix-huit mois. Tout indique qu’il devrait se produire bien plus vite. Surtout si la croissance française ne redémarre pas, si Manuel Valls est contraint de quitter Matignon, si la gauche, comme l’a reconnu François Rebsamen, demeure « en situation d’échec » et si François Hollande se refuse à renverser la table d’un État providence en faillite. Il ne lui restera plus alors qu’à rejoindre le perron de l’Élysée et à attendre l’arrivée de Christine Lagarde, directrice générale du FMI, venant lui annoncer qu’elle a accepté de prendre la France sous sa tutelle.
mercredi 24 septembre 2014
L’insupportable impunité des Femen
Elles ont été relaxées, et les gardiens de Notre-Dame condamnés. Un livre apporte la preuve que l’action de ces fanatiques était soutenue par Hollande et Valls.
Le 12 février 2013, alors que le pape Benoît XVI vient d’annoncer son renoncement à la fonction de souverain pontife, neuf Femen entrent incognito dans la cathédrale Notre-Dame de Paris en se glissant dans le flot des touristes. Leur action vise à s’attaquer bien sûr à ce haut lieu de l’Église de France mais aussi à profiter de l’exposition temporaire de trois cloches montrées au public à l’occasion du jubilé des 850 ans de Notre-Dame. La “pseudo-intellectuelle” Caroline Fourest, compagne de l’Ukrainienne Inna, chef de ces Femen, a raconté la scène dans un livre tout à la gloire de son amante. « Le convoi s’ébranle et serpente jusqu’à la nef. Au signal, les Femen se retrouvent en tenue d’Ève sous le regard affolé des paroissiens… Quatre par quatre, elles encerclent les saintes cloches et se mettent à les frapper d’un air mécanique (en hurlant) “Pope no more, homophobe, dégage !” » La police avait constaté sur procès-verbal des éclats de plus d’un centimètre sur le dessus de la cloche Marcel (baptisée du nom de saint Marcel), recouvert de feuilles d’or. Si bien que Me Delvolvé, agissant pour le compte du recteur de Notre-Dame, avait demandé 7 176 euros de dommages et intérêts pour les réparations et 10 000 pour l’atteinte portée au libre exercice du culte.
Bien sûr, Charlie Hebdo, le Nouvel Observateur ou le Huffington Post d’Anne Sinclair s’enthousiasment devant un tel blasphème, le jour même où était adopté à l’Assemblée nationale le projet de loi sur le mariage homosexuel. Ces organes de presse ont oublié que la Déclaration des droits de l’homme institue en préambule le respect de la liberté de croyance pour chaque citoyen. Ils préfèrent parler de la manière dont les gardiens de la cathédrale ont expulsé le commando et de prétendues violences.
L’affaire a finalement été examinée mercredi 10 septembre par le tribunal correctionnel de Paris. Le même qui avait envoyé en prison un jeune participant pacifique aux manifestations contre le mariage homosexuel. Et la justice de Mme Taubira a relaxé sans état d’âme les neuf membres du groupe féministe. Le parquet et le recteur de Notre-Dame de Paris ont immédiatement fait appel de ce jugement insupportable, qui constitue une insulte de plus à l’égard de tous les croyants. C’est Joseph Thouvenel, le passionné représentant du syndicat CFTC, qui a le mieux résumé l’exaspération de millions de Français en jugeant « incompréhensible la condamnation de trois gardiens de la cathédrale de Paris par le tribunal correctionnel. Ces salariés, dans l’exercice de leurs fonctions et conformément à leur contrat de travail, ont été contraints d’intervenir au sein d’un édifice religieux pour faire cesser un “happening” sauvage, violent, grossier et insultant pour les croyants. La CFTC ne doute pas un instant de l’excellent accueil que recevront dans le futur tous ceux qui organiseront des “happenings sauvages” au sein du tribunal correctionnel sur le thème : “Les mécontents niquent la justice” ».
Comment dans un pays laïc peut-on en arriver là ? Comment des millions de catholiques peuvent-ils être agressés impunément dans ce qu’ils ont de plus intime, leur foi ? Comment les pouvoirs publics peuvent-ils encourager ce climat d’exaspération qui va faire redescendre dans la rue des centaines de milliers de familles ? La même Caroline Fourest, dans l’hagiographie consacrée à sa compagne, donne quelques clés pour mieux comprendre ce qui se passe depuis deux ans et demi. Alors qu’avec ses amies, si peu recommandables, elles agressaient un cortège de La Manif pour tous, elles se sont fait arrêter par les forces de l’ordre au point de se retrouver dans un “panier à salade”. À peine cinq minutes ont eu le temps de s’écouler avant qu’elles reçoivent un appel de Manuel Valls sur le portable de Caroline Fourest. « Il vient aux nouvelles, raconte-t-elle, en demandant “Vous êtes arrêtées ? ”, avant d’ajouter : “J’appelle le préfet et je me renseigne, conclut celui qui est alors ministre de l’Intérieur. » Curieusement, une fois arrivées au commissariat, elles sont toutes libres.
Mais le plus incroyable, c’est que pendant que le car de police roule, Caroline Fourest reçoit un SMS de François Hollande. « Il s’inquiète de l’agression et me soutient. J’en profite pour lui mettre la pression. Ce qu’il promet. » Quelle duplicité de la part de celui qui est le garant des institutions, de la séparation des pouvoirs et de la liberté de culte. Avec ce livre, les Femen ont signé leur crime : la christianophobie qui les fait vivre, le terrorisme qu’elles exercent et leur goût pour le blasphème sont soutenus par l’Élysée et par celui qui est aujourd’hui premier ministre. Tout cela n’excuse pas le jugement du 10 septembre. Mais cela le rend encore plus insupportable.
jeudi 11 septembre 2014
Les Français, la boue et le dégoût
Comme l’injure est l’arme des faibles, la boue est devenue cette infamie dont sont recouverts aujourd’hui tous ceux qui ne se conforment pas aux canons de la bien-pensance.
Manuel Valls a résumé mercredi dernier la sensation qui gagne tous les Français à une vitesse vertigineuse. « J’ai le sentiment depuis quelques jours, a déclaré le premier ministre,qu’il y a une forme de boue qui est en train de nous gagner. Nous éprouvons, tout comme nos compatriotes, une forme de dégoût. » Le chef du gouvernement a utilisé deux mots très justes. Celui de boue et celui de dégoût. Comme l’injure est l’arme des faibles, la boue est devenue cette infamie dont l’on vous couvre aujourd’hui dès que vous ne vous conformez pas aux canons de la bien-pensance officielle. Pour avoir été banquier chez Rothschild, Emmanuel Macron ne cesse de recevoir des seaux de boue sur la figure. Et les socialistes comme la presse de gauche parlent de lui en le qualifiant de banquier et non pas de ministre. Il ne manquerait pas grand-chose pour que le journal Libération, si prompt à faire la morale, ajoute le qualificatif de “juif” à celui de banquier, de manière à mieux le stigmatiser.
Pour avoir évoqué un truisme, c’est-à-dire la nécessité de mieux contrôler la situation des chômeurs afin de lutter contre la fraude, François Rebsamen, le ministre du Travail et de l’Emploi, a eu le droit, lui aussi, à des tombereaux de boue. Et quoi qu’il dise à l’avenir, le voilà à jamais considéré comme l’ennemi des chômeurs, donc de la gauche, donc de la morale.
Et que dire du premier ministre lui-même, qui doit s’excuser chaque jour d’avoir dit qu’il aimait les entreprises. Si lui-même a tenu à exprimer son indignation à l’égard de cette « forme de boue qui est en train de nous gagner », c’est parce qu’il en a assez d’avoir affaire à une gauche sectaire, idéologue et archaïque, qui préfère foncer dans le mur en klaxonnant plutôt que d’assumer l’inéluctable virage social-libéral.
