TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

samedi 27 mars 2010

Après leur succès au scrutin régional, les socialistes face au syndrome de 2004

Le quasi-sans-faute de la gauche aux élections régionales n'a pas seulement sonné comme une victoire. Il marque aussi un vrai changement d'état d'esprit. Désormais, les socialistes croient que Nicolas Sarkozy peut être battu en 2012. L'écart avec l'UMP, privée de réserves de voix, s'est creusé davantage que prévu et - autre bonne surprise - les relations sont au beau fixe avec les alliés écologistes qui, au premier tour, avaient pourtant insisté pour se présenter sous leurs propres couleurs.
Pourtant, le conseil national du PS réuni samedi 27 mars, à Paris, salle de la Mutualité, ne devait accorder qu'une petite heure à l'analyse des résultats - forcément avantageuse - des élections régionales. Pas question de verser dans l'excès d'autocélébration. Le parlement du PS devait être essentiellement consacré à lancer une "mobilisation générale pour la défense des territoires" menacés par la réforme du gouvernement.

Depuis le 21 mars au soir, les leaders socialistes font assaut de modestie. A travers cette "victoire sans précédent", Martine Aubry discerne "un encouragement mais aussi une exigence" et Ségolène Royal "beaucoup d'obligations". "Pour en arriver là, admet Claude Bartolone, proche de la première secrétaire, n'oublions pas qu'il aura fallu que Nicolas Sarkozy commette des erreurs considérables."

HU-MI-LI-TÉ

Bref, le PS a trouvé son maître mot : hu-mi-li-té. Cette circonspection n'est pas seulement dictée par le niveau élevé de l'abstention. Elle recouvre un réflexe de défense, né de l'expérience des dernières élections régionales, il y a six ans. Marqué lui aussi par un succès retentissant de la gauche, ce scrutin de 2004 devait annoncer d'autres victoires. Il ne put empêcher une nouvelle déconvenue - la troisième d'affilée - de la gauche à l'élection présidentielle de 2007. Les socialistes avaient négligé leur projet et s'étaient laissés aller à leurs divisions, exacerbées par le débat autour du référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005. La leçon a été retenue assurent, unanimes, les dirigeants du PS décidés à ne pas succomber, une nouvelle fois, au syndrome de 2004 en s'imaginant que le grand balancier de l'alternance est en branle et qu'il suffirait simplement de l'accompagner.

Répétant que "2010 sera l'année du projet", les socialistes préparent leurs prochaines conventions thématiques. Elles porteront sur la définition d'un "nouveau modèle économique", les conditions de "l'égalité réelle", ou encore les questions internationales. Le risque est de s'en tenir à des principes ou au rappel de grandes valeurs sans parvenir à articuler des propositions précises sur les sujets d'actualité comme la réforme des retraites ou la fiscalité. Du projet, assure Mme Aubry, découleront les modalités d'une alliance privilégiée avec les écologistes. En attendant, le débat est déjà lancé autour de l'opportunité d'une candidature commune dès le premier tour de la présidentielle.

Quant aux candidats à l'investiture, ils font preuve, hormis Manuel Valls, d'une prudente réserve. De Mme Aubry à Mme Royal, en passant par François Hollande ou Laurent Fabius, chacun assure que les choses sérieuses débuteront lorsque le processus des primaires sera engagé, en 2011. Malheur à celui ou à celle qui donnera le signal de la reprise de ce que Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, appelle "la sarabande des ego".

"Pourvu que ça dure...", grince un dirigeant.
Jean-Michel Normand

ÉTONNANT, NON ? MAIS NON, C'EST VRAI ! LE PS N'EST QU'UN CONGLOMÉRAT D'EGOS SUR-DIMENTIONNÉS.

ELLE


est ronde

Punchy poncho Gucci 165€ chemise 265€ collier374€
Trench Max Mara 949€
Robe Bel Air 75€
Combinaison-pantalon Hermès 2400€
Besace toile 2100€ (j'ai déjà oublié la marque)
Robe débardeur Zadig et Voltaire 125€
Robe Lanvin 1490€
Blazer Old England 595€
Robe longue Hermès 2300€
Cape sur mousseline Chloé 4951€ + 2391€ (chaussures 590€)
Blouson XXL Ventcouvert 650€
Il y a quelque part aussi un jean qui traine à 139€ (aller je le donne!)
Je n'ai pas fait le total, j'ai déjà mal à la tête, le tourni, quoi !
Après ça comment ne peut-on pas se retrouver:


à poil ?
J'aime les rondes c'est vrai. Surtout quand elles ont un porte monnaie aussi rond qu'elles.

L'échec électoral du MoDem et son avenir politique au menu d'un conseil national

Une semaine après les régionales, le Mouvement démocrate (MoDem) a convoqué pour le 26 mars un conseil national pour tirer un bilan de son échec électoral et tenter de tracer des perspectives d'avenir alors que les militants s'interrogent sur la capacité de leur parti à rebondir. "Notre mouvement traverse un moment rude, avec turbulences et polémiques. Tout cela est à peu près inévitable lorsque se rencontrent des résultats électoraux comme ceux que nous avons obtenus", confesse François Bayrou dans un courrier aux conseillers nationaux de son parti. Après son succès à la présidentielle de 2007 (18,5 %), le leader centriste a accumulé les échecs électoraux, son parti totalisant aux régionales 4,2 % des voix, soit moins de la moitié de son score aux européennes (8,45 %).

Le MoDem, qui se rêvait pivot d'une refondation politique autour d'un arc central brisant la traditionnelle opposition gauche-droite, se retrouve marginalisé, avec une ardoise de 1,5 à 2 millions d'euros de frais de campagne à assumer (seuls les partis ayant atteint cinq pour cent sont remboursés, NDLR). "On ne laissera pas tomber nos candidats", dit-on au MoDem, où l'on évoque "un appel aux dons et un petit emprunt". En interne, militants et cadres s'interrogent sur l'avenir du mouvement. D'autres, comme la vice-présidente Corinne Lepage, ont déjà quitté le navire . "Certaines attitudes, bien sûr, sont décevantes ou choquantes, mais c'est la loi du genre. Je n'ai pas l'intention de m'arrêter à ce qui nous tire vers le bas", explique François Bayrou dans son courrier.

"Echec de la stratégie présidentielle" de Bayrou

Samedi, dans des locaux de l'Assemblée nationale, quelque 150 cadres centristes doivent se retrouver à huis clos pour tenter d'analyser l'échec et les possibilités pour le parti de rebondir. "La responsabilité est collective, on n'a pas su faire passer le message", estime la sénatrice Jacqueline Gourault. "Si on pouvait avoir un vrai débat sur le pourquoi de la disparition de notre électorat, comment nous rendre crédible ! Mais ce n'est pas en une matinée que l'on va répondre à cela", explique l'eurodéputé Jean-Luc Bennahmias. Selon une étude OpinionWay, 51 % de l'électorat de Bayrou à la présidentielle de 2007 se sont abstenus aux régionales, 15 % sont allés à gauche, 12 % à droite, 11 % à Europe Ecologie et seulement 7% au MoDem.

Depuis plusieurs semaines, le débat s'est déjà installé sur Internet où l'on se déchire sur la stratégie d'indépendance du parti, la question de la démocratie interne. "La débâcle électorale appelle un bilan et un nouvel élan", écrit Clotilde Rippoull, cadre du Languedoc-Roussillon en pointant "l'échec de la stratégie présidentielle hyper personnelle" de Bayrou. "La survie du MoDem est en jeu", dit-elle. Dans une tribune titrée "des raisons d'espérer" publiée mercredi sur le site du MoDem, Marielle de Sarnez, bras droit de François Bayrou, tente de rassurer les militants. "Entre une UMP qui regarde vers la droite et une gauche qui a renoncé à changer, l'espace du centre existe", dit-elle, en expliquant que "l'on ne construit pas un parti durable en quelques mois".

