jeudi 26 décembre 2013
Le billet de Michel Schifres
J’en frémis, j’en flageole : et si depuis des mois, nous vivions sous un mensonge ? Un mathématicien assure que l’inversion d’une courbe n’a aucun sens. Il n’en avait jamais entendu parler avant que François Hollande n’en fasse le slogan de son action. Mais une courbe, jure notre homme, ne peut s’inverser : tout au plus, peut-on freiner sa croissance. D’ailleurs, sur Internet, l’explication est donnée : « L’inverse d’une courbe algébrique de degré n, admettant les points cycliques comme points d’ordre p par rapport à un pôle d’inversion d’ordre q, est une courbe de degré 2 n-2p-q, admettant les points cycliques comme points d’ordre n-p-q et le pôle comme point d’ordre n-2p. » Tout s’éclaire. 0n comprend mieux pourquoi la politique gouvernementale est souvent insaisissable.
Le cadeau de Noël de Bercy
Le cadeau de Noël de Bercy
On saura ce jeudi si le chômage a une nouvelle fois reculé. Si c’est le cas, la majorité embouchera les trompettes de la renommée et chantera à la gloire de la politique de François Hollande, en oubliant un peu vite à quel point les statistiques de Pôle Emploi sont faussées par les centaines de milliers d’emplois subventionnés. Et si ce n’est pas le cas, l’opposition entonnera l’air du déclin et conspuera l’échec majeur du président, en oubliant qu’elle a, elle aussi, confondu baisse du chômage à coup de contrats aidés avec hausse de l’emploi, le vrai, celui qui dépend de la santé des entreprises. Dans tous les cas, on regrettera que le débat se focalise sur un chiffre, un indicateur mensuel, comme si tout en France dépendait d’une seule, d’une éphémère donnée statistique. Ridicule.
Mieux vaudrait s’intéresser de près aux tendances longues, qui disent si la France, oui ou non, a des chances de sortir de sa langueur. Deux indicateurs, en particulier, doivent être surveillés. L’un, dévoilé la veille de Noël, n’est pas précisément un cadeau : le taux de marge des entreprises a continué à reculer cette année, descendant au plus bas depuis 1985. Aucune chance, dans ces conditions, que l’investissement reparte, ni que l’emploi se redresse.
On trouvera en revanche un peu d’espoir dans une autre donnée déposée par l’Insee au pied du sapin : la dette publique a légèrement reculé cet automne. Certes, on est loin du compte, et cette contraction résulte en partie d’éléments techniques. Mais c’est ce chiffre que le gouvernement devrait brandir comme une victoire. C’est ce résultat que François Hollande devrait revendiquer, lui qui s’est engagé à réduire la dépense publique et la dette. C’est cette donnée que l’opinion publique devrait ériger en symbole absolu de notre redressement.
François Hollande: «qu’il est bon de ne rien faire quand tout s’agite autour de vous»
François Hollande se montre souriant, solennel, un brin railleur, notamment à l'égard des journalistes, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Maison de la Radio, cette semaine.
François Hollande est de bonne humeur, ce mardi 17 décembre, lorsqu’il entame, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Maison de la Radio, son discours. Entre les murs du « mythique » studio 104, malgré les quelques chaises vides, tous n’attendent que lui. Il est un peu plus de 20h, lorsque le président arrive, souriant, solennel, un brin railleur.
Au-delà de l’hommage appuyé (creux par moments) à la « plus grande entreprise culturelle de France » (…) « réhabilitée » depuis quatre ans pour des raisons de « sécurité » ainsi que pour ouvrir « l’édifice à un nouveau siècle », le président s’autorise quelques apartés, des « petites blagues » parfois tant décriées qui régalent ce jour-là l’auditoire.
Et d’abord ce clin d’œil, inspiré par les « souvenirs » qu’il garde des « émissions cultes » et des « grandes voix » de la radio, celle du journaliste Pierre Bouteiller notamment. « J’étais jeune à l’époque » précise-t-il (voir vidéo 8'12) sur un ton de fausses confidences mais « je ne me lasse pas de répéter ce que [Pierre Bouteiller]confiait : qu’il est bon de ne rien faire quand tout s’agite autour de vous. »
Au-delà de l’hommage appuyé (creux par moments) à la « plus grande entreprise culturelle de France » (…) « réhabilitée » depuis quatre ans pour des raisons de « sécurité » ainsi que pour ouvrir « l’édifice à un nouveau siècle », le président s’autorise quelques apartés, des « petites blagues » parfois tant décriées qui régalent ce jour-là l’auditoire.
Et d’abord ce clin d’œil, inspiré par les « souvenirs » qu’il garde des « émissions cultes » et des « grandes voix » de la radio, celle du journaliste Pierre Bouteiller notamment. « J’étais jeune à l’époque » précise-t-il (voir vidéo 8'12) sur un ton de fausses confidences mais « je ne me lasse pas de répéter ce que [Pierre Bouteiller]confiait : qu’il est bon de ne rien faire quand tout s’agite autour de vous. »
La salle, hilare, applaudit. François Hollande fait-il référence à ses derniers mois de présidence ? A la chute incessante de sa cote de popularité, à la croissance en berne qui n’aura pas permis « d’inverser la courbe du chômage », aux nombreux cafouillages et polémiques qui s’invitent régulièrement dans le débat public (l’affaire Leonarda, la remise à plat de la fiscalité, le rapport sur l’intégration ?) etc.
« Autres temps, autres responsabilités » conclut le chef de l’Etat, non sans avoir remercié le public (acquis) comme dans un one man show, de quelques minutes, au cours duquel il n’aura épargné ni les journalistes ni se sera épargné lui-même.
Ainsi révèle-t-il, ironiquement, (14'18) qu’il écoute chaque matin la radio à ses « risques » (et périls). « 6h30 on sait jamais... 7h c'est confirmé… puis à « 8h [il] arrête » las d’entendre les éditorialistes.
Des traits d'humour qu'on ne retrouve pas dans la retranscription écrite du discours. Omission? « On ne les met pas » tout simplement, répond le service presse de l'Elysée, alors que le discours a été restranscrit après avoir été prononcé. « Ce n'est pas dans le contexte. »
« Autres temps, autres responsabilités » conclut le chef de l’Etat, non sans avoir remercié le public (acquis) comme dans un one man show, de quelques minutes, au cours duquel il n’aura épargné ni les journalistes ni se sera épargné lui-même.
