TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

samedi 7 janvier 2012

Oser

Notre Président ose tout. C’est même à ça qu’on le reconnaît, depuis tout petit. À chaque fois, les gens raisonnables lui prédisent le désastre, qu’il n’a d’ailleurs pas toujours évité. Mais à chaque fois, il revient, décidé à oser plus pour gagner plus. Et en ce début d’année, notre Président ose à nouveau tout. Par exemple, imposer le vote d’une hausse d’impôt, la TVA sociale, à deux mois de l’élection. Contre sa majorité, contre une majorité de Français. Une mesure de « sale mec », dirait l’autre, à peine entré d’un demi-orteil dans son Rubicon. Pour faire bon poids, notre Président promet aussi de créer sa taxe sur les transactions financières tout seul comme un grand – un coup à gauche. Cela juste après avoir joué les dévots de la Pucelle – un coup à la droite de la droite. En clair, il ose prétendre nous refaire le coup de 2007. Oui, il ose, et c’est même à ça qu’on le reconnaît candidat.

La femme de l’année

On ne va tout de même pas pousser des cris de vierge effarouchée parce que le Président de la République a fait le voyage de Vaucouleurs pour célébrer le 600 ème anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc!

Que le chef de l’État honore la Pucelle, quoi de plus naturel? Elle incarne ce visage mythifié dans lequel chaque Français peut reconnaître une partie, magnifiée, de son identité historique. Elle personnifie - on l’a assez répété en boucle toute la journée d’hier - l’audace, la révolte, l’indépendance... Autant de substantifs qui apportent au pays cette féminité à la fois sauvage et indomptable. Une éternité charnelle en cotte de mailles à laquelle s’abandonne, confiant, voire extatique, le corps de la nation.

Tête nue, cette féministe avant l’heure était d’un modernisme échevelé, bravant - au XV ème siècle - l’autorité incontestée des hommes quand ses contemporaines étaient confinées dans un rôle et un statut parfaitement subalternes, sinon tout à fait inférieurs.

Cauchon a eu des successeurs, hélas. Il a fallu que, même libérée par les flammes de toute manipulation terrestre, elle soit à nouveau captive des manants qui voulaient confisquer son âme. Ils ont tous quelque chose de «Jeanne», disent-ils (ils appellent familièrement la jeune fille par son prénom).

Exhibant l’héroïne comme un trophée, ils s’en disputent les faveurs qu’elle leur aurait réservées, ils vous l’assurent. La voilà gadgétisée à intervalles réguliers, sa statue couverte de feuille d’or adulée au mépris de la modestie de cette bonne chrétienne, condamnée par ses thuriféraires de pacotille à porter haut, pendant des siècles et des siècles, l’étendard d’un monarque couard qui ne la méritait pas. Mais elle n’est jamais aussi émouvante que lorsqu’elle contemple, seule et silencieuse, dans les nuits solitaires et glaciales de Reims, les visages impénétrables des rois de Judée qui veillent, hiératiques sentinelles, sur la cathédrale des sacres, celle des rêves de grandeur et de paix, là même où la réconciliation franco-allemande scellée par De Gaulle et Adenauer voulut effacer les plaies des déchirements millénaires de l’Europe et réparer les blessures de ses nationalismes dévoyés.

«Jeanne» n’aurait demandé, sans doute, qu’à être laissée seule face à l’Histoire, délivrée du sang et des calculs politiciens contemporains, et que l’on emprisonne si volontiers dans des images d’Épinal. Et si dangereusement, parfois, dans des définitions législatives étriquées indignes d’une France vraiment libre.

De la polémique stérile au dialogue fécond

« Dans la crise actuelle, quelle serait, selon vous, la formule de gouvernement la plus efficace après la prochaine élection présidentielle ? » À cette question posée par le journal 20 Minutes, un sondage récent de l'Institut CSA donnait 55 % de réponses favorables à un gouvernement d'union nationale qui réunirait les meilleures personnalités de gauche, de droite ou du centre.

L'idée de coresponsabilité face aux grands problèmes existe donc dans notre démocratie. De là à constituer un gouvernement d'union nationale, il y aurait beaucoup de chemin à parcourir et beaucoup d'embûches à éviter si l'on voulait réellement y parvenir...

Il n'en reste pas moins que, sur un certain nombre de problèmes, des solutions faisant consensus devront être trouvées. De toute manière, elles s'imposeront par nécessité à tous. Cependant, il serait plus constructif qu'elles ne soient pas seulement subies mais, au contraire, qu'elles emportent une adhésion active des citoyens.

C'est cela que signifie, en réalité, la réponse au sondage évoqué ci-dessus. C'est cela qu'il ne faudrait pas rendre plus difficile, voire impossible par des polémiques de bas étage qui dévoieraient le débat démocratique dont nous avons besoin.

Malheureusement, la campagne électorale, qui n'est pas encore légalement commencée, semble déjà bien mal lancée : petites phrases quasi insultantes par-ci, calomnies par-là n'augurent rien de bon. De plus, le système qui personnalise à l'extrême la compétition fait que le respect dû à la personne des candidats peut être rapidement mis en cause. On a déjà constaté un certain nombre de dérapages. On risque alors de voir se développer un débat de plus en plus violent et agressif, entraînant soit une polarisation sur les extrêmes, soit une désaffection, sinon un dégoût, qui multiplierait les abstentions.

Se respecter mutuellement

La langue française est riche en expressions concernant les échanges d'idées entre les groupes et les personnes : « polémique », c'est-à-dire discussion agressive, mot venu du grec signifiant « qui a à voir avec la guerre » ; « controverse » qui étymologiquement évoque un choc ; « confrontation » ; « contestation » ; « discussion » ; « débat », mais aussi « dialogue ». Ce dernier mot évoque le terme « logos », la force de la parole partagée, échangée.

La démocratie est une belle et noble invention qu'il s'agit de pratiquer, de sauvegarder, à laquelle il faut donner vie pour qu'elle s'améliore toujours et permette l'épanouissement de ceux qui en font partie d'une manière ou d'une autre. C'est pour cela qu'il faut éviter d'abaisser le débat et savoir passer de la polémique stérile au dialogue fécond. De toute manière, salir l'adversaire, le démolir, l'écraser ne peut que rendre plus difficile l'avenir et, en particulier, la nécessaire cohésion de la société. Au contraire. C'est en respectant chacun que chacun se sent davantage devenir citoyen, membre effectif de la démocratie. C'est cela que favorise le dialogue, la discussion respectueuse de l'autre. C'est là que réside la fécondité démocratique.

« Entrer authentiquement en dialogue, c'est accepter de faire le plus long chemin possible avec l'interlocuteur. Une discussion véritable permet d'identifier le plus précisément possible la question qui se pose, puis de s'éclairer mutuellement sur les possibilités d'y apporter effectivement réponse... avant qu'on puisse trancher en son âme et conscience, selon ce qu'on estime être juste et vrai, juste et bon ». (1)

Ce texte résume bien la manière dont nous devrions avancer pour éclairer les choix à venir. Pour notre part, c'est dans cet esprit d'écoute, de repérage des enjeux essentiels et d'approfondissement que nous entendons couvrir la campagne présidentielle qui s'engage. Nous débutons cet effort aujourd'hui, en fin de journal, par une série sur ce qui a changé dans la vie quotidienne des Français depuis 2007. Ensuite, nous passerons en revue les nombreux chantiers qui attendent le futur président de la République.



(1) Mgr Joseph Doré, « À cause de Jésus ! Pourquoi je suis demeuré chrétien et reste catholique », Éditions Plon.

vendredi 6 janvier 2012

OOPS !!!!

Les règles, c’est capital

Quiconque commet des erreurs doit en subir les conséquences, y compris les banquiers. Depuis le début de la crise, il y a maintenant 5 ans, cette règle fondamentale de l’économie de marché est bafouée, déplore la Zeit. Entre les valeurs morales et la prospérité, les dirigeants politiques doivent pourtant choisir. Extraits.


