TOUT EST DIT

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dimanche 22 janvier 2012

FN : Marine le Pen ironise sur le meeting de François Hollande

La candidate du Front national a ironisé ce dimanche sur le meeting que doit tenir François Hollande au Bourget.
« Moi, je fais un grand meeting tous les dimanches, jusqu'au premier tour ». Devant la presse à Bordeaux, Marine le Pen veut rappeler à tout le monde qu'il n'y a pas que le PS qui organise un meeting ce dimanche. La candidate du Front national qui elle aussi doit s'exprimer à ses militants ironise sur la campagne de son adversaire de gauche : « Je ne le fais pas à l'Américaine (...) il n'y aura pas 32 caméras, 18 grues... et Euro RSCG derrière moi (…). Il y a juste une salle avec des Français auxquels plus personne ne s'intéresse et à qui moi, j'ai un grand nombre de messages à faire passer » a-t-elle souligné.
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La présidente du parti d'extrême droite devait ensuite se rendre sur une exploitation viticole afin d'évoquer les problèmes auxquels la filière est confrontée. « La viticulture se porte mal et elle est la victime de ce que je dénonce depuis bien longtemps : la volonté de voir disparaître les indépendants au bénéfice des grandes structures ». Selon Marine le Pen « le vin français est vraiment le produit qui pouvait s'en sortir le mieux au niveau mondial, mais il va mal, ça veut dire que la mondialisation est destructrice et non constructrice ».

Signatures : "Encore loin du compte"

Marine le Pen en a également profité pour faire le point sur son nombre de signatures. « Nous sommes encore loin du compte, le rythme actuel ne nous permet pas d'être rassurés sur la présence qui serait la mienne aux élections présidentielles ». Le 11 janvier, elle disposait de « moins de 300 » promesses de signatures d'élus, selon son directeur stratégique de campagne, Florian Philippot, alors qu'il faut en réunir 500 d'ici au 16 mars pour se présenter à la présidentielle.

jeudi 19 janvier 2012

Royal lève le voile sur les annonces de Hollande

Ségolène Royal a fait une sorte de bande-annonce du grand meeting de François Hollande, dimanche au Bourget (Seine-Saint-Denis), expliquant que le candidat allait annoncer des mesures en faveur des PME. 

C'est un avant-goût du grand raout socialiste de dimanche. Sur BFM TV/RMC, jeudi, Ségolène Royal a évoqué certaines des annonces que fera François Hollande au Bourget (Seine-Saint-Denis) lors de son meeting. Au programme : des mesures en faveur des petites et moyennes entreprises (PME). Selon la présidente de la région Poitou-Charente, François Hollande "va annoncer la création d'une banque publique d'aide aux PME, celles qui ont créé 70% de l'emploi au cours des dernières années".

Des mesures présentes dans le projet du PS

La candidate malheureuse à la présidentielle de 2007 évoque également "une justice fiscale puisque les PME payent 33% d'impôts alors que les entreprises du CAC 40, qui détruisent des emplois, n'en payent que 9%, ce qui est particulièrement injuste". Ségolène Royal s'appuie sur ces propositions pour souligner la pertinence du candidat socialiste sur la question de la réindustrialisation. "Nous avons perdu toutes les industries liées à la lingerie française, c'est-à-dire un savoir faire français exceptionnel", pointe-t-elle, en référence à la fermeture annoncée de la dernière usine Lejaby en France. "Vous avez vu le gouvernement réagir par rapport à cela?", attaque-t-elle. Signe supplémentaire de l'offensive de la campagne Hollande sur le sujet, Arnaud Montebourg se rendra à Yssingeaux (Haute-Loire), où la dernière usine de Lejaby doit fermer. Quant au sommet social organisé à l'Elysée, Ségolène Royal affirme que Nicolas Sarkozy "s'agite tous azimuts pour faire en cinq heures ce qu'il n'a pas fait en cinq ans".