Ainsi révèle-t-il, ironiquement, (14'18) qu’il écoute chaque matin la radio à ses « risques » (et périls). « 6h30 on sait jamais... 7h c'est confirmé… puis à « 8h [il] arrête » las d’entendre les éditorialistes.
Des traits d'humour qu'on ne retrouve pas dans la retranscription écrite du discours. Omission? « On ne les met pas » tout simplement, répond le service presse de l'Elysée, alors que le discours a été restranscrit après avoir été prononcé. « Ce n'est pas dans le contexte. »
mercredi 25 décembre 2013
Le socialisme est un parasitisme et comme tous les parasites
il se développe sans tenir compte de son "hôte" jusqu'à l'étouffer ou le vider entièrement.
Le seuil critique est donc un concept inconnu du socialisme parasitaire.
Il est bien évident que ce seuil est dépassé depuis belle lurette : il suffit d'observer les scores de la France dans tous les classements internationaux. Dégringolade dans à peu près tous les domaines...
Consultez par exempple via google :
Compétitivité : la France perd encore du terrain
Déclin : la France bientôt rétrogradée 9ème puissance économique mondiale...
On voit donc concrètement que ce seuil est ignoré par le gouvernement socialiste qui pense visiblement encore que la France est la lumière qui éclaire le monde et donc que son modèle va être copié car c'est la seule issue au socialisme : que tout le monde fasse la même erreur et suive le même programme parasitaire pour tuer toute concurrence...
Le seuil critique est donc un concept inconnu du socialisme parasitaire.
Il est bien évident que ce seuil est dépassé depuis belle lurette : il suffit d'observer les scores de la France dans tous les classements internationaux. Dégringolade dans à peu près tous les domaines...
Consultez par exempple via google :
Compétitivité : la France perd encore du terrain
Déclin : la France bientôt rétrogradée 9ème puissance économique mondiale...
On voit donc concrètement que ce seuil est ignoré par le gouvernement socialiste qui pense visiblement encore que la France est la lumière qui éclaire le monde et donc que son modèle va être copié car c'est la seule issue au socialisme : que tout le monde fasse la même erreur et suive le même programme parasitaire pour tuer toute concurrence...
Le graphique qui permet de comprendre en un coup d'œil pourquoi le bilan 2013 de François Hollande est malheureusement calamiteux

Ronald Reagan, président des Etats-Unis, qui a su à partir de 1980 sortir son pays de l’enlisement et du déclin, avait écrit plusieurs années avant d’être candidat une petite fable. Elle expliquait très simplement la situation dans laquelle se trouvait l’économie américaine.
Il était une petite poule rousse qui grattait le sol de la basse-cour à la recherche de quelques grains de blé. Elle appela ses voisins et leur dit : « Si nous semons ce blé, nous aurons du pain.»
« Qui veut m’aider à le semer ? » « Pas moi », dit la vache. « Ni moi », dit le canard. « Ni moi », dit le cochon. « Pas moi non plus », dit l’oie. « Eh bien, je le ferai », dit la petite poule rousse. Et elle le fit. Le blé fut semé, il poussa et mûrit en un beau grain doré.
« Qui va m’aider à moissonner mon blé ? », demanda la petite poule. « Pas moi », dit le canard. « Ce n’est pas dans mes qualifications », dit le cochon. « J’y perdrais mon ancienneté », dit la vache. « J’y perdrais mes indemnités de chômage », dit l’oie. « Eh bien, je le ferai », dit la petite poule rousse.
Enfin arriva le moment de faire cuire le pain.
« Qui va m’aider à le cuire ? », demanda la petite poule rousse. « Ce serait des heures supplémentaires pour moi », dit la vache. « J’y perdrais mes allocations sociales », dit le canard. « On ne me l’a jamais appris », dit le cochon. « Mais si je suis seule à t’aider, ce serait de la discrimination », dit l’oie. « Eh bien, je le ferai », dit la petite poule qui fit cuire cinq miches de pain.
Elle les montra à ses voisins, et tous en voulurent une part ! Mais alors, la petite poule dit : « Ah ! non, je mangerai moi-même les cinq miches. » La vache protesta : « Superprofits ! » Le canard s’exclama : « Avidité capitaliste ! » L’oie siffla : « J’exige l’égalité des droits. » Et le cochon grommela. Tous se mirent à peindre le mot “injustice” sur des banderoles et ils défilèrent autour de la petite poule rousse en scandant des horreurs.
Vint un fonctionnaire. « Tu ne dois pas en vouloir trop », dit-il à la petite poule. « Mais j’ai gagné mon pain », répondit-elle. « C’est vrai, dit le fonctionnaire. Ça, c’est le merveilleux système de la liberté d’entreprise : tout le monde peut gagner autant qu’il le veut. Mais avec nos réglementations sociales, les travailleurs les plus productifs doivent partager le fruit de leur travail avec ceux qui ne font rien. »
Et c’est ainsi qu’ils vécurent tous ensemble, y compris la petite poule rousse qui souriait et remerciait : « Comme je vous suis reconnaissante, comme je vous suis reconnaissante !... » Mais ses voisins se demandèrent bientôt pourquoi elle ne fit plus jamais cuire de pain…
C’est très exactement ce qui se produit en France, où on nous explique que « la France ne s’en sort pas si mal que cela, grâce à son modèle social ». A l’appui de ce propos, on nous montre l’évolution du PIB de l’Etat. Malheureusement, ce n’est pas celle du PIB marchand, qui ne comprend que le secteur privé. La descente, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous, est spectaculaire :
La conclusion est simple : « on ne peut pas aider le salarié en anéantissant l’employeur. On ne peut créer la prospérité en décourageant l’épargne ». C’est ce que disait Abraham Lincoln, autre président des Etats-Unis.
Pour tous ceux qui souhaitent lire un bilan complet de l’année 2013, ils pourront le faire la semaine prochaine.
