TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

jeudi 5 janvier 2012

Mec

Vous la connaissez, la dernière de Coluche ? C’est l’histoire d’un mec… Un mec, heu, normal, quoi. Blanc, pas Belge… Candidat socialiste et normal, le mec… Attendez ! C’est pas là qu’il faut rire. Le mec, heu, il veut parler d’un autre mec, du Président qui préside, candidat aussi, mais pas normal… Bon, alors le mec normal, il imite le pas normal, et il dit : « Je suis un sale mec ». Enfin, c’est ce que répète un journal. Alors, heu, tous les copains de l’autre, du candidat pas normal, ils crient : « Il l’a dit ! C’est pas beau, et c’est celui qui dit qui y est ». Alors le mec, le premier, le socialiste - vous suivez, là, hein, parce que je vais pas répéter… Donc le mec y dit : « J’ai dit sale mec, oui, mais c’était pour expliquer. Et ça suffit comme ça ! » Bon, et qu’est-ce qu’il dit, l’autre mec, le pas normal de droite ? Ben rien… Voilà, c’est tout. Elle est rigolote, hein ?

Sarkozy, «sale mec» : l'UMP veut des excuses de Hollande

Selon le journal Le Parisien, François Hollande aurait ainsi qualifié le chef de l'Etat lors d'un déjeuner avec des journalistes. Des propos sortis de leur contexte selon plusieurs participants mais qui ont provoqué la colère de la majorité.
Il aura suffi d'une courte citation de trois mots enfouie au milieu d'un article pour embraser la majorité. Plusieurs ténors de l'UMP ont réclamé mercredi à François Hollande des excuses publiques vis-à-vis du chef de l'Etat qu'il aurait traité de «sale mec». Des paroles qui se sont finalement révélées retranscrites incorrectement. La polémique est née d'un article du Parisien, daté de mercredi. Le quotidien relate un déjeuner, mardi midi, entre François Hollande et six journalistes, dont l'auteur de l'article. «Pour Hollande, il n'y a pas de mystère: c'est bien le chef de l'Etat, ‘un président en échec', ‘un sale mec', qui se cache derrière les formules de l'UMP'», écrit le quotidien qui évoque les attaques des élus de la majorité sur la personne du député de Corrèze.
Ces propos rapportés n'ont pas tardé à susciter l'ire l'UMP. La ministre de l'Apprentissage Nadine Morano et la députée Valérie Rosso-Debord, ont exigé des «excuses publiques». La première a jugé les propos prêtés au candidat socialiste d'«intolérables et inqualifiables». «C'est carrément carton rouge, on n'insulte pas le président de la République», a affirmé la seconde. Le maire de Nice, Christian Estrosi, a lui dénoncé un «comportement indigne d'un candidat à la présidence de la République», évoquant une attitude «abjecte sur le plan personnel mais également dangereuse sur le plan politique car elle abaisse la fonction présidentielle». «Hollande a commis une erreur. Si on n'est pas mauvais, on peut monter cela en épingle», a décrypté au MondeBrice Hortefeux. «Soit il s'excuse, et souligne sa faute. Soit il persévère, soulignant son absence de crédibilité, car il n'est pas capable de respecter les hommes et les institutions». «Quand on dit une connerie, c'est très difficile de savoir comment on s'en sort. C'est un spécialiste qui vous parle», relevait l'ancien ministre de l'Intérieur.
«C'est quelque chose qui est intolérable», a jugé l'actuel locataire de la place Beauvau, Claude Guéant. «J'observe que beaucoup de gens qui travaillent avec lui se laissent aller à des propos violents, mensongers, à des insultes». «François Hollande est un mauvais candidat qui rend la campagne médiocre», a déploré Gérard Longuet, ministre de la Défense. «La France mérite mieux que ce type de formule». «En démocratie, il est bon qu'il y ait des propositions, pas des attaques personnelles. À mon avis, il a fait une grosse erreur», tranchait de son côté Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat au Commerce extérieur.
COMME LE DIT PAUL HENRI DU LIMBERT DANS "LE FIGARO" 
"Je est un autre" mais ce serait plutôt :
"je est Sarkozy"
TOUT EST DANS LA FORMULE, MAIS HOLLANDE EST LOIN D'ÊTRE UNE FORMULE 1

Hollande, l'étude de texte


"Sale" polémique pour François Hollande

Plusieurs journalistes ont démenti que le candidat ait qualifié le chef de l'Etat de "sale mec", comme l'a écrit ce mercredi Le Parisien. Mais la majorité tire déjà en rafale sur cette "insulte à la fonction de président". Une agitation qui pourrait coûter électoralement très cher au favori des sondages. 
La campagne présidentielle est entrée dans une nouvelle phase, bien plus explosive, et la polémique sur la supposée phrase de François Hollande qualifiant Nicolas Sarkozy de "sale mec" en est la preuve. 
Mardi midi, le candidat socialiste s'attable avec six journalistes pour une conversation en "off", où les propos ne sont pas destinés à être publiés. Ce mercredi matin, pourtant, un article du Parisien explique qu'au cours de la conversation Hollande a qualifié le chef de l'Etat de "sale mec". 
Problème, cette formulation a été démentie par plusieurs participants, du moins l'interprétation qui en a été faite par le Parisien. Selon un journaliste de l'AFP, présent à table, le candidat PS se serait glissé dans la peau de Nicolas Sarkozy pour imaginer sa façon d'entrer en campagne, notamment avec la TVA sociale: "Je suis le président de l'échec, je suis un sale mec, mais dans cette période difficile, je suis le seul capable, j'ai le courage...", aurait-il en réalité déclaré. 
"Mais le choix de ce qualificatif pour appuyer son raisonnement en dit long sur l'estime qu'il porte à son adversaire. Raison pour laquelle nous avons décidé, ce matin, de le publier", s'est justifié l'auteur de l'article du Parisien, Matthieu Croissandeau, sur le site Internet du quotidien. 
"J'exige des excuses pour ce dérapage inacceptable"
Reste que l'UMP rebondit déjà sur cette polémique. Et les fins tirailleurs du parti présidentiel ont déjà dégainé. Mention spéciale à Nadine Morano, qui, en marge du conseil des ministres de rentrée, a commenté le propos de François Hollande. Au micro de BFM, la ministre de l'Apprentissage a fustigé des "propos indignes au moment où le pays doit relever le défi de la crise". 
"Nous sommes choqués par ces propos indignes de celui qui se voyait déjà président de la République", a fustigé le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, lors de ses voeux.  
Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe de l'UMP, s'indigne également "des propos insultants". Elle "condamne ce dérapage inacceptable et exige du candidat des excuses publiques. La démocratie ne s'accommode ni de l'injure ni du dénigrement. Quand on aspire aux plus hautes fonctions de l'Etat, la moindre des qualités est le sang-froid et la sérénité", écrit-elle dans un communiqué. Sur BFM TV, elle continue en soutenant que "François Hollande n'insulte pas seulement Nicolas Sarkozy, mais la fonction de Président elle-même". 
Le député-maire de Nice, Christian Estrosi (UMP), estime qu'après avoir écrit dans Libération que le chef de l'Etat "méprise la République", le candidat socialiste "jette une fois de plus le discrédit sur le PS et sa candidature. L'injure ne peut pas tenir lieu d'argument politique. Monsieur Hollande vient de démontrer qu'il n'est pas au niveau pour un tel poste." Pour le député-maire de Nice, s'il s'agit d'un dérapage, la majorité "attend des excuses immédiates" et s'il s'agit d'une ligne politique, François Hollande "emprunte un sale chemin". 
Dans l'entourage de François Hollande, on dit vouloir s'assurer de la teneur exacte des propos du candidat socialiste avant une éventuelle réaction.  
Cette agitation, qui ne fait pas la grandeur de la politique, pourrait être zappée en quelques secondes si elle ne risquait pas de coûter de précieux points au favori des sondages. Et c'est bien ce qui explique les tirs en rafales de l'UMP depuis ce matin.  
En 2002, en off là aussi, Lionel Jospin avait en effet qualifié Jacques Chirac d'homme "vieux, fatigué et usé." Là aussi la majorité s'était déchainée contre l'ancien Premier ministre. Et Chirac avait immédiatement senti le bénéfice, qu'il pouvait en tirer. "Le grand fauve politique a immédiatement compris que son adversaire avait gravement dérapé et qu'il allait en tirer un avantage politique significatif, racontait en août dernier, à L'Express, son directeur de campagne de l'époque, Antoine Rufenacht. J'ai rarement vu Jacques Chirac aussi joyeux et détendu qu'au cours de la réunion matinale de travail qui a suivi la déclaration de Lionel Jospin. C'était une belle matinée de printemps. Nous étions tous heureux."  

