TOUT EST DIT

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lundi 22 mars 2010

Les sujets qui irritent les élus de droite


Dans la majorité, beaucoup pronostiquent déjà des règlements de compte après l'échec des régionales. La réunion du groupe UMP mardi s'annonce houleuse. Quatre grandes questions irritent tout particulièrement les élus de droite.

L'ouverture. Depuis 2007, la grogne n'a jamais cessée, dans les rangs de la majorité, contre la politique d'ouverture à gauche imposée par Nicolas Sarkozy. Mais cette fois, c'est un véritable ras-le-bol. " Ça suffit ! ", a tranché Christine Boutin, la présidente du Parti chrétien-démocrate, allié à l'UMP. Les rumeurs autour d'une éventuelle nomination du socialiste Malek Boutih à la Halde, après celle de Didier Migaud à la tête de la Cour des comptes et de Michel Charasse au Conseil constitutionnel n'ont pas facilité la tâche des candidats aux régionales, interpellés sur le thème : " Si les talents sont ailleurs, pourquoi voter UMP ? ". Édouard Balladur lui-même a conseillé à Nicolas Sarkozy de se séparer de Bernard Kouchner.

Le rythme des réformes. Nicolas Sarkozy a promis avant le scrutin " une pause " pour le second semestre 2011. Mais dans la majorité, le débat est lancé entre ceux qui veulent poursuivre l'action et ceux qui demande à faire un tri et à se concentrer sur les " réformes vitales ". Un " retour aux fondamentaux " prôné par Jean-François Copé, le patron des députés UMP, qui évoque notamment les retraites, l'emploi, la compétitivité, la réduction des déficits et les " valeurs de la République " (au premier rang desquelles la lutte contre le voile intégral). Dès dimanche soir, Jean-Pierre Raffarin a appelé à en finir avec " l'agitation réformatrice qui génère une certaine anxiété ". Et lundi matin, sur Canal , il a souhaité " un vote de confiance " au Parlement sur les réformes après un " discours de politique générale " du Premier ministre. " Il nous faut nous engager sur quelque chose de précis, sur quelque chose de très clair, pas quarante réformes, trois ou quatre grandes réformes pour lesquelles nous sommes soudés ", a-t-il prévenu. Avant le second tour, Alain Juppé avait lui aussi demandé " une réflexion sur le rythme des réformes ", appelant l'Elysée à " corriger ce qui doit l'être ".

L'environnement. Six mois après la percée des écologistes aux européennes, la majorité avait lancé sa campagne des régionales, fin novembre, sur la thématique environnementale. Aujourd'hui, les responsables de la majorité multiplient les prises de parole pour torpiller la taxe carbone, mal perçue -selon eux- par une partie de l'électorat de droite. Le président du groupe UMP au Sénat, Gérard Longuet, a mis les pieds dans le plat avant le premier tour, plaidant pour l'abandon pur et simple de la taxe. " On ne peut pas se laisser étrangler par ce signal fort [...] On ne peut pas durablement marcher très en avant du peloton européen si les autres pays ne suivent pas ", a-t-il martelé. Lundi matin, c'est Jean-François Copé qui a poussé au report du dispositif. " La taxe carbone, qui a fait l'objet de nombreux débats dans notre majorité, n'a de sens que si c'est à l'échelle européenne ", a-t-il glissé sur Europe 1.

La stratégie électorale. Nicolas Sarkozy a imposé l'union de la droite (jusqu'au villiéristes), persuadé qu'un dynamique au premier tour pourrait permettre à ses candidats de l'emporter au second. Mais cette stratégie a échoué. Elle a non seulement créé des " frustrations " chez les militants recalés des listes, mais elle a privé la majorité de réserves au second. Du coup, certains, dans la majorité, réclament un changement de pied. " L'électorat de droite nous réclamait l'union à cor et à cri, mais quand on s'unit, on voit que ça ne marche pas ", a souligné Christine Boutin. " C'est par une expression plus visible de la famille centriste au sein de la majorité que nous pourrons à nouveau mobiliser toutes celles et ceux qui se sont détournés de la majorité présidentielle à l'occasion de ce scrutin régional ", a renchéri Hervé Morin, le président du Nouveau Centre. Dans l'entre-deux tours, François Fillon avait défendu la ligne, arguant que " si nous n'étions pas rassemblés aujourd'hui, nous aurions fait un score plus faible ". Pas sûr qu'elle survivre, pourtant, à l'échec du second tour.
PIERRE-ALAIN FURBURY, Les Echos

Baroin au Budget, Woerth au Travail, Darcos évincé

Eric Woerth sera en charge du dossier prioritaire des retraites. Le villepiniste Georges Tron accède au secrétariat à la Fonction publique, le centriste Marc-Philippe Daubresse devient ministre de la Jeunesse du gouvernement Fillon V.

Trois entrants, deux sortants : le remaniement est finalement ni "technique", ni de très grande ampleur. François Baroin, député-maire UMP de Troyes, a été nommé lundi ministre du Budget, en remplacement d'Eric Woerth, qui devient ministre des Affaires sociales à la place de Xavier Darcos, qui sort du gouvernement, a annoncé l'Elysée dans un communiqué.

Le président Nicolas Sarkozy fera une déclaration mercredi à l'issue du Conseil des ministres, a indiqué lundi l'Elysée dans ce même communiqué. La présidence de la République a annoncé en outre à 19H30 la nomination du député du Nord Marc-Philippe Daubresse comme ministre de la Jeunesse et des solidarités actives, en quelque sorte en lieu et place de Martin Hirsch, haut-commissaire aux solidarités actives, qui quitte le gouvernement.

Georges Tron, un proche de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, devient pour sa part secrétaire d'Etat auprès du ministre du Travail chargé de la Fonction publique. Cette nomination sera-t-elle de mise à désactiver l'opposition interne constituée par Dominique de Villepin ? L'ancien Premier ministre, dont on attend cette semaine le lancement de son propre parti, "prendra une initiative" jeudi, mais elle se situera "dans la majorité" a assuré Georges Tron lundi soir sur i-TV.

François Baroin entre donc au gouvernement comme ministre du Budget, un poste actuellement occupé par Eric Woerth. Ce dernier prend lui-même le poste de Xavier Darcos, le ministre du Travail, principal victime du remaniement, qui quitte le gouvernement. Eric Woerth, considéré comme proche et "sûr", prend surtout en charge le dossier prioritaire des retraites.

L'entrée du chiraquien Baroin au gouvernement pourrait être de nature à calmer ce courant de l'UMP qui, à commencer par M. Baroin lui-même, n'a pas ménagé ses critiques à l'endroit du président Sarkozy. Après la sévère défaite de la majorité aux régionales, Nicolas Sarkozy avait rencontré François Fillon longuement lundi matin pour préparer le remaniement, tout en excluant un changement de cap dans les réformes. Le Premier ministre voulait comme il l'a lui-même dit prendre sa "part de responsabilité" dans le résultat des élections, sans qu'il ne soit question de sa démission. Selon des sources concordantes, Elysée et Matignon n'étaient pas d'accord sur l'ampleur du remaniement, François Fillon plaidant pour un large mouvement.

Parallèlement, les réflexions de la majorité sur la politique à conduire jusqu'en 2012 sont aussi en train. Pendant que François Fillon était reçu ce lundi matin par Nicolas Sarkozy à l'Elysée, Jean-Pierre Raffarin a demandé que le Premier ministre François Fillon vienne faire "un discours de politique générale" devant le Parlement et qu'il y ait "un vote de confiance" sur les réformes.



François Baroin

Né en 1965 à Paris, François Baroin est député UMP, et maire de Troyes (Aube) depuis 2 mandats. Ce chiraquien "pur jus" est entré à l'Assemblée nationale en 1993. Il y est alors le plus jeune député. Porte-parole de la campagne présidentielle 1995 de Jacques Chirac en 1995, il est nommé après la victoire du président de la République secrétaire d'État auprès du Premier ministre et porte-parole du 1er gouvernement d'Alain Juppé, devenant ainsi à 29 ans le benjamin du gouvernement. En juin 2005, il devient ministre de l'Outre-mer dans le gouvernement de Dominique de Villepin. Il assure pendant quelques mois, en 2007, les fonctions de ministre de l'Intérieur en remplacement de Nicolas Sarkozy, après l'entrée de ce dernier en campagne présidentielle.

Le gouvernement envisage de réformer l'impôt sur les sociétés

La ministre de l'économie, Christine Lagarde, réfléchit à réformer l'impôt sur les sociétés, a-t-elle indiqué dans un entretien à la Tribune à paraître mardi 23 mars.

"Je ne trouve pas très sain qu'il y ait un tel écart entre taux facial d'imposition sur les bénéfices et le taux réel et nous réfléchissons à la meilleure manière d'y remédier", a-t-elle déclaré. Le taux facial est le taux nominal d'impôts, tandis que le taux réel est ce qui est réellement payé par l'entreprise au fisc, une fois toutes les exonérations prises en compte.
La ministre constate en effet qu'"il existe en France un écart significatif entre le taux d'imposition facial des bénéfices des entreprises, qui est de 33,3 % et le taux réel, qui est de l'ordre de 22 %", dans les colonnes du journal. Cette situation est due, selon elle, au fait qu'il existe en France de nombreux exonérations ou taux réduits dont les grands groupes savent tirer parti plus que les PME.

Un remaniement se dessine

L'Elysée devrait annoncer un remaniement du gouvernement dans la journée de lundi. Des premières tendances se dessinent. Le chiraquien François Baroin a été reçu dans la matinée par Nicolas Sarkozy.

