samedi 20 août 2011
Règle d'or : Fillon appelle le PS à "faire preuve de responsabilité"
Le Premier ministre demande l'unité nationale face à la crise de la dette. Les socialistes lui opposent une fin de non-recevoir.
François Fillon a mis vendredi la pression sur le Parti socialiste en lui demandant de faire preuve du "sens de l'intérêt national" face à la crise de la dette et d'adopter la "règle d'or" de retour à l'équilibre budgétaire. Le PS a répondu par une fin de non-recevoir dès vendredi soir par la voix de son premier secrétaire par intérim Harlem Désir : "François Fillon appelle à l'union nationale pour payer les factures de sa gabegie fiscale."Dans une tribune parue dans Le Figaro samedi, à quatre jours du conseil des ministres et de l'annonce de nouvelles mesures d'économie budgétaire, le Premier ministre souligne qu'un retour du déficit à 3 % du PIB en 2013 est un objectif "intangible". "Devant l'ampleur de tous ces défis, j'en appelle à l'unité et au sens des responsabilités de toutes les formations politiques", écrit François Fillon, qui s'adresse surtout au PS, principale force d'opposition, à neuf mois de l'élection présidentielle. "Personne ne demande aux dirigeants socialistes français de renoncer à leurs convictions ni même à leurs ambitions légitimes. Reconnaître les efforts de la France et de l'Allemagne pour sortir de la crise, s'engager sur une règle d'or de bon sens, ce serait faire preuve de responsabilité et d'un sens de l'intérêt national qui serait à leur honneur", ajoute-t-il. "Un message d'unité nationale est encore la meilleure des réponses aux doutes des marchés et aux craintes des investisseurs", insiste François Fillon, qui doit recevoir les responsables politiques à partir du 5 septembre pour évoquer la fameuse "règle d'or" et la crise de la dette.
Tribune "politicienne" (Harlem Désir)
"François Fillon est le chef d'un gouvernement et d'une majorité qui ont mis la France en faillite", a répondu dans un communiqué Harlem Désir, accusant le Premier ministre d'avoir "fait l'union des plus riches pour se partager les cadeaux fiscaux". Les socialistes ont refusé unanimement de voter la "règle d'or" - consistant à inscrire dans la Constitution le principe de l'équilibre budgétaire - lors de son examen à l'Assemblée et au Sénat au printemps. Ils estiment que ce projet de réforme constitutionnelle est une opération politique du chef de l'État. Le gouvernement a besoin des voix des parlementaires de l'opposition pour une adoption définitive à la majorité des trois cinquièmes lors d'une éventuelle réunion du Parlement en Congrès à Versailles. Et le chef de l'État doit décider à la rentrée s'il convoquera ou non ce Congrès.
"Contrainte par ses primaires, l'opposition semble par avance répondre non, quelle que soit la question", estime François Fillon, qui déplore que "le Parti socialiste semble attaché à la multiplication des emplois publics et des contrats aidés [...]". Le Premier ministre rappelle que "le retour à un déficit de 3 % en 2013" est un objectif "intangible" Le déficit a été de 7,1 % en 2010 (5,7 % prévu en 2011). "Personne n'a le droit de mentir aux Français sur les efforts que nous devons consentir. Personne ne pourra revenir sur ces mesures qui garantissent notre souveraineté financière et sociale", ajoute le Premier ministre. Réponse d'Harlem Désir : "Au plus fort de la crise, les Français n'attendent pas du Premier ministre de publier des tribunes politiciennes, mais lui demandent un budget efficace et juste."
Royal demande le "blocage des prix des fournitures scolaires"
Pour la candidate à la primaire PS, les fournitures peuvent être vues comme des produits de première nécessité.
Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste, a demandé le "blocage des prix des fournitures scolaires", des produits "de première nécessité, en période de rentrée", jeudi dans un communiqué. "Je propose, comme je l'ai fait pour contrer la hausse du prix de l'énergie au mois d'avril, le blocage des prix de 50 produits de première nécessité, parmi lesquels pourraient figurer les fournitures scolaires, qui sont, en période de rentrée, de première nécessité", affirme la présidente de la région Poitou-Charentes."Les associations familiales dénoncent à juste titre une augmentation du coût de la rentrée scolaire. Cette hausse est particulièrement forte cette année, de l'ordre de 7 %, alors qu'elle avait été contenue lors des années précédentes car les prix d'un certain nombre de produits étaient fixes", rappelle-t-elle. "L'ordre social juste que je souhaite mettre en place comprendra un pacte pour un pouvoir d'achat équitable, qui donnera plus de pouvoir aux associations de consommateurs, moralisera les pratiques bancaires de crédits aux ménages et fera la clarté sur le niveau des prix", ajoute Ségolène Royal.
Comment le PS aurait sauvé l'Europe
Ironique, partiale et souvent injuste, cette chronique du directeur délégué de la rédaction du "Point" est à consommer avec modération...Or, voilà précisément ce que cet "incapable" de Nicolas Sarkozy n'a pas réussi. Pas un candidat à la primaire socialiste et pas un collaborateur de l'un ou l'autre de ces candidats n'a eu de mots assez durs pour vilipender ce président qui a abdiqué, qui a reculé, qui a renoncé : l'Allemagne d'Angela Merkel ne veut pas de ces euro-obligations et Nicolas Sarkozy est donc évidemment coupable de ne l'avoir pas fait changer d'avis.
