mardi 5 avril 2011
Kadhafi envisagerait une issue diplomatique
Muammar Kadhafi semble chercher une voie diplomatique pour sortir du conflit, alors que les États-Unis ont cessé leurs frappes qui avaient été prolongées pendant le week-end, plus de deux semaines après le début de l'intervention internationale en Libye. Dans la nuit de lundi à mardi, le porte-parole du gouvernement libyen a affirmé que le régime était prêt à négocier toute forme de réforme politique, comme des élections ou un référendum, tout en rejetant un départ du colonel Muammar Kadhafi. "Le leader (Moammar Kadhafi) est la soupape de sécurité pour le pays et pour l'unité de la population et des tribus. Nous pensons qu'il est très important pour toute transition vers un modèle démocratique et transparent", a averti Moussa Ibrahim.
Lundi soir, le dirigeant libyen a fait une apparition en public dans sa résidence de Bab el-Aziziya, à Tripoli, qui a été la cible, le 20 mars, d'un missile de la coalition, a rapporté la télévision nationale libyenne. Il s'agissait de la première apparition publique du colonel Kadhafi depuis le 22 mars. La veille, le New York Times a rapporté que deux des fils de Kadhafi, de plus en plus isolé, Seif al-Islam et Saadi, avaient proposé une transition vers une démocratie constitutionnelle qui prévoirait le retrait du pouvoir de leur père. Selon le quotidien américain, citant un diplomate sous le couvert de l'anonymat et un responsable libyen informés du projet, la transition serait pilotée par Seif al-Islam.
Défections
Le Conseil national de transition (CNT), qui représente les rebelles, a aussitôt rejeté cette idée. "Kadhafi et ses fils doivent partir avant toute négociation diplomatique", a déclaré un porte-parole du CNT, Chamseddine Abdulmelah, à Benghazi (est), fief des insurgés. Le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini a, lui aussi, estimé que Muammar Kadhafi et sa famille devaient quitter le pouvoir en Libye et que la communauté internationale devait rester unie contre les tentatives diplomatiques du régime Kadhafi de s'en sortir.
Il se référait à la tournée qu'effectue actuellement le vice-ministre libyen des Affaires étrangères Abdelati Laabidi, qui a rencontré dimanche soir à Athènes le Premier ministre grec Georges Papandréou, lundi à Ankara le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu et dans la soirée à La Valette le Premier ministre maltais Lawrence Gonzi. Après la France et le Qatar, l'Italie a décidé de reconnaître le CNT comme "le seul interlocuteur légitime", alors que le pouvoir libyen a connu un nouveau revers avec la démission, dimanche, d'un conseiller du colonel Kadhafi, Ali Triki, doyen des diplomates, quatre jours après la défection du chef de la diplomatie Moussa Koussa. Le département du Trésor des États-Unis a par ailleurs annoncé que l'ancien ministre des Affaires étrangères libyen n'était plus visé par les sanctions économiques américaines contre le régime de Tripoli.
Redéploiements
Sur le plan militaire, depuis lundi soir, plus aucun avion de combat américain n'a effectué de sortie, a annoncé un porte-parole du Pentagone, qui a toutefois souligné que les appareils se tenaient prêts à intervenir "au cas où l'Otan en ferait la demande". L'armée américaine ne devrait plus fournir désormais que des avions destinés à effectuer des ravitaillements en vol et des missions de brouillage et de surveillance. Des combats entre insurgés et loyalistes ont de nouveau eu lieu lundi près du port pétrolier de Brega, à 800 km à l'est de Tripoli, où des familles entières fuyaient les bombardements en voiture. Les rebelles ont réussi à avancer jusqu'aux abords est de la ville avant d'être repoussés par des tirs d'artillerie et d'obus des forces pro-Kadhafi, mieux armées et mieux organisées.
Le régime du colonel Kadhafi, au pouvoir depuis près de 42 ans, est la cible depuis le 15 février d'une révolte populaire qui s'est transformée en guerre civile entre insurgés et forces loyales au dirigeant. Une coalition internationale, avec à sa tête les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne, est intervenue en Libye le 19 mars, dans le cadre d'une résolution de l'ONU. L'Otan a pris, jeudi, le commandement des opérations. Le groupe de contact sur la Libye, chargé du "pilotage politique" de l'action militaire, se réunira "la semaine prochaine à Doha", a annoncé le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague. La Grande-Bretagne va renforcer les moyens aériens qu'elle a engagés, avec le déploiement dans "les prochains jours" de quatre avions supplémentaires, a indiqué le Premier ministre David Cameron, qui a effectué une visite-surprise lundi sur une base italienne où sont stationnés des appareils de la Royal Air Force, qui participent à l'opération internationale en Libye.
