TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

lundi 19 novembre 2012

Que pense Ségolène Royal du gouvernement Hollande ?

C'est la question que nombre de "royalistes", enfin de ségolénistes, pour éviter les confusions, doivent aujourd'hui se poser, françois hollande etant au pouvoir depuis maintenant 6 mois.
je ne vais pas faire une longue tirade. L' occasion est toute trouvée.
Sophie de Menthon, présidente d'éthic, satellite du medef (qui réunit de plus petites entreprises qui tiennent à une certaine éthique)a demandé à ségolène Royal d'être médiateur entre les entreprises et le gouvernement...
Qu' on trouve sophie de Menthon antipathique, très caricaturale, etc...on peut.
Néanmoins, force est de constater que son approche du monde de l'entreprise est beaucoup plus connectée à la réalité ( PME et TPE contrairement au medef où toutes les entreprises du cac40 sont, avec laurence parisot en porte parole), et surtout plus intelligente : elle a compris tout l'intérêt collectif, pour les salariés et les chefs d'entreprises, d'avoir un dialogue social de qualité,. Sophie de menthon représente tout à fait ce qui hélas est en train de disparaitre en france : les entreprises petites et moyennes, solides, ancrées sur le territoire et qui ne demandent qu'à se développer. Elle est bien plus dans la réalité des entreprises, attachées au territoire francais, que parisot et les grands groupes internationaux. Ségolène royal a d'ailleurs décliné l'offre, craignant d'être instrumentalisée, je suppose, et arguant justement que sophie de menthon voyait avant tout en elle la femme de terrain qu'elle a pu être dans sa région.
Sophie de Menthon est par exemple pour la syndicalisation massive des salariés, pour l'exemplarité, le role éthique des grandes entreprises qui doivent montrer l'exemple pour ne pas éloigner les francais davantage du monde du travail et de l'économie en général.
bref, elle est pour tirer la politique de l'entreprise vers le haut, contrairement à ce qu'on voit toujours défendu au medef.
Ségolène Royal et elle ont des points d'entente indéniables. Je l'avais remarqué par le passé et j'avais d'ailleurs fait un article à ce sujet ( que je vous invite à lire sur ce site même).
Vous allez croire que je m'égare ? quel rapport avec François Hollande ?
Hé bien, le voici. Déjà, preuve est qu'une partie des chefs d'entreprise ( sophie de Menthon a parlé, après consultation, en leur nom) voient ségolène royal plus à même de les comprendre et d'agir efficacement donc que francois hollande. C'est donc qu'il y a bien des différences, a priori.
D'autre part, Laurence Parisot, et c'en est troublant, adoube francois hollande en ce moment...
Alors forcément, je vous passe ici une vidéo datant de 2006, où Ségolène Royal venait d'être désignée par les militants. Elle est face à Laurence Parisot dans une émission de Christine Ockrent. Ségolène royal, bien avant la crise donc, y parle déjà du rôle des banques vis à vis des entreprises. la vidéo dure 20 minutes. Mais cela vaut la peine d' être vu car à l'évidence, Royal laissait augurer une autorité morale évidente qu'hollande, même s'il l'a peut-être aussi dans le fond, peine à démontrer aux francais, en tout cas. http://www.dailymotion.com/video/x1...
Royal n'aurait pas eu d'état d'âme vis à vis des puissances d'argent. Elle aurait mieux manoeuvré, y compris au niveau européen, où, même s'il le revendique, François Hollande n'a pas changé une ligne du traité concocté entre Sarkozy et Merkel. Avec Ségolène Royal, nous aurions eu aussi de l'austérité pendant 2 ans, mais elle aurait négocié, je crois, plus durement au niveau européen pour offrir aux francais une vraie perspective concrête d'après crise, quelquechose de solide. Elle aurait fait et demandé à un gouvernement une pédagogie sans faille pour expliquer les efforts, leurs sens et elle aurait insufflé beaucoup plus de dynamisme et de positivité pour le pays...On aurait eu aussi, à l'évidence, des référendums ce dont hollande ne semble pas friand. Le PS n'a peut-être pas le choix de la rigueur mais quelle grisaille ! l'argent ne fait pas tout...revivifier la démocratie, participative, locale, ca ne coute pas cher....
Francois Hollande a été très bien, convaincant à sa conférence de presse mais les français ne sont pas optimistes pour l'avenir, ils estiment que rien n'a vraiment été "acté" pour croire à une sortie de crise. d'où le manque d'élan et surtout de confiance en l'avenir. Quand royal parlait de " désirs d'avenir", on peut penser qu'elle tapait "juste" là aussi...c'est l'absence de perspective d'avenir, concrête, réelle et tangible, qui fait ce gouvernement impopulaire. Une mauvaise communication, aussi. En tout cas, pas assez convaincante. La tristounette commission tenue par lionel jospin sur....la rénovation est un comble ! d' ironie ? ils auraient dû prendre michel rocard aussi....Quel renouvellement !
Une large partie des idées que royal porte depuis 2006 sont aujourd'hui appliqués par hollande. juqu'au fait " de rendre compte tous les 6 mois" de l'action du gouvernement...
Mais il y manque sa marque, royale bien sûr
. Entre Aubry, elle et Hollande, c'est elle qui aurait été la plus à même de dynamiser le pays, de donner des couleurs aux pays qui, sous l'effet de l'austérité et de la morosité générale, se recroqueville, hélas...

Europe : A quand l’heure du choix ?

Actuellement, les partis nationalistes sont de plus en plus importants en Europe, comme en Finlande ou le Parti « Vrai Finlandais » a obtenu 20% aux élections. En Grèce, la dernière élection législative a donné des résultats important pour les partis extrêmes (gauche et droite) d’orientation nationaliste.
 La raison de cette poussée serait la crise, que ces parti mettent sur le dos de l’UE et de l’Euro. On cherche toujours des Boucs-Emissaire.
Cela aurait-il été de même sans l’euro ?
Sans l’euro, peut-être que les prêteurs auraient été plus vigilants étant donné qu’ils ont fait comme si l’euro était le mark allemand. Si les monnaies avaient été flottantes, la Grèce aurait fait défaut plus vite, et l’Espagne l’aurait déjà fait. L’euro a été une sécurité, a permis à des pays qui ne pouvaient pas se le permettre de s’endetter à taux bas et à volonté pour financer leur déficit.
Mais le problème est structurel : le traité de Maastricht est une incohérence ! En effet, comment faire fonctionner des budgets différents et règle du marché du travail différentes dans une monnaie commune ? Cela ne fait que créer des déséquilibres entres les pays européens, et empêche l’intégration de l’Europe.

Si l’on veut faire vivre les « Etats-Unis d’Europe », il faut un pouvoir central, une politique commune, une fiscalité commune, un marché du travail commun. Or depuis la création de la monnaie unique, les Etats, dont la monnaie ne peut plus contrebalancer excédent et déficits commerciaux intra Européen, se livrent à une compétition effrénée pour baisser les salaires et la fiscalité afin d’attirer les entreprises. L’Allemagne et d’autre pays de l’Est l’ont fait et ce, au détriment des travailleur de ces pays, mais aussi au détriment des pays plus sociaux comme le nôtre : le fait de laisser le duo smic élevé/35h français concurrencer le marché du travail allemand sous l’euro a signé l’arrêt de mort de notre industrie !
Imaginez donc qu’en France, quand nous avion encore le francs, chaque région ait eu sont propre smic et sa propre fiscalité : cela aurait été la Bérézina ! La concurrence fiscale aurait été énorme, les salariés auraient été perdants, alors que les entreprises assez importantes pour déménager auraient sauté sur l’occasion offerte.
Si nous étions restés aux monnaies nationales, ce genre de compétition aurait été freiné par le taux de change qui aurait rééquilibré les échanges… même si il reste des tricheurs (les Banques centrales, qui manipulent les valeurs réelles).
J’en viens à me dire que l’Europe doit être soit un état avec un pouvoir fédéral, soit revenir au monnaies nationales et continuer à avoir des relations diplomatique et économique privilégiés entre les Etats souverains de l’UE.
L’Idée selon laquelle une sortie de la zone euro serait catastrophique est erronée : les économies retrouveraient des monnaie qui leur correspondent vraiment. Le changement serait difficile certes, mais comme pour le changement à la monnaie unique, cela posera des problèmes pour la dette ? Tout dépend des pays, et de toute façon, quelle que soit la monnaie, beaucoup de pays sont promis à la faillite. Cela ne créera pas de guerre diplomatique ; à ce que je sache, l’Europe des Nations du traité de Rome fonctionnait très bien avec les monnaies nationales.
Mais là, la question rentre dans l’irrationnel : effectivement, ce n’est plus de savoir si l’euro sera bénéfique ou non pour nos économies, mais est-ce que l’Etat d’Europe existe !
Les gens se sentent-ils européens ? Il faudra faire un choix. Lequel ? Le Referendum.

UMP: l'ombre de Sarkozy

Impossibilité technique de départager François Fillon et Jean-François Copé. Impossibilité de valider qui l'a emporté dans ce vaudeville interne de la course au leadership de l'UMP qui n'a pas de chef élu. Le pathétique le conteste à l'irresponsable. Le spectacle est indigne d'un parti d'une démocratie sereine et mature. L'ombre de Nicolas Sarkozy plane encore sur son mouvement. Pourtant depuis sa défaite aux législatives, l'UMP et la droite parlementaire sont demeurés pugnaces, loin de l'effondrement ou plutôt de l'implosion annoncée. Elles doivent cette quasi dynamique aux difficultés de l'actuelle majorité, à un personnel expérimenté mais surtout au score de Nicolas Sarkozy au second tour de
l'élection présidentielle.

