TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

samedi 15 mai 2010


Henri IV, c'était le bon temps

Si tu ne sais pas où tu vas, tâche de te souvenir d'où tu viens. Face à un avenir incertain, la France applique ce principe à la lettre. Hier, par exemple, on a célébré avec faste le 400e anniversaire de la mort d'Henri IV. Sur le Pont-Neuf, bien mal nommé, un jeu pyrotechnique a illuminé la statue du monarque.

Au même moment, déguisé en "Vert Galant", un acteur se promenait à cheval brandissant une épée bleu fluo. Voici le chantre de "la poule au pot" qui prend des allures de Jedi...

Le ministre de la Culture et une flopée d'élus participaient à l'hommage. Au vaillant Bourbon, la République reconnaissante ! Une gerbe fut pieusement déposée rue de la Ferronnerie. Là où l'infâme Ravaillac assassina l'illustre Béarnais, le 14 mai 1610. Ce qui ne rajeunit personne.

Qu'a donc réalisé ce bon roi pour mériter notre reconnaissance éternelle ? Il a reconstruit le pays, pardi, et surtout mis un terme aux guerres de religion. Son successeur, troquant le Louvre pour l'Élysée, risque de ne pas connaître pareille réussite.

Nicolas 1er peine à arrêter le massacre des délocalisations, saint-Barthélemy du travailleur. On doute aussi que "l'interdiction totale de la burqa" aboutisse à un nouvel "édit de Nantes", réconciliant musulmans et chrétiens.

Lorsque le présent effraie, la gloire d'antan devient une valeur refuge. Du passé faisons table pleine ! Ce soir, avec la traditionnelle "Nuit des musées" - entrée libre pour tous - on pourra s'en mettre jusque-là.

La France, avec ses 1 200 musées, détient le record d'Europe. Elle attire le touriste plus sûrement que l'industriel. Pourvu qu'un jour, comme la Grèce, elle ne vive pas uniquement de ses ruines...


Gilles Debernardi

Trichet : "la situation la plus difficile depuis la 2e guerre mondiale"

Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, estime dans un entretien à paraître lundi 17 mai dans l'hebdomadaire Spiegel que les marchés se trouvent dans "la situation la plus difficile depuis la deuxième guerre mondiale, voire depuis la première".
"Nous avons vécu et vivons des temps véritablement dramatiques", poursuit-il, estimant qu'en fin de semaine passée, lors de la vague de panique sur les bourses européennes, "les marchés ne fonctionnaient plus, c'était presque comme au moment de la faillite de Lehmann Brothers en septembre 2008".

Dans cette interview, Jean-Claude Trichet laisse entendre que c'est aux gouvernements européens, plus qu'aux marchés monétaires, qu'incombe la responsabilité du recul de l'euro, qui est tombé vendredi à un nouveau plus bas de 18 mois face au billet vert. Il estime que l'euro n'est pas en butte à des attaques spéculatives et considère que l'Europe doit envisager des changements profonds en vue de prévenir et de sanctionner les écarts de conduite des Etats en matière de politique économique. "Ce n'est pas une question d'attaque contre l'euro. Cela concerne le secteur public et donc la stabilité financière dans la zone euro, explique-t-il. Il est clair que les Européens ont pour principale responsabilité de prendre des mesures appropriées pour contrebalancer les tensions actuelles en Europe."

Le président de la BCE plaide également pour un contrôle renforcé des budgets nationaux. "Nous devons faire un bond en avant dans la surveillance mutuelle des politiques européennes en Europe. Nous avons besoin de meilleurs mécanismes pour prévenir et sanctionner les écarts de conduite." "Il nous faut une mise en oeuvre efficace du contrôle mutuel, nous avons besoin de sanctions efficaces pour les atteintes au Pacte de stabilité et de croissance. La BCE réclame ici de profonds changements", souligne-t-il.

Jeudi, la Commission européenne avait proposé d'examiner en amont les budgets nationaux. "On ne peut pas avoir une union monétaire sans avoir une union économique, a plaidé José Manuel Barroso, le président de la Commission. Si les Etats ne veulent pas d'une union économique, ils doivent oublier l'union monétaire." L'idée a d'ores et déjà été rejettée par certains pays comme la Suède, et les parlementaires français sont loin, dans leur grande majorité, d'y souscrire.

DANS UNE SITUATION AUSSI DIFFICILE, TRICHET, DSK ET SARKOZY ONT FAIT MONTRE D'UNE RARE EFFICACITÉ.

Rigueur

Un spectre hante la politique française, le spectre de la rigueur, et chacun l’exorcise quand il faudrait l’accueillir avec reconnaissance, pour que prospère cette vertu vengeresse!


La gauche en fait un repoussoir, la droite un tabou, et François Fillon se découvre des vertus comiques insoupçonnées, qui refuse un label qui devrait faire sa gloire… Les Français ne le supporteraient pas, ni les marchés qui pourraient nous confondre avec la mauvaise Grèce, comme s’ils avaient besoin d’un aveu pour connaître notre vérité! Il faut revenir au dictionnaire ou à l’histoire, quand le pouvoir s’échine à ne pas nommer ce qu’il entreprend, et quand l’opposition fustige ce qu’elle devrait réclamer.

Le dico? La rigueur évoque un rappel aux règles, une exigence intellectuelle, et la fin des laxismes. Ni la droite, éprise d’ordre, ni la gauche, passionnée de justice, ne devraient redouter le mot. L’histoire? En 1958, c’était de Gaulle qui prétendait "rétablir la Nation sur une base de vérité et de sévérité, la seule qui puisse lui permettre de bâtir sa prospérité". Vingt ans après, Barre négociait la sortie des Trente Glorieuses: il fut détesté d’abord, estimé ensuite pour nous avoir légué un budget à l’équilibre. Delors ensuite, qui guérit
la gauche de ses errements et la France de l’inflation. Trois respectables totems pour qui voudrait relever le défi.

On reste donc avec le mystère de l’évitement, et l’on y voit beaucoup de peur, ou une lucide culpabilité. Fillon doit bien savoir que ses 5 milliards piochés dans les niches fiscales et dans les fonds de tiroir ne changeront rien à la faillite qu’il annonce. Il doit savoir, aussi, que les politiques de cadeaux fiscaux, le bouclier en tête, sont l’antithèse même de la rigueur, et qu’on ne rétablit pas l’ordre sur un lit d’injustice et d’idéologie…

"Nous ne faisons pas la rigueur, parce que nous n’augmentons pas les impôts, contrairement aux socialistes", clament les oracles de l’UMP. Certes. A ceci près que ce furent de Gaulle et Barre qui jouèrent de l’impôt pour rétablir nos finances… La gauche, elle, aurait beau jeu de réclamer une rigueur authentique et égalitaire. Mais elle n’est pas sûre que le sérieux soit de mise pour retrouver l’assiette au beurre, ne sait pas si elle doit manifester avec Besancenot sur les retraites ou assumer la dureté des temps avec les camarades Strauss-Kahn et Papandréou…

Dans cette affaire, il est un absent: Nicolas Sarkozy, qui s’est occupé de tant de choses pas forcément essentielles, pourrait porter devant le pays le besoin de rigueur, au lieu de charger les moulins à vent des marchés à grands coups de lettres cosignées avec l’amie Angela? Il paraphraserait de Gaulle: "Je ne cache pas que notre pays va se trouver quelque temps à l’épreuve, mais le rétablissement visé est tel qu’il peut nous payer de tout." Il reviendrait sur sa propre idéologie, forcerait le courage des Français par sa contrition, prendrait le risque et les coups et les gains. Mais il faut être fort pour oser se renier, et le Président, trois ans après, ne l’est plus assez.


Claude Askelovitch

La débâcle de 1940, « humiliation géante »

Le 10 mai 1940, après neuf mois durant lesquels nous assistâmes sans bouger à l'attaque puis à la défaite de la Pologne, notre alliée, les armées allemandes attaquaient à l'Ouest. C'était le week-end de la Pentecôte. De nombreux soldats français étaient en permission.

Le 13 mai, les blindés du général Guderian franchissaient la Meuse. Le 14, le général Von Rundstedt, ayant traversé les Ardennes, perçait les défenses françaises à Sedan et se lançait vers Arras, Cambrai, Amiens.

La « drôle de guerre » était terminée et Churchill, qui venait d'être nommé Premier ministre, en tirait la conclusion, le 13 mai, devant la Chambre des Communes : « Nous sommes à l'aube d'un des plus grands affrontements de l'histoire... Je n'ai rien à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur... Notre politique, c'est de faire la guerre sur mer, sur terre et dans les airs par tous les moyens. Faire la guerre contre une tyrannie monstrueuse. Notre but : la victoire, la victoire à tout prix en dépit de toute terreur, aussi longue et difficile que puisse être la route ; la victoire, car sans victoire il n'est point de salut. » (1)

En France, c'était le début de la débâcle. 110 000 soldats français furent tués dans cette bataille de France. « Elle fut perdue par l'impréparation, l'impéritie, la nullité à tous les niveaux de nos états-majors... Ce fut la plus grande raclée que reçurent nos armées au bout de mille ans d'histoire », écrit Maurice Druon dans son livre au beau titre, C'était ma guerre, ma France et ma douleur (2).

