samedi 12 avril 2014
La funeste visite de Merkel à Athènes
La presse française parle d'un attentat à Athènes un jour avant la visite de la chancelière et d'un retour réussi sur les marchés pour la Grèce totalement ruinée. La chancelière vient féliciter et soutenir la politique d'austérité mené par Antonis Samaras.
Dans son dernier livre, Le Putsch silencieux (pas encore disponible en français) paru fin mars 2014, le journaliste d'investigation Jürgen Roth montre le système de corruption de la Troïka, de Berlin avec Angela Merkel et de Bruxelles, assis sur les peuples européens. Pour Jürgen Roth, la Grèce est le premier pays à avoir subi le test de la Troïka, un plan qui s'applique déjà aux autres nations européennes, Allemagne comprise. Un autre auteur, Panagiotis Grigoriou, qui nous a accordé plusieurs entretiens, avait déjà parlé de la destruction de la société grecque de manière technique par les technocrates de Bruxelles et les banquiers.
Bombe. Un jour avant l'arrivée d'Angela Merkel, une voiture a explosé dans le quartier des banques à Athènes. Des manifestants s'étaient réunis devant le Parlement grec avec des panneaux où on pouvait lire « Frau Merkel get out. Get out of our country bitch ». Pendant que les médias occidentaux parlent du retour avec succès de la Grèce sur le marché financier et %, la population grecque ressent cette annonce comme une trahison. La population grecque s'enfonce dans la misère voulue par la Troïka, ce qui constitue une bombe sociale. Pour le Handelsblatt, l'économie grecque pourrait augmenter de 1 % cette année mais ne pourra pas réduire de manière significative le chômage. Le chômage des jeunes est à 60 %, ce qui n'est pas supportable sur le long terme pour une démocratie. La crise grecque, construite par la Troïka, profite aux investisseurs. Le retour d'Athènes sur le marché fait le bonheur des investisseurs qui s'arrachent les emprunts d’État grecs. « Nous vivons une situation exceptionnelle en Grèce. Les dettes d’État cachent la privatisation des biens et des services » écrit Jürgen Roth en citant un conseiller en économie du Pasok qui ne veut pas citer son nom.
Pays test de la Troïka. Colonie administrée par Berlin et Bruxelles, la Grèce est le premier pays test aux plans de la Troïka : baisse des salaires, baisse des retraites, disparition des soins d’État, privatisation de tous les services publics, réduction du nombre des fonctionnaires. «Rien n'est dévoilé. Les privatisations des structures conduisent au dumping salarial, aux contrats précaires, en Allemagne aussi. Les salariés doivent travailler dans les sociétés privatisées pour des salaires de misère où le mot d'ordre + bouffe ou crève + est de mise», écrit Jürgen Roth. Les bâtiments d’État grecs ont été vendus aux investisseurs et sont loués à des prix élevés à la même administration d’État. Plus de 300 îles sont à la vente. L’État grec, qui possède 70 % du pays, le vend aux financiers. « Les financiers se régalent de la forte baisse des salaires et des prix sur l'immobilier », écrit Jürgen Roth. L’État grec et la Troïka ne sont pas vraiment intéressés par les privatisations selon le journaliste Yannis Moutsos : « Ils utilisent la Grèce et le Portugal comme un terrain d'expérimentation. »
L’Allemagne exporte sa démocratie. L'historien et anthropologue grec Panagiotis Grigoriou nous a fait le nouveau portrait robot de son pays qui tombe en ruine humaine et sociale et démocratique à vitesse grand V dans un entretien en deux parties en décembre 2012 sous le titre « La Grèce, une colonie allemande qui souhaiterait l'aide de la Russie ».
En décembre 2012, Panagiotis Grigoriou nous disait : « On découvre le changement interne de la société grecque, l'occupation du pays par l'Allemagne et l'administration européenne, la pulsion de mort dans une société qui fut l'une des plus vivantes du monde » et expliquait en citant des exemples que la Grèce est une colonie administrée par l'Allemagne : « Oui, nous avons des administrateurs coloniaux. Le Consul général allemand, Wolfgang Hoelscher et Hans-Joachim Fuchtel, CDU ont été nommés par Angela Merkel. Ils sont basés en Grèce, chez nous. Le job de Hans-Joachim Fuchtel, CDU, est de mettre en contact les entreprises allemandes et les municipalités grecques. Hans-Joachim Fuchtel, CDU, nous le considérons comme l'administrateur colonial ou comme un Gauleiter». Ce vendredi, la chancelière rend visite à son Gauleiter pour une tournée d'inspection. » L’ange et la bête
L’ange et la bête
La nouvelle municipalité verte de Grenoble a décidé de retirer les caméras de vidéo-protection de cette ville au nom de la défense des libertés et de "la responsabilisation des personnes". Cette décision m’a aussitôt fait penser à un fait divers survenu récemment dans cette ville.
A cette nouvelle, trois questions me viennent à l’esprit:
- Comment des personnalités publiques peuvent-elles en arriver à pareil degré d’irresponsabilité?
- Comment la démocratie locale et le suffrage universel peuvent-ils aboutir à de telles aberrations?
- A quel stade passe-t-on du simple et pur angélisme à la complicité pure et simple (avec les bourreaux) ?
Pacte de réalité
Pacte de réalité
L'exercice de communication plutôt réussi de l'investiture du gouvernement Valls n'enlève rien à la défaite historique de la gauche. Il n'a pas non plus totalement mis en sourdine les grincements dans les rangs socialistes où d'aucuns réclament une autre politique pour répondre à la défiance populaire. D'ailleurs, François Hollande, pourtant désormais entouré d'amis sûrs, a dû concéder la direction du Parti socialiste au strauss-kahnien Cambadélis, un adversaire historique et souvent cinglant, passé dans les rangs du soutien à Martine Aubry. L'arrivée d'hommes forts aux postes clés et la détermination des contestataires de l'intérieur annoncent les nuages qui forcément viendront obscurcir le ciel d'un chef de l'État affaibli par les municipales.
