samedi 1 octobre 2011
L’Allemagne soutiendra la Grèce
Aujourd’hui, le FESF (Fonds européen de stabilité financière) maintient le Portugal et l’Irlande, également menacés d’un défaut de paiement. Première économie de la zone euro, l’Allemagne est la première contributrice avec plus de 200 milliards d’euros de garanties du FESF. Pour l’ancien ministre social-démocrate des Finances, Peer Steinbrück, le Parlement a fait preuve de solidarité envers Athènes.
Le FESF possède 440 milliards d’euros, l’institution peut intervenir sur l’achat des obligations émises par les États membres de la zone euro afin de financer leur dette, l’aide à une recapitalisation des banques, et enfin, le FESF pourra accorder des crédits aux États en difficulté.
Pour Agnès Benassy-Quere, directrice du CEPII (Centre d’études prospectives et d’informations internationales), le FESF est suffisant, pour l’instant, pour prêter à la Grèce et recapitaliser les banques grecques. Le renforcement de ce fonds ne va pas sans condition, pour Peer Steinbrück. « Ce sont 330 milliards d’euros que doivent épargner les Grecs, et pour cela, je serais reconnaissant de voir un peu plus de respect pour ces efforts. Car je ne veux pas m’imaginer ce qui se passerait ici sur la place si un gouvernement allemand avait proposé à l’opinion publique allemande la même potion amère ».
En réponse aux critiques, le gouvernement grec a pris de nouvelles mesures drastiques comme la mise en place d’une nouvelle taxe immobilière, des baisses de salaires et des retraites, ainsi que la mise en chômage partiel de 30.000 fonctionnaires. Face à ces annonces gouvernementales, les Grecs ont manifesté jeudi 29 septembre pour dénoncer le retour dans le pays de la troïka (Union européenne-FMI-Banque centrale européenne) qui décidera avec les autorités du nouveau Budget 2012.
Les difficultés vont persister
En dépit du vote positif de l’Allemagne, quatre pays européens sur dix-sept — l’Autriche, Malte, les Pays-Bas et la Slovaquie — doivent encore voter sur l’extension des missions du FESF. Les autorités grecques devront attendre pour être sauvées afin d’enrayer les effets de contagion dans toute la zone.
De plus, le vote au Parlement européen du renforcement du Pacte de Stabilité, les estimations pour une reprise de la croissance grecque de près de 5% par an au cours des trois ou quatre prochaines années au lieu des 5% de récession qu’elle possède aujourd’hui. Aussi, selon certains économistes, la dette de la Grèce devrait redescendre sous les 70% du PIB, ce qui est bien loin des 60% du PIB obligé par Bruxelles.
En effet, de nombreux pays de la zone euro se verront sanctionner pour ne pas avoir atteint les objectifs fixés par le Pacte de Stabilité et de Croissance : déficit de 3% du PIB et dette publique de 60% du PIB. Aujourd’hui, le montant de la dette grecque aurait dépassé les 145%.
Céline Tabou
vendredi 30 septembre 2011
Alain Juppé, le retour du recours
SARKOZY RESTE LE "CANDIDAT NATUREL" DE LA MAJORITÉ
En réalité, la petite phrase d'Alain Juppé n'est pas si nouvelle. Cela fait plusieurs années que le maire de Bordeaux a laissé filtrer, au sein de la majorité, l'hypothèse de sa candidature et multiplié les rappels. Dès juin 2008, fraîchement réélu à la tête de la ville de Bordeaux, Alain Juppé assure dans une interview au Nouvel Observateur qu'il n'est "fermé à rien" en vue de la présidentielle de 2012.
Une année passe et l'édile, qui est encore loin du gouvernement, veut refaire passer le message. En mai 2009, il assure qu'il sera candidat en 2012... lors des législatives et ne manque pas ré-ouvrir la porte d'une éventuelle candidature à la présidentielle : "Je ne vois pas aujourd'hui de perspectives mais qui sait ? Dans deux ans ou dans trois ans ?" déclare-t-il au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI. "La vie politique change vite, les circonstances changent vite", précise-t-il alors.
