TOUT EST DIT

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dimanche 22 avril 2012

OÙ EST LA LIBERTÉ DANS CE PAYS ?
JE TENTE DE ME CONNECTER AU SITE DU JOURNAL BELGE 
LESOIR.BE
IMPOSSIBLE !!!
LES POUVOIRS PUBLIQUES ONT COUPÉ LE LIEN.

Comment la gauche s'est montrée aveugle face au développement de la corruption à l'échelle locale

Le second volet de la loi Defferre fut le transfert du contrôle des collectivités locales des préfets aux tribunaux administratifs, les premiers continuant cependant à assurer une sorte de ministère public. Là comme ailleurs, on retrouve une marotte de la gauche, peut-être inspirée par les nombreux avocats qui y militent : l’idée que le contrôle serait assuré avec plus d’objectivité par des tribunaux que par les préfets : il en est résulté un engorgement  des tribunaux administratifs qui rendit nécessaire la création de cours administratives d’appel, la mise en place de 25 chambres régionales des comptes et un alourdissement considérable des procédures de contrôle.
Au même moment, l’établissement public régional, qui jusque-là réunissait pour une réflexion stratégique en commun les principaux élus de la région, devint une collectivité plénière ayant ses élus propres et des services qui n’ont pas manqué de se renforcer. Un niveau supplémentaire d’administration était ainsi crée.
L’alourdissement considérable des moyens de contrôle alla, comme il arrive souvent, avec une inefficacité accrue. Le contrôle administratif des collectivités locales, comme le contrôle comptable, furent presque toujours aveugles face au développement de la corruption chez les élus. Corruption au plus haut niveau qu’ont révélées certaines affaires où les socialistes eurent une  part  importante (Urba, Boucheron, etc.) ; corruption à petite échelle qui se traduit par des recrutements fondés sur le favoritisme, au mépris du statut de la fonction publique, des marchés arrangés, et les multiples accommodements que permettent au plan local des budgets massivement accrus.
Le caractère inopérant des contrôles, favorisé par le retrait plus ou moins volontaire des préfets, a permis l’émergence du grand lobby des élus locaux, qui a la main sur plus de 10 % de la richesse nationale et qui, verrouillant les partis, permet d’étouffer l’émergence de talents qui pourraient menacer les petites féodalités. Cette situation n’est pas pour rien dans l’affaiblissement et le discrédit de la classe politique française. Des hommes aussi talentueux que François Mitterrand ou Gaston Defferre, qui sont à l’origine de cette évolution eussent-ils pu percer dans la vie politique telle quelle est aujourd’hui ? On en doute.
Un nouveau champ de corruption a été instauré par la loi sur les sociétés publiques locales, votée par le parlement à l’unanimité le 28 mai 2010. Elle instaure un régime de sociétés entièrement publiques et donc contrôlées par les élus, exonérées des règles de la concurrence dans l’accès aux marchés des collectivités locales, mais de droit privé et donc exemptes de tout contrôle administratif. Il est significatif que cette loi émane du groupe socialiste du Sénat. Il est également significatif que le gouvernement Sarkozy n’ait rien trouvé à objecter tant est puissant désormais le réseau des élus locaux.

L’austérité citoyenne 


Les petits et gros porteurs de la Bourse maudissent sans doute cette semaine. Elle a effacé pratiquement tous les gains du CAC 40 depuis le début de l’année. La faute à l’Espagne : pour dégonfler sa dette, son gouvernement double le prix des médicaments et triple celui des études supérieures, ce qui va diminuer le pouvoir d’achat et brider la relance. S’il n’applique pas ces mesures, ce sera pire. Mais avec ça et le reste, ça n’ira pas mieux. Cela s’appelle une crise.
Si la Bourse voit rouge, ce serait aussi la faute à la présidentielle, propice à toutes les rumeurs sur les notations, la politique énergétique, les accords européens. Ces marchés qui ont réglé le compte aux dirigeants des Etats européens les plus endettés pour imposer davantage de rigueur à leurs successeurs, se méfient de ces Français si cabochards dans l’urne. Ils ont tort. Le citoyen est lucide face à la crise à en croire les chiffres de la semaine. La consommation de carburants a diminué de 3,5 %, la circulation sur les autoroutes de 4,2 %. Les « limonadiers » s’alarment : nous n’avons jamais bu aussi peu de vin, de café, de Coca-Cola et d’alcool dans leurs établissements. La SNCF lance des TGV low-cost, les grandes enseignes de la distribution tassent les prix, le marché de l’immobilier est atone. Les organismes de crédits à la consommation… licencient. Les livrets d’épargne se remplissent. Les Français n’ont pas attendu le CAC 40 ni les élections pour s’appliquer eux-mêmes une certaine austérité.

Sauvons la France : 10 raisons de ne pas voter Hollande

Qui que vous soyez, il existe une très bonne raison de ne pas voter pour François Hollande demain. Que vous soyez Juif ou Musulman, de droite ou de gauche, et même si vous êtes un socialiste convaincu, le vote Hollande est une dangereuse aberration. Petit rappel en fonction de votre positionnement :
1) Si vous êtes Musulman, Juif ou Catholique
Mariage et adoption pour les homosexuels, légalisation de l’euthanasie, aide médicale à la procréation, Hollande a été très clair sur ces points de son programme, qui sont en total désaccord avec le Christianisme, l’Islam et le Judaïsme. Tous les représentants religieux (prêtres, rabbins, imams…) dénoncent cette conception consumériste de la vie , de la mort , de l’amour et de la famille. Une société où la science remplace la morale, voilà le projet de François Hollande, qui n’hésitera pas à aller toujours plus loin (légalisation du clonage ?) par peur de dire non aux différents lobbies concernés (homosexuels, industrie de la chimie, laboratoires pharmaceutiques…).