Ces mesures, toutefois, ne surprennent guère, attendu que François Hollande les évoque régulièrement au fil de ses interventions. Elles sont par ailleurs déjà présentes dans le projet socialiste, dont François Hollande s'inspirera largement. En mettant en avant deux mesures sur lesquelles l'ensemble des socialistes se sont mis d'accord depuis des mois, Ségolène Royal évite le risque de déclencher une nouvelle polémique. Après les dérapages sur le quotient familial et les 60.000 emplois dans l'Education nationale, le candidat du PS avait dû faire une mise au point auprès de ses troupes.

samedi 14 janvier 2012

Madelin : "Une pression considérable sur les hommes politiques"

Ancien ministre de l'Economie de Jacques Chirac, Alain Madelin revient sur la dégradation de la note de la France. S'il reconnaît que "cela ne bouleversera pas la donne financière", l'ex-député estime toutefois que cette situation aura des "conséquences politiques évidentes".
La France vient de perdre son triple A. Quelle est votre réaction?
Ce n'est pas une découverte que la France, en Europe, soit mieux dotée que la Grèce et un peu moins bien dotée que l'Allemagne. Cela fait longtemps que les marchés financiers avaient déjà donné leur notation par le différentiel de taux d'intérêt qui existe entre la France et l'Allemagne. D'une certaine façon, cette nouvelle ne bouleversera pas la donne financière lundi matin. Cela a déjà été enregistré par les marchés.
Quelles seront donc les conséquences de cette dégradation?
Les conséquences politiques sont évidentes. Mais là encore, il n'y a rien de nouveau. Cela fait plus d'un an que je dis que l'élection présidentielle, que cela plaise ou non, se déroulera sous le contrôle des agences de notation. Cela met évidemment une pression considérable sur les hommes politiques de tous bords, qui ne peuvent plus faire des lettres au Père Noël dans leur programme présidentiel.
Cela aura forcément un impact sur les propositions des candidats?
Non seulement il faudra que chaque candidat soit raisonnable et fasse un programme à zéro euro, selon la formule de l'UMP. Mais ils devront aussi indiquer le chemin, avec une volonté ferme, du redressement financier. Et là, il y a, à mes yeux, un grand débat politique entre ceux qui disent que le redressement financier se fera par des mesures d'austérité et ceux qui disent qu'il faudra, en plus des mesures d'austérité, libérer la croissance.
Est-ce que le gouvernement en place, et donc Nicolas Sarkozy, est responsable de cette situation?
Sans doute de façon un peu imprudente, comme l'avait dit Alain Minc, en disant que le triple A était le trésor de la Nation et que son abandon serait une catastrophe. C'était des propos quelque peu exagérés. En tout état de cause, la conséquence politique pour tout le monde est que cette dégradation est un rappel au sérieux. On nous avait annoncé il y a un an que c'était le grand retour de l'Etat pour discipliner les marchés financiers irresponsables. Nous avons le retour des marchés financiers, c'est-à-dire des gestionnaires sérieux des épargnants pour discipliner les Etats irresponsables.
L'Allemagne, elle, n'est pas touchée, contrairement à la France. Cela aura également des conséquences?
Ce n'est pas une découverte que l'Allemagne est dans une situation meilleure que la France. Ce n'est pas pour autant que nous devrions nous précipiter pour copier l'austérité allemande.

Quelles seraient les premières mesures à prendre? La taxe sur les transactions financières?
Cette taxe est de la fiscalité spectacle! Personne ne peut l'appliquer dans un seul pays. En plus, on désigne les méchants - à savoir les transactions financières - en oubliant de dire que cette taxe pèsera bien évidemment sur vous et moi dans les frais payés à nos banques sur les taux d'intérêt. Ils sont tellement dilués que nous ne le verrons pas, mais la taxe sur les transactions financières n'a de côté moral et punitif que l'apparence. C'est une taxe sur les Français, comme le serait également la TVA sociale. Cette dernière ne serait pas une taxe sur les produits importés, mais sur les consommateurs français des produits importés.
Selon vous, que faudrait-il donc mettre en œuvre?
Il y a deux types de mesures. Pour répondre à ce défi de sérieux financier, il faut réduire la dépense de l'Etat, non pas en faisant des coupes dans les budgets, mais en recentrant l'Etat sur un certain nombre de ses métiers et en déléguant un certain nombre de ses fonctions dans un souci d'efficacité économique. D'autre part, regardez les conseils que nous-mêmes Français nous donnons à la Grèce ou à l'Italie, comme ouvrir les secteurs fermés à la concurrence. Nous ferions bien de nous appliquer à nous-mêmes les conseils que nous donnons aux autres.

vendredi 9 décembre 2011

UE : pourquoi Cameron a dit "no"

Alors que la grande majorité des pays de l'UE ont accepté un accord intergouvernemental pour juguler la crise de la dette, le Premier ministre britannique David Cameron s'est opposé à une réforme des traités européens, quitte à isoler son pays du reste de l'Europe. 

