dimanche 15 juin 2014
Grève à la SNCF: La CGT reconduit le mouvement jusqu'à dimanche
L'entreprise a indiqué prévoir les mêmes conditions de trafic que ce samedi...et ce dimanche...
a grève des cheminots contre la réforme ferroviaire a été reconduite dimanche, a annoncé ce samedi la fédération CGT-Cheminots. Pour ce cinquième jour de conflit, lancé par la CGT et SUD-Rail, la SNCF a indiqué prévoir les mêmes conditions de trafic que samedi.
Le trafic ferroviaire, supérieur à un train sur deux en moyenne sur les grandes lignes, restait perturbé ce samedi, après la reconduction par les cheminots de leur grève contre la réforme ferroviaire et malgré les appels du président François Hollande et du Premier ministre, Manuel Valls, à mettre fin au conflit.
Le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon en appelle, lui, au président François Hollande pour ouvrir «de vraies négociations» dans le conflit, estimant qu'on peut «trouver une sortie de crise ce week-end», dans un entretien auParisien/Aujourd'hui de ce samedi.
Les cheminots grévistes doivent à nouveau se réunir dans la matinée de samedi pour décider ou non d'une reconduction de leur mouvement pour dimanche.
Même si la mobilisation faiblit, selon la direction de la SNCF, le trafic restera perturbé ce samedi dans les mêmes proportions que la veille. Compte-tenu de l'utilisation différente des transports publics le week-end, la SNCF a annoncé des prévisions non pas en fonction des heures de pointe connues en semaine mais sur la journée dans son ensemble.
Ainsi, pour cette quatrième journée de grève, la direction a prévu deux TGV sur trois sur l'axe Est, un sur deux sur l'axe Atlantique, quatre sur dix sur les axes Nord et Sud-Est et un sur trois sur les relations province-province.
Concernant les trains Intercités, quatre sur dix circuleront en moyenne et le trafic des TER sera de quatre trains sur dix en moyenne.
En Ile-de-France, le trafic sera d'un train sur trois en moyenne avec un service normal seulement pour le RER A. Deux trains par heure circuleront sur les RER B et D, un sur trois sur le RER E et un sur deux sur le RER C par rapport au programme prévu en raison d'importants travaux.
La circulation des Eurostar, des Thalys et des trains vers l'Allemagne sera normale, tandis que seulement un train sur trois circulera vers l'Italie et l'Espagne.
La SNCF réitère son conseil de ne voyager qu'en cas de nécessité, tout en maintenant un important dispositif d'information pour les voyageurs.
Selon la direction de la SNCF, le taux de participation à la grève a baissé de 10 points vendredi par rapport au premier jour de grève et 82% des cheminots étaient au travail. Il y a «un effritement très marqué, continu» de la participation à la grève, mais cette tendance est «moindre chez les personnels roulants», a indiqué François Nogué, DRH du groupe SNCF.
Jeudi soir, la CGT-Cheminots et SUD-Rail ont appelé les cheminots à «poursuivre et amplifier» leur mouvement, afin d'obtenir le report de l'examen par l'Assemblée nationale du projet de loi sur la réforme ferroviaire, prévu à partir de mardi. Les deux syndicat jugent ce projet «fortement néfaste pour le service public SNCF et les cheminots».
samedi 14 juin 2014
Crise de l’euro : le Parlement européen place la troïka sous contrôle
Selon les médias, une commission formée par le Parlement européen chargée de contrôler les activités de la troïka financière – Commission Européenne, Banque centrale européenne, Fonds Monétaire International – a entamé une tournée dans quatre pays à problèmes de la zone euro : Portugal, Grèce, Chypre, Irlande.
La commission a été créée suite aux évaluations négatives des recommandations de la troïka, censées faire sortir l’économie et les finances des dits Etats de la crise. Or selon plusieurs politiques et experts, ces recommandations ont aggravé leur situation. Tous les analystes ne partagent pas ce point de vue.
En juin dernier la presse européenne est allée jusqu’à évoquer une crise de la troïka elle-même. El Pais espagnol, en particulier, a cité les propos d’un haut fonctionnaire de l’UE tenus après son voyage au Portugal et en Grèce : « On peut considérer la troïka comme morte ». Les paroles du chef de la Commission Européenne José Manuel Barroso, selon lesquelles il était temps que l’Europe renonce aux services du FMI, dont les recommandations rencontrent une opposition particulièrement âpre, ont mis de l’huile sur le feu. Aussi le comité pour l’économie et les finances du Parlement européen a-t-il proposé en octobre dernier de mener une enquête sur les résultats des activités de la troïka.
D’ailleurs, les contradicteurs prétendent à leur tour qu’en l’absence de cette triple structure de contrôle les pays à problèmes de la zone euro auraient déjà connu la faillite. Ivan Rodionov, professeur à l’Ecole supérieure d’économie de Russie, estime qu’en dépit des critiques formulées par les parlementaires, les recommandations de la troïka, y compris du FMI, sont justifiées.
« En général, toute activité peut être critiquée, - dit le professeur. – D’autre part, les députés représentent une population et défendent ses intérêts, liés au taux des revenus, au taux du chômage. Et même si l’Europe sort de la crise, celle-ci se poursuit, et dans certains pays la situation est assez compliquée. On comprend donc pourquoi le FMI est constamment critiqué. Mais en son absence la situation serait tout simplement ingérable. »
Quoi qu’il en soit, le député européen de gauche Jürgen Klute estime possible d’apporter des changements aux activités prioritaires de la troïka.
« Les réformes, comment doivent-elles finalement être appliquées ? – s’est-il interrogé lors d’une interview à la radio. – C’est en fait le grand objectif que nous nous fixons. C’est-à-dire que si un jour nous avons à nouveau besoin de former une telle structure, elle devra alors fonctionner sur une base parlementaire – légalement, sous contrôle et de façon responsable. »
On apprend que les membres de la commission parlementaire n’ont pas pu se rendre à Athènes, la Grèce ayant demandé l’ajournement de ce voyage. A propos, ce pays assume depuis janvier la présidence tournante de l’UE. On ignore les motifs pour lesquels la Grèce a refusé de rencontrer les « inspecteurs » parlementaires.
Le coup de tonnerre de l’indépendance
Le contrat de vente de bateaux à la Russie a été voulu comme un argument de paix en Europe. Sur ce point, la diplomatie Hollande-Fabius poursuit celle de Sarkozy.
Au moins, la diplomatie française tient bon. « J’ai rappelé que nous étions indépendants », dit Laurent Fabius, qui a assisté aux rencontres entre Hollande et Obama, Hollande et Poutine. Un rappel qui n’est pas du goût de la présidence américaine. On a compris que Barack Obama avait des élections intermédiaires au mois de novembre ; doit-il, pour échapper à une défaite qui va lui compliquer sérieusement la fin de son mandat, rallumer la guerre froide ? Le voilà qui fait presque le parallèle entre l’annexion de la Crimée par Poutine et l’invasion de la Pologne par Hitler. Hillary Clinton, ancien chef du Département d’État et candidate à la candidature démocrate en 2016, avait déjà assimilé le comportement de Poutine à celui de Hitler. « On ne se dispute pas avec une femme », a répondu Poutine à Europe 1 et TF1 (et non pas “on ne discute pas”). La presse nord-américaine se déchaîne. Un éditorialiste du Globe and Mail dénonce une « cinquième colonne de Poutine », en présentant la droite européenne, et notamment les Français, comme des agents de l’ennemi.
Le 5 juin dernier, jour de l’arrivée de Barack Obama à Paris, le Wall Street Journal titre en page une : « La France pousse sa vente de navires de guerre » — sous-entendu : à la Russie. Comme si la France menaçait la paix du continent. Or, c’est rigoureusement le contraire : ce contrat a été voulu comme un argument de pacification de l’Europe. Un point sur lequel la diplomatie de François Hollande, dirigée par Laurent Fabius, poursuit la politique de Nicolas Sarkozy, et pour les mêmes motifs.