Misrata oubliée
Dans l'ouest du pays, les combats se poursuivaient dans le Jabal al-Gharbi, au sud-ouest de Tripoli, et à Misrata (200 km à l'est de Tripoli), ville assiégée et bombardée depuis 40 jours par les forces pro-Kadhafi où la rébellion réclame un appui aérien international. Les forces de Kadhafi bombardent "aveuglement" Misrata alors que "les avions de l'Otan, dont la mission est de protéger les civils, ne survolent même pas la région", a déploré un porte-parole des insurgés sous le couvert de l'anonymat. Dans le Jabal al-Gharbi, les pro-Kadhafi ont réussi à reprendre la ville de Ketla "après des bombardements intensifs, et maintenant, ils veulent prendre Nalout", a indiqué un habitant de Nalout.
Un navire affrété par Médecins sans frontières a quitté dimanche Misrata pour Sfax, en Tunisie, avec 60 blessés à bord. Un ferry turc, transformé en hôpital, a par ailleurs évacué dimanche 460 blessés et réfugiés de Libye, selon la presse turque, depuis Misrata et Benghazi. Les rebelles ont accusé les troupes de Kadhafi d'avoir endommagé un lieu de stockage du diesel sur l'installation pétrolière de Mislah (sud). Les prix du pétrole ont atteint de nouveaux sommets lundi à New York comme à Londres, où le baril a dépassé 120 dollars pour la première fois depuis août 2008 face à l'enlisement du conflit en Libye.
Qui eût cru que le sujet cent fois recuit pouvait encore réserver quelques surprises tardives comme un court-bouillon indéfiniment réchauffé ? La controverse sur la laïcité à la française réserve quelques instantanés savoureux.
Hier sur les ondes de France Inter, d’une bouchée fugitive, Nathalie Kosciusko-Morizet a tranché la question de l’opportunité du débat organisé ce matin par l’UMP : c’est la faute au hachis Parmentier ! C’est lui, dit-elle, qui empoisonne tant de maires confrontés à la problématique de la cantine laïque. Certains enfants ne mangeraient pas, soupçonnant la viande de ne pas être halal (ou cacher), et on apprend derechef qu’ils ne toucheraient même pas à la purée, elle-même jugée impure faute de séparation nette dans ce plat unique.
Une situation si insupportable, si on suit bien la ministre de l’Ecologie, qu’elle mérite à elle seule d’être inscrite tout en haut du menu des réflexions du parti majoritaire.
Vite, une disposition législative pour contraindre les récalcitrants à ne pas faire les difficiles — il faut empêcher les petits de s’affamer — ou une directive d’en haut pour proposer des préparations végétariennes ! La laïcité est en danger, citoyens, et le gouvernement doit intervenir, c’est ça ? Avec des décisions prises place Beauvau dès la semaine prochaine ?
Mais qui croira sérieusement que des solutions simples et respectueuses de tous ne peuvent être trouvées avec les prestataires de service à l’échelon de chaque collectivité locale ? Il est vrai que l’Education nationale n’a pas l’habitude de faire des efforts pour se préoccuper du contenu de l’assiette de nos enfants, et notamment de sa qualité diététique.
Pour que la recette concoctée ce matin par l’UMP soit bien cadrée, le ministre de l’Intérieur, lui, a été encore plus réducteur, comme on dit en cuisine.
« L’accroissement du nombre de musulmans pose problème », et il n’y a aucune raison « pour que la République leur accorde plus de droits qu’elle n’en a accordés » aux croyants des autres religions en 1905. On ne pourra pas reprocher à M. Guéant d’avoir pris des pincettes.
Il suggère sans périphrase que les musulmans pratiquants sont en faute. Qu’ils abusent. S’ils occupent la rue pour prier, c’est parce qu’ils veulent l’envahir, au mépris de leur propre dignité… Marine Le Pen avait déjà dit que l’ancien secrétaire général de l’Élysée était membre d’honneur du Front national. Il peut désormais prétendre à la carte Gold. Brice Hortefeux, décidément, n’était qu’un amateur.
Tous les arabophobes du pays — et au-delà ceux qui pensent gentiment « je n’ai rien contre les immigrés mais je trouve qu’il y en a trop » — applaudiront les petites phrases du ministre. Aideront-elles la France de 2011 à s’assumer comme elle est, et à être fière de ce qu’elle est ? C’est une autre affaire…
Une nouvelle équipe à la direction des rédactions du "Monde"
Erik Izraelewicz, directeur du Monde, a présenté, lundi 4 avril, son équipe de direction pour la rédaction. "Cette équipe, renouvelée, rajeunie et diversifiée a pour mission de mettre en œuvre rapidement les priorités du projet sur lequel j'ai été désigné", explique-t-il dans un courrier.
