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samedi 22 février 2014
Désastre électoral en vue : François Hollande en plein sauve-qui-peut
Tous les gestes et actions du président de la République n’ont désormais qu’une seule ambition : la chasse aux voix, pour éviter la Bérézina qui menace le camp socialiste aux prochaines élections municipales.
un mois du premier tour des élections municipales, c’est la mobilisation générale à l’Elysée pour éviter un désastre dans les urnes pronostiqué par les sondages. François Hollande fait donner toute la machinerie politicienne rodée pendant des années au sein du Parti socialiste et qui lui a permis de se hisser au sommet de l’Etat. Tous ses gestes n’ont désormais qu’une seule ambition : la chasse aux voix, pour éviter la Bérézina qui menace. Ainsi envoie-t-il des signaux aux jeunes par les réseaux sociaux pour les inciter à ne pas rester à l’écart de la consultation de la fin mars. De même, il fait l’éloge de la communauté musulmane qui lui avait apporté ses suffrages en 2012 et risque de se détacher de lui en raison des prises de position sur la famille et l’éducation. Par ailleurs, le Premier ministre a pris l’engagement par écrit de ne pas toucher à la situation financière des fonctionnaires. On pourrait multiplier les exemples dans tous les domaines : refus de changer le statut des intermittents du spectacle, soutien en faveur des chauffeurs de taxis, etc.
Mais là où François Hollande déploie sa stratégie ambiguë avec le plus grand machiavélisme, c’est bien à propos du chantier du pacte de responsabilité et des réformes de structure. Officiellement, tout se met en place à grands renforts de création de comités Théodule. En pratique, tout ce qui concerne les mesures concrètes susceptibles de générer des économies et de froisser certaines catégories de contribuables est mis à l’arrêt pour être reporté au-delà des élections. En revanche, on met l’accent sur la nécessité de connaître au plus vite les contreparties sur lesquelles doit s’engager le patronat, afin de bien ancrer dans l’opinion l’idée que le gouvernement n’a pas l’intention de faire des cadeaux aux riches. Et comme le pouvoir sait que les municipales ne sont que le premier volet d’une chaine de consultations qui pourraient retarder encore un peu plus les réformes, il a pris discrètement langue avec Bruxelles dans l’espoir que l’Europe accorderait de nouveaux délais à notre pays pour se mettre en règle avec les engagements pris mais jamais respectés de réduire son endettement.
Il est vrai que l’on se montre discret en haut lieu sur les dernières statistiques qui montrent que l’écart se creuse entre la France et ses voisins. En février, l’activité du secteur privé a encore fléchi, revenant à son niveau le plus bas depuis neuf mois, alors qu’elle reprend partout ailleurs. L’an dernier, le nombre des faillites a connu un record depuis 2009. Les permis de construire déposés sont en retrait sensible sur 2013, alors que la construction de logements est en baisse régulière depuis deux ans. Par ailleurs, les impôts rentrent mal, alors que les dépenses publiques ne parviennent pas à se stabiliser. Conséquence : le déficit pourrait atteindre cette année 4,3% du produit intérieur brut, ce qui commence à alerter les bailleurs de fonds internationaux. Ainsi, les taux d’intérêt des emprunts à dix ans se redressent depuis quelques semaines. Pour l’instant, l’Elysée continue d’afficher sa doctrine de vivre dans l’instant comme si chaque journée passée était gagnée, alors qu’elle est au contraire un moment de plus perdu pour le redressement du pays, qui ne fera qu’alourdir la facture qui sera présentée un jour aux Français.
samedi 10 août 2013
Mon ennemi [ce n'est plus] la finance... Pendant que Hollande se félicite des résultats de la bourse, l'économie française reste l'arme au pied
La bourse de Paris était à l'équilibre ce vendredi matin (+0,03%), après avoir atteint à l'ouverture un niveau record depuis le début de l'année en séance (4.074,64 points).
C’est la bonne surprise de l’été : après quatre saisons médiocres, la bourse de Paris a effectué un bond spectaculaire en s’affichant le 8 août à son plus haut niveau de l’année. Une performance qui n’avait pas été enregistrée depuis quinze mois et qui, si elle se confirme, pourrait mettre entre parenthèses les années de la crise vécue depuis 2008. Le coup d’envoi de cette embellie a été donné par l’annonce des résultats des grandes entreprises publiés au cours des dernières semaines et qui dépassent dans les deux tiers des cas les prévisions des analystes. Certes, quelques-uns des grands groupes du CAC 40, comme Total, la BNP, Gdf Suez ou Orange ont vu diminuer leurs profits, mais pour le reste, les performances ont été remarquables, la plupart trouvant dans les opérations internationales l’essentiel de leurs gains.