C'est là qu'est notre grand regret : n'avoir pas vu Martine Aubry, ou François Hollande, ou Ségolène Royal, en pleine crise boursière, déployer tous leurs charmes pour imposer ces fameuses euro-obligations salvatrices et ne faire qu'une bouchée de l'intransigeante Angela Merkel. Car il n'est pas permis de douter, ils auraient réussi. C'est Pierre Moscovici qui le dit tout tranquillement : "Les socialistes sont capables de convaincre Mme Merkel là où Sarkozy a baissé pavillon" (Marianne du 20 août). C'est trop bête, voir ce malheureux Sarkozy se colleter laborieusement avec une Allemagne qui se permet d'avoir des idées bien à elle, alors qu'il serait si facile au PS de la mettre dans sa poche. Quelle occasion manquée : on aurait vu une France séductrice, charismatique, messianique, faire oublier ses montagnes de dettes et s'imposer sans coup férir en leader d'une Europe à elle toute dévouée. Une France membre d'une Union à 27 membres et d'une zone euro à 17 pays, être néanmoins seul maître à bord. On achète tout de suite...
En effet, "Quelques mois plus tard, Gorbatchev démissionnait", rappelle le quotidien suisse dans son éditorial, pour qui "Le parallèle entre le printemps arabe et la fin du communisme est tentant. (…) Chaque fois en effet on a bien assisté au surgissement des aspirations à la liberté dans des systèmes politiques sclérosés. (…) La fin de l'ère soviétique ou les révolutions arabes donnent le sentiment que c'est l'Histoire qui s'est remise en marche après une longue période de glaciation."
Et le quotidien suisse de conclure sur le décalage entre l'image que les russes avaient du dernier leader soviétique et "notre regard : ils ne voient pas en Gorbatchev le héros de la liberté que nos célébrons. Nous ne voyons pas dans les Frères Musulmans de vrais libérateurs. Alors qu'ils mobilisent au Caire. Une leçon à retenir de l'Histoire?"
La tempête boursière n’est pas seulement sévère pour les acteurs économiques, elle est aussi dévastatrice pour la crédibilité des dirigeants politiques. Si en France on fait davantage confiance à Angela Merkel qu’à Nicolas Sarkozy pour trouver des solutions à la crise financière, la chancelière allemande ne bénéficie même pas de ce crédit dans son propre pays...
Au-delà des jeux et des rapports de forces politiques de chaque côté du Rhin, ces deux sondages, faits en parallèle cette semaine, en disent long sur le désarroi général des opinions publiques européennes devant l’impuissance de leurs dirigeants à endiguer la crise financière. Les démocraties sont bel et bien mises à l’épreuve par la folie des marchés. Désorientées par l’imprévisibilité des réactions des «investisseurs», interloquées par l’effondrement des cours de leurs banques, étonnées par l’effet zéro voire négatif des déclarations solennelles du couple franco-allemand, nos sociétés ne savent plus quoi croire, ni qui croire.
Angela Merkel avait raison de redouter les annonces de l’Élysée, présentées comme «historiques» alors qu’elles n’étaient qu’intéressantes. Trop vagues, trop floues, trop lointaines, elles n’ont fait, en revanche, que mettre en évidence l’absence de remèdes à court terme. Les incertitudes sur la santé de l’économie américaine ont fait le reste. Au final, un cocktail hebdomadaire qui a dopé les peurs et dont les ingrédients ont déprimé... les robots informatiques qui assurent désormais automatiquement plus de la moitié des transactions.
Dans le même temps, l’autre antidote à la crise - la réduction des déficits - a montré ses limites. Avec une croissance à 0 % en France au deuxième trimestre 2011 (et à 0,1 % en Allemagne), l’objectif d’une progression de 2,25 % en 2012 est d’ores et déjà hypothéqué - sinon plombé - et avec lui tous les calculs budgétaires. Dès lors, que pèse la parole d’un François Fillon quand il affirme bravement qu’un retour à un déficit de 3 % du PIB «en 2013» est «intangible» ? Redescendre à 4,6 % en 2012 serait déjà un exploit quasiment impossible à réaliser avec une croissance qui, selon de nombreux experts, pourrait ne pas dépasser 1,5 %.
Ce n’est pas faire preuve de mauvais esprit, ni de pessimisme que de l’affirmer: ce genre de déclaration n’a aucune chance de faire retomber la fébrilité ambiante. Un simple constat mathématique. Les marchés, qu’on le veuille ou non, ne se contenteront plus du verbe. L’or d’une sérénité retrouvée n’est plus dans la promesse politique mais dans le métal, solide et froid. Un mauvais signe.
En pleine année présidentielle, et au gré de leurs prochaines universités d’été, les partis, eux, donnent le sentiment aux électeurs de passer des compromis avec la réalité, remettant sans cesse à plus tard le langage de vérité qu’ils louent. Comme s’ils avaient le temps. Comme pour les régimes, c’est toujours demain qu’on commence.