En 2010 encore, la débâcle de la majorité présidentielle aux élections régionales et la plongée de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy inspire à Alain Juppé, à nouveau, le rêve d'un destin présidentiel si ce dernier devait échapper à Nicolas Sarkozy. "Le candidat naturel de la majorité en 2012, c'est Nicolas Sarkozy." Mais l'hypothèse d'un recours se précise : "S'il arrivait, pour des raisons qui lui appartiennent, qu'il ne soit pas à nouveau candidat, moi je pense qu'il faudrait des primaires au sein de l'UMP. Je n'exclus pas à ce moment là d'être candidat à la candidature" avance alors l'édile.
Difficile moment que cette campagne présidentielle pour le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA). Depuis qu'Olivier Besancenot, candidat du parti en 2002 et 2007, a annoncé en mai qu'il ne se représenterait pas, le NPA s'enfonce chaque jour un peu plus dans la crise. Et la décision d'élire une "coordination de campagne", qui fait revenir sur le devant de la scène des anciens de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) comme Alain Krivine ou François Sabado, ne devrait pas arranger la situation.
Autre son de cloche chez Myriam Martin, également porte-parole du parti, qui pointe une "dualité de directions qui peut surprendre" : "Il y a une ambiguïté qui demeure avec cette volonté de formaliser les choses. Un certain nombre d'entre nous n'était pas opposé à un élargissement du comité exécutif, mais pourquoi l'élire ? Ça laisse dubitatif sur l'efficacité de tout ça..."
UNE "DIMENSION DE TYPE JURASSIC PARK"
Cet épisode illustre une nouvelle fois les divisons profondes qui minent la direction du parti ces derniers mois. Après le congrès de février, le NPA s'est scindé en deux, notamment sur la question du positionnement vis-à-vis du reste de la gauche radicale. D'un côté, aujourd'hui majoritaires, les partisans d'une ligne dure, hostiles à toute discussion avec le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon. Parmi eux, Olivier Besancenot, Alain Krivine ou Christine Poupin.
De l'autre, les partisans d'un dialogue plus ouvert avec le reste de la gauche de la gauche. Parmi eux, Pierre-François Grond, ancien bras droit de Besancenot, Myriam Martin ou encore Guillaume Liégard, trésorier du parti. Ce dernier voit dans le retour de Krivine et Sabado une "dimension de type Jurassic Park".
"C'est un signal envoyé, affirme-t-il. Ces derniers mois, on est dans la continuité de la négation de ce qu'a été le NPA". A sa création en 2009, le parti d'Olivier Besancenot voulait tourner la page de la Ligue communiste révolutionnaire et ambitionnait de devenir un grand parti de masse. Neuf mille militants avaient alors poussé la porte du parti. Aujourd'hui, officiellement, ils ne sont plus que 6 000.
"C'EST UN BOULOT TERRIBLE"
Illustration de ces divisions, le choix en juin de la candidature de Philippe Poutou, un ancien de Lutte ouvrière (LO). L'enthousiame des troupes pour faire campagne pour cet ouvrier métallurgiste de 44 ans n'est pas toujours au rendez-vous. Inconnu du grand public, le candidat plafonne autour de 0,5 % quand le facteur de Neuilly avait fait 4 % en 2007. Une candidature qui complique d'autant la chasse aux parrainages.
>> Lire notre reportage : "Au NPA, recherche parrainages désespérement"
"C'était le même problème quand Besancenot s'est présenté pour la première fois, souligne Alain Krivine. Les signatures, ça représente un effort matériel énorme pour les militants : il faut faire des centaines de kilomètres, revenir plusieurs fois. C'est un boulot terrible."
Officiellement, une centaine de promesses de parrainages ont déjà été engrangées. Rien d'inquiétant cependant pour Alain Krivine, lui-même candidat à la présidentielle de la LCR en 1969 et 1974 : "Il y a du boulot mais on reste confiants." D'autres voient le temps filer et sont moins sereins. "On va demander aux militants de mettre les bouchées double pendant les vacances de la Toussaint", indique Myriam Martin. "Même dans la majorité, il y a un problème de conviction", affirme pour sa part Guillaume Liégard, avant de lâcher : "Ce ne sont pas les 100 premières les plus faciles à obtenir, mais bien les 100 dernières."