Pour elle, "les prochaines échéances (présidentielle, législatives, NDLR) seront la dernière opportunité, la dernière chance d'offrir un avenir aux générations futures". "L'état du pays imposera des choix courageux. A nous de les incarner", ajoute-elle. "Je ne dis pas que nous ne traversons pas des moments difficiles. Mais devant la difficulté, il y a ceux qui renoncent et ceux qui tiennent", a expliqué François Bayrou.

BELLE STRATÉGIE QUE LA HAINE, BELLE ATTITUDE QUE LE MÉPRIS DE SES VALEURS, EXCELLENT MOYEN DE SE RETROUVER POUR TOUJOURS JE L'ESPÈRE, TOUT SEUL COMME UN CON.

L’islamophobie progresse chez les Néerlandais

Les élections anticipées aux Pays-Bas risquent bien de voir les populistes engranger une nouvelle victoire.

En juin dernier, le Parti pour la liberté (PVV) du leader d’extrême droite Geert Wilders arrivait en deuxième position aux élections européennes. Début mars, il remportait un second succès aux municipales, en devenant le deuxième parti dans la capitale et arrivait en tête à Almere, ville dortoir de la banlieue d’Amsterdam.

Ces deux succès de suite font craindre à la classe politique traditionnelle que les élections législatives anticipées du 9 juin prochain ne voient entrer en force le PVV au Parlement néerlandais.

Contrairement à d’autres mouvements d’extrême droite en Europe, ce Parti pour la liberté est ouvertement islamophobe. Ces succès électoraux sont l’aboutissement d’une démarche politique débutée il y a une dizaine d’années par le leader extrémiste Pim Fortuyn, assassiné en 2002. C’est surtout le meurtre, deux ans plus tard, du cinéaste Theo Van Gogh, auteur d’un film pamphlet anti-islamistes, qui a relancé le mouvement auprès d’une partie importante de la population, qui rejette l’islam et, plus globalement, une société extrêmement tolérante.

Les analystes politiques comme les sociologues attribuent cette percée du populisme radical aux vagues qui secouent la société néerlandaise depuis plusieurs années. La perte d’identité ressentie par beaucoup de gens les a conduits à s’abstenir énormément aux européennes et à moins fréquenter les urnes aux dernières municipales. Mais les atteintes à l’identité culturelle de leur pays sont de plus en plus ouvertement admises par les partisans de Geert Wilders, qui aura réussi en quatre ans à déstabiliser le jeu politique traditionnel dans son pays. Le 9 juin prochain, il saura exactement quel poids il pèse aux Pays-Bas.

LA FRANCE SUIVRA C'EST INÉLUCTABLE, IL FAUT DES LIMITES.

Régions, à vos postes !

Les rêves, sommations, aspirations et projets qui ont fait les grandes envolées de la campagne électorale sont loin. Ayant choisi leurs présidents et vice-présidents, voilà les conseillers régionaux ramenés au principe de réalité. Dans une France qui souffre et n'a pas fini de subir les assauts de la crise.
Que peut faire la collectivité régionale pour aider les Français à sortir du marasme économique ? Beaucoup et peu. Dans le concert des territoires européens, les régions françaises sont des naines tant sur le plan budgétaire que du point de vue de leur champ d'action. Les Régions ont certes une compétence générale. Mais leur marge de manoeuvre budgétaire est si mince, et sans doute encore en voie de rétrécissement à la faveur de la réforme de la taxe professionnelle, que leur capacité d'influence reste bien ténue.
Les pôles de compétitivité ? C'est d'abord un instrument de l'État, lequel sifflera la fin du jeu quand il veut. Les aides aux entreprises ? Un saupoudrage sans rapport avec les attentes réelles du monde économique. Les fonds de la formation et les lycées ? Un véritable enjeu encore dépourvu d'une pensée stratégique.
La dernière réforme des collectivités, sous le gouvernement Raffarin, n'a pas eu le courage d'imposer un rôle de pilote en matière économique à la Région, cantonnée à une sympathique mission de coordination. On peut estimer, de ce fait, qu'une bonne dizaine d'années a été perdue pour donner efficacité et cohérence à l'architecture des collectivités.
On prête au nouveau président du conseil régional d'Alsace, Philippe Richert, une véritable "vista" en la matière. Avec la volonté de bouger les lignes, de s'affranchir des conservatismes, d'affirmer une stratégie de développement économique pour l'Alsace. Pour autant est-il décisif d'innover alors que le mandat qui s'ouvre n'aura qu'une durée de quatre ans, avant l'émergence des futurs conseillers économiques territoriaux ?
Le gouvernement est dès à présent confronté à la perspective des échéances électorales de 2011 (cantonales) et 2012 (présidentielle et législatives). On peut craindre que, tétanisé voire aigri par la sortie des urnes du 21 mars, il ne se réfugie à son tour dans une abstention de circonstance qui remettra à des jours meilleurs la France « enfin forte de ses régions » dont rêvait Adrien Zeller. Un souhait qui n'est sans doute pas pour demain.

Le site de rencontres où les femmes choisissent

Dans la vie, je suis plutôt branchée discussions au coin du zinc que clin d'oeil par fenêtres d'ordinateurs interposées. Mais un site gratuit de rencontres (concurrent branché du leader Meetic) assure réunir quatre millions de Français et en attirer 6 000 nouveaux chaque jour. En service commandé, je m'inscris sur Adopteunmec pour, comme me le promet son nom, adopter un mec.

Dès sa page d'accueil, le site fait de l'ironie sa marque de fabrique. Les hommes sont des « fiches produits », il y a « les promos du mois » (un beau militaire brestois, il y a deux jours) et même « les mecs tombés du camion ».

« Supermarché de l'amour »

Me voilà dans le grand « supermarché de l'amour » ; je vais devenir « une cliente à satisfaire ». Je remplis mon profil honnêtement, de choses essentielles, mais je zappe les questions qui abordent l'intimité sans tabou. Internet est certes un accélérateur de rencontres, mais rien ne m'oblige à passer directement la cinquième... Je regarde défiler le nombre « d'adoptions » : 28 650 438 ! Tiens, Niphredil, une fille de Nantes, vient d'adopter un mec dans les Pays de la Loire.

Ah ! Un homme m'envoie mon premier « charme », petite fiche technique de présentation pour entrer en contact. Si je ne l'accepte pas, il n'a aucune chance de pouvoir me parler. C'est moi qui décide ! Une fois n'est pas coutume, le pouvoir est entre les mains des femmes.

Comble de l'ironie, je gagne des points si je refuse de parler à certains mâles ! Et plus on a de points, plus on est populaire. Si je choisis un homme, je dois le mettre dans « mon caddy® ». Action qui lui donne automatiquement le droit d'entrer en contact avec moi.

Alors, dans la jungle masculine qui rôde sur ce site, il y a, comme dans la vie, de tout. L'homme pressé qui donne son numéro de téléphone au bout de trois mots échangés ; le pseudo-intello qui croit avoir tout compris aux femmes et qui dit qu'à 27 ans, il est « blasé » ; l'honnête homme marié qui cherche une issue de secours pour certains soirs et qui se cache derrière une photo qui n'est pas la sienne ; des gentils pas forcément beaux, des très beaux pas forcément gentils, des qui arrivent à combiner les deux et qui, en plus, ont de l'humour !

Côté photos

Delphine LE NORMAND.

