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| Moi, Président Je............... |
samedi 15 décembre 2012
Battage sur l'accessoire, flou sur l'essentiel : quand donc François Hollande finira-t-il par s'attaquer aux réformes dont la France a besoin ?
Petit rappel des chiffres de l'immigration à l'usage des naïfs, des ignorants et des idéologues
Bruno Le Maire, la France et l’Allemagne
”Le mépris typiquement français pour les petits pays et leurs
drames. Mais si ! Mais si, je le vois bien ! Vous ne devriez pas. Votre
grande histoire ne vous donne aucun droit sur nous. Elle a été autant
abîmée que la nôtre, votre grande histoire, seulement vous ne voulez pas
le reconnaître, non ? Je me trompe ? Vous avez cru que votre histoire
vous donnait des droits sur les autres, sur les petits, sur les vaincus.
Vous faites une erreur. Vous faites une erreur grossière depuis des
années. Les petits pays vous voient rapetisser à votre tour, certains,
pour tout dire, avec une certaine jubilation. Et le grand pays vaincu ne
vous reconnaît plus aucun droit sur lui. Vingt ans et quelques mois à
Stuttgart. Je connais suffisamment les Allemands pour vous dire que leur
conscience politique, si vous me permettez ce mot, ne vous accorde plus
le moindre droit sur eux. Ils ne veulent plus que vous vous mêliez de
leurs affaires, point final. Vous dites l’Europe ? Quelle Europe ? Votre
Europe est une excuse pour conserver votre part du gâteau. Plus
personne ne se laissera prendre à votre truc. Y compris les Allemands.
Comprenez une fois pour toutes que les Allemands sont à la fois
puissants et provinciaux, provinciaux et puissants. Quand cela les
arrange, ils se replient sur eux et impossible de leur faire prendre la
mesure de leurs responsabilités. Le lendemain, ils prennent deux ou
trois décisions économiques qui écrasent leurs voisins. En toute bonne
conscience. Et vous qui réclamez de leur part un sens universel ! Une
vision du monde ! Vous êtes prisonniers de votre histoire et vous ne la
connaissez pas. Autant que vous êtes aveugles à l’histoire des autres.”
Bruno Le Maire, Musique absolue, Une répétition avec Carlos Kleiber, Gallimard, NRF, L’infini 2012
Sortie de crise progressive
Politiquement, les dirigeants européens affichent, par-delà les nécessaires compromis, leur volonté de renforcer l’intégration européenne. Certes, le superviseur européen n’aura pas le droit de regard direct et immédiat sur l’ensemble des quelque 6 000 banques de l’Union, comme beaucoup le souhaitaient. Seuls les grands instituts seront dans le collimateur des contrôleurs. Angela Merkel a ainsi obtenu une sorte de bouclier pour ses petites et moyennes caisses d’épargne. Mais le principe est acquis. La Banque centrale européenne pourra exercer un droit de regard dont elle ne disposait pas jusqu’ici.
Quand on observe, en reparcourant les douze derniers mois, combien la BCE, sous la férule de Mario Draghi, a su se dissocier de l’orthodoxie que prêchait la Bundesbank en matière de dette souveraine, le pas en avant n’est pas si modeste. Ce sont bien les (premières) fondations d’une Union bancaire qui viennent d’être décidées.
En outre, si l’Allemagne a obtenu ce qu’elle voulait, cet accord sur les banques devrait aussi permettre plus de souplesse de la part de Berlin. Car la centralisation de la supervision, même si elle est tempérée par le maintien de superviseurs nationaux dont les prérogatives resteront amples, devrait permettre au Mécanisme européen de solidarité de venir en aide à des banques en difficultés sans nécessairement déclencher une spirale spéculative sur la dette souveraine de l’État concerné. Et donc, sur ses contribuables.
Le feu vert donné hier au refinancement de la Grèce, après des mois de tergiversations, va dans le même sens. L’année 2012 semble s’achever sur un double message qui n’avait rien d’évident en janvier. L’Europe résiste. Son processus de construction repart.
