TOUT EST DIT

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jeudi 11 octobre 2012

EXCLUSIF. La redevance audiovisuelle étendue aux résidences secondaires

Un amendement à la loi de finances présenté mercredi devrait créer une demi-part de redevance supplémentaire sur les résidences secondaires.
Le groupe socialiste à l'Assemblée va présenter mercredi après-midi en commission des Finances un amendement à la loi de finances visant à créer une demi-part de redevance supplémentaire sur les résidences secondaires, pour soutenir France Télévisions et lui redonner un peu d'air, au moment où ses comptes virent au rouge.
Certaines estimations - assez optimistes - fixent la recette de cette extension à 150 millions d'euros. Cette manne est la bienvenue pour Rémy Pflimlin, le P-DG de France Télévisions, qui devrait ainsi éviter, grâce à ce surcroît d'argent public, d'être en déficit en 2013. "Bien évidemment, France Télévisions devra également faire des efforts", souligne-t-on dans les rangs de la majorité. En contrepartie, le gouvernement renonce à l'augmentation générale de deux euros supplémentaires de la redevance, laquelle, au lieu d'atteindre 129 euros en 2013, sera de 127 euros (soit une augmentation uniquement conforme au cours de l'inflation).

Deux amendements en débat chez les socialistes


Le débat sur le financement de l'audiovisuel public faisait rage depuis septembre. Dans ce contexte tendu, Patrick Bloche, le président de la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale, avait annoncé qu'il pourrait prendre une initiative en vue d'élargir l'assiette de la redevance audiovisuelle (rebaptisée CAP, Contribution pour l'audiovisuel public, depuis 2009). "Je suis favorable à l'augmentation du volume de cette ressource", avait-il indiqué dans son discours de clôture des assises de l'audiovisuel organisées par la Scam*.
La majorité socialiste était partagée sur ce point. Certains au sein du groupe socialiste à l'Assemblée étaient partisans de ne faire aucun geste supplémentaire pour aider France Télévisions à boucler ses fins de mois. Patrick Bloche, par ailleurs administrateur du groupe audiovisuel, a proposé, dès la semaine dernière, deux amendements au choix, l'un portant sur l'extension aux résidences secondaires, l'autre sur une nouvelle hausse de deux euros supplémentaires du montant de la CAP. Fromage ou dessert, mais pas les deux.
C'est la première option qui a eu les faveurs du vote, mercredi matin, au sein du groupe socialiste et qui sera examinée en commission des Finances. "Au nom de la justice sociale", les propriétaires d'une résidence secondaire paieront, en 2013, la moitié d'une redevance audiovisuelle en plus de celle qu'ils paient sur leur résidence principale.

lundi 14 mai 2012

Europe 1 : Jean-Pierre Elkabbach sauvé par François Hollande

Le journaliste, proche de Nicolas Sarkozy, restera à l'antenne grâce à l'arrivée du socialiste au pouvoir.  
Après la présidentielle, Europe 1 soigne son positionnement politique à l'aube de ce nouveau quinquennat. Après avoir péché au début du mandat de Nicolas Sarkozy en s'attirant le sobriquet de "radio Sarko", la station ne souhaite pas cette fois-ci tomber dans l'ornière de la "radio-Hollande." C'est à ce titre que Jean-Pierre Elkabbach, 75 ans en septembre prochain, conserve son interview politique du matin. Le vétéran d'Europe 1, proche de l'ancien président, jouera, en quelque sorte, le rôle de poil à gratter du pouvoir socialiste.
En 1981, "JPE", jugé trop proche de Giscard, avait fait l'objet de la purge mitterrandienne. Les temps ont changé : cette fois, Elkabbach est sauvé grâce au retour de la gauche ! Bien sûr, celui qui a connu Georges Marchais ne peut guère espérer traverser tout le mandat au micro d'Europe 1. Mais grâce à Hollande, Elkabbach va gagner encore une ou deux saisons sur son CV déjà bien rempli.

