jeudi 11 octobre 2012
Ségolène Royal: "François et moi avons été un couple mythique"
EXTRAITS DU LIVRE "LE ROSE ET LE GRIS", de Michèle Cotta
Deux ambitions parallèles
"Ce n'est pas moi, dit-elle, qui lui ai barré la route en 2007. S'il s'était présenté, je l'aurais trouvé légitime, puisqu'il était le premier secrétaire du PS, et je me serais retirée. Non, le grand empêcheur a été en réalité Lionel Jospin, même si personne, à l'époque, ne l'a vu venir. Il avait passé le flambeau à François en 2002 sans se préoccuper de ce que deviendrait la gauche. En 2006, il veut revenir, il arrive à La Rochelle, il fait une déclaration dans ce sens et il est furieux parce que François ne me dégomme pas sur-le-champ!"Elle décrit néanmoins François Hollande, sur le moment, plus sensible qu'il ne l'a montré aux chances de retour de Lionel Jospin, et même prêt à faire un "ticket" avec lui s'il était élu en 2007: l'Elysée à l'un, Matignon à l'autre. "J'ai dit à François Hollande, dans notre maison de Mougins, devant notre fils Thomas, je m'en souviens très bien, que Lionel Jospin n'aurait aucune chance, qu'il n'était pas un rassembleur et qu'il perdrait en 2007 comme il avait perdu en 2002. Qu'avait-il fait, entre 2002 et 2006, qui ait pu démontrer le contraire?"
Vous avez dit "normal" ?
C'est un de ses proches qui l'a souligné: lorsqu'il a usé de ce mot [NDLR: normal], "Hollande voulait évoquer à 70% Sarkozy, à 30% Strauss-Kahn". Et à 10% Ségolène Royal? "Je ne me fais pas d'illusion, confie celle-ci, des semaines après l'élection: lorsque Hollande a dit qu'il voulait être un candidat normal, il me visait aussi. Sarko et moi étions dans son collimateur, nous étions tous les deux des candidats anormaux."La législative fatale...
"François, continue Ségolène, n'a rien fait. Il a envoyé Stéphane Le Foll à la manoeuvre pour que Falorni abandonne le combat. Le Foll n'a rien fait non plus. Puis il a demandé à Lionel Jospin de régler le problème. Il n'a rien tenté, au contraire: beaucoup de ses partisans ont fait ouvertement campagne pour Falorni. Pourquoi François n'est-il pas lui-même intervenu directement? Il ne m'a même pas dit qu'il était dans une situation inextricable. Il ne m'a même pas dit qu'il ne pouvait pas m'imposer à La Rochelle, que je devais reprendre ma circonscription pendant qu'il en était encore temps. J'aurais dû me méfier: Bruno Le Roux m'avait proposé de me présenter à Dakar, dans le contingent des parlementaires élus par les Français de l'étranger. J'ai dit non, évidemment !" [...] "Si François n'est pas intervenu, c'est peut-être que le réseau Falorni était déjà à l'oeuvre auprès de lui." A quel "réseau" Ségolène Royal fait-elle allusion, qui, proche du président de la République, serait favorable au dissident socialiste rochelais? Elle formule cette supposition comme en passant, mais il n'est pas difficile de deviner de qui elle parle - de celle dont, paraît-il, elle se garde de jamais prononcer le nom : Valérie Trierweiler.La rivale
"Après le tweet, raconte-t-elle aujourd'hui, François m'a téléphoné de sa voiture: "Je l'apprends comme toi par la presse", m'a-t-il dit, éberlué. Il n'arrivait pas à y croire." [...] "Je pense, oui, commentera durement en privé Ségolène Royal, qu'elle a le complexe de Rebecca (1) : elle veut faire oublier que François et moi avons été un couple, et même un couple mythique; il lui sera impossible de m'effacer, moi et mes enfants."(1) Rebecca, dans le roman du même nom de l'auteur populaire Daphné du Maurier, est la deuxième femme d'un lord anglai ; elle ne supporte pas les traces envahissantes que la première épouse a laissées dans la demeure de son ex-mari.
Que s'est il passé mardi soir au dîner des Pigeons? Un coup de force du Medef
Bercy a très mal pris l'injonction patronale lui demandant de retirer le texte sur l'alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail. Pour les participants à la réunion de mardi soir, Laurence Parisot, la présidente du Medef, a voulu récupérer le mouvement des Pigeons et servir ainsi les intérêts de l'organisation patronale. La CGPME, qui représente les PME, a dénoncé violemment auprès de ses membres cette ligne jusqu'au-boutiste.
Si au lendemain de ce coup de force, les signataires du texte affichaient une belle unanimité, la rencontre de la veille au soir avait en réalité été plutôt houleuse. Parmi la trentaine de participants, certains ont eu le sentiment d'être pris en otage par un Medef pressé de récupérer un mouvement qui donnait une image positive des entreprises dans l'opinion. Seul à se démarquer officiellement du communiqué patronal pour dire ce que beaucoup pensent tout bas, la CGPME (qui représente les PME). Non seulement, son président, Jean-François Roubaud, s'est déclaré favorable aux propositions d'aménagement du texte obtenues dans la journée, mais il a aussi violemment condamné la position radicale adoptée par les autres associations.
La CGPME s'emporte contre les organisations patronales
Dans un texte obtenu par la Tribune et envoyé aux membres de la CGPME, Jean-François Roubaud écrit :« En clair, le gouvernement, au vu des documents dont nous disposons, s'est engagé à revenir sur les dispositions concernant la taxation des plus values de cession que nous avons combattues avec vigueur ». Et de s'emporter : « le communiqué « Etat d'Urgence Entrepreneurial » risque de ruiner nos efforts en braquant les parlementaires et en faisant échouer les amendements pourtant salutaires pour les entreprises et leurs dirigeants ».
Laurence Parisot débarque
Au départ, rien ne préjugeait d'une issue si brutale à cette réunion, même si plusieurs convives redoutaient un traquenard. Invités à l'initiative de Marie Ekland (France Digitale) et de Croissance Plus pour déterminer comment « agir de concert » ou « coordonner les messages et la communication » face au texte gouvernemental, certains participants ont été très étonnés de voir débarquer Laurence Parisot en personne. Un premier tour de table a eu lieu, chacun exprimant ses positions. Ainsi, les propositions d'aménagement faites par Bercy dans la journée aux uns et aux autres n'ont d'ailleurs pas été discutées. En revanche, très vite, une ligne de fracture est apparue entre les tenants de la poursuite des négociations avec les services de Jérome Cahuzac et la demande pure et simple du retrait du texte. Partisane d'une attitude virile vis-à-vis de Bercy, Laurence Parisot a lancé qu'il fallait avoir « une ligne maximaliste ! », selon des propos rapportés.
Selon un convive, le Medef "demande la convergence de lutte"
Présent au dîner, un témoin décode : « le Medef est venu demander aux Pigeons la convergence de lutte ». De fait, certains représentants du numérique ont fait valoir la spécificité des entrepreneurs, et de leurs bailleurs de fonds, dont la réussite est fondée sur la prise de risque. En réponse, les organisations patronales ont expliqué qu'il ne fallait surtout pas diviser les entrepreneurs. Qu'il n'y avait pas que les entreprises de croissance (les start-ups), mais aussi les industriels. Autrement dit, pour le Medef ou pour l'AFEP, un actionnaire de Total ou de L'Oréal vaut autant qu'un business angel.