Même remanié lui aussi, le PS vit la fin d'une époque. Depuis la défaite de Jospin, la guerrière formation, qui avait conduit Mitterrand au pouvoir, connaît une inexorable décadence. Que le rejet de Sarkozy ait laissé croire à un sursaut socialiste n'y change rien. Et le fade passage de Harlem Désir n'a pas fait taire les dissidences locales de tous ceux qui veulent tenter leur chance sans respecter les consignes et logiques de parti.
Les plus positifs affirmeront que les socialistes vont trouver dans l'échec la ressource pour se rassembler et mettre leur programme en cohérence avec une réalité sociale que trop de leurs électeurs vivent douloureusement. Peut-être. Ce qui est sûr, c'est que les socialistes doivent se demander comment redevenir un parti qui représente la société française. En ne le faisant pas, ils perdraient leur raison d'être et la chair de la gauche. Le PS est dans une crise de culture politique dont il sortira en faisant preuve de lucidité dans l'analyse des résultats et la digestion de la défaite. Sans doute aussi en revenant au terrain pour écouter les gens. Une sorte de pacte de réalité pour se relancer.
La politique de Hollande n'est pas la seule explication aux sièges perdus par les socialistes locaux. Souvent leur échec vient de ce qu'ils n'apparaissaient pas comme les meilleurs candidats et qu'il ne suffit plus d'être de gauche pour être crédité de la proximité. En perdant des élus, le PS a peut-être retrouvé des militants. C'est ce qui lui manque le plus.
Le chagrin et le remords
Le chagrin et le remords
Survenue hier, la mort de Dominique Baudis a provoqué un hommage unanime. Comme rarement. Reconnaissons qu'il méritait bien cela après ce que l'emballement médiatique lui avait fait subir au moment de la sordide affaire Alègre. Sans doute se mêle-t-il dans cette émotion une part de chagrin et de remords ? Parce que si Dominique Baudis a succombé à un cancer, on voudrait être sûr que les suites des incurables métastases de la calomnie n'y ont pas contribué. On ne dira jamais assez avec quel courage Dominique Baudis fit front et chercha à se relever d'une telle ignominie.
Plus de dix ans après, le traitement de « l'affaire » doit continuer d'interpeller les médias. Est-il acceptable qu'au nom d'investigations douteuses la presse se transforme en machine à broyer la vie d'un innocent ? On se souvient des accusations ignobles de ces prostituées et de ces demi-sel floutés, trop complaisamment invités sur les plateaux télé. Ce flot d'insanités allait vite étouffer les protestations d'innocence de Dominique Baudis.
Bien pire, sa présence, un soir de mai 2003 sur le plateau du JT de Claire Chazal, pour désamorcer le scandale naissant, alimenta au contraire des soupçons. Sous les feux des projecteurs, quelques gouttes de sueur perlant sur son front engendrèrent des doutes entretenus plus ou moins perfidement par certains. Belle gueule et « fils de son père », journaliste vedette puis gentleman de la politique, Dominique Baudis fut victime, pour partie, de cette chasse au « notable » qui est la rançon des réussites trop voyantes.
Sa grandeur fut, une fois innocenté, d'accomplir sans la moindre amertume, avec sincérité et engagement discret, diverses missions au service de l'État et des citoyens. Qui mieux que cet homme, malmené par certains imprudents « justiciers », pouvait incarner le rôle de Défenseur des droits ? Qui d'autre que lui aurait été capable de surmonter l'épreuve avec autant de dignité ? Qui, pour toutes ces raisons, pourrait plus que lui, aujourd'hui, susciter notre chagrin et nos remords ?
François Hollande chute à 13 % d’opinions favorables
Selon un sondage YouGov pour i>TELE et le Huffington Post, le président augmente encore son score d’opinions défavorable (80%, +2 points depuis mars), et n’est plus qu’à 13% d’opinion positive.
François Hollande paye directement la défaite de la gauche aux municipales et ne tire aucun bénéfice de la nomination de Manuel Valls.
En revanche, et alors que Jean-Marc Ayrault stagnait à 14% d’opinions favorables en mars, le jugement porté sur l’action du nouveau Premier Ministre est plus encourageant puisque Manuel Valls atteint 29% d’opinions favorables.
Quant au nouveau gouvernement, il ne bénéficie de quasiment aucune indulgence de la part des Français, stagnant à 15% d’opinions favorables. Moins d’un Français sur cinq (18%) pense le nouveau gouvernement davantage capable d’inverser la courbe du chômage que celui dirigé par Jean-Marc Ayrault.