Un autre message est arrivé, hier, des négociations sur l’Union bancaire : la volonté de ne pas creuser le fossé entre les dix-sept membres de la zone euro et les dix autres membres de l’UE. Surtout, de ne pas laisser la dérive centrifuge de la politique britannique prendre un tour irrémédiable.
Ainsi, le pire semblerait derrière nous en ce qui concerne la crise de la zone euro. Difficile, pourtant, de brandir aux opinions publiques un sourire béat. Si des progrès sont accomplis sur les leviers permettant de sortir du tunnel, la crise, la vraie, celle qui rime avec chômage, licenciements, blocage des salaires, austérité, cette crise, elle, mord toujours. Plus que jamais, sans doute, en ce début d’hiver.
Les élites doivent donc prendre garde à ce déphasage entre leur action et la réalité vécue. Sans vision, sans projet, l’austérité est redoutable et potentiellement explosive. Certains citoyens se considèrent plus légitimes que d’autres. Certains Européens plus vertueux que d’autres. Chacun lorgne dans le portefeuille du voisin. Tous revendiquent leur indignation, voire leur colère.
Hier, Angela Merkel a, à juste titre, affirmé que l’Europe ne pouvait reposer sur les seuls services. Qu’il fallait une production industrielle.
Se réjouir ou envier la santé des entreprises allemandes ne suffit plus. Il faut prendre la chancelière au mot et lui proposer de grands projets industriels. Européens. Pour donner un sens politique et économique à cette union bancaire si éloignée des citoyens.
vendredi 14 décembre 2012
L’aveuglement
Des retraités poursuivis pour avoir envoyé des miettes à Hollande
Des
retraités agricoles sont poursuivis par la justice pour avoir osé
envoyer des miettes de pain à François Hollande, afin de sensibiliser le
Président sur leurs conditions de vie indignes.
Comment ne pas avoir la nausée en lisant ce fait divers répugnant :
Des agriculteurs retraités ont envoyé, le mois dernier, 500 courriers
à l’Élysée, pour faire part à François Hollande de leur détresse
économique, alors qu’ils ne touchent que 770 euros par mois. Les lettres
contenaient, en symbole de la précarité de ces paysans à la retraite,
des miettes de pain. Quelle insolence !! Quel outrage !!
Comme toujours dans notre état socialiste, les autorités ont été
promptes à lancer la machine judiciaire. Ainsi, les retraités de
Picardie doivent être auditionnés par la justice au commissariat de
Laon, à la suite d’une enquête lancée par le parquet de Paris pour
« offense au chef de l’état ». Sérieusement ?!?
Lundi 10 décembre, les premiers « suspects » ont été entendus, en
commençant par l’instigateur de cette haute agression envers François
Hollande, le président des Anciens exploitants de l’Aisne, Henri Carton,
qui a tout de même passé près de 2 heures dans la gendarmerie. Les
autres membres de l’association vont être entendus dans les jours qui
viennent.
De son côté, comme toujours, l’Elysée dément formellement être pour quoi que ce soit dans ces interpellations. Selon un communiqué publié par la présidence de la République le même jour, « la présidence de la République dément formellement avoir déposé plainte contre des retraités ayant envoyé des courriers contenant des miettes de pain« . La garde rapprochée de Hollande a ensuite justifié cette affaire scandaleuse en assurant qu’une réponse adressée aux expéditeurs via le préfet de l’Aisne est à l’origine de la procédure.
Alors mystère… Et si c’était Valérie Trierweiler qui avait porté plainte contre les retraités par peur de voir son flan manger toutes les miettes de pain et reprendre du poids ?
On reconnaît ici toute la beauté du système socialiste : ces hommes ont travaillé toute leur vie, sans vacances, sans weekend, sans 35 heures sans RTT, pour un salaire de misère et maintenant ils se retrouvent comme des mendiants. Pire, ils sont traités par l’état socialiste de la même manière que des immigrés qui n’ont jamais cotisé. Et comment faire en sorte d’améliorer leur situation ? En les envoyant au poste comme de vulgaires racailles (en fait bien pire puisque la plupart des racailles ne sont même pas inquiétées par les forces de police qui ont trop à faire à entendre des agriculteurs retraités ou les rédacteurs de 24heuresactu). Une honte !
