TOUT EST DIT

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jeudi 24 avril 2014

Les 4 problèmes clés de l'UE : qui en dit quoi parmi les listes en lice pour les européennes ?


Les élections européennes approchent mais suscitent toujours peu d'engouement. Les partis eux-mêmes peinent à se mettre en ordre de bataille sur les problèmes auxquels l'UE est aujourd'hui confrontée. 

1 - Structure de l'euro

Atlantico : D'après l'économiste américain Dani Rodrick, pour que l'euro continue d'exister, les Etats n'ont d'autre choix que d'abandonner leur souveraineté. Autrement dit, opter pour un fédéralisme à l'américaine. Comment les différents partis français se positionnent-ils par rapport à cette problématique ?

Jean-Sébastien Lefebvre : On remarque peu de fédéralistes parmi les formations politiques françaises. Les Verts le sont ouvertement,  et l'UDI aussi, mais dans une moindre mesure. Leur discours est un peu moins franc, ce qui n’est pas sans lien avec le fait qu’ils siègent au Parlement avec l’UMP qui elle, n’est pas du tout fédéraliste. On le voit bien, des gens comme Henri Guaino, Laurent Wauquiez, ou même Bruno Le Maire, qui est tout de même assez pro-européen, n’ont pas un tel discours. Sans parler d’Alain Lamassoure, qui lui se définit comme souverainiste.
 A lire également : Européennes : ce que l'évolution des thèmes de campagnes électorales depuis 1979 nous apprend ‹‹‹

Le Modem a une fibre européenne tout de même plus affirmée, Mme de Sarnez siège au Parlement aux côtés de Guy Verhofstad, ancien Premier ministre belge, parmi les députés les plus fédéralistes. Selon lui, c’est par cette voie que l’on pourrait résoudre une grande partie des problèmes de l’Europe.

Pour le FN, qui est totalement souverainiste, la chose est hors de question.

Le PS est très ambiguë, il est souvent question dans son discours d’intégration et de gouvernance, sans que le mot ne soit jamais vraiment prononcé.

A l’extrême gauche, le fédéralisme n’est pas évoqué très souvent. A quelques exceptions près, ses membres se prononcent contre. Comme une bonne partie de ce qu’ils souhaitent repose sur l’Etat providence, et considérant l’orientation libérale de l’Europe, ils ne peuvent pas adhérer. A ce sujet, Mélenchon me disait en 2012 qu’il était pour le moment hors de question d’accepter tout transfert de souveraineté.
Bruno Cautrès : La crise économique que le monde connaît depuis 2008 n’a pas entraîné en France de chute spectaculaire du soutien des français et des partis politiques (hors FN) à l’euro et à l’appartenance de la France à la zone euro. Dans l’opinion on constate, selon les moments et selon les enquêtes, qu’un segment compris entre un quart et un tiers maximum des Français souhaiterait revenir au Franc. Une partie de la classe politique française soutient par ailleurs le renforcement du gouvernement économique de la zone euro et voient dans les réponses européenne au « sauvetage » de certains systèmes bancaires ou de certains pays l’affirmation d’une intégration économique encore plus forte.

2 - Politique monétaire

La politique de l'offre s'est progressivement imposée au fil des siècles, au point qu'elle semble aujourd'hui indiscutable au niveau européen. Si elle s'impose assez logiquement en temps normal, il n'est pas interdit en période de crise de s'interroger sur la possibilité d'une relance par la voie monétaire. Problème, il est difficile d'intéresser l'opinion aux questions relatives à la Banque centrale.

Jean-Sébastien Lefebvre : Le Parlement européen n’a pas de pouvoir sur la question monétaire, ou très peu. La gestion de l’euro, les leviers économiques, sont principalement du ressort des chefs d’Etat et de gouvernement. C’est pourquoi ce débat est assez peu présent au Parlement et chez les candidats.

Les Verts portent l’idée d’une croissance verte, voire d’une décroissance. Le Parti de Gauche parle d’écosocialisme, qui est une autre façon de produire, mais il reste lié au PC, qui est dans une approche productiviste. Tout comme le FN, d’ailleurs, selon lequel il faut sortir de l’euro pour relancer l’industrie française. Mais plus globalement, la question reste floue.
Bruno Cautrès : Le pilier de la politique monétaire de l’UE c’est la BCE et son indépendance. Compte tenu des pouvoirs très importants de la BCE, les traités européens ont récemment reconnu au Parlement européen un rôle, modeste, de contrôle. Ainsi, la BCE adresse un rapport annuel sur les activités de ce que l’on appelle le « SEBC » (système européen des banques centrales, composé de la BCE  et des 28 banques centrales nationales) qui détermine la politique monétaire de la zone euro. Ce rapport porte également sur la politique monétaire de l'année précédente et de l'année en cours. Le président de la BCE présente ce rapport au Parlement européen (mais aussi au Conseil européen), qui peut tenir un débat général. Le président de la BCE et les autres membres de son directoire peuvent être entendus par les commissions du Parlement européen. Néanmoins, le Parlement européen exprime régulièrement et de longue date des demandes pour plus de transparence des décisions et orientations de la BCE (par exemple via la publication des compte-rendu des réunions du directoire). Le Parlement européen a également demandé que les pouvoirs de la BCE qui lui ont été reconnus par les traités soient « compensés » par un « dialogue sur la politique monétaire » : régulièrement, le président de la BCE, ou un autre membre du Conseil des gouverneurs, est invité à répondre aux questions de la commission économique et monétaire du Parlement européen. De même, le Parlement européen prend régulièrement position sur le rapport annuel de la BCE.
Si ces mécanismes sont assez éloignés des préoccupations des électeurs européens, on voit néanmoins bien que plus le Parlement est « mal élu » (abstention élevée), plus cela affaiblit ses demandes de renforcement de son contrôle sur la politique monétaire. Si les débats qui pourraient s’en suivre ne peuvent que rester dans le cadre des limites fixées par l’UE (pour la politique monétaire, la stabilité des prix dans la zone euro, et sans compromettre cet objectif, assurer une croissance dite « durable et équilibrée »), ils ne pourraient également que renforcer le sentiment des citoyens que leur voix comptent davantage.
Ces questions s’inscrivent par ailleurs dans le contexte de la crise des dettes publiques. Depuis 2009, les déficits budgétaires des Etats européens ont explosé, dépassant fortement le critère de convergence du Pacte de stabilité et de croissance (3% du PIB) que doivent respecter les membres de la zone euro. La dette publique a fortement augmenté et dépasse elle aussi dans la plupart des Etats la limite de 60% du PIB définie dans ce même pacte. Fin 2013, quatorze États membres ont connu un ratio de dette publique supérieur à 60% du PIB parmi lesquels la France (92,7%).

3 - Démocratie

Les citoyens voient leur quotidien déterminé par énormément de décisions prises au niveau européen, pourtant ils n'en ont pas forcément conscience, ou bien ont l'impression de ne pas pouvoir peser dessus. Quel est le discours des partis sur la place du citoyen dans l'Union ?

Jean-Sébastien Lefebvre : Tous les partis soutiennent l’idée selon laquelle il faut remettre le citoyen au cœur de l’Union. Mais si tout le monde partage le même constat, la question des moyens n'est pas tranchée.