Ceux qui se donneront la peine de parcourir ces jours-ci les forums Internet consacrés à la crise économique feront une découverte intéressante : ce ne sont pas les sommes absolument faramineuses injectées dans le marché, ni les divers fonds de sauvetage mis en place qui indisposent – mais l’identité des destinataires de cet argent : les banquiers, qui se sont longtemps remplis les poches et sombrent aujourd’hui dans la faillite. Les Etats, qui ont vécu au-dessus de leurs moyens et ne parviennent plus à se procurer d’argent frais. Les propriétaires, qui ont souscrit un trop grand nombre de crédits et ne sont plus en mesure d’assurer le service de leur dette.
Au lieu d’être sanctionnés, ces écarts de conduite sont récompensés – voilà ce à quoi assistent les sociétés occidentales depuis cinq ans. Pour comprendre la lassitude croissante à l’égard des plans de renflouement, il faut prendre en compte non seulement la dimension financière, mais aussi la dimension morale de la crise.

Le renard et les grappes de raisin

Un concept de psychologie peut nous y aider : le phénomène de dissonance cognitive. Il désigne l’écart entre notre façon de voir le monde et le cours réel des événements. Comme dans la fable [d’Esope] mettant en scène un renard affamé et les branches de raisin dépassant du faîte d’un mur. Le renard multiplie les bonds pour essayer d’attraper les grappes, mais sans y parvenir, et cet échec ne cadre pas avec l’image que l’animal a de lui-même, habitué qu’il est à obtenir ce qu’il convoite. Il n’en va guère différemment de l’homme dans les pays industrialisés.
Profondément ancré dans la pensée occidentale, le principe de responsabilité propre est au cœur de la notion de justice dans l’ensemble des sociétés individualisées d’Occident : chacun y est responsable de ses actes. L’indissociabilité du risque et de la responsabilité est le fondement du capitalisme. C’est ce qui permet au marché de transformer la recherche individuelle du profit en intérêt général. "Le soin porté aux investissements est fonction de la responsabilité juridique de l’investisseur. Les excès ou écarts de conduite résultent uniquement de l’absence d’une telle responsabilité", écrivait dans les années 1940 l’économiste fribourgeois Walter Eucken, l’un des maîtres à penser de l’économie de marché. Aujourd’hui encore, la plupart des experts souscrivent à cette analyse.
Une solidarité inconditionnelle de tous envers tout le monde causerait en revanche la ruine des dispositifs incitatifs du capitalisme – et donc du capitalisme lui-même. C’est parce que cet impératif de l’économie de marché et la notion de justice prédominant dans la société font bon ménage que l’appel à davantage de responsabilité propre est devenu le leitmotiv de la bande-son des réformes libérales depuis les années 1980. Tout un chacun peut réussir, mais tout un chacun peut aussi échouer.

Justice ou efficacité

Comme souvent, ce sont les Américains qui ont poussé ce raisonnement le plus loin. Lors d’un récent débat public, le présentateur, Wolf Blitzer, a demandé à Ron Paul, candidat républicain à la présidentielle, comment la société devait aborder le cas d’un jeune homme qui n’avait pas jugé nécessaire de prendre une assurance maladie et se trouvait aujourd’hui dans le coma. Il faut qu’il assume ses responsabilités, a répondu Ron Paul. Wolf Blitzer lui a alors demandé si cela signifiait que la société devait le laisser mourir : "Oui !", s’est exclamé le public.
Une telle position peut répugner par sa radicalité. Mais, au-delà de la question de la vie et de la mort d’un individu, elle vaut également pour l’Europe : quiconque se met en difficulté en n’engageant que sa responsabilité propre ne peut compter que sur une aide partielle de la communauté. Dès lors, le renflouement des Etats ou des banques est nécessairement vécu comme une violation grossière de cette règle.
Aux appels de plus en plus pressants à davantage de justice, les "renfloueurs" opposent l’impératif d’efficacité. Lorsqu’une banque sombre, elle entraîne les autres dans sa chute, et les petits épargnants à leur tour perdent leurs billes. Lorsqu’un Etat vacille, tous vacillent, et l’ordre public se disloque. Et ce sont les plus défavorisés qui sont les premiers à en souffrir. En un mot : renflouer coûte tout simplement moins cher que faire faillite.

Aider comporte aussi des risques

Distribuer des aides ne va pas non plus sans poser de risques. Quand la Banque centrale européenne (BCE) injecte un demi-milliard d’euros dans les banques, le risque d’inflation est réel si les autorités monétaires ne récupèrent pas leur fonds en temps et en heure. Mais ce qui importe davantage, c’est que si l’opération est couronnée de succès, elle n’aura pas coûté un centime au contribuable et aura permis dans le même temps d’éviter d’importants dégâts. C’est précisément dans ce but que les banques centrales ont été créées jadis.
Si l’on constate que les sauvetages se justifient sur un plan financier mais sapent le fondement moral de l’économie de marché, voire de la société, l’Occident se retrouvera dans la situation pénible de devoir choisir entre la prospérité et la justice. En d’autres termes : ou bien nous prenons le risque d’une explosion, ou bien nous nous accommodons, dans une optique globale, de voir des injustices en temps de crise.
Une telle décision ne se prend pas à la légère. Lors de la Grande Dépression des années 1930, les Etats avaient placé les valeurs morales au-dessus de tout. Ils ont refusé les aides et ainsi ruiné l’économie. Aujourd’hui, ils placent l’économie au-dessus de tout au risque de ruiner les valeurs morales. Au bout du compte, il ne reste peut-être plus que la voie choisie par le renard de la fable. Il finit par comprendre qu’il est incapable d’escalader le mur et se dit à lui-même en s’éloignant : "Ils sont trop verts […] et bons pour des goujats".

Opinion

Prêtons moins cher aux Etats !

Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ?” La question posée dans Le Monde par l’ancien Premier ministre français Michel Rocard et l’économiste Pierre Larrouturou a suscité beaucoup de réactions sur Internet.
Les deux auteurs rappellent qu’en 2008, au moment où l’administration Bush débloquait 700 milliards de dollars (540 milliards d'euros) pour sauver les banques américaines,
"la Réserve fédérale a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %. Au même moment, dans de nombreux pays, les peuples souffrent des plans d'austérité imposés par des gouvernements auxquels les marchés financiers n'acceptent plus de prêter quelques milliards à des taux d'intérêt inférieurs à 6, 7 ou 9 % "
Rocard et Larrouturou citent le président Roossevelt – ”Etre gouverné par l'argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé” – et proposent “que la ‘vieille dette’ de nos Etats puisse être refinancée à des taux proches de 0 %’.”
Il n'est pas besoin de modifier les traités européens pour mettre en oeuvre cette idée : certes, la Banque centrale européenne (BCE) n'est pas autorisée à prêter aux Etats membres, mais elle peut prêter sans limite aux organismes publics de crédit (article 21.3 du statut du système européen des banques centrales) et aux organisations internationales (article 23 du même statut). Elle peut donc prêter à 0,01 % à la Banque européenne d'investissement (BEI) ou à la Caisse des dépôts [française], qui, elles, peuvent prêter à 0,02 % aux Etats qui s'endettent pour rembourser leurs vieilles dettes.

La Grèce, laboratoire de la crise…


Comment les Européens les plus touchés gèrent-ils la crise ? Assommés par les baisses de salaires, la hausse des impôts et les prix qui restent élevés, les Grecs s’en sortent comme ils peuvent, quitte à tricher. Contraints par les mesures d’austérité, certains inventent une nouvelle forme d’économie, basée sur les ressources locales.


Athènes fin 2011. Au premier abord, la crise ne se voit pas. L’aéroport, le métro et les bus fonctionnent, la circulation encombre les rues, les passants semblent affairés et les cafés demeurent aussi animés et enfumés que dans n’importe quelle autre ville méditerranéenne. Puis, on remarque les taxis vides, les restaurants fermés et surtout, en plein centre, des dizaines de boutiques inoccupées, désertées et garnies d’un petit autocollant jaune sur lequel figure le mot Enoikiazetai, « à louer ». Il faut parler avec des Athéniens pour comprendre l’angoisse : des fonctionnaires dont le salaire a pratiquement été réduit de moitié, des cadres intimés de travailler le week-end sous peine d’être licenciés, des chercheurs auxquels on refuse des crédits, des avocats qui peinent à se faire payer, des médecins qui ont tiré un trait sur les remboursements de la sécurité sociale. Depuis quelques mois, on cesse de dîner au restaurant, on limite les achats de vêtements au strict nécessaire, on explique aux enfants qu’il n’est pas bon de posséder trop de jouets. Seuls quelques produits se vendent mieux qu’avant : les antidépresseurs, mais aussi les tickets de loterie que de vieilles personnes proposent timidement aux groupes attablés dans les cafés. Les prix, notamment des produits importés, n’ont pas baissé, tandis que de nouvelles taxes sont désormais exigibles. Les professions libérales se plaignent de devoir remplir des formulaires compliqués. Dans l’administration, il est devenu pratiquement impossible d’embaucher, même temporairement, une personne pour effectuer un travail jugé indispensable. Le carburant, le ticket de métro et les passages en bateau pour les îles ont subitement augmenté. Un soir, dans un quartier chic, une locataire d’une confortable résidence explique qu’elle n’a entendu aucun de ses voisins mettre en route les radiateurs, malgré le froid piquant. Elle-même préfère depuis peu se chauffer à l’aide d’un poêle à fioul dont elle peut maîtriser la consommation.Les Grecs semblent vivre sans aucune perspective, ni collective, ni personnelle. Dans cette société marquée par le matérialisme, certains ne sortent plus, ne voient plus leurs amis, honteux de ne pouvoir dépenser autant qu’avant. « Le nombre de mariages, comme celui des divorces, a baissé ; le taux de natalité diminue », assure l’ethnologue Panagiotis Grigoriou, qui tient un blog régulier sur la vie quotidienne en temps de crise.