L’enquête a été réalisée sur internet du 4 au 9 avril sur un échantillon de 1038 personnes représentatif de la population française et selon la méthode des quotas. Pour davantage de détails :
- Baromètre :http://cdn.yougov.com/cumulus_uploads/document/i5b27tdmvi/BPHP17_April14_FR_MAIN_CPW_FINAL_baro.pdf
- Baromètre des personnalités :http://cdn.yougov.com/cumulus_uploads/document/akp6pu15xc/BPHP17_April14_FR_MAIN_CPW_FINAL_perso.pdf
LE BOULET
LE BOULET
Le profil de l’emploi. Ou presque. Porte-parole de la « génération SOS Racisme » puis fringant quinqua (un handicap sur le marché du travail mais un vrai signe de jeunesse en politique), patron d’un des plus puissants partis de France et député européen depuis quinze ans. Sur le papier, impossible de trouver meilleur CV que celui d’Harlem Désir pour le poste de secrétaire d’État aux Affaires européennes. Et pourtant… Depuis deux jours, la promotion (par l’échec) de l’ex-premier secrétaire du PS n’en finit plus d’alimenter un procès en incompétence. Manuel Valls a beau juger cette arrivée comme « un atout », les reproches pleuvent. Jusqu’au président de la République qui l’aurait jugé « pas à la hauteur ». Plus terrible encore, le baromètre des présences au Parlement européen. Harlem Désir n’a participé qu’à 50,15 % des votes (en dessous de la moitié, plus d’indemnités). Ce qui le classe en 752e position… sur 766 élus. Pour un gouvernement en quête de renaissance, comme des allures de mauvais film : un boulet nommé désir. Avec un fort sentiment : celui de ne voir dans l’horizon continental qu’une usine à recycler des politiques en mal de mandat. Et l’on demandera, dans quelques semaines, aux simples citoyens de se mobiliser pour les élections européennes…
Le profil de l’emploi. Ou presque. Porte-parole de la « génération SOS Racisme » puis fringant quinqua (un handicap sur le marché du travail mais un vrai signe de jeunesse en politique), patron d’un des plus puissants partis de France et député européen depuis quinze ans. Sur le papier, impossible de trouver meilleur CV que celui d’Harlem Désir pour le poste de secrétaire d’État aux Affaires européennes. Et pourtant… Depuis deux jours, la promotion (par l’échec) de l’ex-premier secrétaire du PS n’en finit plus d’alimenter un procès en incompétence. Manuel Valls a beau juger cette arrivée comme « un atout », les reproches pleuvent. Jusqu’au président de la République qui l’aurait jugé « pas à la hauteur ». Plus terrible encore, le baromètre des présences au Parlement européen. Harlem Désir n’a participé qu’à 50,15 % des votes (en dessous de la moitié, plus d’indemnités). Ce qui le classe en 752e position… sur 766 élus. Pour un gouvernement en quête de renaissance, comme des allures de mauvais film : un boulet nommé désir. Avec un fort sentiment : celui de ne voir dans l’horizon continental qu’une usine à recycler des politiques en mal de mandat. Et l’on demandera, dans quelques semaines, aux simples citoyens de se mobiliser pour les élections européennes…
L’improbable opération de sauvetage
L’improbable opération de sauvetage
Les commandes sont à l’Élysée. C’est François Hollande qui devrait se “remanier”. Le problème est qu’il devrait faire l’inverse de ce qu’il a fait depuis deux ans.
L’histoire retiendra sans doute que la préfiguration de la nomination de Manuel Valls à la succession de Jean-Marc Ayrault a eu lieu deux mois avant la “raclée” des municipales. C’était le lundi 3 février, au lendemain de la puissante mobilisation de La Manif pour tous à Paris et à Lyon. Manuel Valls fut le premier à annoncer, au micro de RTL, qu’il n’y aurait plus de loi sur la famille (PMA, GPA et autres sottises). Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l’Assemblée, lui répondit aussitôt sur une autre antenne que le ministre de l’Intérieur ferait mieux de rester dans son rôle et de respecter la règle du jeu. Le même jour, Jean-Marc Ayrault déjeunait à l’Élysée et François Hollande trancha en faveur de Valls : il fallait en effet ajourner le projet de loi sur la famille.
Dans le Monde du lendemain, Valls expliqua la pensée de Hollande : « On ne peut pas faire comme si le débat sur le mariage pour tous et la filiation n’avait pas laissé des traces. Dans une société fracturée, François Hollande a décidé d’éviter des débats non maîtrisés qui représentaient un vecteur supplémentaire de perturbation dans les mois qui viennent. » C’était clairement dit, mais le mal était fait, on l’a vu par l’ampleur de la tempête électorale qui s’est produite les 23 et 30 mars. Une fois la vague retirée, la plage sur laquelle se présente Manuel Valls est couverte de débris.
Contrairement à ce qui se répète partout, le chômage et les impôts ne suffisent pas à expliquer ce désastre. La gauche doit en chercher les causes au plus profond de l’inquiétude des Français quant à leur identité, à leur idée de la famille, des fondements de leur histoire, de leur culture et de la vie en société. La théorie du genre, qui veut faire des petits garçons des petites filles et vice versa, associée à une débauche de campagnes publicitaires, d’émissions, de films et de feuilletons provocants et destructeurs, a autant contribué à la défaite que le chômage. De cette sanction justifiée, le nouveau gouvernement va-t-il tirer la leçon ? Au moins, François Hollande reconnaît-il cette « crise civique et même morale » dont souffre la France.
La dernière carte souvenir laissée par l’équipe Ayrault l’aura été sur le perron de l’Élysée par une ministre qui sera ainsi sortie de l’anonymat. Le soir même où la France venait d’offrir un dîner d’État en l’honneur du président chinois et de son épouse, Mme Nicole Bricq confiait à la femme du premier ministre, parlant du dîner qui avait été servi : « C’était dégueulasse. » Anecdotique ? C’était dit par une ministre de la République, qui plus est ministre du Commerce extérieur, et le mot allait naturellement faire le tour de la planète médiatique. Cela révélait non seulement la vulgarité, mais aussi la morgue d’un personnel politique qui se moque du rang du pays et du travail des autres. Rien n’est plus sensible à l’électorat populaire que ce langage qui n’aura fait rire que les électeurs de Mme Hidalgo. La vague bleue aura eu le mérite d’envoyer au piquet tous les “Bricq” au pouvoir.
M. Valls saura-t-il y mettre de l’ordre ? On lui reconnaît du caractère et de l’autorité. Son bilan de ministre de l’Intérieur ne plaide guère en sa faveur. Ancien directeur de campagne de François Hollande, formé au cabinet de Lionel Jospin, il a pu mesurer dans sa circonscription de l’Essonne la dimension de la défaite socialiste. Son député suppléant, Carlos Da Silva, qu’il avait soutenu par une activité intense, a mordu la poussière à Corbeil-Essonnes, sèchement battu par Jean-Pierre Bechter, l’héritier de Serge Dassault.
Quelle sera sa liberté ? François Hollande lui demande de sauver son “quinquennat à l’envers”. Mais à peine était-il nommé que le président de la République annonçait à la télévision qu’il ajoutait un pacte de solidarité pour compenser son pacte de responsabilité. Compenser, parce que la gauche n’a rien compris au pacte de responsabilité et que son aile gauche le combat. Or, la France n’a pas le moindre euro pour financer ce nouveau pacte alors que le précédent ne l’est toujours pas sans les 50 milliards d’économies. L’impasse est totale. La France n’a pas atteint ses objectifs de déficit, elle est sous “surveillance renforcée” à Bruxelles (seul État européen à l’être avec la Slovénie) et elle doit présenter sa trajectoire budgétaire le 30 avril devant la Commission.
