TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

mercredi 21 mars 2012

Eva Joly : actes terroristes liés aux « discours de Sarkozy »

Qu’a donc fumé Eva Joly ? Selon la candidate écologiste, les discours de Nicolas Sarkozy et de Claude Guéant seraient responsables des attaques terroristes ignobles de Mohammed Merah à Toulouse. Quand récupération politique et légitimation des crimes deviennent indécents.

« Il y a clairement eu des discours discriminants et stigmatisants de la part de Nicolas Sarkozy et de la part de Claude Guéant », a affirmé Eva Joly sur l’antenne de France 2, une façon pour la candidate écologiste de faire porter la responsabilité des massacres islamistes sur l’exécutif français.
Si cette thèse fumeuse a été largement reprise à gauche hier, quand les médias martelaient à l’opinion publique que le meurtrier était un néo-nazi, elle devient encore plus ridicule à l’heure où la France découvre que la folie meurtrière de Mohammed Merah s’inscrit dans la logique idéologique d’Al Qaïda.
Le fondamentalisme islamiste du groupe terroriste est largement combattu par Nicolas Sarkozy, qui a justement choisi de faire tomber un certain nombre de tabous et de comportements laxistes à l’égard de l’islam radical pour renforcer la République face à ces menaces.
La tentative de récupération d’Eva Joly, qui espère faire de Nicolas Sarkozy un bouc-émissaire alors que sa gestion du drame a pour l’heure été irréprochable (comme celle de François Hollande d’ailleurs qui est pour l’instant resté dans son rôle), est pathétique.

Récupération : Bayrou et Mélenchon pris au piège à Toulouse

François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon qui ont brisé l’union nationale autour du drame de Toulouse pour faire leur beurre électoral sur la dénonciation des « germes de violence » imputables selon eux à la droite et à l’extrême-droite, ont été rattrapés par la réalité qui ne colle pas à l’idéologie véhiculée. Le meurtrier de Toulouse n’est pas un néo-nazi mais un djihadiste d’Al Qaïda.
Toutes les actualités ne sont pas exploitables pour gagner quelques voix ! A fortiori quand l’actualité est en cours et que l’on ne connaît pas encore les tenants et les aboutissements d’un drame. Oui, mais la tentation était trop forte pour Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou de faire la leçon à Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, histoire de leur faire porter indirectement le chapeau du drame toulousain.
La thèse du tueur néo-nazi, excité par les discours « de haine » des candidats de droite et d’extrême-droite, a été immédiatement privilégiée par les médias préférant voir des maghrébins et des antillais là où l’assassin ne voyait que des soldats français. Du coup, François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon se sont engouffrés dans la brèche avec une indécence et un manque de recul absolu.
Tandis que Nicolas Sarkozy a été impeccable dans son rôle de chef de l’Etat, mettant en place une traque efficace du meurtrier sans instrumentaliser ce drame. Tandis que François Hollande est demeuré digne et dans un rôle à la fois actif et respectueux du protocole républicain convenant parfaitement à la situation, deux candidats se sont tristement distingués pour tenter de faire de la récupération politique.
Et que vont-ils nous expliquer désormais ? Qui est responsable de ces germes de violence que l’on trouve dans l’islamisme radical ? Pourquoi les attentats en France (et ailleurs dans le monde) sont quasi-systématiquement le fruit de cette mouvance ? Les discours de fermeté de Nicolas Sarkozy sont-ils vraiment porteurs de « germes de violence », ou le discours d’autorité et d’intégration du président de la République est le seul qui pourra permettre que des Français ne tuent plus des soldats de leur pays ?

Comment les riches sont traités en Europe

Alors que François Hollande veut taxer les riches à hauteur de 75%, le premier ministre britannique veut au contraire diminuer l'imposition des plus fortunés. Tour d'Europe, et au delà de la taxation des très hauts revenus.


Taxer les riches, appelés à un effort supplémentaire au moment où tous les contribuables sont contraints à des sacrifices ? L'idée était très en vogue, à travers le monde, l'été dernier. Elle l'est plutôt moins, aujourd'hui. A l'heure où, en France, un candidat au pouvoir suprême annonce vouloir taxer les plus hauts revenus à hauteur de 75% - cela a encore constitué un sujet de conversation pour plus de la moitié des Français la semaine dernière, selon un sondage IFOP- le premier ministre britannique annonce à l'inverse une baisse de l'imposition des revenus supérieurs, qu'il veut ramener de 50% à 45%... Et, en Allemagne aussi, l'idée est discutée d'une diminution des impôts... Dans les pays du sud de l'Europe, ou un plafond a déjà été atteint (Espagne), il est plutôt question de s'attaquer à la fortune qu'aux revenus (Italie). Aux Etats-Unis, rien n'est décidé, tout est encore en débat, et dépendra de la teneur de la campagne électorale. Petit tour du monde des débats fiscaux... qui ne doivent pas masquer la réalité des chiffres souvent surprenants : même avec une tranche à 75%, telle que voulue par François Hollande, un riche célibataire (1,2 million de revenus imposables par an) paierait moins d'impôt à Paris qu'à Madrid. Et, moins aussi, qu'en Belgique, où, paradoxalement, partent les riches français.
Grande Bretagne : on baisse !
C'est la surprise, et aussi un indicateur de tendance : nos voisins britanniques, qui avaient été parmi les premiers, pendant la récession, à relever le taux d'impôt des riches contribuables, s'apprêtent à le baisser. Le premier ministre, David Cameron, veut ramener de 50% à 45% le taux maximum de l'impôt, touchant les revenus au-delà de 150.000 livres (180.000 euros). Il a pris cette décision sous la pression des milieux d'affaire, au nom de la recherche d'une meilleure compétitivité, et afin d'attirer les talents : à Londres on se dit prêt à accueillir tous les riches français effarés par la créativité fiscale des candidats à la présidence. Quant à l'idée un temps agitée de taxer les « belles demeures », elle est abandonnée.
Allemagne : allègement fiscal en discussion
Les Allemands ont des problèmes de riches : que faire quand l'équilibre budgétaire se profile (ce pourrait être le cas en 2014) ? D'où un débat, lancé par les chrétiens démocrates (CDU) sur un allègement fiscal, dont pourraient profiter les plus aisés. Mais le ministre des Finances, Wolfgang Shäuble, a sonné la fin de la récréation : pas question de dilapider ainsi les fruits de la rigueur. En tous cas, si la discussion re-surgit, elle sera sérieusement cadrée : les baisses d'impôts devront être parfaitement ciblées pour soutenir la croissance. Pas question de distribution générale de cadeaux... Le taux maximum allemand est de 45%, auquel il faut ajouter une surtaxe « réunification » correspondant à 5,5% de l'impôt dû.
Espagne : les millionnaires encore plus taxés qu'avec François Hollande
Les différents plans de rigueur soumettent les riches espagnols à une imposition en forte hausse. Avant la crise, l'impôt sur le revenu était déjà élevé, en raison d'un barème très progressif, mais culminant à 43%. Le dernier plan de rigueur a porté ce taux maximum à 52%. Selon des informations recueillies par le site internet myeurop, un célibataire espagnol déclarant 1,2 million d'euros de revenus annuels doit désormais payer 600.000 euros d'impôt. Soit plus qu'en France, même avec la nouvelle tranche à 75% : sous François Hollande, la facture serait de 580.360 euros, pour un revenu équivalent.
Italie : un impôt sur la fortune qui effraie les riches
Après l'avoir annoncé, Silvio Berlusconi a renoncé à la fin de l'été 2011 à augmenter la taxation des hauts revenus. Le taux marginal italien reste fixé à 43%. Mais le débat porte aujourd'hui sur l'instauration d'un impôt sur la fortune, Mario Monti voulant mettre les riches à contribution, après avoir pris des mesures de rigueur drastiques visant l'ensemble de la population (retraites). Le projet de taxes sur le patrimoine a déjà mis des milliers d'italiens sur les routes de l'Europe : beaucoup convertissent leurs liquidités en lingots d'or, qu'ils partent placer en Suisse, notamment.
Belgique : au sommet
En Belgique, on taxe à peine moins qu'en Espagne, aujourd'hui. Notre célibataire avec 1,2 million d'euros de revenus paie 594.400 euros l'an d'impôt. Voilà pourquoi le débat sur une taxation supplémentaire est inexistant. Quant aux riches Français exilés à Bruxelles, ils font tout pour éviter de déclarer des revenus, profitant par ailleurs d'une imposition très faible des plus-values.
Etats-Unis : un débat de campagne électorale
C'est aux Etats-Unis qu'est née, au cours de l'été 2011, l'idée de taxer spécifiquement les millionnaires. Le milliardaire Warren Buffet a fait sensation en déclarant que sa femme de ménage était -relativement- plus imposée que lui. Cet état de fait est rendu possible par la très faible imposition des plus-values (15%) et autres revenus du capital, principales ressources des plus riches. Le mécanisme que Barack Obama a bien l'intention de défendre pendant la campagne électorale, jusqu'en novembre prochain, consiste à faire payer au moins 30% d'impôt aux millionnaires. Il s'agit là d'un taux moyen (l'impôt représente 30% de la totalité du revenu), et non d'un taux frappant la part la plus élevée du revenu. Pour atteindre un tel niveau de taxation global, il faut déclarer en France un revenu de près de 750.000 euros, aujourd'hui (s'agissant d'un célibataire). Autrement dit, Barack Obama voudrait faire en sorte que l'américain touchant un million de dollars annuels soit taxé peu ou prou comme un Français... Alors qu'aujourd'hui, le taux maximum de l'impôt ne dépasse pas 35% Outre Atlantique.
Il va sans dire que, même en cas réélection de l'actuel président américain, un tel projet fera l'objet d'âpres négociations au sein du Congrès.

