lundi 26 décembre 2011
Une évidence : l'égalité, valeur républicaine fondatrice, régresse à vue d'oeil. Depuis une dizaine d'années, l'écart se creuse entre les moins bien lotis et une infime minorité très bien pourvue, tandis que la classe moyenne, réputée homogène, connaît elle-même un phénomène de forte polarisation entre haut et bas. N'alignons pas des chiffres fastidieux. Ils sont bien connus.
La faute à la crise ? Son effet mécaniquement déstabilisateur crève les yeux, jour après jour. Elle n'est pourtant pas seule en cause. Il faut aussi prendre en considération l'érosion insidieuse du socle social sur lequel se sont fondés les progrès de notre société depuis 1945.
Prenons le cas de la Sécurité sociale. Il était admis que nous étions tous exposés aux mêmes risques sociaux (maladie, accident...). Les assurés contributeurs étaient considérés comme des « hommes moyens », à l'image des citoyens : ni jeunes, ni vieux, ni hommes, ni femmes, ni bien portants, ni déficients. Tous placés sous un « voile d'ignorance » garantissant l'égalité devant la loterie de l'existence. Après avoir bien fonctionné, ce dispositif se trouve à présent contesté. On ne trouve plus anormal de réclamer des cotisations ajustées aux caractéristiques de chacun. Et certains approuveraient la prise en compte du profil génétique qui établit la probabilité de telle ou telle affection. Tant mieux, disent-ils, s'il est favorable à ceux qui ont la chance de « tirer le ticket gagnant [...]. Que les autres se débrouillent ! »
Simultanément, monte en puissance un discours, en apparence recevable mais néanmoins discutable, celui de l'égalité des chances. Il s'agit de donner à tous la possibilité de se placer sur la ligne de départ avec les mêmes chances de réussite, grâce à l'école, au système de santé, aux aides sociales. Ensuite, à eux de faire leurs preuves. Et s'ils échouent, « ils n'ont qu'à s'en prendre à eux-mêmes ! On aura tout fait pour les aider ! ».
Le mérite personnel importe en effet, mais à la condition de ne pas omettre les handicaps de départ, parfois insurmontables, les accidents de l'existence, qui touchent d'ailleurs plus les uns que les autres, comme par hasard. L'égalité des chances appelle impérativement un travail complémentaire d'égalisation des conditions.
Et que dire de l'« employabilité », devenue mot fétiche ? Être « employable », c'est se montrer capable d'adaptation aux mutations de l'activité. Rien de plus naturel à première vue. À ceci près qu'en insistant presque exclusivement sur les qualités personnelles des salariés, on en vient à l'éclatement de la notion d'emploi et de qualification, qui égalisait les situations dans le respect des différences de niveau. Désormais, il importe de creuser ces différences, de s'imposer dans une course à la performance où ce qui distingue et sépare, le « moi d'abord », met en péril le statut d'égalité de principe et de solidarité.
Couverture sociale sur mesure, vraie-fausse égalité des chances, employabilité : ces trois exemples parmi d'autres illustrent l'urgence récemment soulignée par Pierre Rosanvallon (1) de « refonder l'égalité » comme base, aujourd'hui fragilisée, de la vie commune et condition du « refaire société ». Mais comment ? Cela reste l'un des grands défis des temps à venir.
(1) Refaire société, ouvrage collectif, coédition Seuil-La République des idées.
Gorbatchev à Poutine: "Trois mandats, ça suffit!"
L'ancien dirigeant soviétique soutient les manifestations et conseille à l'actuel Premier ministre de quitter le pouvoir pour "préserver toutes les choses positives qu'il a faites".
Discrédité, honni par sa population et confronté aux proclamations d'indépendances des républiques soviétiques, le 25 décembre 1991, M. Gorbatchev annonce à la télévision sa démission, prenant acte de la disparition de l'URSS après un accord signé le 8 décembre par l'Ukraine, le Bélarus et la Russie.
Et samedi, après une manifestation d'une ampleur sans précédent depuis douze ans, l'ex-chef de l'Etat soviétique a estimé que Vladimir Poutine, au sommet du pouvoir depuis 2000, devait lui aussi se rendre à l'évidence.
"Je conseillerais à Vladimir Vladimirovitch (Poutine) de partir maintenant. Il a déjà fait trois mandats : deux en tant que président (2000-2008), un en tant que Premier ministre - trois mandats, ça suffit", a déclaré le père de la perestroïka à la radio Echo de Moscou.
"Il devrait faire la même chose que moi. Moi, à sa place, je le ferais car ainsi il pourrait préserver toutes les choses positives qu'il a faites", a-t-il encore souligné.
Mikhaïl Gorbatchev a rappelé qu'il a longtemps soutenu M. Poutine après son arrivée au Kremlin dans une Russie plongée dans le chaos économique et politique post-soviétique, mais que désormais un changement de fond était nécessaire dans le pays.
