TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

lundi 27 mai 2013

Monsieur le président

Monsieur le président


Le dernier sondage IFOP marque  une amélioration de 4 points de la popularité du chef de l’Etat qui passe à 29% de satisfaits et les commentateurs, se matin, affichent dans l’ensemble leur surprise et leur satisfaction, même si ce niveau reste extrêmement faible. Sur la personnalité et la politique de François Hollande tout a été dit, un milliard de fois, et il ne servirait à rien d’en rajouter ici. Ce n’est pas de cela que je voudrais parler, mais plus généralement, du rôle que l’on entend faire jouer au président en France. Je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a quelque chose de mensonge grossier, de manipulation profonde à vouloir  à tout prix faire dépendre d’un seul homme le sort d’un peuple d’une nation. L’illusion est totale. Les sujets de société, sur le plan intérieur comme international, sont d’une complexité inouïe et un homme seul ne saurait avoir aucune prise sur la réalité. L’excessive personnalisation du pouvoir n’est pas un problème de morale politique en soi mais pire, une supercherie favorisée par la médiatisation de la vie politique. L’image du chef de l’Etat est omniprésente, comme dans une sorte de culte de la personnalité mais ce matraquage visuel ne reflète en rien la réalité d’un pouvoir. L’élection du chef de l’Etat au suffrage universel est ainsi détournée de sa signification, aboutissant à faire du président un réceptacle des échecs et des frustrations et non plus le moment privilégié d’un choix positif par la nation de celui qu’elle appelle à guider son destin. Un président peut aujourd’hui s’agiter, gesticuler, communiquer, s’il n’a pas avec lui une équipe, un groupe d’hommes et de femmes, une dynamique de personnalités déterminées et compétentes, ses mouvements tournent dans le vide. Un homme d’Etat doit avant tout savoir s’entourer et susciter une dynamique autour de lui.  Il ne peut pas y avoir de grand président sans un excellent Premier ministre, une équipe de ministres solides et responsables, désintéressés, portés à l’action et non à la frime, un Parlement, des élites éclairées et courageuses et une véritables popularité car rien de durable ni de cohérent ne peut se faire sans la confiance et l’appui du peuple – ce que le général de Gaulle avait parfaitement compris.  On est bien loin de tout cela, sur une autre planète… Ci-jointe l’interview sur ces sujets donnée au quotidien JOLpress.

«Hollande ta mère, elle s'appelle pas Robert!»

Dans quel camp est la peur? Alors que le troisième grand rassemblement contre le mariage pour tous remplit les rues parisiennes, et ce, en dépit de l’adoption de la loi Taubira et de sa validation par le Conseil Constitutionnel, les manifestants ne « lâchent rien ». Et les politiques non plus. Chacun campe ainsi dans son rôle - qu'il joue d'ailleurs fort bien – et qui, poussé, jusqu’à son point d’incandescence pourrait conduire à l'affrontement.   
Mis à mal par les récents heurts au Trocadéro suite au sacre du PSG, puis par les débordements qui ont émaillé chacune des précédentes Manif pour tous, réunissant selon les organisateurs 1 million de personnes le 13 janvier et près d'un million et demi le 24 mars, le ministre de l'Intérieur a choisi, ces derniers jours, la meilleure défense : l'attaque. 

Manuel Valls a donc conseillé « à tous ceux qui voulaient se rendre à cette manifestation de réfléchir, d'être prudents », en raison de « menaces » que font peser des « groupes d'extrême droite » et qui « ont prospéré dans le mouvement contre le mariage pour tous ». Vous avez peur ? 
  


Jean Francois Copé non. Il n’a peur de rien le chef de l’UMP par autoproclamation. Sans attendre, il a dénoncé « les tentatives inacceptables de pression et d'intimidation » du ministre de l'intérieur pour tenter de décourager les opposants au mariage pour tous. 

Contrairement à d'autres responsables de l'opposition, comme François Fillon, François Baroin ou encore Alain Juppé, le président de l’UMP ne désarme pas se rêvant en nouveau Bonaparte. Et à voir la détermination de ceux qui ont battu, aujourd’hui, le pavé, son pari est le bon, au moins à court terme. 
  
Passons en revue ses troupes. Un flot de cheveux grisonnants, de bérets, de lunettes grossissantes frappe tout d'abord. Les « panthères grises » sont dans la rue. 
  
A quelques mètres du cortège, une dame dont l'appareil auditif trahit l'âge peine à monter les escaliers. Elle fera à pied le kilomètre qui la sépare des Invalides, la préfecture ayant donné l'ordre de fermer les stations de métro situées aux alentours du point d'arrivée de la manifestation. 
  
Plus loin, un grand père joue avec ses petites filles. Elles tournent autour de sa chaise roulante, à laquelle le vieillard a attelé sur le devant un guidon et un moteur. Beaucoup de corps chenus, courbés et tout à coup, comme une éclaircie générationnelle : la vingtaine flamboyante, lunettes roses bonbon sur le nez, des jeunes distribuent bracelets, pics, chapeaux et autres accessoires. 

Entre les deux pôles, il semble seulement manquer à l’appel dans cette « grande famille française » qui défile comme un seul corps, une ou deux générations. 
  
Et les slogans qui mènent cette (presque) vaillante troupe ? Certains sont empruntés aux pièces de théâtre de boulevard pour comités d’entreprise tels que « Hollande ta mère elle s'appelle pas Robert ». D’autres sont plus lyriques : « Nous sommes un flot humain se déversant sur les Invalides », voire prophétiques : « On est 1 million 600.000, bravo ! ». 
  
Discrètes, les forces de l'ordre veillent, matraques, bombes lacrymo ou flash ball à la ceinture.« Je pense que ça va être calme » déclare un CRS bien confiant avant de poursuivre « nous sommes plus nombreux à cause de ce qui s'est passé au Trocadéro. Mais je ne peux pas parler, Valls est mon patron. » Devront-elles charger? 

Visiblement pas sur les poussettes, les cannes et autres déambulateurs qui prennent actuellement le goûter devant eux. 

