TOUT EST DIT

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lundi 16 juin 2014

Faut-il supprimer l'impôt?


Un Etat disposant du pouvoir de création monétaire pourrait en théorie se passer d'impôt. Celui-ci devrait être ajusté en fonction de deux objectifs: éviter l'inflation et assurer le plein emploi
 Un Etat souverain n'a nullement besoin de lever des impôts pour financer ses dépenses publiques. En effet, les Etats-Unis - depuis leur création et hormis sept épisodes relativement brefs - ont toujours tourné avec des budgets systématiquement déficitaires. Le gouvernement d'une nation indépendante peut donc dépenser sans avoir à s'inquiéter de ses recettes. En théorie en tout cas, car la réalité de fortes poussées inflationnistes à laquelle il s'expose si son économie opère à plein régime finit toujours par le rattraper.
C'est là qu'il se doit de prendre toute une batterie de mesures afin de juguler la surchauffe: augmenter les impôts, réduire ses dépenses, voire exercer un contrôle sur les prix et les salaires... Autant de mesures destinées, non à équilibrer son budget, mais en premier lieu à maîtriser l'inflation, dans le cas où l'Etat dépense sans se préoccuper de ses revenus, c'est-à-dire dans le cas des Etats-Unis d'Amérique depuis leur création.

 L'impôt justifie l'existence de la monnaie

Dans ces conditions, pourquoi ne pas supprimer toute notion d'impôt? Pour une raison fondamentale en fait, qui est que c'est précisément l'impôt qui définit la monnaie, tout comme c'est l'impôt qui justifie en définitive l'existence de l'argent. Comme les impôts et les taxes doivent effectivement être réglés en unités de monnaie, le fait de s'en acquitter devient dès lors fondateur du point de vue de la définition de la monnaie servant de référence à ce règlement.
L'Etat, qui dispose du privilège exorbitant de battre en exclusivité sa propre monnaie, est en même temps tenu d'accepter cette même monnaie en remboursement des impôts et des taxes qu'il lève sur ses citoyens et résidents. Loi élémentaire du crédit, néanmoins cruciale tant sur le plan matériel qu'intellectuel, car elle implique que ce devoir pour les citoyens de s'acquitter de leurs impôts créé une demande mécanique - voire naturelle - en monnaie, utilisée précisément pour remplir cette obligation.

 La valorisation de la monnaie étroitement liée au paiement de l'impôt

Comme c'est en monnaie que se paient les taxes, l'Etat est donc tenu de la fournir - d'une manière ou d'une autre - à ses citoyens, afin qu'ils soient en mesure de la lui restituer partiellement sous forme d'impôts. Voilà pourquoi l'Etat doit dépenser pour injecter cette même monnaie dans le système. Voilà aussi pourquoi la monnaie en question est acceptée comme moyen de paiement dans le cadre des transactions privées, car sa valorisation - et sa validité - sont en finalité étroitement dépendantes de cet acte consistant à payer l'impôt à l'Etat.

L'Etat disposant de la création monétaire pourrait se passer de l'impôt

Donc, si l'Etat n'a pas forcément besoin de lever l'impôt afin d'assumer ses dépenses, le paiement par les citoyens des taxes et des impôts a néanmoins une importance vitale en cela qu'il induit une demande en monnaie (de la part des contribuables) que l'Etat est forcé d'honorer (en la créant). Et c'est précisément parce que cet Etat dispose de la faculté de création monétaire qu'il pourrait se permettre - dans l'absolu - de dépenser en se passant des impôts et des taxes, tout simplement en imprimant suffisamment de monnaie pour régler ses dépenses.

 Un privilège abandonné par les pays de la zone euro

Privilège dont ne bénéficient pas les nations ayant indexé leur monnaie nationale à l'or ou au dollar car, comme elles doivent être en mesure de convertir à tout moment leur monnaie contre l'or ou contre le dollar selon une parité fixe, elles ne peuvent donc émettre leur monnaie nationale qu'en quantités limitées. Privilège dont, soit dit en passant, ne bénéficient pas non plus les membres de l'Union européenne - pas même l'Allemagne - qui de ce point de vue ne sont pas des nations souveraines, puisqu'elles ont abandonné à la BCE leur pouvoir de création monétaire.
Un Etat jouissant d'une monnaie flottante - et souveraine - n'est donc théoriquement pas forcé de taxer ses citoyens pour ses dépenses. En fait, c'est plutôt le raisonnement et l'action inverses qui devraient prévaloir dans le sens où c'est l'Etat qui devrait dépenser sa propre monnaie afin que les contribuables puissent à leur tour être en mesure de la restituer sous forme d'impôts et de taxes! La bonne séquence pour l'Etat étant donc de dépenser d'abord et de taxer ensuite, et non le contraire.

 Sans impôt, d'autres moyens de paiement s'imposeraient

Pour autant, il est hors de question de supprimer l'impôt qui conditionne l'usage de la monnaie. Comme c'est l'impôt qui sous-tend et qui, d'une certaine manière, légitime la monnaie, sa suppression se traduirait par un abandon progressif de l'usage de cette monnaie par les citoyens qui trouveraient d'autres moyens de paiement. Par ailleurs, l'impôt permet de réguler la consommation et l'investissement et de lutter ainsi contre l'inflation. A contrario, des réductions massives d'impôts autorisent la relance de la demande agrégée, de l'investissement et s'avèrent un outil incontournable de lutte contre la déflation.
La bonne gouvernance exigeant pour sa part d'adopter une politique contre cyclique consistant à augmenter les impôts en période de bonne croissance, et de les réduire considérablement dans le cadre de crises économiques. En réalité, une taxation optimale devrait avoir deux et deux seules priorités consistant à assurer d'une part la stabilité de la monnaie et d'autre part le plein emploi.



Petite histoire du droit de grève : si la CGT existe, c'est grâce aux libéraux !


