vendredi 20 janvier 2012
La Grèce a repris la négociation sur sa dette avec les banques créancières
La Grèce a repris mercredi les négociations pour un effacement partiel de sa dette, qui doivent se poursuivre jeudi, en vue d'un accord possible avant la fin de la semaine avec ses banquiers, qui relâcherait quelque peu la pression sur la zone euro.
Il s'exprimait dans le cadre d'un débat sur un projet de loi en cours.
Les deux négociateurs côté créanciers privés, Charles Dallara et Jean Lemierre, ont également publié un bref communiqué indiquant que les discussions avaient "repris" et qu'elles allaient se poursuivre jeudi.
Malgré l'optimisme affiché des autorités grecques sur les chances d'aboutir à un accord "avant la fin de la semaine", les marchés restent inquiets, échaudés par le précédent vendredi de l'interruption des discussions.
Faute d'accord, Athènes est sous la menace d'un défaut de paiement désordonné en mars, qui menacerait l'existence à terme de la zone euro. Sans accord avec ses créanciers, le pays ne pourra en effet pas rembourser 14,4 milliards d'obligations arrivant à échéance le 20 mars.
M. Papademos a réaffirmé son optimisme dans un entretien avec l'International Herald Tribune publié mercredi matin. "La conclusion d'un accord est très proche", a-t-il affirmé.
La Grèce négocie sur deux fronts. Elle espère obtenir de la part de ses créanciers privés (banques, sociétés d'assurance, fonds spéculatifs...) un effacement d'au moins 50% de la dette qu'ils détiennent, soit 100 milliards d'euros, et un échange de titres, avec une maturité allant jusqu'à 30 ans.
Mais quasi simultanément, la Grèce doit aussi convaincre l'UE, le FMI et la BCE de débloquer un deuxième prêt de 130 milliards d'euros, dont le principe a été décidé en octobre.
Les deux opérations étant liées et interdépendantes, la négociation d'Athènes avec ses créanciers privés, premier domino du jeu, relève plutôt d'une négociation internationale de grande envergure, impliquant aussi bien le FMI que les pays de la zone euro.
Deux négociateurs grecs ont d'ailleurs rencontré mardi à Washington un haut responsable du Trésor américain et ont participé à des réunions techniques au siège du FMI. Ils étaient attendus à Athènes mercredi soir.
Face aux conjectures des marchés et médias sur les perspectives d'un défaut de paiement de la Grèce, un haut responsable de la Banque centrale européenne (BCE), José Manuel Gonzalez-Paramo, a quoiqu'il en soit estimé mercredi qu'un défaut grec n'était "pas nécessaire", "pas désirable" et "peu probable".
Sur le dossier désendettement, la Grèce reconnaît qu'une participation de 100% de ses créanciers privés est "hautement improbable", a indiqué dans l'après-midi une source gouvernementale.
"Il y a une possibilité que nous ayons recours à une loi si la participation n'est pas assez élevée", a-t-elle ajouté, en référence au mécanisme de Clause d'action collective (CAC) permettant de contraindre les créanciers rétifs à suivre le mouvement.
Vendredi dernier, les discussions avaient buté sur un désaccord entre les parties sur le taux d'intérêt que devra verser la Grèce sur les nouvelles obligations qui seront émises.
Mercredi, une source bancaire a indiqué à Paris que les banques françaises, qui ont déjà provisionné 60% de leur exposition sur la valeur de leurs titres d'Etat grecs allaient devoir provisionner d'avantage, laissant ainsi entrevoir que la décote finalement subie par les créanciers privés sera supérieure à 60%, ainsi que le souhaitait Athènes, soutenue par l'Allemagne et le FMI.
Les Bourses européennes ont fini en ordre dispersé mercredi, les investisseurs se réjouissant d'un soutien accru du FMI à l'économie mais restant prudents face à des données macroéconomiques mitigées.
Le FMI a indiqué vouloir disposer d'au moins 500 milliards de dollars supplémentaires pour faire face à la crise de la zone euro et ses retombées sur l'économie mondiale.
Mais les Etats-Unis ont fermement manifesté mercredi leur refus de remettre au pot. "Nous avons dit à nos partenaires internationaux que nous n'avions aucune intention de demander des ressources supplémentaires pour le FMI", a indiqué à l'AFP une porte-parole du Trésor, Kara Alaimo.
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La Grèce suspendue à un accord avec ses banques, la zone euro parle discipline
La Grèce est restée suspendue jeudi à la conclusion d'un accord de désendettement avec ses banques, menant la "bataille finale" pour sa survie financière, après une journée de répit dans le reste de la zone euro qui tente de muscler sa discipline budgétaire avant le sommet du 30.
