TOUT EST DIT

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samedi 29 mars 2014

Le réveil de l’opinion française

Le réveil de l’opinion française


L’Express de ce 24 mars, peut-être pour attirer le chaland, parle des « dix surprises du premier tour » de ces élections municipales. Or, dans l’histoire politique française il s’est produit, sans doute plusieurs fois, des retournements inattendus entre les deux tours. Mais ce que souligne le scrutin du 23 mars vient de suffisamment loin pour qu’on doive en prendre acte et en tirer les conséquences.
Remarquons d’emblée que la « surprise » ne vient pas, à nos yeux, de l’effondrement du PS et de la poussée du FN, mais de l’ampleur du premier phénomène dont le second tire naturellement, quoique partiellement, parti.
Sans doute est-il trop tôt pour discerner quels mouvements réels et durables se sont produits dans l’opinion. Il faut attendre pour cela de disposer de chiffres complets, non plus en pourcentages, mais en valeurs absolues. Au moment de la présidentielle de 2012, on pouvait consulter les chiffres des villages, puisqu’ils ne comportent qu’un bureau de vote : c’est en effet à ce niveau que doit se situer toute étude des évolutions de l’électorat. Elles se révèlent très différentes de ce que disent les commentateurs, et nous le soulignions alors. Or, cette étude ne peut s’effectuer dans le cadre de ce scrutin puisque la France rurale ne vote pas ici sur des listes politisées. Rappelons aussi que les listes urbaines sont beaucoup plus encadrées par le système, beaucoup plus quadrillées par l’idéologie officielle, qu’elles sont subventionnées, etc.
Constatons que le travail d’implantation locale a fini par porter ses fruits et que ce qui s’observe partout s’est vérifié, aussi, à Hénin-Beaumont et à Forbach et dans pas mal de villes, et pas seulement en faveur de ce parti, faut-il le signaler.
Mais c’est, en plus de tout cela, le sentiment d’écœurement qui a donné un coup de pouce général aux diverses formes d’opposition. On a beaucoup parlé, et à juste titre, des promesses sociales non tenues, de l’échec économique du pouvoir actuel, de l’effacement international et européen de la France etc.
Tout cela joue indiscutablement.
Il faut aussi rappeler, cependant, que les plus grandes poussées d’indignation de l’année 2013 ne se sont pas investies sur les terrains auxquels un certain matérialisme voudrait pouvoir les cantonner. Si monstrueuses soient-elles, la pression fiscale, pas plus que le monopole de la sécurité sociale, etc. tout cela n’a pas mobilisé autant que les atteintes à la famille et aux mœurs.
Au titre de celles-ci on doit inclure aussi le cas, unique au monde, d’un chef d’Etat, renégat manifeste du catholicisme familial, prétendant instituer le « mariage » pour tous et s’en dispensant lui-même. Que ce personnage fasse honte à une partie de l’opinion mériterait une attention plus soutenue des observateurs.
Qu’enfin le parti de ce politicien dont la capacité à gouverner reste encore à démontrer et dont le seul métier connu, pour ne pas parler de mérite, se limite aux manipulations, se soit investi ces dernières semaines dans les atteintes judiciaires, effectivement partisanes, contre son prédécesseur et rival, n’a fait qu’assombrir le tableau.
La bonne surprise de ce premier tour semble donc le réveil d’une opinion française qu’on aurait pu croire installée au château de la Belle au Bois Dormant. On ne peut donc que souhaiter la prolongation et l’amplification du phénomène.

Le Conseil constitutionnel censure la loi Florange


Le Conseil constitutionnel a censuré jeudi la "loi Florange" qui ouvrait la voie à des pénalités pour les entreprises fermant un site rentable, infligeant ainsi un camouflet au gouvernement à trois jours du deuxième tour des élections municipales.
Il estime dans un communiqué que les dispositions sur le refus de céder un établissement en cas d’offre de reprise et les sanctions prévues dans ce cas, sont "contraires à la liberté d’entreprendre et au droit de propriété".
Les "Sages" censurent aussi les dispositions prévoyant des pénalités en cas de non respect de l’obligation de recherche d’un repreneur et vide de sa substance cette loi hautement symbolique, promesse de campagne de François Hollande.
Le Medef, qui juge ces dispositions "inapplicables et dangereuses", a salué la "décision réaliste" du Conseil.
Dans un communiqué, la principale organisation patronale française invite le gouvernement à faire montre du même réalisme lors de la présentation au Parlement, en avril, du pacte de responsabilité proposé par François Hollande aux entreprises.
"La confiance est indispensable à la réussite du pacte de responsabilité. Elle passera par des actes cohérents de la part du gouvernement et des parlementaires", écrit-elle.
Mais le porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Thierry Mandon, a déclaré à Reuters que les députés de la majorité allaient présenter un nouveau texte sur "le point difficile" des sanctions mais les motivations de la décision du Conseil constitutionnel laissent peu de marges de manoeuvre.
MESURES CONTRE LES OPA HOSTILES
La "loi Florange", un texte d'origine parlementaire dont les dispositions mécontentaient à la fois patronat et syndicats, devait être initialement adopté avant fin 2012 mais n'a finalement été voté que le 24 février 2014.
Les groupes UMP de l'Assemblée et du Sénat ont alors saisi le Conseil sur cette loi jugée par le patronat en contradiction avec la main tendue par le gouvernement aux entreprises.
Le texte obligeait un dirigeant d'entreprise appartenant à un groupe de plus de 1.000 salariés et souhaitant fermer un de ses établissements à rechercher pendant trois mois un repreneur, sous peine de devoir verser une pénalité pouvant atteindre 20 smic mensuels - soit 28.000 euros - par emploi supprimé, dans une limite de 2% de son chiffre d'affaires.
Le texte comporte également des mesures en faveur de l'actionnariat à long terme et encadre les OPA hostiles, qui n'ont pas été censurée par le Conseil. Ainsi, afin d'éviter des prises de contrôle rampantes, les salariés pourront détenir jusqu'à 30% du capital social de l'entreprise.
De plus, les collectivités locales ayant accordé des aides publiques pourront réclamer à ces entreprises n'ayant pas joué le jeu de les rembourser si elles ont été accordées durant les deux dernières années.
Mais pour les "Sages", l’obligation d’accepter une offre de reprise "sérieuse" et la compétence confiée au tribunal de commerce pour en juger "font peser sur les choix économiques de l’entreprise (...) des contraintes portant atteinte au droit de propriété et à la liberté d’entreprendre.
Il estime par ailleurs que la pénalité prévue pour le non respect de l’obligation de recherche d’un repreneur est "hors de proportion avec la gravité des manquements réprimés".
UNE PROMESSE DE HOLLANDE
Il juge en revanche conforme à la Constitution le dispositif donnant aux repreneurs potentiels l’accès aux informations "utiles" sur l’établissement dont la fermeture est envisagée, de même que les dispositions relatives à l'information du comité d’entreprise en cas d’offre publique d’acquisition.
Ce texte était une promesse faite par le chef de l'Etat en février 2012, pendant la campagne présidentielle, lors d'une visite sur le site sidérurgique ArcelorMital de Florange.
Le 30 novembre 2012, le gouvernement et ArcelorMittal avaient cependant signé un accord entérinant l'arrêt des deux hauts-fourneaux de Florange et la disparition de 629 emplois. Accord alors qualifié de trahison par les syndicats.
En outre, ce n'est pas le gouvernement mais le groupe PS à l'Assemblée qui a déposé la proposition de loi votée en février dernier après un parcours parlementaire chaotique.
L'Assemblée a notamment dû procéder à une nouvelle lecture définitive après que le Sénat, où la gauche dispose d'une faible majorité, a rejeté le texte du fait de l'abstention du Front de gauche qui le jugeait insuffisamment contraignant.
(Emile Picy, édité par Emmanuel Jarry)

vendredi 28 mars 2014

Le chômage en hausse mais « on garde le cap » !

