TOUT EST DIT

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Affichage des articles dont le libellé est Par Luc de Barochez. Afficher tous les articles
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vendredi 13 février 2015

Minsk, une étape sur la route de Moscou

François Hollande et Angela Merkel ont fait preuve de courage et de ténacité en se rendant dans la capitale biélorusse pour mettre Vladimir Poutine au pied du mur. Ils ont arraché un cessez-le-feu qui, même s’il est le deuxième en cinq mois, constitue un résultat appréciable, après le bain de sang dont les civils ont été les premières victimes depuis un an en Ukraine. Le président et la chancelière ont prouvé une fois de plus que la France et l’Allemagne, lorsqu’elles étaient unies et déterminées, pouvaient soulever des montagnes en Europe. Puisse François Hollande s’en souvenir, lui qui a perdu tant de temps depuis qu’il est à l’Elysée à manigancer des alliances contre Berlin.
Cependant, même suspendu, le conflit ukrainien reste préoccupant. L’accord Minsk 2 ne garantit pas la paix, loin de là, et sa mise en œuvre repose sur la bonne volonté de protagonistes dont la mauvaise foi n’est plus à prouver. Le texte consacre les gains territoriaux des rebelles et contraint l’Ukraine, qui a déjà perdu la Crimée l’an dernier, à renoncer de facto à exercer sa souveraineté sur le Sud-Est. Enfin, il n’apporte aucune réponse à des questions vitales pour l’avenir. Comment l’Europe peut-elle aider l’Ukraine à ressusciter son économie et éradiquer la corruption ? Comment l’Otan peut-elle restaurer une dissuasion efficace contre Vladimir Poutine, qui a montré que, contrairement aux Occidentaux, il n’avait pas peur de recourir aux armes pour restaurer la puissance impériale d’antan ? Et plus largement, comment l’Europe pourra-t-elle renouer un jour une relation de confiance avec la Russie ? Si la longue nuit de Minsk a au moins permis aux Européens de gagner un peu de temps pour ébaucher une vraie stratégie à l’Est, elle n’aura pas été inutile. A condition qu’ils ne laissent pas filer l’occasion.

lundi 8 décembre 2014

Entre le réel et l’imaginaire, le PS a choisi

En observant l’état de la France en cette fin d’année, on comprend que François Hollande et le parti socialiste attendent l’année 2015 comme le condamné à mort le résultat de son recours en grâce : avec un mélange d’espoir irraisonné et de crainte du lendemain qui pousse à se réfugier dans l’imaginaire plutôt qu’à affronter la réalité. A cet égard, les Etats généraux du PS qui se sont achevés ce week-end à Paris ont montré que le parti au pouvoir n’avait rien perdu de ses illusions. Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire, a fait adopter une « charte des socialistes pour le progrès humain » de 23 pages présentée comme un « nouveau programme fondamental » devant permettre au PS de « travailler au renouveau de la France. »
On y proclame la nécessité d’un « éco-socialisme » plutôt que du progressisme cher à Manuel Valls, on y affiche sa volonté d’édifier une « alter-Europe » puisque l’Union européenne est décidément trop contrariante, on y loue « l’Etat stratège, l’Etat protecteur, l’Etat social », et même « l’Etat social-écologique » censé favoriser le retour des Verts au gouvernement. Mais de solutions pour lutter contre le chômage, relancer la croissance et encourager les entreprises, point.
« Le fondement de la théorie, c’est la pratique », disait Mao Tse-Toung. En deux ans et demi d’exercice du pouvoir, on aurait pu supposer que le parti socialiste ait appris quelques leçons de réalisme et de modestie. Chômage record, déficits incontrôlés, croissance hors d’atteinte… le bilan est déplorable et la charte adoptée n’annonce qu’un coup de barre à gauche pour les mois qui viennent. Les Etats généraux auraient pu donner au PS la possibilité, 55 ans après le SPD allemand, de faire son Bad-Godesberg. Ce fut une occasion manquée. Une de plus.