Très bon Noël et excellente année à tous mes lecteurs.
mardi 24 décembre 2013
lundi 23 décembre 2013
LE CŒUR ET L’ÂME
LE CŒUR ET L’ÂME
Q uelle nouvelle épatante en cette fin d’année teintée de blues. Une équipe de chirurgiens parisiens a greffé un cœur artificiel inventé par une PME française épaulée par le géant de l’aéronautique EADS. Plus de 100.000 patients aux quatre coins du monde pourraient bénéficier de cette première mondiale. Le professeur Alain Carpentier a inventé un bijou avec micropompe à l’entrée des ventricules, capteurs high-tech pour adapter le rythme et valves cardiaques révolution-naires. Une fois de plus, le génie français repousse le champ des possibles, de quoi faire vibrer la fibre cocardière. Le même jour, on apprenait que Radio France saisissait la justice des propos clairement antisémites tenus par Dieudonné contre un jour-naliste. D’un côté, un ancien comique perdant son âme en faisant commerce de la haine, de l’autre, une avancée universelle. Découverte majeure pour l’humanité, contre fascination abjecte pour un crime contre l’humanité. Dieudonné remplit le « Théâtre de la main d’or »
en jouant les martyrs et la comédie du complot. Ce métis phobique, aimanté par l’hydre fasciste, barbotte englué d ans un poisseux vieux fond raciste et franchouillard où de nouveaux réactionnaires touillent les pires instincts, de l’affaire Dreyfus à Christiane Taubira comparée à Cheetah, la guenon de Tarzan… Ce nouveau cœur certes prometteur restant bionique, quelqu’un inventera-t-il vite une âme, ou un cerveau pour soigner une maladie tou-jours incurable ?
La xénophobie
1 point de PIB, cela fait combien ?
Régulièrement, on voit à la télé - c'est d'ailleurs toujours très drôle - des hommes et des femmes politiques se planter sur le prix du ticket de métro (4 euros selon Nathalie Kosciusko-Morizet) ou sur celui de la baguette de pain. C'est sur le montant du PIB - ce qui est plus embêtant - que Marine Le Pen a lourdement chuté l'autre matin, surEurope 1. La patronne du FN réclamant que le budget de la Défense soit porté à 2 % du PIB, contre 1,5 % aujourd'hui, Jean-Pierre Elkabbach l'interroge sur le coût budgétaire d'une telle augmentation : "Un demi-point de PIB, cela représente combien ?" Déstabilisée, Mme Le Pen hésite, puis finit par répondre : "Un milliard d'euros." Pas de chance, un demi-point de PIB, ce n'est pas 1 milliard d'euros, c'est dix fois plus : 10 milliards d'euros. Si Mme Le Pen estime le PIB de la France à seulement 200 milliards, et non à 2 000 milliards, on comprend mieux qu'elle ait une vision aussi noire de la situation économique de notre pays et préconise des solutions extrêmes pour le sortir de la crise. On comprend mieux aussi qu'en comptant de cette façon les experts économiques du FN parviennent aisément à rééquilibrer les comptes extérieurs et à résoudre le problème de la dette publique.
Pour la défense de Mme Le Pen, ses lacunes en matière de culture économique sont à l'image de celles de la plupart des autres dirigeants politiques, mais aussi des Français en général. Et des jeunes en particulier. Si l'enquête Pisa avait mesuré leurs connaissances en économie, elle serait probablement arrivée à un constat encore plus inquiétant que sur leur niveau en maths, en français, sans parler bien sûr de l'anglais. En 2010, le Conseil sur la diffusion de la culture économique (Codice) avait posé un quiz comprenant une série de questions de raisonnements et de connaissances économiques de base. Note obtenue par les jeunes de 15 à 17 ans : 6,2/20. La note des Français dans leur ensemble n'était en vérité guère meilleure (8,3/20), le pire étant sans doute que la catégorie des diplômés de l'enseignement supérieur n'avait même pas réussi à décrocher la moyenne : 9,8/20. Seuls 44 % des Français (28 % chez les 15-24 ans) savent ainsi que l'Allemagne est le premier partenaire commercial de la France, et seulement 35 % connaissent le niveau de dépenses publiques. Un autre test, de culture financière cette fois, mené simultanément dans plusieurs pays par l'OCDE, est arrivé à des résultats tout aussi peu flatteurs pour la France. "Imaginons que vous placiez 100 euros sur un compte rémunéré à 2 % par an. Combien aurez-vous sur votre compte un an plus tard, une fois les intérêts versés ?" À cette question, seuls 51 % des Français apportent la bonne réponse (102 euros, pour nos lecteurs qui auraient un léger doute), alors que les Britanniques sont 62 %, les Allemands 64 % et les Irlandais 76 % à répondre correctement.
Tout cela n'est guère surprenant compte tenu de l'enseignement économique que les Français reçoivent au lycée. Ou, pour être plus juste, ne reçoivent pas. Michel Rocard avait un jour qualifié cet enseignement de "catastrophe ambulante" et l'ancien ministre de l'Économie Francis Mer, évoqué des "cours de marxisme". Nicolas Sarkozy avait, quant à lui, parlé de "blague". En 2008, l'Académie des sciences morales et politiques avait publié un rapport sur l'enseignement de l'économie au lycée en France, rédigé avec la collaboration de cinq économistes étrangers. Leur conclusion était terrible."Le contenu des enseignements n'a qu'un rapport lointain avec la science économique. La lecture des programmes et des manuels révèle des lacunes graves. On aimerait pouvoir dire que l'élève ne retirera de cet enseignement que peu de bénéfices. Mais même cette conclusion paraît trop optimiste : il est difficile d'écarter l'hypothèse que cet enseignement, inadapté dans ses principes et biaisé dans sa présentation, soit en fait néfaste." Leurs reproches ? Un enseignement trop théorique et général et du coup extrêmement superficiel, trop macroéconomique aussi, faussé idéologiquement enfin, notamment vis-à-vis du marché par nature "défaillant" et de l'entreprise par essence "lieu de conflits", le tout donnant de l'économie en général une vision négative et pessimiste.