Soucieux de ne pas donner l'impression d'avoir été instrumentalisé, Jean-David Chamboredon justifie son ralliement : « J'étais sceptique en me rendant à ce dîner, ne connaissant pas trop les problématiques des grosses boîtes. J'ai réalisé qu'elles subissaient à long terme le même préjudice que nous. Cela ennuie par exemple l'AFEP (Association française des entreprises privées, ndlr) qu'à terme les actionnaires des entreprises puissent tous devenir des non résidents ».
Exercice d'équilibriste
Dubitatif sur la ligne jusqu'au-boutiste dure, le Syntec numérique, une division de la fédération Syntec, a attendu mercredi pour rejoindre le mouvement. Se prévalant d'une attitude modérée, son président Guy Mamou-Mani justifie les raisons qui ont poussé le syndicat à soutenir le patronat : « La réunion que nous avions eue dans l'après-midi à Bercy s'était très bien passée. Mais j'ai réalisé que malgré la bonne volonté du cabinet, la situation était inextricable et que l'on ne pourrait jamais clarifier les définitions d'investisseur et de créateur. Que ce serait une usine à gaz ! ». Le Syntec Numérique ne souhaite pour autant pas rompre avec les services du ministère. Trois autres fédérations professionnelles, l'Afdel (éditeur de logiciels), le Comité Richelieu (Association des PME innovantes) et le SNJV (Syndicat des jeux vidéos) tentent aussi cet exercice d'équilibriste, qui consiste à rester solidaire des signataires tout en poursuivant les négociations avec le ministère de l'Economie et des Finances. A une différence près, elles n'ont pour le moment pas encore signé le texte de mardi soir.
Enquêtes
Jeunes ramiers, vieilles branches
Fenêtre
Nicolas Sarkozy pense à la présidentielle... en ne se rasant pas
Pour Hervé Gattegno, ceux qui à l'UMP parient sur une reconversion de
l'ancien président prennent leurs désirs pour des réalités.
Nicolas Sarkozy
prononce tout à l'heure à New York sa première conférence en tant
qu'ancien président - il est l'invité d'une grande banque brésilienne.
Est-ce le début de sa reconversion ? Vous n'y croyez pas du tout. Votre
parti pris : Nicolas Sarkozy pense à la présidentielle... en ne se
rasant pas ! Que voulez-vous dire ?
Souvenez-vous : "J'y
pense, pas seulement en me rasant." C'était sa phrase-choc de 2003 qui
installait la certitude de sa candidature pour 2007 - quatre ans à
l'avance ! Son nouveau look est censé convaincre que cette obsession l'a
quitté. C'est l'inverse. Cette barbe est un masque. Un look de
traversée du désert, mais plutôt dans le style excursion dans le Sahara
pour vacancier aisé. Ses proches répandent l'idée qu'il veut tourner la
page, réussir dans d'autres domaines... Mais pourquoi donc un
conférencier international passerait-il son temps à inviter des députés
et à parler de l'avenir de l'UMP ? Je vous laisse deviner...
Mais Roselyne Bachelot dit exactement l'inverse dans Le Nouvel Obs : que la barbe de trois jours de Nicolas Sarkozy montre qu'il est passé à autre chose ? Elle se trompe ?
Elle
prend ses désirs pour des réalités. Elle dit ce que pensent tous les
partisans de François Fillon - elle en est. Autre fillonniste distingué,
Laurent Wauquiez a accusé hier les jeunes sarkozystes du courant La droite forte de "captation d'héritage".
S'il y a héritage, c'est qu'il y a un mort - donc que Nicolas Sarkozy
n'est plus de ce monde... politique. C'est ce dont François Fillon rêve.
Mais lui aussi a été reçu par l'ancien président, qui l'a menacé de
l'attaquer publiquement s'il prenait trop ses distances. C'est
évidemment une façon de ficeler Fillon pour la suite - c'est donc qu'il y
aura une suite.
Revenons à ses activités de conférencier. Vous
ne croyez pas qu'il puisse en faire un métier ? D'autres anciens chefs
d'État le font - et on dit que c'est très bien payé...
Nicolas
Sarkozy doit en avoir sincèrement envie : pour gagner de l'argent, oui,
et pour remplir le vide. Mais malgré ses cours d'anglais intensifs, il
n'a pas le niveau pour faire mieux que lire un texte (pas trop long)
écrit d'avance. Au fait, il faudra vérifier s'il monte à la tribune avec
sa barbe ou s'il s'est rasé - c'est peut-être lui qui va raser son
auditoire... Car la réalité, c'est que Sarkozy a été réactif et intuitif
pendant la crise, mais qu'il n'est pas un expert de l'économie.
D'ailleurs, il ne devait pas savoir que la banque qui l'a invité est
très implantée aux îles Caïman et aux Bermudes - des paradis fiscaux...
Une erreur de débutant.
Donc, vous en êtes sûr, il prépare son retour en politique : objectif 2017 ?
Évidemment
- et tout ce qu'il fera d'ici là doit être dès maintenant observé à
travers le prisme de cette ambition. Nicolas Sarkozy le montre à tous
ses visiteurs : il exulte de la dégringolade rapide de François Hollande
; et c'est peu dire que la médiocrité du duel Copé-Fillon ne lui
déplaît pas. Le seul hic, c'est qu'il n'avait pas prévu que ça irait
aussi vite. Il va falloir qu'il résiste pendant des mois à l'envie
irrépressible de remettre le pied dans la porte. Beaucoup de ses proches
pensent qu'il a perdu la dernière élection parce qu'il est parti trop
tard. Il voudra faire attention, pour la prochaine, à ne pas partir trop
tôt.
Londres, une grande ville française
Lundi, lors du congrès du parti conservateur à Birmingham, le
maire de Londres Boris Johnson a fustigé le "tyran" François Hollande et
invité les Français talentueux à rejoindre Londres.
Grâce aux mesures fiscales du nouveau gouvernement, plusieurs pays
semblent s’arracher les Français. Nous avons évoqué l’appel ouvert de Monsieur Cameron, celui du gouverneur du Mississipi,
nous suivons régulièrement les péripéties de nos compatriotes en
Belgique (qui a décidé de modifier les règles de naturalisation afin de
permettre à toute personne de la communauté européenne qui le souhaite
d’accéder à la nationalité belge dans la mesure où elle peut contribuer
au rayonnement de la Belgique). Vous trouverez sur MVMA TV des illustrations ou des reportages sur ce phénomène.
Il semble que la Grande Bretagne soit la Grande Gagnante pour
l’instant. Outre que Londres soit désormais la sixième ville française
avec environ 400 000 habitants, voici que son Maire, Boris Johnson
appuie sur l’accélérateur. « Jamais depuis 1789 il n’y a eu une telle tyrannie ou terreur en France », a-t-il lancé lors du congrès du parti conservateur à Birmingham. « Allons, enfants de la patrie ! » Provocateur, il a repris, dans la langue de Molière, les premiers mots de l’hymne national français en guise d’invitation. « Je suis prêt à accueillir tous les Français talentueux à Londres », a-t-il affirmé.
Nous apprenions samedi dernier que Christian Clavier s’installait à Londres, bien sûr, « pas du tout pour des raison fiscales ».
Nous apprenons aujourd’hui que Nicolas Chanut, un des fondateurs d’Exane, s’installe à Londres, bien sûr, « pas du tout pour des raison fiscales ».
