TOUT EST DIT

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samedi 30 juillet 2011

Hulot flingue Europe-Ecologie, mais le parti lui laisse la porte ouverte

Nicolas Hulot l'avait promis : "A l'instant où le candidat ou la candidate sera choisi, je serai dans le constructif et le positif" déclarait-il le 4 juillet au Monde.fr entre les deux tours de la primaire d'Europe Ecologie-Les Verts. Pourtant, quelques jours plus tard, alors que sa défaite face à Eva Joly se dessine précisément, l'initiateur du pacte écologique exprime son amertume vis-à-vis du parti, de ses principaux dirigeants et même des sympathisants dans un entretien au magazine Bretons.


L'entretien a paru vendredi 29 juillet, mais c'est le 10 juillet que Nicolas Hulot a reçu chez lui, à Saint Lunaire, la rédaction du magazine breton. Même si les résultats du second tour des primaires ne sont pas définitifs, il sait alors que les jeux sont faits : sa concurrente, Eva Joly, qui avait frôlé l'élection dès le premier tour, le distance trop largement pour qu'il puisse espérer revenir. A cet échec au terme d'une campagne éclair de trois mois, s'ajoute l'humiliation : la veille, le samedi 9 juillet , lors de la mobilisation contre l'aéroport Notre-Dame-des-Landes, il a reçu sur la tête un plein seau d'épluchures. "Je me suis fait agresser par ce militant" et Eva Joly "n'a pas eu un mot. Si elle avait été malmenée de la sorte, je me serais insurgé dans la seconde. Tout ça n'est pas très noble. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que cela ne donne pas très envie d'y rester” déclare-t-il.
"PRONONCEZ CINQ FOIS LE MOT SARKOZY DANS UN DISCOURS..."
Au sein d'Europe Ecologie-Les Verts, si on reconnaît l'inélégance de l'aggression, on rappelle à la vedette du petit écran la réalité du terrain et de la vie politique :"Nous avons tous déjà été victimes de ce type d'agression" relativise François de Rugy, député écologiste présent sur les lieux. "Les auteurs ne sont pas des militants verts, ce sont des extrémistes qui profitent de ces manifestations pour faire ce genre de coups d'éclat. Eva Joly n'a pas condamné pour ne pas donner plus de relief et plus d'écho à ces actes" justifie-t-il.
Toutefois, la rancoeur du fondateur d'"Ushuaïa" ne frappe pas seulement Eva Joly, mais également de nombreux cadres de la galaxie écologiste : "De Jean-Vincent Placé à Dany Cohn-Bendit, en passant par Cécile Duflot et Noël Mamère, ils n'ont cessé de me demander de les rejoindre. Mamère m'a dit que j'étais le seul candidat possible" poursuit Nicolas Hulot qui, semble-t-il, pensait que la primaire ne serait qu'une formalité. Selon lui, les médias et les militants écologistes ne sont pas exempts de responsabilités dans sa défaite : “Les médias sont conditionnés par la façon traditionnelle de faire de la politique. Les électeurs aussi. Et plus que les électeurs, les militants. Ils aiment les formules, ils aiment les ennemis désignés. Prononcez cinq fois le mot Sarkozy dans un discours : vous provoquez des orgasmes...” ironise-t-il.
QUELLE PLACE POUR HULOT AU SEIN D'EELV ?
Au sein d'EELV, cette nouvelle sortie de Nicolas Hulot est percue comme une maladresse. "On pensait que son point fort c'était la communication, la maîtrise des médias. Cet entretien près de trois semaines après la primaire est la preuve qu'il s'agit finalement de son talon d'Achille", analyse François de Rugy, député écologiste. "Je pense qu'il est plus fragile qu'il n'y paraît. Il n'a pas été exposé au type d'attaques personnelles qui touchent les politiques. La politique est très rude" poursuit Dominique Voynet, sénatrice EELV et maire de Montreuil dans un entretien au JDD.
"Cet entretien a été réalisé trois semaines avant sa publication" indique pour sa part Denis Baupin, soutien de Nicolas Hulot pendant la primaire, laissant entendre que la défaite digérée , l'ancien candidat peut trouver une place au sein d'EELV. Une analyse partagée par Jean-Vincent Placé, membre du bureau de campagne d'Eva Joly, qui bien que directement cité par Nicolas Hulot, ne souhaite pas "polémiquer inutilement". Il déclare d'ailleurs que Nicolas Hulot a "sa place au sein d'EELV". Reste à savoir si Nicolas Hulot est prêt à ne pas être le numéro 1. Le 10 juillet, il pose franchement la question : “Est-ce que j'apporte quelque chose à Europe Écologie ? Si je ne leur apporte pas grand-chose, cela ne sert à rien d'insister. Il vaut mieux que je reprenne une autre forme d'engagement”, déclare-t-il à Bretons.
"ON NE BOUDE PAS EN CAS DE DÉFAITE"
"Une fois l'amertume passée, c'est à Nicolas Hulot de faire savoir ce qu'il veut faire. S' il a le désir et la volonté de poursuivre avec nous, très bien. Si ce n'est pas le cas, il est inutile de s'acharner" tranche François de Rugy, impatienté par les états d'âmes de l'ancien candidat. "En politique, on ne gagne pas chaque campagne, et on ne boude pas en cas de défaite."
Europe Ecologie-Les Verts tiendra, du 18 au 20 Août, ses journées d'été à Clermont-Ferrand. Selon plusieurs élus écologistes, l'occasion sera belle pour Nicolas Hulot de se décider après un long temps de réflexion. La vedette du petit écran est toujours considérée comme un atout au sein d'EELV. "Il faut trouver un mode d'intervention spécifique pour Nicolas dans cette campagne" estime Denis Baupin qui imagine un rôle lui permettant d'exprimer ses qualités sans l'enfermer dans un organigramme politique qu'il abhorre. Toujours selon l'adjoint au maire de Paris, entre l'animateur et les politiques d'EELV il faut jouer "la complémentarité des rôles" et préserver dans la campagne présidentielle "le lien si particulier qui fait de Nicolas Hulot l'écologiste le plus connu et le plus populaire."
MAIS, QU'EST-IL ALLÉ FAIRE DANS CE DRAKKAR ?

Zapatero annonce des élections législatives anticipées en Espagne

Madrid, correspondance - Après plusieurs semaines de rumeurs persistantes dans la presse, de pétitions insistantes de la part de l'opposition et de démentis réguliers du principal intéressé, le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a finalement cédé à la pression ambiante et annoncé,  vendredi 29 juillet à 13 heures, des élections anticipées le 20 novembre.

Selon le président socialiste, cette date a été choisie "pour deux raisons". D'une part, elle lui laisse le temps de boucler, "avant la dissolution des assemblées", certains dossiers en cours, et de voter de nouveaux décrets de réforme visant à accélérer la réduction du déficit public, lesquels seront dévoilés le 19 août lors du prochain conseil des ministres.
D'autre part, elle permettra au nouveau gouvernement "d'être en mesure de prendre toutes les décisions qui lui correspondent pour prendre les rênes du pays au 1er janvier". En clair, M. Zapatero s'évite ainsi le difficile exercice qu'aurait été le vote du budget pour l'année 2012. Difficile car le parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) risquait de manquer de soutien au sein du parlement mais aussi car ce budget devra sans doute prévoir de nouvelles mesures d'austérité pour l'Espagne. Des mesures impopulaires qui auraient pu nuire au candidat socialiste.
Car derrière le choix d'avancer la date des élections, initialement prévues en mars 2012, se cachent également de savants calculs électoraux. Le PSOE a désigné au début du mois son candidat pour prendre la succession de M. Zapatero en la personne de l'ancien vice-président du gouvernement et ministre de l'intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba. Ce dernier a annoncé le 8 juillet sa démission pour se consacrer à une campagne difficile, si ce n'est impossible, l'écart entre les deux partis étant alors de 10 points selon plusieurs sondages.
"CONTEXTE COMPLIQUÉ"
Mais figure politique très appréciée et respectée en Espagne, M. Rubalcaba est parvenu à réduire l'écart de 3 points selon un sondage du Centre d'enquête sociologique (CIS) paru mercredi qui donnent les conservateurs vainqueurs avec 43% des voix. Surfant sur sa réputation de fin stratège et de travailleur infatigable, mais aussi sur le sursaut provoqué au sein des électeurs de gauche par l'écrasante victoire du parti populaire (PP, droite) lors des élections locale du 22 mai, l'ancien ministre de l'intérieur espère remonter les sondages et récupérer les 1,5 million d'électeurs perdus par le PSOE.
Dans cette course, le temps n'est pas forcément un allié, risquant d'éroder le phénomène de nouveauté que représente sa candidature.
Au contraire, M. Zapatero a annoncé les élections anticipées dans un moment clé. La veille, le ministère de l'économie avait annoncé une réduction de 19% du déficit budgétaire par rapport à l'an dernier, confirmant son objectif de réduire à 6% le déficit public à la fin de l'année, contre 9,2% en 2010. Et le matin même les chiffres du chômage offraient une légère trêve, à 20,8%, marquant une augmentation de l'emploi de 0,3%.
C'est ainsi dans un "contexte compliqué" mais après avoir posé "les bases de la récupération économique" que M. Zapatero a estimé que le temps était venu de fixer un calendrier pour les élections législatives.