Manuel Valls a pour seul atout d’être un nouveau premier ministre — pour le reste, il n’a rien. Les commandes sont à l’Élysée. « J’en assume la totale responsabilité », dit François Hollande. Il devrait donc commencer par se “remanier”. Le problème est qu’il devrait faire l’inverse de ce qu’il a fait depuis deux ans. C’est ce que les électeurs lui ont dit. S’il échoue avec Valls, il ne lui restera qu’une option : la dissolution.
vendredi 11 avril 2014
"Les dirigeants européens ont en tête un nouveau "haircut" pour la Grèce"
La Grèce a fait son retour jeudi sur le marché en émettant pour 3 milliards d'euros d'obligations à cinq ans. Un succès selon les dirigeants européens. Mais très mitigé selon Ronan Blanc, de Quilvest Gestion, qui n'exclut pas le scénario d'une nouvelle décote de la dette à moyen terme.
C'est l'une des informations fortes du jour. La Grèce, pays symbole de la crise des dettes souveraines européennes qui a déstabilisé la zone euro, a fait son retour sur le marché obligataire ce jeudi. Sur le papier, l'opération est un succès. Trois milliards d'euros ont été levés, au lieu des 2,5 prévus, pour une maturité à cinq ans. Le tout à un taux de rendement moyen de 4,75%, c'est-à-dire en dessous des 5 à 5,25% de rendements envisagés. Près de 550 investisseurs se sont précipités pour une demande totale de 20 milliards d'euros.
"Les marchés internationaux ont exprimé d'une façon incontestable leur confiance dans l'économie grecque, l'avenir de la Grèce et la capacité de la Grèce à sortir de la crise", s'est félicité le Premier ministre Antonis Samaras, qui attend vendredi la visite de grande importance symbolique de la chancelière allemande Angela Merkel.
Les investisseurs européens, eux, sont plus circonspects, à l'image de Ronan Blanc, gérant obligataire chez Quilvest Gestion.
La Tribune : La demande de papier grec a été forte, et les rendements sont inférieurs à ce qui était initialement prévu. Peut-on parler de succès, comme le dit Antonis Samaras?
Ronan Blanc : C'est vrai que la demande a été forte, et, à mon sens, la Grèce aurait pu en profiter pour lever davantage. C'est en tout cas une bonne nouvelle car c'est la première fois qu'elle revient sur le marché primaire pour une maturité moyenne. Jusque là, elle continuait simplement d'assurer un roulement sur des maturités courtes.
Mais il ne faut pas oublier que la Grèce a 50 milliards d'euros de dette qui arrive à terme dans les deux ans. Donc il va falloir sérieusement accélérer les levées de fonds sur le marché si elle veut retrouver son autonomie financière. Ce qu'à mon avis elle ne pourra pas faire.
N'a-t-elle pas aussi profité d'investisseurs en mal de rendements depuis le début de la crise qui secoue les émergents ?
Ce qui se passe, c'est en effet que l'œil du cyclone était sur l'Europe depuis trois ans. Il s'est déplacé depuis un an vers les pays émergents en difficultés. A mon avis, ils vont d'ailleurs y rester pour longtemps, car leur dépendance au financement extérieur et leur profil d'inflation leurs sont très défavorables.
Les investisseurs, qui ont retiré leurs capitaux de ces pays émergents, se sont retrouvés avec des liquidités sur les bras et sont maintenant en recherche de rendements. Ce qui est une bonne chose pour nous. La Grèce y a perçu une bonne fenêtre de tir dont elle a profité intelligemment.
Qu'est-ce qui a poussé les investisseurs à se tourner précisément vers la Grèce ?
Déjà, il faut bien noter que ce sont des hedge funds et des gérants d'actifs risqués qui ont acheté de la dette grecque, en plus des investisseurs domestiques, c'est-à-dire les banques grecques elles-mêmes. Il n'y a rien de surprenant à ce que ces dernières achètent de la dette grecque. Quant auxhedge funds, cela peut avoir du sens de leurs points de vue.
Un des critères pris en compte est qu'il s'agit d'actifs en euros. Or l'euro a un profil intéressant car il a tendance à s'apprécier par rapport au dollar. Ce qui est bien pour des fonds en dollars. Les investisseurs estiment aussi qu'avec une maturité de cinq ans, il y a peu de risque d'avoir entre-temps une nouvelle restructuration de la dette du pays. L'essentiel a déjà été fait avant.
Enfin, il y a la perspective d'une politique monétaire accommodante, régulièrement évoquée, par la Banque centrale européenne (BCE). Elle offrirait aux fonds des débouchés sur le marché secondaire. Ce qui viendrait apporter une garantie supplémentaire en plus de l'OMT (Outright Monetary Transactions, programme de rachat illimité d'obligations d'Etat de la zone euro. Ndlr).
A votre avis, ont-ils eu raison de faire confiance à la BCE et à la solidarité des États-membres entre eux ? De nombreux doutes persistent sur l'OMT, et c'est précisément l'absence de garanties entre États membres, lorsqu'elle est devenue évidente, qui a conduit à une explosion des spreads (écarts de taux) entre les pays à risque et l'Allemagne...
En effet. Je ne crois notamment pas à un quantitative easing (politique monétaire accommodante) par la BCE. A mon avis, elle recourt surtout a une communication efficace sur sa politique monétaire, à la manière de la Fed qui tient un discours tempéré, alors que l'économie américaine tourne bien. Je pense notamment que le risque déflationniste est exagéré.