Toute la question est de savoir ce que fait, ou ne fait pas, l’UE. Le dossier du "Roaming" est assez parlant : les députés avaient dit qu’ils avaient fait supprimer les frais d’itinérance pour les téléphones portables. Dans les faits, le Parlement s’est contenté de voter sa position, de dire qu’il soutenait l’idée que l’on puisse appeler pour le même prix d’un pays à un autre. Dans les faits, l’accord des Etats est nécessaire. Le citoyen, constatant que la chose ne se fait pas, finit par se poser des questions. Un problème de communication, donc.

Le Parlement est souvent accusé de gérer des dossiers extrêmement techniques, et de produire des normes inutiles. Le PPE (UMP) et le PSE (PS) jouent sur l’idée selon laquelle il est nécessaire que l’Europe ne s’occupe que de l’indispensable, pour laisser aux citoyens l’impression qu’elle se concentre sur les grands problèmes que sont la croissance, l’emploi ou la protection des données numériques. Donc exit les rapports sur les économies d’eau et les réglementations sur les bouteilles d’huile d’olive...

Les Verts ne s’inscrivent pas dans cette tendance, car ils veulent davantage de normes environnementales. Les dérégulations leur font peur. Le Front de Gauche voit l’Europe comme un moyen de luter contre les dérives de la finance. Marine Le Pen, elle, a déclaré mardi que le rôle des futurs députés du FN serait de bloquer toute régulation européenne qui nuirait à la France.
Bruno Cautrès : Les partis politiques disent tous qu’il faut rendre l’Europe plus démocratique et qu’il faut que les citoyens européens soient placés au cœur de l’intégration européenne. La question du « déficit démocratique » européen est omniprésente dans les débats publics et les prises de positions des partis depuis la fin des années 1990. Mais que cela signifie t’il ? Cet objectif démocratique est un idéal, mais la taille et la diversité de l’UE le rendent difficile à mettre en œuvre. Le problème le plus important pour les citoyens, c’est celui de comprendre ce que l’Europe fait par rapport à ce que font déjà les Etats membres. Mais aussi de comprendre quelle est la direction prise par l’Europe et où sont ces frontières. Par ailleurs, la relative complexité des institutions et mécanismes de décision européens, la relativement faible présence des thèmes européens dans la vie politiques nationale des Etats membres, rendent le travail de décryptage de l’Europe difficile pour les citoyens. Certains auteurs pensent que la seule façon de limiter ces problèmes est de « politiser » l’Europe, c’est-à-dire que les partis politiques proposent de véritables alternatives sur la question des domaines de compétence de l’UE et des moyens à mettre en œuvre : alternatives de gauche et de droite par exemple.

4 - Identité européenne, quel projet ?

Après 50 ans d'existence, l'Union est en quête de projets fédérateurs derrière lesquels se rassembler. Immigration, libre-échange, héritage culturel, autant de questions qui doivent être mieux définies. 

Jean-Sébastien Lefebvre : L’UMP a du mal à clarifier sa ligne, elle parle d’une union d’États-nations qui gérerait sa monnaie unique, sans toutefois parler de fédéralisme, et met l’accent sur l’immigration, avec une réforme de l’espace Schengen. Leur campagne va surtout porter sur la nécessité de réformer la France, de suivre les orientations de l’UE.

Le PS, lui, veut une Europe sociale, même si on ne sait pas vraiment ce qui se cache derrière. Ils misent sur la relance, la politique de croissance… Mais les ressources manquent dans le budget européen. Il s’agit surtout d’incantations.  

Les Verts voient l’UE comme le moyen de porter leurs deux grands chevaux de bataille que sont l’environnement et le numérique. En la matière, la législation française émane principalement des réglementations européennes.

A l’UDI/Modem, ils se présentent comme les plus pro-euroépens, mais ils peinent encore à trouver un angle précis.

Le Front de gauche, lui veut une Europe qui permette de lutter contre le capitalisme. C’est pourquoi le grand sujet qui les occupe est l’accord UE-USA (tout comme les Verts, d’ailleurs).

Pour le FN, l’UE telle qu’elle existe aujourd’hui met en concurrence les peuples, et amènera la guerre.

Entre deux feux

Entre deux feux


Voici François Hollande et le gouvernement pris entre deux feux. À leur gauche, il y a ceux qui trouvent qu'ils en font trop. À leur droite, il y a ceux qui estiment qu'il n'en font pas assez. C'était fatal. La présentation du pacte de stabilité pour 2014-2017, hier en Conseil des ministres par Michel Sapin, constituait l'épreuve de vérité après les palabres des derniers jours au sein de la majorité. D'une certaine manière, le ministre de l'Économie et des Comptes publics a sifflé la fin de la récré en fermant la porte aux demandes des « frondeurs ». Le pacte de responsabilité a pris l'allure d'un pacte de fermeté.
Le désarroi d'une partie des socialistes est compréhensible. Ils ne s'attendaient pas à ce que François Hollande invoque, hier à Carmaux, l'illustre figure de Jean Jaurès, dont on célébrait le centenaire de la mort, pour défendre et justifier ses réformes douloureuses. L'histoire retiendra que François Hollande a définitivement enterré les utopies d'un socialisme de l'impossible, en rupture avec le discours mythique du Bourget. On comprend le trouble des militants du PS.
Reste que la France entend rentrer dans les « clous bruxellois ». Même si l'exécutif s'en défend, la mise du pays « sous surveillance renforcée » a contribué à cette discipline budgétaire. Faut-il pour autant continuer d'ergoter sur la pertinence des mesures arrêtées ? Certes, les prévisions retenues en terme de croissance, au-delà de 2014, sont optimistes. Elles ont suscité le scepticisme de Didier Migaud, président du Haut conseil des finances publiques. Tout dépendra de la rapidité de mise en 'uvre des économies et des effets sur l'emploi du pacte de responsabilité.
Pourtant, le moment est peut-être venu, dans l'intérêt du pays, d'un pacte de raison. La gravité de la situation actuelle résulte d'un laxisme partagé par les divers gouvernements depuis des années. Cela devrait dissuader la droite d'opter pour la politique du pire, et la gauche de s'abandonner à une surenchère suicidaire. La classe politique s'honorerait de se retrouver sur un projet de salut national transcendant des clivages idéologiques dépassés par les réalités.

« Libérons la France ! »

« Libérons la France ! »


22 Femen marchant au pas de l’oie en gueulant : Drapeau européen frappé de la croix gammée sur les seins et moustache d’Hitler. Mais que se passait-il mardi devant la paisible Maison des Centraliens où les anciens élèves n’ont pas souvent profité d’un tel spectacle ? C’est Marine Le Pen et « l’épidémie fasciste » qui a motivé ce comité d’accueil à l’occasion de la présentation de ses têtes de liste aux européennes.
On a bien failli y perdre quelque journalistes et quelques Femen : les journalistes qui attendaient la conférence de presse de Marine Le Pen au 3e étage, se sont rués à cinquante sur le balcon avec appareils photos, caméras et perches, en entendant la manif. Au risque de décrocher le balcon fraichement restauré.
Non ne faites pas ça ! a blémit l’hôtesse de la Maison des Centraliens en leur demandant de descendre immédiatement.
Ils se rassoiront tous sagement pour l’arrivée de Marine Le Pen accompagnée de ses sept têtes de liste : (Jean-Marie Le Pen pour le Sud-Est (Bruno Gollnisch est en troisième position sur sa liste briguant un sixième mandat) Florian Philippot (Est), Louis Aliot (Sud-Ouest), Aymeric Chauprade (Ile-de-France), Bernard Monot (Massif central-Centre), Gilles Lebreton (Ouest), Marie-Luce Brasier-Clain (Outre-mer). Et Marine Le Pen pour le Nord-Ouest.
« Des post Français »