IL N'A JAMAIS TENU SES NERFS, CE N'EST PAS AUJOURD'HUI QUE CELA VA COMMENCER.

mercredi 4 janvier 2012

Les étudiants étrangers rejettent la nouvelle circulaire Guéant

Les étudiants étrangers réunis dans le Collectif du 31 mai continuent de réclamer le retrait de la circulaire Guéant, car son assouplissement annoncé mercredi 4 janvier est fondé sur des critères "qui laissent la place à l'arbitraire", ont-ils annoncé lors d'une conférence de presse.

"Les principaux concernés n'ont pas été représentés à la réunion et nous le regrettons. L'enjeu crucial du nouveau texte concerne les critères d'appréciation, et on demande des critères clairs qui ne laissent pas place à l'arbitraire", a déclaré Fatma Chouaïeb, porte-parole du Collectif. "En outre, quel va être le devenir des victimes de la circulaire ? Nous avons recensé plus de 1 000 cas, les dégâts créés sont bien trop importants. Donc on demande encore le retrait de la circulaire, le retour à la situation d'avant le 31 mai", a-t-elle ajouté.
Le gouvernement a décidé mercredi d'assouplir la délivrance du permis de travail à certains étudiants étrangers à haut potentiel, notamment ceux ayant "une compétence spécifique recherchée" comme "la connaissance approfondie d'un pays ou d'une culture étrangère". Une instruction en ce sens sera envoyée aux préfets "la semaine prochaine".
"ON RESTE DANS L'ARBITRAIRE"
"Que veut dire 'compétence spécifique' ? Parfois les étudiants ne connaissent pas leur pays d'origine. La nouvelle circulaire ne règle donc pas la situation, on reste dans l'arbitraire", a déclaré lors de la conférence de presse Bertrand Monthubert, un des initiateurs (PS) d'une pétition demandant le retrait de la circulaire controversée qui a recueilli quelque 30 000 signatures.
Des signataires de cette pétition vont organiser mardi 10 janvier "une séance publique de parrainage" d'étudiants en difficultés, a-t-il annoncé.
Dans un communiqué, la première organisation étudiante, l'UNEF, a elle aussi "demandé l'abrogation de la circulaire Guéant", car le nouveau texte revient à "beaucoup de bruit pour des évolutions mineures". "Ces évolutions ne sont pas satisfaisantes, c'est au final encore une fois la logique du cas par cas qui prime sur l'établissement de règles claires garantissant les mêmes droits pour tous", a regretté l'UNEF, qui va proposer des mobilisations dans les universités pour obtenir le retrait de la circulaire.
"TROP PEU, TROP TARD"
"C'est trop peu et trop tard", a pour sa part réagi le député socialiste Alain Claeys, responsable du supérieur dans l'équipe de François Hollande. "Trop tard parce que depuis la parution du premier texte, le 31 mai, des milliers d'étudiants ont connu des tracasseries administratives qu'ils n'auraient pas dû subir dans un pays qui s'enorgueillit de savoir les accueillir et les former", a-t-il expliqué.
"Trop tard aussi parce que l'Allemagne, si souvent citée en modèle, n'a pas attendu pour assouplir entre-temps les conditions d'emploi des étudiants étrangers et prendre un temps d'avance dans la compétition mondiale en matière de formation à laquelle se livrent les grands pays occidentaux", a-t-il ajouté.
"Trop peu parce que plus qu'un texte, cette circulaire est devenue pour des millions d'étudiants étrangers le symbole d'une France qui ne souhaite plus les attirer sur son sol. C'est pour cette raison que ce texte n'a pas besoin d'être rapiécé, mais supprimé", a conclu M. Claeys.
C'EST A PEINE CROYABLE, DES ÉTRANGERS  REJETTENT UNE CIRCULAIRE FRANÇAISE, MAIS QU'ON LES FOUTE TOUS DEHORS BORDEL !!!!!

Présidentielle 2012 : Hollande cible des attaques

François Hollande s'est montré très actif depuis le début de l'année. Le candidat socialiste a publié une lettre puis est passé au 20h de France 2. Des sorties vivement critiquées.

François Hollande passe à l'attaque. Le candidat socialiste a accéléré sa campagne en ce début d'année. Invité au journal télévisé de France 2 mardi soir, le député de Corrèze qui n'entend ni se laisser « détourner ni impressionner par M. Sarkozy », a annoncé qu'il présenterait « un projet » pour la présidentielle fin janvier. Plus tôt dans la journée, une lettre avait été publiée dans Libération. Évidemment ces démarches ont été saluées dans son camp. Il « donne le ton, le "la" de l'année », a affirmé son directeur de campagne Pierre Moscovici. Il « sonne le rassemblement », a renchéri le député de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg, et pour Stéphane Le Foll, responsable l'organisation de la campagne, « c'est maintenant que la phase décisive s'engage ». Encouragé par les siens, il a été en revanche, très critiqué par ses adversaires.
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A commencer par Cécile Duflot. La chef de file d'Europe Écologie les Verts a vu dans la lettre de Hollande « beaucoup de formules qui la frustrent un peu ». Attendant qu'on « débatte des solutions », la secrétaire nationale des Verts s'est aussi étonnée d'une publication « en tête d'un journal », une « forme un peu surprenante ». Le candidat du MoDem, François Bayrou, a dénoncé « une opération de com » et « du techno-politico-bla-bla ».

L'UMP cogne

L'UMP et le gouvernement ont focalisé leurs critiques sur l'absence de propositions. Jean-François Copé a ainsi estimé que François Hollande incarnait « la couardise en politique » en refusant « d'abattre ses cartes ». La droite dénonce une grande « imposture ». « C'est le candidat du vent, de la parole, des grands mots », a affirmé Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement.
Mais du côté du socialiste, on garde une ligne de conduite ferme. Pour Bruno Le Roux, porte-parole de Hollande, « la vigueur des critiques montre que François Hollande a fait quelque chose qui place sa campagne sur une dimension de président de la République », a-t-il commenté auprès de l'AFP. « M. Copé est dans l'escalade verbale précisément parce que le texte de Hollande présente un contenu politique fort, clair et précis », a estimé Delphine Batho, autre porte-parole. Sur le terrain, le député de Corrèze va multiplier dans les prochaines semaines déplacements et meetings alors que le chef de l'Etat s'est lancé dans le marathon des voeux avec à la clé un vaste tour de France.
François Hollande sera mercredi à Mérignac (Gironde), jeudi à Caen, samedi à Tulle (Corrèze), dimanche à Jarnac (Charente) pour l'anniversaire de la mort de l'ex-président François Mitterrand. Le 22 janvier, de retour des Antilles et de Guyane, il tiendra au Bourget le premier des sept grands meetings qui doivent rythmer sa campagne. Le candidat socialiste trace sa route.