Paris: toujours et encore la Grèce
Sans enthousiasme et sous des défections dans la majorité mais avec le concours massif de l’opposition europhile (sociaux-démocrates et Verts), le Bundestag a approuvé la quote-part de l’Allemagne pour la création de l’indispensable Fonds européen de stabilité financière, donc aussi pour le deuxième plan d’aide à la Grèce. Un soulagement, sans aucun doute, en attendant encore les ratifications de cinq autres pays de l’Eurogroupe avec des difficultés prévisibles en Slovaquie. Un répit, surtout, car une «rallonge» de ce FESF ne passera plus, ont averti la CSU bavaroise et le minuscule FDP, deux partis indispensables à la coalition de la chancelière Merkel.
Or, ce n’est un secret pour personne, même porté à 440 milliards, l’actuel FESF ne suffira pas si un État comme l’Espagne devait à son tour appeler au secours. Sans même parler de l’Italie ! Encore faudrait-il déjà déduire de ces 440 milliards les plans d’assistance consentis à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal, soit 200 milliards, voire rembourser à la BCE de Francfort l’achat de quelque 150 milliards de dettes publiques douteuses ! Même pas encore ratifié par tous, le FESF est déjà en voie de tarissement. D’autres outils s’imposent. Par exemple ces euro-obligations honnies ou encore la possibilité pour le FESF de contracter des prêts auprès de la BCE. Un tabou pour nos voisins, car il changerait tout le catéchisme de l’euro. Et ce n’est pas tout : selon la récente décision de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, toute modification, même infime, de cette politique financière doit avoir l’aval du Bundestag. Une lourdeur impossible à gérer à une époque où les marchés réagissent à la nanoseconde. Sans oublier un autre psychodrame en vue lorsqu’il faudra ratifier l’année prochaine le «Mécanisme de stabilité européen» censé remplacer le FESF en 2013…
Bien que les critiques de Barack Obama fassent penser à l’Hôpital qui se moque de la Charité, le président américain a raison de dénoncer l’inertie de l’Europe. Que de milliards sauvés si la crise grecque avait été prise à cœur dès l’automne 2009, si la zone euro avait été, dès la création de la monnaie unique, dotée de véritables moyens d’intervention ! Certes, l’idée fait enfin son chemin avec pour premières étapes le FESF, les interventions de la BCE sur les marchés financiers et le « Six-Pack » adopté mercredi par le Parlement de Strasbourg. Toutefois, avec plus d’une «guerre» de retard…
Seul un gouvernement économique peut sauver la monnaie européenne. Mais lequel ? Celui très vague évoqué par le président Sarkozy et la chancelière Merkel ? Ou celui que voudrait en son nom imposer la Commission de Bruxelles, enfin sortie de sa torpeur bureaucratique ? Incarnation des Vingt-Sept, donc également des États très réservés envers l’euro (le Royaume-Uni, le Danemark, la Suède…), on voit mal la Commission régenter seule la politique de la monnaie unique. Aux dix-sept de l’Eurogroupe, premier cercle de l’UE, de prendre les affaires en main. Mais vite, très vite…
Au cinéma, les histoires de ripoux nous feraient plutôt rire. Dans la vraie vie, elles nous choquent, car nous rêvons tous d’un monde en noir et blanc - les voyous d’un côté, les flics de l’autre. Sans mélange possible, sans zone d’ombre, pour notre plus grande sécurité, et notre confort moral. Autant dire que l’arrestation de Michel Neyret fait tomber tout le monde de l’armoire : un grand flic, expérimenté, respecté de la justice — soudain mis en garde à vue comme un voyou ? Et pas pour des peccadilles, non, pour des motifs de grand voyou : trafic international de stupéfiants, blanchiment d’argent… Un « cataclysme », comme le dit son chef. Alors n’oublions pas que les flics ont droit à la présomption d’innocence, au moins autant que les voyous. Et espérons que l’on pourra déterminer si Michel Neyret est ou bien un flic, ou bien un voyou - si tant est que le monde puisse se peindre en noir et blanc.
