TOUT EST DIT

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mercredi 15 août 2012

Sécurité: Matignon rappelle l'un des policiers remerciés à l'arrivée d'Ayrault

Lors du changement de gouvernement, aucun policier chargé de la sécurité du Premier ministre n'avait été reconduit. Mais faute d'effectif suffisant, Matignon a dû faire machine arrière et rappeler l'un d'eux.

A l'arrivée de Jean-Marc Ayrault à Matignon, aucun policier du groupe de sécurité du Premier ministre (GSPM) qui officiait sous François Fillon n'avait été reconduit. Habituellement, entre deux et quatre policiers restent en fonction -"la mémoire" dans le jargon interne- au moment d'un changement de gouvernement.
"Une véritable épuration", selon l'un d'eux, qui explique que Lionel Jospin, lui, avait respecté la tradition lorsqu'il avait succédé à Alain Juppé.
Finalement, Matignon a dû rappeler un fonctionnaire remercié, faute d'effectifs suffisants.

LA GESTION SOCIALISTE DES EFFECTIFS EST NAVRANTE ET PARTISANE, 
CELA VOUS ÉTONNE ?

Rien que la loi 


Le « blues » des jeunes des banlieues de Toulouse ou Mulhouse ne saurait excuser les débordements de cet été. Amiens a été le théâtre de véritables scènes de guérilla urbaine. On est loin des chahuts provoqués par des jeunes désœuvrés, comme aiment à le répéter les partisans de l’excuse perpétuelle.
Le président de la République l’a rappelé fort opportunément hier : la sécurité est « non seulement une priorité, mais une obligation ». Il aurait pu ajouter une obligation pour l’État comme pour toutes les collectivités et les parents des casseurs. La liste des excuses qu’on trouve aux vandales est à peine moins longue que celle de leurs excès, et il serait temps d’en finir avec la culture de la permissivité comme avec celle de la « gonflette » qui n’émeut personne, surtout pas les pyromanes des banlieues.
Le discours ferme de l’État n’est pas nouveau. Les prédécesseurs de François Hollande ont martelé avec plus ou moins de bonheur leur volonté de restaurer l’ordre dans les quartiers difficiles. Le nettoyage sous pression promis par Nicolas Sarkozy comme les stages de cinéma des adeptes de la méthode douce ont échoué car, si le président change, les comportements des casseurs, eux, ne varient pas. Avec une affligeante constance, ils sèment désordre et perturbation dans leurs quartiers.
Cette manie française de défaire ce que le prédécesseur a mis en place ouvre la porte à tous les excès. Il serait bon d’appliquer la loi, rien que la loi, dans toute sa sévérité, une bonne fois pour toutes et de s’y tenir, quelle que soit la couleur politique du moment. Il faudra aussi s’en donner les moyens, et on en est loin.
La France vit comme s’il y avait une sécurité de droite et une sécurité de gauche, alors qu’il ne devrait y avoir dans notre pays qu’une seule sécurité : celle que garantit et impose la loi républicaine. Au lieu de cela, on voit le ministre de l’Intérieur brandir sa matraque alors que sa collègue de la Justice joue aux Bisounours.
François Hollande aime à se dire qu’il est un président « normal ». C’est bien ! Des millions de Français ont également envie de mener une vie normale, débarrassés de la peur des violences absolument anormales.

L’été en prétexte 


Comme la météo des plages, faudra-t-il établir celle des cités ? Cet été montre à nouveau que peuvent se superposer à l’occasion la courbe des températures et celle des violences dans les zones sensibles.
Cette corrélation est pratique et inquiétante. Commode parce que l’impuissance à traiter le mal des banlieues s’expliquerait donc par une fatalité climatique, un genre de délinquance corrigée des variations saisonnières.
Angoissante, car il faut constater, une fois de plus, que ressurgit à un moment prévisible, en des endroits identiques, la même expression d’un malaise urbain.
Sur la cause de ces coups de chaud, l’excuse de l’été reste courte. On peut bien envoyer tous les CRS que l’on veut. La vaste question du désœuvrement des jeunes ne se règlera pas au gyrophare. Il est tout aussi présomptueux de vouloir traiter l’abandon social ressenti dans certains quartiers par une omniprésence policière.
Des initiatives émergent. Ici en faveur d’une intégration par l’emploi. Là pour un urbanisme simplement humain. Un peu partout pour améliorer la sécurité, avec l’extension encore annoncée, hier, des zones prioritaires. Mais que tout cela est lent, à l’échelle d’existences qui se disent gâchées avant d’avoir pu démarrer.
Après l’intermède de ses médailles olympiques, le pays reprend la mesure d’une réalité infiniment moins glorieuse. 
Les casseurs en sont les tristes champions. 
Et les idéaux collectifs les grands absents.

Valls 


Manuel Valls, il ne vous rappelle personne ? Hyperministre, omniprésent, bondissant sur le terrain ? Il ne vous fait pas penser à Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur ? Les expulsions de Roms à répétition ? Pas de problème, « le laisser faire ne résout rien », lâche-t-il, au risque de se fâcher avec la gauche et l’Union européenne qui a de nouveau placé la France sous surveillance. Un quartier d’Amiens en proie aux violences urbaines, des policiers blessés ? L’œil noir et l’air soucieux, il s’y précipite juste après en avoir fini dans le Var avec notre président venu rendre hommage aux gendarmes et promettre quelques moyens. Hué à son arrivée à Amiens -tiens, lui aussi- il ne lâche rien, condamne les violences, « la loi, l’ordre républicain et la justice doivent retrouver toute leur place »… Manuel Valls, caution fiable de ce gouvernement sur la sécurité, a beaucoup emprunté à son prédécesseur. À tel point qu’il s’est senti obligé de préciser que, lui, il n’était pas venu passer Amiens au « Kärcher ». 
Au cas où nous les aurions confondus.

A LA BALAYETTE C'EST
MOINS EFFICACE.

La main invisible de la plage

À la plage, l'interaction des différents intérêts particuliers dans la limite de certaines règles intuitives, produit un ordre qui n'a pas été décidé par un législateur et qui n'obéit à aucun dessein.

En écrivant un article ayant pour thème le déployé de serviette sur la plage, j'ai bien conscience d'offrir un angle d'attaque inespéré à tous ceux qui ponctuent mes posts de commentaires aussi imaginatifs que peu amènes.
Camarades, c'est vrai, je l'avoue, je suis déjà parti en vacances au bord de la mer, et même plusieurs fois de suite. Je complète cet outing en précisant que les faits se sont produits dans plusieurs pays différents et notamment, mais pas seulement, tout autour du bassin méditerranéen. Cet aveu devrait entrainer pour certains, une bourdivine excommunication : « D'où parles-tu ? Es-tu ouvrier, travailleur social, chômeur en fin de droits, immigré en situation irrégulière ? »
Non, je suis à la plage, mais je vais quand même vous soumettre cette courte réflexion sur la façon dont les vacanciers disposent leurs serviettes sur ces étendues sableuses que l'administration n'a toujours pas songé à strictement réglementer.

Quelques serviettes sur la plage


Premier cas de figure : vous arrivez sur une crique déserte. Vous choisissez évidemment le meilleur coin, celui où l'eau est claire, le sable le plus blanc et vous posez vos affaires.  Ce qui se passe alors est très clairement l'auto-attribution d'une propriété temporaire. Vous avez le sentiment justifié d'être le propriétaire de votre emplacement. Vous n'avez rien payé mais vous éprouvez le droit de conserver la zone sous votre contrôle privatif, c'est-à-dire en en excluant les autres. Si une famille venait à se présenter sur la crique, il est clair qu'elle ne pourrait pas s'installer à votre emplacement, et non seulement ça, mais elle devrait respecter une certaine distance pour placer ses affaires. Si les nouveaux arrivants se collaient à vous cela serait ressenti comme sans gène voire un tantinet agressif. Que les insupportables marmots des voisins viennent projeter du sable sur votre serviette et  ils seront reçus soit avec une franche hostilité soit avec un sourire crispé : « allez jouer plus loin les enfants ! » On a bien là l'expression d'un « droit de » propriété, qui est profondément ancré dans la nature humaine et qui n'a jamais été accordé par personne, ni par un « chef de plage », ni par la législation.

