TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO
Affichage des articles dont le libellé est Par Frédéric Paya. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Par Frédéric Paya. Afficher tous les articles

mercredi 21 janvier 2015

Hymne à la médiocrité

Les jeunes Français doivent avoir envie de devenir milliardaires, a lancé Emmanuel Macron dans une interview accordée aux Échos, alors qu’il s’était rendu au CES (Consumer Electronics Show) à Las Vegas. “Milliardaire”… Mais que n’avait donc pas dit le ministre de l’Économie ?
La gauche est aussitôt montée au créneau, démontrant une fois encore sa médiocrité et sa vacuité économique. D’abord, la gauche de la gauche. « Ce ne sont pas quelques milliardaires de plus qui vont nous aider à sortir de la crise », a estimé Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, suivi par Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de gauche : « Après Rebsamen, pour qui les chômeurs doivent chercher vraiment du boulot, voilà Macron, pour qui les jeunes doivent vouloir être milliardaires. » Rappelons-leur que c’est par leur travail que ces jeunes (entrepreneurs) deviendront riches et qu’à ce titre, ils auront embauché et payé des impôts.
Mêmes critiques au sein du PS : « Macron se démasque, l’homme des milliardaires, déjà que la France en a de trop et trop de pauvres en même temps », s’est écrié Gérard Filoche, que l’on imagine bien avec un couteau entre les dents. Tandis que dans le gouvernement des voix s’élevaient également : « Le rêve français, ce n’est pas forcément de devenir milliardaire… c’est que nos enfants vivent mieux que nous », a “tweeté” Fleur Pellerin, ministre de la Culture. Les fondateurs de Twitter, de Facebook ou de Google ne laissent pas penser une minute qu’ils sont malheureux… Bien curieuse sortie de l’ancienne secrétaire d’État à l’Économie numérique qui, l’année dernière, avait pourtant fait le déplacement au CES pour vanter les sociétés françaises.
Ne soyons pas dupes : derrière les réactions à la phrase d’Emmanuel Macron apparaissent en filigrane le dégoût et la haine que la gauche a pour l’ambition : pour elle, mieux vaut niveler par le bas grâce au modèle social que de s’en sortir par le haut. C’est justement parce qu’il y a eu des Bill Gates et des Steve Jobs que des centaines de jeunes ont voulu créer leur entreprise. Laissons donc juste les jeunes rêver en leur rappelant que, même pour pleurer, mieux vaut le faire dans une Rolls-Royce que dans une 2CV!

mercredi 24 septembre 2014

La main dans le pot de confiture

Au pied du mur, acculés, Michel Sapin, ministre des Finances, et Christian Eckert, secrétaire d’État au Budget, ont dû reconnaître que cette année le déficit serait de 4,4 %, démontrant l’incapacité du gouvernement à tenir ses engagements vis-à-vis de Bruxelles ; 2014 sera pire que 2013, année au cours de laquelle Paris avait déjà quémandé un délai supplémentaire de deux ans. Le retour aux 3 % est prévu pour 2017, année du rétablissement des comptes prévu dans le programme du candidat Hollande… En cause, une « situation exceptionnelle, explique Michel Sapin, marquée par une croissance très faible cumulée avec un ralentissement de l’inflation que personne n’avait anticipé ».
Bruxelles a immédiatement exigé que Paris détaille, d’ici à la mi-octobre, « des mesures crédibles pour mettre en place l’ambitieux plan de réduction des dépenses pour 2015 et après ». Même vigilance en Allemagne : « Le respect de nos engagements en Europe, en particulier dans la zone euro, doit devenir la marque de fabrique de la zone euro », a lancé Angela Merkel. Même Pierre Moscovici, futur commissaire aux Affaires économiques et converti à la rigueur budgétaire, estime que le déficit français est « un problème sérieux ».
En pleine élaboration du projet de loi de finances 2015, Michel Sapin est sommé de faire des économies. Début septembre, il avouait qu’il lui manquerait 2 milliards d’euros sur les 21 prévus dans le plan d’économies… Riposte de Christine Lagarde, la patronne du FMI : « Il faut garder le cap de la réduction des dépenses publiques. Même si l’inflation est plus faible que prévu, elle ne peut pas être utilisée comme un paravent pour reporter les efforts nécessaires sur la dépense. » Face à l’intransigeance générale, Michel Sapin a fait un virage à 180 degrés et “refile la patate chaude” à Marisol Touraine : ce sera à la Sécurité sociale de trouver les 2 milliards d’euros.
À ceux qui douteraient de la gravité de la situation, Christian Noyer dit : « C’est l’heure du sursaut ou du déclin. » Le gouverneur de la Banque de France appelle à une réduction des dépenses. Tandis que pour Manuel Valls, « si d’ici trois à six mois, la situation ne s’est pas inversée, ce sera foutu ».

