TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

mercredi 15 février 2012

Nicolas Sarkozy peut-il battre François Hollande?

En se déclarant officiellement candidat, le président entre dans la bataille pour tenter de combler son retard. Il est résolu à dégainer l'artillerie lourde. Cette fois, la campagne est lancée, à droite comme à gauche. 
Des marchés financiers apaisés, une conjoncture plus calme et, surtout, une amélioration de l'emploi pour la rentrée: quand Nicolas Sarkozy part en vacances, en août 2011, il mise sur un climat favorable pour sa précampagne présidentielle. Quelques jours plus tard, il rentre à Paris pour une rencontre avec Angela Merkel: la crise frappe de nouveau. 
Et c'est tout son calendrier qu'il doit repenser. Autant il a déjà en tête la stratégie des valeurs qu'il compte dégainer quand sa candidature deviendra une évidence, autant il va lui falloir improviser une politique en réaction à la conjoncture. Parfois, il hésitera - par exemple, sur la TVA sociale. Parfois même, il se trompera: le discours de Toulon, conçu pour mettre en scène le président sauvant la France de la crise, n'aura pas les conséquences espérées. 
Quand 2011 s'achève, une évidence s'impose: avant même d'avoir commencé, sa campagne est contrariée. Seule la gauche est alors susceptible de redonner le moral à des troupes UMP proches de l'abattement. Passé l'euphorie de la primaire, elle y réussit par quelques couacs retentissants. "Si François Hollande voulait nous aider, il ne s'y prendrait pas autrement", s'exclame François Fillon, juste après le cafouillage du PS sur le quotient familial. Voilà les élus, quelque peu requinqués, qui se bousculent pour intégrer la cellule Riposte.  
"Tu n'as qu'à faire deux réunions par semaine !" suggère le chef de l'Etat à Brice Hortefeux. L'annonce d'une TVA sociale, le 31 décembre, doit servir à Nicolas Sarkozy de dernier contre-feu pour éviter la dégradation de la France par les agences de notation et écarter tout risque d'un troisième plan de rigueur, a-t-il expliqué à des élus. Le 1er janvier, il juge que ses soutiens n'assurent pas assez le service après-vente de ses annonces. Un député, sollicité par le conseiller aux affaires parlementaires de l'Elysée, Olivier Biancarelli, rédige un communiqué... dans une station à ski, à une terrasse de restaurant, à 3 000 mètres d'altitude. 
Rester maître de tout, du calendrier et des idées : telle est l'obsession du président candidat. "Il n'y a rien dans le projet, c'est très bien comme ça", dit-il à propos du projet de l'UMP, qu'il conçoit surtout comme un écran de fumée pour ménager l'effet de surprise.  
Les états d'âme ne sont pas le genre de la maison
Mais, le 13 janvier, le train déraille, avec l'annonce par l'agence de notation Standard & Poor's de la perte du triple A. Deux jours plus tard, en visite à Amboise, Nicolas Sarkozy affiche sa mine des mauvais jours. Avant son discours, il retrouve dans la loge les ministres et les locaux de l'étape. Il prend à part Hervé Novelli - le député a le malheur de compter parmi les amis d'Alain Madelin, que le président a vu quelques jours plus tôt. "Alain, il est vraiment insupportable. Il n'a rien compris. La dérégulation, c'est ce qui nous a amenés là", s'emporte-t-il, sans même chercher la conversation. 
A son retour à Paris, toujours énervé, il reçoit Jean-Louis Borloo. A trois jours du sommet social, l'ex-candidat putatif à la présidentielle pense tenir sa revanche de l'automne 2010, quand Matignon lui échappa. "La ligne Borloo contre la ligne Buisson !" confie l'ancien ministre, sûr de son fait. Peine perdue. Nicolas Sarkozy optera pour des solutions différentes de celles préconisées par le président du Parti radical.  
Des bas, des hauts. Le 16 janvier, Nicolas Sarkozy s'envole pour aller recevoir la Toison d'or à Madrid. Dans l'avion, la bonne nouvelle tombe : l'agence Moody's se donne un nouveau délai pour décider de mettre, ou non, le triple A de la France sous perspective négative. "Yes !" s'écrie le chef de l'Etat, joignant le geste à la parole. L'argument servira à contrebalancer la dégradation par Standard & Poor's. 
Mais les doutes sont loin d'être balayés. Il n'a pas échappé au président que, depuis plusieurs semaines, le centriste Pierre Méhaignerie boude les petits déjeuners de la majorité. Les états d'âme ne sont pas le genre de la maison Sarkozy. "Avant une réunion avec lui, dans l'antichambre, on se dit que nous n'avons aucune chance; et on repart rassérénés et on ne réenvisage la défaite que deux jours plus tard, quand l'effet vitamine C s'est dilué !" admet un responsable de l'UMP.  
"Tes voyages en province, ce sont des émissions de télé"
Chaque semaine, le chef de l'Etat reçoit les ténors de la droite. "Tes voyages en province ne sont pas des voyages en province, ce sont des émissions de télé, lance une fois Jean-Pierre Raffarin. Tu aimes la politique, mais tu ne dis pas aux Français que tu les aimes." Un autre jour, c'est Alain Juppé qui intervient: "Tu sous-estimes Marine Le Pen. Isabelle [NDLR: la femme du ministre des Affaires étrangères] me dit qu'elle fait des dégâts terribles dans le public féminin." 
Le 29 janvier, le président s'invite à la télévision. Au-delà des annonces, l'émission est jugée décisive: l'audience est au rendez-vous - "Ce n'était pas glamour et, pourtant, seulement 300 000 personnes ont décroché", se réjouira le président en privé -, les études qualitatives réalisées par l'Elysée sont jugées encourageantes. A compter de ce jour, les conseillers du chef de l'Etat considèrent qu'une attente est créée autour du candidat.  
Dès lors, tout s'emballe. Nicolas Sarkozy n'attendra pas mars. Il a personnellement veillé à ce que le Sénat, passé à gauche, adopte le droit de vote des étrangers aux élections locales, s'assurant auprès d'élus de l'UMP que rien n'entravera le scrutin. Ce sera une munition pour la suite. Pour parler des valeurs et s'adresser en priorité aux 31 % de Français ayant voté pour lui au premier tour en 2007, un média s'impose, le Figaro Magazine. Avant la déclaration de candidature, rassurer son électorat, pour se consacrer ensuite au face-à-face avec Hollande - "Mon problème n'est pas d'attaquer son programme, c'est de montrer qu'il se trompe de diagnostic." 
Cette séquence-là a été pensée depuis longtemps. Avec une idée majeure, défendue aussi par Patrick Buisson, homme clef de la campagne: dès lors que les Français ont l'impression de perdre de la souveraineté, il faut leur rendre du pouvoir, via le référendum. Peu importe, aux yeux du président, qu'il explique le contraire de ce qu'il disait il y a cinq ans (dans une interview à L'Express en mars 2007): "Croyez-vous que, si je suis élu, je vais aussitôt dire aux Français: "Excusez-moi, j'ai besoin de vous demander votre avis sur un autre sujet?"" 
De toute manière, avec Nicolas Sarkozy, le bruit suscité est toujours supérieur à ses propres mots. Il ne s'engage pas à organiser deux référendums sur le chômage et l'immigration, il se contente d'en agiter l'hypothèse. Des élus modérés, comme l'ancien ministre Dominique Bussereau, sont au bord de la rupture et ne se rassurent qu'en lisant le texte de l'entretien. Le débat s'enflamme. Hollande veut transformer la présidentielle en un référendum sur Sarkozy? "Chiche, nous aussi allons y recourir, mais sur les idées", décrypte un proche du chef de l'Etat. "En balayant l'idée, Hollande a balayé le peuple", espère un autre. 
Jouer le peuple contre le système a toujours constitué une ligne directrice pour le président. "Les candidats de l'élite, Jospin et Balladur, ont tous échoué", relève-t-il, au moment où le Figaro Magazine sort dans les kiosques. "Tu as vu le sondage?": selon TNS-Sofres pour i-Télé, 63% des Français approuvent le référendum sur les chômeurs, et le chiffre n'a pas échappé au président. Si ses propositions sur d'autres sujets sont moins bien perçues, il écarte l'objection. "Je pense que lui se fiche un peu du mariage homo, mais il veut les catholiques", note un fidèle. Les sarkozystes ont aussi relevé que, sur ce point comme sur l'euthanasie, le socialiste se montrait "très permissif": le candidat UMP ne manquera donc pas de le tacler.  
"Je dois être un produit neuf"
"Les idées me protègent", a l'habitude de dire ce président si mal aimé. Jusqu'à quel point doit-il néanmoins parler de lui, pour réparer ses erreurs? Nicolas Sarkozy a cherché à rassurer les députés qu'il reçoit : "Ne croyez pas que personne ne me rappelle les conneries que j'ai faites." En janvier, il a terminé la première version d'un livre, poussant loin, très loin, l'analyse personnelle. C'est à Emmanuelle Mignon, son ancienne directrice de cabinet du début du quinquennat, revenue dans le premier cercle, de retravailler le texte. 
Le sortant a prévenu ses proches: "Je dois être un produit neuf." Pour cela, il prônera le changement du modèle tout entier. Pas une mince affaire: "Un match à deux, en quinze jours, ce n'est pas gagnable, il faut deux mois et demi, indique Sarkozy en petit comité. Hollande n'a pas de puissance personnelle, il ne supportera pas un long face-à-face." Cette fois, le moment d'accélérer est venu, en avance sur le calendrier prévu, et malgré les mauvaises surprises, comme le rejet, le 13 février, de la TVA sociale par la commission des finances de l'Assemblée nationale. "Je ne peux pas vous en dire plus, excusez-moi, mais je suis assez content de la manière dont je vais me déclarer." 