Les socialistes n’aiment plus depuis longtemps les travailleurs, ouvriers, paysans, artisans ou employés. En revanche, les intermittents et autres parasites croulent sous les subventions…
Pour Anne Sinclair, Laurent Fabius et tous les millionnaires qui peuvent se permettre d’avoir des toiles de maîtres dans leurs salons, une niche fiscale. Pour les retraités paysans, des miettes et des poursuites judiciaires.
La justice sociale, c’est maintenant !
On vit très bien en France mais pour combien de temps ?
Le niveau de vie actuel des Français n'est qu'une illusion. Car
plus la part de l’État dans l’économie est forte, plus la croissance est
faible.
Les Français – au moins ceux qui vivent en France – me disent souvent
que je suis trop sévère et que l’on vit très bien dans notre pays. Ils
ont, bien sûr, tout à fait raison. On vit très bien en France, où la
génération la plus stupide de l’Histoire, celle de Mai-68 (dont je fais
partie), a déjà dépensé toute l’épargne accumulée par les générations
précédentes, pour ensuite emprunter l’épargne future de leurs enfants et
maintenant de leurs petits-enfants. Consommer en une génération
l’épargne et du passé et du futur assure en effet un niveau de vie très
agréable, mais à une seule génération, au mieux.
Permettez-moi de rappeler que cela ne me paraît ni sain, ni durable,
ni démocratique… et que cette gabegie arrive probablement à son terme.
Après tout, pourquoi ces petits-enfants se sentiraient-ils responsables
d’un endettement qu’ils n’ont jamais voté, d’autant qu’il n’a pas servi à
financer des investissements productifs générant des revenus ? Nos
enfants, nos petits-enfants n’ont aucune raison ni légale ni morale de
se sentir solidaires du paiement de nos retraites… aucune.
Et selon toute probabilité, ils ne le feront pas. Mais, hélas, ce
n’est pas tout. L’excuse qui nous est servie à chaque augmentation de
la part de l’État dans l’économie est bien entendu que c’est chose
nécessaire pour «préserver l’emploi». Vérifions encore, par honnêteté
scientifique, en mettant d’un côté la part de l’État dans l’économie et
de l’autre le taux de chômage de la population active.
Nous découvrons que c’est exactement l’inverse qui se produit...
Ce que l’on voit, c’est un ou deux emplois qui ont été préservés par l’intervention de la puissance publique dans les mécanismes du marché du travail. Ce que l’on ne voit pas, ce sont les dizaines d’emplois qui ne seront jamais créés à cause de ces interventions. Si l’Union soviétique a sauté, au grand désespoir de toute l’intelligentsia de la rive gauche, c’est bien parce que les penseurs des Lumières avaient raison.
L’État n’est bon à créer ni richesse, ni liberté, ni emplois, ni croissance. Tout au plus des fonctionnaires. Courteline disait : «En France, on sème des fonctionnaires et on récolte des impôts.» Et chaque fois que l’on embauche un fonctionnaire – ce qui se voit –, entre trois et quatre emplois potentiels du secteur privé ne sont pas créés – ce qui ne se voit pas.
Cette triste réalité – objective – nous permet, peut-être, d’aller un peu plus loin. Nous avons constaté que le taux de croissance de l’économie française ne cessait de baisser structurellement. Peut-être est-il temps de donner une explication à ce qui apparaît encore comme un grand mystère à beaucoup de commentateurs ?
Considérons le graphique suivant.
Depuis 1978, comme chacun peut le voir, la part de l’économie «libre» par rapport à celle de l’économie communiste ne cesse de baisser. La deuxième information, celle que nous cherchons à expliquer, apparaît sur l’échelle de droite (en pointillé). Il s’agit du taux de croissance moyen des sept dernières années (2002-2009) et qui constitue une bonne approximation du taux de croissance structurel de l’économie française. L’évidence est accablante : plus la part de l’État dans l’économie est forte, plus la croissance est faible. Plus la croissance est faible, plus le taux de chômage monte. Plus le taux de chômage monte, plus les dépenses de l’État augmentent.
