Les hommes politiques ont comme toujours fait des promesses qu’ils n’ont pas tenues. La principale d’entre elles, c’était le changement, la rupture.
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dimanche 7 décembre 2014
La grogne monte, l’espoir renaît
Les Français expriment leur grogne : leurs idées changent, leur comportement suit. La France sera-t-elle bientôt libérée de l’intérieur ?
Les hommes politiques ont comme toujours fait des promesses qu’ils n’ont pas tenues. La principale d’entre elles, c’était le changement, la rupture.
Les hommes politiques ont comme toujours fait des promesses qu’ils n’ont pas tenues. La principale d’entre elles, c’était le changement, la rupture.
Le changement allait permettre d’améliorer le pouvoir d’achat, restaurer la compétitivité des entreprises, renouer avec la croissance. Mais le changement n’a pas eu lieu, ou ce n’était pas le bon. Après le mandat de Nicolas Sarkozy fait d’occasions manquées d’améliorer la liberté des Français, François Hollande saisit chaque occasion qu’il a de l’empirer.
La déception ayant gagné assez de terrain, elle s’est muté en contestation. En quelques années, des mouvements se sont rassemblés autour de causes diverses, allant du refus musclé de l’écotaxe à la TVA équestre en passant par les entrepreneurs. Ces causes diverses avaient en commun d’être des mouvements d’opposition, en réaction face à des lois et impôts nouveaux – et c’est en train de changer.
Désormais, le ras-le-bol fiscal s’est généralisé, renforcé par les hausses d’impôts mais aussi par le gaspillage et les scandales de plus en plus apparents. Il s’est transformé en haut-le-cœur fiscal selon le Premier Ministre Manuel Valls, qui a cherché avec des baisses d’impôts pour les contribuables les moins aisés à calmer la naissante révolte. Trop tard.
Trop tard, car les Français sont à bout de nerf et à bout de souffle. Subissant toujours plus de taxes et de lois aussi complexes qu’inutiles, ils manifestent de plus en plus ouvertement leur colère. En quelques mois, du fumier a été déversé devant un centre des impôts (Sarreguemines) alors qu’un autre a été incendié (Morlaix). Bercy a été cadenassé par les petits chefs d’entreprise en colère. L’impôt est de plus en plus contesté – y compris par les Français.
Un tiers d’entre eux voit désormais les impôts comme « une extorsion de fonds ». 37%, et la majorité des ménages les moins aisés, est de cet avis. Et seulement 6% considèrent que les impôts sont un acte solidaire.
Sans doute parce qu’ils considèrent, à raison, que l’argent des impôts est gaspillé (84% des Français) et mal redistribué (84% également) et sert à payer les fonctionnaires (59%) et le train de vie des élus (54%). Les résultats du sondage sont disponibles ici.
Alors que la gronde des Français dépasse leur situation personnelle pour devenir une révolte contre l’impôt, l’espoir est permis. D’autant plus qu’ils se déclarent prêts à composer une véritable société civile, et ne sont plus prêts à confier leur argent et leur liberté à des hommes politiques incapables et omnipotents.
3/4 des Français préféreraient choisir comment les impôts sont affectés. Plus de la moitié aimeraient pouvoir aider directement les entreprises locales, principalement en investissant. Et ils sont deux fois plus nombreux à penser que la solidarité passe par le don de soi (63%) ou de son bien (47%) que par l’impôt (32%).
D’une façon générale, on semble assister en France à un mouvement de fond : la corde sur laquelle on a trop tiré est en train de se rompre, et les citoyens veulent se libérer du lien étatique. Les hommes politiques parviendront peut-être à le comprendre, mais sans doute pas à enrayer la tendance.
Une société libre semble désormais possible en France, mais la route est encore longue. Pour aboutir, l’état d’esprit plus libre des Français doit se transformer en attitude et se traduire en actions. S’ils sont mécontents de payer l’impôt mais ne font rien, rien ne changera, d’autant plus que les hommes politiques tiennent à leur joli gaspillage et leur train de vie confortable.
Il ne faudrait pas non plus changer pour pire. Entre les come-backs politiques et les nouvelles promesses de changement, les Français doivent éviter le piège de confier leur destin au plus offrant et comprendre que c’est à eux de le prendre en main.