Président-candidat, candidat-président 


Un suspense insoutenable pour nous. Quasi surhumain, intellectuellement parlant, pour lui. Hier, Nicolas Sarkozy, au prix d'un ultime effort, n'a pas prononcé le mot, la formule qui aurait officialisé sa candidature. C'est donc ce soir, de la manière la plus classique qui soit, un « 20 Heures », sur la chaîne la plus regardée, que le non-événement deviendra événement. Au sens où sa déclaration le plongera réellement dans l'arène pour un choc, qu'on peut présumer frontal, face à François Hollande. Ce moment de télévision ne changera rien pour les Français. Le président deviendra juste candidat à plein temps, en affrontement direct avec le favori des sondages. Tel est - un duel qu'il aborde paradoxalement en challenger - le but recherché. Car le « teasing » nous a déjà beaucoup appris de ses intentions. Nicolas Sarkozy a préempté le côté droit, et même droitier, de l'échiquier politique. Il veut parler au peuple, labourer le terrain des valeurs, ressusciter le bon vieux clivage droite-gauche. Il y avait urgence à sortir du bois. Son accélération renvoie à une inquiétude, un péril. Il doit maintenant renverser la vapeur, restaurer le lien de confiance, reconquérir un électorat déçu ou tenté par Marine Le Pen. Son talent politique ne sera pas de trop ; sera-t-il suffisant ? Il a été l'homme de la rupture mais n'incarne plus le changement. On ne doute pas qu'il sonne la charge contre Hollande, surprenne, mouille la chemise, au fond qu'il réponde à l'impatience des troupes UMP. Mais la question est autre : comment créer le nécessaire électrochoc ? Elle est de savoir, pour paraphraser la chanson, si les Français ont encore envie d'avoir envie de lui...

Présidentielle 2012 : Sarkozy, l'homme qui ose, souffre et fonce

Président « bling bling » en 2007, Nicolas Sarkozy, à l'épreuve du pouvoir et de la crise, est devenu, en 2012, plus grave, voire plus « sage ». Reste tout de même un tempérament qui le pousse à bousculer, au risque de heurter parfois. Portrait.

« Si on perd, ce sera à cause de ça... », soupire un membre de l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy. « Ça », c'est, à l'initative de Cécilia, la réunion au Fouquet's avec un petit cercle de grands patrons le soir de la victoire de 2007 pendant que le peuple patientait à la Concorde. « Ca », c'est le « bling bling » (Ray-Ban et vacances de milliardaires) du début de son mandat, c'est l'image de « président des riches » qui lui colle à la peau.

« Ça », c'est aussi, tout simplement, la personnalité de Nicolas Sarkozy: son style décomplexé d'homme qui ose tout, sa conviction inébranlable qu'il est capable de renverser des montagnes à lui tout seul, cette énergie boulimique qui lui a permis de mener à bien de nombreuses réformes, mais qui a souvent bousculé et parfois heurté les Français. Cinq ans plus tard, alors que Sarkozy se lance dans la bataille pour un nouveau mandat, cette personnalité-là est son premier handicap... et sa grande force.

"Jamais tu ne réussiras", lui lance son père

Cette volonté sans faille est sans doute née d'une enfance que Sarkozy n'a pas aimée. Né le 28 janvier 1955 à Paris, il est le fils d'Andrée (qu'il surnomme affectueusement « Dadu ») et de Pal Sarközy de Nagy-Bocsa, un immigré hongrois, père volage et absent. « Avec le nom que tu portes et les résultats que tu obtiens, jamais tu ne réussiras en France », lance Pal à ce fils dont il juge les résultats scolaires médiocres. Moqué pour sa taille, le jeune Nicolas, bien qu'élevé dans la commune hyper-bourgeoise de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), « se considérait comme un pauvre au milieu des riches », résume Patrick Devedjian. Le « petit Français au sang mêlé », comme il se définira lui même en 2007, se réfugie auprès de son grand-père, et attend sa revanche.

Le jeune militant RPR, avocat de formation, prendra une première revanche dès 1983 en enlevant, à seulement 28 ans et à la surprise générale, la mairie de Neuilly à Charles Pasqua après le décès d'Achille Peretti. Une victoire au culot, déjà. Dès lors, son ascension est aussi rapide qu'irrésistible. Elu député des Hauts-de-Seine en 1988, il reprend les rênes du RPR en 1999, en pleine campagne européenne, après la démission fracassante de Philippe Séguin. Il se jette dans la bataille, persuadé qu'il peut changer à lui tout seul le cours électoral. La défaite sera d'autant plus cinglante.

"Le petit salaud", s'exclame Bernadette

Si le jeune Sarkozy est entré en politique par admiration pour Jacques Chirac, qui fera de lui un de ses intimes, c'est Edouard Balladur qui le fait ministre en 1993: à seulement 38 ans, il hérite du Budget et devient porte-parole du gouvernement. Il rompt alors avec Chirac pour miser sur Balladur à la présidentielle de 1995. En campagne, tous les coups sont permis pour celui qui devient le porte-flingue du Premier ministre. Les Chirac en garderont une rancoeur tenace contre celui que Bernadette, à l'éoque en colère, baptisera « le petit salaud ». Balladur éliminé, Sarkozy entame une traversée du désert qui ne s'achèvera vraiment qu'en 2002.
Après bien des hésitations, Jacques Chirac le nomme alors ministre de l'Intérieur. Sarkozy ne laisse pas passer sa chance: il se démultiplie et adopte un discours sécuritaire musclé. Les Français applaudissent. En quelques années, le « premier flic de France » s'impose comme le candidat naturel de la droite, envers et contre la Chiraquie. Candidat de rupture par rapport à un Chirac vieillissant (traité de « roi fainéant »), « Sarko » défend les valeurs d'une droite décomplexée. En 2004, l'Elysée ne parvient pas à l'empêcher de prendre les rênes de l'UMP. Dès lors, plus rien -pas même son adversaire socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal- ne pourra stopper le candidat du « travailler plus pour gagner plus »: il est élu triomphalement le 6 mai 2007 (avec 53% des voix).