Les destins croisés d'Elkabbach et Chabot

Arlette Chabot a décidé, quant à elle, d'abandonner les fonctions de directrice de l'information. Un souhait exprimé dès le mois de janvier. Le management, qu'elle exerce avec poigne et ironie, n'est pas sa tasse de thé. Elle abandonne le manche à Fabien Namias, un transfuge de France 2 qui retrouve son ancienne maison, celle où déjà son père, Robert, avait prospéré dans les années 70-80. Si Elkabbach se maintient, Arlette Chabot a pu être soulagée de sa fonction grâce à la défaite de Nicolas Sarkozy.
Pour des raisons qui restent obscures, l'ancien président avait pris Arlette Chabot en grippe. Elle avait dû quitter France 2 peu de temps après l'arrivée de Rémy Pflimlin à la présidence de France Télévisions. Chabot figurait, à ce moment-là, parmi les personnalités à abattre. Si Nicolas Sarkozy l'avait emporté, Europe 1 aurait été dans l'obligation de maintenir Arlette Chabot à son poste afin de ne pas donner l'impression de céder à un oukase présidentiel... Sarkozy chassé du pouvoir, Denis Olivennes, le patron de Lagardère Médias, peut accéder à sa demande : Arlette Chabot souhaite seulement faire de l'antenne. La passion du journalisme l'anime encore. Denis Olivennes lui offre, en outre, un rôle de "conseillère". Ça ne mange pas de pain.
En fin de compte, Elkabbach et Chabot sont les deux faces d'une même médaille, celle de l'indépendance qu'Europe 1 souhaite accrocher à son cou.

dimanche 20 novembre 2011

L'enjeu de l'islamisme

Le point d'interrogation n'est plus de mise. Quand la pression est trop forte, quand aucune soupape ne peut plus s'ouvrir faute de volonté pour relâcher la vapeur, quand seuls coulent les larmes et le sang, l'explosion devient la plus probable des perspectives en Syrie. Sept mois après le début de la révolte populaire, Paris se prend à croire qu'il serait possible de rééditer l'opération libyenne et Nicolas Sarkozy a envoyé Alain Juppé faire quelques moulinets dans la région. L'intention est noble, mais cette fois la méthode qui a conduit au lynchage de Kadhafi ne pourra pas être appliquée. Ne serait-ce que parce que la Russie ne laissera pas prendre une option de force ouverte, et parce qu'Israël se trouve trop près de ce nouveau front. L'ultime développement, à ce jour, des révolutions du monde arabe qui auront traversé toute cette année 2011, met en scène cette fois de très clairs antagonismes religieux. Les minoritaires alaouites au pouvoir en Syrie ne sont plus soutenus dans la région que par les Etats à majorité chiite que sont l'Iran et l'Irak. Et la Ligue arabe à majorité sunnite soutient - un peu plus que verbalement - les révoltés syriens poussés en sous-mains par les Frères musulmans. Là est le véritable enjeu : en Libye, en Tunisie, ces islamistes radicaux sont aux portes du pouvoir, qu'ils y soient parvenus par les urnes ou par les armes. En Egypte, ils n'en sont pas loin. Que la Syrie bascule dans leur camp, et c'est toute la face du monde arabo-musulman qui s'en trouvera changée. Là se trouve le vrai enjeu de la crise syrienne, et toute la difficulté de l'intervention extérieure. Le bourreau Bachar al-Assad arrangeait bien tout le monde ! Quant à l'avenir sans lui, personne n'imagine vraiment ce qu'en seraient les conséquences.