 
La proportionnelle, arme ultime de Holllande
Nicolas Sarkozy a perdu. Mais il a obtenu 48,3% des suffrages exprimés. Il a ainsi sauvé les positions de l'UMP dans la bataille de la recomposition au sein des familles des droites. Le FN et Marine Le Pen, certes dans la continuité de sa défaite personnelle aux législatives, peinent à s'affirmer. Au centre, il faudra attendre un peu pour saisir l'impact de la tentative d'évasion dans une UDI aux contours proches d'une mini UDF à la sauce Borloo. Et surtout la recomposition s'achèvera, en réalité, dans la législative en mode proportionnelle en 2017 qui sera l'arme ultime du Président François Hollande.
Quoi qu'il puisse se passer d'ici là, Nicolas Sarkozy même sorti du jeu politique quotidien, même s'il confirme son éloignement, va demeurer, qu'il le souhaite ou non, un leader des droites. Comme une figure tutélaire dont les citoyens raffolent, en particulier en temps de crise. Un recours, au moins imaginaire, même pour celles et ceux qui l'avaient détestés. Au grand regret légitime des François Fillon, Jean-François Copé, Jean-Louis Borloo, François Bayrou et Marine Le Pen.
Les Français attendent d'abord des idées
Le quinquennat est rapide comme notre temps digitalisé et mondialisé, loin du tempo du septennat d'un autre siècle. Il se pourrait même que Sarkozy devienne à terme, l'une des personnalités politiques préférées des Français. Tout ceci n'arrange en rien les affaires des actuels leaders des droites. Et ca pose à l'UMP en particulier la question du choix de positionnement et de stratégie pour les 5 prochaines
années. L'enjeu du leadership n'a pu être réglé ce week end. Etait-il nécessaire de le clarifier immédiatement après les 2 défaites de l'année ? Il n'est pas certain que les français, même ceux qui se reconnaissant dans les forces des droites, espèrent une alternative personnalisée, individualisée à François Hollande et à son Gouvernement. Un parti politique n'est pas seulement une machine à fabriquer un candidat. Ils attendent des idées, une
vision, des explications, ... et des victoires ensuite.
C'est dans l'opposition qu'il faut faire naître un nouveau paradigme pas quand on est dans l'action. Et sur l'ensemble de l'échiquier politique, il y a comme une panne idéologique. Plus personne n'a quoi que ce soit de fort et d'emblématique dans son magasin. La vision a fait place nette et générale un discours tétanisé sur la crise et surtout à un message et une pratique de plus en plus gestionnaires qui délaissent toute proposition pour le futur. Et ce futur, le notre à tous et en particulier celui de nos enfants, a besoin d'avocats dans le
présent. Pas d'un seul !

Le social-nihilisme

Le social-nihilisme


A l’époque de la présidence Sarkozy, la France avait une politique, le mouvement était permanent, les réformes s’enchaînaient de semaine en semaine : service minimum, autonomie des universités, défiscalisation des heures supplémentaires, peines planchers, retraites, etc. Nous n’avions pas une seconde de repos, chaque instant était précieux. En 6 mois, une œuvre considérable avait déjà été accomplie. Or après un semestre d’alternance, la vie publique française est comme figée, gelée. Les seules décisions consistent à remettre en cause les acquis de la période précédente. Certaines auront des conséquences affreuses : la suppression de la rétention de sureté, créée par Nicolas Sarkozy contre vents et marées, aboutira à remettre en liberté à l’issue de leur peine des kidnappeurs, violeurs et tueurs multirécidivistes dont on sait presque à coup sûr qu’ils vont  recommencer, leur dangerosité étant avérée. Qui en sera la victime ? Ta fille, la mienne ? Ou bien ces choix sont en décalage total avec la réalité. Etrange mesure que ce « mariage pour tous » qui pousse les Français à descendre dans la rue. Les couples – hommes et femmes – ne se marient presque plus mais ou voudrait répandre du « mariage » partout ailleurs. Ce n’est même plus une affaire des homosexuels puisque beaucoup d’entre eux manifestent contre ce projet. En réalité, l’objectif est d’anéantir le mariage en le banalisant, tout en abrogeant les notions de père et de mère, qui sont parmi les repères fondamentaux de toute civilisation. Nous ne sommes plus dans une vision positive, constructive, réformiste de la société, mais au contraire nihiliste. Dans ce contexte, on peut imaginer que la prochaine alternance n’attende pas forcément 4 ans et demi et que la présente législature n’aille pas jusqu’à son échéance (précédent de 1997). Une crise politique peut survenir - qui sait? - même si une telle issue n’est pas la plus probable. Avant et au lieu de se chamailler pour les postes, la responsabilité de l’opposition devrait être en tout cas de préparer l’avenir.

Un Méchant Pataquès !

Un Méchant Pataquès ! 


L’élection de son président devait redonner à l’UMP les bons aiguillages. Depuis hier, c’est plutôt le grand déraillement. Et si le ridicule tue… gare au nombre de victimes. Le suspense reste total, en effet, puisque cette nuit à l’heure de boucler cette édition de notre journal, le résultat du duel entre François Fillon et Jean-François Copé demeurait ouvert, chaque camp proclamant sa propre victoire.
La culture des primaires n’est pas simple à acquérir. Issu du gaullisme, où le chef est plus volontiers choisi par acclamation que par consultation, le principal parti de droite en a fait la douloureuse expérience, compliquée encore un peu plus par l’ambiguïté de Nicolas Sarkozy. Celui-ci s’est gardé de participer au vote, neutralité qui rime avec arrière-pensées : celle d’un possible retour à la tête du pays.
Les deux concurrents redoutent chacun un tel scénario. François Fillon ne compte nullement faire la courte échelle à l’homme dont il fut le loyal Premier ministre durant cinq ans. « On verra qui sera le mieux placé », a-t-il dit durant sa campagne interne, en évoquant la future compétition élyséenne, mais en revendiquant pour lui-même le statut « d’homme d’État ».
Jean-François Copé, même s’il reste plus flou sur ses intentions, ne compte pas laisser davantage d’espace, demain, à Nicolas Sarkozy, même s’il s’inspire de sa campagne présidentielle du printemps 2012, axée sur la stratégie d’une « droite décomplexée ». Traduisez une droite dure, alors que François Fillon se veut moins radical. Seuls les adhérents votaient hier, ce qui fait de ce scrutin une épreuve très particulière, d’où l’incertitude du dénouement, qui est aussi une incertitude pour l’avenir.
Le PS a popularisé les primaires, et les autres formations s’en inspirent. Ce mode de sélection a bien des avantages : révéler des tempéraments et permettre en principe de simplifier la compétition interne au profit du vainqueur.
Mais ici, la contestation d’un score très serré ne débouche que sur la confusion. Les tensions internes font l’affaire de celui qui rêve de se poser demain en arbitre, et le mouvement aura du mal à trancher ses options stratégiques. Le duel que l’on pourrait presque qualifier de… primaire, laissera des traces. UMP ? Un Méchant Pataquès.

Soirée perdante

 Soirée perdante 


Qu’elle paraissait belle, l’idée d’attribuer la présidence d’un grand parti hors du secret d’un bureau d’état-major et de l’allégresse des cigares. Séduits, les adhérents de l’UMP se sont déplacés nombreux pour désigner leur nouveau patron. Au point de déborder l’organisation dans certains lieux de vote.
Mais les votants de l’UMP ont poussé l’enthousiasme jusqu’à livrer un résultat pas prévu par les sondages. De ce point de vue, ce scrutin s’apparente à une victoire de l’expression démocratique, au sein d’une structure elle-même partie prenante et majeure de notre démocratie.
Pour le reste, c’est moins brillant. Les incroyables soubresauts qui ont marqué les opérations hier soir ne sont pas de bon augure, alors que l’issue était donnée, initialement, pour être à la fois éclatante et légitime.
Au milieu de la nuit, c’est la division qui apparaissait de manière aveuglante. Les positions étaient si contradictoires, au terme de plusieurs mois de débats vifs, que l’on se demande bien comment l’UMP va trouver le moyen d’incarner une opposition unie, tant aussi l’animosité semble forte et durable entre les deux camps. On se serait cru perdu dans ces querelles opaques et ces déballages de couloirs que l’on pensait jusqu’alors réservés à la gauche ou aux écologistes.
Dans ces conditions, que gagnera le vainqueur ? Combien y a-t-il d’UMP dans l’UMP aujourd’hui ? Le gagnant n’est-il pas celui qui, en coulisses, incarne un peu plus le recours et qui s’appelle Nicolas Sarkozy ?
La désignation du président de l’UMP devait permettre le retour d’un discours en interne apaisé, en tout cas moins vindicatif. Après un vote sous contrôle d’huissiers et un dépouillement dans une ambiance électrique, le spectacle de chefs se déclarant vainqueurs ou s’accusant réciproquement de vol marquait sur ce plan une soirée perdante.


Toujours l'enfumage !!
Que cela serve de leçon à l'ump !!
A vouloir imiter les socialos et leur primaire à l'eau de rose dont on peut mesurer à quel point en terme de désignation "démocratique" la démagogie sans vergogne d'un médiocre peut biaiser un vote et permettre au final de mettre aux commandes d'un pays quelqu'un tout juste capable de gérer une sous-préfecture.
Singer une démago, même habillée en couleur rose n'est pas, et loin de là, une preuve de meilleure démocratie et un modèle à suivre quand on observe actuellement les résultats du choix qui ont amené à la tête de l'état quelqu'un qui a littéralement enfumé une partie des français avec une démago. que les réalités du pays obligent maintenant à faire une politique à 180° de ses promesses , signant là un abus de confiance manifeste devant une situation économique et financière qu'il ne pouvait ignorer !!