 La présidente du Front national a répété à quel point les « deux partis siamois » de l’UMPS  qui dominent la vie politique française ont « dessiné les plans, conçu et construit cette prison des peuples qu’est devenue l’UE, totalitaire et parfaitement contraire aux intérêts de notre peuple » :
« En dix ans au pouvoir, l’UMP a fait plus d’Europe et moins de France. Dans leurs têtes ils sont déjà des post Français ».
Explosion des prix depuis le passage à l’euro, multiplication des camps de Roms, arrivée d’OGM dans nos assiettes (et de bœuf aux hormones et de poulet lavé à l’eau de javel…) délocalisation d’emplois, multiplication des normes et réglementations visant nos industriels, agriculteurs, artisans, commerçants, néfaste traité transatlantique (TTIP), immigration massive, plans d’austérité, perte d’identité : la liste des maux est vertigineuse.
« Ces élections sont nationales », a affirmé Marine Le Pen, « c’est de la France qu’il s’agit ».
Et tous les espoirs sont permis en effet pour le FN qui pourrait arriver en tête des élections le 25 mai au soir, comme l’annoncent plusieurs enquêtes d’opinion où ses listes figurent au coude-à-coude avec l’UMP avec plus de 20% des intentions de vote. Devant le PS. Un score qui lui vaudrait alors de quinze à vingt eurodéputés. Et qui ouvrirait une grave crise de régime (comme nous l’explique Marine Le Pen dans notre Numéro spécial européennes à paraître le 10 mai prochain).
Empêcher l’UE de continuer à avancer
Ces futurs députés, elle en a dressé une ébauche : ils permettront «d’empêcher l’UE de continuer à avancer » : « Nous mènerons la vie dure aux européistes de tout poil ». Le leader du Front national a déclaré n’avoir aucune inquiétude sur la possibilité de parvenir à la constitution d’un groupe – il faut 25 députés issus d’au moins 7 pays- avec le FPÖ autrichien, lePVV néerlandais, le Vlaams Belang belge ou la Ligue du nord italienne.
En plus d’un meeting hebdomadaire dans les huit circonscriptions, Marine Le Pen a donné rendez-vous aux militants et aux électeurs pour le « grand meeting national » de la campagne à Paris le 1er mai, à l’occasion du traditionnel défilé de Jeanne d’Arc.

Ségolène Royal interdit les décolletés dans son ministère

Des consignes orales draconiennes ont été mises en place depuis que Ségolène Royal s'est installée dans son ministère... Ça ne rigole pas !


L'installation de Ségolène Royal à l'hôtel de Roquelaure, siège du ministère de l'Écologie, a jeté un froid sur le personnel. En cause, des consignes ont été passées qui forment une sorte de code de conduite en vue de respecter l'étiquette. Le caractère draconien des messages apparaît à beaucoup comme hors norme. Ainsi, il est exigé du personnel féminin une tenue décente avec "interdiction des décolletés", indique une source à l'hôtel de Roquelaure. En vérité, le personnel n'avait pas vraiment besoin de ce rappel pour adopter une tenue tout ce qu'il y a de plus décente...
Contactée par Le Point.fr, Ségolène Royal indique qu'il s'agit d'un "règlement intérieur sur proposition des services qui est destiné à l'interne et ne donne pas lieu à commentaires externes". Les cancans vont pourtant bon train dans les couloirs de cet hôtel particulier du 7e arrondissement de Paris, édifié en 1722 par le maréchal de Roquelaure...

L'huissier annonce la ministre, on se lève !

Toujours selon le personnel, la "dame de fer" de la région Poitou-Charentes se déplacerait dans les couloirs du ministère précédée d'un huissier qui l'annonce, de sorte que le personnel doit se lever sur son passage. Il est également défendu au personnel de fumer dans la cour et le jardin en présence de la ministre. Lorsque la ministre déjeune dans son salon, les membres de son cabinet ne doivent pas emprunter le couloir adjacent pour cause de nuisances sonores. Si bien que, pour atteindre la salle dite de "la popote", il ne faut pas traîner : les conseillers ministériels doivent s'y hâter avant que la ministre ne pénètre dans son salon. Tant pis pour les retardataires, "la popote" leur sera inaccessible.
Par ailleurs, Ségolène Royal a mis en place le co-working. Traduction concrète : aucun bureau ne doit être occupé par une seule personne, en dehors du sien. Il faut être au moins deux afin de co-worker. Cette règle s'applique à Jean-Louis Bianco, son conseiller spécial, qui partage son bureau avec son chargé de mission...

Le fait du prince

Enfin, une dernière règle un peu curieuse : la permission de dormir dans la cabane de l'hôtel particulier qui abrite les officiers de sécurité ou les chauffeurs a été réglementée. Ainsi, le chauffeur de Frédéric Cuvillier, le secrétaire d'État aux Transports, n'a pas le droit d'y passer la nuit lorsque ce dernier est absent de Paris. "Cette interdiction n'a guère de sens, le chauffeur de Cuvillier habite Boulogne... C'est donc des déplacements en plus lorsqu'il faut aller chercher Cuvillier à l'aéroport", nous explique-t-on à l'intendance de l'hôtel de Roquelaure.
Les principes rigoureux mis en place au ministère de l'Écologie tranchent avec l'atmosphère de laisser-aller de la gauche au pouvoir. Le swap Jouet-Lemas à la Caisse des dépôts, les recasages en tout genre (Dominique VoynetHarlem Désir...), sans parler de l'affaire Morelle, viennent parasiter le message du gouvernement au moment où celui-ci demande aux Français (les retraités, les fonctionnaires, les collectivités locales) des efforts supplémentaires... 
POUR QUI SE PREND CETTE GRELUCHE ? 

mercredi 23 avril 2014

Les temps changent

Les temps changent


    François Hollande ne remplacerait pas M. Morelle dans ses fonctions de conseiller politique. Il n’en aurait plus besoin. Il faut certainement être de super connaisseurs des arcanes du pouvoir pour mesurer la portée de l’évènement. Les autres, c’est-à-dire les Français, croyaient, pauvres benêts,  qu’avec ses ministres, ses fidèles, ses amis, ses « visiteurs du soir », tout chef d’Etat croulait sous les conseils. Il faut donc croire que non. En revanche, selon d’autres indiscrétions, le Président devrait nommer un spécialiste en communication. Sa tâche ? Faire le récit du quinquennat auprès de l’opinion trop sotte pour juger d’elle-même. Autrement dit du storytelling pour reprendre l’expression à la mode. Autrefois, on appelait cela de la propagande. Les temps changent.