Ah, si Apple gérait l’Europe…

“Si les gouvernements étaient comme Apple”, rêve Hospodářské noviny après l’annonce par le géant informatique qu’il allait verser des dividendes à ses actionnaires pour la première fois depuis 17 ans. Le quotidien économique pragois rapelle que “Apple a accumulé près de 98 milliards de dollars de cash et est ainsi devenu l'oiseau rare, pas seulement des marchés des titres.”
Jusqu’à présent, les actionnaires ne touchaient des bénéfices qu’en cas de vente des actions. Grâce à cette stratégie la société est devenue la plus grande entreprise mondiale selon sa capitalisation boursière. “Il est regrettable que les 'managers' des nombreux pays développés n’aient pas adopté une attitude similaire”, déplore Hospodářské noviny en évoquant le comportement dépensier des gouvernements européens :
Evidemment, ils se sont laissés porter par l’économie de la dette, qui est d’une certaine manière plus attractive que celle du profit. Il est plus facile de verser des allocations et regarder comment le gouvernement suivant (d’opposition) s’en tirera. C’est comme être soigné par un diabétologue et se demander comment perdre du poids devant une assiette bien garnie. […] Apple pense partager environ un dixième de l’argent accumulé. Quel gouvernement peut se vanter de chiffres pareils ?

Mots partisans et mots républicains

Le temps s'est arrêté. La France est bouleversée par la folie meurtrière du tueur à scooter. Toute la République est concernée, c'est Nicolas Sarkozy qui l'a dit, le Président qui a parlé. L'heure est au rassemblement. Passé le moment de recueillement dû aux familles et à une communauté religieuse en état de choc, est-ce compatible avec la poursuite de la campagne ? Quand l'incompréhension domine, on mesure toute la difficulté de la parole publique. Car on sait peu de choses du tueur, n'était sa monstrueuse froideur. Si l'on ignore si des motivations antisémites l'ont animé, le fait d'exécuter trois enfants devant une école juive relève bel et bien de l'antisémitisme. De même qu'exécuter trois militaires d'origine maghrébine tendrait à suggérer un acte raciste. Tous les candidats se sont exprimés, avec des mots proches, pour manifester leur solidarité et mettre en garde contre l'exploitation partisane de la tragédie. Certains ont suspendu leur campagne. François Bayrou s'est quant à lui aventuré sur un terrain dangereux en induisant un lien entre ce drame et le langage de haine que des responsables tiennent, où s'enracinerait la violence de la société. Reconnaissons-lui néanmoins d'avoir fait fi d'une certaine hypocrisie : bien sûr que l'unité républicaine s'impose - encore que la trêve s'est déjà fissurée - mais on aimerait qu'il en fût ainsi en toutes circonstances. L'action politique ne peut s'éteindre quand il s'agit d'élire celui qui sera chargé de l'essentiel, la cohésion nationale : il doit rappeler que la République, attaquée, sera plus forte que la barbarie et expliquer comment il compte y parvenir.

L’ennemi public n° 1 est islamiste 
 
Le flingueur de militaires, le tueur sanguinaire qui a massacré des enfants juifs de 3, 5, et 7 ans devant leur école, s’acharnant sur une petite fille de 7 ans pour ne pas la rater. L’homme ultra-dangereux le plus recherché de France et sur l’identité duquel les enquêteurs restaient extrêmement prudents (et pour cause) tandis que les médias et plusieurs politiques (voir les infectes déclarations de Bayrou) entonnaient eux le grand air du racisme, de l’antisémitisme et de l’extrême droite, mettant en cause les « discours racistes électoraux ». Cet ennemi public n° 1 de la nation tout entière s’appelle Mohamed. C’est un islamiste de 24 ans.
Il est d’origine algérienne, musulman, se revendique d’Al-Quaïda. Il fait partie de ces « gens de retour de zones de combat qui sont une inquiétude pour les services de la DCRI français » (pas tant que ça apparemment, jusqu’à hier). Il a la nationalité française (encore un à qui on l’a donnée avec discernement). Mohamed a commis sept assassinats de sang-froid, trois enfants juifs, un rabbin et trois parachutistes et comptait en commettre d’autres dans sa logique kamikaze, sa vague d’attentats sanglants, sa guerre sainte.
Une longue opération du Raid tentait de le déloger mercredi de l’appartement du quartier toulousain de la Côte Pavée dans lequel il se retranchait. Ce « moudjahidine » qui se réclame du Djihad et qui a été entraîné en Afghanistan et au Pakistan, s’est montré très bavard sur ses motivations. Il parle beaucoup de sa « cause », de son engagement djihadiste, de ses « attaches salafistes » et dit avoir voulu « venger les enfants palestiniens » et « s’en prendre » à l’armée française à cause de ses engagements à l’extérieur. Il a blessé deux policiers du Raid qui tentaient de l’interpeller.
La mère du coupable présumé que les négociateurs voulaient faire intervenir, a déclaré qu’elle refusait de lui parler et qu’elle n’avait aucune prise sur lui. Ce que l’on veut bien croire… Le frère de Mohamed a également été interpellé. C’est grâce à l’adresse internet du frère (avec laquelle Mohamed avait donné rendez-vous à sa première victime, le militaire de Toulouse, soi-disant pour lui vendre une moto) et au concessionnaire Yamaha de son propre scooter, que la piste du tueur a pu être remontée.
Marine Le Pen a aussitôt déclaré que le « risque fondamentaliste avait été sous-estimé dans notre pays ». Elle a évoqué très lucidement la « guerre » qu’il faut aujourd’hui mener en France avant qu’il ne soit trop tard :
« Des groupes politico-religieux se développent face à un certain laxisme. Il faut maintenant mener cette guerre contre des groupes politico-religieux fondamentalistes qui tuent nos enfants chrétiens, nos jeunes hommes chrétiens, nos jeunes hommes musulmans et les enfants juifs. »
« Ils sont en possession d’armes », a-t-elle rappelé. « Parmi les multiples promesses » qu’elle a entendues en 2007, il y avait, a-t-elle souligné, « celles d’aller chercher les armes dans les caves ». « Je n’ai pas le sentiment qu’on ait fait ça » :
« Quelqu’un qui manifestement possédait chez lui des armes de guerre alors même qu’il était parti deux ans en stage de criminalité au Pakistan et en Afghanistan, c’est vrai que c’est assez inquiétant. »
Le recteur de la Grande mosquée de Paris Dalil Boubakeur a estimé mercredi matin qu’il fallait « se garder de tout amalgame entre la religion musulmane et l’affaire de Toulouse ». Déclarant que « la religion musulmane était à 99 % pacifique, citoyenne, responsable, non violente et tout à fait intégrée ». Il est bien mignon. Mais même son pourcentage angélique de 99 % n’est pas rassurant du tout. Selon le chiffre avoué par Guéant en 2011 de six millions de musulmans en France (largement minimisé, les statistiques religieuses sont interdites), cela signifie que, selon leur responsable religieux officiel, 60 000 d’entre eux sont peut-être animés d’intentions qui n’ont rien de pacifique. C’est une petite armée. Et quand on voit la tuerie terrifiante que parvient à commettre un seul d’entre eux, on imagine 60 000 Mohamed marchant sur la France.