LA MOBILISATION DES EGLISES PARISIENNES 

En ce jour de Fête des mères, alors que les catholiques fêtent aussi la Sainte Trinité, certaines des 123 paroisses parisiennes se mobilisent. Une infime minorité. Seules 11% d’entres elles, soit un peu plus d’un dixième, invitent leurs fidèles à défiler parmi l’un des trois cortèges qui rejoint l’Esplanade des Invalides. 
  
Quatorze paroisses en somme dont les bulletins d’informations hebdomadaires oscillent entre :  
- simple rappel de la manifestation 
- appel à manifester, 
- voire organisent un départ groupé à l’issue de la messe dominicale. Ainsi avez-vous pu pique-niquer dès 11h à Saint-Antoine de Padoue, (XVe) ou vous êtes-vous retrouver à 12h30 à Notre Dame de Lorette ( XIe) ou à Notre Dame de la Salette (XVe). Pour les retardataires, il était toujours possible de se rendre à 13h15 à Notre Dame de Nazareth ( XVe). 

Pour les paroisses les mieux organisées, un service de garderie a été mis en place pour permettre à un plus grand nombre d'adultes de manifester. A Notre Dame de Grâce de Passy notamment, (XVIe). 

La palme du zèle revient néanmoins à la paroisse Saint Jean Baptiste de la Salle d ans le XVe arrondissement, qui pour défendre 1 papa + 1 maman a prévu en plus de la garderie, un « chapelet pour tous », pour prier à défaut de manifester. 
  
Ainsi les arrondissements les plus cossus de la capitale sont aussi les plus mobilisés, le XVe, XVIe et XVIIe arrivant en tête du peloton. Avec une mention spéciale pour la paroisse Saint Charles de Monceau, qui se fait presque menaçante : 

« Sur le site du conseil constitutionnel se trouvent les noms des élus qui ont présenté le recours contre la loi Taubira. Je suis surpris que notre circonscription (sauf erreur) ne soit pas représentée » déclare le curé avant de poursuivre « Alors que déjà se trament des stratégies en vue de notre prochain appel aux urnes. C’est intéressant à noter ! ». 


François Hollande est un radis!

y a quelques décennies, lorsque le communisme existait encore, les communistes adoraient traiter les socialistes de « radis », car disaient-ils, « ils sont rouges dehors et blancs dedans ». (Ils reprenaient là une attaque déjà utilisée contre les radicaux qui se terminait par « et toujours près de l’assiette au beurre ») C’était une manière de renvoyer les adeptes de Léon Blum à leur supposée « collaboration de classe », masquée par un vernis anticapitaliste. A regarder François Hollande, on doit hélas se rendre à l’évidence : l’image éculée, a toujours du vrai ! Souvenons-nous : lors de sa conférence de presse la semaine dernière, le même François Hollande, questionné au vu de ses positions réformistes et pro-européennes sur son orientation « sociale-démocrate » jouait encore sur les mots en répondant : « Je suis un socialiste au service de la France. » Une manière de dire : je suis rouge, regardez ma robe… 

Mais à Leipzig, lors des cérémonies célébrant le 150ème anniversaire du SPD, parti social-démocrate de l’Allemagne, changement de discours. Non seulement Hollande n’a jamais employé le mot « socialiste », ne serait-ce pour marquer sa petite différence, mais en plus il fait l’éloge des ruptures que le SPD avait assumées au grand jour et que le parti français avait,  lui, masqué. 
Le discours de Leipzig, assez court, fait apparaître une étrange relation entre les partis français et allemand. Comme si le premier reconnaissait au second, né effectivement près de cinquante années plus tôt que lui, une prééminence idéologique, une position de guide politique. Ainsi François Hollande se sent-il redevable envers les sociaux-démocrates allemands d’avoir apporté « la démocratie », « le progrès » et « le réalisme » dans  son mouvement. 
Le réalisme surtout ! Ainsi du congrès de Bad-Godesberg de 1959, lors duquel le parti allemand accepte l’économie sociale de marché, quand la SFIO, et même le PS acclameront la « rupture avec le capitalisme » jusque dans les années 80… 
Mieux, ou pire, François Hollande s’est livré a un éloge particulier des réformes antisociales de l’ex-chancelier Gerhard Schröder « Le progrès, c'est aussi de faire dans les moments difficiles des choix courageux pour préserver l'emploi, pour anticiper les mutations industrielles et c'est ce qu'a fait Gerhard Schröder ici en Allemagne et qui permet à votre pays d'être en avance sur d'autres »a fait valoir le président français. 
Voici donc le débat intérieur français étrangement éclairé : faudra-t-il pour imiter Schröder faire chez nous les réformes Hartz ? Introduire le revenu à 1 euro par jour ? Réduire les indemnités de chômage à 12 mois ? Elargir le statut d’auto-entrepreneur ? Faire grossir le nombre de travailleurs pauvres ? 
De retour dans l’Hexagone, il faudra bien que le président s’explique, et un peu plus précisément qu’avec cette phrase lapidaire :  « Ces décisions ne sont pas faciles à prendre, elles peuvent faire surgir des controverses, mais rien ne se construit, rien de solide ne se bâtit en ignorant le réel. » 
Mais le fait est là, en Allemagne, Hollande a dit en substance: « regardez l’intérieur, comme je suis blanc… ». Vérité en-deça du Rhin, mensonge au-delà ?