En ces temps de perturbations ferroviaires et d'opérations escargot menées par les taxis, certains sont tentés de remettre en cause le droit de grève. Il n'est donc pas inutile d'en rappeler les origines historiques, pour mieux comprendre ce que la grève peut être, et ce qu'elle ne doit pas devenir.
Contrairement à ce qu'on peut lire parfois, les grandes luttes du 19e siècle sur ce front ont été remportées non par les socialistes, mais par les libéraux, qui à l'époque osaient encore revendiquer cette étiquette. La grande loi de 1864 reconnaissant le droit de grève avait pour rapporteur le libéral Emile Ollivier, tandis que la loi de 1884 autorisant les syndicats fut l'œuvre du député libéral Edouard Lockroy et du ministre de l'intérieur non moins libéral Pierre Waldeck Rousseau. Si aujourd'hui la CGT existe, c'est grâce aux libéraux!
Cette position fut largement inspirée par un discours retentissant du député et économiste libéral Frédéric Bastiat, prononcé à la Chambre le 17 novembre 1849. Bastiat entendait appuyer l'amendement Morin contre la répression des «coalitions industrielles» (autrement dit, des grèves collectives), qui sera finalement repoussé. S'opposant aux conservateurs, et s'inspirant des Britanniques qui avaient autorisé la grève une vingtaine d'années auparavant, Bastiat fonde son raisonnement non sur la lutte des classes, mais au contraire sur la liberté de l'ouvrier.
Interdire la grève, argumente Bastiat, c'est obliger au travail et donc, en un sens, rétablir l'esclavage. «Car qu'est-ce qu'un esclave, si ce n'est l'homme forcé, par la loi, de travailler à des conditions qu'il repousse?» Par ailleurs, comment admettre que la possibilité d'interrompre le travail soit accordée à un homme isolée tout en étant déniée à un groupe? «Une action qui est innocente en soi n'est pas criminelle parce qu'elle se multiplie par un certain nombre d'hommes», la possibilité de s'associer de manière volontaire étant au fondement même de la pensée libérale.
La grève est ainsi conçue comme une manière de faire jouer de manière continue l'offre et la demande (de travail), sans les limiter aux périodes de recherche d'emploi. «Si les ouvriers se sont concertés, se sont entendus et qu'ils disent: Nous ne voulons pas vendre notre marchandise, qui est du travail, à tel prix, nous en voulons tel autre, et si vous refusez, nous allons rentrer dans nos foyers ou chercher de l'ouvrage ailleurs, — il me semble qu'il est impossible de dire que ce soit là une action blâmable». C'est, en un sens, une accélération de la temporalité du marché du travail, qui permet de réévaluer et d'adapter en permanence le taux naturel des salaires.
Enfin, si la grève nuit parfois aux intérêts des grévistes eux-mêmes, qui perdent de l'argent et ternissent leur image, elle est censée les responsabiliser en retour. «Je suis d'accord, explique Bastiat à la tribune, que, dans la plupart des cas, les ouvriers se nuisent à eux-mêmes. Mais c'est précisément pour cela que je voudrais qu'ils fussent libres, parce que la liberté leur apprendrait qu'ils se nuisent à eux-mêmes». Renforcez le service minimum, et vous aurez des grèves continuelles, puisqu'elles deviendront indolores…
En revanche, Bastiat pose des limites à la grève: celles de la légalité et, bien sûr, du dommage à autrui (hormis l'employeur). «Vous avez demandé une augmentation de salaires, nous n'avons rien dit ; vous vous êtes concertés, nous n'avons rien dit ; vous avez voulu le chômage, nous n'avons rien dit ; vous avez cherché à agir par la persuasion sur vos camarades, nous n'avons rien dit. Mais vous avez employé les armes, la violence, la menace ; nous vous avons traduits devant les tribunaux.» L'abus de grève doit être réprimé. Ce serait le cas, par exemple, des opérations escargot des taxis sur les autoroutes, qui ne représentent pas un simple arrêt de travail («force d'inertie», selon Bastiat), mais une nuisance volontaire envers les usagers, et sont d'ailleurs très contestables en droit européen. Si les taxis se contentaient de faire grève, comme à Londres la semaine dernière, ils ne nuiraient qu'à eux-même: l'inscription à Uber y a augmenté de 850% en une journée!
Quid alors de la SNCF? Dans la ligne du raisonnement de Bastiat, je prônerais moins un service minimum, fondé sur l'argument toujours douteux de «l'intérêt général», qu'une ouverture rapide du rail à la concurrence, au nom de la liberté d'entreprendre. L'Allemagne l'a fait il y a déjà vingt ans, à la satisfaction générale. Et ainsi, les grèves pénaliseront davantage les entreprises que leurs usagers - ou plutôt, leurs clients…
Briser le monopole de la SNCF ne sera pas aisé. Rassemblons notre courage en concluant avec Bastiat: «La liberté peut réserver aux nations quelques épreuves, mais elle seule les éclaire, les élève et les moralise.»

dimanche 15 juin 2014

Valls: "La gauche peut mourir", "notre pays peut se donner à Marine Le Pen"


Manuel Valls a estimé samedi devant le bureau national du PS que "la gauche peut mourir" et que le FN peut être présent au second tour de la présidentielle. Il invite la gauche à se réinventer mais reste ferme sur les choix budgétaires du Pacte. 

C'est à un état des lieux sans concession auquel s'est livré le Premier ministre Manuel Valls, ce samedi, devant le conseil national du PS. Un état des lieux du parti, mais aussi de la France. "Notre pays peut se défaire et se donner à Marine Le Pen" a notamment affirmé le locataire de Matignon. Mais cette dramatisation a aussi un objectif: appeler à la discipline parlementaire avant le vote de textes stratégiques. Gros plan sur les principaux extraits de l'intervention de Manuel Valls. 

Marine Le Pen au pouvoir et la mort de la gauche, c'est possible

Selon lui, "nous pourrions basculer (...) dans une ère dans laquelle le risque de voir Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle existe. Une ère dans laquelle un des grands partis républicains et cette fois sans que cela soit une surprise... peut être absent de ce grand rendez-vous électoral. Et si rien n'est fait, ce peut être la droite, ce peut être nous, par conséquent une ère dans laquelle la gauche peut aussi disparaître". 
Car "oui la gauche peut mourir" a martelé le Premier ministre. Elle "n'a jamais été aussi faible dans l'histoire de la Ve République". Et de noter qu'il n'y a"pas d'alternative à gauche", l'échec électoral du PS ne renforçant pas "la gauche de la gauche". "Nous sentons bien que nous sommes arrivés au bout de quelque chose, au bout peut être même d'un cycle historique pour notre parti", a-t-il encore analysé. 

Appel à réinventer la gauche... et à la discipline 

Face à ce constat, le Premier ministre estime que "la gauche doit être capable de se dépasser". "Nous devons nous réinventer. Et nous réinventer dans un contexte particulier: l'exercice du pouvoir, faute de ne l'avoir pas fait dans l'opposition", selon lui. Cette remise en cause ne veut toutefois pas dire que le gouvernement va changer de politique. Manuel Valls appelle en fait les socialistes à se rassembler autour des positions du gouvernement.  

Il a ainsi mis en garde les socialistes sur la nécessité de voter les textes traduisant le Pacte de responsabilité et de solidarité, soulignant que "prendre un autre chemin conduirait à l'échec", samedi, devant le conseil national du PS.  