Assez étrangement, François Hollande a vu dans cette santé retrouvée de la Bourse un signe positif pour l’économie française, lui qui avait vilipendé si fortement tout ce qui touchait à la finance au cours de sa campagne pour l’élection présidentielle. C’est peut-être là aussi une évolution de son comportement sous l’effet des réalités. Mais, en l’occurrence, il opèreune erreur de diagnostic s’il y voit un signe avant-coureur de reprise de l’économie française.
Car la hausse des actions résulte d’une série de facteurs dont l’essentiel provient de l’importance des liquidités disponibles dans le monde. Les grandes banques centrales fonctionnent à guichet ouvert pour relancer la machine économique et déversent chaque jour des milliards dans les circuits financiers. Ainsi a pu être orchestrée la reprise aux Etats-Unis, qui s’est communiquée à la plupart des grands pays. Et rien ne permet de prévoir un changement de politique, tant l’activité continue à avoir besoin de soutiens. D’où les taux très bas maintenus pour favoriser les investissements, ce qui a l’inconvénient de rendre les obligations peu attractives. Les actions apparaissent ainsi aujourd’hui comme le vecteur essentiel pour enregistrer des plus values. Il y a donc une hausse quasi générale de ce compartiment de la Bourse, qui va sans doute se poursuivre, avec une prime en faveur des pays qui ont accompli les principaux efforts de redressement tels que l’Espagne et l’Italie.Comme toujours, la France se situe seulement dans la moyenne, sans exercer un rôle leader puisqu’on attend toujours de sa part les réformes structurelles réclamées par les autorités de Bruxelles.
Le marché parisien devrait connaître un début d’animation avec la reprise des grandes manœuvres dans le secteur privé. Il faut dire que depuis 2007, il s’était assoupi avec l’arrivée de la crise et qu’aucune opération de levée de fonds d’envergure n’avait été enregistrée : la dernière en date en février 2010 n’avait pas dépassé la somme de cent millions d’euros. Aujourd’hui, les experts sont confiants : les augmentations de capital et les introductions en Bourse vont se multiplier. Mais pour qu’elles se révèlent pleinement efficaces, il faudrait que l’Etat bouge à son tour et ne soit pas toujours un facteur de freinage tourné vers le passé. Il doit commencer à vivre avec son temps, en organisant sa propre mutation. Car les prévisions des experts sont unanimes : partout en Europe, les signes encourageants se multiplient, sauf en France, où c’est le règne du statu quo dans la sphère publique. Conséquence : le pouvoir d’achat stagne, voire diminue sous le poids des impôts. La Bourse n’a pas à elle seule le pouvoir de transformer l’activité. Elle poursuivra son mouvement à condition que l’intendance suive. Sinon son regain d’optimisme ne sera qu’un feu de paille.
samedi 5 janvier 2013
Principe d'irréalité : cette boulimie de projets de loi qui mine l'économie française
Pour manifester le changement, pas moins d’une quinzaine de projets de lois vont s’abattre sur le Parlement, prié de légiférer dans les domaines les plus variés. Une boulimie qui ne trompe personne...
C’est promis, c’est juré, chers compatriotes, vous allez être gouvernés. Finie la récréation, terminés les couacs qui ont émaillé les huit premiers mois de la présidence Hollande. Abandonnés les anathèmes, qui voulaient chasser du territoire certains patrons étrangers. Le ministre du redressement industriel se veut désormais le chantre de l’hospitalité pour tous ceux qui sont prêts à investir dans notre pays. Jean Marc Ayrault plaide pour un nouveau modèle français. Les ministres sont rappelés à l’ordre. Le gouvernement n’est pas une addition d’individualités, énonce le chef de l’Etat, qui invite à jouer collectif et à surmonter les querelles d’égo. Bref, c’est le grand branle-bas, la mobilisation décrétée avec une cascade de réunions placées sous un seul vocable, celui de l’emploi.