Agé de 80 ans, il a expliqué qu'il aurait voulu se rendre à la manifestation de samedi à Moscou où des dizaines de milliers de Russes ont scandé des slogans anti-Poutine, mais que sa santé ne le lui permettait pas.
"Je suis heureux d'avoir vécu ce réveil" politique de la société russe, a-t-il dit, "ça créé un grand espoir".
Le camp de Vladimir Poutine, qui à plusieurs reprises a dit regretter la disparition de l'URSS et estimé que ses derniers dirigeants s'étaient montrés trop faibles, a jugé dimanche à demi-mot que M. Gorbatchev n'avait pas de leçons à donner au régime actuel.
"Nous respectons beaucoup (Mikhaïl Gorbatchev), mais je suis né en 1967 en Union soviétique et ce pays a cessé d'exister lorsqu'il en était le dirigeant", a déclaré dimanche à l'AFP, Dmitri Peskov, le porte-parole de Vladimir Poutine.
Le dernier numéro un soviétique insiste cependant: les autorités russes sont confrontées aujourd'hui au même problème que la Pologne communiste des années 1980, lorsque le syndicat Solidarité a déstabilisé le régime du général Wojciech Jaruzelski en organisation des manifestations et des grèves.
"Le général Jaruzelski, mon ami, m'a appelé et m'a dit: 'Mikhaïl Sergueïevitch, Solidarité est une réalité, la société semble soutenir (le syndicat) et nous ne pouvons pas faire comme si de rien n'était. Nous devons changer, organiser une table ronde. Qu'en pensez-vous?'", raconte M. Gorbatchev.
"Et je lui ai dit 'Je soutiens ça'", se souvient-il, voyant dans cette approche un modèle à suivre pour le départ de Vladimir Poutine.
dimanche 25 décembre 2011
"Poutine a toujours le soutien de la majorité", selon son porte-parole
"En ce qui concerne les exigences des manifestants, leur opinion a été entendue. Nous la respectons. Les gens qui sont descendus dans la rue sont une partie très importante de la société, mais ils sont en minorité", a souligné Dmitri Peskov. "Il est évident que Poutine est candidat à la présidentielle au-delà de toute concurrence", a-t-il ajouté.
Vladimir Poutine a promis une "modernisation" du système politique russe, dont le président Dmitri Medvedev a annoncé, jeudi, les grandes lignes qui assouplissent notamment les règles électorales et restaurent l'élection des gouverneurs, nommés par le Kremlin depuis 2004. La porte-parole du président Dmitri Medvedev Natalia Timakova a déclaré samedi, au moment de la manifestation, que la réforme visant à faciliter l'enregistrement de partis politiques allait entrer en vigueur "rapidement".
Des dizaines de milliers de Moscovites manifestent pour "une Russie sans Poutine"
Moscou, Correspondance - L'hiver moscovite n'aura pas eu raison des manifestants. Une heure avant le début officiel de l'événement prévu à 14 heures samedi, ils étaient déjà plusieurs milliers de personnes agglutinées devant les détecteurs de métaux qui marquent le début de la zone de manifestation autorisée.
Au loin, tout au bout de l'avenue Sakharov, une artère imposante bordée de grands immeubles, une scène a été dressée pour accueillir les orateurs et les musiciens au programme. Devant elle, une mer de drapeaux aux couleurs disparates : le rouge des communistes, le blanc-jaune-noir des nationalistes, l'orange du mouvement Solidarnost, sans compter les affiches moquant le premier ministre Vladimir Poutine en lui donnant des airs de Brejnev ou en le montrant derrière des barreaux.Tatiana Kisina, la petite cinquantaine, émerge d'un portique de sécurité avec son mari. C'est sa première manifestation : "C'est allé trop loin cette fois-ci. Je ne connais personne, vous entendez bien, personne qui ait voté pour Russie Unie en décembre. Et ils ont obtenu 50 % des voix ? Il faut respecter les gens".
Autour d'elle, comme lors de la précédente manifestation qui avait rassemblé au moins 40 000 personnes, le 10 décembre dernier, de nombreuses affiches exigent "des élections justes". D'autres demandent "un nouveau scrutin" : lors de l'élection législative du 4 décembre, le parti au pouvoir Russie Unie a remporté 49,32 % des voix. Les irrégularités et les fraudes, souvent illustrées par des vidéos tournées dans les bureaux de vote et largement diffusées sur Internet, ont initié ce mouvement de mécontentement sans précédent en Russie depuis l'arrivée de Vladimir Poutine au Kremlin en 2000.
Autre invité marquant de la journée : Alexeï Koudrine, qui était encore cet automne ministre des Finances, avant de démissionner en raison de désaccords avec le président Dmitri Medvedev. Jugé jusqu'à tout récemment proche de Vladimir Poutine, l'ancien ministre a demandé des réformes électorales "avant le scrutin présidentiel du 4 mars", au risque sinon de "perdre la chance que
nous avons d'un changement pacifique".