"Il a souffert comme j'ai rarement vu souffrir un homme"

Mais la victoire est amère: Sarkozy entre à l'Elysée quand son épouse Cécilia le quitte. Tout au long de cette campagne, « il a souffert comme j'ai rarement vu souffrir un homme » , confiera son amie Isabelle Balkany. C'est d'ailleurs Cécilia, qui refusait obstinément de sortir de chez elle, que le président-élu attendit désespérément au Fouquet's au soir de le victoire.

Président jeune et moderne, Sarkozy introduit d'emblée une rupture radicale de style à l'Elysée. Il s'affiche en short grimpant quatre à quatre les marches du Château après son footing quotidien, s'accorde (sous couvert de rationaliser le budget élyséen) une confortable augmentation de salaire, n'hésite pas à rabrouer un râleur d'un « casse toi pov' con ». En l'espace de seulement quelques mois, il divorce de Cécilia, et tombe amoureux de Carla Bruni, ex-mannequin devenue chanteuse (qu'il épousera en février 2008). Le 19 octobre 2011, il devient aussi le premier président en exercice à avoir un enfant avec la naissance de Giulia.

Parallèlement, Sarkozy enchaîne les réformes à un rythme endiablé: paquet fiscal, service minimum, autonomie des universités, RSA, carte judiciaire... Un vrai tourbillon politique. « Hyperprésident » par tempérament, il ne laisse guère d'espace à ses ministres ni même à son Premier ministre François Fillon, relégué au rang de « collaborateur ». Le ministre centriste Maurice Leroy s'avoue bluffé par le « travail colossal » qu'il abat. « Quel que soit le sujet, il est toujours au moins aussi calé que le ministre en charge du sujet ».

Ses colères sont terribles

Mais Sarkozy n'est pas tendre avec son équipe: ses colères sont terribles, et il traite régulièrement ses ministres de « nuls ». Résultat: aucun membre de son entourage n'osera le mettre en garde lorsqu'il s'obstine à vouloir nommer son fils Jean à la tête de l'Epad (Etablissement public d'aménagement de la Défense), une promotion-éclair qui scandalise les Français. Il finira par reculer, mais les dégâts dans l'opinion sont considérables. Et durables.

« C'est avec la crise qu'il a intériorisé la fonction, il est devenu plus grave », se souvient une ministre. Celui qui aime bousculer est à son tour surpris par l'effondrement financier et bancaire mondial provoqué par la faillite de Lehman Brothers fin 2008. Dans la tourmente, ses qualités d'énergie et d'initiative font merveille pour mettre sur pied un plan de sauvetage européen des banques. Mais la crise va le contraindre à renoncer à la plupart de ses objectifs de 2007.

Il modère sa consommation de chouquettes

Plus grave, Sarkozy se cultive aussi, sous l'influence de sa nouvelle épouse. Celui qui se moquait des lecteurs de la « Princesse de Clèves » en 2007 dîne désormais régulièrement avec des intellectuels, étale ses lectures ou ses goûts cinématographiques. Toujours adepte du jogging et du vélo, il surveille sa ligne en modérant sa consommation de chocolat et de chouquettes, ses deux péchés mignons. Il se couche tôt, « une vraie vie d'ascète, pas du tout 'bling bling'», sourit Alain Carignon, un de ses visiteurs réguliers. Il reçoit beaucoup, « écoute tout le monde, mais décide tout seul », comme le résume le président (UMP) de l'Assemblée Bernard Accoyer. A l'Elysée, Sarkozy a désormais appris à se taire, aussi.

Pour autant, a-t-il un temps envisagé de ne pas se présenter pour un second mandat, de quitter la politique pour « faire du fric » comme il en caressait l'idée en 2008? Ministres et proches sont formels: pas une seule seconde. C'est mal le connaître. « La campagne de 2007, il l'a gagnée tout seul, se souvient Chantal Jouanno. Et cette fois encore, il est convaincu qu'il pourra tout renverser ».


La France fait mieux que l'Allemagne fin 2011

L'activité en France a crû de 0,2% au quatrième trimestre, alors qu'en Allemagne, elle a reculé de 0,2%. Mais sur l'année 2011, la croissance française atteint +1,7%, soit moins que les +3% enregistrés outre-Rhin.

Face aux remous provoqués par la crise de la zone euro, l'économie française a résisté. Elle a enregistré une croissance de +0,2% au quatrième trimestre 2011, après +0,3% au troisième, rapporte l'Insee ce mercredi. Sur l'année, l'activité progresse de +1,7%. «Un chiffre conforme à la prévision du gouvernement publiée en août dernier», souligne le ministre de l'Économie François Baroin.
Composant le plus dynamique de la croissance au quatrième trimestre, l'investissement des entreprises non financières a progressé de +1,4%, après un recul les trois mois précédents. «L'investissement des entreprises accélère fortement alors que l'emploi se replie, relève Philippe Waechter, chef économiste chez Natixis AM. Cela est contradictoire à court terme.» L'économie française a détruit 31.900 emplois durant les trois derneirs mois de l'année.

Après Boutin, Morin ? 

D’inébranlables convictions motivaient sa candidature, malheur à qui oserait l’entraver. En bloquant les indispensables parrainages, par exemple… Elle menaçait alors de disperser l’UMP, façon puzzle, aux quatre coins du cher et vieux pays. L’Élysée tremblait, le camp majoritaire claquait des dents. L’ennemie intime, forte de 0,5 % d’intention de vote, allait faire sauter la baraque. Dieu merci, la paix revient. L’aigle vengeur rentre au bercail sur les ailes d’une colombe. Christine Boutin avait promis “la bombe atomique”, un écran de fumée suffira. Elle se range aux côtés de Nicolas Sarkozy. Après tant d’anathèmes, la voici en solennelle communion avec le président. Par quel miracle ? “En refusant le mariage gay et l’euthanasie, il a rejoint les valeurs que je porte”. C’est le chef de l’État qui se rallie à Christine Boutin, et non l’inverse ! La démocrate-chrétienne peut donc “manger son chapeau” en gardant la tête haute. Saluons l’acrobatie. On attend désormais les nobles raisons qu’invoquera Hervé Morin pour justifier son renoncement. Le centriste s’apprêterait, à son tour, à se désister en faveur du champion de la droite. On l’a pourtant entendu, l’air martial, jurer dix fois plutôt qu’une : “J’irai jusqu’au bout”. Civile ou militaire, la retraite en rase campagne reste un exercice périlleux. L’ex-ministre de la Défense devra trouver les mots pour justifier ses contradictions tactiques. Parce que la troupe, derrière, commence à fatiguer…

Style  

Notre Président est devenu un candidat. Ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Je n’ai pas changé, j’ai appris, nous dit-il. Pour porter sa parole de candidat, il a choisi une femme jeune et belle, Nathalie Kosciusko-Morizet. Comme l’était (et l’est toujours) Rachida Dati en 2007. Mais la porte-parole d’aujourd’hui est diplômée de Polytechnique, petite-fille d’un Ambassadeur de France issu de la noblesse polonaise. Celle d’hier, fille de maçon marocain, n’avait qu’une maîtrise de sciences économiques… C’est là peut-être la marque de cinq années au pouvoir : le temps n’est plus à bousculer les vieilles élites, à imposer la belle et rebelle Rachida aux magistrats, mais à rassurer avec la diaphane Nathalie. Cela n’interdit certes pas de poursuivre la rupture – mais nous savons depuis hier qu’elle n’aura plus le même visage, ni le même style.