Après la lettre aux Français, des chiffres


A 110 jours de la présidentielle, est-on vraiment entré en campagne ? On serait enclin à le penser à entendre le déluge de sarcasmes - et d'outrances - qui se sont abattus sur le chef de file socialiste sitôt publiée son adresse aux Français. Signe en tout cas que la machine Sarkozy est en marche, et ses snipers affûtés. On serait fondé à le croire à voir un président aussi combatif qu'impopulaire, en mouvement permanent, et qui sera candidat non déclaré aussi longtemps qu'il pourra conserver la stature et les avantages de la fonction. Pourtant, de confrontation et d'opposition de projets, point. La crise rétrécit les promesses, elle ne doit pas annihiler les idées. C'est donc du côté de François Hollande que peut venir le déclic. Encore faut-il qu'il monte en puissance, s'affirme en patron, ne subisse pas la course aux idées de son rival. Symptomatique, la journée d'hier. Tandis que le président lançait la TVA sociale, le candidat déclaré au changement renonçait à la fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu, mesure phare de son projet fiscal. Autant François Hollande s'était montré incisif dans la primaire, autant son début de campagne l'a plongé dans une zone d'ombre. Sa tribune vise à mobiliser les troupes. Elle marque un regain de pugnacité mais n'est guère qu'une lettre de cadrage, certes bien troussée mais dénuée de concret. Des réponses à leurs problèmes, c'est ce que les Français attendent. Ayant affirmé qu'une autre politique est possible, il lui faut dire laquelle. Il ne saurait plus longtemps se contenter de stigmatiser une présidence de la parole, sous peine d'apparaître comme le candidat de… la parole.

La crise, ce jackpot

Le patron de la Française des Jeux le dit, bien assis sur son jackpot 2011 record : « Le principe de la loterie, c’est de donner un petit moment de bonheur dans un univers de contrariétés ». En trois mots, vive la crise ! On se gratte moins la tête avec les numéros de la FDJ qu’en recalculant la dette du pays et en renégociant la sienne avec son banquier. Le cinéma aussi, qui a battu ses records de fréquentation peut remercier la crise. La 3D construit des mondes meilleurs que le triple A de Moody’s, surtout quand des films ravivent de vraies valeurs humanistes et solidaires comme Intouchables. Réfugiés dans les salles obscures et des bureaux de tabac, les Français jouent et se divertissent mais surtout cherchent du rêve et du rire pour entretenir le moral, les illusions et les utopies. Tout ce que les politiques n’ont plus les moyens ni l’audace de proposer. Solutions ou échappatoires, le peuple se fait du bien en jouant et en se divertissant. Et tant pis si demain, avec la TVA sociale, pour avoir son ticket à la FDJ et au cinéma, il faudra passer un peu plus à la caisse.

En attendant Jeanne d’Arc !


En cette semaine et ce début d’année du sixième centenaire de la naissance de sainte Jeanne d’Arc (au jour de l’Epiphanie qui est la première fête du Christ-Roi), nos vœux pour la France ne voudraient pas demeurer dans la catégorie des « vœux pieux » mais se fonder sur une véritable espérance politique.

Dans son fameux discours de 1992 à l’Académie française des sciences morales et politiques, intitulé « En attendant Godot », Vaclav Havel nous aura justement laissé une magistrale leçon politique relative au passé communiste mais également au présent et au futur soi-disant démocratiques des nations modernes.

Sur son expérience du communisme avec son régime « (post-)totalitaire » du mensonge institutionnalisé, il nous livre d’abord sa conviction, à l’instar de Soljenitsyne, qu’il n’y avait pas d’autre alternative que la dissidence d’abord individuelle : « Une attente animée par la croyance que résister en disant la vérité est une question de principe, tout simplement parce qu’on doit le faire, sans calculer si demain ou jamais cet engagement donnera ses fruits ou sera vain. Une attente forte de cette conviction qu’il ne faut pas se soucier de savoir si, un jour, la vérité rebelle sera valorisée, si elle triomphera, ou si, au contraire, comme tant de fois déjà, elle sera étouffée. Redire la vérité a un sens en soi, ne serait-ce que celui d’une brèche dans le règne du mensonge généralisé. Et aussi, mais en deuxième lieu seulement, une attente inspirée par la conviction que la graine semée prendra ainsi racine et germera un jour… »

Puis, sans aller aussi loin que Soljenitsyne dans la critique du modèle démocratique occidental et de ses structures, Vaclav Havel nous suggère aussi et déjà que cet autre monde d’illusionnistes libéraux est aussi totalitaire à sa manière, plus sournoisement totalitaire que le marxisme (comme diront Jean-Paul II et Benoît XVI), et qu’il mérite peut-être également « cette attitude que, pour simplifier, nous appellerons dissidence », laquelle suppose et cultive une vraie patience réaliste.

Ecoutons ce dramaturge devenu exemplairement chef d’Etat faire paradoxalement son autocritique qu’il faudrait plutôt appeler en l’occurrence un examen de conscience pour la modernité occidentale en son entier :

« Je succombais à cette forme d’impatience, ô combien destructrice, de la civilisation technocratique moderne, imbue de sa rationalité, persuadée à tort que le monde n’est qu’une grille de mots croisés, où il n’y aurait qu’une seule solution correcte — soi-disant objective — au problème ; une solution dont je suis seul à décider de l’échéance. Sans m’en rendre compte, je succombais, de facto, à la certitude perverse d’être le maître absolu de la réalité, maître qui aurait pour seule vocation de parfaire cette réalité selon une formule toute faite. Et comme il revenait à moi seul d’en choisir le moment, il n’y avait aucune raison de ne pas le faire tout de suite…

« Je constatai ainsi avec effroi que mon impatience à l’égard du rétablissement de la démocratie avait quelque chose de communiste. Ou plus généralement, quelque chose de rationaliste, l’unité des Lumières. J’avais voulu faire avancer l’histoire de la même manière qu’un enfant tire sur une plante pour la faire pousser plus vite. »

Autrement dit, dans notre monde sécularisé issu des (fausses) Lumières, la fin du communisme ne fait pas disparaître l’attente illusoire et subversive de Godot. Si l’exemple type du Godot imaginaire, celui qui finit tout de même par arriver comme un faux monstrueux, fut éminemment le communisme (« le Godot qui prétendait nous sauver mais qui n’a fait que détruire et décimer »), un nouveau Godot rôde encore subrepticement, c’est le Godot de l’idéalisme qui dérive toujours en idéologie, auquel s’oppose le réalisme (foncièrement aristotélicien) de Vaclav Havel. Car « Godot — celui qui est attendu — ne vient jamais, simplement parce qu’il n’existe pas. Il n’est qu’un substitut d’espérance. Produit de notre impuissance, il n’est pas un espoir mais une illusion. Un bout de chiffon servant à rapiécer une âme déchirée, mais un chiffon lui-même percé de trous. »

Une attitude de dissidence qui signifie autre chose qu’« attendre Godot » !

Cela dit pour les catholiques français qui, en cette année électorale, « attendent Godot » dans un régime laïciste où ils sont manifestement « encerclés, enserrés, colonisés de l’intérieur » mais où ils continuent à se mentir à eux-mêmes et à mentir à leurs proches en croyant et faisant croire que Jeanne d’Arc peut arriver sans dissidence de leur part, sans rompre avec l’accoutumance de ce relativisme subliminal (selon l’expression de Benoît XVI), qui les rend à la fois serfs et complices, victimes et supports de ce totalitarisme sournois, pantins de ce nouveau et subtil Panthéon totalitaire.