Tricherie généralisée

Qui est responsable ? « L’Etat », répondent en chœur les Grecs, qui n’accordent aucune confiance à leurs responsables politiques. « Les financiers », ajoutent-ils parfois. « Les Allemands », lâchent même d’autres, dans un élan de xénophobie qui ne choque plus grand monde. La tricherie généralisée, pourraient-ils ajouter. Car tous peuvent témoigner de pratiques illégales, de comptes falsifiés, de documents oubliés. Qu’elle ait pour but de s’enrichir, de contrer un nouvel impôt ou comme unique réponse à la baisse du pouvoir d’achat, la fraude s’insinue partout. Des propriétaires de yachts abandonnent soudain le pavillon grec pour celui d’une île des Caraïbes. Des quidams conservent « un compte en euros, mais dans un autre pays », au cas où. Des cadres supérieurs se font licencier tout en continuant de travailler pour leur employeur, mais sans payer de charges. Des étudiants obtiennent leurs examens en copiant ouvertement sur leurs voisins. Des responsables politiques monnaient leur influence tout en conservant leurs seize salaires mensuels par an. Des passagers du métro circulent systématiquement sans ticket. Rares sont ceux qui se risquent à prédire l’avenir. La Grèce restera-t-elle dans la zone euro ? Les plans de rigueur successifs auront-ils raison de la récession ? La population patientera-t-elle encore longtemps ? Un scénario tel que l’a connu l’Argentine en 2001, brutale dévaluation, paupérisation et accession au pouvoir d’une majorité nationaliste et protectionniste, est-il envisageable ? « La Grèce conservera l’euro, parce que l’Europe ne peut pas faire autrement », croit savoir Christos Vardikos, un avocat d’affaires spécialisé dans le droit maritime. Le praticien s’autorise même un optimisme inattendu en affirmant que le pays « va rebondir d’ici un ou deux ans » grâce aux mesures de restriction budgétaire. Pour Constantinos Lambadarios, également avocat d’affaires, c’est « la privatisation des actifs, notamment dans les secteurs minier, immobilier, portuaire ou de l’énergie » qui permettra au pays d’arborer un budget sans déficit « dès l’année prochaine ». Cette analyse demeure minoritaire. « La seule solution consiste à quitter l’Union européenne », affirme ainsi Kostas Doukas, ingénieur à la retraite et membre de Spitha, un mouvement hostile aux mesures d’austérité, créé par le compositeur Mikis Theodorakis.

Nouvelle économie de crise

En attendant, les Grecs s’organisent, inventant parfois une nouvelle forme d’économie. Le pays, souvent décrit comme dépourvu de ressources naturelles, commence à exploiter des atouts jusque là négligés, comme le montrent ces quelques exemples, isolés mais significatifs. Sur l’île de Sifnos, dans les Cyclades, les propriétaires des champs d’oliviers se sont mis à l’huile. Le gérant du pressoir de cette terre de 2 000 habitants croule sous le travail. « Habituellement, on presse les olives pendant un mois à partir de la fin octobre ; et cette année, il y a des commandes jusqu’à Noël », raconte-t-il. En Crête, un producteur de vin, lâché par les chaînes nationales de supermarché qui lui achetaient sa marchandise, a recréé son propre circuit de distribution, s’adressant directement aux restaurants et aux magasins des alentours. Les Athéniens ne laissent plus pourrir les agrumes sur les arbres et en font du jus. Quelques particuliers se mettent à cultiver des légumes sur le toit-terrasse de leur immeuble. La crise génère des velléités de retour à la terre. Des citadins, las de ne pas trouver d’emploi, rentrent dans leur village natal et se mettent à l’agriculture. D’autres achètent un vélo, mode de déplacement moins coûteux qu’une voiture. Dans un immeuble du centre d’Athènes, des militants écologistes enseignent aux riverains la manière de confectionner des panneaux photovoltaïques, des éoliennes ou des fours solaires. Cette petite association, qui existe de longue date, rencontre cette année un succès inespéré. « Des trentenaires sans emplois souhaitent produire leur propre énergie », explique une activiste. La Grèce serait-elle un laboratoire de la crise et de ses conséquences ? « Nous ne sommes pas par magie devenus des adeptes de la décroissance, mais nous devons faire avec 50% de moins », commente le blogueur Panagiotis Grigoriou.

Un sommet social sous hypothèques

Qui pourrait sérieusement récuser l'idée de réunir un sommet des forces économiques et sociales pour tenter de dégager des solutions au chômage massif qui frappe notre pays ? Aucun esprit responsable. Le sommet « social » du 18 janvier est tout sauf une incongruité démocratique, d'autant qu'il s'inscrit dans une forme de continuité. C'est le quatrième organisé par le Président depuis 2007. Mieux, ces rencontres ont enfanté vaille que vaille quelques mesures utiles, sur l'aménagement du marché du travail, le chômage partiel, la représentativité syndicale entre autres.

Dès lors, d'où vient le malaise dominant qui semble miner par avance la rencontre du 18 janvier ? Quatre raisons expliquent le scepticisme grandissant, y compris parfois dans les rangs de la majorité. Ce sommet est évidemment trop tardif pour ne pas être suspecté d'être instrumentalisé à des fins politiques par le Président. Et pour pouvoir élaborer dans l'urgence, souvent mauvaise conseillère, des réformes fondamentales. Le volontarisme affiché de la dernière heure ne fera pas oublier les ratés du quinquennat.

Ce sommet souffre aussi d'une adhésion des plus tièdes du chef de l'État aux vertus de la démocratie sociale, largement confirmée depuis cinq ans. Durant son mandat le Président n'a donné que peu de signes de reconnaissance aux représentants syndicaux, pas même celui de saluer leur esprit de responsabilité durant la récession ou la contestation bien cadrée de la réforme des retraites. Il s'est, au contraire, cramponné à des totems comme la défiscalisation des heures supplémentaires qui ne pouvaient qu'accentuer la cassure avec les confédérations ouvrières.

Pas de marge de manoeuvre financière

Plus concrètement encore ce sommet semble désarmé par avance pour trouver des solutions à la hauteur des enjeux. Le dos au mur d'une dette colossale et d'une menace avérée sur la perte du triple A qui va alourdir ses emprunts, le gouvernement n'a plus aucune marge de manoeuvre financière. Aucune mesure efficace à prise rapide disponible pour faire face à la récession qui s'installe.

Pour compliquer un peu plus l'équation, le pouvoir a relancé le débat sur la TVA dite sociale. Ce qui laisse perplexe. Sur la forme : braquer les syndicats avec qui l'on prétend renouer et convoquer un sommet après en avoir défini la conclusion principale n'est pas très adroit. Sur le fond : présenter à la hâte une solution compliquée et longue à mettre en oeuvre, socialement inégalitaire et économiquement peu efficace, est pour le moins troublant. D'autant que le pouvoir l'avait déjà retoquée il y a cinq ans !

Alors ? Faut-il penser que cette TVA, qui fait aussi tousser dans les rangs majoritaires, n'est qu'un leurre qui se dissipera au dernier moment ou s'effacera devant l'utilisation d'un autre levier, la CSG par exemple ? Ou plus simplement doit-on se contenter de constater que cette taxe est d'abord un outil de communication politique.