La France allait perdre, en quelques jours, son rang de première puissance. On allait appeler le maréchal Pétain, le général Weygand. « On faisait feu de tous les vieux bois », écrit Maurice Druon qui, pour décrire la mentalité de certains, raconte la consigne qui lui fut donnée par un officier : « Surtout, si vous rencontrez des Allemands, ne tirez pas ! ».

L'exode

De la même façon, un officier s'était écrié devant le Sergent Paul Hutin qui mettait sa mitrailleuse en batterie dans la forêt de Rennes : « Malheureux, si vous tirez sur eux, ils vont tirer sur nous ! »

L'exode immense allait commencer. Les gens vieux, jeunes, blessés, malades, mitraillés par les stukas et terrorisés mouraient de peur, de faim, de soif sur les routes. « Une humiliation géante m'assaillait », dit encore Maurice Druon.

La France hésitait. Le gouvernement allait déclarer Paris ville ouverte, laissant ainsi les troupes hitlériennes y entrer musique en tête.

Au contraire, Churchill multipliait les appels au sursaut, les mises en garde. Il s'agit, proclamait-il le 19 mai, « de sauver non seulement l'Europe, mais l'humanité tout entière de la tyrannie la plus infâme et la plus vile qui ait jamais obscurci et souillé les annales de l'histoire... C'est aujourd'hui le dimanche de la Trinité. Il y a des siècles, des paroles ont été écrites pour encourager les fidèles serviteurs de la vérité et de la justice : armez-vous ! Soyez prêts à la bataille, car mieux vaut périr au combat que de voir outragés notre Nation et notre autel... Nous défendrons notre île, quel qu'en soit le prix. Nous nous battrons sur les plages, sur nos terrains d'aviation. Nous nous battrons dans les champs et dans les rues. Nous nous battrons dans les collines. Nous ne nous rendrons jamais ! »

En France, sous le choc, l'effondrement politique suivit la défaite militaire.

Le sursaut viendra plus tard avec un général deux étoiles qui va entrer dans l'histoire.

(1) Discours de guerre, de Winston Churchill, Éditions Texto.

(2) Éditions Plon.

Gouvernement: Ceux qui sont prêts à baisser leur salaire

Alors que le nouveau Premier ministre David Cameron annonce une baisse des salaires gouvernementaux en Grande Bretagne, le JDD Edition du samedi a interrogé les ministres français à ce sujet. Extraits de notre enquête à paraitre demain.

ILS SONT CONTRE

François Baroin, ministre du Budget
"La rémunération des ministres est moins élevée en France qu’à l’étranger. Elle est indexée sur les traitements de la Fonction publique, qui ne baissent pas chez nous, alors que d’autres pays les réduisent. Je me méfie des décisions démagogiques."

Eric Woerth, ministre du Travail
"Non, c’est une mesure qui accompagne la baisse du salaire des fonctionnaires au Portugal. En France, les ministres ont une rémunération d’agents publics. Si je devais baisser mon salaire cela voudrait dire que les salaires des agents publics baissent aussi, ce dont il n’est pas question."

ILS SONT POUR

Christine Lagarde, ministre de l’Economie
"Je préconise avant tout la réduction des dépenses des ministres. Ma rémunération a déjà diminué : il y a cinq ans bientôt, en qualité de ministre déléguée au Commerce extérieur, je gagnais un peu plus qu’aujourd’hui. Mais le salaire ne me paraît pas la plus grosse source d’économies, le train de vie est plus important (voitures, réception, personnel…)."

Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique
"Je n’y suis pas opposée. Si cette décision est collective je l’accepterai. C’est une question de justice, au cas où nous devrions prendre des mesures contraignantes. De même, je suis favorable à une réforme de la retraite des députés et des ministres. La baisse du salaire aurait surtout une portée symbolique : les économies représenteraient peu au regard des déficits. En 2008, quand je suis devenue maire de Longjumeau, j’ai diminué ma propre indemnité pour pouvoir rémunérer les conseillers municipaux délégués."

Tous au régime grec

Nicolas Sarkozy n’a pas fêté ses trois ans de présidence. Il se fait curieusement discret ces temps-ci, le Président. On ne l’a pas entendu sur le volcan islandais, pas de grande déclaration sur la Grèce, pas de petite phrase pendant son voyage en Chine. On le voit travailler, l’air préoccupé, sérieux. Il commence enfin à ressembler à un vrai président, il était temps.


Carla aussi a changé, c’est Paris Match qui le dit. Celle que le magazine surnomme "la dame de Shanghai" aurait découvert "la violence du monde politique". Sur les photos, en fait de métamorphose, on constate juste un changement de coiffure : les cheveux détachés de la chanteuse ont été remplacés par un chignon glamour de First Lady.

Le pavillon de la France à l’Exposition universelle de Chine aurait coûté 55 millions d’euros. "Et après on nous demande
de faire des économies", proteste ma bouchère. François Fillon, la mine grave, l’a annoncé sur TF1, on va devoir faire des efforts si on ne veut pas finir comme la Grèce. C’est le gars sérieux, François Fillon. Celui à qui on confierait sans peur ses économies ou ses secrets. Il a une tête de notaire de province mesuré et discret que l’on retient à dîner parce qu’il écoute tout, parle peu mais n’en pense pas moins. Le Premier ministre a promis d’économiser 5 milliards sur les niches fiscales. Lesquelles?

Le juvénile François Baroin s’est montré bien évasif. Il s’y connaît en évasion, François. Sa blonde compagne va cesser d’être domiciliée dans le Nevada pour déposer une déclaration fiscale en France; l’amour n’a pas de prix. C’est peut-être ça la solution pour rapatrier les exilés fiscaux dans l’Hexagone, que les ministres paient de leur personne? Le gouvernement français qui promet de juguler la dette, c’est comme un alcoolique qui promettrait d’arrêter de boire en ayant un verre à la main. Réduire le déficit budgétaire, tout le monde est d’accord; renoncer à ses petits avantages, personne n’est pour. Les économies, c’est formidable quand ce sont les autres qui les font pour vous. Sauf qu’à force de retarder l’opération, l’abcès grandit et devient purulent. D’ici à ce qu’il faille amputer toute la jambe…
On nous annonce que les dépenses de l’Etat vont être gelées. La différence entre la rigueur et se serrer la ceinture? "C’est simple, m’explique un ami technocrate, les dépenses ne vont pas augmenter en valeur relative et elles vont rester les mêmes en valeur absolue."

On ne va pas dépenser moins, mais on va arrêter de dépenser plus. "Va expliquer ça à ton banquier quand t’es à découvert, ironise mon beau-frère. Si je gèle juste mes dépenses, lui il va me geler ma carte Bleue. On ne bouche pas un trou uniquement en arrêtant de le creuser." ""200 grammes de tarama, et avec ça?" Le traiteur grec moustachu de la rue de Tocqueville soupire quand je lui parle de son pays natal: "Les Grecs veulent (il dit “volent”) tout avoir sans effort. En France aussi la crise pas finie du tout. Les gens font très attention, ils achètent 100 grammes d’olives, 50 grammes de tarama, une feuille de vigne." Le commerçant grec est devenu
un vrai Français, il se plaint tout le temps. Attendrie, je lui achète du vin rosé et un litre d’huile d’olive dont je n’ai pas vraiment besoin.


Les affaires de Johnny, c’est une vraie salade grecque. Dans un livre qui fait scandale, on apprend que Johnny et son producteur de toujours, Jean-Claude Camus, seraient en froid. Le producteur accuse le fils de vouloir le séparer de son père. David Hallyday dément avoir participé au livre. Une chose est sûre, Johnny serait dans la moussaka jusqu’au coup: "Il n’a qu’à demander de l’aide
à l’Europe, ironise ma bouchère. Mais pour ça, il faudrait qu’il paie ses impôts en France."

