TOUT EST DIT

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samedi 24 juillet 2010

Pas d'iPhone 4 blanc cet été

Les modèles blanc du téléphone star d'Apple sont « plus difficiles à fabriquer que prévu ». Seules les versions noires sont disponibles.
Apple joue avec les nerfs de ses fans. Lors de la sortie en grandes pompes de l'iPhone 4 le 24 juin dernier, ceux qui rêvaient de s'offrir le dernier smartphone de la firme à la pomme dans sa version à coque blanche ont été déçus : seul le modèle noir était disponible, le blanc ne devant arriver sur le marché qu'à la fin juillet « en raison de problèmes de production ».

Si beaucoup se sont rabattus sur l'iPhone 4 noir, contribuant à faire exploser les ventes du smartphone d'Apple, certains ont tout de même sagement patienté... En vain, vient de leur annoncer sans ménagement Apple aujourd'hui. Le fameux iPhone blanc ne sera en effet disponible que « plus tard dans le courant de l'année » car, indique succinctement le groupe, les modèles blancs « continuent d'être plus difficiles à fabriquer que prévu ». Pas question pour autant de faire son autocritique ou de présenter des excuses à ses fans : Apple précise juste que « la disponibilité du modèle plus populaire iPhone 4 noir n'est pas affectée ». OufDes explications limitées, un zeste de fanfaronnerie au lieu d'un profil bas attendu, des fans déçus... Tous les ingrédients semblent réunis pour créer un « white-iPhoneGate » alors que l'« Antennagate » agite encore le microcosme high-tech. Apple, dont les résultats traversent allégrement les tempêtes, devra peut-être étouffer l'incendie en distribuant, comme pour amadouer ceux qui se plaignaient de la mauvaise réception de leur iPhone 4, des housses... blanches, cette fois-ci.

Un test très cosmétique

Faut-il pousser le cocorico d'usage parce que quatre établissements français ont réussi avec mention « bien » le « stresstest » des banques européennes ? Mais pourquoi n'étaient présentés à l'épreuve que quatre « champions » ? L'Allemagne en avait quatorze dont un échec flagrant pour la Hypo Real Estate nationalisée en pleine restructuration : c'était prévisible.
Que cinq banques espagnoles aient fait preuve de leur incapacité n'est pas étonnant non plus. Madrid avait à tout prix voulu faire participer des établissements régionaux au test, sans doute pour démontrer leurs faiblesses et favoriser des réformes.
Publié à l'heure où ferment les Bourses, le résultat de cet « examen » a surtout une fonction cosmétique car la crédibilité des banques européennes repose largement, à l'égard du marché mondial, sur l'« assurance-vie » de 750 milliards que garantiraient les États dans le cadre du plan de stabilisation arrêté en mai dernier. Toutefois, en traînant des pieds, les Européens se devaient de répondre à l'initiative du secrétaire d'État américain aux finances Timothy Geithner, inventeur de l'épreuve. Et le travail a été confié à la CEBS, un organisme communautaire confidentiel, constamment assiégé par les lobbies financiers et qui - à l'instar de toutes les institutions de l'UE - doit habiller Pierre sans déshabiller Paul en respectant les susceptibilités des États membres.
Pourtant, le test est sérieux. Comme si sur simulation d'ordinateur était expérimentée la résistance d'immeubles aux tremblements de terre sous les plus forts degrés de l'échelle de Richter. Toutefois, avec quelques curiosités. Ainsi, à la demande de plusieurs capitales, quelques « pièces » (celles renfermant par exemple certains emprunts d'État) ont été occultées avant de soumettre les « immeubles » aux secousses virtuelles.
Voilà qui ne semble faire ni chaud ni froid au monde de la finance car les résultats étaient connus dans leurs grandes lignes avant leur publication par le « Committee of European Banking Supervisors ». Sans créer de turbulences, du moins jusqu'à présent. Et l'euro frise de nouveau les 1,30 dollars.
Grâce à l'infinie générosité du contribuable, ultime garant du grand casino, la finance européenne chemine sur la voie de la guérison. On ne peut pas en dire autant de l'économie réelle fragilisée par l'aventurisme bancaire...

Seules 7 banques européennes sur 91 échouent aux tests de résistance

C'est un succès pour les établissements financiers européens : seules cinq banques espagnoles, une banque grecque et une allemande ont échoué à prouver leur capacité de résistance lors des "stress tests", au cours desquels les banques devaient prouver leur capacité à maintenir un ratio de fonds propres "Tier 1" d'au moins 6 % d'ici à la fin 2011, et ce dans des scénarios de crise plus ou moins sévères.

* France

Les quatre banques françaises qui faisaient partie de la liste des banques européennes soumises à des tests de résistance afin de vérifier leur solidité financière ont réussi leur examen "avec succès", a annoncé vendredi la Banque de France. Les quatre banques concernées par ces tests sont BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et BPCE (Banque populaire Caisse d'épargne) La "marque des banques françaises est vraiment une capacité de résistance très forte", s'est félicité Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, en présentant les résultats de ces tests, commandés par la Commission européenne et organisés par le CECB (Comité européen des contrôleurs bancaires).

Avec ces résultats, les banques françaises montrent qu'elles "figurent parmi les plus solides d'Europe", indique encore la Banque de France. Ces résultats étaient "prévisibles" car ils sont "en ligne avec les résultats obtenus dans les tests régulièrement menés en France et la capacité avérée des banques françaises à traverser la crise récente", a-t-il ajouté. Les banques testées devaient conserver un niveau de fonds propres dit "Tier One" (fonds propres rapportés aux engagements de la banque) de 6 % pour que le régulateur considère qu'elles avaient réussi le test. Or les tests ont montré qu'en cas de tension lié à une crise financière importante, ce ratio cumulé des quatre banques françaises allait tomber à 9,3 % fin 2011, contre 9,9 % fin 2009.

Pour Christian Noyer, même en cas de "scénario adverse", les banques conservent un "niveau de revenus en 2010 et 2011 à peu près le même qu'en 2009". Les quatre banques françaises testées ont toutes reçu un important soutien de l'Etat au plus fort de la crise en 2008, après la faillite de Lehman Brothers. Trois de ces banques ont complètement remboursé cette aide ; la BPCE a encore un reliquat à rembourser.

La ministre de l'économie, Christine Lagarde, s'est aussitôt félicitée de ces résultats, estimant que les banques françaises avaient passé le test "haut la main". "C'est évidemment un sujet de satisfaction parce que ça signifie qu'elles vont pouvoir financer l'économie, les ménages, les entreprises, et que la défiance des marchés devrait maintenant disparaître", a-t-elle déclaré lors d'un point presse.

* Allemagne

La banque Hypo Real Estate a été la seule à échouer aux tests de résistance européens sur les quatorze établissements allemands qui s'y sont soumis, selon les résultats présentés vendredi par la Bundesbank et le BaFin, le gendarme allemand de la Bourse. Hypo Real Estate n'a pas résisté aux deux scénarios négatifs des tests, tombant dans les deux cas sous la barre des 6 % de fonds propres ramenés aux crédits accordés. Mais ce n'est pas une surprise pour l'institut de Munich, en profonde restructuration sous l'étroite direction de l'Etat fédéral, qui l'a nationalisé en 2009.

"Hypo Real Estate évolue presque en dehors de toute concurrence", a reconnu Jochen Sanio, le président du BaFin, lors d'une conférence de presse au siège de la Bundesbank à Francfort. Banque symbole de la crise financière en Allemagne, Hypo Real Estate s'était effondrée fin septembre 2008 à la suite de la chute de Lehman Brothers. Nationalisé depuis l'an dernier, l'établissement n'a jamais caché avoir encore besoin d'une injection de capital d'environ 2 milliards d'euros, qui a déjà obtenu l'aval du Soffin, le fonds allemand d'aide au secteur bancaire. Mais il manque le feu vert de la Commission européenne.

"La restructuration en cours d'Hypo Real Estate n'a pas pu être prise en compte par les tests", a expliqué le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble dans un communiqué. Il s'est félicité des résultats pour les banques allemandes, tout en précisant qu'il fallait "continuer à faire des efforts pour la consolidation des 'Landesbanken'", les banques régionales publiques allemandes, présentées comme le maillon faible du système bancaire du pays.

* Pays-Bas

L'examen est réussi pour les quatre banques testées.