Chômage. Les chiffres du chômage du mois de février ont été publiés. Ils atteignent un niveau record avec une hausse de + 0,9 % par rapport au mois précèdent.
Il y a 3,34 millions de chômeurs en France. Les chiffres pour le mois de février ont été rendus pubics hier et atteignent un niveau record. Il y a eu 31 500 nouveaux inscrits le mois dernier, soit une hausse de 0.9%. Face à ces mauvais résultats, Michel Sapin, le ministre du travail s’est exprimé sur BFMTV. « Les chiffres ne sont pas bons », « ils vont dans la mauvaises direction », « J’en porte aussi ma part de responsabilité », s’accorde-t-il à dire. La repentance est de mise à quatre jours du second tour des élections municipales. Après quatre mois consécutifs de hausse du chômage Michel Sapin appelle tout de même à la prudence : il faut « éviter qu’il y ai le retour de maires de droite ».
Michel Sapin en confiance
Faux-derche de la république.
En plein contexte de remaniement, le ministre du travail reste confiant. Le pacte de responsabilité inversera la courbe du chômage selon lui. Les mauvais chiffres du chômage, des sondages, des élections, ne le font pas douter de l’opinion des français vis-à-vis de cette réforme. « Les français ne se sont pas exprimés contre le pacte de responsabilité, mais contre la situation » a-t-il dit. Alors le ministre le confirme : « nous n’allons pas changer de direction », « le cap, il faut le maintenir ». Les français jugeront, mais ils s’accorderont sans doute sur l’évidence prononcée par Michel Sapin : « les gens veulent de l’efficacité, des résultats ».

Supplice chinois

Supplice chinois


Loin de nous l'idée d'offenser le vénérable président chinois Xi Jinping pour qui la France déploie obséquieusement ses fastes républicains et versaillais dans la quête de juteux contrats. Il n'empêche que la rituelle publication des chiffres du chômage prend, pour l'exécutif, l'allure d'un vrai « supplice chinois ». Mois après mois, et à de trop rares exceptions près, Pôle emploi retourne le couteau dans la plaie et condamne le gouvernement à des commentaires qui relèvent plus de la jérémiade que de l'explication convaincante. Au demeurant, plus personne ne peut adhérer aujourd'hui au discours sur « l'effort à poursuivre ».
C'est que les chiffres sont plus têtus encore que l'obstination du gouvernement à se dire sur le bon chemin. En février dernier, on a enregistré 31.500 chômeurs de catégorie A en plus. En somme, après la « baisse de la hausse » à laquelle s'accrochait le gouvernement, survient une « augmentation de la hausse » qui réduit ses espoirs à néant. Rien de tout cela n'est surprenant. La preuve était déjà faite que le traitement social du chômage ne suffit pas sans politique économique stimulant les entreprises (donc les emplois), et sans croissance.
À quelques jours du deuxième tour des municipales, ces chiffres ne vont rien arranger pour le PS. Ils vont surtout accroître le casse-tête de François Hollande dans la recherche d'un point d'équilibre dans la constitution du prochain gouvernement. Car l'aile gauche du PS et les Verts y voient un argument supplémentaire pour appeler à une inflexion de la politique sociale-libérale de François Hollande.
Comment le chef de l'État va-t-il concilier les contraires qui, déjà, et de façon un peu indécente, animent dans les couloirs la course aux futurs maroquins ? Pour constituer une équipe « cohérente et resserrée », François Hollande va devoir s'affranchir de sa marotte stérilisante de la « synthèse permanente ». Beaucoup de temps a été perdu dans l'harassante gestion des couacs gouvernementaux. Il est temps que prenne fin, aussi, le « supplice chinois » enduré par Jean-Marc Ayrault.

Djihadistes de retour en France

Djihadistes de retour en France


Après la découverte de 900 grammes d’un explosif de type TATP le 17 février dernier dans un immeuble de Mandelieu-La-Napoule, près de Cannes, faisant suite à l’interpellation, une semaine auparavant, d’Ibrahim B., un jeune Français de retour du djihad en Syrie, les enquêteurs de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) ont la certitude d’avoir « empêché un attentat imminent »sur la Côte d’Azur. Des spécialistes de la lutte antiterroriste qui ne cachent pas aujourd’hui leur inquiétude et qui n’hésitent pas à confier : « Ça va se multiplier. »

« Punir la France »
A ce jour, les services européens auraient déjà déjoué pas moins de trois projets terroristes d’ex-djihadistes. Dans le cas d’Ibrahim B., l’alerte a été donnée le 3 janvier dernier par les autorités grecques, qui l’avaient repéré lors d’un contrôle d’identité mais l’avaient relâché. Il revenait alors de Syrie où, de sources antiterroristes, il était parti en septembre 2012, comme deux autres jeunes du Cannet. Départ qui leur avait permis d’échapper au coup de filet policier démantelant la cellule dite « de Cannes-Torcy », à laquelle les enquêteurs les rattachent et dont plusieurs membres sont soupçonnés d’une attaque à la grenade contre un commerce juif de Sarcelles en septembre 2012. Lors du démantèlement de cette cellule, les policiers avaient trouvé plusieurs testaments, dont deux rédigés par Ibrahim B. et un autre candidat au djihad, Abdelkader T., 25 ans.
Soupçonné avec Ibrahim B. d’avoir rejoint le Front al-Nosra, groupe rebelle syrien lié à Al-Qaïda, et d’envoyer, via les réseaux sociaux, des messages appelant à « punir la France », Abdelkader T. avait été arrêté en Italie le 16 janvier, extradé puis écroué. Ibrahim B., lui, était interpellé par les hommes de la DCRI le 11 février en bas d’un immeuble de Mandelieu-La-Napoule où l’un de ses proches l’hébergeait, mis en examen et écroué. Lors de la perquisition de l’immeuble, la DCRI découvrait dans un local technique des parties communes une arme de poing, du matériel informatique, de la documentation sur la fabrication d’une bombe et trois canettes remplies de TATP, un explosif rudimentaire utilisé dans l’attaque de Marrakech en 2011.