Un an de présidence Hollande: l'instabilité climatique pour les entrepreneurs


Depuis un an, les relations entre le gouvernement et les chefs d'entreprises ont été à l'image du dérèglement climatique : grêles, pluies, brouillards et embellis, coups de chaud et glaciations n'ont cessé d'alterner. Déjà fin 2012, la rapidité avec laquelle nous sommes passés du rapport Gallois sur la compétitivité aux foudres de monsieur Montebourg sur Florange et Mittal préfigurait une relation en dents de scie et montagnes russes. Depuis, le rythme n'a pas faibli, les signaux se sont encore brouillés et nous cherchons toujours une lisibilité minimale aux injonctions paradoxales du gouvernement et du Président du la République.
Un début de quinquennat calamiteux.
L'orage a commencé, dès le discours du Bourget et s'est accentué avec le vote du projet de loi de finances 2013. Ce dernier prévoyait de taxer les revenus du capital comme ceux du travail. Pourtant, entreprendre, ce n'est pas spéculer, défiscaliser et s'exiler. C'est créer, investir et conquérir. Le gouvernement avait fini, nous semblait-il, par entendre ce message. Mais, le mauvais temps a perduré : il y a eu l'acharnement sur la taxe à 75% avec son lot de caricatures et de stigmatisation des chefs d'entreprises.
Dans ce gros temps, des initiatives positives, comme la création du crédit d'impôt compétitivité ou de la banque publique d'investissement, sont apparues comme des arcs-en-ciel : ils annoncent souvent une éclaircie, mais sont toujours des mirages. Ainsi, le diagnostic établi par le rapport Gallois sur la compétitivité était le bon, mais sa mise en œuvre reste des plus laborieuses. Nos entreprises ont besoin d'un choc de compétitivité, pas d'une réforme à un train de sénateur.
De brèves éclaircies.
Toutefois, "après la pluie, le beau temps" et à cet égard, l'Accord National Interprofessionnel a marqué une rupture très encourageante. Mais, une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, sa transposition douloureuse a été suivi de la proposition de loi d'amnistie. Cette tentative d'absoudre des délits commis par des groupuscules violents au risque de faire perdre toute légitimité aux syndicats réformateurs et au dialogue social, mais surtout l'indécision du Premier Ministre et du chef de l'Etat, nous a indigné.
Avec les assises de l'entrepreneuriat, le chef de l'Etat nous a enfin donné l'impression d'être compris. Les annonces étaient attendues : sensibilisation à l'entrepreneuriat à l'école, création d'un "visa entrepreneur", refonte de la taxation des plus-values de cession... Mais là encore, l'embelli aura été de courte durée puisque suivie d'annonces contradictoires et de nouveaux louvoiements : le projet de loi mal ficelé sur les actions de groupe avec le risque de judiciarisation à outrance et de ruine des PME ; l'affaire Yahoo Dailymotion avec une nouvelle cacophonie gouvernementale et un certain mépris des stratégies de nos entreprises ; la proposition de loi sur la reprise des sites rentables qui sème aussi le doute sur la capacité du gouvernement à comprendre les mécanismes de l'économie.
De la constance.
Ainsi, à l'instabilité économique, le gouvernement a ajouté l'inconstance politique. Or, au terme de cette première année de mandat, le bilan économique de François Hollande rend compte de cette difficulté à assumer franchement et fermement le virage de l'offre et du pragmatisme. L'économie reste atone et les chefs d'entreprise ne savent plus à quel saint se vouer.
A présent, le principal gage que peuvent attendre les chefs d'entreprises, c'est que l'Etat entame véritablement sa réforme et la réduction des dépenses publiques. Les ménages et les entreprises ont largement assumé l'ensemble des efforts face à la crise. Les prélèvements obligatoires représentent plus de 46% du PIB. Ils corsètent notre économie. Les réduire, rendre l'Etat plus efficace, voilà ce qui rendra de la crédibilité au Président de la République et au gouvernement pour les quatre prochaines années. Ce sera le signal que la barre est tenue et qu'un cap est fixé.

La Fête des Mères existe depuis la Grèce antique

La Fête des Mères est à l’honneur aujourd’hui et les premières célébrations remontent à la Grèce antique.

La Fête des Mères est internationale, mais la date varie d’un pays à un autre. Les premières traces remontent à la Grèce antique. Des cérémonies étaient organisées à l’époque en l’honneur de Rhéa, la Grand-mère des dieux et la mère de Zeus. Au 15e siècle, les Anglais célébraient le Mothering Sunday au début du carême puis la 4edimanche. La première fête identique à celle que nous connaissons remonte à 1908. Le Mother’s Day est instauré aux États-Unis.

Une fête instaurée dès 1929

La Fête des Mères va ensuite s’exporter dans de nombreux pays, dont la France. C’est le village d’Artas qui depuis le 10 juin 1906 s’est revendiqué le berceau de la fête des Mères. La ville de Lyon célèbre à son tour cette journée dès 1918 en instaurant la journée des Mères, elle était dédiée à toutes les épouses et les mères qui avaient perdu leur mari ou leurs fils lors de la Première Guerre mondiale. Le gouvernement officialisera la fête des Mères en 1929, la date sera inscrite dans le calendrier dès 1941 sous le régime de Vichy. Le maréchal Pétain voulait redonner au pays les valeurs familiales.

Bonne fête des Mères

Après la Seconde Guerre mondiale, les Français rendent hommage aux Mères. Cette célébration est mondiale et la date varie en fonction des pays. Ainsi en Indonésie, elle est célébrée le 22 décembre,  enBelgique c’est le 15 août et par exemple en Géorgie c’est le 3 mars. Nous souhaitons donc une très bonne fête à toutes les mamans.