Mais, comme notre ministre du Budget Jérôme Cahuzac l’a déclaré, tout
cela « n’est pas significatif ». Il faut dire que comptablement, nos
expatriés sont largement compensés par l’immigration…. enfin, du moins
numériquement….
En attendant la Restauration, apprenons tous cet hymne qui sera bientôt celui des entrepreneurs français :
Long live our noble Queen,
God save the Queen !
Croix gammées à Athènes : l'Allemagne sous le choc
L'accueil réservé à la chancelière mardi à Athènes pour sa visite
officielle a choqué les Allemands. Ils jugent les slogans hostiles
«ingrats», alors que l'Allemagne reste le premier créancier de la Grèce.
L'Allemagne est sous le choc après l'accueil réservé à sa chancelière par la rue grecque. Les images des manifestations d'opposants à la venue d'Angela Merkel, mardi en Grèce, avec force symboles nazis et slogans de rejet, s'étalaient dans presque tous les journaux mercredi. Soutenue par les sociaux-démocrates, la coalition de centre droit de la chancelière a cloué au pilori le patron de Die Linke, le parti de la gauche radicale, qui a cautionné les dérapages en défilant à Athènes.
«L'Allemagne n'a pas mérité ça: des protestations nauséabondes contre Merkel à Athènes! Et nous payons encore plus», s'exclamait en une le quotidien populaire Bild, qui qualifie la visite d'«erreur politique», «en dépit des bonnes intentions» qui ont présidé à son organisation. «On ne peut pas être plus ingrat. Ça suffit», écrit le journal, qui avait suggéré aux Grecs de vendre leurs îles ou encore l'acropole pour rembourser leurs dettes en 2010.
La visite de la chancelière, à l'invitation de son homologue grec, Antonis Samaras, avait pour but d'apaiser les tensions entre Berlin et Athènes. Merkel est venue à Athènes marquer son empathie et offrir ses encouragements. Un petit geste symbolique marque pourtant l'étendue de l'incompréhension entre les deux capitales en dépit d'une certaine complicité affichée par les deux dirigeants.
Polémique sur la veste verte de la chancelière
Les commentateurs ont souligné que Merkel portait un blazer vert, couleur de l'espoir, pour marquer son soutien aux Grecs… Un faux pas, en réalité, puisqu'elle avait arboré la même veste lors de la cuisante défaite (4-2) infligée par la Mannschaft à l'équipe grecque, cet été, pendant l'Euro 2012.«Ce n'est pas le IVe Reich!» écrit la Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui rappelle que jamais la chancelière n'avait été ainsi reçue, avec à la fois les honneurs militaires et les croix gammées des manifestants. «On peut ouvertement se demander si les témoignages de sympathie à mots couverts de la chancelière ont atteint les oreilles des manifestants», écrit le journal, pour lequel seul «un petit cadeau» chiffrable en milliards d'euros aurait pu changer quelque chose.
La visite mouvementée a aussi provoqué des remous politiques à Berlin. Soutenue par le parti d'opposition SPD, la coalition de Merkel a tancé le patron du parti de la gauche radicale, Die Linke, Bernd Riexinger, qui a défilé aux côtés des manifestants à Athènes. «Il est désolant et sans précédent» que le chef d'un parti siégeant au Bundestag «utilise les protestation antiallemandes d'Athènes pour faire de la politique contre les intérêts de son propre pays», s'est insurgé Gerda Hasselfeldt, présidente du groupe CSU au Bundestag. La solidarité allemande envers la Grèce est conditionnée aux efforts d'Athènes pour accomplir le programme de réformes de la troïka (UE, BCE, FMI). «Riexinger foule cette solidarité aux pied», juge Hasselfeldt.
Hollande réinvente le lycée Papillon…
EXCLUSIF. La redevance audiovisuelle étendue aux résidences secondaires
Un amendement à la loi de finances présenté mercredi devrait créer une
demi-part de redevance supplémentaire sur les résidences secondaires.
Le groupe socialiste à l'Assemblée va présenter mercredi après-midi
en commission des Finances un amendement à la loi de finances visant à
créer une demi-part de redevance supplémentaire sur les résidences
secondaires, pour soutenir France Télévisions et lui redonner un peu d'air, au moment où ses comptes virent au rouge.
Certaines
estimations - assez optimistes - fixent la recette de cette extension à
150 millions d'euros. Cette manne est la bienvenue pour Rémy Pflimlin, le P-DG de France Télévisions, qui devrait ainsi éviter, grâce à ce surcroît d'argent public, d'être en déficit en 2013.
"Bien évidemment, France Télévisions devra également faire des
efforts", souligne-t-on dans les rangs de la majorité. En contrepartie,
le gouvernement renonce à l'augmentation générale de deux euros
supplémentaires de la redevance, laquelle, au lieu d'atteindre 129 euros
en 2013, sera de 127 euros (soit une augmentation uniquement conforme
au cours de l'inflation).
Deux amendements en débat chez les socialistes
Le débat sur le financement de l'audiovisuel public faisait rage depuis septembre. Dans ce contexte tendu, Patrick Bloche,
le président de la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée
nationale, avait annoncé qu'il pourrait prendre une initiative en vue
d'élargir l'assiette de la redevance audiovisuelle (rebaptisée CAP,
Contribution pour l'audiovisuel public, depuis 2009). "Je suis favorable
à l'augmentation du volume de cette ressource", avait-il indiqué dans
son discours de clôture des assises de l'audiovisuel organisées par la
Scam*.
La majorité socialiste était partagée sur ce point.
Certains au sein du groupe socialiste à l'Assemblée étaient partisans de
ne faire aucun geste supplémentaire pour aider France Télévisions à
boucler ses fins de mois. Patrick Bloche, par ailleurs administrateur du
groupe audiovisuel, a proposé, dès la semaine dernière, deux
amendements au choix, l'un portant sur l'extension aux résidences
secondaires, l'autre sur une nouvelle hausse de deux euros
supplémentaires du montant de la CAP. Fromage ou dessert, mais pas les
deux.
C'est la première option qui a eu les faveurs du vote,
mercredi matin, au sein du groupe socialiste et qui sera examinée en
commission des Finances. "Au nom de la justice sociale", les
propriétaires d'une résidence secondaire paieront, en 2013, la moitié
d'une redevance audiovisuelle en plus de celle qu'ils paient sur leur
résidence principale.
La mondialisation entre dans une phase critique où les risques sont multipliés par la fragmentation de la puissance et l'absence de leadership. Dans les pays développés, l'enfermement dans la croissance molle et le chômage structurel font le jeu des populismes. Dans le monde émergent, la sortie du cycle de haute croissance alimente les révoltes sociales et favorise les surenchères nationalistes, à l'image de la crise qui oppose la Chine et le Japon à propos des îles Senkaku. Sur le plan géopolitique, le programme nucléaire militaire iranien crée une menace latente de choc pétrolier, tandis que les conflits pour l'accès aux matières premières stratégiques et à l'eau se multiplient. Toutes ces évolutions confortent la remontée du protectionnisme, qui touche désormais 3 % des échanges, la dislocation et la renationalisation des systèmes financiers, la tentation de recourir aux dévaluations compétitives. Soit autant de périls mortels pour la mondialisation. Le risque de guerre commerciale et monétaire est à son plus haut. Et ce d'autant plus que la coopération qui a prévalu après la faillite de Lehman Brothers s'est délitée. Le G20 se dégrade en rituels vides de décisions et affiche son impuissance à réguler la finance. Toutes les négociations qui se sont nouées depuis 2000 ont débouché sur des échecs : cycle de Doha au sein de l'OMC ; conférence de Copenhague sur l'environnement, dont le seul résultat est le démantèlement du protocole de Kyoto ; désarmement au sein de l'Onu. A cela une raison majeure : dans un monde où le capitalisme est universel, mais où les valeurs et les institutions demeurent antagonistes, les facteurs de puissance se disséminent entre des acteurs plus variés et nombreux, mais la réassurance par une puissance globale défendant ses intérêts tout en prenant en charge la stabilité du système mondial a disparu.