A ceux-là, Vaclav Havel affirme : « Attendre la germination de la graine qui, par principe, est bonne, c’est autre chose qu’“attendre Godot”. Attendre Godot signifie attendre la floraison d’un lys que nous n’avons jamais planté. » Planter nous-mêmes la graine du lys suppose aujourd’hui, en cette dictature du relativisme, une dissidence analogue à celle que prônait Havel contre le mensonge du communisme. Car, dans une ténébreuse alliance, « la rencontre historique de la dictature et de la société de consommation », comme il disait, se pratique aujourd’hui aussi bien dans le « post-totalitarisme » du communisme (avec l’exemple éloquent de la Chine) que dans ce relativisme occidental et libéral avec sa décréation intrinsèque. Cette attitude de dissidence, enseignait donc Havel, nous a appris à être patients : « Elle nous a appris à attendre ; l’attente en tant que patience. » On n’attend pas Jeanne d’Arc comme on attend Godot.

mardi 3 janvier 2012

LE NON PROGRAMME SOCIALISTE !
 C'EST TROP BEAU !

L'Europe a besoin d'utopie

L'Europe a 60 ans, l'euro 10 ans. Cette aventure unique, consistant à fédérer des États-nations vieux parfois de plusieurs siècles, a connu des hauts et des bas mais traverse aujourd'hui une crise sans pareille. Une crise économique, monétaire, politique et, pire encore, sociale.

Trois scénarios sont possibles si l'on exclut le pire, c'est-à-dire la désintégration qui aurait de telles conséquences dramatiques qu'il est préférable pour tout le monde, y compris les anti-européens, d'éviter ce cataclysme.

L'Europe peut d'abord prendre acte de ses dissensions internes et en conclure que le divorce étant impossible et coûteux, la moins mauvaise solution est d'organiser des espaces de vie séparés sous le même toit. C'est ce qui vient de se passer avec la décision britannique de ne pas participer au futur traité. Les Vingt-six (ou peut-être moins) concluront un accord sans les Britanniques. Cette solution offre l'avantage de lever l'hypothèque du veto d'un État-membre, mais présente l'énorme inconvénient de consacrer la désunion de « l'Union » européenne. Elle a surtout le défaut de ne pas pouvoir s'appliquer dans le domaine économique (à cause des traités existants) ou social (car plus de politiques sociales choisies par les uns renforcerait la compétitivité des autres). Bref, un pis-aller plutôt qu'une solution durable.

Second scénario : celui qui a le vent en poupe chez la plupart des dirigeants européens. Négocier et décider entre gouvernements nationaux, chacun y défendant becs et ongles ses intérêts en marginalisant les institutions communautaires, Commission et Parlement. On y ajoute éventuellement un Directoire franco-allemand pour rendre le processus plus expéditif et efficient. Toutefois, cette solution qui implique une confrontation quasi-permanente entre la France et l'Allemagne ne fonctionne (plus ou moins bien...) qu'en raison de la crise que traverse l'Europe.

Les autres partenaires sont furieux et frustrés. Ils n'accepteront jamais que cette politique du fait accompli devienne la norme. Surtout, cette méthode diplomatique « à l'ancienne » fait fi du fonctionnement de la démocratie européenne naissante et sape les institutions démocratiques nationales. Les Allemands, comme l'a rappelé leur Cour constitutionnelle, ne pourront aller bien loin sur cette voie et se refuseront à sacrifier leurs principes démocratiques sur l'autel des conciliabules diplomatiques intergouvernementaux que privilégie la France.

C'est le troisième scénario qui a la préférence outre-Rhin. Le choix d'une Europe plus fédérale, qui intègre tous les États de l'Union - et ceux de la zone euro en particulier - dans une fédéralisation progressive à la hauteur des délégations de pouvoirs consentis en matière budgétaire, fiscale et économique. Des délégations d'une telle ampleur qu'elles ne peuvent se légitimer que par un renforcement de la démocratie au niveau européen. Cette solution est apparemment la plus utopique, mais en réalité la seule qui tienne la route sur le long terme.

On ne peut accepter que les politiques monétaires et fiscales (et par ricochet sociales) soient déléguées sans contrôle démocratique. Il est grand temps, sous peine de faillite, de redonner du sens à l'aventure européenne, une aventure qui loin de marginaliser la démocratie, doit lui donner un second souffle et la renforcer aussi bien au niveau national que supra-national.

Bonne année !

2012, l’année de tous les dangers… 2012, c’est la crise, le chômage, une présidentielle pleine d’embûches, le réchauffement climatique, la planète malade, l’islamisme toutes voiles dehors, cinq fruits et légumes par jour sinon nous mourrons tous du cancer… Que l’on soit de droite ou de gauche, abonné au discours des gros médias ou fan de la presse qui rompt avec la pensée unique – la nôtre – il y a de quoi être morose. « Arrêtez le monde, je veux descendre ! » : c’est ce qu’on chantait à Broadway en 1961 et depuis, on peut dire que les motifs de dire « stop ! » se sont accumulés.

Ce désespoir profond de nos sociétés occidentales se traduit en plaquettes de Prozac et autres antidépresseurs pour lesquels la France détient un record de prescriptions, en taux de suicides et de tentatives de suicide dans un contexte qui paraît de plus en plus hostile ; le pessimisme est à la mode. 55 % des Français partagent ce sentiment, ont-ils répondu à un sondage Harris Interactive, et 90 % placent le chômage en tête de leurs préoccupations. On sait ce que valent les sondages, mais là, c’est une tendance lourde.

Pire que le pessimisme – qui permet de ne pas voir les choses en rose et de passer à l’action, comme dirait Chesterton – le fatalisme : une majorité de Français ne croit plus qu’un gouvernement, quel qu’il soit, puisse résoudre les montagnes de problèmes qui s’accumulent sur nos têtes, qu’ils soient réels ou supposés.

Et je viens quand même, au nom de la rédaction et de toute l’équipe de Présent, vous souhaiter la bonne année ?

Mais oui, et plutôt deux fois qu’une ! C’est lorsque l’espoir s’effrite que l’espérance peut donner toute sa mesure : l’espérance qui nous fait regarder les choses d’en haut et la perspective du bonheur sans fin ; cette espérance fondée sur la bonté d’un Père qui n’oubliera jamais ses enfants.

Qui n’oubliera jamais la France, fille aînée de l’Eglise.

C’est l’année johannique : nous fêterons, en même temps que l’Epiphanie – et les trente ans de Présent ! – les 600 ans de la naissance de Jeanne d’Arc. Et en ce 3 janvier, les 1 500 ans de la mort de sainte Geneviève, patronne de Paris, celle qui a protégé la ville face à Attila et à ses Huns… Elles sont intervenues lorsque tout semblait perdu. Elles sont encore plus puissantes aujourd’hui pour…

Pour empêcher la dilution de la France dans l’Europe.

Pour donner cœur au sursaut national dont la France a besoin.

Pour sauver un pays dont les lois vont à la dérive et remettre les choses à l’endroit.

2012 sera un an de grâce. Un temps de mobilisation pour nous, pour les chrétiens d’Orient, pour les droits des chrétiens et des Français en France.

Chaque jour, tant que Dieu nous prêtera vie et que vous soutiendrez et diffuserez Présent, nous vous donnerons des nouvelles de ce monde qui nous entoure et de cette espérance qui nous anime. Quand même et toujours !

La lettre du candidat Hollande aux Français

Dans une longue tribune publiée mardi par Libération, le candidat socialiste à l'Élysée attaque les «fautes économiques et morales» du quinquennat de Sarkozy et promet d'oeuvrer à «l'indispensable redressement de la Nation».