Densité moyenne de serviettes

 

Dans le deuxième cas de figure, la plage se remplit et la zone privative entourant chaque occupant se réduit. Votre intérêt en tant que nouvel arrivant consiste à vous placer dans un endroit relativement dégagé. Vous cherchez donc un « trou ». En faisant cela vous modifiez la distance minimum d'implantation acceptable par vos voisins. Il devient de plus en plus difficile de râler si quelqu'un se rapproche car il en a tacitement le droit.
Il existe une multitude d'autres règles qui s'appliquent aux différents cas schématisés ici. Par exemple dans notre deuxième cas, un homme mur dans la force de l'âge évitera de placer sa serviette entre deux groupes de jeunes filles. L'emplacement est implicitement « réservé » à un groupe de garçons du même âge. Autre exemple, s'il y a des algues dans l'eau à un endroit de la plage mais pas à un autre, il est tacitement admis que la densité de serviettes sera plus forte en face de la zone dégagée. Le fait de s'installer là, au lieu d'aller occuper un emplacement plus vaste ailleurs sera toléré.

Les serviettes se touchent  

 

Le troisième cas de figure, c'est la plage de Juan-les-pins le 15 août. Densité maximum avec des règles légèrement modifiées et étendues par rapport aux situations précédentes. La zone de propriété privée reste clairement la serviette mais ces dernières en viennent à se toucher. Il n'y a pratiquement plus d'espace disponible, c'est-à-dire de sable visible, sauf celui qu'une famille ou un groupe se sera réservé à l'intérieur de l'espace délimité par ses propres serviettes. Les anciens propriétaires, ceux qui sont arrivés tôt le matin parce-qu'ils-n'ont-pas-passé-la-nuit-en-boite, eux, disposent d'un espace vital supérieur aux autres. Il ne peut plus y avoir de nouvel arrivant sauf  à se faire céder un emplacement privatif par un groupe connu ou à guetter un départ.
Il y a aussi des règles assez complexes de non enclavement. Tout groupe de serviettes doit pouvoir accéder à la mer et sortir de la plage. Si les propriétés se touchent au sens propre, il en résultera des « droits de passage », qui permettront à un vacancier de piétiner le bord, attention, pas le centre, des serviettes situées sur le chemin de la baignade ou vers la sortie.

Le troisième cas de figure, c'est la plage de Juan-les-pins le 15 août. Densité maximum avec des règles légèrement modifiées et étendues par rapport aux situations précédentes. La zone de propriété privée reste clairement la serviette mais ces dernières en viennent à se toucher. Il n'y a pratiquement plus d'espace disponible, c'est-à-dire de sable visible, sauf celui qu'une famille ou un groupe se sera réservé à l'intérieur de l'espace délimité par ses propres serviettes. Les anciens propriétaires, ceux qui sont arrivés tôt le matin parce-qu'ils-n'ont-pas-passé-la-nuit-en-boite, eux, disposent d'un espace vital supérieur aux autres. Il ne peut plus y avoir de nouvel arrivant sauf  à se faire céder un emplacement privatif par un groupe connu ou à guetter un départ.
Il y a aussi des règles assez complexes de non enclavement. Tout groupe de serviettes doit pouvoir accéder à la mer et sortir de la plage. Si les propriétés se touchent au sens propre, il en résultera des « droits de passage », qui permettront à un vacancier de piétiner le bord, attention, pas le centre, des serviettes situées sur le chemin de la baignade ou vers la sortie.

 

Règles tacites, ordre spontané

Le propre de toutes ces règles, comme du sentiment de propriété, c'est qu'elles n'ont jamais été écrites ou décrétées par personne. C'est un cas d'école d'un ordre spontané libéral particulièrement efficace et, on le remarquera, assez égalitaire dans ce cas précis.
L'interaction des différents intérêts particuliers dans la limite de certaines règles intuitives, produit un ordre qui n'a pas été décidé par un législateur et qui n'obéit à aucun dessein.  C'est en quelque sorte, « la main invisible de la plage ».

15 août 1926. Rudolph Valentino est hospitalisé. Sa mort provoquera une vague de suicides.

La première star du muet, plus sexy que Clooney, Pitt et DiCaprio réunis, meurt à 31 ans d'une perforation de l'estomac.

À l'écran, il est muet comme une carpe, mais au cours de la nuit du 15 août 1926, Rudolph Valentino gueule comme un putois. Il couvrirait presque la sirène d'une ambulance. Vers 1 h 30 du matin, la star s'effondre à Times Square, se tordant dans tous les sens, victime de crampes intenses à l'estomac. C'est comme s'il avait avalé une collection de poignards. Jamais de sa vie il n'a eu aussi mal. Il est aussitôt transporté jusqu'à la polyclinique de la 15e Rue. Les médecins diagnostiquent un ulcère à l'estomac. Avant d'en savoir davantage, ses proches tentent de garder l'info secrète, sinon ça va être la cohue. Peine perdue. En seulement quelques heures, toutes les rédactions croient tenir le scoop : Rudolph Valentino, le chéri de ses dames, est malade ! Les bouquets de fleurs, les lettres d'amour, de soutien, les télégrammes arrivent par centaines à l'hôpital, le standard est saturé d'appels... Du jamais-vu ! Et voilà toute l'Amérique le souffle suspendu, attendant des nouvelles de la première grande star du cinéma muet. Valentino est si adulé que sa mort en pleine gloire déclenchera une vague de suicides chez ces dames. Chers Jude (Law), Brad (Pitt), George (Clooney) et Leonardo (DiCaprio), prenez-en de la graine.
Né en 1885 à Castellaneta en Italie, d'une mère française et d'un père italien, Rodolfo Alfonso Raffaello Pierre Filibert Guglielmi di Valentina D'Antonguolla a forcément raccourci son nom. En 1913, à tout juste 18 ans, il débarque aux États-Unis comme des milliers d'autres immigrés, rêvant de faire fortune. Il passe son temps dans les rues, fait un peu de jardinage, la plonge dans les restaurants, avant de mettre ses talents de danseur à profit en faisant virevolter les veuves dans les boîtes à tango. Une fois l'homme devenu célèbre, on prétendra qu'il ne se contentait pas de danser... Just a gigolo ?
En 1917, le voilà qui rejoint la "Mecque du cinéma", Hollywood, où il est vite repéré pour sa beauté et ses yeux de velours. La prestigieuse Metro Goldwyn Mayer l'engage pour des rôles de méchant ou de gangster. Premier succès, Les quatre cavaliers de l'Apocalypse en 1921. C'est un carton au box-office, alors qu'il n'assure qu'un second rôle. Avec Le cheik, c'est la gloire. Son regard hypnotise les filles, toutes en sont dingues. Il est désormais sans cesse harcelé par une horde de fans qui gloussent et brandissent leur stylo pour des autographes à la moindre de ses apparitions. Le premier "latin lover" est né, et le star-system aussi. Des jaloux le surnomment "Vaselino" pour la gomina avec laquelle il se tartine les cheveux. Ces messieurs de la gent masculine ne pardonnent guère à un étranger, un métèque, de venir leur voler la vedette auprès des femmes, même s'ils l'adorent en tant qu'acteur.