Cela remonte à l’été 2008, quand la Russie et la Géorgie entrent en conflit et que Sarkozy prend l’initiative d’une médiation qui aboutit à un cessez-le-feu. Mais ce plan a besoin d’être consolidé. Sarkozy rencontre donc Dmitri Medvedev (alors président de la Russie, Poutine étant dans son ombre) à Moscou, puis à Évian, le 8 octobre, en marge de la World Policy Conference. C’est là que le Français propose au Russe de lui vendre, en contrepartie de la paix, ce que les chantiers navals français font de mieux et de moins cher, en matière de navire de transport d’assaut : le bâtiment de projection et de commandement (BPC) de la classe Mistral.
Un bateau de 21 000 tonnes qui fait l’admiration de la marine russe parce qu’il peut tout faire : transporter des chalands de débarquement, des blindés, des hélicoptères, plusieurs centaines d’hommes. La Marine nationale en exploite alors deux (le Mistral et le Tonnerre) ; depuis, elle en a trois (avec le Dixmude). On ouvre une négociation. Deux ans après, en juillet 2010, Sarkozy annonce aux 2 000 ouvriers des chantiers de Saint-Nazaire qu’ils vont en construire deux pour les Russes, qui en fabriqueront deux autres à leur tour. Le 17 juin 2011, le contrat de 1,2 milliard d’euros est signé à Saint-Pétersbourg en marge d’un forum économique.
Au même moment, nos deux BPC démontrent leurs capacités en Méditerranée durant la guerre contre Kadhafi. Or déjà, les Américains font savoir leur hostilité à cette vente. Il n’y a pourtant de crise ni en Ukraine ni ailleurs. Question de principe : les Français en font trop, et trop librement. « La guerre froide est terminée, réplique Sarkozy, le temps est venu de considérer la Russie comme un pays ami et de réfléchir avec elle à la constitution d’un vaste espace de sécurité et de prospérité… »
Ce climat se dissout dans le chaos ukrainien et la prise de gage russe en Crimée. Obama monte sur ses grands chevaux, décide que Moscou doit être sanctionné, qu’un embargo sur les livraisons d’armes doit lui être appliqué et que les Français devraient donc casser leur contrat sur les Mistral ! Or, c’est la seule carte dont dispose la France pour se faire entendre. Fabius est d’autant plus fougueux dans ses déclarations pro-ukrainiennes qu’il veut amener Poutine à plus de conciliation grâce au contrat des bateaux. En même temps, que doivent les Français à Obama ? Il les a très vite laissé tomber lors de l’engagement en Libye ; il les a plaqués au moment où leurs avions étaient prêts à décoller pour aller punir Bachar al-Assad ; et il les a regardés intervenir au Mali et en Centrafrique…
Quand Barack Obama vient présenter, le 3 juin, à Varsovie, son « initiative » de renforcement de la sécurité sur le continent en disant aux Européens : “Allez-y, renforcez-vous”, les Français le prennent au mot : “Alors, laissez-nous faire.” Fabius confirme (sur iTélé et Europe 1) que les Mistral seront livrés et que les marins russes sont attendus à Saint-Nazaire ce mois-ci pour s’y entraîner. Les Américains voudraient-ils faire payer cette indépendance par BNP Paribas ? Là aussi, il y a une négociation en cours sur le traité transatlantique. L’indépendance appelle la réciprocité.
Ils débarquent par milliers…
L’Europe, libérée en 1944, est devenue une pompe aspirante pour une nouvelle invasion, pacifique mais impossible à absorber par nos États providence en faillite.
En fin de semaine dernière, les gardes-côtes italiens ont secouru plus de 1 000 clandestins au large de l’île de Lampedusa. Trois frêles esquifs transportant respectivement 94, 580 et 400 immigrés ont reçu l’aide de plusieurs vedettes militaires. Côté maltais, la marine a porté assistance à 103 immigrants, dont 13 femmes et un bébé, qui risquaient de se noyer après que leur bateau pneumatique se fut dégonflé. Quelques jours plus tôt, les autorités italiennes avaient déjà annoncé être venues à l’aide, en vingt-quatre heures, de quelque 2 500 migrants qui tentaient la traversée de la Méditerranée à bord de 17 bateaux. Tous ces hommes et femmes décharnés, qui ressemblent à s’y méprendre aux éclaireurs du “camp des saints”, décrits par le romancier Jean Raspail il y a quarante ans, sont partis des côtes de Libye. Ils sont pour la plupart originaires d’Érythrée et de Syrie, ainsi que des pays les plus pauvres d’Afrique. Il y a une dizaine de jours, plus de 1 000 migrants subsahariens ont tenté de franchir la frontière séparant le Maroc de Melilla, lors d’un des assauts les plus massifs depuis 2005. Environ 400 seraient parvenus à entrer, après avoir traversé le Sahara, prenant tous les risques jusqu’à cette dernière frontière grillagée, de 7 mètres de haut et 11 kilomètres de long, qui forme un demi-cercle autour de la ville espagnole de Melilla, sur la côte nord du Maroc.
Au moment même où l’Occident a célébré, avec faste, le 70e anniversaire du débarquement des forces alliées en Normandie, nous voilà confrontés, dans un drôle d’effet de miroir, à d’autres chaloupes transportant des milliers de personnes qui viennent chercher l’espoir, la vie et la liberté. Peut-on en même temps célébrer ce qui s’est passé lors du “jour le plus long” et ne pas venir en aide à des hommes et des femmes qui fuient la guerre, la persécution, les haines ethniques, la famine et la mort programmée ? Bien sûr que non. Mais en même temps, comme le dit un personnage du roman de Jean Raspail chargé d’endiguer ce flot de migrants, nous savons tous que « leur destin est tragique mais, par voie de conséquence, le nôtre ne l’est pas moins ».
Nos dirigeants sont soumis à la fois à cette fameuse éthique de conviction décrite par Max Weber et à l’éthique de responsabilité. La première les amène à chercher une issue pour ces migrants ballottés par les flots. Mais de solution, il n’y en a plus, aussi bien au niveau national qu’au niveau européen. Ces réfugiés sont donc parqués dans des camps de rétention (y compris à Calais) que personne n’aurait cru voir apparaître sur ce continent libéré par les héros du D-Day il y a tout juste soixante-dix ans. Jusqu’au jour où ils finiront par s’échapper et rejoindre ainsi l’espace Schengen. Si bien qu’en France ils auront immédiatement droit à une allocation de plus de 340 euros par personne, plus les soins gratuits, plus une aide au logement. C’est ce qui explique que notre pays abrite aujourd’hui environ 350 000 immigrés clandestins. Une situation insupportable pour tous.
L’éthique de responsabilité a aussi sa place dans ce débat. Elle consiste d’une part à briser les filières mafieuses qui promettent à ces migrants une vie meilleure faite de rapines et d’allocations. La coopération européenne est encore très faible dans ce domaine. Alors qu’il s’agit bien d’un sujet multilatéral qui regroupe l’Espagne, la Grèce, Malte, l’Italie et la France. Elle réside d’autre part dans une remise à plat de nos États providence qui sont synonymes pour tous ces hommes et femmes déracinés de “terre promise”. Mais l’Europe des aides sociales est désormais à bout de souffle. Faut-il rappeler que l’Union européenne ne concentre que 7 % de la population mondiale, 25 % de la richesse produite par la planète, mais 50 % des allocations en tout genre prodiguées aux uns et aux autres. Ces chiffres absurdes, et financièrement intenables, montrent à quel point l’Europe libérée par les GI en 1944 est devenue une pompe aspirante pour une nouvelle forme d’“invasion”. Une invasion certes pacifique, mais impossible à gérer, car menée par des populations qui ne souhaitent pas s’intégrer. Dans ces conditions, parce qu’il s’agit de l’avenir de notre civilisation, il faut arrêter de faire preuve de naïveté et d’une béatitude chère aux bien-pensants de la gauche caviar. Bien sûr, il convient de tout faire pour venir en aide à ceux qui sont sur le point de se noyer à quelques mètres des côtes italiennes. Mais n’oublions jamais ce que le général de Gaulle a dit à Alain Peyrefitte dès 1959 : « Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu’on ne se raconte pas d’histoires ! »
Très chers intermittents…
Très chers intermittents…
Les revendications des intermittents du spectacle sont comme les hirondelles… Toutes deux reviennent au printemps. Quand les charmants volatiles envahissent nos campagnes, les intermittents préfèrent le feu des projecteurs et les caméras. Après s’être invités à la cérémonie des César, avoir interrompu le journal télévisé sur France 2, envahi le plateau du Grand Journal à Cannes, occupé l’opéra de Saint-Étienne, retardé la représentation de la Traviata à l’Opéra-Bastille, perturbé la cérémonie des Molière, forcé à annuler la Nuit des publivores à Toulouse et plusieurs spectacles lors du Printemps des comédiens, puis manifesté un peu partout en France, les voilà plus remontés que jamais alors que s’approche la saison des festivals.