Emblématique
« Cette affaire est emblématique de ce qu’on a toujours craint », confiait une source proche de l’enquête : des personnes parties pour la Syrie pour mener le djihad et revenus « radicalisées, formées, aguerries », avec un projet terroriste. Une crainte d’autant plus fondée que, selon nos services, quelque 700 volontaires « français » seraient ainsi partis pour la Syrie. Plus tous ceux qui n’ont pas été identifiés… Des djihadistes français. Autrement dit, des jeunes issus pour nombre d’entre eux de l’immigration, mais aussi des Français de souche convertis à l’islam. Comme Jérémie Louis-Sidney, leader du groupe de Cannes-Torcy, tué lors de son interpellation en 2012. Un dealer martiniquais converti à l’islam radical lors d’un séjour dans des prisons françaises devenues les écoles coraniques les plus performantes. Comme Jérémy Bailly, second meneur du groupe. Français de souche devenu « Abderrahmane » au contact de militants du Tabligh. Comme Abdelkader T., Français d’origine maghrébine, converti lui aussi à l’islamo-terrorisme… Des gens qui ont grandi dans la détestation d’une France dont les responsables politiques, de droite comme de gauche, n’ont cessé depuis quarante ans de nous vanter le fameux « modèle d’intégration ». Modèle qui, on le voit aujourd’hui, produit surtout des bombes à retardement.
Djihad : ça recrute à tout va
Dimanche, les autorités marocaines annonçaient avoir interpellé à Rabat un Français soupçonné« d’appartenance à un réseau terroriste » qui s’active « dans le domaine du recrutement de volontaires pour aller combattre dans plusieurs foyers de tension à travers le monde ». Objet d’un« mandat d’arrêt international émis par les autorités judiciaires espagnoles », l’homme a été appréhendé dans le sillage « du démantèlement, à la mi-mars courant, d’un réseau terroriste dont les membres s’activaient » à Laroui, dans le nord du Maroc, l’enclave espagnole de Melilla et Malaga, dans le sud de l’Espagne. Parmi les sept personnes interpellées lors de ce coup de filet, figuraient déjà deux Français, identifiés comme « Paul Cadic » et « Farik Cheikh », qui « allaient se rendre en Syrie pour faire le djihad ».



Combien d’autres Ibrahim B. dans la nature ?


Xi Jinping en France: après les contrats, le faste de Versailles


Un dîner fastueux au château de Versailles avec François Hollande devait marquer jeudi soir la fin d'une visite du président chinois Xi Jinping, au lendemain de la conclusion de contrats commerciaux pour 18 milliards d'euros.
Le numéro un chinois, marié à la chanteuse populaire Peng Liyuan et qui impose un style plus décontracté que ses prédécesseurs, a effectué dans la matinée la première visite d'un président chinois à l'Unesco.
"L'humanité voudrait, à travers les échanges culturels, semer la paix", a dit Xi Jinping après s'être entretenu avec la directrice générale de cette agence de l'ONU, Irina Bokova. Son épouse, Peng Liyuan, a été nommée envoyée spéciale de l'Unesco pour la promotion de l'éducation des filles et des femmes.
Dans l'après-midi, alors qu'une manifestation au pied de la Tour Eiffel rassemblait quelque 160 militants tibétains portant des pancartes hostiles à la visite chinoise, les présidents chinois et français célébraient au ministère français des Affaires étrangères le cinquantenaire des relations diplomatiques franco-chinoises.
"Votre visite aujourd'hui marque, 50 ans après, l'ouverture d'un nouveau cycle", s'est félicité François Hollande.
Son homologue s'est attiré des applaudis
sements dans ses réponses en montrant ses connaissances des philosophes et écrivains francais. "En lisant des ouvrages écrits par La Fontaine, Balzac, Hugo, Maupassant? j'ai acquis une meilleure compréhension de la vie humaine", a-t-il expliqué. "Des personnages comme Jean Valjean, Quasimodo (...) sont solidement ancrés dans ma mémoire", a précisé le président chinois.
En soirée, le président français et ses invités chinois devaient visiter la célèbre Galerie des Glaces du Chateau de Versailles avant d'assister à un concert privé à l'Opéra Royal. Au programme: musiques traditionnelles et contemporaines chinoises et airs célèbres français. Et ensuite direction le Grand Trianon pour un dîner privé préparé par le chef multi-étoilé Alain Ducasse.
- 'éliminer toute forme de protectionnisme' -
La journée de mercredi avait été consacrée à une moisson de contrats commerciaux entre les deux pays pour un montant de 18 milliards de dollars.
Parmi ces contrats, la commande par la Chine de 70 Airbus d'une valeur de 7 milliards d'euros, la production conjointe de 1.000 hélicoptères par la société européenne et la chinoise Avicopter ou encore la formalisation de l'accord sur l'entrée au capital du groupe PSA Peugeot Citroën de l'État français et du constructeur automobile chinois Dongfeng.
Jeudi, le ministre chinois du Commerce Gao Hucheng a appelé la France à "faciliter davantage l'implantation d'investisseurs chinois sur le plan législatif", lors d'un forum économique franco-chinois à Paris.
Il a appelé à "travailler avec la France pour éliminer toute forme de protectionnisme" et a affirmé que "la Chine était prête à importer plus de produits français".
L'an dernier, la France accusait encore un déficit de 26 milliards d'euros à l'égard de la Chine, soit près de 40% du total du déficit de son commerce extérieur.
"Dix-huit milliards d'euros de contrats, c'est de l'emploi", avait dit mercredi le président français François Hollande au moment même où étaient annoncés de très mauvais chiffres du chômage pour le mois de février en France, avec un nouveau record de 3,34 millions de demandeurs d'emplois.
Le quotidien Libération relativisait jeudi l'importance de ces contrats pour l'emploi en France, soulignant que la plupart d'entre eux "seront réalisés sur le sol chinois".
Au-delà du commerce, François Hollande a souhaité que la Chine organise "très prochainement" un sommet du G20, ce qui constituerait une première, manière de souligner son rôle croissant sur la scène internationale.
Il a souligné aussi les convergences de vues entre les deux pays sur les grands dossiers internationaux et mentionné brièvement les "droits de l'Homme auxquels la France est attachée" lors d'un échange de toasts avec son hôte chinois à l'occasion du dîner d'Etat qui les réunissait dans la soirée à l'Elysée.
Jeudi matin, l'association Reporters sans frontières (RSF) a mené une opération de protestation à Paris : un portrait géant du président chinois faisant un bras d'honneur, grâce à un photomontage, et qui portait la mention "sans liberté de l'information, pas de contre-pouvoir" a été déployé devant la Tour Eiffel.

Loi Florange "vidée de sa substance": un camouflet de plus pour Hollande


La censure du volet sanction de la loi sur la reprise de sites rentables constitue un nouvel échec pour le Président, pris entre les mauvais chiffres du chômage et des municipales douloureuses. L'opposition se réjouit, Edouard Martin accuse. 