Promesse fiscale en direction des classes moyennes

Le choix de la politique de l'offre "je l'assume" et "je n'ai qu'une certitude: prendre un autre chemin nous conduirait à l'échec. C'est pourquoi je suis très déterminé à quelques jours des votes importants que nous avons au Parlement. C'est notre crédibilité qui est en jeu", indique-t-il encore. 
D'où cette menace à peine voilée: "Si la tradition de la Ve République, de la majorité parlementaire automatique sous menace du 49-3 n'a jamais fait partie de notre culture", celle de "la reparlementarisation à outrance des institutions n'est pas tenable". 
Le Premier ministre a enfin envisagé des baisses d'impôts pour les classes moyennes d'ici à la fin du quinquennat. "Il nous faudra aussi explorer d'autres chemins, sans tabou. Je pense à la baisse de la fiscalité des ménages et notamment des classes moyennes", a-t-il lancé. "Car je l'ai dit, les impôts sont trop lourds. Mais nous ne pourrons nous engager dans cette voie que si nous avons réduit la dépense publique", a-t-il dit. 
CE PAUVRE CON VEUT FAIRE PEUR AUX FRANÇAIS, MAIS MARINE SERAIT PEUT-ÊTRE PRÉFÉRABLE À CETTE BANDE DE SINISTRES CRÉTINS DE GAUCHE.

En Grèce, la vente des plages pour combler la dette de l'État fait polémique

Les associations s'inquiètent également d'un projet de loi visant à supprimer de nombreuses restrictions qui existent sur les concessions de plage.


Sable fin, eau turquoise et... à vendre. Les plages de la petite île d'Elafonissos, au sud du Péloponnèse, appartiennent désormais au Taiped, le fonds grec chargé de vendre les biens publics grecs dans le cadre du large plan de privatisation visant à combler la dette du pays, relate Le Monde. Au total, plus de 90 plages grecques sont présentes sur le catalogue du Taiped.
Une vente qui fait bondir les habitants de l'île et les touristes. Les premiers s'inquiètent de ce que vont devenir leurs petites plages naturelles au nom du remboursement de la dette grecque. Les seconds refusent de planter leurs parasols devant de gros complexes hôteliers en béton qui pourraient occuper l'arrière-plan. Le catalogue du Taiped suggère également l'installation de villas privatives.

Développer le tourisme... au détriment des plages naturelles

De quoi inquiéter les associations écologistes, la Grèce compte près de 15 000 kilomètres de côtes peu exploitées. Un petit trésor dont l'État grec entend tirer profit, alors que le tourisme pèse pour 17 % du PIB, note Le Monde.
D'autant que le gouvernement a présenté un projet de loi visant à modifier la loi littoral, ajoute le journal. Objectif : supprimer les restrictions, comme les plafonds des superficies des concessions de plage telles que les bars ou les locations de chaises longues, ainsi que le droit de libre accès à la côte pour le public.
"Il va devenir plus simple pour un investisseur de construire un hôtel ou des villas avec un espace privatif allant jusqu'à 10 mètres de la mer, alors que la loi actuelle l'oblige à respecter une distance minimale de 50 mètres. Peut-on encore parler de libre accès à la plage lorsqu'il restera seulement une bande de 10 mètres pour poser sa serviette devant de gigantesques infrastructures hôtelières ?" se demande Georges Chasiotis, responsable des affaires juridiques au sein de l'association WWF, qui vise à protéger l'environnement.
STOP ! LA GRÈCE EST SUFFISAMMENT ABIMÉE COMME ÇA !!!

Comment les riches pensent: les 3 conseils d'un self-made man millionnaire


teve Siebold (lui-même un self-made man millionnaire) a interviewé plus de 1200 millionnaires au cours des trente dernières années, et résumé ses observations dans son livre, « How Rich People Think ».  La principale conclusion de toutes ces conversations, c’est que ce n’est pas une question d’argent, mais plutôt de psychologie.
  • « Après avoir passé beaucoup de temps avec des gens riches, je sais qu'ils ne sont pas plus intelligents que les autres. Ce sont seulement des gens ordinaires avec une ambition et une concentration extraordinaires qui recherchent des niches ou des lacunes du marché ».
  • « Certaines personnes semblent prédisposées pour devenir chef d'entreprise (...) mais tout ce dont vous avez vraiment besoin, c’est le désir ».
  • « Les gens de la classe moyenne se concentrent sur l’épargne. Les riches se concentrent sur les revenus ».
  • «Recherchez les petites opportunités et les marchés de niche. Vous n’avez pas besoin d’ouvrir un McDonalds, mais peut-être pouvez-vous commencer avec une petite entreprise de tonte de pelouse, de nettoyage de piscine ou de vente d’objets sur Ebay. (...) Souvenez-vous: ce n’est pas une question d’argent, mais de manière de penser. Les gens riches cherchent des problèmes à résoudre, puis développent les compétences, la passion et le talent pour les solutionner ».
  Siebold donne également ses trois meilleurs conseils pour devenir riche:
  1. « Fréquentez des gens riches. Vous ne prendriez pas des conseils de remise en forme d’une personne qui ne serait pas mince, donc pourquoi voudriez vous prendre les conseils de personnes qui ne sont pas riches ? Écoutez comment les gens riches parlent d'argent et d’opportunités, comparez leur état d’esprit au vôtre, et tirez-en des conséquences sur les changements que vous devez apporter à votre attitude.
  2. N’écoutez pas les gens qui vous disent que vous n’avez pas les diplômes, l’argent, le talent. Les écouter et les croire pourrait remettre vos projets en question.
  3. Identifiez vos talents et découvrez comment vous pouvez les utiliser pour devenir riche. Siebold: « Tout le monde a un certain talent, mais la plupart ne se rendent pas compte de leur valeur ».