Les interventions des habituels opposants dits "libéraux" étaient moins attendues. Garry Kasparov, particulièrement absent depuis le début du mouvement de protestation, a été accueilli avec une froide indifférence, tandis que quelques huées ont parsemé le discours de Boris Nemtsov, autre personnalité des milieux d'opposition.
Le comité organisateur de ce mouvement de protestation a de quoi se réjouir. Dans une ville réputée politiquement apathique, cette deuxième journée de manifestation est un succès. Mais les écueils risquent cependant d'être nombreux.
L'arrivée de la période des Fêtes, qui débute le premier janvier en Russie, risque également de tuer dans l'oeuf le mouvement initié à Moscou, bien que les organisateurs ont promis ces derniers jours de reprendre leurs actions à la fin du mois de janvier.
Enfin, le caractère hétéroclite du mouvement ne simplifie pas les choses. Entre les opposants "historiques" au régime poutinien – qui sont eux-mêmes aux prises avec des conflits internes –, les nouveaux militants mobilisés en majorité par les réseaux sociaux et les nouvelles têtes difficilement classables comme Alexeï Navalnyï, cette nébuleuse d'opposition risque d'avoir du mal à présenter un visage unifié face à un système politique qui compte bien mener la campagne présidentielle qui s'annonce sans dévier de son programme.
Gorbatchev : "Je conseille à Poutine de partir"
Et samedi, après une manifestation d'une ampleur sans précédent depuis douze ans, l'ex-chef de l'Etat soviétique a estimé que Vladimir Poutine, au sommet du pouvoir depuis 2000, devait lui aussi se rendre à l'évidence. "Je conseillerais à Vladimir Vladimirovitch (Poutine) de partir maintenant. Il a déjà fait trois mandats : deux en tant que président (2000-2008), un en tant que Premier ministre - trois mandats, ça suffit", a déclaré le père de la perestroïka à la radio Echo de Moscou. "Il devrait faire la même chose que moi. Moi, à sa place, je le ferais car ainsi il pourrait préserver toutes les choses positives qu'il a faites", a-t-il encore souligné.
Mikhaïl Gorbatchev a rappelé qu'il a longtemps soutenu M. Poutine après son arrivée au Kremlin dans une Russie plongée dans le chaos économique et politique post-soviétique, mais que désormais un changement de fond était nécessaire dans le pays.
"JE SUIS HEUREUX D'AVOIR VÉCU CE RÉVEIL"
Agé de 80 ans, il a expliqué qu'il aurait voulu se rendre à la manifestation de samedi à Moscou où des dizaines de milliers de Russes ont scandé des slogans anti-Poutine, mais que sa santé ne le lui permettait pas. "Je suis heureux d'avoir vécu ce réveil" politique de la société russe, a-t-il dit, "ça créé un grand espoir".
Il avait déjà qualifié d'"historique" la manifestation précédente du 10 décembre et appelé les autorités russes à organiser de nouvelles législatives, celles du 4 décembre ayant été marquées par d'importantes fraudes, selon les observateurs et l'opposition.
Le camp de Vladimir Poutine, qui à plusieurs reprises a dit regretter la disparition de l'URSS et estimé que ses derniers dirigeants s'étaient montrés trop faibles, a jugé dimanche à demi-mot que M. Gorbatchev n'avait pas de leçons à donner au régime actuel. "Nous respectons beaucoup (Mikhaïl Gorbatchev), mais je suis né en 1967 en Union soviétique et ce pays a cessé d'exister lorsqu'il en était le dirigeant", a déclaré dimanche Dmitri Peskov, le porte-parole de Vladimir Poutine.
SOLIDARNOSC
Le dernier numéro un soviétique insiste cependant : les autorités russes sont confrontées aujourd'hui au même problème que la Pologne communiste des années 1980, lorsque le syndicat Solidarité a déstabilisé le régime du général Wojciech Jaruzelski en organisation des manifestations et des grèves.
"Le général Jaruzelski, mon ami, m'a appelé et m'a dit : 'Mikhaïl Sergueïevitch, Solidarité est une réalité, la société semble soutenir (le syndicat) et nous ne pouvons pas faire comme si de rien n'était. Nous devons changer, organiser une table ronde. Qu'en pensez-vous?'", raconte M. Gorbatchev. "Et je lui ai dit 'je soutiens ça'", se souvient-il, voyant dans cette approche un modèle à suivre pour le départ de Vladimir Poutine.
Étudiants étrangers : Hollande appelle au retrait de la circulaire
"Aussi, poursuit-elle, la circulaire Guéant pénalise-t-elle fortement à la fois les universités françaises en les rendant moins attractives pour les étudiants étrangers, mais aussi l'ensemble des étudiants français qui ont besoin pour pouvoir étudier dans des établissements étrangers que des étudiants étrangers viennent en contrepartie".