Les leçons tirées des élections par la majorité présidentielle pourraient avoir une traduction concrète dès ce lundi. Nicolas Sarkozy prépare en effet un remaniement. Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée a annoncé dans le week-end des changements modestes dans les ministères. François Fillon a été reçu lundi matin par le chef de l'Etat. L'entretien a duré une heure. Selon l'entourage du Premier ministre, celui-ci n'a pas présenté sa démission, même pas pour la forme, après la lourde défaite essuyée par son camp.

Les bruits courent sur le jeu des chaises tournantes à venir. Xavier Darcos est donné sortant par les pronostiqueurs. Le ministre du Travail, sévèrement battu en Aquitaine par Alain Rousset, doit mener la grande réforme du système des retraites. Eric Woerth est favori pour le remplacer rue de Grenelle. Le ministre du Budget et trésorier de l'UMP quitterait alors Bercy, mettant fin à cette double casquette dénoncée par le PS en décembre dernier.
Falco et Amara out?

Le maire de Chantilly libèrerait donc une place. Celle-ci irait à François Baroin. Le maire de Troyes, ancien ministre de l'Outre-mer et furtif ministre de l'Intérieur lorsque Nicolas Sarkozy a quitté la place Beauvau en mars 2007, a grandi dans le sillage de Jacques Chirac, son père en politique. Au lendemain du premier tour, il avait critiqué "l'ouverture à gauche trop soulignée, trop prononcée, trop affirmée". Le député de l'Aube a été reçu lundi matin à l'Elysée, en présence de François Fillon.

D'autres membres du gouvernement sont donnés partants. Hubert Falco, secrétaire d'Etat aux Anciens combattants et maire de Toulon, avait renoncé à conduire la campagne UMP en PACA pour ne pas risquer son maroquin en cas de victoire. Ce revirement pourrait lui coûter son portefeuille. Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la Politique de la ville, serait aussi en danger.

La baisse de l’abstention semble avoir profité aux candidats du Front national

Les dirigeants du Front national en sont convaincus : le second tour des élections régionales marque un tournant pour leur parti. Dans chacune des douze régions où le FN était encore présent et où il disputait une triangulaire, dimanche 21 mars, il progresse par rapport au premier tour.

"On laisse derrière nous le trou d'air de 2007", se félicitait dimanche soir Marine Le Pen. Le président du FN, Jean-Marie Le Pen, qui avait réalisé le meilleur score de son parti, au soir du premier tour, en recueillant 20,30% des voix en Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'a porté à 22,87 % au soir du second. Sa fille obtient 22,20% des voix dans le Nord-Pas-de-Calais, soit près de quatre points de plus qu'au premier tour.
La Lorraine, la Haute-Normandie et la Picardie connaissent des progressions du même ordre. Mais c'est en Languedoc-Roussillon que le gain est le plus important. La liste conduite par France Jamet passe, en effet, de 12,67 % à 19,38 %. "Ici, on a retrouvé l'électorat et les scores du Front de 2002", commente Louis Aliot, secrétaire général du FN.

Là où, au premier tour, seule Marine Le Pen était parvenue à faire mieux qu'en 2004, cinq candidats – dont Mme Le Pen – y parviennent au second. En effet, dans plusieurs de ces régions, le FN a, semble-t-il, profité plus que ses concurrents du regain de participation électorale. La formation d'extrême droite y a capté une part substantielle du retour aux urnes des abstentionnistes du premier tour. En Picardie, alors que le nombre de suffrages exprimés progresse de 69 000 entre les deux tours, le candidat du FN gagne ainsi près de 33 400 voix. Dans le Nord-Pas-de-Calais, la vice-présidente du FN recueille 76 300 voix de plus au second tour, quand le total des voix a augmenté de 128 380.

Mme Le Pen veut en déduire que "le vote utile ne marche plus. Cela nous permet d'attirer des électeurs qui ne se reconnaissent plus dans ce faux choix entre l'UMP et le PS". La vice-présidente du FN y voit une petite revanche sur ses détracteurs à l'intérieur de son parti. "On s'installe durablement dans douze régions. C'est la validation de ma stratégie, qui a été mise en cause notamment après la présidentielle et les législatives de 2007", a-t-elle fait valoir dimanche, façon de signifier que ces scores la plaçaient en position de force.

Dès l'annonce des premiers résultats, Mme Le Pen a d'ailleurs évoqué d'elle-même la présidentielle de 2012 dans ses interventions publiques. "2012 se construit dès à présent", a-t-elle déclaré. Y projetant son parti, tout en faisant mine de ne pas s'y projeter elle-même.

Avant d'assurer sur le mode de la confidence : "On peut mieux faire qu'en 2002." Un positionnement de présidentiable jugé naturel par Louis Aliot. "Comme Marine Le Pen est candidate à la succession de son père, elle est candidate à la candidature à la présidentielle. Elle a dit que celui qui succédera à son père sera naturellement le candidat du FN à la présidentielle", indique-t-il.

D'ici à 2012, les seules échéances électorales sont les cantonales. Un scrutin généralement peu prisé du FN, mais que la fille de Jean-Marie Le Pen entend utiliser pour retravailler l'implantation locale du parti d'extrême droite. "A partir du moment où vous réorientez le Front comme le veut Marine Le Pen, vers une implantation locale, ces cantonales sont la priorité après les municipales. Elles auront valeur de test" explique M. Aliot.

Reste pour Mme Le Pen à être désignée par les adhérents comme nouvelle présidente du FN lors du prochain congrès, qui doit se tenir soit en novembre 2010, soit en mars 2011. Le président du FN souhaiterait que les questions financières et la vente de l'ancien siège du FN soient réglées avant de passer la main.
Abel Mestre et Caroline Monnot

VOILÀ UNE EXCELLENTE CHOSE, SARKOZY A TRAHI UNE PARTIE DE SON ELECTORAT POPULAIRE SUR LA SÉCURITÉ MAIS SURTOUT SUR L'IMMIGRATION.
HIER SOIR SUR FRANCE 2 LES IMAGES DU JOURNALISTE DÉPÊCHÉ RUE DE SOLFÉRINO EN TÉMOIGNENT.
IMPOSSIBLE D'ENTENDRE SES COMMENTAIRES, IL Y AVAIT DES ARABES ET DES NOIRS QUI HURLAIENT À L'ANTENNE...L'ESPOIR DES SOCIALISTES.

Grande défaite et petit chelem


L'échec de la droite, admis tardivement par François Fillon, aurait pu s'accompagner d'un raz-de-marée de l'opposition. Les résultats des régionales, s'ils valident le bilan des majorités socialistes sortantes, doivent être examinés avec lucidité : derrière le trompe-l'oeil des pourcentages et d'une abstention toujours forte, la gauche doit beaucoup sa victoire à la défaite de la droite. Ce qui signifie que gagner les régionales n'est pas une assurance pour la présidentielle.

Avec seulement 18 % des électeurs inscrits et huit ministres battus sur huit, il faut parler de déroute de l'UMP. Par rapport à 2004, où elle avait déjà perdu presque toutes les Régions, elle recule de 1,5 million de voix. Elle ne peut guère l'attribuer au Front national qui perd un tiers de ses voix, excepté quelques scores locaux remarquables.

En ce week-end de rugby, socialistes et écologistes doivent se contenter d'un petit chelem. D'abord parce qu'on ne sait plus très bien la couleur du Languedoc-Roussillon. Ensuite, parce que l'Alsace reste à droite, sans parler, mais dans des circonstances très particulières, de La Réunion et probablement de la Guyane. Surtout, parce que l'alliance PS-Verts-PC, victime aussi de l'abstention, n'a pas retrouvé tout son électorat de 2004, malgré trois millions d'inscrits en plus.

Ce résultat, on en connaît les causes. La question est désormais de savoir si les politiques sauront retrouver la confiance de citoyens mécontents et, plus grave, désabusés ou indifférents.

Ce n'est pas le remplacement de quelques ministres qui va remonter le moral des Français. On est trop loin de la présidentielle et François Fillon, reçu ce matin à l'Élysée, reste trop populaire pour tenter un électrochoc à travers un changement de Premier ministre. Il faudrait surtout un gros travail de fond.

D'abord, les partis vont devoir se remuer. L'UMP pour entendre l'opinion. Le PS et les écologistes pour s'entendre sur une conception de la croissance, pour imaginer comment relancer le pouvoir d'achat avec des caisses vides ; imaginer une fiscalité qui ne casse pas la reprise ; compter avec Ségolène Royal, forte de son excellent score. Europe Écologie, enfin, pour passer de l'amateurisme des Verts au professionnalisme d'un parti désormais installé.

Ensuite, les Régions, laboratoires de la gauche « diverse », vont devoir prouver qu'elles sont assez fortes pour évoluer en première division mondiale, pour jouer, à la fois, la défense sociale et l'attaque économique. Avec des moyens figés et le gel possible, pour cause de compromis, de projets structurants dans l'énergie ou les transports, on risque d'établir, dans quatre ans, un bilan mitigé.

Enfin, dans un tel état de fragilité et face à la montée en puissance de Martine Aubry, la fin du quinquennat s'annonce très délicate s'il se poursuit avec les mêmes méthodes. Sans moyens et sans croissance forte, Nicolas Sarkozy devrait, à la fois, assainir les comptes publics - ce n'est pas le moment d'emmener l'Europe dans le fossé - réformer les retraites, financer le risque dépendance, endiguer les licenciements et aider 360 000 chômeurs supplémentaires en fin de droit.

Dans les mois qui viennent, il est probable que l'on verra moins de manifestants devant les Régions - ce qui serait la preuve que les 1 880 conseillers élus hier ont de réels pouvoirs ! - que devant les préfectures.