Les intermittents, qui bénéficient déjà d’un régime spécial, manifestent aujourd’hui contre un accord signé le 22 mars entre le patronat et FO, la CFDT et la CFTC. Confrontés aux dérives d’un régime qui représente 3,5 % des allocataires et dont le déficit se situe entre 320 millions et 1milliard d’euros suivant les rapports, les partenaires sociaux ont décidé de plafonner les indemnités mensuelles à 5 475 euros, d’augmenter les cotisations et de créer un délai de carence. La première modification concerne peu de monde ; en revanche, la totalité des intermittents sera touchée par les deux autres mesures.
Pour désamorcer ce conflit à quelques jours de l’ouverture du Festival d’Avignon qui avait dû être annulé en 2003 — les intermittents demandent justement le retour aux conditions d’avant 2003, plus favorables —, le gouvernement a nommé le député PS Jean-Patrick Gille comme médiateur. Effrayés par le jusqu’au boutisme des grévistes, les directeurs de théâtres et de festivals supplient aujourd’hui Manuel Valls de revenir sur l’accord : « Agréer la convention en l’état relèverait d’une provocation au regard de la situation sociale de notre pays et de son niveau de chômage. Ce serait une erreur, voire une faute, à la veille des festivals d’été qui font le rayonnement international de notre pays. » Grave erreur… Quel crédit national et international donner en effet à un gouvernement qui cède sur tout ? Il serait temps que Manuel Valls démontre qu’il a (peut-être) du courage.
Mission impossible
Il manque à Manuel Valls deux conditions pour réussir : une autre conjoncture… et un autre président !
L’institution du quinquennat ayant placé le chef de l’État en première ligne, celui du gouvernement a progressivement perdu la fonction de fusible que la Constitution gaullienne lui assignait. C’est un avantage pour les ambitieux, qui peuvent ainsi se constituer un matelas de popularité personnelle sans craindre de devoir “sauter” quand le président a besoin de se refaire une santé…
L’ennui est qu’avec un François Hollande descendu sous la barre des 20 % d’opinions favorables, l’actuel premier ministre est comme aspiré par le maelström d’impopularité qui engloutit l’Élysée ! Au point qu’on peut se demander si Manuel Valls ne se prend pas à espérer que le chef de l’État lui serve un jour de fusible… Ce qui serait le monde à l’envers !
Lisez l’enquête que nous consacrons cette semaine au « pschitt » qu’a constitué son premier trimestre d’action : si Manuel Valls n’est évidemment pas responsable de tout — à commencer par l’inquiétante spirale déflationniste —, il n’est pas douteux qu’en politique intérieure, sa principale faiblesse s’appelle… François Hollande !
Le premier ministre peut bien jouer le “garde du corps”, nul n’est dupe de sa posture, comme le souligne Raphaël Stainville, qui rappelle la filiation politique entre Manuel Valls et Michel Rocard. À vouloir se mesurer avec François Mitterrand, Rocard, certes, avait échoué… Mais qui oserait comparer Hollande à Mitterrand ?
Va-t-on mettre en prison les maires réfractaires ?
Va-t-on mettre en prison les maires réfractaires ?
Après le « mariage » homo, puis la réforme pénale, c’est maintenant sur la question des rythmes scolaires que le pouvoir socialiste fait preuve du pire dogmatisme soixante-huitard. Alors que parents et élus locaux ne cessent de souligner le caractère néfaste de cette réforme, le nouveau ministre de l’Education, Benoît Hamon, a mis très sérieusement en garde jeudi les maires qui n’appliqueraient pas les nouveaux rythmes scolaires contre un choix « parfaitement illégal » qui leur vaudrait d’être « condamnés ».
Les préfets en « commissaires politiques »
Invité sur France Info, le ministre a en effet déclaré : « Je vois mal des maires s’entêter dans une posture comme celle-ci. C’est parfaitement illégal, ils seraient condamnés comme tel ». Avant d’ajouter : « Les préfets exerceront le contrôle de la légalité. »
Il a eu beau expliquer que cette réforme n’était pas « une lubie de l’institution scolaire », on retrouve bien là le dogmatisme idéologique dont le gouvernement avait déjà fait preuve face aux maires opposés au « mariage » homo. Et le ministre nous ressert le discours habituel des soixante-huitards sur « le temps des adultes » qui doit s’achever au profit du « temps des enfants », les prétendus« bénéfices pour les élèves (...) de cette réforme dans les années à venir », ou encore met en avant les études de soi-disant « spécialistes de l’enfance » qui ont raconté tellement d’inepties depuis des années que plus personne ne les écoute sauf le gouvernement. Voilà en effet plus de quarante ans que l’enfant est « au cœur de la pédagogie », que l’on bricole les emplois du temps, et tout cela pour un résultat toujours plus lamentable.
À la schlague
Coûts exorbitants, manque d’effectifs, désorganisation totale et, surtout, enfants perturbés et plus fatigués qu’auparavant : la plupart des communes qui ont fait cette année l’expérience de ces nouveaux rythmes scolaires ne s’en sortent plus. Ainsi, à Belfort, 77, 51 % des parents et enseignants de 17 écoles maternelles et 15 écoles élémentaires consultés par la mairie en mai dernier exigeaient le retour à la semaine de quatre jours. « Un raz-de-marée » qui a poussé le député-maire UMP de la ville, Damien Meslot, à proposer la création d’un « collectif national des villes qui sont entrées en résistance » contre l’application de la réforme.
A Marseille, où Gaudin accuse le gouvernement « d’autisme » dans sa manière « d’imposer brutalement et sans concertation un décret », la mairie souligne que cette réforme va coûter à la ville 25 millions d’euros « qui ne seront pas compensés par l’aide promise par l’Etat » et nécessiteront « une augmentation des impôts locaux au prochain budget ». Mais rien n’y fait : le recteur de l’académie, Ali Saïb, assurait jeudi que la réforme s’appliquerait tout de même à la rentrée !
Et contrairement à ce que voudrait nous faire croire le gouvernement, cette levée de boucliers n’est pas fomentée par l’UMP. Témoins : les deux requêtes contre la réforme examinées mercredi par le Conseil d’Etat qui avaient été déposées, l’une par l’Association autonome des parents de l’école Emile-Glay de Montigny-lès-Cormeilles, l’autre par la fédération Sud-Education, et dont on attend – sans optimisme – le résultat pour les prochaines semaines.
Mais, aux abois après ses deux récentes déroutes électorales, ne représentant plus que quelques pour cent de Français, souffrant d’une impopularité inédite sous la Ve République, ce pouvoir n’a plus guère que la schlague pour gouverner.
La grève… à bon train
La grève… à bon train
Deux jours de grève. Et peut-être plus ! La mobilisation cheminote contre la réforme ferroviaire va bon train. Devant la « galère » imposée aux « usagers » pris en otage, la tentation serait grande de condamner sans ambages les syndicats les plus virulents. Encore faudrait-il qu'ils soient les seuls responsables des blocages du dialogue social. C'est loin d'être le cas, si l'on veut bien prendre en compte les faiblesses coupables du gouvernement dans l'adversité, et l'incapacité du législateur à concevoir, consensuellement, des réformes lisibles sur la durée, répondant en outre à l'intérêt général.