Sarkozy tacle Jouanno, vertement

L'humeur est au recadrage. Nicolas Sarkozy a fait savoir à la secrétaire d'État à l'Écologie qu'il n'appréciait pas son franc-parler.
Les états d'âme de Chantal Jouanno, la secrétaire d'État à l'Écologie, ne sont pas du goût de Nicolas Sarkozy. « Les ministres n'ont pas à être désespérés, ils ont à faire leur travail », a déclaré, hier, le président de la République alors qu'il militait à Bruxelles, pour l'adoption d'une taxe carbone aux frontières de l'Union européenne. « Je n'ai pas apprécié ses propos », a indiqué le président de la République, ajoutant : « Il y a une stratégie, elle a été fixée par François Fillon et par moi-même, que chacun s'y tienne. »

Ulcérée par le report sine die de la taxe carbone, la secrétaire d'État à l'Écologie avait confié, mardi soir, être « désespérée de ce recul, désespérée que ce soit l'écolo-scepticisme qui l'emporte ». Jeudi, la secrétaire d'État avait piqué une nouvelle colère dans Libération, accusant le Medef d'avoir « planté la taxe carbone. Au nom de la compétitivité. Est-ce que le Medef s'est ému des deux milliards de bonus distribués aux banquiers ? ». Et la secrétaire d'État d'ajouter : « Je me ferai peut-être exploser mais ce n'est pas grave ».

Interrogé sur les déclarations du Président et de sa secrétaire d'État, Xavier Bertrand, le secrétaire général de l'UMP, a estimé que Chantal Jouanno devait « rester au gouvernement » et qu'une « fiscalité écologique s'imposait ». À la défense molle de Bertrand s'ajoute, en revanche, « l'énorme respect » de Daniel Cohn-Bendit pour Chantal Jouanno qui « tient tête à tous les machos de l'UMP qui lui tapent dessus ».

Intérêt politicien ou intérêt général ?

La campagne des élections régionales et les scrutins de ces deux derniers dimanches n'ont rien changé... à la situation de notre pays.

Cependant, ce qui semble devenu la préoccupation majeure, c'est l'élection présidentielle de 2012. On peut voir là un résultat du passage au quinquennat : dès le milieu du mandat, s'ouvre la future campagne présidentielle.

Au temps du septennat, la campagne commençait, elle aussi, environ deux ans avant l'élection du futur Président. Mais le Président en place avait pu travailler pendant cinq ans. Avec le quinquennat, il n'a guère que deux ans de calme électoral pour travailler efficacement. C'est ce temps contracté qui lui impose une action multiple et rapide si, du moins, il veut changer les choses et procéder aux réformes nécessaires.

C'est sans doute le calcul auquel s'était livré le président Sarkozy et qui explique ce qui est apparu aux Français comme une agitation désordonnée. Pourtant, le président de la République a rappelé qu'il avait été élu pour réaliser les réformes jugées indispensables par beaucoup, pour sortir le pays de l'immobilisme, pour rattraper ses retards. Nicolas Sarkozy s'est donc mis au travail avec la fougue qu'on lui connaît. Cependant, les réformes, surtout si elles sont d'ampleur et menées au galop, bousculent les esprits qui, apeurés, finissent malheureusement par se crisper et par renâcler ; d'autant plus que beaucoup de ceux qui disent vouloir des réformes ne les acceptent volontiers que si elles concernent les autres.

Traiter enfin les questions fondamentales

Une autre difficulté inhérente au système de gouvernement actuel est la dualité entre président de la République et Premier ministre. Les observateurs ne cessent de scruter les comportements, les aptitudes, les petites phrases, les mimiques, les mots qui échappent pour déceler les éventuelles divergences entre les deux hommes. Ils se demandent sans cesse si le Premier ministre va profiter de sa fonction pour lancer sa candidature au poste suprême, fût-ce contre le Président qui l'a choisi ? Le Premier ministre, du coup, sera accusé de toute manière : soit il ne fait rien et, alors, on pensera que c'est pour éviter tout faux pas qui pourrait compromettre sa candidature ; soit il agit et c'est, dira-t-on, pour montrer ses capacités à exercer la fonction de demain....

Pourtant, aujourd'hui, dans notre pays, il y a mieux à faire qu'à se livrer à ces sortes de conjectures : les problèmes de l'emploi, les chômeurs en fin de droit, les retraites, l'équilibre des finances, l'environnement, la construction de l'Europe, l'atome civil et militaire, etc. ne devraient pas donner lieu aux querelles auxquelles nous assistons, mais susciter, au contraire, une recherche en commun des solutions.

En effet, quel que soit le futur Président, de droite, de gauche ou d'ailleurs, il se trouvera en face de ces questions fondamentales. Celles-ci en appellent à la solidarité et à la compétence de tous. Elles doivent impérativement être résolues si l'on veut que notre pays garde son rang en Europe et dans le monde ainsi que sa prospérité.

Ce n'est pas d'intérêt politicien particulier qu'il s'agit, mais d'abord de l'intérêt général et du bien commun.
François Régis Hutin

Berlin veut une taxation des banques en Europe

L'Allemagne va s'efforcer de porter au niveau européen son projet de taxe sur les banques, a déclaré son ministre des finances, Wolfgang Schuble, dans un entretien au quotidien Die Welt à paraître samedi 27 mars.
Le gouvernement allemand prévoit d'avaliser ce projet la semaine prochaine lors d'un conseil des ministres auquel doit assister la ministre de l'économie, Christine Lagarde, et il souhaite aboutir avant l'été à un projet de loi destiné à faire financer par les établissements financiers le coût éventuel de futurs sauvetages bancaires.

"Lors du conseil des ministres en présence de Mme Lagarde mercredi, nous couvrirons deux textes : les principaux points de la taxe bancaire nationale et les propositions franco-allemandes à ce sujet", a déclaré Wolfgang Schuble à Die Welt. "Les chances de parvenir à une structure européenne sont donc assez bonnes."

Un projet de texte élaboré par son ministère prévoit que toutes les banques allemandes contribuent à alimenter un fonds destiné à financer de futurs renflouements. Leur contribution dépendrait de leur taille et des risques qu'elles représentent pour le système financier dans son ensemble. Wolfgang Schuble a déclaré mercredi que la taxe pourrait rapporter un milliard d'euros par an.

TAXER À 31% LES BANQUES QUI NE PRÊTENT PAS AUX PME ET PMI SERAIT UNE EXCELLENTE CHOSE.

Rumeur sur les Sarkozy : deux personnes quittent le JDD

Un blog du JDD avait relayé une rumeur sur le couple élyséen. Le directeur du journal affirme que l'affaire a été gérée en interne.
Deux personnes travaillant pour le site du Journal du Dimanche ont démissionné en début de semaine, a révélé jeudi la lettre professionnelle Presse News. Un contributeur anonyme avait publié sur un blog du JDD.fr un post sur les supposées turbulences que traverserait le couple présidentiel.

Le directeur de la rédaction du JDD, Olivier Jay, affirme à Rue89 qu'il n'y a pas eu d'intervention de Nicolas Sarkozy, dans ce journal connu pour avoir déjà cédé à des pressions élyséennes.

Les deux personnes en question étaient jusqu'ici le directeur des opérations de Newsweb, la filiale de Lagardère qui gère LeJDD.fr, ParisMatch.com ou Europe1.fr, et un employé non-journaliste de cette société.

Le post a été publié sur un des blogs du site par un contributeur sous pseudonyme vers 1h30 dans la nuit du 8 au 9 mars. Le blog est aujourd'hui désactivé, et le groupe Lagardère a décidé que désormais, les internautes ne pourront plus créer eux-mêmes des blogs.
Sourcé JDD, le contenu est repris dans le monde entier

Le post évoquait la crise que vivrait le couple de Nicolas et Carla Sarkozy, en mentionnant dès le titre, après le mot « rumeurs », les noms de deux tierces personnes qui seraient supposément mêlées à cette crise. Olivier Jay :

« Quelqu'un s'est aperçu de la présence de ce post entre 17 et 18h le 9 mars, et nous l'avons immédiatement dépublié. Mais entre-temps, beaucoup de monde l'avait lu [69 962 lectures, ndlr].