Les négociateurs de l'IIF se sont prévalus de "discussions fructueuses" dans un communiqué diffusé après leur départ du Palais du gouvernement, où ils ont rencontré pendant plus de deux heures et demi le Premier ministre grec, Lucas Papademos et son ministre des Finances, Evangélos Vénizélos.
Auparavant, M. Papadémos avait lui aussi jugé le climat "très positif", dans une allocution sur la chaîne nationale Net, en précisant avoir reçu le soutien des chefs des trois partis de la coalition gouvernementale pour mener à bien cette négociation vitale pour le pays.
"Maintenant est venu le moment critique de la bataille finale", avait déclaré pour sa part le ministre des Finances aux députés, avant de rejoindre les autres négociateurs.
De fait, la Grèce est engagée dans une course contre la montre en menant de front une double négociation internationale pour tenter d'éviter une faillite en mars.
Elle tente d'une part d'alléger sa vieille dette auprès des banques et bailleurs de fonds privés, et d'autre part d'assurer sa survie en négociant avec la troïka de ses créanciers institutionnels UE-FMI-BCE le versement d'un deuxième prêt. En échange, elle doit s'engager sur des réformes structurelles qui seront discutées vendredi pour assainir les finances publiques du pays et lui permettre de retrouver une autonomie financière à terme.
Sans accord avec ses créanciers privés et publics, le pays ne pourra pas rembourser 14,4 milliards d'obligations arrivant à échéance le 20 mars, ce qui constituerait un défaut de paiement désordonné du pays, dont les effets menacent l'ensemble de la zone euro et au-delà.
Côté créanciers privés (banques, fonds d'investissements, hedge-funds, assureurs), Athènes cherche à les convaincre d'accepter volontairement de réduire de 100 milliards d'euros le montant de leur créance.
Vendredi dernier, les discussions avaient buté sur un désaccord entre les parties sur le taux d'intérêt que devra verser la Grèce sur les nouvelles obligations qui seront émises.
Les autorités grecques n'ont cessé de réaffirmer leur optimisme, jugeant mercredi soir qu'un accord était possible "avant la fin de la semaine".
Aucune information n'a filtré jeudi soir sur l'état d'avancement des discussions. Néanmoins, les détails sur le taux d'intérêt ainsi que l'ampleur exacte des pertes que devront supporter les banques, continuaient de faire l'objet de toutes les spéculations.
En cas d'accord, le gouvernement doit démarrer vendredi matin les discussions avec la troïka pour la convaincre de débloquer l'aide de 130 milliards d'euros d'aide promise fin octobre par les Européens à Bruxelles.
Madrid est parvenu à emprunter beaucoup plus que le montant espéré, et à des taux réduits sur l'échéance à dix ans, la plus sensible pour les marchés. Et Paris a emprunté confortablement près de 9,5 milliards d'euros, avec des taux également en baisse.
Ces emprunts avaient valeur de test, moins d'une semaine après l'abaissement par l'agence de notation Standard and Poor's des notes de neuf pays de la zone euro.
Cet abaissement en série avait fait craindre une hausse du coût des emprunts de ces Etats sur le marché de la dette, et une nouvelle dégradation de la crise qui mine la zone euro depuis décembre 2009.
L'agence de notation a expliqué sa décision en jugeant notamment que la gouvernance en Europe n'est pas à la hauteur de la grave crise qu'elle traverse.
Ce qui a mobilisé les énergies à Bruxelles pour faire avancer le projet de ratification du pacte budgétaire renforçant la discipline en zone euro, qui doit être finalisé pour le sommet européen du 30 janvier.
Selon un projet obtenu par l'AFP jeudi soir, la zone euro a convenu de lier ses aides futures à la ratification du nouveau pacte budgétaire qui prévoit notamment l'instauration d'une règle d'or sur le retour à l'équilibre budgétaire et des sanctions quasi-automatiques contre les Etats laxistes.
En liant la ratification du pacte budgétaire et l'accès aux aides du fonds permanent de stabilité (MES) les Européens semblent avoir accédé à une demande de l'Allemagne qui dit avoir besoin de ces conditions pour faire accepter à son opinion la solidarité financière avec les pays fragiles comme la Grèce.
Le projet de texte prévoit aussi que la Cour européenne de justice pourra imposer des sanctions financières chiffrées si elle juge qu'un Etat n'a pas correctement mis en place la règle d'or.