Respect des morts… et des vivants 


« À quelque chose malheur est bon » dit le proverbe. Celui-ci inspire à bien des observateurs la réflexion – ou l’espoir ? – que les drames de Toulouse et Montauban vont pousser à modifier le ton de la campagne présidentielle, pour – parlons clair – en rehausser le niveau.
L’enquête d’opinion qui attestait, récemment, d’une baisse d’intérêt du public pour le débat a montré que la perception d’un certain déficit de qualité, dans cette confrontation d’idées et de projets, n’était pas une lubie.
Sous le choc des inimaginables assassinats commis, lundi, devant et dans la cour de l’école juive Ozar-Hatorah, la classe politique aurait donc pris de bonnes résolutions : privilégier une tonalité plus mesurée, pratiquer des attaques personnelles moins tranchantes, veiller à plus de rigueur dans les chiffres, s’abstenir de comparaisons avec les années noires du passé, dont on voit bien ce qu’elles ont d’outrancier lorsque surgit la vraie barbarie.
Laissons-nous donc surprendre, mais sans illusions. Une bataille électorale a aussi des exigences de conviction, de controverse, de passion, qui favorisent davantage le recours à la bombarde qu’à la musette.
Les joutes préludant aux votes des 22 avril et 6 mai reprendront donc très vite, et de plein droit. Car la démocratie elle-même ne doit pas figurer sur la liste des victimes du criminel anonyme. L’horreur semée par cet individu, si tant est qu’il agit tout seul, se suffit à elle-même et ce criminel ne doit pas obtenir en bonus la paralysie de la République.
Si l’on souhaite, malgré l’approche du scrutin crucial, que le dernier mois de la campagne présidentielle gagne en substance et en sérénité, ce n’est pas seulement sous l’effet des récentes tragédies – et face aux risques de récidives sanglantes – mais parce que le respect, en politique aussi, n’est pas seulement dû aux morts, mais déjà aux vivants. En l’occurrence, les citoyens en quête d’une information honnête et complète sur les intentions de ceux qui prétendent les conduire.

Delphine Batho (PS) refuse de quitter son logement du parc social parisien

Bertrand Delanoë l'assure : pas de "copinage" entre socialistes concernant l'attribution de logements dépendant de la ville de Paris."Depuis l'arrivée aux affaires de l'actuelle majorité municipale, aucun logement n'a été attribué à un élu", affirme-t-on dans l'entourage du maire. Reste que plusieurs personnalités politiques occupent, depuis de nombreuses années, des logements du parc immobilier de la ville de Paris, parmi lesquelles Delphine Batho, députée socialiste des Deux-Sèvres et porte-parole de François Hollande.
En novembre 2011, c'était Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort et président du MRC, qui se faisait épingler par la mairie de Paris. En effet, l'ancien ministre occupe, depuis 1983, un appartement dans le 5e arrondissement de Paris pour un loyer très éloigné des prix que les Parisiens sont obligés de payer sur le marché privé : 1 519 euros pour un logement de 120 m².

Une situation qui n'est pas illégale, mais qui est critiquée par Bertrand Delanoë. "J'ai besoin de logements pour les Parisiens dont les revenus justifient qu'ils y aient accès . Dès lors que M. Chevènement rendra son logement du parc social de la ville de Paris, il pourra être attribué à une famille réellement éligible", assurait au Monde le maire de Paris à l'automne 2011. Dans les colonnes du Nouvel Observateur du 1er décembre, Jean-Yves Mano, adjoint au maire de Paris en charge du logement, enfonçait le clou : "Au nom du principe républicain d'égalité, [M Chevènement] devrait comprendre que son appartement pourrait être loué à une famille qui a en besoin." L'ancien ministre, qui était alors candidat à l'élection présidentielle, a fait la sourde oreille à la requête et même porté plainte contre la ville de Paris . Il n'est pas le seul à profiter des faibles loyers de la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP).

108 M2 POUR 1524 EUROS PAR MOIS
Delphine Batho, députée depuis 2007, occupe un appartement de 108 m2 pour 1 524 euros par mois. Interrogée sur l'occupation d'un appartement de la ville par la porte-parole du candidat socialiste, le maire de Paris a affirmé, lundi 19 mars, en marge du conseil de Paris que ses déclarations à charge contre l'ancien ministre "étaient également valables" pour la jeune parlementaire.
Mme Batho, dont le mandat de député lui assure une indemnité de 7 100 € brut mensuels, auxquels s'ajoutent 6 412 € brut de frais de représentation et 9 138 € pour rémunérer ses collaborateurs, justifie son occupation d'un logement de la RIVP en arguant du fait que "des locataires avec des revenus nettement supérieurs ne paient pas de surloyer pour le même type de logement". Surloyer dont elle s'acquitte, après en avoir fait la demande à son bailleur, mais qui laisse son loyer loin de ce que doivent payer les locataires du secteur privé (plus de 37 % d'écart selon la Chambre régionale des comptes).
Quant au conventionnement de l'appartement qu'elle occupe et qui selon la RIVP pourrait bénéficier à une famille plus modeste, la socialiste rétorque qu'elle n 'a "pas entendu que le bailleur souhaitait transformer les 6 000 logements intermédiaires liés à la mixité sociale de son parc de logements." Pourtant, depuis 2008 " toutes les attributions de logements se font sous la condition de ressource PLS (prêt locatif social)" rappelle-t-on à la RIVP.
"DES AMALGAMES INJUSTIFIÉS"
La députée estime cependant que c'est sa "personnalité et non sa situation locative qui serait visée par des amalgames injustifiés." Dans un rapport publié en juin 2011, la Chambre régionale des comptes (CRC) explique l'acharnement de quelques élus à se maintenir dans les appartements de la RIVP : "La comparaison avec le secteur privé est sans équivoque, les loyers des logements, même avec surloyers, restant nettement inférieurs à ceux du marché à Paris. Par conséquent, très peu de locataires assujettis quittent leur logement", constatent les magistrats.
La RIVP a invité les politiques à "résilier leur bail pour des motifs déontologiques. Cette action n'a suscité aucune réponse positive" rapportent les magistrats de la CRC.

L’exercice de l’État 

L’odieuse tuerie de Toulouse ne sera pas sans effet sur la course à la présidence. Le choc a été trop violent et le traumatisme collectif est trop profond pour que les candidats à l’élection poursuivent leur chemin sur le même mode conflictuel et reviennent aux dérisoires chicanes domestiques qui ont émaillé le début de campagne.
Ils vont devoir prendre de la hauteur, prouver qu’ils ont les épaules pour endosser le costume de chef de la nation. C’est dans l’épreuve dit-on que l’on reconnaît les hommes d’État. Et celle-ci est de taille.
La difficulté de la tâche est à la hauteur de l’immense émotion qui a traversé le pays ces derniers jours. Dans un contexte aussi douloureux et aussi anxiogène puisque l’assassin court toujours, il est en effet tentant de mettre une intention politique derrière chaque phrase, à l’ombre de chaque geste.
Qu’un candidat soit un peu trop dans l’émotion justement et il sera aussitôt accusé de vouloir récupérer le drame à son profit. Qu’il soit trop détaché et on le soupçonnera de ne pas prendre la mesure de la situation, l’absence l’engloutira alors.
Pour tous, la marge de manœuvre est étroite, l’exercice périlleux. Si près de la ligne d’arrivée, le moindre dérapage ne pardonnera pas.
Tout à l’heure à Montauban, les principaux candidats s’inclineront devant la dépouille des parachutistes, premières victimes du tueur. Ils y seront, malgré les déclarations officielles, en campagne, mais ils y seront à leur place.
Affirmer que la course à la présidence a été mise entre parenthèses ces derniers jours sous prétexte de quelques passages télévisés reportés n’a que le sens d’une formule de circonstance. Un délai de décence a été respecté, rien d’autre. Il était nécessaire pour être en phase avec l’instant.

Silence  

Récupérer, non, mais en parler ? Oui, forcément. Tous, nous ne parlons que de cela, des tueries de Montauban et Toulouse. Nous pleurons les victimes avec les familles, nous enquêtons avec les policiers, nous profilons l’assassin avec les criminologues… et nous disputons des causes : l’acte isolé d’un fou ? Le résultat d’un climat politique délétère ? Nous n’en savons rien, puisque nous ne connaissons pas l’assassin ni ses motivations. Mais s’il fallait toujours savoir avant de parler, nous ne dirions pas grand-chose… Et les candidats ? Ils avaient promis une trêve, elle n’a guère tenu. C’était inévitable : comment exiger que la campagne ignore le sujet de toutes nos conversations ? On aurait pu espérer un temps de silence, le temps du deuil… Notre monde va trop vite pour cela : nous en avons tous parlé, tout de suite, et les politiques aussi — ni pires, ni meilleurs que nous.