Éloge des « emmerdeurs »

Éloge des « emmerdeurs »


En cette trêve pascale, la libération des journalistes français détenus en Syrie aura opportunément sursaturé l'espace médiatique pour François Hollande. Une aubaine pour le chef de l'État qui a ainsi échappé au chemin de croix médiatique qui lui était promis avec les retombées de la démission de son conseiller Aquilino Morelle. Une occasion aussi, pour lui, d'adopter la posture avantageuse (même éphémère) de « Père de la nation » rassemblée. Parce que, comme son prédécesseur qui fut tellement décrié pour cela, François Hollande n'a pas échappé à l'irrésistible tentation de « récupérer » les otages.
À chaque fois, c'est la même médiatisation frénétique autour de ces retrouvailles à chaud où les trop ostentatoires effusions des « ravisseurs » politiques le disputent aux émotions vraies des familles. À ce voyeurisme de l'instant, on préférerait plus de décence séparant la manifestation publique de l'intimité du domaine privé. Peut-être en organisant, avec un peu de recul, une réception des ex-otages à l'Élysée. D'autant qu'il entre une part d'hypocrisie dans cette mise en scène où l'on enfouit la vérité sous le vernis de l'émotion et du grand consensus national.
Le bon peuple, invité par François Hollande à partager un « jour de joie », a été prié de ne pas poser de questions sur une éventuelle rançon. Dire cela ne revient pas à méconnaître les réels mérites des services de l'État mais, tout bonnement, à ne pas céder aux illusions de la thèse officielle. C'est précisément ce devoir de vérité et de témoignage qui animait nos confrères libérés.
Alors, réjouissons-nous de l'hommage qui leur a été rendu par François Hollande : « La France est fière d'avoir des compatriotes de cette valeur ». On est loin des polémiques sur les prises de risques inconsidérées des reporters. On est encore plus loin des insultes d'Arnaud Montebourg qualifiant les journalistes « d'emmerdeurs publics », vendredi à Clermont-Ferrand, après l'affaire Aquilino Morelle. Dans une République qui a tant de mal à se rendre exemplaire, le devoir d'information s'impose. On appréciera que soit venu d'en haut cet éloge des « emmerdeurs ».

Oublier Jean Jaurès

Oublier Jean Jaurès
Longtemps symbole de ce que le socialisme ouvrier avait de plus mythique, Carmaux, théâtre des grandes grèves du charbon et du verre à la fin du XIXème siècle, sera ce mercredi le lieu où se concentreront tous les signes d’un pouvoir en miettes.
Etape obligée de toute bonne campagne électorale de gauche, Carmaux avait reçu en futur triomphateur le candidat François Hollande. Président élu, magistralement impopulaire, le voilà qui y retourne, contraint cette fois à une visite-éclair sous bonne protection policière.
Carmaux, ville historique de Jean Jaurès que tout bon militant socialiste se doit de citer dans ses discours -et Manuel Valls encore lors de sa déclaration de politique générale, est depuis toujours ancrée à gauche. Mais ses habitants ne pourront pas approcher le chef de l’Etat prononçant son discours : l’accès à la salle François-Mitterrand se fera sur invitation, dûment contrôlée.
Deux ans seulement se sont écoulés depuis la harangue du « candidat de la constance » (sic) et ses attaques contre Nicolas Sarkozy, l’adversaire. Relira-t-il son discours de Carmaux, dans lequel il reprochait au président sortant « les différences entre ses paroles et ses actes » ? Osera-t-il redire, de la même la voix vibrante d’orateur passionné, qu’il se revendique toujours de « la pensée de cette figure du socialisme » et se « réclame de la synthèse de Jean Jaurès entre l'idéal que nous devons servir et le réel qui est devant nous » ? Un réel qui prend aujourd’hui la forme de l’austérité, et un idéal déchu, celui d’une majorité déchirée à laquelle lui et son Premier ministre doivent désormais résister.
Carmaux, deux heures dans la vie d’un président, une éternité pour oublier Jean Jaurès et son funeste constat : « Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots ».

Pendant ce temps, la Chine se dégonfle


Et pendant que la France se lance courageusement sur le chemin des mesurettes et du bricolage budgétaire millimétré pour donner le change aux marchés, à l’Union Européenne et au peuple à l’affût du moindre changement, la Chine découvre le sentier rocailleux et fort pentu du dégonflement économique rapide.
Clairement, la situation chinoise n’est pas au beau fixe, et laisse même perplexe par certains paradoxes.
D’un côté, comme je l’avais noté dans un précédent billet, la Chine monte clairement en puissance en tant qu’acteur économique majeur ; ceci va d’ailleurs bien au-delà des simples indicateurs économiques comme son PIB, sa croissance ou la taille de son marché ou de sa population et s’étend aussi sur sa capacité, dans un futur plus ou moins proche, à assurer à sa monnaie une stabilité de monnaie de réserve. Que le Yuan remplace un jour le dollar n’a, sur le papier, rien de farfelu. S’il est pour le moment évident que les États-Unis tiennent la dragée haute, force est de constater que de plus en plus de banques centrales tendent à considérer favorablement la monnaie chinoise. Comme le notait un récent article de ZeroHedge, une quarantaine d’entre elles ajoutent actuellement le Yuan dans leur portefeuille.
De l’autre, on ne compte plus les articles qui, recensant les récents soucis rencontrés par les marchés intérieurs et financiers chinois, en concluent que l’économie de l’Empire du Milieu est actuellement dans une fort mauvaise passe, et accumule des signaux spécifiques démontrant une mauvaise allocation massive de capitaux.
En effet, si tout semble s’accélérer actuellement dans l’Empire du Milieu, la situation a commencé nettement à déraper il y a quelques mois ; on se souvient en effet qu’en janvier dernier, un fonds n’avait pas été capable de rembourser ses investisseurs d’un montant de 3 milliards de Yuans, fonds utilisé dans le cadre d’un prêt à une compagnie de charbonnage (Shanxi Zhenfu Energy Group), qui a depuis fait faillite.
Cette petite gamelle dans le Shadow Banking, bien que passée à peu près inaperçue en Europe et notamment en France où les informations économiques, sorti du Vieux Continent, semblent n’intéresser personne, donnait pourtant le signal clair que la situation économique chinoise n’était pas aussi fabuleuse que ce que les dirigeants du pays communiste tentaient de faire croire. Très manifestement, à une période récente de croissance insolente va succéder une petite phase turbulente d’ajustements ; il ne faut pas perdre de vue que le marché chinois est encore massivement règlementé, que la corruption et le capitalisme de connivence y font des ravages et que les orientations économiques imposées par le gouvernement conduisent inévitablement à des allocations douteuses de capital (toute ressemblance avec d’autres gouvernements, d’autres fléchages fiscaux, d’autres excitations dirigistes et d’autres capitalismes de connivence ne sont pas fortuites, malheureusement).
Et l’impression de retournement se précise donc puisqu’après ce problème dans le Shadow Banking, c’est le marché obligataire local qui, à son tour, a encaissé une mauvaise nouvelle : début mars, « The Shanghai Chaori Solar Energy Science and Technology Company », une petite compagnie spécialisée dans les panneaux solaires, annonce à ses investisseurs qu’elle ne sera pas en mesure de rembourser les 90 millions de Renminbi d’intérêts prévus annuellement ce qui, concrètement, la place en situation de faillite.
Parallèlement aux marchés financiers, c’est celui de l’immobilier qui marque maintenant des signes clairs de retournement. Pour Forbes, l’affaire est claire : la bulle immobilière chinoise est en train d’exploser. On peut se demander, au passage, ce qui a pris aussi longtemps tant il était évident que l’écart se creusait entre les capacités de logements et la demande réellement solvable en face. À mesure que les cités fantômes se sont multipliées, la bulle immobilière s’est faite plus visible au point de ne plus pouvoir être niée.
Là encore, toute ressemblance avec d’autres marchés immobiliers, en Espagne ou aux États-Unis, n’est malheureusement pas fortuite, les mêmes causes produisant invariablement les mêmes effets. On assiste donc à un dégonflement notable des prix des biens immobiliers, y compris sur les marchés des villes les plus peuplées normalement à l’abri de la volatilité des banlieues et de la campagne.
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Comme on le voit, l’Empire est, véritablement, au Milieu… du gué : si sa monnaie et sa stratégie consistant à acheter de l’or par tonnes depuis des années donnent un avenir solide pour sa monnaie, le reste de ses fondamentaux économiques le pousse doucement vers des lendemains qui ne sifflotent pas trop.
Et du reste, ce qu’on voit en Chine, on peut aussi l’observer, à différentes échelles, dans d’autres pays plus ou moins soumis aux mêmes aléas. C’est du moins la conclusion que tire William R. White, l’ancien président de la Banque des Règlements Internationaux (la « banque centrale des banques centrales »). Ce dernier, lors d’unrécent entretien à un journal suisse financier, a expliqué son inquiétude sur la situation économique mondiale dans laquelle il croit déceler un gros paquet de bulles spéculatives, d’autant plus que la situation actuelle n’a absolument rien de comparable avec les crises précédentes.
Ainsi, pour lui, les actions actuelles de la Fed et des autres grandes banques centrales, qui tentent de relancer la consommation par l’inflation, sont extrêmement dangereuses. En outre, les raisons fondamentales (les excès de dettes, tant privées que publiques) qui ont provoqué la crise de 2008 en premier lieu n’ont toujours pas été résolues ; ces problèmes-là sont d’ordre politique et non financier, du ressort des gouvernements et non des banques centrales, et ce sont pourtant ces dernières qui bricolent des mesures à tout va. Pire : là où, en 2007, la situation concernait surtout les économies développées, les cinq années écoulées ont essentiellement permis d’étaler les problèmes au-delà et d’impliquer directement les pays émergents.
William White, de ce point de vue, rejoint d’autres analystes qui font les mêmes remarques : d’une part, non, le système bancaire n’est pas sauvé du tout, et d’autre part, les taux d’emprunts actuels sont bien trop faibles pour assurer un assainissement des marchés. Comme le rapporte Philippe Herlin, le FMI confirme lui aussi que la situation du secteur bancaire européen se dégrade. Comme le note Alex Korbel, les taux sont bien trop faibles pour être réalistes ; le fait qu’en Europe, les investisseurs tentent de se réfugier dans des obligations d’États italien et espagnol en dit long sur le marasme qui règne actuellement.
Plus proche de nous, la France enregistre actuellement une baisse record de l’emploi à domicile (l’économie interpersonnelle bascule manifestement dans le marché noir, les gens ne pouvant plus subvenir aux ponctions de l’État), pendant que les prix continuent de baisser dans l’immobilier.
Comme prévu, la déflation continue. Deux questions demeurent : combien de temps encore, et éviterons-nous l’hyperinflation ?