La Chancelière Angela Merkel a reçu jeudi ses homologues portugais, suèdois et autrichien pour évoquer le sujet.
La justice américaine ferme le site de téléchargement Megaupload
La justice américaine a fermé jeudi 19 janvier 18 sites Web, dont les services très populaires Megaupload (téléchargement direct) et Megavideo (streaming) dans le cadre d'une vaste procédure judiciaire. Le FBI a annoncé la mise en examen de sept personnes liées au réseau de sites Web "Mega", accusés de conspiration en vue de violer le droit d'auteur et de blanchiment d'argent. Les sept hommes risquent jusqu'à vingt ans de prison.
Le FBI a également saisi 50 millions de dollars appartenant aux administrateurs présumés du réseau Mega, en majorité des ressortissants allemands. Créé par le mystérieux Kim Schmitz, dit "Kim Dotcom", un informaticien allemand, Megaupload fait partie des 100 sites les plus fréquentés au monde, selon la plupart des classements. M. Schmitz a été arrêté ce jeudi en Nouvelle-Zélande avec deux autres personnes, a annoncé le ministère de la justice américain.
Le blocage de ces sites intervient au lendemain d'une vaste mobilisation de sites Internet américains contre deux projets de loi, "PIPA" et "SOPA", qui prévoient de faciliter le blocage de sites Web pour protéger le droit d'auteur, sans intervention de la justice.
jeudi 19 janvier 2012
Royal lève le voile sur les annonces de Hollande
Des mesures présentes dans le projet du PS
Ces mesures, toutefois, ne surprennent guère, attendu que François Hollande les évoque régulièrement au fil de ses interventions. Elles sont par ailleurs déjà présentes dans le projet socialiste, dont François Hollande s'inspirera largement. En mettant en avant deux mesures sur lesquelles l'ensemble des socialistes se sont mis d'accord depuis des mois, Ségolène Royal évite le risque de déclencher une nouvelle polémique. Après les dérapages sur le quotient familial et les 60.000 emplois dans l'Education nationale, le candidat du PS avait dû faire une mise au point auprès de ses troupes.
General Motors de nouveau champion de l'automobile mondiale
Et le premier constructeur mondial est… General Motors (GM). Après avoir été relégué au deuxième rang mondial par Toyota depuis 2008, le constructeur américain revient au premier plan. En 2011, GM a écoulé 9,025 millions de véhicules à travers le monde (+ 7,6 %), dont 2,9 millions aux Etats-Unis. Sur son premier marché, GM a vu ses ventes s'envoler de 11,4 %, en ligne avec la reprise du marché nord-américain. Par ailleurs, l'une de ses deux marques mondiales, Chevrolet, a établi un record de ventes de 4,76 millions de voitures dans le monde, selon GM.
Dans le même temps, Toyota, numéro 1 depuis 2008, estimait avoir vendu 6,97 millions de voitures de marques Toyota et Lexus dans le monde. Le premier constructeur japonais a été plombé par le séisme de mars au Japon et les inondations de l'automne en Thaïlande, deux événements qui ont altéré ses capacités de production et sa logistique. En 2012, il prévoit de vendre 8,48 millions de véhicules (+ 20 %).
Cette chute profite à Volkswagen qui, avec 8,16 millions de véhicules écoulés l'an dernier, est numéro 2 mondial. Au salon de l'automobile de Detroit, début janvier, Christian Klingler, le directeur des ventes mondiales de VW, s'attendait à prendre cette place. Reste qu'il expliquait que cela n'avait que peu d'intérêt dans un tel contexte : "Ce n'est pas important au regard du séisme qui a ravagé au printemps le Japon (…). Nous sommes à cette place et cela nous va bien. Ce qui nous intéresse, c'est d'être premier en 2018." En visant la vente de 10 millions de véhicules à cette échéance, Volkswagen, avec ses 500 000 collaborateurs, ne cherche "pas la taille, mais la puissance".Si Toyota est bien troisième, la concurrence est de plus en plus rude. Le groupe coréen Hyundai, comprenant sa filiale à 39 % Kia, est pour sa part cinquième mondial, avec 6,6 millions de voitures vendues en 2011. Enfin, l'alliance Renault-Nissan-Avtovaz tape à la porte. Selon son patron Carlos Ghosn, cette alliance a vendu 8,03 millions de véhicules en 2011. Mais cet ensemble n'est pas réellement un groupe à l'instar de GM, VW ou Toyota.