Sont ainsi nommés à ses côtés trois directeurs adjoints des rédactions : Serge Michel, Didier Pourquery et, le temps de la transition, Sylvie Kauffmann. Enfin la rédaction en chef sera constituée d'Eric Béziat, de Sandrine Blanchard, de Luc Bronner et de Jean-Baptiste Jacquin.
La nouvelle direction des rédactions ainsi constituée assurera la bonne marche du journal et du site au quotidien avec, en outre, les responsabilités suivantes :
- Serge Michel est notamment chargé du rapprochement entre les rédactions papier et Internet
- Didier Pourquery supervisera les transformations de l'offre du week-end
- Eric Béziat aura la charge des changements dans le déroulé du journal
- Sandrine Blanchard veillera à l'ouverture du journal à de nouvelles thématiques
- Luc Bronner coordonnera le nouveau pôle société et le pôle politique
- Jean-Baptiste Jacquin travaillera au renforcement du traitement de l'économie dans le journal
Cécile Prieur est chargée de créer au sein de la rédaction un service Société. Chef de ce service, elle aura aussi la responsabilité d'une équipe Investigation constituée, dans une première étape, de trois enquêteurs – Gérard Davet, Fabrice Lhomme et un troisième journaliste en cours de recrutement.
Franck Nouchi, rédacteur en chef, est nommé directeur du développement éditorial. Il aura en charge le développement des activités "hors-média" (conférences, voyages, édition, etc.) que le groupe souhaite développer activement ainsi que la coordination des déclinaisons papiers de la marque Le Monde, notamment la publication des hors séries et du mensuel.
Dans les jours qui viennent, l'organisation de la rédaction sera complétée et étoffée par de nouveaux recrutements afin de concevoir les transformations de l'offre week-end. Cette offre, remaniée et étoffée, sera un des axes importants du projet éditorial et l'occasion, en mariant les cultures du Monde Magazine et de M, de faire venir au Monde un public plus large – les jeunes et les femmes en particulier.
D'autres renforts seront également assurés très vite de manière à renforcer certains secteurs, et notamment la politique en vue de l'élection présidentielle.
lundi 4 avril 2011
Admettons-le : La Grèce, l'Irlande et le Portugal ont fait faillite
La communication finira par tuer la politique. Si ce n’est déjà fait...
Le parti socialiste a réussi le tour de force de rendre parfaitement fade la présentation de son programme pour la présidentielle. Il attendait ce moment clé depuis des mois et voilà qu’il le banalise en laissant le JDD en dévoiler le contenu deux jours avant la date prévue. Il faudra rappeler à Martine Aubry, si prompte à critiquer l’avidité de la presse, les vertus de la patience et les lois du teasing...
L’événement de mardi n’en sera donc pas un et la trentaine de propositions mises au point par les élus et les responsables du mouvement après de longs mois de débats et de forums aura, déjà, la tiédeur des plats laborieusement réchauffés.
Quand elle s’achève, l’attente, on le sait bien, génère souvent de la frustration . Le texte du PS n’échappe pas à cet effet pervers. Sur le fond, surtout, il souffre de l’approximation des manifestes généraux: des tissus de bonnes intentions dont on peine à mesurer la faisabilité réelle. Même si les experts de la rue de Solferino ont pris bien soin de prévoir, fût-ce à grands traits, le financement des principales mesures, le document reste dans un flou artistique qui rappelle la prose allégorique de feu l’union de la gauche des années 70. Sur la forme, c’est une édition supplémentaire des bons vieux catalogues électoraux, dont la crédibilité s’est pourtant érodée au fil des consultations et des alternances.
Tant de mois pour concocter ce manuel qui reste superficiel, cela fait beaucoup. Sur la méthode, il a le parfum vintage de... 1997, comme une profession de foi qui voudrait prendre le contre-pied du quinquennat Sarkozy. La limitation des hauts salaires des PDG des entreprises publiques est assurément un thème porteur mais essentiellement symbolique. Quant aux 300.000 emplois d’avenir promis aux jeunes, ils produisent invariablement un effet père Noël qui n’offre pas pour autant une vision durable de la lutte contre le chômage. Et laisse planer la problématique du remboursement de la dette française.