jeudi 11 septembre 2014

L’équation budgétaire et le bon sens

A quoi reconnaît-on un bon élève ? Outre la rigueur de son raisonnement, à sa ponctualité dans la remise des devoirs ; chaque année, le premier de la rentrée gouvernementale est le projet de loi de finances. Bercy a prévenu que le budget 2015 sera présenté avec une semaine de retard, lors du Conseil des ministres du 1er octobre. Quant au raisonnement…
Cet exercice budgétaire ne diffère pas de celui que tout “bon père de famille” bâtit chaque mois. Si ce dernier sait qu’il ne peut pas être dans le rouge, cela fait des années que les gouvernements vivent à crédit, gonflant déficit et dette. Dans sa neuvième promesse, le candidat Hollande annonçait que l’équilibre budgétaire serait rétabli en fin de mandat, le déficit devant être de 3 % du PIB en 2013. Il a été de 4,3 % l’année dernière et dépassera 4 % en 2014. Cette année, l’exercice s’annonce périlleux : la copie sera soumise au Haut Conseil des finances publiques et à Bruxelles, sans doute échaudé par l’impossibilité qu’a la France à tenir ses engagements de réduction des déficits, tandis que les députés PS frondeurs veillent.
Dans la colonne recettes : une absence de croissance (Michel Sapin anticipe 1,3 %, quand les économistes s’attendent à 0,9 %), pas d’inflation, et le peu d’optimisme que les entreprises montrent en l’avenir entraîneront de moindres rentrées fiscales. Elles seront aussi inférieures car s’ajouteront les dispositifs d’allègement de charges (pacte de responsabilité, CICE…) et les baisses d’impôt pour les ménages les plus modestes. Après la forte hausse de la pression fiscale depuis deux ans, la marge de manoeuvre gouvernementale est donc faible… Du côté des dépenses, Michel Sapin est revenu sur l’engagement gouvernemental : les 21 milliards d’économies prévues en 2015 ne figureront pas en totalité dans le projet de loi de finances, compte tenu de l’inflation quasi nulle.
Plutôt que faire des économies et des réformes, le gouvernement va accroître le déficit. Une vieille recette socialiste. Il serait peut-être temps d’explorer d’autres pistes… Emmanuel Macron, le nouveau ministre de l’Économie, le sous-entendait sûrement lorsque, interrogé, il a répondu : « Il n’est pas interdit d’être de gauche et de bon sens. »