Et le contenu avait été repris par la presse du monde entier. Ça a par exemple fait la Une du Indian Times. Avec, à chaque fois, Le Journal du Dimanche cité comme source. Quatre jours plus tard, Closer reprenait l'information, toujours en nous sourçant. »

Le directeur de la rédaction explique que le journal a hésité à poursuivre Closer (du groupe Mondadori, un concurrent de Lagardère, notamment sur le marché très disputé des féminins), avant de renoncer. Cette flambée d'articles dans la presse internationale a suscité plusieurs questions de journalistes à Nicolas Sarkozy, lors d'une conférence de presse à Londres, le 12 mars.
Olivier Jay a écrit une lettre d'excuses au Président

Pendant une dizaine de jours, les dirigeants de Lagardère ont cherché à savoir qui avait écrit le fameux post. Selon Olivier Jay, le directeur des opérations de Newsweb a d'abord affirmé à la direction qu'il n'en avait pas la moindre idée. Avant de reconnaître, en fin de semaine dernière, qu'un membre de son équipe avait posté le texte depuis son domicile :

« Le directeur et l'employé ont proposé leur démission, et la direction du groupe a accepté. »

Toute la crise aurait donc été gérée en interne, sans aucune intervention de l'Elysée. Olivier Jay explique qu'il a contacté dès le 9 mars Franck Louvrier, le directeur de la communication de Nicolas Sarkozy :

« Le fait que ça ait été sourcé Journal du Dimanche dans le monde entier nous mettait dans une situation délicate. »

Olivier Jay a aussi écrit une lettre d'excuses au président de la République. La direction du JDD.fr a publié ce jeudi un message sur le site pour expliquer cette affaire.

En mai 2007, quelques jours après l'élection présidentielle, Rue89 avait révélé que le JDD avait censuré un article sur l'abstention de Cécilia Sarkozy au second tour, après interventions de l'Elysée. En 2006, Alain Genestar, directeur de la rédaction de Paris Match (autre titre Lagardère) avait été écarté, un an après avoir publié une photo révélant la liaison de Cécilia Sarkozy et Richard Attias.

Le patron du groupe, Arnaud Lagardère, a un jour déclaré en public qu'il se considère comme le « frère » de Nicolas Sarkozy.

Photo : Nicolas Sarkozy et Carla Bruni le 21 mars (Philippe Wojazer/Reuters)

vendredi 26 mars 2010

Claude Guéant à Chantal Jouanno : "Arrêtez, vous faites beaucoup de mal au Président !"

Trop, c'est trop. La petite musique jouée ces derniers jours par Chantal Jouanno suite au report sine die de la taxe carbone annoncé par Nicolas Sarkozy a fini par ulcérer l'Élysée. À tel point que Claude Guéant a discrètement convoqué la secrétaire d'État à l'Écologie, jeudi soir, au Palais.

Une rencontre qui a pris la forme d'un violent recadrage : "Arrêtez ça tout de suite, vous faites beaucoup de mal au Président !", a lancé le secrétaire général de l'Élysée à son interlocutrice. Sonnée, Chantal Jouanno a présenté ses excuses et promis de rester plus discrète à l'avenir.

Claude Guéant n'avait pas digéré l'attaque frontale de Chantal Jouanno qui, quelques heures plus tôt, face à des associations écologistes, avait clairement répondu à Nicolas Sarkozy - sans jamais le nommer - en déclarant : "Je ne céderai pas à la petite musique qui vient dire que l'écologie, ça commence à bien faire".

Une allusion aux propos présidentiels lors du Salon de l'agriculture, le 6 mars, lorsque le chef de l'État, en lutte avec la colère du monde rural, avait préparé les esprits à un abandon de la taxe carbone en affirmant : "Ces questions d'environnement (...), ça commence à bien faire !"

Quel roman !


On ne sait jusqu'où ira la rivalité entre le président de la République et Dominique de Villepin. L'histoire aura sans doute une issue politiquement tragique pour celui des deux hommes qui perdra le long bras de fer engagé dès... 1993. Mais avec l'épisode d'hier, l'ancien Premier ministre a relancé encore une interminable saga qui ne cesse de rebondir.
Qui, avant le procès Clearstream, lui accordait la moindre chance de refaire surface sur la scène du pouvoir ? Personne. A tel point que la détermination du chef de l'État à obtenir sa condamnation pour le mettre définitivement hors jeu passa pour de l'acharnement tant l'adversaire semblait désarmé. Et le voilà, quelques mois plus tard, en pleine lumière, narguant un pouvoir qui l'avait méprisé. Décidément, on n'est jamais mort, en politique, tant qu'on respire encore.
Ressuscité, M. Villepin a donc minutieusement pilonné l'Élysée. Au bout d'une demi-heure de déclaration, il ne restait plus grand-chose debout de la politique et de la pratique présidentielles. Notre assaillant combat à l'ancienne, à coup d'effets de manche, de formules solennelles et de lyrisme. Une séquence épique où la théâtralité un peu trop surjouée et un peu trop crispée finit par affaiblir la spontanéité du propos. Mais l'acteur a su user de l'émotion pour rattraper son public...
Si Dominique de Villepin manque manifestement d'entraînement à la tribune, il sait taper efficace. Les valeurs d'un gaullisme social, telles qu'il les a décrites, prennent l'exact contre-pied des méthodes de son rival de l'Élysée. Ça tombe bien : elles permettent de structurer l'espace de centre-droit délaissé depuis longtemps par l'UMP et devenu (provisoirement) trop grand pour un François Bayrou parti en vrille électorale. En un mot, l'ancien Premier ministre comble un vide.
La faible popularité dont il bénéficiait encore à l'automne a laissé place à une curiosité intéressée de toute une partie de la droite classique lassée par les foucades de son imprévisible chef. Il est regardé, désormais, comme un champion de secours, plus facilement gérable que ce président énigmatique qui aime à réserver des surprises aux Français. D'une certaine manière, après tant d'agitation, il... rassure.
Tiendra-t-il au-delà de ce retour tonitruant ? Cela ne dépendra que de son talent et... de son argent. En préconisant implicitement la suppression du bouclier fiscal et le relèvement des impôts de la tranche la plus élevée, il ne va pas se faire que des amis au Medef... Mais, pour l'heure, il ne veut compter que sur ses propres réseaux -autrement dit une construction amateur bien légère dans la compétition de poids lourds de 2012. Cet homme qui -dans ses voeux de Matignon- avait réclamé « un peu plus de tendresse » dans la vie publique se prépare déjà comme un guerrier.

Olivier Picard

Sauver Athènes, c'est sauver l'euro

Beaucoup d'efforts grecs. Un peu d'Europe. Un zeste de FMI (Fonds monétaire international). Depuis des semaines, les Européens cherchent la formule magique censée sauver la Grèce et rassurer les marchés sans pour autant effrayer les électeurs allemands. Tout le monde est d'accord au moins sur un point. Sauver Athènes, c'est sauver l'euro. Sur la manière, en revanche, on vient d'assister à un authentique bras de fer, imposé essentiellement par une Allemagne qui cède de plus en plus à la tentation du repli sur soi.

Ce repli, on peut le mesurer à l'humeur qui règne outre-Rhin depuis que le cas grec a explosé sur la scène internationale. Le mois dernier, la presse allemande a donné libre cours aux pires amalgames nationalistes. Dénoncer les opérations frauduleuses répétées de la classe dirigeante grecque en matière de comptes publics est une chose ; en faire l'atavisme de tout un peuple en est une autre. On parle beaucoup de l'échec des politiques de convergence économique dans la zone euro. Sur le plan culturel aussi, le travail reste à faire.