Hélas, les idéologies, les corporatismes et les immobilismes syndicaux interdisent toute adaptation aux évolutions du monde moderne. François Hollande, qui en appelait à un grand « compromis social » débouchant sur des réformes « justes et équilibrées », a, là aussi, essuyé un revers. L'accord du 11 janvier 2013 sur la compétitivité et la sécurisation de l'emploi avait laissé entrevoir une évolution. Elle n'a pas résisté à la tenace survivance des conservatismes.
Il n'est pas étonnant de voir la CGT à la tête de la contestation sociale des cheminots (avec Sud Rail) et des intermittents du spectacle, au nom de ses intérêts « boutiquiers ». La centrale entend réaffirmer son leadership radical après avoir noté la progression des syndicats réformistes aux dernières élections professionnelles. D'où la mobilisation farouche contre la réforme ferroviaire. Devant cette situation épineuse, c'est peu dire que le gouvernement n'a pas fait preuve de beaucoup de courage.
Il a dit « entendre » et « comprendre » les inquiétudes des cheminots, avec cette bienveillance qu'il accorde plus facilement à cette « clientèle » qu'à d'autres catégories de salariés moins protégés. Là se situent les limites des réformes dans la justice, surtout conditionnées par le pouvoir de nuisance des protestataires. Les concessions faites hier par Frédéric Cuvillier, secrétaire d'État aux Transports, font figure de prime à la grève. Et, en tout cas, elles engagent, avant son examen à l'Assemblée, la grande réforme ferroviaire sur une voie bien plus étroite que prévu.
vendredi 13 juin 2014
Intermittents : une culture syndicale
« Nous ne voulons pas revivre 2003 », a écrit le Syndicat professionnel des producteurs, festivals, ensembles et diffuseurs indépendants de musique. 2003 et ses festivals d’été en capilotade du fait des mouvements de protestations des intermittents du spectacle. Le message ne s’adresse pas aux intermittents mais au gouvernement : à lui d’arranger les choses, de préserver leur statut en revenant sur la nouvelle convention d’assurance chômage qui mécontente les acteurs et les techniciens de la scène.
Mais 2003 n’a-t-il pas déjà recommencé ? Le Printemps des Comédiens (Montpellier) a ouvert le 3 juin, ira-t-il jusqu’au 29 ? Les annulations s’enchaînent. Un spectacle de Jane Birkin, Gainsbourg, poète majeur, était programmé pour le 22 juin, mais la chanteuse et comédienne l’a annulé pour afficher son soutien aux intermittents. Réelle compassion ou façon de prendre les devants tout en cumulant quelques points de démagogie ?
La direction du Printemps des Comédiens n’arrive pas à prendre la décision d’annuler carrément le festival. Elle ne veut ni blesser les intermittents ni être responsable financièrement. Les annulations de festivals, c’est entendu, sont dommageables sur le plan économique. Sur le plan culturel aussi, mais pas systématiquement. Ainsi les trois représentations (11, 12 et 13 juin) de Golgota Picnic sont passées à la trappe : merci qui ? Merci la CGT.
Montpellier contamine Toulouse où le festival Rio Loco devait se dérouler ces jours-ci (11-15 juin). Rio Loco, festival des musiques du monde, est certainement « composite et cosmopolite », mais plus tellement « rendez-vous incontournable » puisque les grèves d’intermittents provoquent l’annulation des spectacles les uns après les autres. En fait de musiques du monde, on n’entend guère que la grosse musique syndicale. La coordination syndicale a emboîté le pas au festival de Montpellier, « parce que Toulouse est un pilier de la lutte et que la solidarité est nécessaire ».
Aparté, ou didascalie : les intermittents salariés de Rio Loco s’étaient prononcés pour le maintien des concerts… mais le blocage leur a été imposé par des intermittents de la coordination qui ne travaillent pas pour ce festival. Ah, les ficelles de la comédie syndicale !
Sur le pont d’Avignon
Forts de ces précédents montpellierains et toulousains, les artistes, régisseurs et techniciens du festival d’Avignon (4-27 juillet) ont écrit à François Rebsamen et à Manuel Valls pour les avertir qu’ils se mettront en grève si le gouvernement agrée l’accord du 22 mars signé par le patronat et trois syndicats (CFDT, FO et CFTC).
Le directeur du festival, Olivier Py, a commenté cette prise de position : « Moi, je n’ai pas le droit d’interdire la moindre grève. Je me battrai pour qu’il n’y ait pas de grève, bien évidemment, parce que je crois que les conséquences pour le festival seraient absolument dramatiques voire fatales. » Pauvre Olivier Py ! On l’avait entendu pleurer entre les deux tours des municipales : en cas d’élection d’un maire Front national, le festival n’aurait d’autre solution que de quitter la ville. Grâce à ses amis intermittents, le festival d’Avignon risque tout bonnement de quitter la scène. Effet pervers d’une culture syndicale pour laquelle Olivier Py, n’en doutons pas, montrera beaucoup de compréhension.
L’opium des peuples
Attention ! La consommation excessive de football peut nuire gravement à la santé. L'avertissement n'est pas superflu au moment où s'ouvre le Mondial 2014 au Brésil, avec la bénédiction du Christ Rédempteur de Rio de Janeiro nous tendant les bras. Le foot est bel et bien devenu le nouvel opium des peuples. Et l'on ne croit pas si bien dire. Comme s'il ne suffisait pas des nuits blanches de ceux qui vont se « shooter » aux dribbles du Brésilien Neymar, les autorités annoncent une consommation record de cocaïne pendant l'épreuve, pour le plus grand bonheur des narco-trafiquants. Le Brésil pourrait ainsi devenir (aussi) le pays champion du monde de la consommation de drogue.
Tout cela ajoute à la démesure d'un événement qui s'inscrit dans l'escalade des compétitions sportives modernes. Nous sortons des JO d'hiver de Sotchi, qui furent les plus chers de toute l'histoire de l'olympisme avec 26 milliards d'euros, pour entrer dans le Mondial le plus dispendieux de tous les temps avec 8,5 milliards d'euros (trois fois plus que l'édition sud-africaine de 2010).
Ces dépenses faramineuses, inconsidérément encouragées par les instances sportives, ne rendent que plus insupportables les déficits démocratiques ou sociaux des pays organisateurs. Plus que jamais, le sport est utilisé par les potentats au pouvoir comme élément « agrégateur » de leurs populations en difficulté ou comme instrument de propagande et de réhabilitation d'image. Ainsi les grands rendez-vous sportifs planétaires sont-ils désormais dévolus aux appétits des plus offrants (Poutine pour Sotchi) ou aux largesses des plus corrupteurs (le Qatar pour le Mondial de 2022).
Sauf que la coupe pourrait être bientôt pleine. L'hypermédiatisation des compétitions offre une tribune universelle aux contestataires. Au Brésil, la peinture des arènes est encore trop fraîche pour maquiller les souffrances du peuple qui réclame des transports, des hôpitaux, des écoles ou des logements, plutôt que des stades. Après tout, faut-il se désoler que le foot cesse d'être une drogue dure ? Même au Brésil !
OVERDOSE DE BÊTISE, OVERDOSE MÉDIATIQUE, LES DEUX MAMELLES DE CE SPORT DE MILLIONNAIRES.
