mardi 12 juillet 2011
L'union sacrée autour de la Grèce se fissure
Les modalités d'une participation du secteur privé à un second plan d'aide à la Grèce continuent lundi de diviser les responsables européens tandis que Christine Lagarde au FMI n'est pas "prête à parler d'un deuxième plan d'aide".
Selon une source proche de ces réunions, aucune décision ne devrait intervenir lundi et les ministres devraient appeler à ce qu'un travail technique soit réalisé sur plusieurs solutions techniques visant à réduire le fardeau de la dette grecque avec pour objectif de parvenir à un accord d'ici fin juillet.
Les trois options actuellement sur la table sont celle proposée par la France d'un "roll-over" de la dette grecque arrivant à maturité d'ici 2014, celle d'un rachat d'obligations par l'Etat grec et celle d'un "swap" d'obligations grecques existantes contre de nouveaux titres à la maturité allongée.
Les discussions portent également sur la possibilité de modifier la ligne européenne agréée fin juin tour à tour par les ministres des Finances puis les chefs d'Etat et de gouvernement selon laquelle un "défaut sélectif" doit absolument être évité.
Face aux difficultés à s'entendre, les ministres ont suspendu leurs discussions après 21h00. Celles-ci ont repris vers 22h00, mais sans garantie à ce stade de parvenir à une solution, a-t-on appris de source diplomatique.
"Il est très probable qu'une nouvelle réunion de l'Eurogroupe soit convoquée pour la fin juillet, afin de valider les solutions sur lesquels des groupes techniques travailleront d'ici là", a dit une source.
Une source familière avec les positions allemandes a d'ailleurs indiqué que Wolfgang Schäuble avait remis sur la table des discussions la possibilité d'un échange d'obligations.
Cette dernière option, qui permettrait de réduire de manière conséquente le fardeau de la dette grecque via une participation du secteur privé, avait déjà été proposée par l'Allemagne et discutée début juin avant finalement d'être écartée car elle impliquait un "défaut sélectif" de la Grèce, auquel s'opposait la Banque centrale européenne et la France.
Mais l'Allemagne a jugé que les deux autres options d'un rachat d'obligations et d'un "roll-over" étaient "problématique" ou n'auraient aucun effet significatif.
Changement de discours au FMI.
Quant au Fonds monétaire international, il n'est pas encore en mesure d'évoquer les conditions ou les termes d'un deuxième plan d'aide à la Grèce, a déclaré lundi sa directrice générale, Christine Lagarde, lors de sa première table ronde avec les agences de presse de Washington.
"A mes yeux, nous n'en sommes pas au stade des discussions sur les conditions et les termes, la durée et le volume, et rien ne doit être tenu pour acquis", a-t-elle averti.
Divisés sur les modalités d'une participation du secteur privé, les pays de la zone euro ont décidé de différer leurs décisions sur ce dossier, prenant le risque d'une accélération de la contagion à des pays comme l'Espagne et l'Italie.
"En ce moment, l'Italie est clairement confrontée à des problèmes, qui sont essentiellement dus au marché et auxquels, j'en suis sûre, le gouvernement italien et ses partenaires seront attentifs", a-t-elle poursuivi, souhaitant davantage de croissance à l'appui des mesures de consolidation budgétaires.
Le FMI a procédé récemment à un examen de la situation économique de la Péninsule et "certains chiffres italiens sont excellents", a souligné l'ex-ministre française des Finances, qui a succédé début juillet à Dominique Strauss-Kahn.
Christine Lagarde a par ailleurs indiqué sans plus de précisions que des changements de l'organigramme du FMI seraient annoncés mardi.
Le Chinois Min Zhu, conseiller spécial de Dominique Strauss-Kahn, devrait être nommé à un poste de directeur général adjoint créé par la directrice générale, dit-on de source proche de l'institution.
Tout notre temps...
Les responsables de la zone euro ont le temps, jusqu'à septembre, pour convenir d'un deuxième plan de sauvetage pour la Grèce, a estimé mardi le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble.
"Nous avons le temps sur la Grèce. La prochaine tranche (d'aide) est prévue en septembre", a dit le ministre dans une interview sur la station de radio Deutschlandfunk. "D'ici là, un nouveau programme doit être décidé.