Une autre campagne 

L'actualité, surtout quand elle nous submerge d'émotion, peut changer une élection. Même s'il reste plus de six semaines d'ici au second tour, il est probable en tout cas souhaitable que le drame deToulouse modifie cette présidentielle jusque-là déplaisante.
Nécessaire pour encaisser le choc et partager le deuil, la fragile parenthèse politique décidée par plusieurs candidats ne doit pas devenir le moyen d'éluder les questions de fond. Pendant, c'est toujours trop tôt ; après, c'est déjà trop tard : le moment était mal choisi, mais François Bayrou a eu raison, lundi soir, dans son anti-discours sécuritaire de Grenoble, d'expliquer qu'à force d'entretenir, sur les estrades et sur Internet, les tensions qui minent la société, elles s'échappent en jets de violence.
Quand on s'attaque aux symboles de la République que sont l'armée et l'école, on est dans le terrorisme prémédité. Quand on sélectionne, pour les tuer, des musulmans, des juifs, des Français d'origine israélienne, maghrébine et antillaise, on est dans le racisme le plus incontestable. La folie, parfois invoquée pour dire l'innommable, ne saurait devenir une dispense commode de réfléchir aux causes du drame.
Va-t-il changer le ton de la campagne ? Les querelles politiciennes, espérons-le, vont paraître dérisoires. Les outrages, déplacés. Les mots, peut-être, vont reprendre leur sens et les vrais problèmes leur importance. Cette tragédie offre une sorte de prime à la modération. En revanche, elle pourrait compliquer l'emploi de certains arguments pour conquérir l'électorat le plus ancré à droite.
Va-t-il changer le fond du débat ? Faisons un voeu : que le drame toulousain ait ou non un lien immédiat avec le contexte politique c'est à l'enquête de l'établir les candidats se sentiront tenus de retenir le venin électoraliste.
Ce serait si réjouissant s'ils pouvaient ne plus s'affronter sur la viande halal, quinze jours durant, alors que la France étouffe sous sa dette. S'ils pouvaient éviter de faire croire qu'à travers des saillies sur l'Europe ou les civilisations, on va donner de la sécurité et du travail. S'ils savaient faire l'économie de débats identitaires mal posés comme réponse principale au sort des banlieues et au mal-logement.
Pour ces raisons, la campagne doit reprendre ses droits. Du reste, aucun candidat, surtout François Hollande, n'a envie de laisser Nicolas Sarkozy, redevenu plus président que candidat, dominer solennellement l'espace médiatique.
Reprendre, mais dignement, pas pour dire que tout est la faute de l'autre. Reprendre pour dire quelle Europe on veut. Quel effort fiscal et social partagé on accepte pour que chacun trouve sa place dans l'emploi. Quelle politique urbaine pour déghettoïser la ville et remettre l'État sur tout le territoire...
Moins d'accusation, plus de propositions ; moins d'invective, plus d'analyse ; moins de démagogie, plus de pédagogie : même s'il n'est pas complètement sûr que le drame de Toulouse soit le résultat direct de nos errements, on rêve -naïveté ?- qu'il serve de déclic à un sursaut républicain.

La prostitution est-elle vraiment le plus vieux métier du monde?

L'animateur américain Rush Limbaugh a récemment qualifié Sandra Fluke (étudiante en droit à l'université de Georgetown) de «prostituée» et de «traînée» lors d'une émission. Ces propos ont déclenché un tollé à gauche et le retrait d'un grand nombre de ses sponsors. On dit souvent que la prostitution est le «plus vieux métier du monde». Est-ce bien vrai?

En réalité, tout dépend de la définition que l’on donne à ce terme. Les êtres humains échangent de l'argent et des biens contre des faveurs sexuelles depuis plusieurs milliers d'années, et il semble bien, en effet, que toute société capable de générer de la richesse matérielle ne tarde guère à générer aussi de la prostitution. Dans la Bible, beaucoup d'Israélites disposent d'un grand nombre de concubines – qui peuvent être considérées comme des prostituées ou comme des épouses de statut inférieur. Selon 1 Rois 11:3, le roi Salomon avait «sept cents femmes (…) et  trois cents concubines».
Dans les maisons closes de la Rome antique, il était apparemment possible d’échanger un type de jeton contre une faveur sexuelle spécifique. En revanche, l’image populaire des prostituées (en tant que communauté marginale, arpentant les rues) ne date peut-être que de l’ère victorienne – époque à laquelle les responsables de la santé publique leur ont imputé la propagation des maladies vénériennes. Au XXIe siècle, la prostitution existe dans toutes les cultures et dans tous les systèmes politiques (et même dans les sociétés socialistes).

L'expression date de 1888

C’est Rudyard Kipling qui, le premier, a employé l’expression de «plus vieux métier du monde». Sur le mur de la ville (sa nouvelle de 1888, qui traite de l’histoire d’une prostituée) s’ouvre sur ces mots: «Lalun pratique le plus ancien métier du monde». Au début du XXe siècle, alors que les progressistes se demandaient comment appréhender la question de la prostitution aux Etats-Unis, les professionnels de la santé ont pris l’habitude d’employer cette citation (et à la déformer); et la citation finit par devenir une expression à part entière. Certains voulaient enrayer la propagation du vice et des maladies sexuellement transmissibles. Leurs opposants rétorquaient qu’il était inutile de combattre la prostitution, car c’était le plus vieux métier du monde, et qu’il était «impossible de changer la nature humaine».
Il est vrai que ceux qui avançaient cet argument n’apportaient jamais d’éléments historiques corroborant leurs dires: les progressistes chrétiens pensaient peut-être aux filles de joie et aux concubines présentes dans les évènements les plus anciens évoqués par la Bible; pour les autres, ce n’était qu’une figure de style. En 1932, le titre de plusieurs ouvages usaient déjà de l’expression: on peut citer la réflexion sociale et médicale The Oldest Profession in the World: Prostitution de Josephus Robinson (1929), ou le livre d’histoire de Joseph McCabe, The Story of the World’s Oldest Profession (1932).

Chez les animaux aussi

Les actes et les pratiques relevant –ou non– de la prostitution sont encore sujets à débat, mais des éléments prouvent que certains types d’animaux s’adonnent eux aussi à une forme de prostitution. On a ainsi constaté que les chimpanzés femelles de la Côte d’Ivoire pouvaient échanger des faveurs sexuelles contre de la nourriture. Dans le cadre d’une expérience, on a appris à des singes capucins à utiliser de petits disques argentés en guise de monnaie (ils pouvaient s’en servir pour obtenir du raisin); très vite, ils se sont mis à échanger ces disques contre des faveurs sexuelles.
Le docteur Fiona Hunter, chercheuse à l’université de Cambridge, a observé le même phénomène chez les manchots femelles en Antarctique: du sexe contre des pierres et des cailloux. Précisons que les manchots de la Terre Adélie ont en effet besoin de pierres pour construire leurs nids. Certaines des femelles  observées – qui disposaient pourtant déjà d’un partenaire – s’éloignaient parfois pour avoir un rapport sexuel avec un mâle célibataire, avant de lui prendre l’un de ses cailloux.
Ces femelles n’étaient certes peut-être pas uniquement motivées par la récolte des pierres, mais Hunter souligne que ces dernières «sont une monnaie d’échange précieuses chez le manchot», et qu’à ce titre, ils les protègent jalousement. Certains manchots ont répété ce type d’échange à de nombreuses reprises. Toutefois, selon Hunter, «le phénomène ne touche probablement qu’un très faible pourcentage de leur population».

UN AMI DE DODO LA SAUMURE POURRAIT NOUS RENSEIGNER, LUI AUSSI.

Les Camemberts de Normandie assignent Lactalis, Bongrain et Isigny-Sainte-Mère

L'association de défense de l'appellation d'origine protégée (AOP) "Camembert de Normandie" a assigné Lactalis, Bongrain, et Isigny-Sainte-Mère en justice afin qu'ils retirent de leurs fromages non AOP la mention "fabriqué en Normandie", a indiqué mardi son avocate.
"L'objet est de faire retirer de la vente et de faire retirer des emballages les mentions 'fabriqué en Normandie' sur des camemberts qui ne sont pas des AOC" a indiqué l'avocate de l'association, Me Johanna Azincourt. "Cette mention est illégale" pour des non AOC, a ajouté Patrick Mercier président de l'association.
Les assignations ont été déposées au civil jeudi et vendredi devant des tribunaux de Rennes, Caen et Colmar, a précisé l'avocate. Sont visés, outre les trois industriels, des enseignes commercialisant en marque distributeur des camemberts fabriqués en Normandie mais ne répondant pas à l'AOP: Intermarché, Leclerc, Monoprix, Lidl, et les enseignes U.