lundi 18 avril 2011

Les étranges affirmations du Washington Post sur la guerre en Libye

Le Washington Post livre samedi de bien curieuses "révélations" sur la conduite de la guerre en Libye. Selon le quotidien américain, les opérations aériennes du Royaume-Uni, de la France et d'autres pays européens seraient limitées par le manque de munitions de précision. De quoi laisser dubitatifs :
1) Des frappes limitées ? Faux
S'il est vrai que la Royal Air Force britannique, l'armée de l'air et la marine nationale françaises procèdent actuellement à la majorité des frappes, elles ne manquent aucunement d'avions pour conduire ces missions. Plusieurs dizaines d'appareils sont mis en oeuvre par la France, qui procède aux frappes en vertu des règles émises par l'Otan. Celles-ci sont extrêmement sévères en ce qui concerne la protection des populations civiles, et beaucoup plus strictes qu'en Afghanistan. De ce fait, elles sont limitées, et la France a procédé à une vingtaine de frappes entre le 7 et le 14 avril. Le chiffre précis des tirs contre les cibles au sol depuis le 19 mars, date du début de la guerre, n'est pas encore disponible, mais il est supérieur à la centaine, uniquement avec des munitions de précision de divers types, dont des SCALP-EG (au moins une douzaine de tirs), des AASM (armement air-sol modulaire) et des GBU de divers types.
À l'heure actuelle, six des vingt-huit membres de l'Otan participent aux bombardements en Libye, France, Grande-Bretagne, Danemark, Norvège, Belgique et Canada, Paris et Londres assurant à eux seuls plus de la moitié des sorties. Les États-Unis ont retiré leurs avions des plans de frappe. Les pays non engagés dans les tirs contre des cibles au sol participent à la surveillance de la zone d'interdiction aérienne, alors que les avions et hélicoptères libyens ne décollent plus depuis des semaines. Les États-Unis fournissent des moyens logistiques (ravitailleurs, transports tactiques) ou encore des moyens de surveillance et de contrôle (AWACS).
Les chiffres du Post sont d'ailleurs faux en ce qui concerne les Américains. Leurs avions n'ont pas seulement procédé à "trois frappes contre des installations statiques de défense aérienne". Pour ne citer que les seuls missiles Tomahawk, tirés depuis des navires, ils ont effectué, pour la seule journée du 20 mars, plus de cent frappes de précision...
2) Un manque de munitions ? Faux
L'autre assertion très curieuse du Washington Post concerne la consommation des stocks de munitions de précision, qui se seraient "rapidement réduits". Le journal affirme que les États-Unis seraient en mesure de recompléter à partir de leurs propres magasins, mais que les avions français et britanniques sont incompatibles avec les armes fabriquées aux États-Unis. Contrairement aux autres pays européens "frappeurs", dont "tous les avions ont été fabriqués aux États-Unis et sont compatibles avec l'armement américain". De fait, les avions français (Rafale, Mirage 2000, Super-Étendard et Mirage F-1) de même que les avions britanniques (Tornado et Typhoon) sont de conception et de fabrication européennes, quand d'autres armées sont équipées de F-16 et de F-18 américains. Mais alors, où est le rapport avec un prétendu "manque de munitions", et le fait que les Européens "ne prévoyaient sans doute de n'utiliser leurs armes de l'air que durant les salons aéronautiques", comme avance, ironiquement, le Washington Post ? Il n'y en a aucun !
Pour les avions français, les choses sont simples. Les munitions qu'ils ont tirées sont dans une large mesure fabriquées nationalement. Et les stocks, certes moins impressionnants que ceux des États-Unis, sont tout de même importants, sans être illimités. Il s'agit, pour l'armée de l'air et la marine françaises, de faire face à des conflits importants. Les stocks actuels permettraient donc de faire deux ou trois ans de guerres intenses, étant entendu que des commandes complémentaires seraient rapidement envoyées aux industriels. L'arme air-sol de précision tirée par le Rafale, fabriquée par l'industriel Sagem, est l'armement air-sol modulaire (AASM). Elle a été commandée à 744 exemplaires en 2000, et les dernières livraisons de ce premier marché sont prévues en 2011. Le député François Cornut-Gentille précise dans un rapport en date du 14 octobre 2010 : "En 2009, la cible de dotation en AASM est passée de 3 000 à 2 348 unités, dont 1 200 avec le kit laser." La France en achètera donc moins que prévu, mais ses stocks lui permettent de poursuivre ses opérations en Libye sans difficulté. Selon le rapport, le coût de ce programme est de 846 millions d'euros, ce qui mettrait le kit AASM à plus de 350 000 euros. Cela fait cher pour détruire un pick-up kadhafiste qui en vaut 15 fois moins...
Les Français ont aussi tiré des missiles de croisière SCALP-EG, en nombre limité (une douzaine). Selon des informations de source parlementaire, ils disposent actuellement de 500 de ces engins, dont 400 doivent être rénovés. Là encore, aucun problème de stocks pour ces armes de précision.
Enfin, la France a acquis aux États-Unis, pour ces Super-Étendard et ses Mirage 2000, plusieurs dizaines de kits Paveway, de différents modèles. Montés sur des bombes lisses à gravité, ils permettent de les transformer en armes de précision, et la France dispose, depuis plusieurs années, de cet équipement. Le Point.fr a précisé que les avions français avaient tiré des bombes à guidage laser GBU-12 de 250 kilos, des bombes GBU-24 de 500 kilos, et que les Mirage 2000-D de l'armée de l'air avaient tiré des GBU-49. Ce modèle le plus récent est équipé du kit de guidage Enhanced Paveway II et la France en a acheté 200 exemplaires en février 2008 pour son Mirage 2000D.
Qu'en conclure ?
L'article du Washington Post considère, sans l'écrire explicitement, que les Européens feraient bien d'acheter davantage d'armements aux États-Unis s'ils veulent faire la guerre sérieusement. Rien de neuf...