Pourquoi l'Allemagne inspire la France 

 En France comme en Allemagne, le soutien apporté par Angela Merkel à Nicolas Sarkozy a été beaucoup commenté. Si l'on se rapporte à un sondage publié en janvier 2012 par l'Ifop, la stratégie de rapprochement du président de la République avec la chancelière allemande peut être considérée comme un pari calculé. 86 % des Français et 79 % des Françaises ont en effet une bonne image de l'Allemagne. 74 % pensent qu'elle obtient de meilleurs résultats que la France dans la gestion de l'économie. Et 62 % considèrent que notre pays devrait s'inspirer davantage du modèle économique et social de son voisin. 

Ce sondage montrait aussi que les Français qualifient désormais moins la relation avec l'Allemagne avec les mots « amitié » ou « confiance » qu'avec celui de « partenariat ». En quelque sorte, à mesure que les souvenirs de la guerre et de la réconciliation s'éloignent, les Français ont une conception plus utilitariste et fonctionnelle de la relation franco-allemande. Ils savent que tout n'est pas rose outre-Rhin : la société est vieillissante, les politiques familiales sont beaucoup moins incitatives qu'en France, il existe une importante catégorie de travailleurs pauvres, rémunérés moins de cinq euros l'heure. 

 Cependant, l'Allemagne a une force : elle peut annoncer un chômage inférieur de moitié à celui de la France ; ses industriels exportent des produits de haute technologie dans le monde entier ; son système scolaire laisse beaucoup moins de jeunes sur le bord de la route. Et cela, les Français en sont aussi conscients et aimeraient s'en inspirer. Un récent séjour en Pologne (pays qui a une histoire encore plus douloureuse que la France avec l'Allemagne) m'a permis d'observer les mêmes perceptions. L'Allemagne apparaît là-bas (notamment aux plus jeunes qui n'ont pas connu le communisme) comme le « pays sérieux » qui sait trouver les compromis internes pour s'en sortir. Comme l'a bien observé Jacqueline Hénard, correspondante à Paris du Frankfurter Allgemeine Zeitung, il en découle en Europe un « leadership de fait » de l'Allemagne, que celle-ci n'a pas forcément cherché à susciter. 

 Alors essayons, nous aussi, Français, de nous montrer attractifs. Soyons conscients que la crédibilité de notre pays ne saurait se limiter au champagne et aux parfums. Elle nécessite un renouveau complet de l'économie qui implique un assainissement des dépenses publiques, une réorientation de nos industries vers le haut de gamme, et une réforme de notre marché du travail et de notre fiscalité. En gros, ce que les Allemands ont fait au cours des dix dernières années. Mais sommes-nous capables d'assumer de tels choix qui requièrent une croyance dans le compromis et une inscription dans la durée ? C'est toute la question. Le sociologue Raymond Aron regrettait souvent que la politique soit considérée, par beaucoup en France, comme un enchantement. Il y opposait la tradition wébérienne allemande selon laquelle la politique serait, au contraire, l'art collectif de trouver les meilleurs compromis pour résoudre des problèmes. En 2012, cette conception de la politique permet aux Allemands d'être plus sereins. Cela explique d'ailleurs l'attirance des Français pour leurs voisins : une majorité d'entre nous est bien consciente de la nécessité des réformes et, surtout, croit de moins en moins à l'idée que la politique devrait procurer du rêve.


Grèce: Le travail pour survivre

Le sixième plan de rigueur en deux ans vient d'être adopté par le parlement grec. Cette fois, le tour de vis place la majorité des Grecs dans des difficultés non plus pour vivre, mais pour survivre...

De notre envoyée spéciale à Athènes

Des mégaphones, ça, oui, il en vend. C’est même l’une des choses qu’il vend le plus, Nicolaou Thanos, depuis deux ans, avec toutes ces manifestations. Pour le reste des produits de sa boutique, «les gens continuent d’acheter mais seulement les prix d’entrée. Les accessoires comme les clés USB se vendent bien, mais plus les autoradios et autres produits désormais considérés comme luxueux.» Un régime sans fantaisie que s’applique à lui-même ce père de cinq enfants. «Tout mon argent va dans la nourriture. Pour ce qui est des vêtements, on fait le minimum.» Plus question de loisirs.
Theodora faisait de la danse l’année dernière encore mais a dû interrompre ses cours faute de moyens. En guise de sorties, cette étudiante timide de 19 ans regarde des films téléchargés avec des amis. Son père est chauffeur de taxi, sa récente licence achetée en bonne et due forme et de nouvelles taxes ont plombé son activité. Pour ne pas l’aider, «les gens prennent le bus, ils n’ont plus assez d’argent pour le taxi», ajoute la jeune femme. C’est désormais sa mère, productrice d’huile d’olives, qui assume les charges. La solidarité familiale, en Grèce, est une institution, et remise au goût du jour par les temps qui courent.

Le drapeau noir en signe de deuil

Thomais Vekiou, petite brune aux yeux vifs, en sait quelque chose. Sa mère ne touche pas de pension de retraite alors la travailleuse sociale de 41 ans lui verse une partie de ses 700 euros de salaire tous les mois. Un salaire en baisse de 40% depuis l’année dernière, jure-t-elle. Elle participe aux  manifestations dès qu’elle le peut. Celle de mardi la concernait tout particulièrement : son employeur, une organisation d’aide aux ouvriers, va être fermé par l’Etat. D’ici six mois elle devrait être au chômage. Un chant partisan retentit dans la foule. L’un de ses collègues dresse un drapeau noir en signe de deuil.

Bien loin de se douter de ce qui se passe au même moment devant le ministère du Travail, Giota Tsatsaki fume une cigarette avant de reprendre son service à l’hôtel. Elle a sorti sa calculette depuis l’annonce du nouveau plan d’austérité : le mois prochain, peut-être le suivant, elle va perdre 200 euros par mois, sur un salaire de base de 690 euros. Elle fait partie de ces salariés du privé, ceux du bas de l’échelle, accablés par le dernier plan d’austérité. Elle est désemparée, écrase son mégot et retourne travailler.

mardi 14 février 2012

Où sont nos « grands intellectuels » ? 