Grèce: cinq pays demandent une garantie en échange de leur participation au plan de sauvetage
Le ministre grec a tenu ces propos alors que les Pays-Bas, la Slovénie, l'Autriche et la Slovaquie ont annoncé jeudi qu'ils souhaitaient une garantie (sous la forme d'actifs déposés par le pays emprunteur). Et ce, à l'instar de la Finlande qui est parvenue à un accord cette semaine avec le gouvernement grec pour recevoir des actifs à titre de gage, en contrepartie de son aide.
Ces demandes témoignent des divisions en Europe sur les moyens de faire face à la crise de la dette qui a déjà contraint la Grèce, l'Irlande et le Portugal à demander une assistance financière, et a menacé l'Espagne et l'Italie.
Bien que le montant des actifs demandé par les cinq pays ne soit probablement pas suffisamment important pour faire couler l'accord, il pourrait faire grimper le montant total du plan de sauvetage, qui figure dans l'accord du 21 juillet des dirigeants des 17 pays membres de la zone euro.
L'accord du 21 juillet "n'est pas mis en doute, parce qu'il est d'une importance capitale pour la zone euro", a déclaré le ministre grec des Finances à la radio Skai, observant que le compromis ne concernait pas seulement son pays.
La Commission européenne a émis des objections à l'idée que des pays demandent une garantie en échange de leur participation au plan de sauvetage.
Le montant exact de la contribution de chaque pays dans le cadre du plan de 109 milliards de dollars n'est pas encore connu, car le Fonds monétaire international n'a pas fourni de précisions sur son aide, et la Grèce est toujours en négociations sur les termes du remboursement de la dette avec les banques et d'autres créanciers privés.
Une contribution moindre du secteur privé ou d'autres demandes de garantie pourraient conduire la zone euro et le FMI à mettre davantage que 109 milliards d'euros.
M. Venizelos a observé que l'accord avec la Finlande dépendait de l'approbation des autres pays membres de la zone euro.
Si des discussions sur le sujet et sur les demandes d'autres Etats ont commencé entre des représentants des ministères des Finances à Bruxelles, aucune conclusion n'était attendue cette semaine.
Les Etats membres de la zone euro doivent approuver les détails du financement du nouveau programme de renflouement -en contrepartie de mesures d'austérité-, qui fait suite à un premier plan de sauvetage de 110 milliards d'euros accordé à Athènes en mai 2010. Ces prêts ont évité à la Grèce de se retrouver en défaut de paiement.
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Le dollar se replie, mais pas face à tour le monde
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Croissance : rien ne va plus en Europe et aux Etats-Unis
Les mauvaises nouvelles s'accumulent : en Grèce, la récession sera plus forte que prévue, en France plusieurs banques ont revu leurs prévisions à la baisse, et la banque d'affaires JPMorgan Chase a fait de même pour les Etats-Unis.
Symbole d'une Europe en pleine crise de la dette, la récession s'annonce plus sévère en Grèce. Son PIB pourrait afficher un recul supérieur à 4,5% en 2011, au lieu de 3,8% prévu jusqu'ici a indiqué le ministre grec des finances Evangelos Vénizélos.
L'ensemble de la zone euro est touchée par le ralentissement économique. Le produit intérieur brut européen n'a ainsi progressé que de 0.2% par rapport au premier trimestre 2011selon Eurostat. Alors que les économistes tablaient sur une hausse de la production entre 0,3% et 0,5% en Allemagne aux deuxième trimestre, l'agence de statistique européenne, annonce une croissance à 0,1% seulement pour la première économie européenne.
Pour plusieurs banques, 2012 s'annonce mal pour la croissance en France...
En France, selon des estimations indépendantes de six banques, la croissance du PIB risque d'être inférieure à 1,4% du PIB en 2012. C'est bien moins que les prévisions de Bercy qui table encore officiellement sur une croissance à 2,25% l'année prochaine. Les économistes de Royal Bank of Scotland, BNP Paribas, JP Morgan, Morgan Stanley, Goldman Sachs et Deutsche Bank donnaient ce vendredi une prévision moyenne de 1,37% de croissance du produit intérieur brut (PIB) pour l'an prochain.
"Un certain nombre de facteurs entrent en jeu: le ralentissement de la croissance mondiale, la rigueur budgétaire accrue et les tensions financières dans l'union monétaire, donc on a du mal à voir d'où pourraient venir des signaux positifs", a expliqué à Reuters Jacques Cailloux, chef économiste Europe de Royal Bank of Scotland.
La stagnation du PIB au deuxième trimestre serait en revanche plus ponctuelle, avec, par exemple, le contrecoup de la fin de la prime à la casse automobile. Mais la contraction marquée (-0,7%) de la consommation des ménages, moteur traditionnel de l'économie, fait craindre pour 2011 une performance annuelle inférieure à la prévision officielle de 2 %.
... JP Morgan Chase fait le même constat aux Etats-Unis
De l'autre côté de l'Atlantique, JPMorgan Chase a abaissé sa prévision de croissance des Etats-Unis, pour la fin 2011 et le début de 2012, selon une note publiée ce vendredi. La banque d'affaires américaine avertit que les risques de récession restent "élevés".