Comme Laurent Fabius en son temps, comme Pierre Bérégovoy ensuite, comme Michel Rocard enfin, tous ceux qui ont tenté de moderniser la gauche, de lui faire assumer la social-démocratie, et surtout de la mettre aux prises avec la réalité mondiale ont fini cloués au pilori et recouverts de cette boue avec laquelle se complaisent les dévots de la lutte des classes, les grands prêtres de la gauche tendance Germinal et une presse aux ordres. Manuel Valls commence d’ailleurs à comprendre que plus courte sera son expérience à Matignon, moins il risque de voir son avenir compromis, et son image de réformateur mise à mal. D’autant que le voilà désormais entraîné dans la chute de François Hollande.
Il y a cette boue qui remplit l’actualité, à un moment où les Français auraient besoin de signes de confiance collective. Il y a aussi ce sentiment de dégoût évoqué par le premier ministre. Dégoût à l’égard d’une ex-première dame qui étale dans les caniveaux ce qui devait rester privé et qui fait passer la vengeance d’une femme trompée devant le respect dû à l’autorité de la fonction présidentielle. Dégoût à l’égard d’un François Hollande qui ressort de ce déshabillage public telle une sorte de misanthrope traitant les pauvres de « sans-dents », préférant les palaces à la fréquentation de ses congénères, et par ailleurs incapable de prendre la moindre décision sans l’aide d’une armée de conseillers plus ou moins recommandables. Dégoût à l’égard de la nomination-démission d’un secrétaire d’État qui n’a pas déclaré ses revenus depuis trois ans. Ce qui ne l’empêchait pas de s’indigner contre la fraude fiscale et de faire partie de la commission d’enquête sur l’affaire Cahuzac. Une attitude d’autant plus insupportable à l’heure où tombent les avis d’impôt, et que l’intéressé place sous le coup de la « négligence ».
Il y a ce dégoût enfin que les lecteurs de Valeurs actuelles, et au-delà toute une multitude de Français de bon sens, ont ressenti à la suite du déluge de haine et de boue dont notre journal a été la victime pour avoir dénoncé l’idéologie et le sectarisme de la nouvelle ministre de l’Éducation nationale. Plus notre journal voit ses ventes progresser (lire ci-dessous), plus il est vomi par ceux-là mêmes qui s’autoproclament les hérauts de la bien-pensance. Comme disait Chateaubriand : « Il faut être économe de son mépris, tant il y a de nécessiteux. »
samedi 2 août 2014
L’été de la chienlit
Le désordre est partout. Dans les rues. Au gouvernement. En économie avec des indicateurs catastrophiques. Et sur le plan sociétal avec une immigration galopante.
Nous voilà déjà à cheval entre juillet et août. C’est-à-dire en plein coeur de l’été. À un moment où les grandes villes sont désertées par les vacanciers qui vont oublier leurs soucis sur les plages, dans nos campagnes, à la montagne, voire à l’étranger. Les parlementaires ont arrêté leurs travaux il y a tout juste une semaine. Quant aux ministres, ils se réuniront une dernière fois lundi prochain, avant de partir eux aussi en vacances. Tout est donc réuni pour que le pays plonge comme chaque année dans la torpeur estivale.
Mais tel n’est pas le cas. Paris et plusieurs grandes villes sont devenues le lieu de guérillas urbaines où les propalestiniens viennent provoquer, tous les trois jours, les forces de l’ordre. Après les scènes surréalistes des manifestations interdites de Barbès et de Sarcelles, le pouvoir se montre incapable de contenir cette “intifada française”. C’est une chose que de proscrire un rassemblement. C’en est une autre que de faire respecter cette interdiction. Samedi dernier, place de la République à Paris, on comptait 2 000 représentants des forces de l’ordre face à 1 500 propalestiniens de tout acabit. Et malgré cela, Paris a été le théâtre des mêmes scènes d’émeute, de jets de projectile et de cassages organisés.
Comment en serait-il autrement, lorsque le premier ministre et son ministre de l’Intérieur ont la peur au ventre devant ces islamistes fanatisés, et redoutent une escalade de la violence ? Comment pourrait-on assister à un autre spectacle lorsque, quelques jours plus tôt, une manifestation de soutien à la Palestine, autorisée cette fois, était suivie par une trentaine de parlementaires socialistes ? Comment arrêter cette dramatique montée des communautarismes quand, au cours de ce défilé, des slogans clairement antisémites ont été hurlés, sans que cela ne provoque la moindre gêne des proches du pouvoir présents dans le cortège ?
Il y a un an, au moment de la “manif pour tous” contre le projet de loi Taubira, Jacques Attali croyait avoir vu défiler « le fascisme en loden ». Mais que l’on brûle le drapeau d’Israël dans les rues de Paris et que l’on crie “mort aux juifs” sur l’esplanade des Invalides ne semblent pas émouvoir nos politiques, nos intellectuels et toutes les éminences de la République. Devant un tel spectacle, le général de Gaulle n’aurait eu que trois mots à la bouche : « La chienlit, non ! » Et tout ce petit monde serait rentré chez lui, quitte à ce que les forces de l’ordre montrent vraiment les dents.
Le problème, c’est que la chienlit ne s’observe pas seulement sur les pavés parisiens, au rythme de l’escalade du conflit israélo-palestinien. Elle se remarque au sein même du gouvernement. Le 14 juillet dernier, François Hollande assurait, urbi et orbi, que la France tiendrait ses engagements européens en matière budgétaire, « car nous sommes un grand pays ». Jusqu’à ce que l’on apprenne, il y a quelques jours, que Manuel Valls allait entamer une tournée des capitales européennes afin de convaincre nos partenaires de nous accorder un nouveau délai (le troisième en deux ans).
Le chef de l’État a eu beau s’indigner que Pierre Gattaz, le patron des patrons, juge que la France est dans un état « catastrophique ». Elle l’est bien. Les derniers chiffres du chômage, le baromètre de la confiance des chefs d’entreprise et surtout l’indice Markit évoquant une « contraction de l’activité » au troisième trimestre sont là pour montrer que la reprise, si chère à François Hollande, s’éloigne à chaque fois qu’il en parle. C’est donc bien aussi la chienlit sur le plan politique et économique pour que le premier ministre contredise celui qui l’a nommé et humilie son pays en allant quémander à Berlin, Bruxelles, Rome, Madrid ou Londres un nouveau délai pour notre objectif de réduction du déficit budgétaire.
Machiavel écrivait : « On ne doit jamais laisser se produire un désordre pour éviter un conflit ; car on ne l’évite jamais, on le retarde à son désavantage. » Aujourd’hui le désordre est là. Il est partout. Le désordre des rues. Le désordre du communautarisme. En attendant, à la rentrée, le désordre social. Mais aussi le désordre politique avec un président inapte à présider, un premier ministre qui n’en fait qu’à sa tête, et des députés socialistes qui n’en peuvent plus de se faire insulter lorsqu’ils retournent dans leurs circonscriptions. Le désordre économique avec des gouvernants incapables de tenir parole. Le désordre sociétal enfin avec cette immigration galopante à laquelle le gouvernement s’apprête à ouvrir encore plus grandes les portes du pays. Toute cette chienlit sape la confiance de chacun d’entre nous dans l’avenir. Jusqu’à ce que la droite décide enfin de s’atteler à la reconquête du pouvoir.
lundi 7 juillet 2014
Ce patron qui crève à petit feu
La France des invisibles. Tout est cul par-dessus tête en France: le fonctionnement de l’État, la façon dont sont soutenues les entreprises et les priorités dans l’usage des fonds publics.