Dans la rue, dans la presse, dans les palais du pouvoir, un même refrain parcourt l'Allemagne tout entière. Le pays a effectué d'énormes efforts en matière salariale pour maintenir ses exportations. Les promesses de baisses des impôts avancées par les libéraux sont renvoyées à plus tard pour faire sortir les comptes du rouge. Dans ce contexte, nul ne veut voir l'argent allemand renflouer les poches de l'État grec.

Certes, tous les indicateurs économiques l'attestent, l'Allemagne a de bonnes raisons de se sentir plus vertueuse que certains de ses partenaires. Le raisonnement n'en est pas moins simpliste. De nombreux économistes s'alarment du risque d'étouffement de la relance qu'une cure trop brutale peut faire courir aux économies les plus fragiles. Surtout, la chancelière semble davantage guidée par ses propres soucis intérieurs, à la veille d'une élection délicate dans le land le plus peuplé, que par une vision de ce que devrait être la gouvernance économique de l'Union.

On aurait tort, cependant, de se focaliser sur ce repli allemand, annoncé par plusieurs signes depuis au moins un an. Les autres pays européens ne sont pas en reste. Lorsqu'il se dit prêt à une « crise en Europe », plutôt que d'accepter le démantèlement de la politique agricole commune, Nicolas Sarkozy n'actionne-t-il pas le même levier ? Lorsque, aux Pays-Bas ou en Hongrie, les formations populistes d'extrême droite gagnent du terrain, n'est-ce pas, là aussi, au nom d'un rejet de tous les travers de la mondialisation ?

L'effet était amplement prévisible, mais c'est maintenant qu'il se manifeste. La crise provoque d'énormes tensions et menace plus directement toute structure qui présente la moindre faiblesse. Après Athènes, Lisbonne se sent déjà dans le viseur des spéculateurs. Plus généralement, la maison européenne étant, il faut bien le dire, un ovni institutionnel, elle fait tout naturellement partie des cibles du « marché ».

En voulant imposer le recours au FMI, malgré l'opposition de la Banque centrale européenne, Berlin entend contraindre ses partenaires à déléguer en partie la gestion de la crise. À commencer par Paris, initialement hostile. Politiquement, c'est un point marqué par l'Allemagne, mais un aveu de faiblesse pour l'Europe. On a souvent dit que le traité de Lisbonne consacrait une Europe des nations, à l'heure anglaise. Et si c'était l'heure allemande ?

jeudi 25 mars 2010

Des dizaines d’auto-entrepeneurs radiés par l’Urssaf

Combien sont-ils exactement ? Impossible à savoir, l’Urssaf (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales) ne les a pas encore comptés. Mais les témoignages se multiplient sur les forums d’auto-entrepreneurs. Depuis début mars, ils sont des dizaines à avoir reçu une lettre leur annonçant leur radiation du statut pour avoir dépassé les limites autorisées de chiffre d’affaires.

Pas celles désormais célèbres de 30 200 euros pour une activité de services et de 80 300 euros pour une activité de revente. Celles calculées en fonction de la date de création de l’auto-entreprise. Pour ceux qui ont créé leur auto-entreprise en cours d’année, ces plafonds annuels doivent en effet être recalculés au prorata du nombre de jours d’activité.

Visiblement, plusieurs auto-entrepreneurs n’avaient pas connaissance de cette méthode de calcul, ou se l’étaient mal fait expliquer. Voici deux cas représentatifs.

L-Room est architecte. Il a témoigné sous ce nom sur le forum du site auto-entrepeneur.fr et préfère rester anonyme. Il assure qu’au moment de la création de son auto-entreprise, l’Urssaf lui a expliqué au téléphone que le prorata se calculait au nombre de mois, et pas au nombre de jours. En créant son auto-entreprise en juillet, il avait donc tout calculé pour ne pas dépasser le seuil sur six mois. Mais début mars, il apprend qu’il fallait compter par jour et qu’il a donc dépassé le seuil maximum de 719 euros.

L’Urssaf lui annonce alors qu’il n’adhére plus au statut depuis janvier. “Je ne sais pas comment faire pour ma facturation faite sans TVA et mes devis depuis trois mois. Et mon activité s’est réduite je peux pas changer de statut et payer des charges comme une entreprise normale” assure-t-il.

Daniel Gérard, formateur en conduite et auto-entrepreneur à Champagne (Eure-et-Loir), dit avoir découvert cette méthode de calcul à l’automne sur des forums. “Quand j’ai déposé mon dossier à l’Urssaf en mars 2009, on ne m’a rien dit. Je pensais que le plafond s’appliquait en année glissante et pas jusqu’au 31 décembre. C’est seulement lorsque j’ai demandé des explications en novembre qu’on m’a confirmé cette proratisation en me disant qu’il y aurait une tolérance la première année” explique-t-il. A ce moment là il avait déjà atteint 27 456 euros de chiffre d’affaires, alors qu’il n’aurait pa dû dépasser 24 100 euros sur l’ensemble de l’année.

“Le 15 mars, j’ai reçu une lettre qui me notifiait la fin d’adhésion à ce statut pour dépassement du plafond. J’ai immédiatement appelé la personne de l’Urssaf qui m’a dit que je n’avais pas de choix : il fallait changer de statut”. Il est donc contraint de perdre les avantages associés au régime social et fiscal des auto-entrepreneurs (Non-soumission à la TVA, paiement simplifié des cotisations sociales, …). “Je me sens pris au piège” assure-t-il.

La multiplication d’expériences similaires laisse à croire que l’Urssaf a mal communiqué. Si cette règle de calcul est en effet expliquée dans la loi, ce n’est le cas que depuis peu dans les documents de communication officiels. Ainsi le guide de l’auto-entrepreneur, publié en 2009, n’en parle pas. Un encadré d’un autre document officiel “Le point sur… le régime d’auto-entrepreneur” le précise bien, mais celui-ci a été édité en janvier 2010.

Et au sein même de l’Urssaf, les agents ne semblent pas avoir toujours été au fait de cette méthode de calcul. “Nous avons toujours expliqué clairement ce point lorsque l’on nous le demandait, se défend-on pourtant aux Urssaf, mais les auto-entrepreneurs ne suivent pas obligatoirement de formation à la création d’entreprise, nous essayons d’être le plus clair possible mais ce n’est pas toujours évident de tout expliquer à des novices”. D’autant plus qu’avec la déclaration en ligne, un auto-entrepreneur peut tout faire de chez lui sans avoir parlé un seul instant à un agent de l’Urssaf.

De leur côté, les auto-entrepreneurs concernés multiplient les lettres au secrétariat d’Etat aux PME pour demander une certaine clémence. Pour l’instant, leurs cas sont en attente assure-t-on toutefois à l’Urssaf : “Nous avons seulement envoyé des notifications, aucune radiation n’est encore effective”. Leur situation pourrait d’ailleurs se débloquer dans les prochains jours. “Nous avons connaissance de ces cas, assure-t-on ainsi au cabinet du secrétaire d’Etat au PME, Hervé Novelli doit faire des annonces bientôt à ce sujet”.

Fillon s'est juste décommandé

L'interview de François Fillon programmée hier au journal de 20 heures de TF1 a été purement et simplement annulée. « Le Premier ministre se consacre à la préparation des exercices parlementaires de la semaine prochaine », a fait savoir Matignon.
L'intervention du chef du gouvernement, programmée le même jour que la déclaration solennelle du président de la République à l'Élysée, avait été annoncée mardi soir par ses services.
Elle aurait dû avoir lieu au lendemain de l'annonce par le Premier ministre du report sine die de la taxe carbone, une décision relayée dans la confusion qui a contraint Matignon à une mise au point après que les écologistes eurent dénoncé une volte-face du Président.
Les députés et sénateurs UMP, ainsi que ceux du Nouveau Centre, se retrouveront lundi prochain, vraisemblablement à la Maison de la Chimie, pour une mini-journée parlementaire en présence de François Fillon, huit jours après la défaite de la majorité aux élections régionales. Les parlementaires doivent, par ailleurs, être reçus par Nicolas Sarkozy la semaine prochaine, vraisemblablement le 31 mars.