À la suite de ce rapport puis d'un audit conduit par Roger Guesnerie, professeur au Collège de France, le gouvernement Fillon avait bien entrepris de moderniser les programmes et les manuels. Mais cette réforme, saluée par les économistes, n'a pu être que très partiellement menée, rejetée en bloc par la très puissante et très active, aussi à gauche que conservatrice, Association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses). Qui a dénoncé la main invisible du Medef dans cette tentative de refonte,"remettant en question le projet de discipline, notamment sa dimension de formation citoyenne des élèves". Plutôt que de faire comprendre aux lycéens les mécanismes du marché et de cette "horrible" mondialisation libérale dans laquelle ils vont vivre et tenter de se trouver une place, l'Apses préfère former des citoyens-chômeurs parfaitement armés idéologiquement pour combattre le système. Et pour participer brillamment aux soirées débats organisées par le comité local d'Attac. Mais peut-être un pays a-t-il au fond l'enseignement économique qu'il mérite, et le taux de croissance et de chômage qui vont avec. Le Prix Nobel d'économie Edmund Phelps a affirmé que l'inculture économique des Français coûtait au pays 1 point de PIB par an. Cela fait combien, déjà, Mme Le Pen ?
Rétrospective 2013: le retour des pays développés
L'année aura été marquée par les craintes d'un « tapering » trop violent de la Fed et l'incroyable « shutdown » américain. Mais ces doutes n'auront pas empêché la poursuite du rebond boursier aux Etats-Unis et dans une moindre mesure en Europe. Une revanche économique et boursière sur des pays émergents en proie aux doutes des investisseurs.
"Tapering or not tapering ?" « Bad news are good news »… S’il fallait résumer le sentiment des investisseurs en 2013, on pourrait utiliser cette curieuse formule qui voudrait que les mauvaises nouvelles macroéconomiques soutiennent l’euphorie des investisseurs, la réciproque étant tout aussi vraie. Explication : pour faire redémarrer l’économie américaine et soutenir les marchés mondiaux, la Réserve Fédérale n’a eu de cesse depuis fin 2008 d’instaurer des politiques non conventionnelles, dont les fameux Quantitative easing (QE). Avec le programme QE3 mis en place en 2012, Ben Bernanke n’a pas lésiné sur les moyens :chaque mois, la Fed injecte 85 milliards de dollars dans l’économie américaine via des achats d’actifs. Le 22 mai 2013, c’est la stupeur sur les marchés mondiaux. L’état de l’économie américaine s’améliore et logiquement Bernanke laisse entendre qu’il pourrait réduire ce programme au cours des prochains mois. Le lendemain, la sanction tombe. A Paris, le Cac 40 perd plus de 2% et repasse sous les 4.000 points mais ce sont les Places émergentes qui vont souffrir le plus. Au coeur d’une année boursière tranquille, loin des tourments de 2008 ou 2011, les investisseurs se font peur à nouveau et réalisent que le principal carburant des marchés reste la liquidité fournie artificiellement par les banques centrales. Un nouveau mot a fait son apparition dans le lexique des opérateurs mondiaux : « tapering » pour signifier la diminution graduelle des achats d’actifs tant redoutée !
La baisse surprise de Draghi. Pourtant, les peurs se dissiperont bien vite. Dès la mi-juin, Bernanke fait volte-face, apeuré par la réaction violente des marchés. Il précise qu’il ne relèvera pas les taux d’intérêt tant que le taux de chômage américain ne passera pas sous la barre des 6,5%, prévient qu’il annoncera à l’avance le calendrier de diminution de rachats d’actifs et qu’il n’est pas question de les réduire drastiquement (finalement, le 18 décembre, Bernanke annoncera une diminution de 10mds$ des achats d'actifs mensuels). Les marchés sont rassurés : Docteur Bernanke veille, l’été sera euphorique. Début octobre, la nomination de sa successeur Janet Yellen (qui prendra les rênes de la Fed début 2014), réputée favorable aux politiques accommodantes, rassure les Bourses mondiales. Les politiques dites non conventionnelles sont devenues la norme. Au Japon, le premier ministre Shinzo Abe a entrepris une politique de relance monétaire et budgétaire très offensive (les fameux « abenomics ») qui entretient la faiblesse du Yen. De quoi mettre un peu plus la pression sur Mario Draghi qui a pourtant livré bataille contre les « orthodoxes » de la BCE en imposant les programmes LTRO ou les OMT en 2012 et en abaissant par surprise, jeudi 7 novembre, son principal taux directeur à 0,25%. « Dans le menu QE, les Etats-Unis sont au dessert, mais le Japon ne fait qu’attaquer le plat de résistance et l’Europe n’a même pas encore commencé l’entrée » résument les analystes d’Amundi AM. Preuve que nous sommes entrés depuis 2008 dans une nouvelle ère où l’absence de menaces inflationnistes et la peur de la déflation autorisent le gonflement spectaculaire des bilans des banques centrales.
Une année « bullish » à Wall Street. Dans le lexique des mots à la mode sur les marchés en 2013, le « tapering » a cédé la place début octobre au non moins inquiétant « shutdown ». Pendant la première quinzaine d’octobre, les marchés vont assister, éberlués, à l’incroyable arrêt des activités gouvernementales américaines, faute d’accord sur le relèvement du plafond de la dette publique. Un psychodrame politique dont Obama sortira vainqueur le 16 octobre mais qui renvoie l’image d’une première puissance économique mondiale otage des compromis boiteux trouvés à Washington. Pourtant, ni les craintes du « tapering », ni le « shutdown » ne décourageront Wall Street porté par le rebond de la croissance américaine, les bons chiffres de l’emploi et le retour des flux. Le Dow Jones termine l’année en hausse de plus de 21% à près de 16.000 points (*). Une année marquée par l’introduction en Bourse de Twitter le 7 novembre dernier. L’évènement de l’année à la Bourse de New York aura permis au réseau social de lever plus de 2 milliards de dollars. Quant au Nasdaq (+33% à 4.000 points*), il aura connu sa première introduction d’une valeur française depuis Business Objects en 1994 avec l’arrivée de Critéo, le spécialiste du reciblage publicitaire, qui a levé 280 millions de dollars. De l’autre côté du Pacifique, relevons également la hausse de 50% de l’indice Nikkei à Tokyo (*), portée par la politique de relance de Shinzo Abe.