jeudi 12 juin 2014
Les origines
Les origines
Les hommes, leurs dirigeants surtout, ne cessent pas de se tromper et d’entraîner l’humanité dans les ténèbres. L’histoire n’est faite que de folies, d’aberrations, d’imbécillités des décideurs qui causent le malheur de la multitude. Voyez les événements d’Irak en ce moment, le chaos, la désintégration d’un pays, la prise du nord du pays par les Jihadistes, résultat de l’intervention occidentale en 2003 destinée à "faire triompher la démocratie". Tout est ainsi, si l’on se retourne un peu vers le passé, avec par exemple l’absurde guerre franco-allemande de 1870, Napoléon III et Bismarck, d’où partent les malheurs du XXème siècle, la lente marche vers la guerre de 1914-1918, forgée d’aveuglement en aveuglement, qui conduit au génocide (non dit) de la jeunesse européenne, l’idiotie et la lâcheté et des occidentaux dans les années 1920-1930, le traité de Versailles, le pacifisme et le renoncement qui entraînent le monde dans l’abîme. Aujourd’hui, tout est pareil, la bêtise paraît maîtresse et guide de ce monde. Cette emprise de la crétinerie sur l’histoire, en dehors de rares exceptions, donne le vertige. L’infime minorité des personnes lucides et clairvoyantes – jamais celles que l’on croit sur le moment – est ignorée, condamnée au silence ou au ridicule. Pour tenir le coup, ne pas sombrer dans le cynisme ou le désespoir, il est parfois utile de relativiser de prendre du recul. Je lis en ce moment un livre magnifique, Les origines de Karl Ferdinand Werner (Fayard, 1984), dont un passage amène à réfléchir sur la fragilité et le caractère éphémère de la condition humaine : "Du point de vue de l’immensité chronologique, qu’il faut considérer pour l’histoire de notre globe, rappelons que l’âge de la matière est estimé à environ 20 milliards d’années. Pour rendre intelligible cette infinité du temps, on peut la comparer à une seule année témoin. Avec un âge d’environ 4,5 milliards d’années, la terre apparaît ainsi au mois d’octobre de cette "année de l’univers", la vie vers le 20 décembre et l’homme le 31 décembre vers 23 heures. L’ère chrétienne représente un peu plus de trois seconde de cette année témoin…" Alors que dire de nous-mêmes et de nos vies?
Le coeur en écharpe
Le coeur en écharpe
Il est heureux que les championnats du monde de natation ne se déroulent pas actuellement. Sinon Mme Vallaud-Belkacem, qui est ministre des sports et a l’esprit d’à-propos, aurait offert à chaque membre du gouvernement un maillot de bain. A charge pour lui de le porter afin d’aider les Français dans cette compétition. C’est du moins la conception qu’elle se fait de l’action de l’Etat dans les rencontres internationales. Elle a ainsi gratifié les ministres d’une écharpe tricolore en signe de soutien à l’équipe de France de foot. L’idée d’un foulard est d’autant plus maligne que le Brésil n’est pas réputé pour la rigueur de son climat et qu’en France la saison chaude va commencer. Au fond peu importe du moment que le patriotisme est démontré de manière aussi fine et délicate.
L'intelligence est au pouvoir !!
La grève à la SNCF reconduite pour jeudi
La grève à la SNCF, qui provoque d'importantes perturbations mercredi en France, a été reconduite pour jeudi par les assemblées générales de cheminots à l'appel des syndicats opposés au projet de réforme ferroviaire.
L'entreprise prévoit cependant une "amélioration significative" du nombre de trains en circulation jeudi, avec un TGV et un TER sur deux en moyenne, contre un sur trois en moyenne mercredi.
L'Ile-de-France, où transitent 3 millions d'usagers chaque jour, va rester "le point plus difficile", avec un train sur trois en moyenne, a indiqué Patrick Ropert, directeur de la communication.
Face à l'ampleur du mouvement, le secrétaire d'Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, qui devait recevoir initialement une partie des syndicats jeudi, a avancé la réunion à mercredi soir, l'élargissant à toutes les organisations représentatives.
"Toutes les organisations syndicales seront reçues dès ce soir pour un tour d'horizon, pour expliciter l'enjeu de cette réforme. Nous poursuivrons les négociations demain matin", a-t-il dit dans les couloirs de l'Assemblée nationale.
"Si nous ne faisons rien, c'est l'avenir même du ferroviaire qui est en cause (...). Des marges de manoeuvre existent, nous ne souhaitons pas sacrifier les services publics à la concurrence", a-t-il ajouté.
Le projet de loi sur la réforme ferroviaire sera examiné par les députés à partir du mardi 17 juin.
"RÉFORME INDISPENSABLE"
Le mouvement reconductible a débuté mardi soir à l'appel de la CGT, Sud Rail, FO et First, qui s'opposent au projet prévoyant le rapprochement sous une même holding de la SNCF et de RFF, le gestionnaire du réseau ferré.
Selon la SNCF, le taux de grévistes sur l'ensemble du réseau s'établissait mercredi à la mi-journée à 27,84%. Mais pour la CGT, ces chiffres sont "volontairement erronés" et "plus d'un cheminot sur deux participe à la grève".
Selon la CGT et FO, la grève a été reconduite partout jusqu'à jeudi 19h00.
Les quatre organisations engagées dans la grève réclament le retour à la situation prévalant avant 1997, à savoir la réunification de la SNCF et de RFF au sein d'un seul et même établissement public, et la reprise de la dette ferroviaire de 40 milliards d'euros par l'Etat.
Frédéric Cuvillier a défendu une réforme "indispensable" pour "moderniser, pour simplifier la SNCF, pour lui donner plus de force" et résorber son désendettement, dans la perspective de l'ouverture du rail à la concurrence d'ici 2019.
L'Unsa a refusé de prendre part dans l'immédiat à la grève, disant attendre le résultat des entretiens avec le ministre avant d'envisager de rejoindre le mouvement et a déposé par précaution un préavis de grève pour le 17 juin.
La CFDT, qui n'a pas non plus appelé à la grève, devait être également reçue en fin de journée avant l'Unsa.
La situation était tendue aux abords des grandes agglomérations françaises car la grève à la SNCF se double d'un mouvement des chauffeurs de taxis qui ont entrepris des "opérations escargot" pour protester contre la concurrence "déloyale" des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC).
CES CHIENS NE PENSENT QU'A EUX, NE VOUS LAISSEZ PAS FAIRE, REFUSEZ LES CONTRÔLES, INSULTEZ-LES, C'EST TOUT CE QU'ILS MÉRITENT CES ÉGOISTES.
Commentaire de Thinos mon derniergarçon de 7 ans.
mercredi 11 juin 2014
Réponse à Alain de Benoist sur le monothéisme et la tolérance
Cher Alain, vous avez donné à Boulevard Voltaire un entretien portant sur l'intolérance des monothéismes. Vieux thème autrefois développé par Ernest Renan, qui en avait eu l'idée en lisant Spinoza et que le GRECE, en ce temps là a souvent repris. Pour mesurer la naïveté renanienne il suffit de consulter son article Paganisme dans les Nouvelles études d'histoire religieuse, par exemple p. 15 : "De là cette merveilleuse liberté qui permit à l'esprit grec de se mouvoir spontanément dans toutes les directions, sans jamais rencontrer autour de lui la limite d'un texte révélé". Merveilleuse liberté au nom de laquelle on tua Socrate comme... athée, parce qu'il ne croyait pas aux dieux de la Cité.
Vous mettez sans doute toutes sortes de bémols aux vieilles exclusives. Ainsi dites-vous avec profondeur et le véritable respect de l'autre qui vous caractérise : "Personnellement, j’irai jusqu’à contester l’usage indistinct du mot « religion » pour qualifier toutes sortes de formes différentes d’engagement spirituels, de croyances ou de fois". Je suis tout à fait d'accord et je comprends tout ce que vous, vous voulez dire par là. Quant à moi, j'ajouterais, sur un registre légèrement différent : la religion n'est pas toujours une vertu. Comme le dit le Père Laberthonière quelque part, il existe aussi un vice de religion.
Cela étant posé, en toutes lettres, c'est au monothéisme que vous imputez un nouveau type d'intolérance : l'intolérance religieuse. Mais l'intolérance religieuse est vieille comme la religion, c'est le vice de religion que je viens d'évoquer, ce que doit signifier d'ailleurs la vieille histoire de Caïn et Abel, qui, parce qu'ils ne priaient pas Dieu de la même façon, se sont trouvés opposés, jusqu'à la mort. Je cite Caïn et Abel. Mais l'intolérance religieuse, ce sont les sacrifices humains sur les Hauts lieux de Canaan ou dans les Pays Aztèques. C'est le tribut humain livré chaque année au Minotaure, car la religion grecque comme l'a montré ER Dodds n'est pas exempte de cette violence. Voyez Ajax, la tragédie de Sophocle : Athéna, jalouse, rend fou ce pauvre Ajax (c'est l'até, la folie divine) et le pousse à se suicider. La theia moira n'est pas forcément clémente. Les dieux ne sont pas toujours bons. et ils se jouent des hommes, tout en légitimant les violences humaine par la violence divine (c'est l'histoire de la Guerre de Troie, où l'on crie Gott mit uns des deux côtés et où la théomachie surplombe et légitime les conflits humains). La violence a souvent été complice du sacré, comme l'a montré René Girard. Et ce n'est pas le monothéisme qui a inventé cela. Le problème du polythéisme, c'est que, à travers cette théomachie, cette guerre des dieux, on est bien obligé de constater qu'il ne parvient pas à poser la valeur universelle de l'être humain : si vous n'avez pas les mêmes dieux, vous n'avez pas la même valeur, vous n'êtes rien.