Parmi les très nombreux courriers que les lecteurs ont la gentillesse de m’adresser chaque semaine, il y a une lettre qui est tout de suite sortie du lot ces derniers jours. Écrite par une habitante de Troyes, cette missive visait à m’alerter sur la situation dramatique que connaît depuis quelques semaines un maître verrier local. Issu d’une famille où cette profession est exercée de père en fils, il est le dernier de cette lignée. C’est un artisan d’art dont les principaux clients sont l’État, à travers le service des Monuments historiques, et les collectivités territoriales, qui ont la maîtrise d’ouvrage de gros chantiers. Alain Vinum, puisque tel est son nom, est à la tête d’une petite entreprise qu’il s’échine à préserver en travaillant comme un forcené avec des journées interminables et des nuits sans sommeil. Car depuis que la gauche est au pouvoir, la plupart des chantiers de restauration de cathédrales et de vitraux médiévaux ont été stoppés. Habitué à travailler dans des conditions difficiles, Alain Vinum s’en était jusque-là toujours sorti, en courant inlassablement après l’argent que l’État lui devait. Son but n’était pas de faire des bénéfices à tout prix mais d’abord et avant tout de maintenir un savoir-faire, dont il est l’un des derniers dépositaires. Voilà pourquoi notre homme ne se payait que 1 000 euros par mois, soit deux fois moins que ses employés. Mais depuis deux ans, plus rien ne tourne rond. Les commandes n’arrivent plus, l’État se fait tirer l’oreille pour payer. Si bien que notre maître verrier, qui employait 10 salariés en 2010, n’en a plus que deux aujourd’hui. Et à l’automne 2013, ayant à faire face à de graves problèmes de trésorerie, il a opté pour la procédure de sauvegarde, qui gèle les poursuites d’éventuels créanciers. Sauf qu’en début de semaine dernière, après une lourde journée de travail, il a regardé l’état de son compte en banque, à quelques jours de faire la paye. Et il a constaté qu’il n’avait plus un euro en caisse après une saisie faite par le Trésor public pour récupérer un peu de TVA non versée. Depuis, Alain Vinum se voit fini. Il ne sait pas comment expliquer à ses employés que son entreprise est à bout, à cause d’un passif de 67 000 euros. Il ne sait pas leur expliquer que cet État socialiste, qui dit vouloir donner la priorité aux PME, l’a tué deux fois. D’abord en gelant ses commandes. Ensuite en le privant de compte en banque pour un prélèvement dérisoire de TVA. Il sait d’autant moins leur expliquer qu’il y a quelques années, ce même État, qui le fait crever aujourd’hui, lui avait décerné le titre rare d’Entreprise du patrimoine vivant. Alain Vinum, pour qui le vitrail représente toute une vie, une histoire familiale, un savoir-faire unique en France, n’entend pas se laisser abattre par une bureaucratie stupide qui a droit de vie et de mort sur une PME et sur ses salariés. Visitant un jour la cathédrale d’York, qui est le plus grand édifice gothique d’Europe du Nord, il a été frappé par l’inscription laissée sur un pilier par un tailleur de pierres : « Toujours recommencer ». Et comme dans le poème de Rudyard Kipling, après avoir vu détruit l’ouvrage de sa vie, sans dire un seul mot, il entend bien sinon rebâtir, du moins ne pas sombrer. Quitte à vendre le peu qu’il a pour sauver son entreprise, ses employés et sa raison de vivre. Comme Bernard Palissy, qui, ruiné, alla jusqu’à brûler ses meubles et son parquet pour alimenter son four. Mais au-delà du cas d’Alain Vinum, qui est celui de milliers de chefs d’entreprise partout dans le pays, dont certains sont tellement désespérés qu’ils préfèrent mettre fin à leurs jours, cette histoire édifiante conduit à s’interroger sur un gouvernement qui s’apprête à dépenser 2 milliards pour ne jouer finalement aucun rôle dans le nouvel Alstom, qui vient de s’offrir 14 % du capital de PSA Peugeot Citroën — qui n’en demandait pas tant — et qui, dans le même temps, laisse crever des milliers de petites entreprises (63 000 l’an passé, un chiffre record). Voire même qui précipite leur disparition en les harcelant sur les plans fiscal, social et administratif. L’exemple édifiant d’Alain Vinum vient nous rappeler à quel point tout est cul par-dessus tête dans notre pays : la façon dont fonctionne l’État, la manière dont sont soutenus ceux qui créent des emplois et les priorités qui président à l’usage des fonds publics. Ce n’est pas de cette France que nous voulons, mais d’un pays où les valeurs de mérite, de talent et de responsabilité constituent l’alpha et l’oméga de la vie économique. Et qui, au lieu de faire crever ses plus belles PME, les mettrait en valeur, leur accorderait des commandes prioritaires et surtout les laisserait vivre (ou survivre) en paix.
P.-S. : si vous souhaitez aider ce chef d’entreprise exemplaire à sortir de cet enfer, merci de me contacter à l’adresse suivante : kerdrel@valmonde.fr
dimanche 22 juin 2014
Quand la droite s’occupera de la droite
Le problème de l’UMP, c’est que ses nouveaux leaders sont obsédés par le centre quand ses électeurs veulent une ligne politique claire, nette et réellement à droite.
Depuis dimanche soir l’UMP n’a plus un chef, mais trois. C’est-à-dire qu’elle est dépourvue d’un leader capable de porter haut et fort la voix d’une opposition ferme face aux délires de la majorité socialiste. Pour s’en convaincre, il suffit de voir de quelle manière l’inique réforme pénale de Mme Taubira a été votée par les députés, sans qu’aucun ténor de l’opposition fasse valoir les dégâts inimaginables que va produire ce texte, en laissant en liberté les auteurs de délits graves, fussent-ils des récidivistes.
Nous vivons un étrange paradoxe. Jamais la gauche n’a été moribonde à ce point. Jamais elle n’a fait l’objet d’une telle défiance de la part de tous les Français, comme en ont témoigné les récentes élections municipales et européennes. Jamais elle n’a été aussi décrédibilisée, en raison de l’absence de résultats, notamment dans le domaine économique. À tel point que même Manuel Valls n’a pas hésité à parler du risque de disparition de la gauche et François Hollande de sa « possible sortie de l’Histoire ». Et dans le même temps, jamais la droite n’a été aussi absente des enjeux économiques et sociétaux qui menacent notre pays. Jamais elle n’a été aussi inaudible, à cause de ses propres affaires, à cause de sa guerre des chefs, à cause surtout de son absence de ligne politique.
Et ce n’est pas parce que trois anciens premiers ministres, ayant atteint l’âge de la retraite, ont fait une OPA sur le principal parti de droite que tout va s’éclaircir brutalement. D’abord, parce que, entre eux, les couteaux sont déjà tirés. Ensuite, parce que leur seul dénominateur commun se résume en trois mots : tout sauf Sarkozy. Enfin, parce qu’ils ont tous les trois une vision différente de ce qu’attend l’immense peuple de droite. Alain Juppé ne pense qu’à une alliance avec le centre et a pris ses distances avec l’UMP au point de n’avoir pas participé au conseil national lors duquel le parti a adopté son projet économique et social, le 25 janvier dernier. François Fillon ne raisonne qu’en termes de revanche, après avoir été le premier ministre le plus “absent” de toute la Ve République. Quant au libéral Jean-Pierre Raffarin, il est le seul à bénéficier du bon sens des vrais terriens, mais sa préoccupation se limite, hélas, à obtenir, en septembre prochain, la présidence du Sénat.
Tout le problème de la droite française se résume dans l’excellente formule du député Thierry Mariani : « L’UMP souffre de strabisme divergent : une grande partie de ses dirigeants regarde vers le centre alors que ses électeurs regardent vers la droite. » Et ce strabisme va s’accentuer avec le bannissement de la ligne décomplexée qu’incarnait Jean-François Copé et qui a pourtant permis le raz-de-marée historique des dernières élections municipales. Les trois “pachas” qui ont pris le pouvoir à l’UMP sont atteints de ce strabisme.