La circulaire contestée demandait aux préfets d'instruire "avec rigueur" les demandes d'autorisation de travail des étudiants, et d'exercer un "contrôle approfondi" des demandes de changement de statut des étudiants étrangers. Elle s'inscrivait dans la volonté des autorités de réduire l'immigration légale, thème sur lequel le camp du président Nicolas Sarkozy a fait campagne. Plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de la culture Frédéric Mitterrand et celui de l'enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, ont également critiqué cette circulaire.
Le Canada supprime l'âge légal de départ à la retraite
Une décision visant à lutter contre la pénurie de main-d'œuvre et à assurer des pensions plus élevées aux retraités.
Désormais, les fonctionnaires et les employés des entreprises sous compétence fédérale pourront partir en retraite à 70 ans ou plus tard, s'ils le souhaitent. À la pointe du mouvement, les pilotes d'Air Canada se sont opposés pendant des années à l'obligation de partir à 60 ans. «Ceux qui souhaitent demeurer sur le marché du travail doivent pouvoir le faire aussi longtemps qu'ils le veulent», a annoncé le gouvernement conservateur pour justifier une décision plutôt bien acceptée par la population.
Déficit de 26 milliards
En effet, le Canada fait face à une pénurie de main-d'œuvre et garder les plus âgés au travail est une solution pour pallier ce manque. Ottawa a aussi mis en place des incitations pour que les seniors prennent leur retraite plus tard. Les travailleurs qui s'arrêteront à 70 ans au lieu de 65 ans toucheront 42 % de plus de la part du Canadian Pension Plan, la retraite publique.Comme ces allocations de retraite versées par l'État sont très faibles, cotiser à un fonds de pension est la seule alternative raisonnable, mais elle n'est pas la panacée. La majorité des Canadiens n'épargnent pas suffisamment, soit par négligence ou parce qu'ils ne le peuvent pas. La décision d'Ottawa de supprimer l'âge de la retraite obligatoire intervient d'ailleurs au moment où les fonds de pension sont de plus en plus déficitaires. Au seul Québec, le déficit global de ces régimes privés est de 26 milliards de dollars quand certains sont même parfois en faillite. Un machiniste québécois, Jean-Jacques Piché, dont le fonds de pension a été liquidé après la faillite de son ex-entreprise, s'est récemment indigné dans une longue lettre ouverte publiée par les médias québécois: «J'ai pris ma retraite en 2003. En 2010, les revenus de ma pension ont été réduits de 40 %.»
Pour que les retraités ne pâtissent plus des erreurs de gestion, la Cour suprême du Canada étudie la possibilité qu'ils deviennent des créanciers prioritaires pour leurs régimes de retraites, lors de la faillite d'une société. Une bonne nouvelle puisque, jusqu'ici, les retraités ont souvent été servis après les actionnaires.
Quant à la suppression de la retraite obligatoire, la plupart des experts estiment que cela n'amènera pas les Canadiens à demeurer actifs plus longtemps. Ces derniers s'arrêtent de travailler en moyenne à 61,5 ans et à 60 ans au Québec, une province où il n'existe plus de retraite obligatoire depuis… 1982!
En Grèce, exporter du naturel pour résister à la crise
CRISE - «La seule chose qui nous fasse peur, c'est le retour à la drachme»...
"La seule chose qui nous fasse peur, c'est le retour à la drachme": Exportatrice et surfant sur la vague verte, l'entreprise grecque de literie Coco-mat se veut un modèle pour la relance de l'économie nationale, à condition que la crise lui en laisse le temps.Parmi les rares success-story que le pays ait produit ces dernières années, la société au catalogue écolo haut de gamme, incluant blanc et ameublement, vient en pleine récession nationale d'ouvrir une boutique à Paris, de prendre pied au Moyen-Orient, à Jeddah (Arabie saoudite), et d'ajouter trois adresses à son réseau de distribution en Chine.
Le risque d'une sortie de l'euro explique le coup d'accélérateur donné aux exportations
Une expansion qui reflète l'ambition d'une petite entreprise de matelasserie, créée au système-D il y a 20 ans, de devenir un "label mondial" du "100% naturel", souligne son directeur général Costas Maltezos, 35 ans, au siège lumineux tout en bois blanc de la société, dans la banlieue athénienne de Kifissia. Même s'il n'y croit pas vraiment, le risque d'une sortie de l'euro est "une des raisons du coup d'accélérateur donné aux exportations", dans la droite ligne de ce que prône le gouvernement grec pour inverser la tendance suicidaire au tout import de ces dernières années.
"Un retour à la drachme serait très difficile car nous importons beaucoup de matière première d'Europe du nord". Présente dans dix pays, la société "espère en 2012 une hausse de 30 à 40% de son chiffre d'affaire", près de 60 millions pour 2010, mais marqué en 2011 par un recul "d'environ 15%" sur le marché grec, étranglé par la rigueur.