samedi 14 juin 2014

Très chers intermittents…

Très chers intermittents…


Les revendications des intermittents du spectacle sont comme les hirondelles… Toutes deux reviennent au printemps. Quand les charmants volatiles envahissent nos campagnes, les intermittents préfèrent le feu des projecteurs et les caméras. Après s’être invités à la cérémonie des César, avoir interrompu le journal télévisé sur France 2, envahi le plateau du Grand Journal à Cannes, occupé l’opéra de Saint-Étienne, retardé la représentation de la Traviata à l’Opéra-Bastille, perturbé la cérémonie des Molière, forcé à annuler la Nuit des publivores à Toulouse et plusieurs spectacles lors du Printemps des comédiens, puis manifesté un peu partout en France, les voilà plus remontés que jamais alors que s’approche la saison des festivals.
Les intermittents, qui bénéficient déjà d’un régime spécial, manifestent aujourd’hui contre un accord signé le 22 mars entre le patronat et FO, la CFDT et la CFTC. Confrontés aux dérives d’un régime qui représente 3,5 % des allocataires et dont le déficit se situe entre 320 millions et 1milliard d’euros suivant les rapports, les partenaires sociaux ont décidé de plafonner les indemnités mensuelles à 5 475 euros, d’augmenter les cotisations et de créer un délai de carence. La première modification concerne peu de monde ; en revanche, la totalité des intermittents sera touchée par les deux autres mesures.
Pour désamorcer ce conflit à quelques jours de l’ouverture du Festival d’Avignon qui avait dû être annulé en 2003 — les intermittents demandent justement le retour aux conditions d’avant 2003, plus favorables —, le gouvernement a nommé le député PS Jean-Patrick Gille comme médiateur. Effrayés par le jusqu’au boutisme des grévistes, les directeurs de théâtres et de festivals supplient aujourd’hui Manuel Valls de revenir sur l’accord : « Agréer la convention en l’état relèverait d’une provocation au regard de la situation sociale de notre pays et de son niveau de chômage. Ce serait une erreur, voire une faute, à la veille des festivals d’été qui font le rayonnement international de notre pays. » Grave erreur… Quel crédit national et international donner en effet à un gouvernement qui cède sur tout ? Il serait temps que Manuel Valls démontre qu’il a (peut-être) du courage.

samedi 24 mai 2014

Ce patriotisme économique repoussoir


S’il y a au moins un talent que l’on peut reconnaître aux socialistes, c’est celui de manier le double langage, talent à la limite de la schizophrénie… En février, François Hollande, qui visitait la Silicon Valley, lançait aux patrons des grands groupes américains du secteur high-tech : « Venez investir en France, venez créer des emplois. »
Mais des paroles aux actes il y a un fossé… Trois mois après, Arnaud Montebourg, ministre de l’Économie, signe un décret relatif aux investissements étrangers devant être soumis à autorisation préalable. Celui-ci complète un texte de 2005 encadrant les investissements étrangers dans les entreprises de biotechnologie, de défense et de sécurité. Y sont ajoutées les activités essentielles à la préservation des intérêts français dans l’approvisionnement en énergie et en eau, les réseaux et services de transport, la protection de la santé publique et les communications électroniques. Ce décret — il concerne 60 % des sociétés du Cac 40 (dont Alstom) — sera examiné par Bruxelles, comme l’a indiqué Michel Barnier, commissaire européen, qui craint le retour du protectionnisme.
Faut-il dès lors s’étonner que, face à un tel double langage auquel s’ajoute une instabilité sociale et fiscale chronique, les investisseurs étrangers se montrent frileux à investir en France ? Il y a cinq mois, la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement publiait une étude montrant que les investissements directs étrangers vers la France avaient chuté de 77 % en un an ! Un constat confirmé début mai par l’Agence française pour les investissements internationaux.
« Ce décret est une mauvaise idée ; il est très défensif alors qu’il faut être dans l’offensif », estime Pierre Gattaz, président du Medef. C’est surtout un terrible constat d’échec de la politique industrielle française. Faute d’avoir voulu se donner les conditions d’un actionnariat stable et à long terme, capable de résister aux OPA, notamment par la création de fonds de pension, les gouvernements successifs ont placé les groupes français dans des positions de faiblesse. Difficile désormais de réagir autrement que dans la précipitation. Or celle-ci est toujours mauvaise conseillère.