La censure ce jeudi du coeur de la loi "Florange", promesse de campagne présidentielle, est un revers sévère pour François Hollande. Et un revers d'autant plus cinglant qu'il intervient entre deux tours d'élections municipales douloureuses pour la majorité et au lendemain de mauvais chiffres sur le chômage

Le Conseil constitutionnel a partiellement donné raison aux parlementaires de l'opposition qui l'avaient saisi, en jugeant que "l'obligation pour un employeur d'accepter une offre de reprise sérieuse ainsi que la compétence confiée au tribunal de commerce pour l'apprécier, avec des sanctions à la clé, constituaient une atteinte au droit de propriété et à la liberté d'entreprendre". Cela "prive l'entreprise de sa capacité d'anticiper des difficultés économiques et de procéder à des arbitrages économiques", expliquent les Sages. 

L'UMP se réjouit

"François Hollande a fait croire à des gens qui étaient de bonne foi qu'on pourrait interdire les licenciements comme au bon vieux temps des marxistes", a ainsi asséné Jean-François Copé sur BFMTV. Le texte est "totalement vidé de sa substance", se sont aussi félicités dans un communiqué les sénateurs UMP - 108 d'entre eux et 80 députés UMP avaient saisi les Sages après l'adoption définitive du texte fin février.  

Le Medef appelle à "plus de réalisme"

Pour sa part, le Medef, qui avait "alerté les pouvoirs publics depuis des mois sur les dispositions inapplicables et dangereuses" du texte, s'est réjoui de la décision du Conseil constitutionnel. A l'approche de la présentation du Pacte de responsabilité, l'organisation patronale a dit espérer que "les prochains projets et propositions de loi feront preuve de plus de réalisme". 

Le PS défend le reste du texte

"Nous prenons acte de la décision. Nous jugeons la censure sévère mais il y a des éléments importants qui demeurent", a réagi le ministère. Le ministère a souligné que "l'obligation de chercher un repreneur pour les groupes de plus de 1.000 salariés" demeurait. 
Le ministère a aussi mis en avant l'obligation pour l'entreprise d'associer le comité d'entreprise (CE) "en amont" lorsqu'il y a une offre publique d'acquisition. Si l'entreprise ne consulte pas le CE, ce qui constituerait un délit d'entrave, "là les pénalités demeurent", a-t-il expliqué. Et d'ajouter: "Il y a donc quand même une forme de pénalité". 
Pour François Brottes, président (PS) de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée, "le Conseil constitutionnel a validé les deux principes fondateurs" de la loi, qui vise à lutter contre les licenciements boursiers: "l'obligation de rechercher un repreneur en cas de fermeture d'un site rentable et l'encadrement des tentatives de prise de contrôle hostiles".  

Edouard Martin en colère

L'ancien leader syndical de l'aciérie ArcelorMittal de Florange, Edouard Martin, devenu candidat PS aux élections européennes dans l'Est, a lui laissé éclater sa "colère" envers l'UMP: "Malgré les nombreuses critiques contre cette loi, elle avait au moins le mérite de protéger un peu mieux les travailleurs, même si ce n'était pas la septième merveille du monde. Elle aidait davantage les représentants du personnel pour rechercher un éventuel repreneur pour éviter les licenciements et la fermeture d'usines", a-t-il réagi auprès de Libération

L'ouvrage repart sur le métier

"Nous allons reprendre le travail afin que [ce volet sanction] soit conforme aux principes rappelés par le Conseil constitutionnel tout en gardant son caractère dissuasif", a promis François Brottes. Ce qui devrait conduire à réduire le montant de ces sanctions. 
L'obligation d'accepter une offre de reprise ayant été censurée, le Conseil a en effet relevé que les pénalités envisagées ne sanctionnent plus que le " seul non-respect de l'obligation de recherche d'un employeur". Problème, "cette pénalité peut atteindre vingt fois la valeur mensuelle du SMIC par emploi supprimé (environ 28.000 euros)", ce qui "est hors de proportion avec la gravité des manquements réprimés".  

Un déjeuner instructif

Un déjeuner instructif


J’ai déjeuné avec un ami, journaliste politique connu et réputé de « gauche » dans un journal proche du PS. C’est ce que j’appelle la tolérance, de pouvoir échanger sans se crêper le chignon (comme les candidates à la mairie de Paris…) Au-dessus des différences, il y a une valeur commune qui est celle du respect et du bien commun. Il m’explique la situation politique actuelle, comme il la ressent : « La majorité est profondément déchirée sur le plan idéologique. Une bonne partie de l’électorat du président Hollande et de ses soutiens politiques au Parlement, au moins un tiers, qui garde le silence, est révulsée par l’idée même du pacte de responsabilité : le seul fait d’envisager de baisser les prélèvements sur les entreprises ou les impôts est ressenti comme une trahison. On n’imagine pas l’état d’arriération d’une partie de la « gauche » issue de la fonction publique : l’entreprise privée reste « le mal » absolu, la bête à abattre. Tout "allègement de charge" est un "cadeau au patronat". Une politique favorisant les "intérêts" de ce dernier doit être combattue par tous les moyens. -Vous n’exagérez pas un peu ? – Non, je les connais, ils sont mon environnement quotidien. – Dans ce cas, ils sont perdus !- Bien sûr l’impasse politique est totale. On ne voit aucune issue, aucune sortie possible… Tenir trois ans supplémentaires dans ces conditions? C’est inconcevable et ils le savent! Nous allons tôt ou tard vers une crise majeure." La solution que mon ami préconise? Un gouvernement d’union nationale de type "troisième force" pour une période limitée, destiné à sortir le pays de la crise, un peu sur le modèle allemand qui a si bien réussi. Personnellement, je ne crois pas du tout en cette issue qui ouvrirait un véritable boulevard aux extrêmes.

jeudi 27 mars 2014

Le PS aux urgences


Il aura fallu trente ans pour que le piège imaginé par Mitterrand pour rendre la droite minoritaire cesse de fonctionner !
Depuis 1985, la mécanique était bien rodée. Cette année-là, à Marseille, Jean-Claude Gaudin avait commis un “sacrilège” : négocier avec le FN un accord de retrait réciproque dans les cantons où la gauche pouvait l’emporter. Même si cela n’avait abouti qu’à l’élection d’un seul conseiller général frontiste, François Mitterrand avait compris le danger : à ce petit jeu, la gauche pouvait rapidement se trouver minoritaire dans le pays !
D’où un piège en trois temps : la promotion du Front national par l’instauration de la proportionnelle aux législatives de 1986 (sans oublier quelques provocations bien senties du genre : “les immigrés sont ici chez eux”) ; puis, aussitôt après, l’appel à un “front républicain” destiné à isoler la “bête immonde” aux élections locales. Avec, pour sanctionner ceux qui, à droite, refuseraient de se retirer en faveur de la gauche quand celle-ci est la mieux placée pour battre le FN, l’ostracisation… C’est ainsi qu’en trente ans, la gauche a pu conquérir la quasi-totalité du pouvoir régional (21 régions sur 22), une majorité de conseils généraux et, de justesse, le Sénat.
Comme Valeurs actuelles le démontre cette semaine, l’histoire pourrait bien retenir qu’à partir des municipales de mars 2014, ce piège a cessé de fonctionner. Lasse de devoir attendre de ses adversaires l’autorisation d’être majoritaire, la droite aurait ainsi fini par comprendre que les pires défaites sont celles qu’on s’inflige à soi-même. Mieux vaut tard que jamais !