Les 91 banques sous revue représentent 65 % du total des actifs bancaires de l'UE et au moins la moitié des actifs bancaires dans chacun des 27 pays membres. Tous les établissements ont dû passer des tests similaires, portant sur les risques sur les "trading books" (portefeuilles d'actifs financiers) et les "banking books" (portefeuilles bancaires), l'exposition au crédit immobilier, d'entreprises et aux prêts interbancaires ainsi qu'à la volatilité des taux d'intérêt et aux risques de crédit.

* Suisse

Sans grande surprise, les deux principales banques du pays, UBS et Credit Suisse, ont réussi les tests de résistance, ont indiqué vendredi les autorités de surveillance helvétiques. "Même dans le cas d'une crise majeure (...), les deux établissements conserveraient une base de capital solide, avec un ratio Tier 1 d'au moins 8 %", écrit l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma), dans un communiqué de presse.



Qu'est-ce qu'un ratio "Tier 1" ?

Le "Tier 1" est la partie jugée la plus solide des capitaux propres des institutions financières, et est utilisé par les régulateurs afin de mesurer le degré de capitalisation des institutions financières. Le minimum requis, selon les accords de Bâle I, est de 4 %. Dans la pratique, la plupart des banques visent au moins 7 %.



DES TESTS BIDONS AVEC QUATRE BANQUES FRANÇAISES QUI CACHENT CERTAINS EMPRUMTS,ALORS QUE L'ESPAGNE PRÉSENTE MÊME DES ÉTABLISSEMENTS RÉGIONAUX, CE N'EST PAS CONCLUANT POUR LE SYSTÈME BANCAIRE FRANÇAIS, TROP OPAQUE J'IRAI MÊME JUSQU'À DIRE OCCULTE.

Eau : les Parisiens invités à limiter leur consommation

Le préfet de Paris a appelé vendredi à un usage «raisonné» et «économe» de l'eau potable dans la capitale en raison du faible débit de deux cours d'eau, le Lunain en Seine-et-Marne et la Vanne dans l'Yonne. «Le préfet de Paris attire l'attention de tous sur la sensibilité de la situation et sur la nécessité d'utiliser l'eau de manière raisonnée et économe.
Que l'on soit particulier, entreprise, service public ou collectivité, toute consommation d'eau a une incidence sur la ressource, que ce soit en terme de quantité ou de qualité», indique-t-il dans un communiqué.

En raison de la sécheresse estivale, le débit du Lunain est passé «en dessous du seuil d'alerte» et celui de la Vanne «en dessous du seuil de crise», est-il souligné. Les deux rivières servent à l'alimentation en eau potable de Paris, précise le communiqué de la préfecture de région.

«Sont ainsi réunies les conditions de déclenchement des mesures correspondant au seuil de vigilance à Paris, en application de l'arrêté préfectoral du 10 mai 2010 qui définit pour Paris des mesures coordonnées de limitation provisoire des usages de l'eau par principe de solidarité entre les usagers d'une même ressource en eau», ajoute le communiqué, qui évoque aussi les «niveaux très bas des nappes dans l'est du bassin parisien.»

Les vacances d’Obama critiquées

Barack Obama ira bien passer ses vacances en Floride lors du week-end du 15 août. Depuis le début de la marée noire dans le golfe du Mexique, le président américain et sa femme, Michelle, n’ont pas arrêté d’appeler leurs compatriotes à aller faire du tourisme dans la région pour la soutenir. Mais quand, la semaine dernière, la famille présidentielle est partie se détendre pendant deux jours dans la petite ville de Bar Harbor, dans le Maine, les habitants du nord de la Floride et beaucoup d’Américains ont froncé des sourcils : pourquoi les Obama ne viennent-ils pas dans le golfe?

Du coup, les fréquentes vacances du 44e président reviennent souvent dans les discussions ces derniers temps.
Le parti républicain accuse Obama de s’accorder trop de temps libre et de ne pas consacrer toute son attention aux maux du pays. Le comité national républicain (RNC) a ainsi mis en place un site Internet détaillant toutes les activités non officielles d’Obama. D’après le RNC, le locataire de la Maison-Blanche est parti en vacances trois fois depuis le début de la marée noire, le 22 avril (à Ashville, à Chicago et à Bar Harbor), serait allé jouer au golf une dizaine de fois et est allé assister à un concert privé de Paul McCartney.

Pour couronner le tout, du 19 au 28 août, Obama sera en vacances avec famille et amis sur l’île très chic de Martha’s Vineyard, dans le Massachusetts. Les républicains posent alors avec malice cette question : le président préfère-t-il jouer au golf ou sauver le golfe? « Les présidents ont certainement le droit de partir en vacances, comme tout le monde, mais il y a un équilibre délicat à respecter sur la durée et l’endroit où ils doivent se rendre, explique Brad Blakeman, ancien membre du staff de George W. Bush. Les présidents doivent se rendre compte que leurs moindres faits et gestes sont observés. »

Les démocrates ont répliqué aux critiques des républicains en rappelant que durant ses deux mandats, Bush avait passé près de neuf cent soixante-dix-sept jours à Camp David et dans son ranch de Crawford (Texas). Ancien conseiller de Bill Clinton, Paul Begala a tenu à souligner que, même en vacances, « le président restait le président, et ce, peu importe où il se trouve. Les Américains peuvent ne pas apprécier la politique du président, mais ils ne doivent pas douter de son sérieux. Le président est un homme qui se donne à fond et travaille durement. » Il n’empêche : un président averti en vaut deux.

PERSONNE N'EST À L'ABRI, MÊME PAS OBAMA...N'A-T-IL PAS DE CAP NÈGRE, LUI ?
(sans vouloir faire de jeu de mot raciste)

vendredi 23 juillet 2010

STRESS TESTS - Opération-vérité pour les banques européennes

Après des semaines de discussions entre les 27 membres de l'UE, les résultats des fameux "stress tests" des banques européennes - des tests de résistance très attendus - seront finalement publiés vendredi après-midi. Avec un objectif non dissimulé : rassurer les marchés, hyper sensibles sur la question de la solidité financière des banques. Si les pronostics sont rassurants, l'opération-vérité a déjà fait l'objet de nombreuses critiques, qui pourrait la décrédibiliser, notamment sur le manque de transparence des tests.

Régulièrement pratiqués en interne par les banques, ces tests consistent à appliquer des scénarios de crise aux établissements afin d'estimer s'ils possèdent les fonds propres suffisants pour y survivre. C'est le Comité européen des contrôleurs bancaires (CEBS) qui a mis au point les scénarios. Et 91 banques, soit 65 % du secteur bancaire européen, y ont été soumises. L'expérience réalisée aux États-Unis en 2009 avait conduit à la recapitalisation de 10 des 19 plus grandes banques du pays.

Quid des établissements européens ? La grande majorité devrait réussir les tests, à l'exception de l'allemand Hypo Real Estate, nationalisé récemment, de certaines caisses d'épargne espagnoles et d'une poignée de banques grecques et portugaises. Cela, ce sont des "pronostiqueurs" qui le disent. En effet, à l'inverse de ce qui s'est fait aux États-Unis, le CEBS a communiqué très peu sur ses scénarios de crise : "L'exercice est conduit banque par banque en utilisant des scénarios macroéconomiques communément acceptés (...)", peut-on lire sur son site Internet. Il n'en a pas fallu plus pour que nombre d'analystes soupçonnent le comité d'avoir établi des critères trop indulgents. Le Fonds monétaire international (FMI), lui-même, s'est inquiété d'une éventuelle faiblesse des tests de résistance concernant les principales banques européennes : "Une incertitude concernant le caractère rigoureux ou non des tests de résistance va probablement persister", a écrit l'institution dans un rapport.

"Un problème de communication" (analyste)

Beaucoup se demandent dans quelle mesure les dettes souveraines ont été prises en compte par le CEBS. Mais, pour Wilfrid Xoual de Moody's Analytics, cette inquiétude est très exagérée. À ses yeux, il s'agit avant tout d'un problème de communication. L'explication est simple : "Ils communiquent mal, tout simplement parce qu'ils n'avaient pas prévu... Ce qui est d'autant plus regrettable que les stress tests sont à la base un exercice de communication", commente-t-il.