Ensuite, si la question est de savoir si les investisseurs n'ont pas de mémoire, la réponse est oui. Très échaudés par ce qui s'est passé dans les pays émergents, ils se concentrent aujourd'hui sur le véhicule grec. Mais je pense que c'est une mauvaise appréciation. En effet, même si l'on n'en parle jamais, il y a tout de même une volonté européenne d'introduire dans le prospectus d'émission une clause de haircut (décote) pour que les investisseurs soient mis à contribution au même titre que les institutionnels en cas de nécessité.
Sur les spreads, en revanche, il y a eu effectivement une réévaluation favorable aux pays périphériques de la zone euro, mais les écarts restent conséquents.
La Grèce est-elle sortie d'affaire ?
Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit un taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) de 3% l'an prochain. Le consensus de marché est à 1,5%. Si l'on s'en tient aux fondamentaux, on peut envisager de passer d'une récession à une stagflation. Mais je ne crois pas du tout à un scénario de croissance.
La Grèce reste une économie très fermée. Elle ne peut en aucun cas profiter de la demande allemande. Les pressions déflationnistes sont encore très importantes et le chômage reste très élevé. Par ailleurs, de nouveaux efforts vont lui être demandés sur le plan budgétaire en échange des prochaines tranches d'aide, car les bailleurs de fonds ne peuvent plus faire de chèque en blanc. Ce qui entamera encore le potentiel de croissance. Et le risque politique, même si on en parle moins, est encore très présent.
Quel est votre scénario pour les mois et années à venir ?
La Grèce est le pays qui a le plus fait défaut dans l'Histoire européenne. Je pense que les dirigeants européens ont en tête un nouveau haircut dans les quelques années à venir, peut être dans quatre ans, lorsque la zone euro se sera apaisée dans son ensemble. La vraie bonne nouvelle c'est que ce ne sont pas les investisseurs européens qui sont exposés.
Mais honnêtement je ne crois pas à un retour à l'autonomie financière prochainement. A mon avis, la troïka est là pour durer. A savoir si ce sera quatre, cinq ou dix ans, c'est difficile à dire. Je pencherais pour cinq ans environ.
La guerre des gauches est déclarée
La guerre des gauches est déclarée
Avec l'arrivée de Manuel Valls, homme raisonnable, à Matignon, on allait enfin pouvoir respirer. D'autant que sa nomination coïncidait, entre autres, avec le départ du gouvernement de Mme Duflot du ministère du Logement, où, avec la loi absurde qui porte son nom, elle avait réussi à ruiner pour longtemps la politique de l'habitat en France.
Un Valls ne fait pas le printemps. Certes, le Premier ministre parle vrai, comme son maître Rocard, et il a tout ou presque pour lui : le cran, une tête bien faite, des priorités carrées et la confiance du chef de l'État. Mais il n'a apparemment pas de majorité pour sa politique.
Telle est la désolante nouvelle des derniers jours : la gauche socialiste s'est réveillée ; avec ses jobardises économiques à la Diafoirus, elle entend désormais mettre sous surveillance le président et son Premier ministre, coupables, les apostats, de vouloir stopper la dérive des finances publiques. Là serait la cause de tous les maux, et en particulier de la déroute des municipales.
La gauche du PS a bonne conscience. C'est normal : elle est de gauche, c'est un métier et, en plus, un brevet moral. Donc, même quand tout va mal, elle dort bien la nuit, ce qui ne l'empêchera pas de troubler, dans les prochaines semaines, le sommeil de MM. Hollande et Valls.
Si la politique du président n'a pas donné les résultats escomptés, c'est qu'il n'est pas assez à gauche. Emmanuel Maurel, l'un des chefs de file de l'aile dure, a trouvé depuis longtemps l'explication à l'abyssale impopularité du pouvoir : il ne serait pas assez socialiste, figurez-vous ! Il suffisait d'y penser.
Défense de rire. Une centaine de députés socialistes sont sur cette ligne stupide, et le mot est faible. Gageons qu'on trouvera bientôt parmi eux quelques cruches pour déclarer que tout ira mieux avec de nouveaux impôts et quelques nationalisations supplémentaires. Sans oublier une vague d'embauches dans la fonction publique.
La gauche tribunicienne, comme on dit à Sciences po, prétend rester fidèle à de grands principes généreux qu'elle étale comme du miel sur la tartine, la bouche en coeur et la fleur au fusil. Son programme : moins d'Europe et plus de dépenses. Telles sont, selon elle, les conditions du redémarrage de l'économie, qui pourtant, les faits nous l'ont appris, ne peut repartir que sur des bases saines.
Même s'il lui arrive de se dire marxiste, cette gauche soi-disant populaire est, comme la noria souverainiste, l'héritière intellectuelle du bon pharmacien Émile Coué de la Châtaigneraie (1857-1926), initiateur de la fameuse méthode Coué et inventeur avant l'heure de la prophétie autoréalisatrice. Il avait mis au point une sorte de culte et distribuait à ses patients des cordons à vingt noeuds, comme des chapelets, afin qu'ils récitent continuellement la même phrase : "Tous les jours et à tous points de vue, je vais de mieux en mieux."
Les récitants socialistes du catéchisme néo-con répètent en boucle : "Dépensons et empruntons plus, ça ira mieux." Ne faisant jamais dans la nuance, la gauche de la gauche est convaincue que le monde est divisé en deux. Les gentils et les méchants. Les bons travailleurs et les horribles patrons, suceurs de sang des pauvres. La réjouissante dictature cubaine et l'atroce démocratie américaine. Le dévoué secteur public et le secteur privé.
Si l'économie française décline, qu'à cela ne tienne, Le Monde diplomatique, porte-parole de cette gauche neuneu, a la solution : il faut taxer les riches et relancer la dépense, quitte à creuser les déficits et augmenter la dette. Qu'importe si cette politique débile plomberait davantage les comptes publics et nous éloignerait davantage des perspectives de croissance.