En l'occurrence il ne s'agit pas d'élaborer des mesures vraiment opérationnelles, mais d'afficher une volonté sans faille de traiter la question du chômage... Bref, de parler aux citoyens - et aux électeurs - par-dessus la tête des syndicats.

« Sarko ou le complexe de Zorro » : Allègre juge son livre « équilibré »

Claude Allègre, l’ancien ministre de l’éducation de Lionel Jospin, publiera le 19 janvier chez Plon un ouvrage d’entretiens avec le journaliste Dominique de Montvalon intitulé Sarko ou le complexe de Zorro, avec en couverture un dessin de Plantu. "Ce n’est pas un livre de Sarkolâtrie, mais c’est un livre où je lui rends justice sur ce qu’il a fait de positif. Je ne parle pas sans cesse du Fouquet’s ou du Paloma", explique au Monde Claude Allègre, qui juge avoir a fait un livre "équilibré".

Il reconnaît rencontrer régulièrement Nicolas Sarkozy, avec lequel il a des relations "confiantes" et "amicales", "malgré le tour de con qu’il m’a fait". Le chef de l'Etat, après avoir proposé deux fois à M. Allègre d’être ministre – se voyant opposer un refus –, l’a proposé une troisième fois. Claude Allègre a finalement accepté, mais M. Sarkozy s’est ravisé dans la foulée des élections européennes de 2009, qui avaient vu une bon score des écologistes. C’est fini. "Je suis un homme libre qui ne vise rien. Je n’ambitionne rien du tout. Je n’occuperai plus de poste ministériel", assure M. Allègre, qui invoque son âge.

Sarkozy "n'a pas le sens d'une équipe"

L'ancien ministre de l'éducation salue la décision de Nicolas Sarkozy d’avoir limité à deux le mandat du président de la République, d’avoir nommé le socialiste Didier Migaud à la Cour des comptes et "de s’être bougé les fesses pendant la crise". En revanche, il critique la réforme des universités, juge que le Grenelle de l’environnement, "ce n’est rien du tout" et n’est pas en ligne avec la politique d’éducation, sujet qu’il affirme ne jamais avoir abordé avec le chef de l'Etat. "Je n’ai jamais été pour que les proviseurs recrutent leurs professeurs. Je suis un Républicain strict".

Claude Allègre estime que Nicolas Sarkozy n’a pas "le sens d’une équipe". Il se dit partisan d’un gouvernement d’union nationale avec plus de techniciens et moins de politiques, comme en 1958. Mais il refuse, pour l’instant, de désigner son président : celui qui dit s’être abstenu au second tour de la présidentielle de 2007 refuse de dire pour qui il votera en 2012.

Il précise toutefois que dans certaines propositions qu’il fait, il se situe à droite du PS. "Je dis du bien de Jean-Luc Mélenchon et de Montebourg", déclare M. Allègre, ajoutant : "Si Hollande est là où il est, c’est parce que je l’ai fait entrer dans l’équipe Jospin."

La Grèce menacée d'un "défaut incontrôlé" en mars sans accord salarial

Le Premier ministre grec Lucas Papademos a mis en garde mercredi contre un "défaut (de paiement) incontrôlé" auquel la Grèce pourrait faire face en mars si le patronat et les syndicats ne parvenaient pas à un accord sur la réduction des coûts du travail pour stimuler la compétitivité.

"Faute d'un accord et du financement qui y est lié, la Grèce sera confrontée à un danger immédiat de défaut (de paiement) incontrôlé en mars", a averti M. Papademos après une série de rencontres avec les partenaires sociaux.
"Les partenaires sociaux doivent déployer de grands efforts au cours des négociations pour améliorer la compétitivité de l'économie et stimuler l'emploi", a souligné le Premier ministre.
"Nous ne pouvons pas escompter que d'autres Etats de l'Union européenne et les organisations internationales continuent à soutenir financièrement un pays qui ne s'adapte pas à la réalité et ne traite pas ses problèmes", a relevé M. Papademos.
Les bailleurs publics de la Grèce, Union Européenne et Fonds Monétaire International (FMI), ont demandé au gouvernement de revoir les salaires du privé pour améliorer la compétitivité de son économie.
Le chef du gouvernement a reconnu mercredi qu'ils avaient à nouveau soulevé "une série" de questions liées au marché du travail, dont celle du salaire minimum, à l'approche de négociations cruciales sur le versement de nouveaux fonds à la Grèce.
Ces discussions visent à débloquer le nouveau plan d'aide à la Grèce mis en place par la zone euro fin octobre. Athènes espère un premier versement de prêts d'un montant de 89 milliards d'euros à la fin janvier.
"Si nous ne prenons pas des mesures importantes, si nous ne faisons pas bonne impression, l'évaluation de nos partenaires risque de ne pas être positive", a prévenu M. Papademos. "Nous risquons de nous retrouver sans rien."
Le principal syndicat du secteur privé a toutefois rejeté mercredi toute baisse de salaire et insisté sur le respect des conventions salariales.
"Nous ne sommes pas disposés à céder le moindre pouce sur le salaire garanti des travailleurs pauvres", a déclaré à la presse Yiannis Panagopoulos, le chef du syndicat du secteur privé GSEE.
"Nous avons signé un accord, nous demandons aux employeurs d'honorer leur signature", a-t-il poursuivi après avoir rencontré M. Papademos.
Le salaire minimum légal en Grèce - actuellement juste au dessus de 750 euros -- est fixé par une convention collective signée par les syndicats des salariés.

RTL Group va se retirer du marché grec de la télévision en raison de la crise

Le groupe audiovisuel européen RTL Group va se retirer du marché grec de la télévision en raison de la crise économique qui frappe le pays, en vendant sa part de 70% dans Alpha Media Group, a-t-il annoncé jeudi.
RTL Group va vendre sa part à l'entrepreneur grec Dimitris Contominas, qui possède déjà les 30% restants d'Alpha Media Group, dont fait notamment partie la chaîne nationale Alpha TV, et deviendra de ce fait son propriétaire unique.
La transaction "est sujette à l'approbation de la commission grecque de la concurrence et devrait se conclure au premier trimestre 2012", indique RTL Group dans un communiqué.
RTL Group avait pris 66,6% du capital d'Alpha Media Group pour 125,7 millions d'euros en septembre 2008, tablant sur des perspectives de croissance du marché publicitaire alors prometteuses en Grèce.
Depuis lors, la crise est passée par là et "le marché de la publicité télévisée en Grèce a diminué d'environ 50%", souligne RTL Group.
"Etant donné la crise économique et financière profonde que la Grèce continue de connaître, nous avons finalement décidé de quitter le marché grec", a déclaré le PDG de RTL Group, Gerhard Zeiler, cité dans le communiqué, tout en se réjouissant d'avoir trouvé une solution "qui permet à Alpha de poursuivre sa diffusion".

jeudi 5 janvier 2012

Mec

Vous la connaissez, la dernière de Coluche ? C’est l’histoire d’un mec… Un mec, heu, normal, quoi. Blanc, pas Belge… Candidat socialiste et normal, le mec… Attendez ! C’est pas là qu’il faut rire. Le mec, heu, il veut parler d’un autre mec, du Président qui préside, candidat aussi, mais pas normal… Bon, alors le mec normal, il imite le pas normal, et il dit : « Je suis un sale mec ». Enfin, c’est ce que répète un journal. Alors, heu, tous les copains de l’autre, du candidat pas normal, ils crient : « Il l’a dit ! C’est pas beau, et c’est celui qui dit qui y est ». Alors le mec, le premier, le socialiste - vous suivez, là, hein, parce que je vais pas répéter… Donc le mec y dit : « J’ai dit sale mec, oui, mais c’était pour expliquer. Et ça suffit comme ça ! » Bon, et qu’est-ce qu’il dit, l’autre mec, le pas normal de droite ? Ben rien… Voilà, c’est tout. Elle est rigolote, hein ?