Vous ne voulez pas que la science soit une nouvelle religion, que l’homme passe au second plan derrière les lobbies et les intérêts financiers. Vous croyez en la famille, en la vie et en la mort naturelles. François Hollande et ses amis progressistes vous préparent un monde digne des romans de science-fiction.
2) Si vous êtes de gauche
Vous savez très bien que François Hollande et les pontes du PS sont soumis à l’Europe et aux marchés. Ils ont voté pour la Constitution européenne, ils ont libéralisé à tout va, comme Hollande l’a avoué lui même aux journalistes du Guardian. Il y a bien longtemps que le PS n’est plus à gauche, Hollande a déjà fait des promesses à ses amis milliardaires. Mis à part quelques mesures symboliques sociétales, il conduira la même politique libérale que Nicolas Sarkozy. Hollande est un social démocrate à l’américaine, un capitaliste comme un autre. Il n’est absolument pas un homme de gauche et ne l’a jamais été. Cet homme mou résistera-t-il aux pressions du Medef, des banques, de l’Amérique et de l’Union européenne pour protéger notre pays contre les marchés ?
Quand on est de gauche, on prend, a priori, la défense d’une femmes de chambre immigrée contre un homme blanc milliardaire et tout puissant. Il ne semble pas que Hollande et ses futurs ministres aient fait ce choix…
3) Si vous êtes socialiste
Les membres du PS savent parfaitement que François Hollande n’est pas à la hauteur. Mitterrand n’en a jamais voulu, Jospin n’en a jamais voulu ! Il est coupable de la pire humiliation de l’histoire du parti, en 2002 quand Jean-Marie Le Pen a accédé au second tour de la présidentielle. En dix ans, il a tué les convictions politiques du parti et en a fait une cour de récréation pour égos démesurés. « Fraise des bois », « couille molle », « gauche molle », « seul problème de Ségolène Royal », « il ne fait jamais rien »… Toutes ces descriptions réalistes de François Hollande ont été prononcées par des membres importants du PS.
Depuis 30 ans, les socialistes sont les premiers à craindre l’étendue de l’incompétence de leur candidat. Ceux qui aiment la France ne pourront pas décemment voter pour lui.
4) Si vous êtes de droite
Vous ne pouvez voter pour un homme qui veut embaucher des centaines de milliers de fonctionnaires, dans le contexte actuel. Un homme qui va augmenter les impôts comme personne au point de plomber notre économie, de punir l’entrepreneuriat, de dégouter les investisseurs. Un homme qui propose un impôt et qui avoue, sans rougir, qu’il sera inutile mais « morale ». Un homme qui va faire grimper l’insécurité en jetant l’opprobre sur les forces de police et en victimisant les voyous, comme les socialistes l’ont toujours fait. Un homme qui distribue des iPads aux collégiens avec l’argent public et qui a déjà ruiné un parti politique et un département…
5) Si vous êtes FN
Êtes vous vraiment prêts à vivre dans un pays dont Éva Joly, Jean-Luc Mélenchon, Jack Lang et Martine Aubry sont ministres. Voulez-vous vivre dans un pays où la régularisation massive d’immigrés est la loi ? Où les étrangers peuvent voter ? Un pays où les artistes des banlieues sont subventionnés pour écrire du Rap anti-français ? Où les délinquants sont de pauvres petits et les policiers de vilains racistes ? Un pays où le FN est considéré comme le diable fasciste ? Vous souhaitez vraiment ce sort à la France ?
6) Si vous êtes Sarkophobe
Vous vous êtes laissé manipuler par les médias en croyant que Hollande était différent. Même gout du luxe, mêmes restaurants chics, mêmes femmes starlettes, même affaires de magouilles dans les partis et à titre personnel, même vulgarité. François Hollande est un clone mou de Sarkozy et de ses tares.
7) Si vous êtes pour une gestion rigoureuse
Est-il besoin de remplir ce paragraphe ? Avec des dépenses hallucinantes et démagogiques qui ne sont compensées par aucunes recettes, François Hollande avoue lui même à demi-mot que son programme mettra le pays sur la paille. Les experts de tous les pays s’accordent à prévoir l’avenir de la Grèce pour notre beau pays, en cas d’élection de Hollande.
8 ) Si vous êtes un libre penseur
Depuis 5 ans, malgré quelques procès et l’indignation de la classe journalistique, quelques chroniqueurs de droite ont pu prendre la parole dans l’espace médiatique français. Les Éric Zemmour,  Élisabeth Levy ou Robert Ménard sont certes largement minoritaires, mais ils ont le mérite d’être présents. Souvenez vous, avant : aucun journaliste ne proposait jamais de pensée discordante. On assistait à un diapason de belles paroles, bien dans l’air du temps.
Avez-vous apprécié le traitement de cette campagne, où les principaux médias de notre pays (Le Monde et le service public en tête), nous ont expliqués pour qui il fallait voter ? Avez-vous apprécié de voir toutes les affaires concernant Hollande et ses proches mises sous une chape de plomb par les journalistes militants ?
Le retour de François Hollande au pouvoir sera synonyme d’une épuration des journalistes (il a même déjà demandé la tête d’Étienne Mougeotte, patron du Figaro, le seul journal de droite). Zemmour paiera des amendes, ou il se taira. Quiconque remettra en cause la pensée unique des journalistes sera réduit au silence. Un contrôle des médias, de l’expression, de la pensée qui va vite devenir fatiguant… Préparez vous a avoir à faire à la justice si vous osez commettre une blague sur les noirs, les femmes, les handicapés, les Juifs, les gros…
9) Vous êtes pour l’alternance
Le PS dispose déjà de toutes les collectivités locales, de l’administration, de la grande majorité des médias, de l’éducation nationale, de l’université… Paradoxalement, si la droite perd la présidence et l’Assemblée, il ne s’agira donc pas d’une alternance mais bien d’une prise de pouvoir absolue par un parti qui a prouvé ses penchants antidémocratiques.
10) Si vous êtes Français
Sérieusement, à cause d’un repas au Fouquet’s et d’une Rolex, vous allez laisser notre pays sombrer dans les bras d’un homme unanimement reconnu chez ses adversaires et chez ses camarades comme un incompétent, qui a échoué dans tout ce qu’il a entretenu et qui a pondu un programme présidentiel copié-collé sur celui de Lionel Jospin ?
Ne laissez pas votre ressentiment contre un homme, cristallisé par les journalistes, nuire à la France. On ne peut pas élire un président pour d’aussi basses raisons.
Sarkozy a loupé de nombreuses choses, mais en 5 ans, il a acquis une expertise précieuse dans le contexte de crise où nous vivons. Pour l’instant, nous n’avons pas trop ressenti les effets de la crise (allez voir en Grèce ou au Portugal), si Hollande est élu, on va la prendre de plein fouet… Tout le monde en est conscient, mais Sarkozy a dit « casse toi pauvre con ! », alors on va sacrifier la France pour lui apprendre à être poli…
Hollande traine dans les arcanes du PS depuis 30 ans, il va nous mettre Aubry premier ministre et Jack Lang ministre de la culture, mais il a le culot de sortir le slogan : « le changement c’est maintenant »…
Si vous êtes Français et que vous aimez votre pays, vous ne pouvez pas aller voter pour celui qui nous mènera de toute évidence dans le mur, pour le seul motif que son adversaire est un plouc mal élevé. On ne demande pas à un président d’être mignon et de faire des bonnes blagues mais bien de diriger, de résister, de prendre des décisions capitales. Soyons honnêtes, Hollande en est incapable !

Un tsunami a englouti les envahisseurs de Potidée

Le risque est encore présent dans une région fortement peuplée et qui abrite de nombreux hôtels.
Le village de Potidée, en Grèce, a été  sauvé des envahisseurs perses, durant l’hiver 479 avant notre ère, par un raz-de-marée, selon une étude présentée jeudi aux Etats-Unis, qui met en garde contre le risque sismique dans cette zone et la répétition d’un tel phénomène.   
De nouveaux indices géologiques laissent penser que la région pourrait encore être vulnérable à un tsunami, explique Klaus Reicherter, de l’université d’Aix-la-Chapelle en Allemagne, principal auteur de cette recherche. L’historien grec, Hérodote, avait décrit l’étrange retrait de la mer à Potidée, dans le nord-est de la Grèce actuelle, suivi d’énormes vagues. Klaus Reicherter et ses collègues ont confirmé et étayé ce récit en  analysant des échantillons de sédiments prélevés dans la péninsule de Cassandra, dans le nord de la Grèce, où se situent Potidée et à proximité Nea Potidea, le village moderne.   
Les carottes de sédiments révèlent des indices d’un phénomène marin «de grande puissance», comme de très grosses vagues.  Les excavations effectuées à proximité de la ville ancienne voisine de Mende ont également permis de mettre au jour des phénomènes naturels de forte puissance datant du Ve siècle avant Jésus-Christ. La couche sédimentaire de Mende contient des coquillages marins plus anciens provenant probablement des fonds marins qui ont été transportés lors du tsunami. Les modèles de prévision sismique dans le nord du bassin égéen, près de la péninsule de Cassandra, laissent penser que de futurs séismes dans cette région pourraient provoquer de très grosses vagues de raz-de-marée, préviennent les auteurs de cette recherche.
Malgré ce risque, cette zone n’est pas comprise dans les dix régions de Grèce classées comme présentant un risque de tsunami. Klaus Reicherter et son équipe estiment que leurs découvertes montrent que le golfe Thermaïque, où se situe la péninsule de Cassandra, devrait faire partie des zones à risque, d’autant que cette région est fortement peuplée et  abrite de nombreux hôtels et résidences de vacances.  
Ce chercheur devait présenter son étude, jeudi, à la conférence annuelle de la Société américaine de sismologie (SSA) réunie à San Diego (Californie,  ouest).
 

LA DÉMOCRATIE COMMENCE ICI. 


PAR L'EXPRESSION DE SON 
OPINION SANS QUE CELLE-CI
SOIT DÉVOYÉE PAR QUELQUE 
INFLUENCE QUE CE SOIT 

Radioscopie des choix de vote : plongée dans le cerveau des électeurs

La loi française interdit la publication de résultats ou de sondages avant 20h pour la présidentielle. L'une des raisons invoquée tient à l'influence que ces résultats pourraient avoir sur le vote des électeurs. Pourtant, il y a bien d'autres facteurs qui entrent en ligne de compte à l'heure de mettre son bulletin dans l'urne...

La loi française interdit la publication de résultats ou de sondages avant 20h pour la présidentielle à cause de l'influence qu'ils peuvent avoir sur le vote des électeurs. Internet et Twitter sont donc en ligne de mire. Mais des éléments comme la famille, la religion ou la catégorie socioprofessionnelle de l’électeur ne sont-ils pas autrement plus prépondérants dans la structuration du vote ?

Christophe Prochasson : Il me semble tout d’abord que la publication de sondages avant l’heure ne peut influencer les votes qu’à la marge. Le rapport de forces global étant ce qu’il est, il ne me semble pas que des publications de résultats puissent modifier profondément le sens du vote. Elles peuvent réduire des écarts, mais très faiblement. Donc je ne comprends pas très bien le sens de cet énervement contre ces publications. Par ailleurs, je note que quelques "happy few", qui sont parfois plusieurs milliers, disposent non pas des résultats mais d’une fourchette assez réaliste, proche de ce qui sera affiché à 20 heures. Cela peut faire beaucoup de monde. Je me souviens que lorsque j’étais militant socialiste on connaissait très bien le résultat dès 18 heures. Je crois que c’est vraiment un faux problème.
Pour répondre à votre question, effectivement Internet ou Twitter ne constituent que des éléments d’influence parmi tant d’autres. On assiste en vérité à une multiplication des sources d’influence. Pour ce qui est de la façon dont un vote se forme, le facteur d’influence le plus évident reste la famille. C’est à l’intérieur de la famille que se fait la transmission des idées, et donc les choix politiques fondamentaux. Il peut y avoir des nuances au sein des familles, mais les ruptures sont quand même des phénomènes minoritaires. Les enfants votent comme leurs parents, très majoritairement. Ils passent rarement à droite lorsque leurs parents sont à gauche. La première détermination est là.
D’autres facteurs jouent, mais il est difficile de déterminer s’il s’agit d’influence ou de déterminations culturelles. L’appartenance religieuse par exemple est une source de clivage forte. La pratique de la religion catholique, par exemple, oriente le vote beaucoup plus que l’appartenance à un milieu social. Le milieu professionnel vient bien après ces deux déterminants là.