L’euro plonge et la grande famille européenne tente de colmater les brèches pour éviter la noyade. Angela Merkel, c’est un peu la tante revêche qui vous sermonne quand vous êtes dans la panade avant d’accepter de mettre la main à la poche en ronchonnant. Nicolas, c’est le tonton flambeur qui promet toujours qu’il va bientôt arrêter de vivre à découvert sans jamais donner une date précise. L’Espagne, l’Italie et le Portugal seraient menacés de faillite, le Club Med de l’Europe prend l’eau de toutes parts sauf que prêter des milliards d’euros sans vrai plan de rigueur, c’est comme remplir une passoire percée sans colmater la fuite.Les médecins et les financiers sont formels: pour recouvrer la santé, rien de tel qu’un bon régime grec.
Anne Roumanoff

CETTE CHÈRE ANNE ROUMANOFF N'A JAMAIS MIS LES PIEDS CHEZ CE FAMEUX TRAITEUR GREC DE LA RUE DE TOCQUEVILLE.
CE TRAITEUR GREC EST FRANÇAIS, ILS S'APPELLENT MARC ET YVON, LA BOUTIQUE S'APPELLE "ATRYUM DES SAVEURS" ELLE EXISTE DEPUIS UN AN, YVON EST UN ANCIEN DE MAVROMATIS (pour ceux qui connaissent)LES METS ET PRODUITS PROPOSÉS SONT IRRÉPROCHABLES ET ABORDABLES, UN TRAITEUR N'EST PAS UN ÉPICIER.
CESSONS AUSSI DE PRÉSENTER LES GRECS COMME DES HOMMES GRAS ET À LA MOUSTACHE SENTANT L'AIL.
ALORS ANNE; PLUTÔT QUE DE DIRE DES CONNERIES: FERME LA !!! ET POUR LA CHARITÉ TU REPASSERAS, MERCI.

Nouvelles accusations contre Polanski

L'affaire Polanski a connu vendredi soir un nouveau rebondissement qui n'est pas sans surprendre. Après les accusations de viol sur Samantha Geimer, 13 ans à l'époque, une actrice anglaise, Charlotte Lewis, 42 ans, a affirmé vendredi avoir, elle aussi, été abusée sexuellement par le réalisateur franco-polonais.

Les faits remonteraient au début des années 80. Lewis, alors tout juste 16 ans, est à l'affiche du film de Polanski, «Pirates». «Il savait que je ne n'avais que 16 ans quand nous nous sommes rencontrés, et il m'a forcée à avoir des relations sexuelles avec lui dans son appartement à Paris», a révélé l'actrice, lors d'une conférence de presse surprise organisée à Los Angeles. Pour la conseiller, Charlotte Lewis avait à ses côtés l'avocate Gloria Allred, une habituée des affaires impliquant des personnalités.

«Tout ce que je veux, c'est que justice soit faite», a-t-elle poursuivi. Son avocate a précisé que sa cliente avait fait une déposition auprès de la police de Los Angeles (LAPD) et du bureau du procureur.

Pour l'avocat de Polanski, «c'est du pur chantage»

Charlotte Lewis espère désormais que son témoignage soit pris en compte par les autorités suisses au moment de la décision de l'extradition. «En plus du fait que sa victime et moi-même étions toutes les deux mineures, je crois qu'il y a d'autres similarités dans les crimes qu'il a commis. Il est très important que le bureau du procureur et les autorités suisses disposent de cette information quand ils décideront de son sort», a-t-elle précisé.

Actuellement assigné à résidence en Suisse, Polanski attend toujours une éventuelle extradition aux Etats-Unis, après son arrestation en septembre dernier sur mandat américain. Ses avocats, qui réclament toujours l'abandon des poursuites, ont accueilli ces nouvelles accusations avec «indignation et stupéfaction». «Ce n'est pas un rebondissement, c'est une affaire de pur chantage», commentait vendredi soir Me Kiejman, l'avocat de Roman Polanski sur LCI.

Cette nouvelle accusation contre Roman Polanski survient alors même qu'à Cannes, plusieurs réalisteurs et personnalités du monde du cinéma signent une pétition pour la libération du cinéastre. Cette pétition, lancée à l'initiative de Bernard-Henry Lévy a été signée notamment par Jean-Luc Godard , Olivier Assayas ou encore Agnès Varda. Mais Vendredi, sur la Croisette, l'acteur Michael Douglas a, lui, expliqué publiquement qu'il ne pouvait la signer.

Parce qu'il est riche et célèbre, parce qu'elle n'est rien, parce qu'elle a rêvé trop fort et qu'elle a échoué, cette "actrice" va, certainement, là, tenter de décrocher le meilleur rôle de sa misérable vie.

C'EST A PLEURER.

Voile intégral : les députés UMP contre le Conseil d'Etat

A droite, on savait que l'interdiction généralisée du voile intégral était difficile à tenir juridiquement. Dans un avis consultatif sur le projet de loi d'interdiction du voile intégral dans l'espace public, qui sera présenté mercredi 19 mai en conseil des ministres, le Conseil d'Etat juge que cette mesure ne participerait d'"aucun fondement juridique incontestable", selon Le Figaro.
Pour Jean-François Copé, il ne s'agit que d'une "interprétation" juridique. "Si la recommandation est 'ne faites rien', je dis ce n'est pas acceptable", a-t-il souligné. "Il existe aujourd'hui des interdictions générales et absolues : par exemple, on n'a pas le droit de se balader tout nu dans la rue sinon on est sanctionné", a expliqué le chef de file des députés UMP, auteur d'une proposition de loi sur l'interdiction de la burqa.

D'autres élus UMP sont montés au créneau : la députée du Nord Françoise Hostalier s'est déclarée "très surprise et même choquée par le ton péremptoire de l'avis du Conseil d'Etat". "Comment ces juristes censés éclairer le gouvernement et la représentation nationale peuvent-ils ainsi encourager ceux qui ne cherchent qu'à saper les valeurs fondamentales de notre société ?", argumente-t-elle.

"RÉFORME CONSTITUTIONNELLE"

Le député villepiniste Hervé Mariton a réagi en envisageant "une réforme constitutionnelle", si le projet de loi du gouvernement interdisant totalement le port du voile intégral se révélait contraire à la Constitution. "Je pense que beaucoup sera dans l'intention du législateur, et que la qualité, la clarté et l'équilibre du débat parlementaire doivent permettre de trouver un chemin", a déclaré à l'AFP M. Mariton.

Fin mars, les députés UMP avaient eu la même attitude lors d'un premier avis rendu par le Conseil d'Etat sur la question, à la demande du premier ministre. François Fillon avait alors appelé de ses vœux une loi qui aille "le plus loin possible dans la voie de l'interdiction générale". Malgré les difficultés juridiques.

Mardi, les députés ont adopté à l'unanimité une résolution condamnant "les pratiques radicales attentatoires à la dignité et à l'égalité entre les hommes et les femmes", comme le voile intégral. Le projet de loi d'interdiction devrait être examiné début juillet par les députés et début septembre par les sénateurs, l'objectif étant de le voir adopté définitivement à l'automne.

De leur côté, les socialistes ont déposé leur propre proposition de loi prévoyant l'interdiction de la burqa dans les seuls services publics.

CE VOILE EST UNE INSULTE À LA LAÏCITÉ ET À LA RÉPUBLIQUE,
PAS AUX FEMMES, SURTOUT SI CELLES QUI LE PORTENT SONT LAIDES.

vendredi 14 mai 2010

La rigueur en Espagne fait grincer des dents au PS

José Luis Zapatero a annoncé mercredi des réductions de salaires pour les fonctionnaires.

L'exemple tourne mal. L'Espagne de José Luis Zapatero s'est résolue à la rigueur en annonçant, mercredi, des réductions de salaires pour les fonctionnaires. Coup dur pour les socialistes français qui avaient érigé le président du gouvernement espagnol en porte-drapeau de la nouvelle gauche européenne. Après son élection en 2003, François Hollande ne jurait que par lui, Ségolène Royal, en 2004, s'est fait surnommer «la Zapatera». Et pour son premier déplacement à l'étranger, c'est en Espagne que s'était rendue la première secrétaire Martine Aubry, l'année dernière.

«Comparer la France et l'Espagne n'est pas possible, prévient d'emblée le porte-parole Benoît Hamon. Je vois ce qu'on voudrait faire. Mais les déficits en France sont liés à des politiques irresponsables en matière de recette.» Le député de Seine-Saint-Denis Claude Bartolone entrevoit aussi le piège politique : «En France, une politique qui amputerait le pouvoir d'achat serait très nocive. Zapatero a tort.»

Mais lorsqu'on quitte le terrain de la tactique politique, les commentaires prennent une autre valeur. «Mon jugement est partagé», explique le député des Hautes-Pyrénées Jean Glavany qui excuse Zapatero: «Il y a une situation économique plus fragile qu'on ne le croyait, à cause de la bulle immobilière.»

«Je souhaite que la France n'en arrive pas là», renchérit le député de Paris Christophe Caresche. Il s'inquiète des risques «déflationnistes» des mesures espagnoles qui pourraient peser sur la consommation. «C'est le type de cercle vicieux qu'il faut éviter.» Au moins, les socialistes français trouvent une vertu dans les décisions du gouvernement espagnol: que les mesures d'austérité s'appliquent aussi au salaire des ministres. «C'est une bonne démarche plutôt exemplaire», commente le député de l'Aisne René Dosière.

La première secrétaire n'a pas encore commenté les décisions de José Luis Zapatero. Mais elle préconisait des remèdes bien différents pour la France. «L'annonce de la baisse aveugle des dépenses sociales ne fera qu'aggraver cette situation en ponctionnant du pouvoir d'achat au détriment de la consommation», expliquait-elle mercredi. Autant dire qu'elle n'est pas prête à prôner des réductions de salaire.