Enfin, les Français semblent prêts à faire société en renouant avec la vraie solidarité et en choisissant eux-mêmes comment affecter leurs ressources. C’est un grand pas dans la bonne direction, mais ils doivent désormais articuler leur défiance de l’État et leur volonté de reprendre leur destin en main sous forme d’un projet cohérent.
Ce projet passerait nécessairement par la réduction de la taille de l’État qui, alors que renaîtrait la solidarité privée, serait recentré sur ses fonctions légitimes. Les Français doivent l’accepter, et accepter de mettre fin à leurs privilèges avec autant de sincérité qu’à ceux des autres.
S’ils sont prêts à mener ce projet – et à le mener ensemble – les Français ont une chance de réussir, et libérer la France de l’intérieur. Qu’attendons-nous pour nous retrousser les manches, faire passer le message et lancer sa réalisation ?
jeudi 14 août 2014
Mon ennemi, c’est l’ignorance
Natacha Polony se fend d’une tribune dans Le Figaro, où elle dénonce l’imposture généralisée de la politique française pour s’en prendre finalement à la logique marchande, mère de tous nos maux. Mon ennemie à moi, ce n’est pas la finance, ni la logique marchande. Mon ennemie, c’est l’ignorance.
Natacha Polony, dans « France, royaume des imposteurs », n’a pas tort sur toute la ligne. Oui, la politique française est une imposture de grande envergure. On pourrait d’ailleurs étendre le champ de l’imposture à l’ensemble de la politique dans le monde.
Natacha Polony, dans « France, royaume des imposteurs », n’a pas tort sur toute la ligne. Oui, la politique française est une imposture de grande envergure. On pourrait d’ailleurs étendre le champ de l’imposture à l’ensemble de la politique dans le monde.
Pas pour les raisons qu’elle invoque. La logique de communication, qui pousserait les hommes politiques à agir dans le sens des sondages ou des succès perçus, est en réalité une facette de la logique démocratique, qui pousse les hommes politiques à agir dans le sens de leur meilleur intérêt en détournant le meilleur intérêt des citoyens. Le plus souvent, cela équivaut à aller dans le sens de leurs futures élections et de celles de leurs alliés et divers soutiens.
La logique démocratique repose sur l’idée que la majorité des suffrages exprimés peut décider pour tous les citoyens. Elle suppose que les citoyens ne doivent pas décider pour eux-mêmes, et s’oppose en cela à la logique libérale. Qui, d’un point de vue économique, s’incarne pas la « logique marchande » que dénonce Natacha Polony : le marché, ce sont tous les citoyens. Et même plus : le marché, c’est l’ensemble des citoyens du monde.
Et le marché est une excellente chose, pourvu que les dirigeants politiques n’interfèrent pas avec la volonté des citoyens. Pourquoi le feraient-ils, alors qu’ils sont censés la représenter ? Ce n’est pas à moi de répondre à cette question, mais aux partisans de l’intervention étatique dans l’économie comme madame Polony.
Le meilleur défenseur de l’intérêt des citoyens, ce n’est pas la classe politique. Les prétendus contre-pouvoirs médiatiques sont loin, très loin, de représenter ou défendre les citoyens, ni à vrai dire de l’informer ou l’impliquer. Les associations sont tantôt appuyées par le pouvoir, tantôt coulées, et peu représentent réellement l’intérêt des citoyens. Ce qui ne laisse plus que le citoyen lui-même, qui ne dispose de toute sa souveraineté que dans la logique libérale, marchande.
Mon ennemie, ce n’est donc pas la finance – et non pas surtout, mais seulement si elle est libre ou, comme madame Polony le dirait, libérale. Il n’y a rien de libéral dans le financement de la dette des États (sic) par des banques fortement règlementées et tout aussi fortement favorisées par les États (re-sic). Non. Mon ennemie, ce n’est c’est pas la finance, ni la logique marchande. Mon ennemie, c’est l’ignorance.
Mon ennemie, c’est l’ignorance.
Vous n’aimez pas les banques ? Vous voulez donner plus de pouvoir aux États sur le sujet ? Vous pouvez déjà constater, chaque jour, les effets du pouvoir étatique en la matière. À dire vrai, il est difficile de savoir si les États font des cadeaux aux banques tout en les tenant fermement en laisse, ou si c’est l’inverse. Les uns et les autres se soutiennent et se refinancent dans les moments difficiles. Et il en va de même des grandes entreprises proches des milieux politiques, qui s’appuient sur les services rendus par des politiques proches des milieux d’affaires.