Pour lui, les analystes vont un peu vite en accusant le CEBS d'indulgence : "Quand j'entends dire que, si les banques grecques s'en sortent, c'est que les critères étaient trop indulgents, ce n'est pas forcément vrai ! En réalité, elles ont été soumises à tellement de difficultés ces derniers temps qu'elles ont peut-être pris de l'avance sur les stratégies de crise."

Mais si les stress tests l'étaient, trop indulgents ? Facile : "Les stress tests se font en trois étapes", explique Wilfried Xoual. "D'abord, on définit des scénarios macroéconomiques, ensuite on établit les corrélations possibles entre ces scénarios et des facteurs de risque, et enfin, on prépare des plans de sauvegarde." Conséquence : si les critères ont été mal définis, "les banques seront mal préparées à une situation de crise. Leurs plans d'action seraient sans doute inadaptés." Le pire serait au rendez-vous.

Tapie, coach low-cost de la Sarkofrance

Peut-être que des historiens se pencheront sur le sujet : dans quel état devait être la gauche socialiste mitterrandienne à la fin des années 80 pour faire d’un industriel roublard l’un des représentants de la République ? Nommer Ministre de la Ville –des cités-, ériger en héros d’une jeunesse paumée un touche à tout passionné de lui-même, imposteur et flambeur.

Le bonhomme répondait au nom de Bernard Tapie. Après moult démêlés judiciaires, il tente un retour sur le devant la scène. Toujours les mêmes méthodes. Tapie gère son image comme une marque. Une pub pour le site internet de son fils, c’est le père qui montre sa bobine. Mais Tapie est devenu aussi ridicule qu’un Séguéla, tous deux papys désincarnés de la décennie 80.

Invité ce matin de Thierry Guerrier sur Europe 1 pour faire un point très très global sur l’actualité –avec Tapie, on ne rentre pas dans le fond des dossiers…-, Nanard nous l’a joué Café du commerce.
Sur son terrain de prédilection, le foot, Tapie montre très vite ses limites. Duchaussoy nommé à la tête de la Fédération Française de Foot : « Ah, je sais pas, je peux rien vous dire, je le connais pas du tout, mais ça peut pas être pire que l’autre. Mais globalement, ce qui a été calamiteux c’est qu’on n'a pas une grande équipe ». Et Tapie de dénoncer vaguement les dérives « globales, générales et morales du foot ».
Pas désemparé, Thierry Guerrier retente le coup : « Est-ce que la Fédération doit par exemple décider le licenciement de Raymond Domenech ».
Encore une fois très inspiré, « Moi j’en sais rien, j’suis pas là pour ça ».

Au saut du lit Bernard nous la fait Nanard : «j’adore Roselyne Bachelot, mais qu’est-ce qu’elle est allée foutre là-bas pour aller moraliser…Elle avait dû fumer un joint c’est pas possible ! je voyais dans les journaux la volonté de sortir de l’Equipe de France les deux qui courent après les petites filles. Je trouvais ça assez con. D’autant que la jeune fille, elle aura du mal à faire 16 ans. Ce qui est grave c’est d’avoir montré aux yeux du monde qu’y a pas que les aiguilleurs du ciel qui nous font chier, y’a les footballeurs aussi ».

Quand Borloo appelle Bernard du G20...
Promis, juré, craché, Bernard ne reviendra pas en politique. Pas sur le plan opérationnel en tout cas –mais un talk-show pour balancer ses quatre vérités à la face du monde n’est pas à exclure.
Après huit minutes sur le foot, arrive enfin le chapitre politique, le Tapie de gauche n’en démord pas, moins vaillant qu’à l’accoutumée dans la défense de son copain Sarko, il ne regrette quand même pas « d’avoir fait ce choix. C’est mieux que si ça avait été l’autre ». Tiens, remets m’en une !

Puis arrive Bernard l'expert: « Sur tous les grands problèmes que le monde a connu autour des trois dernières années: la crise, la crise des monnaies, le problème des banques, le redémarrage de la Méditerranée (sic), la politique africaine. Sur tous ces sujets-là, Borloo m’a appelé de Rome après le sommet du G20, plus de la moitié des résolutions émanent de la France. Ca veut dire que nous qui représentons 2% du monde, à l'échelle économique , politique et sociale, on est pas de loin les premiers, on figure au moins à l’égalité avec l’Allemagne si ce n’est plus, mais devant l’Angleterre et avec les Etats-Unis comme la nation qui compte le plus ! ».

Toujours ce même goût de la compétition avec Tapie, transfiguré coach low-cost de la Sarkofrance. Vas-y, bascule Bernard !

André Santini quitte le conseil régional d'Ile-de-France

Elu mercredi président du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris (SGP*) - une élection qui avait fait controverse notamment parce qu'à 70 ans, il a bénéficié d'une dérogation à la limite d'âge - le député-maire d'Issy-les-Moulineaux André Santini (Nouveau centre) a démissionné de son mandat de conseiller régional d'Ile-de-France, a annoncé le goupe NC au conseil régional.
L'ancien secrétaire d'Etat à la fonction publique de Françaois Fillon avait été élu en mars dernier conseiller régional après avoir dirigé la majorité présidentielle dans les Hauts-de-Seine.

Le maire d'Issy-les-Moulineaux devrait être remplacé par la douzième sur la liste des Hauts-de-Seine qu'il dirigeait aux régionales, en l'occurrence Ségolène Missoffe, maire-adjointe de Boulogne Billancourt, également Nouveau centre, selon l'entourage de Valérie Pécresse, tête de liste régionale. L'UMP avait obtenu 11 sièges dans ce département.

Un mandat de 5 ans

Mercredi, André Santini a été élu président du Conseil de surveillance sans les voix des élus de gauche qui ont quitté la réunion avant le vote pour ne pas «donner caution à cette désignation par le président de la République», selon Claude Bartolone, président PS du Conseil général de Seine-Saint-Denis. Le député-maire, conseiller régional, vice-président de la Communauté d'agglomération Grand Paris Seine ouest**, mais aussi président du Syndicat des eaux d'Ile-de-France et du comité de bassin de l'Agence de l'eau Seine-Normandie, avait alors annoncé qu'il renoncerait à certaines de ses responsabilités, sans préciser lesquelles.

Le conseil de surveillance devait aussi élire mercredi son vice-président, mais cette élection a été reportée. A ses côtés, a été créé un directoire, qui sera présidé par Marc Véron, et qui sera le véritable opérateur du Grand Paris. Les mandats de président et de vice-président du conseil de surveillance de la SGP sont de 5 ans. Ses membres exercent leurs fonctions à titre gratuit.

*Etablissement public qui a pour objectif d'assurer la mise en œuvre des nouvelles grandes infrastructures de transport prévues par l'État en Ile-de-France.
**Qui regroupe Boulogne-Billancourt, Chaville, Issy-les-Moulineaux, Meudon, Sèvres, Vanves et Ville-d'Avray

La boîte de Pandore

C'est un jugement de Salomon que voulait rendre la Cour internationale de Justice sur le Kosovo. Son avis consultatif présenté en une longue lecture est émaillé de nuances qui feront sans doute les délices des juristes spécialisés. Mais l'opinion publique, surtout dans les Balkans, ne retiendra qu'une phrase : « La déclaration d'indépendance du Kosovo (en 2008) ne viole pas le droit international ». En d'autres termes, elle est conforme.
Même non contraignant, ce jugement aura une immense portée. Il place le droit des peuples à disposer d'eux mêmes devant un autre principe onusien, celui de l'intégrité territoriale des États. Ce qui fait dire aux ministre serbe des Affaires étrangères que désormais plus aucun pays ne sera « sûr de ses frontières », surtout quand l'indépendantisme est encouragé par des puissances étrangères. Des propos exagérés, traduisant l'amertume de Belgrade et faisant fi des souffrances infligées aux Kosovars sous l'ère Milosevic.
Il est vrai qu'après les nettoyages ethniques des années 1995-1998, il paraissait difficile, voire impossible, pour cette région albanophone de revivre en union avec la Serbie, même devenue démocratique et débarrassée de ses vieux démons. Cependant, une solution autre que l'éclatement des Balkans orientaux en micro-États aurait été préférable sous l'égide européenne. Malheureusement, l'Europe n'a jamais fait preuve de courage politique en ex-Yougoslavie, et depuis les guerres civiles de 1991.
Avec le jugement de La Haye resurgit toute cette problématique balkanique. Ainsi, de quel droit va-t-on maintenant interdire aux enclaves serbes du Kosovo de ne pas se déclarer « indépendantes » dans un premier temps ? Déjà, elles ont leurs institutions parallèles alignées sur Belgrade. Et ce qui vaut pour les Serbes du Kosovo vaut aussi pour les Serbes de Bosnie-Herzégovine ou les Albanais de Macédoine. La boîte de Pandore est de nouveau grande ouverte. Pas seulement en ex-Yougoslavie. C'est en toute conscience qu'un pays comme l'Espagne confrontée aux indépendantismes basque et catalan n'a jamais voulu reconnaître le Kosovo...
Très étrange est aussi l'attitude américaine. Le verdict de La Haye à peine tombé, Washington a prié ses alliés européens de tenir compte du jugement. Sans doute pour que le Kosovo devienne vraiment un État internationalement reconnu, et il le sera seulement s'il atteint la majorité à l'Assemblée générale de l'ONU. Car pour l'instant, ce petit pays grand comme l'Alsace, avec un taux de chômage de 50% et une économie mafieuse reste ce que, sous d'autres latitudes, on appellerait une « république bananière ». Ou une base avancée des États-Unis en Europe, aux infrastructures naissantes financées par l'UE quand l'argent n'est pas détourné... Les Européens n'ont pas fini de payer leur inaction en ex-Yougoslavie.