Avant de dévoiler son programme, François Hollande prend la plume pour écrire aux Français. Mettant fin à deux mois de «drôle de campagne», le candidat PS à l'Élysée entre dans le vif du sujet mardi, dans une longue lettre publiée par Libération. A 110 jours du premier tour de l'élection, il y affirme que «comme en 1981, comme en 1958, ce qui est en jeu» dans la présidentielle, «c'est plus que la seule élection d'un président», «c'est l'indispensable redressement de la Nation». Dans ce texte intitulé «Le changement, c'est maintenant», le député de Corrèze fait valoir que le quinquennat de Nicolas Sarkozy aura été «la présidence de la parole, et lui, le président des privilèges». «Voilà la page que je veux tourner».
Soulignant que le scrutin «interviendra dans un contexte que rarement notre pays aura connu depuis le début de la cinquième République», il estime que le choix des électeurs au printemps 2012 sera «décisif». «Pour la première fois depuis longtemps dans notre histoire nationale, ce choix dépassera, et de loin, les seules questions politiques et partisanes», écrit-il.

Les «échecs» et les «contorsions» de Sarkozy

Estimant que «la dépression économique est là, l'angoisse sociale est partout, la confiance nulle part», François Hollande éreinte le chef d'État. Car pour lui, la crise n'explique pas tout. «Il y a surtout les politiques injustes et stériles menées depuis dix ans, les fautes économiques et morales de ce dernier quinquennat. Il y a donc la responsabilité personnelle de celui qui est au sommet de l'Etat depuis cinq ans», dit-il. «Comme les choses seraient faciles, si l'échec devenait une excuse, si l'expérience -même malheureuse- devenait une justification opportune de poursuivre et si l'abandon des promesses une preuve de courage!». Il ironise sur les «contorsions» de Sarkozy, «incapable de trouver une issue à la crise de la zone euro après seize “sommets de la dernière chance” en à peine deux ans». «Plutôt que de reconduire un président qui aurait tellement changé, pourquoi ne pas changer de président tout simplement?».
Pour redresser le pays, il se fixe quatre principes: «la vérité, je ne serai pas un président qui viendra devant vous six mois après son élection pour vous annoncer qu'il doit changer de cap», «la volonté», «la justice» et «l'espérance», car «je veux retrouver le rêve français».
«Oui, nous pouvons, même dans une économie mondialisée, maîtriser notre destin», poursuit le candidat PS, rappelant «que la gauche et la droite, ce n'est pas la même chose». «Il peut y avoir des défis incontournables. Il n'y a jamais une seule politique possible pour les relever. Le prétendre est un leurre, pire, un mensonge».

«Incarner l'alternance»

Face à la candidate FN Marine Le Pen aux alentours de 20% dans les intentions de vote, il dit ne «rien ignorer des tentations d'électeurs, souvent issus des classes populaires vers l'extrême-droite». «Ma campagne sera tournée vers eux, je leur parlerai net. J'entends leur colère et leur désarroi», mais «je leur démontrerai» qu'avec l'extrêmisme, «c'est la violence sociale et la vindicte ethniciste qui menaceraient la République».
S'agissant des autres candidatures de gauche et des écologistes, Hollande estime qu'elles «peuvent marquer des orientations», mais qu'il «sera difficile pour l'une d'entre elles d'être présente au second tour». «Dès lors, il me revient d'incarner l'alternance et de permettre le changement». «Rien n'est acquis», prévient-il, mais, «comme il y a 31 ans, avec François Mitterrand, si nous savons nous en montrer dignes (...) c'est à moi que (les Français) confieront la responsabilité de diriger le pays».
François Hollande entre dans le vif de sa campagne cette semaine. Invité du JT de France 2 mardi soir, il tiendra mercredi à Mérignac en Gironde son premier meeting depuis sa victoire à la primaire, avant d'enchaîner jeudi par un déplacement à Caen, samedi sur ses terres de Corrèze et dimanche à Jarnac en Charente pour l'anniversaire de la mort de l'ex-président François Mitterrand. Hormis les très nombreux déplacements thématiques, le candidat tiendra sept «grands meetings» de portée nationale. Le premier aura lieu le 22 janvier au Bourget avec «un discours à la nation», devant «plusieurs milliers de personnes», a détaillé Manuel Valls, responsable de sa communication. A l'heure où Nicolas Sarkozy multiplie les déplacements pour ses voeux de nouvel an, François Hollande cherche à tout prix à occuper le terrain.
AH ÇA POUR CAUSER ET CRITIQUER, IL EST FORTICHE LE NABOT, MAIS QUE PROPOSE-T-IL ??? 
QUEL MARIOLLE !!!!

lundi 2 janvier 2012

Le PS dénonce l'éditorial de Dassault

Le PS a dénoncé un éditorial de l'avionneur Serge Dassault, président du Figaro, qui, dans le journal aujourd'hui, "défend sur quatre colonnes à la une" du quotidien "la politique de Nicolas Sarkozy".

Faouzi Lamdaoui, secrétaire national à l'égalité, à la diversité et à la promotion sociale, estime que Serge Dassault qui "cumule les casquettes de député-maire UMP, de patron de presse et de marchand d'armes, défend sur quatre colonnes à la une du Figaro la politique de Nicolas Sarkozy".

Pour le PS, ce "nouvel épisode" après "les voyages répétés de Nicolas Sarkozy à bord du jet de Vincent Bolloré, autre milliardaire patron de presse, illustre la collusion malsaine des grands groupes de médias avec le pouvoir Sarkozy".

"Les amis milliardaires patrons de presse de Nicolas Sarkozy ont transformé leurs médias en nouvelles pravdas du pouvoir", juge M. Lamdaoui.

Serge Dassault adresse ses voeux aux lecteurs à la Une du Figaro et "à la France qui a choisi un président dynamique et courageux". "Nos encouragements et notre appui l'accompagnent pour réformer un pays dont les habitudes ont besoin d'être changées", écrit-il, soulignant que Nicolas Sarkozy "a déjà fait beaucoup en quelques mois".

CE N'EST QUE JUSTICE, LA POLITIQUE DE SARKOZY EST LA SEULE QUI SOIT RÉALISABLE.
LES SOCIALISTES MENTENT, RÊVENT, OU MENTENT ENCORE.

Fiction : de l'euro au mundo, chronique d'un (impossible ?) collapse

La sortie de l'euro de la Grèce entraîne la fin de l'expérience de la monnaie unique. Chaque pays revient aux parités de 1999. Mais le dollar ne résiste pas à l'onde de choc. Un nouvel étalon monétaire s'impose.

L'éclatement de la zone euro ? Personne n'y croit, tout le monde y pense. Tant les « anti » que les « pro » euro se demandent quel impact pourrait avoir un tel big bang aujourd'hui. Bien sûr, le collapse ne peut venir que du berceau de la démocratie.
Le défaut total de la Grèce, que tout le monde prédit depuis un an, aura donc bien lieu courant mars prochain, avec son corollaire, la sortie du pays de la zone euro. Ce n'est pas la fin du monde mais les conséquences seront, une fois de plus, aussi inattendues que précipitées.
En Grèce, le troc, déjà largement pratiqué, sera généralisé, la « nouvelle » drachme dévaluée de 70 % par rapport à l'euro, et la dette privée et publique, devenue insupportable, sera tout simplement annulée. De toute façon, le pays n'a plus accès aux marchés financiers, bénéficiera de l'aide du FMI, de la Banque mondiale et de la Berd pour faire tourner les infrastructures et l'État sera contraint de lancer un programme drastique de réductions des dépenses, avec suppression de l'armée et privatisation de l'Acropole.
Réaction en chaîne
L'épreuve sera terrible pour les jeunes, les retraités, les malades et les fonctionnaires. L'émigration massive et la solidarité devraient cependant amortir le choc social. Bien évidemment, la défaillance d'un État va provoquer la défaillance du pays le plus faible suivant.
C'est ce que les économistes appellent « la contagion ». Pressés par leurs opinions publiques, les pays du « Club Med » déclarent, chacun leur tour, leur incapacité à rembourser leur dette, le retour au protectionnisme et au contrôle des changes, et font appel à l'épargne forcée de leurs habitants. Dans le plus grand secret, durant le week-end pascal, la France et l'Allemagne décident de mettre un terme à l'expérience de la monnaie unique et préparent un retour aux monnaies nationales sur la base des parités de 1999.
À court terme, chacun y trouve son compte (sauf l'Allemagne) : les dévaluations compétitives dopent la croissance, l'inflation repart, les bilans bancaires s'améliorent. Certes, tous les États se préparent à de sévères cures d'austérité pour faire face à l'explosion du coût du service de la dette.
Mais chacun sait qu'une partie des dettes ne sera jamais remboursée. Les grands perdants sont les retraités et les rentiers, ceux-là mêmes qui avaient largement voté en faveur de la sortie de l'euro. Le « credit crunch » menace, les taux d'intérêt explosent. Cela tombe bien, il faut de toute façon changer nos modes de vie, consommer moins, apprendre la frugalité et suivre le nouvel indicateur PIB « bonheur ».
Problème, la contagion ne s'arrête pas aux frontières européennes. Déjà le dollar et la livre subissent les assauts des marchés. Le système financier international, vrillé par le jeu des contreparties et des produits dérivés, vacille. La volatilité des primes et des monnaies devient incontrôlable. Chacun tente de rapatrier ses capitaux.
La Chine et les États-Unis sont d'accord sur un point : il est grand temps de convoquer un nouveau Bretton Woods. Le discrédit sur le dollar, dernière devise de réserve, est tel que la fondation d'un nouvel étalon monétaire devient impérieuse. C'est chose faite durant l'été. Le nouvel étalon ne sera adossé à aucune monnaie. La parité avec l'or est partiellement réintroduite mais le coeur du dispositif repose sur une chambre de compensation internationale des dettes. Adieu l'euro, vive le mundo !