Pourquoi chez certains, il est urgent de remettre à demain

Procrastiner, c'est « ne pas agir tant qu'on peut l'éviter ». Par fainéantise ? Ce n'est pas si simple, répondent quelques Mariannautes qui s'emploient à clarifier cette notion à la mode, pas toujours bien comprise.
Pour Michel M., la procrastination est une attitude qui s’apparente à « de la flemme et rien que de la flemme, ni plus ni moins, à cette flemme qui n'en finit pas d'en rajouter dans la déliquescence d'une vie en société qui ressemble de moins en moins à une cohésion partagée mais, de plus en plus, à une juxtaposition de cohésions qui n'ont aucune autre interférence entre elles que l'incompréhension. » Car pour l’internaute, le goût de l’effort, c’est aussi celui d’aller vers l’autre, de le comprendre. Mais pocrastiner, est-ce vraiment une activité de tout repos ?

« Je suis une procrastineuse (une glandouilleuse pour certains que ce faux-anglicisme choquerait) de nature », témoigne Sylvie ARCHAMBAULT. « Je n'ai jamais pu travailler autrement que sous la pression de l'urgence. Je vous raconte pas le travail supplémentaire que cela demande : trouver et renouveler les excuses bidon accompagnant la remise du travail à la dernière minute ou en retard (mon chien est mort, c'est l'anniversaire de la mort de mon chien...) » L’adepte de la procrastination ne serait donc pas l’oisif au coeur léger imaginé de prime abord.

Un effet sur le moral

Pourquoi un « glandouilleur », partisan du moindre effort, perdrait ainsi de l'énergie à procrastiner ? De l’avis de François FRANZ, la tentation de la procrastination pourrait être liée à un manque d’autodiscipline : « C'est bien souvent quand tu es totalement maître de ton emploi du temps que l'abondance des distractions t'amène à différer le moment de t'y mettre. Sous la contrainte d'une équipe ou le regard d'un chef (ou les vocifération de ta (ton) compagne), c'est plus difficile. » L’égarement viendrait également d’un manque de tâches à accomplir, et serait un véritable piège pour le moral : « Moins il y a de travail, plus il y a de distractions, plus la procrastination t'emmène dans une dépression douce. » Procrastiner pourrait ainsi faire broyer du noir ?

Cet avis n'est pas partagé par Elie ARIé, qui voit plutôt dans la procrastination un moyen de fuir la peur de la mort : « L'incapacité à procrastiner correspond à une forme d'exorcisme de l'angoisse : « ça y est, tout est à jour, j'ai fait tout ce que j'avais à faire, je n'ai plus rien à faire, je ne risque pas d'oublier quelque chose que j'ai à faire puisque j'ai tout fait, etc. Système qui ne marche évidemment pas: on ne peut jamais être à jour, il y a sans cesse de nouvelles choses à faire qui surgissent. En outre, cette recherche du « je n'ai plus rien à faire » ressemble beaucoup à une forme de recherche de la mort... Tant que j'ai des trucs à faire, je ne peux pas mourir, puisqu'il faut d'abord que je les fasse… » Remettre au jou d'après serait ainsi, peut-être de manière inconsciente, acter le fait qu'il y aura bien un lendemain.

« A noter quand même, conclut Virginie ALBA-SIMM en rétablissant un lien avec l'actualité, l'atermoiement est aussi la base de nos problèmes actuels, en tant que peuple : il faut cesser de reporter aux lendemains la nécessité de dire non au package amincissant concocté par la multinationale bruxelloise et dire oui à un audit public de la dette française. »

L'affaire des viols collectifs de Fontenay-sous-Bois a provoqué des débats parmi les Mariannautes. L'un deux concerne la nature de l'homme : aurait-il une prédisposition naturelle au viol ?

Le viol, un phénomène d'origine naturelle ou culturelle ?
Tous les Mariannautes ne s'accordent pas sur l'idée du viol comme résidu de l'état de nature. Selon Abd Salam L, « Le viol n'a rien à voir avec l'instinct de prédateur... Le viol est un phénomène construit culturellement. » L'internaute avance également que « le plaisir du violeur est intellectuel : un sentiment de toute puissance, il apprécie une domination véritable. » « Et vous ne pensez pas que « l'intellect du violeur » est géré par son cerveau reptilien (ses instincts primaires) ? », interroge Rose ETCHEGARAY, non sans étonnement.

Pépin LECOURT entre dans la conversation, apportant un un nouveau point de vue sur la question : « Le viol existe et est présent sous toutes les cultures, il me parait donc difficile de le réduire à une construction culturelle, qui serait ainsi un acquis, et donc présent uniquement dans certaines cultures, et non point un inné omniprésent. » Ainsi le viol serait un fléau universel. La nature de l'homme serait-elle le dénominateur commun entre toutes les cultures? « Il semble que dès qu’un homme est en situation de pouvoir excessif, il se comporte en violeur », répond l'internaute.

To TO pense au contraire que l'instinct masculin est de protéger la mère de ses enfants : « Il me semble qu'il a toujours été important pour les hommes de protéger les femmes dont ils ont des enfants, même si c'est une société patriarcale, avec d'autres formes de violence, qui en découle. Dès lors, on s'oriente vers l'idée que, s'il y a une « nature » humaine, elle ne tend pas naturellement vers une forme de prédation sexuelle systématique, même si cette prédation peut exister. »

La femme est un homme comme les autres

Quel est l'avis des commentatrices sur la question ? « Dans mon expérience personnelle, je n'ai pas eu l'impression que tout homme avait un fond de violeur, et que seule leur éducation leur a permis d'éviter de violer toute femme qu'il croisait », témoigne Melody VERS. Quant à Virginie ALBA-SIMM, elle considère que les pulsions décrites chez les hommes ne seraient pas l'apanage des mâles : « A vous lire, je me dis que je ne suis pas une femme, quand, bien qu'amoureuse de mon compagnon, et après en avoir apprécié d'autres encore, je convoite et je désire tel ou tel agréable passant, au plus profond de mon corps... Tout en résistant à la force de ce désir parce que je connais mes limites et surtout je respecte les autres, dont mon compagnon. »
Chaque homme abriterait-il en lui un violeur potentiel ? C'est ce que semble penser Laurent EPAILLY lorsqu'il déclare que « tout homme a un fond de violeur et de prédateur venant de loin mais que l'éducation, l'interdit, la réflexion lui permet normalement de maîtriser. » Un penchant naturel, donc, qui serait contrebalancé par l'apprentissage de la civilité. « Une fois de plus l'éducation est au coeur du problème », note ainsi Rose ETCHEGARAY. Philippe RENèVE, quant à lui, se veut rassurant : « Entre la pulsion et le viol il y a un monde que la quasi-totalité des hommes ne franchissent pas, heureusement. »  Reste que la pulsion est entérinée.
 

Les maladies mentales favorisent-elles la créativité ?

Une étude suédoise menée durant quarante ans auprès de 1,2 million de patients affirme qu’il existe un lien entre les maladies mentales et le souffle créatif.  Pour autant, les Mariannautes considèrent qu’une personne atteinte de bipolarité, de schizophrénie ou encore d’anorexie n’est pas forcément une(e) artiste en puissance.

« Je ne trouve pas que la psychose favorise la créativité, bien au contraire », témoigne Dimitri GALèS, ancien psychiatre. « Elle inhibe et détruit même la capacité créatrice. Il existe chez tout artiste une partie saine de la personnalité qui domine l'hypersensibilité et la profondeur émotionnelle qui marque les vrais artistes. On cite souvent la maladie de Vincent Van Gogh. Mais on trouve chez lui le résultat d'un travail acharné, interrompu seulement par les crises violentes dont il souffrait épisodiquement, une recherche de la forme et d'une sorte de foi. »  De l’avis de l’internaute, le succès du peintre s’explique davantage par son travail que par sa pathologie.

« Pourtant, note Elie Arié, il me semble que le docteur Gachet avait écrit que Van Gogh peignait des toiles moins intéressantes lorsqu'il allait bien, et même, comme il appréciait beaucoup sa peinture, qu'il se demandait s'il lui rendait vraiment service en cherchant à améliorer son état. » Les affection mentales seraient-elles un atout l'artiste ?

Pour MARIPANAME, Mariannaute atteinte de bipolarité depuis de nombreuses années, parler d’une poignée de bipolaires célèbres et créatifs ne doit pas amener à généraliser sur l’ensemble des malades : « Nous autres bipolaires, on nous bassine avec tous ces bipolaires célèbres, peintres, musiciens, écrivains, hommes politiques, citons au hasard Eric Clapton, Virginia Wolf, Winston Churchill, Hemingway. Rien que sur ces quatre, deux suicidés ! Créatifs, oui, mais pas tous, l'immense cohorte des bipolaires est principalement dépressive et en dépression pas de création, rien que souffrance, non désir et repli sur soi. »

De l’isolation à la création

D’où vient ce lien entre troubles mentaux et créativité mis en évidence par l’étude ? « Les bipolaires ont des grosses difficultés d'adaptations dans la société, reprend MARIPANAME : vie amoureuse chaotique, vie professionnelle de même, nombreuses maladies comorbides (alcoolisme, drogues et addictions diverses, agoraphobies, TOC). De plus il faut généralement une dizaine d'années pour les diagnostiquer et commencer à les traiter. Largement le temps de souffrir dans son coin, de se replier sur soi et de se poser des tas de questions existentielles, terreau favorable à l'activité intellectuelle et artistique, par essence solitaire et bon exutoire. » L’isolation croissante de ces malades, liée à un flot ininterrompu d’interrogations, amènerait certains d’entre eux à pratiquer une activité artistique. Celle-ci permettrait de canaliser le trop-plein d’émotions de  ces sensibilités souvent exacerbées.