En pariant sur le retour de la croissance, le gouvernement joue son va-tout


Bercy vise une nette accélération du PIB en 2015, 2016 et 2017. Comme en 2012, l’exécutif espère que ce retour de la croissance permettra à la fois de réduire le taux de chômage et de respecter ses engagements communautaires.
Pour le gouvernement, c'est une certitude : le retour de la croissance est imminent. Après avoir progressé de 0,3% en 2013 et de 1% cette année, le PIB continuerait d'augmenter inexorablement au cours des trois prochaines années. En 2015, l'activité progresserait de 1,7% puis de 2% et 2,25% en 2016 et 2017. Telles sont les prévisions de croissance qui seraient intégrées au programme de stabilité que Manuel Valls présentera ce mercredi en Conseil des ministres et qui seront intégrées au programme de stabilité que la France transmettra à Bruxelles le 7 mai.
Révisées à la hausse - l'exécutif visait jusqu'ci une hausse de 0,9% du PIB cette année, de 1,7% en 2015, de 2% et 2,25 en 2016 et 2017, ces prévisions sont-elles trop optimistes ? Si elles dépassent le consensus des économistes, elles sont en ligne avec celles établies par la Commission européenne.

Les effets des mesures gouvernementales

Comment justifier cet allant ? Le gouvernement compte sur les effets des mesures déjà mises en place, notamment le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) intégré au Pacte de compétitivité, mais aussi sur les baisses d'impôts prévues par le Pacte de responsabilité pour relancer l'investissement, l'emploi et in fine l'activité.
Le 21 janvier, François Hollande n'avait-il pas déclaré lors de la présentation de ses vœux aux forces vives que " Tout, je dis bien tout, a été fait pour mobiliser les énergies " ? Il suffirait donc d'attendre un peu pour ces mesures produisent enfin leurs effets, en laissant de côté l'impact négatif sur la consommation et l'investissement que devraient probablement provoquer le programme d'économies de 50 milliards dévoilé la semaine dernière par le Premier ministre, la fermeté de l'euro, voire une situation déflationniste

Le gouvernement a-t-il vraiment le choix ?

L'exécutif prend-il des risques en affichant un tel volontarisme ? Pressé par Bruxelles de tenir ses engagements en matière de réduction du déficit public qui doit être abaissé à 3% du PIB en 2015, Bercy n'a pas vraiment le choix que de croire en sa bonne étoile. Les gouvernements français, qu'ils soient de droite ou de gauche, ont pris l'habitude de surestimer leurs prévisions de croissance contenues dans les programmes de stabilité pour ne pas s'attirer les foudres de Bruxelles.
Est-ce de leur faute ? Au regard des incertitudes dans le domaine macroéconomique, faire des paris sur le moyen terme n'est-il pas saugrenu ? En 2013, le gouvernement n'a-t-il pas été incapable de mesurer avec précision l'activité en… 2013. Après avoir tablé jusqu'à la fin de l'année sur une hausse de à 1% du PIB, Bercy a finalement constaté que celui-ci avait progressé de 0,3%.

L'annonce choc de François Hollande

En affichant un tel volontarisme, une telle confiance en l'avenir, le gouvernement tente de faire coup double. Tout en assurant le service-après vente de son action dans le domaine économique, il essaie également d'instiller une petite dose de confiance dans l'esprit des ménages et des chefs d'entreprises. " C'est en voyant loin qu'on change la perception du présent, qu'on gagne la confiance. (…) Sur le plan psychologique, il est très important que les Français se disent: "ça peut repartir" ; car la confiance ramènera la consommation et l'investissement ", avait déclaré François Hollande lors de sa conférence de presse le 13 mai… 2013. Près d'un an plus tard, ce manque de confiance est certes un peu moins vif si l'on en croitles récentes enquêtes de conjoncture des Français, mais il reste préoccupant.
En outre, pour François Hollande, faire preuve volontarisme est essentiel. En effet, si croissance n'est pas de retour, et si elle n'est pas durable, baisser le nombre de demandeurs d'emplois sera toujours très compliqué. " Si le chômage ne baisse pas d'ici à 2017, je n'ai, ou aucune raison d'être candidat, ou aucune chance d'être réélu ", a déclaré la semaine dernière le chef de l'État, espérant donc que l'objectif d'inverser la courbe du taux de chômage qui devait être atteint fin 2013, le soit avant mai 2017.