La relève interdite

La relève 

interdite
Le plus tragique, dans le camp des républicains modérés, ce n’est pas le retour de la vieille garde, les Alain Juppé, François Fillon, Jean-Pierre Raffarin. On pourrait y voir une solution transitoire, un passage de relais. Non, le plus préoccupant, c’est bien l’absence de relève visible en perspective. J’en ai fréquenté beaucoup, de près ou de loin, et ils me donnent le sentiment, sans méchanceté, d’être formatés sur le même modèle, celui de bons gestionnaires sans doute, mais fausses intelligences, le crâne vide d’idées, de vision, de perspective, têtes bien pleines plutôt que bien faites: le Maire, Valérie Pécresse, Bertrand, NKM, Chatel, etc. Ils voudraient diriger la France comme on gère une collectivité locale. Face à la faillite d’un pouvoir socialiste qui s’éloigne tous les jours de la France, écartelé entre l’idéologie la plus obtuse sur les questions de société et le conformisme absolu en matière économique, cette nouvelle génération devrait avoir un boulevard devant elle. Or, elle est tout en fadeur, tranparente, inexistante. Elle voit la politique par le petit bout de la lorgnette, se résumant à la course à l’Elysée. Cette médiocrité à la fois intellectuelle et humaine, absence de caractère, obsession de la "propreté idéologique" vu comme l’arme secrète de la marche vers le Palais a des conséquences dramatiques, notamment celle de priver d’espoir politique la jeunesse ou de pousser une partie d’entre elle vers des pitreries démagogiques. Il existe dans la vie publique française, quelques responsables au sens fort du terme, lucides, à la fois mesurés et fermes dans leurs convictions et prêts à s’engager pour le pays. Mais le monde médiatique les ignore obstinément: même minoritaires, ceux là sont beaucoup trop dangereux à ses yeux. Il faudra que la crise de société qui couve depuis si longtemps explose enfin pour que peut-être, poussés par les circonstances, ils sortent de leur silence et anonymat.

La formation archaïque des politiciens français


La déconvenue de ces journalistes russophobes montre qu’ils sont des hommes rivés sur le passé. Dans le passé, les Etats-Unis étaient une puissance conservatrice libérale et chrétienne, l’URSS était une dictature communiste athée. Les Etats-Unis étaient les libérateurs de 1944 face à l’occupation allemande. L’URSS, bien qu’ayant été l’ennemi principal d’Hitler, était surtout la puissance d’occupation de l’Europe de l’Est, enfermée derrière le rideau de fer.
Aujourd’hui, tout s’est inversé et il est difficile de changer ses habitudes de pensée. La Russie est une puissance conservatrice, libérale et chrétienne. Les Etats-Unis exportent de plus en plus au nom des droits de l’homme déformés, une idéologie égalitaire dogmatique qui s’oppose à la famille, à la religion et à la patrie, en tous cas dans tous les pays étrangers. Ils ont introduit ou contribué à introduire le chaos en Irak, en Afghanistan, en Lybie, voire en Syrie, avec des interventions militaires désordonnées, justifiées par des mensonges comme en Irak ou des interprétations frauduleuses de décisions de l’ONU comme en Lybie.
C’est l’inversion des pôles : la Russie est dans le camp de l’ordre et de la paix, les USA dans le camp des révolutions et des coups d’Etat voire des guerres.
Pourtant, des journalistes et des hommes politiques veulent continuer de voir dans la Russie une dictature impérialiste comme l’URSS d’autrefois. Madame Clinton s’est permis des comparaisons entre Poutine et Hitler, ce qui est une ignominie mais aussi une stupidité : à ce compte, c’est comme si l’on accusait madame Merkel d’être une communiste autoritaire sous le prétexte qu’elle a fait partie du dernier gouvernement communiste d’Allemagne de l’Est.
Pour l’Europe, c’est la même chose. L’Union européenne a été créée sur un modèle non démocratique mais bureaucratique, celui des agences fédérales américaines créées par Roosevelt. Aujourd’hui, le monopole de la proposition des lois par la Commission de Bruxelles, le cumul en son sein des tâches législatives et exécutives ne se justifient plus, comme l’a écrit récemment Nicolas Sarkozy, mais on n’ose pas remettre en cause les schémas d’autrefois. Mon camarade Fabius, qui a fait sciences po et l’ENA avec moi, vient de dire que la Grande Bretagne deviendra la Petite Bretagne si elle quitte l’Union européenne. On apprenait en effet il y a 40 ans que « plus c’est gros, plus ces efficace » (théorie des économies d’échelle) alors que les économistes actuels savent que les petites entreprises et les petites économies sont souvent plus innovatrices ! Mon autre camarade Alain Juppé déclare récemment sans rire que la Russie ne produit que des matières premières comme l’Arabie Saoudite : il est vrai que les Français ont la réputation d’être nuls en géographie !
En économie, c’est la même chose. Beaucoup de politiciens et fonctionnaires français ont été formés à l’Ecole nationale d’administration qui, sur le plan de l’enseignement de l’économie, avait 30 ans de retard, restant à Keynes et ignorant les économistes plus modernes comme Hayek. Résultat : on a les impôts les plus décourageants du monde, un interventionnisme brouillon de l’Etat et des réglementations archaïques. Dernier exemple cité dans le Figaro de ce jour : le marché immobilier. La ministre Cécile Duflot qui a été deux ans ministre, une écologiste favorable aux drogues dites « douces » (cannabis) a créé une réglementation détaillée qui bloque les ventes et les achats immobiliers. C’est à un tel point que le gouvernement de monsieur Valls veut revenir sur cette réforme catastrophique. Madame Duflot n’avait toujours pas compris qu’avantager trop les locataires face aux propriétaires finirait par réduire l’offre immobilière au détriment de tout le monde. Elle a repris de vieilles idées dépassées des années 1950.
Notre système de formation des élites en sciences sociales est archaïque et beaucoup d’hommes politiques français vivent encore sur des vieilles idées diplomatiques ou économiques des années 1950. Comme disait notre historien Jules Michelet : « quelle est la première partie de la politique ? L’éducation ; la deuxième partie ? L’éducation ; la troisième partie ? L’éducation. » C’est toujours d’actualité !
Il faudra sans doute attendre un renouvellement de générations pour que les élites politiques françaises se détournent des vieilles lunes. Heureusement, il y a toujours quelques exceptions mais elles sont pour l’instant plus russes que françaises ! 

Bataille radicale

Bataille radicale


Les bisbilles père-fille au Front national et l'armistice très temporaire dans la foire d'empoigne à l'UMP ont relégué au second plan – voire même au troisième – une séquence politique qui, pour être « microcosmienne », n'en est pas moins intense : la lutte entre Laurent Hénart et Rama Yade pour la présidence du Parti radical (valoisien), composante majeure de l'UDI. Une présidence laissée vacante par Jean-Louis Borloo. Les adhérents doivent se prononcer entre le 16 et le 22 juin.
Tout semblait se passer à la bonne franquette lorsque le Canard Enchaînéest venu, mercredi, jeter un pavé dans la mare en révélant que les effectifs du parti ont comme par magie gonflé dans les deux derniers mois, pour passer de 10.000 adhérents à un peu plus de 13.000…
« Ce serait bien que Laurent nous dise ce qu'il en est », a benoîtement suggéré Rama Yade, qui avait le mois dernier réclamé « un scrutin équitable ». Suivez son regard : Laurent Hénart, qui assure la présidence par intérim du parti, ne lui semble sans doute pas étranger à ces milliers de conversions subites au radical-hénartisme.
Réplique furibonde de l'intéressé, jeudi : il a traité sa rivale d'« enfant gâtée » et a dénoncé son « incapacité à jouer collectif ». Et surtout, il l'accuse d'être toujours sous « l'influence » de Sarkozy, dont elle a été la ministre. C'est là qu'apparaît le vrai enjeu politique de ce duel : Hénart, partisan d'une candidature UDI en 2017, suggère que Yade voudrait en fait transformer les radicaux et l'UDI en simples porteurs d'eau du futur candidat Sarkozy.