Ambiguïté

Côté vie privée, il engrange moins de succès. Son premier mariage est rompu le soir même des noces : sa tendre épouse Jean Acker lui refuse sa chambre. Normal, elle est en réalité lesbienne. Plus tard, il tombe fou amoureux d'une costumière, Natacha Rambova, une beauté froide qui n'hésite pas à l'accuser de découcher pour des amitiés plutôt masculines au moment d'entamer leur divorce. La garce. Avec sa gueule poudrée, ses cheveux gominés et ses costumes dorés, la star paraît un tantinet efféminée et fait ricaner, mais c'est aussi cette ambiguïté sexuelle qui fait son succès. Et ses déboires ! On l'accuse d'allumer les nanas sans jamais les consommer, on le traite de pervers, d'impuissant, et surtout de "pédé". Alors qu'il est en tournée pour promouvoir son dernier film, Le fils du cheik, un journaliste américain sous-entend que le beau Rital est homosexuel. Valentino est furieux ! Lui qui ne veut pas finir comme Oscar Wilde s'en défend et défie le journaliste d'enfiler des gants pour un combat de boxe. Son sang latin... Il va voir ce qu'il va voir, ce scribouillard de torchons ! Le journaliste se défile, le duel n'a pas lieu. Les révélations sur ses penchants sexuels n'ont pas raison de son succès. La foule continue à faire la queue devant les cinémas pour voir Valentino au grand galop sur son cheval dans le désert.
C'est à cette période que le jeune trentenaire commence à se plaindre de maux d'estomac. Il les attribue aux cachets dont il se bourre pour freiner sa calvitie naissante. Pas question, pour autant, d'arrêter de les avaler, car la beau gosse attitude, c'est sa marque de fabrique, la clef de son succès. Sans un poil sur le caillou, il est foutu, pense-t-il. Il se promet d'aller consulter, mais repousse toujours le moment par manque de temps. Il vient juste de divorcer de son dragon de Natacha, place à la vie de célibataire ! Les voyages, les palaces, les virées au volant de sa Bugatti, l'achèvement de la construction de sa villa luxueuse dans le Beverly Hills naissant... Rien n'est trop beau pour lui. Il consume ses dollars à la vitesse de l'éclair. Faut l'excuser, il n'a pas eu une enfance facile. Mais ce ne sont pas les fiestas qui font disparaître la bête qui lui bouffe l'estomac. Les douleurs s'accentuent, ses médecins n'y comprennent rien. Jusqu'à son hospitalisation le 15 août 1926.

Hystérie

Valentino refuse toute opération. Mais à 16 h 30, son mal s'aggrave. Son ulcère perforé doit être opéré d'urgence. À l'extérieur de l'hôpital, c'est le grand chambard tant ses fans sont secoués. Le lendemain matin, l'hôpital publie un communiqué rassurant, ce qui n'empêche pas ses admirateurs de continuer d'affluer devant l'établissement. Le personnel de l'hôpital ne sait plus que faire de toutes ces fleurs, ces gâteaux, ces cadeaux, et organise une grande distribution à tous les étages. Deux mille coups de fil par jour et mille télégrammes. Les tabloïds de leur côté se déchaînent dans leurs unes : "Rudy affronte la mort en face", et même pire : "Rudy est mort". Le 20 août, tout le monde commence à être rassuré, ses constantes sont redevenues normales.
Mais le 21 août Valentino rechute ! Cette fois, c'est plus grave. Péritonite doublée d'une pleurésie. L'infection court avec d'autant plus de célérité que ce cher Fleming n'a pas encore découvert la pénicilline. L'Amérique prie, pleure, tremble en attendant les nouvelles. L'organisme de l'acteur n'arrive pas à combattre l'infection, il plonge dans un état semi-comateux, les médecins lui administrent de la morphine, c'est la fin. Il meurt le 22 août 1926 à midi. Rudolph Valentino, 31 ans, fauché en pleine jeunesse, au sommet de la gloire. C'est impensable ! Il doit mourir dans l'arène, sur le champ de bataille, comme dans ses films, mais sûrement pas à l'hôpital. Le communiqué annonçant sa mort n'est même pas encore totalement rédigé que déjà le bouche-à-oreille provoque l'hystérie. La dépouille dans ses habits dorés est exposée à l'église Campbell, dans une salle décorée avec un piano à queue et des reliques de Napoléon. Des milliers et des milliers de fans viennent s'assurer qu'il est bien mort. Pendant qu'on fait la queue devant les cinémas pour voir son dernier film Le fils du cheik, on fait en même temps la queue pour le voir mort. Une foule ivre de douleur erre dans les rues de New York, les femmes crient son nom avant de s'évanouir, des vitrines éclatent, ses fans sont en plein délire, la police a du mal à contenir les débordements... Le climat est apocalyptique ! Pire, des femmes se suicident juste après avoir appris la nouvelle, à New York, à Londres, pour le "retrouver". Même la mort de James Dean ou, plus tard, celle de Marilyn Monroe ne provoqueront pas tant d'émotion.

Mausolée

Ses funérailles ne seront pas celles d'un président ou d'un pape, mais carrément celles d'un pharaon. Cent mille personnes présentes pour la messe donnée à New York, pendant que tout Hollywood respecte deux minutes de silence. Quand il est inhumé le 7 septembre à Hollywood, ce sont cinq minutes de silence qui sont respectées. Jamais dans le coin ils n'avaient vu un tel parterre de people : Charlie Chaplin, Douglas Fairbanks, Cecil B. De Mille, Mary Pickford, William Randolph Hearst... Des funérailles dignes d'une grande production avec même un avion lâchant une pluie de pétales de rose au-dessus du mausolée presque royal. Grandiose. Une des icônes du muet est morte. Peut-être juste à temps. Car, un an plus tard, le cinéma devient parlant, et nombre de personnes pensent que Valentino n'y aurait pas survécu. En seulement huit ans de carrière et une quinzaine de films, il a réussi à marquer toute une génération, et bien au-delà des frontières américaines, et à s'imposer comme le séducteur par excellence, immortel pour les décennies suivantes.

Pour en savoir plus.

L’euro, chef-d’œuvre en péril…


Présage d’une prochaine chute de l’euro ? En tout cas la nouvelle qui court les agences de presse depuis vendredi dernier, souvent sous forme de brèves, chagrine les européistes fervents : « Francfort déboulonne l’euro » ! Ce déboulonnage ne concerne pour l’instant qu’une « sculpture bleue de quinze mètres » en forme de E, « entourée des dix-sept étoiles » représentant les pays de l’euro-groupe. Sculpture donc hautement symbolique, qui s’offrait orgueilleusement aux regards admiratifs des passagers de l’aéroport de Francfort, capitale financière de l’Allemagne. Et accessoirement, depuis 1998, siège de la Banque centrale européenne (BCE). Inaugurée en 2001 devant tout le gratin européen, cette sculpture monumentale, se trouve, onze ans après, sur le point d’être mise au rebut.
Une décision certes non politique. Elle a pour origine la construction d’un troisième terminal destiné à désengorger cet aéroport très fréquenté. Mais comment ne pas voir, dans cet escamotage statuaire, au moment ou la zone euro chancelle, un signe supplémentaire du désenchantement des Allemands (renforcé par la totale indifférence des européens de tous pays débarquant à Francfort), à l’égard de cette monnaie unique de plus en plus considérée par ses utilisateurs comme un handicap ? « Nous devons nous assurer que la sculpture ne tombe pas », expliquent les autorités en charge des travaux, pour justifier le retrait du totem monétaire. Une phrase ambigüe, qui nous renvoie aux vacillements de la zone euro.
En outre, à Francfort, le symbole frappe deux fois. Un autre E gigantesque, ornant le siège BCE s’apprête à subir lui aussi le même retrait. Prétexte invoqué : la BCE change d’immeuble. « Et rien ne dit que la structure de 26 tonnes suivra. » De toute façon, cet euro sculptural est, selon les chargés de presse de la BCE, « en très mauvais état et ne répond plus aux normes actuelles ». Comme la monnaie qu’il symbolise ?
  Planifier la sortie de l’euro
 