Sarkozy, «sale mec» : l'UMP veut des excuses de Hollande

Selon le journal Le Parisien, François Hollande aurait ainsi qualifié le chef de l'Etat lors d'un déjeuner avec des journalistes. Des propos sortis de leur contexte selon plusieurs participants mais qui ont provoqué la colère de la majorité.
Il aura suffi d'une courte citation de trois mots enfouie au milieu d'un article pour embraser la majorité. Plusieurs ténors de l'UMP ont réclamé mercredi à François Hollande des excuses publiques vis-à-vis du chef de l'Etat qu'il aurait traité de «sale mec». Des paroles qui se sont finalement révélées retranscrites incorrectement. La polémique est née d'un article du Parisien, daté de mercredi. Le quotidien relate un déjeuner, mardi midi, entre François Hollande et six journalistes, dont l'auteur de l'article. «Pour Hollande, il n'y a pas de mystère: c'est bien le chef de l'Etat, ‘un président en échec', ‘un sale mec', qui se cache derrière les formules de l'UMP'», écrit le quotidien qui évoque les attaques des élus de la majorité sur la personne du député de Corrèze.
Ces propos rapportés n'ont pas tardé à susciter l'ire l'UMP. La ministre de l'Apprentissage Nadine Morano et la députée Valérie Rosso-Debord, ont exigé des «excuses publiques». La première a jugé les propos prêtés au candidat socialiste d'«intolérables et inqualifiables». «C'est carrément carton rouge, on n'insulte pas le président de la République», a affirmé la seconde. Le maire de Nice, Christian Estrosi, a lui dénoncé un «comportement indigne d'un candidat à la présidence de la République», évoquant une attitude «abjecte sur le plan personnel mais également dangereuse sur le plan politique car elle abaisse la fonction présidentielle». «Hollande a commis une erreur. Si on n'est pas mauvais, on peut monter cela en épingle», a décrypté au MondeBrice Hortefeux. «Soit il s'excuse, et souligne sa faute. Soit il persévère, soulignant son absence de crédibilité, car il n'est pas capable de respecter les hommes et les institutions». «Quand on dit une connerie, c'est très difficile de savoir comment on s'en sort. C'est un spécialiste qui vous parle», relevait l'ancien ministre de l'Intérieur.
«C'est quelque chose qui est intolérable», a jugé l'actuel locataire de la place Beauvau, Claude Guéant. «J'observe que beaucoup de gens qui travaillent avec lui se laissent aller à des propos violents, mensongers, à des insultes». «François Hollande est un mauvais candidat qui rend la campagne médiocre», a déploré Gérard Longuet, ministre de la Défense. «La France mérite mieux que ce type de formule». «En démocratie, il est bon qu'il y ait des propositions, pas des attaques personnelles. À mon avis, il a fait une grosse erreur», tranchait de son côté Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat au Commerce extérieur.
COMME LE DIT PAUL HENRI DU LIMBERT DANS "LE FIGARO" 
"Je est un autre" mais ce serait plutôt :
"je est Sarkozy"
TOUT EST DANS LA FORMULE, MAIS HOLLANDE EST LOIN D'ÊTRE UNE FORMULE 1

Hollande, l'étude de texte


"Sale" polémique pour François Hollande

Plusieurs journalistes ont démenti que le candidat ait qualifié le chef de l'Etat de "sale mec", comme l'a écrit ce mercredi Le Parisien. Mais la majorité tire déjà en rafale sur cette "insulte à la fonction de président". Une agitation qui pourrait coûter électoralement très cher au favori des sondages. 
La campagne présidentielle est entrée dans une nouvelle phase, bien plus explosive, et la polémique sur la supposée phrase de François Hollande qualifiant Nicolas Sarkozy de "sale mec" en est la preuve. 
Mardi midi, le candidat socialiste s'attable avec six journalistes pour une conversation en "off", où les propos ne sont pas destinés à être publiés. Ce mercredi matin, pourtant, un article du Parisien explique qu'au cours de la conversation Hollande a qualifié le chef de l'Etat de "sale mec"
Problème, cette formulation a été démentie par plusieurs participants, du moins l'interprétation qui en a été faite par le Parisien. Selon un journaliste de l'AFP, présent à table, le candidat PS se serait glissé dans la peau de Nicolas Sarkozy pour imaginer sa façon d'entrer en campagne, notamment avec la TVA sociale: "Je suis le président de l'échec, je suis un sale mec, mais dans cette période difficile, je suis le seul capable, j'ai le courage...", aurait-il en réalité déclaré
"Mais le choix de ce qualificatif pour appuyer son raisonnement en dit long sur l'estime qu'il porte à son adversaire. Raison pour laquelle nous avons décidé, ce matin, de le publier", s'est justifié l'auteur de l'article du Parisien, Matthieu Croissandeau, sur le site Internet du quotidien
"J'exige des excuses pour ce dérapage inacceptable"
Reste que l'UMP rebondit déjà sur cette polémique. Et les fins tirailleurs du parti présidentiel ont déjà dégainé. Mention spéciale à Nadine Morano, qui, en marge du conseil des ministres de rentrée, a commenté le propos de François Hollande. Au micro de BFM, la ministre de l'Apprentissage a fustigé des "propos indignes au moment où le pays doit relever le défi de la crise". 
"Nous sommes choqués par ces propos indignes de celui qui se voyait déjà président de la République", a fustigé le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, lors de ses voeux.  
Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe de l'UMP, s'indigne également "des propos insultants". Elle "condamne ce dérapage inacceptable et exige du candidat des excuses publiques. La démocratie ne s'accommode ni de l'injure ni du dénigrement. Quand on aspire aux plus hautes fonctions de l'Etat, la moindre des qualités est le sang-froid et la sérénité", écrit-elle dans un communiqué. Sur BFM TV, elle continue en soutenant que "François Hollande n'insulte pas seulement Nicolas Sarkozy, mais la fonction de Président elle-même". 
Le député-maire de Nice, Christian Estrosi (UMP), estime qu'après avoir écrit dans Libération que le chef de l'Etat "méprise la République", le candidat socialiste "jette une fois de plus le discrédit sur le PS et sa candidature. L'injure ne peut pas tenir lieu d'argument politique. Monsieur Hollande vient de démontrer qu'il n'est pas au niveau pour un tel poste." Pour le député-maire de Nice, s'il s'agit d'un dérapage, la majorité "attend des excuses immédiates" et s'il s'agit d'une ligne politique, François Hollande "emprunte un sale chemin". 
Dans l'entourage de François Hollande, on dit vouloir s'assurer de la teneur exacte des propos du candidat socialiste avant une éventuelle réaction.  
Cette agitation, qui ne fait pas la grandeur de la politique, pourrait être zappée en quelques secondes si elle ne risquait pas de coûter de précieux points au favori des sondages. Et c'est bien ce qui explique les tirs en rafales de l'UMP depuis ce matin.  
En 2002, en off là aussi, Lionel Jospin avait en effet qualifié Jacques Chirac d'homme "vieux, fatigué et usé." Là aussi la majorité s'était déchainée contre l'ancien Premier ministre. Et Chirac avait immédiatement senti le bénéfice, qu'il pouvait en tirer. "Le grand fauve politique a immédiatement compris que son adversaire avait gravement dérapé et qu'il allait en tirer un avantage politique significatif, racontait en août dernier, à L'Express, son directeur de campagne de l'époque, Antoine Rufenacht. J'ai rarement vu Jacques Chirac aussi joyeux et détendu qu'au cours de la réunion matinale de travail qui a suivi la déclaration de Lionel Jospin. C'était une belle matinée de printemps. Nous étions tous heureux."  

IL N'A JAMAIS TENU SES NERFS, CE N'EST PAS AUJOURD'HUI QUE CELA VA COMMENCER.

mercredi 4 janvier 2012

Les étudiants étrangers rejettent la nouvelle circulaire Guéant

Les étudiants étrangers réunis dans le Collectif du 31 mai continuent de réclamer le retrait de la circulaire Guéant, car son assouplissement annoncé mercredi 4 janvier est fondé sur des critères "qui laissent la place à l'arbitraire", ont-ils annoncé lors d'une conférence de presse.