Il y a toutes les chances, de toutes façons, que ce programme reste purement indicatif. Le candidat qui sortira vainqueur des primaires en fera ce qu’il voudra: en 2007, Ségolène Royal l’avait royalement ignoré. Le PS ne peut même pas spéculer sur le profil du champion qui pourrait le porter tant François Hollande, qui gagne rapidement du terrain et dépasse désormais la première secrétaire du parti, est loin d’avoir partie perdue contre DSK.
Les nécessaires alliances pour le second tour compliqueront un peu plus la rédaction finale. Car Cécile Duflot, par exemple, a annoncé la couleur: elle monnayera la participation des Verts à un gouvernement de gauche contre un engagement de ses partenaires à sortir du nucléaire. Le type de condition-massue qui promet, à coup sûr, de sérieuses turbulences.
C'est ce lundi que le bureau national du Parti socialiste prendra connaissance de l'embryon de programme que Martine Aubry a dévoilé aux jeunes socialistes et au Journal du dimanche, hier. Alors comme ça, pendant que les ténors - souvenez-vous, on les appelait les éléphants face à Ségolène Royal, en 2007 - se déchirent pour déterminer lequel sera le meilleur candidat, la patronne travaille sur le fond. Un programme pour quoi ? Pour habiller le candidat ? Les idées ne sont pas très neuves et on retrouve même le recyclage des emplois jeunes. Les idées sont résolument roses, avec un État très présent, incitateur et stratège. Sans aller jusqu'aux nationalisations d'entreprises des années quatre-vingt cependant, mais en renforçant son pouvoir de contrainte, par exemple en obligeant les jeunes médecins à démarrer dans un désert médical. Les idées sont écolos aussi, mais opportunistes, avec l'idée d'une sortie du « tout nucléaire » à programmer. Les idées sont sociales enfin, sans oublier la sécurité, la justice ou l'éducation. Bref, les idées « sérieuses » fusent et sont assez ouvertes pour être portées par tout candidat, déclaré ou non. Or l'élection présidentielle est celle d'un nom. D'une figure. D'un personnage incarné. Le projet est moins important - qu'on le veuille ou non - que celui qui le porte. Car il faut que les Français sentent que l'élu(e) sera capable de mettre en uvre sa politique. L'être - ou le paraître - pèse plus que le contenu. Martine Aubry le sait. Son projet en vingt pages concises est un coup fin pour garder le contrôle du parti, capter l'attention, et maîtriser l'impatience des troupes en attendant le vrai scoop : la désignation de celui ou celle qui ira seul au charbon en 2012.
Des fils de Kadhafi évoqueraient le départ de leur père
Le Times ne précise pas si le colonel Kadhafi, 68 ans, souscrit à cette proposition appuyée par ses fils, Seif et Saadi el-Kadhafi. Mais une personne proche de ses fils a indiqué que le père semblait être d'accord, poursuit le journal. Les deux frères "veulent avancer pour faire changer le pays" sans leur père, relève le Times, citant une personne proche de Seif et de Saadi.
Selon le Times, la proposition d'une transition peut traduire les différences existant de longue date entre les fils de Kadhafi. Alors que Seif et Saadi ont été à l'école occidentale, leurs frères, Khamis et Mutuassim, sont considérés comme des partisans de la ligne dure, indique encore le journal. Khamis Kadhafi est à la tête d'une milice pro-gouvernementale. Quant à Mutuassim, conseiller de la sécurité nationale, il est considéré comme un rival pour Seif dans la compétition à la succession de leur père, ajoute le New York Times.
L’augmentation du gaz n’aura plus lieu. Après les 5,2 % d’aujourd’hui, les prochaines hausses seraient gelées… C’est Noël ? Non, c’est les élections, dans un an. Et tous ceux qui en rêvent le matin en se rasant sont tentés de nous promettre dès aujourd’hui qu’ils vont nous raser gratis. C’est juré, le chômage baissera, le soleil brillera, le pouvoir d’achat croîtra… Évidemment, nous avons un peu de mal à y croire. Car nous avons bien entendu jeudi que notre dette s’élevait maintenant à mille milliards et demi d’euros, que nos déficits atteignaient 136 milliards, et qu’il allait falloir éponger tout ça en quatre ou cinq ans… Dur d’imaginer qu’on y parviendra sans souffrir. Alors, si vraiment le gaz n’augmente pas ces prochains mois, un conseil : mettez l’économie réalisée de côté, elle servira à payer l’augmentation d’après la présidentielle.
dimanche 3 avril 2011
On ne s'improvise pas homme de l'ombre. Les coulisses sont une longue patience. Il y a un art de rester derrière : c'est le contraire de celui de se mettre en avant. Parler aux masses s'apprend comme une langue étrangère. Guéant a oublié que les mots sont d'autant plus lourds qu'ils tombent dans des millions d'oreilles. Le drame de Claude Guéant : celui d'avoir dû jouer les premiers après être devenu un second. Il a perdu la tête qu'il n'avait plus sur les épaules solides de Nicolas Sarkozy. Il a voulu se faire aussi gros que le beauf. C'est le pot-au-Hortefeu.