C’est aussi l’avis d’un ancien ministre des finances du Brésil, Luiz Carlos Bresser-Pereira, qui s’exprimait dans Le Monde du 7 août dernier. « Une monnaie commune ne peut exister que dans un Etat fédéral où les Etats fédérés n’ont plus guère d’autonomie fiscale, où la dette est contrôlée par l’Etat fédéral… » Ce qui ne peut être le cas des nations européennes. Donc, nous prévient l’ancien ministre des Finances : « Si vous persistez à maintenir en vie l’euro, la probabilité de le voir s’effondrer de façon incontrôlée grossit de jour en jour. » Et de préconiser : « La voie la plus sage est de mettre fin à l’euro de façon bien planifiée (…). Il faudrait un plan de sortie extrêmement balisé : chacun des dix-sept pays reviendrait le même jour à sa propre monnaie… » C’est la voie du bon sens. Celle que Présent n’a cessé d’indiquer. Mais que nos dirigeants politiques, englués dans leur grande songerie européiste, refusent d’emprunter.
Des dirigeants dont Silvio Berlusconi incarne bien l’euro béatitude jusqu’au-boutiste… L’ancien président du Conseil italien affirme en effet dans un quotidien français de gauche, qu’il était favorable « à un saut fédéral européen ». Comme le « bond en avant » maoïste lors de la révolution culturelle, dont on sait où il a conduit les Chinois ? Avec, en prime, « l’élection du président de l’UE au suffrage universel ». L’ancien chef d’Etat italien ajoute : « J’ai toujours rêvé des Etats-Unis d’Europe. » On avait pourtant cru entendre, il y a peu, ce même Berlusconi déclarer : « Sortir de l’euro n’est pas blasphématoire. » Eh bien ! nous avions mal entendu (ou mal lu). « Je n’ai jamais utilisé cette expression. J’ai toujours au contraire affirmé que la sortie de l’euro d’un ou de plusieurs pays entraînerait la désintégration de la zone euro. Ce serait l’échec du projet historique d’une Europe unie et personne ne peut le souhaiter. » Fermer le banc… En insistant un peu, on obtient de l’ex-chef italien cette explication. « L’hypothèse d’une sortie de l’euro a sans doute été brandie par certains membres de mon parti de manière tactique, pour infléchir la position allemande. Mais, au sein du PDL, nous considérons que la sortie de l’euro serait un désastre » A quoi M. Luiz Carlos Bresser lui avait répondu par avance : « Croire que l’extinction de l’euro marquerait la fin de l’UE est absurde. Elle marchait très bien avant… » Une absurdité en forme de troposphère idéologique dans laquelle, à l’instar d’un Silvio Berlusconi, baignent la plupart des élites européennes. Mais qui, vue de l’étranger, apparaît pour ce qu’elle est vraiment : une ineptie.
Remplacer le logiciel de cette monnaie unique asphyxiante devient, comme le soulignent les économistes lucides, de plus en plus urgent. Changer de dirigeants politiques, irréparablement formatés dans les moules de l’UE, également. Rangeons ces derniers au fond de quelque musée-débarras, avec les sculptures surannées d’un euro agonique…

mardi 14 août 2012

SONDE A CENT JOURS 

100 jours : derrière la baisse de popularité de Hollande se joue la place de Sarkozy dans l'Histoire de France

Ce mardi marque les 100 premiers jours de la nouvelle présidence. François Hollande entend rompre avec la pratique du pouvoir de son prédécesseur. Mais son manque de volontarisme politique suscite le doute des Français.
Alors qu'un sondage du Figaro publié ce week-end indique que plus de la moitié des Français doutent de François Hollande et que François Fillon s’en est pris à sa politique étrangère et dénonce son "manque de courage", ce mardi marque les 100 premiers jours à la tête de la France du nouveau président de la République. Le regard critique des Français à son égard est-il le résultat d'une certaine passivité de sa part au pouvoir, à un manque de volontarisme ?
David Valence : Cette expression des "100 jours" est typiquement française : en Espagne par exemple, personne n'a cherché à évaluer l'action du gouvernement après 100 jours seulement, en mars 2012. Or, François Hollande a tout fait pour se soustraire au fameux "bilan des 100 premiers jours". Il a voulu inscrire son action dans une temporalité moins brève, moins volontariste.      
Dans quoi me suis-je embarqué, là...je suis nul !!!
A l’inverse, beaucoup de gouvernants avaient usé de ce leitmotiv des 100 jours pour marquer l'opinion, mais aussi les media. C’était le cas de Nicolas Sarkozy en 2007. Mais communiquer sur des objectifs volontaristes à atteindre en 100 jours n'est pas sans risques ! Devenu Premier ministre en 2005, au lendemain de l'échec du référendum sur le traité constitutionnel européen, Dominique de Villepin avait prétendu "renverser la vapeur" sur le terrain de l’emploi et trouver une réponse au chômage de masse. Cela avait été un échec retentissant, que les média ne s'étaient pas privés de pointer.
Si on cherche absolument une ligne directrice aux 100 premiers jours d'exercice du pouvoir de François Hollande, c'est assurément la thématique de la justice, et notamment de la justice fiscale, qui se dégage. C'est le sens de mesures d’affichage, de mesures symboliques sur la rémunération des ministres ou le salaire d'une dizaine de cadres d'entreprises publiques. Ces mesures ont un impact financier quasiment nul. Elles permettront peut-être de faire accepter au citoyen, par la suite, des mesures beaucoup plus difficiles qui toucheront tous les ménages. 
Un double problème se pose aujourd'hui à la gauche au pouvoir. Elle n'a pas emporté la bataille des idées, même si François Hollande a gagné l'élection. Sur l'insécurité, par exemple, les Français sont très loin de Mme Taubira et plus proches de l'ancien ministre de l'Interieur Claude Gueant. Le second problème est lié au premier, mais à une dimension plus personnelle :  c'est que les citoyens ont l’impression que François Hollande n’est pas complètement "entré dans le costume" de président.

L’antisarkozysme se transformerait-il en une sorte de nostalgie pour l’ancien Président ?

Beaucoup de journalistes ont insisté, pendant la campagne presidentielle, sur le fait que le comportement de François Hollande serait plus en adéquation avec le tempérament profond de la France. Or, d'un certain point de vue, Nicolas Sarkozy flattait une propension très française à croire que le politique peut tout.
L'historien François Furet défendait l'idée que les Français avaient tout parié sur la politique en 1789, et qu’ils aimaient cette illusion selon laquelle la parole politique devenait instantanement action. Bref, qu'en France la parole politique etait une parole "magique". Nicolas Sarkozy a joué à plein de ce registre. À cela s'ajoutait, en 2007, un réel désir de réforme pour retrouver le rang qui était celui de la France.
François Hollande est, à cet égard, le contraire : il fait comprendre que le politique ne peut pas tout. Il symbolise un certain renoncement, ou une certaine honnêteté du pouvoir politique sur sa propre capacité d'agir.
Sur le long terme, les Français prendront cela, soit pour une forme d'impuissance, soit pour un discours de vérité.

Peut-on dire que François Hollande marque la fin du politique ?