La capacité d'aveuglement de la gauche de la gauche est sans limite. Elle ne tire jamais les leçons du passé. Elle refuse de voir les réalités les plus évidentes : ainsi, les centaines de millions de personnes que la mondialisation a permis de sortir de l'extrême pauvreté au cours des vingt dernières années. C'est un tabou au même titre que le début de "miracle" africain, qui semble gêner nos idéologues antédiluviens, encore dans le déni. Ces phénomènes ne correspondent pas à leurs codes mentaux. Dans les deux cas, c'est en effet le libéralisme économique qui tire vers le haut des populations qui, il n'y a pas si longtemps, figuraient parmi les damnés de la terre.
Mme Aubry peut savourer sa revanche "posthume". Après son échec à la primaire, elle a au moins réussi à pourrir le quinquennat de M. Hollande : lui laissant en héritage un groupe parlementaire Vert, elle a également parachuté dans les circonscriptions une escouade de jeunes invertébrés archéo-socialistes qui, depuis peu, lèvent l'étendard de la révolte contre une politique qualifiée, oh ! le gros mot, de "sociale-démocrate". Des bombes à retardement. Elles peuvent désormais exploser à tout moment, rendant possible le scénario de la dissolution.
Le grand brouillard
Les événements politiques de ces derniers jours ont accru le brouillard politique français à un niveau sidérant. Réécoutons le discours de politique générale du Premier ministre. Il est axé sur la baisse des charges sur les entreprises; les économies budgétaires et la régionalisation. Je ne dis pas que tout cela se traduira dans les faits, mais l’allocution elle-même est pleine d’enseignement. Elle n’a rien de socialiste ou plus généralement "de gauche". Un Premier ministre "de droite" aurait pu prononcer la même allocution, au mot près. Ainsi, la suppression des départements nous est annoncée. Avec eux, c’est un héritage majeur de la Révolution française, donc de gauche au sens historique, qui disparaîtrait. Quant aux grandes régions qui seraient mises en place, cette idée régionaliste est historiquement bien plus de droite que de gauche, renvoyant aux provinces de l’ancien régime et à un penseur que je ne citerai pas. En face, l’opposition ne donne aucun signe de réveil et de renouveau: vacarme dérisoire à l’Assemblée, reprise des hostilités Copé/Fillon sur fond de révélations sordides. Le choix des têtes de listes aux européennes, fondé sur le recasage de politiciens au rancard, parfois battus aux législatives nationales, dégage une sinistre odeur de moisissure. Enfin les supposés "antisystèmes" (fn et fdg) s’enfoncent dans leur délire commun antimondialiste et antilibéral, au rebours de tout réalisme et prise en compte de l’histoire. Bref, dans la sphère des idées, du discours, tout est brouillé, plus personne n’y comprend rien. D’ailleurs, en dehors de la tyrannie des postures et du carriérisme, il y a-t-il encore quelque chose à comprendre?
Harlem Désir secrétaire d'État aux Affaires européennes, une sanction-promotion
Nommé secrétaire d'État aux Affaires européennes, Harlem Désir pourrait vaincre ou échouer. Un cadeau empoisonné offert par François Hollande.
Le nouveau gouvernement de François Hollande est désormais au complet avec 16 ministres et 14 secrétaires d'État. Cependant, une nomination fait polémique. Harlem Désir est le nouveau secrétaire d'État aux Affaires Européennes. Quand certains y voient unepromotion pour l'ancien premier secrétaire du PS, d'autres estiment que ce poste est une sanction.
Fragilisé par l'affaire Leonarda
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| Mr mauvais en tout |
Depuis le revers de la gauche aux élections municipales du mois dernier, l'ex-patron de SOS Racisme était très critiqués lorsqu'il était à la tête du PS.
Son sort était scellé depuis l'affaire Leonarda et le fiasco médiatique qu'elle a entraîné. Le 19 octobre dernier, François Hollande intervient à la télévision pour permettre à l'adolescente de revenir en France, mais seule.
Mais dans les minutes qui suivent, Harlem Désir déclare que tous les enfants de la famille Dibrani doivent être accueillis dans l'Hexagone. Le chef de l'État ne pardonnera jamais ce couac spectaculaire au premier secrétaire du parti socialiste.
Son sort était scellé depuis l'affaire Leonarda et le fiasco médiatique qu'elle a entraîné. Le 19 octobre dernier, François Hollande intervient à la télévision pour permettre à l'adolescente de revenir en France, mais seule.
Mais dans les minutes qui suivent, Harlem Désir déclare que tous les enfants de la famille Dibrani doivent être accueillis dans l'Hexagone. Le chef de l'État ne pardonnera jamais ce couac spectaculaire au premier secrétaire du parti socialiste.
On vous jette dans la piscine, soit vous nagez et c'est bon, soit vous vous noyez.Sophie Dessus, député PS
Désormais, se pose la question de savoir comment le débrancher. Faut-il lui faire porter le chapeau de la vague bleue aux élections municipales ? Harlem Désir s'accroche encore mais avec la pression qui monte, il n'a plus le choix : sortir par le haut ou bien être renversé à Solférino.
Le poste de secrétaire d'État est une sanction-promotion que les députés PS ont bien du mal à défendre. Christian Paul n'a pas "trouvé que Harlem Désir avait permis au PS de jouer tout son rôle". Quant à Sophie Dessus, elle estime que l'"on vous jette dans la piscine, soit vous nagez et c'est bon, soit vous vous noyez".
Le poste de secrétaire d'État est une sanction-promotion que les députés PS ont bien du mal à défendre. Christian Paul n'a pas "trouvé que Harlem Désir avait permis au PS de jouer tout son rôle". Quant à Sophie Dessus, elle estime que l'"on vous jette dans la piscine, soit vous nagez et c'est bon, soit vous vous noyez".