La catégorie socio-culturelle ou socio-professionnelle influence-t-elle malgré tout le vote ?

Ce que les sciences sociales montrent aujourd’hui, c’est que l’indexation du politique sur le social est à manier avec des pincettes. Nous savons très bien par exemple qu’appartenir au milieu ouvrier ne détermine pas un vote à gauche, par exemple. Ni d’ailleurs à droite. Les catégories sociales ne suffisent plus - si tant est qu’elles l’aient déjà fait - à déterminer un vote.
Il y a certes une photographie générale, c’est-à-dire que certains milieux votent plus à gauche qu’à droite. Mais les déterminants culturels, la religion, l’appartenance régionale, les goûts culturels, interviennent tout autant. L’appartenance sociale au sens strict du terme, qui voudrait que l’on vote en fonction de son niveau de salaire, ou que les salariés votent forcément plus à gauche que les professions indépendantes ne constitue pas une explication raisonnable.

La géographie joue-t-elle ? Selon ou l’on vit, vote-t-on différemment ?

C’est la vieille explication du grand politologue André Siegfried, qui disait que « le calcaire votait à gauche et le granit à droite ». Il indexait le politique non pas sur le social mais sur le géographique.
A son époque, les régions à forte concentration de granit, comme la Bretagne, ou le Massif Central étaient des régions rurales qui votaient davantage à droite qu’à gauche, c’est-à-dire moins républicain. Au contraire, des régions comme la Provence ou le Sud de la France, ou les bordures méridionales du Massif Central, ou des régions de bassins sédimentaires comme le Nord votaient plutôt à gauche. Ces régions là étaient plutôt calcaires.
Il expliquait cela d’une façon géographique avec un fondement sociologique : selon lui, le calcaire favorisait un habitat dispersé en raison de la multiplicité des sources d’eau. Donc les habitats étaient des petits hameaux ou des fermes isolées, qui encourageaient plutôt à l’individualisme, et au vote à droite. A l’inverse, des régions calcaires, où les sources d’eau sont plus localisées, entrainent un regroupement de l’habitat, et des pratiques villageoises plus collectives, qui encourageaient davantage à des valeurs dites de gauche.

Quid de la culture ?

Evidemment, c’est une donnée importante que de s’interroger sur le niveau d’études des électeurs. D’ailleurs, il y a un argument qui n’est pas totalement démontré mais qui peut être avancé par les hommes politiques, notamment à gauche : plus vous êtes cultivé, plus vous avez les moyens de la critique, plus vous êtes porté à voter contre le gouvernement, à vous situer davantage dans l’opposition. Les plus cultivés seraient ainsi censés être moins susceptibles d’entendre les messages politiques de façon passive.

Et les sondages, de quelle façon influencent-ils le vote ?

Imaginons par exemple une élection sans aucun sondage. On ne saurait pas qui a le vent en poupe aujourd’hui, de Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon. On se fierait essentiellement à notre intuition et notre vécu. Cela favoriserait peut-être Mélenchon, avec ses meetings remplis.
Donc certes, les sondages ont leurs fragilités. Mais en général ce qu’ils anticipent est peu démenti. Ils ont bien une influence sur le vote.

Et les médias ?

Les médias aussi, ils ont un effet. Reste à savoir lequel. Et cela, personne ne peut le dire
D’autant plus que, nous sommes en démocratie et on peut penser que les médias se neutralisent les uns les autres. Ce qui est certain, c’est qu’ils mettent en avant des questions, des problèmes. Mais on ne sait pas si les réponses que les uns et les autres apportent influencent ceux qui les entendent dans le sens souhaité, ou si au contraire les tentatives d’influences ne sont pas contre-productives.
C'est encore faire un faux procès que de s’en prendre aux medias. J’ai lu une déclaration invraisemblable du directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, François Delapierre, qui a dit que si Marine Le Pen semblait en progression, c’était à cause des medias, parce que les medias jouaient la carte de Marine Le Pen. C’est une acrobatie intellectuelle qui me dépasse un peu. Je ne vois pas en quoi on peut dire que les medias font la campagne de Marine Le Pen.

Est-ce que notre cerveau, c'est-à-dire les éléments "chimiques" qui le constituent, joue sur notre vote ?

Il y a ce qu’on appelle des cognitivistes, des gens qui pensent que tous les phénomènes sociaux, au fond, ne sont que des productions de nos cervelles, et que nous sommes soumis à des logiques purement physiologiques, en l’occurrence liées à la conformation de notre cerveau. Je pense bien sûr qu’il doit y avoir un rôle de notre cerveau dans le vote, mais nous sommes tellement des êtres sociaux que ce sont d’abord des logiques sociales qui nous commandent.
Nous ne sommes pas déterminés par une seule cause. Il y a de multiples causes sociales au sens large, qui comprennent des phénomènes politiques, culturels, géographiques, peut-être même comme le pensait Montesquieu climatiques, qui interviennent sur nos choix politiques. En aucun cas elles ne peuvent se réduire à l’excitation particulière d’une partie de notre cerveau. Un tel déterminisme est contredit par l’expérience sociale elle-même.
Je suis tout à fait hostile à toute espèce de déterminisme, qu’il soit providentialiste ou marxiste. Ces phénomènes sont extraordinairement complexes et pour comprendre un choix il faut faire intervenir de multiples phénomènes. C’est la raison pour laquelle il est difficile d’anticiper les choix.
Les récentes études américaines et britanniques proposant une approche cognitive de la politique par étude des réactions du cerveau attestent surtout une approche très naïve et très abstraite de la politique. D'abord parce qu'elles supposent une stabilité des identités politiques, ensuite parce qu'elles s'appuient sur une définition de celles-ci reposant sur la base de schémas extrêmement sommaires. En France, par exemple, le clivage "conservateurs"/"libéraux" ne fonctionne pas. Les identités politiques sont toujours situées, localisées dans des contextes nationaux, voire locaux, et ne sont donc pas toujours généralisables. Bref, c'est une approche qui fait l'économie du social et de l'historique et qui ne nous dit rien de nos choix politiques (qui peuvent d'ailleurs évoluer avec le temps).
Un socialiste d'aujourd'hui a peu de chances de parler le même langage que Jaurès et seul Jean-Luc Mélenchon serait en mesure de prendre avec Saint-Just un verre au bistro du coin. De même, il n'est pas certain que les zones du cerveau activées par la vision du Général de Gaulle soient les mêmes que celles qu'activent la vision de Nicolas Sarkozy, dont la famille politique se prétend pourtant l'héritière.

Finalement, à vous entendre, il est vain de vouloir interdire les publications de sondages avant 20h, car il existe une foule de paramètres qui influencent notre vote ?

Oui, je pense que notre loi est totalement archaïque. Elle signifie: « Retirez-vous dans votre bulle », pour avoir un vote juste, ne soyez soumis a rien. Ne vous fiez qu’à vous-mêmes. Mais nous naissons dans un monde social, qui nous précède. A partir du moment où nous existons, nous sommes soumis à une influence.
Dans plusieurs pays, ne serait-ce qu’en Angleterre, on peut faire campagne jusqu’au jour de l’élection. Les Anglais assument les influences. Ils vont chercher les personnes âgées pour les faire voter et cela ne gêne personne. Pourtant, je ne crois pas que l’Angleterre soit une démocratie plus douteuse que la nôtre.

La colère des petites gens

Il y a cinq ans, Nicolas Sarkozy était le candidat de “la France qui se lève tôt“. Aujourd'hui, il est “le président des riches”. Cette évolution est la conséquence de la politique qu'il a menée et montre combien le pays a changé avec la crise. 