Les ministres des Finances de la zone euro se sont entendus lundi pour revoir à nouveau les conditions et le champ d'intervention du fonds de sauvetage "zone euro" (FESF) mais ont en revanche renvoyé à une date ultérieure toute décision sur la participation du secteur privé à un second plan d'aide à la Grèce.
Grèce, Italie : Merkel met la pression pour résoudre la crise de la dette
Alors que les principaux responsables économiques européens se réunissaient, lundi 11 juillet, pour entamer une série de discussions sur le deuxième plan d'aide à la Grèce, la chancelière allemande Angela Merkel a pressé ses partenaires de prendre des décisions rapides sur ce nouveau plan de sauvetage. Elle a également demander à l'Italie de montrer sa bonne volonté pour redresser ses finances publiques.
La Grèce a besoin d'un nouveau plan d'aide "à très très courte échéance", a déclaré Mme Merkel lors d'une conférence de presse, une injonction à ses partenaires à se mettre d'accord rapidement sur les modalités d'une aide à Athènes, si possible avant septembre. "L'Allemagne n'a jamais dit qu'il fallait attendre jusqu'à l'automne" pour préciser le plan d'aide à la Grèce, avait dit un peu plus tôt son porte-parole, Steffen Seibert.
LA BOURSE DE MILAN CHUTE DE PLUS DE 4%
A Bruxelles, le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble a même été plus loin en déclarant : "S'il n'avait tenu qu'à l'Allemagne, nous aurions déjà un nouveau programme pour la Grèce, mais tout le monde n'était pas prêt."
La situation sur les marchés, où l'Italie est dorénavant dans le collimateur des investisseurs en raison des craintes de contagion de la crise de la dette, renforce la pression sur les dirigeants européens pour trouver une solution rapide pour Athènes. L'indice vedette de la Bourse de Milan, le FTSE MIB, creusait ses pertes lundi vers 16 heures et chutait de plus de 4 %.
L'Italie justement "doit envoyer elle-même un signal important qui est l'adoption d'un budget répondant à des exigences d'économies et de consolidation", a aussi désiré la chancelière allemande. "J'ai eu hier au téléphone à cet effet le président du conseil", a-t-elle déclaré.
Le gouvernement italien avait mis au point, jeudi 7 juillet, un plan de rigueur de 40 milliards d'euros d'ici 2014, devant être adopté par le Parlement "avant la pause estivale", mais celui-ci n'a pas convaincu les investisseurs.
LE SPECTRE DE LA CONTAGION
Ceux-ci s'inquiètent de vives tensions apparues au sein de l'équipe gouvernementale italienne, ainsi que d'un début de scandale autour du ministre des finances, Guilio Tremonti. Signe que le marché redoute un sauvetage de l'Italie, après ceux de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal, les taux d'intérêt sur la dette italienne à dix ans atteignent un niveau record. Lundi, l'emprunt italien à dix ans pointait à 5,4 % environ, soit le double du taux d'intérêt attaché à son équivalent allemand, le Bund.
Mme Merkel s'est dite "fermement convaincue" que le Parlement italien adopterait rapidement le budget transposant le plan de rigueur, qualifié de "très convaincant" par son ministre des finances.
M. Schäuble a tenté de minimiser les craintes de contagion de la crise à l'Italie, jugeant que les spéculations en ce sens constituaient "l'énervement habituel avant de telles réunions" et qu'il ne fallait "pas les prendre trop au sérieux".
A un déjeuner de travail réunissant plusieurs hauts responsables européens suit à Luxembourg une réunion des ministres des finances de la zone euro. Selon Berlin, le cas italien n'est pas à l'ordre du jour lundi, et la Grèce reste la priorité.
La chancelière, dont le pays est le plus gros contributeur aux aides consenties aux pays européens en difficulté, a rappelé que "tous les partenaires de la zone euro étaient fermement décidés à défendre la stabilité de l'euro dans son ensemble".