Sur le perron

Sur les marches de l’Élysée, il a perdu de sa superbe et son propos est plutôt celui de la France des préfets que celui d’un homme d’État porteur de la pertinence de son réformisme sociétal. Nicolas Sarkozy est sombre mais il ne peut que s’en prendre à lui-même et aux courtisans de sa communication dont le défaut d’intuition symbolise l’autisme de l’incompétence.
La défaite n’est pas digérée. En attendant des eaux plus sereines, le président se cramponne à la barre des réformes annoncées. Il s’emploie à rassurer les agriculteurs décontenancés ainsi que tous les salariés traumatisés par l’avenir incertain des retraites, et dont les mines tristes illustrent le blues français. Terminés les propos verveine-menthe servis en tisane à l’oligarchie verte et aux bobos des prés. Désormais, il s’adresse d’abord à ceux qui trient leurs déchets et en ont ras la poubelle de voir leur taxe sur les ordures ménagères grimper comme une fièvre de cheval.
Il ignore la logorrhée des bassets sous amphétamines qui lui jappent dessus pour qu’il dépasse Le Pen sur le podium des délits de sale gueule. Bref, il cherche à faire ce travail pour lequel il a été élu et dont les citoyens dans le brouillard de la crise ne discernent pas de signes positifs. Ce retour aux fondamentaux qui exige une présidence plus modeste et une prise de distance avec les partis, même le sien, est un impératif si l’on veut éviter une crispation insupportable de l’espace public jusqu’à la prochaine présidentielle.
Hervé CHABAUD

Dominique de Villepin veut défendre "un changement de politique"

De retour en France après un voyage en Chine, Dominique de Villepin a tiré les conséquences politiques de la défaite de la droite aux régionales lors d'une conférence de presse, jeudi, à Paris. L'ancien Premier ministre s'est déclaré "mal à l'aise dans la politique menée aujourd'hui par la majorité." "On ne peut pas accepter de vivre dans un pays où des situations d'inégalité et d'injustice atteignent un tel niveau et c'est pour cela que je suis mal à l'aise dans la politique qui est menée par la majorité", a-t-il déclaré.

"Je veux vous dire que la réponse que j'entends défendre, c'est un changement de politique, qui permettra de placer la France et les Français dans la position d'un redressement indispensable", a ajouté l'ancien Premier ministre.

Il a estimé que "la souffrance (était) aggravée par le sentiment de n'être ni compris, ni entendu". "Ce ne sont pas des conciliabules, des aménagements techniques, des changements de personnes qui sont attendus". Pour aller au bout de sa démarche, Dominique de Villepin a annoncé la création d'un "mouvement politique libre, indépendant, ouvert à tous", dont le congrès fondateur se tiendra le 19 juin.

CET ENFOIRÉ N'EST ANIMÉ QUE PAR SA HAINE DE SARKOZY, QU'A-T'IL A PROPOSER ?

Carla Bruni-Sarkozy souhaite que Nicolas Sarkozy se limite à un mandat

Dans une interview au Figaro Magazine de samedi, Carla Bruni-Sarkozy déclare une nouvelle fois "qu'en tant qu'épouse", elle "ne souhaite pas vraiment" que son mari, Nicolas Sarkozy, brigue un second mandat présidentiel en 2012. "Peut-être ai-je peur qu'il y laisse sa santé, peut-être ai-je envie de vivre ce qui nous reste à vivre dans une certaine paix ? (...) Mais, ajoute-t-elle, quelles que soient la situation et les décisions que prendra mon mari, je ferai tranquillement avec".
Questionnée sur une "rumeur partie du Web concernant son couple", la première dame observe que "la rumeur fait partie de la nature humaine même si elle est un avilissement". "Elle a toujours existé. Mais je méprise celle qui vient d'un blog Internet et qui est signée Mickey ou Superman. Je méprise les soi-disant journalistes qui se servent des blogs comme d'une source crédible", poursuit-elle. Elle juge que "le fait" que les journalistes "reprennent et propagent une rumeur sans fondement, répandue par une source anonyme (lui) semble être une dérive pour la démocratie et une mise en péril des lettres de noblesse d'un métier dont le sens même est l'intégrité de l'information".

Mme Bruni-Sarkozy dit que la façon dont la presse "malmène" son mari "la met en colère". "Je suis souvent indignée", ajoute-t-elle. L'épouse du chef de l'Etat éreinte en outre "le monde médiatico-politique" qui "est absolument violent". "Ce n'est pas un monde que j'apprécie, je le trouve injuste et assez incompétent. J'aime bien le monde politique en revanche, majorité et opposition : il est constitué de grands travailleurs, il est pavé de sacrifices et de vocations".

La semaine dernière, le Figaro Magazine avait publié, avec un jour d'avance, à la veille du second tour des élections régionales, une longue interview du chef d'Etat.

ELLE A RAISON, LES MEDIA DISENT FAIRE LEUR MÉTIER EN CRITIQUANT, ANALYSANT LES ACTIONS D'UN HOMME POLITIQUE, SANS JAMAIS SE PRENDRE LES PIEDS DANS LES TURPITUDES DE LA DÉCISION NATIONALE, C'EST FACILE POUR NOUS (les blogueurs) DE DONNER NOTRE AVIS ET D'ÉREINTER SARKOZY...JE PENSE À UN CERTAIN JOURNALISTE DE RTL ET À CEUX DE LIBÉRATION (eux ils sont cons c'est congénitale).

Pour Jouanno, «le Medef a planté la taxe carbone»

«Désespérée» par le report sine die de la taxe carbone, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie ne mâche pas ses mots et affirme vouloir continuer son combat pour l'écologie.

Chantal Jouanno est en colère. Dès mardi, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie avait été l'une des premières à réagir suite à l'annonce par François Fillon de l'abandon de la taxe carbone. Dans un accès de sincérité, elle s'était dite «désespérée de ce recul», affirmant «ne pas être en phase avec cette décision». La fronde avait continué mercredi, lorsque Chantal Jouanno s'était fait remarquer par son absence au premier conseil des ministres du gouvernement remanié. Peut-être pour ne pas entendre Nicolas Sarkozy affirmer dans une déclaration qu'une taxe carbone serait adoptée en France uniquement si l'Union européenne mettait en place une «taxe aux frontières» pour protéger l'agriculture et l'industrie. Le matin même, sur RTL, Chantal Jouanno s'était pourtant montrée pleine de confiance à l'égard du chef de l'Etat, assurant qu'«il ne va pas renoncer» et voyant en lui son «meilleur soutien pour l'écologie».

Jeudi, la secrétaire d'Etat pique une nouvelle colère dans une interview à Libération. «Si on attend que l'Europe prenne une décision, la taxe carbone sera reportée sine die. Nos élus et une partie de la société n'ont pas compris l'importance de l'écologie», lance-t-elle, amère. Parmi eux, le Medef, que Chantal Jouanno accuse d'avoir «planté la taxe carbone. Au nom de la compétitivité. Est-ce que le Medef s'est ému des 2 milliards de bonus distribués aux banquiers ?». Mardi, la présidente de l'organisation patronale Laurence Parisot s'était dite «soulagée, notamment pour toute l'industrie qui n'aurait pas supporté ce nouveau handicap de compétitivité». Dans son réquisitoire, la secrétaire d'Etat met aussi en cause les «céréaliers intensifs», sans s'étendre sur le sujet.