Michel Urvoy

La gauche partout en France sauf en Alsace

La gauche a remporté une nette victoire lors du second tour des élections régionales. Elle ne parvient toutefois pas à réaliser le grand chelem souhaité par Martine Aubry. L’UMP est parvenue à conserver son bastion alsacien.

Pas de grand chelem

On disait la gauche et la droite au coude à coude en Alsace. Finalement, la Région reste entre les mains de la majorité présidentielle. La liste de Philippe Richert (UMP) devance même nettement celle de Jacques Bigot (PS) qui avait fusionné avec Europe Ecologie, malgré un bon score du FN. « Les Alsaciens font un grand pied de nez au reste du pays », a commenté Yves Bur, député UMp du Bas-Rhin.

C’est la seule Région qui échappe à la gauche en métropole. Outre-mer, l’UMP profite de la division de la gauche pour récupérer La Réunion. La liste conduite par Didier Robert l’emporte à la faveur d’une triangulaire avec 45% des voix contre 35% au président sortant, Paul Vergès (divers gauche), et 19% à Michel Vergoz (PS).

La Corse, l’autre bastion de la droite, devrait basculer. La gauche arrive nettement en tête. Mais, face à une liste UMP et deux listes régionalistes, elle n’a pas la majorité absolue. Tout se jouera vendredi lors du troisième tour (l’élection du président)… qui avait réservé des surprises en 2004.

Une victoire sans précédent

Au delà du nombre des régions acquises, c’est l’ampleur de la victoire des listes de gauche qui est notable. Elles obtiennent en moyenne plus de quinze points d’avance à l’échelon national. Martin Malvy est le mieux élu, avec plus de 65% en Midi-Pyrénées. Avec 61%, Ségolène Royal devance de plus de vingt points le ministre des Transports, Dominique Bussereau. En Pays de la Loire, le PS qui l’avait emporté d’une courte tête en 2004, améliore son score de cinq points.

Martine Aubry parle d’une « victoire sans précédent » qui marque un « rejet de la politique du président de la République ». François Hollande évoque « un vote de défiance ». Jean-Pierre Grand, député villepiniste, estime que le message est « clair » et s’adresse « au président de la République et à lui seul ».

Le FN améliore son score

La droite espérait reprendre des voix au Front national. Raté. Le parti de Jean-Marie Le Pen parvient à améliorer son score de deux à quatre points dans les douze Régions où il était encore présent. Le « chef » a lui même recueilli plus de 23% des voix en Provence-Alpes-Côte-d’Azur (20% au premier tour). « Un très grand succès », selon Marine Le Pen qui a elle-même gagné près de quatre points, avec 22% des suffrages dans le Nord-Pas-de-Calais.

Remaniement ministériel

François Fillon a reconnu « le succès » de la gauche et parlé de « déception pour la majorité ». Il assume sa « part de responsabilité ». Le Premier ministre sera reçu ce matin, 9 h, par le président de la République pour tirer les leçons de cette défaite. Selon toute vraissemblance, Nicolas Sarkozy devrait lui demander de procéder à un remaniement de son gouvernement. Le changement devrait être « modeste et technique », selon Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée.

Au niveau national, c’est la Gauche qui sort vainqueur de ce second tour des élections régionales. Les listes emmenées par les candidats de gauche totalisent en effet 53,2% des voix selon l'institut de sondage Opinionway.

Les listes de gauche gagnent 21 régions sur 22, l’Alsace restant à droite. Les listes de droite totalisent 37,1% des suffages et celles du Front National environ 9,7%.

Thierry Richard

dimanche 21 mars 2010

Médecins: consultation à 23€ en avril ?

Le principal syndicat de médecins libéraux, la CSMF, a appelé les médecins généralistes à faire payer unilatéralement la consultation 23 euros au lieu de 22 à partir du 12 avril, s'ils n'obtiennent pas satisfaction sur ce point d'ici là.

Réunie hier en assemblée générale, la CSMF a précisé dans un communiqué qu'elle avait adopté à l'unanimité une motion intitulée "Trop c’est trop: La CSMF lance un mouvement tarifaire à compter du 12 avril". La consultation à 23 euros pour les médecins relevant du secteur un, c'est-à-dire ceux qui ne pratiquent pas de dépassements d'honoraires, est une revendication de longue date des généralistes.
Le gouvernement en avait accepté le principe en 2007, mais en fixant des conditions qui, selon lui, ne sont pas encore réunies.

Les tarifs remboursables par la sécurité sociale sont fixés par une convention médicale négociée entre assurance maladie et médecins, qui fixe également les objectifs en termes d'économies, de prise en charge des patients ou de prévention. La dernière convention, signée en 2005, s'est terminée en février dernier, et la prochaine ne commencera à être négociée qu'après les élections professionnelles que le ministère de la Santé souhaite organiser "avant la fin du printemps".

Entre temps, un texte juridique, appelé "règlement arbitral", prend le relais. La CSMF réclame que la hausse de tarif soit inscrite dans ce règlement arbitral. "Dans l’hypothèse où le règlement arbitral ne répondrait pas à cette attente", la CSMF déclare qu'elle appellera unilatéralement, à partir du 12 avril, tous les médecins généralistes à faire payer "la consultation au cabinet 23 euros et la visite à domicile 33 euros". "C’est une question de respect des engagements et des signatures indispensable pour inciter les syndicats, et en particulier la CSMF, à signer une nouvelle convention", ajoute le syndicat.

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Commentaire Challenges.fr L'Elysée se prépare à une nuit des longs couteaux. Pour Martine Aubry, les lendemains de victoire ne seront pas forcément roses.

A deux exceptions près (municipales de 1983 et législatives de 2007) les deuxièmes tours amplifient toujours les résultats de premier tour. Les enquêtes d'opinion et les projections réalisées par les instituts de sondages cette semaine confirment cette règle. Dimanche s'annonce donc comme une journée noire pour l'UMP. Pas seulement en nombre de régions gagnées, perdues ou conservées, mais en écart de voix entre la droite et la gauche. "Nombre de régions vont être gagnées de manière écrasante par la gauche, avec des scores proches de 60%", prédit Gaël Sliman de BVA. Là où se déroulent des triangulaires (Bourgogne, Pas-de-Calais, Lorraine, Haute-Normandie...), l'UMP va se retrouver 20 points derrière la gauche. "Jamais la droite parlementaire n'a été aussi faible", constate Frédéric Dabi de l'IFOP.

A l'Elysée, conscient du risque de séisme, on rode deux discours, avec les fameux "éléments de langage" imposés aux intervenants dans les médias. Si la droite sauve l'Alsace, et gagne la Guyane, les barons de l'UMP auront ordre de marteler que Martine Aubry n'a pas réalisé son grand chelem. Que le nombre de conseillers régionaux UMP a progressé (ce qui sera le cas, du simple fait qu'il y a eu moins de triangulaires qu'en 2004 et donc moins d'élus FN). Bref, les barrons de l'UMP auront ordre de relativiser le mauvais score. En revanche, si la droite perd l'Alsace, si le PS réalise le grand chelem en métropole, là, l'Elysée est conscient qu'il ne servira à rien de livrer des "éléments de langage".

Les intervenants seront contraints et forcés de reconnaître la défaite de l'UMP. Pire, l'Elysée s'attend à ce que chacun lave son linge sale devant les micros et crache son venin en fonction de ses intérêts personnels. Ce sera l'heure de gloire pour les Villepin, Dupont-Aignan, Copé et autres rivaux de Nicolas Sarkozy.
A gauche, Martine Aubry est sereine, même sans le grand chelem, son camp aura réalisé un score historique. Dans une ambiance unitaire, malgré les péripéties Frêche. Prudente, elle se refuse à afficher le moindre triomphalisme. Elle sait que si une étape a été franchie -la remise en marche de la machine PS- l'essentiel reste à faire: construire un projet. Les conventions programmatiques vont débuter fin mai et sur de nombreux sujets, il existe de sérieuses divergences au sein du parti. "Nous avons réussi à rebâtir un socle de réflexion, rétorque la première secrétaire. Nous avons des débats de fonds sérieux. Je suis très confiante dans la possibilité de bâtir un programme qui permette à la gauche de gagner quelque soit le candidat." Reste que les élections régionales ont toujours été une période de calme au PS. Nombre de postes y sont en jeu. Après cette trêve, nombre de candidats à la primaire vont tenter d'empêcher l'irrésistible ascension de Martine Aubry.

par Ghislaine Ottenheimer, rédactrice en chef à Challenges

Démocratie, le devoir de voter

La crise économique qui a ébranlé le monde ne cesse d'étendre ses ravages. Les pays les plus pauvres en sont les premières victimes. Les Nations Unies ne cessent d'appeler la communauté internationale à lutter contre la faim qui sévit dans tant de régions du monde. La vie de milliers d'enfants, de femmes et d'hommes est en danger. Au XXIe siècle, c'est inacceptable !

Les pays développés, ne sortent pas indemnes de la crise. En France, le pire a été évité grâce aux mesures prises et au sang-froid. Mais une immense tâche est devant nous : celle de fonder le développement du pays sur le roc pour résister aux assauts et aux tempêtes. Cela signifie renoncer à vivre au-dessus de nos moyens et investir pour laisser aux jeunes générations un pays dynamique et prospère, capable de résister aux pressions économiques et politiques, libre et fier de sa Démocratie.