Evoluer en marge de la société, c’est aussi évoluer en marge de la norme et du formatage que celle-ci impose :  « La créativité est une forme de non conformisme, une tendance à aborder les situations sous un angle incongru en contradiction avec le formatage culturel, voire une certaine résistance à ce formatage. Le génie est en général un hérétique dans son domaine de prédilection et la résistance au formatage est une condition pour acquérir la capacité de s’évader du consensus et du conformisme. » (Pépin LECOURT) « La difficulté réside en ce que le système scolaire (et psychiatrique) reconnaît rarement l'écart à la norme comme une qualité, d'où le malaise qu'éprouvent certains enfants précoces, futurs artistes », ajoute Michael SPECHT. 
 
LA MALADIE MENTALE NE FAVORISE RIEN DU TOUT, 
LA PREUVE :
HOLLANDE EST AU POUVOIR ET C'EST DE PIRE EN PIRE.

Tout comme en Sarkozie, en Hollandie, l'économie périclite

Le pauvre président de l’État français a beau persister dans ses discours optimistes ponctués de "heu..." très rassurants, la situation économique du pays s'entête à se dégrader. Le candidat Hollande était pourtant persuadé qu'avec l'engouement que provoquerait son accession au pouvoir, le pays allait repartir, plein de peps et d'allant, vers les sommets de la croissance heureuse et du plein emploi... Zut et crotte, ça n'a pas suffit.

Ainsi, l'enthousiasmante perspective qu'offrait le Socialisme Tous Azimuts de matraquer sans relâche les sales capitalistes n'a pas été suffisante pour relancer la production industrielle française qui s'enfonce à des niveaux seulement atteints en 2009, au plus fort de la crise. Je n'évoquerai pas les chiffres pour l'industrie automobile, ce serait une occasion supplémentaire d'insérer une méchante image d'Arnaud Montebourg en train de faire l'andouille ce qui serait un peu trop facile.
Les propositions franchement émoustillantes de sodomiser le contribuable bourgeois à coup d'impôts toujours plus créatifs n'ont bizarrement pas non plus permis d'inverser la tendance générale du chômage, contrairement à tout ce qui avait été pourtant envisagé par la fine équipe d'analystes chevronnés qui se succèdent dans les appareils du Parti Socialiste. Quant au rapport Gallois, censé donner d'intéressantes pistes de réflexion, je ne suis pas le seul à constater qu'aussi modeste soit-il, il est déjà mort et enterré.
Devant la relative déconfiture (bien évidemment complètement inattendue) de son principal partenaire économique, l'Allemagne, qui subit elle-même un ralentissement lié à une conjoncture pas spécialement tendre, s'est décidée, en toute discrétion, à évaluer les risques (là encore, totalement improbables) d'un léger décrochage de la France et les conséquences d'un tel décrochage pour son économie nationale. Comme cette éventualité est impossible et que, je vous le rappelle, depuis que la France est socialiste, la situation s'améliore, l’Élysée se contente d'un bref haussement d'épaule qui marque ici la naturelle confiance en l'avenir qui anime l'Homme de Gauche, Humaniste, Citoyen et Démocratique.
Certes, il y a quelques trous, quelques bosses et quelques cailloux sur le chemin
de la Servitudequ'emprunte actuellement la France. Mais cela ne doit pas faire oublier la destination : le paradis pour tous, en doses égales et à prix modique. Dès lors, on comprend que le brave Moscovici n'ait absolument rien changé de ses
prédictionsprévisions
astrologiqueséconomiques et conserve, vaille que vaille, coûte que coûte, le chiffre de croissance française pour 2013 à 0.8% ... Là encore, on ne pourra qu'admirer l'optimisme quasi-autistique du ministre en charge de ce qu'on appelait jadis en France l'économie. Il est, il faut le dire, aidé par un Institut des Statistiques particulièrement admirable, et qui a réussi à corriger le tir du précédent trimestre (oh, zut, finalement, il était négatif, la récession ne s'est pas arrêtée à la frontière) tout en redressant (avec productivité, hat tip à Montebourg) le dernier trimestre au chiffre assez phénoménal de 0,2% dont personne ne doute qu'il est calculé avec la plus diabolique des précisions. Pendant ce temps, Mario Draghi, le plombier rigolo en charge des buses d'impression de la BCE, a corrigé ses prévisions de croissance en introduisant clairement la notion de contraction économique, d'ailleurs prouvée par les chiffres récents, prélude à une bonne grosse dépression des familles mais chut, n'en parlons pas, c'est tabou.
obstiné, celui qu'on ne croit pas seulement idiot, mais qui prouve l'être
En réalité, le comportement de nos élites tète à deux mamelles politiciennes aussi indispensables l'une que l'autre.
La première est évidemment l'affichage d'un optimisme de façade, parfaitement idiot certes, mais ô combien utile lorsque le moindre frémissement intestinal d'un ministre est disséqué par des marchés maintenant très nerveux. Quelque part, dans le brouillard confus qui leur sert de concepts économiques, ils savent qu'affoler la bourse et les agences de notations précipiterait l’État français dans les affres de la faillite, en faisant exploser ses taux d'emprunt par exemple (ce qui sera inévitable de toute façon). En soi, la faillite de l’État français les laisse de marbre tant que les robinets à putes & champagne ne se ferment pas, mais justement, d'autres pays et d'autres époques servent de rappel à la raison de ce point de vue.
L'autre mamelle, aussi essentielle, est leur parfaite méconnaissance de l'économie, et l'entêtement qu'ils ont à ne surtout pas, au grand jamais, essayer de corriger leur inculture. Il faut les comprendre : cette matière n'est plus enseignée en France que par des keynésiens, au mieux, ou des crypto-marxistes au pire, quand ce ne sont pas carrément des baltringues d'opérette qui ne sont absolument pas économistes. On peut croire que j'exagère, mais il suffit d'aller dans n'importe quel rayon "économie" d'une librairie française pour comprendre que le seul point de vue iconoclaste, de nos jours, est celui de l'économiste vraiment libéral, et autrichien à plus forte raison. Pour l'écrasante majorité des économistes français qui ont la parole dans les médias, la dette, c'est bon, mangez-en, l'austérité impose à la Grèce des mesures abominables (alors qu'elle est tout sauf dirigée là où il faut, et que seul le peuple en supporte les conséquence, au contraire presque parfait de ce qu'il faudrait faire, à savoir couper les dépenses de l’État), et autres fadaises du même acabit, répétées en boucle pour que ça rentre bien dans les crânes français déjà largement préparés pendant des années d'un enseignement étique.
Non, vraiment, je n'exagère pas tant cette impression est même confirmée par un récent sondage : seulement 37% des Français estiment que l'information économique qui leur est fournie est intelligible, et d'autre part, ils sont 91% à s'accorder un niveau moyen, faible ou très faible en économie ; au passage, c'est un niveau que nos politiques n'ont pas l'humilité de s'accorder aussi, alors que tout l'historique de leurs "performances" montre clairement qu'ils devraient pourtant s'astreindre à retirer leurs gros doigts boudinés des domaines qu'ils ne maîtrisent absolument pas.
De façon plus intéressante encore, le même sondage montre que 82% des Français estime inquiétant le niveau de la dette, et réclame une baisse des impôts. On admirera, dans l'article de la Tribune, l'instant de lucidité du journaliste qui admet que si l'économie pour les Français est aussi compliquée, "c'est sans doute lié à la manière dont elle est enseignée ou pas enseignée dans la plupart des cas". Contre-enseignée serait même plus juste lorsqu'on entend les absurdités qui sont parfois bruyamment relayées dans nos médias, d'autant plus, bien sûr, qu'on fournit aux patouilleurs de l'économie des chiffres si faux qu'ils font sourire, et leur permettent de soutenir mordicus des contre-vérités en toute innocence.
keynesians demotivator
Oui, les Français sont, en moyenne, incultes en économie et pour la plupart d'entre eux, c'est parce que tout aura été fait pour qu'il en soit ainsi, pour les placer dans un cocon sécurisant d'absurdités économiques rassurantes et parfaitement fausses qui ont l'énorme avantage de faire passer la pilule collectiviste sans trop de douleur en faisant croire à chacun qu'il est finalement bénéficiaire d'une mesure inique pour tous. La question qu'on peut se poser est de savoir si les Français désirent vraiment sortir de cette ignorance ou s'ils s'y complaisent joyeusement.

Si l'on s'en tient à la façon dont le pouvoir agit en matière économique, la question devient alors de savoir combien de temps durera le 
FOUTAGE DE GUEULE 
complet auquel nous assistons. Et au plus tard les Français se réveilleront, au plus importants seront les dégâts.

dimanche 18 novembre 2012

Les dévots de La pensée mythique

Quel est le point commun à ces éminences du clergé médiatique que sont Christophe Barbier, Nicolas Beytout, Dominique Seux, François Lenglet, Jean- Marc Vittori, Franz-Olivier Giesbert, Erik Izraelewicz, Eric Le Boucher, Yves de Kerdrel et consorts ? Nonobstant leurs différences, ils ont fait du « coût du travail » leur cible unique. 

Nos Excellences ne prennent du rapport Gallois que ce qui les intéresse pour fonder le raisonnement suivant : si la France va mal (et c’est le cas), si son industrie s’est rabougrie (et c’est la réalité), si elle exporte moins (et cela ne se discute pas), c’est parce que le travail coûte trop cher. En vertu de quoi, une économie massive sur les « charges » (qui sont la partie du salaire consacrée aux cotisations sociales ) devrait remettre la machine en marche et la faire repartir comme par miracle. Amen.
 