Malléables frontières
"En Europe, les principes ne sont plus ce qu’ils étaient", écrivait România libera le jour de la réunion des ministres européens. Le 22 septembre, ces derniers ont décidé de reporter l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’espace Schengen, faute de compromis avec les Pays-Bas et la Finlande, qui demandent plus de garanties en matière de lutte contre la corruption et la criminalité.
A Bucarest et Sofia, les gouvernements se sentent trahis, car ils ont le sentiment d’avoir accompli en vain les efforts exigés. Mais au-delà de cette perspective nationale, tout indique aujourd’hui que l’Europe est devenue un sorte de labyrinthe dans lequel plus personne ne reconnaît ses frontières.
Les frontières extérieures, celle de l’espace Schengen, soumises à des tensions sur leur flan grec ou italien, sont renforcées à coup de barbelés (entre la Grèce et la Turquie) ou de patrouilles maritimes accrues (en Méditerranée), sans qu’une ligne directrice n’ait été tracée au niveau européen.
Les frontières internes, qui ne sont désormais théoriquement que des lignes administratives largement symboliques, sont de leur côté l’objet de manoeuvres qui portent atteinte au principe-même d’espace de libre circulation.
Le Danemark a rétabli le contrôle à ses frontières, officiellement pour lutter contre la criminalité transfrontalière ; la France l’a également fait pour empêcher des Tunisiens en provenance d’Italie d’entrer sur son territoire. Enfin, d’autres frontières, politiques celles-là, apparaissent là où on ne s’attend pas forcément, en fonction d’enjeu domestiques : aux Pays-Bas, en Finlande ou au Danemark, sous la pression du parti de Geert Wilders, des "Vrais Finlandais" ou du Parti du peuple danois.
"Je reproche à l'Europe et à l'Italie de dormir et de ne pas se rendre compte des forces nationalistes et centrifuges qui la tiraillent. Nous n'avons pas retenu la leçon des Balkans : il suffit que l'on indique un ennemi à une population en manque de repères pour que celle-ci l'adopte comme tel", prévient l’Italien Paolo Rumiz dans son livre Aux frontières de l’Europe (éd. Hoebeke, 2011). Il aurait pu ajouter qu’elle risque de laisser une partie de son âme se perdre entre des frontières plus ou moins malléables.
Paris et Berlin appellent à ratifier l'accord sur le FESF
Après le vote allemand en faveur de l'élargissement des prérogatives du Fonds européen de stabilité financière (FESF), la présidence française a indiqué que le chef de l'Etat s'est entretenu avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et "l'a vivement félicitée du vote positif intervenu ce matin à une très large majorité au Bundestag sur la ratification de l'accord renforçant le FESF".
"C'est un pas important qui a été accompli au service de la stabilité de la zone euro", poursuit l'Elysée.
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel "se sont également réjouis de l'adoption hier par le Parlement européen des textes sur la gouvernance économique européenne, qui renforcent la coordination et la surveillance budgétaire et créent un nouvel outil pour prévenir et corriger les déséquilibres macroéconomiques", poursuit le texte du communiqué.
LES INCERTITUDES PERSISTENT SUR LE VOTE SLOVAQUE
Le premier ministre grec, Georges Papandréou, compte se rendre à Paris vendredi 30 septembre pour y discuter avec le président Nicolas Sarkozy de la crise de la dette de la zone euro et de l'accord du 21 juillet avec l'Union européenne. L'Elysée a confirmé cette rencontre qui devrait avoir lieu dans l'après-midi de vendredi.
Le ministre grec des finances, Evangélos Vénizélos, a de son côté exprimé jeudi sa "satisfaction" après le vote allemand. Il a aussi fait part dans un communiqué de son "optimisme" quant à la conclusion, après le feu vert allemand, du processus de ratification du renforcement du FESF, destiné à soutenir les maillons faibles de la zone euro.
Six pays doivent encore donner leur aval, dont la Slovaquie, qui menace de faire traîner l'affaire.