La justice sous le feu des projecteurs

Affaire DSK, acte V. Après la sidération de l'agression sexuelle d'une femme de chambre noire par le directeur du FMI, après l'opprobre jeté sur un Dominique Strauss-Kahn présumé coupable, les menottes aux poignets devant les caméras, après les révélations ayant remis en cause l'innocence de la victime, après le déclenchement de « l'affaire bis » Tristane Banon, c'est l'heure de la contre-attaque de Nafissatou Diallo et de ses avocats. La discrète employée anonyme du Sofitel a désormais un visage et une voix, depuis son interview sur ABC et dans Newsweek lundi, puis sa première apparition publique devant la presse, hier. La carte de la médiatisation et de la « communautarisation » de l'affaire est jouée depuis le début par son avocat Kenneth Thompson. Après avoir eu pour but de faire exister la victime présumée face à l'une des personnes les plus puissantes de la planète, il s'agit désormais d'atténuer le discrédit jeté sur sa cliente, de faire pression sur le procureur afin qu'il n'abandonne pas les poursuites… voire sans doute de préparer le terrain pour un procès au civil, et sa perspective de forts dommages et intérêts. Le report de l'audience au 23 août laisse en tout cas présager d'autres interventions, d'un camp ou l'autre, dans une affaire qui relève désormais autant du show- business que de la procédure judiciaire. Cette lumière crue projetée sur cette histoire ne participe pas vraiment de la recherche de la vérité. Et la justice risque de finir par se brûler à s'exercer autant sous le feu des projecteurs.

Le rôle du Tea Party dans la crise de la dette américaine

"Aucun vote ce soir." L'annonce de l'un des membres de la direction républicaine de la Chambre des représentants aux Etats-Unis a pris par surprise le Congrès et la Maison Blanche, jeudi 28 juillet, tard dans la soirée. Après des heures de tractations, les républicains de la Chambre, où leur parti est majoritaire, ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur le plan sur la réduction des déficits et le relèvement du plafond de la dette publique proposé par leur chef de file, John Boehner. Un blocage qui, depuis le début des négociatoins houleuses entre l'exécutif et le Congrès, est en grande partie l'œuvre de la frange ultraconservatrice du Parti républicain, le Tea Party. Au point de menacer les Etats-Unis de défaut de paiement si aucun accord n'est trouvé d'ici la date butoir du 2 août.

 Lire notre éclairage Comprendre la crise de la dette américaine
Dans sa dernière version, le texte républicain prévoit une réduction des déficits de 915 milliards de dollars sur dix ans, en échange d'un relèvement du plafond de la dette en deux temps : 900 milliards de dollars d'ici au 2 août, avant un second relèvement, début 2012, en pleine période électorale. Le plan concurrent, des démocrates au Sénat, où ils sont majoritaires, prévoit un relèvement du plafond en un temps et économiserait 2 200 milliards de dollars sur dix ans, selon le Bureau du budget du Congrès américain (CBO), une agence indépendante. Depuis le début, le Sénat démocrate s'oppose au "plan Boehner", qui "n'est rien de plus qu'un gros baiser dégoulinant au Tea Party", selon l'expression de Harry Reid, chef de file démocrate au Sénat.
"LE TEA PARTY S'EST EMPARÉ DU PLAN BOEHNER"
"Si Boehner avait eu les mains libres, il y aurait eu un compromis il y a un bon moment", estime Graham K. Wilson, professeur de science politique à Boston University. Pour la première fois, le Tea Party, jeune mouvement politique qui a pris forme lors des élections de mi-mandat de 2010 dans l'aile droite du Parti républicain, s'impose dans les discussions et les négociations au Congrès.
L'échec du vote à la Chambre prouve d'abord la force numérique du mouvement, même s'il est difficile de déterminer exactement le nombre d'élus républicains qui se reconnaissent dans cette mouvance. Graham Wilson estime que ce chiffre tourne autour de vingt pour cent des élus. Quoi qu'il en soit, leur importance est suffisante pour avoir obligé John Boehner à solliciter les voix du Tea Party, indispensables à la validation de son plan, le poussant, de fil en aiguille, à radicaliser son discours.
"Le Tea Party s'est emparé du plan Boehner", résume George Shambaugh, professeur de science politique à Georgetown University. Résultat : "Il n'y a aucune mention d'une hausse d'impôts, aussi bien dans le plan du Sénat que dans celui de la chambre des représentants." Pour de nombreux experts, la victoire politique du Tea Party est d'avoir réussi à évacuer toute notion de relance économique et d'augmentation des impôts du plan, pour n'y laisser que la réduction des dépenses.
Une ligne résumée, jeudi soir, par Mike Pence, élu républicain de l'Indiana et membre du Tea Party, qui martelait : "Nos objectifs restent les mêmes. Produire une législation sans hausse d'impôts."
LA DETTE, AU CŒUR DE L'IDÉOLOGIE DU TEA PARTY
Au-delà de la lutte contre la mainmise de l'Etat et d'une opposition viscérale à toute hausse des dépenses publiques, l'aile droite du Parti républicain a surtout un cheval de bataille : la dette. Et c'est précisement dans cette bataille que le Tea Party a joué son va-tout : "Ils sont dans une stratégie de quitte ou double", note Charlotte Lepri, chercheuse à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS). A tel point que certains, comme Michele Bachmann, élue du Minnesota et candidate déclarée à la primaire républicaine, affirment ne pas croire au risque d'un défaut de paiement si aucun compromis n'est trouvé d'ici au 2 août.
Au sein de la mouvance, tous ne s'opposent pas au plan de John Boehner. Mais les plus radicaux vont jusqu'à réclamer la tête du président de la Chambre. Les différends au sein même du Parti républicain ont été incarnés par John Boehner et Eric Cantor, numéro deux de la Chambre des représentants et proche du Tea Party. "John Boehner a quitté la table des négociations à cause de cette rivalité, il a fait le calcul de durcir sa position", note George Shambaugh.

Des membres du Tea Party manifestent contre le relèvement du plafond de la dette, à Washington le 27 juillet.
Des membres du Tea Party manifestent contre le relèvement du plafond de la dette, à Washington le 27 juillet. REUTERS/JONATHAN ERNST
Lorsque les Républicains se réuniront de nouveau pour tenter de trouver un terrain d'entente, vendredi, beaucoup auront en tête une autre échéance que celle du 2 août : l'élection présidentielle de 2012. "Les républicains craignent d'être mis à mal [par le Tea Party] pendant les primaires du parti", souligne Graham Wilson, qui estime que c'est pour cette raison qu'ils ne répugnent pas à charmer ces ultraconservateurs.
2012 est également dans l'esprit du Tea Party, dont "les membres sont principalement venus au pouvoir avec l'idée d'évincer Barack Obama", rappelle George Shambaugh. En blocant les négociations sur le plafond de la dette, ils ont réussi à faire vaciller le président, estime M. Wilson. En n'hésitant pas à brandir un éventuel défaut de paiement, ils hypothèquent également "le grand sujet" sur lequel Barack Obama veut bâtir sa campagne de réélection : la baisse du chômage.

vendredi 29 juillet 2011

Le cinéma grec enterre le père de Zorba, Michel Cacoyannis

Le monde du cinéma et de la culture grecs a dit un dernier adieu jeudi au cinéaste chypriote-grec Michel Cacoyannis, réalisateur de "Zorba le Grec", décédé lundi à Athènes à l'âge de 89 ans.