"Les principaux concernés n'ont pas été représentés à la réunion et nous le regrettons. L'enjeu crucial du nouveau texte concerne les critères d'appréciation, et on demande des critères clairs qui ne laissent pas place à l'arbitraire", a déclaré Fatma Chouaïeb, porte-parole du Collectif. "En outre, quel va être le devenir des victimes de la circulaire ? Nous avons recensé plus de 1 000 cas, les dégâts créés sont bien trop importants. Donc on demande encore le retrait de la circulaire, le retour à la situation d'avant le 31 mai", a-t-elle ajouté.
Le gouvernement a décidé mercredi d'assouplir la délivrance du permis de travail à certains étudiants étrangers à haut potentiel, notamment ceux ayant "une compétence spécifique recherchée" comme "la connaissance approfondie d'un pays ou d'une culture étrangère". Une instruction en ce sens sera envoyée aux préfets "la semaine prochaine".
"ON RESTE DANS L'ARBITRAIRE"
"Que veut dire 'compétence spécifique' ? Parfois les étudiants ne connaissent pas leur pays d'origine. La nouvelle circulaire ne règle donc pas la situation, on reste dans l'arbitraire", a déclaré lors de la conférence de presse Bertrand Monthubert, un des initiateurs (PS) d'une pétition demandant le retrait de la circulaire controversée qui a recueilli quelque 30 000 signatures.
Des signataires de cette pétition vont organiser mardi 10 janvier "une séance publique de parrainage" d'étudiants en difficultés, a-t-il annoncé.
Dans un communiqué, la première organisation étudiante, l'UNEF, a elle aussi "demandé l'abrogation de la circulaire Guéant", car le nouveau texte revient à "beaucoup de bruit pour des évolutions mineures". "Ces évolutions ne sont pas satisfaisantes, c'est au final encore une fois la logique du cas par cas qui prime sur l'établissement de règles claires garantissant les mêmes droits pour tous", a regretté l'UNEF, qui va proposer des mobilisations dans les universités pour obtenir le retrait de la circulaire.
"TROP PEU, TROP TARD"
"C'est trop peu et trop tard", a pour sa part réagi le député socialiste Alain Claeys, responsable du supérieur dans l'équipe de François Hollande. "Trop tard parce que depuis la parution du premier texte, le 31 mai, des milliers d'étudiants ont connu des tracasseries administratives qu'ils n'auraient pas dû subir dans un pays qui s'enorgueillit de savoir les accueillir et les former", a-t-il expliqué.
"Trop tard aussi parce que l'Allemagne, si souvent citée en modèle, n'a pas attendu pour assouplir entre-temps les conditions d'emploi des étudiants étrangers et prendre un temps d'avance dans la compétition mondiale en matière de formation à laquelle se livrent les grands pays occidentaux", a-t-il ajouté.
"Trop peu parce que plus qu'un texte, cette circulaire est devenue pour des millions d'étudiants étrangers le symbole d'une France qui ne souhaite plus les attirer sur son sol. C'est pour cette raison que ce texte n'a pas besoin d'être rapiécé, mais supprimé", a conclu M. Claeys.
C'EST A PEINE CROYABLE, DES ÉTRANGERS  REJETTENT UNE CIRCULAIRE FRANÇAISE, MAIS QU'ON LES FOUTE TOUS DEHORS BORDEL !!!!!

Présidentielle 2012 : Hollande cible des attaques

François Hollande s'est montré très actif depuis le début de l'année. Le candidat socialiste a publié une lettre puis est passé au 20h de France 2. Des sorties vivement critiquées.

François Hollande passe à l'attaque. Le candidat socialiste a accéléré sa campagne en ce début d'année. Invité au journal télévisé de France 2 mardi soir, le député de Corrèze qui n'entend ni se laisser « détourner ni impressionner par M. Sarkozy », a annoncé qu'il présenterait « un projet » pour la présidentielle fin janvier. Plus tôt dans la journée, une lettre avait été publiée dans Libération. Évidemment ces démarches ont été saluées dans son camp. Il « donne le ton, le "la" de l'année », a affirmé son directeur de campagne Pierre Moscovici. Il « sonne le rassemblement », a renchéri le député de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg, et pour Stéphane Le Foll, responsable l'organisation de la campagne, « c'est maintenant que la phase décisive s'engage ». Encouragé par les siens, il a été en revanche, très critiqué par ses adversaires.
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A commencer par Cécile Duflot. La chef de file d'Europe Écologie les Verts a vu dans la lettre de Hollande « beaucoup de formules qui la frustrent un peu ». Attendant qu'on « débatte des solutions », la secrétaire nationale des Verts s'est aussi étonnée d'une publication « en tête d'un journal », une « forme un peu surprenante ». Le candidat du MoDem, François Bayrou, a dénoncé « une opération de com » et « du techno-politico-bla-bla ».

L'UMP cogne

L'UMP et le gouvernement ont focalisé leurs critiques sur l'absence de propositions. Jean-François Copé a ainsi estimé que François Hollande incarnait « la couardise en politique » en refusant « d'abattre ses cartes ». La droite dénonce une grande « imposture ». « C'est le candidat du vent, de la parole, des grands mots », a affirmé Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement.
Mais du côté du socialiste, on garde une ligne de conduite ferme. Pour Bruno Le Roux, porte-parole de Hollande, « la vigueur des critiques montre que François Hollande a fait quelque chose qui place sa campagne sur une dimension de président de la République », a-t-il commenté auprès de l'AFP. « M. Copé est dans l'escalade verbale précisément parce que le texte de Hollande présente un contenu politique fort, clair et précis », a estimé Delphine Batho, autre porte-parole. Sur le terrain, le député de Corrèze va multiplier dans les prochaines semaines déplacements et meetings alors que le chef de l'Etat s'est lancé dans le marathon des voeux avec à la clé un vaste tour de France.
François Hollande sera mercredi à Mérignac (Gironde), jeudi à Caen, samedi à Tulle (Corrèze), dimanche à Jarnac (Charente) pour l'anniversaire de la mort de l'ex-président François Mitterrand. Le 22 janvier, de retour des Antilles et de Guyane, il tiendra au Bourget le premier des sept grands meetings qui doivent rythmer sa campagne. Le candidat socialiste trace sa route.

Après la lettre aux Français, des chiffres


A 110 jours de la présidentielle, est-on vraiment entré en campagne ? On serait enclin à le penser à entendre le déluge de sarcasmes - et d'outrances - qui se sont abattus sur le chef de file socialiste sitôt publiée son adresse aux Français. Signe en tout cas que la machine Sarkozy est en marche, et ses snipers affûtés. On serait fondé à le croire à voir un président aussi combatif qu'impopulaire, en mouvement permanent, et qui sera candidat non déclaré aussi longtemps qu'il pourra conserver la stature et les avantages de la fonction. Pourtant, de confrontation et d'opposition de projets, point. La crise rétrécit les promesses, elle ne doit pas annihiler les idées. C'est donc du côté de François Hollande que peut venir le déclic. Encore faut-il qu'il monte en puissance, s'affirme en patron, ne subisse pas la course aux idées de son rival. Symptomatique, la journée d'hier. Tandis que le président lançait la TVA sociale, le candidat déclaré au changement renonçait à la fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu, mesure phare de son projet fiscal. Autant François Hollande s'était montré incisif dans la primaire, autant son début de campagne l'a plongé dans une zone d'ombre. Sa tribune vise à mobiliser les troupes. Elle marque un regain de pugnacité mais n'est guère qu'une lettre de cadrage, certes bien troussée mais dénuée de concret. Des réponses à leurs problèmes, c'est ce que les Français attendent. Ayant affirmé qu'une autre politique est possible, il lui faut dire laquelle. Il ne saurait plus longtemps se contenter de stigmatiser une présidence de la parole, sous peine d'apparaître comme le candidat de… la parole.

La crise, ce jackpot

Le patron de la Française des Jeux le dit, bien assis sur son jackpot 2011 record : « Le principe de la loterie, c’est de donner un petit moment de bonheur dans un univers de contrariétés ». En trois mots, vive la crise ! On se gratte moins la tête avec les numéros de la FDJ qu’en recalculant la dette du pays et en renégociant la sienne avec son banquier. Le cinéma aussi, qui a battu ses records de fréquentation peut remercier la crise. La 3D construit des mondes meilleurs que le triple A de Moody’s, surtout quand des films ravivent de vraies valeurs humanistes et solidaires comme Intouchables. Réfugiés dans les salles obscures et des bureaux de tabac, les Français jouent et se divertissent mais surtout cherchent du rêve et du rire pour entretenir le moral, les illusions et les utopies. Tout ce que les politiques n’ont plus les moyens ni l’audace de proposer. Solutions ou échappatoires, le peuple se fait du bien en jouant et en se divertissant. Et tant pis si demain, avec la TVA sociale, pour avoir son ticket à la FDJ et au cinéma, il faudra passer un peu plus à la caisse.

En attendant Jeanne d’Arc !


En cette semaine et ce début d’année du sixième centenaire de la naissance de sainte Jeanne d’Arc (au jour de l’Epiphanie qui est la première fête du Christ-Roi), nos vœux pour la France ne voudraient pas demeurer dans la catégorie des « vœux pieux » mais se fonder sur une véritable espérance politique.