Europe convalescente. Si la zone euro a continué d’enregistrer une croissance négative en 2013 (-0,4% vs. +1,6% aux Etats-Unis selon Amundi AM), le pire est passé. Certes, les marchés ont éprouvé à nouveau quelques frissons au printemps avec la déroute financière de Chypre et la taxation en urgence des dépôts bancaires pour éviter la banqueroute de l’île mais ni cette affaire chypriote, ni la cacophonie liée au résultat incertain des élections italiennes fin février, n’auront raison du retour de la confiance sur les marchés actions européens. Outre le soutien des banques centrales, les marchés de la zone euro - à l’instar de la Bourse américaine - ont profité du retour des investisseurs déçus par la mauvaise tenue des Bourses émergentes et la chute de leurs devises locales. La forte croissance des pays émergents donne des signes de faiblesse (Brésil en particulier) et les flux abondants qui se sont déversés sur ces marchés au cours de ces dernières années ont commencé en 2013 à revenir aux Etats-Unis et en Europe. L'accord trouvé le 18 décembre sur l'union bancaire européenne devrait également contribuer à raussrer les investisseurs sur l'avenir de la zone euro.
Paris dans le vert. Le 17 décembre, le Cac 40 affichait une progression de 12,5% depuis le 1er janvier à 4.100 points (*). Parmi les hausses annuelles les plus significatives de la Place parisienne, citons le rebond spectaculaire de l’action Alcatel-Lucent de 227% (*). Pourtant à la peine, l’équipementier télécoms profite d’un regain d’intérêt des investisseurs satisfaits par le nouveau plan de restructuration du groupe franco-américain présenté début octobre. De son côté, l’action EDF s’est envolée de 82% (*) après une année boursière 2012 catastrophique, portée par les succès de l’énergéticien français à l’international (contrat EPR en Grande-Bretagne etc.). Idem pour l’action EADS qui grimpe de 85% (*), signe de la bonne santé du secteur aéronautique et d’un constructeur, Airbus, qui aura décroché près de 1.400 commandes d’appareils au cours de l’année. Enfin, Paris n’aura pas été en reste sur le front des IPO avec le succès remarqué de l’introduction en Bourse de Numéricable le 8 novembre, la plus importante depuis 2009 !
Retour des bénéfices ? Pour 2014, la liquidité va demeurer abondante sur les Bourses mondiales. Si les multiples de valorisation ont poursuivi leur rattrapage en 2013 et retrouvé leur moyenne historique (PE autour de 15 pour le MSCI World), il reste beaucoup d’inconnues sur le terrain macroéconomique. Alors que l’économie américaine est repartie (+2,3% attendue l’an prochain), la croissance en zone euro restera poussive (+0,9%). Sauf crise internationale majeure, c’est la capacité des entreprises à générer des profits qui sera particulièrement scrutée. « Pour l’instant, les attentes sont prometteuses avec une progression de 11% attendue aux Etats-Unis et 17% en Europe. Si ces prévisions se réalisent dans un contexte de légère remontée des taux obligataires, cela devrait donner une performance à un chiffre des actions américaines et autour de 12/15% pour les actions européennes » prévient Jean-Marie Mercadal, DG délégué en charge des gestions chez OFI AM. Rendez-vous au premier trimestre 2014…
(*) : Cours arrêtés au 17/12/2013
Blague à part
Blague à part
Une fois encore, François Hollande a été rattrapé par « Monsieur Petites blagues ». Pas de quoi en faire une histoire et encore moins une affaire d'État, direz-vous. On ne serait pas loin de partager cette opinion si notre président n'avait été contraint « d'exprimer ses regrets » (manière humiliante de s'excuser sans perdre la face) au président algérien Abdelaziz Bouteflika, pour la boutade lancée il y a quelques jours devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Puisque l'entourage élyséen avait tenté d'expliquer que la « plaisanterie légère » de François Hollande « n'avait aucun sens concernant l'Algérie », pourquoi exprimer des regrets officiels en dénonçant une mauvaise interprétation ?
La vérité est que François Hollande a bel et bien commis une faute. Il ne faut pas être dupe, bien sûr, de la surexploitation qui en a été faite. En Algérie, on a fait preuve d'une extrême susceptibilité en évoquant un « message de haine » envers les Algériens. C'est évidemment oublier les gages de réconciliation donnés ces deniers mois par l'Élysée. En France, l'opposition en a rajouté sur l'amateurisme élyséen.
Il n'en demeure pas moins que François Hollande s'est lui-même piégé en cédant à sa fâcheuse manie des petites blagues. C'est, chez lui, une seconde nature. Une manière de prendre de la distance avec lui-même et du recul avec sa charge. Sauf qu'on ne peut pas être en même temps un chef de guerre crédible et un amuseur public. Surtout de mauvais goût. On ne peut pas rire de tout, n'importe quand et devant n'importe qui. François Hollande devra bien se résoudre à obéir aux exigences de la fonction.
À juste titre, il fut assez reproché à Nicolas Sarkozy ses fautes de comportement ou ses écarts de langage pour que son successeur soit rappelé à un devoir de solennité. Quitte à déplaire aux sourcilleux vigiles du PS, d'habitude si prompts à fustiger les entorses au « politiquement correct » et qui ont, cette fois, observé un étonnant mutisme. Espérons que cet épisode grotesque conduira désormais François Hollande à toujours s'exprimer blague à part.
DÉFENSE DE RIRE
DÉFENSE DE RIRE
Sa descente, fulgurante, semblait endiguée. Avec une cote d’opinion de 22 %, soit tout de même une large majorité de Français qui désapprouve son action, François Hollande terminait l’année par un timide rebond de 2 %. Pas de quoi pavoiser, ni croire au Père Noël. Et soudain, patatras ! Un trait d’humour au banquet du Conseil représentatif des institutions juives de France, a déclenché une nouvelle polémique. Devant cette vénérable assemblée communautaire où se pressent de plus en plus d’élus républicains, François Hollande a salué Manuel Valls de retour d’Algérie, « sain et sauf, c’est déjà beaucoup ». Il n’en fallait pas plus pour déclencher une polémique de part et d’autre de la Méditerranée. Même si la presse algérienne souligne que « Hollande se moque de l’Algérie devant les Juifs », la réaction d’Alger reste plutôt modérée. Par cette allusion sur l’insécurité, François Hollande, surnommé par le passé « Monsieur petites blagues », colporte un cliché, et foule du pied le résultat de son voyage réussi un an plus tôt où il avait lancé l’idée de « communauté de destin ». D’habitude, le Président est plus fin et caustique. Cons-cient des dommages collaté-raux de son embardée, l’Élysée a publié hier un communiqué. Il y exprime « ses sincères regrets »… « pour l’interprétation »
de ses propos.