Le groupe, dont le plus gros de la production est assurée à Xanthi, près de la frontière avec la Turquie, réalise en Chine la moitié de son chiffre d'affaires. "Nous profitons des bateaux qui repartent à vide" après avoir convoyé des produits chinois, "l'Europe n'exporte vraiment plus grand chose", avance Maltezos.
Dans un pays surendetté, où les banques n'injectent plus aucune liquidité, Coco-Mat se targue de n'avoir aucun emprunt, résultat d'investissements prudents. Ce qui lui permet désormais de profiter de la déprime de l'immobilier pour acquérir ou louer des surfaces jusqu'à cinq fois moins chers qu'il y a deux ans.
«Plus tu vas au nord plus les choses sont simples, plus tu vas au sud plus tout se complique»
Pour Maltezos, embauché comme vendeur en 2000, la bonne tenue du groupe dans l'actuelle tourmente découle d'une gestion à contre-pied de celle du monde grec de l'entreprise, dont il fustige les "mauvaises habitudes": "depuis 1995 surtout, entre l'afflux de main d'oeuvre immigrée à bas prix et la libéralisation du crédit, c'était devenu une honte de travailler, le must c'était de flamber, et d'utiliser les profits pour jouer en bourse ou investir dans l'immobilier".
Sous la houlette de son fondateur, le quinquagénaire Paul Evmorphidis, qui traverse cet hiver l'Europe en vélo, vit à Amsterdam et parle une demi-douzaine de langues, Coco-mat a au contraire selon Maltezos suivi un modèle mêlant "travail, innovation et éthique sociale", avec notamment quelque 10% d'employés handicapés.
Paul Evmorphidis et son frère et associé Makis, juriste formé en France, "ont beaucoup bourlingué en Europe du nord", relève Maltezos, pour qui "plus tu vas au nord plus les choses sont simples, plus tu vas au sud plus tout se complique".
Mais le fort potentiel de développement vert de la Grèce, allié "à l'espèce d'hédonisme et à la grande ingéniosité" de ses habitants ont aussi compté, selon lui. En atteste le parcours d'autres entreprises nationales érigées en modèle, comme l'enseigne de cosmétiques "naturels" Korrès.
"La Grèce a une liste précise de choses à faire: promouvoir sa nature et son capital humain", insiste Maltezos. On croirait entendre l'ex-Premier ministre socialiste Georges Papandréou, élu en 2009, qui a pourtant du remballer ces ambitions pour le pays quand il a été évincé, en novembre, au profit de l'ex-banquier central Lucas Papademos au vu de l'aggravation de la crise budgétaire.
L’Islande est notre Utopie moderne
L’Islande n’est pas Utopie. On le sait, des royaumes de liberté n’ont pas leur place dans cet empire de la nécessité qu’est le capitalisme tardif. Mais l’Islande est la preuve que le capital ne détient pas toute la vérité sur ce monde, quand bien même il aspire à contrôler toutes les cartes dont on dispose à son sujet.
Par sa décision de freiner la roue tragique des marchés, l’Islande crée un précédent qui peut menacer de casser les reins du capitalisme tardif. Pour l’instant, cette petite île, qui est en train de faire ce qu’on croyait impossible parce qu’irréel, n’est toujours pas plongée dans le chaos, semble-t-il, même si peu d’informations arrivent à filtrer. En effet, nous ne savons presque rien de l’Islande, alors qu’on nous abreuve d’informations sur la Grèce et ses prêts.
L'Islande n'intéresse pas les médias
Pourquoi l’Islande intéresse-t-elle si peu les médias, pourtant censés nous raconter ce qui se passe dans le monde ? Jusqu’à présent, définir ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, ce qu’on peut penser et ne pas penser, faire et ne pas faire, était l’apanage du pouvoir. Les cartes cognitives servant à la connaissance de notre monde ont toujours comporté des espaces occultes où réside la barbarie dont se nourrit la domination des élites. L’existence de ces zones aveugles du monde va de pair avec l’élimination de l’adversaire, l’île d’Utopie. Il suffit de relire Walter Benjamin : tout document de culture est en même temps un document de barbarie.Ce sont ces élites, secondées par des théologiens et des économistes, qui définissent ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Dans le même mouvement, elles indiquent ce qui est réaliste, suivant leur définition de la réalité, et ce qui ne l’est pas – ce qui donc constitue une aberration de la pensée et ne mérite pas qu’on s’y attarde. Autrement dit, ce qu’il faut faire et penser, et ce qu’il ne faut pas faire et ne pas penser. Cette définition est toujours en accord avec ce qui constitue le fondement même du pouvoir et de sa violence : le terrible concept de nécessité. Il faut faire des sacrifices, nous dit-on d’un air accablé. L’ajustement ou la catastrophe inimaginable relèvent de la nécessité. Une chose est sûre, la logique du capitalisme tardif a quelque chose de perversement hégélien : tout ce qui est réel est nécessairement rationnel, et vice-versa.