On ne se doute pas du nombre de micros, d'appareils photo et de caméras qui suivent les moindres faits et gestes de nos hommes politiques. C'est Natalie Portman sur le tapis rouge des oscars, sauf que c'est tous les jours. Le moindre des propos, des sourires ou des soupirs d'un homme politique est reproduit à l'infini sur les chaînes info et Internet. Il habite à l'intérieur d'une caisse de résonance. Ce ne sont plus ses enfants qui ne l'écoutent pas, c'est le peuple entier qui l'entend. Griserie de voir le monde nous accorder autant d'attention que nous en avons pour nous-mêmes depuis que nous sommes au monde. L'injustice que nous avons subie - ne pas être reconnus comme le centre de l'univers - est enfin réparée : nous sommes au centre de l'univers, aussi appelé poste de télévision. La tentation est alors trop forte de dire la vérité qui nous offrira le rôle final de prophète. Et la vérité, pour Guéant, c'est qu'on n'est plus chez nous.
Le pays a changé, certes, depuis notre lointaine enfance blanche, et il y a sans doute en chacun de nous - nous, les Français de plus de 50 ans, comme Claude Guéant - le désir de retourner dans cet univers idyllique où les mamans étaient décolorées et non teintes, où les papas avaient une situation et non un emploi, où la télé était en noir et blanc et non à la carte et où les banlieues étaient rouges et non noires. A l'école primaire, il y avait des maîtres, pas des instits ; au lycée, des professeurs, pas des enseignants. On sent bien dans l'entourage quinquagénaire et sexagénaire du président, et chez le président lui-même, cette nostalgie d'une société où les jeunes parlaient bien et s'habillaient mal, alors qu'aujourd'hui c'est l'inverse. Ces grands premiers de la classe des années 70 et 80 semblent vouloir refuser la planète telle qu'elle erre désormais entre guerres civiles et désastres financiers, massacres religieux et brutalités politiques, exodes et génocides, catastrophes et famines, fabriquant expulsés et réfugiés à tire-larigot. Jaurès avait bien dit que le capitalisme, c'était la guerre, mais on ne l'a pas laissé finir son croissant au café. Je me souviens d'une visite de Poto-Poto, quartier de Brazzaville, en 2006, et du commentaire de mon chauffeur : "C'est le quartier des immigrés d'Afrique de l'Ouest ." Comment les aurais-je reconnus ? Guéant se décidera-t-il à admettre que ces masses de jeunes Français ni blancs, ni chrétiens, ni très bons à l'école, sauf exception, sont chez eux chez nous ?
Pour certains commentateurs, Claude Guéant, militaire dans l'âme, ou missionnaire dans l'arme, ou mercenaire en larmes, serait allé au casse-pipe pour Nicolas Sarkozy afin de provisionner en voix FN le compte du futur candidat de la droite à l'élection présidentielle. C'est trop compliqué pour moi. Ce que je vois, c'est que Nicolas Sarkozy sera réélu en 2012 par une France qui a, pour reprendre l'expression du regretté et visionnaire Georges Marchais, glissé à droite. Le Pen ? Dans notre pays sexiste, on a toujours saccagé les femmes politiques : Garaud, Cresson, Barzach, Dati, Royal et même l'idole posthume Françoise Giroud. Ainsi que l'idole anthume Simone Veil, soigneusement tenue éloignée de la tête de l'Etat depuis sa loi sur l'avortement. C'est un vrai cimetière marin dans lequel Mlle Le Pen aura bien du mal à ne pas s'allonger. DSK ? La seule chose qu'il ait de gauche, c'est sa démarche.
Affaire Tapie : Lagarde pourrait poursuivre les députés PS qui l'accusent
La ministre de l'Économie est accusée par l'opposition d'"abus d'autorité" dans le règlement de l'affaire.