Et pour manifester le changement, la machine à fabriquer des textes va tourner à plein régime. Pas moins d’une quinzaine de projets de lois vont s’abattre sur le Parlement, prié de légiférer dans les domaines les plus variés. Cette boulimie ne risque-t-elle pas de déboucher sur une sorte de cacophonie ? « Gouverner c’est choisir » martelait Pierre Mendès-France, auquel se réfère aujourd’hui la plupart des socialistes. Pour l’instant, rien ne permet de penser que François Hollande, avec son goût pour la synthèse, ne continue pas de vouloir une chose et son contraire. La réduction des dépenses publiques est un objectif officiel, on en réaffirme le principe par une volonté affichée de réformes en profondeur, mais on continue à tourner autour du pot sans entamer vraiment le chantier.
De même, en matière de réforme du droit du travail, le gouvernement veut à la fois introduire de la flexibilité pour inciter les chefs d’entreprise à embaucher, mais il entend également sécuriser l’emploi des salariés, deux objectifs qu’il parait difficile de concilier, alors que rien ne permet pour l’instant de penser que les partenaires sociaux, saisis du dossier, parviendront à trouver la voie d’un compromis.
Par ailleurs, le gouvernement continue d’afficher un volontarisme illusoire en matière de croissance avec un objectif de 0,8% cette année, auquel personne ne croit.
Il est pourtant nécessaire de dissiper le principe d’irréalité auquel s’accroche toujours les responsables politiques, qui vise à chloroformer une partie de l’opinion : celle-ci n’est pas dupe : elle a conscience que la croissance est en panne : la consommation reste étale, les plans sociaux se multiplient avec la hausse du chômage, les impôts nouveaux minent le pouvoir d’achat. Le pessimisme et l’attentisme freinent les initiatives. La réalité voudrait que l’on fasse une place plus grande au secteur privé comme c’est le cas en Allemagne, au lieu de tout faire remonter à l’Etat. Car la patience des citoyens finira par trouver ses limites. Les prochaines manifestations contre le projet de mariage pour tous qui risquent de revêtir une certaine ampleur pourraient bien donner l’idée de descendre dans la rue pour d’autres revendications si d’ici le printemps le gouvernement n’est pas sorti des vœux pieux pour engager les véritables réformes.
dimanche 3 juin 2012
Mais qui osera enfin imposer en France l’inévitable tournant de la rigueur ?
Les marchés n'ont pas encore attaqué la
France, mais la situation pourrait se dégrader si François Hollande ne
mettait pas en œuvre de véritables mesures d'austérité.
Une étrange passivité s’est emparée du pays depuis l’élection présidentielle.
Ce n’est peut-être pas l’état de grâce, mais tout se passe comme si nos
compatriotes avaient remis les clés au nouvel occupant de l’Elysée pour
mieux s’intéresser à leurs vacances avec l’arrivée de l’été. La campagne des législatives se déroule dans une sorte d’indifférence,
en dehors de quelques particularismes locaux, au point qu’il faut
rappeler régulièrement aux Français les dates du prochain scrutin
législatif, ceux-ci considérant que l’essentiel de leur tâche a été
accompli avec le vote présidentiel.
La crise financière continue pourtant de faire rage ;
elle concerne au premier chef les pays du sud, où le financement de la
dette devient un peu plus coûteux chaque jour, alors que la France vient
de bénéficier d’un taux historiquement bas à 2,35% pour la dette à dix
ans. Avec au surplus le maintien du triple A par l’agence de notation
Moody’s, ce qui témoigne bien du dérèglement des marchés. Notre pays
profite du sauve-qui-peut général sur les valeurs refuges, selon le
vieux proverbe qu’au pays des aveugles les borgnes sont rois. Allemagne
et France, par leur taille au sein du vieux continent attirent les
capitaux qui ne peuvent tous gagner la Suisse ou les États-Unis.
Un
réconfort pour François Hollande qui savoure le démenti infligé par les
marchés à ceux qui avaient annoncé une envolée des taux avec le retour
de la gauche au pouvoir et se trouvent pris à contre-pied. Un
climat qui serait bienvenu, s’il pouvait se prolonger, pour annoncer les
réformes que le gouvernement doit mettre en œuvre, comme viennent de le
rappeler à la fois la Cour des Comptes et la Commission de Bruxelles.