Le ministre grec a "lié" le oui allemand "au fait que la Grèce a envoyé à l'étranger un message clair et déterminé quant à sa volonté de respecter les obligations" contractées en matière de redressement budgétaire, de privatisations et de réformes structurelles, en échange du sauvetage du pays par ses partenaires.
jeudi 29 septembre 2011
Et si, à droite, Juppé était "la" solution ?
Un comble : l'austère Juppé est même devenu, à droite, le ministre à la mode. Au point que certains rêveraient, à l'heure des « affaires » en cascade et des défaites qui s'accumulent, de le voir porter en 2012 les couleurs de la droite. Encore faudrait-il que Nicolas Sarkozy -et on n'en est pas là- choisisse de jeter l'éponge. On se souvient cependant que le loyal Juppé -qui mènera campagne pour le président sortant s'il est candidat à un second mandat- avait, il y a quelques mois, publiquement pris date: « Si Nicolas Sarkozy n'était pas, par hypothèse, candidat, je serai candidat à la candidature... ».Pourquoi l'hyper-diplomé Juppé -hier cabossé et marginalisé, toujours désespérément sérieux, voire cassant- est-il aujourd'hui à la mode, au point d'être pour beaucoup de députés UMP qui le brocardaient autrefois un repère rassurant ?
Il est l'anti bling-bling, et la dureté de la crise redonne de l'éclat à son profil très classique, très Vème République.
Il a le cuir tanné, et a montré jusque dans le tribunaux ses capacités d'encaisseur.
Il aime l'Etat, et c'est un homme d'ordre.
Il a des bonnes relations avec le centriste François Bayrou, mais incarne sans états d'âme et sans tentations frontistes la droite républicaine.
Il n'a jamais eu de tentations communautaristes, et défend ardemment la laïcité « à la française ».
Au quai d'Orsay, il se veut toujours, malgré la crise, l'homme de « l'exception française ». Sans alignement sur les Américains.
Les relations de Nicolas Sarkozy et d'Alain Juppé sont devenues, c'est un fait, excellentes. Si, à droite, tant de regards se tournent vers le maire de Bordeaux, c'est que ce super-chiraquien rassure. Et ce n'est pas de trop quand, au sein de l'UMP, le doute est partout.
Juppé joue donc jeudi soir -peut-être pour lui, sûrement pour son camp- une partie importante. Double objectif: d'abord redonner le moral à des troupes désoirentées et souvent abattues; ensuite ouvrir, s'il le peut, des pistes en débloquant... le frein à main. Car tandis que la gauche fonce, la droite, aujourd'hui, est carrément à l'arrêt.
1.Time Magazine : "The Decline and Fall of Europe", 22 août 2011.
Grèce: Papandréou veut voir Sarkozy
La France est l'un des principaux bailleurs de fonds de la Grèce, avec l'Allemagne, où se trouvait mardi M. Papandréou, qui a rencontré la chancelière Angela Merkel. La chancelière a indiqué qu'elle attendait les conclusions de l'audit mené par la troïka des créanciers du pays, les représentants de l'UE, de la BCE et du FMI, qui arrivent jeudi à Athènes, pour savoir s'il faudrait ou non renégocier les modalités du deuxième plan d'aide internationale décidé le 21 juillet à Bruxelles par la zone euro.
Le déficit budgétaire d'Athènes inquiète
"Devons nous renégocier, ou ne pas renégocier? Nous préférerions bien sûr que les chiffres restent inchangés, mais je ne peux pas anticiper (les conclusions de) la troïka", a déclaré mercredi la chancelière allemande dans une interview à la télévision publique grecque NET.
"Nous avons évidemment été déçus de voir qu'apparemment les chiffres (du déficit budgétaire grec, NDLR) en septembre n'étaient pas comme ils auraient dû être. Du coup nous devons attendre de voir à quelles conclusions arrive la troïka, la mission d'experts, ce qu'elle nous dit", a ajouté Mme Merkel.
Ils ne se sont pas entre-tués! Les «observateurs» en seront presque déçus tant ces primaires ont nourri l’attente, un peu morbide, de voir les prétendants se déchirer en direct. N’était-ce pas le piège le plus dangereux de ce numéro démocratique qui, défiant la nature gauloise de nos débats publics, risquait de dériver vers les jeux du cirque socialiste? Mais non, décidément, ils ne sont pas tombés dedans et sans doute n’y tomberont-ils pas davantage lors du troisième débat.