Les statistiques à rescousse !

En attendant que les mesures du gouvernementales produisent ou non leurs effets, le gouvernement aura tout de même la satisfaction le 15 mai de constater une assez nette révision à la hausse des statistiques macroéconomiques de la France. C'est en effet à cette date que l'Insee, appliquant les nouvelles normes de comptabilité nationale édictées par le Système de comptes nationaux (SCN 2008) et sa déclinaison européenne, le Système européen de comptes (SEC 2010), dévoilera une nouvelle version des comptes nationaux, actualisée sur les trois dernières années. Elle reposera sur une nouvelle base qui prend en compte les modifications de tous les grands agrégats (PIB, consommation, investissement…). Conséquence de ces modifications comptables, « il en résultera une révision substantielle à la hausse du niveau du PIB, pour un impact nettement plus modeste sur les taux d'évolution ".
Selon l'Insee, l'augmentation du niveau du PIB pourrait être de 1 à 4 points de PIB, 1 point de PIB représentant 20 milliards. Conséquence, les ratios qui prennent le PIB pour dénominateur reculeront précise l'Insee, notamment ceux qui auront le déficit public, la dette publique et les prélèvements obligatoires au numérateur.

Le poids de l'immatériel revalorisé

Concrètement, à compter du 15 mai, les actifs produits, entendus comme les biens matériels ou immatériels utilisés de façon répétée et continue dans des processus de production pendant plus d'un an, verront leur périmètre élargi pour inclure, au titre de la propriété intellectuelle, un certain nombre d'actifs immatériels comme les résultats des activités de recherche et développement (R&D), les bases de données, et les biens d'équipement à usage exclusivement militaire. "On entend par là les navires, sous-marins, avions, blindés ainsi que certains missiles à fort pouvoir destructeur équipant les forces armées ", explique l'Insee. De fait, en raison de cette extension du périmètre des actifs produits, les dépenses engagées pour les acquérir - dépenses de R&D, achats de base de données ou d'équipements militaires - seront dorénavant comptabilisées en formation brute de capital fixe (FBCF), c'est-à-dire en investissement, et non plus en consommation intermédiaire. Le PIB est relevé d'autant.
Jusqu'à présent, la consommation intermédiaire, c'est-à-dire la valeur des biens et services transformés ou entièrement consommés au cours du processus de production, n'était pas prise en compte dans le calcul la valeur ajoutée et le PIB. " L'augmentation de la valeur ajoutée concerne aussi bien les administrations publiques, pour les achats de systèmes d'armes ou le financement de la R&D non marchande, que les sociétés non financières, pour la R&D marchande et les bases de données ", détaille l'Institut.

Le nouveau centre du monde

Le nouveau centre du monde


Après la crise des "îles", le Japon et la Chine font face à une nouvelle crise liée à la dernière guerre mondiale. La tension dans la région est de plus en plus forte face à la puissance grandissante de la Chine. Les États Unis essaient de jouer un rôle dans une région devenue prioritaire pour eux. Sans succès pour l'instant.
TOURNÉE D'OBAMA EN ASIE
et il commence par le Japon. Le centre du monde s’est déplacé vers l’Asie. On le dit et on le répète. Sous la présidence d’Obama, les États Unis ont d’ailleurs cherché à basculer leur zone d’influence vers cette région. Le but était d’apporter aux pays asiatiques à commencer par le Japon un contrepoids à l’influence grandissante de la Chine.

CRISE ENTRE LE JAPON ET LA CHINE
Nouvelle crise hier avec un bateau Japonais saisi par la Chine pour une affaire qui date de 1937 quand le Japon s'apprêtait à envahir la Chine. 1937. On sent bien qu'entre ces deux pays, et de façon générale entre la Chine et la plupart des pays asiatiques de la région, il y a de nombreux comptes à régler et une hostilité grandissante. Et cette région est devenue le centre du nouveau monde. Voir l'édito en vidéo

LA MÉTHODE COUÉ
Après les incantations à l'inversion de la courbe du chômage de Hollande. Repoussée dernièrement à 2017 ("je ne me représenterai pas si le chômage n'a pas baissé"), voici la méthode Coué appliquée à la croissance. Les calculs de retour à 3% de déficit sont basés sur une croissance de 1% en 2014, 1.7% en 2015 et 2.25% en 2016 et 2017. On imagine qu'en cas de deuxième mandat Hollande on aura même une croissance à 5% en 2018. Le gouvernement a pris à la lettre le slogan "think positive"...

À QUOI RESSEMBLE UN PAYS EN CRISE
confronté à une "austérité insupportable"? Un pays où les villes se vident pendant les ponts et les vacances scolaires comme si on était le 15 Août...

LA DÉVALUATION N'EST PAS UNE SOLUTION MIRACLE
La nouvelle mode pour des économistes qui veulent se faire remarquer c'est de prôner la sortie de l'euro en expliquant que la dévaluation est la solution miracle à tous les maux. Ils devraient regarder ce qu'il se pense au Japon où malgré la baisse du yen, la croissance s'écrase à nouveau et où hier on a annoncé le pire déficit commercial historique...La baisse du yen n'a pas relancé les exportations car les exportateurs ont préféré augmenter leurs profits plutôt que de baisser leurs prix; quant aux importations, elles ont bien évidemment augmenté...

RUMEUR À 100 MILLIARDS
Fusion entre le numéro un mondial Pfizer et le Britannique Astra Zeneca... Démentie... pour l'instant...

L'AFFAIRE MORELLE
a relancé le business de cireurs de chaussure à domicile. Des emplois aidés ou des contrats d'avenir ?

LA RÉVOLUTION DU VOYAGE
62% des Français préparent leurs vacances sur Internet et quand on connaît la place des vacances dans notre pays, on imagine la place grandissante des leaders du net. Les vedettes : Priceline (Kayak et Booking), Expedia, Tripadvisor et bientôt Google, encore.

10 MILLIARDS, 10 MILLIARDS!!
C'est le nouveau tarif pour une belle boîte numérique américaine. Airbnb vise une introduction avec une valorisation de 10 milliards et rejoint le club des "start up" decamilliardaires.

LES BRICS VOTENT
Les Échos donnent le calendrier des élections dans les Brics et émergents et 2014 va être chargé. Entre l'Inde qui a déjà commencé, l'Afrique du Sud le 7 mai, l'Indonésie en Juillet, la Turquie en août, le Brésil en octobre comme l'Argentine.

L'ÉMISSION C'EST VOTRE ARGENT
du week end dernier est disponible en podcast . On rejoue la semaine, vous conseille ce qu'il faut acheter ou vendre. La patronne de la semaine est la patronne du syndicat des cadres Carole Couvert. Le thème de la semaine, les placements plaisir. 

À SAISIR
Le château de Catherine Deneuve à 75 kms de Paris en Eure et Loir. 1200 m2. 4 millions d'euros. Les annonces ne précisent pas le montant des charges.

DES TAXIS 
Français se sont lancés dans l'aventure Tesla. Si vous avez du bol, vous allez pouvoir rouler dans la super voiture électrique qui vient de débarquer en France et que 4 taxis ont décidé d'acheter.

LE COMEBACK DU PORTUGAL
sur le marché demain avec une émission de dette à 10 ans. La fête continue sur les pays d'Europe du Sud qui sont devenus les chouchous des investisseurs...