Défense d’en rire !
La parole présidentielle
La parole présidentielle
Les propos du président Hollande, prononcés le 16 décembre sur le ton de la boutade lors du dîner du CRIF au sujet de l’Algérie ont provoqué un tollé en France et dans ce pays. "Il en est rentré sain et sauf (Valls) c’est l’essentiel". Un chef de l’Etat s’exprime au nom de la Nation, forgée dans la tragédie de souffrances indicibles. Sa parole est donc sacrée. Le président de la République, qui exerce le pouvoir d’envoyer des jeunes gens à la mort pour la défense des intérêts de la France ou de l’humanité, se détourne de sa mission en s’adonnant publiquement à la plaisanterie, c’est-à-dire à la parole légère destinée à provoquer le rire. Nous connaissons depuis une trentaine d’années, une crise de l’institution présidentielle, qui a perdu l’essentiel de ses pouvoirs gouvernementaux, avec le transfert de la compétence monétaire à Bruxelles et du pouvoir normatif – les lois et la réglementation – à Bruxelles mais aussi au Conseil constitutionnel et aux tribunaux. Nous sommes désormais confrontés à une crise de laparole présidentielle, décrédibilisée par l’affaire Léonarda, une répétition de propos incantatoires sur une amélioration la situation de l’emploi qui ne convainc personne, une blague enfin qui oblige le président, c’est-à-dire la France, à s’excuser auprès d’un pays avec lequel nos relations depuis son indépendance en 1962, ont un caractère extrêmement passionnel sinon orageux. L’image de François Hollande ne pourra jamais se redresser en quelques années, tant son passif est désormais imprimé dans l’inconscient collectif des Français. Cela n’exclut d’ailleurs en rien sa réelection en 2017, à la faveur d’un violent courant protestataire et d’un parti républicain déchiré par ses honteuses rivalités nombrilistes. Que serait un grand président en 2017? Une personnalité capable – justement par son comportement et sa parole – de susciter un climat de confiance, de respect et de consensus, assez visionnaire pour piloter le pays dans le naufrage des institutions européennes et la tempête de la mondialisation, de s’appuyer sur un Premier ministre puissant, autoritaire et déterminé à accomplir en son nom l’œuvre de redressement nécessaire. En trois ans et demi, un tel personnage peut-il émerger et s’imposer dans l’opinion?
C’est toute la question…
C’est toute la question…
Cote de popularité : François Hollande inverse la courbe
Selon le baromètre Ifop publié dans le Journal du Dimanche, 22% des Français se disent satisfaits du chef de l’Etat.
La fin de l’année semble faire du bien à François Hollande. En effet, les sondages se suivent et se ressemblent plutôt positivement ces dernières semaines pour le président de la République. Il y a dix jours, la popularité du chef de l’Etat avait observé une légère embellie dans le baromètre YouGov pour le Huffington Post et i>Télé. C’est
aussi le cas ce dimanche selon le baromètre Ifop publié dans le Journal du Dimanche. Un petit évènement tant depuis le début de son quinquennat François Hollande sombrait dans les abysses de popularité. Toutefois, pas de quoi beaucoup s’enthousiasmer car les sondages restent à des très bas niveaux.
Plus précisément, selon ce sondage, 22% se disent satisfaits du président François Hollande, une hausse de deux points par rapport au mois dernier. Dans le détail, 78% des personnes interrogées (-1 par rapport à novembre) se déclarent mécontentes "de François Hollande comme président de la République" (38% plutôt mécontentes et 40% très mécontentes) contre 22% satisfaites (20% plutôt satisfaites et 2% très satisfaites).
Selon le JDD, "ce mois-ci, il doit sa petite remontée à une amélioration de sa cote chez les jeunes (+8), les cadres et professions libérales (+3) ". "Mais il reste impopulaire chez les employés (81% de mécontents), les professions intermédiaires (75% d’insatisfaits) et surtout chez les ouvriers (83% de mécontents)" analyse le journal. Enfin selon ce baromètre François Hollande "remobilise un peu à gauche : +5 au Front de gauche; +14 à Europe-Ecologie/Les Verts et +3 au PS".
Enfin, 24% (+1%) des personnes interrogées se disent satisfaites de Jean-Marc Ayrault. Dans le détail, 75% (+1) sont mécontentes de "Jean-Marc Ayrault comme Premier ministre" (44% plutôt mécontentes et 31% très mécontentes) contre 24% satisfaites (23% plutôt satisfaites et 1% très satisfaites) et 1% (-2) ne se prononcent pas.
Non, ce n'est pas une blague : François Hollande va essayer de changer de politique
Des ministres qui avalent leur chapeau, d’autres qui ravalent leurs convictions, certains qui se taisent ou qui se convertissent au libéralisme… Branle-bas de combat dans les ministères. Selon des observateurs avisés, il y aurait des signes qui indiqueraient que le président aurait enfin décidé de changer de politique et d’opter pour une stratégie plus libérale.
Tout d’abord, le président de la République serait désormais convaincu qu'il va dans le mur. Pas de croissance, pas d’emplois et, plus grave, un risque d’écrasement par les marchés au printemps prochain. D’où une prévision de hausse des taux d’intérêt et la perspective de blocage du marché obligataire… Avec, à la clef, l’humiliation d’être obligé de demander de l’aide à l’Europe et au FMI. La honte.
Pour la présidence de la République, ce scenario qui était complètement irréel en septembre est devenu crédible depuis le début du mois de décembre. Compte tenu de la grogne sociale, les agences de notation ont prévenu la France que les chances de redressement étaient compromises pour des raisons politiques. C’est à ce moment-là que le Président a acquis la conviction que sa politique faisait fuir les investisseurs (cf l’analyse de Jean-Jacques Netter sur Atlantico). C’est à ce moment-là que du côté de chez Pierre Moscovici on a commencé à s’inquiéter.