Un gouvernement étranglé


Après deux ans de gestion chaotique, et cette ponction fiscale massive dont il paie le prix, Hollande doit trouver 50 milliards d’économies, sans le soutien de l’élection…
Amplification. Au fur et à mesure que tombaient les résultats du scrutin municipal ce dimanche soir se révélait l’ampleur de la vague de rejet. Ampleur de l’abstention, incluant une bonne partie du “peuple de gauche” qui ne s’était pas déplacée. Ampleur de la sanction nationale qui s’exprimait partout dans le choix des candidats de droite. Ampleur du vote Front national dans ses implantations géographiques. Ampleur de la surprise des dirigeants du Parti socialiste et des membres du gouvernement, découvrant progressivement la dimension de leur défaite, jusqu’à appeler le président de la République à interrompre sa présence au sommet du G7 pour rentrer à Paris. Ce n’était pas la première fois que soufflait un vent de panique à l’Élysée ; cette fois il était électoral. Et l’on ne voyait pas ce qui pouvait calmer la tempête annoncée au second tour. À droite, les dissidences disparaissaient, laissant l’UMP et le Front national face au PS : il ne s’agissait plus que de placer les candidats de la gauche en seconde ou troisième position pour consacrer sa défaite.
Cette défaite, le président de la République, le premier ministre, le ministre de l’Intérieur la redoutaient. Ils avaient fini par croire qu’ils parviendraient à la contenir, en faisant pleuvoir sur Sarkozy et l’UMP cet ouragan de procédures judiciaires ; le premier ministre avait porté le cynisme jusqu’à lancer un appel de dernière heure contre le Front national dont il espérait bien faire une autre arme contre la droite classique. Cette double manoeuvre n’aura provoqué qu’un violent retour de flamme, braquant l’électeur de droite, qui n’a pas voulu se laisser faire. Quant aux triangulaires, qui avaient fait le succès de la gauche, elles sont destructrices pour la droite quand la gauche est en tête, mais elles le sont pour la gauche quand celle-ci est derrière.
Voilà le gouvernement étranglé. Avec 20 ou 25 % de confiance dans l’opinion, l’exécutif avait peu de chances de maintenir ses positions. C’est maintenant un jeu de dominos qui le menace : il va perdre sa majorité au Sénat, puis celle des assemblées départementales et régionales. C’est un affaiblissement durable sur le terrain auquel il devra faire face. Nicolas Sarkozy sait quels efforts cela réclame ensuite pour remonter la pente.
Si François Hollande a estimé qu’il y avait en effet urgence à rentrer à l’Élysée cette semaine, avant l’arrivée du président chinois (dont la visite avait été prévue au temps où ces élections ne devaient porter que sur des “enjeux locaux”), c’est qu’il devait se livrer à un exercice qu’il n’aime pas : prendre une décision forte. Le problème est qu’il n’est pas maître du jeu. L’électeur de gauche lui réclame une “autre politique” qu’il ne peut pas lui consentir parce qu’il n’y a pas d’alternative à la politique qui lui est imposée, avec son assentiment, par Bruxelles (la France est mise “sous surveillance renforcée”). Il a fini par lui donner un nom, le “pacte de responsabilité” — qui est d’abord sa responsabilité. Après vingt-deux mois de gestion chaotique, contradictoire, de la politique économique, sans autre résultat qu’une ponction fiscale massive dont il paie le prix ces jours-ci, il lui faut trouver 50 milliards d’économies sans avoir la majorité électorale pour cela.
Ne pouvant changer de politique, va-t-il changer les hommes pour la conduire ? Deux ans après son arrivée au pouvoir, François Mitterrand avait pareillement été sanctionné aux municipales de mars 1983 (à l’époque, l’abstention était de 20 %). Lui aussi était lié par les déficits budgétaires. Le second tour avait eu lieu le 13 mars ; le 22, Mitterrand changea le gouvernement, mais pas le premier ministre, Pierre Mauroy. C’est le scénario espéré par Jean-Marc Ayrault. Sera-ce le “choc” de nature à limiter la casse aux élections européennes du 25 mai ? Mauroy ne survécut qu’un an avant de devoir céder la place à Laurent Fabius lors de la crise suivante, en juillet 1984. Une crise de société (l’affaire de l’école libre) qui prenait la suite des crises économiques et budgétaires précédentes.
François Mitterrand avait du temps devant lui. François Hollande n’en a pas : le quinquennat ne lui en offre plus le confort. La loi de finances qu’il est en train de mettre au point est celle de 2015, et l’année suivante se préparera déjà la présidentielle. Sa pente naturelle le conduit à ne rien vouloir changer. Au mois de mars 1983 déjà, l’éditorialiste du Monde, François Renard, écrivait après la séquence municipale : « L’historien politique constaterait, une fois de plus, qu’il y a deux moyens de renverser un pouvoir : l’action de l’opposition ou l’optimisme aveugle et obstiné de la majorité. Il n’est pas certain que le dernier de ces moyens ne soit pas le plus rapide, ni le moins sûr. »