Mauvais élève au Parlement européen
Ce transfert a priori légitime pour cet eurodéputé qui siège à Strasbourg depuis 15 ans, est entaché par les statistiques. Il est en effet l'un des députés les plus absents au Parlement européen. Son poste ressemble à un cadeau empoisonné.
jeudi 10 avril 2014
La vie sans texto
La vie sans texto
Il n’aura pas fallu longtemps au Président pour traduire dans les faits l’impulsion qu’il attend du gouvernement de Manuel Valls. Dès mercredi, il a pris les choses en main, tranchant comme à son accoutumée les questions les plus épineuses. Sans trembler, il a décidé que les téléphones portables seraient bannis du conseil des ministres. La situation est trop grave pour qu’il en soit autrement. Les ministres devront cesser de pianoter et de transmettre à l’extérieur ce qui se dit à l’intérieur. Y compris les bons mots du chef de l’Etat qui en est friand. Faute de relais, il a donc dû faire savoir lui-même que les modifications à l’Elysée étaient un « changement qui s’inscrit dans le changement ». Ce n’est pas parce que la crise est là que l’on n’a pas le droit de rigoler !
Un couac nommé Désir
Le Premier ministre, limogé. Le patron du Parti socialiste, dégagé. Le principal collaborateur du chef de l'Etat, viré. Qu'il s'agisse du gouvernement, du premier parti de la majorité ou du cœur même de l'Elysée, on comprend donc que François Hollande s'était entouré de personnalités qui ne faisaient plus l'affaire. Pire, qui ne l’ont jamais faite si l'on en juge par les résultats électoraux calamiteux. Affligeant constat. Car au-delà des hommes, cette grande lessive signe l'échec de deux années de pouvoir. Deux années de décisions à contresens qu'il faut maintenant corriger. Après le matraquage des impôts, le baume fiscal ; après le harcèlement anti-patronal, l'ode aux entreprises ; après le tout-emploi subventionné, le retour à la loi de la compétitivité ; après les traumatismes sur la famille et l'école, le gel de l'apaisement annoncé.
Plus qu'une nouvelle phase, c'est une sorte d'anti-quinquennat qui commence. Un tel constat d'échec dans tous ces domaines suffira-t-il à redonner du souffle au gouvernement ? On jugera sur pièce. Mais on sait d'ores et déjà qu'il manque un élément au dispositif : l'appui d'une majorité, un soutien politique franc qui aille au-delà du cercle des hollandais et des fidèles que l'on place aux verrous stratégiques. On sait aussi qu'il manquera un carburant: la confiance. Celle des Français, qui en ont trop vu et trop entendu pour se laisser bercer par la seule musique bien rythmée d'un discours. Et celle de l'étranger, des Européens en particulier qui seront sûrement heureux d'apprendre que, non contents de repousser leurs engagements, les Français récompensent l’un des responsables de leurs échecs en lui confiant les affaires européennes. Comme aurait pu dire Laurent Fabius: « Harlem Désir au gouvernement, on rêve »...
Un couac nommé Désir
Un couac nommé Désir
Nouveau Premier ministre. Nouveau secrétaire général à l'Élysée. Nouveau premier secrétaire du Parti socialiste. Ce n'est pas un remaniement, c'est un chamboulement ! Tout l'édifice socialiste est en réfection. Du sol au plafond. Et après cela, il ne faudra plus dire que François Hollande a perdu la main. Inutile de gloser à l'infini sur le rapport de forces entre le chef de l'État et le Premier ministre. Parce qu'évidemment, François Hollande est au c'ur de la man'uvre et d'un dispositif stratégique dont il veut garder le contrôle. Trop matois pour faire confiance aveuglément à son ambitieux Premier ministre, il « balise » avec ses amis. Le moindre n'est pas Jean-Pierre Jouyet, pardonné après sa passade sarkozyste et nommé secrétaire général à l'Élysée.
Du coup, la « deuxième mi-temps » du remaniement gouvernemental a obéi, hier, aux mêmes règles qu'à l'occasion de la désignation des ministres. La liste des quatorze secrétaires d'État (un peu plus que prévu) répond au souci identique d'équilibre entre « familles » du parti. Si plusieurs « poids lourds » recalés il y a quelques jours ont obtenu un lot de consolation qu'on ne discutera pas (André Valllini, Jean-Marie Le Guen, Christian Eckert), on sera moins indulgent avec la « promotion » d'Harlem Désir au secrétariat d'État aux Affaires européennes.
Voilà un « hochet » que ne méritait pas celui qui fut un calamiteux Premier secrétaire du PS ne sachant pas sur quel « godillot » danser. Nommé par confort à la tête du PS, cet apparatchik assagi a conduit le parti au désastre électoral en faisant campagne à la manière du « pote » de jadis à SOS Racisme.
Cette promotion dictée d'en haut n'est pas seulement une insulte au mérite et aux procédures de fonctionnement interne du parti. C'est aussi un manque de considération pour l'Europe qui mériterait de plus conquérants défenseurs. Il ne faudrait pas, au moment où se dessinent des élections difficiles, qu'elle devienne le trop commode refuge de nos politiciens en échec. Évitons de nous habituer à « bruxelliser » ceux qui méritent d'être… limogés.
Peut-être de la vie dans un océan caché sur une lune de Saturne
Un océan caché sous la surface d'une lune de Saturne, Encelade, pourrait abriter une vie microbienne extraterrestre, ont annoncé jeudi des scientifiques de la Nasa.
Les premières mesures ont été effectuées sous la surface du pole sud de cette lune glacée par la sonde Cassini. La surface de cette mer est à peu près équivalente à celle du Lac Supérieur aux Etats-Unis, le deuxième plus grand lac de la Terre, et son fond est constitué de roches, ce qui pourrait être favorable au développement de petites formes de vie.
Les astronomes avaient évoqué la possibilité de l'existence d'un tel océan sous-terrain dès 2005, après que de la vapeur a été détectée s'échappant de plusieurs trous près du pole sud de cette lune.
"Ces jets près du pole sud d'Encelade contiennent de l'eau salée et des molécules organiques, les ingrédients chimiques élémentaires pour créer la vie", a expliqué Linda Spilker, chef du projet Cassini à la Nasa.
"Cette découverte change notre point de vue quant aux +zones habitables+ à l'intérieur de notre système solaire et dans les systèmes planétaires appartenant à d'autres étoiles", a-t-elle ajouté.