Dans son fameux discours de 1992 à l’Académie française des sciences morales et politiques, intitulé « En attendant Godot », Vaclav Havel nous aura justement laissé une magistrale leçon politique relative au passé communiste mais également au présent et au futur soi-disant démocratiques des nations modernes.

Sur son expérience du communisme avec son régime « (post-)totalitaire » du mensonge institutionnalisé, il nous livre d’abord sa conviction, à l’instar de Soljenitsyne, qu’il n’y avait pas d’autre alternative que la dissidence d’abord individuelle : « Une attente animée par la croyance que résister en disant la vérité est une question de principe, tout simplement parce qu’on doit le faire, sans calculer si demain ou jamais cet engagement donnera ses fruits ou sera vain. Une attente forte de cette conviction qu’il ne faut pas se soucier de savoir si, un jour, la vérité rebelle sera valorisée, si elle triomphera, ou si, au contraire, comme tant de fois déjà, elle sera étouffée. Redire la vérité a un sens en soi, ne serait-ce que celui d’une brèche dans le règne du mensonge généralisé. Et aussi, mais en deuxième lieu seulement, une attente inspirée par la conviction que la graine semée prendra ainsi racine et germera un jour… »

Puis, sans aller aussi loin que Soljenitsyne dans la critique du modèle démocratique occidental et de ses structures, Vaclav Havel nous suggère aussi et déjà que cet autre monde d’illusionnistes libéraux est aussi totalitaire à sa manière, plus sournoisement totalitaire que le marxisme (comme diront Jean-Paul II et Benoît XVI), et qu’il mérite peut-être également « cette attitude que, pour simplifier, nous appellerons dissidence », laquelle suppose et cultive une vraie patience réaliste.

Ecoutons ce dramaturge devenu exemplairement chef d’Etat faire paradoxalement son autocritique qu’il faudrait plutôt appeler en l’occurrence un examen de conscience pour la modernité occidentale en son entier :

« Je succombais à cette forme d’impatience, ô combien destructrice, de la civilisation technocratique moderne, imbue de sa rationalité, persuadée à tort que le monde n’est qu’une grille de mots croisés, où il n’y aurait qu’une seule solution correcte — soi-disant objective — au problème ; une solution dont je suis seul à décider de l’échéance. Sans m’en rendre compte, je succombais, de facto, à la certitude perverse d’être le maître absolu de la réalité, maître qui aurait pour seule vocation de parfaire cette réalité selon une formule toute faite. Et comme il revenait à moi seul d’en choisir le moment, il n’y avait aucune raison de ne pas le faire tout de suite…

« Je constatai ainsi avec effroi que mon impatience à l’égard du rétablissement de la démocratie avait quelque chose de communiste. Ou plus généralement, quelque chose de rationaliste, l’unité des Lumières. J’avais voulu faire avancer l’histoire de la même manière qu’un enfant tire sur une plante pour la faire pousser plus vite. »

Autrement dit, dans notre monde sécularisé issu des (fausses) Lumières, la fin du communisme ne fait pas disparaître l’attente illusoire et subversive de Godot. Si l’exemple type du Godot imaginaire, celui qui finit tout de même par arriver comme un faux monstrueux, fut éminemment le communisme (« le Godot qui prétendait nous sauver mais qui n’a fait que détruire et décimer »), un nouveau Godot rôde encore subrepticement, c’est le Godot de l’idéalisme qui dérive toujours en idéologie, auquel s’oppose le réalisme (foncièrement aristotélicien) de Vaclav Havel. Car « Godot — celui qui est attendu — ne vient jamais, simplement parce qu’il n’existe pas. Il n’est qu’un substitut d’espérance. Produit de notre impuissance, il n’est pas un espoir mais une illusion. Un bout de chiffon servant à rapiécer une âme déchirée, mais un chiffon lui-même percé de trous. »

Une attitude de dissidence qui signifie autre chose qu’« attendre Godot » !

Cela dit pour les catholiques français qui, en cette année électorale, « attendent Godot » dans un régime laïciste où ils sont manifestement « encerclés, enserrés, colonisés de l’intérieur » mais où ils continuent à se mentir à eux-mêmes et à mentir à leurs proches en croyant et faisant croire que Jeanne d’Arc peut arriver sans dissidence de leur part, sans rompre avec l’accoutumance de ce relativisme subliminal (selon l’expression de Benoît XVI), qui les rend à la fois serfs et complices, victimes et supports de ce totalitarisme sournois, pantins de ce nouveau et subtil Panthéon totalitaire.

A ceux-là, Vaclav Havel affirme : « Attendre la germination de la graine qui, par principe, est bonne, c’est autre chose qu’“attendre Godot”. Attendre Godot signifie attendre la floraison d’un lys que nous n’avons jamais planté. » Planter nous-mêmes la graine du lys suppose aujourd’hui, en cette dictature du relativisme, une dissidence analogue à celle que prônait Havel contre le mensonge du communisme. Car, dans une ténébreuse alliance, « la rencontre historique de la dictature et de la société de consommation », comme il disait, se pratique aujourd’hui aussi bien dans le « post-totalitarisme » du communisme (avec l’exemple éloquent de la Chine) que dans ce relativisme occidental et libéral avec sa décréation intrinsèque. Cette attitude de dissidence, enseignait donc Havel, nous a appris à être patients : « Elle nous a appris à attendre ; l’attente en tant que patience. » On n’attend pas Jeanne d’Arc comme on attend Godot.

mardi 3 janvier 2012

LE NON PROGRAMME SOCIALISTE !
 C'EST TROP BEAU !

L'Europe a besoin d'utopie

L'Europe a 60 ans, l'euro 10 ans. Cette aventure unique, consistant à fédérer des États-nations vieux parfois de plusieurs siècles, a connu des hauts et des bas mais traverse aujourd'hui une crise sans pareille. Une crise économique, monétaire, politique et, pire encore, sociale.

Trois scénarios sont possibles si l'on exclut le pire, c'est-à-dire la désintégration qui aurait de telles conséquences dramatiques qu'il est préférable pour tout le monde, y compris les anti-européens, d'éviter ce cataclysme.

L'Europe peut d'abord prendre acte de ses dissensions internes et en conclure que le divorce étant impossible et coûteux, la moins mauvaise solution est d'organiser des espaces de vie séparés sous le même toit. C'est ce qui vient de se passer avec la décision britannique de ne pas participer au futur traité. Les Vingt-six (ou peut-être moins) concluront un accord sans les Britanniques. Cette solution offre l'avantage de lever l'hypothèque du veto d'un État-membre, mais présente l'énorme inconvénient de consacrer la désunion de « l'Union » européenne. Elle a surtout le défaut de ne pas pouvoir s'appliquer dans le domaine économique (à cause des traités existants) ou social (car plus de politiques sociales choisies par les uns renforcerait la compétitivité des autres). Bref, un pis-aller plutôt qu'une solution durable.

Second scénario : celui qui a le vent en poupe chez la plupart des dirigeants européens. Négocier et décider entre gouvernements nationaux, chacun y défendant becs et ongles ses intérêts en marginalisant les institutions communautaires, Commission et Parlement. On y ajoute éventuellement un Directoire franco-allemand pour rendre le processus plus expéditif et efficient. Toutefois, cette solution qui implique une confrontation quasi-permanente entre la France et l'Allemagne ne fonctionne (plus ou moins bien...) qu'en raison de la crise que traverse l'Europe.

Les autres partenaires sont furieux et frustrés. Ils n'accepteront jamais que cette politique du fait accompli devienne la norme. Surtout, cette méthode diplomatique « à l'ancienne » fait fi du fonctionnement de la démocratie européenne naissante et sape les institutions démocratiques nationales. Les Allemands, comme l'a rappelé leur Cour constitutionnelle, ne pourront aller bien loin sur cette voie et se refuseront à sacrifier leurs principes démocratiques sur l'autel des conciliabules diplomatiques intergouvernementaux que privilégie la France.

C'est le troisième scénario qui a la préférence outre-Rhin. Le choix d'une Europe plus fédérale, qui intègre tous les États de l'Union - et ceux de la zone euro en particulier - dans une fédéralisation progressive à la hauteur des délégations de pouvoirs consentis en matière budgétaire, fiscale et économique. Des délégations d'une telle ampleur qu'elles ne peuvent se légitimer que par un renforcement de la démocratie au niveau européen. Cette solution est apparemment la plus utopique, mais en réalité la seule qui tienne la route sur le long terme.