Le compositeur grec Mikis Theodorakis, qui a fait la musique de nombre de ses films était assis au premier rang de l'assemblée lors de la cérémonie célébrée selon le rite orthodoxe dans une église du centre d'Athènes ceinte de couronnes de fleurs blanches envoyées par des personnalités.

"Aujourd'hui nous disons adieu à un grand créateur qui a porté la culture grecque au bout du monde", a dit la ministre de l'Education Anna Diamantopoulou en rendant hommage à son oeuvre cinématographique, mais aussi à son activité en faveur de l'éducation au théâtre et au cinéma via la fondation qu'il avait créée à Athènes, et où il a été enterré.


Des représentants du monde politique grec ou chypriote étaient présents, ainsi que des acteurs ou réalisateurs parmi lesquels Antonis Kafetzopoulos qui a joué dans "l'Académie de Platon", Costas Ferris (Rebetiko), ou Constantin Giannaris (Omiros).

Dimitris Papaïoannou, chorégraphe et réalisateur des cérémonies de l'ouverture et de fermeture des jeux Olympiques d'Athènes en 2004, était également présent.

La grande actrice grecque Irène Papas, qu'il avait révélée dans sa trilogie de tragédies adaptées du théâtre antique (Electre, Iphigénie, Les Troyennes), avait estimé dans la presse que le réalisateur avait rejoint "le grand théâtre des immortels".

Pour sa part le journal Ta Néa soulignait que Michel Cacoyannis, par le succès mondial de son film "Zorba le Grec" en 1964 qui fit la gloire d'Anthony Quinn, "avait fait plus pour la Grèce que n'importe quel bureau de tourisme du monde".

Outre le cinéma et le théâtre, M. Cacoyannis a également été salué pour l'action déterminante qu'il avait eue dans la modernisation du système d'illumination du Parthénon à Athènes.

"Je crains de me réveiller un jour et de ne plus voir le Parthénon sur l'Acropole", disait le cinéaste. "Nous te promettons que nous lutterons tous pour que cela n'arrive jamais", a promis la ministre de l'Education.

Le journal de 07h du 29 juillet 2011
 




Contre le chômage, que faire ?

On parle beaucoup de la dette des États, pas assez du chômage. Or, celui-ci recommence à s'aggraver chez nous, comme le montrent les chiffres récemment publiés : depuis deux mois, le nombre des demandeurs d'emploi augmente à nouveau, retrouvant le niveau de l'an dernier, soit à peu près la moyenne européenne, proche de 10 %.

Toutefois, la moyenne européenne n'est pas très significative, car il y a une très grande disparité selon les pays. Depuis un minimum à peine supérieur à 4 %, aux Pays-Bas, et un maximum de plus de 20 %, en Espagne. Il est bien vrai que cela n'est pas sans rapport avec les niveaux d'endettement des États. Ce sont les plus endettés qui ont les taux de chômage les plus élevés, à savoir la Grèce, l'Irlande, le Portugal et l'Espagne, auxquels il faudrait ajouter plusieurs pays d'Europe centrale. À l'inverse, l'Allemagne, qui a fortement réduit ses déficits, affiche un taux de chômage modéré, 6 %, soit un tiers de moins que la France, avec il est vrai une population en diminution.

La lutte contre les déficits et le recul de la dette publique ne sont donc pas incompatibles avec la lutte contre le chômage, contrairement aux thèses complaisamment affichées par certains experts. Il faut donc s'y employer.

Mais que faire d'autre pour que ce mal social recule durablement ? Si l'on s'inspire des politiques conduites dans les pays où le chômage est le plus faible, trois outils paraissent efficaces : la modération salariale (mais c'est bien le cas en France, aussi), le recours au chômage partiel plutôt qu'au licenciement et l'apprentissage pour insérer les jeunes dans le monde du travail. Ces deux dernières politiques pourraient être plus développées chez nous, bien que le gouvernement les encourage déjà. Elles ont produit des effets réels outre-Rhin où le chômage partiel a permis de sauver plus d'un million d'emplois et où l'apprentissage concerne trois fois plus de jeunes qu'en France.

Les nouveaux moteursde la croissance

Naturellement, le taux de croissance joue un rôle déterminant dans la lutte pour l'emploi. Il tourne actuellement autour de 2 % l'an, en France. Ce qui est insuffisant pour créer beaucoup d'emplois. Toutefois, l'évolution de notre démographie peut paraître plus favorable qu'il y a vingt ans, avec le départ à la retraite des classes nombreuses nées après-guerre et l'arrivée à l'âge de travailler des classes plus creuses de la fin du XXe siècle.

Mais où seront les moteurs de la croissance économique dans notre nouveau XXIe siècle ? Celui-ci sera dominé par une transition entre deux types de développement : celui du XXe siècle fondé sur l'industrialisation du monde occidental et celui du XXIe siècle qui dépendra de l'industrialisation du reste du monde, de l'exploitation des nouvelles technologies et de la lutte pour économiser la nature et la protéger de l'asphyxie.

C'est de notre capacité à investir dans ces nouveaux moteurs du développement que dépendront notre croissance et nos emplois. Il nous faudra vendre de plus en plus en Asie et en Afrique ; explorer toutes les promesses de l'informatique, des biotechnologies et des nanotechnologies ; remplacer les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon). Inutile donc de vitupérer conte la mondialisation et contre le progrès technique. D'eux dépend l'avenir de l'emploi.

Les cinq faiblesses du plan grec

Insuffisant. Tel est le verdict des marchés, une semaine après l'accord européen pour sauver la Grèce et stopper la contagion de la crise de la dette en Europe. Passage en revue des problèmes du nouveau plan.

L'accalmie aura été de courte durée. Une semaine tout juste après le sommet européen qui devait stopper la crise en aidant la Grèce, les marchés retombent dans la méfiance. Le plan de 109 milliards d'euros, qui devait agir comme un calmant, ne fait plus effet. «Certes, la Grèce se porte un peu mieux qu'avant le sommet. Mais mercredi l'écart entre les taux d'intérêt grec et allemand, la référence, s'est creusé. Encore un jour ou deux comme celui-ci et le pays se retrouvera dans une situation pire qu'avant», relève Paul Donovan, économiste chez UBS.
Tant redoutée, la contagion de la crise aux autres pays fragiles (Espagne, Italie) n'a pas été stoppée. Leurs taux ont continué à grimper et les investisseurs s'interrogent sur les limites du plan présenté jeudi dernier.

Des imprécisions

Pour la première fois, les investisseurs vont être fortement incités à participer à l'effort de sauvetage de la Grèce. Problème: les marchés manquent des détails nécessaires pour évaluer combien le secteur financier va perdre à ce jeu-là. «Les institutions financières sont supposées avoir le choix entre trois solutions, mais celles-ci ne sont pas détaillées dans la déclaration européenne de jeudi dernier», s'étonne Justin Knight, responsable taux pour la zone euro chez UBS. Le lobby bancaire, l'Institut de la finance internationale, qui a participé aux négociations, estime les pertes probables pour le secteur à environ 20% des montants investis dans la dette grecque.

Un fonctionnement lent et laborieux

Les dirigeants européens ont décidé de mettre plus d'outils à la disposition du Fonds européen de stabilité financière (FESF), le mécanisme chargé de venir en aide aux États en difficulté. Ce dernier, qui ne pouvait que prêter aux États, pourra dorénavant acheter de la dette de ces pays s'ils sont attaqués par les marchés. Une telle action demande une grande réactivité. Or, le FESF devra attendre d'obtenir l'accord unanime des États membres avant d'agir. «C'est un peu comme si un conseil municipal devait se réunir à chaque fois avant d'envoyer les pompiers éteindre un incendie», s'inquiètent les analyses d'ING, qui auraient souhaité un fonctionnement plus flexible.

Pas assez de moyens

Le FESF pourrait en outre ne pas avoir les moyens d'exercer ses nouveaux pouvoirs. Laurence Boone, économiste zone euro chez Bank of America Merril Lynch, estime qu'il faudrait 290 milliards d'euros pour défendre l'Italie et l'Espagne s'ils étaient attaqués par les marchés. Or, il n'a que 220 milliards d'euros à disposition. «Le manque de moyens risque d'amputer l'efficacité du Fonds», en conclut l'économiste. Un membre de la Banque centrale européenne (BCE) a estimé qu'il faudrait augmenter l'enveloppe du FESF jusqu'à 1000 milliards d'euros. Les économistes du centre d'étude européen CEPS estiment pour leur part le besoin à 4000 milliards d'euros.