vendredi 16 mai 2014

Les petites économies de Manuel Valls


Ça suffit ! Trop d’impôt, selon la vieille formule, tue l’impôt et tue surtout la compétitivité de notre pays. Dimanche dernier, le culot n’a pas étouffé Manuel Valls alors qu’il était interrogé sur TF1 par Claire Chazal au journal de 20 heures. Il est vrai qu’un peu d’empathie (feinte) ne coûte pas grand-chose, surtout au moment où les Français vont se lancer dans le fastidieux exercice de la déclaration des revenus. Claire Chazal n’aurait-elle d’ailleurs pas dû en profiter pour rappeler à Manuel Valls qu’il a participé au gouvernement Ayrault sous lequel les hausses d’impôts et les prélèvements obligatoires — ils ont rarement été aussi importants — ont rendu imposables quelque 650 000 ménages ?
Pour faire passer une pilule fiscale qui devient de plus en plus dure à avaler, le premier ministre a multiplié les annonces : « Nous souhaitons baisser déjà les impôts […] pour le budget 2015, nous devons travailler avec les parlementaires sur une baisse significative de l’impôt et notamment de l’impôt sur le revenu. » Comment ? Combien ? Le locataire de Matignon est resté silencieux.
Peut-être est-ce la contrepartie des efforts d’économies qu’il demande à son gouvernement. Manuel Valls, qui a envoyé des lettres de cadrage aux ministères concernés, a en effet décidé que les dépenses de fonctionnement de l’État (hors engagements de retraite) devront diminuer de 15 % d’ici trois ans.
Annoncer que l’on réduit les dépenses de l’État, c’est médiatiquement vendeur ; mais la réalité est tout autre : ce que demande Manuel Valls, ce ne sont que des économies de bouts de chandelles. Les dépenses de fonctionnement de l’État — telles qu’elles étaient présentées avant la mise en place de la loi organique relative aux lois de finances (Lolf) — ne représentent que 12 % de ses dépenses totales. Tant que le gouvernement ne s’attaquera pas aux 88 % restants, la France sera, comme le souligne le Süddeutsche Zeitung, le « nouvel homme malade de l’Union européenne », et, si aucune réforme de structure n’est entreprise, elle sera responsable de la disparition de l’euro. “Tarder, en fait de labourage, est la ruine du ménage”, dit justement un proverbe français.