La rebellion pacifique des Islandais
En janvier 2009, le peuple islandais s’est rebellé contre l’arbitraire de cette logique. De grandes manifestations pacifiques ont provoqué la chute du cabinet conservateur de Geir Haarde. La gauche, minoritaire au parlement, est revenue au pouvoir et a appelé à des élections en avril 2009. L’Alliance social-démocrate de la Première ministre, Jóhanna Sigurðardóttir, et le Mouvement gauche-vert, ont renouvelé leur coalition gouvernementale en remportant la majorité absolue.A l’automne 2009, suite à un référendum d’initiative populaire, l’Islande a confié à des assemblées citoyennes la rédaction d’une nouvelle constitution. En 2010, le gouvernement a proposé la création d’un conseil national constituant, dont les membres devraient être élus au hasard. Deux référendums (le deuxième en avril 2011) ont refusé le sauvetage des banques et le remboursement de la dette extérieure. Et en septembre 2011, l’ancien Premier ministre, Geeir Haarde, était poursuivi en justice pour sa responsabilité face à la crise.
S’imaginer que le monde est une tragédie grecque, où la roue du destin ou du capital tourne sans tenir compte du facteur humain, c’est nier la réalité. C’est oublier que cette roue est manœuvrée par des êtres humains. Tout ce que l’on peut concevoir comme possible est aussi réel que la réalité à laquelle les marchés veulent nous faire croire. En retrouvant l’imagination et l’art du possible, l’Islande nous montre que ces facultés sont aussi réelles que la nécessité pantagruélique du capitalisme. Nous n’avons qu’à répondre à cet appel pour découvrir le piège qu’on nous tend. Il n’y a pas d’alternative, nous assure-t-on. Ceux qui nous annoncent des sacrifices ont-ils seulement pris la peine de réviser leur carte du monde ?
La possibilité d'une différence
L’Islande démontre que notre cartographie est plus complexe que qu’on nous en dit. Qu’il est possible de dominer le réel, et que dans cette domination réside le principe de liberté, de nécessité. L’Islande n’est pourtant pas un modèle. Elle est l’une des possibilités de la différence. La tentative du peuple islandais de construire l’avenir de ses décisions et de son imagination nous montre la réalité d’une alternative.Car enfin, la possibilité de la différence telle qu’elle est proclamée par le plus grand nombre est aussi réelle que la nécessité du même telle que l’exige le capital. Les Islandais ont décidé d’empêcher que l’avenir soit dicté par la roue tragique de la nécessité. Les autres pays vont-ils encore tolérer que le réel soit défini par le capital ? Allons-nous continuer à confier l’avenir, le possible et l’imagination aux banques, aux grands groupes et à ces gouvernements qui disent faire tout ce qu’il est vraiment possible de faire ?
Toute carte de l’Europe devrait avoir l’Islande comme point de fuite. Cette carte doit se construire avec la certitude que le possible est inscrit dans le réel, au même titre que la nécessité. La nécessité n’est pas seulement une possibilité en plus à l’intérieur du réel. L’alternative existe. L’Islande nous l’a rappelé en proclamant que l’imagination faisait partie de la raison. C’est à la multitude qu’il appartient de définir ce qui est réel et réaliste, en utilisant la possibilité de la différence. De cette manière, nous ne nous contenterons pas de consoler les rêveurs. Au contraire, nous nous appuierons sur une partie de la réalité que la carte du capital voudrait totalement effacer. L’existence d’Utopie en dépend, et avec elle le concept même d’une vie digne d’être vécue.
Beautés irréelles
Irréelles et trompeuses, ces filles aux jambes interminables qui ornent les publicités ? Oui, et bien plus que vous ne le croyez ! Le 4 décembre, la marque H&M a reconnu dans le tabloïd suédois Aftonbladet avoir utilisé des mannequins "virtuels" pour présenter ses vêtements sur son site Internet. Pour huit modèles, la pose est étrangement identique, le corps svelte et sans défaut. Et pour cause : les têtes ont été empruntées à de vraies filles, mais le corps est celui d'un mannequin en plastique "humanisé" grâce à un logiciel informatique. Pour chacune, la couleur de peau a été travaillée pour s'adapter à la carnation du "vrai" modèle. Une mesure sans doute économique vu le prix des mannequins, mais qui a provoqué une nouvelle levée de boucliers contre l'irréalisme des photos de femmes dans les magazines. "L'industrie de la mode est responsable des idéaux qu'elle choisit de créer et de renforcer", a dénoncé la ministre de la culture suédoise.
Depuis l'avènement de l'ère numérique en photographie, les images sont devenues extrêmement faciles à modifier par ordinateur. La simplicité d'utilisation de logiciels comme Photoshop a permis de systématiser et de banaliser la retouche dans les magazines sur papier glacé, dans la mode et la publicité, en visant en particulier les femmes. Finis les cernes, les rides, la cellulite ; envolés les bourrelets et les kilos en trop. A tel point que les femmes retouchées ressemblent à des poupées lisses et sans âge, plus vraiment humaines. En 2009, en Grande-Bretagne, la marque de cosmétique Olay a ainsi été contrainte de retirer une de ses publicités pour sa crème anti-âge : on y voyait le mannequin Twiggy, 60 ans, le visage presque aussi juvénile qu'au temps de sa gloire, dans les années 1960. Pourtant, des photos récentes montraient qu'elle avait des rides....