Au tour des fonctionnaires

Partout en Europe, les fonctionnaires découvrent la rigueur. Ce à quoi nous assistons depuis quelques jours constitue un tournant majeur dans les politiques économiques européennes puisque des gouvernements de pays importants ont décidé de prendre, vis-à-vis des fonctionnaires, des mesures sans précédent récent. Mercredi, le gouvernement espagnol avait annoncé une réduction des salaires publics de 5% dès juin, puis un gel en 2011. Un départ à la retraite sur dix seulement sera remplacé. Hier, c’est le Portugal qui est passé à l’action : gel des rémunérations jusqu’en 2013 et suppression de 75.000 postes. La Grèce a, on le sait, supprimé les 13 et 14ème mois de ses fonctionnaires. Dans les trois cas, ce sont des gouvernements socialistes qui ont considéré ne pas avoir le choix parce que l’état de leurs finances publiques inquiète (leurs déficits 2009 ont tourné autour de 10-12-14% du PIB).

Ils ne sont pas les seuls. D’autres pays européens les avaient précédé même si on y avait moins prêté attention : l’Irlande, la Hongrie, la Roumanie, la Lettonie. On parle maintenant de l’Italie.

Pourquoi ce choix ? Le levier de la fonction publique est le plus efficace à court terme sur le déficit public, il suffit d’appuyer sur un bouton – le pari étant de desserrer l’étau en envoyant des signaux clairs. Mettre à contribution les fonctionnaires qui ont la sécurité de l’emploi, c’est aussi pratiquer, considèrent ces gouvernements, une forme d’équité par rapport au secteur privé, qui a vu (surtout en Espagne) une explosion du chômage.

Cet argument aura cependant du mal à passer auprès des fonctionnaires. Et pas non plus le fait que la crise des finances publiques de ces pays n’a pas pour cause la crise financière, mais que celle-ci a simplement révélé que leurs modèles économiques n’étaient pas tenables.

Mais les décisions prises sont évidemment très risquées. Sur le plan social : les syndicats du secteur public sont puissants. Sur le plan économique : parce que ces pays ont besoin de croissance et d’une consommation qui se tient. Sur le plan politique : parce que les gouvernements Zapatero et Socrates (au Portugal) sont affaiblis – pour ne parler que d’eux. Il suffisait de voir la tête, blême, de José Luis Zapatero mercredi.

On rentre, partout, vraiment dans le « dur » de la rigueur, dans tous les sens du terme. Et elle n’évitera pas plus la France que le nuage de Tchernobyl ne l’avait contournée.
DOMINIQUE SEUX

Loi sur la burqa : avis défavorable du Conseil d'État

La haute juridiction estime qu'une interdiction globale ne reposerait sur «aucun fondement juridique incontestable».

Le Conseil d'État a émis un «avis défavorable» au projet de loi du gouvernement visant à interdire complètement le port du voile intégral. Selon nos informations, les Sages réunis en assemblée mercredi, en présence du secrétaire général du gouvernement, ont une nouvelle fois expliqué, comme dans leur étude remise il y a un mois à Matignon, qu'«une interdiction absolue et générale du port du voile intégral en tant que telle ne pourrait trouver aucun fondement juridique incontestable» et qu'elle serait «exposée à de fortes incertitudes constitutionnelles et conventionnelles».

«Pas une surprise»

La Cour européenne des droits de l'homme a consacré le «principe d'autonomie personnelle» selon lequel chacun peut mener sa vie selon ses convictions, y compris en se mettant physiquement ou moralement en danger. Dès qu'il y a consentement, il devient donc difficile d'invoquer la dignité de la femme pour fonder une interdiction générale, avaient analysé les Sages dans leur étude. De la même façon, la restriction des libertés au nom du «Vivre ensemble» «serait sans précédent». Un pari juridique qu'ils n'avaient pas voulu prendre, préférant des interdictions sectorisées. «La sécurité publique et la lutte contre la fraude, renforcées par les exigences propres à certains services publics, seraient de nature à justifier des obligations de maintenir son visage à découvert, soit dans certains lieux, soit pour effectuer certaines démarches», avait alors expliqué le rapporteur, Olivier Schrameck, l'ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin. Cette fois, c'est la section de l'Intérieur qui a examiné le projet de loi, pour parvenir aux mêmes conclusions.

«Ce n'est pas une surprise», fait-on savoir à Matignon. «Cela n'entame en rien la détermination du gouvernement à faire évoluer la législation sur ce sujet.» Le gouvernement va passer outre l'avis du Conseil d'État, qui n'est que consultatif. «Il faut assumer les risques juridiques de nos convictions», avait anticipé François Fillon .

La loi au Parlement début juillet

Dans l'exposé des motifs de son projet de loi, que Le Figaro s'est procuré, le gouvernement justifie ainsi son choix d'une interdiction globale : «L'édiction de mesures ponctuelles, se traduisant par des interdictions partielles limitées à certains lieux ou à l'usage de certains services, n'aurait constitué qu'une réponse affaiblie, indirecte et détournée au vrai problème que pose, à notre société, une telle pratique.» Pour bannir le port du voile intégral, les rédacteurs du texte évoquent la notion de dignité de la personne humaine - quand bien même certaines femmes seraient consentantes -, celle de l'ordre public dans son acception large, celle du vivre ensemble, et enfin les questions de sécurité. En somme, ils cumulent les motifs pour interdire le voile intégral.

Ce projet de loi sera présenté mercredi en conseil des ministres. Et devrait être examiné début juillet par les députés et début septembre par les sénateurs, l'objectif étant de le voir adopté définitivement à l'automne. Mais si les députés ont voté à l'unanimité mardi la proposition de résolution du groupe UMP condamnant le voile intégral, comme «attentatoire à la dignité» et «contraire aux valeurs de la République» le consensus s'arrête là. Les socialistes ont déposé leur propre proposition de loi qui préconise une interdiction du port du voile intégral limitée à certains lieux publics. «L'interdire sur l'ensemble de l'espace public ne sera pas opérant, risque d'être stigmatisant et surtout d'être totalement inefficace car inappliqué», a déclaré Martine Aubry.

Si elle est adoptée, la loi devrait entrer en vigueur six mois après sa promulgation, soit au printemps 2011. Car le gouvernement veut croire qu'il n'y aura pas soixante députés pour s'exposer sur la burqa en saisissant le Conseil Constitutionnel. Les premiers contentieux et une éventuelle question préalable de constitutionnalité ne devraient surgir que plus tard. «Ce sera juste avant les élections présidentielles et je pense que le Conseil constitutionnel portera une vision juridique et politique sur ce sujet», pronostique un ministre. En clair, qu'il ne retoquera pas une loi qui invoque la dignité des femmes et le vivre ensemble.


Les géants de l'apéro

C'est un des derniers plaisirs qu'on nous laisse : boire un coup entre amis. Pas si simple. L'apéritif reste encore en vente libre, mais l'amitié ne court pas les rues. Dans une société où la compétition fait rage dès l'école primaire, fraterniser devient un luxe inutile.

On apprend, très tôt, à jouer du coude. Lorsqu'il s'agit de le lever, qui pourrait encore venir trinquer avec nous ? Pas de panique, le réseau social Facebook s'occupe de tout. Soucieux de répondre aux rêveries du buveur solitaire, il bat le rappel et agglomère les bonnes volontés.

Cliquez sur "évènement festif". Tel jour, telle heure, à tel endroit, on convoque l'éphémère convivialité d'un "apéro géant". La compagnie des zincs prend les dimensions d'un centre-ville. Des soiffards inconnus, à ne pas confondre avec les alcooliques anonymes, s'amassent en troupeau. Un, deux, trois, picolez ! Ça copine à tout va, les verres et les rires s'entrechoquent. Quelque chose comme un bain de foule... avec les dents du fond qui baignent.

Les apéronautes s'éclatent, sur l'air de "qu'est-ce qu'on est nombreux !" Au fond, il s'agit moins d'échanger que de se compter, avec l'espoir secret d'établir un record. La cuite au prochain numéro... Comme si l'addition des solitudes finissait par donner un bonheur complet.

Mercredi soir, ils étaient 9000 à Nantes et 10 000 à Montpellier. Le Languedoc l'emporte sur la Bretagne. Quoiqu'au nombre des hospitalisations, comas éthyliques et victimes diverses, le score semble plus serré. Mieux vaut attendre les chiffres de la préfecture avant de désigner un vainqueur. Facebook, de toute façon, ne manquera pas de nous informer.



Gilles DEBERNARDI

CRISE GRECQUE - Sarkozy a-t-il menacé de sortir la France de l'euro ?

Le président français Nicolas Sarkozy aurait menacé de sortir la France de l'euro pour forcer l'Allemagne à accepter le sauvetage de la Grèce. C'est en tout cas ce que croit savoir le quotidien espagnol El Pais , qui rapporte des propos du chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, vendredi.