Quant à la tolérance des païens, les chrétiens l'ont expérimentée à leurs dépens, en trois siècles de martyrs. Il y a eu des martyrs dès le début et partout dans l'Empire, je pense, au-delà des apôtres à propos desquels on peut invoquer un dessein divin spécial, à saint Polycarpe à Smyrne ou à saint Justin à Rome. Les gens de Smyrne et les gens de Rome ne se sont pas donnés le mot entre 155 et 165 : ils ont spontanément manifesté leur vraie nature : intolérante. Il y en a un qui l'a éprouvé bien avant Jésus-Christ, il était monothéiste, mais à sa manière : il croyait à une loi unique pour tous les hommes : Socrate, condamné pour athéisme, parce que les dieux de la Cité ne lui suffisaient pas pour penser l'unité de l'humanité. Je pense aussi à Celse, ce grand ennemi des chrétiens que vous faisiez naguère profession d'admirer : quel vieux con ! Quel intolérant ! Il déteste les cultes orientaux et ajoute foi à l'anthropophagie des chrétiens, interprétant ainsi l'eucharistie d'une manière bien téméraire. Mais surtout, pour lui, les hommes au loin sont des sous-hommes. Ils peuvent être immolés à la gloire de Rome...
Non seulement l'intolérance religieuse ne remonte pas au monothéisme, mais c'est un monothéisme, le christianisme, qui invente la tolérance. Pourquoi ? Parce que contrairement au polythéisme, le christianisme est un universalisme. Les hommes sont tous concernés, qu'ils le sachent ou non, par la passion du Christ. On ne peut donc les traiter comme des sous-hommes, même si on en aurait bien envie, même s'il est arrivé que des chrétiens conservent quelque chose du vieil exclusivisme païen. Il faut penser une attitude intermédiaire, qui est d'ailleurs celle de Dieu d'après l'Evangile : "Il fait briller son soleil sur les bons et sur les méchants". La parabole du bon grain et de l'ivraie représente comme une thématisation explicite d ela tolérance évangélique. Attention ! Cette tolérance n'a rien à voir avec l'indifférence. Il est vrai que les chrétiens essaieront toujours de convertir ceux qui ne le sont pas (sous peine de ne plus être chrétiens que de nom). Je ne dis pas que tous les chrétiens ont les défauts du prédicant baptiste, mais je dis que le salut de leurs frères leur importe et que d'une manière ou d'une autre, ils se considèrent comme des témoins de la foi véritable.
Mais n'est-ce pas de l'intolérance cela ?
Le mot tolérance a changé de sens Lorsque Cajétan ou Suarez le théorisaient aux deux bouts du XVIème siècle, il signifiait ce que porte son étymologie : un devoir de supporter l'erreur au nom de la dignité de celui qui est dans l'erreur. Mais aujourd'hui la tolérance, c'est l'agnosticisme obligatoire et la non-pensée comme apothéose de l'esprit. Quiconque affirme quelque chose dans l'ordre de la destinée humaine, devient pour cela, un intolérant. Il est bien évident cher Alain, que ni vous ni moi ne pouvons admettre cette tolérance-là qui mène droit à ce que vous vous avez appelé la pensée unique. Qu'est-ce que la pensée unique sinon l'impossibilité de penser, érigée en loi ? Fausse tolérance puisqu'elle engendre la plus terrible intolérance, celle de la non-pensée.
Vous mettez sans doute toutes sortes de bémols aux vieilles exclusives. Ainsi dites-vous avec profondeur et le véritable respect de l'autre qui vous caractérise : "Personnellement, j’irai jusqu’à contester l’usage indistinct du mot « religion » pour qualifier toutes sortes de formes différentes d’engagement spirituels, de croyances ou de fois". Je suis tout à fait d'accord et je comprends tout ce que vous, vous voulez dire par là. Quant à moi, j'ajouterais, sur un registre légèrement différent : la religion n'est pas toujours une vertu. Comme le dit le Père Laberthonière quelque part, il existe aussi un vice de religion.
Cela étant posé, en toutes lettres, c'est au monothéisme que vous imputez un nouveau type d'intolérance : l'intolérance religieuse. Mais l'intolérance religieuse est vieille comme la religion, c'est le vice de religion que je viens d'évoquer, ce que doit signifier d'ailleurs la vieille histoire de Caïn et Abel, qui, parce qu'ils ne priaient pas Dieu de la même façon, se sont trouvés opposés, jusqu'à la mort. Je cite Caïn et Abel. Mais l'intolérance religieuse, ce sont les sacrifices humains sur les Hauts lieux de Canaan ou dans les Pays Aztèques. C'est le tribut humain livré chaque année au Minotaure, car la religion grecque comme l'a montré ER Dodds n'est pas exempte de cette violence. Voyez Ajax, la tragédie de Sophocle : Athéna, jalouse, rend fou ce pauvre Ajax (c'est l'até, la folie divine) et le pousse à se suicider. La theia moira n'est pas forcément clémente. Les dieux ne sont pas toujours bons. et ils se jouent des hommes, tout en légitimant les violences humaine par la violence divine (c'est l'histoire de la Guerre de Troie, où l'on crie Gott mit uns des deux côtés et où la théomachie surplombe et légitime les conflits humains). La violence a souvent été complice du sacré, comme l'a montré René Girard. Et ce n'est pas le monothéisme qui a inventé cela. Le problème du polythéisme, c'est que, à travers cette théomachie, cette guerre des dieux, on est bien obligé de constater qu'il ne parvient pas à poser la valeur universelle de l'être humain : si vous n'avez pas les mêmes dieux, vous n'avez pas la même valeur, vous n'êtes rien.
Quant à la tolérance des païens, les chrétiens l'ont expérimentée à leurs dépens, en trois siècles de martyrs. Il y a eu des martyrs dès le début et partout dans l'Empire, je pense, au-delà des apôtres à propos desquels on peut invoquer un dessein divin spécial, à saint Polycarpe à Smyrne ou à saint Justin à Rome. Les gens de Smyrne et les gens de Rome ne se sont pas donnés le mot entre 155 et 165 : ils ont spontanément manifesté leur vraie nature : intolérante. Il y en a un qui l'a éprouvé bien avant Jésus-Christ, il était monothéiste, mais à sa manière : il croyait à une loi unique pour tous les hommes : Socrate, condamné pour athéisme, parce que les dieux de la Cité ne lui suffisaient pas pour penser l'unité de l'humanité. Je pense aussi à Celse, ce grand ennemi des chrétiens que vous faisiez naguère profession d'admirer : quel vieux con ! Quel intolérant ! Il déteste les cultes orientaux et ajoute foi à l'anthropophagie des chrétiens, interprétant ainsi l'eucharistie d'une manière bien téméraire. Mais surtout, pour lui, les hommes au loin sont des sous-hommes. Ils peuvent être immolés à la gloire de Rome...
Non seulement l'intolérance religieuse ne remonte pas au monothéisme, mais c'est un monothéisme, le christianisme, qui invente la tolérance. Pourquoi ? Parce que contrairement au polythéisme, le christianisme est un universalisme. Les hommes sont tous concernés, qu'ils le sachent ou non, par la passion du Christ. On ne peut donc les traiter comme des sous-hommes, même si on en aurait bien envie, même s'il est arrivé que des chrétiens conservent quelque chose du vieil exclusivisme païen. Il faut penser une attitude intermédiaire, qui est d'ailleurs celle de Dieu d'après l'Evangile : "Il fait briller son soleil sur les bons et sur les méchants". La parabole du bon grain et de l'ivraie représente comme une thématisation explicite d ela tolérance évangélique. Attention ! Cette tolérance n'a rien à voir avec l'indifférence. Il est vrai que les chrétiens essaieront toujours de convertir ceux qui ne le sont pas (sous peine de ne plus être chrétiens que de nom). Je ne dis pas que tous les chrétiens ont les défauts du prédicant baptiste, mais je dis que le salut de leurs frères leur importe et que d'une manière ou d'une autre, ils se considèrent comme des témoins de la foi véritable.