PROMOTION DE L'ANOREXIE
Quels sont les effets de ces images irréelles sur les femmes ordinaires, incapables d'atteindre une semblable perfection ? Plusieurs études ont établi un lien entre les idéaux véhiculés par les médias et l'insatisfaction générale des femmes vis-à-vis de leur corps. Les magazines sont même accusés de favoriser certains troubles alimentaires comme l'anorexie. Le lien n'est pas aussi simple que ça, car l'anorexie a des causes complexes : c'est ce que démontre une étude de trois chercheurs américains publiée dans la Revue de psychologie générale américaine en mars 2011. Ce qui n'a pas empêché la version italienne du magazine Vogue de retirer de son site en décembre une photo du mannequin Karlie Kloss, après avoir découvert que sa maigreur athlétique était prise en exemple par certains des sites qui font la promotion de l'anorexie.
Confrontés aux critiques montantes du public, plusieurs magazines féminins ont récemment mis en avant des images non retouchées. Le magazine Elle a ainsi consacré une série de couvertures, en 2009, à des actrices et mannequins photographiés sans maquillage ni retouche, comme Monica Bellucci. La marque de savon et cosmétique Dove est allée plus loin en utilisant systématiquement, dans ses publicités, de "vraies" femmes, âgées ou rondes, avec des petits seins ou une culotte de cheval.
Dans différents pays, associations de consommateurs et politiques se mobilisent à leur tour contre la retouche. En septembre 2009, la députée UMP Valérie Boyer a déposé une proposition de loi obligeant à signaler, sous peine d'amende, toutes les photos publicitaires de personnes retravaillées par l'informatique. Sauf que toutes les interventions sur l'image ne sont pas à mettre dans le même sac : elles servent autant à éclairer une zone d'ombre qu'à créer une femme bionique sans rides. Pour tenter de s'y retrouver, deux chercheurs en informatique de Dartmouth (New Hampshire, Etats-Unis) viennent de mettre au point un logiciel qui classe les photos sur une échelle de 1 à 5 en fonction de leur degré d'altération et de leur réalisme. Histoire de rendre visible, derrière les images glamour, la dose d'illusion qu'elles renferment.
samedi 24 décembre 2011
Ce que disent les mains des décideurs...
Selon l'ouvrage «Tout dans les mains», 95 % des dirigeants possèdent des mains chaudes, et les hommes de l'ombre, préférant l'influence au pouvoir, les mains froides.
«Les personnes aux mains froides ont besoin d'être protégées et sécurisées», affirme Jean de Bony, coauteur avec la journaliste Stéphanie Leclair de Marco deTout dans les mains aux Éditions de La Martinière. «Fuyant les risques et le stress qui en découlent, elles ne sont pas mues par la nécessité de prendre le leadership.» Avant de décréter un tel constat, ce chercheur en biotypologie a analysé les mains (empreintes digitales, ongles, paume, hygrométrie…) de plus de 10 000 personnes, dont bon nombre de dirigeants.
Parmi eux, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, Jacques Séguéla, les créateurs du groupe Accor, Dubrule et Pélisson… Le résultat s'avère parlant: 95 % des dirigeants possèdent des mains chaudes, et les hommes de l'ombre, préférant l'influence au pouvoir, les mains froides. Significatif aussi l'entrecroisement des doigts: ceux qui entrecroisent index gauche sur droit (comme Nicolas Sarkozy et la majorité des chefs d'État), mais aussi deux tiers des femmes, sont portés à agir quoi qu'il en soit pour sortir du problème, quand «index droit sur gauche» (comme Angela Merkel!) rime avec raison et prudence.
Globalement, les mains chaudes caractérisent deux tiers des hommes pour seulement un tiers des femmes. Déduction logique: les hommes n'empêchent pas les femmes d'accéder au pouvoir, mais les femmes se limitent elles-mêmes! De quoi remettre en question la fameuse parité…
Noël
Parrainages d'élus : où en sont les candidats ?
- Nicolas Dupont-Aignan, candidat de Debout la République, a recueilli 450 promesses. "J'aurai les signatures", a déclaré le candidat sur i-Télé.
- Corinne Lepage, candidate de Cap 21, a dit en avoir recueilli "entre 300 et 400". Elle juge cette campagne de collecte "très très dure, beaucoup plus qu'en 2007".
- Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti anticapitaliste, en a recueilli "un peu plus de 300", selon Christine Poupin, porte-parole du parti, qui estime que le NPA en est à ses "niveaux habituels" de collecte.