vendredi 28 novembre 2014

Le cadeau de Noël de la finance à François Hollande

C’est à la finance que François Hollande doit dire merci pour ce moment. La configuration des astres sur les marchés n’a jamais été aussi favorable depuis la crise de 2008. La France s’endette pour trois fois rien ; l’euro a chuté de 10 % en six mois ; à la veille de l’hiver, le pétrole est au plus bas depuis quatre ans. Trois facteurs sur lesquels la France n’a aucune prise et qui apparaissent, à première vue, comme autant de cadeaux tombés du ciel pour la majorité socialiste.
Une telle conjonction de bonnes nouvelles pourrait justifier, pour un gouvernement aussi insouciant qu’inconscient, de laisser filer les déficits, de s’endetter jusqu’à plus soif et de reporter aux calendes grecques les réformes douloureuses. Car puisque l’emprunt ne coûte plus rien, pourquoi ne pas vivre encore plus à crédit ? Un gouvernement sage et vertueux, au contraire, verrait dans ce répit inespéré l’occasion de procéder enfin, à l’abri de toute pression des marchés, aux réformes d’ampleur dont la France a besoin : fluidifier le marché du travail, alléger les fardeaux qui pèsent sur les entreprises, diminuer les dépenses publiques.
Or, tout pousse François Hollande à emprunter la première voie. Sa propension à se laisser porter par les événements, sa majorité si divisée, l’approche en 2015 de deux élections, les départementales et les régionales, qui s’annoncent catastrophiques pour le PS, se conjuguent pour l’inciter à se contenter de réformes cosmétiques. Mais de la même façon que les heureuses nouvelles sont survenues inopinément, une remontée des taux, de l’euro et du pétrole peut advenir sans crier gare. La France n’aura plus alors que ses yeux pour pleurer sur ce moment qu’elle n’aura pas su saisir. Et les Français régleront l’addition.

lundi 13 octobre 2014

Totem et tabou

Totem et tabou

Oui, la lutte contre le chômage de masse, fléau numéro un de la France, passe, aussi, par une réforme de l’assurance-chômage. Manuel Valls et Emmanuel Macron ont mille fois raison de renverser le totem et de briser le tabou. La durée des indemnités, leur montant, leur dégressivité doivent être mis sur la table. Le système français d’indemnisation est à la fois trop coûteux et pas assez incitatif à la reprise d’activité.
Le fait que le sujet relève, en France, des partenaires sociaux ne peut pas être un prétexte à ne rien faire. La nouvelle convention Unedic entrée en vigueur le 1er juillet introduit certes quelques nouvelles mesures astucieuses comme les droits rechargeables pour les chômeurs. Mais elle n’empêchera pas le régime assurantiel d’être en déficit de près de 4 milliards d’euros cette année et la dette de l’Unedic d’atteindre, si rien n’est fait, 25 milliards l’an prochain.
Patronat et syndicats doivent être encouragés à plus d’audace. Mais pour une vraie réforme, le gouvernement aussi devra faire preuve de courage. D’abord, en s’attaquant aux abus comme celui du régime des intermittents : il serait scandaleux que l’Etat continue à prendre à sa charge pour ces derniers, au delà de décembre 2014, le différé d’indemnisation décidé par les partenaires sociaux. Ensuite, en luttant efficacement contre le chômage, ce qui suppose une plus grande flexibilité du marché du travail et une profonde réforme de la formation. Et enfin, en cessant d’alourdir d’un côté ce qu’il allège de l’autre : le choc de complexité qui découle de l’instauration d’un compte pénibilité, ou la loi Hamon qui fait peser une instabilité juridique sur les cessions d’entreprises, pèsent sur l’emploi et entravent, in fine, la lutte contre le chômage. Autant de tabous et de totems qui restent à briser.