Pas assez généreux pour la Grèce

Les dirigeants européens ont assoupli les conditions auxquelles ils accordent des prêts à la Grèce, au Portugal et à l'Irlande. Les durées de remboursement ont été allongées et le taux d'intérêt a été abaissé à 3,5%. Insuffisant, selon les analystes de Nomura: «Le taux d'intérêt moyen sur la dette grecque devrait être sous les 3% pour lui permettre d'atteindre ses objectifs de réduction de sa dette à horizon 2031, à savoir la faire passer sous la barre des 90% du produit intérieur brut (PIB)». L'agence de notation Standard & Poor's estime en conséquence qu'une nouvelle restructuration de la dette grecque sera nécessaire dans les deux ans.

Pas assez d'intégration

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, l'a reconnu lui-même mercredi: le sommet ne signe pas la fin de la crise européenne de la dette. «Une union économique plus profonde, incluant des émissions de dette titres de dette européens, est nécessaire avant que l'on puisse déclarer vaincue la crise de le dette en zone euro», estime Michala Marcussen, chef économiste chez Société générale CIB.
Au final, «une institution supranationale avec de vrais pouvoirs pour limiter les déficits publics est indispensable», tranche ING. C'est le rêve de Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne sur le départ: un ministre des Finances européen qui pourrait faire respecter la rigueur budgétaire, au-dessus des États. En attendant une telle réforme, les économistes prévoient de nouvelles montées de fièvre, jusqu'à ce que le remède approprié soit apporté.

Faut-il abattre les loups pour protéger les troupeaux ?

Comme tous les soirs, Yves Derbez regroupe ses 250 brebis et 350 agneaux en parc de nuit. Ce 15 juillet, l'éleveur du Martinet, dans la vallée de l'Ubaye (Alpes-de-Haute-Provence), est serein : le temps est clair, la clôture de protection électrifiée est installée et la chienne de garde veille au grain. Sans compter qu'aucune attaque n'a été signalée dans les environs depuis le début de l'année.

Mais le lendemain, au petit matin, le quotidien vire au cauchemar : 69 bêtes, dépecées, gisent au sol, non loin de la chienne, blessée et traumatisée. "Un massacre, dit, la gorge serrée, l'éleveur de 54 ans. Je me sens très mal, je ne dors plus : c'est un choc tant économique qu'émotionnel. J'en ai pris pour dix ans."
La semaine suivante, c'est dans le village voisin d'Enchastrayes qu'une seconde attaque de loup fait 104 victimes, dans un groupement pastoral formé par six éleveurs. La technique est toujours la même : le prédateur, intelligent et opportuniste, tourne longtemps autour des bêtes. Il excite le chien, qui dort dans l'enclos, et effraie les brebis jusqu'à ce que, terrorisées, elles finissent par défoncer elles-mêmes les filets électriques et s'offrir en pâture.
ALLÈGEMENT DES RÈGLES D'ABATTAGE
Suite à ces assauts, la ministre de l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a reçu, mercredi 27 juillet, une délégation de députés, d'élus et de représentants des éleveurs locaux. "On ne part pas à la chasse au loup. Mais la pression sur les élevages est telle que je crois qu'on peut s'organiser pour la faire baisser", a-t-elle déclaré à l'issue de la réunion.
La ministre a proposé une solution, qui sera examinée au cours d'un comité national "Loup" qui se tiendra fin août : la mise en place d'un "arrêté de défense automatique qu'on prendrait à l'année sur toutes les zones attaquées l'année précédente". Concrètement, les éleveurs pourraient abattre les loups dès les premières attaques, sans autre procédure, afin de défendre leurs troupeaux. Aujourd'hui, au contraire, ces tirs de défense ne sont autorisés qu'après un arrêté préfectoral, délivré dans un délai minimum de quinze jours après le constat des attaques.
LA POPULATION DE LOUPS CROÎT
Car les loups font partie des espèces protégées, à la fois par la Convention de Berne de 1979 et par la directive Habitat-faune-flore de 1992. Grâce à ces lois protectrices, le prédateur, réapparu en France en 1992 après avoir disparu dans les années 1930 du fait de la chasse et de la destruction de son habitat, a vu sa population croître progressivement.
On en dénombre aujourd'hui 190, répartis sur neuf départements, essentiellement dans les Alpes, contre seulement deux spécimens il y a vingt ans. "Les loups sont en train de recoloniser l'Hexagone, avec un taux de croissance qui tourne autour de 15 % par an. Ce phénomène est le même à l'échelle de l'Europe, grâce aux protections dont ils font l'objet et au développement des forêts", explique Eric Marboutin, responsable des études sur les loups et les lynx à l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), l'organisme qui effectue les comptages scientifiques.
Si, en France, les loups gris restent toujours classés dans la catégorie "vulnérables" de la liste rouge des espèces menacées établie par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la croissance de la population est suivie de près par l'Etat, qui autorise chaque année des tirs de prélèvement. Dans le jargon, cela signifie que des loups sont tués, loin des troupeaux d'ovins, par des chasseurs ou éleveurs titulaires d'un permis de chasse. Pour l'année 2010-2011, le nombre de loups qui peuvent être "prélevés" a été fixé à six, au maximum, à l'échelle de la France. Mais le ministère de l'écologie a annoncé mercredi que ce quota pourra être revu chaque année en fonction de la population estimée, du rythme de son accroissement et des dégâts occasionnés.
RECRUDESCENCE DES ATTAQUES
Qui dit croissance de l'espèce dit augmentation des attaques. Au 25 juillet 2011, 583 ont été recensées, provoquant la mort de 2 115 moutons, soit une augmentation d'environ 25 % des assauts et de 18 % des pertes par rapport à 2010. Près de la moitié de ces attaques (272) ont été enregistrées dans les Alpes-Maritimes et le Var, mais les Alpes-de-Haute-Provence ont payé le plus lourd tribut (431 ovins tués).
Exaspérés, les éleveurs ont alors décidé de se rassembler et de s'organiser. Née au printemps dernier, l'association Eleveurs et montagnes rassemble déjà près de un millier d'agriculteurs. "Nous allons veiller à ce que les engagements du ministère de l'écologie soient appliqués l'an prochain. Dans le cas contraire, nous organiserons des manifestations", assure Yves Derbez, son président. Dans les Pyrénées, c'est l'association Ariège ruralité, qui regroupe des exploitants agricoles, éleveurs et chasseurs, qui dénonce depuis le début de l'année les menaces entraînées par tous les grands prédateurs, au premier plan desquels figurent l'ours et le loup.
"Travailler quotidiennement sans relâche pour voir son cheptel décimé, ce n'est pas une vie. Certains éleveurs commencent à jeter l'éponge tandis que des jeunes ne veulent plus reprendre les exploitations", se désespère Yves Derbez, comme d'autres éleveurs déjà durement touchés par les crises agricoles qui se sont succédées, de la flambée des prix de la nourriture du bétail à la sécheresse qui a détruit les pâturages. "Si l'on ne relâche pas la pression, c'est la fin du pastoralisme", prédit-il.
LA BIODIVERSITÉ MENACÉE
Or, les ovins sont nécessaires à l'écosystème des régions. "S'il n'y a plus de moutons en alpage, ce sont 300 à 400 espèces végétales et animales qui disparaîtront en une dizaine d'années", estime le Centre d'études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée (Cerpam).
Mais, de la même façon, la disparition du loup entraînerait aussi une menace pour la biodiversité. "Il est hors de question de commencer la chasse au loup. Tout dépendra de l'encadrement prévu par les nouvelles règles d'abattage proposées par le ministère. Mais le risque est que les éleveurs puissent tuer davantage de loups que le quota de prélèvements, menaçant ainsi l'espèce, s'inquiète Jean-François Darmstaedter, secrétaire général de Ferus, association de protection des loups. Sans compter qu'en tuant un loup, l'on risque d'éliminer un individu majeur de la meute et d'augmenter les attaques."
Le loup est par ailleurs considéré comme un régulateur écologique. "En s'attaquant d'abord aux animaux malades ou plus faibles, il contribue à la bonne santé d'une espèce et peut éviter des épidémies. Il aide par ailleurs à réguler les surplus de jeunes sangliers ou cervidés, qui peuvent menacer les forêts", développe Jean-François Darmstaedter.
FAIRE COHABITER LOUPS ET BREBIS
Alors, comment faire cohabiter loups et brebis pour le bien de la biodiversité dans son ensemble ? La clé, c'est l'homme, estiment à la fois les éleveurs et les associations écologistes. "Le berger doit surveiller son troupeau chaque nuit, avec l'aide de plusieurs chiens, pour effaroucher les loups et éviter toute attaque", assure Jean-François Darmstaedter. "A moins d'être enragés, ce qui n'est plus le cas en France depuis des années, les loups n'attaquent pas l'homme", confirme Eric Marboutin, de l'ONCFS.
Preuve que cette cohabitation est possible, en Roumanie, où vivent 2 500 loups, en Espagne (2 000 spécimens) et en Italie (entre 500 et 800), les attaques de cheptel sont très rares et celles d'hommes inexistantes. "Mais il est vrai que la main-d'œuvre roumaine est davantage bon marché que la française, concède Jean-François Darmstaedter. Les troupeaux de brebis sont souvent gardés jour et nuit par dix bergers et dix chiens de protection."
"Nous ne pouvons pas travailler vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, pour garder nos bêtes. Et embaucher coûte souvent trop cher", rétorque Yves Derbez. Pour Ferus, le gouvernement doit donc mettre la main à la poche. "L'Etat s'est engagé à assurer la réintégration des loups en France. Il doit donc soutenir, par des aides conséquentes, les bergers dans les zones à loups", livre Jean-François Darmstaedter. Pour l'exemple, des bénévoles de l'association assistent les éleveurs et gardent leur cheptel la nuit, pendant de courtes périodes.