Mais n'est-ce pas de l'intolérance cela ?
Le mot tolérance a changé de sens Lorsque Cajétan ou Suarez le théorisaient aux deux bouts du XVIème siècle, il signifiait ce que porte son étymologie : un devoir de supporter l'erreur au nom de la dignité de celui qui est dans l'erreur. Mais aujourd'hui la tolérance, c'est l'agnosticisme obligatoire et la non-pensée comme apothéose de l'esprit. Quiconque affirme quelque chose dans l'ordre de la destinée humaine, devient pour cela, un intolérant. Il est bien évident cher Alain, que ni vous ni moi ne pouvons admettre cette tolérance-là qui mène droit à ce que vous vous avez appelé la pensée unique. Qu'est-ce que la pensée unique sinon l'impossibilité de penser, érigée en loi ? Fausse tolérance puisqu'elle engendre la plus terrible intolérance, celle de la non-pensée.
Pénibilité : la France perd des points
Présenté par le gouvernement comme un joyau du progrès social, ce « compte pénibilité » tient plutôt de la caricature d’une France qui perd. Et qui se perd. Passons sur l’usine à gaz de cette mécanique infernale, unique en Europe. Oublions son coût aussi lourd que flou, supporté comme il se doit par les entreprises. Laissons de côté les effets pervers et les mauvais signaux envoyés sur la prévention, l’emploi des seniors, le nécessaire report de l’âge de départ à la retraite… Plus que ces ravages annoncés, le clou de la loi Touraine est révélateur d’un triple fourvoiement.
D’abord, il accentuera le corporatisme, dans une France déjà asphyxiée par de multiples statuts, minée par la jalousie sociale, paralysée par ses rigidités. Vous avez aimé détester les « régimes spéciaux », vous adorerez maudire les « métiers pénibles » – potentiellement 20 % des salariés ! Ensuite, il alimentera le clientélisme, machine folle à transferts sociaux. A chaque catégorie professionnelle ses rentiers, ses lobbyistes, ses revendications. En multipliant les régimes particuliers, le gouvernement s’expose à davantage de conflictualité, de concessions et donc… de déficits.
Même s’il ouvre de nouveaux droits, ce dispositif alimentera enfin la défiance. Ce mal français ronge notre économie. Bombe financière, fruit d’un mauvais marchandage sur la « réforme » des retraites, symbole d’un paritarisme boiteux écrasé par l’interventionnisme étatique, le « compte pénibilité » est l’archétype de ces politiques du passé, dépassées avant même d’être appliquées. Au final, c’est toute la France qui perd, pour le coup, des points.
L’UMP à crédit
L’UMP à crédit
L'UMP est donc devenue depuis hier soir « l'Union Momentanée des Pachas ». On ne nous en voudra pas de jouer ainsi avec le sigle du parti créé en 2002, et mis à toutes les sauces ces derniers temps avant, sans doute, d'être promis à un inéluctable changement. Car il va de soi que le bureau politique d'hier soir, rue de Vaugirard, n'a fait qu'éviter le pire avec la désignation transitoire à la tête du mouvement de la « troïka » de trois anciens Premiers ministres (Fillon-Juppé-Raffarin) flanquée d'un secrétaire général en la personne de Jean-Luc Chatel. En bonne diplomatie politique, cela s'appelle un compromis.
On aurait aimé que cette solution de sagesse, dans l'attente du congrès qui élira le président de l'UMP, soit le fruit d'une réelle prise de conscience des dirigeants. Qu'ils aient enfin mesuré l'éc'urement de leurs militants. Qu'ils aient privilégié l'impérieuse nécessité démocratique d'incarner une alternance politique crédible au lieu d'abandonner le terrain au FN. Hélas, rien n'est moins évident que cela.
À coup sûr, les ambitions personnelles ont encore prévalu hier soir sur la défense de l'intérêt général. Sarkozistes et Copéistes ne voulaient pas d'un triumvirat omnipotent et, selon eux, dépourvu de légitimité. Fillonistes et Juppéistes s'opposaient à la nomination, non statutaire, d'un président intérimaire (Jean-Luc Chatel) qui avait démissionné de la direction du parti en même temps que Copé. D'où le fameux compromis ménageant, dans une défiance réciproque, les intérêts de chacun pour l'avenir.
C'est bien entendu sur ce plan-là que rien n'est réglé. Quid de la candidature de Sarkozy à la présidence de l'UMP ? Quid de la ligne politique du parti ? Quid de la primaire pour 2017 ? Toutes ces questions constituent des bombes à fragmentation lente. Elles ne seront pas sans conséquence sur l'avenir de l'UMP. Sans oublier les « cactus » financiers. À court terme, la « troïka » et son secrétaire général vont devoir plonger dans les comptes du parti endetté à hauteur de 70 millions d'euros. Sur tous les plans, l'UMP a bien besoin de se refaire un crédit.
Des taux fous, fous, fous...
Jetez un coup d'oeil aux taux d'emprunt des pays d'Europe du Sud... Ils continuent à chuter et atteignent des niveaux que personne n'aurait pu prévoir au plus fort de la crise de la zone euro ni même il y a quelques mois. L'hystérie collective des investisseurs continue: il faut dire qu'avec les torrents de liquidité qui inondent le marché, les investisseurs achètent tout et n'importe quoi.
Les pays d’Europe du Sud continuent à attirer les investisseurs
Quand on regarde les taux d’emprunt d’état à 10 ans de ces anciens pays estampillés en faillite ou à haut risque il y a encore quelques mois, il y a de quoi halluciner. Les taux Espagnols hier sont passés en dessous des taux Américains, les taux Italiens en dessous des taux Anglais. Et les deux s’approchent des 2.5%.
Même le Portugal est à la fête
Rappelons que le Portugal a mis fin il y a quelques jours au plan d’aide internationale. Il est redevenu autonome et va d’ailleurs lever aujourd’hui entre 500 et 750 millions d’euros à 10 ans. Tenez vous bien, le taux pourrait être de 3.3% environ. Il était à 7.5% il y a 9 mois seulement.
On peut expliquer cette euphorie.
Avec deux explications pourtant contradictoires. Les investisseurs parient sur une économie européenne atone, au bord de la déflation, mais ils parient également sur un rebond économique des pays d’Europe du Sud. Déflation plus retour de la confiance égale taux bas. Et je suis incapable de vous dire si c’est une bulle ou bas. En ce moment tout monte car les marchés financiers sont inondés de liquidités et nul ne sait quand ça s’arrêtera…
Quand on regarde les taux d’emprunt d’état à 10 ans de ces anciens pays estampillés en faillite ou à haut risque il y a encore quelques mois, il y a de quoi halluciner. Les taux Espagnols hier sont passés en dessous des taux Américains, les taux Italiens en dessous des taux Anglais. Et les deux s’approchent des 2.5%.
Même le Portugal est à la fête
Rappelons que le Portugal a mis fin il y a quelques jours au plan d’aide internationale. Il est redevenu autonome et va d’ailleurs lever aujourd’hui entre 500 et 750 millions d’euros à 10 ans. Tenez vous bien, le taux pourrait être de 3.3% environ. Il était à 7.5% il y a 9 mois seulement.
On peut expliquer cette euphorie.
Avec deux explications pourtant contradictoires. Les investisseurs parient sur une économie européenne atone, au bord de la déflation, mais ils parient également sur un rebond économique des pays d’Europe du Sud. Déflation plus retour de la confiance égale taux bas. Et je suis incapable de vous dire si c’est une bulle ou bas. En ce moment tout monte car les marchés financiers sont inondés de liquidités et nul ne sait quand ça s’arrêtera…
Ras-le-bol du sabotage économique
Ras-le-bol du sabotage économique
Zéro croissance. Un chômage qui grimpe. Un pouvoir d'achat en berne. Et un retard qui se creuse avec tous nos voisins. Et pendant ce temps, des groupes et des corporations ne pensent qu'à défendre leurs privilèges même si cela doit accélérer notre chute. On ne peut pas parler de revendication. C'est tout simplement du sabotage économique. Le même qui a détruit notre industrie.