François Hollande, par François Mitterrand
Chaque jour, Patrick Besson emprunte la plume d'un célèbre écrivain, français ou étranger, mort ou vivant, génial ou nul, pour nous raconter la campagne électorale.
Le candidat cher à mon coeur socialiste est évidemment le jeune François Hollande. Me plaît, chez le cher François, cette lenteur souriante qui, comme souvent, dissimule une énergie qui fut aussi la mienne autrefois. Il n'est pas de ces grands échalas de droite, représentants du monde infect de la domination par l'argent, qui arpentent nos provinces comme si c'étaient leurs salons. François sillonne patiemment, attentivement, modestement - il y a beaucoup de ment dans cette phrase, je m'en excuse auprès de mon indulgent lecteur, le temps me manque désormais pour faire ces phrases pures que j'aimais tant chez les grands auteurs de la collaboration comme Jacques Chardonne ou Marcel Jouhandeau - notre pays, non pas tant dans le but de se faire connaître que dans celui de le connaître.
Né le 12 août 1954 à Rouen, comme Pierre Corneille et Gustave Flaubert, deux orfèvres de la littérature française, François Hollande a cette ténacité normande qui vient sans doute de ses ancêtres vikings. Il y a du Suédois dans cet énarque pourtant de petite taille comme beaucoup d'hommes importants. Dont moi. Vaut-il mieux regarder le peuple d'en haut ou d'en bas ? Lever la tête vers l'électeur ou se pencher sur lui ? Il fut un temps où les Français voulaient un père, pour ne pas dire un maître, mais désormais, on dirait qu'ils ont surtout besoin d'un égal, d'un infirmier, d'une oreille. L'attention pateline que leur prête Hollande me semble capable de les séduire assez pour que, malgré une absence notoire de programme politique et économique, absence que je ne peux m'empêcher de déplorer, surtout quand je la compare à la richesse de mes propositions de 1981, une majorité de votants se portent, en mai prochain, sur l'ex-compagnon de Mme Royal.
Le principal grief que la droite, toujours hargneuse et malintentionnée, fait à François est de ne jamais avoir été ministre. Quand je me présentai à la présidence de la République, elle me fit le reproche inverse : j'avais été trop souvent ministre ! Hollande, n'en déplaise à certains autodidactes de l'actuelle majorité, titulaires d'un pauvre diplôme de droit, voire d'un simple certificat d'études, est un brillant sujet : HEC, Sciences Po. Sorti 7e de l'Ena, exploit dont j'aurais pour ma part été fort incapable, mais qui aurait sans aucun doute été à la portée de ma fille Mazarine si elle n'avait été tentée par cette discipline bien plus noble qu'est la philosophie.
François Hollande : la stratégie espagnole
Peu de charisme, programme flou, profil bas : le conservateur Rajoy a pourtant gagné les élections en Espagne...
"On ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment." Comme François Hollande, Mariano Rajoy semblait avoir fait de ce vieil adage du cardinal de Retz une règle de conduite. Durant la campagne électorale précédant les élections du 20 novembre dernier, ce conservateur couleur de muraille s'est ingénié à gommer toute aspérité, à entretenir un flou artistique sur son programme. Ce Galicien pur jus illustrait à merveille la vieille blague madrilène : "Savez-vous comment on reconnaît si un homme sur une échelle est un Galicien ? On ne sait jamais s'il monte ou s'il descend."
François Hollande a de troublants points communs avec Mariano Rajoy. Tous deux sont des candidats par défaut. François Hollande a bénéficié du naufrage de DSK. Mariano Rajoy du retrait fracassant de José María Aznar - à la Jospin - après la défaite du Parti populaire en 2003. Tous deux sont des hommes d'appareil, préférant la synthèse oecuménique aux excommunications majeures. Tous deux détestent les conflits ouverts. Tous deux ont une passion pour le football. Et tous deux, sur le fond, ne se différencient guère de leurs adversaires malgré les envolées militantes et les rodomontades de rigueur.
En France, comme en Espagne, l'inévitable rigueur
Mariano Rajoy, depuis son élection au poste de Premier ministre, ne fait que poursuivre la politique de rigueur de Zapatero qui, dès 2010, avait administré un remède de cheval à l'Espagne : baisse du salaire des fonctionnaires, blocage des retraites. Et avait institué en 2011 la "règle d'or" interdisant, à terme, les budgets en déséquilibre. Il y a fort à parier que François Hollande, s'il est élu, ne pourra que marcher dans les pas de Nicolas Sarkozy en matière de discipline budgétaire. Les rétropédalages actuels sur les postes d'enseignants ou les retraites n'en sont que les signes avant-coureurs.Reste que la politique n'est pas une science exacte. Et que vérité au-delà des Pyrénées n'est pas nécessairement vérité en deçà...