Leur problème n’est pas tant de regarder vers le centre — c’est une maladie historique de la droite française — que de refuser de comprendre les préoccupations des électeurs. Ceux-ci ne sont pourtant pas compliqués. Ils veulent simplement qu’on leur parle de la patrie et d’un État qui assume enfin ses fonctions régaliennes (la police, la défense, la justice, l’éducation, voire la santé), plutôt que de s’occuper de leur mode de vie. Ils souhaitent une droite qui n’ait pas honte de brandir ces valeurs incontournables que sont le travail, le mérite, la réussite, la liberté, le progrès grâce au génie humain, la propriété, la famille, le droit à la vie, le respect des aînés et la richesse de la différence. Ils désirent enfin une droite qui n’ait pas peur de parler des dangers du communautarisme qui gangrène le corps social français, qui se préoccupe vraiment de l’immigration, clandestine ou pas, qui se soucie de l’assimilation des étrangers vivant légalement sur notre territoire, mais qui n’ait aucun état d’âme avec tous ceux qui refusent notre culture, brûlent notre drapeau, crachent sur nos institutions et sèment la terreur dans des zones de non-droit, estimées désormais à 650 dans toute la France.
C’est parce que la droite est incapable d’aligner enfin son regard sur les vraies préoccupations de ses électeurs naturels que certains d’entre eux sont attirés, nolens, volens, par le Front national. Et nul ne saurait les vilipender, les moquer ou les ignorer au motif qu’ils ont été déçus par une droite qui n’a jamais eu le courage de s’assumer et qui, à chaque fois qu’elle a été au pouvoir, a toujours eu la main qui tremblait. Mais le parti de Marine Le Pen affiche lui aussi son vrai visage. Celui d’une officine clanique, où les haines recuites, les dénonciations permanentes et les discours contradictoires devraient l’amener à s’autodétruire, pour finir au magasin des accessoires.
samedi 14 juin 2014
Ils débarquent par milliers…
L’Europe, libérée en 1944, est devenue une pompe aspirante pour une nouvelle invasion, pacifique mais impossible à absorber par nos États providence en faillite.
En fin de semaine dernière, les gardes-côtes italiens ont secouru plus de 1 000 clandestins au large de l’île de Lampedusa. Trois frêles esquifs transportant respectivement 94, 580 et 400 immigrés ont reçu l’aide de plusieurs vedettes militaires. Côté maltais, la marine a porté assistance à 103 immigrants, dont 13 femmes et un bébé, qui risquaient de se noyer après que leur bateau pneumatique se fut dégonflé. Quelques jours plus tôt, les autorités italiennes avaient déjà annoncé être venues à l’aide, en vingt-quatre heures, de quelque 2 500 migrants qui tentaient la traversée de la Méditerranée à bord de 17 bateaux. Tous ces hommes et femmes décharnés, qui ressemblent à s’y méprendre aux éclaireurs du “camp des saints”, décrits par le romancier Jean Raspail il y a quarante ans, sont partis des côtes de Libye. Ils sont pour la plupart originaires d’Érythrée et de Syrie, ainsi que des pays les plus pauvres d’Afrique. Il y a une dizaine de jours, plus de 1 000 migrants subsahariens ont tenté de franchir la frontière séparant le Maroc de Melilla, lors d’un des assauts les plus massifs depuis 2005. Environ 400 seraient parvenus à entrer, après avoir traversé le Sahara, prenant tous les risques jusqu’à cette dernière frontière grillagée, de 7 mètres de haut et 11 kilomètres de long, qui forme un demi-cercle autour de la ville espagnole de Melilla, sur la côte nord du Maroc.
Au moment même où l’Occident a célébré, avec faste, le 70e anniversaire du débarquement des forces alliées en Normandie, nous voilà confrontés, dans un drôle d’effet de miroir, à d’autres chaloupes transportant des milliers de personnes qui viennent chercher l’espoir, la vie et la liberté. Peut-on en même temps célébrer ce qui s’est passé lors du “jour le plus long” et ne pas venir en aide à des hommes et des femmes qui fuient la guerre, la persécution, les haines ethniques, la famine et la mort programmée ? Bien sûr que non. Mais en même temps, comme le dit un personnage du roman de Jean Raspail chargé d’endiguer ce flot de migrants, nous savons tous que « leur destin est tragique mais, par voie de conséquence, le nôtre ne l’est pas moins ».
Nos dirigeants sont soumis à la fois à cette fameuse éthique de conviction décrite par Max Weber et à l’éthique de responsabilité. La première les amène à chercher une issue pour ces migrants ballottés par les flots. Mais de solution, il n’y en a plus, aussi bien au niveau national qu’au niveau européen. Ces réfugiés sont donc parqués dans des camps de rétention (y compris à Calais) que personne n’aurait cru voir apparaître sur ce continent libéré par les héros du D-Day il y a tout juste soixante-dix ans. Jusqu’au jour où ils finiront par s’échapper et rejoindre ainsi l’espace Schengen. Si bien qu’en France ils auront immédiatement droit à une allocation de plus de 340 euros par personne, plus les soins gratuits, plus une aide au logement. C’est ce qui explique que notre pays abrite aujourd’hui environ 350 000 immigrés clandestins. Une situation insupportable pour tous.
L’éthique de responsabilité a aussi sa place dans ce débat. Elle consiste d’une part à briser les filières mafieuses qui promettent à ces migrants une vie meilleure faite de rapines et d’allocations. La coopération européenne est encore très faible dans ce domaine. Alors qu’il s’agit bien d’un sujet multilatéral qui regroupe l’Espagne, la Grèce, Malte, l’Italie et la France. Elle réside d’autre part dans une remise à plat de nos États providence qui sont synonymes pour tous ces hommes et femmes déracinés de “terre promise”. Mais l’Europe des aides sociales est désormais à bout de souffle. Faut-il rappeler que l’Union européenne ne concentre que 7 % de la population mondiale, 25 % de la richesse produite par la planète, mais 50 % des allocations en tout genre prodiguées aux uns et aux autres. Ces chiffres absurdes, et financièrement intenables, montrent à quel point l’Europe libérée par les GI en 1944 est devenue une pompe aspirante pour une nouvelle forme d’“invasion”. Une invasion certes pacifique, mais impossible à gérer, car menée par des populations qui ne souhaitent pas s’intégrer. Dans ces conditions, parce qu’il s’agit de l’avenir de notre civilisation, il faut arrêter de faire preuve de naïveté et d’une béatitude chère aux bien-pensants de la gauche caviar. Bien sûr, il convient de tout faire pour venir en aide à ceux qui sont sur le point de se noyer à quelques mètres des côtes italiennes. Mais n’oublions jamais ce que le général de Gaulle a dit à Alain Peyrefitte dès 1959 : « Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu’on ne se raconte pas d’histoires ! »
mardi 10 juin 2014
Guerre des chefs ou guère de chef ?
Voilà la droite à la recherche d’un leader. C’est-à-dire d’un patron habité par le désir de sauver la France, plutôt que d’une personnalité mue par sa seule ambition.
Une fois encore, la droite française est divisée comme jamais. Une ténébreuse affaire de fausses factures, dont l’UMP a été la victime (et non la bénéficiaire), a servi de prétexte aux caciques du parti pour exiger le départ de Jean-François Copé. Comme ils n’avaient jamais accepté que ce tenant des positions droitières de l’UMP accède à la tête de la Rue de Vaugirard, ils se sont livrés à leur délit de faciès avec une violence rare. Et, pour remplacer ce quinquagénaire, qui avait à son actif une formidable victoire électorale aux dernières municipales, le bureau politique du parti a décidé, en contradiction totale avec les statuts de l’UMP, de porter à sa tête un triumvirat composé d’anciens premiers ministres dont la moyenne d’âge est supérieure à 64 ans.
Il y a donc aujourd’hui au moins cinq patrons au sein de la droite parlementaire. Alain Juppé qui veut être président de la République, François Fillon qui veut accéder à l’Élysée, Jean-Pierre Raffarin qui veut être président du Sénat, François Bayrou la(girouette*) qui croit toujours à son destin présidentiel et Yves Jégo qui n’en revient toujours pas d’être devenu la coqueluche de Manuel Valls. Autant dire que, plus de deux ans après la victoire de François Hollande, il n’y a toujours personne pour incarner cette droite qui se cherche un leader, sinon des personnalités entrées sur la scène politique il y a plus de trente ans et motivées par leur seule ambition personnelle ou par des petites susceptibilités d’amour-propre. Et cette situation va encore durer au moins cinq mois avant qu’un congrès de l’UMP adoube un vrai “chef” porteur d’une ligne politique claire.