Et plus la croissance est faible… Un cercle vicieux dans toute son horreur… Ce bon M. Keynes ne nous a jamais averti que l’intervention de l’État pour minimiser les effets d’une récession avait un prix. Et que ce prix était une baisse du potentiel de croissance sur le long terme.
Pendant encore combien de temps ?
Europe : Merkel remet les pendules à son heure
La chancelière s'est entretenue avec François Hollande avant
l'ouverture du sommet à Bruxelles. Elle a douché les espoirs de Paris,
Rome et Madrid d'une Europe financièrement plus généreuse
Les vingt-sept chefs d'État et de gouvernement ont eu de vraies raisons de se célébrer en arrivant à Bruxelles. La Grèce, toute proche du déraillement cet été, est revenue «sur les rails solides» de la monnaie commune. L'Eurogroupe, rassuré, va rouvrir dans les jours qui viennent les robinets d'une aide qui se compte en dizaines de milliards. À l'échelon supérieur l'UE espère briser enfin le cercle vicieux entre dette bancaire et dette d'États en imposant, dès l'an prochain, la surveillance de la BCE aux 6000 établissement de crédits de la zone euro.
Baliser la tâche des années qui viennent
François Hollande voit dans le compromis arraché au petit matin un «accord majeur» qui consacre la capacité des Européens à stabiliser la monnaie commune. Angela Merkel salue une entente «dont on ne peut surestimer l'importance». L'état-major bruxellois se réjouit de voir démentis les Cassandre qui annonçaient, début 2012, l'éclatement de l'euro.Bref, le sommet permet de tourner en beauté la page d'une année épuisante, toute entière vouée à la gestion de crise. Dans le scénario idéal, le huis-clos des 27 devait aussi baliser la tâche des années qui viennent, avec sur la table le chantier d'une nouvelle architecture de l'euro. Pour François Hollande, cela signifie plus de solidarité, avec à la clef plus de croissance pour le Sud de l'Europe. Pour Angela Merkel, cela veut dire plus de compétitivité et de réformes sur le modèle nordique. Et aussi davantage de contrôles au niveau central.
Entre le Nord et le Sud, entre la chancelière chrétienne-démocrate et le président socialiste, le malentendu n'est pas nouveau. Il prend simplement un tour plus tranchant à mesure qu'approchent l'automne 2013 et les législatives en Allemagne. Angela Merkel, ultime rempart de la monnaie commune depuis quatre ans souffre de voir contestée sa vision d'avenir. Elle ne veut pas non plus effrayer l'électeur allemand par de grands projets trop coûteux. Pour combler le fossé qui se creuse avec François Hollande, il aurait sans doute fallu plus que le tête-à-tête d'une trentaine de minutes organisé au débotté, juste avant le sommet.
Rapport Van Rompuy enterré
L'intransigeance allemande a fait une première victime en la personne du président du conseil Herman Van Rompuy, chargé depuis juin de dresser les plans d'avenir. Sa feuille de route «Vers une véritable union économique et monétaire», débattue depuis des mois par tout ce que Bruxelles compte d'esprits aiguisés, a été vidée de substance en moins de 36 heures. Sous la pression de Berlin. Exit l'ébauche d'un budget propre à la zone euro. Gommée l'esquisse d'un fond européen d'assurance anticrise. Rayée l'idée d'une émission de dette en commun. Disparu, le calendrier de mise en place sur trois ans.Du coup, la discussion au sommet risque de tourner court. En remettant les pendules bruxelloises à son heure, Merkel douche brutalement les espoirs nourris à Paris, Rome ou Madrid. L'Élysée comptait sur la feuille de route Van Rompuy pour pousser vers une Europe financièrement plus généreuse et soucieuse de soutenir la croissance. Dès jeudi matin, la chancelière a opposé une fin de non-recevoir: elle est prête à aider ses partenaires à se réformer, par des aides temporaires et ciblées. Mais «cela ne doit pas servir de prétexte à mettre en place de nouvelles sources de financement» permanent dont Berlin ne veut pas.
jeudi 13 décembre 2012
2012, le retour du tiers-état
Le tiers-état, après avoir donné sa sueur, a autrefois donné son sang ; demain, il se contentera de donner son congé.