Les analystes de la banque estiment que le produit intérieur brut américain progressera de 1% au quatrième trimestre, contre une prévision précédente de 2,5%. Pour le premier trimestre 2012, ils attendent une hausse de 0,5%, contre 1,5% auparavant. Pour expliquer ce recul, ils évoquent un marché immobilier en difficulté ainsi que la baisse de revenu pour les ménages américains dont le pessimisme de fait que s'accentuer.
vendredi 19 août 2011
Ces spéculateurs qui parient sur la faillite des Etats
Un investisseur détient de la dette grecque, il désire se couvrir contre le risque de banqueroute de ce pays et contracte un tel produit auprès d'un "assureur". Après tout, rien que de très normal.
Le problème est qu'il peut aussi très bien acheter un CDS sur de la dette grecque sans pour autant en détenir.
"C'est exactement comme si je m'assurais contre un incendie sur une habitation dont je ne suis ni propriétaire ni locataire. J'ai tout intérêt à ce que cette maison prenne feu pour toucher la prime", explique Paul Jorion, auteur de plusieurs ouvrages dont "Vers la crise du capitalisme américain" (Editions du Croquant).
"Les CDS sont dévoyés, ils sont aujourd?hui majoritairement utilisés pour spéculer sur la faillite des Etats. Ainsi, des fonds spéculatifs n?ayant jamais investi un euro en Grèce les ont utilisés pour parier sur la faillite de ce pays", explique cet ancien trader.
Et de mettre en garde contre un danger d'autant plus grand que ces prophéties sont souvent "auto-réalisatrices".
Plus la demande de CDS sur un pays est forte, plus les marchés vont croire qu'il est proche de la faillite, plus le taux auquel ils lui prêteront de l'argent sera élevé, ce qui mettra cet Etat en position délicate pour se financer.
La dernière phase pour le spéculateur est alors de revendre ces CDS beaucoup plus cher qu'il ne les a achetés, vu que le risque est plus élevé.
"Ce n'est pas le commun des mortels qui détient ce type de placements mais des initiés travaillant pour des hedge funds (fonds spéculatifs) ou des grandes banques", souligne Cyril Regnat, stratégiste obligataire chez Natixis.
Imaginé, en 1994, par Blythe Masters de la banque d'affaires américaine J.P. Morgan --"la femme qui a inventé les armes financières de destruction massive", selon le quotidien britannique The Guardian-- ces produits financiers ont connu un développement fulgurant.
Depuis la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, ces contrats, jusque-là essentiellement limités à l'assurance des dettes des entreprises, se sont développés pour les Etats.
"Ils sont aujourd'hui l'un des instruments les plus importants pour juger de la qualité de bon payeur d'un pays avec les notes délivrées par les agences d'évaluation financière" (Fitch, Moody's, Standard & Poor's), ce qui en fait des armes redoutables, explique M. Regnat.
Actuellement, le montant total des assurances souscrites contre une éventuelle faillite de la France représente 23 milliards de dollars, contre 17 milliards pour l'Allemagne et 5,6 milliards pour les Etats-Unis.
Preuve de l?incohérence de la situation, le contrat d'assurance sur les Etats-Unis, jugés "AA+" par les agences de notation, coûte trois fois moins que celui de la France qui détient la meilleure note possible (à "AAA").
Et s'assurer contre une banqueroute de l'Hexagone coûte plus cher aujourd'hui que pour le Mexique ou la Colombie.
Pour la Grèce, l'équation est encore plus folle. Il faut aujourd'hui débourser 10 millions de dollars pour assurer 10 millions de dette grecque sur dix ans et les investisseurs ont déserté ce marché.
"On est dans un système totalement déconnecté des fondamentaux économiques", reconnaît Eric Oynoyan, stratégiste chez BNP Paribas à Londres.
Toute tentative de régulation de ce marché opaque, car non réglementé, est restée à ce jour vaine.
En septembre 2010, la Commission européenne avait émis l'hypothèse d'interdire l'achat de CDS aux personnes ne détenant pas d'obligations de l'Etat concerné.
Mais cette mesure est à ce jour encore dans les tiroirs, de nombreux pays y étant opposés, aux premiers rangs desquels le Royaume-Uni.
Grèce/PIB: le recul atteindrait 4,5%
Le produit intérieur brut (PIB) grec pourrait se contracter de plus de 4,5% en 2011, contre 3,8% prévu jusqu'à présent a indiqué vendredi le ministre grec des Finances, Evangélos Vénizélos. "Les premières prévisions tablaient sur un recul de 3,5%, mais ensuite cela a changé (...) et nous sommes maintenant au niveau de -3,8%.-3,9%", a affirmé le ministre dans un entretien à la radio athénienne Skaï. "Désormais, il y a une fourchette de prévisions qui peut aller au-delà de -4,5%", a ajouté le ministre.
"Désormais, il y a une fourchette de prévisions qui peut aller au-delà de -4,5%, et on va voir où cela va se situer, moi je serais heureux si nous avions un meilleur résultat, mais la vérité est que la conjoncture nationale et internationale a fait empirer la récession".