Ce qui est le plus frappant n’est pas tant ce qui se passe à droite, et qui n’est qu’un “remake” d’un vieux film déjà projeté au moment de la guerre Giscard-Chirac ou Chirac-Balladur, mais ce qui se passe dans tous ces lieux de pouvoir où se dessine l’avenir du pays. Cette incapacité des élites à faire émerger en leur sein un leader est d’abord apparue, il y a deux ans à Sciences Po, après la mort brutale de son directeur. Alors que tous les rouages de cette institution, dont sont issues bon nombre de personnalités du monde politique, économique ou journalistique, sont parfaitement huilés, il a fallu un an pour que la Rue Saint-Guillaume arrive à se doter d’un nouveau patron. Au même moment la CGT, qui est un élément incontournable de la vie sociale en France, connaissait exactement les mêmes difficultés. Et finalement le syndicat le plus archaïque de France a porté à sa tête un candidat que personne n’attendait, surtout pas Bernard Thibault, son ancien leader. Même syndrome au Parti socialiste où le départ de Martine Aubry a été le détonateur d’une guerre des clans impressionnante. Une guerre que François Hollande a cru calmer en plaçant, Rue de Solferino, la personnalité la plus insignifiante du parti, Harlem Désir, qui vient d’être débarqué. Même le journal le Monde, dont le magistère intellectuel continue de jouer un rôle dans la vie politique, n’a pas été épargné par cette faillite des élites. Sa directrice de la rédaction, désignée il y a un an sur un malentendu, vient d’être contrainte de quitter ses fonctions au profit d’un duo improbable.
Ce qui se passe en France se constate même au-delà de nos frontières. Puisque la présidence de la Commission européenne, qui semblait acquise au conservateur Jean-Claude Juncker, est désormais livrée au jeu des combinaisons. Le premier ministre britannique, David Cameron, ne veut pas entendre parler de ce fédéraliste convaincu. (On le comprend bien volontiers !) Mais le socialiste Martin Schultz ne dispose pas d’une majorité alternative. Si bien qu’Angela Merkel a essayé de suggérer le nom de Christine Lagarde, voire même celui du premier ministre du Danemark. Et faut-il que les chefs d’État européens soient bien embarrassés par cette absence de leadership, dont le vieux continent a déjà souffert avec José Manuel Barroso, pour penser avoir éventuellement recours au très insignifiant Michel Barnier.
L’époque semble donc être devenue peu propice à l’émergence de leaders, de personnalités capables de “soulever des montagnes”. Et comme la nature a horreur du vide, ce sont toujours les plus médiocres qui profitent de cette situation. Napoléon, qui n’a pas connu ce type de problème, a dicté à Las Cases, dans sesMémoires : « On ne conduit le peuple qu’en lui montrant un avenir : un chef est un marchand d’espérance. » Voilà ce dont le grand peuple de droite a besoin : d’un capitaine qui lui redonne la foi et qui lui ouvre la voie. Des hommes de cette trempe, il n’y en a pas trois. Même pas deux. Peut-être un ? À condition qu’il en ait envie. Et que la droite française cesse enfin d’être la plus bête du monde !
*de moi-même
samedi 24 mai 2014
Le mammouth et le pantin
Comment penser que la droite pourra modifier quoi que ce soit en matière d’éducation, si elle revient au pouvoir, face à cette marée d’enseignants gauchistes ?
La France est-elle encore réformable ? Beaucoup, notamment à droite, affirment que oui, à force de volonté, d’audace et d’ambition collective, le pays tout entier peut se ressaisir et retrouver son prestige d’antan. Un événement insolite et mineur intervenu la semaine passée permet toutefois de douter de la capacité du corps social français à se remettre en question, ne serait-ce que dans l’intérêt du pays.
Pour la prochaine rentrée scolaire, le ministère de l’Éducation nationale avait décidé d’avancer la date de reprise des cours. Et cela avait de fait pour conséquence que les 800 000 enseignants français devaient faire leur prérentrée le 29 août. De manière à ce que tout soit prêt pour qu’ils puissent accueillir leurs élèves le lundi 1er septembre. Et bien, c’est non ! Les syndicats d’enseignants n’ont pas eu besoin de monter fortement au créneau pour que le ministre recule. Ils ont seulement déposé un préavis de grève pour cette journée du 29 août. Car comme l’a affirmé l’un des syndicalistes, « il n’est pas question de toucher au mois d’août ». L’insignifiant ministre de l’Éducation a justifié son recul par un pseudo-problème d’informatique qui ne pouvait pas prendre en compte le début d’activité de 40 000 nouveaux enseignants. Une fois encore, et comme tous ses prédécesseurs de gauche et de droite, il n’avait, en fait, pas d’autre choix que de céder face au diktat du Snes-FSU et du Snalc, les deux principaux syndicats de professeurs.
Cette affaire est triste. Elle est certes anecdotique. Et dans quelques jours plus personne n’en parlera. Mais elle constitue la démonstration la plus stupéfiante de l’incapacité à faire bouger, ne serait-ce que légèrement, le “mammouth” de l’Éducation nationale. Tous les rapports officiels, des quantités de livres et des heures de symposiums s’accordent sur la même idée. La France qui a vu son système éducatif s’effondrer au cours des trente dernières années doit impérativement repenser le logiciel global de ce qui constitue l’instruction publique. C’est devenu une question urgente dès lors que la proportion d’élèves ne sachant pas lire à l’entrée en sixième — au sens où le déchiffrement ne s’accompagne pas de compréhension — est allée croissant depuis une dizaine d’années, au point d’avoisiner les 20 %. D’après certains professeurs et principaux de collège, ce chiffre ne fait que croître et serait maintenant de près d’un tiers en troisième. Cela signifie qu’un futur lycéen sur trois ne comprend pas un texte ou un énoncé de problème qu’on lui soumet. Ne parlons même pas des dégâts en matière de culture générale et du pitoyable niveau des Français en langues étrangères.
Tout cela doit constituer la priorité d’un ministre de l’Éducation nationale. Surtout à un moment où la gauche nous rabâche en permanence les vertus de Jules Ferry, chantre de l’école obligatoire et gratuite pour tous. Au lieu de cela, Benoît Hamon ne se préoccupe que des rythmes scolaires qui ont perturbé l’hygiène de vie de centaines de milliers d’enfants et les finances de toutes les communes, petites ou grandes, dans des conditions parfois dramatiques. Et le voilà maintenant plus soucieux de plaire aux syndicats d’enseignants que de faire revenir sur les bancs de l’école nos chères têtes blondes. Ce n’est pas de cette manière que la France va pouvoir entamer la reprise en main de son système d’éducation. Ce n’est pas ainsi que les pouvoirs publics vont parvenir à imposer des changements de méthode à des enseignants largement syndicalisés. Bref, le “mammouth” a peu de chances d’évoluer en poursuivant de cette manière, avec son administration tellement pléthorique que c’est le seul ministère à ne pas pouvoir indiquer le nombre de ses fonctionnaires. Et les 40 000 enseignants en panne d’affectation, qui restent chez eux tout en étant payés, peuvent être certains de ne pas être dérangés de sitôt.
Après ce spectacle pitoyable donné par Benoît Hamon, comment penser que la France puisse encore être réformée, sauf à donner un grand coup de pied dans la fourmilière ? Comment penser que la droite pourra modifier quoi que ce soit, si elle revient au pouvoir, face à cette marée d’enseignants gauchistes élevés au lait de Mai 68 ? Comment penser que l’intérêt des enfants pourrait enfin prévaloir sur celui de leurs professeurs qui sont de plus en plus nombreux et produisent chaque année plus d’enfants en échec scolaire ? Il reste bien une méthode que Nicolas Sarkozy avait mise en avant au début de sa campagne présidentielle de 2012 : celle d’un grand référendum destiné à enjamber l’obstacle de tous ces corps intermédiaires qui veulent surtout que rien ne change. Il faudra bien y venir. Déjà en 1806, écrivant au roi de Naples, Napoléon avait prévenu : « On ne change et réforme pas les États avec une conduite molle. »
vendredi 16 mai 2014
C’est aux Français de redessiner la France
Quoi qu’en pensent nos dirigeants socialistes, seuls les Français pourront dire s’ils sont d’accord pour redessiner la carte de France et donc… la carte électorale.