L'innovation, les réformes et la coopération sont les clés d'une sortie de crise pacifique. Des progrès sont intervenus dans la conversion des modèles nationaux et la réduction des déséquilibres planétaires. Les plus spectaculaires se situent aux États-Unis, qui ont rétabli la rentabilité des entreprises, réinventé leur modèle énergétique grâce aux gaz de schiste et aux modes renouvelables, recapitalisé et restructuré les banques, purgé la bulle immobilière et désendetté les ménages, dont le patrimoine a recommencé à croître en 2012. En Europe, la révolution de la BCE, les avancées de l'union budgétaire et bancaire, la libération de pouvoir d'achat au nord, l'ajustement et les réformes au sud - à la tragique exception de la France - jettent les premiers jalons d'une sortie de crise. Dans les pays émergents, la montée des nouvelles classes moyennes, qui rassembleront 2,5 milliards d'hommes en 2025, se poursuit et les changements s'affirment : priorité à la consommation, lutte contre les inégalités et instauration d'une protection sociale en Chine ; libéralisation et ouverture aux investissements étrangers en Inde ; plan de modernisation des infrastructures associant les financements privés au Brésil. Trois enseignements se dégagent. Les gains de productivité du travail et du capital, favorisés par la mobilisation de l'épargne au service de l'investissement et de l'innovation, sont les leviers de la croissance et, donc, l'antidote au surendettement. La capacité des États et des continents à se réformer conditionne la sortie de crise et décidera de la future hiérarchie des puissances. L'issue pacifique à la déflation par la dette de la fin des années 2000 dépend de la mise en échec durable du protectionnisme et de la guerre des monnaies par la coopération entre États et continents.
mercredi 10 octobre 2012
Valérie Trierweiler, dame de coeur, dame de fer
Il y eut la cinglante adresse de Laurent Greilsamer (La Favorite, Fayard), il y eut le passionnant récit d'Anna Cabana et d'Anne Rosencher (Entre deux feux, Grasset) ; voici une enquête fouillée signée Alix Bouilhaguet et Christophe Jakubyszyn. Valérie Trierweiler l'inconnue est devenue la mystérieuse, puis la détestée... Au centre de tous les regards et, aussi, au coeur d'une problématique politique - comment rompre avec certaines dérives du quinquennat précédent?
EXTRAITS DU LIVRE "LA FRONDEUSE" (EDITIONS DU MOMENT)
Scène de campagne
Parfois, cette volonté de Valérie Trierweiler de faire rentrer son compagnon au fond de leur bulle a donné des sueurs froides à l'équipe de campagne. Dimanche 25 mars, après trente-six heures de visite électorale en Corse, la caravane fait une dernière halte en Balagne. Pour ces premiers jours de printemps, à Calvi, le temps est magnifique, l'air doux, la lumière apaisante. Valérie Trierweiler est subjuguée par la beauté de cette ville entre mer et montagne. Elle se saisit de l'agenda officiel du candidat et se tourne vers un des membres de l'équipe: "Il faut nous laisser deux heures tous les deux. Trouvez-moi deux heures."Au moment de déjeuner, Valérie embarque François pour une destination inconnue. Dix minutes plus tard, les voilà au bord de l'eau, à Calvi. Elle a choisi, sur les conseils d'un élu local, la terrasse ensoleillée du restaurant les Palmiers. Accueilli sur place par le maître des lieux, Théo Luciani, le couple déguste les spécialités locales.
"Tout va bien, ils sont au bord de l'eau chez Théo", rapporte un élu au staff de campagne. "Tout va bien?" s'étrangle un des proches de Hollande, devenu depuis ministre. Il vient de réaliser que Valérie Trierweiler prend le risque de provoquer le faux pas de la campagne: la plage, la mer, le soleil, le vin rosé et les spécialités locales pour un couple enamouré... Une seule photo provoquerait l'incident médiatique. Nous sommes le 25 mars, trois jours après l'hommage solennel de la Nation aux soldats tués par Mohamed Merah.
[...] Très vite, à la demande de l'équipe du candidat, Hyacinthe Mattei, le maire de Monticello, et d'autres élus de Balagne activent leurs réseaux pour "sécuriser" les abords du restaurant. Pas un appareil photo, pas un téléphone portable ne doit être dégainé pendant toute la durée du repas. Les paires d'yeux se démultiplient sur le vieux port de Calvi, prêts à intercepter les possibles paparazzis amateurs. Il n'y aura pas de dérapage. François Hollande et Valérie Trierweiler ne sauront pas tout de suite que leur escapade a déclenché un véritable plan Orsec à l'échelle de l'île. Il a fallu toute l'habileté et la discrétion des élus locaux pour éviter un incident. La compagne du candidat a emporté, elle, un merveilleux souvenir du déjeuner...
Quelle influence?
Si elle s'impose en conseillère "image", elle nie farouchement tout rôle politique. Lorsque son compagnon devient président de la République, de mauvaises langues lui attribuent un rôle dans la composition du gouvernement Ayrault. Elle balaie l'accusation d'un trait d'humour : "Quand je lis que j'ai composé le gouvernement... La vérité, c'est que si je l'avais composé, il y a des gens qui n'y seraient pas !" [...] "Dans les faits, je crois que Valérie n'a pas de rôle sur le plan politique. Mais François et elle en parlent beaucoup entre eux. Ils font des commentaires sur les uns et les autres, analyse Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur. Avec Valérie, il a une relation politique plus dense qu'il n'avait avec Ségolène. Mais elle ne l'influence pas et notamment pas sur la constitution des équipes."Un couple arrive à l'Elysée
Le portable de Valérie Trierweiler sonne. Elle se trouve à l'Elysée en ce jeudi 17 mai. A l'autre bout du fil, François Hollande. Pour le président, une nouvelle journée marathon commence. Il doit présider à 15 heures son premier Conseil des ministres. "Valérie, s'il te plaît, pour la photo du gouvernement, est-ce que tu peux me sortir un costume ?" Valérie Trierweiler, surprise, marque une pause et lui répond : "Oui, je vais le faire... Mais, tu sais, ne compte pas sur moi pour faire ça et que ça !"[...] "Et pourquoi tu n'irais pas travailler dans l'édition ?" La question brûlait les lèvres de François Hollande depuis des semaines. Elle est désormais posée à Valérie Trierweiler. Il le pensait déjà pendant la campagne mais, depuis son élection, le chef de l'Etat mesure combien il sera compliqué pour elle de continuer à exercer sa profession de journaliste. Il en appelle depuis des années à une "République irréprochable". Et cette obstination de sa compagne à rester journaliste lui fait craindre un mélange des genres préjudiciable à sa présidence. Valérie Trierweiler le fusille du regard. Et décoche aussitôt : "Mais je n'ai aucune envie d'aller travailler dans l'édition!"