Le journal, proche des socialistes au pouvoir en Espagne, affirme que José Luis Rodriguez Zapatero a déclaré cela lors d'une réunion mercredi avec des barons de son parti, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) à Madrid. Nicolas Sarkozy aurait ainsi exigé vendredi dernier "un engagement de tous, pour que tout le monde aide la Grèce, chacun selon ses moyens, où la France réexaminer[ait] sa situation dans l'euro".

L'Élysée ne confirme pas

Contacté par lepoint.fr vendredi matin, l'Élysée a refusé de confirmer les propos prêtés à Nicolas Sarkozy. "Nous ne confirmons pas que le président ait tenu de tels propos", a-t-on indiqué. Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro se sont réunis vendredi dernier à Bruxelles pour entériner le plan d'aide à la Grèce , paquet de 110 milliards d'euros de prêts sur trois ans, de l'eurozone et du FMI. La décision de sauver la Grèce de la banqueroute n'a pas été prise facilement, notamment à cause de la réticence de l'Allemagne.

"La France, l'Italie et l'Espagne ont fait front commun face à l'Allemagne et Sarkozy en est arrivé à menacer Merkel de rompre le traditionnel axe franco-allemand", qui est un véritable moteur de l'Union européenne, selon un autre assistant à la réunion. L'Espagne est, avec le Portugal, un des pays de la zone euro fragilisé par la détérioration de ses finances publiques, et José Luis Rodriguez Zapatero a été contraint d'annoncer mercredi des mesures d'austérité supplémentaires et impopulaires, sous la pression des marchés et de ses partenaires européens.

DES CONNARDS FRILEUX VONT PENSER QU'IL A JOUÉ AVEC LE FEU, MAIS FACE AUX NAZIS ALLEMANDS QUI VEULENT DIRIGER L'EUROPE SELON LEURS CRITÈRES, IL FALLAIT CETTE ATTITUDE.

Justice sociale et rigueur


Une nouvelle grève générale est annoncée pour le 20 mai en Grèce, contre le plan de rigueur annoncé par le gouvernement. En même temps, environ 55 % des Grecs, selon des sondages, ne sont pas rebelles à la perspective de l'effort douloureux imposé par la situation. Et les autres peuples européens sont assez informés pour ne pas se bercer d'illusions quant à la possibilité d'échapper à des coupes claires. Mais tous y mettent une condition de nature démocratique : l'équitable participation de tous à l'effort commun.

Lorsque le bateau prend l'eau, il est normal que tous les passagers se mettent à écoper. Des sacrifices, oui sans doute. Des sacrifiés, non. Tel est leur message de justice sociale élémentaire.

Deux lignes prioritaires d'action en découlent quand on évoque les rémunérations et la fiscalité.

S'agissant des rémunérations, la tendance, en France comme ailleurs, est à l'élargissement de l'écart entre la base et le sommet. Selon l'Insee, depuis 2004, les iné-galités ne cessent de croître. Tandis que le nombre des travailleurs pauvres (moins de 910 € mensuels) vient de passer de 13,1 % à 13,4 % ¯ soit plus de 8 millions de personnes concernées ¯ le revenu des plus aisés s'envole : 28 % de personnes en plus dans la tranche supérieure à 100 000 € et 70 % dans la tranche au-dessus de 500 000 €.

Et l'Insee souligne qu'au sein du groupe des plus aisés (6 000 personnes), le revenu s'étale de 688 000 à 13 millions d'euros, soit 700 fois le revenu médian. Certes, aux États-Unis, l'écart court vers les 1 000 et même, dit-on, les 10 000 fois le salaire de base ! La démesure vire à l'indécence.

Souvenons-nous de la règle énoncée au XIXe siècle par le banquier américain J. P. Morgan : « Je ne prêterai jamais à une entreprise dont le patron gagne plus de vingt fois le salaire du plus mal payé de sa maison. » Henry Ford allait jusqu'à 40 fois.... Ce qui fait, à l'heure actuelle, un maximum, tout de même confortable, de 500 000 € annuels. Presque une « misère » au regard des millions d'euros de la plupart des dirigeants du CAC 40. De là l'idée avancée par plusieurs économistes, en mai 2009, d'un plafonnement imposé du salaire, rejoignant la suggestion du « comité d'éthique » du Medef, d'une « rémunération des dirigeants... mesurée, équilibrée, équitable ». Quant aux traders, il suffirait de suivre la suggestion de Joseph Stiglitz, de les associer autant aux pertes qu'aux profits.

S'agissant de la fiscalité, la Déclaration des droits de 1789 parlait d'une contribution « répartie entre les citoyens en fonction de leurs facultés ». Un principe aujourd'hui mis à mal. De bouclier en niches fiscales ¯ on en dénombre 470 ! ¯ le taux moyen d'imposition est de 20 % alors que, selon l'Insee, si on appliquait le barème de l'impôt sur le revenu, on en serait à 36 %. Le problème éclate au grand jour lorsqu'on apprend que, par le jeu cumulé des exemptions, en 2008, treize contribuables disposant chacun de 15,53 millions d'euros de patrimoine déclaraient un revenu fiscal de 3 753 € et acquittaient... 47 € d'impôt. Et cela avec la meilleure conscience du monde puisque c'est légal.

Si on ne travaille pas d'urgence à l'instauration d'un véritable « impôt citoyen » sur les revenus, comme le suggère l'économiste Pierre-Alain Muet, chacun aura, à l'heure de l'effort collectif, les meilleures raisons de s'y soustraire.

L'équité est aussi mère de l'efficacité.

jeudi 13 mai 2010

Sarkozy va-t-il se représenter en 2012?

Après une rencontre avec le chef de l'Etat à l'Elysée, certains députés UMP ont acquis la certitude que le président briguera un second mandat. Avez-vous la même intuition?

"Il n'a jamais dit qu'il serait candidat même si on pouvait le déduire de ses propos", confie le député de la Moselle François Grosdidier. Il était reçu la veille au soir à l'Elysée avec une dizaine de ses collègues, dont David Douillet, Eric Ciotti et Dominique Dord. "Il l'envisage (2012) au moins aussi sereinement qu'il pouvait envisager la précédente élection (en 2007), en étant même plus tranquille, sûr de son fait, de son bilan et de son aptitude...", a poursuivi François Grosdidier.

Europe 1 a affirmé mercredi que le chef de l'Etat avait lancé à ses invités: "Rassurez-vous. Ne croyez pas que je ne réfléchis pas à l'étape d'après".

Dominique Dord (UMP, Savoie) est, lui, plus nuancé sur ce qu'il a retenu des propos présidentiels: "Quand des députés lui ont demandé de préciser ses intentions, Nicolas Sarkozy a répondu: 'c'est infiniment trop tôt'". "J'ai encore beaucoup de pain sur la planche. Les Français, ils attendent que je les sorte de cette foutue crise", a ajouté le chef de l'Etat, raconte Dominique Dord.

C'est alors que deux ou trois députés UMP sont revenus à la charge pour lui dire qu'il devait se représenter. "Si ça devait être le cas, nous serions dans un cas de figure inédit. Si je suis candidat, ce sera pour un dernier mandat", puisque la révision constitutionnelle de 2008 n'autorise plus que deux quinquennats successifs. L'annonce officielle d'une candidature aurait lieu à la fin de l'été ou au début de l'automne 2011, avait expliqué Nicolas Sarkozy dans une interview à la chaîne CBS.

Le chef de l'Etat a ironisé sur "l'archaïsme" de certaines propositions de la patronne du PS Martine Aubry face à la crise et le côté décousu de Ségolène Royal, son adversaire en 2007. Mais Nicolas Sarkozy a souligné qu'il ne fallait jamais "minimiser l'adversaire". "Les types qui arrivent là sont forcément bons".

Merkel appelle à sauver l'euro et à renforcer l'UE

La chancelière allemande Angela Merkel a appelé jeudi à sauver l'euro sous pression en raison de la crise grecque et de la dette européenne, ainsi qu'à renforcer la structure de l'Union européenne.
"Si l'euro échoue, ce n'est pas seulement la monnaie qui échoue mais bien plus, c'est l'Europe qui échoue et avec elle l'idée de l'Union européenne", a mis en garde la chancelière conservatrice à Aix-La-Chapelle (ouest) lors de la remise du prix Charlemagne au Premier ministre polonais Donald Tusk.
Les gouvernements de la zone euro ont promis de veiller à la stabilité de l'euro et "nous devons tenir cette promesse", a ajouté Mme Merkel alors que la monnaie unique subit les inquiétudes des marchés financiers.
La chancelière a répété que la crise de l'euro constituait "la plus grande épreuve" pour l'UE depuis 1990, et peut-être même depuis la signature du traité fondateur de Rome en 1957.
Selon elle, cette crise doit servir à renforcer l'UE.
"Nous avons une monnaie commune mais nous n'avons pas d'Union économique et politique", a-t-elle déploré, tout en considérant qu'un jour "tous les Etats membres de l'Union européenne auront l'euro comme moyen de paiement".
La chancelière, qui a elle-même reçu en 2008 le prix Charlemagne pour son engagement en faveur de l'Europe, a dit espérer que l'UE osera aussi "d'autres avancées, par exemple une armée européenne commune".
Le prix Charlemagne honore chaque année depuis 1950 des personnalités ayant contribué à faire avancer la cause européenne.
Donald Tusk est le troisième Polonais en douze ans, après le pape Jean-Paul II en 2004 et l'ancien ministre des Affaires étrangères, Bronislaw Geremek en 1998, à se voir attribuer cette récompense.