mercredi 24 septembre 2014

La France devrait écouter Angela Merkel

Manuel Valls peut mesurer toute la schizophrénie de sa politique. Pour obtenir la confiance de l’Assemblée nationale, il a dû renoncer la semaine dernière à toute réforme un tant soit peu ambitieuse ; pour gagner la confiance d’Angela Merkel, il a promis lundi de faire les réformes que l’Allemagne attend. Qui la chancelière doit-elle croire, le Manuel Valls de la semaine dernière, ou celui de cette semaine ?
Il se trouve que la dirigeante allemande travaille avec des conseillers qui maîtrisent le français à la perfection. Ils lui ont rapporté ce que Manuel Valls a proclamé mardi dernier au Parlement, et ce que François Hollande a expliqué jeudi en conférence de presse : à savoir que la France ne reviendrait ni sur les 35 h ni sur le smic, qu’elle ne toucherait ni au nombre de fonctionnaires ni à l’âge de la retraite, et que l’Allemagne en revanche devait « prendre ses responsabilités » pour la croissance en Europe.
Comment la chancelière pourrait-elle, dans ces conditions, donner quitus à Manuel Valls, valider le nouveau dérapage des comptes publics français et s’engager dans une relance par l’investissement ? Quel crédit pourrait-elle accorder à une France allergique à la réforme, à un gouvernement français qui lui renvoie l’austérité à la figure dès qu’elle exige un minimum de discipline budgétaire, à un pays qui est à la fois un partenaire incontournable et une source d’inquiétudes vertigineuses ?
Angela Merkel a raison d’attendre de la France qu’elle se réforme et qu’elle respecte ses engagements. Elle est même, pour cause de transition entre deux Commissions à Bruxelles, la seule en Europe à pouvoir le réclamer de manière crédible en ce moment. Nous devrions lui en être reconnaissants.

jeudi 18 septembre 2014

Du droit des peuples à s’illusionner eux-mêmes

Du droit des peuples à s’illusionner eux-mêmes

Forgé il y a un siècle pour justifier le démantèlement des Empires austro-hongrois et ottoman, consacré par la décolonisation, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes va-t-il trouver ses limites dans l’Europe du XXIe siècle ? Le Royaume Uni, pierre angulaire de la sécurité européenne depuis au moins un siècle, est menacé d’éclatement, et l’effet domino risque d’emporter une partie du continent. Or, c’est une utopie de croire que l’Europe pourrait devenir une série de micro-Etats homogènes sur les plans culturels et ethniques, qui commerceraient les uns avec les autres dans la paix et la sérénité. Le potentiel déstabilisateur d’une série de sécessions régionales ne doit pas être sous-estimé.
On peut gloser sur les responsabilités de cette impasse : la mondialisation qui favorise le réveil des identités et le repli sur soi ; Bruxelles qui a joué les petits Etats contre les gros et les régions contre les capitales ; les gouvernements nationaux qui n’ont pas su gérer les forces centrifuges ; les régions riches à l’identité culturelle forte qui ne veulent plus payer pour les moins bien loties. Tout cela s’explique.
Il reste que le moment est bien mal choisi pour remettre en cause l’ordre européen. Car le monde dans lequel nous vivons n’a probablement jamais été aussi dangereux depuis la fin des années 30. Entre une Russie en quête désespérée de sa puissance perdue, un Moyen-Orient proche du point de fusion, un Sahel en pleine déliquescence, comment l’Europe pourrait-elle imaginer baisser la garde et s’en sortir sans dommages ? Le fait que tout cela ne suscite pratiquement aucune réaction de nos gouvernants est préoccupant. Il ne reste plus qu’à s’en remettre à la sagesse des peuples, en espérant qu’ils choisiront la sécurité et la prospérité, et donc la liberté, contre l’égoïsme, le communautarisme et l’illusion.