L’épreuve de force a commencé
Le 17 janvier, la Commission a envoyé trois lettres de mise en demeure au gouvernement hongrois, et lui a donné un mois pour se conformer au droit européen dans trois domaines : l’indépendance de la Banque nationale, l’indépendance du système judiciaire et l’indépendance de l'autorité de contrôle de la protection des données. Si Budapest ne répond pas dans ce délai, l’exécutif européen pourra engager une procédure devant la Cour de justice européenne. De son côté, le Parlement européen devait débattre de cette procédure d’infraction, le 18 janvier, en présence du Premier ministre Viktor Orbán.ne dit pas autre chose aujourd’hui que : soit le peuple hongrois se réveille et change de gouvernement lors des prochaines élections, soit on assistera à la faillite de l’Etat et le gouvernement acceptera enfin les ’diktats’ européens. Pour la diplomatie européenne, il n’y pas d’autres scénarios.
La Commission parle le langage de la loi, le Parlement européen celui de la politique, mais Orbán ne comprend que le langage de la force. La force en Europe est le Conseil, c’est-à-dire les Etats membres eux-mêmes. Si les politiques nationaux (surtout ’les grands’) se décidaient à envoyer un avertissement déterminé et sans équivoque, peut-être cela marcherait. [...] Il ne faut pas sous-estimer les pressions du Parlement européen, mais quelles sont les conséquences ces débats ? Aucune.
L’Europe n’a pas confiance en la Hongrie, ni dans sa politique économique, ni dans son engagement démocratique. Mais nous n’avons pas le temps de bouder. Il faut parler de tous les sujets parce que l’Union n’a pas intérêt à mettre la Hongrie à genoux. Comme on l’a vu le week-end dernier [une manifestation antieuropéenne organisée par le parti de l’extrême droite Jobbik a eu lieu, au cours de laquelle – entre autres – les manifestants ont brulé des drapeaux européens], l’extrême droite peut profiter des critiques exagérées de l’Union.
[...] ne sont que la partie visible de l’iceberg. Le problème principal est qu’Orbán construit un système politique et économique qui n’est pas conforme aux valeurs européennes. [...] On peut se justifier, marchander, jouer avec les mots comme des juristes. Mais à Strasbourg aujourd’hui les députés européens vont jeter à la tête d’Orbán des critiques beaucoup plus profondes. Et il faut rentrer dans le rang, non à Strasbourg, mais à la maison. Et le plus vite possible.
mercredi 18 janvier 2012
Hervé Morin rencontrera Nicolas Sarkozy vendredi à l'Elysée
Cela fait quelque temps que court, dans l'équipe qui entoure Hervé Morin, le candidat Nouveau centre (NC) à l'élection présidentielle, l'hypothèse d'un retrait. L'intéressé dément vigoureusement, mais certains de ses proches estiment que, compte tenu de ses scores dans les sondages, où il ne dépasse pas 1 %, et de la guérilla que mènent contre sa candidature les principaux ténors de son parti (François Sauvadet, Jean-Christophe Lagarde, Maurice Leroy, André Santini...), il lui faut réussir à se ménager une porte de sortie, pourquoi pas dès le mois de février.
Un rendez-vous auquel le candidat centriste doit se rendre, vendredi 20 janvier, ne manquera pas d'alimenter les spéculations. M. Morin doit rencontrer Nicolas Sarkozy, à l'Elysée. Une rencontre, précise-t-il, qu'il n'a pas sollicitée. C'est Olivier Biancarelli, le conseiller politique du chef de l'Etat, qui aurait fait la démarche d'inviter l'ancien ministre de la défense, il y a une dizaine de jours."MES INTENTIONS RESTENT LES MÊMES"
M. Morin assure que ce rendez-vous n'augure pas d'un renoncement. "Mes intentions restent les mêmes", affirme-t-il au Monde. Pour autant, au Nouveau centre, la plupart des élus se projettent déjà dans l'après. Et dans le choix qu'il leur faudrait faire, si M. Morin décidait de renoncer à sa candidature.
Un choix qui se résumerait à deux noms : Nicolas Sarkozy et François Bayrou. Jean-Christophe Lagarde, le numéro 2 du Nouveau centre, a d'ores et déjà annoncé qu'il donnerait son choix à la fin du mois de janvier, sans attendre un éventuel retrait de M. Morin. La boussole de M. Lagarde, qui a médiatisé récemment sa rencontre avec M. Bayrou, indiquerait plutôt, pour l'heure, la direction de l'Elysée.