Grève à la SNCF: La CGT reconduit le mouvement jusqu'à dimanche


 L'entreprise a indiqué prévoir les mêmes conditions de trafic que ce samedi...et ce dimanche...
a grève des cheminots contre la réforme ferroviaire a été reconduite dimanche, a annoncé ce samedi la fédération CGT-Cheminots. Pour ce cinquième jour de conflit, lancé par la CGT et SUD-Rail, la SNCF a indiqué prévoir les mêmes conditions de trafic que samedi.
Le trafic ferroviaire, supérieur à un train sur deux en moyenne sur les grandes lignes, restait perturbé ce samedi, après la reconduction par les cheminots de leur grève contre la réforme ferroviaire et malgré les appels du président François Hollande et du Premier ministre, Manuel Valls, à mettre fin au conflit.

Même situation que vendredi

Le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon en appelle, lui, au président François Hollande pour ouvrir «de vraies négociations» dans le conflit, estimant qu'on peut «trouver une sortie de crise ce week-end», dans un entretien auParisien/Aujourd'hui de ce samedi.
Les cheminots grévistes doivent à nouveau se réunir dans la matinée de samedi pour décider ou non d'une reconduction de leur mouvement pour dimanche.
Même si la mobilisation faiblit, selon la direction de la SNCF, le trafic restera perturbé ce samedi dans les mêmes proportions que la veille. Compte-tenu de l'utilisation différente des transports publics le week-end, la SNCF a annoncé des prévisions non pas en fonction des heures de pointe connues en semaine mais sur la journée dans son ensemble.

Quatre trains Intercités sur 10, deux trains par heure sur les RER B et D

Ainsi, pour cette quatrième journée de grève, la direction a prévu deux TGV sur trois sur l'axe Est, un sur deux sur l'axe Atlantique, quatre sur dix sur les axes Nord et Sud-Est et un sur trois sur les relations province-province.
Concernant les trains Intercités, quatre sur dix circuleront en moyenne et le trafic des TER sera de quatre trains sur dix en moyenne.
En Ile-de-France, le trafic sera d'un train sur trois en moyenne avec un service normal seulement pour le RER A. Deux trains par heure circuleront sur les RER B et D, un sur trois sur le RER E et un sur deux sur le RER C par rapport au programme prévu en raison d'importants travaux.
La circulation des Eurostar, des Thalys et des trains vers l'Allemagne sera normale, tandis que seulement un train sur trois circulera vers l'Italie et l'Espagne.

Ne voyager qu'en cas de nécessité

La SNCF réitère son conseil de ne voyager qu'en cas de nécessité, tout en maintenant un important dispositif d'information pour les voyageurs.
Selon la direction de la SNCF, le taux de participation à la grève a baissé de 10 points vendredi par rapport au premier jour de grève et 82% des cheminots étaient au travail. Il y a «un effritement très marqué, continu» de la participation à la grève, mais cette tendance est «moindre chez les personnels roulants», a indiqué François Nogué, DRH du groupe SNCF.
Jeudi soir, la CGT-Cheminots et SUD-Rail ont appelé les cheminots à «poursuivre et amplifier» leur mouvement, afin d'obtenir le report de l'examen par l'Assemblée nationale du projet de loi sur la réforme ferroviaire, prévu à partir de mardi. Les deux syndicat jugent ce projet «fortement néfaste pour le service public SNCF et les cheminots».

samedi 14 juin 2014

Crise de l’euro : le Parlement européen place la troïka sous contrôle


Selon les médias, une commission formée par le Parlement européen chargée de contrôler les activités de la troïka financière – Commission Européenne, Banque centrale européenne, Fonds Monétaire International – a entamé une tournée dans quatre pays à problèmes de la zone euro : Portugal, Grèce, Chypre, Irlande.

La commission a été créée suite aux évaluations négatives des recommandations de la troïka, censées faire sortir l’économie et les finances des dits Etats de la crise. Or selon plusieurs politiques et experts, ces recommandations ont aggravé leur situation. Tous les analystes ne partagent pas ce point de vue.

En juin dernier la presse européenne est allée jusqu’à évoquer une crise de la troïka elle-même. El Pais espagnol, en particulier, a cité les propos d’un haut fonctionnaire de l’UE tenus après son voyage au Portugal et en Grèce : « On peut considérer la troïka comme morte ». Les paroles du chef de la Commission Européenne José Manuel Barroso, selon lesquelles il était temps que l’Europe renonce aux services du FMI, dont les recommandations rencontrent une opposition particulièrement âpre, ont mis de l’huile sur le feu. Aussi le comité pour l’économie et les finances du Parlement européen a-t-il proposé en octobre dernier de mener une enquête sur les résultats des activités de la troïka.
D’ailleurs, les contradicteurs prétendent à leur tour qu’en l’absence de cette triple structure de contrôle les pays à problèmes de la zone euro auraient déjà connu la faillite. Ivan Rodionov, professeur à l’Ecole supérieure d’économie de Russie, estime qu’en dépit des critiques formulées par les parlementaires, les recommandations de la troïka, y compris du FMI, sont justifiées.
« En général, toute activité peut être critiquée, - dit le professeur. – D’autre part, les députés représentent une population et défendent ses intérêts, liés au taux des revenus, au taux du chômage. Et même si l’Europe sort de la crise, celle-ci se poursuit, et dans certains pays la situation est assez compliquée. On comprend donc pourquoi le FMI est constamment critiqué. Mais en son absence la situation serait tout simplement ingérable. »
Quoi qu’il en soit, le député européen de gauche Jürgen Klute estime possible d’apporter des changements aux activités prioritaires de la troïka.
« Les réformes, comment doivent-elles finalement être appliquées ? – s’est-il interrogé lors d’une interview à la radio. – C’est en fait le grand objectif que nous nous fixons. C’est-à-dire que si un jour nous avons à nouveau besoin de former une telle structure, elle devra alors fonctionner sur une base parlementaire – légalement, sous contrôle et de façon responsable. »
On apprend que les membres de la commission parlementaire n’ont pas pu se rendre à Athènes, la Grèce ayant demandé l’ajournement de ce voyage. A propos, ce pays assume depuis janvier la présidence tournante de l’UE. On ignore les motifs pour lesquels la Grèce a refusé de rencontrer les « inspecteurs » parlementaires.