Paru dans le POINT


"Monsieur le Président de la République,

D'abord, je me présente : Clara G., 20 ans, étudiante en deuxième année d'histoire à la Sorbonne. Si je vous écris, c'est pour vous expliquer pourquoi j'aimerais faire ma vie ailleurs qu'en France. Comme une majorité de jeunes Français, d'ailleurs, à en croire les résultats de ce sondage Viavoice pour W-Cie publié en avril. A la question : "Si vous le pouviez, aimeriez-vous quitter la France pour vivre dans un autre pays ?", 50 % des 18-24 ans et 51 % des 25-34 ans ont répondu oui, contre 22 % pour les personnes âgées de plus de 65 ans.
Vous voyez, les temps changent. Mes grands-parents soixante-huitards avaient eu la tentation de la révolution, j'ai la tentation de l'expatriation. Mes grands-parents, qui coulent aujourd'hui une retraite heureuse dans leur petite maison de campagne du Limousin, rêvaient de transformer la société française, je ne songe qu'à la fuir.
Cela va sans doute vous choquer, mais d'abord pour des raisons fiscales. Pas les mêmes que Jérôme Cahuzac, je vous rassure, mais simplement parce que je n'ai pas envie de travailler toute ma vie pour payer des impôts dont une bonne partie ne servira qu'à honorer les 1 900 milliards d'euros de dettes que votre génération nous a aimablement légués en héritage. Si ces emprunts avaient au moins servi à investir et préparer l'avenir du pays, si j'avais l'impression de pouvoir en profiter un peu, cela ne me poserait aucun problème de les rembourser. Mais ils ont seulement permis à votre génération de vivre au-dessus de ses moyens, à s'assurer une protection sociale généreuse à laquelle je n'aurai pas droit. A s'offrir des vies, j'allais dire "pépères", mais j'ai peur que le mot vous froisse.
Mon travail et mes impôts vont devoir également payer vos retraites que vous n'avez pas pris la peine de constituer, et puis aussi tous les frais de santé et de dépendance de toutes ces personnes âgées que vous allez devenir et qui, dans moins de vingt ans, seront majoritaires dans le pays. Du coup, que me restera-t-il comme argent pour vivre convenablement et élever mes enfants ? J'ai lu il y a quelques jours une étude de l'économiste Patrick Artus qui m'a fait un peu froid dans le dos : "Avec la faiblesse de la croissance potentielle et compte tenu du vieillissement démographique,écrit-il,les jeunes français ont la perspective de subir une stagnation continuelle de leur pouvoir d'achat pendant leur vie active." Avouez que ce n'est pas un projet de vie très réjouissant.
Mais le plus déprimant, c'est de savoir très exactement de quoi sera faite ma vie si je reste en France. Une fois mes études terminées, une fois mes beaux diplômes inutiles obtenus, je rejoindrai sans doute d'abord les rangs fournis des jeunes chômeurs avant d'enquiller pendant des années les stages et les CDD. Je serai, comme le disent les spécialistes, je crois, la "variable d'ajustement" d'un marché du travail qui a choisi délibérément d'exclure les jeunes pour protéger les salariés en CDI bien en place. Avec ces petits boulots précaires et mal payés, il me sera impossible de convaincre un banquier de m'accorder un prêt immobilier pour m'acheter un appartement à Paris. Et si jamais, par une sorte de miracle improbable, je venais à gagner beaucoup d'argent, je sais d'avance que non seulement je devrais en reverser l'essentiel au fisc, mais que cela me vaudrait aussi l'opprobre général de mes concitoyens et votre mépris personnel.
Voilà pourquoi, Monsieur le Président, je songe à quitter la France. Pourquoi aussi votre - au demeurant charmant - ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, devrait moins se préoccuper des dangers de l'immigration que des menaces de l'émigration de la jeunesse du pays. Je partirai où ? En Allemagne peut-être, dont vous dites tant de mal, mais qui a l'air d'être un pays qui a confiance en lui. Ou alors plus loin, au Canada, en Australie. Ou dans un pays en développement. En Afrique, pourquoi pas ?
Car - c'est aussi ce qu'indiquait le sondage Viavoice - je suis comme l'ensemble des jeunes Français. Je ne vois pas du tout la mondialisation comme une menace, mais plutôt comme une chance. Mais ce n'est sûrement pas dans une France qui fait tout pour s'en protéger, où vos ministres et camarades socialistes passent leur temps à dire qu'elle constitue un mal absolu, que je vais pouvoir en profiter. Alors, oui, j'ai envie d'aller vivre dans un pays où il y a de la croissance, où les salaires augmentent, où être riche n'est pas considéré comme un péché mortel, un pays surtout où l'on a le sentiment à la fois individuel et collectif que demain sera meilleur qu'aujourd'hui.
Vous me direz que je manque du sens le plus élémentaire de la solidarité nationale, que je suis affreusement matérialiste et parfaitement égoïste. C'est sans doute un peu vrai. Mais mon égoïsme n'est rien en comparaison de l'égoïsme dont ont fait preuve vos prédécesseurs et vous-même, qui avez sacrifié notre génération en gaspillant l'argent public pour ne pas avoir à prendre de décisions difficiles.
Je me disais quand même, Monsieur Hollande, que vous alliez faire "bouger les choses", que vous alliez redonner un peu d'espoir à une jeunesse qui ne peut pas s'en passer. Je m'aperçois aujourd'hui qu'en fait, malgré vos grands discours enflammés sur les jeunes, en un an la France a vieilli de dix ans. Qu'elle se rabougrit, se fige, se crispe, s'aigrit à toute vitesse. 
Quel dommage ! Quel gâchis !
Voilà ce que tenait à vous dire, Monsieur le Président, la mauvaise citoyenne que je suis et l'expatriée qu'il me tarde d'être."

dimanche 26 mai 2013

L'Europe ou l'enlèvement des Sabines

L'Europe est lancée dans une course folle en avant, qui risque de ne déboucher sur rien de bon pour la liberté de chacun.

Après les coûteuses et surtout monstrueuses expériences national-socialiste et communiste du XXème siècle (provisoirement) closes le 9 novembre 1989 avec la chute du mur de Berlin, j’ai toujours du mal, aujourd'hui, à concevoir que ces terribles leçons du passé n’aient pas rendu les hommes plus réfléchis et peut-être même plus clairvoyants.
Mais il faut aussi se rendre à l’évidence que nombre de nos frères humains paraissent affligés d’une sorte d’infirmité congénitale proprement stupéfiante tant elle est capable, au prix d’incalculables et tragiques conséquences, de les inhiber mentalement jusqu’à retomber sans coup férir dans les schémas de pensée les plus éculés du monde.