On entend cette petite musique du matin au soir, sans que personne parmi les membres du chœur susdit s’interroge le moins du monde sur les carences d’un tel raisonnement. S’il suffisait de baisser les charges pour relancer les investissements industriels, cela se saurait puisque c’est déjà le système en vogue pour les bas salaires. Si la compétitivité était indexée sur le faible niveau des salaires, la Grèce, l’Espagne et le Portugal devraient figurer dans le top du top. Si les cadeaux aux entreprises sans contre partie permettaient de stimuler le made in France, Arnaud Montebourg serait le premier à brûler un cierge pour fêter l’événement.

Les hauts dignitaires de l’Eglise médiatique ne rentrent pas dans ce genre de considérations. Le coût du travail est leur nouveau mantra, et nul ne les fera dévier de leur mission évangélisatrice. Habitués à se tromper, ils persistent et signent. Tout comme ils étaient pour le traité  de Maastricht en 1992, pour le traité européen en 2005, pour le nouveau traité européen signé par François Hollande, ils sont pour la version « coût du travail » du choc de compétitivité, notion imposée dans le débat public par les tenants de l’orthodoxie néolibérale grâce aux tergiversations d’un PS qui ne sait plus sur quel pied idéologique danser.
 
Les maîtres à (bien) penser ne parlent jamais du coût du capital, du coût des dividendes, du coût de la rente, du coût des délocalisations, du coût des fuites de capitaux, du coût des placements financiers, ou même du coût de la niche fiscale dont ils bénéficient en tant que journalistes. En revanche, le coût du travail salarié, cela les révulse au plus haut point, et ils n’hésitent pas à monter en prêche pour appeler les malheureux à se sacrifier en place publique. Au passage, ils en oublient les voix iconoclastes faisant remarquer qu’il ne faut pas mettre dans le même panier grandes et petites entreprises, et que la compétitivité dépend aussi de l’effort de recherche, de l’innovation, du financement des banques ou du patriotisme industriel, sans lequel nul ne peut résister aux conséquences de la mondialisation sauvage. Pour la nouvelle cléricature, ces considérations impies sont vouées au grand bûcher de l’Inquisition.
 
Quelqu’un a dit : « La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d’échapper aux idées anciennes. » Il s’appelait Keynes. Encore un hérétique.

Comment la pensée unique a imposé au pouvoir socialiste une ligne erronée qu'elle a ensuite reniée

Nous allons droit dans le mur. Les mesurettes cosmétiques prônées par le gouvernement ne peuvent en aucun cas sortir le pays de l'ornière dans laquelle il est embourbé, et encore moins lutter contre l'égoïsme clanique des grands patrons. Le gouvernement à cédé aux sirènes envoûtantes du discours dominant ; mais à quel prix ?

Bienvenu en panurgie
Je suis personnellement tout à fait défavorable à la ligne qu'a choisie le gouvernement en matière économique. J'entends m'en expliquer.

Mais d'abord un simple constat. Terrible. Presque déshonorant. Les mesures que le gouvernement vient d'annoncer (et devant lesquelles la droite, qui les demandait, avait, elle, reculé), l'UMP et le CAC 40 n'étaient pas les seuls à les réclamer. C'est presque l'ensemble du pouvoir médiatique qui relayait ces exigences. Radios, télés, presse écrite : un seul son de cloche, ou presque. Il fallait mettre en œuvre l'ensemble des recommandations du rapport Gallois. S'engager dans le sens tracé par la pétition patronale. Faire entendre un point de vue différent était devenu presque mission impossible.

A part cela, la pensée unique est un mythe. On vient cependant de la voir à l'œuvre. Le gouvernement a cédé. L'essentiel de ce que le CAC 40, le centre-droit et l'UMP, la gauche néolibérale et sociale-démocrate, les éditorialistes, les chroniqueurs, les commentateurs, les saltimbanques, les amuseurs et les journalistes économiques appelaient de leurs vœux, en piétinant d'impatience, a été repris à son compte par le pouvoir. Personnellement, je m'en lamente. Mais eux devraient s'en réjouir.

Au nom d'un minimum de cohérence et d'honnêteté intellectuelle, tout ce beau monde devrait saluer le tournant gouvernemental, l'applaudir, même, souligner son courage et sa pertinence, mettre en exergue cette absence de dogmatisme idéologique.

Le Point devrait titrer à la une «Bravo !», l'Express, sauter de joie, les Echos, jubiler, le patronat, exulter, le Monde, euphoriser, les éditorialistes et chroniqueurs, taper des mains en cadence - puisque, de toute façon, tout ce qu'ils disent, ils le disent en cadence -, l'UMP, se rendre un hommage à elle-même en rendant un vibrant hommage à ceux qui lui donnent raison. Eh bien, pas du tout : à l'exception de Laurence Parisot pour le Medef et, en filigrane, du Figaro - et c'est tout à leur honneur -, la droite, les éditorialistes, les commentateurs et les chroniqueurs se sont déchaînés contre les errements du pouvoir. Aucun coup de chapeau. Rien que des coups de griffe.

Classique : mais, à ce niveau, une telle inconséquence défie la raison.

Je propose, faute de mieux, cette explication : même ceux qui exigeaient que le gouvernement adopte l'analyse de la pensée unique et prenne les décisions auxquelles il s'est finalement rallié savaient que l'analyse était inadéquate et les décisions dangereuses ; mais ils les préconisaient parce que, étant convaincus que le pouvoir dit «socialiste» leur tournerait le dos, cela leur permettait de se positionner à moindre frais. Manque de chance, le gouvernement les a pris au mot. Et, puisqu'il s'est en cela déjugé, ils doivent se déjuger à leur tour. La position de l'UMP est, à cet égard, caricaturale.

Venons-en alors au fond du problème. Pourquoi cette orientation, qui revient à chercher à doper, sans garantie et de façon artificielle, une offre, au risque de laisser s'écrouler une demande et d'enclencher ainsi un processus récessionniste à l'espagnole, est-elle une erreur ? Il y a, au départ, au moins deux évidences. La première : la France a vu se creuser le déficit de son commerce extérieur alors que l'Allemagne parvenait, elle, à arrondir son excédent. Moins 75 milliards d'euros d'un côté, plus 140 milliards de l'autre. Verdict implacable. La seconde : la part des exportations françaises dans le commerce mondial en général (passant de 7,1 % à 3,9 %), et européen en particulier (de 13 % à 9 %), n'a cessé de reculer ces dix dernières années.

Donc nous sommes confrontés, à l'évidence, à un problème de compétitivité. Autrement dit, nous avons de plus en plus de mal à vendre nos productions sur un marché mondialisé, alors que d'autres restent très performants en la matière. Quelle en est la raison ?

La réponse que nous serinent les tenants de la pensée unique, c'est que notre déficit de compétitivité découle de la lourdeur des coûts du travail due à des charges, c'est-à-dire à des cotisations sociales excessives, et que, en conséquence, il faut les réduire fortement pour les remplacer par des taxes frappant les particuliers.

Curieuse évidence. J'ai été pendant vingt-deux ans chef d'entreprise, en l'occurrence d'une entreprise de main-d'œuvre, et de main-d'œuvre haut de gamme largement payée au-dessus du salaire minimum ; or, je peux l'affirmer - croix de bois, croix de fer - : il serait légitime d'incriminer la rigidité du marché du travail, une législation sociale trop pesante, les contraintes administratives et bureaucratiques, d'une façon générale, les manques de flexibilité, l'insuffisance de la concurrence chez les fournisseurs, le prix de l'énergie et des matières premières, les effets de la concentration bancaire, voire le manque de souplesse de l'impôt sur les sociétés. Mais, en revanche, le coût du travail, dont participe le niveau des charges (les charges en France sont plus lourdes que dans les pays comparables, mais les salaires généralement plus faibles), ne représente qu'une très infime cause des difficultés que rencontrent nos entreprises.

Egoïsmes familiaux et émoluments fous

Bien sûr, si on lui réduit ses charges, un patron sera ravi. Mais si on supprime le Smic et si on repasse aux 45 heures, certains seront ravis aussi.

Au demeurant, nos grands patrons du CAC 40, qui ont pétitionné pour exiger 30 milliards d'allègements de charges, pourraient s'interroger sur leurs propres responsabilités : trop faible représentation des petites et moyennes entreprises dans le panel des sociétés dont l'Etat accompagne la politique exportatrice (quand le président de la République voyage, il n'emmène dans son avion que des patrons du CAC 40) ; insuffisance des investissements dans la recherche et l'innovation ; tendance à s'accrocher trop longtemps à des productions obsolètes au lieu de préparer à temps les mutations nécessaires ; priorité donnée par beaucoup aux opérations financières au détriment du développement de la production ; restriction des réinvestissements au profit des dividendes ; manque parfois de fiabilité et de solidité des produits. A quoi on ajoutera des faiblesses dans le service après-vente et la légèreté de l'implantation dans les pays émergents (un petit tour et puis s'en vont).

Petit aparté : si l'entreprise Lacoste est passée à l'étranger, est-ce à cause du coût du travail ou de l'égoïsme des clans familiaux ? Si la société Wendel traverse des difficultés, est-ce à cause du coût du travail ou des louches manipulations des amis du baron Seillière ?

Le discours sur la nécessité de baisser le coût du travail serait plus audible si certains de ceux qui le tiennent ne s'étaient pas eux-mêmes adjugé des émoluments fous, de l'ordre de 4 à 10 millions d'euros par an.

Quand nos grands patrons exigent, à terme, une réduction progressive des dépenses publiques de l'ordre de 60 milliards d'euros (et fustigent les hausses excessives d'impôts), ils n'ont pas tort, puisqu'il conviendra, parallèlement à la réduction des déficits, de dégager, grâce à ces économies, des sommes nécessaires à une relance ciblée de la croissance.