VOILA C'EST TOUT
BONNE JOURNÉE
MAY THE FORCE BE WITH YOU

Courant… alternatif

Courant… alternatif


On savait l'imagination du PS sans limites en matière d'organisation de courants. Voici qu'il vient d'en créer un nouveau : le courant alternatif. Un courant qui entend, dans un esprit constructif, porter des propositions d'aménagement au plan d'économies de 50 milliards présenté il y a une semaine par Manuel Valls. Hier, le Premier ministre a dû honorer sa promesse d'écoute des parlementaires en recevant à Matignon une délégation de députés socialistes. Au fond, il s'agissait surtout de canaliser le mécontentement qui s'est exprimé dans les rangs les plus à gauche du PS ces derniers jours.
Dans le genre, on peut faire confiance au sens tactique de Manuel Valls. La rencontre a davantage tenu de la « câlinothérapie », pour ne pas désespérer Solférino, que de la confrontation. De là à imaginer que le Premier ministre allait bouleverser un plan, d'ailleurs voulu par François Hollande, il y avait un grand pas. En osant « penser avoir été entendus », les visiteurs du jour à Matignon devront se contenter de quelques concessions symboliques et clientélistes.
S'il est probable que Manuel Valls batte en (petite) retraite sur le dégel des plus faibles pensions, s'il est possible qu'il joue la « revoyure » avec le gel du point d'indice des fonctionnaires, il n'a rien lâché sur l'objectif des 50 milliards d'économies. D'où l'impression qu'il a seulement cherché à calmer, à moindre frais, les angoisses électorales du PS. Rien dans tout cela qui ne témoigne d'une aptitude à réviser une doctrine redistributive obsolète qui ne règle aucun problème de fond.
Il est bien de revaloriser les retraites de 622.000 personnes touchant 692 euros par mois. Mais qu'en sera-t-il des 14,5 millions, dont beaucoup ne touchent guère plus de 800 euros ? Une solution profitable à tous passerait par une vraie réforme rendant viables les régimes de retraite dans la durée. Pareil pour le point d'indice des fonctionnaires sur lequel se focalisent les crispations sans remédier aux lourdeurs d'un État podagre. Tout cela semble interdit par la « révolte des godillots » qui, dans leur générosité sélective, oublient… la pauvre France.

Libération de nos otages en Syrie

Libération de nos otages en Syrie


Certains geôliers parlaient français ? Sans blague !


« Malheureusement, oui » : c’est la réponse, empreinte semble-t-il d’étonnement, lâchée dimanche par Fabius au journaliste du Grand rendez-vous I-TéléEurope 1Le Monde, qui lui demandait si certains des geôliers des quatre journalistes libérés après dix mois de captivité parlaient bien français. « Malheureusement, oui »… Comme si l’étonnement pouvait encore avoir sa place quand on sait que plus de 700 « Français » sont partis guerroyer en Syrie et ailleurs. Comme si les multiples arrestations de djihadistes en partance opérées ces derniers mois ne suffisaient pas à leur faire comprendre que notre pays est devenu une redoutable matrice de fous d’Allah.

« Je t’égorge sur place »

Pour des raisons évidentes de sécurité, le ministre des Affaires étrangères n’a pas souhaité en dire plus, se bornant à expliquer qu’« il y a des Français, des Belges, des Italiens, des Européens en général, qui sont partis faire le djihad » en Syrie, mais qu’« il faut être très discret car les terroristes utilisent tout contre les otages eux-mêmes ». Et, au fond, il n’y avait pas grand-chose à ajouter. Avec plus de 700 djihadistes français présents en Syrie et autres lieux, pas étonnant de retrouver certains d’entre eux parmi les geôliers de nos otages ou encore face à nos troupes au Mali.
Des Français convertis, mais aussi beaucoup de Français d’origine étrangère issus de ces banlieues ethniques abandonnées à la délinquance et à l’islamisme, qui ont grandi dans la haine de l’Occident et le fanatisme musulman, haine et fanatisme souvent renforcés par un passage dans nos prisons, devenues elles-mêmes de véritables écoles coraniques. Dans le livre qu’il a récemment publié sur ces djihadistes français (1), David Thomson rapporte ainsi le témoignage édifiant de Cédric qui se dit « capable de tuer son propre frère, militaire dans l’armée française » « Tout musulman de base qui n’est pas hypocrite doit se revendiquer comme terroriste, explique-t-il. Allah nous dit : “Terrorisez vos ennemis et mes ennemis.” Moi, je suis pour ce qu’a fait Mohamed Merah. (…) Mon petit frère est militaire, mais je lui ai dit : (…) “si tu vas faire la guerre pour tuer des musulmans et que tu reviens, je t’égorge sur place, devant tout le monde.” »

« Ils vont revenir »

Voilà ce qu’ont produit des années de laxisme et de n’importe quoi dans les banlieues. Et Gilbert Collard avait bien raison d’inviter dimanche le gouvernement à mettre tout en œuvre pour empêcher ces gens de revenir en France. « Moi, ce qui me préoccupe, a en effet expliqué le député FN, c’est non seulement qu’ils y soient allés mais surtout qu’ils vont revenir. On va avoir quand même des gens qui sont partis faire une guerre sainte et qui arrivent sur le territoire français entraînés, équipés et qui vont être ingérables. » Aussi, a ajouté Collard, « j’attends que les services ne fassent pas comme dans l’affaire Merah, où ils ont abandonné les écoutes et les filatures trop tôt ».
Des services, justement, en pleine réorganisation. Début mai, le ministre de l’Intérieur devrait ainsi annoncer la mise en place de nouvelles mesures contre les filières djihadistes en France, en même temps que la mise en œuvre d’un grand lifting du renseignement placé sous la coupe de l’Intérieur. De sources policières, il s’agirait notamment de renforcer les moyens face à la multiplication des départs de Français en Syrie et, pour les mineurs, de rétablir l’obligation d’une autorisation de sortie du territoire national, récemment supprimée. Enfin, le gouvernement entend aussi « engager des campagnes de sensibilisation en partenariat » avec les municipalités ou l’Education nationale et « créer des cellules à destination des familles concernées par des radicalisations ».
(1) Les Français jihadistes, par David Thomson, aux éditions Les Arènes.

mardi 22 avril 2014

Juppé et Rocard claquent la porte au nez de Montebourg

Les deux coprésidents du comité de surveillance du Programme d'investissements d'avenir refusent que le Commissariat général à l'investissement, jusqu'alors sous l'autorité de Matignon, soit placé sous tutelle de Bercy.
En voilà deux qui ne sont pas contents d'avoir été mis sous la tutelle du nouveau ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg!Alain Juppé et Michel Rocard, les deux anciens premiers ministres qui avaient été nommés coprésidents du comité de surveillance du Programme d'investissements d'avenir, viennent de démissionner conjointement et avec fracas. Dans un courrier adressé à Manuel Valls, ils expliquent que cette décision de ne plus les rattacher à Matignon comme
c'était jusqu'à présent le cas, pose «quelques problèmes collatéraux graves au regard des ambitions du Programme d'investissements d'avenir, dont la solution ne paraît pas pouvoir relever d'un ministre, fût-il celui de l'Économie».
Selon eux, sont en danger «l'instruction transparente» des projets candidats à un financement, l'examen interministériel de ces projets permettant un analyse globale de leur cohérence, et les décisions prises in fine par le premier ministre. Il estiment aussi que «dans le cas d'une tutelle par le ministre de l'Économie, celui-ci sera beaucoup plus soumis que ne l'est le premier ministre à la pression de ses collègues pour utiliser les fonds du programme en substitution de dotations budgétaires limitées par les exigences de nos finances publiques». Ils considèrent également qu'il leur faut avoir «une relation directe avec le premier ministre plutôt qu'avec un membre du gouvernement parmi d'autres» (sic).
Et ils en tirent les conclusions: «Notre situation de coprésidents du Comité de surveillance nous faisait en quelque sorte garants de la pérennité des procédure et des engagements du Commissariat général vis-à-vis de ses nombreux contractants industriels ou universitaires, comme vis-à-vis de l'Union européenne. Le changement institutionnel qui vient d'intervenir met en cause cette pérennité».
Que ce soit avec malice ou pas, les deux anciens premier ministres concluent leur courrier en souhaitant «bonne chance au ministre de l'Économie pour préserver et renforcer le bel outil qu'est le Commissariat général à l'investissement»!