Selon les estimations provisoires de l'Autorité des statistiques grecques (ASE), le PIB grec s'est fortement contracté au deuxième trimestre 2011 de 6,9% par rapport à la même période en 2010, contre 5,5% au premier trimestre. Frappée par la crise de la dette, la Grèce traverse sa troisième année de récession. En 2010, l'économie s'est contractée de 4,5% en 2010.
Cela est surtout dû à des mesures d'austérité draconiennes, comprenant des coupes salariales et des hausses des taxes sur plusieurs produits, imposées au pays depuis 2010 par ses créanciers, l'Union européenne et le Fonds monétaire international, en échange d'un prêt pour le sauver de la faillite.
Negociations sur le deuxième plan de sauvetage pas achevés avant octobre
Vénizélos a précisé dans le même entretien que les négociations sur le contenu du deuxième plan de sauvetage octroyé au pays par le Fonds monétaire international et l'Union européenne ne seront pas achevées avant la mi-octobre.
"N'attendons pas d'en avoir fini avant la première ou deuxième semaine d'octobre, car il faut que les parlements votent, et que les banques et caisses d'assurances fassent leurs procédures", a-t-il affirmé sur la radio athénienne Skaï.
Vénizélos a par ailleurs souligné que l'objectif de la Grèce "est que cela soit fini le plus vite possible", mais a relevé la complexité de la mise en oeuvre du plan, car "le secteur privé attend des garanties" de la part des Etats, tandis que "la partie publique attend que les négociations avec le secteur privé avancent favorablement".
L'échange des titres est prévu par le nouveau plan de soutien de près de 160 milliards d'euros, décidé par la zone euro réunie en sommet extraordinaire à Bruxelles le 21 juillet. La contribution du secteur privé sur une base volontaire prévue par le montage de la zone euro est à hauteur de 54 milliards d'euros sur trois ans, et 135 milliards d'euros sur dix ans.
Huit raisons pour baisser la note de la France d’ici à 2012
1) Avec la dégradation de la note américaine, un tabou a été franchi : un grand pays a perdu son triple A, et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de la première économie mondiale. Si les Etats-Unis sont abaissés, alors pourquoi pas la France ? C’est la question que tous les marchés se posent maintenant.
2) La dégradation américaine est une mauvaise nouvelle pour les pays européens déjà fragiles, et notamment l’Espagne et l’Italie. Ces deux pays pèsent lourd sur la zone euro. L’environnement économique immédiat de la France est touché. On est sorti du cas « bénin » (apparemment) de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande.
3) Pour s’en sortir, notre Napoléon comptait sur le Grouchy de la croissance économique. C’est le Blücher de la stagnation qui est arrivé. La croissance zéro de l’économie française au deuxième trimestre sonne le glas des plans budgétaires que notre gouvernement a bâtis sur la comète. Le rétablissement, s’il a lieu, sera beaucoup plus long et beaucoup plus douloureux que prévu, la croissance espérée n’étant pas au rendez-vous. Waterloo morne plaine !
4) Aujourd'hui, la France est entrée dans une spirale de la dette tout à fait classique. Et ce quelque soit le choix gouvernemental. Si l'Etat réduit ses dépenses et augmente ses recettes, il plombe un peu plus l’économie. S’il ne le fait pas, la dette augmente. Dans les deux cas, le poids relatif de la dette publique (en %du PIB) s’accroît, mettant en cause notre capacité de remboursement.
5) La « règle d’or » que cherche à vendre Sarkozy aux parlementaires, c’est du pipeau par rapport à ce qu’ont établi les Allemands : pas de vraies contraintes, pas de date butoir. La polémique politicienne que cette tentative a générée en dit long sur la clairvoyance d’une classe politique qui a été incapable d’équilibre le budget de l'Etat depuis trente-sept ans ! Il en est ainsi parce que la pression étatique est telle que les Français, qui fraudent déjà beaucoup, sont au bord de la révolte fiscale et que nos gouvernements, de droite comme de gauche, préfèrent la fuite en avant dans l’endettement. A noter en passant que des milliers d’emplois sont protégés, voire créés par certaines des « niches fiscales » qu’il s’agit de supprimer au risque d’aggraver le chômage, déjà scandaleusement élevé.
6) L’auto-destruction d’un Etat-Providence, dont la France est le champion dans l’Euroland, est aussi prévisible au bout de deux ou trois générations que le fut la faillite du système soviétique : moins d’enfants et plus de chômeurs, moins d’épargne et plus d’impôts, moins de sécurité et plus d’immigrés, et si les politiques le nient ou le dénient, les marchés, eux, le savent fort bien et en tiennent compte.
7) Les primaires socialistes vont obliger le candidat du PS à en rajouter dans la démagogie. On n’est qu’au début de la course à l’échalote monétaire.
8) La gauche elle-même a intérêt à ce que la note de la France soit dégradée avant l’échéance de la présidentielle. Sarkozy humilié par les marchés, elle serait sûre de gagner ; une fois au pouvoir, elle n’aurait pas à redouter de subir cette première, la perte du triple A par la France – même s’il y aura d’autres dégradations à venir. Souvenons-nous qu’au début de son règne François Mitterrand a dévalué le franc, non pas une fois, mais trois fois.