On ne peut accepter que les politiques monétaires et fiscales (et par ricochet sociales) soient déléguées sans contrôle démocratique. Il est grand temps, sous peine de faillite, de redonner du sens à l'aventure européenne, une aventure qui loin de marginaliser la démocratie, doit lui donner un second souffle et la renforcer aussi bien au niveau national que supra-national.

Bonne année !

2012, l’année de tous les dangers… 2012, c’est la crise, le chômage, une présidentielle pleine d’embûches, le réchauffement climatique, la planète malade, l’islamisme toutes voiles dehors, cinq fruits et légumes par jour sinon nous mourrons tous du cancer… Que l’on soit de droite ou de gauche, abonné au discours des gros médias ou fan de la presse qui rompt avec la pensée unique – la nôtre – il y a de quoi être morose. « Arrêtez le monde, je veux descendre ! » : c’est ce qu’on chantait à Broadway en 1961 et depuis, on peut dire que les motifs de dire « stop ! » se sont accumulés.

Ce désespoir profond de nos sociétés occidentales se traduit en plaquettes de Prozac et autres antidépresseurs pour lesquels la France détient un record de prescriptions, en taux de suicides et de tentatives de suicide dans un contexte qui paraît de plus en plus hostile ; le pessimisme est à la mode. 55 % des Français partagent ce sentiment, ont-ils répondu à un sondage Harris Interactive, et 90 % placent le chômage en tête de leurs préoccupations. On sait ce que valent les sondages, mais là, c’est une tendance lourde.

Pire que le pessimisme – qui permet de ne pas voir les choses en rose et de passer à l’action, comme dirait Chesterton – le fatalisme : une majorité de Français ne croit plus qu’un gouvernement, quel qu’il soit, puisse résoudre les montagnes de problèmes qui s’accumulent sur nos têtes, qu’ils soient réels ou supposés.

Et je viens quand même, au nom de la rédaction et de toute l’équipe de Présent, vous souhaiter la bonne année ?

Mais oui, et plutôt deux fois qu’une ! C’est lorsque l’espoir s’effrite que l’espérance peut donner toute sa mesure : l’espérance qui nous fait regarder les choses d’en haut et la perspective du bonheur sans fin ; cette espérance fondée sur la bonté d’un Père qui n’oubliera jamais ses enfants.

Qui n’oubliera jamais la France, fille aînée de l’Eglise.

C’est l’année johannique : nous fêterons, en même temps que l’Epiphanie – et les trente ans de Présent ! – les 600 ans de la naissance de Jeanne d’Arc. Et en ce 3 janvier, les 1 500 ans de la mort de sainte Geneviève, patronne de Paris, celle qui a protégé la ville face à Attila et à ses Huns… Elles sont intervenues lorsque tout semblait perdu. Elles sont encore plus puissantes aujourd’hui pour…

Pour empêcher la dilution de la France dans l’Europe.

Pour donner cœur au sursaut national dont la France a besoin.

Pour sauver un pays dont les lois vont à la dérive et remettre les choses à l’endroit.

2012 sera un an de grâce. Un temps de mobilisation pour nous, pour les chrétiens d’Orient, pour les droits des chrétiens et des Français en France.

Chaque jour, tant que Dieu nous prêtera vie et que vous soutiendrez et diffuserez Présent, nous vous donnerons des nouvelles de ce monde qui nous entoure et de cette espérance qui nous anime. Quand même et toujours !

La lettre du candidat Hollande aux Français

Dans une longue tribune publiée mardi par Libération, le candidat socialiste à l'Élysée attaque les «fautes économiques et morales» du quinquennat de Sarkozy et promet d'oeuvrer à «l'indispensable redressement de la Nation».

Avant de dévoiler son programme, François Hollande prend la plume pour écrire aux Français. Mettant fin à deux mois de «drôle de campagne», le candidat PS à l'Élysée entre dans le vif du sujet mardi, dans une longue lettre publiée par Libération. A 110 jours du premier tour de l'élection, il y affirme que «comme en 1981, comme en 1958, ce qui est en jeu» dans la présidentielle, «c'est plus que la seule élection d'un président», «c'est l'indispensable redressement de la Nation». Dans ce texte intitulé «Le changement, c'est maintenant», le député de Corrèze fait valoir que le quinquennat de Nicolas Sarkozy aura été «la présidence de la parole, et lui, le président des privilèges». «Voilà la page que je veux tourner».
Soulignant que le scrutin «interviendra dans un contexte que rarement notre pays aura connu depuis le début de la cinquième République», il estime que le choix des électeurs au printemps 2012 sera «décisif». «Pour la première fois depuis longtemps dans notre histoire nationale, ce choix dépassera, et de loin, les seules questions politiques et partisanes», écrit-il.

Les «échecs» et les «contorsions» de Sarkozy

Estimant que «la dépression économique est là, l'angoisse sociale est partout, la confiance nulle part», François Hollande éreinte le chef d'État. Car pour lui, la crise n'explique pas tout. «Il y a surtout les politiques injustes et stériles menées depuis dix ans, les fautes économiques et morales de ce dernier quinquennat. Il y a donc la responsabilité personnelle de celui qui est au sommet de l'Etat depuis cinq ans», dit-il. «Comme les choses seraient faciles, si l'échec devenait une excuse, si l'expérience -même malheureuse- devenait une justification opportune de poursuivre et si l'abandon des promesses une preuve de courage!». Il ironise sur les «contorsions» de Sarkozy, «incapable de trouver une issue à la crise de la zone euro après seize “sommets de la dernière chance” en à peine deux ans». «Plutôt que de reconduire un président qui aurait tellement changé, pourquoi ne pas changer de président tout simplement?».
Pour redresser le pays, il se fixe quatre principes: «la vérité, je ne serai pas un président qui viendra devant vous six mois après son élection pour vous annoncer qu'il doit changer de cap», «la volonté», «la justice» et «l'espérance», car «je veux retrouver le rêve français».
«Oui, nous pouvons, même dans une économie mondialisée, maîtriser notre destin», poursuit le candidat PS, rappelant «que la gauche et la droite, ce n'est pas la même chose». «Il peut y avoir des défis incontournables. Il n'y a jamais une seule politique possible pour les relever. Le prétendre est un leurre, pire, un mensonge».

«Incarner l'alternance»

Face à la candidate FN Marine Le Pen aux alentours de 20% dans les intentions de vote, il dit ne «rien ignorer des tentations d'électeurs, souvent issus des classes populaires vers l'extrême-droite». «Ma campagne sera tournée vers eux, je leur parlerai net. J'entends leur colère et leur désarroi», mais «je leur démontrerai» qu'avec l'extrêmisme, «c'est la violence sociale et la vindicte ethniciste qui menaceraient la République».
S'agissant des autres candidatures de gauche et des écologistes, Hollande estime qu'elles «peuvent marquer des orientations», mais qu'il «sera difficile pour l'une d'entre elles d'être présente au second tour». «Dès lors, il me revient d'incarner l'alternance et de permettre le changement». «Rien n'est acquis», prévient-il, mais, «comme il y a 31 ans, avec François Mitterrand, si nous savons nous en montrer dignes (...) c'est à moi que (les Français) confieront la responsabilité de diriger le pays».
François Hollande entre dans le vif de sa campagne cette semaine. Invité du JT de France 2 mardi soir, il tiendra mercredi à Mérignac en Gironde son premier meeting depuis sa victoire à la primaire, avant d'enchaîner jeudi par un déplacement à Caen, samedi sur ses terres de Corrèze et dimanche à Jarnac en Charente pour l'anniversaire de la mort de l'ex-président François Mitterrand. Hormis les très nombreux déplacements thématiques, le candidat tiendra sept «grands meetings» de portée nationale. Le premier aura lieu le 22 janvier au Bourget avec «un discours à la nation», devant «plusieurs milliers de personnes», a détaillé Manuel Valls, responsable de sa communication. A l'heure où Nicolas Sarkozy multiplie les déplacements pour ses voeux de nouvel an, François Hollande cherche à tout prix à occuper le terrain.
AH ÇA POUR CAUSER ET CRITIQUER, IL EST FORTICHE LE NABOT, MAIS QUE PROPOSE-T-IL ??? 
QUEL MARIOLLE !!!!