Le coup de tonnerre de l’indépendance


Le contrat de vente de bateaux à la Russie a été voulu comme un argument de paix en Europe. Sur ce point, la diplomatie Hollande-Fabius poursuit celle de Sarkozy.
Au moins, la diplomatie française tient bon. « J’ai rappelé que nous étions indépendants », dit Laurent Fabius, qui a assisté aux rencontres entre Hollande et Obama, Hollande et Poutine. Un rappel qui n’est pas du goût de la présidence américaine. On a compris que Barack Obama avait des élections intermédiaires au mois de novembre ; doit-il, pour échapper à une défaite qui va lui compliquer sérieusement la fin de son mandat, rallumer la guerre froide ? Le voilà qui fait presque le parallèle entre l’annexion de la Crimée par Poutine et l’invasion de la Pologne par Hitler. Hillary Clinton, ancien chef du Département d’État et candidate à la candidature démocrate en 2016, avait déjà assimilé le comportement de Poutine à celui de Hitler. « On ne se dispute pas avec une femme », a répondu Poutine à Europe 1 et TF1 (et non pas “on ne discute pas”). La presse nord-américaine se déchaîne. Un éditorialiste du Globe and Mail dénonce une « cinquième colonne de Poutine », en présentant la droite européenne, et notamment les Français, comme des agents de l’ennemi.
Le 5 juin dernier, jour de l’arrivée de Barack Obama à Paris, le Wall Street Journal titre en page une : « La France pousse sa vente de navires de guerre » — sous-entendu : à la Russie. Comme si la France menaçait la paix du continent. Or, c’est rigoureusement le contraire : ce contrat a été voulu comme un argument de pacification de l’Europe. Un point sur lequel la diplomatie de François Hollande, dirigée par Laurent Fabius, poursuit la politique de Nicolas Sarkozy, et pour les mêmes motifs.
Cela remonte à l’été 2008, quand la Russie et la Géorgie entrent en conflit et que Sarkozy prend l’initiative d’une médiation qui aboutit à un cessez-le-feu. Mais ce plan a besoin d’être consolidé. Sarkozy rencontre donc Dmitri Medvedev (alors président de la Russie, Poutine étant dans son ombre) à Moscou, puis à Évian, le 8 octobre, en marge de la World Policy Conference. C’est là que le Français propose au Russe de lui vendre, en contrepartie de la paix, ce que les chantiers navals français font de mieux et de moins cher, en matière de navire de transport d’assaut : le bâtiment de projection et de commandement (BPC) de la classe Mistral.
Un bateau de 21 000 tonnes qui fait l’admiration de la marine russe parce qu’il peut tout faire : transporter des chalands de débarquement, des blindés, des hélicoptères, plusieurs centaines d’hommes. La Marine nationale en exploite alors deux (le Mistral et le Tonnerre) ; depuis, elle en a trois (avec le Dixmude). On ouvre une négociation. Deux ans après, en juillet 2010, Sarkozy annonce aux 2 000 ouvriers des chantiers de Saint-Nazaire qu’ils vont en construire deux pour les Russes, qui en fabriqueront deux autres à leur tour. Le 17 juin 2011, le contrat de 1,2 milliard d’euros est signé à Saint-Pétersbourg en marge d’un forum économique.
Au même moment, nos deux BPC démontrent leurs capacités en Méditerranée durant la guerre contre Kadhafi. Or déjà, les Américains font savoir leur hostilité à cette vente. Il n’y a pourtant de crise ni en Ukraine ni ailleurs. Question de principe : les Français en font trop, et trop librement. « La guerre froide est terminée, réplique Sarkozy, le temps est venu de considérer la Russie comme un pays ami et de réfléchir avec elle à la constitution d’un vaste espace de sécurité et de prospérité… »
Ce climat se dissout dans le chaos ukrainien et la prise de gage russe en Crimée. Obama monte sur ses grands chevaux, décide que Moscou doit être sanctionné, qu’un embargo sur les livraisons d’armes doit lui être appliqué et que les Français devraient donc casser leur contrat sur les Mistral ! Or, c’est la seule carte dont dispose la France pour se faire entendre. Fabius est d’autant plus fougueux dans ses déclarations pro-ukrainiennes qu’il veut amener Poutine à plus de conciliation grâce au contrat des bateaux. En même temps, que doivent les Français à Obama ? Il les a très vite laissé tomber lors de l’engagement en Libye ; il les a plaqués au moment où leurs avions étaient prêts à décoller pour aller punir Bachar al-Assad ; et il les a regardés intervenir au Mali et en Centrafrique…
Quand Barack Obama vient présenter, le 3 juin, à Varsovie, son « initiative » de renforcement de la sécurité sur le continent en disant aux Européens : “Allez-y, renforcez-vous”, les Français le prennent au mot : “Alors, laissez-nous faire.” Fabius confirme (sur iTélé et Europe 1) que les Mistral seront livrés et que les marins russes sont attendus à Saint-Nazaire ce mois-ci pour s’y entraîner. Les Américains voudraient-ils faire payer cette indépendance par BNP Paribas ? Là aussi, il y a une négociation en cours sur le traité transatlantique. L’indépendance appelle la réciprocité.