Il y a dix ans, disparaissait Pierre Bourdieu, le sociologue le plus célèbre de son temps. On peut se demander si, avec lui, ne s'éteignait pas une lignée beaucoup plus ancienne et prestigieuse : celle des « intellectuels engagés ». Certes, il y a toujours des « intellectuels », mais on n'en distingue guère qui pourraient, aujourd'hui, rivaliser en notoriété avec ce que furent, en leur temps, Sartre, Foucault, voire Bourdieu. Il y a à cela plusieurs raisons. La première tient à la médiatisation intensive de la vie intellectuelle qui est venue parasiter le mode traditionnel de consécration de l'intellectuel. Auparavant, existait un « cursus » classique. Un homme, généralement universitaire, se distinguait dans sa spécialité d'origine, puis mettait à profit le crédit ainsi accumulé pour intervenir politiquement, défendre des causes, s'arrogeant peu à peu un véritable pouvoir d'influence. Sartre a, bien sûr, été en son temps l'incarnation la plus pure de cet « intellectuel total ». L'univers médiatique bouscule ce schéma en mettant sur orbite des intellectuels d'un type nouveau, qui compensent par leur savoir-faire médiatique le faible prestige qui était le leur dans le champ académique. D'aucuns distingueront dans le personnage de Bernard-Henri Lévy l'exemple même de « l'intellectuel médiatique » qui accède à la lumière, moins par l'éclat de son oeuvre que par un art consommé de la mise en scène de sa propre personne. Même si les causes qu'il a défendues, de la Bosnie à la Libye, ne justifient pas l'ironie de ses nombreux détracteurs. Cette évolution majeure tient aux mutations de la société démocratique elle-même. Si la figure du « grand intellectuel » a été à ce point dominante en France, c'est qu'elle compensait souvent un déficit de liberté. Ce n'est pas un hasard si elle surgit au XVIIIe siècle lorsque, à la suite de Voltaire, face à une monarchie restée absolue, se constitue la « République des Lettres ». Ce n'est pas un hasard non plus si, un siècle plus tard, à nouveau des écrivains, à l'image d'Émile Zola, sont les premiers défenseurs du capitaine Dreyfus. Notre société s'est profondément transformée. En élevant sans cesse le degré de connaissance de leurs membres, en multipliant les occasions de porter des jugements sur la chose publique (élections, sondages, courrier des lecteurs, réseaux sociaux, etc.), en élargissant toujours plus l'espace de la critique, les sociétés démocratiques ont, peu à peu, rendu sinon superflu tout du moins secondaire l'apport des intellectuels de profession. Il est une autre évolution, plus forte, si bien pressentie par Alexis de Tocqueville. L'individu démocratique, aussi humble soit-il, se sent l'égal de tout autre et supporte mal qu'on lui dicte d'en haut ce qu'il doit penser. La figure du « maître-penseur » qui, du haut de sa chaire, annonce la vérité à la face du monde, ne convient plus à une société où chacun tient à son opinion. L'intellectuel contemporain doit accepter d'être un citoyen ordinaire, sans doute mieux informé, mais qui est davantage là pour accompagner le débat public que pour le diriger. Un déclassement finalement salutaire auquel Pierre Bourdieu, dont la modestie ne fut jamais la vertu principale, refusait obstinément de se résigner.

Optimisme 

 L’actualité est avare de bonnes nouvelles. Et voici que, soudain généreuse, elle nous en offre deux en une journée. Deux victoires comme on les aime, du pot de terre contre le pot de fer. A Lyon, la victoire de Paul François, simple paysan, contre le géant américain Monsanto. A Turin, la victoire des milliers d’anonymes victimes de l’amiante contre le groupe suisse Eternit… Voilà qui réchauffe l’esprit et le cœur en ces temps de glaciation : deux preuves en une que la justice n’est pas condamnée à être au service des puissants. Et que notre santé peut peser plus lourd que leur argent. Mais le plus réjouissant, à Lyon comme à Turin, c’est la défaite du défaitisme, du « à quoi bon », du « ça ne vaut pas la peine ». Car la leçon d’optimisme de ces deux jugements, c’est bien qu’il suffit que quelques personnes, quelque part, disent « non » - et tiennent bon.

Grèce : à quoi joue Merkel ?

Et si l’Allemagne voulait forcer Athènes à sortir de l’euro ? 

Le traitement infligé à la Grèce par l’Union européenne – totalement sous la coupe allemande dans ce dossier – est sans précédent dans l’Europe de l’’après-guerre. Les ultimatums s’ajoutent aux diktats, on n’épargne aucune humiliation publique aux dirigeants d’Athènes. A Bruxelles et à Berlin, on ne semble pas se soucier outre mesure de la possible, voire probable déstabilisation politique d’un pays situé dans une zone géographique sensible.

Pas trop l'air de plaisanter !!
Pourquoi tant de haine ? L’argument type « chat échaudé craint l’eau froide » expliquant que l’Europe ne veut pas se laisser encore un fois rouler dans la farine par ces Hellènes dont il « faut se méfier, même lorsqu’ils apportent des présents » (Virgile) est un peu courte. Il n’est pas besoin d’être prix Nobel d’économie pour comprendre que l’étranglement de la Grèce par une cure d’austérité impitoyable, sans qu’elle soit assortie d’un programme d’aide à la relance économique du pays, va à l’encontre du but affiché. La récession provoquée va rendre Athènes encore moins capable d’assainir ses comptes et de rembourser ses dettes car les rentrées fiscales attendues ne seront pas au rendez-vous. Même le plus borné des Allemands est capable de comprendre cela.
Alors, à quoi jouent Angela Merkel et son redoutable ministre des finances Wolfgang Schäuble ? Un rapide coup d’œil dans la presse d’outre-Rhin et notamment dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), le journal qui reflète la pensée des milieux d’affaires allemands, donne la clé de l’énigme. Pour les éditorialistes de la FAZ, la cause grecque est entendue : ce pays est inamendable. La gabegie, le clientélisme, la corruption sont inscrits dans ses gènes, et il est inutile de s’éreinter comme Sisyphe (un autre Grec) pour lui faire retrouver le sentier escarpé de la vertu. Or, on sait d’expérience que la pensée-FAZ n’est jamais très éloignée de celle des cercles gouvernementaux lorsque la droite est au pouvoir. La preuve en est administrée par la position contraire adoptée par l’hebdomadaire de centre-gauche Der Spiegel qui tire à boulets rouges sur le Spardiktat (le diktat de l’austérité) imposée par Berlin aux héritiers de Platon et Démosthène.
Pour comprendre le jeu allemand, il suffit de se reporter aux statistiques du commerce extérieur de notre grand voisin. 55% des exportations de la RFA sont effectuées vers les pays de la zone euro, et 80% en direction des pays de l’UE. L’Allemagne a donc un intérêt majeur à la préservation de la stabilité monétaire de cette zone de chalandise pour ses produits, car la clientèle des pays émergents, même si elle est prometteuse, serait loin de compenser les pertes provoquées par un désordre économique et monétaire sur l’ensemble du continent. C’est en constatant que le risque de faillite de la Grèce, dont le PIB ne représente que 3% de celui de l’eurozone, était de nature à déstabiliser l’ensemble de l’édifice que Berlin a décidé de contraindre Athènes à sortir de la monnaie unique. On peut lire, toujours dans la FAZ, que les principaux acteurs de l’économie allemande ont fait marcher leur calculette : provisionner les pertes consécutives à un défaut grec est, au bout du compte, moins coûteux que de remplir le tonneau des Danaïdes. Comme il est politiquement impossible d’obtenir de l’UE une décision d’expulsion de la Grèce de la zone euro, il faut donc procéder autrement.
Il faut amener les Grecs à décider eux-mêmes d’abandonner la monnaie unique en leur serrant tellement la vis qu’ils craquent comme une vieille planche malmenée par un bricoleur amateur. C’est pourquoi les images des manifestations violentes d’Athènes, ou la perspective d’une victoire électorale des anti-européens lors des élection anticipées d’avril n’ont rien d’effrayant pour la chancelière et ses amis, bien au contraire. Les seuls exportateurs allemands qui risquent de perdre des plumes dans l’affaire sont les marchands d’armes, fournisseurs principaux d’une armée surdimensionnée en raison de l’interminable conflit avec la Turquie sur la question chypriote. Mais les marchés pour ce genre de produits, les machines à tuer haut de gamme, sont loin d’être saturés. Pour le reste, le dommage causé par une Grèce ramenée à son destin balkanique à la balance commerciale allemande est négligeable. Le Portugal est aussi dans la ligne de mire des snipers germaniques : il ne pèse pas beaucoup plus lourd que la Grèce dans l’économie européenne, et il est également menacé par la spirale mortelle austérité-déflation-défaut de paiement.
En revanche, la France, l’Italie et même l’Espagne n’ont dans l’avenir proche, aucun souci à se faire. Les exportateurs allemands n’ont aucun intérêt à voir ces marchés perdre en solvabilité, car c’est vers eux, plus le Royaume-Uni et les Etats-Unis qu’ils écoulent la plus grande partie de leurs produits. L’Allemagne est donc en train de remodeler l’Europe continentale à sa convenance, comme une zone de libre-échange où elle fait la loi sans obligation de solidarité avec ses maillons les plus faibles. Vae victis !