Mais quand ils préconisent un «pacte» sans annoncer la moindre concession ou le moindre sacrifice de leur part, alors que certains ont, comme Sanofi, affiché des bénéfices de 3 à 11 milliards en 2011, ils ont tort...

... Quand ils se gardent bien de préciser dans quel secteur il conviendrait de faire des économies aussi drastiques (ce qui permet à l'extrême gauche d'affirmer que ce serait dans le domaine social et au détriment des plus fragiles), ils ont tort. Et donnent des verges pour se faire rosser.

Ce qui nous amène à rappeler certaines réalités dérangeantes. Si le coût du travail résumait la question de la productivité, la Grèce et Chypre devraient nous tailler des croupières, l'Irlande devrait flamber de mille feux, l'Espagne, où une heure de travail coûte 22 euros en moyenne contre 33 en France, devrait connaître une situation économique mirifique, tandis que le Luxembourg et la Suisse devraient vivre les affres d'une totale déliquescence. Quant au Bangladesh, pays où le coût du travail est minimum, on se demande pourquoi il ne casse pas la baraque.

- Outre que dans certains secteurs industriels de pointe, y compris l'automobile, le coût du travail en Allemagne et en France est en gros comparable (dans l'industrie manufacturière, 36,24 euros de l'heure contre 36,84 euros), le coût d'un ingénieur ou d'un technicien haut de gamme est plus élevé en Allemagne et même aux Etats-Unis : cela apparemment n'a pas handicapé les exportations allemandes. Sans compter que les voitures haut de gamme allemandes, championnes à l'exportation, sont plus chères que les voitures françaises ; de même que leurs machines-outils, malgré leur prix record, dominent le marché.

- Depuis dix ans, les charges sociales des entreprises n'ont cessé d'être réduites en France (réductions trop souvent ciblées sur les bas salaires, ce qui fut une erreur). Or, pendant le même laps de temps, la compétitivité s'est dégradée.

- Les grands patrons, dans leur manifeste, affirment que la situation s'est dramatiquement aggravée ces dix dernières années. Il y a du vrai. Mais pourquoi se sont-ils tus pendant dix ans ? Parce que l'UMP était au pouvoir ?

Quitte à y aller plus fort en direction de certaines baisses de charges, mais non répercutées sur le pouvoir d'achat ou la consommation et contre des donnant-donnant en matière d'emploi très contraignants. La droite prétend vouloir réhabiliter le travail en tant que valeur centrale. Mais alors cette question : pour elle, le travail, est-ce une richesse ou un coût ? J'en ai la conviction : les mesures que la pensée unique vient d'imposer au gouvernement, malgré quelques points positifs, ou des velléités intéressantes, loin de doper notre productivité, auront des effets plus pervers que positifs.

Si c'est malheureusement le cas - et je préfèrerais me tromper et le reconnaître -, ceux qui n'ont cessé de plaider en faveur de cette orientation, à les entendre, miraculeuse, admettront-ils qu'ils se sont et nous ont fourvoyés ?

De toutes les couleurs

Dans plusieurs grandes villes de France, des manifestations ont eu lieu, ce samedi, contre le « mariage pour tous ». Hier également, forte mobilisation, au nord de Nantes (dont l’ancien maire est aujourd’hui Premier ministre) afin d’empêcher la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, déjà rebaptisé Ayraultport ou Notre-Dame-de Hollande. La cible est désignée, au sommet de l’État. A priori, on serait bien en peine d’unir ces deux mouvements protestataires.
- L’hostilité au mariage homo rassemble très majoritairement des citoyens étiquetés à droite, citoyens parmi lesquels défilait, hier à Lyon, « en civil » le cardinal Barbarin, Primat des Gaules. L’église se veut un peu plus discrète qu’en 1984, lors du rassemblement de « L’École libre ». La montée en puissance de la hiérarchie catholique avait beaucoup contribué, à l’époque, à faire reculer le pouvoir socialiste, qui voulait intégrer les écoles privées à « un grand service public ». C’est ce précédent dont rêvent, bien entendu, les opposants au « mariage pour tous », qui ont défilé hier sous les couleurs « bleu-blanc… rose ».
- Le projet d’aéroport qui vise à favoriser le développement économique du Grand Ouest, alors qu’existe déjà l’aéroport Nantes-Atlantique, est combattu par une coalition à dominante verte, où l’une des composantes de la majorité de gauche, Europe Écologie, est en première ligne. Mais lorsqu’il s’agit de s’opposer au duo Hollande-Ayrault, Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) n’est jamais loin, pas plus que José Bové, qui fut l’un des animateurs de la « lutte du Larzac » : dix ans de guerre, de 1971 à 1981, contre l’extension d’un camp militaire, abandonnée par François Mitterrand à son arrivée au pouvoir. C’est également ce fait d’arme qui conforte les opposants à « l’Ayraultport », opposants parmi lesquels de très nombreux jeunes. Ici on est donc davantage au cœur de l’électorat majoritaire, embarras supplémentaire pour l’exécutif. Mais il aurait tort de sous-estimer l’autre mobilisation, qui elle aussi compte bien décoller.
« Bleu-blanc-rose » d’une part, « vert » d’autre part, le couple (politique) Hollande-Ayrault pourrait en voir de toutes les couleurs, avec ces deux nouveaux dossiers à risque.

Les Femen brutalisées lors de la manifestation contre le mariage gay

Des militantes du mouvement féministe Femen et des journalistes, parmi lesquels Caroline Fourest, ont été pris à partie et certains «roués de coups» à la manifestation organisée ce dimanche contre le mariage gay par l'institut Civitas, proche des catholiques intégristes. Les incidents ont eu lieu au début de la organisée à entre le ministère de la Famille (VIIIe) et l'Assemblée nationale.

«Une dizaine de militantes des Femen avaient décidé de faire une protestation pacifique et drôle, d'arriver habillées en nonnes avec des slogans humoristiques. Et quand elles se sont avancées vers les manifestants, des types les ont pris en chasse, déchainés», a raconté la journaliste et essayiste Caroline Fourest. «Les filles ont pris des coups dans toutes les parties du corps», a-t-elle ajouté.

 
«J'ai été tabassée d'abord parce que je filmais. Ils m'ont mise à terre, mon bonnet est tombé, là ils m'ont reconnue et ils m'ont poursuivie, insultée et retabassée», a relaté Caroline Fourest, disant avoir «pris des coups dans les côtes, dans un genou et dans un poignet».

Selon elle, les agresseurs étaient «une trentaine», répartis en «plusieurs petits groupes de durs». «Ils ont insulté les militantes et juré d'aller se venger au centre des Femen, dont ils ont crié l'adresse», a-t-elle ajouté. «La police a fait un cordon pour nous protéger et là, on nous a exfiltré», a-t-elle expliqué.

Des journalistes qui les avaient filmées ont également été pris à partie. Des photographes ont été «molestés», rapporte un photographe de l'AFP.

Economie : la duperie sociale-libérale

Il faut maintenant se rendre à l’évidence : la politique économique conduite par François Hollande n’a rien à voir avec ce qu’il avait laissé entendre durant la campagne présidentielle. Candidat, il avait suggéré qu’il fixerait le cap à gauche – pas à gauche toute, mais à gauche tout de même. Devenu président, voilà qu’il crée la surprise en conduisant une politique sociale-libérale.
 
Que l’on se souvienne des débats de la campagne présidentielle. A l’époque, François Hollande avait certes envoyé des signes multiples de sa prudence. Sur la politique budgétaire, en écornant le programme de son propre parti et en proposant que la réduction des déficits publics sous les 3 % du PIB soit atteinte dès 2013 et non en 2014 ou 2015. Sur la politique fiscale, en prenant insensiblement ses distances avec la « révolution » qui était aussi gravée dans le marbre du projet du PS et dont le projet phare devait être la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG. Ou encore sur la politique salariale, en préconisant la modération.
 

Mais, envers et contre tout, François Hollande a veillé à ce que la petite musique de son projet garde une sonorité de gauche. C’était la raison d’être de sa proposition d’une taxation à 75 % des revenus au-delà de 1 million d’euros, ou encore de quelques-unes de ses sorties enflammées : « Mon ennemi, c’est la finance ! »
 
Et puis, voilà qu’à peine installé à l’Elysée il met en œuvre une politique économique qui n’a plus rien à voir avec cela – une politique dont les inspirations philosophiques ont beaucoup de points communs avec les brûlots libéraux qu’ont l’habitude de produire l’OCDE et le FMI pour promouvoir ce qu’ils appellent pudiquement des « réformes structurelles ».
 
La première illustration de ce changement de cap, c’est évidemment la priorité donnée à la question du coût du travail, dont l’allégement au profit des employeurs sera payé, au moins partiellement, par les consommateurs, par le biais d’une hausse de la TVA. Car, dans ce cas, la source d’inspiration ne fait guère de doute : il suffit de lire les rapports en faveur d’un « choc de compétitivité » publiés en janvier par l’Institut de l’entreprise ou en mars par l’Institut Montaigne pour comprendre que le gouvernement a été puisé dans des rapports patronaux pour construire la charpente idéologique de sa réforme.
 