lundi 31 janvier 2011

L'iPhone, ça sert aussi à faire la guerre


Il existe de nombreuses applications à destination de l'armée, plus particulièrement des tireurs d'élite.
Le capitaine de l'US Army Jonathan J. Springer, actuellement en cours de déploiement pour la troisième fois en Afghanistan, devrait bientôt mettre en vente sur le site marchand d'Apple iTunes l'application Tactical Nav, destinée aux militaires en opération. Conçu à titre personnel par l'officier, avec l'aide de programmeurs, Tactical Nav doit permettre aux soldats de se localiser précisément sur une carte d'état-major, de dresser des cartographies, de photographier des points remarquables sur le champ de bataille, d'en déterminer et d'en transmettre les coordonnées aux unités de soutien (artillerie, soutien médical, etc.).


Dans les interviews qu'il a données récemment sur le terrain à la presse américaine, l'officier ne dit pas comment il va régler les problèmes qui ne manqueront pas de se poser avec un terminal dont on ne peut pas changer les batteries alors qu'elles se déchargent rapidement en cas d'utilisation intense. Ajoutées à sa fragilité dont on voit mal comment elle s'accommoderait des rigueurs du terrain, ces caractéristiques de l'iPhone font qu'il sera encore longtemps davantage utilisé par les soldats comme un moyen personnel que comme un outil réellement opérationnel.


Tireurs d'élite


Néanmoins, plusieurs applications spécifiquement conçues pour les militaires tournent déjà sur iPhone ou iPod, notamment celles destinées aux tireurs d'élite. Ces derniers doivent prendre en considération, au moment du tir, des éléments aussi divers que la température, la pression atmosphérique, la vitesse du vent, etc. Des applications spécialisées, conçues au départ pour des jeux vidéo, ont été ajustées aux conditions opérationnelles et sont proposées avec des supports d'adaptation aux armes et aux munitions utilisées par les snipers. Ainsi Bullet Flight, que chacun peut acheter sur iTunes, dans une version "light" ou dans sa variante Level M "militaire", la plus complète. Le site précise que la nouvelle version compte 299 nouvelles munitions et trois nouvelles armes de guerre...


Dans ce domaine, l'application de référence des tireurs d'élite demeure iSnipe, qui utilise les données techniques fournies par 2.200 fabricants de munitions et s'achète sur iTunes pour 5,99 dollars. Fin 2009, la puissante firme américaine d'armement Raytheon avait annoncé son intention de sortir sa propre application iPhone pour les combattants. Le projet avait été appelé One Force Tracker, et la firme affirmait alors que le gouvernement américain recherchait des équipements consommant peu d'énergie, avec un fonctionnement simple et capables de présenter une situation opérationnelle en temps réel. Le projet n'a plus fait parler de lui depuis, ce qui ne veut sans doute pas dire qu'il a été oublié !