Mais le plus grave, dans cette véritable affaire de civilisation, c’est qu’à force de croire, fût-ce même de bonne foi, que l’avenir ne vous réservera jamais plus – plus jamais ça ! - ce que l’humanité a déjà connu de pire dans le passé, on prend à nouveau le risque insensé de recréer, sous des formes inédites, les conditions d’une catastrophe à venir.
Ainsi en va-t-il de l’Union européenne qui, ayant succombé aux sirènes du socialisme, se voit désormais détournée de son noble but initial, la paix perpétuelle entre les nations d’Europe, pour se lancer à corps perdu vers une énième expérience constructiviste menée, sous de vraies-fausses apparences démocratiques, contre l’intérêt supérieur des peuples.
Car c’est bien à partir du traité de Maastricht, d’ailleurs ratifié du bout des lèvres par les Français en 1992, que s’est effectuée la rupture brutale en forme de fuite en avant, aventureusement jugée irréversible dans l’esprit de ses concepteurs, qui va insensiblement mais sûrement jeter l’Europe contemporaine sur la route de la servitude.
“Le traité de Rome fut, en 1957, la principale réussite de la vision libérale-classique pour l’Europe. Le traité instaurait les quatre libertés : liberté de circulation des biens, liberté d’offrir ses services, liberté de mouvement du capital financier, et immigration libre (...) Rien de plus que la liberté n’est nécessaire pour accomplir cet idéal de coopération pacifique et d’échanges florissants”.[[1. Philipp Bagus : “La tragédie de l’euro” (L’Harmattan, décembre 2012)]]
A la suite de la trahison des clercs français qui ont nom François Mitterrand et Jacques Delors, nous avons aujourd’hui quitté cette voie royale tracée par les Pères fondateurs et ne cessons plus, pour notre malheur, de nous en éloigner à la vitesse de l’éclair ! J’en veux pour preuve les événements intervenus coup sur coup tout récemment :
- 1. En date du 16 mai 2013, à Paris, François Hollande a plaidé pour l’instauration d’un gouvernement économique européen qui “débattrait des principales décisions de politique économique à prendre par les États membres, harmoniserait la fiscalité, commencerait à faire acte de convergence sur le plan social, par le haut, et engagerait un plan de lutte contre la fraude fiscale”.
- 2. Le 19 mai dernier, Michel Barnier, commissaire européen au Marché intérieur et aux Services, a accordé, en termes très deloristes, un entretien au Journal du Dimanche portant fondamentalement sur les questions relatives à un fonctionnement idéal de l’UE :
“Un socle fiscal et social commun est aussi une condition pour avoir un marché intérieur juste. Nous devons revenir vers l’économie sociale de marché, que l’on a abandonnée depuis trente ans au profit d’une ligne ultralibérale (...) La convergence fiscale et l’harmonisation sociale, évidemment qu’il faut les faire (...) trop souvent nous nous heurtons à la règle de l’unanimité, qu’il faut changer”.
Quoi de plus naturel, en effet, que l’économie sociale de marché dès lors que la chancelière Angela Merkel elle-même ne jure que par le concept de Soziale Marktwirtschaft forgé par Ludwig Erhard en 1949 ? Quant au reste, Michel Barnier peut toujours rêver d’une révolution copernicienne s’inscrivant en faux des réalités du vrai monde...
3. Le 22 mai dernier s’est donc tenu, à Bruxelles, un sommet sur le thème lancinant, pour les chefs d’État et de gouvernement surendettés ou à tout le moins impécunieux, de la fraude et de l’évasion fiscale sans trop faire de différence entre les uns, qui sont de purs délinquants, et les autres qui s’organisent légalement pour fuir lesenfers fiscaux.
Pour conclure mon propos, je me suis toujours demandé si la Commission européenne était aussi (ultra)libérale que de braves gens comme vous et moi peuvent être portés à le croire; au contraire, ne s’adonnerait-elle pas au double jeu suivant : opérer une libéralisation contrôlée de l’espace intérieur pour mieux ancrer la mainmise du super État en gestation ?
En l’occurrence, ainsi que l’a théorisé un grand esprit libéral français scandaleusement mis au placard en France même : ce qui se voit, c’est-à-dire la liberté en action mais sous caution, et ce qui ne se voit pas, qui est bien pire, la nouvelle tyrannie à visage humain en cours d’élaboration. Mais la théorie du complot, moi, vous savez...

Recul payant ?

Recul payant ?


À première vue, il s’agit d’une reculade. À première vue seulement. Le ministre de l’Économie Pierre Moscovici a admis hier que le gouvernement renonçait à encadrer par la loi les salaires de grands dirigeants. François Hollande en campagne avait pourtant promis la foudre sur les patrons trop gourmands. Il en appelait alors à « limiter les revenus indécents ».
En n’évoquant plus qu’un code d’autorégulation des rémunérations, Pierre Moscovici ne joue pas si mal. D’abord, il évite de trop charger la barque gouvernementale, au moment où l’on voit toute la difficulté du pouvoir à imposer la fameuse taxe à 75 % sur les revenus supérieurs à un million d’euros. Un combat à la fois !
En relâchant un peu la pression sur les chefs d’entreprise les mieux payés, le ministre de l’Économie marque aussi des points, dans la stratégie de rapprochement entre l’exécutif de gauche et le monde de l’entreprise. Il devance et écarte de la sorte certaines accusations de sectarisme de classe, voire d’antipatronat primaire.
Mieux, en renvoyant les grands patrons à leurs responsabilités, Pierre Moscovici renverse en quelque sorte les rôles. Aux gros salaires d’agir, cette fois. Tant sous la poussée des dirigeants de PME dont les revenus sont loin d’être astronomiques et qui refusent l’amalgame, que sous le regard effaré de l’opinion. Alors que la crise émiette le tissu économique et secoue les régimes sociaux, l’affichage de salaires hors de toute proportion dessert la cause des entreprises en général : les discours managériaux sur le partage des efforts de rigueur entre tous et une meilleure répartition des fruits d’un retour à la croissance n’y gagnent pas en crédibilité.
Pierre Moscovici avance de manière tellement calculée qu’il fait mine de menacer : il veut une autorégulation des salaires « exigeante », et sinon passera par la loi. Manœuvre dont il se garde bien pour l’instant. 
L’essentiel est de faire comme si l’on y croyait.