Une majorité de Danois contre l'adoption de l'euro

COPENHAGUE, 13 mai (Reuters) - Plutôt favorables naguère à l'entrée de leur pays dans la zone euro, les Danois y sont aujourd'hui majoritairement hostiles, révèle un sondage publié jeudi.
Le Danemark a refusé en 2000 par référendum de faire partie de la zone euro, mais l'opinion publique avait évolué fin 2008 en faveur de la monnaie européenne, en raison de la crise financière qui avait obligé le gouvernement à relever les taux d'intérêt.
Mais la crise que traverse actuellement la zone euro a modifié la perception des Danois vis-à-vis de la monnaie unique.
Selon une étude effectuée pour la chaîne de télévision TV2 et le quotidien Politiken, 50% des personnes interrogées voteraient contre l'adoption de l'euro, tandis que 43% y seraient favorables.
En mars, un autre sondage indiquait que l'euro serait accepté par 51% des Danois.

(Anna Ringstrom, Pascal Liétout pour le service français)

Bruxelles veut un droit de regard sur le budget des Etats

Le plan de sauvetage de l'euro à peine bouclé, les Vingt-Sept ont ouvert le chantier de la gouvernance économique. La Commission européenne a présenté, mercredi 12 mai, une série de propositions destinées à renforcer la coordination économique et budgétaire, en particulier au sein de la zone euro.

Une des pistes avancées par Bruxelles promet de belles empoignades entre les Etats membres : l'évaluation au niveau européen des grandes lignes du budget de chaque pays avant leur examen par les Parlements nationaux. Certains pays, comme la Suède, l'ont déjà rejetée.
"On ne peut pas avoir une union monétaire sans avoir une union économique, a plaidé José Manuel Barroso, le président de la Commission. Si les Etats ne veulent pas d'une union économique, ils doivent oublier l'union monétaire."
Or les capitales se méfient de tout abandon de souveraineté dans ce domaine. La chancelière allemande, Angela Merkel, a parlé d'un "pas important dans la bonne direction", même si "cela ne signifie pas automatiquement que les droits du Parlement sont remis en cause d'une quelconque manière".

Avec Olli Rehn, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, M. Barroso se garde de parler du "gouvernement économique" cher à Nicolas Sarkozy. Contre l'avis de Mme Merkel, il ne plaide pas non plus pour une nouvelle réforme des traités, mais veut utiliser les différents outils existants à ce jour pour agir dans trois directions : renforcer (sans réformer) le pacte de stabilité et de croissance; traiter les écarts de compétitivité ; mettre en place un dispositif permanent de gestion des crises.

SURVEILLER DAVANTAGE L'ENDETTEMENT

En évaluant le plus en amont possible les budgets nationaux, la Commission européenne entend muscler la "dimension préventive" du pacte de stabilité, dont elle veut rendre l'application plus rigoureuse sans en modifier les règles fondamentales ni les critères. Elle suggère d'inciter financièrement les pays à faire des efforts d'économie en période de bonne conjoncture.

M. Rehn insiste aussi pour surveiller davantage le niveau d'endettement des Etats membres, limité à 60 % du produit intérieur brut (PIB) par le pacte, un critère passé dans l'ombre de celui sur le déficit (3 % du PIB). "Les critères du pacte sont ancrés dans le marbre des traités, il sera difficile de les modifier, dit-on à la Commission. Il s'agit de modifier le code de conduite du pacte, pour le piloter de façon plus efficace."

M. Rehn se méfie des appels de Mme Merkel à durcir le volet sanctions en cas de déficit excessif. Tout en accélérant les procédures, il veut pouvoir utiliser les pénalités déjà prévues, comme la suspension de subventions européennes. En revanche, la suspension des droits de vote des Etats les moins vertueux est vue d'un mauvais œil à Bruxelles, car elle nécessiterait une réforme du traité.

UN DISPOSITIF PÉRENNE DE GESTION DES CRISES

La Commission souhaite, par ailleurs, aborder la question des déséquilibres macroéconomiques résultant des écarts de compétitivité entre les pays. M. Rehn propose la création de nouveaux indicateurs à ce sujet. Il compte aussi faire usage des recommandations qu'il va pouvoir, en vertu du nouveau traité de Lisbonne, envoyer aux gouvernements sans avoir besoin de leur approbation.

Enfin, Bruxelles veut aller au-delà des récents plans de sauvetage de la Grèce et de la zone euro pour créer un dispositif pérenne de gestion des crises. Conçu dans l'urgence pour éviter l'embrasement de l'union monétaire, le fonds de stabilisation élaboré et approuvé le 9 mai à Bruxelles pourrait servir de référence.

La création de cet instrument a levé un interdit : désormais, les seize Etats de la zone euro disposent d'un outil pour voler au secours d'un des leurs en difficulté. A la demande de l'Allemagne, le mécanisme a cependant été limité à trois ans, et fonctionnera sur une base intergouvernementale, ce qui n'est pas l'option privilégiée par Bruxelles.

"UNE PISTE PARMI D'AUTRES"

Ces suggestions vont être étudiées de près par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Fin mars, ce dernier a été chargé par les chefs d'Etat et de gouvernement de présider un groupe de travail sur la surveillance budgétaire. A ses yeux, les propositions de la Commission sont "une piste parmi d'autres", selon un de ses proches.

M. Van Rompuy a, d'après son entourage, la ferme intention d'élargir le champ de la surveillance macroéconomique. Pour lui, il faut aller au-delà du pacte de stabilité et de croissance pour se pencher en particulier sur les problèmes de compétitivité. "La difficulté va être de concilier les points de vue, en particulier entre Allemands et Français", dit un proche du président du Conseil européen.

Comme les Etats veulent garder la haute main sur les discussions, il a été convenu que ce sont les ministres des finances qui siégeront dans le groupe de travail placé sous l'autorité de M. Van Rompuy. Leur première réunion est prévue le 21 mai ; le groupe doit rendre ses conclusions d'ici à octobre.
Philippe Ricard

L'electricité pourrait augmenter de 24% d'ici 2015

Publié à 9 h 34 - Le projet de réforme du marché de l'électricité, qui doit bientôt passer devant le Parlement, pourrait provoquer des hausses des tarifs de l'électricité comprises entre 7% et 11% selon des projections de la Commission de régulation de l'Energie (CRE), démenties par le gouvernement et EDF.

C'est un sujet récurrent pour le groupe public d'électricité. A chaque fois qu'il en a l'occasion, EDF tente d'obtenir du gouvernement une revalorisation de ses tarifs de vente, qu'il juge trop faibles. En juillet 2009, l'ancien patron Pierre Gadonneix avait réclamé une hausse de prix de 20% sur 3 ans, ce qui lui avait coûté son poste. "Cette question va se reposer", avait-il prédit juste avant de quitter ses fonctions.

En janvier, le quotidien
Les Echos avait fait état de "projections internes" à EDF qui envisageaient une hausse des tarifs aux particuliers de l'ordre de 24% entre 2010 et 2015, une information démentie par EDF. Mercredi, c'est la CRE, le gendarme du secteur, qui s'est livré à l'exercice des projections en se basant sur les demandes formulées par EDF dans le cadre de la réforme du marché de l'électricité.

Cette réforme, baptisée projet de loi "Nome" pour Nouvelle Organisation du Marché de l'Electricité, a été présentée mi-avril en Conseil des ministres, avec pour objectif de favoriser la concurrence dans un secteur ultra-dominé par l'ancien monopole public. Elle fait obligation à EDF de revendre jusqu'à un quart de la production de son parc nucléaire à ses concurrents (GDF Suez, Poweo, Direct Energie...), afin de permettre à ces derniers d'accéder à une électricité à bas coût.

Le patron d'EDF, Henri Proglio, s'était initialement montré fermement opposé à ce projet. "Accepter un dispositif de ce type, ce serait accepter que la boîte ne vaille plus rien", avait-il dénoncé en novembre. M. Proglio a depuis lors largement revu sa position pour focaliser la négociation sur le prix auquel EDF vendra son électricité à ses concurrents. Il réclamait ainsi en mars que le groupe public "ne soit pas contraint de vendre en dessous du prix de revient".

Mercredi, M. Proglio a été plus précis, lors d'une audition à huis clos devant la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, en réclamant un tarif minimum de 42 euros par mégawatheure (MWh), a indiqué une source parlementaire. "En-dessous, ça ressemble à du pillage", a-t-il déclaré, selon la même source.