En tout cas, Francois Hollande a gagné sur une non-promesse politique. C’est la victoire du non-volontarisme sur la "parole magique" de la politique. D’un certain point de vue, c’est moins conforme à la tradition française. Au fond, le paradoxe de sa victoire tient à ce qu'elle ressemble davantage à une réélection qu’à une élection : une victoire sans vraie promesse de lendemains meilleurs.

Vous dites que François Hollande symbolise l'idée que "la politique ne peut pas tout". Cela rappelle la phrase de Lionel Jospin « l’Etat ne peut pas tout ». S’inscrit-il dans les pas de son mentor ?

Pas complètement, il a conservé l’héritage de Sarkozy dans le rapport aux médias : la communication du pouvoir actuel est prodigue en informations, mais c'est une communication très dense sur la modestie du pouvoir !
Lionel Jospin n’avait pas théorisé l'impuissance de l'Etat. Il s'agissait plus d'un cri d’impuissance ponctuel. Dans l’action de Francois Hollande, il y a une volonté d’expliquer que la politique ne peut pas tout. Je le répète : c'est honnête mais risqué !
En vérité, la vraie question qui se pose pour Francois Hollande est celle de savoir quelle sera la place de Nicolas Sarkozy dans l’Histoire nationale. Si cette trace est perenne, et que le volontarisme reste la norme de la parole politique dans l'inconscient des Français, alors très vite il y aura une impopularité massive du pouvoir en place et un retour en grâce de l’ancien président. Si en revanche Nicolas Sarkozy a marqué profondément en négatif le tempérament national, en donnant l’impression que le volontarisme était seulement une agitation, alors il y a fort à parier que le pouvoir pourra continuer sur la ligne qu’il tient aujourd’hui.



L’ambiguïté des Cent Jours 


Les Cent Jours – François Hollande vient de les franchir depuis son entrée en fonction – sont sacralisés dans notre Histoire. À l’origine, ils se rapportent à Napoléon et à son ultime offensive, son ultime défaite aussi, depuis son retour de l’île d’Elbe jusqu’à la déroute de Waterloo en 1815.
À gauche, ils évoquent l’été mythique du Front populaire. À droite, dans un passé récent, Nicolas Sarkozy a imprimé sa marque d’emblée, avec la loi dite Tepa (pour Travail, emploi et pouvoir d’achat), prolongement et concrétisation du « travailler plus pour gagner plus », slogan majeur de la campagne de 2007. Et première accélération d’un quinquennat placé sous le signe d’une « hyperprésidence » qui a agacé les Français avant d’être sanctionnée par les urnes au printemps dernier.
À l’inverse, François Hollande a-t-il choisi la voie de « l’hypoprésidence », assumant un rôle plus en retrait, stratégie qu’il espère payante pour une future réélection ? Tout l’indique depuis son entrée en fonction. Il n’a pas été absent, notamment sur la scène internationale, et a su gérer habilement sa relation avec nos partenaires européens. Il a fait adopter, sans difficulté puisqu’il dispose d’une majorité confortable au Parlement, le collectif budgétaire qui efface l’essentiel de la loi Tepa. Et le Conseil constitutionnel vient de valider l’approche du chef de l’État à propos de la « règle d’or » en matière budgétaire. Cette barrière anti-déficit n’aura pas besoin d’être inscrite dans la Loi fondamentale ; une loi organique, beaucoup plus facile et rapide à faire voter, suffira.
Habile, toujours habile, le président normal, qui joue profil bas, estimant disposer de presque cinq ans encore pour transformer le pays. Le calendrier institutionnel lui donne raison. Mais le biorythme du corps électoral est beaucoup moins prévisible. Déjà pointent dans l’opinion les premiers signes d’impatience. La rentrée se présente comme un redoutable casse-tête, avec de sombres prévisions économiques et un chômage à la hausse.
Le temps est venu de proposer des solutions claires et de les mettre en œuvre, sans tarder, après ces Cent Jours d’une rare ambiguïté.
Il n’y a pas eu d’erreurs jusqu’ici, mais s’en contenter serait la pire des erreurs.

Valérie Trierweiler aurait tenté de censurer VSD

Selon l'éditorial du journal, la première dame les aurait menacés de porter plainte s'ils publiaient une photo d'elle et de François Hollande se baignant à Brégançon.
Valérie Trierweiler n'est pas contente. La compagne du président François Hollande aurait en effet menacé VSD de porter plainte contre le journal s'il publiait – ce qu'il a fait – une photo d'elle et François Hollande se baignant à Brégançon.
Y'a pas de quoi tweeter, là c'est du gras double
L'éditorial de VSD explique ainsi : "au moment où nous bouclions ce numéro, nous avons reçu un coup de fil d'un 'confrère' très proche de la première dame. Valérie Trierweiler, nous expliquait-il, allait nous traîner en justice si nous publiions des photos d'elle et de François Hollande se baignant à Brégançon, ajoutant de qui se moque-t-on ? En plein plan com' depuis le début de leurs vacances - et je prends le train pour aller dans le Midi, et je me balade en ville au milieu des touristes -, le couple présidentiel n'ignore rien des risques d'être photographié lorsqu'il se baigne à Brégançon".
VSD titrait notamment l'article "François et Valérie à la mer : Normaux jusqu'au bout du maillot !".

POUR QUI SE PREND CETTE TRUIE ? REGARDEZ DONC LES PHOTOS DE VSD, ELLE FAIT VRAIMENT CHARCUTIÈRE LA MÉMÉE 

Cent jours



Cent jours au pouvoir, voilà un symbole à triturer dans tous les sens. On y verra la durée supposée d’un état de grâce, l’application de théories managériales sur la prise du pouvoir en entreprise. Ou le temps nécessaire pour conduire à Waterloo un empereur sur le retour.
De quoi gloser avec une certaine légitimité, car c’est François Hollande lui-même qui, en avril dernier, a promulgué son agenda du changement. Avec des projets datés sur les trois premiers mois, l’examen des promesses tenues ou pas est limpide. Il suffit de cocher les cases. Stylo en main, sa majorité souligne donc son action sur le pouvoir d’achat, de l’encadrement des loyers à l’allocation de rentrée revalorisée. L’opposition fait une croix sur la politique étrangère, dénonçant son « immobilisme » sur la crise syrienne où chaque jour qui passe agrandit les cimetières. Et chaque camp oublie quelques cases. Le PS passe au blanc la promesse de bloquer le prix des carburants. Et l’UMP feint de ne pas voir que toute la diplomatie mondiale a failli jusqu’alors en Syrie.
De ce jeu, les Français ne sont pas dupes. Dans un récent sondage, ils créditent notre président d’un « bien mais peut mieux faire ». Il reste un peu plus de 1 700 jours pour cela.

CENT JOURS ? C'EST DÉJÀ TROP 
POUR CE POLYCRÉTIN.

La Pologne, une ambition européenne


Avec cette lancinante crise européenne, le risque de généralisation est grand, au point d'oublier que certains pays d'Europe centrale et orientale se portent bien. La Pologne figure au premier rang de ces success stories.