On a bien senti, à l’odeur de poudre diffusée par quelques escarmouches, la tentation d’en découdre entre camarades. Mais, pour la deuxième fois, les rivaux se sont bien tenus. Le goût de la victoire, et les promesses de succès en 2012, auraient pu désinhiber l’agressivité (ça s’est déjà vu...) Ils l’ont, au contraire, canalisée. Ségolène titillant son ex, Arnaud moquant Manuel, Martine reprenant François et vice-versa, les exaspérations ont été contenues jusqu’au bout même si les quelques sous-entendus laissaient planer de temps à autre des désaccords assez nets. Cette paix armée est en soi un bilan... Un petit exploit qu’on s’est bien gardé d’entailler à coup d’amour-propre. Pas question d’ouvrir des plaies sur le plateau clinique de LCI!
L’inconvénient de tant de retenue, c’est la logique du plus petit dénominateur commun. Tant d’énergie pour produire avec soulagement le constat qu’ils et elles étaient «tous d’accord» pour «moins taxer le travail», pour faire de «la jeunesse une priorité absolue, pour traiter l’immigration clandestine «au cas par cas, avec humanité», etc: est-il besoin de préciser que ce 18-20 heures ne fut pas ébouriffant, ni bouleversifiant?
Les uns et les autres ont déroulé leurs propositions comme des tapis sans qu’on discerne dans cet étalage la trame d’une gouvernance de gauche dans une réalité du capitalisme qui ne l’est pas. A un moment, on a bien cru qu’on était revenu aux temps glorieux d’un dirigisme d’État pouvant manier l’interdiction et l’interventionnisme comme avant jusqu’à ce que «la bande des six» prenne conscience, sous l’œil des caméras, des dégâts sur sa crédibilité que pouvaient laisser de tels argumentaires.
Dès lors l’aimable conversation a flâné des vertus comparées des emplois aidés à la célébration des PME sans parvenir à dégager vraiment un socle de gouvernance commun à toutes les sensibilités de la gauche. Dans ce patchwork un peu laborieux, Ségolène Royal a apporté de la couleur vive (un peu trop parfois), Arnaud Montebourg un fil théâtral pour une fois mesuré, Manuel Valls quelques mailles bien identifiables, Martine Aubry des contrastes de tons. Quant à François Hollande, synthétiseur accompli, il s’est contenté du terne du favori qui veut rester discret. Un peu trop professeur. Un brin phraseur. Pour tout dire, un peu creux. La peur de gagner, déjà?
Débat primaires PS : L'UMP ironise
Dans un communiqué, Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au Logement s'est exprimé disant « c'est Masterchef mais avec des vieilles recettes et des produits périmés. Comme l'a justement souligné Manuel Valls, les formules magiques ne vont pas résoudre les problèmes des Français. Les socialistes veulent relancer la croissance, créer des emplois, réduire les inégalités, soutenir les entreprises, aider la jeunesse. Quel responsable politique ne partage pas ces objectifs ? Mais que proposent-ils ? Aucune réponse concrète n'est apportée. Les incantations et les slogans démontrent l'absence totale de solutions du parti socialiste ».
Christian Jacob, président des députés UMP a lui aussi réagi dans un communiqué expliquant « le second débat socialiste a oscillé entre populisme, incohérence et mensonges. La vérité est que les propositions socialistes accroitront les déficits publics et pèseront lourdement sur nos entreprises et les ménages français (...). La vérité est que les propositions socialistes sont de vieilles recettes du passé qui n'ont aucun sens dans un pays ouvert, exportateur et engagé dans la compétition européenne et mondiale. La vérité c'est que les socialistes veulent nous faire croire qu'ils s'occuperont de la sécurité des Français alors que les années Jospin ont connu une explosion sans précédent de la délinquance. La vérité enfin c'est que les socialistes nous ont annoncé le démantèlement de notre politique familiale ».