 Il y a cinq ans, j'ai voté pour Nicolas Sarkozy, aujourd'hui je me sens gêné, dit Michel Sieurin en baissant la voix et en lâchant son marteau. J'aimais bien le slogan ‘travailler plus pour gagner plus’, mais Sarkozy n'a rien fait pour les petites gens. C'est le président des riches”.
Cela fait vingt cinq ans que Sieurin est cordonnier à Montivilliers, petite ville située près du Havre [en Normandie]. “L'anti-sarkozysme est un phénomène d'élite parisienne”, déclarait récemment la femme du président, Carla Bruni Sarkozy. Même son de cloche dans la presse proche du pouvoir : si les milieux littéraires, les journalistes et les intellectuels sont hostiles à Nicolas Sarkozy, la “majorité silencieuse” des Français ne seraient pas de cet avis. L'intéressé le répète lui-même lors de ses déplacements en province où – surprise ! – il rencontre des foules de partisans. Peut-être aurait-il dû s'entretenir avec quelqu'un comme le cordonnier de Montivilliers.
Rêves déçus
Aujourd'hui âgé de 56 ans, Sieurin a d'abord été ouvrier métallurgiste dans sa jeunesse. Membre de la CGT [syndicat proche du Parti communiste], “j’ai cru au miracle quand la gauche est arrivée au pouvoir avec Mitterrand en 1981”. Mais la gauche est passée et le capitalisme est resté. Le cordonnier a vu beaucoup de choses disparaître : ses rêves d'une société plus solidaire, son travail de carrossier automobile, de même que celui de milliers d'ouvriers dans la région.
Le 22 avril et le 6 mai, les Français éliront un nouveau président de la République. Michel Sieurin choisira peut-être de voter blanc. Pour lui, François Hollande “n'est qu'un libéral comme les autres”, c'est-à-dire un partisan d'une doctrine économique détestée dans le pays. Le radical Jean-Luc Mélenchon est trop agressif pour le cordonnier de Montivilliers et le vote Front national de Marine Le Pen est par principe hors de question. “Ce n'est pas le cas de certains de ses amis, explique-t-il. Ils sont en colère et veulent le montrer mais ce ne sont pas des fascistes”.
Montivilliers est une petite ville comme bien d'autres. Paris n'est qu'à deux heures et demie de route, mais au plan culturel, on vit ici à des années-lumière de la capitale. Paris est le centre névralgique de tous les débats publics mais la France de la province ne vit pas au même rythme. Ici, les opinions se forment dans le calme, au sein de la famille, entre proches. C'est de cette France-là que dépend l'issue du vote.
La carte de France est en train de changer. Les petits salaires et les chômeurs de longue durée s'installent de plus en plus dans les petites villes et à la campagne. Les grandes villes ne leur offrent généralement que le choix entre des logements hors de prix et des ghettos mal famés.
“Ici, c'est tranquille”, nous répondent d’abord les habitants de Montivilliers quand on leur demande quels sont les avantages de vivre dans leur ville.
Déclassement de la France
La place centrale est entourée de vieilles maisons à colombages, dont certaines tombent en ruines. Cela fait longtemps qu'elle n'accueille plus de marché. L'abbaye presque millénaire est en bien meilleur état, c’est l’Etat qui paye pour elle. Ses activités ont pris fin avec la révolution française lorsque les nonnes ont refusé de jurer fidélité à la République. Depuis 1793, le bâtiment abrite une brasserie. Cette brasserie-abbaye sert au moins de lieu de sociabilité. C'est là que se rencontrent les ouvriers, comme Claude Far et Salim Khaoua. Respectivement âgés de 28 et 30 ans, ces deux hommes d'origine algérienne et marocaine sont devenus “inséparables”. Ils admirent les Allemands pour la chancelière et leurs voitures et pensent que la France est sur le déclin.
Sur ce point, ils sont d'accord avec l'opinion prédominante. Ils sont abreuvés de livres et d'articles déplorant le déclassement de la France et l'érosion du “modèle social français” qu'incarnait le mot “égalité”. “Presque tous nos potes sont au chômage, explique Salim. Ils n'ont pas les moyens d'aller au restaurant comme nous”.
Claude et Salim sont presque toujours en déplacement. Leur travail ? Contrôler la sûreté des réacteurs nucléaires du pays. Ils touchent soit leur salaire, soit des allocations temporaires lorsqu'ils ont atteint la limite d'exposition à la radioactivité et sont obligés de faire une pause.
Tous deux appartiennent à cette “France qui se lève tôt” et dont Sarkozy se plaît tant à faire l'éloge. “Il avait promis aux gens comme nous de nous permettre de gagner plus, tu parles ! C'est le président des riches”.
Et Hollande ? “Non, il veut sortir du nucléaire”. Marine Le Pen ? “Peut-être. La France doit se protéger de la concurrence. Mais l'idée de retourner au franc, c'est n'importe quoi”.



Un air révolutionnaire 
“Ce que la campagne a révélé : la haine des riches”, titre Le Point en soulignant le phénomène créé par plusieurs candidats à la présidentielle dont celui de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, est “la haine des riches”,
L’hebdomadaire note que les plus fortunés seraient devenus les “boucs émissaires des candidats”, dans cette campagne “qui se déroule sur fond de crise sans précédent et d’endettement record”. Abolition des privilèges, en écho à 1789, ou “chasse aux riches” à défaut de pouvoir “donner davantage aux pauvres”, les idées avancées montrent que :
“Tous prennent acte d’un retournement majeur : le seuil de l’acceptable en matière d’inégalités de revenus, très élevé dans les années 90 et 2000, s’est brutalement abaissé”.
La campagne se terminant, une question se pose, pour  Le Point : “Le vote mettra-t-il fin à cette passion très française ?”.
 LES PETITES GENS, SANS RIEN CONNAITRE DES VRAIS ÉVÈNEMENTS
QUI ONT ÉMAILLÉS LE QUINQUÈNAT
 DE NICOLAS SARKOZY S'APPRÊTENT À VOTER BÊTEMENT
POUR "LE" CANDIDAT QUE LA PRESSE DU LANGAGE UNIQUE 
A CRÉÉ; LE PLUS MOU, MAIS LE PLUS INDIGESTE.

Une élection, des illusions

Révolution, protectionnisme, sortie de l’euro : la campagne pour la présidentielle, dont le premier tour se tient le 22 avril, aura été marquée par des idées populaires mais éloignés de la réalité. Le syndrome d’un pays qui n’ose pas faire son examen de conscience, déplore un éditorialiste. 


La France a beaucoup d'attraits géographiques et culinaires, mais elle a les débats politiques les pires de l'Ouest. Le premier tour de la campagne présidentielle en aura démontré l'inanité.
Une élection doit en principe exposer les difficultés, proposer des solutions et donner un élan. Celle-ci a tout fait pour éviter d'aborder la situation réelle de la France et pour n'offrir que des catalogues de mesures hors de proportion. Etonnez-vous qu'elle n'a créé aucun souffle.
Une moitié des Français aurait changé leur choix de candidat depuis six mois : on les comprend. D'ailleurs regardez le résultat d'en haut, 30 % pour Sarkozy, 30 % pour Hollande, 30 % pour les candidats hétérodoxes : les statisticiens vous expliqueront que ce résultat, un tiers, un tiers, un tiers, est le vote du hasard. Les Français, laissés dans l'ignorance de ce qu'on leur propose, votent au pif. Ou, pour le dire autrement, à la gueule du client.

Régression intellectuelle

La campagne a été tout simplement décevante, “à côté” des crises inouïes que nous traversons : crise économique gravissime, crise financière existentielle, chômage terrifiant, crise européenne dont on ne voit pas l'issue. Le tout plongé dans le grand basculement des forces vers l'Asie. Animé par des bouleversements technologiques révolutionnaires.
Surplombé par les problèmes globaux du climat, de la nourriture, de l'eau. Avec, au fond des choses, une remise en question radicale et conjointe des deux grandes idéologies que sont le libéralisme (trop inégal) et la social-démocratie (trop coûteuse).
Le minimum devant cette montagne eut été de dire la dureté des temps et d'avouer un peu d'humilité. Mais non, la France est repartie dans les credo de sa belle “exception”.
En 2007, gros espoir : la campagne avait été tournée vers l'avenir. Nicolas Sarkozy proposait la rupture pour encourager la production et gratifier le travail. Ségolène Royal rompait, elle aussi, avec les traditionnels poncifs de son parti et s'avançait dans une “démocratie participative”, idée en concordance avec Internet et le siècle qui vient. En 2012, complète régression intellectuelle : les candidats sont inspirés par des solutions d'un monde non pas postlibéral mais prélibéral.
Le philosophe allemand Peter Sloterdijk explique que la France est le seul pays à ne jamais pratiquer d'examen de conscience. La gauche parce qu'elle se dédouane en brandissant en permanence l'étendard de la Révolution comme celui de la Vérité. La droite avant-hier pour imposer la Restauration et hier à cause de De Gaulle qui a effacé 1940 et la collaboration. Le passé est mythifié et quand, devant l'épreuve, on l'appelle au secours, il est glorieux mais, hélas, d'aucune utilité pratique. Sauf, comme dit Mélenchon pour “faire rêver”.