COMME TOUJOURS, LES BERGERS NE VEULENT PAS FAIRE LEUR TRAVAIL DE BERGER, ALORS ILS ÉLIMINENT LA MENACE (fausse). 
DOIT-ON NATIONALISER LA GARDE DES BREBIS ? 

L'ISS, de l'espace aux abysses

La Station spatiale internationale (ISS), actuellement en orbite autour du Globe, devra être redescendue vers la Terre pour s'abîmer en mer à la fin de son cycle de vie, après 2020, annonce l'agence spatiale russe.
 C'est une fin assez prévisible. La Station spatiale internationale (ISS), actuellement en orbite autour du Globe, devrait être redescendue vers la Terre pour s'abîmer en mer à la fin de son cycle de vie. Toutefois, ce n'est pas pour demain, précise l'Agence spatiale russe Roskosmos qui envisage une rentrée dans l'atmosphère terrestre après 2020.
 Mais pourquoi ne pas la laisser en orbite ? "Nous nous sommes mis d'accord avec nos partenaires sur le fait que la station sera exploitée jusqu'aux alentours de 2020. On ne peut pas la laisser en orbite: la station est un objet très lourd et complexe qui risque de produire beaucoup de déchets", explique le responsable de l'agence russe. L'ISS rejoindra alors le destin de la station orbitale Mir, abandonnée par les Russes en 2001 en raison de sa vétusté, après avoir été le symbole depuis 1986 des succès du secteur spatial soviétique.
Les Russes s'étaient ensuite alliés aux Occidentaux pour construire à partir de 1998 l'ISS, la plus grande structure jamais réalisée dans l'espace. Ces installations (modules, panneaux solaires) s'étendent sur environ 108 m de long et 88 m de large. Seize pays ont participé à sa construction, notamment les Etats-Unis, la Russie, le Japon, le Canada et le Brésil, ainsi que 11 pays européens, parmi lesquels la France.
Financée en grande partie par les Etats-Unis, l'ISS est occupée en permanence depuis novembre 2000 par des équipages conjoints, essentiellement russes et américains, qui se relaient tous les quatre à six mois. L'ISS est en orbite à une altitude d'environ 350 kilomètres au-dessus de la Terre et effectue un tour complet de la planète toutes les 90 minutes à la vitesse de 28.000 km/h.

« Démocratie », « ouverture », « tolérance »… Conséquences !

Après le massacre du 22 juillet, le Premier ministre norvégien, Fabian Stang, répondant aux questions d’une journaliste du Monde, déclare : « On punira le tueur en réagissant avec plus de tolérance et de démocratie. » C’est au nom de cette « douce démocratie », toujours plus extrémiste dans son ouverture, sa tolérance et sa « douceur », que le gouvernement social-démocrate norvégien a réduit sa police de façon minimaliste. Et l’a de surcroît désarmée, lui ôtant ainsi la possibilité de défendre efficacement, en cas de besoin et d’urgence, la vie de ses citoyens. « La mairie d’Oslo : un lieu symbolique de la douce démocratie scandinave. Pour entrer dans le bâtiment de la capitale norvégienne où est remis chaque année le prix Nobel de la paix, on ne vous demande aucun document d’identité. On ne passe aucun portail de sécurité. » Du rousseauisme nordique. Mais les conséquences de cette transparence démocratique, sans cran de sûreté, peuvent aussi se traduire par la possibilité pour un tueur fou de trucider ses compatriotes durant une heure et demie, sans subir lui non plus la moindre contrainte. Les jeunes victimes de ce carnage auraient sans doute préféré un peu moins de naïveté dans leur démocratie et une police un peu plus présente et vigilante, capable d’abréger le plus rapidement possible la folie exterminatrice du dément… « La police n’a commis aucune erreur », la défend contre les critiques M. Fabian Stang. Et il a raison : l’absence et la déficience de la police n’a, même s’il elles ont eu des conséquences mortelles, ne font que refléter l’extrême pacifisme prôné par le gouvernement. En place .

En France aussi

Cela dit, la police française est certes plus nombreuse. Mais si elle possède des armes elle est néanmoins tout aussi idéologiquement paralysée par les mêmes exigences démocratiques de plus en plus extrêmes qui animent aussi chez nous magistrats et responsables politiques. Ces derniers font encore parfois des discours ayant une apparence de fermeté, mais celle-ci est surtout destinée à faire oublier au bon peuple les effets désastreux de cette impuissance démocratique qui affaiblit aussi notre société. Notre police n’est même plus capable de contrôler et contenir la multitude de vendeurs à la sauvette déferlant d’Afrique. Ces derniers, tels des criquets, envahissent nos rues et cités touristiques. Le Figaro de mercredi expliquait à ses lecteurs : « La police tente d’endiguer ce phénomène en expansion dans les grandes villes, mais la justice, débordée, ne suit pas. » Des immigrés clandestins qui, selon un préfet, « ne comprennent même plus pourquoi la police vient leur réclamer des comptes, alors que la justice les relâche ». Des juges à l’heure norvégienne et européenne. Conséquences : les vendeurs à la sauvette ne se laissent évidemment plus intimider par ces policiers dépourvus de toute autorité. « Nous avons désormais à gérer des clandestins vindicatifs qui se regroupent à trente ou cinquante, dès qu’ils voient que nous risquons de confisquer leur marchandise, la seule sanction qu’ils redoutent vraiment. » Un kiosquier du XVIe arrondissement explique les conséquences économiques, pour lui et ses confrères, d’une telle impéritie : « Pour diffuser des produits touristiques, je dois reverser 8 % de mon chiffre d’affaires à la ville. Résultat : je ne vends presque plus rien. Ces gens ont débarqué en force dans le quartier comme par enchantement. Et voici qu’ils proposent des objets en toc, des friandises souvent avariées et des boissons dont on ne sait même pas la provenance. » Pour ces illégaux venus d’Afrique : « Y a bon l’ouverture démocratique. » Elle leur assure l’impunité…

Où sont les Roms ?

Mercredi 27 juillet marquait justement le premier anniversaire du fameux discours que Nicolas Sarkozy avait prononcé l’année dernière à Grenoble. « La règle générale est claire, les clandestins doivent être reconduits dans leur pays. C’est dans cet esprit que j’ai demandé au ministre de l’Intérieur de mettre un terme à l’implantation sauvage de camps de Roms », avait-il proclamé, soulevant l’indignation de la gauche et des médias. Et l’ire de la commission européenne de la justice et des Droits fondamentaux, dont sa présidente, la luxembourgeoise Viviane Reding, accusa le gouvernement français de « stigmatiser les Roms » proférant même une comparaison avec le régime hitlérien. Et en définitive beaucoup de bruit pour rien. Absolument rien. Un an après, les campements Roms sont toujours là. Ceux qui, durant une opération Potemkine, avaient été démantelés devant les caméras, se sont aussitôt reconstruit quelques centaines de mètres plus loin. « La politique gouvernementale n’a rempli aucun de ses objectifs proclamés » se félicitent aujourd’hui les lobbies pro immigrés. Quant aux 9 500 Roms expulsés dont s’était targué en début d’année le ministre de l’Intérieur, ceux-ci, après avoir empoché leur viatique de départ (300 euros), sont évidemment revenus dès le mois suivant, souvent accompagnés de quelques cousins ou amis : Français, « Les voleurs de poules » et « leurs grosses cylindrés » vous saluent bien ! Vive l’ouverture et la tolérance démocratique…

Et gare aux récalcitrants ! L’eurodéputée Hélène Flautre, chef de la délégation Europe-Ecologie-les Verts au Parlement européen, nous prévient « La France reste sous surveillance de l’Europe ». Du haut de ses miradors démocratiques l’UE nous surveille ! « Ami entends-tu les cris sourds d’un pays qu’on enchaîne… ».