Dans la France de l'Ancien Régime,
le tiers-état finançait par l'impôt et le travail forcé la noblesse et
le clergé. La noblesse par sa naissance, le clergé par sa vocation au
service du salut de tous. Heureusement, cette France a disparu ; les
privilèges ne sont plus, sauf ceux accordés à deux castes, récompensant
la condition pour les uns et la vocation au service de l'intérêt général
pour les autres ; et le tiers-état, une nouvelle fois composé des
producteurs et créateurs de valeur, est heureux de contribuer au confort
de ces deux castes, bien qu'on ne lui en laisse pas le choix.
A l'inverse des possibles succès du tiers-état pour lesquels il ne tirera aucun crédit, les privilèges consentis à la noblesse de condition par le clergé d'Etat sont à attribuer à sa bienveillance, bien qu'ils seront financés par le tiers-état. Ces intermédiaires entre le commun des mortels et l'intérêt général sont nécessaires au fonctionnement harmonieux de la société ; sans eux, point de salut, ni pour la noblesse de condition qui n'aurait aucun moyen d'imposer ses revendications de faire financer un confort toujours croissant par les autres, ni pour le tiers-état qui n'aurait alors aucun moyen d'atténuer un peu la culpabilité que sa compétence lui impose.
Le clergé peut accorder à l'envi les titres qui siéent à l'intérêt général de ses membres et surtout à ceux de la noblesse de condition : précaire, mère célibataire, chômeur, travailleur pauvre, famille nombreuse, serviteur de l'Etat, autant de titres donnant droit à des avantages sans contrepartie. Il fera financer les droits accordés par ces titres par le tiers-état qui, compte tenu de l'accroissement du nombre de titres, verra la pression fiscale augmenter progressivement, tirant les moins productifs vers la noblesse de condition, poussant les plus productifs à l'exil et laissant les autres à la merci des prochaines exigences de l'intérêt général.
Il se trouve même des membres du tiers-état pour chercher la proximité du clergé, ses faveurs et son appui, sacrifiant une partie de leur liberté pour bénéficier d'avantages que les autres membres du tiers-état paieront. Ces bourgeois, comme les membres du clergé, cherchent à pérenniser l'avantage qu'ils ont, ce qui suppose d'empêcher les autres d'accéder par leur effort à la même situation ; les barrières à l'entrée qui seront érigées contre les uns seront pour les autres une confortable forteresse.
Cet ensemble d'avantages, de droits acquis par la condition et de devoirs acquis par l'effort composent la société française d'aujourd'hui. On sait pourquoi l'Ancien Régime s'est achevé : le tiers-état n'en pouvait plus de financer les privilèges des autres castes. On se demande pourquoi celui-ci s'achèvera : le tiers-état en aura-t-il une nouvelle fois assez, ou les privilégiés se révolteront-ils contre ceux qui financent leurs avantages et ne parviendront plus à répondre à leur appétit toujours croissant ?
Quoi qu'il en soit, le tiers-état, après avoir donné sa sueur, a autrefois donné son sang ; demain, il se contentera de donner son congé.
Hugo et compagnie
L’UMP : produits « avariés » ?
mercredi 12 décembre 2012
François Hollande réussira-t-il à conserver une majorité politique jusqu’à la fin de son quinquennat ?
Harlem Désir, le Premier secrétaire du Parti socialiste, a lancé une pétition en faveur du mariage et de l'adoption pour les couples homosexuels. Comment interprétez-vous ce geste ? S'agit-il d'un moyen de faire pression sur François Hollande qui semble temporiser sur le sujet ?
Comme on l'a vu sur le dossier de Florange ou sur le pacte de compétitivité, François Hollande a choisi une orientation économique sociale libérale. Du coup, est-il obligé de donner des gages à sa majorité sur les questions de société ?
Interrogé sur Europe 1, l'ancien conseillé de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson a jugé que "la base électorale de François Hollande était trop étroite" et que dans ces conditions "une dissolution était de plus en plus probable". Partagez-vous ce point de vue ?