L’AUMÔNE

L’AUMÔNE


Alain, 8 euros. Caroline, 0,63 €. Et d’autres, tant d’autres. 2,47 € ici, 0,45 € là et 12 € pour l’un des plus vernis. « Oui mais avec 36 ans d’ancienneté ». La semaine passée, à Valenciennes, les 2.400 salariés de l’usine PSA, qui produit des boîtes de vitesse, ont reçu leurs primes d’intéressement pour l’année 2013. Pas vraiment un jackpot. Les sommes allouées oscillent entre 40 centimes et 18 euros. Même pas le prix d’un timbre-poste pour les moins bien lotis, tout juste de quoi se faire un gueuleton entre copains pour les plus veinards. En tout cas loin des standards de l’automobile, Plus de 8.000 € chez Porsche et BMW, entre 1.200 et 1.560 € pour Renault. Certes, le groupe va mal. Mais les syndicats n’ont pas manqué de dénoncer le décalage entre cette aumône et le salaire annuel de Carlos Tavares, le nouveau patron : 1,3 million d’euros et une part variable. Il est de cruelles comparaisons. Du coup, près de 200 employés valenciennois ont décidé de verser leurs modestes pourboires aux Restos du cœur. À l’arrivée, déjà 2.000 €. Il arrive que les petites rivières fassent les grands fleuves. Et, entre ironie et résignation, un délégué a conclu : « C’est un investissement sur l’avenir. Au train où vont les choses, on va tous finir aux Restos ».

Chaussure à son pied

Chaussure à son pied


Donc M. Morelle se faisait cirer ses souliers dans une salle de l’Elysée à l’époque où il conseillait M. Hollande. Les humoristes jugeront que le cirage de pompes appartient à l’art politique, que cet homme-là s’essuyait aisément les pieds sur les principes ou que cette affaire constitue désormais un sacré caillou dans sa chaussure. Il y a sans doute encore bien d’autres expressions qui s’appliquent parfaitement et drôlement à la situation. Encore faut-il avoir envie de sourire. Ce n’est pas le cas tant, ces temps-ci, la grandeur du service de la République semble ignorée : l’un enregistrait secrètement ses conversations avec l’ancien chef de l’Etat, l’autre profitait de son poste pour tomber dans la démesure. Même familier de la condition humaine, on reste abasourdi.

2017 et l’humour présidentiel

2017 et l’humour présidentiel

Il faut reconnaître à François Hollande une qualité : il est doté d’un solide sens de l’humour. On sait désormais que si le chômage ne baisse pas d’ici à 2017, le chef de l’Etat n’aura « aucune raison d’être candidat, ou aucune chance d’être réélu ». Il s’agit, bien sûr, d’une blague comme le président de la République les affectionne. Car le message qu’il cherche à instiller dans l’esprit des électeurs est celui qu’il sous-entend dans sa circonlocution. Il veut dire que si le chômage finit par reculer, il aura alors toutes les raisons d’être candidat et même, pourquoi pas, d’être reconduit pour un deuxième mandat à l’Elysée.
Certains jugent insensé que le Président lie une nouvelle fois son sort politique à l’inversion d’une courbe du chômage qu’il n’a jamais réussi à dompter. Mais en réalité, que la fameuse courbe s’inverse ou pas, François Hollande n’a aujourd’hui aucune chance d’être réélu, dans les abîmes d’impopularité qu’il a atteints. Ce que sa petite phrase révèle en revanche, c’est qu’il pense très fort au bilan qu’il aura à défendre en 2017. On ne saurait l’en blâmer ; on n’a jamais vu un Président en cours de premier mandat qui ne se préoccupait pas de sa réélection.
Ce qu’on aimerait en revanche, c’est qu’il se préoccupe au moins autant de la bonne santé de l’économie française, de l’assainissement de nos finances publiques et même, pourquoi pas, de l’instauration de la « République irréprochable » qu’il a promise pendant la campagne de 2012. Ce serait pour lui le meilleur moyen, sinon d’être réélu, du moins de laisser dans nos livres d’histoire une trace qui ne soit pas réduite à ses traits d’humour.

Si François Hollande a le sens de l’Histoire…

Si François Hollande a le sens de l’Histoire…


En disant: «Si le chômage ne baisse pas d'ici à 2017, je n'ai, ou aucune raison d'être candidat, ou aucune chance d'être réélu»,François Hollande a adressé un curieux message aux Français. Qui m’inspire deux réflexions.
1)     C’est le genre de petite phrase plus porteuse de message subliminal que d’information réelle. Que nous dit-elle ?
Qu’il pourrait être ou ne pas être candidat, être ou ne pas être réélu. On est bien avancé ! Car enfin, la probabilité que le chômage baisse, compte tenu des cycles de l’économie et des politiques sociales, est tout de même assez forte.
Mais elle nous dit surtout que François Hollande pense à 2017. Et ça, en plein chômage, en pleine politique de rigueur, le seul fait de laisser entendre qu’il se soucie à ce point de son avenir personnel n’est pas d’une suprême habileté.
2)     La seule chose que François Hollande devrait laisser transparaître, c’est le pays, rien que le pays. S’il avait, ce qui n’est pas exclu, le sens de l’Histoire, le Président devrait partir du principe qu’il ne sera pas candidat et qu’il peut donc tout se permettre pour remettre le pays sur pied. Ainsi, il ne serait pas réélu en 2017, mais on garderait de lui le souvenir de l’homme qui a eu le courage de réformer pour redresser.
Accessoirement, cette politique pourrait avoir pour effet de redessiner le paysage politique. Le plan Valls est en train d’embarrasser les plus modérés de l’UMP et de créer une cassure chez les centristes dont certains se disent : « Ne ratons pas – je cite certains - une occasion de nous montrer politiquement intelligents ».
Si tel est le cas, si des voix de centre-droit venaient soutenir les 50 milliards d’économies, il est probable que certains socialistes et certains écologistes, voyant qu’il n’y aurait pas de risques de dissolution, se sentiraient autorisés à ne pas le voter. Cassure aussi dans la majorité.
S’il joue l’avenir du pays plutôt que le sien, s’il se sacrifie au nom du bien commun, alors François Hollande peut encore frapper un grand coup. C’est cela qu’il aurait dû dire aux ouvriers de Clermont-Ferrand.