samedi 25 mai 2013

Le festival de pannes

Le festival de pannes


Finie la spontanéité, tout n'est plus que stratégie, avez-vous remarqué ? La droite ne quitte plus des yeux la ligne bleue de 2017, objectif Matignon à gauche où l'idée d'un possible remaniement a stoppé net les incartades tandis qu' il est déjà demain quand passe le temps de Moustaki et que tweets vulgaires ou coup de balai font office d'idéologie chez Mélenchon. Et jusqu'à sa propre mort violente qu'un intellectuel malade instrumentalise au service d'idées ressurgies de la fange nauséabonde. Pour habiles que soient les stratégies ce sont les effets qui valent et nous ne voyons que stérilité et égoïsme dans celles qu'affichent nos ténors dans une France qui ne cesse de s'affaiblir depuis des décennies pour avoir choisi la consommation et délaissé l'appareil de production depuis Pompidou.
L'objectivité est inaudible dans le discours des chefs de partis et de leurs bataillons de porte-parole, disparu aussi le courage de regarder les choses en face et de dire ce qui marche ou ce qui ne marche pas. Le court terme est la règle et le peureux principe de précaution son application. Pour un responsable politique la seule stratégie devrait être l'art de faire face au destin de son pays, selon le mot de Peter Drucker.
Le chômage est incontrôlable, le pouvoir d'achat des ménages plonge et leur moral avec, PSA multiplie les bras d'honneur au gouvernement et aux ouvriers, la crise s'éternise et fait craindre pour la protection sociale… Mais que notre quotidien ressemble de plus en plus à un festival de pannes n'empêche pas Copé de dire qu'il reviendra sur le droit du sol, Fabius de tacler Moscovici, Valls de faire des rappels à la solidarité gouvernementale en pensant à sa promotion, Goasguen de flinguer en oubliant de dire que c'est lui qui a autorisé la fête du PSG, Rebsamen de protéger son fromage et Fillon d'oublier ses responsabilités d'hier. Et toujours pas trace de la rupture claironnée de tous les bords.
Jouer l'Europe, mettre sa vie et son action à l'épreuve de ses convictions, engager les mutations décisives pour oublier la médiocrité et déchirer la grisaille… C'est aussi l'espoir et la joie de vivre de son peuple qui feront la force d'une France enfin débloquée et réenchantée.

Le cousin… germain

Le cousin… germain


Du Hollande tout craché ! Un formidable numéro d'équilibriste. Une synthèse funambulesque. Hier, à l'occasion des 150 ans du Parti social-démocrate allemand (SPD) à Leipzig, notre président de la République a déployé des trésors d'habileté pour ne froisser personne dans cette célébration étonnamment consensuelle. Pas plus la chancelière Angela Merkel que les dirigeants du SPD. Seul chef d'État étranger invité à s'exprimer, François Hollande s'est bien gardé de tout soutien ostensible à l'adversaire de la chancelière pour les élections de septembre. Au fond, ce sont peut-être les socialistes français qui auront été les plus irrités par la prestation de François Hollande.
Car on peut réellement se demander si ce n'est pas d'abord à eux que s'adressait son discours vantant les « choix courageux » de l'ancien chancelier du SPD, Gerhard Schröder. Tel s'est donc révélé François Hollande : Président socialiste en deçà du Rhin et social-démocrate admiratif au-delà ! Doit-on y voir, après trop de circonlocutions, une fin de l'ambiguïté ?
Mais l'apologie d'une politique refusant « d'ignorer le réel » n'aura pas été la seule correction de trajectoire assénée aux idéologues de gauche. François Hollande s'est montré soucieux de réparer les pots récemment cassés par Solférino. Les « tensions amicales » ont fait place à « l'indispensable » couple franco-allemand. Pragmatique et réaliste, François Hollande a compris qu'il ne pouvait se passer de l'appui de la femme « la plus puissante du monde » selon le magazine Forbes.
Dans son souci de prendre des « initiatives » pour relancer une gouvernance économique européenne, François Hollande a abandonné la logique d'un bras de fer perdu d'avance. Voilà pourquoi il a évité d'insulter l'avenir. Tout laisse penser qu'Angela Merkel restera son interlocutrice dans quelques mois. Après une période d'inutiles errements, François Hollande a revêtu l'habit d'un aimable cousin… germain !

UMP : les risques de la division

UMP : les risques de la division


À l'UMP, il y a ceux - peu nombreux - qui ont voté le mariage pour tous ou qui se sont abstenus. Ceux qui l'ont combattu, mais estiment que la place d'un parlementaire n'est pas d'être dans la rue. Ceux qui se méfient de la récupération du mouvement à des fins inavouées et ceux qui seront dans la rue, dimanche.

Il y a les maires qui refusent de marier des homosexuels et ceux qui, à contrecoeur, appliqueront la loi de la République. Ceux qui promettent de défaire le texte s'ils reviennent au pouvoir et ceux qui savent qu'on ne démariera jamais les couples gays. Ceux qui considèrent qu'il faut passer à autre chose et ceux qui prétendent entrer en résistance, au mépris des institutions.
Au sein de la droite en général, et de l'UMP en particulier, le mariage pour tous, que l'on pensait fédérateur, provoque la désunion, par exemple à Paris : les anti-mariage sont prêts à tout, y compris à faire perdre la seule, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui offre à la droite une chance de gagner la mairie.
Nombre de cadres de l'UMP, conscients que la machine à perdre repart, tirent la sonnette d'alarme et refusent de rêver de vague bleue sous prétexte que la majorité s'effondre dans les sondages. Car cette affaire de mariage n'est qu'une illustration, parmi d'autres, de ce qui fâche et coince dans la famille.
Si la cohérence de la majorité n'est pas toujours lisible, la ligne de l'opposition, elle, est invisible. Que ce soit sur l'Europe, sur les moyens de la croissance, sur la transformation du modèle social ou sur la décentralisation, à dix mois des municipales, personne au-delà de l'incantation, n'est clair.
Un danger pour tous
Même le principe de la primaire en 2016, dont l'encre est à peine sèche, est déjà oublié par certains de ceux qui l'ont voté, considérant que Nicolas Sarkozy ne devrait pas s'abaisser au rang d'un candidat ordinaire !
Les causes ? Au moins trois : l'échec du départage entre François Fillon et Jean-François Copé prive l'UMP d'une autorité reconnue par tous les militants. Il faudrait à tout le moins qu'ils entérinent le statu quo pour déminer la contestation.
Ensuite, depuis un an plane l'ombre d'un retour de Nicolas Sarkozy, très tributaire du calendrier judiciaire, qui empêche toute analyse sereine de l'échec de 2012 et toute reconstruction d'un projet.
Enfin, à trop penser à 2017, on se soucie davantage de ne mécontenter personne ou de se positionner en fonction du Front national qu'à prendre les problèmes des Français à bras-le-corps.
Pourquoi s'en inquiéter ? Pourquoi ne pas se contenter de dire tant mieux pour le pouvoir et tant pis pour l'opposition ? Parce que les deux risquent gros. Dimanche, à en croire les dispositions matérielles, il y aura foule à Paris. Mais pour réclamer des choses différentes, souvent contradictoires, parfois impossibles, au-delà du refus désormais vain du mariage gay.
Sauf s'il s'agissait d'un baroud d'honneur, le pouvoir ne pourrait pas ignorer l'expression, sous prétexte de mariage, d'un divorce massif de l'opinion. L'opposition ne pourrait pas davantage se contenter de postures démagogiques. Car ce serait prendre le risque qu'une contestation désordonnée et passionnelle s'exprime ailleurs, sous des formes incontrôlables.