- Jean-Pierre Chevènement (Mouvement républicain et citoyen) a recueilli "300 parrainages", a indiqué jeudi à l'AFP un porte-parole du candidat. La situation est "sous contrôle mais il y aura besoin d'un gros effort", a-t-il ajouté.
- Frédéric Nihous (Chasse, pêche, nature et traditions) aurait quant à lui "185 promesses", selon l'entourage du candidat, interrogé cette semaine par l'AFP et qui précise : "Nous sommes en avance sur notre tableau de marche."
- Christine Boutin (Parti chrétien-démocrate) a "environ 160" signatures, a annoncé la candidate à l'AFP. Elle menace de lâcher une "bombe atomique" pendant la campagne si elle n'obtient pas ses parrainages, et va déposer un recours devant le Conseil constitutionnel début janvier pour demander leur anonymat.
Quant à Dominique de Villepin, il recevrait "un bon accueil de la part des maires de France", selon le porte-parole de République solidaire, Jean-Pierre Grand.
Concernant Marine Le Pen, Steeve Briois, secrétaire général du FN, a affirmé que c'était "pire" qu'en 2007. Le FN a déposé jeudi un recours devant le Conseil d'Etat assorti d'une question prioritaire de constitutionnalité.
Pour finir, Carl lang (Union de la droite nationale) a déclaré à l'AFP être "assez satisfait de l'état d'avancement".
Les candidats ont jusqu'au 16 mars 2012 pour déposer leurs 500 parrainages.
Le dîner catholique de Nicolas Sarkozy
Le chef de l'État a reçu une dizaine de jeunes prêtres à l'Élysée jeudi soir. Ils ont parlé de leurs vocations respectives.
C'est Camille Pascal, conseiller et «plume» du président, qui était l'organisateur de la rencontre. Cet agrégé d'histoire, catholique pratiquant, aime confronter le président aux univers les plus éloignés du sien. Historiens, géographes, anthropologues ou sociologues ont défilé à l'Élysée depuis la rentrée. «Des moments de respiration pour le président», note un proche. Camille Pascal est l'artisan d'un autre rendez-vous, plus inhabituel encore: à l'issue d'un discours prononcé au Puy-en-Velay, en mars dernier, Sarkozy s'était discrètement échappé avec l'évêque du lieu, Mgr Brincard, pour aller déjeuner avec des religieuses, les sœurs de Saint-Jean. La halte devait durer trois quarts d'heure. Le président est resté plus de deux heures et n'a jamais soufflé un mot à quiconque de ce déjeuner secret.
Jeudi soir, le chef de l'État et les prêtres ont échangé pendant près de deux heures sur la jeunesse, l'éducation, la finalité de l'art, ou encore les souffrances des chrétiens d'Orient. Le président a redit son attachement aux «racines chrétiennes de la France». Lui qui déplore la disparition des «grandes voix catholiques» a enjoint les prêtres à «sortir des catacombes». «Dites ce que vous avez à dire à la société, pas seulement à vos fidèles. À l'heure où l'on écoute ces experts en tout, pourquoi ceux qui défendent une religion n'auraient-ils pas le droit à la parole?»
Les convives ont entraîné aussi le président sur un terrain plus personnel, l'interrogeant sur la «vocation»: «La politique a sa part de sacrifice, a répondu Sarkozy. Il faut accepter le regard des autres. Assumer une différence, des choix. Vous faites le sacrifice d'une vie de famille, d'un confort de vie. Avez-vous du mérite? Moi, ai-je du mérite à faire ce à quoi je me suis senti appelé? Je ne crois pas. La politique s'est emparée de moi, pas l'inverse.»
À la veille de Noël
Contrairement à François Mitterrand qui était obsédé par les questions de la mort et de la finalité, Nicolas Sarkozy n'est pas un familier de ces sujets. Mais depuis son livre (La République, les religions, l'espérance, Cerf), publié en 2006, il n'a eu de cesse de rompre avec la réserve des politiques qui relèguent la religion à la sphère privée. «C'est d'abord un homme d'action, observe un convive. Mais il est travaillé par la question de ce qui donne le goût et la force d'agir.»Ce geste, à la veille de Noël, n'est pas anodin, alors que Christine Boutin - qui peine à recueillir ses 500 parrainages pour 2012 - multiplie les critiques à l'encontre du président. Sarkozy sait qu'il a déçu un certain nombre de catholiques. À l'été 2010, juste après le discours de Grenoble, on avait noté un décrochage entre Sarkozy et l'électorat catholique. «Il veut reparler à un électorat traditionnel qu'il avait parfois désarçonné ou bousculé», décrypte un conseiller.
Le président a pris congé de ses invités, tard dans la soirée, en expliquant qu'il devait se lever tôt pour se rendre à Prague pour les obsèques de Vaclav Havel. L'un des prêtres s'est esclaffé: «Deux heures de messe en tchèque, bon courage monsieur le Président!»






