Grèce et Israël: la nouvelle idylle méditerranéenne
La crise des flottilles, au départ du Pirée et à destination de Gaza, intervient au moment où Israël et la Grèce se rapprochent. Le président grec effectue une visite de deux jours dans le pays, jusqu'à mardi. Une première dans l'histoire des relations entre les deux pays.
Georges Papandréou, le chef du gouvernement y est certes passé en 2010 pour amorcer un rapprochement inédit avec l'Etat Hébreu. Une première également. Surtout que son père Andréas Papandréou, ancien Premier ministre, était un fidèle soutien de Yasser Arafat. Lorsque ce dernier fut obligé de quitter le Liban en 1982 sous la menace de l'armée israélienne, c'est en Grèce qu'il se rendit, avant de trouver refuge à Tunis.
Les temps ont changé. Ce changement de cap diplomatique s'illustre par le soutien des Grecs dans la crise des flottilles, remarqué par Shimon Peres qui les en a remercié ce lundi matin.
L'assaut meurtrier du Mavi Marmara l'an dernier, puis l'échec des négociations la semaine dernière avec Ankara, ont encore rapproché les deux nouveaux alliés.
A la suite de cette affaire, la Turquie avait d'ailleurs fermé son espace aérien à Tsahal... qui était du coup venue s'entraîner au dessus du territoire grec. L'antagonisme est mécanique: à mesure que l'alliance turque se refroidit, les relations avec la Grèce se réchauffent.
L'axe Athènes-Tel-Aviv qui se dessine pourrait aboutir sur la construction d' un pipeline, comme le notait The Economist en novembre dernier. Les champs gaziers trouvés au large des côtes israéliennes pourraient être acheminés en Europe via un gazoduc sous-marin qui déboucherait dans le Péloponnèse. Vu la situation économique de la Grèce, ça ne peut qu'être une bonne nouvelle pour elle. Problème, Israël, Chypre et le Liban se disputent toujours quant au légitime propriétaire de ces hydrocarbures.
Cette communauté est peu en phase avec les autorités israéliennes, comme l'illustre l'affaire du patriarcat de Jérusalem en 2005. Le patriarche Irénée 1er a été déposé par le Synode pour avoir vendu indûment, selon ses adversaires, des biens de la communauté à des investisseurs juifs. Israël a mis deux ans pour reconnaître sa déposition. Le patrimoine de la communauté grecque orthodoxe est un enjeu politique majeur dans la vieille ville de Jérusalem et dans le pays, où elle constitue l'un des premiers propriétaires fonciers. Le parlement israélien, la Knesset, est même construit sur un terrain loué au Patriarcat de Jérusalem.
Pourtant, les églises chrétiennes de Jérusalem se plaignent du traitement par les autorités israéliennes de leurs biens historiques. L'historien-voyageur anglais William Dalrymple, dans son ouvrage "Dans l'ombre de Byzance: Sur les traces des chrétiens d'Orient", observait que "les découvertes archéologiques liées au judaïsme étaient traitées avec soin et respect mais que les vestiges chrétiens, eux, ne bénéficiaient d'aucune attention". La nouvelle alliance devra se saisir de cette question, si elle ne veut pas en rester au stade d'une idylle estivale.
Plus de démocratie ne règle rien
Améliorons les compétences légales des élites
Le besoin d'une nouvelle constitution politique
lundi 11 juillet 2011
Un avenir doré pour la Grèce
La Grèce va-t-elle bientôt rouler sur l’or ? Malgré l’état déplorable de ses finances, une entreprise minière cotée à Toronto et sur l’AUM à Londres, European Goldfieds, vient enfin de recevoir les autorisations environnementales nécessaires pour exploiter des mines d’or et d’autres métaux situées dans le nord-est du pays. La Grèce renouera ainsi avec une tradition qui remonte à l’âge du bronze avec l’exploitation des mines d’argent du Laurion qui avait participée à la richesse d’Athènes. Le mineur, qui compte parmi ses actionnaires Blackrock et Fidelity ainsi que le géant grec de la construction, Ellaktor, estime les réserves de ses projets en Grèce à 9,92 millions d’onces d’or, 79 millions d’onces d’argent, 1,49 million de tonnes de zinc et de plomb et 789 000 tonnes de cuivre.Réunion d'urgence à Bruxelles lundi sur la Grèce et l'Italie
Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy organise lundi matin une réunion d'urgence où sont conviés de hauts responsables européens pour évoquer la question de l'aide à la Grèce et les pressions exercées sur l'Italie par les marchés, a-t-on appris dimanche de sources européennes.