Suspense garanti…

Chez nos voisins, où le citoyen choisit ses dirigeants par le biais d’élections législatives, le nom du chef de gouvernement et la majorité sont annoncés quatre à six mois à l’avance sauf événement dramatique de dernière minute. Chez nous, avec cette exception française en Europe nommée présidentielle, la campagne sert à démentir les augures, déjouer les parieurs, défaire un favori, démolir un outsider, débusquer un inconnu. La fameuse rencontre entre le peuple et le candidat… À chaque édition, le scénario s’est révélé différent et en dehors de la première en 1965, au 2 janvier, l’affaire était loin d’être emballée pour le futur vainqueur.

Où en sont-ils cette année ? La personnalité du Président Sarkozy, sans doute davantage que son bilan, suscite du rejet chez beaucoup de Français. Mais celle de son principal adversaire, François Hollande ne soulève ni enthousiasme ni adhésion forte y compris dans son camp. François Bayrou reste étiqueté à droite pour la majorité des électeurs de gauche, ce qui, à ce jour, limite son potentiel. Marine Le Pen n’est pas perçue crédible sur les questions économiques. Or, la seule indication fiable à ce jour, c’est que la crise sera le mot, le thème, l’enjeu de la campagne. Tous les candidats doivent encore faire leurs preuves… à l’épreuve de cette situation et de la campagne. On a vraiment la chance de voter en France : le suspense est garanti.

La zone euro cherche à lever les ambiguïtés ayant présidé à sa création

Bruxelles Bureau européen - Voilà donc dix ans que l'euro a remplacé les devises nationales dans les porte-monnaie des citoyens européens. Cet anniversaire coïncide avec une crise sans précédent de l'Union monétaire. Une tempête qui n'a pas cessé de gonfler depuis le naufrage, en 2010, de la Grèce, admise dans la zone euro après avoir trafiqué ses comptes. Et qui s'est amplifiée avec le surendettement des Etats, fragilisés par la crise financière, mais aussi avec l'incapacité collective à endiguer l'onde de choc.

Gouvernance embryonnaire, manque de leadership, dissensions entre capitales, batailles institutionnelles... l'Union monétaire a perdu une bonne partie de sa crédibilité en étalant ses faiblesses. Au point que les plus pessimistes doutent des chances de survie de la monnaie unique.


Les dix-sept pays membres ont certes entrepris, cahin-caha, de rebâtir leur maison commune. Mais ce chantier revient souvent à lever les ambiguïtés qui ont présidé à la conception de l'euro, sous l'égide de François Mitterrand et d'Helmut Kohl.
Le renflouement des Etats en difficulté C'est l'un des principaux acquis de la crise. Désormais, il est possible de renflouer un Etat en détresse financière, alors que les traités interdisaient cette perspective. Cette rupture a d'ailleurs suscité, et suscite toujours de fortes tensions politiques dans les pays du nord de la zone euro, les plus vertueux (Allemagne, Pays-Bas, Finlande), sur fond de montée des forces eurosceptiques.
La Grèce, puis l'Irlande et finalement le Portugal ont ainsi pu être placés sous assistance financière, avec le soutien du Fonds monétaire international (FMI), en échange de la mise en oeuvre de plans d'assainissement drastiques.
Cependant, la force de frappe des fonds de secours mis en place dans l'urgence risque de ne pas suffire pour stabiliser des pays comme l'Italie ou l'Espagne en cas de nécessité en 2012.
Or, les capitales se déchirent sur la meilleure façon de rehausser les "pare-feu". Et elles ne se sont toujours pas accordées sur la possibilité de procéder à une mutualisation des dettes.
Le renforcement de la discipline budgétaire Il s'est imposé comme une contrepartie aux efforts inédits de solidarité acceptés par les pays les plus solides. La chancelière allemande, Angela Merkel, a par exemple posé comme condition d'avoir les moyens de peser sur les choix budgétaires avant de voler au secours de la Grèce.
Dans la foulée du premier plan d'aide, en 2010, le Pacte de stabilité et de croissance a été durci. En décembre 2011, les dix-sept Etats de la zone euro - et neuf pays qui n'y sont pas encore - ont, surtout, mis sur les rails un nouveau traité censé muscler leur pacte budgétaire. Seul le Royaume-Uni a refusé de s'engager dans cette voie.
L'accent mis sur les politiques de rigueur risque néanmoins d'affaiblir encore un peu plus les économies les plus fragiles de la zone euro, au point d'amplifier les divergences économiques au sein de l'Union monétaire. Or, sans investissements ni créations d'emplois, rien ne sera réglé à terme.
Le rôle la Banque centrale européenne La BCE - son action est cruciale dans la gestion de la crise et la stabilisation du secteur bancaire - a fait preuve d'un certain pragmatisme pour pallier l'inertie des politiques, au risque, selon les plus orthodoxes, d'outrepasser son mandat.
Mais l'extension de la crise a aussi incité certains pays, dont la France, à accroître leurs pressions pour transformer la BCE en prêteur en dernier ressort des Etats, sur le modèle de la Fed, son homologue américaine.
L'Allemagne s'oppose à une telle approche, brandissant les traités qui interdisent de renflouer un Etat en faisant marcher la planche à billets. Le sujet est donc prudemment ignoré dans les discussions sur le futur traité à vingt-six.
La mise en place d'un gouvernement économique L'Allemagne, qui refusait depuis le lancement de l'Union monétaire de renforcer son volet politique dans le but de "protéger" la BCE, s'est finalement rangée au souhait exprimé de longue date par la France. Les avis divergent cependant sur le pilotage de ce gouvernement économique, et sur les modalités de son contrôle démocratique.
Nicolas Sarkozy veut placer l'ensemble sous l'autorité des sommets de la zone euro ; des pays, comme l'Italie, la Belgique, ou la Pologne, souhaitent renforcer le rôle des institutions bruxelloises.
Jean-Claude Trichet, l'ex-président de la BCE, avait proposé la création d'une fonction de ministre des finances européen, chargé de superviser les politiques budgétaires et économiques des Etats.
Toutes ces pistes nécessiteraient des transferts plus importants de souveraineté. Un choix politique ultrasensible, en particulier en France, au moment où les opinions publiques voient la construction européenne, et l'euro, d'un oeil critique.