La ministre de l'Économie Christine Lagarde a annoncé samedi qu'elle envisageait de poursuivre en justice les députés socialistes qui l'accusent d'"abus d'autorité" dans le règlement de l'affaire Tapie/Crédit lyonnais. "Christine Lagarde examine les actions judiciaires susceptibles d'être engagées à l'encontre des auteurs" d'une lettre adressée à Jean-Louis Nadal, procureur près la Cour de cassation, selon un communiqué de son ministère.
Dans ce courrier, des députés PS visent expressément le choix de Christine Lagarde d'avoir recouru à un tribunal arbitral en 2008 plutôt que de s'en remettre à une cour d'appel pour régler l'affaire. C'est ce tribunal qui, après plus de 15 ans de bataille judiciaire, a condamné en 2008 le Consortium de réalisation (CDR, gérant le passif du Crédit lyonnais) à verser 285 millions d'euros de réparations à M. Tapie, dont 45 millions pour le seul préjudice moral. Les députés, qui dénoncent "la complaisance et la connivence du pouvoir" dans ce qu'ils jugent être "une affaire d'État", demandent une saisine de la Cour de justice de la République, seule habilitée à juger des ministres dans l'exercice de leur fonction.
"Ni dissimulation d'information, ni falsification"
Christine Lagarde "est déterminée à défendre très fermement sa position dans ce dossier", affirme son entourage, sans fournir plus d'indications sur le type d'action en justice envisagé. Dans son communiqué, Christine Lagarde défend point par point une "procédure transparente et respectueuse du droit" qui "ne recèle (...) ni dissimulation d'information, ni falsification". "Le recours à l'arbitrage ne constitue en aucune façon un 'abus d'autorité'", ajoute la ministre, en réaffirmant que son choix "a été fait pour sauvegarder les intérêts de l'État". "L'objectif de cette procédure était de mettre un terme de manière globale et définitive aux nombreuses procédures coûteuses (...) engagées depuis de nombreuses années et qui auraient pu se poursuivre encore plusieurs années", dit-elle. Le risque financier encouru "s'élevait à plusieurs milliards d'euros", fait-elle encore valoir.
Elle souligne que "le recours à l'arbitrage par le CDR a été jugé régulier par le tribunal administratif de Paris le 8 octobre 2009, décision confirmée en appel par la cour administrative d'appel de Paris le 31 décembre 2010", ajoutant qu'un pourvoi est en cours devant le Conseil d'État. "Au vu de ces éléments techniques et juridiques, l'accusation de détournement de fonds publics n'a pas de sens", estime la ministre. Selon elle, "toutes les sommes payées par le CDR aux liquidateurs du groupe Tapie l'ont été en vertu d'une condamnation prononcée par le tribunal arbitral dans le respect des formes et règles de droit applicables", soulignant que "cette sentence (...) a l'autorité de la chose jugée".
Pourquoi ce trouble quand François Hollande affirme à Tulle qu’il aura un destin? Rien à voir avec lui – pas seulement – mais tout à voir avec ce pays pétri d’éternels retours. La figure du notable de province et de progrès, une revendication du bon sens commun et d’une décente modération, et l’écoute du peuple, jurer qu’on nous rendra la fraternité, et la France en avant…
Et ce discours, surtout, d’où le monde et les soubresauts d’ailleurs sont absents. La Chine puis le Brésil prétendent secourir le Portugal, le monde émergent renverse l’Europe, les peuples arabes se ruent vers la liberté, la Terre se réchauffe, mais Hollande nous parle comme on nous parlait il y a trente ans, un siècle, comme si la tradition ne s’épuisait jamais de ces humanistes de préfectures, et la République n’en finissait jamais de se reproduire à l’identique.
Hollande est ainsi, ou ce qu’il en montre, tenant l’équilibre entre Chirac et Mitterrand. Il prend des notes en visite chez des marins pêcheurs, il dit "la jeunesse" comme on a toujours dit dans les banquets républicains. Rien n’est faux, mais tout est déjà vu. Peut-être at- on besoin de cela, cette éternité émolliente, cette revendication d’une normalité sans contenu défini, pour se guérir de la brutalité versatile du sarkozysme. Mais on ne se protégera pas du monde en l’ignorant. Il y a autre chose dans la geste de Hollande, que l’on devine, et qui affleure dans ses mots. Nous sommes moins l’enjeu de cette bataille que lui-même: en reconquête d’estime après avoir été tant brocardé. Son discours est une thérapie. Son introspection, ce corps reconquis à force de privations, ce sérieux devenu une seconde nature, forcé parfois, et l’on se demande alors ce qui était vrai dans ses jovialités d’antan, au temps de l’intelligence et des occasions perdues.