Certains patrons lui tendent pourtant les bras, comme Arnaud Lagardère. Le PDG du groupe du même nom, propriétaire de plusieurs maisons d'édition, lui a proposé de l'accueillir au sein de l'une d'elles. "Ça ne règle pas le problème, poursuit-elle avec fermeté. On m'attaquera sur autre chose et, notamment, sur mon employeur." François Hollande en convient.
[...] Quelques jours plus tard, nouvelle offensive élyséenne. Cette fois, elle émane d'un membre du cabinet du président. "Pour vous, ça va être compliqué de continuer à travailler", glisse le haut fonctionnaire au détour d'une réunion. Piquée au vif, Valérie Trierweiler se fige et décoche : "Si vous voulez, je peux aussi aller m'inscrire à Pôle emploi et demander des bourses pour mes enfants !" Brisant le silence consterné de l'assemblée, elle assène en guise de conclusion : "Je reste journaliste, ou j'arrête tout !"
Même Manuel Valls, pragmatique, ose : "Valérie pourrait mettre sa carrière entre parenthèses et espérer la retrouver demain. Mais elle vit ça comme un déchirement. Je ne dis pas qu'elle va renoncer. Je dis que ça va être très difficile."
Le bras de fer avec Nicolas Sarkozy
La scène se déroule lors d'une garden-party, au milieu des années 2000. Jacques Chirac est encore président et Nicolas Sarkozy, son ministre de l'Intérieur. Il déambule dans le jardin du Palais, noir de monde, comme chaque année le jour du 14 Juillet. Il tient sa femme Cécilia par la main. Le couple croise Valérie Trierweiler. Discrètement, Nicolas Sarkozy, sans lâcher la main de sa femme, se penche vers la journaliste de Paris Match et lui murmure à l'oreille: "Qu'est-ce que t'es belle!" Cela fait quelque temps déjà que Nicolas Sarkozy a repéré la splendide trentenaire.[...] C'est lors d'un déjeuner avec un groupe de journalistes féminines que Nicolas Sarkozy décide de jeter son dévolu sur Valérie Trierweiler. Autour de la table, dans la salle à manger du ministère de l'Intérieur, place Beauvau, il y a ce jour-là Isabelle Torre de TF 1, Ruth Elkrief de RTL, et Valérie Trierweiler de Match. Nicolas Sarkozy semble particulièrement heureux d'être entouré de femmes. Il connaît moins Valérie Trierweiler, qui suit principalement la gauche et le président Chirac. Il en profite donc pour mieux faire connaissance avec la reporter. D'apparence froide et réservée, elle intrigue le ministre de l'Intérieur, qui la pousse dans ses retranchements. Comme à son habitude, il tutoie tout le monde. Il aime instaurer une forme de familiarité avec les journalistes, espérant la transformer en connivence. Profitant d'une remarque de Valérie Trierweiler sur l'une de ses récentes déclarations, il répond : "Oui mais toi, tu es une petite-bourgeoise! Tu habites dans le XVIe, donc tu ne peux pas comprendre ce qui se passe dans les quartiers. Comme tous les journalistes, tu as un avis sur tout."
Piquée au vif, elle réplique: "Je ne vous permets pas. Et, d'ailleurs, je n'habite pas le XVIe arrondissement." Si Nicolas Sarkozy n'est pas gêné qu'on lui tienne tête, il aime aussi montrer sa puissance: "Ah bon, tu n'habites pas le XVIe? Mais, tu sais, je suis ministre de l'Intérieur. Si je veux savoir où tu habites, je demande et on me donne l'information dans les dix minutes... Tu veux voir?" Valérie Trierweiler lui lance un regard de défi. Le même qu'elle adressera quelque temps plus tard dans les jardins de l'Elysée au goujat qui lui glisse un compliment à l'oreille, tout en tenant sa femme par la main.
Amorcée par ces deux épisodes, la relation entre Nicolas Sarkozy et Valérie Trierweiler demeure conflictuelle. Il disait parfois à des proches: "Mais pour qui elle se prend, celle-là? Je ne suis pas assez bien pour elle? [...] Lorsqu'il apprend la liaison de Valérie Trierweiler avec François Hollande, la première remarque de Nicolas Sarkozy ne manque pas d'intérêt, si l'on se projette en 2012: "Comment a-t-il fait pour séduire un canon pareil?"
[Le 8 mars, Louis Sarkozy a jeté des billes et des tomates sur une policière en faction à l'Elysée, et l'information a fuité. Nicolas Sarkozy réagit.]
Il demande donc aux services de police d'éplucher les incidents éventuels ayant pu concerner François Hollande et sa compagne. Les services tombent sur une affaire mineure mais qui apparaît très vite aux yeux du candidat Sarkozy comme une pépite: un procès-verbal de police citant l'un des fils de Valérie Trierweiler interpellé dans la rue en possession d'un pétard, quelques semaines plus tôt!
Dès le samedi après-midi, quelques heures après la révélation de RTL, les équipes du candidat font savoir à plusieurs journalistes que l'un des fils de Valérie Trierweiler a fait l'objet d'un contrôle, il détenait de la drogue. Interrogée par les journalistes "alertés" par l'Elysée, l'équipe de François Hollande s'efforce de donner la version précise de l'incident. Billes et tomates contre pétard... La plupart des rédactions, jugeant que la campagne électorale mérite mieux et, surtout, que les enfants ne doivent pas être placés sur le champ de bataille, feront l'impasse sur ces "informations".
Mais Nicolas Sarkozy n'est pas homme à lâcher l'affaire. Dès le lundi, il fulmine contre les rédactions qu'il visite dans le cadre de ses interviews quasi quotidiennes en cette période électorale : "Cette affaire est beaucoup plus grave que celle de mon fils! Or personne n'en parle. L'histoire de mon fils a fait une dépêche AFP et, là, pas une ligne." [...]
Valérie Trierweiler, elle, est ulcérée. Nicolas Sarkozy a touché à ses enfants et donc a commis un manquement grave à ses yeux. Elle compte bien le lui dire en face. Peu importe où, mais le plus vite possible. Voilà pourquoi elle décide, entre autres raisons, d'accompagner François Hollande aux obsèques des militaires tués par Mohamed Merah. Cet homme de 23 ans a aussi exécuté froidement, quelques jours après, des enfants et un père de famille à la sortie d'une école juive. Il est abattu, le lendemain de ces funérailles nationales, lors de l'intervention du GIGN pour le déloger de son appartement.
Ce 21 mars, dans la caserne de Montauban, Valérie Trierweiler est donc présente au côté de François Hollande, avec les autres candidats à la présidentielle. Après la cérémonie, alors que Nicolas Sarkozy salue son adversaire socialiste, il croise le regard de Valérie Trierweiler. Des yeux noirs, foudroyants. Les caméras de télévision captent cette expression accusatrice, sans que nul ne se doute à l'époque qu'elle est celle d'une mère outragée. "Je voulais qu'il le voie, ce regard. J'aurais voulu même lui parler, trouver l'occasion de lui dire ce que je pensais de ce qu'il disait de mon fils dans les rédactions, confie le lendemain Valérie Trierweiler à un ami. Après tout cela, je suis blindée. Ils ne me font pas peur."