L’énergie du désespoir

L’énergie du désespoir


Le fil des événements qui s’enchaînent en France comme en Europe, sur le plan factuel comme sur celui de l’esprit, me laisse profondément accablé, tétanisé, sans qu’il ne soit de la moindre utilité d’aller dans le détail. Le niveau actuel de cynisme, d’aveuglement et de renoncement me donne le vertige… Nulle part dans le champ de la vie publique apparente, médiatisée, je ne discerne aujourd’hui la moindre lueur d’intelligence honnête, de sens du bien commun, de lucidité ni de volonté. Je songe parfois à cette phrase de Jean-Paul Sartre, dans sa célèbre préface des « Damnés de la terre » de Frantz Fanon « C’est fini. L’Europe fait eau de toute part. » Que faire ? Deux solutions se présentent. L’une est celle d’Alceste, Molière, à a fin du Misanthrope : « Je vais sortir du gouffre où triomphent les vices/et chercher sur la terre un endroit écarté/où d’être homme d’honneur on ait la liberté. » L’autre, à l’inverse, est celle de Michel Montaigne, les Essais, tome III chapitre 9 : « On peut regretter de meilleurs temps mais on n’a pas le droit de fuir aux présents. » Même en l’absence d’espoir, même dans l’obscurité, la dignité de chacun lui commande de continuer à y croire – j’ai conscience du paradoxe – et à se battre, au sens noble du terme. Cela s’appelle l’énergie du désespoir, l’instinct de survie, l’instinct de vie, l’élan vital… Ma « maxime » favorite, est bien connue et des plus banales mais j’y tiens quand même : « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. » (Guillaume d’Orange).

L'Allemagne, pays le plus apprécié au monde... y compris en France


D'après un sondage de la BBC, l'Allemagne est un véritable star appréciée (presque) partout. La France arrive cinquième de ce classement. L'Union européenne voit sa popularité s'effondrer outre-Rhin, mais également au Royaume-Uni.
L'Allemagne n'a jamais été aussi populaire ! D'après un sondage commandé par la BBC portant sur près de 26.000 personnes dans 25 pays, le pays dirigé par Angela Merkel arrive premier d'une liste de quinze pays. Les sondés étaient invités à apprécier l'influence positive ou non du pays dans le monde. Derrière l'Allemagne, on retrouve  le Canada, le Royaume-uni, le Japon, puis, à la cinquième place, la France.
Plus surprenant, ce sondage montre que les Français sont, à une écrasante majorité, germanophiles. Notre voisin recueille en effet 81% d'opinions favorables en France. Les petites polémiques de ces derniers mois accusant la France de germanophobie en raison de divergences sur le plan politique et économique dans la zone euro seraient donc qu'écume.
Seuls les Grecs n'aiment pas l'Allemagne
Il n'y a guère que les Grecs pour se montrer plus nuancés. 52% d'entre eux ont émis une appréciation défavorable à l'égard de l'Allemagne qui, il faut le rappeler, cristallise un fort ressentiment dans les pays d'Europe du Sud durement touchés par cinq années de crise et d'austérité forcée. A l'exception, néanmoins des Espagnols qui sont tout de même 59% à déclarer une opinion positive sur l'Allemagne.
Les Allemands, en revanche, ne semblent pas plus europhiles qu'il y a un an. D'ailleurs, l'Union européenne, sixième du classement, perd 14 points à 59% d'opinions favorables. Au Royaume-Uni également, l'euroscepticisme est en train de monter. Les Britanniques sont, pour la première fois, plus nombreux à avoir une opinion négative sur l'Europe à 47%, contre 42%. La question d'un référendum de sortie de l'Union européenne est d'ailleurs plus que jamais d'actualité outre-Manche.

Affaire Tapie : cinq questions sur le statut de témoin assisté de Christine Lagarde


Après deux journées d'audition devant les magistrats de la Cour de justice de la République, Christine Lagarde en est ressortie, vendredi 24 mai, avec le statut de témoin assisté. La directrice générale du FMI a été interrogée sur son intervention dans le règlement du litige avec Bernard Tapie après la vente d'Adidas. Francetv info revient sur cette annonce et sur ses conséquences.

Que signifie cette décision ?

Le statut de "témoin assisté", propre au droit français, est un statut hybride à mi-chemin entre le témoin classique et le mis en examen. En ne la mettant pas en examen pour "complicité de faux et de détournement de fonds publics", les juges de la CJR estiment que Christine Lagarde n'a pas manqué à ses obligations, ou du moins qu'ils n'en ont pas la preuve irréfutable. Car le statut de témoin assisté suppose tout de même que l'intéressé est visé par les poursuites.
L'article 80-1 du code de procédure pénale est clair : un magistrat instructeur ne peut mettre en examen "que les personnes à l'encontre desquelles il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu'elles aient pu participer, comme auteur ou complice, à la commission des infractions dont il est saisi". Intermédiaire entre simple témoin et mis en examen, la position de témoin assisté est moins incriminante, puisque peut être entendue sous ce statut toute personne "contre laquelle il existe des indices rendant vraisemblable qu'elle ait pu participer, comme auteur ou complice, à la commission des infractions" (art 113-2).
Le statut de témoin assisté donne également droit à l'assistance d'un avocat qui a accès au dossier et droit de demander au juge d'instruction de réaliser certains actes, comme une confrontation. Il reste toutefois un témoin et ne peut faire l'objet d'aucune mesure coercitive, comme la détention provisoire ou le contrôle judiciaire.