48 BATIMENTS ENDOMMAGÉS OU DÉTRUITS 150 MAGASINS PILLÉS

Le centre d’Athènes offrait un visage de désolation ce lundi après une nuit de violences liées à un nouveau plan de rigueur. Près d’une cinquantaine de bâtiments ont été totalement ou partiellement endommagés notamment deux cinémas historiques. Et, selon les autorités, 150 magasins ont été pillés. 
Ce propriétaire d’un magasin de vêtements était écoeuré. “La situation est pire que jamais pour les entreprises grecques. Et maintenant, on vandalise, on brûle, on casse. Cela donne une idée de ce à quoi il faut s’attendre à l’avenir”. Les violences ont éclaté en marge d’une importante manifestation à l’appel de la gauche et des syndicats, notamment d’Adedy, la centrale syndicale de la fonction publique.

athenes par murphybrac
“La classe politique est censée avoir voté avec sa conscience, mais elle ne nous a pas convaincus, a indiqué le vice-président d’Adedy. Nous continuerons à nous battre le plus possible afin de changer cette politique, afin que les gens puissent exprimer leur opposition à cette politique”. Le nouveau plan d’austérité, adopté peu avant minuit ce dimanche par le Parlement grec, prévoit une baisse de 22% du salaire minimum. Une austérité imposée par les créanciers de la Grèce afin de pouvoir échapper à la faillite.

"Ils n’ont aucune idée de ce que signifie le soulèvement du peuple grec"

Neuf pays demandent un débat rapide sur la taxation des transactions financières

Neuf pays de l'Union européenne ont demandé à la présidence danoise d'accélérer les travaux en cours sur le projet de taxation des transactions financières, a annoncé mardi 7 février le ministre de l'économie français, François Baroin. Mis à part la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, la Finlande, la Grèce et le Portugal expriment leur volonté d'aboutir rapidement à cette taxe. Selon des sources proches du dossier, ils pourraient, en cas de blocage au niveau de l'UE, adopter leur propre dispositif dans le cadre d'une "coopération renforcée", autorisée par les traités européens à condition qu'elle réunisse au moins neuf Etats.

La lettre adressée à l'UE fait valoir qu'une taxe sur les transactions financières, qui fait l'objet de l'opposition de plusieurs autres pays européens et du Royaume-Uni en particulier, "est nécessaire au niveau communautaire, à la fois pour assurer une juste contribution du secteur financier au coût de la crise financière, mais aussi pour améliorer la régulation des marchés financiers". Les neuf responsables apportent leur "plein soutien" au projet de directive européenne et invitent la présidence danoiseaccélérer les travaux du Conseil" afin d'achever une première lecture du projet de directive "dès le premier semestre 2012".
INITIATIVE FRANCO-ALLEMANDE

L'idée d'une taxe sur les transactions financières rencontre une forte opposition en Europe, certains pays craignant qu'elle ne favorise la délocalisation d'activités financières. Mais l'Allemagne, qui y est favorable, a appelé récemment à accélérer les discussions sur les propositions de la Commission européenne, et la France a annoncé qu'elle appliquerait unilatéralement, dès le mois d'août, une taxe de 0,1 % sur certaines transactions financières, par laquelle le président français Nicolas Sarkozy espère "montrer l'exemple" à ses partenaires. La lettre commune, d'initiative franco-allemande, "démontre que la proposition d'une taxe française […] est complémentaire de la démarche communautaire et peut entraîner d'autres Etats à se joindre au mouvement", a fait valoir M. Baroin.
En France, cette taxe devrait rapporter un milliard d'euros par an. Selon le texte du projet de loi, elle s'appliquera sur "toute acquisition à titre onéreux d'un titre de capital", du moment que ce titre "est émis par une entreprise dont le siège social est situé en France et dont la capitalisation boursière dépasse un milliard d'euros au 1er janvier de l'année d'imposition" – un critère qui concerne actuellement  plus d'une centaine d'entreprises cotées à la Bourse de Paris.

lundi 13 février 2012

DIRECT. Grèce: des élections législatives anticipées en avril

Après le vote du nouveau plan d'austérité par le Parlement, Athènes est secouée par des manifestations qui dégénèrent. Suivez la journée en direct. 

14h35. François Bayrou estime que la situation de la Grèce représente ce qui pourrait arriver à un pays comme la France s'il continuait ses "dérapages" et ne mettait pas "un peu de sérieux dans la gestion" de ses affaires. "S'il y a une politique à conduire dans les années qui viennent en France, c'est pour éviter que notre pays devienne la Grèce", a expliqué François Bayrou, en marge d'un déplacement dans le Val-de-Marne. "Cela fait 10 ans que j'avertis les Français de ce qui va venir si on laisse filer les choses. On y est et la Grèce nous en donne un exemple terriblement frappant", a-t-il ajouté. "Je pense qu'on n'a pas suivi la bonne méthode avec la Grèce. On impose à ce pays des sacrifices trop lourds, trop brutaux. Couper le smic de 22%, tailler dans les retraites de 15%... Tout ceci est très préoccupant. Oui, la situation grecque est inquiétante", a-t-il constaté. 
L'édito vidéo de Christophe Barbier 
13h28. Des élections législatives anticipées auront lieu "en avril", selon le porte-parole du gouvernement grec Pantelis Kapsis. "Ce gouvernement a un mois à un mois et demi de travail devant lui (...) nous allons terminer en mars (le travail sur le prêt et le plan de désendettement PSI, NDR) et les élections se tiendront en avril". Le mandat de l'actuel gouvernement pouvait techniquement durer jusqu'en octobre 2013. 
[Lire l'analyse d'un député grec: "Les Européens veulent faire de la Grèce un protectorat"] 
13h23. Alors que les Grecs manifestent, l'Union européenne semble satisfaite. Le commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, a salué le vote du Parlement grec en faveur d'un nouveau plan de rigueur comme une "avancée cruciale" vers le déblocage d'une aide européenne de 130 milliards d'euros, vitale pour Athènes. A ses yeux, il s'agit de "l'expression de la détermination du pays à mettre un terme à la spirale des finances insoutenables et de la perte de compétitivité". Ce vote était l'un des trois éléments exigés d'Athènes d'ici mercredi par ses partenaires de la zone euro en échange du déblocage de cette aide, dont la Grèce a absolument besoin pour éviter le défaut de paiement brutal dès le 20 mars, lorsque 14,5 milliards d'euros d'obligations grecques viendront à échéance. 
13h19. L'organisation altermondialiste Attac dénonce "une violence sans précédent" de l'Union européenne contre la Grèce. L'ONG avance plusieurs mesures comme une "annulation des dettes illégitimes" pour sortir de l'impasse le pays secoué par des manifestations massives contre les plans d'austérité. "L'économie grecque est littéralement laminée par les politiques d'austérité, dont le nouveau plan est une étape supplémentaire", affirme dans un communiqué Attac France. "L'Union européenne exerce une violence sans précédent contre l'un de ses pays membres, prélude à d'autres violences contre d'autres pays", dit-elle. Selon l'organisation altermondialiste, "la restructuration de la dette ne servira qu'à maintenir à long terme le flux des intérêts qui saignent l'économie grecque en alimentant les banques européennes". 
Le contexte: La Grèce a choisi dimanche d'accepter l'austérité imposée par ses créanciers afin de pouvoir échapper à la faillite et rester dans la zone euro, après un vote du parlement en faveur d'un programme de rigueur draconienne violemment contesté lors de spectaculaires manifestations.  