Jean-Claude Kiefer

Vilain petit caïd

Sa gueule cassée a valu au footballeur le surnom de Scarface. Allusion au film de gangsters avec Al Pacino. Sur son poster, à Boulogne, sa ville, on ne voit plus que la balafre, comme on ne voyait que l’oreille coupée de l’autoportrait de Van Gogh, période maudite.

Franck Ribéry aurait pu faire de sa carrière une œuvre d’art. Doué en diable sur les stades, si maladroit en dehors, sa vie est comme ses dribbles. Faite de contre-pieds, elle rappelle le destin d’un autre gamin aux pieds d’or : l’Argentin Maradona. Enfance heurtée, grandeur et décadence.

Mais quand le “pibe de oro”, entre drogue, mauvaises fréquentations et surpoids, retrouvait sur le rectangle vert la grâce et la légèreté du danseur de tango, Ribéry n’est aujourd’hui que pesanteur. César du premier (mauvais) rôle dans la déroute de l’équipée Domenech en Afrique du sud. Mis en examen pour relation avec une prostituée mineure. Son avocate et son club mettent sa disgrâce sur le compte de ses contre-performances et du climat délétère à la FFF.

La meilleure défense n’est pas toujours l’attaque. À la Fédération, on parle de l’exclure des Bleus, suivant l’avis de Dame Roselyne, la ministre qui avait déploré un “comportement immature de petit caïd”. À quoi pense le fragile Ribéry en ce moment ? À une réplique de Tony Montana, héros de Scarface : “J’ai des pieds faits pour l’or, mais ils sont dans la merde.”


Antoine CHANDELLIER

Solidarité pour tous et pour chacun

Notre société doute d'elle-même. Les parents se disent, non sans raison, que leurs enfants vivront moins bien qu'eux, ce qui n'aide pas ceux-ci à se projeter vers l'avenir. Et la globalisation est, pour beaucoup, source d'inquiétude, encore plus que dans d'autres pays d'Europe, lorsque l'on envisage la place de la France dans le monde.

Le malaise est parfois transformé en une sorte de panique morale qui fait croire que l'identité nationale serait en cause. Beaucoup de nos concitoyens se sentent fragiles, vulnérables, quand ce n'est pas isolés ou exclus, et un sentiment profond envahit les consciences : l'individualisme moderne, qui n'a cessé de se renforcer, n'est-il pas au coeur des difficultés contemporaines ?

C'est dans ce contexte qu'un petit mot de langue anglaise, le care, lancé par Martine Aubry, a connu un succès médiatique inattendu. Il est vrai que, dans quelques milieux très spécialisés, en psychologie, chez certains médecins, dans les débats au sein du féminisme américain, le terme revêt un sens relativement précis. Mais, au-delà de ces cercles, l'idée de care est vague.

Le mot qui, en anglais, signifie attention, soin, renvoie, en fait, à une question : est-il possible de tenir compte du caractère personnel, des difficultés individuelles des plus faibles et des plus démunis, tout en mettant en oeuvre une action politique générale, soucieuse de justice et de solidarité ? Le care est ici le bien-être, pour tous et pour chacun ; une affirmation du sens de la collectivité et du lien social en même temps qu'une préoccupation tournée vers les individus.

On a parfois voulu voir, dans le care, un esprit « boy-scout », un retour en force des pratiques caritatives : il n'en est rien. L'enjeu est politique, il s'agit de réfléchir à des mesures générales, pouvant concerner de larges pans de la population, en leur apportant la justice sociale et la solidarité de la collectivité, en personnalisant les réponses de la puissance publique, en agissant au plus près.

En ce sens, l'idée de care est peut-être bien plus novatrice à gauche où l'on a l'habitude de penser en termes sociaux, collectifs, généraux. Or, avec le care, on prend en considération des personnes singulières, même si l'on cherche à réformer le fonctionnement de la société, dans son ensemble, par exemple en proposant de promouvoir des services publics personnalisés.

Il y a là un vrai changement pour la gauche qui, tout en restant fidèle à ses idéaux collectifs, s'efforce d'inventer des modes d'action tenant compte des attentes ou des besoins propres à chacun. Elle doit composer avec des résistances, en son sein, vis-à-vis d'un projet de politique qui s'ouvrirait aux spécificités des difficultés individuelles.


Michel Wieviorka (*)
(*) Sociologue, École des hautes études en sciences sociales.

Silence gêné

Un engagement constant depuis 2001. Un lourd bilan : 45 morts, des centaines de blessés dans les rangs de notre armée. Depuis huit ans, face au conflit afghan, les Français gardent pourtant le silence. Bataille lointaine, buts de guerre changeants, professionnalisation des combattants : cette indifférence apparente peut avoir de nombreuses explications. Sans oublier la principale : le déni. Cachez cette guerre que je ne peux pas nommer (légitime défense ? lutte contre le terrorisme ? maintien de la paix ? installation de la démocratie ?) et que je ne veux pas voir (violences, bavures… ). Stratégie de l’édredon.

Du point de vue des responsables politiques, parier sur cet oubli serait pourtant une grave erreur. L’objectif (la pacification de l’Afghanistan) ne pourra être atteint que s’il est partagé. C’est l’opinion, et personne d’autre, qui, au final, légitime l’intervention. C’est elle qui soutient (ou pas) les efforts budgétaires nécessaires au moment des grands arbitrages. C’est elle qui fait corps (ou pas) avec les soldats… Aujourd’hui, majoritairement hostiles à l’intervention selon les sondages, les Français pourraient sans doute comprendre que la présence des forces alliées est, pour l’instant, la seule manière de stabiliser le pays, de lui donner un embryon d’institutions en évitant de le rendre aux talibans. À condition, toutefois, de le leur expliquer.

La transformation radicale de l’action de l’Otan après l’alternance à la Maison-Blanche (« La guerre continue pour que la guerre se termine ») a-t-elle été bien exposée ? Qui en parle vraiment ? Combien de débats à l’Assemblée nationale proposés par la majorité ou réclamés par l’opposition ?

Le silence est ancré. Il nourrit la rumeur. Celle d’un « nouveau Vietnam » promis, tour à tour, par Al-Qaida et par les Iraniens… Voilà les militaires français contraints de démentir. Malgré les attentats, des officiers constatent, dans les médias qui les accueillent, les avancées sur le terrain. Jamais ils ne s’aventureraient à crier victoire. Mais ils soulignent les progrès accomplis. Pendant le même temps, faute d’un véritable débat public qui permettrait que se développe un argumentaire construit, national et européen, sur l’implication des armées françaises et qui permettrait peut-être un consensus, Nicolas Sarkozy, Bernard Kouchner ou Hervé Morin répètent un vague décalque des justifications du Pentagone. Pas vraiment les mieux adaptées pour convaincre les Français.