Pasqua admire Valls et affirme que Sarkozy reviendra
Manuel Valls a la cote. Le ministre de
l'Intérieur, en hausse dans les sondages contrairement à Jean-Marc
Ayrault et François Hollande, trouve même grâce aux yeux d'un de ses prédécesseurs place Beauvau, Charles Pasqua. L'ancien premier flic de France
ne tarit pas d'éloges pour le jeune ministre socialiste. Il salue la
«force de caractère» de Valls qu'il estime représenter une «exception à
gauche».
Dans un entretien accordé au Point de cette semaine, Charles Pasqua déclare: «Manuel Valls est un cas intéressant». Invité à répondre si Valls est à «la hauteur» pour mener la lutte contre les réseaux salafistes, qui se déroule en ce moment, l'ancien ministre de l'Intérieur et figure emblématique de la droite explique: «il est issu de l'immigration et, en tant qu'ancien maire de ville de banlieue, il a été confronté aux difficultés quotidiennes de la délinquance, du chômage et du repli identitaire».
«Sarkozy reviendra en politique»
Par ailleurs, Charles Pasqua juge «évident» que Nicolas Sarkozy reviendra en politique. «Je ne l'imagine pas vivre autrement. C'est sa vie depuis qu'il a 15 ans. Il faudrait qu'il subisse une cure de désintoxication pour tout arrêter. Je crois qu'il souhaitera revenir», dit-il. Et il explique que son ancien poulain des Hauts-de-Seine «a gardé du gaullisme une qualité essentielle: devant la tempête, la caractère permet de faire face».
Revenant ensuite sur la dernière campagne présidentielle, Charles Pasqua estime que l'ancien président a eu raison de la mener à droite mais qu'il aurait du compléter sa démarche par «un rappel de notre engagement social». L'ancien soutien d'Edouard Balladur à la présidentielle de 1995 révèle à ce propos que Nicolas Sarkozy avait à l'époque plaidé contre lui pour une alliance avec l'UDF, convaincu alors que la victoire se gagnerait au centre.
Quant à la compétition Copé-Fillon pour la présidence de l'UMP, l'ancien ministre, sollicité par les deux candidats, botte en touche. Il ne soutiendra personne: «pour une raison simple: je ne suis pas membre de l'UMP. Dès lors, ne me demandez pas de prendre position. La bataille de l'UMP n'est pas mon truc».
Ingérable ? La génération Y demande un droit de réponse
Pour Baptiste, 27 ans, jeune cadre fraîchement diplômé et chef de
projet dans l'Edition, le malentendu qui divise aujourd'hui les
générations est patent : « notre génération qui « court après le milieu
idéal, un environnement où ils pourront faire ce qu'ils veulent dans un
travail tout le temps motivant », selon Didier Pleux, a en vérité été
trompée. Le sacro-saint papy-boom (départ à la retraite des nés après
1945) qui allait permettre à toute cette génération de jouir du plein
emploi, lui avait en effet été promis. Il était dit que les Y
profiteraient de rémunérations confortables et prospéreraient dans la
passion de leur métier. Le papy-boom devait en théorie s'enclencher dès
2005. Crise oblige, il n'en a rien été. Et il faut le dire, la
génération Y n'en profitera jamais, elle qui doit faire face à un taux
de chômage au plus haut. D'autant que l'âge de la retraite a été
repoussé. Du coup, les Y s'adaptent. Au regard de la situation
macro-éconmique, ils sont aujourd'hui davantage dans une optique de
trouver un logement et un métier que dans « une quête d'une solution
miracle pour trouver une réalité confortable », comme le dit Didier
Pleux. Désormais, ils travaillent en fait plus pour bénéficier d'un
pouvoir d'achat inférieur aux générations précédentes ». Certes ils admettent être frustrés et avoir du mal à composer avec cette réalité truquée par leurs soixante-huitards de parents un brin exaltés. « Alors que certains ont été bercés dans un idéal libertaire véhiculé par leurs parents, bénéficiaires des avancées post mai 68 et qui ont pu profiter d'une liberté de choix total dans leur vie professionnelle, force est de constater qu'ils n'ont pu ni jouir des mêmes « privilèges » que leurs aînés, ni envisager de faire mieux ou au moins aussi bien qu'eux. Alors oui, les Y sont déçus voire frustrés. D'où cette relative « allergie à toute frustration » pointée du doigt par Didier Pleux » reconnaît Baptiste.
Dure réalité, en effet
Mais il rappelle qu'une bonne partie de la génération Y a, en parallèle, vu ses parents maltraités par des entreprises qui n'hésitent plus à se séparer d'eux quand les temps sont durs. Egalement influencés par la surmédiatisation des plans sociaux de grande envergure, les Y se sont endurcis, et, depuis le plus jeune âge, voient la réalité de l'entreprise avec le plus froid pragmatisme. « Ils sont en conséquence plus opportunistes, plus entreprenants et plus individualistes, mais pour des raisons réalistes, contrairement à ce qu'argue Didier Pleux. De là ne peut aussi découler qu'une conception différente du « sens de l'effort », de l'« engagement », et de la « fiabilité » dans l'entreprise, demandés aux Y par les générations précédentes », analyse le jeune Baptiste.
Cécile, 28 ans, exerçant dans le pôle RSE d'une grande entreprise du CAC 40, la tête sur les épaules, épingle fougueusement cette « réalité » en apostrophant les redresseurs de torts : « peut-être ne voulons nous pas accepter la réalité par ce que c'est la vôtre dans laquelle nous vivons, et que nous la trouvons bien contradictoire. Puisque posséder tout ce qui est imaginable a été une réalité pour vous et que cela n'a pas suffit à votre bonheur, pourquoi devrions-nous nous en contenter ? Vous nous avez voulu indépendants puisque vous désiriez vous-même jouir de votre vie, nous voici armés pour changer les règles du jeu ».
Alors s'agissant de « désinvestissement quotidien dans l'entreprise », les Y l'explique comme « un mal-être dû à la difficulté de trouver sa place parmi les plus âgés. Cette génération souhaite qu'on lui explique concrètement quelle est son utilité dans l'entreprise et n'aime pas les efforts vains, car contrairement à ce que dit Didier Pleux, elle se remet constamment en question. La génération Y a, il faut le dire, forgé en grande partie ses raisonnements sur Internet, temple de la remise en question permanente de toutes les idées reçues ». D'où le besoin impérieux de trouver un sens à leur action, ce qui, selon Cécile, « est impossible avec la verticalité et l'immobilisme qui en découle ».
En quête de sens
De fait le divorce menace : « nous refusons de vivre pour travailler, pour gagner de l'argent et consommer en suivant votre modèle, quand nous voyons où il nous a mené. Nous ne voulons pas nous restreindre, réduire nos idéaux à cause de vos erreurs. Alors comment procéder en entreprise ? Crise économique, écologique, sociale.... Votre besoin de hiérarchie, de garder le contrôle, n'a pas réussi à gérer la complexification intense de la société. N'a pas laissé de place adéquate à la créativité, et n'est pas adapté au monde en devenir. Nous n'avons pas vraiment envie de rentrer dans le moule que vous avez créé, car il tue toute perspective d'évolution sensée de la société ».