L'entrée en scène du président candidat 

Le suspense, insoutenable, touche à sa fin. Nicolas Sarkozy devrait dévoiler sa candidature cette semaine. Une annonce précédée d'un entretien-fleuve dans la « presse amie » du Figaro Magazine, accompagnée d'indiscrétions savamment distillées. L'idée initiale d'une campagne courte et tardive, après la mi-mars comme François Mitterrand en 1988, semble oubliée. Moins pour faire cesser la supercherie du « président candidat » que pour tenter de secouer un encéphalogramme des intentions de vote qui reste désespérément plat. L'autre inflexion porte sur le contenu. Les thèmes économiques - préoccupations pourtant prioritaires en ce moment - semblent appelés à passer au second plan derrière des sujets de société « clivants » et un retour aux « valeurs » de droite : l'ordre, la famille, la sécurité. Au risque de donner l'impression d'une candidature aux abois prête à tout pour se relancer. Ce retour aux fondamentaux, qui se veut dans la ligne des thématiques de 2007, devra éviter quelques gros écueils : voilà cinq ans, ce discours libéral-conservateur était accompagné d'un lyrisme social, sur le travail, difficile à reprendre ; et un chef d'État sortant assume, quoi qu'il en veuille, son passif. Toute promesse sera analysée au prisme des attentes insatisfaites de ce premier mandat. Enfin, c'est la parole même de l'actuel chef de l'État qui apparaît aujourd'hui décrédibilisée. Même mis en scène en « candidat du peuple », il lui faudra bien deux mois de campagne pour tenter d'inverser la tendance.

Le match Sarkozy-Bayrou 

On en suffoque déjà pour eux. Quand Nicolas Sarkozy promet à ses adversaires qu’ils « ne vont plus respirer », c’est une promesse qu’il est sûr de tenir. Depuis la semaine dernière, c’est leur champ de vision qu’il occupe déjà. En quelques jours, il a pris tout l’espace médiatique parvenant, quoi qu’on en pense, à créer sinon du suspense au moins une attente sur sa déclaration de candidature. C’est une question de rite plus que d’information. Ce non-événement est toujours important et l’expérience a montré qu’il doit être réussi : pour l’avoir négligé ou pétrifié, Edouard Balladur et Lionel Jospin ont perdu, d’emblée, quelques points précieux. Ce quelque chose d’indéfinissable qui vous marque un candidat pour toute sa campagne. Le chef de l’Etat, lui, ne décevra pas sur ce point. Le bruit est assuré. Quant à sa tonalité, l’interview exclusive publiée par le Figaro magazine ce week-end l’a donnée, révélant la stratégie sans surprise du candidat virtuel : il veut d’abord rassembler le peuple de droite autour de valeurs presque caricaturalement conservatrices. Comme en 2007, il fait le pari de siphonner l’électorat de Marine Le Pen. Dans l’immédiat, il donne clairement la priorité au score du 22 avril qui, selon lui, remettra les compteurs à zéro, sur les spéculations du lointain 6 mai. Le danger de cette stratégie de 1er tour, c’est l’erreur de calcul. Elle repose en l’espèce sur un problème de mémoire : il y a cinq ans, et contrairement aux apparences, c’est plus avec les voix de Bayrou qu’avec celles du FN que le candidat Sarkozy a finalement gagné contre Ségolène Royal. L’aurait-il oublié ? Ses propositions de référendum sur l’immigration et sur les chômeurs mettent mal à l’aise les centristes de l’UMP - Jean-Louis Borloo l’a claironné – et au-delà lui aliènent l’électorat de la droite modérée. François Bayrou sait qu’il peut tirer parti de ce positionnement fébrile. En parlant de « ligne de fracture » dans le journal de France 2, hier soir, il a choisi des mots encore plus tranchants que cassants pour prendre ses distances avec l’Elysée… tout en se reconnaissant dans certaines valeurs de droite. Après avoir tenté – vainement si on en juge par les sondages - de récupérer des voix au centre gauche en plaçant quelques banderilles dans le flanc de Hollande, le voilà donc qui se retourne et cible sans merci le sortant. Des oscillations de boussole qui désorientent les hésitants. Faute de repères, elles pourraient à nouveau empêcher le troisième homme de 2007 de trouver la voie en solitaire dont il rêve pour accéder au second tour.

Les émeutes en Grèce en vidéo 

Départ 

Cette fois, ça va commencer, vraiment. On n’attendait plus que lui, notre Président qui sera bientôt candidat, pour lancer la course à l’Elysée. Il pensait faire durer le faux suspense jusqu’en mars, il n’aura pas tenu, impatient d’en découdre. ça va commencer, mais nous, y sommes-nous déjà ? Pas sûr. Les plus chanceux sont en vacances d’hiver, sur les pistes, loin des urnes. Et tous, nous nous cramponnons pour garder notre emploi, ou pour en trouver un. Car c’est ainsi, et ça le restera jusqu’au scrutin : c’est l’avenir de notre travail et de notre pouvoir d’achat qui nous accapare avant tout — avec un œil sur les misères et les colères de la Grèce, si loin, si proche. Mais bon, la semaine qui s’ouvre est également celle de la Saint-Valentin. Alors testez votre voix pour clamer à votre chéri (e) : « I will always love you » — même chanté faux, ça fait du bien.

Présidentielle : Sarkozy n’est pas forcément battu

Le président de la République va se déclarer cette semaine officiellement candidat. Dans les sondages, il est largement distancé. Pour autant, a-t-il perdu d’avance la bataille ? Pas sûr ! 

Si les Français étaient appelés à voter dimanche prochain, tout indique que Nicolas Sarkozy serait battu sans discussion, et que François Hollande lui succéderait à l’Elysée : c’est en tout cas  -en l’état- ce qu’indiquent tous les sondages, sans exception. Interrogés vendredi, les internautes de France-Soir ont renchéri : massivement, ils considèrent, alors que le chef de l’Etat s’apprête cette semaine à se porter officiellement candidat à un second mandat, que « les jeux sont faits ».
Cliquez ici !
Que François Hollande, qui fait la course tête et a réussi un très bon mois de janvier, ait  les meilleures chances aujourd’hui de l’emporter, c’est indiscutable. Que les jeux soient « faits », ça se discute, en revanche.
Nicolas Sarkozy dispose –au moins sur le papier- de sept atouts.
C’est un formidable bagarreur. « Meilleur candidat que président », disent ses ennemis, sarcastiques. En tout cas, jusqu’à preuve du contraire, excellent candidat. Or, aujourd’hui, il « piaffe ».
Il a le dossard du challenger. Un dossard qui peut se révéler porteur, alors que le dossard de leader (ou de favori) est parfois, on le sait et on l’a vérifié, lourd à porter. Nicolas Sarkozy entend, en tout cas, exploiter ce statut inattendu de challenger  en « renversant la table ». C’est-à-dire en organisant, à coup de propositions-chocs, la… rupture  avec son propre quinquennat.
L’air ambiant est « droitier ».  Certes, dans toute l’Europe, les « sortants », quels qu’ils soient, paient cash la crise historique qui ébranle continent. Or Sarkozy est un sortant. En revanche, idéologiquement et Hollande en a parfaitement conscience, les vents dominants ne sont pas favorables à la gauche.  
Une nouvelle crise n’est pas exclue. Une crise qui, à partir du drame grec, relancerait le débat sur l’avenir de l’actuelle Europe et, plus encore, de l’euro. Certes, l’Europe d’aujourd’hui, c’est celle du « couple » Sarkozy-Merkel mais si la secousse est violente, il pourrait y avoir une prime à ceux qui ont déjà fait leurs preuves. En permettant d’éviter, au moins jusqu’ici, le drame absolu.
La coalition Hollande a ses fragilités. Candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon réunit dans ses meetings des foules imposantes qui acclament un discours beaucoup plus à gauche que celui (jugé tiède) du candidat PS. Quant à Eva Joly, invitée dimanche du « Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, au-delà de sa volonté réaffirmée de faire sortir la France du nucléaire et de rétrocéder à l’Europe le « droit de veto » dont la France bénéficie à l’Onu depuis la fin de la second guerre mondiale, elle souhaite maintenant que les Français cessent de moderniser leur force de dissuasion, et réfléchissent à son abandon pur et simple. Ce n’est pas exactement du Hollande dans le texte.
L’anti-sarkozysme peut servir Sarkozy. Ou cet antisarkozysme –« Sarkozy, on n’en veut plus », entend-on depuis des semaines de droite à gauche, et de l’extrême-droite à l’extrême-gauche- devient une déferlante, et la cause est alors entendue. Ou la dimension passionnelle et parfois inouïe que cela prend peut finir, paradoxalement et  jusqu’à un certain point, par transformer  Sarkozy en « victime ». Ce serait un comble, diront beaucoup. Peut-être, mais qui sait ?
Le bilan du quinquennat est contrasté. La crise aidant, il est terrifiant sur le terrain du chômage.  Mais, par exemple, Hollande n’envisage plus aujourd’hui le retour pur et simple à la retraite à 60 ans. Un slogan qui avait amené il ya quelques mois des centaines de milliers de Français à défiler dans les rues. Au coude-à-coude avec les leaders du PS.
La présidentielle serait jouée ? C’est vite dit. D’autant que, depuis le début, elle est -à tous points de vue- hors-normes.