Une telle entreprise nécessite ouverture d'esprit et mobilisation. Or, il est triste de constater que, depuis un moment, la France donne l'impression de tourner en rond sur elle-même. Comme si les élections régionales rimaient avec l'horizon borné des préoccupations immédiates. Alors que c'est justement l'inverse : il ne sera pas possible de développer durablement les régions si l'on ne prend pas en compte l'évolution du monde. Malheureusement, beaucoup semblent penser que notre pays est au-dessus de tout et que le monde doit se plier à nos désirs « justes » et à notre modèle « infaillible » !

La responsabilité de ceux qui soufflent sur les braises du populisme et de l'inculture est immense. Il est grave que le rendez-vous des élections régionales ait été recouvert par le bruit de querelles politiciennes. Piètre image du débat démocratique que de donner en pâture des « boucs émissaires », d'aviver la haine entre les citoyens qui ne partagent pas les mêmes idées ! Alors que notre pays a besoin d'unité pour faire face aux redoutables défis de sa modernisation et de la construction de l'Europe.

Ces attitudes expliquent sans doute en partie, le désintérêt des citoyens pour ces élections. Mais elles ne justifient pas pour autant leur abstention. En démocratie, voter est un devoir ; s'y soustraire, une lâcheté !

La participation aux élections serait facilitée si l'on modernisait les moyens de vote. En effet, beaucoup de personnes gardent des attaches dans leur région d'origine mais ne peuvent pas toujours y retourner lors des rendez-vous électoraux. Pourquoi ne pas imaginer, pour elles, des manières de voter à distance, à partir des bureaux de vote ? Les moyens modernes de communication permettraient sans doute d'envisager des évolutions de ce type. En attendant, il ne faut pas se dérober au devoir de voter : noblesse et humilité de la vie de la Démocratie.

Les régionales à peine passées, grèves et manifestations dès mardi dans tout le pays

PARIS - Les élections régionales à peine passées, le gouvernement sera confronté mardi à des grèves et manifestations dans tout le pays, à l'appel des centrales syndicales qui réclament "des réponses concrètes" sur l'emploi, le pouvoir d'achat, les retraites et les conditions de travail.
Annoncée au soir du sommet social du 15 février à l'Elysée, cette journée d'action interprofessionnelle, la première depuis le 6 octobre, constituera aussi - mais pour certains syndicats seulement - un premier tour de chauffe de la mobilisation pour la défense des retraites, à moins d'un mois du début des discussions avec le gouvernement.

A l'initiative de cette journée, la CGT fera cause commune avec la CFDT, la FSU, Solidaires (syndicats Sud et autres) et l'Unsa (autonome). Force ouvrière (FO) appelle séparément les salariés à défiler et à faire grève, mais autour d'un seul mot d'ordre: les retraites. La CFTC et la CFE-CGC ont préféré se tenir à l'écart de ce rendez-vous "fourre-tout", selon le président de la CFE-CGC Bernard Van Craeynest.

Le 15 février, les syndicats étaient sortis de l'Elysée en regrettant que Nicolas Sarkozy se soit "limité à annoncer une série de rendez-vous". Selon une déclaration intersyndicale, la journée de mardi doit servir à "peser" sur ces échéances: rendez-vous d'"agenda social" avec les syndicats de fonctionnaires le 26 mars, bilan d'étape "courant avril" des mesures pour l'emploi de février 2009, enfin retraites et pénibilité du travail au même moment.

Pour les syndicats, la crise est "loin d'être finie", quand la situation ne se dégrade pas. Certes, le rythme des destructions d'emplois a fléchi au dernier trimestre 2009 de l'an dernier (11.500, -0,1%), mais le gouvernement prévoit tout de même 120.000 pertes nettes d'emplois dans le seul secteur marchand cette année.

Quant aux salaires, quand ils ne sont pas bloqués, les hausses dépassent rarement un pour cent pour 2010. Cette frilosité est à l'origine de nombreux conflits dans les entreprises.

A cela s'ajoute le malaise dans le secteur public (grèves dans l'enseignement ou les crèches, journée d'action dans le monde judiciaire, occupation la semaine dernière du siège de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris).

Sur ce point, "le gouvernement ne dit rien non plus", selon les syndicats qui ont dans leur collimateur la révision générale des politiques publiques et son cortège d'emplois supprimés par dizaines de milliers.

La journée d'action devrait être bien suivie dans le public, où FO s'associe aux autres syndicats dans certaines fédérations, comme les finances.

Dans l'ensemble, pourtant, les syndicats ne seront pas à l'unisson. Selon le dirigeant cégétiste Eric Aubin, la plate-forme intersyndicale "est un compromis: elle parle des problèmes de retraite, mais laisse les organisations libres d'aller au 23 mars avec leurs revendications".

Pour Marcel Grignard, numéro deux de la CFDT, "les priorités du 23 mars, c'est la situation économique et ses conséquences sur l'emploi et le pouvoir d'achat". Idem pour l'Unsa.

CGT, FSU et Solidaires, eux, insistent autant sur les retraites. "Il faut que les salariés disent, dès le 23 mars, leur désaccord avec un nouvel allongement de la durée de cotisation et le report de l'âge légal de la retraite", a déclaré Eric Aubin.

ET ALLONS Y ENCORE UNE ! VIVEMENT LA GAUCHE !!..... ?

L'Elysée confirme un remaniement "modeste" quel que soit le résultat des régionales

PARIS - Le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant a confirmé samedi que le remaniement gouvernemental serait, "quel que soit le cas de figure" au second tour des régionales, "modeste" et "technique", dans des propos rapportés par le site du quotidien La Croix.
"Quel que soit le cas de figure, il n'y aura pas de grand remaniement. Ce sera un remaniement modeste, technique, parce que de petits ajustements méritent d'être faits", dit M. Guéant, ajoutant: "même s'il peut y avoir du sens politique dans le +technique+".

Des propos qui s'inscrivent dans le droit fil des déclarations de Nicolas Sarkozy au Figaro Magazine à la veille du premier tour, évoquant "quelques adaptations gouvernementales". Mais après le revers de dimanche dernier, de nombreux bruits de couloir laissaient envisager un remaniement plus large.

S'agissant de l'ouverture, le secrétaire général de l'Elysée laisse entendre qu'aucune nouvelle personnalité de gauche ne devrait être nommée au gouvernement la semaine prochaine. "Continuer l'ouverture ne veut pas dire l'élargir", déclare-t-il.

"Le président ne dira pas que l'ouverture n'a plus de sens, il en a fait une conviction", insiste M. Guéant, comme pour faire taire les rumeurs de ces derniers jours donnant les ex-socialistes Bernard Kouchner (Affaires étrangères) et Eric Besson (Immigration) partants.

Il n'y aura "aucun bouleversement" non plus à l'UMP, fait-il savoir. Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, restera à son poste à l'issue du scrutin. "Xavier Bertrand a mouillé la chemise. Les militants l'apprécient et lui-même aime le travail militant", dit Claude Guéant.

Concernant les réformes des prochains mois, il souligne que celle des retraites est "un impératif national". Sur celle, très controversée, de la procédure pénale, le chef de l'Etat sera "à l'écoute" des consultations lancées par la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie, précise-t-il.

Les Français pour un remaniement

Nicolas Sarkozy va peut-être devoir modifier son gouvernement un peu plus que prévu. C'est en tout cas ce que lui demandent les Français, dans un sondage BVA diffusé vendredi lors de La Matinale de Canal +. Une "bonne" nouvelle pour nombre d'élus de la majorité, qui veulent en finir avec un certain nombre de personnalités d'ouverture.

Nicolas Sarkozy va peut-être devoir changer son fusil d'épaule. Avant le premier tour des élections régionales -et la large victoire de la gauche-, le chef de l'Etat assurait qu'il n'y aurait, après le scrutin, que "quelques adaptations gouvernementales". Depuis, la majorité s'écharpe sur la conduite à tenir. Ralentir les réformes, remercier toutes les figures de l'ouverture, lisser l'attitude présidentielle… tout est mis sur la table. Les Français, eux, ont leur avis sur la question: ils sont une majorité à réclamer un large remaniement.

Selon un sondage BVA diffusé vendredi lors de l'émission La Matinale de Canal +, 57% des personne interrogées souhaitent que Nicolas Sarkozy tire les conséquences de l'échec de le droite aux régionales et remanie son gouvernement. Bien que populaire dans les sondages, François Fillon n'est cette fois pas épargné, puisqu'ils sont 37% à réclamer son départ de Matignon. Des résultats qui vont encore donner de l'eau aux moulins de ceux qui, dans la majorité, militent pour un recentrage du gouvernement à droite.
Les ministres d'ouverture dans le viseur

A noter que parmi les abstentionnistes – qui devraient donc représenter la majorité des citoyens inscrits sur les listes électorales dimanche – les avis sont très mitigés: 38% ne souhaitent aucun changement, contre… 38% également qui voudraient tout changer au gouvernement. Invitée à se prononcer sur le sujet lors d'un "chat" organisé par le PS avec les internautes vendredi matin, Martine Aubry a livré sa vision des choses: "Ce n'est pas à nous de faire le choix du Premier ministre. Ce que nous demandons, en revanche, c'est un changement de politique."