Le plus dur reste à faire


La claque prise par le gouvernement peut se transformer en déculottée à condition que les électeurs de la droite tranquille évitent la désunion et la démobilisation.
Qu’on le veuille ou non, c’est une défaite cuisante qu’a connue le gouvernement à l’occasion de ce premier tour des élections municipales. Cela se traduit dans les scores nationaux du Parti socialiste, en recul de 8 points par rapport aux précédentes élections de 2008, et de la gauche en général. Cela se constate dans le nombre de grandes villes qui repassent à droite après une ou plusieurs mandatures catastrophiques assumées par des socialistes. Cela ressort enfin à travers la poussée du vote protestataire : qu’il s’agisse de l’abstention très élevée, de l’importance du vote blanc ou des scores cinglants enregistrés par certaines personnalités du Front national.
Bien sûr, cela fait presque quarante ans que la majorité en place perd les élections municipales. Et François Hollande n’a pas connu d’exception à cette règle. Bien sûr, la photographie complète de ce scrutin est compliquée à établir en raison de la multiplication des listes divers droite ou divers gauche et de l’absence du Front national dans une quantité de grandes villes. Bien sûr, les fusions de listes entre les deux tours ou la probabilité d’assister dimanche prochain à de nombreuses triangulaires doivent inciter à la prudence. Il n’empêche que les Français ont témoigné de leur ras-le-bol dans des proportions bien plus importantes que prévu, y compris à Paris, montrant qu’ils n’étaient pas dupes de la politique d’enfumage menée par François Hollande et sa clique de copains et de coquins.
Coluche, qui nous manque dans cette période où le politiquement incorrect est banni, disait : « La victoire est toujours brillante puisque l’échec est mat. » Il faut, en effet, que dimanche prochain l’essai marqué par la droite se trouve largement transformé. Il faut que la gifle assenée au gouvernement au premier tour l’amène à se remettre en question. Et le plus beau des symboles serait de voir cette insupportable gauche bobo, sectaire et post-soixante-huitarde, mise à la porte de l’hôtel de ville de Paris, qu’elle a transformé en annexe du PS.
Tout dépend de vous et de vous seuls. Si vous souhaitez arrêter de voir Christiane Taubira salir la République en mentant à chaque fois qu’elle parle, en intervenant à tout bout de champ dans les procédures judiciaires, avant de mettre en place d’ici peu une réforme pénale d’un laxisme insupportable, alors il vous faut prendre vos responsabilités.
Si vous désirez que les comptes publics de la France cessent de se dégrader, que notre pays ne soit plus mis sous surveillance renforcée par Bruxelles, et que les industriels français retrouvent confiance, alors il faut envoyer un signal fort au président de la République pour qu’il mène une tout autre politique.
Si vous en avez assez d’une majorité qui déconstruit pierre par pierre les valeurs qui fondent notre civilisation, qu’il s’agisse du travail, de l’autorité, du mérite, de la famille et du respect de la patrie, alors dites-le, criez-le, et jetez votre bulletin de vote dans l’urne.
Si vous êtes révoltés de la manière dont un ancien président de la République est traqué, à coups d’écoute téléphonique, de chasse à l’homme judiciaire et policière, et de la façon dont les médias contrôlés par le pouvoir finissent par trouver cela normal, alors là encore vous avez une bonne raison de donner un carton rouge à cette gauche qui se moque comme d’une guigne des libertés publiques.
Si vous voulez marquer un coup d’arrêt à la désastreuse gestion des principales grandes villes tenues par les socialistes, qui utilisent allègrement les hausses d’impôts, les versements d’allocations à ceux qui en ont le moins besoin, et les complications volontaires imposées aux entreprises de toutes tailles, alors votez contre tous les candidats qui se réclament de l’actuelle majorité.
Pour cela, ce dimanche, il faudra éviter deux écueils : la démobilisation et la division. Ce n’est pas parce que les listes d’opposition ont fait bien mieux que prévu en ce premier tour que la victoire est assurée. Les socialistes vont avoir recours à leurs vieilles méthodes de désinformation pour tenter de rameuter les abstentionnistes et de discréditer les possibles vainqueurs de la droite tranquille. Enfin, il faut absolument que tous ceux qui ont voté pour des listes de droite non qualifiées pour le second tour rallient sans faillir et sans mollir le candidat de droite arrivé en tête. De manière à ce que la claque de dimanche dernier se transforme en déculottée pour cette gauche amorale. De manière à ce que ce gouvernement des incapables prenne la mesure de son échec et de son rejet. De manière enfin à ce que l’opposition bénéficie d’un formidable élan pour les scrutins à venir.

PRÉCISION À L'USAGE DES CONS

PRÉCISION À L'USAGE DES CONS
 "Il y en a assez d'entendre les Jamel Debbouze, Lambert Wilson et compagnie... 
critiquer la Marseillaise à cause de cette phrase : 
« qu'un sang impur abreuve nos sillons ».

Nous devons être nombreux à ignorer le sens de cette phrase
Je faisais personnellement  partie de ces incultes à propos de cette phrase 
de notre Hymne National. Jusqu'à cette explication qui éclairera très
certainement beaucoup de "lanternes"...
On ne peut pas leur reprocher leur ignorance due à l'Éducation nationale,
lors des fameux cours d'éducation civique...
À l'époque, ce qu'on appelait le sang pur, c'était le sang des nobles 
qui, seuls, pouvaient prétendre au Pouvoir et à des fonctions d'officiers dans l' Armée.
Lors de la Révolution - et notamment de l'attaque des autrichiens - 
les nobles se sont enfuis et il ne restait donc que des "Sang impur" (Républicains),
par opposition aux "Sang pur"(Royalistes).
Au cri de "La patrie est en danger", c'étaient des gens du peuple
qui prenaient les armes pour combattre l'envahisseur et qui étaient disposés
à verser leur propre sang pour la liberté.
Et les sillons sont des tranchées creusées un peu partout dans la campagne
et les champs, lors des sanglantes batailles.
Ainsi,  "Qu'un sang impur abreuve nos sillons " signifie donc
que c'est notre "Sang impur" à NOUS, le peuple, qui nourrira nos terres.
En aucun cas il ne s'agit du sang de l'ennemi.
On peut reprocher beaucoup de choses à la Marseillaise,
 notamment son esprit guerrier, mais pas le "Sang impur".
À aucun moment de l'Histoire, la France n'a désigné ses adversaires
en raison d'une notion raciste liée à la pureté du sang, notamment lors
des guerres coloniales inspirées par des politiciens issus des "Lumières»,
comme les Saint-simoniens et les Francs-maçons. La statue de
la Liberté offerte à la jeune nation américaine illustre le propos...
Méfions-nous de cette approche socio-libertaire et antimilitariste
simpliste qui avance sournoisement pour adapter l'Histoire à sa guise !...
 

A BON ENTENDEUR...

Réduire les inégalités


Réduire les inégalités

Les enquêtes et les chiffres spectaculaires sur la répartition des richesses dans le monde, et en particulier aux Etats Unis et au Royaume Uni, se succèdent. Et ils sont repris de plus en plus par des économistes ou des acteurs de l'économie qu'on ne peut pas accuser d'égalitarisme béat et nocif. Certains voient tout simplement dans ce combat un moyen de relancer la croissance. 

DES CHIFFRES FRAPPANTS

Les chiffres sur les écarts de richesse sont assez frappants…J’en ai retenu un. Provenant du classement des fortunes mondiales par le magazine Forbes. Les 66 personnes les plus riches de la planète ont la même richesse que les 3 milliards et demi d’habitants les plus pauvres. 66 personnes. 3 milliards et demi. On parle d’une moyenne de 20 milliards de dollars par personne pour le premier groupe, et de 486 dollars pour le second groupe. C’est tout de même assez brutal.

CYNISME ÉCONOMIQUE
Dans les mois qui viennent, on va beaucoup parler de réduction des inégalités. Et cela ne viendra pas de ceux qui défendent habituellement ces thèses en prônant un nivellement par le bas comme en France. Le Royaume Uni et surtout les Etats Unis vont être en pointe sur ce combat. Pas par idéologie. Mais une fois de plus par pragmatisme et par intérêt. Réduire les inégalités est devenu le moyen "à la mode" de relancer la croissance. Tant mieux. Lire l'édito

LE ROUBLE MONTE
Il a rebondi. Fortement. La Bourse de Moscou aussi. Et les indices boursiers ont déjà oublié la Crimée. Son annexion est entérinée. Comble du ridicule: faute d'action, on est passé à des paroles de cour d'école...Obama a déclaré hier que la Russie n'était même pas une puissance mondiale mais juste une puissance régionale... Ouh la la, ça fait mal.