Utopie

Mais, justement ! assez des mythes ! L'extrême gauche, Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen vantent le protectionnisme, la sortie de l'euro et l'inflation. Ils devraient nous dire dans quel pays leurs idées ont réussi. Leurs électeurs n'ont-ils des yeux pour voir la déconfiture totale d'un Hugo Chavez au Venezuela, pourtant riche de pétrole, et les succès du réformiste Lula da Silva au Brésil ? Ou les impasses de la stratégie populiste du défaut de paiement et de l'inflation en Argentine ?
Le défaut est général. La politique en France est dramatiquement en retard d'une forme de pensée. L'idéologie et le clientélisme dominent encore. Faute d'examen historique. Faute aussi d'écouter les nouvelles sciences sociales et les progrès dans l'analyse pragmatique.
Contre la pauvreté, dans l'intégration, dans la lutte contre l'échec scolaire, dans la réussite industrielle même, des chercheurs français font, comme leurs collègues étrangers, appel à des méthodes neuves inspirées de la pharmacie : une réforme est appliquée sur une partie de la population, pas l'autre et l'on observe scientifiquement les différences de résultat. On en tire la conclusion que telle réforme est utile ou qu'elle ne sert à rien.
Ces recherches s'inspirent d'un nouvel état d'esprit d'humilité devant les faits qui manque encore aux politiques français. Ils proposent encore, comme François Hollande avec son contrat de génération ou Nicolas Sarkozy dans son projet pour l'école, des mesures concoctées sur un coin de table, testées nulle part. Les think tanks ne sont pas, presque pas, écoutés et, dans les états-majors les politiques priment encore.
Tout ça pour dire que cette campagne, loin d'expliquer la complexité du monde, l'incontournable austérité à venir, l'impératif de produire, l'Europe à refaire, la modestie des solutions sociales mais, aussi, la conviction que l'avenir ouvre grand les portes, a replongé les Français dans l'utopie, la pensée magique et les mythes. Réveil le 7 mai.

Petits meurtres entre amis à la CGT

La succession de Bernard Thibault à la tête de la CGT, en mars 2013, vire au psychodrame. Le secrétaire général voudrait qu'une femme le remplace, a priori Nadine Prigent, alors que la principales fédérations soutiennent Éric Aubin, le "Monsieur retraite" de la centrale. Bernard Thibault fera connaître son choix définitif le 25 mai. Et ce alors que la CGT va traverser des mois difficiles quel que soit le prochain président de la République.

"Ce qui se passe actuellement à la CGT pour préparer la succession de Bernard Thibault est désespérant et incompréhensible. Le problème est nettement plus personnel qu'idéologique". Ce bon connaisseur de la centrale Montreuil, trop proche de sa direction pour révéler son identité, résume bien les événements en cours qui pourraient servir de support à une bonne pièce de théâtre. Sans que l'on sache encore, à ce stade, s'il s'agirait de Feydeau ou de Shakespeare.
Eric Aubin candidat officieux à la sucession de Bernard Thibault
Acte I. En janvier, Bernard Thibault, élu en 1999, fait savoir qu'il ne se représentera pas au poste de secrétaire général de la CGT lors du prochain congrès (le 50è) en mars 2013 à Toulouse. Discrètement, Eric Aubin, 50 ans, secrétaire général de la fédération de la construction et, surtout, le négociateur reconnu de la CGT lors de la réforme des retraites en 2010, commence une "campagne" pour briguer la succession de Bernard Thibault. Il est très vite soutenu par les ténors des grosses fédérations (cheminot, chimie, énergie, etc.). Pour beaucoup, il a toutes les qualité requises : fin négociateur mais pugnace ; ouvert au dialogue avec les autres confédérations et, gros avantage, il vient du secteur privé. Bernard Thibault, qui veut rester au centre du jeu, ne l'entend pas de cette oreille. Il reproche à Eric Aubin de trop manifester d'intérêt pour le poste. Mais, au-delà de ça, pour des raisons connues par les seuls initiés, il y a une inimitié personnelle entre les deux hommes." Il n'y pas de désaccord de fond, au contraire, Aubin continuerait de faire évoluer tranquillement la centrale comme Bernard a su le faire", analyse notre connaisseur du dossier. Acte II. Pour contrer la montée en puissance d'Eric Aubin, l'actuel secrétaire général et son entourage se mettent dans la tête que l'heure est enfin venue qu'une femme dirige la CGT. Ils songe d'abord à Agnès Naton, la cinquantaine, directrice de la " Nouvelle vie Ouvrière" (la NVO), le magazine interne de la confédération.
Berrnard Thibault  préfère Nadine Prigent mais temporise

Nouveau look CGT ?
Soudainement, Bernard Thibault change d'avis et préfère maintenant "pousser" Nadine Prigent, 53 ans, patronne de la fédération de la santé, chargée des relations syndicales et de l'action revendicative au sein de la CGT. Jugée " rigide" par beaucoup, elle est contestée, y compris au sein de sa propre fédération. Acte III. Pour sonder les principaux cadres du syndicat, Bernard Thibault a demandé à la cinquantaine de membres de la commission exécutive (sorte de gouvernement de la CGT) d'émettre un avis sur la personne de son successeur. A l'issue de la réunion de la CE, mardi, Bernard Thibault, dans un souci d'apaisement, a préféré remettre au 25 mai l'annonce du choix de son successeur. 
Un risque de division interne
Epilogue. La tenue du Comité confédéral national (CCN, parlement de la centrale) les 30 et 31 mai prochains, sera nettement plus déterminante. Soit le CCN, légitimiste, suit l'avis de Bernard Thibault rendu le 25 mai ; soit, dans l'hypotèse où Bernard Thibault maintient sa préférence pur Nadine Prigent, il passe outre et se rallie à Eric Aubin. Dans ce cas de figure, les mois risquent d'être très longs, dans un climat de division, jusqu'au congrès de Toulouse. Et si Bernard Thibault décidait de peser de tout son poids, on pourrait même se retrouver avec deux candidats au poste de secrétaire général... Un première historique dans toute l'histoire de la CGT mais un scénario qui paraît peu plausible... A moins que, comme le supputent certains, finalement, Bernard Thibaut (qui n'a que 53 ans) décide de rempiler pour un cinquième mandat.
Des mois difficiles pour la CGT

Il n'en reste pas moins que tout cela fait brouillon alors que la centrale, qui a ouvertement pris position contre la réélection de Nicolas Sarkozy, va se retrouver en première ligne sur le terrain social après l'élection du nouveau président le 6 mai. Soit Nicolas Sarkozy est réélu, il va alors ouvertement s'en prendre à la CGT, très nettement visée à travers sa dénonciation des « corps intermédiaires ». L'Unité sera donc obligatoire. Soit François Hollande devient le prochain président, il en résultera alors la tenue, dès le début juillet, d'une grande conférence sociale où l'attitude de la CGT sera déterminante pour connaître le climat social qui va régner dans ce début de quinquennat.
 

Jean-François Copé sent un "engouement inouï" pour Sarkozy

A l'avant-veille du premier tour, Jean-François Copé, qui recevait, vendredi 20 avril, quelques journalistes au siège de l'UMP, ne laisse pas paraître le moindre doute. "On sera en tête", annonce-t-il. Il dit constater dans la campagne de Nicolas Sarkozy "un engouement inouï". "Il se passe un truc, affirme-t-il. Je ne m'explique pas ce décalage entre ce que l'on voit dans cette campagne et les sondages." Certain que les deux favoris accéderont au second tour, le patron de l'UMP "pense que Marine Le Pen sera troisième" et qu'alors, "un autre match commencera".
"Tout d'un coup, on va devenir sérieux, il va y avoir une gravité des enjeux, les masques vont tomber", assure M. Copé. "A partir de lundi, il n'y a plus de Poutou, il n'y a plus de tout ça, ils sont tous les deux, et c'est beaucoup plus compliqué pour Hollande", soutient-il.
Le camp sarkozyste mise beaucoup sur le débat d'entre-deux-tours, pressant même pour qu'il y ait deux confrontations avec le candidat du PS. "J'ai un petit souvenir du débat avec moi, glisse M. Copé, évoquant "Des paroles et des actes" du 15 mars. Je comprends pourquoi il ne veut pas en faire deux. Il aurait une extinction de voix ou une grosse grippe le jour du débat avec Sarkozy, je pense que ça l'arrangerait."