François Ernenwein

Jour J pour la publication des « stress tests » bancaires

C'est aujourd'hui, peut-être même dès ce matin, que les résultats des tests de résistance sont publiés, mettant fin à des semaines de spéculation. Reste à savoir si l'exercice suffira à rassurer sur la santé des banques européennes.
Le feuilleton des tests de résistance touche à sa fin. C'est aujourd'hui, et peut-être même dès ce matin, que les résultats seront publiés, après des semaines de suspense. L'enjeu est d'importance : il s'agit pour les dirigeants de banques, les régulateurs et les chefs d'Etat européens de convaincre les investisseurs de la solidité du système bancaire européen et de sa capacité de résistance à un éventuel choc souverain analogue à celui qu'a connu le secteur en mai. Depuis la crise grecque, les investisseurs craignent en effet que la grande exposition des banques européennes à la dette souveraine de la zone euro ne les fragilise. Appliqués à 91 banques, censées représenter 65 % des actifs du secteur au niveau européen, les tests doivent évaluer la résistance du système lorsqu'il est soumis à des scénarios de chocs de crédit ou de marché, notamment sur la dette souveraine. Les banques devraient même, selon Reuters, dévoiler leur exposition aux obligations souveraines. L'objectif est de montrer aux marchés que les banques européennes parviennent à conserver un ratio de fonds propres suffisant - en l'occurence, supérieur ou égal à 6 % -même soumises à une situation de stress.

Recapitalisation en cas d'échec

Depuis la crise grecque, certaines banques se sont en effet trouvées plusieurs fois dans l'incapacité de se refinancer, y compris sur le marché interbancaire, à cause des craintes relatives à leur exposition à la dette souveraine, les banques espagnoles étant parmi les plus pénalisées. Ces dernières ont donc été les premières à militer en faveur de l'exercice, en particulier pour la publication des résultats banque par banque - une première en Europe, où la précédente série de tests pratiqués au niveau européen, en 2009, n'avait donné lieu qu'à une publication de résultats agrégés.

En cas d'échec, la ou les banques concernées devront se recapitaliser, soit directement en levant des fonds sur les marchés, soit en réactivant les dispositifs de soutien publics, soit encore en faisant appel, par l'intermédiaire des Etats, au fonds européen de stabilisation financière. Les tests vérifient ainsi indirectement la dépendance des établissements aux politiques de soutien. Ils devraient aussi conduire à des rapprochements, permettant de recapitaliser, à l'occasion, certains acteurs jugés trop petits. Dans certains pays, le régulateur n'a pas attendu l'issue des tests, puisque le mouvement de consolidation a déjà commencé en Espagne, avec des fusions de caisses d'épargne, et en Grèce. La publication doit aussi mettre fin à des semaines de spéculations sur les hypothèses, la méthodologie et les résultats, qui ont fini par jeter le discrédit sur l'ensemble de l'exercice. Plusieurs régulateurs européens ont ainsi fait savoir que les banques sous leur surveillance avaient réussi les tests, y compris dans des pays réputés fragiles. La majorité des banques auraient donc passé les tests sans encombre. A quelques exceptions près : la banque allemande HRE aurait, sans surprise, échoué. La banque slovène NLB a aussi annoncé mercredi son intention de lever 400 millions d'euros. Et sur les 6 banques grecques testées, une seule devrait pourrait finalement devoir se recapitaliser, la banque publique Agricultural Bank of Greece. Verdict aujourd'hui.

ELSA CONESA

Fiscalité des haut revenus : la France, plus proche de la norme, conserve ses spécificités

La France a un régime en apparence pénalisant au regard des taux d'impôts pratiqués dans d'autres pays européens, et elle est la seule à avoir un ISF. Mais les déductions fiscales permettent de contrebalancer ce tableau. Avec la loi Tepa, la France se rapproche de la norme, alors que d'autres pays alourdissent actuellement la fiscalité des plus riches.
De tous les pays du monde, la France est celui qui taxe le plus les contribuables aisés. » Interrogé le 12 juillet dernier à la télévision, le président de la République, Nicolas Sarkozy, s'était insurgé de ce poids pénalisant les plus aisés. Sur un plan global, le chef de l'Etat est dans le vrai. Selon les calculs de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), le taux de prélèvements obligatoires en France (43,5 % en 2007) est parmi les plus élevés du monde (voir graphique). Dans le détail toutefois, la réalité de l'imposition des contribuables aisés est plus difficile à cerner.

Rattraper le décalage

Au regard des seuls taux d'imposition sur les revenus pratiqués par les différents pays européens, la France ne se classe pas parmi les plus « sévères » vis-à-vis des personnes à hauts revenus. Le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l'Allemagne ou encore la Belgique disposent de taux marginaux plus élevés. Mais le poids de la CSG, qui s'ajoute, est important. L'OCDE souligne de toute façon que, pour la France, les chiffres sont à corriger du fait de la possibilité de déductions fiscales. « La France offre un nombre relativement important de déductions fiscales qui faussent les chiffres », indique Jens Lundgaard, chef adjoint de la Division des statistiques et politiques fiscales de l'OCDE. « Notre fiscalité globale paraît facialement pénalisante au regard des taux d'impôts pratiqués dans d'autres pays européens (en cumulant taxation des revenus, des plus-values et des successions), mais plusieurs dispositions permettent de limiter de façon importante l'impact de cette fiscalité : niches fiscales mais aussi mesures visant à réduire l'impôt sur les plus-values mobilières et à favoriser l'anticipation de la transmission du patrimoine de son vivant », confirme Stephan Chenderoff, directeur de la gestion de fortune chez Cyrus Conseil. Philippe Lorentz et Céline Huet, avocats chez August & Debouzy, soulignent aussi que « si la France semble pratiquer une fiscalité peu favorable au contribuable, il en va différemment en pratique, sous réserve de bien maîtriser les différents outils fiscaux progressivement mis en place par le législateur ». D'où la nécessité d'être bien informé et d'anticiper sa fiscalité en fonction de ses choix de vie. Mais dans le cas contraire, le poids de l'impôt devient très lourd.

Avec l'effet des niches fiscales, le taux moyen d'imposition sur le revenu des « très hauts revenus » (1 % des Français les plus riches) est, au final, de l'ordre de 20 %, souligne l'Insee (lire page 3). Le mouvement opéré ces dernières années par la France (réforme du barème de l'impôt sur le revenu, loi Tepa, loi Dutreil sur la transmission d'entreprises, etc.) a principalement eu pour objectif de rattraper le décalage avec nos voisins européens qui s'étaient engagés dans des réformes visant à alléger les prélèvements obligatoires dès le milieu des années 1990. « La France peut être perçue comme naviguant à contre-courant à l'heure où la tendance de certains Etats européens est au durcissement », relèvent les avocats d'August & Debouzy.

Le point noir de la France

En effet, du fait de la crise financière et des difficultés budgétaires de nombreux pays européens, la fiscalité des hauts revenus aurait plutôt tendance à augmenter. En Grande-Bretagne ou encore en Espagne (voir ci-dessous). D'autres pays ont suivi cette voie. Comme le constate Jens Lundsgaard, « l'Irlande constitue un cas important d'un petit pays ayant alourdi la fiscalité des plus hauts revenus pour résoudre ses difficultés budgétaires ».

Si beaucoup de pays réfléchissent à l'alourdissement de la fiscalité des plus riches, aucun cependant n'envisage d'instaurer un impôt spécial sur le patrimoine, à l'instar de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) français. « La France s'est au fil du temps isolée », poursuivent les avocats d'August & Debouzy. En dépit du bouclier fiscal qui limite en partie les effets pervers de l'ISF (lire ci-dessous), « il a psychologiquement un effet très néfaste sur les contribuables soumis à cet impôt alors qu'il est globalement l'impôt le moins cher avec un taux marginal à 1,8 %, mais avec un effet annuel répétitif », avance Stephan Chenderoff.

Pour Pascal Julien Saint-Amand, président du réseau notariale Althémis, l'ISF reste bien le point noir de la France. Mais en dehors de cela, « notre régime est dans la norme européenne en imposition sur le revenu, un peu supérieur en impôt sur les plus-values et inférieur à la moyenne sur les successions et donations, si l'on tient compte de la loi Tepa (exonération de la transmission au conjoint) et de la loi Dutreil sur les entreprises ».


RICHARD HIAULT ET FRÉDÉRIC SCHAEFFER

jeudi 22 juillet 2010

Roms : le défi républicain


« Nous avons devant nous dix ans de rigueur pour résorber la dette »

Comment jugez-vous la situation des finances publiques de la France ? Cette dimension va-t-elle prendre une part importante dans les nouvelles propositions de la Commission pour la libération de la croissance ?