Chacun connaît cette exclamation du général de Gaulle : « Comment voulez-vous gouverner un pays où il y a 365 sortes de fromages ? » Aujourd’hui, l’un des principaux handicaps de la France, ce n’est plus seulement son camembert ou sa fourme d’Ambert, mais son mille-feuille territorial, avec ses 36 682 communes, ses 4 055 cantons, ses 342 arrondissements, ses 101 départements et ses 27 régions, sans compter les intercommunalités et les métropoles.
Chacun, à droite comme à gauche, est d’accord sur deux points essentiels. D’une part, cette structure administrative héritée de la Révolution n’a plus aucun sens aujourd’hui. D’autre part, cette superposition d’échelons crée à la fois des pesanteurs et des doublons dont le coût annuel est estimé dans une fourchette comprise entre 12 et 25 milliards d’euros.
Manuel Valls, qui a eu l’occasion d’apprécier les folles dérives des différentes lois de décentralisation lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, a pu prendre la mesure des gisements d’efficacité, d’économie et de simplification que recèle la carte de France, à condition de la redessiner de manière intelligente.
Tout serait resté simple si François Hollande, dans son intervention du 6 mai sur RMC et BFM TV, n’avait lâché le fond de sa pensée : reporter les élections régionales de 2015 à 2016 afin « d’avoir le temps » de redessiner la carte de France. La ficelle est là bien trop grosse. Et de nombreuses voix se sont aussitôt élevées pour railler cette volonté de « tripatouillage électoral », cette « entourloupe présidentielle », voire même des méthodes de « République bananière ».
Il faut dire que le socialisme municipal s’est effondré au mois de mars dernier avec la raclée monumentale des élections. D’ores et déjà, la gauche est assurée de perdre la majorité au Sénat en septembre prochain. Et les différentes simulations effectuées par les ordinateurs de la Place Beauvau attribuent, en 2015, 19 régions métropolitaines sur 22 à la droite, alors que la gauche tient aujourd’hui 21 de ces baronnies. Lorsque la droite avait envisagé un très modeste redécoupage des circonscriptions législatives, en 2009, Jean-Marc Ayrault avait déclaré sans nuance : « Il est évident qu’on n’est pas dans le cadre d’un exercice démocratique. »
Le premier ministre entend donc aller très vite sur ce sujet, parce que la loi interdit de toucher à la carte électorale moins d’un an avant une élection. Son but est de diviser par deux le nombre de régions et de « supprimer » les départements. Mais comme la Constitution (article 72) dispose que ces derniers font partie « des collectivités territoriales de la République », les rayer d’un trait de plume ne pourrait se faire sans une révision de nos institutions et donc une convocation du Congrès avec approbation par les trois cinquièmes des suffrages exprimés ou bien par un référendum.
C’est pour contourner cet obstacle que Manuel Valls a parlé de supprimer les conseils généraux, sans toucher aux départements. Le problème, c’est que cette argutie ne résiste pas à la jurisprudence de nos sages. Une décision de 1991 du Conseil constitutionnel consacrée à la Corse a rappelé que « toute collectivité territoriale doit disposer d’une assemblée délibérante élue dotée d’attributions effectives ». Donc, quoi qu’en pensent nos dirigeants socialistes, qui se méfient de plus en plus du peuple, seuls les Français pourront dire s’ils sont d’accord pour redessiner la carte de France, et en même temps la carte électorale.
Bien sûr, Manuel Valls, qui a appris à composer des majorités parlementaires spécifiques à l’époque où il travaillait aux côtés de Michel Rocard, va être tenté de trouver un accord avec des élus de droite. D’autant plus que l’UMP comme l’UDI réclament eux aussi à cor et à cri une simplification administrative du pays. Mais aucun parti n’a envie que cela se traduise par une diminution du nombre de ses élus. Le problème de la France, ce n’est pas tant ses fromages au lait de vache ou de brebis que ses innombrables fromages électoraux.
De fait, on voit mal comment François Hollande et Manuel Valls pourraient éviter un référendum s’ils veulent arriver à leurs fins. Or, comme à chaque fois, les Français voteront non pas en fonction de la question posée, mais de la popularité de celui qui la pose. Comme aurait dit Woody Allen : « Ma réponse est non. Mais au fait, quelle est la question ? » Si le président de la République veut consulter les Français, il risque non seulement de connaître une nouvelle déculottée, mais surtout d’enterrer une fois encore pour longtemps la réforme du millefeuille territorial. Malgré tout, sur ce sujet-là, plus encore que sur l’Europe, la monnaie ou la famille, rien ne saurait être fait sans que chacun puisse s’exprimer.
jeudi 8 mai 2014
Moi président déchu…
Deux ans après l’anaphore de François Hollande, il ne reste rien de toutes les promesses prononcées ce jour-là. Sinon un monarque abandonné par tous.
Moi président, j’avais déclaré que je ne serai pas le chef de la majorité et que je ne recevrai pas les parlementaires à l’Élysée. Bien sûr, je n’ai pas respecté cet engagement et je n’ai jamais pensé ce que je disais. C’est pour cela qu’après avoir nommé l’incapable Harlem Désir, Rue de Solferino, je viens de demander au trotskiste Jean-Christophe Cambadélis de reprendre en main le Parti socialiste.
Moi président, je n’ai pas traité mon premier ministre de collaborateur. Mais j’en ai fait le personnage le plus inutile de la République. J’ai saboté sa réforme de la fiscalité afin de l’affaiblir. Enfin, je l’ai sacrifié en quelques heures après les élections municipales.
Moi président, j’ai mis en place un “cabinet noir” destiné à déstabiliser mon prédécesseur. Ce qui a notamment permis au Conseil constitutionnel d’invalider le compte de campagne de Nicolas Sarkozy.
Moi président, je n’ai rien fait pour que la justice fonctionne de manière indépendante. Bien au contraire, ma garde des Sceaux a publié une directive afin que les parquets lui fassent remonter les dossiers les plus sensibles. Surtout, elle a joué un rôle déterminant, tout en le niant, dans les écoutes téléphoniques de mon prédécesseur.
Moi président, je n’ai pas eu à nommer des directeurs de chaîne de télévision. Je me suis contenté de mettre à la tête du CSA mon ami Olivier Schrameck, ancien directeur du cabinet de Lionel Jospin. Et puis j’ai offert la Caisse des dépôts sur un plateau à mon ex-secrétaire général de l’Élysée, Pierre-René Lemas. J’ai promu Dominique Voynet à l’Inspection générale des affaires sociales. Et j’ai demandé que l’État efface les 4 millions d’euros de dettes sociales du journal l’Humanité.
Moi président, j’avais fait la promesse que mon comportement serait en chaque instant exemplaire. Au moment où je prononçais cette phrase, je comptais bien installer ma compagne, Valérie Trierweiler, à l’Élysée. Mais j’entretenais déjà une relation avec Mme Julie Gayet. J’ai transformé le palais présidentiel en théâtre de boulevard. J’ai abîmé la République. Et, sans aucun scrupule, j’ai fait nommer la mère de mes enfants au poste de ministre de l’Écologie.
Moi président, non seulement je n’ai pas réformé le statut pénal du chef de l’État. Mais j’ai fait en sorte que toutes les procédures me visant soient étouffées.
Moi président, j’avais promis que mon gouvernement compterait autant de femmes que d’hommes. Cette parité, j’ai chargé Najat Vallaud-Belkacem de la mettre en place là où elle n’était pas nécessaire. En revanche j’ai mis un point d’honneur à l’enlever là où elle a toute sa place, dans le couple, en instaurant le mariage homosexuel.