"Face au peuple"
Reste la stratégie à adopter entre les deux tours. Pas question, affirme M. Copé, d'adapter le discours en fonction de tel ou tel électorat : "Nous, on parle au peuple, on ne le découpe pas en tranches ; on est face au peuple, on ne s'emmerde pas avec Paris."
Le secrétaire général de l'UMP balaie tout à la fois l'idée que le doute se serait insinué dans son camp et les critiques qui commencent à s'exprimer, en "off", sur la tonalité imprimée à la campagne. Certains de ses "amis" prévoient des lendemains difficiles si Nicolas Sarkozy était battu. "Je note une intersection entre ceux qui prédisent une explosion de l'UMP en cas de défaite et ceux qui veulent me flinguer", grince M. Copé.
Lui, au contraire, se félicite de l'"entente fantastique", dans cette campagne, entre lui et Nicolas Sarkozy. M. Copé réaffirme d'ailleurs sa volonté de "conserver (ses) responsabilités dans l'animation du parti". "Il n'y a pas eu un couac constaté. Les parlementaires sont unanimes à dire que le parti a marché comme jamais", se réjouit-il. Cela signifie-t-il, si Nicolas Sarkozy était battu, ce qui entraînerait un renouvellement des instances dirigeantes à l'automne, qu'il briguerait la présidence de l'UMP ? "Je ne me place pas dans cette hypothèse, élude-t-il. Ce que je sais, c'est qu'après la présidentielle, je serai dans la préparation des élections législatives. C'est le rôle du secrétaire général de conduire cette bataille et, croyez-moi, j'y serai à fond." Avis à ceux qui seraient tentés de lui en contester le leadership.

DOUTE

Qui sont ces journalistes assez braques, loufoques ou fous, qui connaissent les
dangers et les contresens du programme de Hollande.
Qui sont-ils ceux qui pendant cinq ans ont travesti les faits amplifié les "erreurs"
de Nicolas Sarkozy. Qui ont tenté de le ridiculiser, l'avilir avec une brutalité effarante et une haine pathologique.
Qui sont-ils enfin ces journalistes, qui ont fait de Nicolas Sarcozy leur fond de commerce: qui pour une morasse, qui pour un pamphlet, se sont fait plaisir en gagnant quelque argent.
Bornés à la société peu nombreuse de leurs semblables, et par conséquent de leurs égaux, ces journalistes ont trainé Nicolas Sarkozy dans la fange et dans le fiel de leur pouvoir de nuisance.
Ces journalistes de la "Libéprava" de "L'Immonde", de "Télédrama" des "Incrottuptible" de "Chalfange" " Médiatare" "Le Connard déchainé" "l'Humidité" ""Charli Cono" et j'en passe, ont, pendant cinq ans promu la pensée unique en France.
Ces journalistes et ces Artistes, ne les oublions pas, qui portent souvent des noms
à charge comme Deux-bouses, Pissoli, Débonnaire, Ruffian, Pioley, et tous les autres dont un ancien tennisman d'occasion.
Et bien, tout ce beau monde ont fait un mal terrible à la France.
Ils porteront la responsabilité Titanesque du naufrage de la France ( deux paquebots au destin funeste), 
si le petit homme à teinture parvient au pouvoir.

samedi 21 avril 2012

DANS MA RUE

OUI, DANS MA RUE JOUFFROY D'ABBANS 75017 PARIS SARKO EST ÉLU AVEC 70% DES SUFFRAGES HOLLANDE N'EN PREND QUE 7% LE RESTE VA A MARINE LE PEN 13% ET CE CRÉTIN DE BAYROU EN PREND 8. FERMEZ LE BANC

SOYONS HONNÊTES, ÇA..... PRÉSIDENT ?


LA HONTE !!!!!

Désir de traditionnel 


Cette campagne devait se dérouler sur les réseaux sociaux et les plateaux télévisés, instruments d’une puissance virtuelle et nouvelle capables de toucher tout le monde à l’instant T et en continu. À l’arrivée, ce fut une course au remplissage des salles de meeting, des marches en plein air, des marathons de porte-à-porte, de harassantes tournées d’usines et de supermarchés au contact direct de l’ouvrier et de la caissière. Cette étrange campagne s’achève par le déploiement de ces armadas de militants qui, ce matin sur les marchés et dans les rues, vont se mouiller au propre comme au figuré pour des convictions, des envies, des idéaux. En exprimant ce besoin de rencontre directe et ce désir de traditionnel dans la façon de s’adresser à lui, le citoyen, lucide face à la crise, a montré qu’il ne voulait pas de candidat intouchable. Il a signifié qu’il se méfiait des écrans, se défiait des journalistes, ces filtres entre le politique et le peuple, que les candidats traversent avec des grilles de lectures et des éléments de langage pour éviter l’essorage. Il ne reste plus au citoyen qu’à aller au bout de sa démarche : rencontrer demain son candidat dans l’urne.

Voter : un droit, un devoir ! 

Voter est un droit. Cela n’allait pas de soi jadis. Il a fallu le conquérir dans des luttes difficiles, parfois meurtrières. Allons-nous négliger cette possibilité de nous exprimer, de choisir l’orientation de notre destin ? Ce serait une forme de mépris à l’encontre de ceux qui nous ont légué ce droit, qu’aujourd’hui encore trop d’hommes et de femmes, de par le monde, ne peuvent utiliser librement et qui nous envient…
Voter est un devoir. Nous faisons partie d’une société qui, malgré toutes ses imperfections, s’efforce de nous apporter sécurité, bienêtre, dignité… Nous lui devons, en retour, de participer à son fonctionnement, de contribuer à l’améliorer, à la rendre plus féconde, plus juste, plus fraternelle. On ne peut en prendre les avantages sans lui apporter notre contribution, c’està- dire notre attention, notre participation, notre solidarité. C’est une obligation morale qui s’impose à tous. Cela s’appelle la citoyenneté. De plus, ne pas utiliser la liberté qui nous est donnée, c’est déjà fragiliser l’ensemble de nos libertés.
Peut-être, sommes-nous déçus par cette campagne électorale ? Déçus et quelque peu las car elle nous a paru interminable. Déçus aussi parce qu’au cours de ces mois, de ces longs jours, nous avons vu, entendu, ressenti, exprimé des sentiments qui ne nous honorent pas : mépris, aversion, dérision, haine, mensonges, attaques personnelles, jalousie, diffamation, etc.
Parce qu’aussi, nous avons vu désigner trop de boucs émissaires : les riches, les tire-au-flanc qui profitent des avantages en s’efforçant d’éviter toute contribution, les propriétaires, les patrons, les syndicats. Déçus aussi parce qu’on a lancé trop de menaces, trop d’interdictions.

Relever les nouveaux défis 

Choqués enfin de voir les dures réalités qui nous attendent, dissimulées par toutes ces attaques, de voir aussi tout ce négatif proclamé au nom de la justice, de la liberté, au nom du peuple comme s’il ne devait y avoir qu’une seule voie, un seul choix.
Le philosophe Michel Onfray, dans Le Monde du 18 avril 2012, se fait l’écho de tout ce négativisme. Désabusé, il explique que, dans ces conditions, on peut ne pas voter ou voter blanc. Cependant, il rêve de moins de politique politicienne et de plus de politique citoyenne. Il a bien raison, mais, à notre avis, c’est en stimulant notre désir de liberté responsable – et en en usant –, en participant à la vie de la société, en l’enrichissant de nos diversités, que nous pourrons approfondir notre citoyenneté.
Heureusement, la confrontation des idées n’interdit pas le respect mutuel, la recherche de la concorde n’est pas l’apanage de quelques-uns, mais de tout citoyen digne de ce nom.
La concorde n’est pas le signe de l’affadissement ou de la faiblesse, mais au contraire la condition de l’efficacité. De cette efficacité qui respecte les personnes et se met au service du Bien Commun, de cette efficacité dont notre pays et l’Europe ont tellement besoin.
Voter, c’est déjà contribuer à relever ces nouveaux et considérables défis que le XXIe siècle nous impose à tous !

Comme un héron devant l’urne 


Depuis trois mois dix candidats argumentent, objectent, pilonnent, ripostent, se justifient, mais cela n’enlève pas l’impression que tout file comme du sable entre les doigts. Par bien des points, cette campagne se termine comme elle a commencé. Retour aux arguments les plus sommaires, genre « sortez le sortant », comme si marteler un slogan semblait finalement plus efficace que de défendre un programme.
Dommage d’en rester là car bien qu’ils soient imprécis voire fanfarons, les programmes avaient fini par se dessiner. Sans doute pas des programmes à prendre au pied de la lettre mais au moins des poteaux indicateurs utiles.
On peut les trouver insuffisants, considérer que la campagne électorale n’a pas été à la bonne hauteur. Mais cette déception proclamée est aussi une commodité intellectuelle: il est facile de s’installer dans la posture du sceptique patenté ou du spectateur outré.
Non, programmes et candidats ne sont pas équivalents; ils représentent un large éventail d’options. Fermeture de la centrale de Fessenheim ou pas ? Sortie de l’euro ou pas ? Droit de vote aux étrangers ou pas? OGM ou pas ? Vigilance ou complaisance face aux paradis fiscaux ? Abrogation ou maintien de la réforme des collectivités territoriales ? Abandon ou maintien du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite? Ce sont quelques uns des points à trancher.
On dira que c’est insuffisant en regard des enjeux cruciaux, le chômage et la paupérisation de la classe moyenne. Mais ce n’est pas en rêvant à un président qui aurait le courage de Zorro, la fibre sociale de Robin des Bois et la douceur des Bisounours que l’on avancera.
À force de faire la fine bouche et de dédaigner la politique tel le héron de La Fontaine, on reste les deux pieds dans le même sabot. Pendant ce temps d’autres pays qui se moquent de nos hautes exigences critiques et de notre pessimisme existentiel passent à la vitesse supérieure et nous marginalisent un peu plus sur la scène mondiale. 
Est-ce cela que nous voulons ?