Zap Gauche Anti sarko






UNE GAUCHE DÉNUÉE DE SOLUTIONS.
AVIDE DE POUVOIR, MAIS POUR EN FAIRE QUOI ?

L'EDITO DE MERDE DU JOUR EST ENCORE DANS "LE MONDE"

Les meilleurs vœux (pieux) du président

Grave, courageux et solide "dans la tempête" : telle est l'image de lui-même que Nicolas Sarkozy entend donner aux Français. Engagée depuis des mois, cette bataille de la crédibilité présidentielle a franchi un nouveau palier le 31 décembre 2011, avec la présentation de ses vœux aux Français.

Rien n'a été négligé pour dramatiser la situation : économie mondiale "au bord de l'effondrement" depuis trois ans, "crise inouïe, la plus grave sans doute depuis la seconde guerre mondiale", "circonstances exceptionnelles", "destin de la France" qui "peut une fois encore basculer"... Difficile de faire plus churchillien et gaullien à la fois ! Pour mieux convaincre les Français de reconduire ce président qui fait face, plutôt que de confier le sort du pays à des candidats dont aucun ne serait, à ses yeux, à la hauteur des défis du temps présent.

Tout cela aurait une certaine allure si ne flottait, sur ce discours, un insistant parfum de rodomontade. Ainsi du rôle des marchés financiers et des agences de notation.

Depuis deux ans, le président de la République ne cesse de marteler la nécessité de diminuer nos dépenses publiques et de réduire notre dette pour garder la confiance de ceux - les marchés en premier lieu - qui prêtent à la France l'argent dont elle a besoin pour boucler ses budgets. Récemment encore, dans ces colonnes, il récusait tout "laxisme". Depuis deux ans, il justifie des réformes aussi emblématiques que celle des retraites par cette ardente obligation. Depuis deux ans, il fait de la note AAA de la France un "trésor national" à préserver à tout prix.

Et le voilà qui, d'une phrase, paraphrasant de Gaulle ("La politique de la France ne se fait pas à la corbeille"), assure que "ce ne sont ni les marchés ni les agences qui feront la politique de la France". Qui peut le croire, quand tout démontre le contraire ?

De même pour le chômage, qui doit, a assuré Nicolas Sarkozy, faire "l'objet de toute notre attention" et sur lequel "nous devons changer notre regard", afin que la formation des chômeurs "devienne la priorité absolue, afin que chacun puisse se reconstruire un avenir". Très bien, et il y a urgence. Mais que n'a-t-il engagé cet effort voilà trois ans, quand la crise a commencé ? Les Français peuvent se poser la question.

Quant aux "dérèglements de la finance" et aux "dégâts qu'elle a provoqués", on passe véritablement des voeux de bonne année au voeu pieux : "La taxe sur les transactions financières doit être mise en oeuvre." Mais par quel miracle ? L'instauration de cette taxe était l'un des objectifs de la présidence du G8 et du G20 que M. Sarkozy a assurée en 2011. Il n'a pas été atteint. On voit mal comment il le serait, cette année, alors que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne y restent farouchement opposés.

Le chef de l'Etat ne cesse d'affirmer sa volonté de dire la vérité aux Français. Pour convaincre, il conviendrait qu'il y conforme ses actes. De même, avant de donner aux autres des leçons de sérieux, il serait avisé de ne pas les oublier pour lui-même.

La crise est aussi une crise éthique

L'euro est en crise, dit-on. Non, c'est nous-mêmes qui sommes en crise. Pourquoi ? Parce que les réalités nous apprennent que nous n'avons pas été loyaux, réguliers avec nos propres décisions, Nous avions choisi I'euro voici dix ans, mais en assortissant ce choix d'un certain nombre de contraintes dont la plupart des États de la zone euro se sont affranchis. Nous avons contracté des dettes à rembourser demain pour obtenir des satisfactions que nous ne pouvions nous payer aujourd'hui. Pourtant, aujourd'hui, il nous faut faire face à nos obliga- tions. Ce sera difficile. C'est cela la crise qui met en cause l'Europe, sa solidarité, son avenir, ce projet exceptionnel et unique dans I'Histoire, à savoir une vaste union de peuples effectuée, non pas sous la contrainte, mais dans la libre adhésion.
L'année qui s'ouvre en fait trembler plus d'un, qu'il soit banquier, responsable politique ou simple citoyen ; qu'il soit riche parce qu'il craint de perdre, qu'il soit pauvre parce qu'il redoute de devenir plus pauvre encore. Et le pessimisme, si I'on on croit les sondages, étreint les Français plus encore que les autres Européens.

Pourtant, heureusement, tout n'est pas perdu, loin de là. Notre pays est plein de ressources, à commencer par sa démographie, exemplaire en Europe, avec 150 000 personnes de plus chaque année (en Allemagne, 700 000 personnes de moins par an), 600 000 entrepreneurs ont créé leur activité en 2011 (1). Bien sûr, nous avons de graves faiblesses dans le domaine économique, mais nous savons que l'économique n'est pas la seule mesure de I'homme. ll nous faut réfléchir et inventer notre avenir. "Alors que le communisme s'est écroulé, notait Vaclav Havel qui vient de nous quitter, les Occidentaux qui l'ont combattu pendant des décennies donnent I'impression de ne pas savoir quoi faire de leur victoire ! "
Revigorer la volonté
C'est cela qu'il faut éclairer : il faut nous demander ce que nous voulons ou non construire oubien, comme le soulignait encore Vaclav Havel, si nous voulons continuer " la poursuite effrénée de la croissance de la croissance ? ".
Nous devrions écouter cettevoix dont Lech Walesa dit qu'elle "manquera à I'Union européenne maintenant alors qu'elle traverse une crise sérieuse .Cette voix qui nous dit que " le souci de l'âme " de chaque individu devient inséparable du "souci de l'âme" de la Cité. Cette voix qui nous appelle à développer profondément " le sentiment de responsabilité personnelle pour le monde ". En effet, "la crise qui menacele vieux continent est une crise éthique", a déclaré le Pape Benoît XVl, lors de ses vceux de Noël. ll ajoutait : " Même si des valeurs comme la solidarité, l'engagement pour les autres, la responsabilité envers les pauvres et ceux qui souffrent sont en général indiscutées, il manque souvent la force stimulante capable d'inciter les personnes individuelles et les grands groupes sociaux à des renoncements et à des sacrifices. La connaissance et la volonté ne vont pas nécessairement de pair. La volonté qui défend l'intérêt personnel obscurcit la connaissance et la connaissance affaiblie n'est plus en mesure de revigorer la volonté."
Tout cela sïgnifie, qu'il nous faut nous dépasser dans un grand effort vers l'avant, vers l'avenir pour aller au-delà de nos petitesses, de notre nombrilisme et travailler en pleine solidarité avec les autres Européens pour maintenir et développer dans ce monde surarmé et en plein changêment ces valeurs inestimables et si fragiles: la démocratie et la paix,Il faut pour y parvenir revigorer notre volonté. C'est le voeu que nous pouvons formuler pour cette année 2012.