Résultat : pour Cécile ce n'est pas l'autorité qui est contestée par des « enfants rois trop gâtés » mais plutôt la confusion des genres que nourrit constamment la société d'aujourd'hui et dans laquelle les jeunes Y aimeraient qu'on leur organise quelques repères sensés...c'est-à-dire porteur de sens. « On ne supporte pas qu'on nous impose des choix qu'on juge incohérents, non l'autorité en général. Ce n'est pas « vérifier et contrôler l'avancée des travaux », qu'il nous faut, mais c'est de nous guider. Pour nous aider à déployer notre énergie dans le bon sens. Dans ce monde qui part un peu dans tous les sens et nous laisse parfois perplexe, nous avons besoin de votre expérience, mais non de contrôle abusif. Vous nous dîtes narcissiques, mais vos modèles verticaux n'incitent pas à la collaboration », dénonce la jeune femme.
D'où une sorte de revendication en forme de cri du cœur poussé à l'intention de leurs aînés pour plus de dialogue et de compréhension mutuelle. « Il faut absolument mêler les générations, afin de créer des synergies et que chacun soit apte à prendre le meilleur dans ce que l'autre a à lui offrir : nous avons énormément à apprendre des autres, mais il ne faut pas croire qu'il n'y a rien à apprendre de nous. Nous n'avons jamais été aussi ouverts sur les autres et sur le monde, friands de découvertes, voyageurs invétérés...Nous ne sommes donc pas réfractaires au savoir des générations précédentes, mais à la forme qu'elle prend, c'est-à-dire un sens unique », argumente Cécile, admettant que peut-être, elle et ses congénères manquent « un peu de tact pour faire accepter cette idée ».
Acteurs de leur vie
C'est qu'ils sont à vifs ces Y, stigmatisés de tous côtés car dotés d'une personnalité beaucoup plus affirmée que les générations précédentes, moins dans le « moule », et dont l'idéalisme n'est que la traduction de leur volonté de s'impliquer dans la transformation du monde. Pour preuve, le coup de gueule de Cécile, en guise de conclusion. « Nous voulons être acteur de nos vies, de nos sociétés et non nous conformer docilement aux codes sociaux qui prévalent actuellement. Nous souhaitons contribuer à changer la société dans laquelle nous vivons. Beaucoup d'entres nous ne demandent qu'à se réaliser dans notre travail et à relever des défis, à se donner à fond pour une mission qui nous motive ; nous mettre à un poste adapté, crée de la richesse pour l'entreprise. C'est l'ennui et le manque de responsabilités, de reconnaissance qui nous enferment dans une procrastination et un désengagement, ennui provoqué par des modes de management figés et à sens unique. Nous sommes des moteurs pour les entreprises, à condition d'écouter ce que nous avons à vous dire». A bon entendeur....
Quand les diplomates anticipent une sortie de la Grèce de l'euro
Réunion confidentielle ?
Une réunion qui devait rester strictement confidentielle a été organisée à Athènes à ce sujet, en juin, alors que La Haye, officiellement, plaide pour le maintien de la Grèce au sein de l'Union européenne (UE). Depuis, des élections legislatives se sont déroulées en Grèce, le 17 juin marquées par la victoire des conservateurs, défenseurs de l'austérité et du plan de sauvetage élaboré par Bruxelles. Il n'est donc pas question de voir la Grèce revenir à son ancienne devise, le drachme, mais le ministère néerlandais des Affaires étrangères n'a voulu faire aucun commentaire après les révélations du Volkskrant. Le plan Grexit pourrait rester présent à l'esprit des diplomates néerlandais, pour deux raisons.
Culture de l'anticipation
La première tient à une culture de l'anticipation courante aux Pays-Bas, où l'on anticipe, à cause du combat contre l'eau, sur les catastrophes naturelles. Par extension, on essaie autant que possible de prévoir les cataclysmes politiques ou financiers. Seconde raison: le coût, les avantages et les inconvénients d'une sortie de la Grèce de la zone euro ont été l'un des grands thèmes de la campagne électorale, avant les législatives néerlandaises du 12 septembre.
"Dette intenable"
Ces élections ont vu deux partis pro-européens, les libéraux et les travaillistes, l'emporter. Mais la fuite publiée par De Volkskrant a coïncidé, le 8 octobre, avec le lancement du Mécanisme européen de stabilité (MES), élaboré pour gérer la crise de la dette des pays de la zone euro. Un fonds auquel les Pays-Bas ont largement contribué. Pour le gouvernement néerlandais, il n'est pas question de nouvelle restructuration de la dette grecque. Une dette qui paraît pourtant "intenable" à Menno Snel, membre néerlandais du conseil exécutif du Fonds monétaire international (FMI), interrogé le 9 octobre par le quotidien économique Het Financieele Dagblad. Alors que les bailleurs de fonds de la Grèce, UE, Banque centrale européenne (BCE) et FMI ont donné à Athènes jusqu'au 18 octobre pour mettre en place des mesures d'austérité, La Haye continue de faire pression pour que la Grèce rembourse le prêt d'urgence qui lui a été accordé, avec les intérêts.
Toujours aussi sales les Français ?
Alors que l'automne arrive avec son cortège d'épidémies, le lavage des mains n'est vraiment pas un réflexe national !
Même si une majorité de Français estime que les barres et les
poignées des transports en commun sont les objets "les plus sales" de la
vie quotidienne, seuls 45 % d'entre eux (mais 57 % des habitants de la
région Ile-de-France) se lavent systématiquement les mains après avoir
emprunté le métro ou le bus. C'est l'un des enseignements de la dernière
enquête BVA réalisée en septembre (sur un échantillon représentatif de 1
000 personnes) à la demande de Tork, un spécialiste des produits
d'hygiène pour le milieu professionnel. Viennent ensuite, par ordre de
saleté estimée, le clavier de l'ordinateur et la poignée des toilettes.
La cuvette des toilettes, elle, arrive après, mais il est parfois
possible d'éviter tout contact avec elle.
Selon cette enquête, un Français sur quatre se savonne les mains dix
fois par jour. Mais, dans certaines situations qui nécessitent pourtant
une bonne hygiène, ce simple geste reste subsidiaire. À titre d'exemple,
plus d'une personne interrogée sur cinq ne se lave pas systématiquement
les mains avant de commencer à manger. Cette tendance est beaucoup plus
forte chez les individus âgés de 18 à 34 ans, puisque 43 % d'entre eux
ne se lavent pas les mains automatiquement au moment de passer à table.
En revanche, 86 % de ceux qui ont répondu aux questions disent le faire
avant de cuisiner.
Enfin, ce qui devrait apparaître comme le B.A.-BA en matière de
lavage des mains ne l'est finalement pas pour la totalité de la
population : 12,5 % des Français ne se lavent pas toujours les mains en
sortant des toilettes ! On peut ajouter à ces résultats ceux d'un autre
travail antérieur ayant démontré que les Français consomment deux fois
moins de savon que les Allemands ou les Anglais.