Gauche Bling-bling : Hollande à la Star Ac

François Hollande, le « candidat normal », a décidé de faire appel aux services du coach vocal de la Star Academy, Marco Beacco, pour faire oublier ses problèmes d’élocution. Le petit candidat de la gauche molle se prendrait-il pour une vedette ?

Marco Beacco, ancien professeur branché de la Star Academy, l’émission de télé-poubelle de TF1, dénoncée en cœur par l’ensemble de la caste socialiste, a été engagé par François Hollande pour donner un peu de prestance à sa morne voix.
Le coach des stars suit désormais l’ex de Ségolène sur tous ses meetings, où il prodigue ses conseils de spécialiste. Pour Marco Beacco sa présence auprès du compagnon de Valérie Trierweiler s’explique par « la caractéristique de la voix de François Hollande », qui « est haut perchée ». « Il a tendance à forcer sur les aigus », précise-t-il.
Le manque de charisme et de vision du candidat seront-ils moins visibles sans les cassures dans sa voix quand il essaye de simuler un peu d’enthousiasme ? Rien n’est moins sûr…
Hollande ferait mieux de ne pas dissimuler sa voix de diva et de faire des disques. Il serait tout aussi heureux et confortable qu’à l’Élysée, sa petite amie serait toute aussi fière de son homme et la France pourrait conserver ce qui lui reste de compétitivité…

Merkel se prépare au « pire scénario » en France

Engagée derrière Nicolas Sarkozy, la chancelière n'exclut pas l'échec de ce dernier.

Dimanche Angela Merkel aura les yeux rivés sur la bataille présidentielle française. Jamais aucun dirigeant allemand ne s'était à ce point engagé dans une campagne électorale à l'étranger. La raison est simple: pour la chancelière, en pleine tempête de l'euro, la réélection de Nicolas Sarkozy est devenue un enjeu de politique intérieure allemande. Plus cruciale que n'importe quelle élection régionale outre-Rhin, l'issue du scrutin français sera déterminante pour son propre avenir politique. Consciente que le pari de son allié de l'Élysée est loin d'être gagné, et guidée par sa légendaire prudence, Merkel se prépare cependant à l'éventualité d'une victoire de François Hollande.
«L'élection française, un supplice pour Merkel», annonçait cette semaine l'hebdomadaire Der Spiegel, soulignant le «double risque» auquel est confrontée la chancelière allemande. Si le candidat socialiste l'emporte, elle sera guettée par l'isolement sur la scène européenne. S'il est réélu, le président sortant, armé d'une nouvelle légitimité, sera un allié moins conciliant.

Tacticienne hors pair

S'attirant des critiques jusque dans son propre camp, Merkel avait affiché ostensiblement son soutien à Sarkozy en donnant une interview télévisée à ses côtés en début d'année et en refusant de recevoir François Hollande, alors qu'elle avait rencontré en pleine campagne 2007 Ségolène Royal, candidate du PS. La ­dirigeante chrétienne-démocrate avait même prévu de participer, selon la CDU, à des meetings électoraux de l'UMP, jusqu'à ce que le président français finisse par l'en dissuader.
En dépit des sondages, la coalition de centre droit de la chancelière continue d'espérer que Sarkozy finira par l'emporter à l'arraché. «Si ce n'est pas le cas, le gouvernement fédéral aura un gros problème parce qu'il aura perdu son meilleur allié pour la culture de stabilité de l'euro», souligne le ténor libéral Otto Graf Lambsdorff. Pour Angela Merkel et ses troupes, François Hollande est l'incarnation des sociaux-démocrates dans ce qu'ils ont de plus rétrograde: plus de dépenses publiques, plus de fonctionnaires et plus de dettes.
Pourtant, une distance s'est installée dans le couple «Merkozy» ces dernières semaines. Le cavalier seul du président français sur une sortie des accords de Schengen a irrité la chancellerie. Et le revirement de Nicolas Sarkozy sur le rôle de la Banque centrale européenne pour muscler le soutien à la croissance inquiète Berlin, où la moindre atteinte à l'indépendance de la BCE est un tabou absolu. Mais au-delà de la geste électorale, Sarkozy reste une donnée maîtrisable dans les calculs de Merkel, cette tacticienne hors pair, qui s'est appuyée sur lui pour asseoir son pouvoir en Europe. Hollande à beau l'avertir qu'elle «ne peut être sûre de rien» avec Sarkozy, la chancelière campe sur une certitude: l'élection du candidat socialiste serait le pire scénario pour elle.

Discipline budgétaire

Cela ne l'empêche pas de s'y préparer. L'entourage de la chancelière sonde l'équipe de Hollande sur ses réelles intentions, notamment le très germanophile Jean-Marc Ayrault. Les proches de ­Merkel espèrent que s'il arrivait au pouvoir, Hollande serait «dégrisé par la situation économique réelle de la France». Après tout, le couple franco-allemand a souvent fonctionné à rebours des affiliations politiques… La complicité de Schmidt-Giscard, Kohl-Mitterrand, Chirac-Schröder n'a rien à envier à celle du couple ­«Merkozy».
Cependant, Berlin peine à digérer l'intention affichée par Hollande de renégocier le pacte européen de discipline budgétaire, imposé à grand-peine par Merkel, pour y inclure des mesures en faveur de la croissance. Son soutien aux eurobonds risque de relancer le débat européen sur cette question et d'isoler la chancelière, pour laquelle ces obligations sont une incitation à ne pas se soumettre à la discipline budgétaire. Pis: l'arrivée au pouvoir des socialistes en France risquerait de remettre en selle les sociaux-démocrates allemands, que la chancelière pensait pouvoir maîtriser en vue d'une réélection lors des législatives allemandes de septembre 2013.

La gauche et ses féodalités locales

Une des caractéristiques de la France contemporaine est le poids qu’y ont pris, pour le meilleur et pour le pire, des suites de la décentralisation, le monde des élus locaux et une fonction publique locale pléthorique.
Le vieux pays jacobin des poncifs journalistiques est devenu à peu près le contraire de ce qu’il était : « La France apparaît comme le pays le plus décentralisé d’Europe, celui où le contrôle administratif est le plus faible, où la marge de manœuvre en matière d’acquisition et d’utilisation des ressources financières est la plus large, et celui où les élus ont la plus grande liberté pur exercer les compétences locales. » (Jacques Ziller[1] ).
Le pouvoir local est renforcé par le cumul des mandats nationaux et locaux qui a ses avantages : une plus grande proximité des réalités de terrain chez les politiciens nationaux, mais aussi ses inconvénients : l’existence de baronnies locales quasi-inexpugnables entre les mains d’hommes qui sont  à la fois députés, sénateurs, maires des grandes villes, présidents des conseils régionaux et généraux et surtout "parrains" de la fédération locale du parti majoritaire dans le département et donc, de ce fait, maîtres des investitures avec droit de vie et de mort sur la carrière des jeunes. Aucune réforme qui toucherait à leurs privilèges n’aurait de chances d’être votée par le Parlement[2].
Cette classe politique professionnelle est ce qu’Yvan Stefanovitch appelle la "caste des 500"[3]. C’est à tort qu’on la confond avec les 618 384 élus locaux qui composent les conseils municipaux de 36 761 communes que compte notre pays. Ces élus, pour la plupart bénévoles, sont même sous le contrôle de plus en plus étroit des premiers, les réformes successives aggravant le problème au lieu de le résoudre.
De manière significative, la projet socialiste veut revenir sur les réformes de Nicolas Sarkozy qui avaient tenté, d’ailleurs maladroitement, d’écorner ces privilèges, en fusionnant région et département, mais ne touche pas à celles qui les renforcent, tel l’alourdissement des structures intercommunales.
La décentralisation, d’où procède l’émergence de ces caciques locaux, a certes des avantages : un pays bien équipé, des villes de plus en plus belles (malgré quelques réalisations de mauvais goût) , un réseau routier local étroitement maillé, des services publics locaux nombreux et de qualité.
Mais elle a aussi des inconvénients : la hausse des prélèvements obligatoires où la part des collectivités locales est passée de 4 % à plus de 10 %, en seulement trente ans. Au même moment, la part de l’État  (environ 20 %) qui aurait dû diminuer à due proportion s’est maintenue. Celle de la Sécurité sociale a cru en fonction de la démographie.