Un looser qui voulait faire parler de lui

Revenons à l’interview de Fabian Stang ; à la question « Le tueur est-il le produit d’un contexte politique européen ? » il répond honnêtement : « Ce type est un fou. Ni la Norvège, ni le contexte politique ne peuvent suffire à l’expliquer. (…) Le rapport de 1 500 pages du tireur est un fourre-tout. L’immigration et la menace de l’invasion musulmane sont ses obsessions, mais (…) le contexte politique ne lui fournit que des mots. C’est d’abord un looser qui se cherche une raison d’exister. Même sans immigrants il aurait trouvé d’autres ennemis, une autre chose pour agir. ».

Le criminologue Xavier Raufer compare Anders Behring Breivik à l’éco-terroriste et « loup solitaire » américain Theodor Kaczynski. « Surnommé Unabomber, il fût arrêté en Avril 1996 après avoir, 18 ans durant, envoyé des colis piégés (3 morts, 15 blessés) à des « ennemis de la nature ». L’écologie d’un côté, l’immigration de l’autre… Deux prétextes pour habiller une même folie meurtrière. Mais cela n’empêche pas chez nous les organisations et la presse de gauche, sachant cela, de tenter d’incriminer la responsabilité morale de la droite nationale dans ce massacre. En toute tolérance et mauvaise foi démocratique, bien sûr…

jeudi 28 juillet 2011

Le PS demande à Copé de "dissoudre" la Droite populaire

Harlem Désir, patron par intérim du PS, accuse le collectif de députés UMP de "faire un pont" avec l'extrême droite en "jouant avec les thèmes du pire".
Le secrétaire général du PS par intérim Harlem Désir a demandé jeudi au patron de l'UMP de dissoudre le collectif Droite populaire, qu'il accuse de "faire un pont" avec l'extrême droite en "jouant avec les thèmes du pire". 
"Je crois qu'il faut une clarification, je lui demande de mettre les choses au clair et donc de dissoudre ce groupe de la Droite populaire", a déclaré Harlem Désir, en marge d'un déplacement dans le Var. 
Selon lui, ce collectif composé d'une quarantaine de députés UMP incarnant la droite du parti majoritaire "instaure une véritable passerelle, un pont permanent entre l'UMP et l'extrême droite". 
Pour Harlem Désir, ce groupe "joue avec les thèmes les pires", comme "la peur de l'étranger, la peur de l'islam, en organisant jusqu'à cette opération saucisson vin rouge dans l'enceinte même de l'Assemblée nationale". 
"Il faut arrêter la banalisation des idées de l'extrême droite au sein de la droite républicaine", a poursuivi celui qui remplace à la tête du PS Martine Aubry, en congés pour cause de primaire. Il a accusé Jean-François Copé de "double jeu, de double langage, où d'un côté on prétend continuer à représenter les valeurs de la République, et de l'autre côté, on joue avec le feu en entretenant au sein même de l'UMP une coalition" comme celle-là. 
Le MRAP s'en est violemment pris à la Droite populaire après les attaques d'Oslo, revendiquées par un homme se déclarant en guerre contre l'islam, accusant le collectif de faire "souffler un vent mauvais sur la démocratie", au même titre que le Front national. 

CE CRÉTIN PREND SES "DÉSIRS" POUR LA RÉALITÉ !

Le compte à rebours a commencé

Dans un an, la République de Chypre prendra la présidence tournante de l'UE. D'ici là, la partie turque et la Turquie veulent obtenir un règlement de la division de l'île, sous peine de cesser leurs discussions avec l'Europe. 

Álvaro de Soto, ancien conseiller spécial du secrétaire général de l'ONU pour Chypre, l'a comparé à "un coffre à quatre cadenas, dont les clés doivent être tournées en même temps" pour être ouvert. Le problème chypriote (le plus ancien conflit en Europe, datant de 1974) se rapproche à grand pas de son dénouement. La Grèce, la Turquie et la République turque de Chypre du Nord (RTCN) ont convenu que les négociations concernant la réunification devaient parvenir à un résultat avant octobre.
Reste à résoudre les positions de la République de Chypre et les intérêts de l'Union Européenne. 
Les Chypriotes turcs sont cependant persuadés que l'UE utilise la question de la réunification de Chypre comme prétexte pour bloquer les négociations d'adhésion de la Turquie.
Récemment, Ankara a durci sa position. Le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoğlu et le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan ont menacé de boycotter l'ensemble de l'UE si c'est une Chypre encore divisée qui devait assumer la présidence de l'UE à partir de juillet 2012. La Turquie ne peut accepter que le problème chypriote continue d'être un obstacle aux négociations avec l'UE. "Il n'y a aucune raison ou justification ethnique pour laisser le Nord de côté", a menacé Davutoğlu.
Le conflit chypriote est peut-être aussi compliqué que le conflit israélo-palestinien. Depuis 37 ans, les deux parties de l'île sont bien délimitées et gardées par les armées turque et grecque. Au milieu, les soldats de l'ONU. Plus deux bases souveraines britanniques. Bien que ni la Grèce ni la Turquie ne s'opposent plus à la réunification et que l'ONU ait menacé de retirer ses troupes, dont les frais de stationnement s'élèvent à plus de 57 millions de dollars (40 millions d'euros) par an, les négociations sont dans l'impasse.
En 2004, lorsque l'île aurait pu entrer unie dans l'UE, les Chypriotes grecs ont rejeté le référendum sur la réunification. Malgré les promesses de l'UE, la partie turque est encore soumise à des embargos et aucun avion ne peut atterrir, à moins qu'il vienne de Turquie. L'économie de cette partie de l'île est maintenue en vie par Ankara (290 millions d'euros par an). 


Les jeunes ne sont pas nostalgiques

Les deux parties n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur le type de gouvernement (la formule proposée par l'ONU étant celle d'un Etat fédéral avec deux administrations, mais un seul gouvernement fédéral), la division territoriale, la question de la restitution des biens des réfugiés des deux côtés suivant l'intervention de 1974. Tout accord devra être confirmé par des référendums des deux côtés. Et les Chypriotes grecs semblent de moins en moins disposés à dire "oui" à la réunification. Il y a de plus en plus de jeunes dans le pays, qui n'ont pas la nostalgie d'une quelconque propriété perdue jadis lors de la division de l'île.
Ainsi, le temps travaille contre la réunification. 
Après l'intervention militaire turque de 1974 (destinée à empêcher la junte militaire grecque d'annexer Chypre) et après le carnage dans les deux camps, l'île fut divisée en deux, avec un mur de séparation passant par le centre-ville de la capitale Nicosie (Lefkoşa en turc). Il s'ensuit, selon la résolution de l'ONU, l'échange de population. Les Chypriotes turcs vivant dans le sud ont été forcés de quitter leurs maisons et de déménager vers le Nord, et les Chypriotes grecs vivant dans le nord ont du gagner le Sud. La question de ces propriétés abandonnées sous la contrainte reste l'un des plus grands problèmes sur le chemin de la réunification.
Existe-t-il un "plan B" ? Très probablement, la reconnaissance par l'ONU en tant qu'Etat. "Nous voulons être reconnus par la communauté internationale. Si les Chypriotes grecs persistent dans leur intransigeance, nous entreprendrons d'autres démarches", soutient Hüseyin Özgürgün, ministre des Affaires étrangères de RTCN, qui avoue avoir déjà envoyé des émissaires en Suède, Norvège et Bruxelles.
La réunification de l'île sous la forme d'un Etat fédéral est la meilleure solution pour Chypre, a déclaré à Adevărul le ministre des Affaires étrangères de la République de Chypre, Markos Kyprianou. "Le commerce direct avec le Nord n'est pas légal, car il constituerait une violation de l'acquis communautaire. On ne peut pas prendre de décisions dans l'UE sur des questions nationales chypriotes, sans avoir le consentement des deux parties. Je ne pense pas que les pays membres désirent créer un tel précédent dans l'espace communautaire".