Ils débarquent par milliers…


L’Europe, libérée en 1944, est devenue une pompe aspirante pour une nouvelle invasion, pacifique mais impossible à absorber par nos États providence en faillite.
En fin de semaine dernière, les gardes-côtes italiens ont secouru plus de 1 000 clandestins au large de l’île de Lampedusa. Trois frêles esquifs transportant respectivement 94, 580 et 400 immigrés ont reçu l’aide de plusieurs vedettes militaires. Côté maltais, la marine a porté assistance à 103 immigrants, dont 13 femmes et un bébé, qui risquaient de se noyer après que leur bateau pneumatique se fut dégonflé. Quelques jours plus tôt, les autorités italiennes avaient déjà annoncé être venues à l’aide, en vingt-quatre heures, de quelque 2 500 migrants qui tentaient la traversée de la Méditerranée à bord de 17 bateaux. Tous ces hommes et femmes décharnés, qui ressemblent à s’y méprendre aux éclaireurs du “camp des saints”, décrits par le romancier Jean Raspail il y a quarante ans, sont partis des côtes de Libye. Ils sont pour la plupart originaires d’Érythrée et de Syrie, ainsi que des pays les plus pauvres d’Afrique. Il y a une dizaine de jours, plus de 1 000 migrants subsahariens ont tenté de franchir la frontière séparant le Maroc de Melilla, lors d’un des assauts les plus massifs depuis 2005. Environ 400 seraient parvenus à entrer, après avoir traversé le Sahara, prenant tous les risques jusqu’à cette dernière frontière grillagée, de 7 mètres de haut et 11 kilomètres de long, qui forme un demi-cercle autour de la ville espagnole de Melilla, sur la côte nord du Maroc.
Au moment même où l’Occident a célébré, avec faste, le 70e anniversaire du débarquement des forces alliées en Normandie, nous voilà confrontés, dans un drôle d’effet de miroir, à d’autres chaloupes transportant des milliers de personnes qui viennent chercher l’espoir, la vie et la liberté. Peut-on en même temps célébrer ce qui s’est passé lors du “jour le plus long” et ne pas venir en aide à des hommes et des femmes qui fuient la guerre, la persécution, les haines ethniques, la famine et la mort programmée ? Bien sûr que non. Mais en même temps, comme le dit un personnage du roman de Jean Raspail chargé d’endiguer ce flot de migrants, nous savons tous que « leur destin est tragique mais, par voie de conséquence, le nôtre ne l’est pas moins ».
Nos dirigeants sont soumis à la fois à cette fameuse éthique de conviction décrite par Max Weber et à l’éthique de responsabilité. La première les amène à chercher une issue pour ces migrants ballottés par les flots. Mais de solution, il n’y en a plus, aussi bien au niveau national qu’au niveau européen. Ces réfugiés sont donc parqués dans des camps de rétention (y compris à Calais) que personne n’aurait cru voir apparaître sur ce continent libéré par les héros du D-Day il y a tout juste soixante-dix ans. Jusqu’au jour où ils finiront par s’échapper et rejoindre ainsi l’espace Schengen. Si bien qu’en France ils auront immédiatement droit à une allocation de plus de 340 euros par personne, plus les soins gratuits, plus une aide au logement. C’est ce qui explique que notre pays abrite aujourd’hui environ 350 000 immigrés clandestins. Une situation insupportable pour tous.
L’éthique de responsabilité a aussi sa place dans ce débat. Elle consiste d’une part à briser les filières mafieuses qui promettent à ces migrants une vie meilleure faite de rapines et d’allocations. La coopération européenne est encore très faible dans ce domaine. Alors qu’il s’agit bien d’un sujet multilatéral qui regroupe l’Espagne, la Grèce, Malte, l’Italie et la France. Elle réside d’autre part dans une remise à plat de nos États providence qui sont synonymes pour tous ces hommes et femmes déracinés de “terre promise”. Mais l’Europe des aides sociales est désormais à bout de souffle. Faut-il rappeler que l’Union européenne ne concentre que 7 % de la population mondiale, 25 % de la richesse produite par la planète, mais 50 % des allocations en tout genre prodiguées aux uns et aux autres. Ces chiffres absurdes, et financièrement intenables, montrent à quel point l’Europe libérée par les GI en 1944 est devenue une pompe aspirante pour une nouvelle forme d’“invasion”. Une invasion certes pacifique, mais impossible à gérer, car menée par des populations qui ne souhaitent pas s’intégrer. Dans ces conditions, parce qu’il s’agit de l’avenir de notre civilisation, il faut arrêter de faire preuve de naïveté et d’une béatitude chère aux bien-pensants de la gauche caviar. Bien sûr, il convient de tout faire pour venir en aide à ceux qui sont sur le point de se noyer à quelques mètres des côtes italiennes. Mais n’oublions jamais ce que le général de Gaulle a dit à Alain Peyrefitte dès 1959 : « Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu’on ne se raconte pas d’histoires ! »

Très chers intermittents…

Très chers intermittents…


Les revendications des intermittents du spectacle sont comme les hirondelles… Toutes deux reviennent au printemps. Quand les charmants volatiles envahissent nos campagnes, les intermittents préfèrent le feu des projecteurs et les caméras. Après s’être invités à la cérémonie des César, avoir interrompu le journal télévisé sur France 2, envahi le plateau du Grand Journal à Cannes, occupé l’opéra de Saint-Étienne, retardé la représentation de la Traviata à l’Opéra-Bastille, perturbé la cérémonie des Molière, forcé à annuler la Nuit des publivores à Toulouse et plusieurs spectacles lors du Printemps des comédiens, puis manifesté un peu partout en France, les voilà plus remontés que jamais alors que s’approche la saison des festivals.
Les intermittents, qui bénéficient déjà d’un régime spécial, manifestent aujourd’hui contre un accord signé le 22 mars entre le patronat et FO, la CFDT et la CFTC. Confrontés aux dérives d’un régime qui représente 3,5 % des allocataires et dont le déficit se situe entre 320 millions et 1milliard d’euros suivant les rapports, les partenaires sociaux ont décidé de plafonner les indemnités mensuelles à 5 475 euros, d’augmenter les cotisations et de créer un délai de carence. La première modification concerne peu de monde ; en revanche, la totalité des intermittents sera touchée par les deux autres mesures.
Pour désamorcer ce conflit à quelques jours de l’ouverture du Festival d’Avignon qui avait dû être annulé en 2003 — les intermittents demandent justement le retour aux conditions d’avant 2003, plus favorables —, le gouvernement a nommé le député PS Jean-Patrick Gille comme médiateur. Effrayés par le jusqu’au boutisme des grévistes, les directeurs de théâtres et de festivals supplient aujourd’hui Manuel Valls de revenir sur l’accord : « Agréer la convention en l’état relèverait d’une provocation au regard de la situation sociale de notre pays et de son niveau de chômage. Ce serait une erreur, voire une faute, à la veille des festivals d’été qui font le rayonnement international de notre pays. » Grave erreur… Quel crédit national et international donner en effet à un gouvernement qui cède sur tout ? Il serait temps que Manuel Valls démontre qu’il a (peut-être) du courage.