Au risque du déclassement


La France ne fait plus le poids en Europe. Paris va-t-il encore réduire ses crédits militaires et déséquilibrer un peu plus sa relation avec Berlin ?
Hollande, combien de divisions ? C’est le problème français : le poids que la France pèse en Europe. Ou plutôt, qu’elle ne pèse plus. Mario Monti, l’ancien président du Conseil italien, est venu le dire, le 5 mai, sous la Coupole (où il était accueilli par l’Académie des sciences morales et politiques) : « Si l’Europe va mal, c’est sans doute en partie parce que la France ne tient plus son rôle. » Et même, il insistait : « L’enjeu est que la France redevienne la France. » C’est un Italien qui nous le disait !
Ce propos renvoyait à un échange d’il y a quarante ans. Valéry Giscard d’Estaing venait d’être élu à l’Élysée en même temps que Helmut Schmidt à la chancellerie fédérale. À l’époque, c’est l’Allemand qui venait à Paris. Le 31 mai 1974, Schmidt rendit donc visite à Giscard et lui dit ceci : « Vous avez toutes les chances d’être la première puissance en Europe. Vous devriez l’être. Vous ne l’êtes pas. Vous ne faites pas ce qu’il faut. » Giscard a rapporté l’interpellation dans ses souvenirs pour marquer qu’il avait compris le message et s’était efforcé de corriger cette faiblesse : en mettant, par exemple, en chantier le plus gros programme de centrales électronucléaires d’Europe et en redressant des crédits militaires qui n’avaient cessé de décliner.
La règle demeure : il n’y a d’équilibre en Europe que si la France peut afficher une influence égale à celle de l’Allemagne. Puisque le poids économique de celle-ci est évidemment supérieur au nôtre, alors ce déséquilibre doit être compensé en termes politiques et stratégiques, ou bien l’Europe n’est qu’un faux-semblant. Un faux-semblant qui peut se révéler dangereux quand cette Europe fait croire qu’elle a les moyens politiques, financiers, militaires même, de ses ambitions de puissance qu’en réalité elle n’a pas. C’est comme cela qu’elle a entraîné l’Ukraine dans le chaos. La partie occidentale du pays s’est enflammée en comptant sur la capacité dissuasive des Européens à l’égard des Russes qu’ils n’avaient nullement, mais ce mouvement a suffi à provoquer la partie russe avec les conséquences que l’on sait. L’ancien chancelier fédéral Gerhard Schröder souligne l’erreur de jugement initiale des Européens : « S’ils voulaient un traité d’association avec les Ukrainiens, alors ils auraient dû le faire en même temps avec les Russes. » On sait comment cela se termine : par l’impuissance européenne et la visite d’Angela Merkel à Washington pour y fixer le cap avec Barack Obama.
Pour autant, l’Allemagne sent bien qu’elle doit faire bonne figure sur le continent. La chancelière a donc invité François Hollande à passer vingt-quatre heures dans sa circonscription de la Baltique, avec croisière, dîner, petit déjeuner et déjeuner. Échange de gentillesses. Lequel ne peut masquer le redoutable écart qui existe entre la force de l’une et la fragilité de l’autre. La chancelière s’appuie sur la popularité (supérieure à 70 %) que lui confère sa réélection pour un troisième mandat, sur une majorité parlementaire écrasante (grande coalition) et sur 199 milliards d’euros d’excédents commerciaux (en 2013) — malgré l’euro fort. De son côté, le président français n’a plus qu’un crédit résiduel de 18 % dans l’opinion; sa majorité parlementaire est en voie de fractionnement et il ne gère que des déficits. Sur quoi peut-il être pris au sérieux ? Sur des intentions ? La France est devenue pour l’Allemagne le point faible de l’Europe.
Le président de la République conservait une carte solide dans son jeu : il est le chef des armées. Le seul domaine où ses instructions sont exécutées, le seul où la voix de la France est entendue, parce qu’elle est capable à tout moment d’entrer en action. Est-il en train de sacrifier cette carte ?
Comme les chefs militaires ne peuvent s’exprimer librement, ceux qui les ont précédés aux mêmes responsabilités le font à leur place. Le général Bentégeat et l’amiral Lanxade, tous deux anciens chefs d’état-major des armées, ont cosigné une tribune dans laquelle ils avertissent : « Toute nouvelle réduction de crédits ou d’effectifs conduirait à un déclassement militaire et stratégique de notre pays sans commune mesure avec les sommes économisées. »
Cet avertissement vient d’être confirmé par Xavier Bertrand, ancien ministre UMP, selon qui Bercy se préparerait à raboter de 1,5 à 2 milliards les crédits de l’armée de l’air, de la marine et de la force de dissuasion sous-marine. Le premier ministre ne l’a pas vraiment démenti. S’il en était ainsi, l’exécutif contredirait déjà les engagements pris lors du vote, l’automne dernier, de la loi de programmation militaire, qui les avait amputés une première fois. On mesure mieux la fragilité de l’exécutif quand on entend Mme Duflot faire dépendre de la réduction des crédits militaires le soutien des Verts au gouvernement !