Les femmes plus sensibles à la propreté
Autre enseignement de l'étude BVA, les Hexagonaux ne sont pas très friands de bains, que ce soit par conviction écologique ou par économie d'argent : 61 % d'entre eux ne plongent pas souvent dans leur baignoire. Plus précisément, seuls 18 % - le plus fréquemment des femmes - prennent un bain une fois par semaine. Cela ne veut pas dire pour autant qu'ils se ruent sous la douche. Si 11,5 % des Français se lavent "à grande eau" plusieurs fois par jour, 20 % ne le font qu'un jour sur deux ou moins et 3,5 % seulement une fois par semaine... Là encore, statistiquement, les femmes sont plus sensibles à la propreté que les hommes et les adultes jeunes que les personnes âgées de 65 ans et plus.Enfin, concernant l'entretien des toilettes, un Français sur trois les nettoie quotidiennement, près d'un sur quatre tous les deux jours et plus d'un sur quatre une fois par semaine (ce qui laisse un nombre relativement important d'individus qui n'ont pas répondu à la question). Et paradoxalement, ce sont les personnes âgées qui sont les plus méticuleuses dans ce domaine : alors que ce n'est pas une habitude quotidienne chez les jeunes de 18 à 34 ans (18,9 %), ça l'est davantage pour les personnes âgées de 50 à 64 ans (44,9 %) et encore plus chez les plus de 65 ans (58,7 %). Les auteurs de ce sondage ne fournissent aucune explication à ce sujet.
Les syndicats ont-ils toujours le pouvoir de mettre les gens dans la rue ?
La CGT décide de faire cavalier seul pour une journée d’action pour la « défense de l’emploi et l’industrie ». Cette journée est finalement peu suivie. Les syndicats aujourd’hui ont-ils encore le pouvoir de faire descendre les citoyens dans les rues ?
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| Les tarés de l'éducation nationale |
Les syndicats doivent-ils être unis pour avoir une chance de mobiliser la population ?
Le charisme d’un leader fait-il la force d’un syndicat ?
Quel est l’avenir du syndicalisme en France aujourd’hui ?
Pourquoi les jeunes n’adhèrent pas aux syndicats ?
Nicolas Vadot : “Il faut faire le saut fédéraliste maintenant”
Militant européen convaincu, le dessinateur de presse franco-britannique est un des plus prolifiques sur les sujets européens – et l'un des préférés de Presseurop. Lors de son passage au Festival d'Internazionale à Ferrare (Italie), il nous a livré sa vision de son métier et de l'Europe.
Peut-on rire et faire rire de l’Europe ?
Nicolas Vadot : Il faut arriver à en rire soi-même, car le sujet peut
paraître un tantinet rébarbatif, mais oui, on peut rire de l’Europe. Ça
permet de désamorcer des choses. Donc, c’est tout à fait faisable.
Qu’est-ce qui vous a le plus inspiré dans l’actualité européenne ces derniers temps ?
J’essaye de ne pas réagir par rapport à l’Europe, car j’ai une
position militante : je suis un ultra-fédéraliste, je l’ai toujours été.
Alors, quand [l’ancien Premier ministre belge] Guy Verhofstadt et
[l’euro-député vert] Daniel Cohn-Bendit présentent leur livre, je ne le
descend pas. Même si c’est un catalogue de bonnes intention, j’essaye
d’avoir une approche on va dire “positiviste” de l’Europe, même si je
peux être critique. Il ne faut jamais oublier que l’UE a été créé au
départ pour qu’on arrête de se taper dessus entre Européens et que, si
on n’a pas connu de guerres sur le continent – hormis
l’ex-Yougoslavie, qui ne faisait pas partie de l’UE – c’est quand même
une super-réussite, l’UE.
Et si j’ai une mission vis-à-vis de mes lecteurs, surtout les plus
jeunes, c’est de leur rappeler : “Les gars, vous vivez en paix, mais la
paix, ça se construit tous les jours, entre démocrates, et ce n’est pas
là pour toujours, parce-que ça peut s’arrêter.”
Je travaille également pour la presse financière, pour L’Echo. Ici,
il s’agit de sujets beacoup plus pointus, comme les taux directeurs de
la BCE, l’harmonisation fiscale…et là, il est possible d’être très
didactiques. Et ça, ça m’intéresse.
Peut-on trouver dans l’actualité de l’UE de quoi faire un dessin chaque jour ?
Chaque jour, peut-être pas. D’ailleurs je n’en pond pas un par jour
sur ce sujet : disons qu’en moyenne, je dois en faire un sur cinq, ce
qui est tout à fait correct.
Y a-t-il des dessinateurs auxquels vous vous inspirez en particulier ?
J’ai une spécificité par rapport à d’autres dessinateurs : je ne suis
pas autodidacte. J’ai appris à dessiner dans un académie, et je suis
partisan de la ligne claire [le style de l’école belge]. Quand les
Américains voyent mes dessins ils disent : “C’est du dessin de presse
façon Hergé” et je le prend comme un compliment, parce que je trouve que
la ligne claire est extrêmement efficace. Mon inspirateur est également
Plantu, parce qu’il a été le premier à éditorialiser les dessins et je
pense que le dessin politique ne doit pas seulement décrire l’actualité,
mais il doit aussi la commenter. J’ai étudié un peu tous les
dessinateurs français – Cabu, Luz, Faizant, Jean Eiffel, Dubout –
puis les anglais – Searle, Scarfe, Steadman. Ce que j’ai voulu
apporter, c’est une approche ligne claire, avec en plus de la couleur.
On a trop négligé la couleur dans le dessin politique, or, dans
l’actualité européenne, on joue beaucoup sur les drapeaux et leurs
couleurs.
Qu’est ce que vous aimez et qu’est-ce que vous n'aimez pas dans l’UE ?
Ce qu’ j’aime, c’est la tour de Babel, c’est à dire le fait qu’on ne voit pas les choses d’un point de vue ethnocentriste. Et pour moi, c’est très important, car non seulement je suis à moité britannique, mais en plus, j’ai une femme australienne. J’ai vécu six ans en Australie et, là-bas, l’Europe tout le monde s’en fout. Et à la limite, ils sont plus européens que nous, parce qu’ils ne disent pas “Je vais en France, en Italie ou en Allemagne”, ils disent “Je vais en Europe”. Quant à l’europhobie des britanniques, elle m’exaspère profondément : la grande erreur de Tony Blair, ça a été de ne pas utiliser son second mandat pour forcer la Grande-Bretagne à entrer dans l’euro. J’aime ce côté supra-national, le fait de pouvoir traverser les frontières.
Ce que je n’aime pas, c’est la bureaucratie ; ce sont tous ces gens qui sont dans les bureaux de l’UE et qui ne savent même plus ce qu’ils font et le fait qu’on ait fait d’un grand idéal qu’était l’idée européenne une baudruche bureaucratique dont on ne sait pas où elle va et comment elle va s’en sortir.
Peut-on représenter l’Europe et comment avez-vous choisi de la représenter ?
Oui. Je la représente comme Miss Europe : c’est une très jolie femme. Elle était blonde aux yeux bleus au départ, puis elle est devenue brune – j’ai épousé une brune et je voulais la paix dans le couple. Elle est très jolie et élancée, voire sexy – parce que c’est comme ça que je vois l’Europe. Pour moi, l’Europe a un côté très féminin, donc positif.
Il m’arrive de représenter la bureaucratie européenne comme un homme en gris, avec son attaché-case : c’est la technocratie. L’homme en gris et Miss Europe ne s’entendent pas très bien, et c’est là probablement la limite du dessin politique, au sens où je dois forcément caricaturer, donc forcer le trait, utiliser des stéréotypes.
Pensez-vous que l’Europe a un avenir, ou qu'on est arrivés à la fin ?
J’espère franchement qu’on n’est pas arrivés à la fin, parce que si c’était le cas, je craindrais que mes enfants ne connaissent une guerre sur le continent. Je pense qu’il y a des dangers et c’est pour cela que je pense qu’il faut faire le saut fédéraliste maintenant.















