TOUT EST DIT

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samedi 20 août 2011

Comment le PS aurait sauvé l'Europe

Ironique, partiale et souvent injuste, cette chronique du directeur délégué de la rédaction du "Point" est à consommer avec modération...
Quel dommage que les socialistes ne soient pas au pouvoir ! L'euro serait sauvé et l'Europe avec. La crise elle-même n'aurait qu'à bien se tenir. Car le PS sait exactement ce qu'il faut faire. Et ce qu'il faut faire, c'est tout simple : évidemment changer le régime fiscal, évidemment réduire les déficits, sans oublier de favoriser la croissance, mais c'est avant tout créer des euro-obligations.
Or, voilà précisément ce que cet "incapable" de Nicolas Sarkozy n'a pas réussi. Pas un candidat à la primaire socialiste et pas un collaborateur de l'un ou l'autre de ces candidats n'a eu de mots assez durs pour vilipender ce président qui a abdiqué, qui a reculé, qui a renoncé : l'Allemagne d'Angela Merkel ne veut pas de ces euro-obligations et Nicolas Sarkozy est donc évidemment coupable de ne l'avoir pas fait changer d'avis.
C'est là qu'est notre grand regret : n'avoir pas vu Martine Aubry, ou François Hollande, ou Ségolène Royal, en pleine crise boursière, déployer tous leurs charmes pour imposer ces fameuses euro-obligations salvatrices et ne faire qu'une bouchée de l'intransigeante Angela Merkel. Car il n'est pas permis de douter, ils auraient réussi. C'est Pierre Moscovici qui le dit tout tranquillement : "Les socialistes sont capables de convaincre Mme Merkel là où Sarkozy a baissé pavillon" (Marianne du 20 août). C'est trop bête, voir ce malheureux Sarkozy se colleter laborieusement avec une Allemagne qui se permet d'avoir des idées bien à elle, alors qu'il serait si facile au PS de la mettre dans sa poche. Quelle occasion manquée : on aurait vu une France séductrice, charismatique, messianique, faire oublier ses montagnes de dettes et s'imposer sans coup férir en leader d'une Europe à elle toute dévouée. Une France membre d'une Union à 27 membres et d'une zone euro à 17 pays, être néanmoins seul maître à bord. On achète tout de suite...

vendredi 15 octobre 2010

Le sale coup anti-manifestations


Au soir de chaque manifestation, c'est une coutume de s'amuser de l'écart abyssal existant entre les chiffres venus de sources syndicales ou policières. Médiatiquement, c'est toujours le chiffre syndical qui l'emporte. Normal. Qui peut faire confiance à la police, forcément vendue au pouvoir en place ? Au milieu des cortèges, donc, les centrales syndicales s'entendent sur le bon chiffre du jour. Et ce chiffre est pieusement repris, répété et retenu par tous, au point de devenir officiel. L'essentiel est qu'il soit fort, symbolique, mythique et il n'y manque jamais. 3 millions, qui dit mieux ? 3,5 millions ? Va pour 3,5 millions. Ainsi vont les enchères, promptement gravées au panthéon des luttes sociales et dans la rubrique idoine du livre des records.


On en était là quand de sombres gêneurs sont venus mettre leur sale petit nez dans ces baudruches statistiques. Mardi dernier, France Soir fait venir un institut espagnol spécialisé dans le comptage, le site Mediapart envoie sur le pavé des journalistes armés de clics-clics. L'AFP ici, France Bleue là se mettent à compter. Leurs résultats se recoupent tous : partout où ils ont oeuvré, ces enquêteurs-compteurs ont relevé des chiffres inférieurs à ceux de la police. À la louche, 80.000 à Paris quand les syndicats en annoncent 330.000. 20.000 à Marseille pour 230.000 de source syndicale. À les croire, la manifestation à 3,5 millions se dégonflerait au million.


On ne dira jamais assez le mal qu'il faut penser de ces trouble-manifestations qui gâchent le jeu social et détruisent le trompe-l'oeil syndical. Ce sont des irresponsables qui ne respectent rien. Des briseurs de rêves de grandeur. La France a besoin de grands-messes, de grands mouvements, de grandes foules pour se défouler à la hauteur des iniques réformes gouvernementales. C'est désespérer un pays que de le doucher ainsi. Mais ces pisse-froid du chiffre, saboteurs de liesse contestataire, ne l'emporteront pas si facilement. Un homme averti en valant deux, les manifestants seront demain sept millions.