Le président de la République va-t-il néanmoins devoir faire des concessions à l'aile gauche du PS et à ses alliés pour conserver une majorité unie ?
François Bayrou a justement lancé un appel à l'unité nationale. Le Modem peut-il intégrer la majorité ?
Non, Sarkozy n'est pas un conférencier barbu !
L'ancien président et son
conseiller-oracle-politologue préféré étaient tous les deux devant les
caméras mardi. Oh, pas au même endroit, bien sûr. L'un (Patrick Buisson,
la voix cassée comme jamais) était dans un studio d'Europe 1 au micro de Bruce Toussaint
; l'autre (Nicolas Sarkozy, la voix vigoureuse) au micro du Forum
mondial du sport à Doha. C'est un événement. Un double événement. Il
faut bien voir que ni Sarkozy ni son conseiller le plus influent ne
s'étaient exprimés publiquement depuis la défaite. Il est amusant qu'ils
fassent leur première intervention officielle le même jour. D'autant
plus que ce que Buisson a dit à la radio teinte d'une couleur très
politique la prestation de Sarkozy quelques heures plus tard. Le Sarkozy
ragaillardi dont on a vu les images sur le petit écran, celui qui a
soigneusement évité de poser les yeux sur son ex-épouse Cécilia,
présente à quelques mètres de lui, hé bien, ne vous y trompez pas : ce
Sarkozy-là n'est pas un conférencier barbu de trois jours ayant fait le
deuil de la politique, c'est au contraire l'homme qui discute avec
Buisson du fait d'être un "éventuel recours" - c'est ce que Buisson a
raconté.
En quoi est-ce une information ?
On aurait parié que Sarkozy songeait aux moyens de revenir au centre
du jeu politique, bien sûr, mais maintenant on le tient de la bouche du
grand manitou de Sarkozy - ce ne sont plus des spéculations
invérifiables -, et ça change tout. Ce n'est pas comme si Buisson ne
savait pas ce qu'il disait. Depuis sept ans qu'il conseille Sarkozy, les
très, très rares fois où il a consenti à s'exprimer, il a pesé chacun
de ses mots. Or, hier, il est allé loin. C'est bien simple : depuis la
défaite de Sarkozy, aucun de ses proches n'est allé aussi loin. Tous
(interlocuteurs, visiteurs ou amis de Sarkozy) jurent la main sur le
coeur que l'ancien président ne leur fait aucune confidence sur ses
intentions. Et ne voilà-t-il pas que Buisson affirme, en direct et en
esquissant un rictus souriant : "Oui, on en parle." Cette déclaration
survient quelques heures avant que Sarkozy n'arrive sur sa première
estrade publique depuis sept mois. Avant que Sarkozy ne parle de sport
l'air de rien, Buisson avait fait les sous-titres politiques.
Quel est l'état d'esprit de Sarkozy ?
Il est plus calme, mais le détachement, ce n'est pas maintenant. Il
veut se tenir prêt au cas où quelque chose se passerait. Les
"circonstances", comme dit Buisson. Il s'ennuie un peu. Sa capacité à
s'indigner est restée intacte. Il n'en revient pas, a-t-il dit à un ami,
de "l'indulgence des médias devant le mélange des genres" dans
l'affaire des lettres - vous savez, la lettre écrite par François
Hollande et celle écrite par Manuel Valls au tribunal de grande instance
de Paris pour soutenir l'assignation déposée par Valérie Trierweiler
contre les deux auteurs du livre La frondeuse. "Qu'aurait-on dit si c'était moi qui avais osé violer ainsi la séparation des pouvoirs !" peste Sarkozy. Il n'a pas tort.
L'overdose fiscale est en train de provoquer un effondrement de l’économie française
Le retour du clown est peu probable en Italie
Le moment de la renaissance américaine
mardi 11 décembre 2012
Patrick Buisson : "nous sommes dans un scénario inédit, c'est un scandale énorme"
La classe politique regrette l'exil de Depardieu en Belgique
La classe politique française a regretté lundi le choix de Gérard
Depardieu d'élire domicile en Belgique, dans la commune frontalière de
Nechin, réputée pour accueillir des fortunes françaises à la recherche
de cieux fiscaux cléments.