jeudi 8 mai 2014

L’autre exception française… fiscale, celle-là


Cette année, la récolte a été très mauvaise, alors il faut payer le double… C’est normal ! Les pauvres, c’est fait pour être très pauvres et les riches, très riches, s’exclamait don Salluste, avec toute sa mauvaise foi, dans la Folie des grandeurs. C’est la constatation que l’on pourrait tirer de la nouvelle édition du rapport de l’OCDE consacré aux hauts revenus dans le monde.
« Depuis trente ans, la part des personnes considérées comme les plus riches dans le total des revenus avant impôts a progressé de manière significative dans la plupart des pays de l’OCDE,constate l’organisation. La hausse a été particulièrement spectaculaire aux États-Unis, où cette proportion a plus que doublé depuis 1980 ; elle capte 20 % du revenu brut en 2012. » L’OCDE remarque que la progression de cette population est plus importante dans les pays anglophones qu’ailleurs. Elle s’observe même dans les pays jugés traditionnellement les plus équitables dans la distribution des revenus, comme la Finlande, la Norvège et la Suède : cette population y a bondi de 70 % en vingt ans.
L’OCDE explique ce phénomène par les réformes fiscales conduites. Elles se sont traduites par la baisse des tranches marginales de l’impôt sur le revenu, tombées en trente ans d’une moyenne de 66 % à 43 %. Autres réductions fiscales, celles de l’impôt sur les sociétés, passé de 47 à 25 % en moyenne, de l’impôt sur les dividendes au titre des bénéfices d’origine nationale, quasi divisé par deux depuis 1981, s’établissant à 42 %. Enfin, certains pays ont supprimé l’impôt sur la fortune, considéré comme « une double, voire une triple taxation », quand d’autres ont réduit les frais de succession.
Et en France ? La part des plus riches n’a pas évolué en trente ans, elle représente toujours environ 78 % du revenu brut total… Sûrement parce que notre pays fait, une fois encore, figure d’exception, non pas culturelle… mais fiscale. Il se place parmi les trois premiers de l’OCDE où l’imposition générale rapportée au PIB est la plus élevée. Or, « il est souvent admis que des taux d’imposition marginaux trop élevés ont pour conséquence une croissance économique moindre ». Un rapport à méditer à Matignon et à Bercy !

samedi 22 mars 2014

Selon que vous serez puissant ou misérable…


Pas de chance (une nouvelle fois) pour le gouvernement dans sa lutte contre le chômage : les défaillances d’entreprise ont progressé de près de 4 % durant les deux premiers mois de l’année. Selon une étude publiée conjointement par Deloitte et Altares, 11 400 sociétés ont arrêté leurs activités en janvier et février. Pas un secteur n’est épargné, contrairement à l’année 2009 où les effets de la crise s’étaient fait sentir dans l’immobilier et l’industrie. Les deux cabinets de conseil prévoient que l’année 2014 se terminera avec plus de 60 000 faillites d’entreprise (un chiffre légèrement inférieur à celui enregistré en 2013), ce qui représente près de 270 000 emplois.
Ce sont les plus petites entreprises qui paient aujourd’hui le plus lourd tribut à la crise, surtout celles qui n’exportent pas : leurs marges diminuent inexorablement et ce, pour la troisième année consécutive. « L’évolution du taux d’épargne des PME suit celle du taux de marge », constate l’Observatoire du financement des entreprises dans son rapport publié en janvier 2014. Ce qui a conduit les PME, pour celles qui le pouvaient, à recourir à la dette. « L’endettement total a continué à croître de 2,7 % en 2012 », poursuit l’Observatoire, qui constate une faible demande de crédits, surtout pour ceux destinés aux investissements, donc à préparer la croissance future.
Signe d’une plus grande sélectivité des banques dans les dossiers de financement des PME, le taux d’obtention des crédits est passé de 83 % en 2011 à 78 % en septembre 2013. Mais la situation est sans doute bien pire, car les petites entreprises seraient de plus en plus nombreuses à s’autocensurer, craignant un refus des établissements bancaires qui demandent des garanties toujours plus importantes aux chefs d’entreprise. Ces derniers ont sûrement un avis éclairé sur la facilité avec laquelle Bouygues et Numericable ont bouclé en quelques jours un financement de plusieurs milliards d’euros pour s’attirer les faveurs de Vivendi, auprès d’établissements bancaires où ils ont eux-mêmes leur compte ainsi que celui de leur PME. « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir », écrivait Jean de La Fontaine dans les Animaux malades de la peste. Il n’avait pas tort…