UNE PETITE RÉFLEXION
Je n'aime pas Poutine. Et ce qu'a fait la Russie est indéfendable. Mais trouvez vous que la Chine est plus démocratique que la Russie? On accueille le dirigeant Chinois avec des courbettes pour mendier quelques contrats alors qu'on joue les défenseurs de la démocratie pour l'Ukraine. Le Tibet appréciera. La Corée du Sud aussi qui a à ses portes un fou furieux soutenu par Pékin qui fait régulièrement des essais nucléaires. Mais c'est vrai que tout ça me dépasse, c'est de la politique.

LE TOURNANT ALLEMAND
La Banque Centrale Allemande a pendant la crise critiqué et parfois bloqué les initiatives de la Banque Centrale Européenne pour injecter des liquidités et relancer la croissance. Hier son président a déclaré qu'on devrait faire plus si nécessaire. Soit il avait fumé un pétard, soit les Allemands ont changé.

ÉPARGNE. RETOUR A LA RAISON SUITE...
Décollecte sur le livret A annoncée en début de semaine. Et hier collecte au plus haut depuis un an sur l'assurance vie. 2.4 milliards de collecte nette en février! Les ménages Français font le bon arbitrage. L'encours de l'assurance vie a augmenté de 5% à 1478 milliards d'euros. Encore un petit effort et il sera égal au montant de notre dette...qu'il finance largement...

DUFLOT DÉGAGE ?
Rarement un ministre du logement n'a fait aussi mal au logement par un dogmatisme doublé d'une totale incompétence. Les mises en chantier de logements neufs ont connu un mois de février dramatique avec une baisse de 24% sur un an. Les permis de construire suivent la même courbe. C'est la cata. Il faut qu'elle parte. Vite. Très vite.

JE SAIS OU JE SERAI LE 1ER JUILLET
depuis que j'ai lu les Échos ce matin. A l'inauguration de l'hôtel The Brando. En Polynésie française. A 60 kms au nord de Tahiti. Dans l'ancienne île de Marlon Brando. Le 1er Juillet sera le vingtième anniversaire de la disparition de Vito Corleone.

BULLE ? QUELLE BULLE ?
La société King Digital, éditeur du jeu Candy Crush entre en bourse a 7.6 milliars de dollars.

LES FRÈRES BOGDANOV INQUIETS
Le laboratoire Français Ipsen veut attaquer le marché du Botox dominé par le groupe Américain Allergan. Une initiative soutenue par la ministre de la francophonie et de la chirurgie esthétique Yamina Benguigui.

QUEL JOB PRÉFÉREZ VOUS ?
Est ce un signe du désintérêt progressif pour les banques du fait de la pression réglementaire qui pèse sur leur avenir. Le dauphin de Jamie Dimon chez JP Morgan a préféré entrer dans le fonds Carlyle. Il faut dire qu'il ne gagnait "que" 17 millions de dollars pendant que les trois dirigeants de Carlyle se partageait 750 millions de dollars l'année dernière.

BIEN FAIT
Et c'est vrai que les banques sont sous pression. Aux Etats Unis les banques ont déjà payé plus de 100 milliards de dollars d'amendes depuis la crise. En France? Zéro.

LA PHRASE DU JOUR
Cédric Audebert, patron de la filiale Française du groupe Chinois Haier "Je n'ai jamais entendu un salarié chinois râler". Normal mon pote, ceux qui se sont plaints ont été exécutés.

UN MÉTIER D' AVENIR
Depuis le début de cette semaine, vous pouvez suivre à paris Dauphine une formation de gestion des entreprises de pompes funèbres. Réflexion dans le parisien d'un des élèves de la première promotion "Le relationnel est primordial". Esprit, es tu là ?

Il faut décréter l'état d'urgence sur le chômage

Il faut décréter l'état d'urgence sur le chômage


J'ai halluciné en lisant la une des journaux ce matin. On y commente les chiffres terribles du chômage. Mais avec un seul angle. L'impact sur les élections municipales ou le poste de premier ministre. "Un chiffre qui tombe mal pour Hollande"...non c'est un chiffre qui tombe mal pour les 5 millions de chômeurs toutes catégories et pour les seniors enterrés sous le chômage de longue durée.
LES CHIFFRES DU CHÔMAGE 

31500 demandeurs d'emploi en plus. 3347700 chômeurs de catégorie A. 0.9% de hausse sur un mois. 4.7% sur un an ! Une hausse de 12.1% du chômage de plus de 50 ans...N'en jetez plus

COMMENT NE PAS EN PARLER?
Surtout quand les principaux commentaires tournent autour de l'impact du chômage sur les municipales ou sur le poste de Jean-Marc Ayrault. Comme si c’était l’enjeu. N’ayons pas peur des mots. Ce qu’il se passe sur l’emploi est un drame national. On enchaîne les records et on enterre un peu plus chaque mois les seniors en particulier. Un drame national mais aucune mobilisation nationale. Il faut une fois pour toutes décréter l’état d’urgence sur le chômage. L’état d’urgence. Comme on le ferait pour la propagation d’un virus mortel ou un tremblement de terre. Au lieu de ça, on traîne, on mégote, on joue avec le temps alors que le temps provoque un massacre. Le pacte de responsabilité se vide chaque jour un peu plus de sens mais même vide on n’arrive pas à le signer.

LE FAUX DÉBAT
L'opposition attaque le gouvernement sur le sujet. Et Valls se rêve déjà premier ministre. Là encore, on ne devrait plus en être là. Face à un drame national, il devrait y avoir une unité nationale, une union sacrée. Comme les Allemands ont su le faire pour ramener le chômage à une baisse historique. Pour combattre le chômage, il faut de l’emploi. Pour créer de l’emploi, il faut des entreprises viables et dynamiques. Les dirigeants politiques doivent enfin prendre leur responsabilité et arrêter de jouer en ne pensant qu’à leurs postes. Voir l'édito en vidéo

LA ROUE TOURNE ?
Sur les valeurs technos et en particulier social média aux États-Unis. Facebook continue sa chute. Plus de 12% depuis son record, plus de 5% juste pour la journée d'hier. Twitter a chuté de 7%. Et le nouveau venu Candy Crush s'est pris une claque de 15% mais reste surévalué de 50% au moins. Je ne vous ferai pas la blague Candy Crash...elle est partout.

LA FED PUNIT LES BANQUES
encore. Cinq grandes banques américaines et notamment Citigroup, ont échoué aux stress tests... pour une politique de distribution de dividendes trop généreuse...

LA PHRASE DU JOUR
Un habitant de Nantes: "Nous regrettons notre ancien de maire". Faisons-lui plaisir, rendons-lui son maire.

L'UKRAINE
c'est le problème de l'Europe et du FMI maintenant. Et l'Ukraine est en faillite. Le FMI va devoir débourser 15 milliards de dollars dès aujourd'hui. Mais il en faut au moins 4 fois plus. 

REMERCIONS TOUS XI JINPING !!
Il a fait un don hier à la France de 18 milliards d'euros de contrats pour nous remercier pour notre silence et notre obséquiosité. Merci Xi Jinping! Merci Xi Jinping! Comme tu es gentil, grand, beau et fort.