Il ne faut donc pas reprocher aux entreprises de chercher à répondre aux besoins et attentes des consommateurs, ni aux politiques de traiter les électeurs comme des clients. Au contraire. Il faut traiter chaque individu comme un client, et comprendre qu’il a le droit d’acheter ou ne pas acheter, vouloir ou ne pas vouloir, obéir ou ne pas obéir. Il a le droit de choisir, aussi bien son soda que sa protection sociale, de choisir les produits qu’il consomme et ceux qu’il refuse. Vous n’emploieriez pas la force pour forcer un client à acheter, pourquoi contraindre un citoyen ? Vous ne limiteriez pas artificiellement l’offre disponible pour le client, pourquoi gêner Free, Netflix et Amazon ? Vous n’auriez rien contre des services gratuits aux acheteurs et aux vendeurs, pourquoi en vouloir à Google ?
C’est l’imposture démocratique qu’il faut dénoncer, non pas pour enlever leurs choix aux citoyens, mais pour les leur rendre. Aucune majorité ne devrait pouvoir aller contre les droits de l’homme, que sont la liberté, la propriété privée et la sûreté. Personne ne devrait pouvoir aller contre eux. Pourquoi ne pas lutter tous contre notre vrai ennemi, l’ignorance, en commençant par balayer devant notre porte ? Informons-nous, éduquons-nous, apprenons, et avançons.
lundi 11 août 2014
« Le Monde » accuse le libéralisme à Gaza
« Le Monde » accuse le libéralisme à Gaza. Où comment se mettre le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate.
Pour Le Monde, qui offre une tribune à François-Xavier Plasse-Couture, le conflit entre Hamas et forces armées israéliennes peut être analysé sous le prisme de « l’économie néolibérale de la violence en Israël » (sic).
À la décharge de l’auteur, malgré la bêtise de l’idée même d’une violence libérale, il satisfait ici les thèses de nombre d’ennemis du libéralisme : Naomi Klein, avec « The Schock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism« , considérait déjà le « néolibéralisme » comme un mélange entre capitalisme de connivence et usage de la force publique pour imposer des mesures libérales impopulaires, salissant au passage le nom d’une des figures associées au libéralisme contemporain : Milton Friedman.
Elle accusait l’économiste d’avoir fourni au régime de Pinochet un soutien et une expertise économique, et le rendait alors coupable de collaboration et complice des méfaits du dictateur. Sa méconnaissance des idées libérales la conduit à ignorer l’ouvrage majeur de Milton Friedman, Capitalism and Freedom, dans lequel il explique comment il est impossible de dissocier liberté économique et liberté politique, et comment on ne peut avoir l’une sans l’autre.
Le libéralisme n’a rien à voir avec ce que beaucoup appellent aujourd’hui « néolibéralisme« . Si une telle chose existait, elle aurait des auteurs et ouvrages de référence (comme le libéralisme et ses différents courants), des représentants, des adhérents. Il n’en est rien. Le « néolibéralisme » est un bouc émissaire, idéologiquement incohérent et inconstant, qui favorise les grandes entreprises au détriment des consommateurs et des citoyens, qu’il détrousse en collusion avec les États.
Si elle s’informait sur les idées libérales, Naomi Klein comprendrait qu’elle les partage en grande partie. Elle refuse que les citoyens soient spoliés par des grandes entreprises tirant les ficelles d’États-pantins. Que la « Guerre contre le terrorisme », qu’elle soit menée de bonne foi ou avec de plus sombres desseins, ne justifie pas la torture et la mort d’innocents par milliers.
Mais elle comprendrait aussi (c’est à espérer) que le seul moyen de garantir des droits à l’individu, c’est de lui garantir les seuls droits de l’homme qui soient et qui puissent être : libertés fondamentales de pensée et d’expression, propriété privée, sûreté ; et de lui en reconnaître un que seul lui peut garantir, le droit de résistance à l’oppression.
En assimilant le vrai libéralisme et le fantasmagorique néolibéralisme, elle fournit des arguments (erronés, qui plus est) aux étatistes, dirigistes, collectivistes ; elle offre aux corrompus protagonistes du capitalisme de connivence l’occasion d’élargir leur champ d’action. Et propage de l’idéologie la moins violente, reposant sur l’idée d’une coopération libre et volontaire entre les hommes, une vision apocalyptique : les néolibéraux aux commandes seraient responsables de la guerre, de la torture et des violations de libertés individuelles pour mieux imposer de violentes privatisations à leur profit.