Mais cet immense transfert de charges en faveur des entre- prises et au détriment des salariés n’est pas une embardée – une sorte de concession aux milieux patronaux, comme pour les amadouer. Non ! C’est une réforme libérale qui va s’articuler avec de nombreuses autres, dont l’inspiration sera la même. Le gouvernement s’apprête, ainsi, à ouvrir un autre grand chantier, dont le chef de l’Etat n’a parlé que de manière allusive, en évoquant les 60 milliards d’euros d’économies qu’il faudra réaliser sur la durée du quinquennat, soit les 50 milliards d’euros d’économies déjà programmés auxquels il faut ajouter 10 milliards d’euros de coupes supplémentaires du fait de la réforme de la compétitivité. D’une phrase, François Hollande a levé le voile sur ce qui est en gestation : « Cela représente 1 % des dépenses publiques et nous pourrons les trouver par une réforme de l’Etat, dans la protection sociale et par une nouvelle organisation territoriale. »
 
Pour être elliptique, la formule n’en est pas moins transparente : ce ne sera pas par un durcissement uniforme des normes d’évolution des crédits budgétaires que l’objectif sera atteint, mais par une « réforme de l’Etat ». Traduction : pour ne pas éveiller de mauvais souvenirs, ce nouveau chantier ne sera pas baptisé « RGPP » (révision générale des politiques publiques), mais cela y ressemblera fort.
 
Et puis, il y a un troisième grand chantier, que François Hollande a présenté comme un « rendez-vous majeur », celui de la réforme du marché du travail, qui fait actuellement l’objet d’une concertation entre les partenaires sociaux et sur lequel, en cas d’échec, le gouvernement légiférera. Or, ce projet, même si ces contours sont encore imprécis, a une inspiration qui est bien connue : dans une logique libérale ou sociale- libérale, il s’agit d’avancer vers l’un de ces systèmes dits de « flexisécurité », dont tous les rapports de l’OCDE ou du FMI font l’apologie. Pour la gauche, il s’agit donc d’une révision doctrinale majeure : en 1981, les socialistes estimaient que « le contrat de travail à durée indéterminée redeviendra la base des relations du travail » — c’était la 22e  des « 110 propositions » ; trois décennies plus tard, les mêmes socialistes plaident en faveur de davantage de flexibilité.
 
Et c’est en cela que la politique économique surprend. Non pas qu’elle ait été amendée au fil des mois, au point de devenir un tantinet cafouilleuse ou incohérente. C’est précisément l’inverse : progressivement, on comprend que la politique qui se met en place a une cohérence forte, s’inscrivant dans une philosophie économique qui a été à l’évidence mûrement réfléchie. Mais une philosophie qui n’avait pas été affichée pendant la campagne présidentielle. 
S’il faut dire méchamment les choses, François Hollande s’expose à un procès inédit : non pas en reculade ou en reniement, mais en duperie.

Radioscopie de l’UMP

Au fond, c’est mystérieux, un parti politique! Quel est son socle psychologique? Qu’est-ce qui fait vibrer ces hommes et ces femmes qui, à rebours du scepticisme ambiant, croient encore assez à la force des idées pour payer une cotisation et s’imaginer que leur engagement va infléchir, sinon le cours de l’histoire, du moins l’issue d’un scrutin?
On a tellement pris l’habitude de mélanger électeurs et militants qu’il est intéressant d’avoir une radioscopie en grandeur réelle. Cela peut conduire à des surprises. Souvenons-nous des Verts avant l’élection présidentielle. Le cercle large de l’écologie voulait Nicolas Hulot, les membres du parti, bien plus intégristes, ont adoubé Eva Joly…
C’est ce type de nuances que va révéler le duel qui oppose François Fillon à Jean-François Copé. En d’autres temps, un tribun dédaigneux aurait conclu que c’est «bonnet blanc et blanc bonnet». Ils sont tous deux contre les 35 heures, contre le mariage entre homosexuels, contre le vote des étrangers non-européens. Mais si leurs idées sont proches, leur imaginaire et leur stratégie diffèrent.
L’UMP, qui se voyait comme une formidable machine à gagner, fait le difficile apprentissage de l’opposition. La glorieuse unanimité de façade affichée du temps de Nicolas Sarkozy a volé en éclats. Il faut, comme au parti socialiste, admettre l’existence de courants distincts.
Ce qui se joue aujourd’hui, c’est le positionnement tactique et idéologique face à la montée du Front national et à la timide renaissance du centrisme via Jean-Louis Borloo.
Si Copé gagne, ce sera le maintien de la barre à droite voulu par Sarkozy et son conseiller Patrick Buisson. Si Fillon est élu, ce sera la seconde rupture avec l’ère Sarkozy, une sorte de désaveu interne de la méthode du précédent quinquennat. C’est entendu, le duel d’aujourd’hui est microcosmique, mais il va quand même au-delà du simple choc des ambitions personnelles - et présidentielles.

La guerre des gauches continue

Tous les opposants de gauche au président socialiste – et même quelques alliés – se trouvaient ces derniers jours rassemblés dans la campagne nantaise. Bottes en caoutchouc fraîchement acquises aux pieds, tournevis à la main et n’écoutant que leur courage, ils ont libéré des maisons aux portes et aux fenêtres condamnées par les expropriateurs.
Le Larzac de M. Jean-Marc Ayrault s’appelle Notre-Dame-des-Landes. Depuis quarante ans, des opposants refusent l’implantation d’un aéroport, à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes. Malgré cette opposition, les élus ne renoncent pas à un projet qu’ils jugent indispensable, en raison de l’augmentation du trafic aérien.
Le débarquement de chefs vendredi et de manifestants hier était destiné à montrer au chef de l’État et à son Premier ministre qu’ils ont bel et bien une opposition à leur gauche, et qu’elle entend prendre toute sa place. Celle qui a davantage voté contre Nicolas Sarkozy que pour François Hollande retrouve ses vieux réflexes. Le programme du président de la République n’a rien à voir avec son combat.
Ces gauches, finalement, ne se retrouvent qu’au moment des élections. Pour le reste, à peu près tout les sépare. La gauche de la gauche est elle-même constituée de chapelles qui s’écharpent régulièrement, mais qui cherchent de temps à autre la cause qui les réunira, le refus qui les rapprochera. François Hollande se demande avec inquiétude si Notre-Dame-des-Landes sera l’un de ces ciments.
Au départ, la cause est écologique. Les Verts, qu’ils soient politiques ou bucoliques, sont présents depuis le début, mais bientôt renforcés par des militants altermondialistes et anarchistes, et rejoints désormais par des dirigeants du Parti de gauche ou du NPA. Il y a de la tactique dans ce rassemblement (être plus forts pour s’opposer à la gauche de gouvernement), mais aussi convergences des luttes.
Dans cet aéroport qui n’arrive pas à se faire, qu’on empêche de sortir de terre pour ne pas en ravager un bout, il y a le rejet de la vitesse, qui brûle et pollue ; la remise en cause de voyages éclairs qui n’apportent rien, d’échanges de marchandises dont on pourrait se passer ; la négation d’une interconnexion planétaire qui se nourrit de croissance à tout prix ; le refus d’un monde plein de bruit et de fureur.
Sous ces allures modernes, le conflit autour de Notre-Dame-des-Landes est la répétition de contradictions anciennes. D’un côté une gauche réformiste qui accepte l’épreuve de gouvernement, s’arrange un peu avec sa doctrine, mais se confronte au réel et le fait bouger. De l’autre une gauche qui ne transige pas avec la réalité et voudrait la soumettre entièrement, et reste prudemment éloignée d’un pouvoir à l’exercice duquel sa pureté ne résisterait pas.

Mariage gay : entre 70 000 et 200 000 opposants ont défilé à Paris

Arborant des T-shirts roses et des ballons bleu blanc et rose, des dizaines de milliers de personnes ont pris part samedi dans toute la à la «manif pour tous», premier grand défilé contre le projet d'ouvrir le mariage et l'adoption aux couples homosexuels. La mobilisation, qui se voulait apolitique, «transreligieuse» mais aussi «contre l'homophobie», selon ses organisateurs, a réuni plus de 100000 personnes, selon les autorités.


Dans la capitale, quelque 70000 manifestants selon la police, 200000 selon les organisateurs, ont de la place Denfert-Rochereau aux Invalides. A ,  environ 22000 personnes ont été recensées par la préfecture du Rhône, 27000 par les organisateurs, tandis qu'à Marseille, les chiffres oscillent 6000 et 8000 personnes. 4500 personnes ont également défilé à Nantes, selon la préfecture, et 2500 à Rennes.

«On est mariageophile, pas homophobe !»

«C'est un grand mouvement qui se met en marche !», a lancé au mégaphone, avant le départ du défilé parisien, l'humoriste catholique Frigide Barjot, fondatrice du Collectif «Pour l'Humanité durable», à l'initiative de la manifestation qui, dans l'après-midi a troqué son T-shirt rose pour une robe de mariée. «Nous sommes nés d'un homme et d'un femme, un enfant c'est le résultat d'un orgasme d'un homme et d'une femme», a-t-elle scandé, avant de préciser: «On est mariageophile, pas homophobe !»

Dans la foule compacte, de toutes générations et parsemée de poussettes, T-shirts et ballons bleus, blancs ou roses arboraient le même dessin de deux personnes de sexes opposés tenant deux enfants par la main. C'est un livre rouge que Frigide Barjot a brandi: le code civil. «Nous tenons à notre code civil (...), base même de notre société». «Il ne faut pas que disparaissent les mots père et mère pour laisser la place à des termes indifférenciés», a-t-elle prêché.

Plusieurs associations de gauche dans le cortège

Outre Frigide Barjot, fondatrice du Collectif «Pour l'Humanité durable», Xavier Bongibault, de «Plus gay sans mariage» (homosexuels opposés au projet de loi), ou Laurence Tcheng, de «La gauche pour le mariage républicain», font partie des organisateurs du mouvement soutenu, selon eux, par plusieurs délégations locales des Associations familiales catholiques (AFC), les Fils de France, des musulmans «patriotes», ou encore de l'association pro-vie Alliance Vita.