M. Sarkozy veille, en ce moment, à choyer les centristes de la majorité, alors que M. Bayrou monte dans les sondages. Ainsi M. Morin remarquait-il, mercredi 18 janvier, à l'occasion de ses vœux à la presse, que M. Sarkozy avait pris position récemment en faveur de plusieurs thèmes chers aux centristes : la TVA sociale, la réduction des cotisations sociales pour les entreprises, la règle d'or, la taxe Tobin... Mais le député de l'Eure ne s'en satisfait pas. Pour lui, en voulant aller trop vite, en faisant les choses de manière précipitée, le président de la République risque de "casser" ces "belles idées".
Notre Président, réputé grand lecteur, a naturellement pratiqué Jean-Jacques Rousseau, tricentenaire aujourd’hui célébré. Il a pleuré à ses Confessions, médité sur son Contrat social. Et il en a peut-être hérité son style si particulier, à « mieux aimer être homme à paradoxes qu’homme à préjugés ». Aux syndicats invités ce matin à l’Elysée, il expliquera sans doute, en plaidoyer pour la pingrerie de sa bourse vide, qu’on « jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère ». Les bougres lui répliqueront qu’il est « dans leur nature d’endurer patiemment la nature des choses, mais non la mauvaise volonté d’autrui ». Ils ajouteront que « l’ordre social ne vient pas de la nature », et que c’est « pour parvenir au repos que chacun travaille »… Mais brisons-là la querelle élyséenne. Et concluons avec Jean-Jacques sur une morale de disette : « La source du vrai bonheur est en nous ».
La fin du mythe de l’égalité
Premièrement, la zone euro a décidé de se réunir, de délibérer et de prendre des décisions en comité restreint. Sans les autres et donc sans nous [les Polonais]. Cela sape et limite aussi bien le rôle de la Commission européenne, qui s'appuie depuis sa création sur le principe de l'égalité entre les Etats, que celui du Parlement dont les sièges sont distribués entre les pays membres en proportion de leur population.
Si le pacte européen de stabilité est adopté sous sa forme actuelle, on créera une union dans l'Union. Pour bon nombre de questions, cette union restreinte dictera ses conditions aux autres, comme le fait aujourd'hui "Merkozy".
Les 26 ne pourront plus rien contre l'Allemagne
Deuxièmement, la décision de dégrader les notes financières de 9 pays de la zone euro, n'aura pas nécessairement de répercussions sur le coût de leur dette (la baisse de la note des Etats-Unis n'a eu aucune influence de ce genre; quant à la dette de l'Italie, elle est aujourd'hui moins chère que lorsque le pays bénéficiait d’une meilleure note).Cette dégradation influencera en revanche très certainement la hiérarchie informelle entre les Etats membres et le poids de leur voix au sein de l'Union. Ainsi, le leadership de l'Allemagne, qui a conservé sa note, se voit clairement conforté. Tout comme l'est la politique allemande d'austérité prudente. L'Allemagne pourra vraisemblablement emprunter encore moins cher et stimuler davantage le marché, en creusant encore un peu plus son avantage économique sur le reste de l'Europe.
En conséquence, les critères quantitatifs du traité de Lisbonne (le calcul de la majorité qualifiée au sein du Conseil européen sur un double critère : le nombre d’Etats et le poids démographique) perdront en importance face au rôle croissant des critères qualitatifs (qualité de l'Etat et de l'économie).
On va même assister au déclin de "Merkozy", déséquilibré par le poids d'une Merkel trop puissante face à Sarkozy. Il sera encore plus difficile d'entreprendre quoi que ce soit en Europe sans l'Allemagne. Quant aux 26 autres pays membres, ils ne pourront rien contre les Allemands (sauf faire exploser l'Union).
Des différences institutionnalisées
La procédure de décision et la répartition des voix au sein du Parlement, de la Commission et du Conseil, si laborieusement négociées dans le traité de Lisbonne, volent en éclats. Pendant un certain temps, l'Union sera comme le football à l'époque où tout le monde jouait, mais où seule l'Allemagne gagnait.Troisièmement, le durcissement de la rhétorique et des décisions politiques envers la Hongrie démontrent que dans l'Union, certains pays peuvent se permettre plus de choses que d'autres. Certes, Orbán tient une rhétorique détestable et conduit une politique économique stupide. Mais institutionnellement, il n'a rien fait qui ne serait pas toléré dans d'autres pays.