Pourquoi était-elle auditionnée ?

L'ex-ministre de l'Economie, de 2007 à 2011, était mise en cause pour son rôle dans la décision de s'en remettre à un tribunal arbitral qui a octroyé 403 millions d'euros, intérêts compris, à Bernard Tapie en juillet 2008. Le choix d'un arbitrage, décidé dans son principe quand Jean-Louis Borloo était ministre de l'Economie, en mai 2007, a été entériné par Christine Lagarde en septembre/octobre 2007 par des instructions écrites. L'ex-ministre a toujours justifié ce choix par la volonté de mettre fin à une procédure, selon elle longue et coûteuse. Fin janvier, la directrice du FMI a réaffirmé que ce choix était "la meilleure solution à l'époque".

Comment a réagi Christine Lagarde ?

Après deux journées de 13 heures passées dans les locaux de la CJR, la directrice générale du FMI s'est exprimée directement devant la presse. Souriante, elle a elle-même annoncé la décision de la placer sous le statut de témoin assisté, exprimant sa satisfaction : "Mes explications ont permis d'apporter les réponses aux doutes qui avaient été soulevés concernant les décisions que j'avais prises à l'époque. Mon statut de témoin assisté n'est pas une surprise pour moi puisque j'ai toujours agi dans l'intérêt de l'Etat et conformément à la loi."

Le poste de Christine Lagarde est-il menacé ?

Non, pour l'heure. Le FMI avait déjà indiqué, dès jeudi, soit avant l'annonce de la décision, que sa directrice générale n'avait, a priori, pas de souci à se faire. Le conseil d'administration du FMI "continue d'exprimer sa confiance dans les capacités de la directrice générale à assumer efficacement ses fonctions", a dit jeudi un porte-parole. Le FMI devra toutefois revoir sa position si la procédure devant la CJR venait à empêcher Christine Lagarde d'exercer son mandat dans le futur, indique une source au sein de l'institution. Vendredi soir, un communqiué du Fonds indiquait ainsi que "le conseil d'administration sera de nouveau tenu informé de l'évolution [du dossier] dans les prochains jours".

Quelle suite pour cette affaire ?

En ce qui concerne Christine Lagarde, elle va retourner aux Etats-Unis dès lundi : "Il est temps maintenant pour moi de rentrer à Washington poursuivre ma mission à la tête du FMI et rendre compte à mon conseil d'administration." Mais ce statut de témoin assisté, s'il empêche pour l'heure toute mesure coercitive, ne signifie pas que l'ex-ministre ne sera pas à nouveau convoquée un jour.
Concernant l'affaire Tapie, le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a déclaré mercredi que le gouvernement envisageait un recours contre la décision d'arbitrage, en fonction des développements de l'enquête. Mais l'hypothèse d'un remboursement par Bernard Tapie est "irréaliste", a jugé l'homme d'affaires, qui a répété au Parisien,qu'à ses yeux, la décision arbitrale ne pourrait "pas être remise en cause".

Pour la presse allemande, c'est « Sarkollande » et le réveil de « pépère »

Revue de presse des principaux titres d'outre-Rhin sur l'intervention du président français ce jeudi. Des réactions marquées par le scepticisme et la critique plus ou moins ironique.

La presse allemande est plutôt sceptique après le discours du président français de ce jeudi. La plupart des correspondants et des éditorialistes d’outre-Rhin souligne surtout le besoin qu’avait François Hollande de retrouver un souffle. « Hollande tente de trouver une bouffée d’oxygène », titre ainsi le Rheinische Post de DüsseldorfLe Tagesspiegel de Berlin insiste également sur la volonté du président français « de se présenter auprès de ses concitoyens comme un visionnaire de l’Europe. »  Bref, comme le souligne avec une pointe d’ironie acérée la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), le mot d’ordre de cette conférence de presse était « pépère, réveille-toi ! »
« patriotisme »

Sur le fond, certains, comme la Bild Zeitung, pourtant peu susceptible de francophilie, saluent une volonté de réformes du président français. Le quotidien le plus lu d’Allemagne parle d’un « choc sur les retraites » et titre « les Français devront travailler plus longtemps. » Mais ce n’est guère l’avis du très francophobe Spiegel qui estime que pour répondre au « mécontentement », à la « colère » et au « pessimisme » des Français, le président s’est « enfui dans le patriotisme. » Non sans mauvaise foi, le Spiegel termine son article par un « nous sommes une grande nation » attribué à François Holande qui, en réalité, a formulé cette phrase sous forme de question. « François Hollande n’a pas vraiment répondu aux questions urgentes, il a préféré donner, au lieu de cela, dans les envolées patriotiques », résume l’hebdomadaire sur son site Internet.
« Sarkollande » au pouvoir
Concernant l’Europe, la presse allemande n’est guère convaincue non plus et elle n’est pas dupe du projet de gouvernement économique avancé par François Hollande. « Cela sonne un peu comme du Sarkozy », souligne Die Welt qui estime que la France est gouverné par « Sarkollande. » « Cette proposition se rapproche de celle de Nicolas Sarkozy à la fin de l’été 2011 », souligne la Süddeutsche Zeitung qui rappelle que cette volonté avait débouché sur le pacte budgétaire. La FAZ, de son côté, ironise sur la volonté du « président » de créer un « autre président » du gouvernement économique après le président de la commission et le président du conseil européen. Et la quotidien conservateur pointe du doigt la première faiblesse de la proposition Hollande d’une « communauté européenne de l’énergie » : « la question de l’énergie nucléaire française n’a pas été évoquée. »