L’énergie “propre” dévore nos campagnes
On a déjà parlé de la façon dont l’énergie photovoltaïque peut devenir une machine dévoreuse de terrains et de ressources alimentaires. Aujourd’hui l’heure est aux centrales au biogaz qui exploitent les biomasses, c’est à dire les déchets de l’élevage, l’herbe de fenaison et autres végétaux. Ces installations seraient idéales pour se débarrasser des déjections, problème récurrent des éleveurs, et autres déchets biologiques, en améliorant leur revenu grâce à une production d’énergie qui peut-être utilisée pour l’exploitation agricole, ou vendue.
Mais si l’affairisme s’en mêle, si des investisseurs qui se fichent complètement que l’agriculture produise de la nourriture et qu’elle le fasse le mieux possible, flairent la bonne affaire et accourent, alors le biogaz peut devenir une malédiction. C’est ce qui est en train d’arriver dans de nombreuses régions de la plaine du Pô, surtout là où il y a de fortes concentrations d’élevages intensifs.
On cesse de produire de la nourriture pour produire de l'énergie
Que se passe-t-il ? De nombreux agriculteurs, aux abois en raison de la crise généralisée du secteur, se transforment en producteurs d’énergie et cessent de produire des aliments. En fait, ils se contentent de cultiver du maïs de manière intensive pour remplir des "digesteurs", générateurs de biogaz. Des investisseurs les aident et parfois les exploitent. Il y a des fermes d’élevage où les agriculteurs sont payés par ceux qui ont construit les installations pour la culture du maïs : ils sont devenus des ouvriers du secteur énergétique, ce ne sont plus des paysans.Tout a commencé en 2008, lorsqu’a été introduit un nouveau certificat vert "agricole" pour la production d’énergie électrique avec des installations de production de biogaz à partir de biomasses. De "petites" installations d’une puissance électrique ne dépassant pas 1 Mw. Mais 1 Mw, c’est beaucoup : ça a stimulé le business, parce qu’un tarif de 28 cent/kWh a été accordé à ceux qui produisent, soit trois fois le prix qu’il leur faut payer pour l’énergie produite "normalement".
C’est ainsi que le système des subventions, auquel s’ajoutent celles de l’Union européenne pour la production de maïs, a rendu la construction d’installations importantes et coûteuses (jusqu’4 millions d’euros) très rentables, d’autant plus que leur coût peut être amorti en quelques années. Rien que dans la région de Crémone [Nord], il y avait en 2007 cinq installations autorisées, il y en a aujourd’hui 130. On estime que le maïs destiné au biogaz occupe 25% des terres actuellement cultivées. D’ici à 2013 il devrait y avoir 500 installations sur l’ensemble de la Lombardie.
L'environnement et l’agriculture elle-même sont donc menacés. Quelques constatations (et lapalissades). Primo : on cesse de produire de la nourriture pour produire de l’énergie. Secundo : la monoculture intensive du maïs est délétère pour les terrains parce qu’elle fait appel à de grandes quantités d’engrais chimiques et consomme énormément d’eau, prélevée dans des nappes phréatiques de plus en plus pauvres et polluées. Sans rotation des parcelles, leur fertilité est compromise et la diffusion de parasites est facilitée – et elle est éliminée ensuite par un ajout de produits antiparasitaires.
Un marché noir des déchets biologiques
Tertio : ceux qui produisent de l’énergie en cultivant du maïs peuvent se permettre de payer des loyers beaucoup plus élevés pour les terrains, jusqu’à 1 500 euros l’hectare, ce qui crée une concurrence déloyale envers ceux qui en ont besoin pour l’élevage. C’est le même phénomène que celui qui s’est créé avec les parcs voltaïques, on répète donc la même erreur. Quarto : les installations elles-mêmes, celles d’1 Mw, sont des structures de grandes dimensions et pour les construire du terrain agricole est définitivement sacrifié.Quinto : on entend déjà des rumeurs sur la naissance d’un marché noir des déchets biologiques, comme les déchets de boucherie, vendus illégalement pour fabriquer du biogaz. Ils ne devraient jamais être utilisés comme biomasse, parce que ce qui reste de la "digestion" est ensuite répandu dans les champs pour les fertiliser, et ce type de déchet pourrait non seulement polluer, mais aussi propager des maladies.
C'est un problème d’échelle. En soi, le biogaz issu des biomasses n’aurait aucun défaut. Mais s’il est produit à des fins spéculatives et est surdimensionné, s’il intensifie la production de maïs dans le seul but de nourrir l’installation, s’il fait monter les prix du terrain, l’épuise et le pollue, alors il faut dire non. Fort et clair.
Il est certain ces problèmes doivent être mis sur la table et débattus lors des discussions sur la nouvelle Politique agricole commune (PAC) qui a débuté récemment à Bruxelles. Tôt ou tard, les subventions finiront. Les biogaz avec de grosses installations sont un cautère sur la jambe de bois de notre agriculture malade, et ce pourrait bien être le coup de grâce. Il sera en effet très difficile de revenir en arrière : les terrains fertiles ne sont pas récupérables, les nappes sont polluées, la salubrité disparaît, ceux qui s’efforcent de faire une bonne agriculture sont contraints d’arrêter face à une concurrence impitoyable et insoutenable. Agriculture industrielle, quel oxymore !