GRÈVE DES TRAINS...
Journée de grève dans les transports. Ce qu’il se passe aujourd’hui est l’illustration parfaite du mal Français. Une journée suffit à comprendre ce qui bloque la France. D’un côté les usagers de la SNCF pris en otage par des syndicats irresponsables et de moins en moins représentatifs. Des syndicats vent debout contre une réforme qui n’a pourtant aucun impact sur leur statut, alors que c’est le statut même de cheminots qu’il faudrait réformer en profondeur.
ET PROTESTATION DES TAXIS
A l’heure où le leader des voitures de tourisme avec chauffeur, Uber, lève aux États Unis 1.2 milliards de dollars sur une valorisation de 17 milliards, ici c’est une corporation qui défend encore son pré carré et rejoint tous ceux qui veulent bloquer la concurrence.Tout cela me rend dingue. Le pays coule lentement mais sûrement et certains continuent à l’enfoncer. Rajoutez à cela un gouvernement et des politiques sans aucun courage qui cède à la moindre grève ou à la moindre menace et vous comprenez pourquoi on ne décolle pas.
PAUVRE SECTEUR PRIVÉ
Et pendant ce temps l'écart se creuse entre secteur privé et fonctionnaire avec une discussion aujourd'hui entre les syndicats et le gouvernement sur la baisse des cotisations salariales pour deux millions de fonctionnaires. Vivement qu'on soit tous fonctionnaires et qu'on en finisse.
VOUS LES FEMMES...
Notre président, notre Julio Iglesias national, continue à alimenter son image d'homme à femmes. Il a dégagé trois conseillers à l’Élysée, Thierry Rey sur le sport, David Kessler à la culture et surtout l'ancien banquier d'affaires Emmanuel Macron pour les remplacer par trois femmes, respectivement Nathalie Ianetta, Audrey Azoulay et l'économiste de la Bank of America Laurence Boone. Il est trop fort. Vraiment trop fort. Personne ne peut lutter. À quand un film: "Welcome To the Élysée Palace...."
BONNE NOUVELLE?
La production industrielle est en hausse de 0.3% en Avril après une baisse en Mars...Mais elle est toujours 16% plus faible qu'en 2008.
APRÈS LES TALIBANS
Au Pakistan, c'est Al-qaida qui fait exploser une partie de l'Irak. Bravo Barack.
LA BOURSE ENTRE EN BOURSE
Euronext a annoncé qu'il se coterait le 20 Juin à une valorisation d'environ 1.5 milliard d'euros avec une levée d'environ 1 milliard d'euros. On apprend que les dirigeants et le conseil d'administration toucheront 6.8 millions d'euros plus des actions, en fonction de la performance, pour un bénéfice de 87.5 millions d'euros l'année passée. Est-ce qu'il vaudra mieux être dirigeant qu'actionnaire ?
MERCI CÉCILE
On ne peut pas toujours dire que les politiques et les membres du gouvernement ne font rien. C'est faux. L'action de Cécile Duflot a eu un impact sur le logement: La construction des logements s'est effondrée et la loi Alur a provoqué un ralentissement sans précèdent des ventes de biens compte tenu de la masse de documents nécessaire aujourd'hui à une transaction. Sacrée Cécile. On la regrette déjà.
LE LIVRE D'HILLARY
Hard choices est en vente. 1 millions de livres pré commandés et une estimation des ventes à 2 millions. Elle a reçu une petite avance garantie de 14 millions de dollars... Scandaleux qu'elle dépasse nos grands penseurs Marc Lévy et Guillaume Musso...
SURPRENANT
On apprend à l'occasion que George Bush a battu Bill Clinton( 2,082,000 ventes de Decision Points contre 1,659,000 pour My life de Bill Clinton) et l'autobiographie de Barack (2,053,000) pour Dreams from my father... Un livre de George Bush...
VOILA C'EST TOUT
BONNE JOURNÉE
MAY THE FORCE BE WITH YOU
SNCF, taxis, intermittents : les derniers feux du corporatisme à la Française
En 1960, Jacques Rueff avait été chargé par le Général de Gaulle d'identifier les blocages de l'économie française: parmi d'autres, l'économiste libéral avait relevé que «la limitation réglementaire du nombre de taxis nuit à la satisfaction de la demande et entraîne la création de «situation acquises». Un demi-siècle plus tard, la situation n'a pas changé. Et pour cause! A chaque tentative de réforme, les taxis se sont mobilisés. Et ils ne sont pas seuls!
En ce mois de juin, le retour du beau temps emporte avec lui toute une flopée de protestataires: intermittents, cheminots... Comme toujours, serait-on tenté d'ajouter. Il faut les comprendre ; les grévistes du printemps 2014 ont des inquiétudes sincères: les réformes en cours vont altérer - souvent à la marge - les forteresses qui les protégeaient. Personne n'aime perdre son confort. Pour autant, ces réticences n'enlèvent rien au fait que nos grévistes se battent pour des rentes qui servent une minorité mais sont collectivement inefficaces.
Ces combats d'arrière-garde sont le reflet d'une France à bout de souffle.
Une France exsangue et en faillite. Les régimes si généreux et protecteurs dont bénéficient nos grévistes datent d'une autre époque. D'un temps où la France vivait de manière dispendieuse: quand elle pouvait se payer le luxe de financer les rentiers pour entretenir la paix sociale. Qu'importe que les intermittents bénéficient d'aides, puisque la croissance était là pour remplir les caisses. Qu'importe également, que les taxis soient protégés par une réglementation qui nuit à l'emploi, puisque le dynamisme économique créait de l'activité ailleurs.
Le problème, c'est que le chômage a explosé et que l'Etat est ruiné. L'inaction des Gouvernements successifs et l'effet conjugué des défenseurs des privilèges acquis nous ont conduit dans l'impasse. Les grévistes font mine de l'ignorer, mais le système qu'ils défendent est en train de mourir faute d'avoir été soigné.
La France s'est enfoncée doucement, mais sûrement. Jusqu'à la révolution numérique, qui a constitué un choc brutal. Les débuts de la mondialisation avaient constitué une première alerte, mais internet est aujourd'hui le plus clair révélateur des archaïsmes français: son extraordinaire dynamisme confronte avec une violence crue nos réglementations dépassées à leurs limites, et pour tout dire, à leur absurdité.
Une France également craintive et fragile. Une société de rentiers est sclérosée et statique: puisque chacun défend son pré-carré en veillant à bien le clore derrière soi, tout le monde pressent que s'il perd sa portion de privilège, il ne retrouvera que des portes fermées. L'avenir est nécessairement angoissant, puisqu'il pourrait apporter du changement et bouleverser l'équilibre fragile des rentes. Dans une société de rentiers, les opportunités et le mérite n'existent pas: seules comptent la cooptation et les accointances sociales. Alors tout le monde se bat, avec hargne, pour retenir ses miettes d'Etat-Providence, acheter sa charge et conserver ses droits de tirage.
Nos grévistes ne sont pas les seuls coupables, ni les seuls responsables. Dans un système organisé autour de l'Etat, il incombait aux élites administratives et politiques de prendre la mesure des défis. Elles ne l'ont pas fait. Le système politique en paie le prix.
Aujourd'hui, dans la rue les marches des grévistes ressembleront à une marche funèbre. Celle d'un modèle dit «social» qui a conduit à sa propre perte, délitant au passage la société française. Les protestataires prétendent construire un monde pour demain, alors qu'ils s'inclinent devant un univers qui disparaît. Leurs revendications sont d'autant plus virulentes qu'il est probable qu'au plus profond d'eux-mêmes, ils réalisent que ce tour de piste est l'un des derniers. Sur le pavé de Paris, leurs chants résonnent comme des requiems.
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