Son assaut sur les médias n'est pas plus anti-libertaire que ce que ont fait Sarkozy avec la télévision publique française, et précédemment, Berlusconi avec les médias italiens. Quant à la BBC, elle dépend, depuis toujours, directement du gouvernement concernant la nomination de ses dirigeants.
De même, la Banque centrale hongroise ne sera nullement plus dépendante du gouvernement que ne l'est la Banque d'Angleterre ou la Fed américaine. La communauté internationale a tranquillement toléré et tolère toujours de semblables procédés en France, en Italie, en Angleterre, ou aux Etats-Unis, non pas parce qu'ils sont passés inaperçus, ni même par sa timidité devant de grandes puissances, mais tout simplement parce qu’elle n'y voyait rien de répréhensible.
Les vieilles et grandes démocraties, tout comme les obligations allemandes, profitent du capital de confiance qui a toujours fait défaut aux jeunes et petites démocraties.
Dans une certaine mesure, ces différences ont toujours existé et ont toujours compté. Sauf qu'à présent, on les exprime ouvertement et on n'hésite pas à les institutionnaliser. On ne sait pas quelles en seront les conséquences à long terme pour la Pologne et pour l'UE. Généralement, l'adaptation de la forme (institutionnelle) au contenu (par exemple économique) a pour effet de rationaliser les institutions. Mais aujourd'hui, on a affaire à des émotions, c'est-à-dire à la politique.
Les différences amplifiées émotionnellement et politiquement, les différences divulguées et institutionnalisées, deviennent inconfortables pour tout le monde. De nombreux pays auront encore plus du mal à accepter la position de l'Allemagne dans l'Union. L'Allemagne, elle, aura encore plus du mal à accepter le maintien de ses efforts de solidarité et de retenue [dans l'exercice de sa puissance].
Cela signifie qu'en dehors des tensions économiques et de politiques intérieures, il faut nous attendre à de grandes tensions internationales et à des problèmes décisionnels majeurs. Au moins jusqu'à ce qu'une nouvelle logique ne remplace l'hypocrisie du mythe fondateur de l'Union. Cela ne se fera ni rapidement ni sans peine.
L’Europe se dégrade elle-même
Tout comme l’échec des négociations entre les investisseurs et le gouvernement grec au sujet d’une participation volontaire à la restructuration de la dette publique hellène. Une proposition fondamentalement irréaliste a été rejetée. Ne feignons pas d’en être étonnés.
Pourtant, ces deux événements sont importants parce qu’ils nous dévoilent le mécanisme à l’œuvre derrière ce qui nous attend probablement cette année. La zone euro est emportée dans une spirale faite de dégradations, de chute du produit intérieur brut, de hausse de la dette et de nouvelles dégradations. La récession n’en est qu’à ses débuts.
Il est désormais probable que la Grèce se déclare en défaut de paiement pour l’essentiel de sa dette et qu’elle soit même contrainte de quitter l’euro. Quand cela se produira, les feux de la rampe se braqueront aussitôt sur le Portugal, et ce sera le signal d’une nouvelle série de dégradations contagieuses.
Une géographie économique remodelée
Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), institution dépourvue de moyens, est lui aussi menacé de dégradation [mécaniquement] puisqu’il a emprunté sa notation à ses membres. Compte tenu de son organisation, sa capacité de prêt effective s’en trouve ainsi affectée. Même si la dégradation de la note française n’est pas une surprise, les Etats membres de la zone euro ne disposent d’aucun plan de secours, tout juste de quelques scénarios destinées à colmater les brèches dans l’urgence.Ils pourraient décider de gérer simultanément le FESF et son successeur permanent. Ou d’allouer immédiatement à ce dernier l’ensemble des capitaux du FESF. Ce qui creusera un peu plus des budgets nationaux à l’aube d’une année difficile.
En dégradant la note de la France et de l’Autriche mais pas celle de l’Allemagne et des Pays-Bas, Standard & Poor’s a également réussi à donner une forme à ce que pourrait être la géographie économique en cas d'éclatement. Politiquement, il aurait été beaucoup plus facile de faire face à une dégradation de tous les membres titulaires d’un triple A.
L’Allemagne est dorénavant le seul grand pays à se voir décerner la meilleure note. Une décision qui va compliquer la tâche de Berlin quand il lui faudra accepter les obligations de la zone euro. La différence de notation s’enfonce comme un coin entre la France et l’Allemagne et déséquilibrera encore un peu plus leur relation.