Le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet, le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn ont été invités à cette réunion, ont dit les sources.
Dirk De Backer, porte-parole de Herman Van Rompuy a déclaré "qu'il s'agissait d'une réunion de coordination et pas d'une réunion de crise", ajoutant que l'Italie ne serait pas au menu sans pour autant donner de détail sur les dossiers qui seront à l'étude.
Deux sources ont toutefois déclaré à Reuters que la situation italienne serait évoquée.
L'ITALIE ATTAQUÉE
L'objectif est qu'un consensus se fasse parmi les responsables européens avant que ne soit organisée, lundi également, une réunion des ministres européens des Finances qui doivent s'entretenir du dossier grec et des résultats des tests de résistances subis par les banques européennes qui seront communiqués vendredi 15 juillet.
La crainte de voir la crise de la dette souveraine se propager aux obligations d'Etat italienne a accentué vendredi la glissade des marchés d'actions transalpins.
L'écart entre le rendement de l'emprunt italien à dix ans et le papier allemand à même maturité a touché vendredi un plus haut historique depuis la création de l'euro aux alentours de 2,45 points de pourcentage, portant le rendement italien à 5,28%, à quelques encablures de la fourchette de 5,5% à 5,7% que certains banquiers présentent comme critique pour l'économie du pays.
Le cours des actions des plus grandes banques italiennes a dévissé lors de la dernière séance de la semaine dernière, à l'image de celui d'UniCredit, en baisse de 7,9%.
La pression des marchés sur les actifs italiens s'explique à la fois par l'endettement de l'Italie, qui détient le ratio dette/PIB le plus élevé de la zone euro et par la mollesse de l'économie du pays.
Le sort de Giulio Tremonti, ministre des Finances du gouvernement de Silvio Berlusconi, est également suivi de près, ce promoteur de baisses drastiques dans le budget italien étant dans le collimateur du président du conseil.
"On ne pourra pas se permettre beaucoup d'autres jours comme celui de vendredi", a déclaré un responsable européen, avouant que les instances européennes nourrissaient de grandes inquiétudes sur la question italienne.
Rédaction de Bruxelles, Nicolas Delame pour le service français
La Grèce ou le théâtre d'ombres européen
Si elle quitte l’euro, la pilule sera certes au moins aussi amère pour elle, ce que ne manquent pas de rappeler les partisans de la monnaie unique, mais elle lui laissera au moins l’espoir d’un redressement, espoir qui, dans la situation actuelle, n’existe pas.
Il est impossible que ceux qui nous gouvernement ne sachent pas tout cela. Alors, pourquoi prolonger la vie du moribond, de plan de sauvetage en plan de sauvetage, comme viennent de le faire encore les Européens la semaine dernière ?
L’aide apporte à la Grèce est certes conditionnée par des exigences chaque fois plus rigoureuses ; mais personne ne pense plus sérieusement que ces exigences, qui surpassent largement les capacités de l’économie et de la société grecque, seront jamais satisfaites.
En fait, ces exigences servent surtout à sauver la face des principaux décideurs. Elles permettent à Angela Merkel qui, au fond, sait qu'elle ne pourra pas refuser une aide supplémentaire, de la faire accepter à une opinion réticente. En France où l’aide est, au contraire, plutôt populaire (par l’inconscience de l’opinion !), le président se valorise en paraissant faire plier l’Allemagne, alors qu’au fond, les positions des deux pays sont identiques.