Tolérance zéro sur le camembert
Selon Me Azincourt, cette pratique existe depuis plusieurs années: "Il y a eu à un moment une tolérance par la loi qui a été supprimée en 2008, (mais) en fait cette pratique a continué".
L'AOP exige notamment une fabrication au lait cru moulé à la louche, issu de vaches normandes et réalisée dans des zones géographiques répertoriées. Les camemberts non AOP sont vendus parfois presque deux fois moins chers que ceux qui respectent ce strict cahier des charges, a précisé l'avocate.
Depuis 2009, le logo européen AOP est obligatoire sur les emballages de tous les produits bénéficiant du logo AOC français qui ont rejoint la famille des AOP européennes.
L'AOP "Camembert de Normandie" regroupe neuf producteurs de fromages et 500 producteurs de lait. Seuls 5% des camemberts, contre 10 à 15% dans les années 2007-2008, sont aujourd'hui fabriqués dans le cadre de cette AOP, soit 4.300 tonnes de camemberts.
Querelle régionale
Une porte-parole du groupe Bongrain interrogée par l'AFP a confirmé qu'il y avait une assignation, sans plus de commentaire. "Je trouve désolant que les fabricants d'une même région arrivent à des choses comme ça", a pour sa part dit Claude Granjon, directeur de la coopérative Isigny-Sainte-Mère, basée à Isigny-sur-Mer (Calvados). La direction de Lactalis n'était joignable dans l'immédiat.
DANS UN PAYS QUI RISQUE D'AVOIR UN PRÉSIDENT NOMMÉ HOLLANDE,
 L'INTÉRÊT EST DE TOMBER D'ACCORD SUR LES APPELLETIONS D'ORIGINES

mardi 20 mars 2012

Une étude confirme l'intérêt du baclofène pour combattre l'alcoolisme

Une étude préliminaire conduite par des médecins français a démontré l'efficacité du baclofène à très fortes doses contre la dépendance à l'alcool, ouvrant ainsi la voie à un essai clinique pour évaluer précisément l'utilisation de ce relaxant musculaire pour traiter l'alcoolisme. L'étude préliminaire a été publiée dans la revue scientifique Alcohol and Alcoholism [accès payant] par un groupe de médecins dont les professeurs Philippe Jaury (université Paris-Descartes) et Renaud de Beaurepaire (centre hospitalier Paul-Giraud), l'un des premiers à avoir prescrit du baclofène à fortes doses en France.
UN TAUX DE RÉUSSITE DE 58 %
Le baclofène est un médicament ancien, initialement prescrit en neurologie, mais de plus en plus utilisé en France, hors autorisation de mise sur le marché (AMM) dans le traitement de la dépendance à l'alcool. Sa popularité a explosé en 2008 avec la publication du livre Le Dernier Verre, d'Olivier Ameisen. Ce cardiologue, devenu alcoolique, y racontait son auto-expérimentation du médicament et comment, pris à de très fortes doses, il avait supprimé son envie de boire, le "craving".
>> À lire : Olivier Ameisen, le croisé du baclofène, médicament anti-alcoolisme
L'étude des médecins français a inclus 181 patients, gros consommateurs d'alcool. Une évaluation n'a finalement été possible que pour 132 d'entre eux. Après une année de traitement avec le baclofène, 80 % de ces 132 patients étaient devenus soit abstinents (78), soit consommateurs modérés (28). En considérant comme "échecs" les patients "perdus de vue", c'est-à-dire pour qui l'évaluation complète n'a pas pu être possible, le taux de succès atteint 58 %. Bien au-dessus du taux de réussite moyen, estimé entre 20 et 25 %, au bout d'un an de traitement avec les  principaux médicaments aujourd'hui utilisés, le naltrexone et l'acamprosate.


Intervention de Philippe Jaury au colloque sur... par alcool-et-baclofene
UN ESSAI CLINIQUE POUR 320 PATIENTS
Cette étude préliminaire permet également d'asseoir le protocole d'un essai clinique comparatif qui devrait démarrer en mai 2012 et se terminer fin 2013. Ce nouvel essai "en double aveugle, randomisé, contre placebo" sera piloté par le Pr Jaury et mobilisera 60 médecins investigateurs. Il inclura 320 patients alcooliques suivis sur une année, divisés en deux groupes, l'un prenant du baclofène, l'autre un placebo. Un essai financé en grande partie par la Sécurité sociale (750 000 euros) et pour le reste "par un particulier, un mécène", précise le Pr Jaury. Soit un 1,2 million au total.
En mai 2011, Philippe Jaury présentait lors d'un colloque sur le baclofène les premiers résultats de son étude préliminaire.

Pourquoi Tapie votera Sarkozy 


La crise pèse sur les caisses du groupe allemand Metro

Le groupe de distribution Metro a annoncé un recul de 26% de ses bénéfices ce mardi, du à une baisse des ventes en Europe. L'entreprise allemande compte sur une réorganisation pour se rétablir.
La crise de la dette dégarnit le chariot du groupe Metro. Avec un bénéfice net en baisse de 26% en 2011 par rapport à l'année précédente, le géant de la distribution est l'un des groupes allemands les plus touchés par la baisse de la consommation. "La crise de la dette, un chômage élevé et des programmes d'austérité dans de nombreux pays d'Europe ont conduit à une retenue marquée des clients", note ainsi le communiqué accompagnant la publication de ses résultats ce mardi.
2,37 milliards d'euros de bénéfice net
Conformément aux prévisions, son bénéfice d'exploitation (hors exceptionnels), s'est établi à 2,37 milliards d'euros soit un recul de 1,7%. Le bénéfice net, quant à lui, s'élève à 631 millions d'euros. Déjà, en janvier, le groupe avait signalé une baisse du chiffre d'affaire de 0,8% l'an dernier, à 66,7 milliards d'euros.
Seule sa première division, les hypermarchés de Metro "Cash & Carry", a vu ses ventes croître, de 0,2% et réalise un bénéfice d'exploitation en hausse de 4%. Les autres, les grands magasins Kaufhof, les supermarchés Real et les chaînes d'électronique Saturn et Media Markt, enregistrent en revanche un recul de leur chiffre d'affaires avec un recul de la profitabilité pour les deux dernier.
Metro poursuit sa réorganisation
Pour sa stratégie, le groupe Metro compte poursuivre sa réorganisation, en particulier pour ses activités de ventes en gros et ses deux chaînes d'électronique. A terme, Real et Kaufhauf pourraient être cédés. Par ailleurs, l'entreprise allemande souhaite mettre fin à son programme de réduction des coûts dès 2012.
En outre, l'importance du 4e trimestre dans son activité, avec des ventes concentrés à cette période, a conduit Metro a modifier son calendrier pour en faire son premier trimestre. L'exercice fiscal décalé passera 1er octobre au 30 septembre à compter de 2013.
Dividende à 1,35 euro
Face à ses derniers résultats en baisse, le distributeur allemand prévoit une progression "contenue" de ses bénéfices et proposera à ses actionnaire un dividende stable à 1,35 euro par titre.

Valérie Pécresse : “Le meilleur tremplin de Sarkozy, c’est son bilan”

La ministre du Budget, porte-parole du gouvernement, dénonce “l’ultime imposture” de François Hollande : faire croire qu’il va faire payer les riches, “alors qu’il fera d’abord payer tous les Français”.