«Nous sommes là pour faire échec à ce projet de loi qui dénature le mariage», a déclaré Xavier Bongibault. «La majorité des homosexuels se moquent éperdument de ce projet de loi. Nous pensons qu'un enfant a besoin d'un homme et d'une femme pour évoluer correctement», a-t-il ajouté.

Présents également, des élus et personnalités politiques comme le maire DVD du Chesnay (Yvelines), Philippe Brillault, qui a indiqué que l'ancien président du Sénat Gérard Larcher, président du comité de soutien de François Fillon, devait se joindre à la manifestation.

Quelques «kiss-in» et contre-manifestations organisées

En désaccord, Fanny Neige et Anaïs, homosexuelles, étaient venues faire valoir leur point de vue, s'embrassant au vu et au su de tous. «On est là en tant que lesbiennes, parce qu'on fondera une famille qu'ils le veuillent ou non», a expliqué Fanny Neige. La provocation pacifique a reçu une réponse non moins pacifique: des applaudissements, comme l'avaient souhaité les organisateurs.  Selon Fanny Neige, quelque 1500 personnes avaient annoncé sur une page Facebook dédiée leur intention de contre-manifester par des «kiss-in».

A Marseille, Toulouse, Lyon et Rennes, plusieurs partisans du mariage gay ont été défier les opposants, suscitant quelques face-à-face tendus.

Toulouse,  Marseille et Lyon : la police s'interpose entre pro et anti 

A Toulouse, un face-à-face tendu a opposé une bonne partie de l'après-midi plusieurs milliers de personnes participant à une manifestation autorisée contre le mariage homosexuel et plusieurs centaines d'autres qui y sont favorables et dont la manifestation n'était, elle, pas autorisée. Un important cordon de policiers a dû faire le tampon entre les deux camps tout l'après-midi pour empêcher des heurts.Mais les policiers ont fini par tirer quelques gaz lacrymogènes pour libérer le passage et permettre aux manifestants contre le mariage homosexuel de suivre l'itinéraire prévu jusqu'à la place du Capitole.

A Marseille, des contre-manifestants ont déployé une banderole «votre modèle de société est mort, bienvenue à Sodome et Gomorrhe»(QUELLE BANDE DE TARÉS!) en haut de la Canebière, où la manifestation anti-mariage gay a débuté dans une ambiance tendue, les cortèges se défiant à coups d'insultes. Des grenades lacrymogènes ont été tirées par les forces de l'ordre pour empêcher tout affrontement entre les deux groupes.

A Lyon, environ 200 militants pro-mariage gay sont venus défier le cortège au départ de la manifestation. Un cordon de CRS a été dressé entre les deux groupes et les perturbateurs ont été priés de partir. Face à leur refus, la police a procédé à cinquante arrestations.


Hollande et Ayrault toujours en baisse dans les sondages

Depuis son élection en mai, François Hollande a perdu 20 points dans cet indice de satisfaction. Jean-Marc Ayrault chute, lui, de 6 points.

La cote de popularité du président François Hollande a baissé très légèrement à 41 % (- 1) en novembre tandis que celle de son Premier ministre Jean-Marc Ayrault a chuté de six points à 43 %, selon le baromètre mensuel Ifop pour le Journal du Dimanche à paraître le 18 novembre. 
S'agissant du chef de l'Etat, 58 % (+1) des personnes interrogées se déclarent "mécontentes". Le nombre des "plutôt mécontents" passe en un mois de 33% à 34% et celui des "très mécontents" reste stable à 24 %. 41% des sondés (-1) sont "satisfaits" du président de la République. 37 % (-1) sont "plutôt satisfaits", 4 % "très satisfaits".  1 % ne se prononce pas. Depuis son élection en mai, François Hollande a perdu 20 points dans cet indice de satisfaction.
Jean-Marc Ayrault perd 6 points
La cote de popularité du Premier ministre chute, elle, de 6 points. 43 % des personnes interrogées (-6) sont satisfaites de Jean-Marc Ayrault. Les "très satisfaits" ne bougent pas à 4%, mais les "plutôt satisfaits" à 39 % reculent de 6 points. 55 % (+6) sont "mécontents". Les "plutôt mécontents" progressent de 3 points à 38 % et les "très mécontents" également de 3 points à 17 %. % ne se prononcent pas. Depuis mai, la cote de popularité de François Hollande a baissé de 20 points et celle de Jean-Marc Ayrault de 22 points.
Sondage réalisé par téléphone du 8 au 16 novembre auprès d'un échantillon de 1.917 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas.

samedi 17 novembre 2012

L’escalade jusqu’où ?

L’escalade jusqu’où ? 


Préoccupante ! C'est ainsi que François Hollande a qualifié la situation d'extrême tension entre Israël et la bande de Gaza. Oui, « préoccupant », c'est bien le mot qui convient. Il traduit à la fois l'énorme inquiétude et la totale impuissance de la communauté internationale devant ce nouvel accès de fièvre au Proche-Orient. Mais faut-il s'en étonner ? La situation de « ni guerre ni paix » qui perdure dans la région a engendré une dangereuse instabilité où le calme relatif frôle sans cesse le précipice. Le drame est qu'à chaque nouvelle crise un degré supplémentaire est franchi dans le cycle fatal provocation-répression.
On mesure bien qu'un degré supplémentaire a été franchi dans l'escalade. Pour la première fois, une roquette du Hamas est tombée dans les environs de Jérusalem, alors qu'Israël accentue la mobilisation armée pour une éventuelle intervention terrestre à Gaza. Alors, l'escalade jusqu'où ? Que font les États-Unis et l'Europe en dehors de leurs dérisoires appels à la « retenue » et à la « raison » ? Rien, hélas !
C'est qu'au cours des derniers mois, le contexte a changé. Avec les révolutions arabes, et sous l'influence du Djihad islamique et des groupes salafistes, les positions se sont radicalisées. À Gaza, le Hamas lui-même est débordé par des factions extrémistes, armées par l'Iran, assumant le conflit. L'Égypte, habituel médiateur entre l'État hébreu et le Hamas, est désormais sous la pression des Frères musulmans, favorable aux Palestiniens. Le président Mohamed Morsi a prévenu que « Le Caire ne laissera pas Gaza seule ».
Plus que jamais apparaît la nécessité d'une solution politique. La fuite en envie de Benjamin Netanyahu, à deux mois et demi d'élections législatives, est une dangereuse griserie. D'opération « Plomb durci » en opération « Pilier de défense » jamais Israël n'a réglé le problème. L'aspiration d'Israël à sa sécurité et la revendication d'un État par les Palestiniens ne trouveront pas leur solution dans toujours plus de sang versé.

L'utopie du risque zéro

L'utopie du risque zéro 


Six ans de prison ferme, neuf millions d'euros de dommages et intérêts à verser aux parties civiles, interdiction de travailler pour l'administration : telle est la lourde condamnation qui a frappé, en octobre, sept experts de la commission italienne des grands risques.
En 2009, un tremblement de terre avait ravagé les Abruzzes, entraînant la mort de 309 personnes. Il est reproché aux experts de n'avoir pas prévu la catastrophe, d'avoir fourni des informations inexactes, incomplètes et contradictoires sur ces secousses qui se succédaient depuis plusieurs mois et inquiétaient les habitants. Ces scientifiques se montraient même rassurants. Cependant, le drame survient, privant des milliers de personnes de leurs habitations.
On comprend la souffrance des habitants et leur ressentiment. Mais se pose une question : est-il possible de prévoir un tremblement de terre à quelques jours près ? Non, répondent les scientifiques qui estiment, de plus, qu'en Italie ce risque est permanent. Leur condamnation a fait réagir la communauté scientifique et tous les membres de la commission grands risques ont démissionné.
Le président de la commission a estimé qu'un tel verdict, « c'est la mort de la collaboration entre l'État et les scientifiques ». Ceux-ci ne sont plus en mesure de travailler sereinement. Ceux qui seront chargés d'analyser les prévisions de risques seront enclins à multiplier les alarmes à la moindre occasion, semant ainsi la panique dans la population. Or on ne peut ni prévoir ni exclure le risque de séisme...
Non au bouc émissaire
Mais voici qu'en France, ces jours derniers, un problème de même nature est abordé. Il s'agit d'une psychiatre qui se retrouve sur le banc des prévenus. Elle est poursuivie pour homicide involontaire, après un meutre commis par un des ses patients. Le procureur a requis contre elle un an de prison avec sursis. Cinq syndicats de psychiatres la soutiennent car sa responsabilité, à leurs yeux, « apparaît pratiquement nulle » (1). « Les psychiatres ne sont pas des policiers », estiment-ils.
La psychiatrie n'est pas une science exacte. Une condamnation serait une pression qui finirait par transformer les psychiatres en « gardiens de l'ordre public ». On veut désormais que le médecin évalue la dangerosité. Dans ces conditions, « le médecin n'aura donc plus à faire un diagnostic, mais un pronostic », ce qui pousse l'Académie de médecine et le Conseil national des compagnies d'experts en justice à dénoncer « l'utopie du risque zéro ».
C'est bien ce désir de sécurité qui sous-tend ces verdicts et ces réquisitoires. Dans notre monde aseptisé, policé, régulé, organisé, on voudrait se soustraire à tout danger. S'il survient, on recherche aussitôt la cause, ce qui est normal. Mais on va plus loin, en s'efforçant de découvrir l'auteur de l'accident. Il nous faut un coupable. Ce fameux bouc émissaire que l'on peut frapper pour se soulager de sa peur et de sa colère.
Ces drames sont, en effet, des drames affreux. Mais le pire est souvent de se donner bonne conscience et de se rassurer en accusant et en condamnant même ceux qui s'efforcent de veiller pour épargner, autant qu'ils le peuvent, les dangers qui nous menaceront toujours.
(1) Le Monde, 15 novembre 2012.