Notons que Contrepoints défend systématiquement (entre autres), en cohérence avec sa ligne éditoriale libérale :
- les libertés individuelles, contre la surveillance étatique et les multiples menaces qui pèsent sur elles ;
- la liberté éducative et de la culture ;
- les droits des consommateurs, contribuables et citoyens, contre le capitalisme de connivence et le collectivisme ;
- la pluralité des opinions, notamment en donnant la parole aux climato-sceptiques et aux partisans de choix énergétiques alternatifs (et ce, malgré des divergences parmi l’équipe rédactionnelle ainsi que des auteurs) face à la censure et aux manipulations ;
- la liberté des salariés de travailler dans des conditions choisies par eux plutôt que décidées par des syndicats notoirement corrompus et nuisibles à l’emploi, notamment dans le choix de leurs horaires de travail.
Difficile de voir là une apologie des collusions entre État et grandes entreprises. Que penserait Naomi Klein des positions d’Arnaud Montebourg sur la concurrence de Free envers les trois opérateurs en place, notoirement influents auprès du gouvernement ?
L’article du Monde commet les mêmes erreurs, en associant les doctrines libérales à des politiques d’optimisation des interventions militaires (sic), à l’influence du complexe militaro-industriel sur l’action de l’État (re-sic) et au blocus (re-re-sic).
Une telle méconnaissance du libéralisme est ahurissante, et incompréhensible de la part d’ennemis déclarés du capitalisme de connivence.
D’un point de vue sémantique, le capitalisme de connivence n’a rien du capitalisme authentique, tel qu’il devrait être compris de tous : le capitalisme de laissez-faire.
On peut s’opposer au capitalisme de laissez-faire. Mais il faut alors des arguments autrement mieux construits que l’associer au poids de l’État dans l’économie, utilisé à de sombres fins par d’influentes corporations. Qui, aux États-Unis comme en France, s’opposait au bail-out des banques ? À la guerre contre le terrorisme ? Aux violations de libertés individuelles ?
Après la chute du communisme, la liberté aurait pu triompher. Mais le sens a été détourné, et la faillite du collectivisme et du dirigisme n’est apparue que comme la faillite d’une certaine forme de collectivisme et de dirigisme. Et une voie intermédiaire a été tracée alors que les idéologues de l’économie mixte triomphaient, selon lesquels il faut encadrer une liberté naturellement chaotique. Le même pouvoir de diriger a survécu, mais a été utilisé désormais au profit non pas du peuple au détriment des entreprises, mais des entreprises au détriment du peuple.
La liberté aurait pu triompher, à condition de bien passer le message que « les entreprises » et « le peuple » ne sont pas ennemis, au contraire, et que la liberté n’est pas ennemie de l’égalité, puisqu’elle repose sur l’égalité de tous en droits.
jeudi 31 juillet 2014
L’individu face à ses choix (4) : L’infiniment petit est l’infiniment grand
Le meilleur argument pour la liberté est une vie bien vécue
Nous avons vu que la complexité du monde ne justifie pas qu’on décide pour l’individu, mais au contraire qu’on le laisse faire. L’histoire démontre d’ailleurs que la fragmentation est plus favorable à l’innovation que l’unité politique ; à tous les niveaux, il vaut mieux décentraliser. Le système politique idéal est donc celui qui rend l’individu libre et responsable de ses choix. Mais une fois rendu maître de son destin, comment l’individu doit-il se comporter ?
D’un point de vue moral, c’est-à-dire que l’on doit attendre de chacun, l’individu doit simplement ne pas empêcher son prochain d’être maître de son propre destin ; il ne doit attenter ni à sa sûreté, ni à sa propriété, et le laisser penser et croire ce que bon lui semble.
D’un point de vue éthique, chacun doit alors être maître de soi-même et faire bon usage de sa liberté. Comprendre sa responsabilité dans le monde : la liberté repose sur les hommes libres. Le bon fonctionnement de la société n’est pas assuré uniquement par des droits individuels qui sont autant d’interdictions envers les autres, mais aussi sur le comportement vertueux de ses membres. Autant que possible, le droit empêche de nuire ; autant que possible, chacun doit agir bien.