A deux mois de l’échéance, on voit bien que la réélection de Nicolas Sarkozy dépend, plus que jamais, de sa capacité à rendre confiance à ses électeurs de 2007. Au-delà de la mobilisation réussie de ce dimanche, qu’avez-vous à dire à ceux qui doutent ou vous ont quittés ? C’est simple : regardez d’où nous venons ; regardez où nous en sommes ! L’Europe a traversé la pire crise économique de son histoire récente et la France est le seul pays du continent à avoir vu son pouvoir d’achat maintenu quand tous les autres l’ont vu baisser. Grâce à l’action de Nicolas Sarkozy, non seulement les filets de protection sociale ont été efficaces, mais nous les avons améliorés. Qu’il s’agisse du revenu de solidarité active, de la revalorisation du minimum vieillesse, de l’allocation adulte handicapé, de l’aide aux mutuelles complémentaires, du dixième mois de bourse pour les étudiants, ceux qui étaient les plus exposés à la crise ont vu leur situation se consolider… Et c’est cela qu’on appelle “une politique pour les riches” ?
Non seulement nous n’avons pas détricoté la protection sociale, mais nous l’avons renforcée.
Nous ne nous sommes attaqués qu’à un état de fait, et cela je le revendique haut et fort, car ce n’était pas une protection mais bien une injustice, surtout en période de crise : la fraude sociale et la fraude fiscale. Le résultat est là : en 2011, la lutte contre la fraude sociale aura rapporté 400 millions de plus dans les caisses de l’État, et celle contre la fraude fiscale, un milliard d’euros supplémentaire…
Le fait d’avoir protégé les Français ne nous a pas empêchés de mener à bien notre programme de réformes. J’ose le dire : Nicolas Sarkozy est, depuis trente ans, le seul homme d’État de ce pays à avoir tenu bon face à la rue, conformément au mandat qu’il avait reçu des Français. Voyez la réforme des retraites, qui a jeté un million de personnes sur le pavé ; voyez l’autonomie des universités, qui a bloqué les facultés pendant neuf mois… Et je ne dis rien des réformes qui ont triomphé de blocages qu’on disait insurmontables, comme ceux qu’on nous annonçait quand nous avons refondu la carte judiciaire, instauré le service minimum dans les transports ou modifié l’implantation de centaines de régiments ! Eh bien, malgré la crise, tout ce que nous avions promis, nous l’avons fait. Et je dois dire que cette bataille de tous les instants pour concilier la protection et l’action, la solidarité et la compétitivité, me rend particulièrement fière. Pour réussir cette gageure, il fallait un homme de la trempe de Nicolas Sarkozy.
Vous trouvez donc que les Français sont injustes avec lui ? Il est clair que le Parti socialiste a fait de l’antisarkozysme une arme fédératrice pour dissimuler, à la fois son propre conservatisme (on ne touche jamais à rien !) et ses contradictions… Mais les mystifications n’ont qu’un temps. Les Français ne pourront pas ne pas s’apercevoir que, grâce à Nicolas Sarkozy, grâce à sa ténacité, ils ont été protégés du pire.
À savoir ? Tout simplement l’éclatement de l’Europe, peut-être la fin de l’euro, qui aurait fait bondir notre endettement public et privé, bref, le retour à un chacun pour soi qui aurait débouché sur une faillite généralisée de nos économies ! Je le dis d’autant plus librement que, vous le savez bien, je ne suis pas une sarkozyste historique. Formée par Jacques Chirac, je suis plutôt “une enfant adoptée”… On peut donc faire crédit à mon objectivité quand je dis que la France a beaucoup de chance d’être dirigée depuis cinq ans par son successeur. Et puis, ce que disent les sondages est une chose ; ce que sera l’attitude des électeurs au moment de choisir entre la poursuite de l’action entreprise et la marche arrière toute en est une autre. Car il faut bien voir que, en dépit de la conjoncture épouvantable que nous avons traversée, nos réformes commencent à porter leurs fruits ! Croyez-vous que si nous n’avions pas supprimé la taxe professionnelle, les entreprises, déjà confrontées au ralentissement économique, auraient continué à embaucher comme elles l’ont fait ? Croyez-vous que si nous n’avions pas entrepris la réforme des armées, qui a rendu à notre outil militaire son efficacité, nous aurions pu intervenir en Libye ?
Intervention techniquement parfaite, mais dont on peut discuter les résultats politiques…Politiquement aussi, cette intervention a été décisive. Elle a prouvé que la France était une puissance à vocation universelle, capable de se projeter là où l’on avait besoin d’elle. Et quand j’entends la gauche nous expliquer aujourd’hui que, si elle arrive au pouvoir, elle disposera de marges de manoeuvre grâce à la réduction de nos crédits militaires, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur sa vision de l’intérêt national…
Notre vision à nous, quelle est-elle ? Elle consiste à réformer ce qui doit l’être pour que, dans tous les domaines, la France soit plus forte. Car c’est en étant plus forte qu’elle sera aussi plus juste. Or je cherche en vain, chez François Hollande, des axes de proposition susceptibles de rendre la France plus forte ! Et l’on en trouve d’autant moins que M. Hollande, en parfait caméléon, change d’idées en fonction de ses interlocuteurs… Un candidat caméléon, je ne trouve pas cela particulièrement rassurant, surtout en période de gros temps.
Vous pensez à ses propositions fiscales ? Par exemple. Quel François Hollande est le vrai ? Celui qui promet, sans préavis, de taxer les plus gros revenus à 75 % ou celui qui envoie ses proches expliquer aux footballeurs qu’ils n’ont rien à craindre car il y aura des exceptions ? Celui qui promet d’en finir avec le quotient familial au motif qu’il serait injuste ou celui qui, face à la bronca qu’il suscite, explique qu’on l’a mal compris ?
La seule proposition à peu près claire du candidat Hollande, c’était – je dis bien : c’était –la fusion de la CSG avec l’impôt sur le revenu. Et voilà que l’on découvre, expertises à l’appui, que si on le faisait, des millions de Français paieraient plus d’impôt. Mais attention, pas les riches dont François Hollande adore nous parler ! Tous ceux qui, à un titre ou à un autre, bénéficient d’un avantage fiscal : les retraités, qui sont en partie exonérés de CSG ; les mères seules, qui ont droit à une demi-part supplémentaire ; les étudiants, qui grâce à nous voient leurs revenus défiscalisés… Bref, là-dessus aussi, le candidat socialiste recule.
Au profit de sa proposition de taxation des très gros revenus… qui est vraiment l’imposture ultime ! Après la mystification “Sarkozy = président des riches”, après celle consistant à faire passer le PS comme l’instrument du retour à un État impartial (alors que c’est nous qui avons offert des postes à la gauche, tandis que le PS menace de sanctionner, en contradiction flagrante avec nos principes républicains, les fonctionnaires qui n’ont pas le bon goût d’être “du bon côté” !), voici le dernier étage de la fusée Hollande : le matraquage fiscal… 50 milliards de prélèvement supplémentaires censés remettre le train sur ses rails en créant de nouveaux emplois, publics de préférence.
Mais outre le fait qu’on n’a jamais vu une économie se redresser par une multiplication des fonctionnaires, il y a dans le raisonnement un mensonge très grave. Ce mensonge est celui qui consiste à faire croire que ce sont les riches, et de préférence les très riches, qui vont payer ces 50 milliards. Je dis que c’est un mensonge car tout indique que ce sont tous les Français, sans exception, qui seront frappés.
Car François Hollande l’a admis lui-même : cette super-tranche de 75 % n’est qu’un “impôt spectacle”, une manoeuvre de diversion, puisqu’il ne générera pas de recettes supplémentaires. Cela signifie donc qu’il intègre d’ores et déjà que les 3 000 personnes (et non 30 000 comme l’a dit imprudemment Pierre Moscovici) concernées par la mesure vont quitter la France si le PS revient au pouvoir !
D’où deux questions complémentaires : aura-t-on moins de pauvres quand on aura moins de riches ? La réponse est non. Et surtout : qui va payer ce que les riches ne paieront plus lorsqu’ils seront partis ? Réponse : les classes moyennes, évidemment, mais bien au-delà des classes moyennes, tous les Français ! Voilà bien l’imposture suprême : faire croire qu’on va faire payer les riches alors qu’on va d’abord faire payer les pauvres !
Quelques exemples. Abolition de la réforme des retraites : 5 milliards de cotisations sociales en plus, y compris pour les salariés au smic ; futur impôt dépendance : 4milliards d’euros ; suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires : 4,5 milliards…
François Hollande dit tout de même qu’il veut favoriser les PME… Toujours des déclarations d’amour en forme de déclarations d’impôt ! Est-ce que c’est aider les PME que de supprimer les allégements de charges sur les bas salaires ? Est-ce que c’est aider les PME que de revenir sur la TVA de compétitivité qui baisse de 5 % les charges patronales sur les salaires, mesure qui touche 90 % des salariés des PME et 100 % des TPE ? Est-ce que c’est aider les PME que de revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires, qui sont le seul moyen pour elles d’augmenter le pouvoir d’achat de leurs salariés ?
Nicolas Sarkozy juge très durement l’engagement de François Hollande de renégocier, ou à tout le moins de tout faire pour réorienter les traités européens, s’il est élu. Le président de la République lui-même n’était pas hostile à la création d’eurobonds avant que Mme Merkel ne s’y oppose… À ceci près que, depuis, nous sommes arrivés à un compromis, acté par l’ensemble de nos partenaires. Casser ce compromis, ce serait détruire la confiance. Et comme la crise qui nous frappe est d’abord et avant tout une crise de confiance, prendre ce chemin serait à proprement parler suicidaire. Tout le monde admet que, notre endettement excepté – endettement qui provient majoritairement des plans de relance et des dépenses sociales rendus nécessaires par la crise, contrairement à ce qu’assène le PS du matin au soir – , les fondamentaux de l’économie française sont bons.
Faire croire aux Français qu’on ramènera la croissance en étant moins rigoureux, c’est leur mentir et c’est détruire la confiance, sans laquelle, justement, le retour à la croissance est impossible !
Dans une crise de confiance, l’idée de pouvoir compter sur un président de la République qui tient ses engagements sur le long terme et poursuit inlassablement le désendettement du pays est le meilleur moyen de rassurer ceux qui, par leurs investissements, agissent directement sur l’emploi. Ce que veulent les chefs d’entreprise, c’est de la cohérence et de la visibilité. Par sa ténacité et son dynamisme, Nicolas Sarkozy leur en donne. C’est pour cela qu’il est un homme d’État. Et c’est pour cela que son bilan est son meilleur tremplin.