Reste à connaître la position de Nicolas Sarkozy sur le sujet. Donné partant depuis des mois, François Fillon a tenu le coup. Cette fois, une débâcle lors du second tour pourrait lui être fatale. La rencontre entre Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy, mercredi à l'Elysée, a relancé la rumeur de l'arrivée du patron des députés UMP à Matignon, pourtant longtemps honni par le chef de l'Etat. Mais le changement de locataire à Matignon n'est pas la priorité dans les rangs de la majorité. Plutôt que Fillon, ce sont les personnalités d'ouverture qui sont dans le viseur, et ce depuis plusieurs jours. Martin Hirsch est concerné. Jugée incompétente par beaucoup, Fadela Amara pourrait elle aussi retourner à la vie civile. Plus belle prise de la mandature Sarkozy, Bernard Kouchner agace de plus en plus, et ils sont nombreux à lorgner sur le quai d'Orsay. Une certitude dans cet océan de conjectures: les chiraquiens ne seront pas invités à la table du gouvernement en échange de leur silence. "Ce serait donner une prime à ceux qui nous crachent dessus", confirme un fidèle du président au Figaro.

samedi 20 mars 2010

Les endormis du scrutin


Le grand nombre d'abstentions de dimanche dernier a résonné comme un coup de tonnerre. Mais va-t-il réveiller les endormis du scrutin ? Pas si sûr, car beaucoup semblent se sentir hors de ces joutes politiques qui, pensent-ils (mais à tort), ne les concernent que de très loin.

Ces dernières semaines, Jean-Paul Delevoye, Médiateur de la République, a rendu son rapport annuel. On peut y lire ceci : « Je suis inquiet, car je perçois, à travers les dossiers qui me sont adressés, une société qui se fragmente, où le chacun pour soi remplace l'envie de vivre ensemble, où l'on devient de plus en plus consommateur de République plutôt que citoyen... Un fossé s'est creusé entre le citoyen et l'État... Il y a comme une 'France des invisibles'... Je suis frappé par la cohabitation de deux types de sociétés : l'une, officielle, que nous connaissons tous ; l'autre, plus souterraine, qui vit d'aides, de travail au noir et de réseaux... Politiquement, cela peut mal tourner. L'histoire a montré que le ressentiment et la peur nourrissaient le populisme... On aurait intérêt à sortir du petit jeu politicien. »

Faut-il voir, dans ce décalage, la cause ou l'une des causes de la forte abstention ? Sans doute. Les démocrates devraient donc non seulement s'inquiéter de ce détournement massif des urnes, mais aussi et surtout de ses causes.

Si beaucoup de Français ne se sentent pas concernés par la chose publique, s'ils estiment que les alternances droite-gauche sont une sorte de « jeu politicien » qui ne les concerne pas, s'ils pensent que tout est pareil, que tout se vaut, on peut en effet s'inquiéter de ce délitement de notre démocratie.

Pourtant, on pourrait aussi se réjouir de ceux qui votent. « Si l'on ne disposait pas du droit de vote, on se battrait pour l'obtenir », disait une jeune fille qui, pour la première fois, votait dimanche dernier. « Alors je vote ! », proclamait-elle.

Aux élus de ne pas la décevoir et de sortir des petits « jeux politiciens » pour servir le bien commun sans démagogie, car c'est cela que chacun attend de ses représentants. Encore faut-il le faire bien et le faire savoir pour que chacun se sente associé à cette tâche indispensable.

Second tour des régionales : la gauche affiche son unité, l'UMP veut croire au sursaut

A défaut d'inverser la tendance, le parti présidentiel espère sauver entre une et trois régions, dimanche, lors du second tour des élections régionales. L'après-scrutin se prépare déjà à l'Elysée, tandis que la gauche réunie commence à rêver d'« alternative » en 2012.

L'Alsace peut-elle sauver l'UMP ? Les instituts de sondages, qui ne se sont guère trompés sur les tendances du premier tour (hormis la remontée du FN), abordent le second tour de dimanche avec pour seule interrogation le cas de l'Alsace : l'UMP et le PS y sont au coude-à-coude. Partout ailleurs, ils voient la gauche gagnante (et souvent à près de 60 %), même si le parti majoritaire veut encore croire en ses chances en Guyane et peut être aussi à La Réunion. En tout état de cause, la partie est extrêmement difficile pour l'UMP. Toute la semaine, ses dirigeants, au premier rang desquels François Fillon, ont battu les estrades, multiplié les déplacements et tenté de mobiliser l'électorat boudeur. Nicolas Sarkozy s'est refusé à parler de la campagne, mais il a durci le ton sur la sécurité. En rencontrant, hier à Dammarie-les-Lys, en Seine-et-Marne, les proches du policier tué par l'ETA, il a souhaité une application « systématique » de la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une peine incompressible de trente ans pour les meurtriers de membres des forces de l'ordre. « Récupération politique » pour capter les voix du Front national, a aussitôt répliqué le PS, avec d'autant plus de verve que le Premier ministre avait la veille, par mégarde, annoncé lors d'un meeting la mort d'un autre policier dans un contrôle routier.

Voix critiques à l'UMP

La majorité espérait reprendre la main dans l'entre-deux-tours en affichant son unité face à une gauche empêtrée dans ses négociations. Las, elle a connu plus de flottements que le camp adverse, qui a trouvé un terrain d'entente dès mardi. Martine Aubry (PS), Cécile Duflot (Europe Ecologie) et Marie-George Buffet (Front de gauche) ont même tenu une conférence de presse commune hier, dans un café du XI e arrondissement de Paris, s'inscrivant dans la construction d'une « alternative » de la « gauche solidaire » pour 2012 (lire page 19). Seul Daniel Cohn-Bendit a un peu gâché la fête en estimant que ce type d'accord d'entre-deux-tours était « un peu un déni de démocratie ». Nicolas Sarkozy a eu, lui, toutes les peines du monde à empêcher les remises en cause dans son propre camp, à commencer par le choix de nier l'idée d'un « vote sanction » au premier tour. Quelques voix (Alain Juppé, François Baroin, et même hier Dominique Bussereau, candidat UMP en Poitou-Charentes) se sont également risquées à critiquer tout haut une ligne stratégique que beaucoup contestent tout bas, qu'il s'agisse de l'ouverture à gauche, de l'union dès le premier tour ou de la main tendue aux écologistes. Pour éviter que cette contestation ne s'étende la semaine prochaine, le président de la République a beaucoup consulté et reçu -les présidents de groupe UMP de l'Assemblée et du Sénat, Jean-François Copé et Gérard Longuet, le secrétaire général du parti, Xavier Bertrand… -, tandis que ses conseillers prenaient le pouls des parlementaires et les invitaient au calme.

Retrouver la confiance

Car l'après-régionales est déjà dans toutes les têtes. Nicolas Sarkozy ne prévoit, a priori, aucune intervention ni bouleversement ministériel d'ampleur, et ne décidera, en tout état de cause, qu'au vu des résultats de dimanche soir. Mais ses proches, déjà, multiplient les conseils pour qu'il retrouve la confiance de son camp. Car c'est bien cela qui les inquiète dans le vote aux régionales : le décrochage apparent de certaines populations traditionnellement acquises à la droite, les agriculteurs, les artisans, les médecins, les personnes âgées. Brice Hortefeux voit bien le président lancer sans attendre la réforme des retraites et François Fillon lui remettre sa démission (qu'il n'accepterait pas). Certains anticipent un remaniement plus important que prévu, avec l'arrivée de personnalités de droite de poids, voire le départ de ministres d'ouverture. Seules certitudes : le chef de l'Etat tiendra, lundi et mardi, ses réunions hebdomadaires avec les dirigeants de l'UMP et ceux de la majorité.

CÉCILE CORNUDET, Les Echos

vendredi 19 mars 2010

À l'UMP, le débat sur le remaniement fait son chemin

À deux jours du second tour, les ministres d'ouverture se retrouvent sur la sellette.

Nicolas Sarkozy va-t-il être contraint de procéder à un remaniement plus large que prévu ? La question est désormais ouvertement posée dans la majorité. «On a fait les mêmes conneries en 2004. Si on ne reconnaît pas la défaite, on renforce la gauche et ceux à droite qui nous ont envoyé un message de mécontentement», tonne un chiraquien. Officiellement, l'Élysée s'en tient toujours à a la ligne fixée par le président dans Le Figaro Magazine où il avait évoqué «quelques adaptations gouvernementales» après le 21 mars.

L'hypothèse du grand coup de balai ne semble pas d'actualité. Difficile pour le chef de l'État de renier ce qu'il a martelé à la veille du premier tour : «À scrutin national, conséquences nationales, à scrutin régional, conséquences régionales.» Mais difficile aussi de tenir cette position si la défaite est amplifiée au second tour - par la perte de l'Alsace, notamment.

En attendant la réunion de mardi à l'Assemblée nationale, sous la houlette de Jean-François Copé, les parlementaires affûtent leurs arguments. Une tribune à l'initiative de plusieurs proches de ­Jacques Chirac est en préparation. Ils formulent quelques priorités pour l'après-régionales. Ils appellent à «se concentrer sur l'essentiel : la réforme des retraites, l'emploi et la sécurité». Et ils demandent que le président ajourne la taxe carbone, reporte la réforme de la procédure pénale, allège celle des collectivités et gèle les suppressions de postes dans la police et l'éducation. Selon plusieurs élus, ce débat sur le calendrier des réformes pourrait se prolonger jeudi sous la forme d'un «séminaire» avec des parlementaires de la majorité. «L'idée est de proposer à l'Élysée un agenda de réformes sur lesquelles tout le monde serait d'accord», plaide un ancien ministre.

D'autres élus - plus nombreux - demandent un geste fort pour marquer la fin de l'ouverture. Soit en sacrifiant des ministres d'ouverture, soit en nommant des personnalités capables d'incarner les attentes de l'électorat de droite. Entre Martin Hirsch, accusé de favoriser l'assistanat, et Bernard Kouchner, qui exaspère les parlementaires UMP, Fadela Amara, jugée «incompétente», ou Éric Besson, très contesté, le président a le choix… Mais, à tout prendre, le départ de Bernard Kouchner semble le plus envisageable. Édouard Balladur, qui n'aime pas le ministre des Affaires étrangères, a incité le président à «droitiser» son action en se séparant de ministres d'ouverture.