En France et en Allemagne, la menace se trouve redoublée du fait de l’engagement des banques auprès de l’Etat grec. La faillite de la Grèce ne serait-elle pas aussi celle du Crédit agricole et de la BNP-Paribas ? On peut le craindre. Bien sûr, l’Etat viendra à leur secours, mais comme les règles du jeu entre les Etats et le système bancaire n’ont pas été posées clairement depuis la dernière crise, tout le monde est dans l’incertitude. Les Etats font comme si leur appui à un système bancaire défaillant n’était pas acquis d’avance ; ils se gardent, sans doute faute de courage politique - ou même d’indépendance - face au lobby bancaire, d’en poser les conditions (qui pourraient être par exemple une participation au capital et une amputation des bonus au prorata de l’aide !). La véritable incertitude, paradoxalement, ce n’est pas la Grèce : toute personne sensée sait qu’elle ne remboursera pas ; c’est ce qui se passera après – or cela, c’est précisément ce qu’on devrait prévoir et qu’on ne prévoit pas.
Ajoutons que dans les méandres du système bancaire international, les obligations grecques, comme les subprimes américaines, sont, tant que la Grèce ne s’est pas effondrée, plus rentables que d’ autres placements. Dans un portefeuille, les obligations grecques viennent, selon l’expression des traders, « dynamiser » la gestion des portefeuilles : tant que la pauvre n’est pas mort, l’usurier fait son beurre… S’il n’y avait que des emprunteurs solvables, le métier n’aurait, au sens propre, pas d’intérêt !
La crédibilité de la classe politique en cause
Je demandai une fois à un proche de Sarkozy ce qu’il ferait si l’euro s’effondrait avant mai 2012. Il me répondit tout à trac : « Combien faut-il mettre au pot pour que l’euro tienne jusque là ! ». Etonnante réponse ! Il aurait pu dire : le président est un leader de crise, il saura bien gérer ce genre de situation. Non : le scénario d’une élection présidentielle française après un éclatement de l’euro, pour un certain establishment, est inenvisageable. Le débat sur ce sujet capital est tout aussi absent - qui s’en étonnera ? - de la primaire socialiste.
Autre question : qu’est-ce donc qui peut mettre un terme à cette politique de sauvetage à la petite semaine et donc précipiter la fin de l’euro ? Une partie de la réponse réside dans le peuple grec : s’il se révolte de manière si violente que les engagements de son gouvernement perdent toute crédibilité, peut-être la communauté internationale se rendra-t-elle à l’évidence ?
Une autre partie se trouve chez les juristes allemands. Certes, la classe politique allemande est aussi mouillée dans l’euro que la française et, même si elle a l’air de se laisser tirer l’oreille, la chancelière Merkel boira, n’en doutons pas, le calice jusqu’à la lie, pour les mêmes raisons que son homologue français. Une action a toutefois été engagée devant le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe par un groupe d’économistes et de juristes hostiles à l’euro. Le même groupe avait déjà fait admettre à la cour suprême allemande que le droit européen n’était pas opposable à un certain nombre de droits fondamentaux du peuple allemand (alors qu’en France, le Conseil constitutionnel a pris le parti inverse : rien n’est opposable au droit européen). Il essaye maintenant de faire reconnaître, au nom du droit de propriété et donc de la stabilité de la monnaie, que l’aide à la Grèce et aux autres PIIGS est illégale : à la fois contraire au traité de Lisbonne et au droit de propriété, car inflationniste. Jacques Sapir a montré comment le seul moyen de sauver encore quelque temps l’euro était de monétiser la dette des pays les plus vulnérables et donc de lancer l’Europe dans une spirale inflationniste. C’est ce que les Allemands dont nous parlions voudraient interdire. L’affaire a été plaidée le 4 juillet. Si elle aboutit, les mains de la chancelière seront liées.
Existe enfin la possibilité que des fonds de placement off shore , étrangers à la zone euro et mal contrôlés par l’establishment anglo-américain - s’il en existe - précipitent la crise en anticipant l’impossibilité de la régler, du fait du peuple grec, des juristes allemands ou de toute autre cause. Ou que tout simplement les agences de notation anticipent ces anticipations : c’est ce qu’elles commencent à faire avec le Portugal ; des voix s’élèvent déjà pour les réformer ! Face la montée de la fièvre, il en est toujours pour casser le thermomètre.
Il n’y a pas de cas, aucun médecin ne nous contredira, qu’un abcès ne finisse pas par crever. C’est pourquoi, si la classe politique européenne est encore responsable, elle devrait déjà s’attacher à préparer l’après-euro.