(1) Entretien avec M. Jean-Hervé Lorenzi, Ouest-France, jeudi 29 décembre 2011

Les risques d'une année politique

Meilleurs voeux à tous les lecteurs du Courrier picard. Santé, bonheur, et plaisir de lire des nouvelles de Picardie, le tout à partager avec vos familles, vos proches et tous ceux qui vous entourent. Telle est une des missions du journal : favoriser, voire animer le lien social sur son territoire. Certains ricanent déjà. Ceux que quelques articles agacent. Ceux qui nous traitent de gauchistes comme ceux qui nous disent à la solde du grand capital, surtout depuis que nous avons quitté les vertueux habits de la société coopérative de production ouvrière (Scop). Les uns et les autres lisent entre les lignes, interprètent et veulent absolument voir « leur » diable dans nos publications. Il en est ainsi surtout des sujets politiques. Un exemple : interrogez les inscrits de décembre sur les listes électorales sur le sens de leur démarche. Ils disent presque tous leur souhait de faire barrage à Nicolas Sarkozy. Est-ce une prise de position que de le relater ? C'en aurait été une de le camoufler ! En 2012, présidentielle et législatives en vue : tout ce que nous écrirons - ou pas - pourra être retenu contre nous ! C'est pourquoi on annonce la couleur : nous ne roulerons pour personne. Ni contre. Toutes les idées ont leur place dans nos colonnes, mais nous restons méfiants et vigilants face aux extrémismes de tous bords. Quel que soit le prochain président de la République, nous ne serons ni heureux, ni malheureux. Notre rédaction est à l'image des Picards : pluraliste. C'est l'honnêteté qui doit guider nos plumes et on essaiera de les tremper dans l'encre de la sincérité. C'était le cas dès le début de ce "Bonne année, chers Picards."

Hollande, toujours favori des sondages

Selon l’Ifop, Marine Le Pen est la candidate incontestée des ouvriers, François Hollande, celui des jeunes, et Nicolas Sarkozy, celui des retraités. 

La précampagne a livré ses premières tendances. À seize semaines du premier tour, l’Ifop a établi un bilan à partir des études réalisées entre mai et décembre 2011. Huit mois marqués par les surprises, depuis l’empêchement de DSK jusqu’au come-back de François Bayrou, la candidature de Dominique de Villepin, en passant par le forfait de Jean-Louis Borloo.

Marine Le Pen prête à profiter du moindre faux pas

Premier constat à la lecture de l’évolution des intentions de vote au premier tour : trois candidats se sont très nettement détachés, avec une bipolarisation Hollande-Sarkozy et un trouble-fête, Marine Le Pen. En tête, François Hollande, grand favori des sondages, a su faire oublier DSK. Après un pic à 35 % au lendemain de sa victoire à la primaire PS, le député de Corrèze reste haut avec 27,5 % d’intentions de vote. Vient ensuite Nicolas Sarkozy, seul candidat non encore déclaré, qui, menacé par Marine Le Pen en début de séquence, a connu six mois de remontée, avant de rechuter à 24 % au mois de décembre. Il a en tout cas éloigné le danger d’une élimination au premier tour. Pour le moment. Car Marine Le Pen, toujours très haut, se stabilise à 20%, prête à profiter du moindre trou d’air de ses deux principaux adversaires.
Parmi les autres candidats testés, seul François Bayrou, qui achève l’année sur une grande remontée, après sa déclaration de candidature (plus 4 points en un mois), avec 11 % d’intentions de vote, semble être en mesure de perturber un tant soit peu le trio de tête. Jean-Luc Mélenchon termine la période à peu près comme il l’avait commencée, à 6,5%, quand Eva Joly stagne à 5%. Depuis l’annonce de sa candidature, Dominique de Villepin retrouve son niveau du mois de mai, au moment de la présentation de son projet, soit 3,5 %.
Des candidats, mais pour quels électeurs ? L’Ifop a ventilé les intentions de vote au premier tour d’après les études réalisées entre le 14 novembre et le 15 décembre. Le candidat des jeunes? Sans conteste Hollande, 38% des 18- 24 ans déclarent souhaiter voter pour lui. Celui des personnes âgées? Sarkozy, elles sont 38% en sa faveur, même si Hollande obtient de bons résultats (29%) sur ce segment. Quant à Le Pen, elle séduit les 35-49 ans (27%), alors que c’est sur cette catégorie, "à la fois en âge de travailler et d’avoir des enfants au foyer", rappelle l’Ifop, que Hollande et Bayrou font leurs plus mauvais scores.
Autre enseignement de ce sondage, Le Pen s’est affirmée comme la candidate des ouvriers, avec un écrasant 35% d’intentions de vote, quand ni les candidats de gauche ni ceux de droite ou du centre ne les séduisent. Autre fait notable, les salariés du privé votent désormais Hollande (26%) et Le Pen (25%), quand ils ne sont que 21% à choisir Sarkozy. La nette faillite du "travailler plus pour gagner plus". En 2007, rappelle l’Ifop, le candidat de l’UMP était pourtant largement en tête dans cette catégorie, avec 32% et sept points d’avance sur Ségolène Royal. Aujourd’hui, il n’est plus majoritaire que chez les travailleurs indépendants et les retraités.
HOLLANDE CANDIDAT DES JEUNES, NORMAL ILS N'ONT PAS GALÉRÉ DE 1981 JUSQU'À NOS JOURS, NOUS PAYONS ENCORE LE SOCIALISME MITTÉRRANDIEN; MAIS ÇA, ILS NE LE SAVENT PAS, LEURS PROFS D'ÉCONOMIE SONT SOCIALISTES, DONC.....

Le retour du refoulé industriel

Dix ans plus tard, la production est partie là où on accepte de fabriquer encore. Et le cours de Bourse s'est effondré.

Défaites le joli noeud, déchirez le papier, faites tourner le cadeau entre vos mains, souriez bêtement, remerciez gentiment, et regardez subrepticement l'origine de l'objet. Vous verrez que cette année encore le père Noël est allé se servir en Chine. Le père Noël n'est pas cocardier.

Il est même carrément antinational.

Il s'est fourni au moins disant, n'écoutant pas les objurgations de Nicolas Sarkozy, de François Hollande, de François Bayrou, d'Arnaud Montebourg, de Jean-Luc Mélenchon, de Marine Le Pen, d'Eva Joly. La classe politique exhorte en choeur le peuple français à acheter et à produire en bleu, blanc, rouge. Le salut est hexagonal désormais.

On a vu ces dernières semaines nos leaders en campagne traverser avec des allures martiales les ateliers et les chantiers, casque sur la tête, lunettes de protection sur le nez. Il s'agissait de montrer au pays qu'en France demeurent quelques usines. La photo idéale montrait le candidat serrant la main d'un ouvrier, comme on salue le dernier des Mohicans.

Ce retour du refoulé industriel est un remords et une tromperie.

Nos gouvernants ne sont ni idiots ni sous-informés. Ils ont entendu assez de conseillers, rencontré suffisamment de patrons, pour savoir que la France perd ses usines depuis vingt ans comme on perd son sang. Nos déficits commerciaux abyssaux le prouvent. Nos entreprises ne sont plus assez compétitives.

Pour pallier cette déshérence industrielle, il suffisait d'écouter les bons spécialistes et les bons praticiens demander qu'on restaure les marges des entreprises, qu'on finance et encourage la recherche et l'innovation, qu'on renforce les passerelles entre universités et monde du travail, qu'on développe l'apprentissage, qu'on crée les conditions pour le développement des PME, qu'on favorise leurs exportations. Il fallait se résigner à un travail ingrat, pas toujours populaire, qui n'a rien de spectaculaire, qui ne rapporte pas de voix, et qui exige durée et effort. Quelle horreur !

On a préféré prendre pour un génie ce patron d'un groupe du CAC 40 prônant une stratégie d'entreprise sans usines. Dix ans plus tard, la production est partie là où on accepte de fabriquer encore. Et le cours de Bourse du mastodonte industriel s'est effondré.

La tromperie consiste à faire croire aux Français que pour retrouver un lustre industriel et une meilleure santé économique, il suffit de dresser des herses aux postes frontières. Alors que la France appartient à une Union européenne qui possède ses propres frontières à l'intérieur desquelles se fait la majorité de nos échanges commerciaux, alors que le monde est entré dans une ère de partage du travail où les places ne sont pas données mais acquises de haute lutte.

Mais il faut bien se faire élire.