La nouvelle de la relégation a suscité une réaction épidermique qui nous prouve une fois encore que la crise et la recherche d’une solution se déroulent dans des univers parallèles. Le commentaire d’Angela Merkel, qui a déclaré que l’UE devait maintenant se hâter de boucler le traité fiscal, est caractéristique de cette rupture. Quoi qu’il advienne, la discipline fiscale reste leur/ seule réponse.
Cette réaction à la crise passe à côté du poids écrasant du secteur privé dans le déséquilibre interne de la zone euro. La conclusion du traité fiscal, aujourd’hui principale priorité de la politique de l’Union, est au mieux une diversion hors de propos.
Il est plus que probable qu’elle ne fasse qu’accentuer la tendance à une austérité pro-cyclique du genre de ce que nous avons vu en Grèce. Je m’attends par ailleurs à voir l’UE infliger des réglementations vengeresses aux agences de notation. Que cela soit justifié ou non, ce n’est là encore qu’une diversion.
Un système qui continue de se déliter
Il y a quelque temps, je soutenais que le sommet de décembre était la dernière chance d’un redémarrage intégral du système. A l’époque, on aurait pu envisager un marchandage grandiose portant sur un budget commun de la zone euro, des euro-obligations, une politique capable de maîtriser les déséquilibres internes de la zone et, dans ce contexte, l’imposition de restrictions sévères aux budgets nationaux.Merkel et ses acolytes à Berlin et à Bruxelles ont voulu se targuer d’une réussite parce que le sommet des 8 et 9 décembre ne débouchait sur aucune des solutions évoquées ci-dessus, à l’exception du rééquilibrage du budget.
Maintenant que Merkel a obtenu ce qu’elle voulait, le système continue de se déliter. A chaque tour de la spirale, le coût financier et politique de résolutions inefficaces se fait plus lourd. Nous avons dépassé le stade où les électorats et leurs représentants sont prêts à payer le prix toujours plus élevé qu’implique la réparation du système.
La semaine dernière, une poignée de députés vétérans de la CDU au pouvoir, que je considérais auparavant comme des ténors de la modération, ont affirmé qu’un départ de la Grèce de la zone euro ne serait finalement pas si grave. Les attentes évoluent rapidement, et il en va de même de la disposition à accepter une fin brutale.
Et non, l’énorme injection de liquidités à laquelle a procédé la Banque centrale européenne (BCE) ne va pas non plus résoudre le problème. Loin de moi l’idée de sous-estimer l’importance de cette décision. La BCE a empêché un effondrement du crédit, et c’est tout à son honneur.
Le retour de l’argent à long terme et sans limite pourrait même avoir un impact marginal sur la volonté des banques de prendre part aux enchères de la dette publique. Avec de la chance, cela pourrait nous permettre de surmonter la rude période de refinancement de la dette au printemps prochain. Mais une averse de liquidités ne suffit pas à répondre au problème sous-jacent d’une absence d’ajustement macroéconomique.
Même les réformes économiques, aussi nécessaires soient-elles pour d’autres raisons, ne peuvent résoudre ce problème. C’est une illusion européenne de plus. Nous en sommes désormais au point où, pour sortir efficacement de la crise, il faudrait une autorité fiscale centralisée et puissante, dotée du pouvoir de fiscaliser et d’allouer des ressources dans toute la zone euro. Ce qui, bien sûr, n’arrivera pas.
Telle est l’ultime implication de la dégradation des notes de la semaine dernière. Nous n’en sommes plus au stade où un bricolage technique pourrait encore fonctionner. La boîte à outils est vide.
Une intrusion anti-démocratique
L'agence lance son message que personne n'avait demandé, au bon moment, deux semaines avant le prochain sommet de l'UE : ‘Faites ce que nous vous disons. Vous n’avez pas le choix.’ Elle n'hésite pas à mettre des pays du club de l'euro à un même niveau avec des pays en développement. Qui prête de l'argent à l'Italie ou à l'Espagne court le même risque que s'il envoyait son argent en Inde, en Colombie ou aux Bahamas. C'est absurde, c'est ridicule. […] Mais il y a plus dangereux : Standard & Poor’s […] tente d'intervenir directement dans la politique européenne. C'est n'est pas la tâche d'une agence de notation. Les Américains poussent de plus en plus ouvertement les Européens du continent à adopter les principes anglo-saxons dans leurs politiques économique et financière. C'est-à-dire, imprimer de l'argent quand nécessaire, pour sauver des banques et initier des programmes de relance. Qui ne le fait pas obtient des mauvais notes.




