EN BREF
Le débat sur l’avortement refait surface
Les opposants soutiennent qu'une législation plus restrictive ne fera que provoquer le développement de "l'avortement souterrain". Officiellement, seuls 538 avortements légaux ont été effectués dans le pays en 2010 pour une population de 38 millions d'habitants, mais des statistiques non officielles de la Fédération pour les femmes et le planning familial estiment le nombre de femmes qui ont pratiqué un avortement à plus de 100 000 par an. Cela signifie, écrit Newsweek Polska, que la législation actuelle, en place depuis 1993, qui permet l'avortement dans seulement trois cas (viol ou inceste, risque grave pour la vie ou la santé de la mère, ou dommages permanents et irréversibles pour la santé du foetus), "ne marche pas concrètement". Un récent sondage montre que l'opinion publique est divisée sur la question, avec 45% soutenant l'avortement légal et 50% en faveur d'une interdiction absolue.
Le flou le plus total
Murdoch sacrifie News of the World
Tandis que le quotidien souligne que "la chute catastrophique de la publicité" a été le coup de grâce pour le News of the World, The Independent estime que "le journal a été sacrifié pour une femme", son ancienne patronne, Rebekah Brooks, très proche de Murdoch, qui dirige aujourd'hui le secteur presse écrite de NewsCorp.
Copé et la France rabougrie du PS et du FN
Tacles sur Le Pen, Hollande et Aubry
dimanche 10 juillet 2011
La fourberie européiste de Mme AUBRY
Elle a cependant précisé que "Construire une autre Europe, ça ne se construit pas du jour au lendemain." (cf. http://www.leparisien.fr/flash-actualite-politique/martine-aubry-a-turin-une-etape-pour-construire-une-autre-europe-08-07-2011-1525845.php) C'est en effet le moins que l'on puisse dire ! Comme je le rappelle dans mes conférences, le slogan de "changer d'Europe" était non seulement celui du PS aux élections européennes de 2009 mais aussi celui du PS aux élections européennes de 1979, voici exactement 32 ans.
Rumeurs sur le couple Aubry : l'UMP dénonce une "entourloupe" des socialistes
Cible de rumeurs sur son couple, Martine Aubry, candidate à la primaire socialiste, a décidé de contre-attaquer. A ceux qui veulent la faire passer pour une femme victime de dépendance à l'alcool, mariée à un avocat retraité caricaturé en "islamiste" – parce qu'il a notamment défendu une des jeunes filles menacées d'exclusion scolaire pour port du foulard islamique –, la maire de Lille a fait comprendre qu'elle ne se laisserait pas faire.
Mme Aubry aurait d'ores-et-déjà averti les sites Internet qui répandent ces rumeurs sur son couple, qu'elle était prête à porter plainte. Par ailleurs, selon le Journal du Dimanche, Martine Aubry a tenu à mettre en garde ceux qui selon elle sont à l'origine de cette campagne de dénigrement.
"UN HAUT RESPONSABLE DE L'ÉLYSÉE"Elle aurait ainsi contacté "un haut responsable de l'Élysée, un préfet qu'elle a rencontré quelques années auparavant, lui disant en substance qu'elle était au courant de ses propos à son encontre, peu dignes de sa fonction". "Le seul préfet qu'elle connaît bien c'est Christian Frémont [directeur de cabinet du Président]. Il a été en poste dans sa région. Et avant d'être à l'Élysée, il était de gauche", indique – tout en réfutant les accusations de Mme Aubry – un proche du chef de l'État, cité par le JDD.
En tout cas, le message de la maire de Lille est maintenant clair : "On ne se laissera pas faire", explique-t-elle. Sa manière de monter au front pour combattre la rumeur a aussi obligé ceux qu'elle accuse à demi-mots d'être à l'origine de ces rumeurs à réagir.
"C'est diffamatoire ! Parce que accuser sans fondement ses adversaires.. nous, on n'est pas dupe", a répondu, Jean-François Copé, le patron de l'UMP, estimant que les avertissements de Mme Aubry se réduisent à "une entourloupe des socialistes pour gagner du temps" : "L'UMP a bon dos pour tout, ce sont des méthodes absurdes et ridicules. Vivement que les socialistes s'occupent du fond".