La santé va vite profiter des percées de la science
Greffe de cellules : il n’y aura plus besoin d’implanter un organe entier
Et si, au lieu de greffer un organe entier, on se contentait d’implanter quelques cellules ? L’année dernière, au centre hospitalier de Lille, l’équipe du docteur François Pattou a ainsi greffé dans l’avant-bras d’une patiente diabétique des «îlots de Langerhans», ces cellules pancréatiques chargées de la sécrétion d’insuline, l’hormone qui régule le taux de glucose du sang. Pour l’heure, ce type de greffes n’a souvent qu’un effet passager, car l’organisme finit par détruire les «intrus». Mais les médecins espèrent allonger la durée de vie de ces traitements. Cette technique n’est que l’une des possibilités offertes par la greffe cellulaire. Une autre piste consisterait à implanter des cellules souches, capables de donner naissance à des cellules spécialisées devenant, par exemple, sécréteuses d’insuline. Les cellules souches pourraient également soigner d’autres pathologies. Ainsi, ces dernières années, elles ont été utilisées pour réparer des malformations de la trachée du nouveau-né, améliorer l’état de patients atteints de sclérose en plaques ou encore pour reconstituer la peau de grands brûlés. Mieux : si les souches les plus performantes se situent dans le cordon ombilical des nouveau-nés, on en trouve partout dans l’organisme adulte. Ainsi, l’équipe de Piero Anversa, de la Harvard Medical School (Etats-Unis), vient de découvrir que même nos poumons en contiennent. A partir de telles cellules, ils ont réparé des lésions pulmonaires de souris.
Sommeil : une sieste à l’aéroport permettra de gérer le décalage horaire
Tous les spécialistes du sommeil le savent, s’autoriser une sieste est l’une des meilleures armes contre le jet lag. Mais le conseil n’est pas facile à mettre en œuvre à l’aéroport, entre deux vols… D’où le prototype de Sleep Box imaginé par Arch Group, un cabinet d’architectes russe : un espace de 3,75 mètres carrés ouvert à la location (de 15 minutes à plusieurs heures) dans les terminaux, les gares ferroviaires ou les centres commerciaux. La «box», isolée du monde extérieur, comporte un vrai lit de 2 mètres (les draps sont changés automatiquement après chaque utilisation), mais aussi un bureau escamotable avec connexion Wi-Fi.
Stérilité : les chimiothérapies n’empêcheront plus d’avoir des enfants
Première mondiale cette année au Japon ! L’équipe de Takehiko Ogawa, de l’université de Yokohama, a obtenu des spermatozoïdes matures en utilisant des cellules extraites de testicules de souriceaux nouveau-nés. Cultivées in vitro, ces cellules ont ensuite été inséminées pour finalement donner naissance à plusieurs portées de souris. Aux Etats-Unis, l’équipe de Sandra Carson, de l’Université Brown à Rhode Island, a quant à elle mis au point l’année dernière le premier ovaire artificiel à partir de cellules ovariennes prélevées chez des femmes fertiles. Cet ovaire a ensuite permis la maturation des ovules que les biologistes y avaient insérés. Ces deux avancées pourraient permettre aux jeunes garçons et aux femmes devant subir une chimiothérapie stérilisante de conserver l’espoir de fonder une famille.
Maladies cardiaques : il y aura toujours moins d’opérations à cœur ouvert
Ouvrir le thorax pour soigner le cœur, y pratiquer des pontages coronariens ou y placer des valves cardiaques pourrait bientôt appartenir au passé. «Ces dernières années, la chirurgie cardiaque a perdu beaucoup de terrain face à la cardiologie interventionnelle, et cette tendance va se confirmer à l’avenir», affirme Olivier Varenne, de l’hôpital Cochin, à Paris. Ainsi, la pose d’un «stent» (une sorte de tube métallique pour maintenir ouvertes des artères bouchées) est de plus en plus souvent préférée au pontage, une intervention chirurgicale lourde. Quant aux valves cardiaques, il est désormais possible de les poser par voie transcathéter, y compris sur des patients âgés jugés jusqu’à présent inopérables.
Antibiotiques : des virus tueront les bactéries à la place des médicaments
Devenues résistantes aux antibiotiques, certaines bactéries font planer sur les hôpitaux du monde entier une nouvelle menace sanitaire. Menace que l’on pourrait combattre à l’aide de… virus. Plus précisément de bactériophages, des virus mangeurs de bactéries. La technique est en réalité vieille de plus d’un siècle, mais avait été abandonnée avec l’avènement des antibiotiques. Seuls certains pays, dont la Géorgie, ont continué de la pratiquer, mais de manière assez artisanale. Aujourd’hui, elle fait l’objet d’un regain d’intérêt de la part des scientifiques occidentaux. Ainsi, l’année dernière, Laurent Debarbieux, microbiologiste à l’Institut Pasteur, a utilisé des bactériophages prélevés dans l’eau des égouts de Paris pour traiter, avec succès, des souris atteintes d’une infection pulmonaire, causée par une bactérie qui prolifère dans les poumons des patients atteints de mucoviscidose.