Vingt-trois ans après avoir fait céder le communisme, cette démocratie vivante de 38 millions d'habitants est très intégrée à l'Union européenne et se développe rapidement. Si 17 % des Polonais sont encore occupés à l'agriculture, 62 % vivent dans des villes, parfois de grande taille. En plus de Varsovie (1,6 million d'habitants), huit villes possèdent plus de 300 000 habitants. Le taux de chômage reste certes assez élevé (12 %), mais il a connu une baisse de 9 % par rapport à 2004, grâce notamment au dynamisme des petites et moyennes entreprises et à un marché intérieur porteur.
À l'étranger, la Pologne reste trop souvent marquée par l'image de la ruralité et du catholicisme traditionnel, pour ne pas dire intégriste. En fait, depuis vingt ans, la société polonaise s'est largement sécularisée et partage les mêmes clivages que le reste de l'Europe. Recueillant 10 % des voix aux dernières élections législatives, le parti de l'homme d'affaires Janusz Palikot a fait ainsi ouvertement campagne contre les pouvoirs de l'Église, pour la libéralisation du cannabis et pour la légalisation du mariage homosexuel.
La France et l'Allemagne doivent regarder de près la Pologne, car elle affiche une vraie ambition européenne. Depuis que Barack Obama a déclaré que l'Europe n'était plus une priorité de sécurité pour les États-Unis, le gouvernement du Premier ministre de centre droit, Donald Tusk, a décidé de jouer plus encore la carte européenne. La présidence polonaise de l'Union européenne, en 2011, affichait de grandes priorités, notamment le développement de la politique de défense. En novembre 2011, le ministre des Affaires étrangères, Radek Sikorski, a prononcé à Berlin un discours dans lequel il réclamait plus de pouvoirs pour les institutions européennes, ce qu'aucun homologue français n'a fait depuis des années.
L'Allemagne soigne sa relation bilatérale avec la Pologne parce qu'elle veut surmonter un passé douloureux et sécuriser son voisinage. La relation de la France avec Varsovie devrait être bien meilleure. Elle s'est mal engagée sous Nicolas Sarkozy, les Polonais reprochant à l'ancien président français de ne pas les placer suffisamment au coeur de l'Europe en leur faisant remarquer leur absence de l'euro. L'élection de François Hollande est donc une chance pour la relationfranco-polonaise. Pour que la France retrouve de la crédibilité aux yeux de la Pologne, elle doit réussir ses réformes structurelles ¯ notamment la réduction de son déficit public ¯, cessé d'affirmer que l'on ne compte pas en Europe sans l'euro, et enfin déclarer davantage sa confiance dans les institutions européennes.
Alors que la crise économique pose plus que jamais la question du leadership de l'Europe, le Triangle de Weimar ¯ entre la France, l'Allemagne et la Pologne ¯ offre des perspectives. La Pologne est plus importante pour l'avenir de la construction européenne que la Grande-Bretagne qui se marginalise de plus en plus. Il faut donc que les Français s'intéressent davantage à la Pologne, qu'ils la visitent pour se rendre compte de ce qu'elle est vraiment, et que la diplomatie française la prenne davantage en compte dans ses calculs.

PERSONNELLEMENT JE NE VEUX PAS DE LA POLOGNE NI DES POLONAIS DANS L'UNION.
CE PEUPLE EST SLAVE, PAS EUROPÉEN.

Roms, tensions Taubira-Valls, «ZSP»… un été chargé

Expulsions de Roms, création de «zones de sécurité prioritaires», relations police-justice… autant de dossiers où François Hollande va devoir faire preuve de pédagogie et de diplomatie.

•La délicate question des Roms Les associations de défense des Roms donnent du fil à retordre au ministre de l'Intérieur, ne cessant de critiquer «la chasse aux Roms» après l'évacuation de plusieurs camps la semaine dernière à Paris, Lyon et Lille et l'expulsion par charter de 240 d'entre eux. La Voix des Roms a estimé dimanche que Manuel Valls «pourrait porter les couleurs de l'UMP» en 2017! La commissaire européenne à la Justice, Viviane Reding, a ajouté de l'eau au moulin des associations en déclarant placer vendredi sous surveillance la France sur la question des Roms. Manuel Valls se défend de stigmatiser une population, et veut se démarquer de l'ère Sarkozy, mais sans renoncer à afficher une certaine fermeté… «Aucune population n'est ciblée pour elle-même, il n'y a plus de politique ethnique en France», explique-t-on dans son entourage.
L'Intérieur assure que des consignes de concertation en amont ont été données aux préfets lorsque des exclusions sont prononcées par la justice, mais ces consignes, toutes récentes, n'ont pas toujours été prises en compte avant les derniers démantèlements opérés sur le terrain. À la rentrée, le ministère devrait apporter des propositions de réforme.

•Les divergences Intérieur-Justice

Christiane Taubira ne s'embarrasse pas de la même rhétorique que son collègue de l'Intérieur. Le garde des Sceaux affiche sans complexe des positions diamétralement opposée à celles de ses prédécesseurs, sans sembler craindre le procès en «laxisme»: jurés populaires, peines planchers, tribunal correctionnel pour les mineurs… La circulaire attendue pour la fin du mois doit être l'occasion d'afficher sa volonté de revenir sur les années Sarkozy. Quitte à ce que ses paroles dépassent parfois la pensée… du président! La semaine dernière, à Matignon, on a été surpris de lire dans Libération que le garde des Sceaux voulait en finir avec le tout «CEF» (centres éducatifs fermés) alors que le candidat Hollande avait promis de doubler le nombre de ces établissements pour les mineurs délinquants.
La chancellerie a dû apporter un correctif dans l'après-midi pour préciser qu'elle ne renonçait pas à la construction de ces centres. Dans cette même interview, le garde des Sceaux affiche une certaine distance au sujet des Roms. Les deux ministres avaient pourtant annoncé leur intention de ne pas céder à la traditionnelle guerre de tranchées qui oppose la justice et la police, envisageant des rencontres régulières. Pour l'heure, la Place Beauvau et la Place Vendôme se sont concertées sur les zones de sécurité prioritaires, mais ensuite les deux directeurs de cabinet sont partis en vacances…

•Le flou des «zones de sécurité prioritaires»

Révélées fin juillet par Manuel Valls, les 15 premières zones de sécurité prioritaires (ZSP) s'attirent de nombreuses critiques. L'opposition s'interroge sur le pari du gouvernement de faire mieux sans davantage de moyens. En présentant ce dispositif, le ministère a indiqué qu'il fonctionnera avec les ressources existantes et qu'il n'y aura pas de redéploiement d'effectifs pour éviter «de créer des trous sécuritaires». Pas question donc de déshabiller Pierre pour habiller Paul. Alliance, deuxième syndicat chez les gardiens de la paix, a déjà mis en garde Beauvau. Ce dernier «ne saurait accepter l'idée que certains services soient démunis au motif de concentrer les efforts sur les zones prioritairement définies». La seule marge de manœuvre de l'Intérieur sera de piocher dans les 500 postes supplémentaires prévus cette année.
La pertinence des premiers territoires choisis est aussi mise en cause. Pourquoi Chambly, dans l'Oise, a-t-elle été retenue alors que sur d'autres secteurs une délinquance plus préoccupante y est davantage enracinée? L'UMP s'est ainsi étonnée que Toulouse où Mohamed Merah a assassiné cinq personnes ne figure pas sur la liste. D'autres se sont dits consternés par l'inscription des seuls quartiers nord de Marseille. À l'Intérieur, on rétorque que l'on a souhaité, par le biais de ces 15 premières «ZSP», dresser un panel de toutes les formes d'insécurité existantes en France aussi bien en zone rurale et urbaine. La liste n'est d'ailleurs pas achevée. Près de cinquante autres «ZSP» y figureront d'ici à la fin 2013.

Le chant du signe de la croissance allemande ?