Non seulement en se tenant prêt à défendre ses droits, mais en veillant à défendre aussi ceux des autres. Être plus libre, c’est avoir plus de choix ; la « concurrence » des modes de vie et de pensée doit être assurée. Pas de liberté économique sans liberté sociale, et inversement.
Dans une société volontaire, nous sommes un individu et en tant que tel une partie du tout. Nos actions ont une influence sur les autres ; il faut se concevoir alors comme responsable du monde entier.
Sans culpabilité pour ce que nous n’avons pas fait, nous avons une responsabilité sur ce que nous pouvons y faire. Ce n’est, encore une fois, pas une obligation ; la morale nous interdit de contraindre autrui à adopter nos valeurs et visions. Mais cela a du sens pour l’individu, pour agir bien. Sans être nécessairement celui qui l’a laissé tomber, on peut ramasser un détritus pour améliorer le confort de tous ceux qui passeront après nous et que nous aurions pu être. De même, sans accepter l’idée que le succès des uns se fait toujours aux dépens des autres, se montrer généreux avec ceux que l’on souhaite soutenir est ce qu’il est bien de faire. Sans obligation.
Et on se rend compte alors que la plus grande contribution que l’on puisse apporter au monde, c’est de vivre sa passion, son talent, son don. Apporter au monde ce qui l’embellit, l’enrichit. Exceller en soi-même.
Cela requiert bien évidemment d’être dévoué à son propre accomplissement, car c’est par la pratique que s’acquiert la maîtrise, et seule la passion permet de supporter les efforts.
Le meilleur argument pour la liberté est une vie bien vécue.
Il faut montrer l’exemple de ce que serait une vie bien vécue dans une société volontaire. Il ne faut pas faire du manque de liberté la cause de tous nos maux, ni l’excuse à tous nos échecs.
Car nous avons aussi en nous la peur du changement et de la responsabilité. Prendre responsabilité sur sa vie, c’est considérer qu’aucun obstacle ne doit nous empêcher d’atteindre nos buts et que si un obstacle résiste, il faut l’écarter du chemin. Attendre que la liberté vienne à soi ne peut pas aboutir, l’histoire le montre. Il faut d’abord créer l’espace dont elle a besoin.
Et cet espace est d’abord en nous. Si nous sommes malheureux, est-ce uniquement la faute de l’État ? Quel syndicat, quel fonctionnaire des URSSAFF peut nous empêcher d’exercer nos talents, d’exprimer notre créativité et notre compétence ? Quelle censure, explicite ou implicite, nous empêche de diffuser nos idées et d’être patient et bienveillant envers nos proches ?
Quelle patience avons-nous envers ceux qui ne sont pas d’accord avec nous, aussi victimes que nous (et peut-être plus) d’un système qui les empêche d’être libres, et leur en éloigne l’envie ? La liberté est une idée si belle qu’il est difficile d’en faire la promotion ; une fois qu’on a compris sa beauté, elle semble aller de soi. Mais ce n’est pas le cas, loin de là ; en nous tous, il peut y avoir un homme intègre ou un homme mauvais, et souvent simplement un homme ignorant.
Et voilà notre responsabilité dans le monde : faire en sorte de pouvoir exprimer son talent, et qu’autrui le puisse aussi. Il n’y a alors plus aucune concurrence entre les individus, à proprement parler ; personne ne se considère en compétition avec autre que soi-même. Et pour cela, il faut vivre nos vies avec passion et diffuser nos idées avec discernement. Vivre autant que faire se peut comme si on était libre, et faire tout ce que l’on peut pour le devenir un jour.
Car alors, ce jour viendra.
samedi 26 juillet 2014
La bonne marge des affaires
Il faudrait selon nos ministres restaurer les marges pour promouvoir l’investissement. Et pour cela, réduire la concurrence. Car il est plus simple de plumer un consommateur captif que de répondre à ses attentes.
La concurrence accrue dans les télécommunications, qui permet au consommateur de bénéficier de plus pour moins cher, aurait selon Arnaud Montebourg des conséquences désastreuses : la diminution des prix détruit l’emploi, réduit les marges et donc nuit à l’investissement. Mince alors.
La concurrence accrue dans les télécommunications, qui permet au consommateur de bénéficier de plus pour moins cher, aurait selon Arnaud Montebourg des conséquences désastreuses : la diminution des prix détruit l’emploi, réduit les marges et donc nuit à l’investissement. Mince alors.