Or, selon les projections de la CRE, il faudrait relever les tarifs bleus (particuliers et petits professionnels) de 11,4% une fois la réforme votée, puis de 3,5% par an entre 2011 et 2025, si EDF obtenait gain de cause. M. Proglio estime pourtant ce prix de vente nécessaire en raison des énormes investissements qu'EDF doit réaliser dans le renouvellement et l'extension de la durée de vie de son parc de 58 réacteurs nucléaires.

La CRE plaide elle pour une hausse moindre, de 7,1% puis de 3,1% par an. Mercredi soir, le ministère de l'Energie a démenti "catégoriquement les rumeurs relatives aux tarifs de l'électricité". "Le gouvernement est responsable de la détermination des tarifs réglementés et nul autre n'a autorité aujourd'hui pour établir des orientations à ce sujet", a-t-il assuré. "Aucun élément dans les propositions d'EDF sur la loi Nome n'entraînerait les hausses de tarifs évoquées par la CRE", a de son côté affirmé le groupe d'électricité.

Quant au président de la CRE, Philippe de Ladoucette, il a indiqué qu'il avait "simplement donné aux parlementaires présents des scénarios réalisés par la CRE et sous la responsabilité de la CRE et qui n'engagent en aucune manière EDF".

Oui... et mais !


Inutile de se tordre la langue pour tenter une explication « politiquement correcte » : ce que propose la Commission de Bruxelles signifie la mise sous contrôle de tous les budgets nationaux. Ils ne pourraient être adoptés par leurs parlements respectifs, tant pour les recettes que pour les dépenses, qu'après l'aval européen.
Les souverainistes de droite et de gauche hurlent à l'unisson contre cette « prétention ». Elle représenterait, il faut bien le reconnaître, un considérable transfert de pouvoir en direction d'un fédéralisme (autre mot tabou) qui, un jour ou l'autre, aboutirait à la constitution des Etats Unis d'Europe. Pourtant, la logique de la Commission est inattaquable : à partir du moment où les Etats peuvent, en cas de nécessité, disposer d'un énorme fonds de soutien (750 milliards € et sans doute davantage), un contrôle est légitime. Ne serait-ce que par justice, pour que les « fourmis » ne paient pas pour les « cigales ».
Mais que de problèmes ! D'abord, si tous les Etats de l'UE sont tenus à respecter les critères de Maastricht, les seuls vraiment directement concernés seraient les seize de l'euro (bientôt 17 avec l'Estonie... que la crise grecque n'a pas découragée à vouloir rejoindre le « club »). Ce qui signifie aussi qu'une Europe à deux vitesses (ou plus) va être créée de facto. Tant mieux. A chacun de choisir. Ainsi, le Royaume-Uni, qui ne participe pas aux nouveaux fonds de soutien, aura tout loisir de s'occuper de sa livre sterling défroquée et de ses déficits... bien plus importants que ceux de l'Espagne.
Ensuite se pose la question de la légitimité démocratique de la Commission de Bruxelles. Elle n'a été confirmée qu'en marge du traité de Lisbonne qui n'entrera vraiment en vigueur qu'à partir de 2014. Elle n'est pas un « gouvernement » fédéral obligé de rendre compte devant le Parlement européen, la seule assemblée (mal) élue de l'UE. Et que cette Commission, synonyme de quintessence bureaucratique, donne l'exemple ! Les frais de fonctionnement de l'UE témoignent d'une incroyable gabegie. Que penser d'une « politique étrangère commune » proche du zéro absolu et « servie » par 5000 hauts fonctionnaires payés par le contribuable ? Que dire des « déménagements » mensuels du Parlement européen de Strasbourg (seul siège officiel) à Bruxelles ? Sous la tacite approbation de tous les gouvernements français, il est vrai...
Conclusion ? Oui, la Commission de Bruxelles a le droit de proposer la mise sous tutelle des budgets nationaux. A condition d'être irréprochable et légitime. Et ce sera aux peuples d'Europe de décider, pourquoi pas par référendum ? Jamais, surtout jamais, aux eurocrates.

Transparence et vérité


Qui ignore le surnom de la jeune femme qui encore mineure entretenait des relations tarifées avec des footballeurs ?

Les médias le ressassent, quelques-uns en donnent même l'image. Au nom du devoir d'information, disent-ils. En réalité, pour attirer l'auditeur ou le lecteur alléché par le scandale.

Qui connaît les raisons profondes de la crise grecque qui menace pourtant l'économie de l'Europe, c'est-à-dire le pouvoir d'achat, l'emploi de certains d'entre nous ?

En revanche, beaucoup ont entendu parler de l'affaire du financement de la campagne électorale d'Édouard Balladur en 1995, grâce à une sombre histoire de vente de sous-marins, ce qu'il s'est empressé de démentir et qui n'a pas été prouvé. Mais l'opinion, n'en doutons pas, a conclu, une fois encore, que politique rime avec corruption, comme les démagogues ne cessent de le répéter.

La vie privée elle-même n'est plus respectée. Ce n'est pas nouveau. Mais le phénomène était limité. Seuls les chanteurs de rue informaient le peuple de Paris, au XVIIe siècle, des relations intimes de la Reine de France, veuve de Louis XIII, avec le Cardinal Mazarin. Bien plus près de nous, nous fûmes, au début des années 1980, quelques-uns à savoir que François Mitterrand avait une fille. Mais, l'existence de celle-ci n'ayant guère d'importance politique, la presse n'en parla guère. Aujourd'hui, bien des médias ne s'en priveraient pas, concurrencés qu'ils sont par Internet, sorte de place publique mondiale où chacun peut lancer sans risque la plus folle rumeur.

Il est vrai que, soucieux de leur « communication », les personnes extérieures tombent parfois dans le piège : notre président de la République n'a-t-il pas commenté lui-même, dans un livre émouvant paru en 2006, l'état de ses relations avec son épouse de l'époque ? Et bien des chefs d'entreprise ou des financiers étalent leur luxe sans comprendre qu'ils nourrissent l'exaspération de ceux que la crise a durement frappés.

Bien entendu, cette dégradation de l'information est « justifiée » par la nécessité de la transparence en démocratie. Le mot est à la mode depuis une dizaine d'années. Françoise Giroud, grande journaliste, le qualifiait alors de « formidable hypocrisie où chacun veut voir mais pas être vu sans voiles ».

La transparence a certes des vertus. Comme la vérité avec laquelle on la confond souvent. Toutes les grandes religions et les grandes morales ont prôné la vérité. Avec raison, bien sûr. Mais la transparence n'est pas obligatoirement la vérité : on pourrait la comparer à un coup de projecteur donné sur une partie d'un paysage que la vérité, elle, éclaire dans sa totalité. Pour prendre un exemple simple, mettre en parallèle les consommations moyennes en carburant de véhicules de même puissance est certes utile, mais il faudrait informer aussi sur les autres caractéristiques de ces voitures.

Aux États-Unis, où existe un fort mouvement pour la transparence, un grand professeur de droit, Lawrence Lessig, a évoqué un autre de ces risques dans un article du New Republic, journal que l'on pourrait difficilement qualifier de réactionnaire. Il citait le cas d'Hillary Clinton qui avait d'abord fermement combattu un projet de loi sur les cartes bancaires, poussée par le monde financier. Elle fut élue en 2001 sénatrice de New York et vota alors pour ce projet. Or, sa campagne électorale, qui coûtait cher, avait été financée en partie (140 000 $) par des partisans de la loi. Qui peut jurer qu'Hillary Clinton a voté ainsi en raison de cet apport en dollars ? Elle a pu changer d'opinion pour d'autres causes, entendre d'autres arguments, constater que ses électeurs étaient favorables à une telle loi...

Nous expliquons bien des attitudes par l'attrait de l'argent, la cupidité. Et il ne faut certes pas les sous-estimer, les origines de la crise actuelle le montrent assez bien. Mais ils ne sont pas, dans tous les cas, la seule raison possible. Le résultat de cette explication simple, écrit Lawrence Lessig, est « la destruction de toute possibilité de confiance ».

Il existe, en outre, les secrets d'intérêt public ou privé qui ne sont pas moralement condamnables, nécessaires ou contraires à la bonne gestion d'un État, d'une société, à l'harmonie d'une famille. Dans un de ses plus grands livres, Franz Kafka a mis en scène le visiteur d'une petite société qu'un personnage guide dans un château. Et celui-ci lui explique qu'il existe de multiples commissions ou organismes pour vérifier la bonne gestion de ce petit monde. Le visiteur demande alors qui gouverne. Alors le guide hésite. Il n'en sait rien. La transparence a fini par tuer le pouvoir.

(*) Écrivain et journaliste.

mercredi 12 mai 2010

La stratégie à hauts risques de M. Strauss-Kahn

Quand Michel Rocard conduit le Parti socialiste à la déroute aux élections européennes de 1994 (14,49 %), il ne perd pas seulement son poste de premier secrétaire, il voit s'évanouir son statut de "candidat naturel" à la présidentielle de 1995.