L'Allemagne enregistre une hausse du PIB de 0,3% au deuxième trimestre? C'est mieux que prévu, mais cela pourrait ne pas durer. Le ralentissement allemand a bien eu lieu, mais il ferait pâlir d’envie ses voisins. Avec une hausse de son PIB de 0,3 % au deuxième trimestre, le rythme de croissance de la république fédérale est plus faible que celui du trimestre précédent (+0,5 %). Objectivement, il est très faible. Si on exclu le recul du quatrième trimestre 2011, c’est même le plus faible taux de croissance trimestriel allemand depuis le troisième trimestre 2009. Pourtant, relativement au reste de la zone euro, l’Allemagne apparaît encore comme un roc de croissance. D’autant que les économistes tablaient sur une progression de 0,2 % seulement. Pas de quoi pavoiser. Sauf qu’en ces temps de récession en Europe du sud et de croissance zéro en France, le moindre mouvement positif prend des allures de glorieuse victoire.
Le commerce extérieur soutient la croissance
Destatis, l’Office fédéral des statistique rendra public la semaine prochaine le détail des contributions à cette croissance. Mais d’ores et déjà, il prévient : le moteur de la croissance allemande, c’est le commerce extérieur. L’extension de l’excédent commercial a compensé la chute des investissements, notamment dans les biens d’équipement, précise Destatis.
Phase difficile à venir
Du coup, l’Allemagne pourrait avoir manger son pain blanc et ce bon trimestre être trompeur. Devant la crise européenne et sa contagion au reste du monde, l’industrie allemande a cessé d’investir. Les importations de biens d’équipement ont alors chuté, tandis que les commandes à l’étranger étaient honorées, élargissant encore l’excédent commercial. Mais dans les mois qui viennent, les carnets de commande à l’export vont se vider : depuis décembre, les commandes à l’industrie allemandes reculent, de 7,6 % en juillet. C’est du reste la raison de la fin de l’investissement des entreprises. Viendra un moment où le recul des importations ne pourra plus être plus fort que celui des exportations, parce que la consommation se maintient outre-Rhin et parce que l’Allemagne doit importer son énergie. Alors, la compensation de la chute des investissements par l’excédent commercial ne sera plus possible. Les économistes d'Allianz, d'ordinaire assez optimistes, préviennent du reste : "la croissance allemande cale".
Soutien public
Reste un détail piquant : les dépenses publiques devraient être outre-Rhin, un élément notable de contribution à la croissance. En un an, du premier trimestre 2011 à celui de 2012, la consommation de l’Etat allemand a progressé de 1,9 %, contre 1,6 % pour le PIB. Autrement dit, Berlin ne suit pas vraiment les mots d’ordre d’austérité qu’elle lance au reste du continent. Mieux même, elle soutient son économie par de la dépense publique, même si ce soutien est faible et il faut rappeler que la réduction des déficits allemands s’expliquent plus par la hausse des recettes que par la baisse des dépenses.

LE MINISTRE DES FINANCES ALLEMAND DEVRAIT LA METTRE EN VEILLEUSE VIS À VIS DES GRECS....QU'IL S'OCCUPE DE SES PROPRES FINANCES.

 

Le Patriarche des Maronites et Benoit XVI menacés 

Un vaste plan d’assassinats et d’actions terroristes déjoué


« Bachar le veut »
Beyrouth, le 13 août 2012, 0 h 30.– La nouvelle est tombée jeudi matin. Soit le 9 août dernier. Cinq jours que nous sommes sonnés. L’ancien ministre, l’ancien député Michel Samaha, une figure incontournable des années de plomb et de toutes celles qui les ont suivies jusqu’à l’aube de ce 9 août, lorsque les Forces de Sécurité intérieure ont enfoncé la porte de son domicile pour l’arrêter. Ils l’ont arrêté et la scène politique libanaise se tait. Même ceux du clan irano-syrien se taisent. Assommés ? Préparant sa défense ? Préparant leur riposte qui ne pourrait être que violente et sanglante ? Je ne le sais pas. Pour l’instant ils se taisent. Et nous commençons à croire que l’impunité de l’assassin et du criminel a peut-être pris fin.
Michel Samaha a été inculpé d’association de malfaiteurs avec le général Ali Mamlouk, chef du bureau de la Sécurité nationale syrienne, dont le but était d’organiser l’exécution d’attentats terroristes et d’assassinats de personnalités religieuses, suscitant des violences religieuses d’abord dans le nord au Akkar puis dans toutes les autres régions, mais d’abord dans les zones chrétiennes. Première personnalité visée : le patriarche maronite Béchara Raï qui entame justement une visite pastorale dans le Akkar.
Le Akkar est la grande plaine du Nord-Liban, frontalière avec la Syrie, et où la tension reste forte depuis l’assassinat de deux dignitaires sunnites à un barrage de l’armée tenu par des officiers proches du Hezbollah et de Michel Aoun. Le plan diaboliquement machiavélique était le suivant : assassiner le patriarche en faisant porter la responsabilité du crime à des mouvements sunnites de la mouvance salafiste et (ou) proche de la Révolution syrienne. Le prétexte était tout trouvé : les positions extrêmement conciliantes de Béchara Raï avec le régime syrien. Cet assassinat devait être précédé d’un vaste lâchage de tracts de menaces dans les églises de la région. Les premiers ont bel et bien été distribués et il a fallu tout le discernement des autorités religieuses sunnites et chrétiennes pour calmer les esprits.
Selon des sources proches de l’enquête, Michel Samaha a immédiatement tout avoué. Et au juge abasourdi qui lui disait : « Mais pourquoi ? Pourquoi ? » Il répondait calmement, « simplement », « Bachar le veut ! »
Bachar le veut ! Trois mots qui disent tout. Trois mots qui ordonnent le meurtre, les explosions, les voitures piégées.
Bachar le veut ! Le Liban devait être à feu et à sang pour montrer au monde que cet exemple de convivialité séculaire ne pouvait recevoir le pape. Et si Benoit XVI passait outre et maintenait son voyage de septembre prochain un plan B était tout prêt.
Bachar le veut ! Et Samaha a avoué son soulagement d’être entre les mains de la justice libanaise, disant que le chaos programmé aurait inéluctablement mené à la destruction totale du Liban. On peut comprendre son « soulagement » ! Les bons serviteurs du régime des Assad sont souvent des suicidés de 12 balles ou qui se jettent sous les trains pieds et mains liés.
Bachar le veut ! Deux séries de remarques.
D’abord les faits. L’opération Samaha a été rendue possible grâce au retournement de l’un de ses agents. Retournement volontaire. De son nom on ne connaît que le dernier de ses pseudonymes : Kfoury soit les Dupont Durand du Liban. Samaha rejoint le général Ali Mamlouk à Damas. Ce dernier est devenu le numéro un des services de sécurité depuis qu’un attentat a décapité la cellule de crise de Bachar. Mamlouk fait charger la voiture personnelle de Samaha avec des explosifs liés à des détonateurs à distance – tous ont été retrouvés. Certains étant prévus pour détruire des immeubles entiers.
De retour au Liban, Samaha confie à Kfoury la mission d’organiser les attentats. Mais il y a là une erreur de casting. Kfoury n’est pas encore un homme à la conscience totalement morte, tout au service du régime syrien. Et sa fidélité à Samaha n’est pas encore plus forte que sa fidélité à son Eglise et à son pays. Il décide alors de se présenter aux services de renseignement des Forces de Sécurité Intérieure (FSI). Pas ceux de l’armée qu’il sait totalement noyautés par le Hezbollah et inféodés à Damas et à Téhéran. Les FSI lui demandent de continuer à jouer le jeu avec Samaha jusqu’à l’accumulation des preuves grâce, entre autres, à un micro incorporé dans un bouton et autres « gadgets » de ce type.
Face aux films et aux enregistrements, Samaha a tout reconnu, tout avoué. Bachar le veut ! a-t-il simplement dit.
Mais la nouvelle est ailleurs. Et elle est énorme ! Il existe encore dans un Liban dominé par le Hezbollah un service de renseignement, des forces de sécurité intérieure, des juges qui ont osé s’attaquer à l’un des symboles de cette mainmise du régime syrien au Liban. Qui ont réussi à résister à toutes les pressions. Et des pressions, il y en a eu.
Bachar el-Assad s’est personnellement impliqué pour obtenir la libération de son agent. Et les Libanais ont dit : non !
Pour prendre toute la mesure de la pêche des FSI il faut savoir que dès les premières heures de son élection en 2008, le président de la République libanaise, le général Michel Sleiman, a reçu un appel téléphonique de Bachar lui demandant que Michel Samaha soit l’unique lien entre eux. Et Sleiman a dit non. Mais Sarkozy, lui, a dit oui.
Si nous devons croire certaines sources médiatiques, Michel Samaha aurait été l’homme du rapprochement de Bachar et de Sarkozy et l’organisateur des deux voyages du dictateur syrien à Paris, comme il a été chargé de ses relations avec la presse parisienne.
Mais ce qui est encore plus énorme, c’est que ces engins explosifs trouvés chez Samaha sont absolument identiques à ceux employés pour l’assassinat de deux personnalités du Liban souverain : Samir Kassir (5 juin 2005) et Georges Haoui (21 juin 2005). Et chaque jour apporte son lot de révélations comme les fils qui pourraient mener aux deux attentats ratés de ces dernières semaines contre Samir Geagea et le député Boutros Harb, sans oublier la FINUL comme le soulignait le quai d’Orsay.
Un confrère titrait hier : La qaïda au Liban est chrétienne, avec un point d’exclamation ! Nous le savons tous : la qaïda au Liban est syrienne, de ce régime sanguinaire. Son instrument est aujourd’hui un chrétien. Demain nous le découvrirons… Non ! Espérons que nous n’aurons plus jamais de ces demains-là. Nous tenons le fil ténu de la fin de l’impunité, plaise à Dieu qu’il ne cède pas dans le fracas d’attentats et d’assassinats perpétrés par d’autres Samaha. Nous le savons, comme l’écrivait notre confrère du Nahar, des Michel Samaha au Liban nous en avons 70 ou davantage. Pour les neutraliser il faut que le régime des Assad tombe, ou que les FSI les découvrent au plus tôt.