Dignité


Que ce soient des obsèques militaires qui honorent les paras morts ou un kaddisch pour les enfants tués et leur professeur, la France est endeuillée. Il est hasardeux de préjuger des motifs du tueur qui a apparemment usé de la même arme dans les trois séries de meurtres. Quel lien peut-on établir entre ce crime antisémite devant une école juive et l’assassinat de militaires français dont deux sont musulmans ? Rien ne permet d’étayer la thèse de crimes racistes ni d’écarter la piste d’un psychopathe.
En l’état de l’enquête, dans le feu de la campagne électorale, les candidats, et le candidat-président en particulier, doivent se garder de toute surenchère, interprétation abusive ou exploitation politicienne de ces crimes. On a vu par le passé comment un scrutin pouvait être pollué par un fait divers crapuleux ou par des opérations militaires dûment programmées à des fins électoralistes.
Entre la juste solidarité et la compassion avec la communauté juive une nouvelle fois touchée et la récupération, le chemin est étroit. Jusqu’à présent, les candidats ont évité tout dérapage. Limitant même pour un jour leurs apparitions et déclarations publiques.
Face à ces drames, l’union nationale, concept souvent galvaudé, est la seule réponse digne. Ce sera l’hommage le plus juste à rendre aux trois soldats, aux trois enfants juifs et à leur professeur assassinés. Les électeurs devront tenir comptables le ou les candidats qui s’écarteraient de ce geste républicain.

Enseignements d'une campagne 

  La campagne présidentielle semble souvent manquer de fond. Trop souvent superficielle, politicienne. Elle n'en a pas moins le mérite de nous apprendre beaucoup sur notre société, ses peurs, ses attentes, ses difficultés, voire son refus d'aborder certaines questions. Par ce qu'elle dévoile, comme par ce qu'elle laisse de côté, elle constitue un moment important de notre vie collective.

Premier enseignement : les mots de chômage, de précarité, d'exclusion ou de relégation sociale ne sont pas des abstractions, des problèmes techniques que des experts économiques et des technocrates pourraient régler. Ils désignent des hommes et des femmes qui font ou refont partie du paysage politique. De ce point de vue, la campagne est une grande réussite. C'est ainsi, en particulier, qu'une figure a refait son apparition : celle des ouvriers.
Hier, le prolétariat était le sel de la terre, appelé, en se libérant de ses chaînes, à libérer l'humanité tout entière. Le mouvement ouvrier, depuis l'atelier ou l'usine, menait, avec ses syndicats, des luttes dont le sens pouvait irriguer toute la vie publique, politique, intellectuelle. Puis, désindustrialisation et délocalisations aidant, les ouvriers ont pratiquement disparu de notre imaginaire et des médias, sauf à se mobiliser sur un mode violent pour éviter des fermetures d'entreprise et des suppressions d'emplois. Les voilà qui réapparaissent, constituant un électorat que l'extrême droite tente de représenter - ce qui nous éloigne de l'époque où ils étaient supposés voter à gauche, et notamment pour le Parti communiste.
De façon plus générale, en rendant visibles des figures sociales jusque-là invisibles, la campagne actuelle nous donne une image de la société plus réelle que celle qui prédominait auparavant.

Simplification à outrance

Deuxième enseignement, diamétralement opposé : les enjeux culturels de la vie collective sont gommés, ou traités sur un mode singulièrement défensif. La campagne ne nous dit pas grand-chose des questions de diversité, des demandes de reconnaissance identitaire. Elle n'examine que sur le mode du scandale et de la simplification à outrance les questions de l'identité nationale, de la laïcité ou de l'islam. Les principaux candidats n'ont que le mot de « République » à la bouche, ce qui ne laisse guère d'espace pour réfléchir aux attentes culturelles des minorités, aux statistiques dites ethniques ou au multiculturalisme, mais aussi à l'environnement ou à l'écologie, qui sort sinistrée de la phase actuelle, et pas seulement du fait de la personnalité de sa candidate.
Disons-le d'un mot : dans le contexte général de crise financière et économique, la campagne permet de mieux connaître les enjeux et les problèmes sociaux du moment, en même temps qu'elle dramatise ou refoule les questions culturelles, pratiquement non traitées à gauche, et réduites, à droite et à l'extrême droite, à la défense de l'identité nationale, à la critique de l'immigration et à la hantise de l'islam.
Il faut souhaiter qu'immédiatement après l'élection présidentielle et les législatives qui s'ensuivront, les figures sociales, devenues un temps visibles, ne redeviennent pas invisibles, pour être alors oubliées, et que les questions culturelles, pour l'instant délaissées, bénéficient d'un réel traitement politique.

Grèce : Venizélos abandonne le ministère des finances pour le Pasok

Evangelos Venizélos a annoncé, lundi 19 mars, sa démission du ministère des finances grec pour diriger le parti socialiste du Pasok, à la tête duquel il a été élu dimanche. Il succède à Georges Papandréou, président du parti depuis 2004 et ex-premier ministre.
"J'ai eu l'occasion, lors d'une réunion d'adieu ce matin au ministère des finances, de donner mes dernières consignes", a-t-il déclaré aux médias, à l'issue d'une rencontre avec le président de la République, Carolos Papoulias, et juste avant de rencontrer le premier ministre, Lucas Papadémos, à qui il doit présenter officiellement sa démission.
Sans rival, M. Venizélos a fait de ce vote une occasion "pour rassembler" et "unir" le Pasok, en chute libre dans les sondages des intentions de vote en vue des élections législatives anticipées prévues pour la fin d'avril ou le début de mai.
LA GRÈCE RENOUERA AVEC LA CROISSANCE D'ICI À MOINS DE DEUX ANS
De son côté, M. Papadémos s'est montré optimiste quant à la situation économique du pays. La Grèce renouera avec la croissance "d'ici à moins de deux ans" et est déterminée à éviter une nouvelle restructuration de dette et une sortie de l'euro, a-t-il assuré dans une interview au Financial Times, publiée lundi. "Je suis convaincu que nous avons fait plus de la moitié du chemin de la reprise économique, même si le processus de consolidation budgétaire prendra plus de temps."
Selon le premier ministre, "une grande majorité silencieuse" du peuple grec est prête à tout pour rester dans la zone euro, malgré les manifestations quasi quotidiennes contre la cure drastique d'austérité adoptée par Athènes sous la pression du Fonds monétaire international (FMI) et de l'Union européenne.
"LA DERNIÈRE RESTRUCTURATION DE DETTE SOUVERAINE GRECQUE"
Le FMI a de nouveau révisé à la baisse la semaine dernière ses prévisions pour le pays : selon l'institution, la Grèce devrait sortir de la récession en 2013, mais sa croissance sera nulle cette année-là, après une quatrième année de lourde contraction de son PIB, de 4,8 %, en 2012. Malgré la crise, "nous ferons tout ce qui est nécessaire pour assurer que c'était la dernière restructuration de dette souveraine grecque", a également affirmé M. Papadémos lundi.
Selon un nouveau rapport de la troïka de ses créanciers- Union et Banque centrale européennes et FMI - publié la semaine dernière, la Grèce va devoir faire de nouveaux efforts d'ajustement budgétaire dans les deux prochaines années pour atteindre les objectifs fixés en échange du second plan d'aide.

Trop de normes ? Oui ! "L’Union européenne est un empire kafkaïen"

Oui, bien sûr, il faut faire maigrir Bruxelles. Mais sa logorrhée normative ne se tarira pas toute seule. Il y a des causes idéologiques et structurelles à cette pathologie auxquelles il conviendrait de  s’attaquer.
Les spécialistes de science des organisations savent bien  que chaque institution nouvellement créée se croit tenue de justifier son existence et son coût en s’adonnant à une activité compulsive qui s’autoalimente et tend vite à devenir tentaculaire voire… totalitaire. Il suffit, pour s’en convaincre, d'observer la Halde en France.
La Commission européenne et toute la technocratie qui s’agite autour d’elle ont toujours une « action », une « position commune », une « résolution », une « recommandation », une « communication », une « proclamation », un «échéancier », un « calendrier », un « code de conduite », un « livre blanc », ou un « livre vert » à concocter en plus des traditionnels actes officiels que sont les règlements, les directives et les décisions.
Il pleut des normes dans le ciel européen, sans compter les arrêts de la Cour de justice de l’Union qui se permet dans tous les domaines  des interprétations très constructives. L’Union européenne est un empire kafkaïen où se développent des mécanismes absurdes de machine infernale.
Il suffit au visiteur de promener un regard attentif  dans les différents bureaux de Bruxelles pour ressentir l’angoisse d’Anthony Perkins jouant dans Le Procès  tourné par Orson Welles. Philippe Muray a très bien décrit le mode de fonctionnement compulsif et le langage pré-totalitaire de cet « Empire du bien » en quête permanente d’ « harmonisation totale » dans une Union que le traité lui-même veut « sans cesse plus étroite ».
Les causes de cette pathologie, outre le penchant naturel vers l’obésité, sont bien connues.
La première est idéologique : une fois qu’il a été posé que l’Europe était construite pour éviter le retour de la guerre, il est admis que tout ce que produit l’Europe est bon pour la paix,  donc  bénéfique. Toute action ou norme européenne bénéficie ainsi d’une présomption irréfragable de bienfaisance et toute manifestation d’agacement devient suspecte de phobie et d’instinct  belliqueux voire de « nostalgie des heures sombres de notre histoire ».
La seconde est politique: la commission, sa comitologie et les lobbies qui les harcèlent ne sont politiquement responsables devant aucun peuple, et n’ont donc de compte électoral à rendre à personne.
La troisième est juridique et tient au fait que les traités sont rédigés de telle manière qu’ils permettent à l’Union d’aspirer progressivement toutes les compétences des États. On le voit notamment aujourd’hui avec le droit civil et le droit pénal, tout y passe.
L’architecture de l’Union a été calquée sur le fédéralisme allemand hyper-normatif et rigide au lieu de s’inspirer du modèle américain beaucoup plus souple et respectueux de l’autonomie des États. L’interprétation téléologique de la Cour de Luxembourg conduit à accorder à l’Union tous les pouvoirs nécessaires à la réalisation de ses objectifs, lesquels sont décrits dans le traité en des termes parfaitement vaseux et utopiques, sans fin et sans fond.