Oui. Ce sera très important. La situation est très grave. Dans notre précédent rapport, nous recommandions déjà de ramener la dette publique à 60 % de PIB en 2013, avec une série d'économies budgétaires à la clef. Mais ces préconisations n'ont malheureusement pas été mises en oeuvre et il faut désormais s'attendre à voir, si rien n'est fait, la dette atteindre 90 % de PIB en 2013 et dépasser 100 % en 2020, si ce n'est pas 120 %. La maîtrise des finances publiques sera donc l'une des trois priorités de notre nouveau rapport qui sera prêt fin août-début septembre, avec la problématique de l'éducation et de l'emploi, ainsi que les investissements d'avenir. Il y aura en tout une trentaine de propositions. Nous voulons définir le programme commun minimum qui devra être appliqué, quoi qu'il arrive, sans interruption pendant les dix ans qui viennent et quelle que soit la couleur politique des présidents de la République.

Quel doit être l'objectif en matière de dette ?

Il faut stabiliser la dette à l'horizon 2013, c'est une première étape, et la ramener ensuite vers 60 % de PIB d'ici à 2020. Cela nécessite des efforts gigantesques, et qui sont incontournables car les risques en cas d'inaction seraient immenses. Les marchés nous menacent notamment d'augmenter les taux d'intérêt. Le redressement des finances publiques est devenu aujourd'hui une condition du retour de la croissance. C'est la dette qui est un frein. Le mécanisme keynésien ne fonctionne plus à ces niveaux de déficit. Dans l'inconscient du pays, on sent que l'on n'est pas à l'abri de ce qui est arrivé à la Grèce. Nous avons devant nous non pas trois ans de rigueur mais dix. Il faut une mobilisation générale du pays. Sinon, nous courons à la catastrophe.

Cela ne risque-t-il tout de même pas de freiner la croissance ?

Non. Et nous n'allons pas être la commission de l'austérité qui proposera une politique de déflation comme Pierre Laval en 1934 ! Il ne s'agit pas de faire n'importe quoi. Il faut, à la fois, trouver un maximum d'économies sur la dépense sans pénaliser l'activité et investir pour muscler la croissance. Nous ne sommes pas des « déclinophiles ». La France et l'Europe sont très riches, très puissantes et dotées de grands atouts. Il ne s'agit pas de sortir du déclin mais de ne pas y tomber.

Quelle est l'ampleur des économies à réaliser ?

Si la croissance atteint 2,5 % par an entre 2011 et 2013, il faut trouver environ 20 milliards d'euros d'économies et de recettes nouvelles chaque année pour revenir à 3 % de déficit en 2013. Mais si on ne réalise que 1,5 %, ce qui est proche de la croissance potentielle du pays actuelle, il faudra trouver le double, soit un effort de 30 milliards par an uniquement pour stabiliser la dette. Et n'oublions pas qu'il faudra ensuite continuer, au-delà de 2013, au rythme de 20 milliards par an pour la diminuer. La commission n'a pas encore tranché sur le taux de croissance à retenir. Se fonder sur des hypothèses prudentes et raisonnables paraîtrait pour le moins pertinent au vu du contexte : 2 % semble malheureusement un maximum, pour 2011 au moins.

Faut-il augmenter massivement les impôts ?

Non, il faut d'abord agir en priorité par la réduction des dépenses, et compléter cette action par les recettes. J'insiste sur la nécessité d'avoir toujours à l'esprit la justice sociale. Il faut une rigueur socialement juste. Donc, aussi, une action sur les recettes pour remplacer des recettes injustes par des recettes justes.

Cela passe par exemple par une mise sous condition de ressource de l'ensemble des prestations sociales et allocations ?

C'est en effet une hypothèse sur laquelle nous travaillons. La commission avait déjà préconisé la mise sous condition de ressource des allocations familiales dans son dernier rapport, et cette proposition sera certainement reformulée, et sans doute généralisée.

Quid du bouclier fiscal, systématiquement dénoncé par la gauche au nom de la justice sociale ?

On peut imaginer de le supprimer, peut-être en même temps que l'ISF, en compensant cela par une hausse de l'impôt sur le revenu pour les plus aisés et un relèvement de l'impôt sur les successions. Cela fait partie de nos multiples sujets en débat.

Plus globalement, vous défendez une « fiscalité de croissance ». Qu'entendez-vous par cette expression ?

Il faut transformer notre fiscalité archaïque, à prélèvements obligatoires constants, pour favoriser davantage l'activité. Cela veut dire taxer davantage le foncier et moins l'innovation et la création de richesse. Cela veut dire accroître la fiscalité environnementale, via la création d'une taxe sur le carbone ajouté (TCA), car la France doit rattraper son retard. Cela peut aussi signifier une plus grande progressivité de l'impôt.

Faut-il relever la TVA, comme le préconisent certains ?

Nous n'avons pas encore fait notre religion sur la TVA. Une hausse aurait un impact négatif fort sur la consommation et la croissance, mais c'est aussi le cas pour la dette.

L'idée du gouvernement de raboter toutes les niches fiscales de 10 % est-elle pertinente ?

Il est pertinent de réduire les niches mais nous travaillons plutôt sur l'abaissement ou la suppression de celles qui ont le moins d'effet sur la croissance et qui sont le plus injustes. Il faut privilégier une politique ciblée.
Le programme de stabilité français, qui prévoit le retour du déficit à 3 % de PIB en 2013, est-il crédible ?

Il le sera à deux conditions : que la croissance soit au rendez-vous et que le gouvernement affiche dès aujourd'hui les économies chiffrées à réaliser sur trois ans, si la croissance n'est pas au rendez-vous. Pour l'heure, il a détaillé des mesures pour 2011 en faisant l'hypothèse, volontariste, d'un taux de croissance de 2,5 %. Mais il faut le faire aussi pour 2012 et 2013. C'est un exercice très difficile à l'approche d'une échéance présidentielle, car il y aura forcément des mesures impopulaires.

Que préconisez-vous à l'échelon européen ?

Le moteur européen est indispensable pour libérer la croissance. Cela peut passer, entre autres, par une ambition commune franco-allemande, une action renforcée de la Banque européenne d'investissement et par la mise en oeuvre de bons du Trésor européen.

Comment redresser le marché de l'emploi ?

Le taux de chômage est de 15 à 20 % chez les jeunes et de 30 à 40 % pour les jeunes des banlieues. Cela ne peut pas durer. Nous réfléchissons à la mise en place d'un contrat de travail moins morcelé, à l'évolution de la formation professionnelle et de l'alternance ou encore à l'accompagnement des chômeurs. Il faut considérer la situation des chercheurs d'emploi comme une activité méritant rémunération sous forme d'un « contrat d'évolution ».
PROPOS RECUEILLIS PAR ÉTIENNE LEFEBVRE ET FRÉDÉRIC SCHAEFFER, Les Echos

Belmondo est-il victime d'abus de faiblesse?

Des enregistrements téléphoniques portent à croire que l'acteur serait manipulé par sa compagne Barbara Gandolfi.


Jean-Paul Belmondo est-il manipulé par sa compagne, Barbara Gandolfi? Pour l'avocat de Natty, son ex-femme et de leur fille Stella, Me Jérôme Boursican, l'acteur est victime d'un abus de faiblesse. Retour sur l'affaire: Jean-Paul Belmondo a été entendu comme témoin à Paris à la demande de la justice belge et sur commission rogatoire internationale le 22 juin dernier. Il y a écouté des enregistrements de conversations téléphoniques entre sa compagne et l'ex-mari de cette dernière, Frederic Vanderwilt, qui réside en Belgique. RTL s'est procuré les procès verbaux de cette audition, qui "indiquent qu'elle se livre à la prostitution et qu'elle manipule l'acteur". Certains extraits sont accablants: "Combien ça rapporterait de se faire un Belmondo par an?" demande Barbara Gandolfi à son ex-mari lors d'une conversation téléphonique le 25 avril 2009.

"Combien ça rapporterait de se faire un Belmondo par an?"

De son côté, l'avocat de Barbara Gandolfi et de son ex-époux, Sven Mary, dénonce "une véritable chasse aux sorcières". "Les policiers n'ont cessé de le pousser à porter plainte contre Barbara Gandolfi", expliquait le conseil au quotidien belge La Dernière Heure le 2 juillet.