La première réclame une réduction de 50 milliards d’euros du déficit
pour simplement stabiliser la dette, qui continue pour l’instant sa
progression. Pour la seconde, on ne peut se contenter d’un simple examen
des comptes publics ; il faut, étant donné l’ampleur de la crise,
remédier au plus vite aux déséquilibres macroéconomiques bien connus,
tels que la rigidité du marché du travail et la perte de compétitivité
des entreprises. La Commission précise qu’elle pourrait s’engager sur
la voie de sanctions financières en cas de carence de l’Etat.
Les
premières mesures annoncées telles que l’augmentation du SMIC, ou la
retraite à 60 ans pour certains travailleurs vont à priori à l’encontre
de ce que recommandent les rapports officiels. Mais il faut bien donner
quelques gages à ses électeurs. Car le plus dur est à venir.
Pour
éviter que « le changement c’est maintenant » ne reste un slogan désuet
de campagne, il faudra peut-être subir simultanément la double pression
de Bruxelles et des marchés pour faire bouger les lignes. Au
rythme auquel la crise se développe depuis quelques semaines dans les
pays du sud de l’Europe, il n’est pas exclu qu’un choc se produise, dont
il est impossible de prévoir les conséquences pour l’instant, mais qui
ne permettrait plus au nouveau pouvoir de se réfugier dans
l’immobilisme.
samedi 20 août 2011
La déroute des marchés emportés par la psychose de la peur
La dette terrifie les marchés mais aussi et surtout les citoyens qui prennent conscience que les États peuvent faire faillite.
C’est le retour de la grande peur en Occident. En quelques semaines, le climat a changé avec la prise de conscience d’un nouveau danger prêt à s’abattre sur les citoyens, avec un mot du langage courant qui a pris soudain une allure maléfique à la une des journaux, la dette. On n’y attachait pas trop d’importance avant la crise, on s’était habitué à vivre avec elle depuis des décennies, bien qu’elle augmentât régulièrement. Mais on ne se préoccupait pas de son financement, car l’État était là, garant en dernier ressort.
Et puis la crise de 2008 a changé brusquement le cours de l’histoire. Pour faire face à la paralysie du crédit, à la suite de la faillite de la banque Lehman Brothers, les gouvernements ont recouru massivement à la planche à billets, pour aider les banques et les entreprises à franchir la mauvaise passe.
La hausse brutale de l’endettement a eu une conséquence imprévue, mais redoutable : elle a fait disparaître un vieux tabou selon lequel les États ne pouvaient faire faillite. Le rempart absolu derrière lequel pouvait se reposer l’opinion publique s’est effondré, amenant pour la première fois les citoyens à prendre conscience qu’ils pouvaient être appelés à venir en aide à une puissance publique incapable de faire face aux difficultés de l’heure.
Le débat lamentable que vient de connaître l’Amérique sur le relèvement du plafond de la dette n’a fait qu’aviver les inquiétudes au sein de la population des Etats-Unis. Quant à l’Europe, elle évolue sans direction précise, paralysée par les égoïsmes nationaux et l’évolution divergente de ses membres. Pas étonnant dans ces conditions que le moral du public soit en berne, d’autant que les gouvernements annoncent des mesures d’austérité qui ne peuvent qu’inciter au repli sur soi. C’est la stratégie de la peur qui l’emporte aujourd’hui. Le monde est seulement engagé dans un ralentissement des perspectives de croissance, mais l’on agit déjà comme s’il était entré en récession. Alors on jette par dessus bord tout ce qui est négociable, en particulier les actions, pour se précipiter sur les actifs considérés comme les plus solides : l’or au premier chef, les devises telles que le franc suisse et le yen, les terres agricoles. Mais, en même temps, les banques répugnent de plus en plus à se prêter entre elles par crainte du retour de la situation de 2008, obligeant les banques centrales à intervenir et à supporter seules le fardeau, face à la carence des politiques.
Et pourtant la croissance est toujours là : elle devrait atteindre au moins 3% dans le monde l’an prochain. Les fusions acquisitions ne connaissent pas de trêve, signe que pour les plus audacieux l’effondrement des cours de Bourse offre des opportunités car ils gardent confiance dans l’avenir, d’autant que les pays asiatiques devraient jouent un rôle d’amortisseur. L’Occident a besoin avant tout d’un gourou pour remplacer les lunettes noires de la déprime par des roses, tant la psychologie gouverne la crise présente.
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