Mais pourquoi certains réduisent-ils les prix et tirent-ils les marges à la baisse ?
Il faut d’abord comprendre que les prix bas ne font pas les faibles marges. Free, par exemple, mise sur le volume et la maîtrise des coûts ; en réduisant les prix, l’entreprise a parié sur une arrivée rapide et importante de clients, et a réussi son pari.
Mais si l’opération était aussi assurément rentable, au point que les trois opérateurs en place aient autant fait pour empêcher ou retarder l’arrivée de Free, pourquoi n’ont-ils pas avant Free adopté cette stratégie ?
Cette stratégie ne les arrangeait tout simplement pas. Une concurrence faible facilite le maintien de marges élevées sur le dos de clients au choix restreint. Surtout quand on s’entend sur les prix.
L’argumentaire des opérateurs, aujourd’hui repris en chœur par les ministres, fait de la marge la condition de l’investissement, et de l’investissement la clé pour apporter aux utilisateurs le meilleur service. Mais pourquoi n’ont-ils alors pas utilisé les confortables marges permises par les prix élevés du passé pour prendre de l’avance ? Comment Free peut-il être aussi compétitif face à des acteurs bien établis, jouissant en théorie d’importantes économies d’échelle et des effets positifs de l’expérience ?
Ils se sont certainement reposé sur leurs lauriers, protégés qu’ils étaient par le régulateur et le législateur. Alors qu’ils auraient pu innover et réduire leurs coûts. Mais pas seulement. Ils ont été encouragés par le pouvoir à ne pas prendre certaines décisions favorables à la compétitivité mais défavorables à l’emploi, handicapés par une législation rigide et, parfois, par des statuts et mentalités hérités du passé n’encourageant pas la productivité et la flexibilité.
L’avantageuse proximité avec le pouvoir leur permettait donc de conserver des prix élevés, mais leur imposait de prendre des décisions plus politiques qu’économiques. Et les politiciens gagnaient aussi beaucoup à la proximité avec des chefs de grandes entreprises. Seul le consommateur, pour les uns, et le contribuable, pour les autres, était perdant.
Aujourd’hui, on accuse donc Free de détruire l’emploi que finançaient les surcoûts permis par la concurrence restreinte. De même qu’on rend le manque de moyens responsable des catastrophes ferroviaires et de la dégradation de la qualité du « service public », alors que les effectifs sont pléthoriques et les moyens abondants. Le manque de productivité et la mauvaise gestion, associés à l’emprise de syndicats mafieux, sont en revanche rarement évoqués.
Tout comme le poids des lois et réglementations nuisant aux entreprises et aux consommateurs. Tout comme le poids de la fiscalité. On accuse Free, finalement, d’empêcher la bonne marche du système de copinage et connivences entre grandes entreprises et politiciens ; en rendant service au consommateur, l’entreprise ne rend pas service aux politiciens et aux entreprises qui doivent leur succès avant tout à leur soutien. L’État n’est pas au service du consommateur ou du citoyen, mais au service d’intérêts privés.
Il faut, à long terme, des marges pour investir – même si Free n’a au départ pas réalisé de marges car l’entreprise avait investi massivement. Mais les marges ne garantissent en rien l’investissement, encore moins l’investissement pertinent. De même que les moyens ne garantissent pas la qualité.
Il faudra sans doute longtemps avant que les citoyens comprennent que « moins de concurrence » et « plus de moyens » n’amélioreront pas leur sort, au contraire, et ne serviront qu’à se gaver sur leur dos. Tout comme il leur faudra du temps pour comprendre que l’État n’agit pas toujours pour leur plus grand bien, mais bien souvent pour se l’approprier.
mercredi 9 juillet 2014
Les Français, spectateurs de leur propre naufrage
La France se comporte comme le troll de l’Europe et du monde, menée droit dans le mur par des bras cassés dont les citoyens ne semblent pas prêts à faire cesser l’œuvre destructrice.