À l'Élysée, la ligne reste néanmoins la même qu'avant le premier tour. L'objectif n'a pas été atteint dimanche dernier. Mais l'hypothèse la plus sombre, celle d'un quasi grand chelem de Martine Aubry, ne fait pas varier l'entourage du président. «Il faut garder son sang-froid, prendre le temps de réfléchir », prévient un conseiller. «Sarkozy voudra s'en sortir par l'action. Un gouvernement prolongé, c'est l'action sans délais», parie un dirigeant de la majorité qui rappelle que le calendrier parlementaire est «très chargé». Lundi, le chef de l'État consultera à tout-va. Et mardi, il recevra José Luis ­Zapatero pendant une partie de la journée. Quant aux conseils d'Alain Juppé, qui suggère dans son blog de réfléchir au rythme des réformes, un sarkozyste répond : «Heureusement que le ridicule ne tue pas. C'est vrai qu'avec les grèves de 1995 et le crash de 1997, il peut faire valoir sa légitimité en la matière.»

Cinquième gouvernement

Une entrée en force des chiraquiens au gouvernement, pour faire taire ceux qui élèvent le plus la voix ces jours-ci, paraît en tout cas peu probable. «Ce serait donner une prime à ceux qui nous crachent dessus», répond un fidèle du président. «Ils n'ont pas compris que notre objectif n'était pas de rentrer au gouvernement, ce que nous voulons, c'est faire vivre les sensibilités à l'intérieur de la majorité», corrige François Baroin.

En attendant, une chose est quasiment sûre : François Fillon, comme l'avait fait en 2004 Jean-Pierre Raffarin, devrait présenter lundi sa démission au chef de l'État, qui la refusera. À charge pour le premier ministre de former son cinquième gouvernement.

Prix du lait : les industriels se rebiffent

Ça bout du côté des industriels mais aussi des producteurs. Le différentiel de prix avec l'Allemagne est au coeur des discussions.
Tensions. Les industriels laitiers (Fnil) veulent passer en force sur le prix du lait. Lors d'une réunion, hier matin, dans le cadre de l'interprofession, la Fnil a claqué la porte de la réunion organisée avec la FNPL (Fédération nationale des producteurs laitiers). « Les industriels privés veulent aligner le prix du lait français sur le prix allemand, c'est une véritable déclaration de guerre », réagit avec colère Franck Guéhennec, secrétaire général de la FRSEA Ouest et administrateur de la FNPL.

Pourtant les hausses tendancielles pour le second trimestre n'ont rien d'exceptionnel. L'augmentation du prix du lait payé aux producteurs pour le deuxième trimestre 2010 aurait dû afficher + 5,7 % soit 15 €/1 000 litres. Cette hausse résultant de l'application de l'accord du 3 juin 2009.

Les Allemands moins chers. Pour les industriels, le problème se situe de l'autre côté du Rhin « Avec un prix du lait supérieur de 15 % en 2009 à celui payé en Allemagne, notre principal client et fournisseur, le prix français s'inscrit parmi les plus élevés d'Europe », explique la Fnil. Le différentiel est d'environ 35 €. Pas question pour eux d'accepter une nouvelle hausse de 5,7 % sur le deuxième trimestre 2010. « Ne pas tenir compte de cette situation serait dévastateur en termes de développement économique pour les territoires français, d'emplois industriels et de débouchés pour les producteurs de lait français », explique-t-on du côté des industriels.

En présentant les résultats du groupe Bongrain à Paris, hier matin, Pascal Breton, le directeur général du groupe ne disait pas autre chose : « Sur le marché européen du fromage, la situation est intenable. Les producteurs de lait français ont un besoin vital de l'export pour valoriser leur production. La balance commerciale française des produits laitiers est passée de 3 milliards d'euros à 2,5 milliards en 2009. Nous perdons chaque mois des parts de marché ! »

Plus prudentes sur l'accord interprofessionnel, les coopératives (FNCL) n'en soulignent pas moins le différentiel France-Allemagne. Évidemment les producteurs de lait ne l'entendent pas de cette oreille. Pour la FNPL, le prix du lait ne suffit pas à expliquer le différentiel de compétitivité. Le syndicat maintient que l'accord du 3 juin doit s'appliquer. Sauf que, dans la réalité, il ne l'est plus depuis hier matin.

Manifestation. Pendant ce temps, chez les producteurs, le feu couve sous la braise. L'APLI a lancé pour la soirée de ce mercredi, une opération de « grandes flambées de détresse dans les campagnes en attendant une manifestation de grande ampleur ». De son côté, la Confédération paysanne, par la voix de son représentant au conseil de l'élevage de France Agrimer a dénoncé avec 25 militants, tenus eux à l'écart des grilles fermées, l'avis émis ce jour par le conseil spécialisé des filières laitières françaises, « favorable à l'augmentation de 2 % du quota national pour 2011. Cela équivaudra à remettre potentiellement 500 000 tonnes de lait supplémentaire sur le marché ». Points de vue décidément irréconciables.

En toile de fond, 2012

2012 commence dimanche à 20 h. Que les ambitions présidentielles prématurées ne soient pas une bonne chose pour les Régions et la pureté de la politique, le fait est là : du second tour des régionales, il sera fait une lecture nationale.

On regardera d'abord la participation. Le réveil des gauches et le remords d'abstentionnistes de droite devraient provoquer un petit sursaut. Qui ne bouleversera pas l'équilibre final.

On surveillera le score de la majorité. Elle espère sauver l'honneur en conservant l'Alsace, l'une des deux Régions, avec la Corse, présidées par la droite. Rien n'est moins sûr.

En une semaine, on ne relance pas la dynamique étouffée par le choix inadapté de la liste unique. Les Régions ne sont pas devenues subitement des modèles attractifs. Les doutes sur la capacité de la majorité à redorer l'avenir demeurent. L'inopportun débat identitaire continue de servir le Front national. Le discours écologique, de crédibiliser les écologistes. Et l'ouverture, de souligner qu'il y a tant de gens bien à gauche.

Nombre des cadres de la majorité en veulent à Nicolas Sarkozy. En niant la sanction des électeurs, il donne l'impression de les négliger. Ils lui en veulent d'exhumer, au pire moment, l'idée explosive de taxer les produits consommés, et importés, pour financer la Sécu. La fameuse TVA sociale, défendue par le sénateur centriste mayennais Jean Arthuis, pour alléger le coût du travail.

Ces erreurs vont affaiblir l'exécutif, entraîner un ajustement gouvernemental - Xavier Darcos aura du mal à porter le dossier des retraites - ralentir les réformes et réveiller les sarkosceptiques : Alain Juppé, Dominique de Villepin, Jean-François Copé. Lequel Copé réunit, dès mardi, les députés UMP, mais pas les ministres, pour tirer les leçons du scrutin. Ambiance assurée.

On scrutera, enfin, le score de la gauche pour vérifier si un et un font deux ou deux et demi. Le fameux grand chelem, expression qu'elle n'a d'ailleurs jamais employée, conforterait Martine Aubry dans le double rôle d'opposante numéro un à Nicolas Sarkozy et de favorite de la primaire à gauche.

Mais il lui restera à trouver, avec ses puissants et remuants alliés, un contenu politique compatible avec une crise qui n'en finit pas, tout en étant assez séduisant pour des catégories désabusées. Vaste chantier, même si la gauche assume ouvertement ses divergences.

D'où l'espoir obstiné de François Bayrou qui poursuivra le grand rêve de sa vie : juché sur un MoDem en ruines, il songe toujours à la présidentielle. Il considère - comme d'autres centristes - que la droitisation inévitable de la majorité et la gauchisation prévisible de l'opposition rouvriront un espace. Le Nouveau Centre d'Hervé Morin, dont l'alliance avec l'UMP n'a guère pesé, y voit une opportunité. Oui, 2012 commence dans trois jours.

jeudi 18 mars 2010

Claque historique pour la publicité

Les investissements des annonceurs ont fondu de 2,5 milliards en 2009. Tandis que les médias en ont perdu 1,5... Mais la crise est-elle la seule responsable ?

Claque historique pour la publicité. En 2009 les dépenses de communication des annonceurs dans les médias et le hors média ont reculé de 8,9% à 29,8 milliards d'euros, ont rapporté mercredi l'Institut de Recherches et d'Etudes publicitaires (IREP) et France Pub.

Avec la crise, les annonceurs ont réduit leurs dépenses de 2,5 milliards d'euros par rapport à 2008, année où les dépenses avaient déjà perdu 450 millions. C'est "historique", commente l'Irep rappelant au passage que la "bulle Internet" avait provoqué une baisse des recettes des médias de seulement 4,8% sans pour autant faire véritablement régresser les dépenses des annonceurs. En réalité ni la loi Sapin, qui restreignait les règles du marché, ni l'éclatement de la bulle Internet en 2001, ni même la guerre du Golfe n'avait pesé autant sur le marché publicitaire.