La sonde Cassini a détecté la forme du champ gravitationnel d'Encelade au cours de trois survols entre 2010 et 2012. Les données recueillies lors de ces passages ont été étudiées de près pour déterminer assez précisément la composition d'Encelade.
Les chercheurs estiment que cet océan large d'environ 500 kilomètres est enveloppé d'une épaisse couche de glace cristallisée.
"Pour la première fois nous avons utilisé une méthode géophysique pour déterminer la structure interne d'Encelade", a souligné de son côté David Stevenson, professeur de sciences planétaires à l'Institut californien de technologie, et co-auteur de l'étude.
La mission Cassini est dirigée par la Nasa, qui oeuvre en coopération avec l'Agence spatiale italienne et l'Agence spatiale européenne. La sonde a été lancée en 2004 et a étudié les plus grosses lunes de Saturne.
Celle-ci, la sixième planète en partant du soleil, possède des anneaux caractéristiques et possède pas moins de 53 lunes connues.
Ces dernières découvertes ont été publiées par le magazine Science.
Les premières mesures ont été effectuées sous la surface du pole sud de cette lune glacée par la sonde Cassini. La surface de cette mer est à peu près équivalente à celle du Lac Supérieur aux Etats-Unis, le deuxième plus grand lac de la Terre, et son fond est constitué de roches, ce qui pourrait être favorable au développement de petites formes de vie. Les astronomes avaient évoqué la possibilité de l'existence d'un tel océan sous-terrain dès 2005, après que de la vapeur a été détectée s'échappant de plusieurs trous près du pole sud de cette lune.
"Ces jets près du pole sud d'Encelade contiennent de l'eau salée et des molécules organiques, les ingrédients chimiques élémentaires pour créer la vie", a expliqué Linda Spilker, chef du projet Cassini à la Nasa.
"Cette découverte change notre point de vue quant aux +zones habitables+ à l'intérieur de notre système solaire et dans les systèmes planétaires appartenant à d'autres étoiles", a-t-elle ajouté.
La sonde Cassini a détecté la forme du champ gravitationnel d'Encelade au cours de trois survols entre 2010 et 2012. Les données recueillies lors de ces passages ont été étudiées de près pour déterminer assez précisément la composition d'Encelade.
Les chercheurs estiment que cet océan large d'environ 500 kilomètres est enveloppé d'une épaisse couche de glace cristallisée.
"Pour la première fois nous avons utilisé une méthode géophysique pour déterminer la structure interne d'Encelade", a souligné de son côté David Stevenson, professeur de sciences planétaires à l'Institut californien de technologie, et co-auteur de l'étude.
La mission Cassini est dirigée par la Nasa, qui oeuvre en coopération avec l'Agence spatiale italienne et l'Agence spatiale européenne. La sonde a été lancée en 2004 et a étudié les plus grosses lunes de Saturne.
Celle-ci, la sixième planète en partant du soleil, possède des anneaux caractéristiques et possède pas moins de 53 lunes connues.
Ces dernières découvertes ont été publiées par le magazine Science.
Le triste bilan d'Harlem Désir au PS
Le premier secrétaire du PS va entrer au gouvernement comme secrétaire d'État. Une manière de l'exfiltrer du parti, où il n'a pas brillé.
Que restera-t-il d'Harlem Désir à la tête du PS ? Au mieux, pas grand-chose. Depuis son accession à la tête du parti en octobre 2012, la Rue de Solférino a des allures de morne plaine. Les élus socialistes, députés et sénateurs, lèvent les yeux au ciel ou soufflent d'exaspération à la moindre question sur le rôle du parti. Ils le jugent tellement inutile qu'ils préfèrent ne pas en parler.
Que restera-t-il d'Harlem Désir à la tête du PS ? Au mieux, pas grand-chose. Depuis son accession à la tête du parti en octobre 2012, la Rue de Solférino a des allures de morne plaine. Les élus socialistes, députés et sénateurs, lèvent les yeux au ciel ou soufflent d'exaspération à la moindre question sur le rôle du parti. Ils le jugent tellement inutile qu'ils préfèrent ne pas en parler.
Les plus indulgents s'interrogent sur les marges de manoeuvre de toute formation politique en période de pouvoir. Après tout, les fortes têtes sont ministres, le pouvoir est au gouvernement, au Parlement. Mais, dans le fond, comme le PS pourrait être utile ! Il devrait relayer les décisions de l'exécutif, les expliquer sur le terrain. Il aurait, par exemple, pu animer la campagne municipale, qui s'est achevée pour la gauche par une débâcle historique... Dont le chef de l'État attribue en partie la faute... au parti !
Gaffes en série
On retiendra d'Harlem Désir au PS quelques gaffes. La plus spectaculaire : lorsqu'il s'est démarqué de... François Hollande dans l'affaire Leonarda. Le président a proposé le 19 octobre dernier à la jeune fille expulsée dans le cadre scolaire de rentrer seule du Kosovo... Désir a répliqué en disant qu'il fallait aussi accueillir sa mère et ses frères et soeurs. François Hollande recadré par le patron de son propre parti, c'était cocasse. "Surréaliste, inouï, d'une naïveté confondante" pour les socialistes.
Sa gaffe la plus insolite ? Entre les deux tours des municipales, lors d'une conférence de presse, il a annoncé que le PS se retirait du second tour à Tarascon pour lutter contre le FN. Problème : avec 6,43 % des voix au premier tour, la liste socialiste était déjà éliminée.
Harlem Désir, ancien leader charismatique de SOS Racisme, député européen, avait gagné du galon en animant le PS pendant la primaire de 2011. Une alliance improbable de ministres - Manuel Valls, Stéphane Le Foll, Pierre Moscovici et Vincent Peillon - l'a porté au pouvoir pour contrer Jean-Christophe Cambadélis qui rêvait du poste. C'est ce dernier, député de Paris, qui devrait le remplacer. Si sa mission est de faire mieux qu'Harlem Désir, il devrait y parvenir sans trop de difficultés.
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