Mission impossible


Il manque à Manuel Valls deux conditions pour réussir : une autre conjoncture… et un autre président !
L’institution du quinquennat ayant placé le chef de l’État en première ligne, celui du gouvernement a progressivement perdu la fonction de fusible que la Constitution gaullienne lui assignait. C’est un avantage pour les ambitieux, qui peuvent ainsi se constituer un matelas de popularité personnelle sans craindre de devoir “sauter” quand le président a besoin de se refaire une santé…
L’ennui est qu’avec un François Hollande descendu sous la barre des 20 % d’opinions favorables, l’actuel premier ministre est comme aspiré par le maelström d’impopularité qui engloutit l’Élysée ! Au point qu’on peut se demander si Manuel Valls ne se prend pas à espérer que le chef de l’État lui serve un jour de fusible… Ce qui serait le monde à l’envers !
Lisez l’enquête que nous consacrons cette semaine au « pschitt » qu’a constitué son premier trimestre d’action : si Manuel Valls n’est évidemment pas responsable de tout — à commencer par l’inquiétante spirale déflationniste —, il n’est pas douteux qu’en politique intérieure, sa principale faiblesse s’appelle… François Hollande !
Le premier ministre peut bien jouer le “garde du corps”, nul n’est dupe de sa posture, comme le souligne Raphaël Stainville, qui rappelle la filiation politique entre Manuel Valls et Michel Rocard. À vouloir se mesurer avec François Mitterrand, Rocard, certes, avait échoué… Mais qui oserait comparer Hollande à Mitterrand ?

Va-t-on mettre en prison les maires réfractaires ?

Va-t-on mettre en prison les maires réfractaires ?


Après le « mariage » homo, puis la réforme pénale, c’est maintenant sur la question des rythmes scolaires que le pouvoir socialiste fait preuve du pire dogmatisme soixante-huitard. Alors que parents et élus locaux ne cessent de souligner le caractère néfaste de cette réforme, le nouveau ministre de l’Education, Benoît Hamon, a mis très sérieusement en garde jeudi les maires qui n’appliqueraient pas les nouveaux rythmes scolaires contre un choix « parfaitement illégal » qui leur vaudrait d’être « condamnés ».
Les préfets en « commissaires politiques »
Invité sur France Info, le ministre a en effet déclaré : « Je vois mal des maires s’entêter dans une posture comme celle-ci. C’est parfaitement illégal, ils seraient condamnés comme tel ». Avant d’ajouter : « Les préfets exerceront le contrôle de la légalité. »
Il a eu beau expliquer que cette réforme n’était pas « une lubie de l’institution scolaire », on retrouve bien là le dogmatisme idéologique dont le gouvernement avait déjà fait preuve face aux maires opposés au « mariage » homo. Et le ministre nous ressert le discours habituel des soixante-huitards sur « le temps des adultes » qui doit s’achever au profit du « temps des enfants », les prétendus« bénéfices pour les élèves (...) de cette réforme dans les années à venir », ou encore met en avant les études de soi-disant « spécialistes de l’enfance » qui ont raconté tellement d’inepties depuis des années que plus personne ne les écoute sauf le gouvernement. Voilà en effet plus de quarante ans que l’enfant est « au cœur de la pédagogie », que l’on bricole les emplois du temps, et tout cela pour un résultat toujours plus lamentable.
À la schlague
Coûts exorbitants, manque d’effectifs, désorganisation totale et, surtout, enfants perturbés et plus fatigués qu’auparavant : la plupart des communes qui ont fait cette année l’expérience de ces nouveaux rythmes scolaires ne s’en sortent plus. Ainsi, à Belfort, 77, 51 % des parents et enseignants de 17 écoles maternelles et 15 écoles élémentaires consultés par la mairie en mai dernier exigeaient le retour à la semaine de quatre jours. « Un raz-de-marée » qui a poussé le député-maire UMP de la ville, Damien Meslot, à proposer la création d’un « collectif national des villes qui sont entrées en résistance » contre l’application de la réforme.
A Marseille, où Gaudin accuse le gouvernement « d’autisme » dans sa manière « d’imposer brutalement et sans concertation un décret », la mairie souligne que cette réforme va coûter à la ville 25 millions d’euros « qui ne seront pas compensés par l’aide promise par l’Etat » et nécessiteront « une augmentation des impôts locaux au prochain budget ». Mais rien n’y fait : le recteur de l’académie, Ali Saïb, assurait jeudi que la réforme s’appliquerait tout de même à la rentrée !
Et contrairement à ce que voudrait nous faire croire le gouvernement, cette levée de boucliers n’est pas fomentée par l’UMP. Témoins : les deux requêtes contre la réforme examinées mercredi par le Conseil d’Etat qui avaient été déposées, l’une par l’Association autonome des parents de l’école Emile-Glay de Montigny-lès-Cormeilles, l’autre par la fédération Sud-Education, et dont on attend – sans optimisme – le résultat pour les prochaines semaines.
Mais, aux abois après ses deux récentes déroutes électorales, ne représentant plus que quelques pour cent de Français, souffrant d’une impopularité inédite sous la Ve République, ce pouvoir n’a plus guère que la schlague pour gouverner.

La grève… à bon train

La grève… à bon train


Deux jours de grève. Et peut-être plus ! La mobilisation cheminote contre la réforme ferroviaire va bon train. Devant la « galère » imposée aux « usagers » pris en otage, la tentation serait grande de condamner sans ambages les syndicats les plus virulents. Encore faudrait-il qu'ils soient les seuls responsables des blocages du dialogue social. C'est loin d'être le cas, si l'on veut bien prendre en compte les faiblesses coupables du gouvernement dans l'adversité, et l'incapacité du législateur à concevoir, consensuellement, des réformes lisibles sur la durée, répondant en outre à l'intérêt général.
Hélas, les idéologies, les corporatismes et les immobilismes syndicaux interdisent toute adaptation aux évolutions du monde moderne. François Hollande, qui en appelait à un grand « compromis social » débouchant sur des réformes « justes et équilibrées », a, là aussi, essuyé un revers. L'accord du 11 janvier 2013 sur la compétitivité et la sécurisation de l'emploi avait laissé entrevoir une évolution. Elle n'a pas résisté à la tenace survivance des conservatismes.
Il n'est pas étonnant de voir la CGT à la tête de la contestation sociale des cheminots (avec Sud Rail) et des intermittents du spectacle, au nom de ses intérêts « boutiquiers ». La centrale entend réaffirmer son leadership radical après avoir noté la progression des syndicats réformistes aux dernières élections professionnelles. D'où la mobilisation farouche contre la réforme ferroviaire. Devant cette situation épineuse, c'est peu dire que le gouvernement n'a pas fait preuve de beaucoup de courage.
Il a dit « entendre » et « comprendre » les inquiétudes des cheminots, avec cette bienveillance qu'il accorde plus facilement à cette « clientèle » qu'à d'autres catégories de salariés moins protégés. Là se situent les limites des réformes dans la justice, surtout conditionnées par le pouvoir de nuisance des protestataires. Les concessions faites hier par Frédéric Cuvillier, secrétaire d'État aux Transports, font figure de prime à la grève. Et, en tout cas, elles engagent, avant son examen à l'Assemblée, la grande réforme ferroviaire sur une voie bien plus étroite que prévu.