Il en résulte que les principes de subsidiarité et de proportionnalité des compétences, ainsi que la garantie du respect de la diversité et de l’identité nationales, mollement proclamés par les traités, ne résistent pas au rouleau compresseur bruxellois. La déclaration n°18 annexée au traité de Lisbonne rappelle que les  États peuvent décider de  réviser les traités « y compris en vue de réduire les compétences de l’Union ». Les Britanniques sont demandeurs, appuyons-les.

lundi 19 mars 2012

Le Parlement européen, une démocratie inachevée

Dans une UE que tout le monde souhaite plus démocratique, les députés européens ne remplissent pas encore leur rôle de représentants du peuple. La faute aux système communautaire qui les prive de souveraineté, mais aussi à leur manière de travailler inadaptée.
Le cirque itinérant se rassemble à la gare du Midi, à Bruxelles. De là, un long train spécialement affrété amène les députés européens, leurs collaborateurs et les autres (notamment les journalistes) à leur deuxième lieu de résidence, Strasbourg.
Pour avoir changé de mains, entre la France et l’Allemagne, cinq fois en un siècle, la ville est censée symboliser la réconciliation de l’après-guerre. Mais ces derniers temps, la caravane mensuelle est devenue on ne peut plus emblématique de la propension de l’Union européenne au gaspillage.

Dans leurs voitures avec chauffeur, les députés se rendent rapidement du rutilant complexe du Parlement européen à leurs hôtels et dans les restaurants, lesquels gonflent sans vergogne leurs prix pour l’occasion.

Plus son pouvoir augmente, plus les citoyens s'en désintéressent

La plupart des membres du Parlement détestent toute cette perte de temps. Mais ils n’y peuvent pas grand-chose à cause d’un système à deux sièges (sans compter les fonctions annexes au Luxembourg) inscrit dans les traités, qui ne peut être changé qu’à l’unanimité.
Leurs tentatives de supprimer l’une des 12 sessions à Strasbourg cette année a provoqué l’ire de Paris, qui a déposé plainte. En d’autres termes, le Parlement européen est impuissant.
C’est ainsi que les réjouissances à Strasbourg sont doublement scandaleuses. En premier lieu, les coûts supplémentaires engendrés par les sessions tenues à Strasbourg, évalués à quelque 180 millions d’euros par an, sont choquants en période de rigueur extrême.
En second lieu, le Parlement n’est pas d’un grand secours quand il s’agit de résoudre les problèmes. D’où ce paradoxe : plus son pouvoir augmente, moins les citoyens sont nombreux à se rendre aux urnes pour élire ses membres.
La plupart des sujets qui comptent aux yeux des électeurs, comme la santé, l’éducation et la sécurité, sont du ressort des parlements nationaux. Les accords européens traitent principalement d’obscures questions réglementaires.
Mais cela n’explique qu’en partie le peu de cas fait par les électeurs au choix de leurs députés. C’est la Commission européenne, c’est-à-dire les fonctionnaires de l’Union européenne dirigés par un collège nommé par les Etats membres, qui propose les lois.
Ces textes doivent ensuite être approuvés par le Conseil des ministres (où les gouvernements se mettent d’accord en coulisses) et par le Parlement européen (où les alliances fluctuent au gré des dossiers). Les différences ne seront aplanies qu’après maintes tractations entre les trois entités. Le système permet d’assurer un grand équilibre des pouvoirs. Mais les électeurs ne peuvent pas se débarrasser des incapables.
Ce problème chronique de légitimité démocratique devient aiguë avec la crise de l’euro. Bruxelles a acquis de nouveaux pouvoirs pour surveiller les budgets nationaux et autres possibles  “déséquilibres”. Les pays sauvés de la faillite – Irlande, Portugal et, surtout, Grèce – se sont vus imposer des mesures d’austérité et des réformes.

Le Parlement : un ado agressif

Mais la “gouvernance économique” se fait également sentir ailleurs. En Italie, le technocrate Mario Monti a remplacé Silvio Berlusconi à la tête du gouvernement. En Belgique, quelques jours seulement après son entrée en fonctions le nouveau Premier ministre s’est vu prier de procéder à des coupes budgétaires sous peine de sanctions. La Hongrie, elle, a appris qu’elle perdrait 495 millions d’aides l’année prochaine si elle ne réduisait pas son déficit budgétaire.
“Les gouvernements viennent seulement de se rendre compte à quel point ils ont renoncé à leurs pouvoirs au profit de l’Union”, note un eurocrate. Mais à qui conférer ces pouvoirs ? Le Parlement européen est un organe imparfait dans un système imparfait. Peut-il compenser la perte de souveraineté nationale ?
C'est ce que pensent certains. M. Monti s'est rendu à Strasbourg le mois dernier pour féliciter le Parlement d'avoir soumis à une étroite surveillance la Commission (dont il faisait jadis partie). Dans un article rédigé avec la députée européenne française Sylvie Goulard, il a fait porter la plus grande responsabilité de la crise sur les démocraties nationales. Angela Merkel, la chancelière allemande, parle d'une future "union politique" dotée d'un Parlement fort et d'un président de la Commission élu au suffrage direct.
D'autres considèrent que le Parlement n’apporte pas de solution mais constitue une partie du problème. Jack Straw, ancien ministre des Affaires étrangères britannique, a récemment plaidé pour son abolition. Le "déficit démocratique" serait selon lui mieux comblé par une assemblée de députés nationaux que par un organe élu au suffrage direct.
La Cour constitutionnelle allemande a jugé en 2009 que le Parlement européen n’avait pas une crédibilité suffisante pour que le Bundestag lui cède le contrôle du budget, entre autres. Les députés européens peuvent donc influer sur la façon dont les fonds européens sont dépensés, et non pas sur celle dont ils sont récoltés.
Le Conseil des Ministres considère le Parlement comme un adolescent agressif : ses membres pensent savoir ce qui est bon pour l'Europe mieux que les ministres ; ils parlent beaucoup, ils se comparent au Congrès américain sans en avoir les moyens ; ils exigent constamment davantage de pouvoir et d'argent et ils veulent toujours plus d'Europe, quoi que les électeurs puissent en penser.
Les membres de la Commission expriment également leur exaspération (en privé) : même si le Parlement européen est souvent leur allié, il a le pouvoir de dissoudre la Commission mais n’assume pas les conséquences de ses actes.
Il n'y a pas de solution claire au problème de la démocratie dans ce système qui est en partie intergouvernemental et en partie fédéral. On peut difficilement avancer que Bruxelles a besoin d'une démocratie moins directe à l'heure où elle acquiert davantage de pouvoir.

La légitimité requiert des réformes nationales et européennes

Les affaires européennes sont désormais trop complexes pour être gérées par des temps partiels. Regardez le Conseil de l'Europe, le voisin du Parlement européen à Strasbourg, un organisme plus ancien qui est distinct de l'UE : il possède une assemblée de députés nationaux qui se réunit deux fois par an, mais ses travaux sont tellement obscurs que les conservateurs britanniques peuvent y être alliés du parti Russie unie de Vladimir Poutine.
La légitimité requiert des réformes au niveau national comme européen. Les effectifs du Parlement, 754 personnes, doivent être revus à la baisse de même que ses énormes coûts. Ses travaux donnent lieu à des accords confortables entre les coalitions de grands partis européens. Ceci dit, les Etats demeureront au centre de l'UE quelle que soit l'ampleur de l'intégration. Ce sont eux qui confèrent à l'UE ses pouvoirs et ses fonds. Ce sont les gouvernements qui font appliquer les lois européennes.
Et surtout, la vie politique est essentiellement nationale. Il faut donc que les parlements nationaux soient plus impliqués dans les travaux de l'UE, qu'ils puissent pour commencer examiner plus attentivement ses politiques.
Le système danois est un bon exemple : le Folketing (parlement) autorise les ministres à négocier des mandats avant qu'ils n'aillent à Bruxelles. Malgré tous ses défauts, le Parlement européen est encore là pour longtemps. Les passagers pour Strasbourg, en voiture !