Mais c'est parce que la crise n'explique pas tout. "Ces chiffres ne dépendent pas juste de la santé de l'économie. La preuve, le nombre de messages publicitaires, lui, ne varie pas", explique Xavier Guillon, directeur des études de France Pub. En réalité la publicité connaît une mutation structurelle sans précédent. La multiplicité des canaux rend les messages moins efficaces et leur fait donc perdre de la valeur. Les nouveaux moyens de diffusion comme Internet, n'ont pas vraiment servi de vase communicant. Résultat, pour la première fois depuis 2003 les dépenses publicitaires sont passéessous la barrière des 30 milliards d'euros.
La presse trinque, Internet résiste

C'est pour les médias que le choc est le plus rude. Les recettes publicitaires ont en effet fondu de 12,5% à 10,3 milliards d'euros. Aucun support ne sort indemne : radio, télévision, presse, Internet affichent tous des baisses de recettes. Avec une chute de 17,2% à 3,5 milliards d'euros, la presse, plombée par la presse gratuite (-28,3%), la presse professionnelle (-19,3%) et la presse magazine (-18,1%), est de loin la plus touchée par les restrictions budgétaires. La télévision elle aussi accuse le coup avec une baisse de 11%. Mais là encore, la crise n'est pas la seule responsable "L'arrêt de la publicité sur les chaînes publiques après 20h et le transfert des annonceurs vers la TNT, où les prix sont plus bas, ont pesé sur le recul des recettes publicitaires télévisuelles", explique Philippe Legendre, président de l'IREP.

Autre média de masse, l'affichage perd 11,3% de recettes en 2009. Une chute historique pour le deuxième support publicitaire média, qui se fait peu à peu rattrapé par Internet (-1,5%). Au final seul le cinéma tire son épingle du jeu avec une hausse des recettes de 2,3%.
La crise du hors-média

En 2009, même le hors média- annuaires, marketing direct, promotion, parrainage, salon, mécénat, relations publiques- a souffert de la crise. "Pour la première fois le hors média n'a pas compensé les pertes des grands médias comme les années précédentes", souligne Xavier Guillon. "Car contrairement à une idée reçue, en période de crise, les entreprises continuent à investir dans la communication mais préfèrent se tourner vers le hors média qu'elles considèrent plus efficace", explique le spécialiste. "Or élément inquiétant, depuis 2001, on observe une érosion de l'ensemble des dépenses de communication".

Pour la publicité du coup, la sortie crise pourrait être plus lente que dans les autres secteurs, "avec un décalage d'au moins de 2 ou 3 ans", estime Philippe Legendre. Pour 2010 les perspectives restent d'ailleurs mitigées. Si certains signes de redressement ont été constatés au deuxième semestre, cela ne réglera pas le problème structurel de la publicité. "L'année 2009 a été marquée par une forte baisse des prix. Une baisse sur laquelle il sera difficile de revenir à la sortie de la crise", explique Xavier Guillon, selon qui tout espoir n'est pas vain. "La seule façon pour que le marché publicitaire retrouve ses niveaux d'avant crise, c'est de réinventer le business model de la publicité. Aujourd'hui les annonceurs payent moins, mais pour des pub moins efficaces. Si l'on veut changer la donne, il va falloir réfléchir sérieusement à de nouvelles offres, non saturées et mieux coordonnées. C'est la seule façon pour rendre la publicité plus efficace et donc faire réaugmenter les prix", conclut-il.

Sondage: la France rosit encore

D'après une projection BVA-Orange-L'Express-France Inter, l'ensemble de la France serait gagnée par la gauche au second des tours des régionales. Seule l'Alsace reste incertaine.

Le "grand chelem" dont Martine Aubry rêve pourrait bien devenir réalité. C'est en tous les cas se que révèle une projection BVA réalisée à partir des résultats électoraux du premier tour des élections régionales. En effet, mis à part l'Alsace qui reste totalement incertaine - avec une égalité parfaite entre le PS et l'UMP- le reste de la France serait remportée par la gauche. Cela signifierait que la gauche serait reconduite à la tête de l'ensemble des régions remportées en 2004 mais également que la Corse basculerait dans le camp des socialistes.

Sur l'île de beauté, la gauche, divisée en quatre listes au premier tour se présente unie, derrière Paul Giacobbi, pour le second. Avec les mêmes rapports qu'au premier tour, la liste dirigée par le président radical de gauche du conseil général de Haute-Corse l'emporterait avec 38 à 40% des suffrages. Devant les nationalistes (au dessus de 30%) et l'UMP (3e, juste en dessous des 30%).

Victoire "écrasante de la gauche" dans six régions

Si les électeurs reconduisaient un vote comparable au second tour (selon les matrices de reports), le Limousin, l'Aquitaine, la Bretagne et Midi-Pyrénées. Dans ces régions, la gauche l'emporterait avec plus de 60% des voix dans son duel face à l'UMP. Lors des triangulaires en Haute-Normandie et en Lorraine, il en va de même, avec un score autour des 55%. L'UMP serait, quant à elle, à peine au dessus de 30% et le FN autour des 15%.

Le cas particulier de Georges Frêche en Languedoc-Rousillon est mis à part dans cette projection de l'institut BVA. Dans cette région le président sortant, exclu du PS, l'emporterait avec plus de 55% des voix mais il n'entre pas dans les catégories instaurées par BVA.

Entre "victoire très nette" et "avantage mesuré"

Quatre régions sont à placer entre la catégorie" écrasante victoire" pour le PS et victoire plus équilibrée. C'est le cas du Poitou-Charentes, où Ségolène Royal obtiendrait un peu moins de 60%. Pour ce qui est du Rhône-Alpes et de la Bourgogne, Jean-Jack Queyranne et François Patriat devraient faire entre 50 et 55%. En face l'UMP aurait un score compris entre 30 et 35%. En ce qui concerne la triangulaire en Nord-Pas-de-Calais, Daniel Percheron, président sortant, recueillerait plus de 50% des voix, la liste UMP serait en dessous de 30%. Alors que la liste Front national de Marine Le Pen obtiendrait près de 20% ses suffrages.

En Auvergne, Basse-Normandie, Pays de la Loire et Ile-de-France, le parti de Martine Aubry l'emporterait nettement, mais à un niveau un peu moins intense. Quatre régions où en duel, les scores du PS sont compris entre 55% et 58%.

Cinq autres régions donnent -en triangulaire- une avance conséquente au PS. Sans qu'il ne soit, pour autant, assuré d'y dépasser la barre des 50%. En Picardie et Région Centre, la gauche obtiendrait autour de ce score. Alors que l'UMP serait à 35% et le FN près de 15%. Enfin, en PACA, Franche-Comté, Champagne-Ardennes, le score de la gauche se situerait PS autour des 45%.
Ce modèle calcule des reports spécifiques à chaque région. Il a été constitué à la fois à partir de l'histoire électorale de chacune des régions et des matrices de reports des voix établis par BVA dans ses sondages préélectoraux (publiés ou non) dans les régions où l'Institut a effectué des mesures.Ce modèle qui ne se veut pas prédictif, ne fait pas injure aux électeurs et aux candidats en campagne mais prétend donner une photographie précise le lundi 15 mars de ce que serait le rapport de force de second tour dans chaque région à partir de l'abstention et du résultat de chacune des listes au premier tour.

ALLONS-Y FRANCHEMENT, LA CONNERIE DES FRANÇAIS EST TELLE QU'ILS EN REDEMANDENT.
UNE FRANCE ENCORE PLUS ROSE C'EST UN PAS DE PLUS VERS L'IMMOBILISME.
FRANCE TERRE DE CONTRASTE ?
JE N'IRAI PAS JUSQU'À DIRE TERRE DES CONS.
QUOI QUE !

Sarkozy se rendra à l'intronisation de Simone Veil à l'Académie

Nicolas Sarkozy se rendra finalement jeudi à l'intronisation de Simone Veil à l'Académie française, a annoncé l'Elysée, alors que le chef de l'Etat avait indiqué la veille par lettre à l'ex-ministre qu'il n'y assisterait pas, suscitant des interrogations.

«Le président de la République se rendra, à 15 heures, à la cérémonie d'intronisation à l'Académie française de Mme Simone Veil, ancien Ministre d'Etat. Mme Simone Veil, est la sixième femme à être accueillie parmi les «Immortels», indique un communiqué de la présidence diffusé peu avant 10 heures. La veille pourtant, l'Elysée avait rendu publique une lettre du chef de l'Etat à Mme Veil, expliquant qu'il n'assisterait pas à sa réception sous la coupole en raison de «contraintes» non précisées. «Malheureusement, il ne me sera pas possible, en raison des contraintes de mon emploi du temps ce jour-là, d'assister à ce moment si solennel», écrivait-il.

Simone Veil avait critiquée le fait qu'aucune femme n'avait été désignée au conseil constitutionnel

Le président, qui s'est rendu jeudi matin en Seine-et-Marne pour rencontrer la famille du policier tué mardi dans une fusillade, n'avait rien sur son agenda officiel dans l'après-midi. Mais il avait des rendez-vous qui n'y étaient pas inscrits, avait précisé l'Elysée. Mme Veil avait activement participé à la campagne électorale de M. Sarkozy en 2007.

Le Figaro écrit jeudi dans un confidentiel que M. Sarkozy aurait pris ombrage de critiques formulées par Mme Veil, ex-membre du Conseil constitutionnel contre les nominations de trois hommes au sein de cette haute juridiction. Le 9 mars, Mme Veil avait déploré que le Conseil ne compte plus qu'une seule femme, affirmant ne pas comprendre cette «erreur».

«Je suis restée longtemps au Conseil constitutionnel: nous avons été quelquefois trois, quelquefois deux. Maintenant il en reste une seule et je n'arrive pas à comprendre pourquoi on a agi de cette façon», avait-elle commenté. «C'est très décevant» et «je trouve que c'est une erreur».

Alimentation : vers une réhabilitation des acides gras

Un avis de l'Afssa estime que ces graisses vilipendées doivent être consommées, mais en quantité raisonnable.