samedi 15 février 2014

Schizophrénie numérique socialiste

Schizophrénie numérique socialiste


En mars 1984, François Mitterrand se rendait dans la Silicon Valley pour y faire son chemin de Damas informatique. Il y rencontra les héros de cette toute nouvelle industrie, parmi lesquels le jeune fondateur d’Apple, Steve Jobs, qui lui lança : « Comprenez qu’en France, il y a trop de difficultés administratives. » Il y en a autant aujourd’hui, voire plus malgré le choc de simplification promis. Cette semaine, c’est au tour de François Hollande de visiter la Silicon Valley. Un programme chargé où se révélera l’ambiguïté du personnage qui a fait sienne la maxime “vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà !”.
Le président de la République devait rencontrer les patrons de Facebook, Google et Twitter. La semaine dernière, il dénonçait leur stratégie d’optimisation fiscale : « Chacun doit être dans les mêmes situations de concurrence, y compris sur le plan fiscal» Mais est-il en position de force pour taper du poing sur la table ? Ne serait-ce que parce que la valorisation boursière de Google, Facebook et Apple représente déjà la moitié du PIB français… Arnaud Montebourg, qui fait aussi partie du voyage, osera-til encore menacer de rendre Google illégal en Europe (même s’il prétend ne pas l’avoir dit) ?
Autre exemple d’ambiguïté, François Hollande est parti aux États- Unis, accompagné de Pierre Gattaz, président du Medef, gage d’entente entre le gouvernement socialiste et le patronat. Mais en connaît-on un peu plus sur le pacte de responsabilité ? Toujours pas…
Qui sait si François Hollande tombera en admiration devant la liberté d’entreprendre américaine, cet esprit pionnier qui pousse les jeunes à explorer de nouveaux territoires, qui a donné naissance à des start-up devenues des géants de l’informatique et d’Internet mais qui n’a été bridé ni par une multitude de normes ni par le principe de précaution. Rien n’est moins sûr tant l’économie administrée a encore de beaux jours en France… Parce que les entreprises n’auraient pas suffisamment joué le jeu des contrats de génération, Michel Sapin menace celles de plus de 300 salariés d’une pénalité jusqu’à 1 % de leur masse salariale. Puisse François Hollande revenir d’Amérique en pensant “erreur en deçà des Pyrénées, vérité au-delà”.

vendredi 17 janvier 2014

Indignation à géométrie variable

Indignation à géométrie variable


Ça suffit ! a lancé Arnaud Montebourg, le 13 janvier, au fabricant de pneumatiques Goodyear et à la CGT d’Amiens, les exhortant à négocier. On aurait aimé que lui et les autres membres du gouvernement aient eu un peu plus de fermeté, une semaine plus tôt, lorsque deux cadres de l’usine Goodyear d’Amiens-Nord ont été pris en otages par la CGT. Ce qui démontre, soit dit en passant, que la centrale syndicale n’a (presque) plus de prise localement. Il a fallu attendre un peu plus de 24 heures pour que les cégétistes d’Amiens libèrent les deux hommes (uniquement parce que Goodyear menaçait de rompre toute négociation) et presque une semaine pour que le gouvernement réagisse (mollement). Montebourg s’est montré plus pressant dans le dossier Alcatel-Lucent, où 900 emplois sont en jeu en France sur les 10 000 supprimés dans le monde. Bercy jugeant le plan de licenciements inacceptable en l’état, le ministre du Redressement productif a rencontré Michel Combes, le patron de l’équipementier de télécommunications, pour « réaffirmer avec force l’exigence portée par le gouvernement du maintien en France d’un maximum d’emplois et d’une base industrielle performante ».
Bercy a donc exigé des propositions concrètes tant sur le nombre de postes à supprimer que sur le devenir des sites. La direction régionale du travail d’Île-de-France a, de son côté, demandé à Natixis de revoir son plan social qui porte sur 537 postes.
En revanche, silence radio du gouvernement dans le dossier de La Redoute, encore propriété de Kering (ex-PPR) — seule Martine Aubry, édile local, a logiquement réagi. Cette attitude est d’autant plus incompréhensible que le plan présenté au comité d’entreprise par la future équipe de direction, emmenée par Nathalie Balla et Éric Courteille, prévoit la suppression de 1 350 postes (1 178 dans la société même et 172 chez Relais Colis), soit près de la moitié des effectifs. Les syndicats s’attendaient à un plan d’une ampleur identique à celui de 2008, qui avait vu la disparition de 672 postes. Peut-être Arnaud Montebourg juge-t-il, compte tenu de la personnalité des protagonistes, que ce n’est pas la peine d’en faire tout un cirque… C’est ce que l’on appelle l’indignation sélective !