"UNE STRATÉGIE DE VICTIMISATION"
Dans la même veine, Nadine Morano, ministre chargée de l'apprentissage et de la formation professionnelle, a affirmé samedi au JDD que "l'UMP condamne toutes les méthodes qui consistent à salir un homme ou une femme politique" et que "tous les politiques sont des victimes potentiels d'Internet, qui peut se transformer en déversoir à insultes. Un torrent de saloperies est déversé depuis le début du quinquennat sur Nicolas Sarkozy". Mais pour Mme Morano, la démarche de Martine Aubry résulte d'"une stratégie de victimisation pour dissimuler la pauvreté du programme socialiste et les ratés de son entrée en campagne".
Sur Radio J, le ministre du travail, Xavier Bertrand, a conseillé dimanche à Mme Aubry de porter l'affaire devant la justice : "Si Mme Aubry s'estime attaquée par des rumeurs sur Internet qu'elle porte plainte. Voilà ce qui permet de mettre un terme à toutes les attaques possibles", a déclaré le ministre. Toutefois, il a estimé que la candidate socialiste n'était pas la mieux placée pour donner "des leçons" : "Quand Mme Aubry, dans un discours, comparaît le président de la République à M. Madoff, c'était d'une indécence sans pareil. Quand il y a eu des attaques sans précédent contre la personne d'Eric Woerth, c'était pareil".
De son côté, Dominique de Villepin, président de République solidaire, a estimé que les rumeurs concernant Martine Aubry étaient "scandaleuses", "d'où quelles viennent". "Il faut que chacun puisse s'engager à ne pas faire de la politique comme ça et à ne pas jouer avec ça", a-t-il souligné.
Grèce : 3,2 milliards débloqués par le FMI
Scandale des écoutes: "Merci et adieu" titre l'hebdomadaire britannique News of the World
L'édition de dimanche, qui est la dernière dans la longue histoire du journal, rappelle quelques uns de ses plus grands scoops, souvent sulfureux, qui lui ont valu son succès populaire.
Et la rédaction, qui compte 200 membres, conclut: "Après 168 ans, nous finissons par dire adieu avec tristesse, mais aussi beaucoup de fierté à nos 7,5 millions de lecteurs fidèles", selon une image de la une diffusée sur le réseau Twitter.
"Nous avons perdu notre chemin", juge un éditorial d'une page entière, en expliquant qu'il "n'y a aucune justification à la peine causée aux victimes" des écoutes, tout en soulignant que le journal faisait partie du paysage britannique, au même titre que le "rôti du repas dominical".
Pour sa dernière édition, le NOTW revient sur sa longue histoire sous le titre "le plus grand journal du monde, 1843-2011" en rappelant quelques une des affaires traitées par la rédaction.
Le magnat australo-américain de la presse, âgé de 80 ans, était attendu dimanche à Londres, où il compte prendre personnellement en main ses affaires gérées en Grande-Bretagne par son fils James Murdoch à la tête de la société News International.
DSK : mobilisation politique pour Nafissatou Diallo

«C'est une véritable coalition qui est en train de se monter pour exiger que la victime ait droit à un procès», a expliqué samedi au Figaro l'entourage du sénateur Perkins. Le 6 juillet, après l'annonce par l'accusation de ses doutes sur la crédibilité de Nafissatou Diallo, l'élu démocrate avait déjà écrit au procureur Vance, lui enjoignant de «protéger la plaignante et les autres femmes qui sont régulièrement victimes de faits similaires». Mercredi, lors de la réunion entre l'équipe du procureur et les avocats de DSK, quatre représentants d'une association de policiers noirs américains étaient venus manifester devant le tribunal de Manhattan contre la coloration «raciste anti-noire et anti-femme» que prenait, selon eux, l'affaire.
Ces différents signaux montrent que la défense de la femme de chambre du Sofitel a bien l'intention de maintenir la pression sur le procureur Vance dans une phase décisive du dossier. Et que l'affaire est désormais sortie du strict terrain judiciaire pour atteindre les sphères politiques et communautaires de New York.






