La dette américaine crève le plafond

Si la question de l'endettement et de la « règle d'or » sont en train de devenir l'argument politique du moment en France, cela fait quelques semaines que la dette publique joue ce même rôle aux Etats-Unis. De manière nettement plus cruciale. À cinq jours de l'échéance fixée par le Trésor, la perspective d'un défaut de paiement américain commence même à prendre une consistance inquiétante. Si le 2 août aucun accord n'est trouvé entre la Maison Blanche et les républicains, l'État fédéral se trouverait dans l'incapacité de régler ses factures, la crédibilité économique du pays serait atteinte - et sanctionnée par les agences de notation - et l'onde de choc pourrait provoquer des conséquences graves sur une économie mondiale déjà bien mal en point. Sur le fond, Barack Obama a déjà largement cédé face aux républicains, en matière de coupes franches dans les budgets sociaux. Et démocrates et républicains s'opposent moins sur le principe d'un relèvement du plafond de la dette que sur les mesures de réduction des dépenses qui doivent l'accompagner. Le président américain plaide pour un relèvement de grande ampleur immédiat et une hausse de la fiscalité des plus riches ; l'opposition républicaine - sous pression droitière du Tea Party - ne veut entendre parler que de réductions des dépenses publiques et différer la fin du relèvement à 2012... en pleine campagne présidentielle. Ici aussi, idéologie et tactique politicienne jouent à plein. Le coup de bluff pourrait se terminer par un compromis de dernière minute. Mais en attendant, la partie de poker engage une partie de l'avenir de la planète.

France - USA : je t'aime, moi non plus

« L'affaire DSK » aurait-elle recréé des fractures nouvelles entre la France et les États-Unis, fractures plus qu'atténuées au cours des dernières années ? En France, l'élection de Barack Obama avait profondément amélioré l'image de l'Amérique, après la période difficile de l'administration Bush. Aux États-Unis aussi, l'image de la France s'était améliorée avec la venue au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Pour Washington, « Sarkozy l'Américain » ¯ formule que le nouveau président français n'hésitait pas à utiliser ¯ était aussi beaucoup plus « atlantiste » que ses prédécesseurs.

Mais aujourd'hui, chaque pays semble retrouver « un doute existentiel » à l'égard de l'autre. Pour les Français, l'Amérique est-elle un pays vraiment civilisé, compte tenu de la « brutalité » de sa justice et de sa police ? Pour les Américains, la France est-elle un pays vraiment démocratique, compte tenu de l'autocensure de certain de ses médias à l'égard du comportement de ses grands et du laxisme incestueux de certaines de ses élites ? L'Amérique est-elle bien le pays de la liberté ? La France est-elle bien celui de l'égalité ?

Le fait que des cicatrices puissent se rouvrir ainsi à la première occasion sérieuse est significatif de la fragilité psychologique des relations entre la France et les États-Unis. Une fragilité d'autant plus grande que les deux pays traversent une zone de turbulence financière, économique et sociale plus que sérieuse. Plus l'on doute de soi, plus la tentation est grande de critiquer l'autre.

Nous sommes unifiés, désormais, par l'ampleur de nos dettes, l'enlisement de notre « aventure afghane », la montée de mouvements populistes au sein de nos sociétés divisées sur ce qui doit être fait pour faire face aux défis du présent. En 2012, Nicolas Sarkozy puis Barack Obama se retrouveront tous les deux aussi devant le jugement de leurs électorats respectifs.

De manière plus fondamentale, nos deux pays se voient contraints de repenser leur statut dans le monde face à la montée de la Chine et des pays émergents. L'Amérique n'a tout simplement plus les moyens financiers de ses responsabilités mondiales traditionnelles. Et ce qui est vrai pour l'Amérique dans le monde s'applique également pour la France, au niveau plus modeste qui est le sien.

Ce retour du soupçon par rapport à l'autre ne fait que traduire une double déception des deux côtés de l'Atlantique. Au fil des années, l'Amérique d'Obama a déçu pour partie les Français. Vue de Paris, l'élection du candidat de l'espoir n'a pas vraiment fait reculer le parti de la peur, et la société américaine apparaît plus divisée que jamais.

Vue de Washington, la France ¯ en dépit de son retour dans l'organisation militaire intégrée de l'Otan ¯ a déçu l'administration américaine, comme étant une partie intégrante d'un ensemble européen toujours plus problématique. Pour les États-Unis, l'Europe est incapable de surmonter ses divisions politiques pour relever ses défis économiques et financiers. Ces divisions, qui l'avaient conduite à l'autodestruction hier, ne risquent-elles pas de la conduire à l'auto-marginalisation aujourd'hui ?

Vue sous l'angle global des relations franco-américaine, « l'affaire DSK » n'est certes qu'un épiphénomène. Mais elle constitue aussi un signal d'avertissement de crises plus sérieuses à venir, au moment où chacun peut décevoir l'autre.



(*) Conseiller spécial de l'Ifri (Institut français de relations internationales).

Sans le Sud, l’Europe perdrait le Nord

Les pays du sud de l'Europe rencontrent d'immenses difficultés. Mais ce n'est pas une raison pour les négliger, ou les pousser vers la sortie : le sort de l'UE est lié à sa partie méridionale, rappelle un journaliste du Temps.
 Il y a les chiffres, et ils sont impitoyables. Ceux de la Grèce, avec sa dette d’environ 350 milliards d’euros équivalente à 160% de son produit intérieur brut (PIB), servent désormais de slogan à tous ceux, Allemagne en tête, qui clouent au pilori la mauvaise gestion et les tricheries (avérées) passées d’Athènes.
Le Portugal, avec une dette publique de 126 milliards soit 88% du PIB, ou l’Italie avec une dette d’environ 1800 milliards d’euros, soit près de 120% de son PIB viennent tout de suite derrière, avec, dans le cas de la Péninsule, le facteur aggravant de l’inefficacité des services publics illustrée, sur tous les écrans de télévision du monde, par la gabegie de la collecte d’ordures à Naples.
Le cas de l’Espagne, notons-le d’emblée, est de ce point de vue différent puisque les autorités de Madrid sont avant tout confrontées à une spirale de l’endettement privé comparable à celle de l’Irlande, où le sauvetage de l’UE vise à remettre à flot le secteur bancaire. La dette publique espagnole, à 680 milliards d’euros, représente environ 64% du PIB du pays… contre 1 650 milliards pour la France, soit 84% du PIB de l’Hexagone, que les agences de notation ont dans leur collimateur. Lire la suite sur presseurop.eu...

Le vice et la vertu

L’an V du quinquennat Sarkozy sera-t-il l’aube de « la république irréprochable» - quelle formule, tout de même ! - promise pendant la campagne présidentielle de 2007 et largement oubliée en cours de route. Une aube tardive, mais bon, on ne va pas finasser. Entre-temps, d’autres priorités ont triomphé au sommet de l’État, et puis il y avait la crise n’est-ce pas ? Mais il faut croire que le vent préélectoral a d’extraordinaires effets vertueux. Après le projet constitutionnel de règle d’or, présenté comme l’alpha de l’avenir de la nation, voici donc, comme un évident oméga, une loi sur la déontologie de la vie publique. Un miraculeux doublé auxquels les parlementaires, en plein été, sont aujourd’hui sommés de donner corps.

On a tant soupiré contre les multiples dérives et autres petits péchés véniels que notre démocratie passe à son personnel politique qu’on a envie d’applaudir. Et de dire : enfin ! Oui, enfin des règles claires pour recadrer les mauvaises pratiques des uns et des autres et pour rectifier l’art certain, et tellement français, de combiner les intérêts. Car le problème, ici, n’est pas tant le fameux «conflit» - ah, si seulement il pouvait repousser les tentations du mélange des genres ! - que les petits arrangements avec sa conscience. Ces subtiles variations de la probité que le verbe et les proclamations d’innocence outragées et trop souvent pleurnichardes sur le mode - je n’ai rien fait de mal, c’est légal - permettent au final de justifier beaucoup de choses au-delà des limites de l’acceptable. Éric Woerth, par exemple, ne comprend toujours pas pourquoi il avait été, au mieux, maladroit, au pire, inconscient... Sûr de son honnêteté, il ne voit toujours pas le problème qui a conduit le chef de l’État à l’évincer du gouvernement.