Jacques Delors, dont le mandat de président de la Commission européenne s'achève début 1995, devient dès lors le "candidat virtuel" du PS. Pendant six mois, on guette les signes de son entrée en campagne avant que le père de Martine Aubry ne jette l'éponge.

Un scénario similaire aurait pu s'imaginer pour Dominique Strauss-Kahn. Quand, à l'automne 2007, l'ancien ministre de Lionel Jospin est nommé, avec l'appui de Nicolas Sarkozy, directeur général du Fonds monétaire international (FMI), pour un mandat de cinq ans qu'il s'engage à honorer jusqu'à son terme, en octobre 2012, il prévient ses amis : "Je m'éloigne juste un peu, confie-t-il le 8 octobre 2007, le temps de me faire désirer."

A l'image de M. Delors en 1994, "DSK" endosse les habits de "candidat virtuel" du PS pour la présidentielle de 2012. Au congrès de Reims, en novembre 2008, les fabiusiens et une partie des strauss-kahniens s'allient à Martine Aubry sur l'idée de dissocier le poste de premier secrétaire du PS de la fonction de "candidat naturel". Il s'agit alors de contrer les ambitions de Ségolène Royal, qui veut conquérir la direction du PS en posture de présidentiable. L'élection de la maire de Lille conforte d'autant plus les ambitions de M. Strauss-Kahn que ses premiers mois ressemblent à une descente aux enfers, accentuée par un échec cuisant au scrutin européen de juin 2009, où le PS (16,48 %) est talonné par Europe-Ecologie. Une voie royale s'ouvre devant M. Strauss-Kahn. Mais, à l'automne 2009, Mme Aubry reprend la main, lance la rénovation, assoie son autorité et triomphe, en mars, aux régionales.

Face à une première secrétaire qui a l'indéniable avantage d'être "en situation", le patron du FMI recourt avec art au grand écart : faire de son éloignement de la scène française un atout pour conforter le désir de le voir revenir. La crise financière le place en première ligne sur la scène mondiale. Incontournable dans son dénouement, il joue à égalité avec Barack Obama et les chefs d'Etat de la planète. Il se fait l'apôtre de la régulation des marchés. Le "candidat virtuel" engrange comme autant de dividendes les combats remportés contre la spéculation.

Interdit de toute parole politique en France, M. Strauss-Kahn joue l'Arlésienne. Mais une Arlésienne qui envoie en permanence des messages subliminaux. Son omniprésence sert son absence. Epaulé par une équipe de communicants hors pair - Stéphane Fouks, Gilles Finchelstein, Anne Hommel, Ramzi Khiroun -, présent dans la garde rapprochée de Mme Aubry, où figure son principal lieutenant, Jean-Christophe Cambadélis, il déploie sa stratégie.

Tantôt le "candidat virtuel" est concentré sur le seul FMI, tantôt il se prépare. Tantôt il fait une apparition, soigneusement médiatisée, tantôt il réfléchit. Il fait filtrer dans la presse des propos, en date du 3 février, dignes d'un prophète parlant à ses disciples : "Je suis encore dans une phase de réflexion. Mais, si on vous pose la question, ditesque je réfléchis." En même temps, il confie, le 18 avril, à la chaîne américaine CNN : "Peut-être que je resterai encore au FMI pendant des années et des années. Qui sait ?"

Une rafale de livres fait vivre, surtout en bien et un peu en mal, le "candidat virtuel", distillant même des notes plus ou moins fantaisistes où il répartit déjà les places après son élection à l'Elysée.

Et puis il y a les sondages qui, invariablement, font de M. Strauss-Kahn le super favori pour 2012. Dans le dernier sondage IFOP, à paraître le 13 mai dans ParisMatch, le patron du FMI arrive, avec 27 % (+ 4 points), nettement en tête de ceux que les Français souhaitent voir représenter le PS en 2012. Avec 12 %, Mme Aubry est troisième, derrière Mme Royal, 15 % (+ 6 points). Une chute de 8 points qui sanctionne l'absence de Mme Aubry - partie à l'Exposition universelle de Shanghaï pour, après son voyage en Inde, construire son image internationale - de la scène française au moment de la phase aiguë de la crise de l'euro.

Dans un second tour face à M. Sarkozy, "DSK" a été donné plusieurs fois gagnant, Mme Aubry deux fois. Mais deux éléments nuancent la florissante popularité du "candidat virtuel". Le premier est qu'il bénéficie d'une forte bienveillance de l'électorat de droite. Le second est qu'il apparaît souvent en tête des personnalités qui incarnent l'opposition à M. Sarkozy alors que son statut de patron du FMI lui interdit un tel rôle...

Dans la crise, M. Strauss-Kahn a joué avec maestria. Ses compétences sont universellement reconnues. Sa crédibilité économique a été renforcée, profitant par ricochet au PS. Mais cette onction est aussi un piège. Le soutien que le directeur général du FMI a dû apporter aux plans d'austérité mis en oeuvre, et d'abord en Grèce - dont le premier ministre, Georges Papandréou, est aussi le président de l'Internationale socialiste - suscite déjà l'hostilité de la gauche de la gauche. Même si Mme Aubry a concédé, le 11 mai, que "la situation serait peut-être pire" si "DSK" ne dirigeait pas le FMI.

L'ambivalence du compliment donne la mesure de la stratégie à hauts risques de M. Strauss-Kahn. Le calendrier le dessert. La primaire pour désigner le candidat du PS est prévue en septembre-octobre 2011. Or on voit mal le patron du FMI abandonner son poste alors que la France présidera jusqu'en novembre 2011 le G20 et le G8.

S'il revient, l'apôtre du "réformisme radical" incarnera la rigueur, s'attaquant en priorité à la dette et aux déficits. Une certaine continuité économique face à un électorat de gauche qui rêvera sans doute de rupture avec le sarkozysme. Le meilleur scénario pour "DSK" serait que le PS se passe de primaire et fasse appel à lui. Il suppose l'échec de Mme Aubry - qui, si elle ne s'est pas déclarée, se comporte de plus en plus en "candidate naturelle", opposant sa proximité à son éloignement - et le renoncement d'autres postulants, comme Mme Royal.

Face au buzz médiatique autour de M. Strauss-Kahn, Mme Aubry n'a pas été inerte. C'est à Laurent Fabius qu'elle a confié la convention sur l'international (9 octobre) et non à M. Cambadélis, chargé de ce secteur. Après la sortie d'une enquête sur le patron du FMI dans Le Point (1er avril), elle a retiré à Christophe Borgel, autre strauss-kahnien chargé des élections, la préparation des cantonales et des sénatoriales de 2011 et des législatives de 2012, qu'elle a confiée à François Lamy, son bras droit.

La direction du PS donne à la "candidate naturelle" plusieurs longueurs d'avance sur le "candidat virtuel". Quitte à le transformer en "candidat fictif" ?

La Commission recommande l'entrée de l'Estonie dans la zone euro

La Commission européenne a recommandé mercredi 12 mai l'adhésion de l'Estonie à la zone euro au 1er janvier 2011, a annoncé le ministère estonien des affaires étrangères sur son site Internet. Cette recommandation, qui doit maintenant être approuvée par les pays européens, devrait être examinée rapidement.
L'Estonie espère recevoir en juillet le feu vert définitif de l'UE pour passer à la monnaie européenne, et devenir ainsi le 17e pays à l'utiliser. L'entrée dans la zone euro est un symbole majeur pour ce pays des bords de la Baltique, situé à l'extrême nord-est de l'Union européenne à laquelle il a adhéré en 2004, après son divorce de l'URSS en 1991.

L'Estonie sera le premier pays balte et le troisième pays ex-communiste, après la Slovaquie et la Slovénie, à entrer dans la zone euro, qui traverse actuellement la pire crise de son histoire. Pour adopter la monnaie unique, les pays candidats doivent respecter plusieurs critères : maîtrise des finances publiques (déficit et dette) et de l'inflation, fluctuations limitées des changes et des taux d'intérêt.

Selon les dernières prévisions de la Commission européenne, l'Estonie devrait avoir un déficit de 2,4 % cette année et l'an prochain. Sa dette devrait être limitée à 9,6 % en 2010 et 12,4 % en 2011, un record dans l'UE.

A titre de comparaison, le déficit public moyen dans la zone euro est de 6,6 % cette année et de 6,1 % l'an prochain. Pour la dette, les prévisions de la Commission sont de respectivement 84,7 % et 88,5 %. L'Estonie, république balte de 1,3 million d'habitants, espérait d'abord adopter l'euro en 2007, mais elle avait été sanctionnée à cause d'une inflation trop élevée. Son inflation était montée jusqu'à 10,6 % en 2008, mais elle est depuis retombée. Elle devrait atteindre 1,3 % en 2010 et 2 % en 2011.