Défendant la position britannique de façon très "viril", selon les observateurs à Bruxelles, David Cameron a opposé son veto à toute réforme des traités européens. Le Premier ministre britannique a tenu tête au tandem franco-allemand, quitte à s'isoler du reste de l'Europe. En effet, outre le Royaume-Uni, seuls trois autres pays (Hongrie, Suède et République tchèque) se sont opposés à l'accord intergouvernemental, scellé vendredi matin, et ils pourraient revenir sur leur décision, croient savoir des sources interrogés par les agences de presse.
Il n'y a toutefois rien de surprenant au "clash" entre Londres et les autres capitales européennes. A Bruxelles, de nombreux fonctionnaires européens se disent même étonnés qu'il soit arrivé si tard après l'arrivée de David Cameron au pouvoir, en mai 2010. Pendant la campagne législative qui l'a mené au 10 Downing Street, le chef des Tories, les conservateurs britanniques, était connu pour ses opinions eurosceptiques.

La réforme des traités européens, prétexte au "clash"?

Observant les règles de la Realpolitik, il avait toutefois opposé avec Bruxelles à cause de la présence, dans son gouvernement de coalition, de ses alliés libéraux-démocrates. Ces derniers, traditionnellement europhiles, sont pilotés par le vice-Premier ministre, Nick Clegg, qui a longtemps défendu, en tant qu'eurodéputé, les bienfaits de l'Union.
Mais les pressions de l'aile droite du parti conservateur, qui réclame le rapatriement de certains pouvoirs transférés aux instances européennes, ont contraint David Cameron à durcir le ton. Et, devant l'ampleur de la crise de la dette, les libéraux-démocrates ont fini par céder. Jeudi, avant le début du sommet européen, le Premier ministre était ainsi prêt à en découdre avec ses partenaires. Bien que non concerné par la reconstruction de l'architecture de la zone euro, puisque son pays refuse toute idée d'adhésion, David Cameron a saisi la perche qui lui était tendue pour monnayer le feu vert du Royaume-Uni à l'exercice.

Un affrontement de personnes

"Pour accepter une réforme des traités à 27, David Cameron a demandé, ce que nous avons considéré tous comme inacceptable, un protocole dans le traité permettant d'exonérer le Royaume-Uni d'un certain nombre de réglementations sur les services financiers", a déploré le président français Nicolas Sarkozy, lors de sa conférence de presse matinale, vendredi.
Alliés encore tout récemment lors de l'intervention militaire des occidentaux en Libye, Nicolas Sarkozy et David Cameron sont adversaires en Europe. Le précédent sommet de l'UE fin octobre avait déjà été l'objet d'une franche explication entre les deux hommes, le premier s'agaçant en pleine réunion que le second donne des leçons à la zone euro sur la conduite à tenir. A Bruxelles cette fois, David Cameron a demandé concrètement à pouvoir disposer d'un droit de veto pour permettre à la City de Londres d'échapper à la supervision des autorités paneuropéennes.

Des premières réactions sceptiques

William Hague, ministre des Affaires étrangères, a tenté de justifier la position de son Premier ministre vendredi midi, sur la BBC. Le diplomate a ainsi rejeté toute idée d'isolement de la Grande-Bretagne. "Voudrions-nous au Royaume-Uni être partie prenante d'un accord où l'on abandonnerait davantage de notre souveraineté (...). Non ?", a-t-il argué. Son homologue suédois, alors même que Stockholm "demande à réfléchir" avant d'accepter ou non l'accord intergouvernemental, l'a raillé sur son compte Twitter. Carl Bidlt s'est ainsi dit "préoccupé que la Grande-Bretagne commence à dériver de l'Europe de manière aussi grave", avant d'ironiser : "Pour aller où? Vers une alliance forte avec la Hongrie..."
Reste à savoir si la stratégie partisane de David Cameron peut convaincre ses électeurs. Les éditos de la presse britannique, publiés sur Internet, donnaient quelques éléments de réponse vendredi. Le Daily Telegraph, conservateur, comme le Guardian, plus proche du parti travailliste (gauche), ne s'y trompaient pas : "Le Royaume-Uni est isolé", titraient leurs sites Internet dans la matinée. "L'UE traverse la pire scission de son histoire", lâche le Daily Telegraph alors que le Guardian souligne la position difficile du Premier ministre : "Il pourra dire à ses députés eurosceptiques qu'il a refusé de signer un accord qui mettait en péril les intérêts britanniques."