Tests diagnostics : on anticipera mieux accidents cardiaques et cancers
A l’avenir, on devrait réussir à diagnostiquer certaines maladies plus rapidement, plus facilement et à partir de simples échantillons de sang, d’urine ou même de cheveux. Ainsi, la mesure du taux de cortisol (l’hormone du stress) dans les cheveux d’hommes a montré que celui-ci y augmente trois mois avant une crise cardiaque. Certaines molécules détectables dans le sang ou dans les urines pourraient aussi perme ttre de détecter le risque de prééclampsie (une forme d’hypertension) chez la femme enceinte ou l’évolution de maladies rénales chroniques. Encore plus surprenant, des chercheurs de l’université de Haïfa, en Israël, ont mis au point l’année dernière une biopuce capable de détecter le cancer dans l’haleine expirée par les patients.
Nanomédicaments : ils remplaceront la chimiothérapie
Pour traiter les cancers ou éviter les métastases, la thérapie de choix est aujourd’hui la chimiothérapie. Mais elle n’est pas toujours efficace et inonde tout l’organisme, au risque d’effets indésirables sur les cellules et les organes sains. Un problème que sont en passe de résoudre les nanomédicaments. Délivrés en plus petite quantité et parfois de façon ciblée grâce à l’utilisation de molécules capables de reconnaître spécifiquement les cellules cancéreuses, les nanomédicaments ont déjà commencé à inonder le marché. Les Entreprises du médicament, principale association des industries pharmaceutiques françaises, estiment que le marché de la nanomédecine pourrait atteindre 170 milliards de dollars en 2015.
1. Du botox contre la migraine
Des chercheurs espagnols ont découvert il y a quelques années un effet surprise de la toxine botulique, le célèbre antirides : injectée en certains points de la tête et du cou, elle réduit la fréquence des migraines chez deux patients sur trois. On pense donc la proposer aux malades chroniques. Aux Etats-Unis, la prescription est déjà autorisée.
2. Une "imprimante" pour réparer la peau
Le Fab@Home est une imprimante capable de reproduire des objets. James Yoo, de l’université de Wake Forest (Etats-Unis), l’a utilisée pour recréer du cartilage ou de la peau : l’appareil scanne la zone à réparer et crée une image numérique en 3D, qui sert de «patron» pour projeter un gel contenant les cellules voulues, directement sur la blessure.
3. Un patch pour se faire vacciner sans piqûre
L’an dernier, des chercheurs américains ont vacciné des souris contre la grippe avec ce patch semé d’aiguilles de moins de 1 millimètre de long, qui fondent sous la peau pour y répandre le produit. La technique permet une bonne conservation des vaccins à température ambiante (selon l’OMS, la réfrigération représente 14% du coût de la vaccination) et évite les risques liés aux seringues. Il reste à lancer les tests cliniques sur l’homme.
4. Un détecteur de chute pour personnes âgées
Créée par l’urgentiste Jean-Eric Lundy, la société Vigilio planche sur ce dispositif de télésurveillance. Il s’agit d’un patch muni d’un mini-accéléromètre, qui détecte les chutes et avertit les secours si les capteurs de mouvement répartis dans le logement confirment l’immobilité, ce qui évite les fausses alertes. Une étude clinique va être menée auprès de 200 personnes.
5. Une seringue 100% automatisée
Soutenue par le pôle de compétitivité Minalogic (Grenoble), la start-up Eveon a conçu, entre autres brevets, une micropompe qui permet à ce dispositif de gérer des injections automatiques, sécurisées et ultraprécises. La société, qui a levé au total 4,5 millions d’euros depuis 2008, prévoit une mise sur le marché avant 2015.
6. Des organes cultivés en laboratoire
Fabriquer un greffon à partir d’un organe humain abîmé, ou de celui d’un animal, résoudra le manque de donneurs et le risque de rejet, car on sait déjà semer des cellules du receveur sur un organe dont on ne garde que la «charpente». L’an dernier, foie et poumons ainsi obtenus ont profité à un autre rat. En octobre dernier, au Wake Forest Baptist Medical Center (Etats-Unis), on a créé le premier foie humain issu d’un furet. En cardiologie, l’hôpital Gregorio Marañón (Madrid) espère lancer des essais cliniques d’ici trois ans.
7. Un vélo ultraléger pour garder la forme
Le designer américain John Villareal a imaginé un vélo ultraléger, au cadre en fibres de carbone. A l’avant et à l’arrière, des lampes à LED basse consommation amélioreront vision et visibilité du cycliste. L’absence de chaîne réduit le poids et les risques de panne. La transmission se ferait par des pignons. D’autres designers travaillent sur la propulsion par aimants supraconducteurs ! Après vingt ans de recherche, de telles roues «orbitales» (sans moyeu) ont été montées sur plusieurs prototypes de cycles.



