Malgré les rapports alarmants de la Cour des Comptes, l’État continue de mener grand train et de dépenser sans compter. Les subventions diverses, variées et dodues dont bénéficie annuellement la presse sont jugées inefficaces par la Cour des Comptes ? Qu’à cela ne tienne ! Les élus voteront tout de même le sauvetage de L’Humanité, ce journal qui s’en trouve aussi dépourvu que de lecteurs qui, jadis, pleura Staline. On s’en émeut aujourd’hui, certes ; mais peu s’offusquent du soutien apporté à Chavez malgréles souffrances qu’il cause au peuple vénézuélien.
Il faudrait être bien naïf pour croire encore que les décisions des élus sont l’expression de la volonté du peuple. Quel citoyen approuve les banquets du RSI, les primes des ministères, l’achat d’une collection de bonsaïs par le Conseil Général des Hauts-de-Seine, et la « disparition » de nombreuses œuvres d’art à chaque changement de tête ?
Si l’État se permet de dépenser autant, avec fierté plutôt qu’avec honte, c’est parce qu’il persévère dans l’erreur selon laquelle la dépense publique crée de la richesse. Sans attendre des élus qu’ils notent la faiblesse logique de leur raisonnement, on pourrait au moins espérer qu’ils constatent l’échec des politiques de relance par la dépense menées depuis des décennies. Chaque année depuis 40 ans, ils votent un budget en déficit, sans sourciller.
Les Français ne semblent pas sourciller non plus, sauf pour descendre dans la rue en signe de protestation contre les rares lois qui ne leur nuisent pas comme le mariage homosexuel. Ils ne font plus confiance aux partis au pouvoir, et ils ont bien raison ; mais de plus en plus d’entre eux placent de l’espoir dans un parti au programme ridicule et aux intentions plus que douteuses. Leur prochain président sera choisi entre diverses nuances de socialisme, du rouge au brun en passant par la pastèque (vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur).
La presse (commodément subventionnée) se contente de relayer les mesures prises par des ministres incompétents, dont le seul mérite consiste à avoir convenablement servi le Parti. Il y aurait pourtant fort à en dire ; les priorités désopilantes de ceux qui nous dirigent se traduisent tantôt par des objectifs témérairement stupides (diviser par 2 nos émissions d’ici 2050), tantôt par des mesures liberticides à bras raccourcis (40% de femmes dans les conseils d’administration).
Ce qui caractérise le pays dans son ensemble, c’est le déni. Les contrats d’avenir ne nous sortirons pas plus de l’ornière que le retour au franc ; mettre la vie des Français en coupe réglée ne remplacera pas les coupes budgétaires nécessaires ; menacer et contraindre les entreprises ne favorisera ni l’investissement ni l’emploi. La France a besoin de réformes structurelles, que tous s’emploient à repousser autant que faire se peut, jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Il sera trop tard quand toutes les caisses seront vides, aussi bien celles de l’État que celles des Français (en dehors de celles des hommes politiques et de leurs proches, qui sont depuis longtemps à l’abri du besoin et échappent commodément à la prison).
Une fois que la situation sera perçue dans toute sa gravité, on pourra remplacer les incantations à la courbe du chômage par des mesures de bon sens, que nos voisins européens ont déjà engagé. Certes, l’Europe n’échappe pas aujourd’hui à la tendance mondiale au surpoids étatique, mais certains pays ont le mérite de s’en rendre compte et l’espoir que la catastrophe puisse être évitée.
On admet volontiers en Finlande que l’État ne peut pas créer la croissance, on substitue petit à petit le privé au public en Suède, et on envisage avec sérieux la sortie d’une Union Européenne trop couteuse au Royaume-Uni.
Mais en France, rien de tout cela. Face la crise d’un modèle économique et politique dépassé (qui ne fait que commencer), la France, nue, se drape d’illusions, barricadée dans sa forteresse idéologique qui a tout d’une prison. Surtout pour les citoyens, condamnés à accepter ce qu’on tente de faire passer pour l’expression de leur volonté et la poursuite de leur meilleur intérêt.
Un jour, peut-être, la situation changera ; à eux d’en décider, et d’agir en conséquence. En attendant, les Français sont spectateurs de leur propre naufrage.
samedi 12 avril 2014
vendredi 27 décembre 2013
mardi 13 août 2013
Les engagement de François Hollande, épisode 1 - "Redresser la France"
Le projet de François Hollande se déclinait selon 4 axes : "redresser la France", "rétablir la justice", "redonner espoir aux nouvelles générations" et mettre en place "une république exemplaire et une France qui fasse entendre sa voix". Où en sommes-nous ? Sous le poids d'un État toujours plus obèse, la France semble plutôt s'écrouler que se redresser.