«Je vais parler vrai»

Plus globalement, Jouanno voit dans le détricotage de cette mesure pourtant emblématique le triomphe de «la culture du pouvoir sur la culture de l'action» et juge qu'«on n'est pas complètement sorti d'une forme de monarchie. C'est le pouvoir de l'apparence : officiers de sécurité et gyrophares pour les ministres». Encore plus que l'abandon de la taxe carbone, c'est donc l'organisation même du système politique, ce «cycle permanent et répétitif», que Chantal Jouanno semble dénoncer. Une position difficile à tenir au sein d'un gouvernement.

Interrogée sur une éventuel départ de l'équipe de François Fillon, elle répond pourtant que «la démission est la dernière des solutions». La championne de karaté s'affiche en battante. «On est contraint d'accroître le combat. (…) Et j'ai l'obligation de porter début mai, devant le Parlement, le projet de loi Grenelle 2». Mais pas question pour autant de se taire. A l'avenir, Chantal Jouanno, qui était restée discrète au gouvernement jusqu'à sa candidature aux régionales en Ile-de-France, compte bien faire entendre sa voix : «Il me reste la parole. Je me ferai peut-être exploser mais ce n'est pas grave. Je vais juste parler vrai. Je préfère aller au bout. Je ne suis pas là pour faire de la provoc, mais pour porter la parole que l'écologie n'est l'otage d'aucun clan», explique-t-elle. Avant de conclure : «Quand je prends un coup, je me montre encore plus combative».

Affaire Zemmour. Le Figaro passe l'éponge

Le Figaro a annulé la convocation d'Eric Zemmour, préalable à un licenciement, à la suite des regrets exprimés par l'éditorialiste pour ses propos controversés sur les trafiquants, a annoncé le quotidien, ce jeudi.

«Nous avons bien reçu votre lettre dans laquelle vous regrettez que vos propos dans l'émission de Thierry Ardisson sur Canal + aient pu heurter», écrit la direction du quotidien dans une lettre à l'éditorialiste, dont le texte a été adressé à l'AFP.
«Nous prenons acte que vous n'avez jamais eu l'intention de stigmatiser certains de nos compatriotes (...) Du fait de ces mises au point, nous n'avons donc plus de raison de vous convoquer pour un entretien. Notre réunion du lundi 29 mars est donc annulée», ajoute la lettre qui est notamment signée d'Etienne Mougeotte, le directeur des publications du Figaro.

Excuses à la Licra

L'éditorialiste du Figaro et de RTL avait déclaré le 6 mars dans l'émission animée par Thierry Ardisson «Salut les terriens» sur Canal+: «Les Français issus de l'immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes... C'est un fait».

La Ligue internationale contre le Racisme et l'Antisémitisme (Licra) avait alors annoncé son intention de poursuivre le journaliste devant la justice. Une semaine plus tard, M. Zemmour, dans une longue lettre, a exprimé ses regrets au président de la Ligue tout en présentant des arguments à l'appui de sa prise de position.

Principales mesures du G20

Une meilleure transparence des marchés financiers

- La lutte contre les paradis fiscaux : les banques des pays concernés ne pourront plus imposer le secret bancaire aux administrations fiscales sous peine de faire figurer leurs pays sur la liste des pays fiscalement non coopératifs publiée par l´OCDE ;
- Le contrôle des fonds spéculatifs : les fonds d´importance systémique (hedge funds...) devront faire l'objet d'un enregistrement auprès des régulateurs nationaux et seront contraints à une gestion plus transparente ;
- L'encadrement des bonus des traders : les bonus ne pourront plus être discrétionnaires mais devront être approuvés par les conseils d´administration de leurs établissements ;
- La refonte des normes comptables internationales : ces dernières devront être harmonisées en un standard unique afin d´accroitre la sécurité financière.

Le renforcement des institutions financières

- Le triplement des ressources du FMI (de 250 à 750 milliards de dollars) grâce à de nouveaux prêts bilatéraux et à l´augmentation de ses droits de tirages spéciaux ;
- L'augmentation de la capacité de prêt de la Banque Mondiale de 100 milliards de dollards par an sur trois ans ;
- La création d'une organisation mondiale de la finance, le Conseil de Stabilité Financière, qui remplacera le Forum de Stabilité Financière et associera les grands pays émergents.

La lutte contre le protectionnisme

Le G20 a également appelé à lutter contre le protectionnisme et à cet effet, à conclure au plus vite les négociations de Doha.

Bâle III : ce qui fait vraiment peur aux banquiers

Les banquiers n'y vont pas de main morte. Après avoir déclenché la crise, appelé les pouvoirs publics à l'aide, restreint le crédit pour les PME, surpayé leurs traders, voilà qu'ils menacent de ne plus financer l'économie. « On va dans le mur », répètent-ils d'une seule et même voix. A les entendre, les futures normes de solvabilité, dites de Bâle III, qui doivent éviter que les excès de la crise ne se reproduisent, sonnent la fin du financement bancaire. Rien que ça. Une menace redoutable alors que la reprise se fait attendre, tout particulièrement en Europe où, comme les banques aiment à le rappeler, le financement de l'économie dépend à 70 % du crédit bancaire.

Petit retour en arrière. Après la faillite de Lehman fin 2008, le monde a progressivement pris conscience de l'état des bilans des grands établissements et de l'ampleur de l'endettement auquel ils avaient eu recours pour chercher la rentabilité. Autrement dit, du très faible niveau de capital mis en face des actifs ou activités risqués. Capital pourtant nécessaire pour absorber les pertes en cas de défaut. C'est le fameux « levier » : des volumes d'actifs colossaux, financés par très peu de fonds propres, voire pas du tout dans le hors bilan. Résultat : des rentabilités stratosphériques, dépassant 100 % dans certains métiers. Et des recapitalisations massives par les Etats lorsque les défauts sont survenus.

Près de dix-huit mois et plusieurs G20 plus tard, les régulateurs en ont pris l'engagement : les exigences en fonds propres seront relevées des deux côtés de l'Atlantique, notamment dans les activités de marché, et le « levier » sera surveillé avec un indicateur spécifique. Les banques devront aussi rallonger leur refinancement, et ne plus financer des crédits à 15 ans avec de la dette à 3 mois, exercice favori de certains Britanniques avant la crise. Mais voilà que l'industrie de la finance, qu'on attendait plus proactive, crie au scandale. Trop de fonds propres, trop de contraintes sur la liquidité, cela va peser sur la distribution du crédit, nous dit-on. Un raisonnement efficace, mais pas totalement honnête.

En privé, certains banquiers divergent. La réalité, c'est que les banques européennes sont encore trop endettées, beaucoup plus que les banques américaines, même en tenant compte des différences de traitement comptable. Un an et demi après le déclenchement de la crise, leurs bilans valent encore plus de 40 fois leurs fonds propres. Trois fois trop. Si l'on s'en tient au bon vieux ratio de solvabilité qui imposait aux banques de détenir l'équivalent de 8 % de leurs actifs en fonds propres, le multiple ne devrait pas dépasser 12.

Moralité, il faut réduire le levier, facteur redoutable d'amplification et de distribution du risque au reste du marché. Ce qui implique à la fois d'augmenter les fonds propres et de réduire le bilan des banques en cédant des actifs. Un ajustement qui ne doit pas se faire par la restriction du crédit, mais bel et bien là où est logé le risque : dans la banque d'investissement.

De fait, les futures normes de Bâle III agissent en priorité sur les fonds propres alloués aux activités de marché. Dans ces métiers notoirement sous-pondérés en fonds propres, le capital devrait doubler ou tripler. Mais on part de si bas que les banques osent à peine en parler. Elles concentrent l'essentiel de leurs critiques sur l'autre volet des normes, qui vise, lui, à sécuriser le refinancement, en obligeant les banques à anticiper une situation de crise de liquidité d'un mois. Un scénario pas totalement absurde, si on se souvient que la crise de liquidité post-Lehman a nécessité l'intervention des Etats partout dans le monde. Cela n'empêche pas les banques d'affirmer que si on restreint leur capacité à financer le crédit par des ressources empruntées, le financement de l'économie en fera les frais. Pourtant, si l'on s'en tient aux fondamentaux de la banque, les crédits doivent pouvoir être financés par les dépôts des clients, le recours aux marchés devant rester marginal. C'est même la base du métier, la crise l'a rappelé.