A partir de la fin novembre, l’Élysée a donc commencé à reconnaître en privé, que la politique suivie n’était pas la bonne. Les chefs d’entreprises ont multiplié les alertes auprès du chef de l’État. Toutes les occasions étaient bonnes pour lui dire qu'il y avait le feu dans la maison. C’est à ce moment aussi que les personnels de cabinet ont commencé à demander des changements d’affectation. Mais le coup de gong, en forme d’avertissement, a été donné par Bercy qui a confirmé que le manque à gagner fiscal serait de 11 milliards d’euros.
En dépit des hausses, le rendement de l’impôt a baissé. Ça veut dire que les contribuables ont commencé a baissé les bras. Trop d'impôt tue l'impôt : le phénomène est archi connu des économistes. Les contribuables qui le peuvent rechignent à travailler plus ou travaillent au black, ceux qui le peuvent partent à l’étranger et ceux qui le peuvent prennent leur retraite etc.
Fort de ce diagnostic, le Président a changé de ton et d’attitude. Il a tout fait pour essayer de calmer la révolte des bonnets rouges, des pigeons et autres déplumés. Il a tout fait pour calmer son Premier ministre dans son ambition de réforme fiscale. Jean-Marc Ayrault a dû avaler son chapeau. On ne touchera à rien et surtout pas aux impôts. Au contraire, le Président a discrètement mais fermement sanctuarisé le crédit d’impôt recherche, le crédit d’impôt compétitivité, et rendu hommage à l’inventivité des chefs d’entreprise français. Dans la foulée, il refuse à son aile gauche tout coup de pouce au smic, pour ne pas abimer encore davantage la compétitivité des entreprises.
Il invite Benoit Hamon à raboter de sa loi les sujets qui fâchent comme l’obligation pour un patron qui voudrait vendre son affaire d’en informer le personnel et voir s’il y a des repreneurs en interne. En revanche Benoit Hamon est sommé de mettre en lumière tout ce qui va concourir à améliorer la concurrence dans les différents secteurs. En réalité, c’est encore timide. Ce n’est pas en autorisant la vente des lunettes sur internet qu’on va bouleverser la société. Mais c’est un début. Pour Benoit Hamon, c’est compliqué à défendre lui qui a combattu la dérèglementation et le libéralisme qu'il considérait comme une maladie honteuse. Les jours passent. Son voisin de Bercy, Arnaud Montebourg, a cru faire le malin la semaine d’avant en critiquant l’innovation, le progrès technique et la mise en concurrence. Pas forcément dans l’air du temps d’une économie d’offre. Du coup, il est quasiment interdit d’antenne depuis une semaine.
Quant à Cécile Duflot, qui déteint le triste record d’être le ministre du Logement à avoir le plus asphyxié le secteur de la construction, elle comprend très vite que si elle veut garder son job, il lui faut revenir en arrière. Ce qu'elle fera le week-end dernier en révisant les dispositions de ce projet utopique de GUL, garantie universelle des loyers, qui aurait coûté une fortune à l’État puisque personne n’aurait plus eu intérêt à payer son loyer. Pour couronner le tout, elle va même jusqu’à préconiser un fichier des mauvais payeurs de loyers. Incroyable pour celle qui, dans l’opposition, se battait contre le fichier des surendettés à la banque de France.
Hier, la surprise du jour a bénéficié aux auto-entrepreneurs. Après avoir essayé de les tuer il y a six mois, voilà que Sylvie Pinel reçoit un rapport qui préconise tout le contraire. C’est-à-dire de leur donner un ballon d’oxygène en leur permettant de vivre et de s’épanouir. Plutôt que de restreindre et de contrôler les auto-entrepreneurs, l’idée c’est d’en élargir le bénéfice.
Ne parlons pas de Marisol Touraine, ministre de la Santé qui reconnait ce que tout le monde savait, à savoir que la gestion de l’hôpital public n’est pas très rigoureuse. Médecins en surnombre, jeu abusif avec les heures supplémentaires, remplaçants qui ne remplacent pas mais qui touchent les vacations. Au total, 500 millions d’euros à récupérer. Pas mal. Si toutes les administrations se mettent ainsi à nettoyer leurs comptes on va peut-être faire des économies. Enfin.
A l’initiative de François Hollande, le gouvernement aurait donc compris que le bon sens est encore le meilleur carburant de l’économie. C’est un peu le miracle de Noël, pourvu que ça dure.
samedi 21 décembre 2013
Un moral d’acier
Un moral d’acier
La colère est un sentiment, pas une solution. Hors de toute mauvaise foi partisane et au-delà du déchaînement qui fera long feu, peut-on reprocher à un syndicaliste connu pour avoir exprimé son mécontentement les yeux dans les yeux avec des mots virulents, de passer aujourd'hui à la politique avec l'espoir de faire avancer autrement ses combats ? Sans doute parce qu'Édouard Martin est un ouvrier, l'annonce a aiguisé des salves de persiflages. Lorsqu'un patron est nommé à Bercy ou à l'industrie on met en exergue ses compétences. Lui, sur le double front de ses adversaires et de ses amis, devra se forger un moral d'acier. Heureusement, dans un opportun « un partout la balle au centre », Walter Brocoli le leader FO d'Arcelor-Mittal sera candidat aux municipales sur la liste UMP à Thionville.
Lutter contre le cynisme de Mittal est un engagement légitime quel que soit le terrain sur lequel on se place. La politique n'est pas la seule affaire des experts en tweets ou des apparatchiks qui n'ont jamais rien fait d'autre de leur vie. Au moins Martin le métallo peut-il parler des « crasses », du cambouis et du désarroi des victimes des délocalisations et de la finance.
Ce qu'il ne doit pas trahir, c'est son choix et l'obligation morale qui s'impose à lui de continuer à parler avec son c'ur et avec les mots du peuple, de pousser des coups de gueule avec ses tripes et, s'il le faut un jour, de claquer la porte quand les consignes du groupe ou la ligne politique des socialistes iront contre ses convictions et sa sincérité. Édouard Martin est un homme authentique qui va entrer en politique directement par le haut. Les hommes sincères le restent-ils en vivant de telles expériences ? La réponse lui appartient. Pour mesurer l'ingratitude de la politique, sa violence parfois, qu'il se souvienne de Pierre Bérégovoy, un autre syndicaliste passé au costume trois pièces.