Certes, si on regarde de très près avec une grosse loupe, les courbes en progression régulière à la hausse (chômage, taux d'intérêt, déficit, dette) et à la baisse (croissance, popularité) marquent de petites inflexions passagères ; ça frémit. Pour autant, la France est bien loin de se redresser.
En dehors des quelques spasmes qui ponctuent son coma, l'activité économique en France est de plus en plus calme et les Français sont, eux, de plus en plus agités. Et pour cause : ils sont de plus en plus lucides, aussi bien sur l’État de la France – 84% d'entre eux ne croient pas à l'inversion de la courbe du chômage d'ici la fin de l'année – que sur ce dont elle a besoin : moins d’État.
Ces Français qui demandent une trêve, la même trêve que le FMI demande au gouvernement dans sa rage taxatoire, ne sont pas entendus. Sont entendus en revanche, et depuis des décennies, les Français qui demandent plus d’État ; soit pour partager la richesse des autres, soit pour maintenir leurs rentes sans être trop inquiétés par des concurrents meilleurs, plus efficaces ou moins chers. On retrouve ici les patrons de presseaccros aux subventions, les taxis qui mènent une opération escargot sur la croissance, et toute une foule d'intermittents de la contestation qui veulent bien laisser à l’État le contrôle de leurs activités pourvu qu'il leur laisse une confortable rente et des privilèges d'autant plus appréciables en ces temps difficiles.
En maintenant et renforçant les barrières à la croissance, le président ne risque pas de redresser la France. Même le redressement des finances publiques n'y est pas, alors que c'est un domaine sur lequel il pouvait clairement intervenir : le projet de campagne du président, dans lequel les plus téméraires se replongeront avec tendresse, prête encore plus à rire un an après qu'avant l'élection : contrôle des déficits, développement de l'économie numérique, production et emploi en France...
À rire jaune, certes. Toujours selon le programme, selon les "hypothèses de croissance de notre économie, à la fois prudentes et réalistes. La croissance, très dégradée par la politique menée ces dernières années, pourra atteindre de 2 à 2,5% en fin de mandat". Elle devrait atteindre 1,7% en 2013 si on en croit des prévisions "prudentes et réalistes" finalement revues à la baisse pour s'élever à un plus prudent 0% - sans doute pas encore réaliste.
La croissance à 0% pourrait encourager la lutte contre les matières grasses au sein des multiples échelons de l’État français ; il n'en est rien. La cure d'austérité jamais menée est déjà tenue pour responsable de l'échec français, alors que la France, croulant sous le poids d'un État obèse qui nourrit de gras politiciens, a toutes les peines du monde à se redresser.
La situation va empirer. Nous n'avons pas touché le fond et n'allons pas rebondir de sitôt. Nous sommes dans une bulle qui enfle, enfle, sans que la croissance ne reparte ; les réflexes du gouvernement dans une situation atone n'augurent rien de bon dans la situation, vraiment mauvaise, qui s'annonce.
La croissance au point mort ne permet pas à l’État de générer de recettes suffisantes pour faire face à des dépenses qui augmentent sous l'effet de la hausse continue de la masse salariale de l’État et du nombre croissant de bénéficiaires de l’État-providence. La réponse du gouvernement est de taxer plus lourdement le secteur privé, qui finance déjà tout ce beau monde, ce qui réduit mécaniquement la croissance.
Si, comme il l'a affirmé, François Hollande veut redresser la France, il ferait bien de changer de méthodes ; ce n'est pas en alourdissant le fardeau qui pèse sur les Français qu'ils renoueront avec la croissance et la prospérité.
Flanby s'accorde des vacances bien méritées après le forcing médiatique. "Coucou c'est moi à la télé que je vous montre que je ne vous oublie pas". Faut dire que c'est un vrai Hercule, pépère, avec ses douze travaux de destruction de la France, son économie, sa société. (Jeu de vacances : amusez-vous à retrouver les dits-douze travaux. Le gagnant remporte un bob rose.)
Je ne sais pas si la rentrée sera chaude, comme le proclame rituellement nos syndicalistes d’État, parce que ce serait se tirer une balle dans le pied, mais les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît, comme disait Lino dans Les tontons flingueurs, dialogues d' Audiard.
Donc, espoir !
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