La ministre de l'Écologie Delphine Batho a indiqué que la décision de
l'acteur français ne remettait pas en cause les choix gouvernementaux en
matière d'imposition des plus grandes fortunes, notamment la taxe de
75% sur la tranche des revenus supérieurs à un million d'euros par an.
"Je préfère l'acteur à l'exilé fiscal", a-t-elle dit sur France Inter.
"Quand on a les moyens de bien vivre, je pense qu'on doit contribuer au
redressement des finances publiques."
La Belgique n'impose ni la fortune, ni les plus-values sur la patrimoine
privé, ce qui en fait un havre fiscal pour certains contribuables
français, même si l'imposition des revenus du travail y est beaucoup
plus élevée qu'en France.
Lors du point presse du Parti socialiste, sa porte-parole, Frédérique
Espagnac, a lancé un appel à l'acteur. "J'ai envie de dire à Gérard :
'reviens vite !'", a-t-elle dit.
Le porte-parole du Parti communiste français, Olivier Dartigolles, a de
son côté dit voir dans le départ de Gérard Depardieu, qualifié
d'"insupportable", le syndrome d'une "inquiétante épidémie".
Son annonce fait suite à la décision de la première fortune de France,
le PDG de LVMH Bernard Arnault, de demander la nationalité belge en
septembre. Il avait toutefois précisé à l'époque qu'il resterait
domicilié fiscalement en France.
SYSTÈME FISCAL "DÉCONNECTÉ"
"Sa carrière, n'en déplaise à son talent, il la doit aussi à ses
compatriotes", écrit Olivier Dartigolles dans un communiqué. "En
refusant de payer ses impôts, de participer à la solidarité nationale,
le très oubliable soutien de Nicolas Sarkozy durant la dernière campagne
électorale, entache durablement son image auprès des Français".
Gilbert Collard, député apparenté Front national, a dit que cette décision le "choquait".
"Quand on gagne son argent en France, je crois que c'est quand même
patriotique de rester en France", a-t-il dit sur France 2. "Surtout
venant d'un talent si Français."
Pour l'opposition de droite, la décision de Gérard Depardieu est directement liée à la politique fiscale du gouvernement.
"La France est aujourd'hui finalement le seul grand pays européen qui
observe, par son système fiscal, des délocalisations de fortunes. C'est
regrettable", a dit lors d'un point presse le président proclamé de
l'UMP, Jean-François Copé.
"Je suis pour que l'impôt soit progressif, que plus on gagne d'argent
plus on paye plus d'impôts, c'est tout à fait normal", a-t-il ajouté.
"Mais en même temps, je regrette que nous ayons un système fiscal aussi
déconnecté de ce qu'il est dans des pays comme l'Allemagne, l'Italie ou
la Belgique."
Le bourgmestre (maire) d'Estaimpuis, dont dépend le village de Néchin,
où vivent 2.800 Français, a confirmé dimanche que Gérard Depardieu avait
acquis une maison dans cette petite commune frontalière.
Daniel Senesael a dit à la presse ne pas être "naïf" quant aux
motivations possibles de l'acteur mais a assuré que ce dernier avait eu
"un coup de foudre pour l'aspect paysager de notre entité, sa
convivialité et son bien vivre".
Les idées d’abord
Les patrons de presse français sont-ils tous mauvais ?
La presse française est sous perfusion de l’État, mais certains ne veulent pas voir que c'est là que se trouve la cause de sa déchéance.
Jean Stern, journaliste français auteur d'un livre intitulé Les patrons de la presse nationale tous mauvais était interviewé hier matin sur la RTS (Radio publique suisse).
Stern, qui a étudié son sujet, reconnait que le système de cogestion
entre État-Patrons-Syndicats qui régit la presse en France depuis la
libération est à bout de souffle. Mais savez-vous quel est son
diagnostic ? Ce qui ne va pas c'est qu'on ferme trop de kiosques, et que
les patrons préfèrent investir dans leurs autres activités plutôt que
dans le développement des médias dont ils sont actionnaires. Ainsi la
crise de la presse française, selon Jean Stern, "c'est l'échec du
capitalisme". On croit rêver.