Moi président, j’avais promis d’établir un code de déontologie pour les ministres. Ce que je n’ai pas fait. Si bien que mon ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a été contraint de démissionner. Comme mon plus proche conseiller politique, Aquilino Morelle. Et je ne parle pas de Christiane Taubira, qui se retrouve juge et partie dans une affaire destinée à salir mon prédécesseur.
Moi président, j’avais promis que j’instaurerai le non-cumul des mandats. Mais j’ai fait en sorte qu’il n’entre en vigueur qu’en 2017, quand je ne serai plus là. J’avais aussi parlé d’un acte de décentralisation. Bien sûr, j’ai oublié cet engagement et maintenant que Manuel Valls a annoncé une division par deux des régions et une suppression des conseils généraux, mes promesses sont toutes lettre morte.
Moi président, j’ai piétiné allègrement les engagements conclus entre partenaires sociaux en laissant transposer en termes législatifs un accord paritaire totalement dénaturé par les parlementaires socialistes.
Moi président, j’ai heureusement vite oublié ma promesse d’instaurer le scrutin proportionnel dès 2017, de même que le droit de vote des étrangers. Et ce n’est pas au moment où je n’ai plus de majorité à l’Assemblée que je vais chercher à en construire une plus large encore au Congrès.
Moi président, j’avais promis que j’essaierai d’avoir de la hauteur de vue, et que j’aurai toujours le souci de la proximité avec les Français. Deux ans après mon élection, il ne reste rien de cet engagement. Je fuis désormais les Français, qui, même sur les terres de Jaurès m’insultent et me sifflent. Je ne cherche plus à voir loin. Je suis juste en survie politique. L’Élysée est devenu un théâtre d’ombres où chacun fait semblant d’exercer un rôle. Je ne suis plus qu’un monarque sans couronne, sans objet et sans sujets. Sinon des sujets de mécontentements.
Moi président, j’ai enfin réalisé à quel point Bonaparte, alors Premier consul, avait raison lorsqu’il déclarait : « Le seul crime en politique consiste à avoir des ambitions plus hautes que ses capacités. »
lundi 5 mai 2014
Si la droite arrêtait de faire semblant
À quoi bon affecter de se satisfaire de l’Europe telle qu’elle est, lorsqu’on est le premier parti de France et qu’on aspire aux plus hautes fonctions ?
Ce n’est pas parce que la droite a gagné les élections municipales qu’elle a compris ce que ses électeurs attendent d’elle. Ce n’est pas parce que l’UMP a remporté un nombre record de mairies que ce parti a décidé d’arrêter d’éluder un certain nombre de sujets sensibles pour les Français. Ce n’est pas parce que les vieux démons de la division qui rongent la droite se sont, pour l’heure, éloignés qu’il faut interdire le débat sur des idées qui fondent l’avenir de notre pays et de notre civilisation. L’immigration et la délinquance font partie de ces thèmes sur lesquels les électeurs attendent un discours plus clair des ténors de la droite. La famille, l’abrogation du “mariage pour tous” et le respect du cadre de la filiation également. Mais, pour le moment, c’est surtout l’Europe avec toutes ses dérives absurdes qui focalise l’attention des gens de droite et, au-delà, de tous les Français de bon sens. Dans moins d’un mois ils vont devoir élire des députés qui les représenteront à Strasbourg. Et ils n’entendent pas se comporter comme des “godillots”. Le bilan de la politique menée par la technocratie bruxelloise est dramatique comme l’a montré, la semaine passée, le sondage Harris Interactive réalisé pourValeurs actuelles et l’Institut Montaigne. Il est notamment terrible en matière de lutte contre l’immigration irrégulière, dans le domaine de l’emploi et, bien sûr, s’agissant de la croissance économique, à cause d’une politique monétaire inique.
Ce constat partagé par une très grande majorité d’électeurs de droite comme de gauche ne saurait être passé par pertes et profits. Le rôle des politiques, et notamment de ceux qui seront élus le 25 mai prochain, est de tenter de faire bouger cette Europe de manière à ce qu’elle réponde enfin au besoin de protection de ceux qui y habitent. Alors qu’aujourd’hui elle est devenue un motif de peur, de menace voire de régression. À côté de tous ces enjeux, la plate-forme européenne dévoilée la semaine dernière par l’UMP n’est pas seulement timide, elle est inodore, incolore et sans saveur. Une quarantaine de parlementaires, emmenés par Henri Guaino et Laurent Wauquiez, ont lancé un appel courageux pour que la droite arrête d’escamoter la question européenne. Comme ils l’écrivent : « Se résigner à inscrire la politique de la France dans le cadre d’une construction européenne à la dérive sans le changer profondément serait moralement inacceptable et politiquement intenable. »
Il n’est pas normal que, lorsque certains à droite parlent d’une sortie de Schengen, d’une refondation de l’Europe sur des bases plus réduites, d’une nouvelle politique monétaire avec un euro moins fort et d’une meilleure défense des intérêts commerciaux des Européens, ils se voient taxés de populisme. « Être un parti de gouvernement, ça veut dire être un parti responsable. Quand on est responsable de l’UMP, on ne peut pas dire n’importe quoi sur l’Europe », a affirmé Jean-François Copé à l’occasion du lancement de la campagne des élections européennes.
Mais être un parti de gouvernement, c’est aussi être à l’écoute de ses compatriotes. Sinon à quoi bon vouloir les représenter au Parlement européen. Les socialistes nous montrent chaque jour l’image d’une classe politique à bout de course, car totalement déconnectée de la sociologie du pays. À quoi bon affecter de penser tout le bien de l’Europe telle qu’elle est lorsqu’on est le premier parti de France et qu’on aspire aux plus hautes fonctions ? À quoi bon faire semblant, alors que les Français, dans une très grande majorité, voire les Européens, souhaitent une politique d’immigration restrictive, une politique commerciale protectrice et des politiques européennes spécifiques enfin efficaces, en matière d’énergie, de télécoms ou de transports ?
Il est sain que de tels débats aient lieu au sein d’une formation politique. Il est sain que certains s’expriment clairement et disent haut et fort ce que pensent leurs compatriotes plutôt que ce que l’on apprend à l’Ena. Il est sain que l’on sorte enfin des querelles de personnes dès lors que l’on débat sur des idées. Au lieu de chercher à couvrir ces discussions avec un couvercle de Cocotte-Minute, les ténors de l’UMP feraient mieux de respecter ceux qui apportent des idées nouvelles et qui cherchent des solutions concrètes aux problèmes que vivent, à travers les absurdités européennes, nos pêcheurs, nos agriculteurs, nos ouvriers, nos forces vives et nos familles. La droite s’honorerait en arrêtant de dissimuler et en étant enfin sincère avec ses électeurs. Sinon elle risque de faire le lit de candidats extrémistes.
dimanche 13 avril 2014
Une histoire de fous racontée par des idiots
La réduction des déficits n’est pas une contrainte européenne. C’est d’abord une affaire d’efficacité économique, de morale et même de souveraineté nationale.
A peine nommé ministre des Finances et des Comptes publics, Michel Sapin est allé à Berlin afin de rencontrer son homologue. Il ne s’agissait pas d’une simple visite de courtoisie ou d’un échange de bons procédés. Mais de tester le degré de résistance de nos voisins allemands à l’idée que la France puisse, une fois encore, ne pas respecter ses engagements budgétaires, et notamment le fameux seuil de 3 % du déficit par rapport au produit intérieur brut (PIB), que nous devrions, en théorie, atteindre en 2015. En fait, ce fut une discussion pleine de non-dits, puisque Michel Sapin a déclaré que la France « tiendra ses engagements » sans faire référence à la trajectoire budgétaire. Quant à son homologue allemand, Wolfgang Schäuble, il a concédé que « la France avait confirmé qu’elle avait conscience de ses responsabilités ». Tout cela ressemblait un petit peu à un alcoolique venant voir son médecin en lui disant : “Promis, j’arrête de boire demain.” Et son vis-à-vis de l’écouter, comme si c’était la vingtième promesse de cet acabit, en se disant que cela ne servait à rien de le contrarier.