Dernière critique émise par les professionnels, la création de « coussins contracycliques », ces réserves de fonds propres que les banques devront constituer en haut de cycle pour faire face aux crises, en réduisant la distribution aux actionnaires. En relevant le niveau général des fonds propres, ces coussins viendraient grever là encore la distribution du crédit. Pourtant, une étude de la Banque d'Angleterre montre que si les banques britanniques avaient réduit de 20 % la distribution du résultat à leurs actionnaires entre 2000 et 2008, elles auraient eu suffisamment de fonds propres pour traverser la crise sans avoir recours aux injections de l'Etat.

La réalité, c'est aussi que, pour les banques, l'enjeu n'est pas celui du financement de l'économie, mais bien celui de la rentabilité. Le premier effet des nouvelles normes, c'est de réduire mécaniquement le rendement des fonds propres des banques, le sacro-saint « RoE ». Mais, c'est là encore une des leçons de la crise, on ne peut pas durablement afficher une rentabilité de 15 % quand la croissance mondiale est de 3 %. La rentabilité des banques doit baisser.

« TF1 ne pourra faire de NT1 un robinet à séries américaines »

C'est oui. Au cours de sa séance plénière de mardi dernier, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a autorisé le rachat de TMC et de NT1 par le groupe TF1. Il fixe toutefois plusieurs conditions à ce rachat, concernant notamment NT1, pour qui TF1 a pris des engagements très précis. Michèle Reiser, présidente du groupe de travail sur les « télévisions privées gratuites », et Emmanuel Gabla, le vice-président, ont répondu aux questions des « Echos ».
Vous allez autoriser, sous conditions, le rachat de TMC et de NT1 par TF1. Pourquoi une telle décision, alors que TF1 est déjà très puissant ?

Michèle Reiser. Comme il l'a déjà dit, le Conseil supérieur de l'audiovisuel est favorable à la création de grands groupes audiovisuels français. Pas des groupes tout-puissants, écrasant la concurrence ou poussant à l'uniformisation des contenus. Mais des groupes solides, capables de mettre en oeuvre des synergies, d'innover, d'investir dans la création tout en rivalisant avec les nouveaux acteurs de l'Internet offrant l'accès à des contenus délinéarisés. Le rachat de TMC et NT1 par TF1 s'inscrit dans cette logique. Après de longues discussions, nous avons trouvé un accord. Les conventions des chaînes vont pouvoir être modifiées et signées dès la semaine prochaine.
Qu'allez-vous imposer à TF1 ?

Emmanuel Gabla. L'autorité de la Concurrence, après avoir été destinataire de notre avis, avait déjà imposé un certain nombre de conditions, comme la séparation très claire et contraignante des régies publicitaires ainsi que l'interdiction des promotions croisées en faveur des programmes de TMC et NT1 sur TF1. C'est une obligation lourde pour TF1, car France Télévisions fait par exemple beaucoup de promotion entre ses différentes chaînes, et M6 y a également accès. Cette restriction sur les promotions courra jusque fin janvier 2015, avec une clause de rendez-vous en cas de modification substantielle du paysage audiovisuel ou six mois après l'extinction de la diffusion analogique.
Et comment favoriser le pluralisme en termes de contenus ?

M. R. Un programme diffusé sur TF1 ne pourra être rediffusé que sur une seule autre antenne du groupe, qu'il s'agisse de séries américaines comme d'oeuvres originales françaises. Et cet engagement, qui court jusqu'en 2015, s'appliquera à tous les programmes diffusés depuis début 2007. Les programmes sportifs seront également encadrés, dans la mesure où le groupe ne pourra pas répondre à un appel d'offres impliquant la diffusion sur plus de deux chaînes en mode gratuit.
Mais comment s'assurer que le groupe investira dans la création pour ses petites chaînes ?

M. R. Les obligations financières en termes de production seront certes rapportées au niveau du groupe TF1, qui va mutualiser ses investissements (12,5 % du chiffre d'affaires, NDLR). Une partie de cette production sera primo-diffusée sur TMC ou NT1. Par ailleurs, nous avons exigé en parallèle des obligations quantifiées de diffusion d'inédits par chaîne. Le groupe s'est engagé, sans limitation dans le temps, à diffuser au moins 365 heures de programmes inédits par an sur TMC et 456 heures sur NT1, ce qui correspond à une heure par jour sur TMC et à une heure et quinze minutes sur NT1. C'est une véritable avancée, car ces chaînes n'avaient aucune obligation de diffusion de programmes inédits. NT1 s'est engagée, de surcroît, à exposer des formats innovants et à promouvoir de nouveaux talents. Nous avons même obtenu la diffusion d'une émission hebdomadaire consacrée à la culture sur cette chaîne. Aucune autre chaîne privée gratuite n'est soumise à ce genre d'obligations. TMC et NT1 se sont également engagées en faveur du spectacle vivant, avec l'obligation de diffuser chaque année 6 spectacles sur TMC et 12 sur NT1. Des spectacles qui, pour plus de la moitié d'entre eux, n'auront pas été diffusés sur TF1 dans les deux années précédentes.
Qu'en est-il des heures de grande écoute de NT1, qui, pour l'instant, sont particulièrement favorables puisqu'elles vont de 12 heures à 24 heures ?

M. R. Nous avons obtenu que les heures de grande écoute de NT1 reviennent dans la norme des chaînes généralistes, c'est-à-dire de 18 heures à 23 heures. C'est sur ce créneau horaire que la chaîne devra diffuser 60 % d'oeuvres européennes, dont 40 % d'oeuvres d'expression originale française. Cette modification importante interviendra dès le 1 er janvier 2011, ce qui impliquera un bouleversement dans la programmation de la chaîne. C'est une décision qui est très engageante pour TF1.
Quels sont les autres engagements ?

E. G. TF1 s'est engagé à favoriser l'accès des programmes aux sourds et aux malentendants sur NT1 dès l'année prochaine, avec 50 % des programmes qui leur seront accessibles. NT1 va également s'engager à promouvoir une alimentation saine et équilibrée via un programme hebdomadaire, ce qui représentera un volume de quinze heures par an.
Quelle est, au final, l'ambition du CSA en autorisant cette opération ?

M. R. TMC est une chaîne qui a déjà sa couleur et une convention classique. NT1, par contre, est une chaîne dont la couleur est encore à définir. Son adossement à TF1 doit lui permettre d'enrichir son offre, et l'ambition est que NT1 ne devienne pas un clone de TF1, ni un robinet à séries américaines ou la jumelle d'une autre chaîne. Cette série d'engagements doit permettre à NT1 d'acquérir une identité, une chaîne généraliste ayant sa couleur propre. Ce sera un plus pour le monde de la création comme pour les téléspectateurs.
Dans les télécoms, le régulateur a freiné l'essor de France Télécom. N'êtes vous pas trop généreux avec TF1, qui domine la télévision en France ?

E. G. L'audience ou la part de marché publicitaire de TF1 n'ont rien de comparable avec celle de France Télécom sur le marché des télécoms. La part d'audience de la chaîne est inférieure à 30 %. La baisse du nombre d'opérateurs qu'induit cette opération est compensée par la diversité des programmes.
PROPOS RECUEILLIS PAR NATHALIE SILBERT, DAVID BARROUX ET GRÉGOIRE POUSSIELGUE, Les Echos