Irréprochables, donc ? Chiche ! Pour commencer, on voudrait être convaincu que la loi mettra en place des règles nettes. Et là, étrangement, le projet qu’on nous propose ne veut pas s’encombrer d’une définition trop précise des cas de conflits d’intérêts pourtant préconisée par la commission Sauvé. En revanche, il se jette comme un affamé sur l’énonciation de «principes fondamentaux» et sur la création d’une «Autorité de la déontologie de la vie publique.» Une autorité qu’on nous promet «indépendante» mais qui sera quand même nommée par décret ministériel...Très bel exemple d’antithèse, mais l’essentiel n’est pas là. Comme d’habitude - autre travers français - on pense structure avant de penser concret. Ça ne mange pas de pain et c’est aussi plus commode. On peut se draper dans de grands engagements immaculés sans s’imposer trop de contraintes immédiates.

C’est plutôt habile pour donner des gages de rédemption à une société française qui fera de la morale un enjeu du prochain scrutin présidentiel, et ce sera toujours mieux que le n’importe quoi indécent qui prévalait jusque-là.

Le Minitel, des souvenirs d'"érotisme minimaliste", de lenteur et de factures salées

Le Minitel s'éteindra en juin 2012, a annoncé France Télécom, proclamant ainsi la fin d'une légende. Les lecteurs du Monde.fr ont confié leurs plus beaux souvenirs sur le Minitel.

  • "La lenteur d'affichage ajoute au suspense", par Ludovic
A un tournant de ma vie d'étudiant, changement de voie. Je quitte une filière technique qui me barbe et m'oriente vers une école d'infographie. Je passe le concours. Un mois plus tard, c'est le jour des résultats. Ceux-ci étaient disponibles sur le Minitel.
La lenteur d'affichage ajoute au suspense. J'arrive sur la lettre S, la lettre de mon nom. Seulement quatre ou cinq nom par page. Sur la première je vois un seul nom reçu et les autres non reçus. Page suivante, aucun reçus. Page suivante... ma respiration s'arrête et ma gorge se bloque. A côté de mon nom est écrit "admis". Ma vie bascule à ce moment. Merci, mon petit Minitel. J'ai fait tout le cursus de cette école, quatre années, et suis sorti major de ma promo. Je travaille depuis plus de dix ans dans le cinéma.
  • Une dernière génération, par Laura
Posé sur le bureau de mon père, "ça coûte cher" et on ne l'utilise pas pour rien. Touches grises, plates, et vertes. "Qui s'est servi du minitel ? Le téléphone était encore occupé !" Mais c'est que ça me fascine, moi, ces lignes qui s'affichent en se déroulant sous mes yeux. Et soudain, l'info qu'on souhaitait ! Comme un trésor. Heureusement que le Minitel fonctionnait encore au moment d'entrer à la fac : c'est lui qui me donnera la bonne nouvelle du bac. J'ai bien ri quand ma jeune sœur a dû télécharger une application sur son iPhone pour avoir les résultats du bac de français.
  • 3615 code RAVE, par DJ K
Au début des années 1990, c'était le temps des raves et du Minitel. Les premières étaient suffisamment rares pour que mes amis et moi fassions plusieurs plusieurs centaines de kilomètres dans la soirée pour descendre à Marseille pour une Dragon Ball ou à Saint-Trop' pour une fête sur les plages du Blouch. C'était le moyen le plus efficace pou obtenir des informations de dernière minute sur une teuf à venir à l'autre bout de la France. Au milieu des services de Minitel rose et du 3615 SNCF se trouvait le 3615 code RAVE. Depuis, les raves ont été remplacées par le clubbing et le Minitel par Internet. L'accès à la musique et à l'information électroniques s'est démocratisé. C'était le bon vieux temps...
  • "Des souvenirs forcément roses...", par Fred
Des souvenirs de minitel ? Des souvenirs forcément roses....  Mes 15 ans. Allongé sur le ventre sur la moquette du salon. Des après-midi passées à essayer tous les 3615 + un nom sexy pour me perdre dans un érotisme ou une pornographie minimalistes. Des petits bonhommes en bâtons dans des poses suggestives, de longues minutes à remplir un profil qui ne servait jamais à rien, des échanges de messages avec de vraies fausses "coquines de ma région" dévoilant au compte-gouttes un numéro de téléphone toujours incomplet. Et puis venaient les engueulades des parents lorsque tombait la note de téléphone, suivies de la promesse jamais tenue de ne pas recommencer.
  • "Le Minitel m'a apporté le bonheur", par Josette
Le Minitel m'a apporté le bonheur. Je galérais depuis sept ans avec quatre enfants et puis, sur un site, j'ai rencontré Noël. Il était de Marseille et moi de Belfort. Je venais de perdre mon papa et pour moi la vie était très dure. Noël a su, avec sa gentillesse, m'apporter la joie de vivre. Nous nous sommes connus en mars 1989 et nous nous sommes marié le 25 mai 1991. Cela fait vingt ans que nous sommes mariés et nous sommes très heureux. Je ne regrette pas les factures de téléphone.
  • "Chaque matin au réveil, je me connectais sur 3615 BasketUSA", par Romain
Fan de basket américain, j'utilisais quotidiennement le Minitel avant l'arrivée d'Internet pour obtenir les informations les plus fraîches sur la NBA. Chaque matin, je me connectais au 3615 BasketUSA et il fallait s'armer de patience pour voir les résultats des matchs de la nuit qui s'affichaient ligne après ligne, à mesure que la page se chargeait. Toute une époque !
Au-delà des statistiques des rencontres, le Minitel m'a surtout permis de vivre un des plus grands moments d'émotion de ma vie de fan de basket : le retour de Michael Jordan à la compétition, en mars 1995.  Les semaines qui ont précédé son retour officiel ont été marquées par de nombreuses rumeurs et informations allant dans le sens d'un possible come-back. Ces informations qui m'ont fait vibrer alors que j'avais 14 ans, je les ai lues sur le Minitel.
Je me souviens avoir sauté de joie et couru dans toute la maison lorsque Michael Jordan est effectivement revenu au jeu. En revanche, je me souviens aussi de voir régulièrement ma mère faire la tête lorsqu'elle recevait la facture téléphonique...
  • "Une époque où les crimes informatiques étaient mal définis", par Otto
En tant que jeune hacker à une époque avant le Web, accéder les réseaux était vraiment difficile. Le Minitel permettait de se connecter, illégalement bien sûr, mais à une époque où les crimes informatiques étaient mal définis, à toutes sortes de systèmes. Je me souviens en particulier de la possibilité de se connecter en 3614 sur un VAX de VLSI, qui ensuite permettait d'accéder aux réseaux X.25/X.75 et ainsi rebondir sur toute la planète. Il existait quelques passerelles X.25/Internet ce qui permettait donc d'accéder à Internet depuis un Minitel.
Moi je suis né en 1979, le minitel était encore en gestation. Gamin, je n'avais pas le droit de me connecter aux services en ligne... En allumant le Minitel, il est possible sans se connecter de taper des phrases au clavier, de changer de couleur... enfin, de niveaux de gris. Avec du temps et de l'imagination, on pouvait même dessiner avec des barres verticales ou horizontales. Mon meilleur souvenir est donc d'avoir pu remplir l'écran du minitel avec un dessin comprenant une maison, une barrière, un bonhomme qui clignotait de l'œil gauche !  Mon pire souvenir : en séjour ennuyant chez ma tante, l'engueulade lorsqu'elle m'a surpris devant son minitel. Impossible de lui expliquer que ça n'allait rien lui coûter.
  • "J'étais de l'autre côté de la barrière", par jmp
J'étais de l'autre côté de la barrière. J'ai travaillé environ quinze ans pour un service télématique d'informations, adossé à un grand groupe de presse. Nous avons tout inventé ! Les live, les bases de données, l'interactivité... La seule chose qui a changé avec Internet, c'est le son et l'image. Toutes les recettes que nous appliquions à l'époque restent en vigueur sur la Toile aujourd'hui. Finalement, la principale différence... c'est le modèle économique. A 1,29 franc la minute sur le 3615 kinenveu (si mes souvenirs sont bons), on parlait en "heures" et ces heures correspondaient à des rentrées sonnantes et trébuchantes. Cette rentabilité n'existe pas sous cette forme avec Internet. Un modèle semblable reste encore à inventer !