mercredi 20 août 2014

Le prix de la confiance

Le prix de la confiance

Les Français sont devenus de tristes écureuils. La Banque de France nous apprend qu’ils épargnent 16 % de leurs revenus, un niveau très élevé, jamais vu depuis cinq ans. Les entreprises de l’Hexagone, elles, ont rarement distribué autant de dividendes : 40,7 milliards de dollars au 2e trimestre, selon la société de gestion d’actifs Henderson. Si les Français épargnent, c’est qu’ils consomment peu ; si les entreprises rémunèrent mieux leurs actionnaires, c’est qu’elles ont arrêté d’investir. Ces deux pannes, dramatiques pour la croissance, ont une même explication : l’absence de confiance. Les consommateurs, comme les entrepreneurs, n’attendent rien de bon de l’avenir.
On les comprend. On chercherait en vain dans l’interview de rentrée du président de la République, publiée dans Le Monde du 21 août, de quoi leur redonner l’envie de dépenser. La vraie-fausse baisse des impôts consiste à donner d’une main une fraction de ce qu’on reprend de l’autre. La relance du bâtiment équivaut à reconstruire péniblement ce que la loi Duflot a détruit en début d’année. Les invocations à investir plus méconnaissent les réalités de l’entreprise, François Hollande soulignant lui-même que les marges de l’industrie sont au plus bas depuis trente ans. Quant à sa volonté affichée d’accélérer les réformes, elle ne demande qu’à être traduite dans les faits. Depuis 2012, les Français se sont vu promettre l’inversion de la courbe du chômage, la reprise économique et la maîtrise des déficits publics ; leur scepticisme est fondé. La crédibilité de la parole présidentielle est l’une des principales victimes de la première partie du quinquennat. « La confiance ne se décrète pas, elle se mérite, elle se vit » a écrit Charles de Gaulle. Et son absence a un prix.

samedi 2 août 2014

François Hollande, le président commémorateur

Fort occupé à représidentialiser son image, François Hollande commémore. Dimanche en Alsace puis lundi en Belgique, ce sera le début de la Grande guerre. Jeudi, c’était l’assassinat de Jean Jaurès. Pendant le Tour de France déjà, il s’était rendu sur le Chemin des Dames. Le 14 juillet, c’était aussi le centenaire de la Première guerre mondiale. Et en juin, c’était la Seconde, avec le 70e anniversaire du Débarquement allié en Normandie. Bientôt, ce sera la Libération de Paris en 1944 dont il faudra se souvenir.
Tout cela est bel et bon. On ne saurait faire grief au chef de l’Etat d’honorer les morts d’hier ni lui reprocher de tirer les leçons des épreuves
traversées par la Nation. Pas plus qu’on ne peut le critiquer lorsqu’il affiche son empathie avec les victimes d’aujourd’hui, et qu’il fait mettre les drapeaux en berne pendant trois jours suite au crash du Boeing d’Air Algérie.
Mais un président de la République ne doit pas seulement être le témoin du passé et le chef d’orchestre des émotions nationales. Car la commémoration, la commisération et la compassion font peut-être une bonne communication, mais pas une politique. Il ne faudrait pas que toutes ces cérémonies détournent François Hollande des tâches sur lesquelles les Français le jugeront : réforme de l’Etat, lutte contre les déficits publics, dossiers internationaux brûlants…
Si François Hollande veut laisser sa propre trace dans l’Histoire, il doit agir ici et maintenant. « On reconnaît un discours de Jaurès à ce que tous les verbes sont au futur », disait Georges Clémenceau avec malice. A l’inverse, on n’aimerait pas que tous les discours de Hollande soient désormais au passé.

lundi 12 mai 2014

Des manœuvres politiciennes qui discréditent l’Europe

Des manœuvres politiciennes qui discréditent l’Europe


C’est au mieux une bourde, au pire une provocation. Qu’à quinze jours des élections européennes, Angela Merkel et François Hollande aient évoqué, entre deux harengs de la Baltique, la nomination du futur président de la Commission européenne, montre le peu de cas qu’ils font du scrutin.
Certes, le nouveau traité de l’Union n’est pas limpide (le Conseil est prié de « tenir compte » du résultat des élections) et les Etats sont dans leur rôle en défendant leurs prérogatives face au Parlement. Mais en s’aventurant sur ce terrain, Angela Merkel et François Hollande ont d’abord en tête des calculs politiciens. La chancelière refuse de souscrire par avance au choix des électeurs car elle ne souhaite pas être contrainte d’adouber le social-démocrate Martin Schulz à Bruxelles, si jamais les socialistes européens viraient en tête au soir du 25 mai. Le président de la République, par contraste, affiche sa volonté de laisser choisir les électeurs, non pas par respect du Parlement européen, mais parce qu’il entend empêcher Berlin d’introduire dans le jeu la patronne du FMI Christine Lagarde.
Ces calculs à courte vue sont doublement dommageables. D’une part, ils apportent encore de l’eau au moulin des populistes qui tiennent les institutions bruxelloises pour des monstres bureaucratiques sans légitimité. D’autre part, en étalant leurs divergences sur le sujet, Paris et Berlin montrent la stérilité du couple franco-allemand aujourd’hui. Merkel et Hollande, lors de leur conciliable du week-end, n’ont une fois de plus engendré aucun projet mobilisateur à soumettre aux électeurs le 25 mai. Dans ces conditions, qu’ils les laissent au moins choisir le président de la Commission.Luc de Barochez