Comment s'y retrouver dans la jungle des acides gras, qui foisonne d'informations contradictoires ? L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) vient de rendre un avis concernant les apports nutritionnels conseillés pour les acides gras, que l'on retrouve au niveau alimentaire dans les graisses animales, végétales et, bien sûr, dans les huiles. L'objectif de cet avis est d'informer les professionnels de santé pour prévenir certaines pathologies comme les maladies cardiovasculaires, le diabète, l'obésité et certains cancers, liées notamment à l'alimentation.

Aujourd'hui, on ne dispose pas de données scientifiques satisfaisantes pour pouvoir affirmer quelle quantité et quel type d'acides gras nous devons manger par jour pour être en bonne santé, explique en substance le Pr Éric Bruckert, responsable de l'unité d'exploration métabolique pour la prévention des maladies cardio-vasculaires à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Pour obtenir la preuve absolue de ce qui est réellement bon pour la santé en matière d'acides gras, il faudrait mettre en œuvre des expérimentations «grandeur nature» impossibles techniquement à réaliser. Les chercheurs savent cependant que les acides gras trans (présents dans les gâteaux et viennoiseries industriels mais également dans les produits laitiers) sont les seules graisses dont le seul effet est d'augmenter le mauvais cholestérol et de faire baisser le bon. De la même façon, il est vivement conseillé d'éviter de consommer de l'huile de palme, de l'huile hydrogénée et de l'huile de coprah.

En France, on considère actuellement que sur 2 000 calories consommées par jour par un adulte, 40 % proviennent des graisses, qu'il s'agisse de graisses cachées (dans la viande, la charcuterie, le fromage) ou ajoutées (huile, beurre). Or, les recommandations habituelles pour avoir une santé cardio-vasculaire satisfaisante penchent plutôt du côté de 30 % de calories journalières provenant des acides gras. «Mais 35 % constituent un compromis faisable et acceptable», relève le Pr Bruckert.

D'un point de vue pratique, et afin de ne pas transformer la préparation d'un repas en un véritable casse-tête, il suffit de respecter quelques règles simples. Moins d'un tiers des acides gras doit provenir de graisses saturées (essentiellement d'origine animale, à savoir de viande rouge, de charcuterie, de beurre ou de fromage). Les deux autres tiers sont des graisses insaturées : les oméga 6 (huile de tournesol), les oméga 3 (les poissons) et l'huile d'olive. Quelques principes simples peuvent également être appliqués pour ne pas faire la cuisine une calculatrice à la main. Il suffit par exemple de manger du poisson au moins deux fois par semaine (qu'il soit gras ou non), de varier les huiles (faire un jour une vinaigrette avec du tournesol et le lendemain avec de l'huile d'olive).

En ce qui concerne la quantité de la viande acceptable, tout dépend de la quantité de fromage et de charcuterie consommée dans la même journée. Plus on mangera de fromage, plus il faudra se restreindre sur la viande. «De toute façon, la viande n'est pas indispensable pour la santé. Ne pas en consommer peut être préjudiciable uniquement pour les femmes qui ont souvent des carences en fer à cause de leurs menstruations», explique le Pr Bruckert. Il est malgré tout important de comprendre que les graisses font partie intégrante de l'alimentation et qu'il est fondamental d'en manger, puisque les graisses insaturées sont nécessaires à un bon fonctionnement cardio-vasculaire. «Si on les supprime complètement, on augmente automatiquement la consommation de glucides, relève Marie Favrot, directrice de l'évaluation des risques nutritionnels et sanitaires à l'Afssa. Et l'on sait désormais que les régimes amaigrissants dans lesquels on supprime trop de graisses ne sont pas efficaces.» Les États-Unis, qui préconisent à leurs concitoyens de consommer 30 % de lipides, ne sont effectivement pas un modèle en matière de lutte contre les problèmes de surpoids.

MEFIONS NOUS DES NUTITIONNISTES, CE SONT DES CHARLATANS, DES IMPRÉCATEURS SANS VERTUE.

Régionales : les quatre clefs du second tour

Abstention, score du Front National, reports de voix à gauche, et bataille de la communication seront déterminants pour le résultat du scrutin de dimanche.
Ultimes meetings, derniers appels à la mobilisation. A trois jours du second tour des élections régionales, Martine Aubry et François Fillon multiplient les déplacements de soutien aux candidats. La première secrétaire du PS s'est rendue hier en Corse et en Pays de la Loire. Le Premier ministre, lui, était en Rhône-Alpes et à Paris, avant d'aller aujourd'hui en Paca et Alsace. Dans cette dernière région, l'une des deux seules conservées par la droite en 2004, le second tour reste ouvert. C'est « la mère de toutes les batailles », s'est enflammé François Hollande.

· Les abstentionnistes. C'est la question qui taraude, à droite comme à gauche, tous les responsables politiques : que feront au second tour les Français qui ont boudé les urnes au premier ? Pas moins de 53,65% des inscrits se sont abstenus de voter, avec des pointes en Lorraine (58,5%), Champagne-Ardenne (57%) et Alsace (56,6%). La majorité, qui s'est servi de cette désaffection pour relativiser l'ampleur du vote sanction, rêve d'une re-mobilisation de son électorat pour inverser la tendance dans quelques régions clefs. « Dimanche prochain, chaque voix comptera », répète inlassablement François Fillon à chacun de ses déplacements. Craignant que les électeurs de gauche ne se sentent à l'inverse pas suffisamment mobilisés, les socialistes, Martine Aubry en tête, insistent sur le fait que « rien n'est gagné » et sur la nécessité de forcer Nicolas Sarkozy -selon elle dans « le déni »-à « écouter le message des électeurs ». Aux régionales de 2004, le taux d'abstention avait reculé de 4,8 points entre les deux tours de scrutin (de 39,1 % à 34,3%). Mais ce regain de participation avait surtout bénéficié à la gauche, arrivée en tête au premier tour.

· Le score du Front National. En se maintenant au second tour dans douze circonscriptions, le Front National plombe encore un peu plus les espoirs de la droite qui a réalisé un score historiquement bas dimanche dernier. En 2004, le parti d'extrême droite avait en moyenne baissé au second tour en pourcentage des suffrages (sauf dans le Nord-Pas-de-Calais, en Alsace et en Aquitaine) mais il avait légèrement progressé en voix : de 18.763 au total (à plus de 3,2 millions) dans les dix-sept régions où il avait imposé des triangulaires. Jean-Marie Le Pen espère faire mieux. Pour régler ses comptes avec la droite, à laquelle il reproche d'avoir voulu « tuer » le FN en refusant depuis longtemps toute alliance (certaines avaient été scellées après les régionales de 1998) et en « volant » ses électeurs en 2007. Mais pas seulement. La formation d'extrême droite sait qu'il lui faut obtenir « un maximum d'élus », au plus près de celui de 2004 (156) afin de conserver ses chances d'obtenir les 500 parrainages nécessaires pour se lancer dans la course à la présidentielle.

· Les reports de voix à gauche. Quand des listes ont été concurrentes au premier tour, leurs électeurs ne votent pas forcément pour celle restant en lice au second tour même si elle est le produit d'une fusion entre les concurrents d'hier. Cette perte en ligne est, avec l'éventuelle mobilisation des abstentionnistes de droite, le seul espoir de la majorité pour contenir la vague rose -les listes gauche et divers gauche ayant totalisé 50,31 % des suffrages dimanche dernier. Aussi les responsables de la majorité se sont-ils relayés toute la semaine pour attirer les électeurs écologistes -jugé plus volatiles -ou tout du moins les convaincre de ne pas voter PS en insistant sur les divergences de fond entre les deux partis. Selon un sondage OpinionWay réalisé le jour du premier tour, 63 % des électeurs écologistes pensaient voter pour une liste de gauche au second tour, tout comme 53 % des sympathisants du Modem et 76 % de ceux de l'extrème gauche.

· La bataille de la communication. La droite voulait faire de son unité un atout de l'entre-deux tours. Mais à vouloir à tous prix protéger l'exécutif en récusant toute idée de sanction, Nicolas Sarkozy et la direction de l'UMP ont suscité un début de fronde dans leur propre camp « On a pris une claque », a déclaré hier encore sur Europe 1 l'ex ministre chiraquien François Baroin appelant la majorité à se « réveiller ». Le rappel à l'ordre de François Fillon n'a pas stoppé les critiques. Nicolas Sarkozy a reçu hier Jean-François Copé à l'Elysée, sans doute pour tenter de maîtriser la réunion de rentrée, mardi, du groupe UMP à l'Assemblée. A l'inverse, les leaders de l'opposition sont parvenus à dédramatiser leurs cas de désaccords manifeste en métropole (il y a des triangulaires à gauche en Bretagne, dans le Limousin) alors qu'ils font moins bien qu'en 2004, où la division n'avait prévalu qu'en Corse. D'apparence superficielle, la bataille d'influence sur l'interprétation des résultats du second tour sera en fait décisive pour déterminer « l'humeur » générale et donc la pression qui pèsera sur l'exécutif. Que la droite gagne ne serait-ce qu'une région de plus, et la consigne sera donnée par l'exécutif d'insister sur la progression de la droite. François Fillon et Xavier Bertrand préparent déjà le terrain en insistant sur la position d' « outsider » de l'UMP. Mais si dans la foulée du premier tour, l'UMP recule encore, et les demandes de changement émanant de toutes parts (de l'opposition mais aussi de la majorité) seront amplifiées
ELSA FREYSSENET ET PIERRE-ALAIN FURBURY, LES ECHOS