Par derrière ces chiffres, d’innombrables doublons et une bureaucratie locale qui n’a plus rien à envier désormais à la bureaucratie d’État.
Mais bien pire est le développement d’une corruption étendue qui s’exerce notamment au travers des marchés publics et dont certaines affaires n’ont montré que la face immergée.
Dans ce développement d’une classe politique locale toute puissante, la gauche a eu plus que sa part.
Sans doute les lois Defferre de 1982-1983 répondaient-elles à une nécessité : la décentralisation était devenue indispensable. L’engorgement de l’État, du fait de l’extension considérable de ses compétences, appelait une redistribution du pouvoir.
Si le principe n’est pas en cause, les modalités en furent extrêmement discutables : la préparation du projet fut confiée à un jeune fonctionnaire du Conseil d’État  qui se contenta d’appliquer des schémas scolaires où le juridisme abstrait eut plus de part que le sens des réalités.
On mit ainsi fin à ce que les juristes tenaient pour une anomalie : la double fonction du préfet, à la fois représentant de l’État  et exécutif du conseil général. Cette construction quelque peu bâtarde, insatisfaisante pour les esprits étroits, ne présentait cependant aucun inconvénient réel : elle avait un caractère éminemment pragmatique et il était possible d’accroitre les pouvoirs des élus locaux sans la remettre en cause.
Le nouveau système eut au départ peu d’inconvénients : on se contenta de couper en deux les préfectures ; mais il enclenchait une logique qui se traduisit au fil des années par le dédoublement coûteux de l’ensemble des administrations : équipement, santé, culture. A concepts trop simples, réalité compliquée, comme il arrive souvent.

La gauche et sa maladie des dépenses publiques

Un autre handicap de l’économie française est le poids excessif des dépenses publiques et, en conséquence, des prélèvements obligatoires
C’est à tort que certains idéologues néo-libéraux imputent ce poids au « modèle social français », supposé issu du programme du Conseil national de la Résistance, enfant monstrueux, disent-ils, de la collusion du gaullisme et du communisme. Contre ce fantasme giraudiste, on rappellera que ledit modèle fonctionnait dans les années cinquante, avec une France beaucoup plus pauvre et 35 % du PIB (contre 56 % aujourd’hui).
Enrayer cette propension exagérée à la dépense publique est beaucoup plus facile en période de croissance : il suffit de ne pas alourdir les charges pendant que les recettes fiscales augmentent et rendre aux contribuables une partie des rentrées fiscales supplémentaires.
Mais encore aurait-il fallu qu’un gouvernement le veuille.
Par quelle ironie du sort, ces périodes de croissance économique ont-elles coïncidé au cours des vingt dernières années, avec la venue de la gauche au pouvoir ?
Ce ne sont pas les mérites de la gauche qui sont en cause, les taux de croissance étant largement tributaires de cycles internationaux. Si une politique peut les favoriser, elle n’agit qu’avec retard. Les gouvernements de gauche ont ainsi profité des politiques des gouvernements précédents. A l’inverse, la récession dont a pâti la droite ensuite est l’effet direct de la politique du franc fort de Bérégovoy.
C’est ainsi que Rocard bénéficia de 1988 à 1991 d’une belle croissance économique (2,7 % par an en moyenne), qui lui aurait permis de ramener à une part raisonnable du PIB la dépense publique, tout en préservant les dépenses en cours. Gravement coupable à cet égard, Rocard profita de cette manne pour engager des dépenses nouvelles : les unes légitimes, comme le RMI ;  d’autres plus discutables comme une augmentation très politique des traitements des enseignants : on ne prit même pas la peine de leur demander des contreparties comme une plus grande implication dans la vie de l’école (par exemple un temps de tutorat). C’est en raison de la conjoncture dont il a profité que Rocard a laissé le souvenir, à tort, d’avoir été un premier ministre convenable, jusqu’à être applaudi dans les assemblées du MEDEF. On ne s’est pas demandé ce que cette conjoncture devait au coup de fouet que la politique de Chirac avait donné à l’économie entre 1986 et 1988.
La droite revenue au pouvoir pour quatre années difficiles (1993-1997), avec 1,1 % en moyenne, l’expérience se réédita entre 1997 et 2002. Jospin bénéficia à nouveau d’une conjoncture favorable -ce qui rend d’autant plus regrettable pour la droite la dissolution de 1997- et n’en profita nullement pour réduire le poids des charges publiques ou l’endettement, déjà lourd. Le supplément de rentrées fiscales fut fâcheusement assimilé à une "cagnotte" qu’il s’agit de dépenser, alors qu’il eut été bien plus judicieux de la rendre au contribuable français, déjà trop lourdement imposé.
Il en va de même de la dette publique. Son évolution depuis 40 ans est significative. Relativement contenue entre 1970 et 1981, elle s’accroit ensuite sensiblement. Cet accroissement est certes imputable à toutes les majorités, jusqu’en 2012, mais la gauche y a pris largement sa part.

Devoir électoral


Dimanche, les Français sont appelés aux urnes pour contribuer, chacun avec l’infime parcelle de pouvoir que lui donne son bulletin de vote, à définir l’avenir de la France. Quelle France ?
— La France où nous sommes, par la volonté et par la faute de ceux qui la gouvernent, est celle dont les lois, la politique étrangère, le visage « multiculturel », les moindres règlements et jusqu’à la taille des fosses septiques ont été largement laissés au pouvoir de l’Europe. L’Europe, cette Europe-là, ne se soucie pas du bien commun national de la France. Ceux qui gouvernent à Bruxelles ne se soucient pas davantage de la loi naturelle : ce minimum qu’il faudrait aujourd’hui, à partir de l’héritage européen chrétien commun, faire fructifier pour retrouver la sève de nos racines, la vie, en somme. C’est la France gangrenée par le nihilisme qui gomme les différences : entre les peuples, les cultures, les religions, et même les sexes.
— Ou bien la France française, libre et souveraine. Où tant de choses sont à restaurer. C’est aujourd’hui une France qui tolère le génocide de ses enfants à naître, où le pouvoir a laissé à la gauche, depuis des décennies, la haute main sur la culture et l’éducation, jusqu’à empêcher quasiment partout la transmission de ce qui fait la vie de cette nation choisie. C’est une France où l’histoire n’est plus partagée, où le sentiment patriotique est de plus en plus incompris, où l’intelligence elle-même est saccagée. Mais une France qui peut renaître à condition d’être elle-même.
Les Français voteront dimanche et leur devoir électoral, qu’ils en soient conscients ou non, sera de choisir le bien pour une communauté de destin qui s’appelle la France : pour eux-mêmes, et pour leurs enfants. Nos enfants.
Ce devoir comporte un devoir de mémoire : pas seulement la mémoire d’un patrimoine à sauvegarder (et encore davantage, à faire revivre), mais la mémoire du mal qui a été fait à la France par ceux qui l’ont bradée.
Mais aussi un devoir de lucidité. Si le résultat sorti des urnes dimanche soir ne laisse pas espérer cette restauration de la France française, ce ne sera pas totalement inattendu. Et il restera à sauver ce qui peut l’être.
De nombreux lecteurs m’ont fait part de leur colère d’avoir « laissé passer » la chronique de Jacques Trémolet de Villers ( a lire dans Présent aujourd'huj) annonçant son intention de voter, au premier tour, pour Nicolas Sarkozy. Il n’a pas donné de consigne de vote. Il a exprimé une opinion de chroniqueur, dans un journal d’opinion, à un moment de l’histoire du mouvement national français qui s’avère tourmenté et difficile, et où lui est laissée la liberté de traduire sa vision de choses.
On est d’accord ou on ne l’est pas. Mais cette chronique ne fait pas de Présent un journal « qui roule pour Sarkozy ». Présent est même le seul quotidien où le vote « national » n’est pas présenté comme une honte ou un choix extrême, mais comme un pas raisonnable vers la reconquête nécessaire des droits de la France.
Mais la chronique de Jacques Trémolet de Villers est le reflet d’une désunion de ce mouvement national cristallisée dans la déception d’une partie de son électorat historique qui se reconnaît souvent mal dans les choix laïcistes et un certain « gauchissement » du discours électoral de Marine Le Pen. Il n’est pas tabou de le dire, même « chez nous », surtout pas « chez nous ». Il n’est pas inutile, il n’est pas interdit de réclamer, à temps et à contretemps, les vraies solutions pour la France. Aux uns comme aux autres. Et chaque électeur du mouvement national, avec son infime parcelle de pouvoir, a ce souci premier.
Ne nous divisons pas davantage. La division, cette division parmi les Français est le fruit empoisonné d’un système qui les oppose les uns aux autres parce qu’il faut choisir un camp et un bulletin de vote. La renaissance française a besoin, aussi et peut-être surtout, de l’amitié française.