LA BOULY A DIT OUI AVEC 199 VOIX CONTRE 74

CEUX QUI ONT VOTÉ
ÉTAT GÉNÉRAL
En principeOui: 199N, 745 membres présents a déclaréSur l'article 1Oui: 190N: 83Présent: 5Sur l'article 2,Oui: 201N: 74Présent: 3Sur l'article 3Oui: 199N: 74Présent: 5Sur l'article 4Oui: 202N: 74Présent: 2


LES "NON" SONT POUR LE PASOK

    
* Spyros Kouvelis, A Athènes
    
* Anna Vagenas, d'abord à Athènes
    
* Luka Katseli, B Athens
    
* Mme Xenogiannakopoulou, B Athens
    
* Deuxième Vasso Papandreou à Athènes
    
Lambros Michos *, B 'Athènes
    
* Maria Kyriakopoulou, Achaïe
    
* Andreas Triantafyllopoulos, Achaïe
    
* Claus Toyoda, Béotie
    
* George Kassaras, Dodécanèse
    
* Haris Kastanidis, I Thessaloniciens,
    
* Dimanche Tectonidis, I Thessaloniciens,
    
* Chris Katsouris, Jharkhand,
    
* John Michelogiannakis, Héraklion,
    
* Theodore Parastatidis, Kilkis,
    
* Alexandros Athanasiadis, Kozani,
    
* George Papamanolis, Cyclades
    
* Ulysse Voudouris, Messénie
    
* Mantatzi Tsetinis, Xanthi,
    
* Elias Theodoridis, Pella
    
* John Amiridis, Himachal Pradesh,
    
* Chris solitaire, Trikala,


LES "NON" POUR LA NEA DEMOKRATIA 

    
* Elena Kountouras
    
* Eliza Vozempergk
    
* Dimitris Stamatis
    
* Constantin Papasiozos
    
* George Vlahos
    
* Michael Giannakis
    
* Tzimas Margaritis
    
* Tsambika Iatridis
    
* Lexandros Dermetzopoulos
    
* Konstantinos Markopoulos
    
* Manolis Kefaloyiannis
    
* Constantin Gioulekas
    
* Zissis Tzikalagia
    
* Christos Zois
    
* Spyridon Galien
    
* Panayotis Melas
    
* George Karasmanis
    
* Théophile Leontaridis
    
* Anastasios Karipidis
    
* Maria Kollias - Tsarouha
    
* George Vagionia
 

Le choc de la rencontre entre Houston et Gainsbourg

La rencontre en 1986 entre Whitney Houston et Serge Gainsbourg durant l'émission Champs-Élysées de Michel Drucker reste dans les mémoires comme un grand moment de télé.

Michel Drucker invite, le 5 avril 1986, Whitney Houston, toute jeune star américaine de la chanson sur le plateau de son émission Champs-Elysées, sur Antenne 2. Autre invité de marque, Serge Gainsbourg, pour l'occasion en costume. Dès les premiers instants de la séquence, le chanteur français bafouille quelques mots en anglais à Michel Drucker et à la jeune chanteuse: «I want to fuck her»...

Une image rabaissante

La scène reste dans les mémoires tant par la réaction de la chanteuse, choquée, que par celle de Michel Drucker, gêné et tentant de poursuivre son émission. Serge Gainsbourg présentera plus tard ses excuses. Cette séquence avait beaucoup fait parler de Whitney Houston, mais l'avait rabaissé au rang d'une petite américaine prude aux yeux des spectateurs français. Ce qui n'était pas du tout le cas aux Etats-Unis ou son aura de diva internationale a longtemp flamboyé.


Serge Gainsbourg vs. Whitney Houston par larsen42

Michel Polnareff: Cette scène «l'a beaucoup choquée»

Le chanteur français Michel Polnareff à fait savoir ce dimanche matin 12février sur ses réseeaux que «malgré toute mon admiration pour Serge, l'image des Français a été salie par son intervention et l'a beaucoup choquée quand on en a parlé. C'était, en dehors de son talent, quelqu'un de très sensible et très simple. Je suis personnellement très attristé par son départ.»
La chanteuse et actrice américaine Whitney Houston, était l'une des artistes pop ayant vendu le plus de disques avant de voir sa carrière sombrer dans la drogue et l'alcool. Elle est morte samedi à 48 ans dans un hôtel de Beverly Hills.
Sa mort intervient à la veille de la cérémonie des 54e Grammy Awards, les «Oscars» de la musique aux États-Unis, qui doivent se tenir ce dimanche soir à Los Angeles.

GAINSBOURG, LE POÊTE STRAUSS-KHANNIEN

dimanche 12 février 2012

Merkel "mène l'Europe dans la mauvaise direction", selon George Soros

Le milliardaire américain George Soros affirme que la chancelière allemande Angela Merkel "mène l'Europe dans la mauvaise direction". Dans un entretien publié dimanche sur le site internet du magazine Der Spiegel, le financier avoue craindre une répétition des erreurs de la crise de 1929.  
"J'admire la chancelière Merkel pour sa capacité de leadership. Mais malheureusement, elle mène l'Europe dans la mauvaise direction", a déclaré George Soros à l'hebdomadaire allemand. Il préconise de "ranimer la conjoncture dans les Etats européens en crise par l'injection d'argent plutôt que de forcer les gouvernements à réaliser des économies". "Sinon nous répétons les erreurs qui ont plongé l'Amérique de 1929 dans la grande dépression. C'est ce qu'Angela Merkel ne comprend pas", affirme-t-il.


LA GRÈCE "NE PEUT PLUS ÊTRE SAUVÉE AUJOURD'HUI"

Selon l'hebdomadaire allemand, Soros ne partage pas non plus l'idée d'impliquer le Fonds monétaire international dans la gestion de la crise. "L'Europe devrait être capable de résoudre ses problèmes toute seule", estime-t-il. Il juge que c'était une erreur d'octroyer des crédits d'aide à la Grèce seulement contre le paiement d'intérêts élevés. "C'est pour ça que le pays ne peut plus être sauvé aujourd'hui, et il arrivera la même chose à l'Italie si nous plaçons ce pays dans la camisole de force de paiements d'intérêts violents", prévient Soros.
Une faillite de la Grèce provoquerait d'après lui une escalade de la crise qui "pourrait mener à une ruée vers les guichets bancaires en Italie et en Espagne, et là l'Europe éclaterait".
Soros s'attend malgré tout à un nouveau sauvetage d'Athènes par l'Europe, pour éviter un tel scénario.