L'enquête a démarré il y a trois ans. Le parquet de Bruges s'intéresse alors à des flux financiers présumés suspects sur les comptes des sociétés de l'ex-mari de Barbara Gandolfi, à Dubaï notamment. Les enquêteurs belges soupçonnent Barbara Gandolfi d'avoir utilisé Jean-Paul Belmondo dans ce cadre. L'année dernière, ils s'étaient concentrés sur un éventuel prêt, ou une promesse de prêt, de 200 000 euros que l'acteur aurait pu consentir à la jeune femme, ex-modèle de Playboy. L'avocat de Jean-Paul Belmondo avait à l'époque estimé que son client n'avait "rien à reprocher" à la jeune femme.

Finalement, Jean-Paul Belmondo à renoncé à porter plainte contre sa compagne, mais envisage de déposer plainte contre les enquêteurs.






La Russie frappée par une sécheresse sans précédent



Philippe Courroye assure n'obéir à aucune pression

Le procureur de Nanterre Philippe Courroye explique, dans une interview au Figaro publiée jeudi 22 juillet, qu'il n'est pas "un homme à céder aux pressions" dans le traitement de l'affaire Bettencourt. "Si une information doit être ouverte, elle le sera. Si des poursuites devant le tribunal doivent être engagées, elles le seront. Si un classement doit intervenir, il sera prononcé", assure-t-il au cours d'un entretien où il défend point par point les procédures qu'il a engagées dans l'affaire Bettencourt, soumises à polémique.
Philippe Courroye n'a cependant pas souhaité justifier son refus de transmettre à sa rivale Isabelle Prevost-Desprez, juge d'instruction au tribunal de Nanterre, les enregistrements clandestins de la vie privée de Liliane Bettencourt dans le cadre d'un supplément d'information mené par la juge.

"INDIGNITÉ EXTRÊME"

Selon lui, ces écoutes sont "une très grave entorse au principe de la loyauté de la preuve, (...) un procédé d'une illicité et d'une indignité extrêmes", pouvant conduire à "une société où, demain, n'importe qui s'arrangera pour faire sonoriser le bureau ou le domicile d'un avocat, d'un chef d'entreprise, d'un journaliste, d'un magistrat puis rendra publics ces enregistrements".

Publiées par le site Mediapart, les retranscriptions des conversations enregistrées en cachette par le majordome de Liliane Bettencourt ont notamment permis de mettre en cause l'actuel ministre du travail, Eric Woerth, sur des questions de conflit d'intérêts et de renvoi d'ascenseur liées à la situation fiscale de l'héritière du groupe L'Oréal.

PAS ASSEZ D'ÉLÉMENTS CONTRE FRANÇOIS-MARIE BANIER

Le procureur affirme par ailleurs n'avoir obéi à aucune pression en ordonnant le classement en septembre 2008 de la plainte pour abus de faiblesse déposée par la fille de Liliane Bettencourt, Françoise Bettencourt-Meyers, contre François-Marie Banier, bénéficiaire des largesses de la milliardaire. Il explique qu'il n'y avait alors pas suffisamment d'éléments pour envoyer M. Banier devant le tribunal correctionnel.

"Pour dire qu'il y avait abus de faiblesse dans ce dossier, il fallait prouver que Liliane Bettencourt souffrait d'une altération de ses facultés physiques ou psychiques sur toute la période des dons visés par la plainte, soit depuis plus de dix ans", détaille-t-il. "Or, elle a refusé de se soumettre aux expertises diligentées par le parquet, de même qu'à celle ordonnée par la 15e chambre du tribunal. On peut le regretter mais c'était son droit", fait-il valoir.


À lire : le récapitulatif des enquêtes en cours dans l'affaire Woerth-Bettencourt


"Il a traîné"

L'avocat de Françoise Meyers-Bettencourt, Me Olivier Metzner, a estimé jeudi sur RTL que le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, n'agissait pas de façon indépendante dans la procédure judiciaire entourant Liliane Bettencourt, mère de sa cliente et héritière du groupe L'Oréal.

"Pendant 18 mois, il a pensé que la plainte [de Françoise Meyers-Bettencourt pour abus de faiblesse] était recevable et puis d'un coup, après un rendez-vous avec Patrick Ouart [ancien conseiller pour la justice de Nicolas Sarkozy], il a changé d'avis, il a traîné", a expliqué Olivier Metzner.

L'avocat a enchaîné en critiquant l'attitude du chef de l'Etat sur le dossier : "Le président de la République avait déjà démontré dans l'affaire Clearstream son immixtion permanente dans la justice et là, à nouveau, on voit qu'un président prendrait la place des magistrats".

"Il avait déjà jugé pour Dominique de Villepin et là il semble, parce que je n'ai pas d'éléments matériels, qu'il intervienne au travers de Patrick Ouart", a poursuivi Me Metzner, qui avait défendu M. de Villepin lors de l'affaire Clearstream.


Apple, entreprise du XXI e siècle


En 1983, Steve Jobs contacte le président de Pepsico, John Sculley, pour lui proposer le poste de PDG d'Apple, entreprise déjà célèbre mais bien plus modeste que le géant de l'agroalimentaire. « Voulez-vous passer le reste de votre vie à vendre de l'eau sucrée ou voulez vous avoir une chance de changer le monde ? », lui demande-t-il ?

Presque trente ans plus tard, la prophétie s'est réalisée, sans le Sculley en question, mais toujours avec Steve Jobs. Apple a effectivement changé le monde, par ses produits bien sûr, mais aussi par sa manière de faire des affaires. Elle est en quelque sorte le parangon de l'entreprise de ce début de XXI e siècle, comme le furent ses compatriotes Ford vers 1930, General Motors en 1950 ou General Electric en 1990, l'exemple à suivre.

Sur le plan des produits, Apple, on le sait, est l'entreprise qui a démocratisé le numérique et l'Internet mobile . Entamée en 2001 par l'iPod, cette révolution des usages trouve sa source dans une capacité d'innovation hors du commun.

Celle-ci s'est appuyée sur un modèle en rupture totale, combinant une intégration unique de l'offre au consommateur - matériel, logiciel et service sont maison -, avec une désintégration de la chaîne de la valeur. L'entreprise s'est réfugiée aux deux extrémités du spectre : la conception et le marketing d'un côté, la vente et le contact client de l'autre. Tout ce qui est au milieu, production et logistique, est sous-traité, essentiellement en Chine.

Ce modèle redoutablement efficace présente néanmoins un inconvénient majeur, du moins pour la société. La firme emploie 25.000 personnes aux Etats-Unis, dont la moitié dans ses magasins, et en fait travailler dix fois plus en Chine chez son principal sous-traitant. A titre de comparaison, son concurrent finlandais Nokia, resté peut-être pour son malheur une entreprise du XX e siècle, emploie, pour un chiffre d'affaires équivalent, cinq fois plus de personnes dans le monde dont la moitié en Europe.

Un tel déséquilibre fait d'Apple un bien piètre contributeur à l'emploi américain, alors qu'il y réalise la moitié de ses ventes. De nombreuses voix, comme celle d'Andy Grove, l'ancien patron d'Intel, commencent à s'en offusquer. L'Amérique, dit-il, y perd non seulement ses emplois, mais aussi ses compétences. La leçon vaut pour l'Europe.

L'entreprise du XXI e siècle doit donc encore trouver son modèle de responsabilité sociale. Car, si les plantureux profits d'aujourd'hui ne sont plus les emplois de demain, il n'est pas sûr qu'en ces temps de crise, les consommateurs et/ou les citoyens supportent longtemps ces comportements de passagers clandestins de la mondialisation.

Avec le lancement de l'iPad, Apple réalise le meilleur trimestre de son histoire

Le groupe californien est en passe de devenir la première société technologique au monde, en termes de revenus, avec la publication d'un chiffre d'affaires trimestriel de 15,7 milliards de dollars. La nouvelle tablette tactile, l'iPad, vendue à plus de 3 millions d'exemplaires, a largement contribué à la réalisation de ces performances en apportant 14 % des revenus.
Les chiffres commencent à donner le tournis. Au troisième trimestre de l'exercice fiscal 2009-2010 (clos le 30 septembre), Apple a vu son chiffre d'affaires s'élever à 15,7 milliards de dollars, soit une hausse de 61 % par rapport à l'an dernier. C'est tout simplement le meilleur trimestre jamais réalisé par la société, période de fêtes comprise. Steve Jobs n'a pas manqué de qualifier, dans un communiqué, ces performances de « phénoménales », dépassant largement les attentes du groupe.