On a cette impression d’un homme que la vie et la politique ont martyrisé, et qui s’est fait violence, et qui nous prend à témoin de son courage, et notre écoute nourrira sa guérison. Il y a comme une supplique quand il insiste sur sa volonté de gagner, ou l’idée d’un examen qu’il passerait, devant les médias d’abord, les sondés ensuite, et qu’il atteindrait au statut de véritable candidat en épousant les canons du genre, talentueux jusque dans l’imitation. Et validé, il pourrait revivre. Cette supplique est belle mais perdue pour la politique, et l’on attend Hollande là où elle fait mal. L’Europe éclatée, les finances ruinées, le tissu social déchiré, qu’en ferait-il? En tristesse, il dit peu, quand il ne disait rien jadis au temps de la gaieté. C’est un autre invariant de la République que cette offrande de soi-même et de son rachat en guise de projet. Rarement, cette offrande aura été aussi émouvante et embarrassante que dans ce retour d’un faux gentil, vrai écorché, de notre République.
TF1: "Donner au 20 Heures un nouveau rebond"
L’érosion des audiences du 20 Heures est sensible depuis janvier. Les causes sont structurelles, avec la multiplication depuis deux ans des canaux d’information: Internet, les chaînes d’information gratuites, les chaînes de la TNT qui se positionnent aussi sur ce créneau… Le paysage audiovisuel est recomposé, toutes les chaînes historiques ont baissé. Les JT ont plutôt mieux résisté, en particulier sur TF1, alors que le public est plus volatil et qu’il n’est pas ciblé. Les causes sont aussi conjoncturelles, avec une information politique et étrangère très présente depuis janvier. Cela constitue une perte de repères pour nos téléspectateurs. Lorsque le quotidien du monde est trop lourd à porter, la tentation est de se reporter sur les programmations frontales, de fiction, sur France 3 et M6. À nous de leur montrer que ces actualités sont en lien direct avec leur quotidien.
Il n’est pas question de changement éditorial profond ou de mesures drastiques. Nous avons discuté avec le patron de la chaîne, Nonce Paolini, de la durée du journal. Le raccourcir pour une question d’audience n’a pas été notre réponse. Les trente minutes du JT ont leur utilité comme carrefour de l’antenne. Nous avons néanmoins entamé avec les équipes une réflexion globale sur l’éditorial, l’habillage et le décor de nos journaux. Ces changements interviendront à la rentrée, pour apporter une cohérence supplémentaire à l’info.
Nous voulions donner au journal un nouveau rebond. Michel Floquet est un très bon journaliste, qui a porté le 20 Heures avec Laurence Ferrari depuis le début. Son départ n’est lié à aucune faute: il fallait simplement redémarrer la machine, faire en sorte de recréer une nouvelle alchimie entre présentateur et rédacteur en chef. Michel Floquet exercera ses talents de grand reporter à Washington et est remplacé par Anne de Coudenhove, la rédactrice en chef du 13-heures.
Non. Il n’a pas été approché. C’est un excellent journaliste, mais nous avons sur TF1 Jean-Pierre Pernaut, Claire Chazal et Laurence Ferrari, qui font les meilleures audiences d’Europe sur leurs JT respectifs. Je ne vois pas pourquoi nous les remplacerions. Ce serait un choix curieux, inenvisageable. Le 20 Heures de TF1 rassemble entre 1,8 et 2,5millions de téléspectateurs de plus que France 2. Laurence Ferrari et Claire Chazal font parfaitement le job.
Harry a souhaité se consacrer aux émissions Sept à huit et Harry en immersion. Il a pris sa décision dès le mois de septembre: nous en avons discuté pendant plusieurs mois, je me suis battue! Arrêter de présenter le 20 Heures est une décision qui peut paraître surprenante. Il l’a fait, même si ce n’était pas facile. Ce n’est pas un choix par dépit, c’est un choix mûri. Harry Roselmack est une figure emblématique de l’information à TF1. Nous réfléchissons à de nouveaux projets avec lui.
Oui, il restera, ce n’est pas une transition. Gilles Bouleau a un profil complet de correspondant à Londres et Washington, de présentateur. Il prendra ses fonctions de joker en juin, pour remplacer Laurence Ferrari pendant ses congés d’été. Il occupera également un poste au côté du directeur de la rédaction, comme appui éditorial.
Roselmack, qui décide de quitter
son poste, le rédacteur en chef du
journal remercié, des audiences en
dents de scie depuis janvier… Le
journal de 20heures de TF1 – le premier
d’Europe – a été bousculé ces
dernières semaines. En février, sa
part d’audience a reculé à 27 %
(7,9millions de téléspectateurs). En
mars, elle atteignait 26,8% (6,8millions
de téléspectateurs), réduisant
de plus en plus l’écart avec France
2. Catherine Nayl, la patronne de l’information
de la chaîne, revient pour
le JDD sur les changements en
cours, destinés à enrayer la baisse.