La rentrée du président Hollande s'annonce chaude

Cent jours après son élection, François Hollande a coché nombre de cases sur la longue liste de ses promesses électorales, mais la rentrée du président "normal" s'annonce hors normes : chômage record, récession menaçante, crise syrienne et polémique sur les Roms...
Après cent jours passés au pouvoir, 57% français reconnaissent à François Hollande sa capacité à tenir ses promesses, mais pas à résoudre la crise. Une situation inédite qui ressort d'un sondage Ifop publié samedi dans Le Figaro. D'après ce sondage, 54% des Français interrogés se déclaraient insatisfaits par l'action du chef de l'État. Alors que le scepticisme se fait de plus en plus ressentir sur le front des finances publiques, de la lutte contre le chômage, de la désindustrialisation, de l'immigration clandestine et de l'insécurité.
De nombreuses promesses ont été tenues
Dés son arrivée au pouvoir, le gouvernement s'est employé, sous l'impulsion du président de la République, à défaire un à un les symboles du quinquennat de Nicolas Sarkozy. La TVA sociale a été supprimée avant même son entrée en vigueur. Le bouclier fiscal a été remisé au placard. Et les heures supplémentaires desfiscalisées, symbole du "travailler plus pour gagner plus", ont été réduites à peau de chagrin. Enfin, les ménages disposant d'un patrimoine d'une valeur supérieure à 1,3 millions d'euros se verront soumis à une contribution exceptionnelle en 2012, qui annule au passage les effets des mécanismes d'allègement de l'ISF mis en place en 2011 par l'ancienne majorité UMP.
Dans le même temps, les premiers jalons du programme de François Hollande ont été posés. L'encadrement des loyers privés, lors d'une relocation ou du renouvellement du bail, s'applique depuis le 1er août dans 38 agglomérations de l'Hexagone et de l'Outre-mer. Et les dirigeants d'entreprises publiques ne pourront plus toucher de salaires supérieurs à 450.000 euros bruts par an. Autre promesse majeure, les travailleurs entrés dans la vie active avant vingt ans et qui disposent du nombre d'annuités requis pourront bénéficier d'une retraite à taux plein dés soixante ans à partir du 1er novembre. Le SMIC a quant à lui été revalorisé de 2% au 1er juillet pour atteindre 1425,67 euros bruts mensuels pour 35 heures par semaine.
Enfin, d'après le sondage publié samedi, 82% des français plébiscitent la réduction du traitement du président et des ministres et le retrait anticipé des combattants français d'Afghanistan est approuvé par 75% d'entre eux. Mais malgré cela, la rentrée du président Hollande s'annonce chaude.
La rentrée s'annonce chaude
Pour l'avenir, seulement 40% des français font confiance à François Hollande et au gouvernement pour trouver des solutions à la crise de la zone euro. Et de nombreux dossiers sont encore en attente d'un arbitrage. Parmi eux, les contours de la tranche d'impôt à 75% sur les très hauts revenus, proposition marquante de la campagne, restent imprécis. Quant aux blocage des prix des carburants, repartis à la hausse, il se heurte aux craintes des pétroliers de voir leur marge diminuer. Le tout alors que le ciel n'en finit pas de s'assombrir. Sur le front de l'emploi, la majorité devra redoubler d'efforts pour enrayer un chômage qui a bondi de 1,1% en juin et a franchi la barre symbolique des 10%. Alors que les nouvelles annonces de plans sociaux se sont enchainées à un rythme effreiné au printemps et au début de l'été.
Dernière mauvaise nouvelle en date, la France devrait entrer en récession à l'automne, si l'on en croit les prévisions de la Banque de France publiées la semaine dernière. Ce qui ne sera certainement pas de nature à simplifier l'autre tâche titanesque qui attend François Hollande et sa majorité à la rentrée, le bouclage du budget 2013. D'après la Cour des comptes, 33 milliards d'euros d'efforts supplémentaires seront nécessaires pour que la France respecte ses engagements vis-à-vis de Bruxelles l'année prochaine. L'austérité semble inévitable.
Ca s'agite à droite comme à gauche
A droite, on ressort les vielles recettes. Après avoir attaqué le chef de l'Etat sur l'augmentation de la pression fiscale sur les classes moyennes, on reproche à François Hollande son manque de fermeté dans la gestion du dossier syrien. Nicolas Sarkozy s'était permis une sortie la semaine dernière, avant que François Fillon ne prenne à son tour le soin d'égratigner le président de la République sur sa politique étrangère. Dans une tribune publiée lundi par le Figaro, l'ex-Premier ministre et candidat à la présidence de l'UMP avait accusé le chef de l'Etat de manquer de "courage", l'exhortant à faire pression sur Vladimir Poutine pour que Moscou lâche le régime de Damas. Et nul doute que les critiques vont aller en s'intensifiant à mesure que l'on avancera dans la campagne à la présidence du premier parti d'opposition.
Mais il n'y a pas qu'à droite que l'on rue dans les brancards. Les expulsions de camps de Roms qui ont eu lieu jeudi à Lille et à Lyon ont provoqué une vive émotion au sein de la majorité, notamment en provenance des Verts et du PCF, soutenus par les associations de défense de ces populations. Et déjà, le PCF a réclamé à François Hollande la tenue d'un référendum pour la validation du traité budgétaire européen, héritage du quinquennat de Nicolas Sarkozy.
Le président de la République et son gouvernement auront donc fort à faire s'ils veulent regagner le soutien de l'opinion à la rentrée et ne pas passer un premier hiver des plus rudes.