La firme à la pomme serait en passe de devenir le premier groupe technologique au monde en termes de revenus, devant Microsoft. Sur la même période, le géant du logiciel, qui publie ses résultats ce soir, aurait enregistré un chiffre d'affaires de 15,3 milliards de dollars, selon les estimations du consensus des analystes financiers. Tout un symbole...

Le lancement de l'iPad a largement contribué à cette performance. La tablette tactile, dont la commercialisation a débuté le 3 avril aux Etats-Unis puis le 28 mai dans 10 autres pays, dont la France, s'est écoulée à 3,3 millions d'exemplaires au cours du trimestre. Sur la période, il s'est ainsi vendu quasiment autant d'iPad que de Mac (3,5 millions d'unités), alors que les ventes d'ordinateurs ont elles-même bondi de 33 % en un an, en volume. « Il n'y a donc pas de cannibalisation entre les différents produits, remarque Carolina Milanesi, analyste chez Gartner. Au contraire, les utilisateurs se convertissent progressivement à l'ensemble de l'écosystème Apple. »


Toujours plus

Le chiffre d'affaires généré par l'iPad s'élève à 2,2 milliards de dollars, soit plus que celui issu des ventes d'iPod (1,5 milliard). Le succès de la nouvelle tablette devrait s'amplifier dans les prochains mois, puisqu'elle sera commercialisée dans 9 pays supplémentaires à partir de vendredi, et que les concurrents d'Apple n'ont pas encore sorti leurs propres produits. Mardi, le cabinet de recherche iSuppli a ainsi revu à la hausse ses estimations de ventes pour l'iPad à 12,9 millions en 2010, contre 7,1 millions initialement. Le volume pourrait grimper à 36,5 millions l'an prochain, puis à 50,4 millions en 2012.

L'iPhone a confirmé son statut de « vache à lait » pour le groupe. Les ventes du « smartphone », écoulé à 8,4 millions d'exemplaires, ont représenté un tiers du chiffre d'affaires global du trimestre. Les revenus ont certes reculé de 2 % par rapport au trimestre précédent (janvier-avril). La sortie de l'iPhone 4, le 24 juin, aurait incité certains utilisateurs à reporter leur achat. Mais les ventes devraient repartir à la hausse dès ce trimestre, compte tenu du bon démarrage de l'iPhone 4 malgré le problème d'antenne reconnu par le groupe. Les analystes financiers ne doutent pas, dans ces conditions, que le géant californien ne dépasse à nouveau son objectif d'un chiffre d'affaires de 18 milliards de dollars de juillet à septembre. Les bonnes performances commerciales se sont traduites dans les comptes, ce trimestre, par un bond de 78 % du bénéfice net, à 3,25 milliards de dollars. Apple a également généré plus de 4 milliards de cash. La firme à la pomme dispose désormais d'une trésorerie supérieure à 45 milliards. Bon nombre d'observateurs s'interrogent encore sur l'utilisation qui en sera faite...

ROMAIN GUEUGNEAU

Démonstration de force


Jadis, Alphonse Allais suggérait de déplacer les villes à la campagne. Sans soupçonner que l’air pur de nos contrées puisse être troublé par ce que l’univers concentrationnaire peut produire de pire. En 40 ans, elle a couru, couru la banlieue, gagnant la province, charriant ses malaises et surprenant nos gouvernants qui n’ont pas su prévoir.

Grenoble, entre Vercors et Chartreuse, est devenu le terreau d’un nouveau banditisme de ghetto. Et quand les violences dites urbaines gagnent le Loir-et-Cher, paradigme de la ruralité, c’est que l’échec de la politique de la ville a contaminé tout le territoire. Face aux accusations d’impuissance venues de gauche et inspirées par les scènes du quartier de La Villeneuve ou la révolte des gens du voyage dans la riante vallée du Cher, Nicolas Sarkozy se fait martial. Naguère, il promettait de nettoyer les cités au Kärcher. Aujourd’hui, il déclare la “guerre aux délinquants”.

Dans son nouvel arsenal, le président a débarqué le préfet de l’Isère, nommant un grand flic à sa place. Comme en Seine-Saint-Denis. 3-8 et 9-3 : même stratégie de combat. Le clivage gauche-droite retrouve sa ligne de démarcation : répression contre prévention. Le PS réclame un Grenelle de la sécurité que Brice Hortefeux fustige : “Pas besoin de colloques, mais de la fermeté”. Quid du plan banlieue de Fadela Amara ? Trop tard pour un plan Marshall. A deux ans de la présidentielle, on est sur le pied de guerre.



Antoine CHANDELLIER

Tourisme, nature et culture

Parions qu'on ne parlera guère d'un centenaire et d'un cinquantenaire pourtant sagement inscrits au menu de nos célébrations nationales pour 2010. Pourtant, y réfléchir ne serait pas inutile, dans notre France en panne.

Une loi du 8 avril 1910 avait créé un Office national du tourisme, qui aida notamment à installer partout des syndicats d'initiative. De Belle Époque en Années folles, il a bien aidé l'élite bourgeoise à s'informer des capacités d'accueil et des sites pittoresques. Mais, incapable de gérer le choc du tourisme de masse et des congés payés, il a été supprimé, dès l'été 1936, par le Front populaire. Depuis lors, l'activité touristique a été livrée au marché et à l'initiative locale.

Au plan gouvernemental, l'Industrie et le Commerce, puis l'Économie et l'Industrie ont gardé la haute main sur une activité appréciée surtout pour ses rentrées fiscales, sans pour autant savoir accroître la productivité du secteur : la France reste la première destination touristique de la planète (environ 80 millions de visiteurs étrangers chaque année, sans compter l'industrie vacancière des Français eux-mêmes), mais ses recettes touristiques ne sont qu'au troisième rang mondial et ne s'élèvent qu'à 35 milliards d'euros et 7 % du PIB.

À l'évidence, cette gestion comptable et économique ne favorise pas assez le développement touristique qui, pourtant, pourrait devenir une ressource majeure et, enfin, une fierté nationale dans les décennies à venir qui s'annoncent de vaches maigres. Pourquoi ? Parce qu'en ce pays phare, le touristique et le culturel sont trop déconnectés.

La France a pourtant, on le sait, d'exceptionnelles possibilités de raccord. À preuve, pour le tourisme écolo et savant, si prisé aujourd'hui, ses parcs nationaux, institués par une loi, aujourd'hui cinquantenaire, du 22 juillet 1960 qui fut d'une belle hardiesse, à la fois pour l'environnement, l'aménagement du territoire et le développement économique des zones concernées.

Du parc national de la Vanoise, créé en 1963, à celui de La Réunion, en 2007, et en attendant celui des Calanques, près de Marseille, nos neuf parcs, gérés par l'Agriculture puis l'Environnement, ont protégé des réserves intégrales destinées aux scientifiques, livré une zone centrale à un public initié à la protection de la nature. Mais ils n'ont pas toujours pu dynamiser leurs zones périphériques où l'activité touristique pouvait se développer grâce à eux.

À dire vrai, on constate partout, malgré les efforts des collectivités locales, les méfaits du divorce ¯ cinquantenaire lui aussi ¯ entre le tourisme activité économique et le tourisme loisir culturel. Sachons que, jamais, le ministère de la Culture, depuis Malraux, n'a eu à connaître du tourisme. Jamais la puissance publique, qui gère pourtant ces patrimoines inépuisables et majeurs que la nation met à la disposition de tous, n'a pu affronter les marchands, seuls maîtres des circuits et de la logistique. Jamais elle n'a pu leur prouver vraiment que leur tourisme de packaging devait être aussi un outil d'éducation populaire, un levier pour l'épanouissement personnel et familial.

Si la France voulait, un jour, réfléchir à cela, elle pourrait tirer meilleur profit de ses immenses richesses culturelles et, mieux encore, elle persévèrerait dans sa vieille vocation civilisatrice.



(*) Historien, fait reparaître, en septembre, La France perd la mémoire (Tempus).
Jean-Pierre Rioux (*)