On aurait aimé que les journalistes de l'émission Médialogues
(Thierry Fischer et Mathieu Chevrier) soient moins complaisants, et
signalent au journaliste français que la presse romande se porte bien
mieux que la française. Il y a pas loin d'une dizaine de quotidiens en
Suisse Romande pour seulement un million et demi d'habitants !
Des deux côtés de la frontière, la presse subit la concurrence
d'internet. Alors, pourquoi la presse est-elle dans ce triste état en
France, et va-t-elle mieux en Suisse ?
Une Presse étatisée
La première différence qui saute aux yeux, c'est que la presse
française est sous perfusion de l’État. Et si c'était là la cause de sa
déchéance ?
Pour s'attirer les bonnes grâces des journaux, les gouvernements français successifs accumulent depuis 1945 les aides directes ou indirectes.
Les subventions et autres fonds de soutien représentent au total plus
de 10% du chiffre d'affaires des médias, soit plus d'un milliard d'euros
par an. Sans compter la très controversée niche fiscale
des journalistes, qui peuvent déduire 7.650 euros de leur revenu
imposable. Un tel niveau d'ingérence étatique dans la presse est unique
dans le monde occidental.
Droguée à l'argent public, cette presse n'est plus une industrie
normale, capitaliste. Moins elle vend, plus elle touche de subventions.
Dans une telle situation, ses dirigeants ont davantage intérêt à
consacrer leur énergie à copiner avec les politiques qu'à imaginer les
médias de demain. Les Français, sans connaître nécessairement les
chiffres, savent confusément que le Pouvoir achète la presse. Ils voient
également les relations incestueuses qui existent entre certain(e)s
journalistes et des hommes politiques, et au final se méfient des
journalistes.
De plus, comme l'interviewé de la RTS le soulignait, la presse
française n'est pas tellement intéressée par les faits, et peu capable
de faire des enquêtes sérieuses. C'est surtout une presse d'opinion. Le
problème, c'est que son opinion est uniforme : au-delà des étiquettes de
gauche et de droite, elle est à peu près unanime pour défendre le
système, et particulièrement l’État-Providence qui la nourrit.
Uniformité idéologique
Une presse perçue comme faisant partie du système, dépendante et non
indépendante, qui se limite trop souvent à commenter les dépêches AFP
dans une morne uniformité idéologique : comment voulez-vous que les
lecteurs ne s'en détournent pas ?
Il y a heureusement quelques exceptions, des journalistes libres, de
nouveaux médias fiers de refuser les subventions, parmi lesquels Mediapart ou Contrepoints.
Internet libère la parole et les initiatives. L'influence des
blogueurs, ces journalistes sans carte de presse, ne fait que croître.
Pour que la presse française redresse la barre, il faudrait qu'elle
réapprenne à faire son boulot. Se libérer de la tutelle de l’État.
Rechercher et diffuser de véritables infos, même et surtout quand elles
dérangent. S'affranchir de la pensée unique, et des nombreux tabous qui
vont avec, ces sujets dont on ne doit pas parler ou alors à mots
couverts. Respecter davantage la pluralité des opinions. Innover. Il
faudrait aussi s'inspirer de ce qui marche hors des frontières de
l'hexagone...
La presse de Suisse romande, avec ses petits moyens, est diverse et plutôt innovante. La qualité du Temps tient la comparaison avec celle du Monde, et cet excellent journal genevois a l'avantage d'être moins orienté politiquement. Je lis aussi volontiers la Tribune de Genève, et l'Agefi, un excellent journal économique, libéral (un gros mot en France dans le milieu journalistique). Un journal populaire comme Le Matin
est capable de produire le week-end un contenu d'une richesse
absolument remarquable, dans le format du quotidien et non dans un
format magazine. C'est un régal le week-end.
À bien y réfléchir, il n'y a pas de raison de penser
que les patrons de presse et les journalistes français sont plus
mauvais que les autres.
