Un premier bon point peut être porté à son crédit : celui d'avoir compris que la solution à bien de nos problèmes passe par l'Europe. Quand la classe politique touche le fond du discrédit, il faut se réjouir qu'un parti s'efface derrière un syndicaliste. On ne peut critiquer dans un même souffle le transfert de l'intègre Martin et la rareté des ouvriers en politique.
Rafale ou mirage ?
Rafale ou mirage ?
Encore raté ! Le Brésil a préféré l'avion de chasse suédois Gripen NG de Saab à « notre » Rafale. Autrement dit, pour la petite merveille technologique de Dassault-aviation, il n'y a qu'une chose qui ne décolle pas : ce sont les ventes. Il y aurait quelque cruauté à s'en réjouir. Le coup est rude pour le champion français de l'aéronautique militaire, et donc pour le pays. Il serait tout aussi déplacé d'imputer l'échec de la transaction au seul François Hollande. Et cela, même si le choix brésilien prend un caractère vexatoire quelques jours après la visite du chef de l'État français à Brasilia.
Il est sûr qu'en guise de renforcement du partenariat stratégique entre la France et le Brésil, ce « lâchage » fait mauvais effet. Il souligne peut-être aussi une défiance à l'égard de la France et un refus brésilien d'alignement. Encore une fois, on rappellera que François Hollande ne fut pas seul aux manettes sur ce long feuilleton. Mais alors, était-il besoin de minimiser la mauvaise nouvelle en prétendant que la vente au Brésil n'était pas une « cible prioritaire » ?
Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a cru judicieux d'amortir le choc en promettant de prochains succès pour Dassault en Inde et dans le Golfe. Gare, cependant, à ne pas céder à d'autres mirages. Souvenons-nous que c'est en 2009, lors d'un voyage officiel au Brésil, que Nicolas Sarkozy avait salué avec emphase l'ouverture des négociations portant sur l'achat de 30 Rafale pour 4,5 milliards d'euros. On voit ce qu'il en est advenu quelques années plus tard.
Il ne faudrait pas que la même chose se reproduise avec l'Inde qui négocie depuis janvier 2012 un contrat portant sur 189 avions. En l'occurrence, ce n'est pas le savoir-faire de la France qui est en cause mais son savoir vendre et l'adaptation de son offre à la demande. Il semblerait que le Rafale « vole trop haut », si l'on peut dire, et coûte trop cher. Ajoutée à la baisse des commandes de l'armée française, la perte de marchés à l'export serait grave. Elle creuserait, dans les provisions intégrées à la loi de programmation militaire, un trou qui ne serait pas seulement d'air !
L’ennui du mort-vivant
L’ennui du mort-vivant
Noël à Matignon. Pâques à la maison ? Jean-Marc Ayrault, usé jusqu’à la corde, a répété hier soir qu’il bénéficie toujours de la confiance du président de la République. Ce genre de propos fera mourir de rire le moindre fan de foot : quand un entraîneur affirme que son président croit encore en lui, il est rapidement viré.
Malgré deux recadrages sur la fiscalité et le rapport sur l’intégration, Ayrault restera à Matignon. Sa capacité à avaler les boas explique son maintien. Taclé par le président de la République, ignoré ou bousculé par ses ministres, il s’accroche. Ses sondages apocalyptiques ne le dérangent pas. Les Français ne l’aiment pas ? Et alors ? Il est là pour imposer une politique impopulaire. Après tout, on n’a jamais demandé à un purgatif d’être agréable à avaler.
Le Premier ministre donne même l’impression d’être fier de son statut de fusible qui ne saute pas, même quand tout le tableau électrique est en feu. Hier soir, Jean-Marc Ayrault a énuméré ses travaux, notamment sa réforme fiscale. Tant pis si les prélèvements doivent augmenter l’an prochain. « J’assume » a-t-il répondu. Même certitude à propos des relations tendues avec ses ministres : « Je n’ai jamais douté du soutien du président ». Tout est dit.
Histoire de prouver sa fidélité, le chef du gouvernement a même assuré qu’il croyait dans l’inversion de la courbe du chômage. Un tel dévouement lui vaudra un sursis supplémentaire.
Avec Jean-Marc Ayrault, hier soir, TF1 avait programmé l’ennui du mort-vivant. Cette interview est d’autant plus étonnante que, comme le veut la tradition, le chef de l’État s’adressera aux Français le 31 décembre. Il y avait donc urgence à lancer une contre-offensive pour faire taire les mal-pensants, quitte à provoquer une overdose chez le téléspectateur.
L’autre indigestion, encore plus douloureuse, est annoncée au 1er janvier avec la hausse de la TVA. En attendant le grand soir fiscal mitonné par Matignon, les contribuables n’ont aucune raison de se réjouir. 2014 sera une année difficile, avec ou sans Jean-Marc Ayrault, bien carré sur sa dunette alors que l’iceberg électoral se rapproche.
SANGARIS… QUE
SANGARIS… QUE
François Hollande a beau se féliciter de l’écoute de ses partenaires européens, il revient bredouille du sommet des chefs d’Etat. Le président espérait que ses homologues se cotisent pour participer à ce qui commence à rassembler à une mésaventure centrafricaine, il fait les frais des égoïsmes. L’Elysée ne qué-mandait pas seulement 30 ou 40 millions d’euros, mais rêvait « d’affirmer un symbole, celui de l’aide de l’Union européenne à l’un des pays les plus pauvres du monde ». L’intention est louable, mais François Hollande fait les frais d’une intervention où la France est partie, certes pour la bonne cause, mais en solitaire. Bilan : difficile d’obtenir a posteriori un blanc-seing de ses partenaires qui, depuis quelques semaines et les premiers morts français, re-doutent le bourbier. Autre-ment dit, nos partenaires européens saluent la beauté du geste de la France, - inter-enir au risque de s’engluer dans une guerre de religion -, mais pas question de s’emballer. Un éventuel soutien est renvoyé au « conseil des affaires étrangères » mi janvier, et la « ministre » des Affaires étrangères de l’Europe, Catherine Ashton rendra un rapport au cours du premier semestre 2014. Autant dire que le prix à payer, pas seulement en vies humaines, sera à la charge de Paris. L’opération ‘’Sangaris... que’’ se paiera cash, à et au crédit de la France !
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