En allant à Berlin, Michel Sapin espérait non seulement obtenir la bienveillance de son homologue, mais aussi qu’il use de son pouvoir d’influence à Bruxelles. Car c’est là où la partie s’annonce bien plus compliquée. Dès le 3 avril, Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, a expliqué, sans nommer de pays, que « ne pas respecter les règles communes revenait à saper la confiance envers l’euro ». Quant au commissaire européen Olli Rehn, qui vient de placer notre pays sous surveillance renforcée, il a déclaré que « si on donnait plus de temps à la France sans raison, cela créerait immédiatement un précédent pour d’autres pays membres », avant d’ajouter de manière moins diplomatique : « Il est très important de respecter les règles et de ne pas les bidouiller [sic]. »
Tout cela va naturellement compliquer la tâche de François Hollande et celle de Manuel Valls. Car, dans son allocution annonçant un changement de gouvernement, le président a souhaité à haute voix un desserrement du calendrier européen. Surtout, Manuel Valls doit affronter la grogne d’une petite centaine de parlementaires socialistes qui sont prêts à le soutenir dans la durée s’il s’engage à conclure un contrat de majorité, dont l’un des points consiste à « mettre en oeuvre des trajectoires budgétaires soutenables, compatibles avec le retour de la croissance et la baisse du chômage ». Et une fois la déclaration de politique générale et le vote de confiance passés, le premier travail du gouvernement va consister, justement, à présenter, le 15 avril, au Haut Conseil des finances publiques, la fameuse trajectoire qui sera ensuite expédiée à Bruxelles. C’est à ce moment-là que l’on en saura enfin un peu plus sur les fameux 50 milliards d’économies que le gouvernement a promis de faire dans les dépenses publiques.
Pour paraphraser Macbeth, tout cela ressemble à “une histoire de fous racontée par des idiots, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien”. Une histoire qui ne signifie rien parce que la réduction des déficits est un impératif technique et moral. Il est absurde d’arroser le désert en affichant un déficit budgétaire de 4,3 % (estimation pour 2013) si cela permet de récolter une croissance inférieure à 0,7 %. Cela signifie que plus de 3,5 points de PIB (70 milliards d’euros) sont dépensés en pure perte chaque année et viennent creuser une dette qui s’élèvera à 2 000 milliards d’euros à la fin de l’année et que nos petits-enfants devront supporter parce qu’une poignée de parlementaires sont opposés aux réformes de structure.
Elle est racontée par des idiots car, qu’il s’agisse du couple exécutif comme des députés de la gauche de la gauche, cela ne sert à rien de faire de l’Europe un bouc émissaire de cette affaire. La réduction des déficits est d’abord une affaire de souveraineté nationale. Et dire l’inverse, ce n’est pas seulement faux, mais c’est faire le jeu des extrêmes. Enfin tout cela, malheureusement, ne signifie rien, car la fin de l’histoire, on la connaît déjà. Le nouveau gouvernement va jurer la main sur le coeur qu’il entend mettre de l’ordre dans les finances publiques. Non seulement il sera aussi incapable que le précédent à réduire les dépenses, mais, en plus, le pacte de solidarité souhaité par François Hollande va considérablement réduire ses marges de manoeuvre. Voilà pourquoi, comme le disait encore Macbeth dans cette même tirade, Manuel Valls n’est qu’un « pauvre acteur qui se pavane et s’agite une heure sur la scène, et qu’ensuite on n’entend[ra] plus ».
jeudi 27 mars 2014
Le plus dur reste à faire
La claque prise par le gouvernement peut se transformer en déculottée à condition que les électeurs de la droite tranquille évitent la désunion et la démobilisation.
Qu’on le veuille ou non, c’est une défaite cuisante qu’a connue le gouvernement à l’occasion de ce premier tour des élections municipales. Cela se traduit dans les scores nationaux du Parti socialiste, en recul de 8 points par rapport aux précédentes élections de 2008, et de la gauche en général. Cela se constate dans le nombre de grandes villes qui repassent à droite après une ou plusieurs mandatures catastrophiques assumées par des socialistes. Cela ressort enfin à travers la poussée du vote protestataire : qu’il s’agisse de l’abstention très élevée, de l’importance du vote blanc ou des scores cinglants enregistrés par certaines personnalités du Front national.
Bien sûr, cela fait presque quarante ans que la majorité en place perd les élections municipales. Et François Hollande n’a pas connu d’exception à cette règle. Bien sûr, la photographie complète de ce scrutin est compliquée à établir en raison de la multiplication des listes divers droite ou divers gauche et de l’absence du Front national dans une quantité de grandes villes. Bien sûr, les fusions de listes entre les deux tours ou la probabilité d’assister dimanche prochain à de nombreuses triangulaires doivent inciter à la prudence. Il n’empêche que les Français ont témoigné de leur ras-le-bol dans des proportions bien plus importantes que prévu, y compris à Paris, montrant qu’ils n’étaient pas dupes de la politique d’enfumage menée par François Hollande et sa clique de copains et de coquins.
Coluche, qui nous manque dans cette période où le politiquement incorrect est banni, disait : « La victoire est toujours brillante puisque l’échec est mat. » Il faut, en effet, que dimanche prochain l’essai marqué par la droite se trouve largement transformé. Il faut que la gifle assenée au gouvernement au premier tour l’amène à se remettre en question. Et le plus beau des symboles serait de voir cette insupportable gauche bobo, sectaire et post-soixante-huitarde, mise à la porte de l’hôtel de ville de Paris, qu’elle a transformé en annexe du PS.
Tout dépend de vous et de vous seuls. Si vous souhaitez arrêter de voir Christiane Taubira salir la République en mentant à chaque fois qu’elle parle, en intervenant à tout bout de champ dans les procédures judiciaires, avant de mettre en place d’ici peu une réforme pénale d’un laxisme insupportable, alors il vous faut prendre vos responsabilités.
Si vous désirez que les comptes publics de la France cessent de se dégrader, que notre pays ne soit plus mis sous surveillance renforcée par Bruxelles, et que les industriels français retrouvent confiance, alors il faut envoyer un signal fort au président de la République pour qu’il mène une tout autre politique.
Si vous en avez assez d’une majorité qui déconstruit pierre par pierre les valeurs qui fondent notre civilisation, qu’il s’agisse du travail, de l’autorité, du mérite, de la famille et du respect de la patrie, alors dites-le, criez-le, et jetez votre bulletin de vote dans l’urne.
Si vous êtes révoltés de la manière dont un ancien président de la République est traqué, à coups d’écoute téléphonique, de chasse à l’homme judiciaire et policière, et de la façon dont les médias contrôlés par le pouvoir finissent par trouver cela normal, alors là encore vous avez une bonne raison de donner un carton rouge à cette gauche qui se moque comme d’une guigne des libertés publiques.
Si vous voulez marquer un coup d’arrêt à la désastreuse gestion des principales grandes villes tenues par les socialistes, qui utilisent allègrement les hausses d’impôts, les versements d’allocations à ceux qui en ont le moins besoin, et les complications volontaires imposées aux entreprises de toutes tailles, alors votez contre tous les candidats qui se réclament de l’actuelle majorité.
Pour cela, ce dimanche, il faudra éviter deux écueils : la démobilisation et la division. Ce n’est pas parce que les listes d’opposition ont fait bien mieux que prévu en ce premier tour que la victoire est assurée. Les socialistes vont avoir recours à leurs vieilles méthodes de désinformation pour tenter de rameuter les abstentionnistes et de discréditer les possibles vainqueurs de la droite tranquille. Enfin, il faut absolument que tous ceux qui ont voté pour des listes de droite non qualifiées pour le second tour rallient sans faillir et sans mollir le candidat de droite arrivé en tête. De manière à ce que la claque de dimanche dernier se transforme en déculottée pour cette gauche amorale. De manière à ce que ce gouvernement des incapables prenne la mesure de son échec et de son rejet. De manière enfin à ce que l’opposition bénéficie d’un formidable élan pour les scrutins à venir.
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