Et conforte Laurence Ferrari, qui
animera le rendez-vous présidentiel
mensuel de la chaîne.
Pourquoi y a-t-il une érosion des
audiences du journal de 20 heures ?
L’érosion des audiences du 20 Heures
est sensible depuis janvier. Les
causes sont structurelles, avec la
multiplication depuis deux ans des
canaux d’information: Internet, les
chaînes d’information gratuites, les
chaînes de la TNT qui se positionnent
aussi sur ce créneau… Le paysage
audiovisuel est recomposé, toutes
les chaînes historiques ont
baissé. Les JT ont plutôt mieux résisté,
en particulier sur TF1, alors
que le public est plus volatil et qu’il
n’est pas ciblé. Les causes sont aussi
conjoncturelles, avec une information
politique et étrangère très présente
depuis janvier. Cela constitue
une perte de repères pour nos téléspectateurs.
Lorsque le quotidien
du monde est trop lourd à porter, la
tentation est de se reporter sur les
programmations frontales, de fiction,
sur France 3 et M6. À nous de
leur montrer que ces actualités sont
en lien direct avec leur quotidien.
Quelles évolutions souhaitezvous
pour pallier cette baisse ?
Il n’est pas question de changement
éditorial profond ou de mesures
drastiques. Nous avons discuté avec
le patron de la chaîne, Nonce Paolini,
de la durée du journal. Le raccourcir
pour une question d’audience
n’a pas été notre réponse.
Les trente minutes du JT ont leur
utilité comme carrefour de l’antenne.
Nous avons néanmoins entamé
avec les équipes une réflexion
globale sur l’éditorial, l’habillage
et le décor de nos journaux. Ces
changements interviendront à la
rentrée, pour apporter une cohérence
supplémentaire à l’info.
Mais vous avez, d’ores et déjà,
changé de rédacteur en chef
pour le 20 Heures…
Nous voulions donner au journal
un nouveau rebond. Michel Floquet
est un très bon journaliste, qui a
porté le 20 Heures avec Laurence
Ferrari depuis le début. Son départ
n’est lié à aucune faute : il fallait
simplement redémarrer la machine,
faire en sorte de recréer une
nouvelle alchimie entre présentateur
et rédacteur en chef. Michel
Floquet exercera ses talents de
grand reporter à Washington et est
remplacé par Anne de Coudenhove,
la rédactrice en chef du 13-heures.
L’arrivée sur TF1 de Laurent
Delahousse, le présentateur
de France 2, est-elle envisagée ?
Non. Il n’a pas été approché. C’est
un excellent journaliste, mais nous
avons sur TF1 Jean-Pierre Pernaut,
Claire Chazal et Laurence Ferrari,
qui font les meilleures audiences
d’Europe sur leurs JT respectifs. Je
ne vois pas pourquoi nous les remplacerions.
Ce serait un choix curieux,
inenvisageable. Le 20 Heures
de TF1 rassemble entre 1,8 et 2,5millions
de téléspectateurs de plus que
France 2. Laurence Ferrari et Claire
Chazal font parfaitement le job.
Avez-vous de nouveaux projets
pour Harry Roselmack,
qui a choisi de ne plus rester
joker de Laurence Ferrari ?
Harry a souhaité se consacrer aux
émissions Sept à huit et Harry en
immersion. Il a pris sa décision dès
le mois de septembre: nous en avons
discuté pendant plusieurs mois, je
me suis battue! Arrêter de présenter
le 20 Heures est une décision qui
peut paraître surprenante. Il l’a fait,
même si ce n’était pas facile. Ce n’est
pas un choix par dépit, c’est un choix
mûri. Harry Roselmack est une figure
emblématique de l’information
à TF1. Nous réfléchissons à de nouveaux
projets avec lui.
Gilles Bouleau, qui le remplace,
fera-t-il la transition ou resterat-
il à ce poste à la rentrée ?
Oui, il restera, ce n’est pas une
transition. Gilles Bouleau a un profil
complet de correspondant à
Londres et Washington, de présentateur.
Il prendra ses fonctions
de joker en juin, pour remplacer
Laurence Ferrari pendant ses
congés d’été. Il occupera également
un poste au côté du directeur
de la rédaction, comme appui
éditorial. g