ET PENDANT CE TEMPS LONDRES
a gagné la bataille du yuan. Les Chinois ont accepté que la banque de compensation du yuan soit localisée à Londres. Immense victoire pour Londres qui va devenir le centre international du trading et du trading d'une monnaie appelée à prendre une place grandissante.

L'ARTICLE LE PLUS ÉTRANGE DU JOUR
Dans le Figaro éco: "Les séries turques font le buzz à travers le monde"...Les séries turques ? Qui a déjà vu une série turque ?

LA BCE SE BAT
pour faire baisser l'euro...avec des mots... Mais même si l'euro glisse un peu il reste autour de 1.38, un niveau asphyxiant pour l'économie de la zone. Il va falloir plus que des mots. Draghi devrait écouter en boucle "Paroles" de Dalida (une de mes chansons préférées). On s'achemine vers des taux négatifs à court terme sur l'euro.

CECI N'EST PAS UNE BLAGUE
C'est BFM Business qui l'a révélé ce matin: Le burn out peut être bientôt reconnu comme maladie professionnelle... le groupe de travail missionné par le ministère du travail sur le sujet s'est réuni hier pour la première fois... Un vrai délire... Et le burn out de 5 millions d'emplois.

REMANIEMENT


REMANIEMENT

Dans cet entre-deux- tours où le feu lève de toutes parts et où bruisse la rumeur, François Hollande a certes raccourci son déplacement au sommet du G7 (un G8 moins la Russie). Mais il reste dans l’apparence et l’apparat de sa fonction présidentielle. Tapis rouge et assaut de civilités pour Xi Jinping, le numéro un chinois. Un honneur dû au rang que lui confère la puissance de son pays. Des sourires donc. Mais, aussi, d’énormes enjeux. Qu’il semble loin le temps du petit livre rouge… Xi Jinping débarque avec une armée d’hommes d’affaires et la France l’accueille, bardée d’une balance commerciale affichant un déficit record avec la Chine : 26 milliards d’euros. Une cinquantaine de contrats devraient voir le jour. Dans ce déplacement frappé du sceau de l’économie, la signature de l’accord PSA – Dongfeng par les deux chefs d’État hier à l’Élysée prend des allures de marqueur. Sous les ors de la République, un protocole hors normes pour un montage exceptionnel. Une augmentation de capital (il faut trouver près de trois milliards) indispensable et redoutée. Avec, au milieu, l’État en garde-fou et une nouvelle histoire à écrire. Là également, il sera lundi question de remaniement. Carlos Tavares s’asseyant le 31 mars dans le fauteuil de président du directoire de PSA qu’occupait jusque-là Philippe Varin.

Et si la Métropole du Grand Paris tombait à droite ?


Cela va se jouer sur quelques villes au deuxième tour : la Métropole du Grand Paris dont le gouvernement a toujours pensé qu’elle serait présidée par un socialiste, a de fortes chances de tomber à droite. Et, quelque soit le résultat final, un socialiste ne pourra y être élu sans des voix communistes et de droite. Imbroglio annoncé !
Là non plus, personne n'avait vu venir le coup : si le deuxième tour des élections municipales confirme le premier, les métropoles de Lyon, Marseille et, surtout, Paris n'auront pas de président de gauche. Pour la métropole de Marseille, Jean Marc Ayrault ne se faisait guère d'illusion. Pour Lyon c'est plus étonnant, mais les habitudes métropolitaines et la tradition lyonnaise font qu'éventuellement Gérard Collomb pourrait être élu avec des voix de droite.

A Paris en revanche, c'est une énorme pagaille qui s'annonce. Les spécialistes de la carte électorale du gouvernement ont donc fait leurs additions : aujourd'hui l'UMP et l'UDI ont déjà acquis 153 conseillers métropolitains. S'ils font tomber les villes qu'ils devraient logiquement faire tomber au deuxième tour, ils auront 53% des sièges, soit 179 conseillers métropolitains. Le PS, EELV et le PCF se partageront les 162 autres. En clair ce qui était  prévu ne tient plus : un président PS aura besoin non seulement des voix communistes - alors que le PCF, qui a voté contre la Métropole et que certains de ses dirigeants (surtout en Seine St Denis !) ne voteront jamais socialiste de leur vie -  et d'un fort contingent de voix de droite (Nouveau Centre, UDI et probablement un peu d'UMP) : des probabilités extrêmement minces.


De lourdes pertes pour le PS

L'enjeu du deuxième tour est considérable car sortiront des urnes l'appartenance politique des conseillers métropolitains qui choisiront le futur président de la Métropole en 2016.  Il y a un conseiller par tranche de 25 000 habitants. Issy les Moulineaux, Neuilly ou Antony en ont par exemple 3 conseillers, Rueil Malmaison et Courbevoie en ont 4 et Boulogne Billancourt en a 5 : avec le raz de marée annoncé dans les Hauts de Seine, l'UMP-UDI va probablement truster la quasi-totalité des 80 sièges du  département (le PS a d'ores et déjà perdu Clamart et ses 3 sièges, et il est menacé de perdre Asnières et Colombes soit 6 sièges).
De plus les communes échappant à la droite ont l'habitude (même au PCF) de voter avec elle…. Donc quand le PS perd, il perd beaucoup : en Seine St Denis Bruno le Roux le président du groupe PS à l'Assemblée Nationale a retiré sa liste faisant ainsi  cadeau de 2 conseillers au PC (alors qu'il aurait pu en négocier 1) ; dans le Val de Marne l'accumulation des pertes de petites villes dès le premier tour fait perdre une série de grappes de deux conseillers ( 2 à L'Hay les Roses, 1 à Limeil Brévannes…) ; en Seine St Denis le passage possible de grandes villes du PS à l'UMP (4 conseillers à Aulnay sous Bois, 2 autres à Villepinte) ou du PCF  à l'UDI (Bobigny a 2 conseillers), du PCF à l'UMP (3 conseillers au Blanc Mesnil) ou le faible score de certains élus à Paris, font que la barre des 50% pour la gauche est loin d'être atteinte. Dit autrement : si Asnières, Clichy, Colombes, Aulnay sous Bois et deux ou trois autres passent, comme c'est hautement possible, de gauche à droite  toute la Métropole bascule !

Petits arrangements entre ennemis

Une donne politique quasi ingérable s'annonce si la Métropole échoit à un élu de droite alors que l'UMP a voté contre au Sénat et à l'Assemblée. Personne à droite ne peut en tout cas assumer cette candidature. Hormis peut être le sénateur Philippe Dallier, le maire centriste de Sceaux Philippe Laurent ou, ce serait original, Nathalie Kosciusko Morizet si elle était battue à Paris.
Du coup la mission de préfiguration de la Métropole qui débute dans les prochains jours risque de se transformer en une immense foire aux marchandages. En effet quelque soit le résultat final, il est désormais sûr qu'un socialiste, pour être président de la Métropole, va devoir aller chercher des voix qui ne lui sont pas acquises à sa gauche et à sa droite. Il va falloir faire des arrangements et des compromis, ce qui peut ne pas d'enthousiasmer les citoyens