mardi 22 avril 2014

2017 et l’humour présidentiel

2017 et l’humour présidentiel

Il faut reconnaître à François Hollande une qualité : il est doté d’un solide sens de l’humour. On sait désormais que si le chômage ne baisse pas d’ici à 2017, le chef de l’Etat n’aura « aucune raison d’être candidat, ou aucune chance d’être réélu ». Il s’agit, bien sûr, d’une blague comme le président de la République les affectionne. Car le message qu’il cherche à instiller dans l’esprit des électeurs est celui qu’il sous-entend dans sa circonlocution. Il veut dire que si le chômage finit par reculer, il aura alors toutes les raisons d’être candidat et même, pourquoi pas, d’être reconduit pour un deuxième mandat à l’Elysée.
Certains jugent insensé que le Président lie une nouvelle fois son sort politique à l’inversion d’une courbe du chômage qu’il n’a jamais réussi à dompter. Mais en réalité, que la fameuse courbe s’inverse ou pas, François Hollande n’a aujourd’hui aucune chance d’être réélu, dans les abîmes d’impopularité qu’il a atteints. Ce que sa petite phrase révèle en revanche, c’est qu’il pense très fort au bilan qu’il aura à défendre en 2017. On ne saurait l’en blâmer ; on n’a jamais vu un Président en cours de premier mandat qui ne se préoccupait pas de sa réélection.
Ce qu’on aimerait en revanche, c’est qu’il se préoccupe au moins autant de la bonne santé de l’économie française, de l’assainissement de nos finances publiques et même, pourquoi pas, de l’instauration de la « République irréprochable » qu’il a promise pendant la campagne de 2012. Ce serait pour lui le meilleur moyen, sinon d’être réélu, du moins de laisser dans nos livres d’histoire une trace qui ne soit pas réduite à ses traits d’humour.

vendredi 27 décembre 2013

Emploi aidé, emploi handicapé

Emploi aidé, emploi handicapé


La baisse du chômage est un objectif aussi louable qu’impératif. On ne peut que féliciter François Hollande d’en avoir fait l’étalon de son action. Mais le levier choisi - la multiplication des contrats aidés – est illusoire. Depuis plus de 30 ans, la droite comme la gauche privilégient ce «traitement social du chômage». Peut-être parce qu’il permet aux hommes politiques de se sentir comme des démiurges capables « d’inverser la courbe » de l'emploi à coup de subventions massives. Jacques Chirac l’a inventé, Lionel Jospin l’a développé, Nicolas Sarkozy s’y est rallié, François Hollande s’y est accroché comme à une bouée. Plus d’un demi-million de personnes auront, à un moment où un autre, bénéficié d’un tel contrat en 2013. Ce qui aura coûté au moins 3 milliards d’euros aux finances publiques. Pour quel résultat ? La France compte, encore et toujours, plus de 3 millions de chômeurs. Et l’Insee n'attend aucune amélioration de la situation de l’emploi au premier semestre 2014.
Ces contrats sont aussi coûteux qu’inefficaces. Et si on essayait une autre politique ? Par définition, un emploi aidé est un emploi pour lequel l’employeur reçoit une subvention publique, afin qu’il lui coûte moins cher. N’est-ce pas là l’aveu que le coût du travail en France est beaucoup trop élevé ? Plutôt que d’essayer en vain d’en effacer les symptômes, les politiciens de gauche comme de droite feraient mieux de s’attaquer aux racines du mal. Le remède est connu: pour diminuer le coût du travail, il faut réduire les charges des entreprises. Pour cela, il n’est nul besoin de subvention coûteuse, d’artifice comptable ou d’inventivité bureaucratique. Juste d’un peu de bon sens. Et si on faisait un vœu?